L’Imam Mohammad Al-Mahdî

Il existe une bonne part d’harmonie et d’uniformité entre les aspects qui ont rapport à la naissance du Prophète Mohammad, le dernier Prophète d’Allah, et celle de l’Imam al-Mahdi, le dernier Imam. Tout comme la venue du Saint Prophète avait été annoncée bien à l’avance par les précédents Prophètes, la nouvelle de la naissance imminente et bénie de l’Imam al-Mahdi avait été prédite par le Saint Prophète.

D’innombrables traditions concernant ce sujet, rapportées directement du Saint Prophète se trouvent dans beaucoup d’ouvrages de Musnad, de Çahih, de Akhbâr, ainsi que dans les écrits des savants chiites. Beaucoup de savants chiites ont réuni ces Hadith dans des livres à part, comme « al-Bayân Fi Akhbâr Çâhib al-Zamân », d’Al-Hâfidh Mohammad Ibn Yusuf al-Çhâfi`i’ « Çahih Abou Dâoud », « Sunan Ibn Maja. » Tous ces livres mentionnent les Hadith témoignant de l’avènement d’al-Mahdi. (Voir: « The Awaited Saviour », Isp. 1979)

L’Imam est né à Samarrâ le 15 Cha`bân, de l’an 225 H. Les aspects importants et singuliers, de sa naissance ressemblent beaucoup à ceux de la naissance du Prophète Moïse. La naissance de Moise avait annoncé la chute et l’extinction de l’Empire de Pharaon qui ordonna l’assassinat de tous les nouveau-nés mâles des Bani Isrâ’îl. Les rois abbassides, pour leur part, craignaient la réalisation des prédictions attribuées au Saint Prophète concernant la naissance d’al-Mahdi qui devait jeter l’anathème sur leur empire. Aussi ont-ils préparé une embuscade pour découvrir la naissance de l’Imam et mettre fin à sa vie. Mais l’avènement de la naissance de l’Imam fut enveloppé et entouré de la même protection divine et des mêmes phénomènes miraculeux qui avaient marqué la naissance historique du Prophète Moïse. Sa naissance fut gardée secrète et sa chambre maintenue à l’abri de toute curiosité. Seuls quelques fidèles proches furent au courant de l’événement.

Lorsque la mère de l’Imam fut conduite devant al-Mo`tamad dans le cadre de l’enquête sur la naissance du douzième Imam, elle se permit d’affirmer, pour sauvegarder sa propre vie et protéger son fils, qu’elle n’avait jamais senti en elle les symptômes de la maternité ni aucun spasme. Le Calife abbasside s’abstint donc pour le moment de la harceler, mais la plaça sous la surveillance étroite du Qâdhî Abou Chorab, auquel il confia la sale besogne de tuer tout enfant qui naîtrait d’elle.

Peu après cet incident, le Royaume abbasside connut une période révolutionnaire qui dérouta al-Mo`tamad. C’est ainsi, qu’il eut à faire face à l’invasion de Çâhib Zanj qui avait razzié le Hijâz et le Yémen, et lancé ses bandes de pillards et d’incendiaires à travers le Royaume abbasside, soumettant le gouvernement de Bagdad, la capitale, à un chaos complet. Al-Mo’tamad était donc naturellement trop occupé par la guerre pour prêter attention à la mère de l’Imam qui fut relâchée après six mois de harcèlements, pour ne plus être interrogée sur la naissance du douzième Imam.

L’Imam al-Mahdi fut élevé par son père, l’Imam al`Askari, le onzième Imam, qui eut recours aux mêmes mesures de protection (pour élever son fils) qu’avait adoptées Abou Tâlib pour sauvegarder le Saint Prophète. Il avait l’habitude de prendre soin de son fils dans un coin de la maison pendant quelques jours avant de le transférer dans un autre coin, afin que personne ne sache où se trouvait exactement l’enfant.

Pendant que l’Imam al-`Askari gardait dans le secret total la naissance de l’enfant et les affaires de son enfance, il permit à un nombre réduit de personnes dévouées et d’amis fidèles d’avoir accès à lui, afin qu’ils puissent se familiariser avec leur Imam présumé à qui ils devraient faire leur allégeance.

Ci-après les noms de quelques personnes – cités par des livres de Hadith authentiques appartenant à la fois au Sunnisme et au Chiisme -qui ont eu l’honneur d’avoir vu personnellement l’Imam al-Mahdi.

En effet, lorsque le fils de l’Imam al-`Askari est né, celui-ci lui a donné le nom de Mohammad, et au troisième jour de sa naissance, il l’a montré à quelques-uns de ses adeptes, en déclarant à leur adresse:

« Voici mon successeur et votre Imam présumé. Il est le vrai Qâ’im devant lequel vos têtes seront baissées par révérence pour lui. II réapparaîtra pour remplir la terre de bénédiction et de justice après avoir été pleine de péchés et de vices. »

Ali Ibn Bilâl, Ahmad Ibn Hilâl, Mohammad Ibn Mu`âwiyeh Ibn al-Hakam et Hassan Ibn Ayyûb Ibn Nûh ont mentionné qu’ils étaient venus auprès de l’Imam al-`Askari avec une délégation de quarante personnes. L’Imam leur a montré l’enfant et leur a dit:

« C’est votre Imam après moi. Chacun de vous doit lui soumettre expressément son allégeance et s’abstenir de toute controverse sur ce sujet, pouvant vous conduire au péril. Rappelez-vous qu’il ne sera plus visible par vous. »

L’Imam al-`Askari est mort le 8 Rabi’-I en l’an 260 H., jour marquant le début de l’Imamat de son fils, lequel constitue une source de guidance spirituelle pour tout l’univers. Comme, selon la Volonté d’Allah, toutes les affaires ayant rapport avec le Saint Imam devaient rester strictement derrière le rideau, il commissionna certains de ses délégués et ambassadeurs qui s’étaient occupés des affaires religieuses depuis l’époque de son père pour servir d’intermédiaires entre le gens et l’Imam occulte. Ils communiquaient les problèmes et les questions religieuses des gens à l’Imam, et rapportaient aux gens les solutions et les réponses données par l’Imam.

C’est par la Volonté Divine qu’il a disparu et c’est par la Volonté d’Allah qu’il réapparaîtra. Sa réapparition sera le prélude au Jour du Jugement.

Durant la période de la Ghaybah (l’occultation), il est de notre devoir d’attendre la réapparition de l’Imam. Nous devons mettre au point un système de développement social sain et judicieux, fondé sur le Saint Coran pour le présenter au monde. Nous devons prouver l’excellence et l’efficacité des lois divines aux gens et attirer l’attention de ceux-ci sur le système divin. Nous devons lutter contre les superstitions et les fausses croyances, et préparer la voie à l’établissement d’un gouvernement mondial islamique, en nous inspirant de la lumière des enseignements du Saint Coran et des traditions du Saint Prophète. Nous devons mettre au point un programme visant à résoudre les problèmes du monde et le présenter à tous les réformateurs du monde. Nous devons éclairer la pensée des peuples du monde, et en même temps, nous préparer à la réapparition de l’Imam et à l’émergence d’un gouvernement mondial juste.

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La vie de l`Imam al-Mahdi (AS)

Le Mahdi promis, qui est habituellement désigné par ses titres de Imam al Asr (l’Imam « du temps ») et sahib al Zamân (Seigneur du temps), est le fils du onzième Imam. Son nom est le même que celui du Prophète. Il est né à Samarra en 256/868 et jusqu’en 260/872 vécut sous l’attention et la tutelle de son père. II vécut caché et seule une élite parmi les chi’ites put le rencontrer. Après le martyre de son père il devint Imam et sur Or

La vie de l`Imam al-Mahdi (AS)

Le Mahdi promis, qui est habituellement désigné par ses titres de Imam al Asr (l’Imam « du temps ») et sahib al Zamân (Seigneur du temps), est le fils du onzième Imam. Son nom est le même que celui du Prophète.

Il est né à Samarra en 256/868 et jusqu’en 260/872 vécut sous l’attention et la tutelle de son père. II vécut caché et seule une élite parmi les chi’ites put le rencontrer.

Après le martyre de son père il devint Imam et sur Ordre divin entra en occultation (ghaybat). Dès lors il n’apparut plus qu’à ses représentants (nâ’ib) et seulement dans des circonstances exceptionnelles.

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Les représentants spéciaux de l’Imam :

L’Imam choisit comme représentant spécial Othman Ibn Sa’id Amri, un des compagnons de son père et de son grand-père qui était son intime et son ami de confiance. Par son représentant, l’Imam répondait aux question et demandes des chi’ites.

Après Othman ibn Sa’id, son fils Mohammad Ibn Othman Amri fut désigné comme représentant de l’Imam. Après la mort de Mohammad Ibn Ossman, ce fut Abu al Qasim Hussein Ibn Rouh Nawbakhti qui assuma la tâche de représentant spécial; et après sa mort ce fut Ali Ibn Mohammad Sammari.

Quelques jours avant la mort d’Ali Ibn Mohammad Sammari en 329/939 une information vint de la part de l’Imam annonçant que dans six jours Ali Ibn Mohammad Sammari mourrait. Il en résulterait que la représentation spéciale de l’Imam cesserait et que la grande occultation (ghaybat-é-Koubrâ) commencerait et continuerait jusqu’au jour où Dieu permettrait à l’Imam de se manifester.

L’occultation du l2ème Imam se divise donc en deux parties : la première, l’occultation mineure (ghaybat-é-Soughrâ) qui commença en 260/872 et finit en 329/939 durant environ soixante dix ans. La deuxième, l’occultation majeure, qui commença en 329/939 et qui continuera aussi longtemps que Dieu le voudra: Dans un hadith sur l’authenticité duquel tout le monde est d’accord, le Prophète a dit: <>

Sur l’apparition du Mahdi :

Dans la discussion sur la prophétie et l’Imamat, on a dit que, par suite de la loi du gouvernement général qui régit toute la création, l’homme possède nécessairement le pouvoir de recevoir la révélation par la prophétie, laquelle le dirige vers la perfection et le bien être de l’espèce humaine. II est clair que si cette perfection et ce bonheur n’étaient pas possibles pour l’homme, dont la vie contient un aspect social, le fait d’être investi de ce pouvoir serait un nonsense et une futilité. Mais il n’y a pas de futilité dans la création.

En d’autres mots, depuis que l’homme est sur terre, il a eu le désir d’une vie sociale heureuse au plein sens du mot, et s’est évertué à l’obtenir. Si un tel désir n’avait pas de réalisation objective, il n’aurait jamais été imprimé dans la nature intime de l’homme, de même que s’il n’y avait pas eu de nourriture, il n’y aurait pas eu de faim. Ou encore s’il n’y avait pas eu d’eau il n’y aurait pas eu de soif, et sans l’existence de la reproduction il n’y aurait pas eu de désir sexuel.

Par conséquent, par nécessité interne et détermination, viendra un jour où la société humaine sera comblée de justice et où tous les hommes vivront dans la paix et la tranquillité, où les êtres humains seront en pleine possession de la vertu et de la perfection. L’établissement d’une telle condition sera l’oeuvre de l’homme, mais avec le secours divin. Et le chef d’une telle société ,qui sera le sauveur des hommes, est nommé, dans le langage du hadith, le Mahdi.

Dans les différentes religions qui gouvernent le monde telles que l’Hindouisme, le Bouddhisme, le Judaïsme, le Christianisme, le Zoroastrisme et l’Islam, existent des références à un personnage qui viendra comme le sauveur de l’humanité. Ces religions ont habituellement annoncé la bonne nouvelle de sa venue, bien qu’il existe naturellement certaines différences dans les détails, quand on compare attentivement les enseignements. Le hadith du Prophète, sur lequel tous les musulmans tombent d’accord :  » Le Mahdi est de ma progéniture>> se réfère à la même vérité.

Il y a de nombreux hadith, rapportés dans les sources sunnites et chi’ites du Prophète et des Imams, au sujet de l’apparition du Mahdi, spécifiant qu’il est de la descendance du Prophète et que son apparition rendra la société humaine capable d’atteindre la vraie perfection et la pleine réalisation de la vie spirituelle. De plus, il y a de nombreuses autres traditions déclarant que le Mahdi est le fils du onzième Imam, Hassan al-Askari. Ils s’accordent pour dire qu’après sa naissance et après une longue occultation, le Mahdi apparaîtra, remplissant le monde de justice, après que celui-ci eût été corrompu par l’iniquité.

Par exemple, Ali Ibn Mussa al-Ridâ (le huitième Imam) a dit : « Après moi, l’Imam sera mon fils Mohammad, après lui son fils Ali, après Ali son fils Hassan et après Hassan son fils Hodjdjat al-Qâ’im, qui est attendu pendant son occultation et obéi pendant sa manifestation. S’il ne restait qu’un seul jour d’existence au monde, Dieu le prolongerait jusqu’à ce qu’il se manifeste pour remplir le monde de justice, comme il avait été rempli d’iniquité.

Mais quand ? Pour ce qui est de l’ « Heure » mon père m’a rapporté avoir entendu de son père qui l’avait entendu de son père qui le tenait de ses ancêtres qui l’avait entendu de la bouche de Ali, qu’on avait demandé au Prophète : O ! Prophète de Dieu, quand surgira le Qâ’îm du sein de ta famille ? Il répondit : Son cas est analogue à celui de l’« Heure » (de la Résurrection). Lui Dieu seul en dévoilera le terme. (Sa méconnaissance) pèse aux habitants des cieux et de la terre. Elle vous surprendra à l’improviste » (Coran,7 :187)

Safr Ben Abi Dolaf a dit : « J’ai entendu Abu Dja’far Mohammad bin Ali al-Ridâ (le neuvième Imam) dire l’Imam après moi est mon fils Ali, ses ordres sont mes ordres, ses paroles sont les miennes, lui obéir c’est m’obéir. Après lui l’Imam sera son fils Hassan. Ses ordres seront les ordres de son père, ses paroles seront les paroles de son père, lui obéir sera obéir à son père. » Après ces paroles l’Imam resta silencieux. Je lui dis : « O ! fils du Prophète, qui sera l’Imam après Hassan ? » L’Imam s’écria : « En vérité son fils sera l’Imam attendu qui est al Qâïm Bi1-Haqq (celui qui est soutenu par la Vérité)

Moussa Bina Dja’far al-Baghdâdi a dit :  » J’ai entendu l’Imam Abou Mohammad al-Hassan Bin ‘Ali (le onzième Imam) dire : Je prévois qu’après moi il y aura des divergences au sujet de mon successeur. Celui qui accepte les Imams après le Prophète mais refuse mon fils est comme ceux qui acceptent tous les prophètes mais refusent la prophétie de Mohammad – sur lui la paix et le salut -. Qui refuse le Prophète de Dieu est comme celui qui refuse tous les prophètes car obéir au dernier d’entre nous est comme obéir au premier et refuser le dernier d’entre nous est comme refuser le premier.

Mais prenez garde ! En vérité pour mon fils il y aura une occultation pendant laquelle beaucoup seront en proie au doute hormis ceux que Dieu protège

Les adversaires du shiisme font remarquer que selon les croyances de cette école, l’Imam caché devrait être âgé de douze siècles ce qui est impossible pour un être humain. En réponse il faut dire que cette remarque est fondée sur l’invraisemblance d’un tel événement et non sur son impossibilité. Naturellement une si longue durée de vie est invraisemblable. Mais ceux qui étudient les hadiths du saint Prophète et des Imams savent qu’ils se rapportent à un personnage doué de qualités miraculeuses. Les miracles ne sont certainement pas impossibles ni ne peuvent être niés par des arguments scientifiques. On ne pourra jamais prouver que les causes et les agents qui se manifestent dans notre monde sont uniquement ceux que nous pouvons voir et connaître.

Ainsi il est possible que dans un ou plusieurs membres de l’humanité opèrent des causes et des agents qui leur permettent une très longue vie de plusieurs milliers d’années. La médecine n’a pas encore perdu l’espoir de découvrir un moyen pour atteindre à des limites de vie beaucoup plus reculées. De toute manière de telles critiques de la part des  » gens du Livre  » comme les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans sont beaucoup plus étranges puisqu’ils acceptent les miracles des prophètes, en accord avec leurs saintes Ecritures.

Les adversaires du shiisme disent aussi que si ce dernier considère l’Imam comme indispensable pour l’interprétation des ordres et des vérités de la religion et pour guider le peuple, son occultation représente la négation de ce but puisqu’on ne peut pas communiquer avec un Imam en occultation : celui-ci ne peut par conséquent exercer aucune influence effective.

Ils disent encore que si Dieu veut faire surgir un Imam pour réformer l’humanité, il peut le susciter au moment voulu, sans qu’il soit nécessaire de le faire des milliers d’années auparavant. La réponse est que ces gens n’ont pas vraiment saisi la signification de l’Imam, dont la tâche n’est pas uniquement d’expliquer les sciences religieuses et de guider le peuple dans le monde d’ici-bas.

De même qu’il a la tâche de guider les hommes dans l’autre monde l’Imam assume aussi la fonction de la walâyat et de la direction ésotérique des hommes. Il est celui qui dirige la vie spirituelle de l’homme et qui oriente vers Dieu les aspects intérieurs de l’action humaine. Il est clair que sa présence physique ou son absence n’a pas de conséquences sur ces choses. L’Imam veille sur les hommes de l’intérieur et se maintient en communion avec leur âme et leur esprit, même s’il reste caché à leurs yeux. Son existence est toujours nécessaire même si le temps de sa manifestation et de la réintégration universelle qu’il doit opérer n’est pas encore arrivé. les sciences religieuses et de guider le peuple dans le monde

Présentation d’al Mahdi

Al Mahdî n’est pas seulement l’incarnation d’une doctrine islamique à caractère religieux, mais aussi le titre d’une aspiration à laquelle l’humanité a souscrit dans ses différentes religions et doctrines, et la formulation d’une inspiration innée à travers laquelle tous les autres humains, malgré la diversité de leurs doctrines et la divergence de leurs voies conduisant au mystère, se rendent compte que l’humanité connaîtra le Jour Promis où les messages divins, réaliseront leur objectif final et dévoileront leur signification grandiose, et où la marche pénible à travers l’histoire aboutira à la stabilité et à la tranquillité, après tant d’efforts.

La conscience de l’échéance imminente de ce jour « métaphysique » et de cet avenir promis n’est pas le propre de ceux qui croient religieusement au mystère; elle s’est étendue à d’autres catégories et a trouvé même un écho dans les idéologies et les courants doctrinaux les plus réfractaires à la métaphysique et aux mystères, tel que le matérialisme dialectique qui explique l’histoire par les contradictions et croit à l’avènement d’un jour promis où disparaîtront toutes ces contradictions pour céder la place à l’entente et à la paix.

Ainsi, nous constatons que l’expérience psychologique que l’humanité a faite de cette conscience à travers l’histoire est la plus grande et la plus généralisée des expériences des êtres humains. Lorsque la religion appuie ce sentiment psychologique général de l’avènement d’un jour où la terre sera couverte de justice et d’équité après qu’elle aura été pleine d’injustice et d’ iniquité, elle lui confère une valeur objective et l’érige en une croyance ferme en l’avenir de l’humanité, croyance qui n’est pas seulement une source de consolation, mais également une source de force et d’impulsion intarissable, parce qu’elle est une lueur de lumière qui résiste au désespoir flambant dans le cure de l’homme, malgré les ténèbres des drames et le gigantisme de l’injustice, car le jour promis montrera que la justice pourra affronter un monde imprégné d’ injustice et d’iniquité et en ébranler les piliers afin de le reconstruire sur une nouvelle base, et que l’injustice, si tyrannique, si puissante et si étendue soit-elle, ne représente qu’une anomalie condamnée à disparaître.

Cette défaite cuisante et inévitable de l’injustice à un moment où elle se trouvera au sommet de sa gloire, redonnera à tout homme et à toute nation victimes d’injustice, un grand espoir de pouvoir modifier les équilibres établis et de rééquilibrer la situation.

Si l’idée d’ « Al Mahdî » est plus vieille que l’avènement de l’Islam et dépasse les limites de celui-ci, ses aspects détaillés que le message islamique a définis sont en revanche les plus aptes à satisfaire l’ensemble des aspirations liées à cette idée depuis l’aube de l’histoire, et les plus exaltants pour les sentiments des victimes d’injustice et des damnés de la terre tout au long de l’histoire. Car l’Islam a transformé l’idée du mystère en une réalité et l’a ramenée de l’avenir au présent.

Alors qu’elle n’était qu’une aspiration à un sauveur que ce bas monde engendrera dans un avenir lointain et inconnu, l’Islam l’a transformée en une croyance à l’existence effective du sauveur qui aspire, comme tout le monde, au jour promis où toutes les conditions objectives seront réunies pour lui permettre de jouer son rôle déterminant.

Al Mahdî n’est plus donc une idée dont nous attendons la naissance, ni une prédiction à la réalisation de laquelle nous aspirons, mais une réalité que nous voulons vivre et un homme en chair et en os, qui vit parmi nous, qui nous voit, qui vit nos espérances et nos douleurs, qui partage nos tristesses et nos joies, qui assiste avec peine aux supplices des « suppliciés », à la misère des misérables et à l’injustice, en attendant impatiemment le moment propice qui lui permettra de tendre la main à toutes les victimes de l’ injustice, à tous ceux qui vivent dans la privation, à tous les misérables, et de venir à bout des injustes.

Dieu a voulu que ce Guide Attendu ne se manifeste pas en public ni ne dévoile sa vie aux autres, bien qu’il vive parmi eux et attende avec eux le moment promis.

Il est évident que l’ « idée » (d’Al Mahdî), réduit, par ses aspects islamiques, le fossé métaphysique entre toutes les victimes de l’injustice et le sauveur attendu, et raccourcit le pont qui les relie à lui, quelle que soit la longue durée de l’attente.

Quant à nous, lorsqu’on nous demande de croire à l’idée d’ « Al Mahdî », en tant qu’un homme à l’identité précise, vivant comme nous vivons et qui attend comme nous attendons, on veut nous suggérer que l’idée du refus absolu de toute injustice et de toute tyrannie qu’il représente, est incarnée effectivement par le Guide contestataire attendu qui réapparaîtra avec un casier blanc, n’ayant pas prêté serment d’allégeance à un injuste – comme mentionné dans le hadîth – et que croire en lui, c’est croire et emboîter le pas à ce refus vivant qui existe effectivement.

Dans les hadiths, il y a exhortation constante à l’attente du Salut, et recommandation à ceux qui croient à AL Mahdî, de se préparer à sa réapparition, car cette attente incarne la liaison spirituelle ou le lien intime entre eux et lui. Un tel lien ou une telle liaison ne pourrait exister si le Mahdî ne se matérialisait pas effectivement sous sa forme d’homme vivant contemporain.

Ainsi, cette incarnation a donné une nouvelle impulsion à l’idée d’Al Mahdî – et en a fait une source de générosité et de force plus puissante. En outre, tout contestataire se sent consolé, soulagé et apaisé des peines et de l’injustice qu’il a subies, lorsqu’il voit que son Imam et Guide éprouve et partage – en tant qu’homme contemporain vivant avec lui, et non comme une simple idée future – ses douleurs.

Mais la personnification de l’idée d’Al Mahdî a suscité en même temps chez certains individus qui avaient des difficultés à concevoir cette idée, des attitudes négatives. Ceux-ci se demandent en effet:

1) Si Al Mahdî était l’expression d’un homme toujours vivant à travers des générations et depuis plus de dix siècles, et qu’il continuait ainsi jusqu’à sa réapparition, comment expliquer une telle longévité et comment pourrait-il échapper aux lois de la nature qui imposent à tout homme de passer par l’étape de la vieillesse et de la sénilité en un laps de temps infiniment plus court, étape qui le conduit immanquablement à la mort? Une telle longévité n’est-elle donc pas possible sur le plan de la réalité?

2) Pourquoi Dieu prendrait-Il tant de soins de cet homme en particulier, suspendant pour lui la Loi de la nature? Pourquoi ferait-Il l’impossible pour prolonger sa vie et le garder pour le Jour Promis? L’humanité est-elle atteinte d’une stérilité qui la rendrait incapable d’engendrer des dirigeants compétents? Pourquoi Dieu ne confierait-Il pas le Jour Promis à un guide qui naîtrait à l’aube de ce Jour-là, qui grandirait comme tout le monde et qui jouerait progressivement son rôle jusqu’à ce qu’il eût rempli la terre de justice et d’équité après qu’elle fut pleine d’injustice et d’iniquité.

3) Si « Al Mahdî » est le nom d’une personne précise, en l’occurrence, le fils du 11e Imam d’Ahl-ul-Bayt né en l’an 256 de l’hégire, quelques années avant le décès de son père en l’an 260 H. – cela signifie qu’il était encore un enfant d’à peine cinq ans à la mort de son père, et qu’à cet âge, il n’eût pas le temps de recevoir de son père une formation religieuse et intellectuelle complète; comment aurait-il donc pu compléter sa formation en vue de jouer intellectuellement, religieusement et scientifiquement son grand rôle?

4) Si ce guide était déjà formé et qu’il était prêt à assumer sa mission, pourquoi attendre des centaines d’années? Les calamités et désastres sociaux que le monde a connus ne constitueraient-ils pas une raison suffisante pour qu’il réapparaisse et fasse régner la justice sur la terre?

5) Et même si nous supposions qu’Al Mahdî puisse exister, comment pourrions-nous y croire? L’homme peut-il se permettre de croire au bien-fondé d’une hypothèse de ce genre sans qu’il repose sur une preuve scientifique ou légitime incontestable? Quelques hadiths attribués au Prophète (P) et dont on ne connaît pas la véracité, suffisent-ils pour admettre l’hypothèse en question?

6) Comment concevoir qu’on ait préparé pour Al Mahdî ce rôle colossal et déterminant dans la vie du monde, alors qu’un individu, si extraordinaire soit-il, ne peut à lui seul faire l’histoire ni la mener vers une phase nouvelle; étant donné que ce sont les circonstances objectives et leurs contradictions qui font mûrir les graines et attisent le foyer du mouvement de l’histoire, et non pas la grandeur de l’individu, laquelle ne peut que proposer celui-ci à être la façade desdites circonstances et l’expression pratique des solutions qu’elles nécessitent?

De quelle façon cet individu pourrait-il réaliser la transformation considérable et la victoire décisive de la justice et du message de la justice sur toutes les entités de l’injustice, de l’iniquité et de la tyrannie, lesquelles possèdent tant de pouvoir et d’influence, disposent de tant de moyens de destruction et d’anéantissement, de tant de ressources scientifiques, de tant d’autorité politique, sociale et militaire?

Ces questions pourraient se poser souvent et d’une façon ou d’une autre. Leurs véritables motifs ne sont pas uniquement d’ordre spéculatif, mais aussi d’ordre psychologique. Ce qui les suscite, c’est le prestige de la réalité qui prévaut dans le monde, et le sentiment d’avoir peu de chance de pouvoir la changer radicalement.

Et autant cette réalité qui domine notre monde suscite en nous ce sentiment, autant les doutes se renforcent et les interrogations se multiplient. Ainsi, le sentiment de défaite, d’effacement et de faiblesse conduit l’homme au surmenage psychologique dès qu’il se met à penser au processus d’une grande transformation en vue de dépouiller le monde de toutes les conditions et de toutes les injustices qui sévissaient au long de l’histoire, et de lui donner un contenu nouveau, fondé sur le bon droit et la justice.

Aussi, son surmenage l’incite-t-il à douter de la possibilité de voir cette grande transformation se matérialiser, et même à s’efforcer de la récuser pour une raison ou une autre.

Nous allons répondre successivement et dans les limites que nous impose ce bref exposé à chacune de ces questions.

Comment Expliquer la Longévité d’al-Mahdî ?

Ou en d’autres termes, est-il possible qu’un homme puisse vivre plusieurs siècles, comme ce grand Guide dont on attend qu’il change le monde, et qui est censé être âgé de plus de 1140 ans, c’est-à-dire 14 fois plus âgé qu’un homme ordinaire qui traverse toutes les phases normales de la vie, de l’enfance à la vieillesse?

Le mot possibilité peut signifier ici soit une possibilité pratique (appliquée), soit une possibilité scientifique, soit une possibilité logique ou rationnelle. Par possibilité pratique, j’entends: ce qui est réalisable pour des gens comme vous et moi ou pour tout homme ordinaire comme nous. Ainsi voyager à travers l’Océan, atteindre le fond de la mer, monter jusqu’à la lune… tout cela est devenu chose effectivement praticable, car il y a des gens qui le font réellement, d’une façon ou d’une autre.

Par possibilité scientifique, j’entends les choses que des gens, comme vous et moi, ne pourraient pas mettre en application par les moyens dont dispose l’humanité contemporaine, mais dont la possibilité de réalisation dans certaines conditions et par des moyens spéciaux – ne peut être écartée par la science et ses orientations changeantes.

Ainsi, rien dans la science n’autorise de récuser la possibilité pour l’homme de monter vers la planète Vénus. Au contraire, les indices scientifiques actuels militent en faveur d’une telle éventualité, bien qu’un exploit de ce genre ne soit pas à la portée de tout le monde. Car, en fait, la différence entre l’ascension vers la Lune et l’ascension vers Vénus n’est qu’une question de degré, et ne représente que l’aplanissement de quelques difficultés supplémentaires, dues au supplément de distance entre la première et la seconde planète. Donc atteindre à Vénus est possible scientifiquement, bien que ce ne le soit pas effectivement.

En revanche, atteindre le Soleil, en plein ciel, n’est pas possible scientifiquement, c’est-à-dire que la science n’a pas l’espoir d’y parvenir, puisqu’on ne peut concevoir scientifiquement ni expérimentalement la possibilité de fabriquer la cuirasse protectrice, capable de résister à la chaleur du Soleil qui représente une fournaise parvenue au plus haut degré que l’homme puisse imaginer.

Par possibilité logique ou philosophique, j’entends celle que la raison ne peut récuser, selon les lois qu’elle perçoit à priori.

Ainsi on ne saurait diviser logiquement trois oranges en deux parties à la fois égales et sans fraction, car la raison perçoit préalablement à toute expérience que le nombre trois est impair et non pas pair, et qu’il ne peut être divisé en deux parties égales, une telle division nécessitant que le nombre soit pair; autrement ce nombre serait à la fois pair et impair, ce qui est contradictoire; or la contradiction est logiquement impossible.

En revanche, il n’est pas impossible, selon la logique, que l’homme puisse traverser le feu ou monter jusqu’au Soleil sans se faire brûler par la chaleur, car il n’y a pas de contradiction dans la supposition que la chaleur ne passe pas du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud; alors que cette supposition est contraire à l’expérience, laquelle a démontré la transmissibilité de chaleur du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud, jusqu’à ce que les deux corps deviennent d’une température égale.

De ce qui précède on peut conclure que la sphère de la possibilité logique est plus large que celle de la possibilité scientifique et celle-ci est à son tour plus large que celle de la possibilité pratique.

En ce qui concerne la possibilité d’une longévité s’étendant sur plusieurs milliers d’années, elle est sans doute logiquement concevable, car du point de vue rationnel abstrait, elle n’est pas contradiction, étant donné que la vie, en tant que concept, ne comporte pas une mort rapide, et cela est indiscutable.

De même, il est indiscutable que cette longue vie n’est pas possible sur le plan pratique, ni ne saurait être identifiée à la possibilité de descendre au fond de la mer ou de monter sur la lune; car la science, au stade où elle se trouve actuellement, et par les moyens et les instruments dont elle dispose effectivement jusqu’à présent, ne peut prolonger la vie de l’homme de plusieurs centaines d’années. La preuve en est que les gens les plus attachés à la vie et les plus qualifiés pour se servir des possibilités de la science, ne peuvent jouir d’une vie plus longue que d’ habitude.

Quant à la possibilité scientifique d’une telle longévité, rien dans la science ne permet de la refuser théoriquement. En fait il s’agit là d’un problème en rapport avec la qualité physiologique du phénomène de la sénilité et de la vieillesse chez l’homme: ce phénomène traduit-il une loi naturelle qui impose aux tissus et aux cellules de l’homme une sénescence progressive, et une régression de fonctionnement, une fois qu’ils arrivent au terme de leur développement maximal, qui mène à un arrêt total de toute activité, même si on les mettait à l’abri de toute influence extérieure? Ou bien cette sénescence et cette régression dans les tissus et les cellules du corps, découlent-elles d’une lutte qui oppose celui-ci à des facteurs extérieurs, tels que les microbes ou l’empoisonnement qui l’atteindraient à la suite d’une nutrition excessive, d’un travail excessif… ou de tout autre facteur?

On a là une question que la science se pose aujourd’hui et à laquelle elle se propose d’apporter des réponses sérieuses et nombreuses. Si nous nous en tenons au point de vue scientifique qui tend à interpréter vieillesse et sénilité comme le résultat d’une lutte ou d’un contact entre le corps et des facteurs extérieurs donnés, nous devons admettre qu’il est possible théoriquement que les tissus du corps puissent continuer à vivre, à survivre au phénomène de la vieillesse, et à le vaincre définitivement, si l’on parvenait à les mettre à l’abri de ces facteurs.

Et si nous prenons en considération un autre point de vue scientifique, celui qui a tendance à supposer que la vieillesse est une loi naturelle inhérente aux cellules et aux tissus vivants – c’est-à-dire que ceux-ci portent substantiellement le germe de leur périsse ment inévitable qui passe par la phase de la vieillesse et de la sénilité pour finir dans la mort – rien ne nous empêche d’exclure l’inflexibilité de cette loi. Si nous supposons que cette loi est cohérente, nous pensons du même coup qu’elle est sûrement flexible.

Car aussi bien dans notre vie ordinaire qu’à travers les observations des savants dans les laboratoires scientifiques, on peut remarquer que la vieillesse, en tant que phénomène physiologique, est atemporel: elle peut survenir prématurément ou tardivement. Aussi n’est-il pas rare de voir un homme âgé possédant des membres souples et en état de jeunesse, comme les médecins l’affirment eux-mêmes. Les savants ont même pu profiter de la flexibilité de cette loi pour prolonger la vie de certains animaux des centaines de fois leur longévité ordinaire, en créant des conditions et des facteurs qui retardent l’effet de la loi de la vieillesse.

Il est donc établi par la science, que les effets de cette loi peuvent être scientifiquement retardés grâce à la création de conditions et de facteurs particuliers, bien que la science n’ait pu jusqu’à présent en faire l’application sur des êtres aussi complexes que l’homme. La différence entre la possibilité scientifique et l’application effective, traduit dans ce cas une différence de degré de difficulté entre l’application (de cette possibilité) sur l’homme et son application sur d’autres êtres vivants.

Cela veut dire que sur le plan théorique, la science et ses orientations mobiles n’ont rien qui puisse permettre de récuser la possibilité de prolonger l’âge de l’homme, et ce aussi bien si nous interprétons la vieillesse comme étant le produit d’une lutte et de contacts entre les cellules humaines et des facteurs extérieurs, ou l’émanation d’une loi naturelle inhérente à la cellule elle-même, loi qui condamne celle-ci à s’acheminer vers l’anéantissement.

On peut donc conclure que la prolongation de la longévité humaine de plusieurs siècles est possible logiquement et scientifiquement, bien qu’elle ne le soit pas encore sur le plan de l’application, mais que l’orientation scientifique s’achemine vers la réalisation de cette dernière possibilité à long terme.

C’est à la lumière de ces données que nous abordons maintenant la question de l’âge d’al Mahdî et l’étonnement et l’interrogation qu’elle soulève. Ayant démontré la possibilité scientifique et logique d’une telle longévité, ainsi que l’acheminement de la science vers la traduction progressive de cette possibilité théorique en une possibilité applicable et appliquée, il nous semble que l’étonnement n’a plus de raison d’être, sauf en ce qui concerne la difficulté d’admettre qu’al Mahdî ait devancé la science en transformant la possibilité théorique en possibilité réelle, à travers sa propre personne et avant que la science n’atteigne le niveau requis pour pouvoir effectuer réellement cette transformation, car cela équivaudrait à dire que quelqu’un a devancé la science dans la découverte du cancer et de la méningite.

Si le problème réside dans la question de savoir comment l’Islam – qui a planifié cette longévité d’al Mahdî – a pu devancer le mouvement scientifique en ce qui concerne cette transformation (de la possibilité théorique en possibilité réelle), la réponse est la suivante: l’Islam n’a pas devancé le mouvement scientifique seulement dans ce domaine, mais dans bien d’autres.

N’a-t-elle pas lancé des slogans, qui ont servi de plans d’action que la marche indépendante de l’humanité n’a pu concevoir que plusieurs siècles plus tard?

La Charî’ah (la législation islamique révélée), dans son ensemble, n’a-t-elle pas devancé de plusieurs siècles le mouvement de la science et du développement naturel de la pensée humaine?

N’avait-elle pas apporté des législations pleines de sagesse dont les secrets n’ont pu être saisis que depuis peu de temps? Le Message divin n’a-t-il pas dévoilé de secrets de l’Univers qui ne pouvaient effleurer l’esprit de personne, et que la science a fini par reconnaître? Si nous croyons à tous ces faits, pourquoi exclurions-nous que Dieu puisse devancer la science en ce qui concerne la longévité d’un homme, en l’occurrence Al Mahdî?

Il ne s’agit là que des manifestations de prescience que nous pouvons percevoir directement. On peut y ajouter d’autres cas que le Message divin nous informe. Ainsi celui-ci nous révèle que le Prophète fut transporté pendant une nuit, de la Mosquée Interdite à la Mosquée al-Aqçâ!

Si nous voulons comprendre cet événement dans le cadre des lois naturelles, il traduit sûrement l’application de celles-ci plusieurs centaines d’années avant que la science n’ait pu y parvenir. Donc la même expérience divine qui a permis au Prophète de se déplacer si vite, bien avant que la science ne soit parvenue à un tel exploit, a permis également au dernier des Successeurs « Pré désignés » du Prophète, d’avoir une vie prolongée avant que la science ne mette en application cette possibilité.

Certes, cette longue vie que Dieu a accordée au Sauveur Attendu paraît extraordinaire jusqu’a aujourd’hui, par rapport à la réalité de la vie des gens et aux expériences des savants. Mais le rôle transformateur décisif auquel ce Sauveur est préparé n’est-il pas aussi extraordinaire en comparaison avec la vie familière et ordinaire, et les diverses évolutions historiques que l’humanité a vécues? N’est-il pas chargé justement de transformer le monde et de reconstruire sa structure de civilisation sur des principes du bon droit et de la justice? Pourquoi s’étonner du fait que la préparation de ce rôle extraordinaire soit accompagnée de certains phénomènes extraordinaires et inhabituels, tel que la longue vie du Sauveur Attendu? Si extraordinaire et inhabituel que puisse paraître ce phénomène (la longue vie d’al Mahdî), il n’est guère plus étrange que le rôle extraordinaire lui-même, que le Sauveur doit jouer le Jour Promis.

Si nous admettons la possibilité de ce rôle grandiose, unique en son genre dans l’histoire de l’humanité, pourquoi n’admettrions-nous pas une longévité qui n’a pas de semblable dans notre vie ordinaire?

Je ne sais pas si c’est par pure coïncidence que les deux seuls hommes chargés de vider l’humanité de son contenu corrompu et de la reconstruire soient dotés d’une longévité sans commune mesure avec la nature? Le premier, c’est Noé qui a joué son rôle dans le passé de l’humanité et dont le Coran dit qu’il a vécu « mille moins cinquante ans » parmi son peuple, et qu’il a pu, grâce au déluge, reconstruire le monde. Le second, c’est Al Mahdî, qui a vécu jusqu’à présent plus de mille ans parmi son peuple, et qui devra jouer son rôle de Reconstructeur du monde, dans l’avenir de l’humanité, et le Jour Promis.

https://erfan.ir/french/79859.html

L’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (P)

Pourquoi est-ce que durant l’occultation l’imam du temps ne rédige pas des livres pour que cela puisse aider les gens à trouver la guidance ?Résumé de la réponsePrésentement nous vivons l’époque de la grande occultation caractérisée par la représentation générale ».  Ca veut dire quoi ? Ca signifie que dans cette époque, l’orientation et la guidance des chiites est sous la responsabilité des jurisconsultes et des grands savants chiites qui remplissent les conditions précises pour diriger les gens. Le devoir et la responsabilité des gens consistent à obéir et à se soumettre à leur autorité. Quant à savoir pourquoi est ce que durant cette époque, l’imam ne rédige pas de livres pour que les gens et les savants puissent s’en référer, on peut évoquer plusieurs raisons parmi lesquelles :1 – L’occultation de l’imam du temps sous l’ordre de Dieu relèvent d’un certain nombre de bienfondé. Nous avons par exemple la philosophie de l’occultation, qui relève du fait que l’humanité n’était pas encore prête. Alors si déjà l’humanité n’est pas encore prête pour accepter l’imam lui-même, est –elle prête pour accepter le livre de l’imam ? Le problème de l’humanité ne relève pas du fait qu’il n’existe pas un livre venant de l’imam. Si l’humanité était vraiment prête, elle se serait contentée ne serait ce que des préceptes qui sortent dans le coran et les propos des Ahl-ul-bayt (as) et qui présentement sont à notre disposition.(1)2 – Vue l’intérêt que représente l’occultation de l’imam du temps, les caractéristiques de l’époque de l’occultation et le fait que tout le monde n’a pas accès aux guides, s’il fallait qu’un tel livre  soit rédigé de la part de l’imam, beaucoup de gens auraient prétendu en posséder et chaque fois, ils prendront leurs avis personnels pour dire que quelque chose qui vient de l’imam. Il serait alors particulièrement difficile de distinguer la vérité du faux. Présentement, nous avons déjà beaucoup de gens qui prétendent avoir des relations et avoir rencontré l’imam du temps, et cela a déjà entrainé l’égarement de beaucoup de personnes.3 – L’occultation de l’imam du temps est juste quelque chose d’ordre apparent et du point de vue spirituel, ses relations ne sont pas coupées avec les gens. Dans un hadith du prophète (ç) au sujet de l’occultation de l’imam, il est écrit : « tel le soleil caché derrière les nuages et qui n’est plus visible, l’imam sera comme le soleil caché derrière les nuages, les gens ne le verront pas mais profiteront de son existence » (2) donc l’imam a toujours un œil sur nous et chaque fois que le besoin s’impose, il utilise les moyens qu’il juge lui-même approprié pour guider les gens. C’est ainsi qu’on le voit depuis la grande occultation jusqu’à présent, les choses se sont toujours déroulés ainsi et l’imam n’a jamais abandonné les gens eux-mêmes. Il est clair que guider les gens ne passe pas forcément par le fait de rédiger un livre.Notes:1 – En effet, l’islam est la dernière religion et la plus complète des religions, le messager de l’islam est le dernier des messagers. Alors tous ce qui était nécessaire avait déjà été expliqué jusqu’à la mort du prophète à travers la révélation dans réuni dans le coran. De même, tous ce qui était nécessaire pour expliquer, élucider, commenter les versets du coran a été accomplie jusqu’à l’époque de la grande occultation de l’imam du temps par le prophète et les imams et cela se retrouve dans les hadiths et les traditions des infaillibles. Et par rapport aux nouvelles questions qui se posent, l’imam Mahdi a déterminé l’attitude que les gens doivent adopter. En disant : « en ce qui concerne les choses qui se produisent avec le temps, vous devez vous tourner vers les rapporteurs de nos hadiths qui sont mes preuves sur vous. Et moi je suis la preuve de Dieu sur eux. », Wasa’il ul shia, vol 27, page 140, hadith 33424. Durant cette époque donné que toutes les dispositions d’ordre juridique ne sauraient être directement extraites du coran et de la sunna, des principes fondamentaux de jurisprudence ont été institués et le jurisconsulte remplissant toutes les conditions et maîtrisant ces principes légués par les imams devraient s’y référer pour analyser et procéder aux démonstrations rationnelles conformément au coran et la sunna du prophète pour déduire les dispositions légales et déterminer l’attitude que les gens doivent adopter.

https://fr.al-shia.org/loccultation-de-limam-al-mahdi-p/

Interrogations sur l’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h) ‘

Une attention particulière est donnée par les Musulmans, mais aussi par les adeptes des autres religions à la question du Mahdi, dans la mesure où il s’agit du Sauveur de l’humanité des injustices et des souffrances, celui qui répand la justice et l’assurance.

La totalité des écoles et groupes islamiques sont d’accord sur cette idée, mais un grand débat sépare les croyants au niveau de ses détails et, tout particulièrement, en ce qui concerne son Occultation et ses finalités ainsi qu’en ce qui concerne les modalités de son Avènement et les moyens utilisés pour la réalisation de son projet dont le but est de dissiper l’injustice et répandre la justice.

Son Eminence, l’Autorité religieuse, l’Ayatollah Muhammad Hussein Fadlallah, a répondu à ces interrogations éclairant ainsi les raisons de son Occultation et les finalités de son message visant à réaliser la justice attendue.

L’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Vous dites que l’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h) est un mystère parmi les mystères de l’Invisible de Dieu, le Très-Haut, et que cet Invisible a besoin d’être prouvé par une preuve tirée du Livre et de la Sunna. Or, le Messager de Dieu (P) n’a pas évoqué son Occultation, se contentant d’évoquer son Avènement. Comment cette preuve peut-elle persuader un adepte d’une école autre que la vôtre?

Réponse: Si le Messager de Dieu (P) avait évoqué son Avènement, on ne peut pas parler d’Avènement s’il n’était pas précédé d’une Occultation. Ceci, d’une part.

D’autre part, lorsque nous lisons la Tradition prophétique disant: « Je vais laisser parmi vous les deux choses grandioses. Tant que vous vous y attachez, vous ne serez pas égarés : Le Livre de Dieu qui est une corde tendue entre le ciel et la terre, et les Gens de ma Famille. Ils ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils me rejoindront au bord du Bassin! », on comprend qu’il doit y avoir à chaque étape de l’histoire un homme parmi les descendants du Prophète (P), et cet homme n’est personne d’autre que l’Imâm al-Mahdî (h). A cette Tradition, beaucoup d’autres Traditions récurrentes sont rapportées du Messager de Dieu (P) par les Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p), et ces Traditions ne sont pas le fait des Imâms eux-mêmes.

Question: Si Dieu, le Très-Haut, avait envoyé les prophètes et les Imâms (p) en tant que sages, avertisseurs et dirigeants, comment se fait-il alors qu’ils soient occultés, invisibles, comme l’Imâm al-Mahdî (h)? Ne faut-il pas qu’il soit présent avec nous pour qu’il puisse nous diriger?

Réponse: La question de l’Imâm al-Mahdî Ibn al-Hassan (p) est différente de celles des autres prophètes et Imâms (p). Il est l’Argument de Dieu, le Très-Haut; il est le douzième Imâm dont l’Imâmat n’est l’objet d’aucun doute. Dieu, le Très-Haut, l’a destiné à préparer le monde à la justice universelle; Il l’a préparé à gérer la situation dans laquelle il scellera la marche de toute l’humanité, et réalisera le but de toutes les prophéties et de tous les messages. C’est pour cette raison que Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, n’a-t-il pas fait de lui un Imâm dans les détails, comme c’est le cas des prophètes qui transmettent un message dans ses détails visant à donner la sagesse et promouvoir la condition humaine par l’éducation. Les prophètes portaient leur attention aux détails dans la mesure où ils ont apporté un message qu’ils ont enseigné. Il en était de même pour les Imâms qui sont les pères de l’Imâm al-Mahdî (p). Ils ont complété les détails du fait qu’ils sont, selon notre doctrine, les lieutenants du Prophète (P) et ses légataires. C’est pour cette raison que, lorsqu’on lui a posé la question: « Que ferions-nous, lorsque tu seras occulté? », il a répondu: « Quant aux événements à venir, référez-vous à leur sujet aux transmetteurs de nos Traditions. Ils sont mes arguments auprès vous et moi je suis l’argument de Dieu ». Car par le biais de mes pères et de ce qu’ils auraient eu, ils ont le pouvoir de répondre aux questions concernant les détails, que ce soit au niveau des particularités ou au niveau des universaux. Et comme je suis l’argument de Dieu, le besoin n’est donc plus au niveau des détails. Les savants qui ont transmis et étudié tout ce qui a émané de Dieu, à Lui la Grandeur, de Son Messager (P) et des Imâms (p), ont le pouvoir de donner à chaque génération future la réponse aux interrogations qui pourraient leur passer à l’esprit, ou aux questions dont on a besoin dans la législation. Donc, et comme tout est élucidé, l’Imâm n’est plus indispensable pour ce qui est des détails. Son rôle est ainsi de changer le monde, de le remplir en matière de justice et d’équité après avoir été rempli en matière d’injustice et d’iniquité.

Mais pourquoi l’Imâm (h) s’est-il occulté si longtemps? Quel en est le mystère? Son Occultation fait partie de l’Invisible propre à Dieu, à Lui la Grandeur. Les signes évoqués au sujet de son Avènement ne sont pas assez clairs. Ils sont suggestifs tout au plus. Les gens se sont tant et tant penchés sur ces signes au point qu’à l’éclatement de chaque guerre, on trouve ceux qui la considèrent comme un signe de l’Avènement. Mais il s’agit de quelque chose qui fait partie de l’Invisible propre à Dieu, le Très-Haut, de l’un de Ses mystères. Quant à nous, nous ne possédons pas les moyens de percer ce mystère. Le rôle de l’Imâm (h) diffère du rôle des tous les Imâms (p) précédents. Et il diffère, en effet, de celui de tous les prophètes (p). Il y a une question qui ne cesse de se répéter: Comment se fait-il qu’il s’occulte alors qu’il est l’Imâm qui donne sa valeur à l’Argument? Et Comment se fait-il que, lors de son Occultation, l’Argument ne s’établit pas? Tout cela s’explique par le fait que, de par la culture en vigueur chez nous, nous considérons le rôle de l’Imâm (h) comme identique à celui de son père et de ses grands-pères (p). Il n’en est pas ainsi, les Traditions en vigueur à l’appui.

Question: L’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h) constitue-t-elle une rupture par rapport à la réalité humaine? Est-ce qu’il mange, boit et rencontre ses lieutenants, Ou bien s’est-il disparu par rapport à ce monde-ci? En d’autre terme, s’agit-il pour lui d’une ascension vers le monde métaphysique? Est-il présent sur terre? Est-il absent par rapport aux gens? Ou bien est-il absent par rapport à la terre et aux gens?

Réponse: En quoi sommes-nous concernés par ce sujet? Qu’est ce qui nous intéresse en ce genre de propos? Que mange-t-il, que boit-il? Son Occultation est avant tout, quelque chose qui fait partie de l’Invisible propre à Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire. Quant à son Avènement, il est aussi quelque chose qui appartient à l’Invisible propre à Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire. Cela est l’objet du foi que nous prêtons aux Traditions rapportées par le Prophète (P), comme lorsqu’il dit à son compte: « Il remplira la terre en matière de justice et d’équité après avoir été remplie d’injustice et d’iniquité », entre beaucoup d’autres Traditions. Mais nous entendons maintenant des chaînes de télévisions se poser des questions du genre: Est-il marié? Où habite-t-il? Que mange et boit-il? Ce genre d’interrogations ne sert à rien. Ces sont des connaissances qui ne sont pas utiles à celui qui les connaît, et qui ne nuisent en rien à celui qui les ignore… De plus, il ne nous est pas demandé de nous soucier de ces questions. Il nous est demandé de croire en lui, rien que parce que le Sincère qui doit être cru nous l’a dit. Du reste, nous l’attendons dans la mesure où nous oeuvrons pour l’Islam. Nous sommes musulmans et nous avons des responsabilités à assumer. Maintenant, nous l’attendons afin qu’il remplisse la terre en matière de justice et d’équité.Mais nous devons agir pour la justice, chez nous, dans nos maisons, dans nos pays, en politique, dans le domaine économique et social. C’est à cela que nous devons nous intéresser. Cela ne nous regarde pad de savoir comment il est et comment il vit. Il nous est demandé de croire en lui, car il nous est péremptoirement établi qu’il est tel, et nous devons assumer nos responsabilités.

L’Imâm al-Mahdî (h) et la force

Question: On sait que l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h) se fera par le pouvoir et la force, alors que l’appel du Prophète (P) n’avait pas cet aspect. Comme comprendre cette différence?

Réponse: Il y a une différence entre le Messager (P) chargé d’appeler et de transmettre le Message, deux questions qui se font par persuasion progressive, en vue d’inciter les hommes à s’engager intellectuellement et pratiquement au service du Message, et entre l’Imâm al-Mahdî (h) dont le rôle, à la fin du temps, sera de changer le monde, même si l’appel fera partie intégrante de son message qui n’est rien d’autre que celui du Prophète Muhammad (P). Le rôle de l’Imâm (h) est de remplir la terre en matière de justice et d’équité après avoir été remplie d’injustice et d’iniquité. C’est un rôle dont les conditions de réalisation diffèrent des conditions nécessaires pour les prophètes (p). Pourtant cela n’empêche pas que l’Imâm al-Mahdî (h) ait sa méthode propre quant à l’appel à Dieu dans les conditions où le besoin s’impose d’avoir recours à la persuasion visant à faire passer le message de l’idée et la réalité.

Question: Vous avez dit dans une conférence précédente que le message des religions célestes n’était pas lié au recours à la force et à la violence, mais qu’il reposait sur la persuasion, contrairement à ce qui est courant de nos jours dans le monde où règne le langage de la violence et de la force. S’agit-il là d’une raison pour laquelle il serait impossible d’installer le règne de Dieu sur terre qu’avec l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h)?

Réponse: Nous disons que le message des prophètes (p) est fondé sur la base de la foi et du message au profond de l’âme humaine, et non pas des conditions externes qui se trouvent dans l’environnement de l’homme. Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas oeuvrer pour nous approprier la force. Il est nécessaire, pour ceux qui appellent à Dieu d’agir pour faire passer le message à partir de la raison. Mais d’autres conditions sont nécessaires pour changer le monde. Lorsque le message ou l’appel arrivent au point au niveau duquel s’impose le changement de la réalité, les conditions pourraient alors appeler le recours à la force ou à la paix, selon la nature différente de ces conditions.

L’Imâm al-Mahdî (h) veille sur le mouvement de la foi

Question: Les Chiites croient que le douzième Imâm est vivant et qu’il est un prolongement du Prophète (P). La question est, à ce propos, la suivante: Pourquoi l’Imâm (h) n’intervient-il pas pour corriger les fausses fatwa, qu’elles proviennent des Sunnites ou des Chiites, d’autant plus que le message de l’Imâm (h) est universel, et ne se réduit pas aux seuls Chiites. N’y a-t-il pas entre sa non intervention et sa responsabilité une contradiction du fait qu’il est chargé d’ordonner le bien et d’interdire le mal?

Réponse: Nous avons démontré ci-haut que le rôle de l’Imâm est de changer la totalité du monde au stade finale de son existence, et que le rôle des imâms précédents qui servaient la ligne du Message et de la Prophétie était celui de l’enseignement, de la transmission, de l’affirmation et du redressement des concepts. Ils nous ont laissé beaucoup de règles à suivre pour redresser ce qui aurait été corrompu et corriger les erreurs des hommes. Il n’y a donc aucun vide dans ce domaine. Mais si les hommes n’appliquent pas ces règles, ils en sont les seuls responsables.

L’utilité pratique de l’Occultation de l’Imâm (h)

Question: Il est dit dans la Tradition que les hommes profitent de l’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h), tout comme ils profitent de son Avènement, à la manière du soleil qui répand ses lumières même lorsque les nuages s’interposent entre lui et nous. Quelle est l’utilité pratique de l’Occultation de l’Imâm (h)?

Réponse: Ces explications qu’on trouve dans la Tradition, comme celles disant qu’il ressemble au soleil qui se cache derrière les nuages, ne sont pas compréhensibles. Pourtant, nous disons qu’il doit y avoir une raison à ce propos, mais c’est Dieu seul, à Lui la Grandeur et la Gloire, qui la saisit, alors que nous n’en savons rien. C’est pour cela que nous croyons en lui sans l’avoir vu, et le Sincère qui doit être cru nous l’a dit, tout comme il nous a mis au courant de l’existence du Paradis et de l’Enfer. Nous avons cru en tout cela. Les éléments de la croyance sont liés les uns aux autres; ils forment un tout intégral.

La situation de la confession pendant l’ère de l’occultation de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Notre situation actuellement, en tant que confession, n’est-elle pas semblable à celle des autres confessions qui ne croient pas en un Imâm infaillible? Il existe dans nos livres des Traditions faibles ou contradictoires, et des désaccords existent entre nos jurisconsultes. Qu’est-ce qui nous distingue alors en tant qu’Imâmites? Comment pourrions-nous prouver la continuité de la Prophétie et de l’Imâmat dans les conditions de l’occultation de l’Imâm al-Mahdî (h)?

Réponse: Une Noble Tradition se ramenant à l’Imâm al-Mahdî (h) dit: « Quant aux événements qui surviennent au cours du temps, référez-vous à leur sujet aux transmetteurs de nos Traditions ». D’autres Traditions émises par les autres Imâms (p) mettent au clair tout ce dont les gens ont besoin. Ils se réfèrent aux jurisconsultes pour en prendre connaissance. Pour ce qui est de la question de l’Imâmat et de sa nécessité, ainsi que de l’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h), ce sont des sujets qui ont été prouvés dans les détails et que nous ne pouvons pas aborder dans ce contexte.

L’ère de l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Certains croient que la période actuelle est l’ère de l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h). Pouvons-nous adhérer à cette croyance?

Réponse: Dieu, le Très-Haut dit: ((Ils le voient si éloigné; nous le voyons tout proche)) (Coran LXX, 6-7). Mais, comme nous l’avons maintes fois affirmé, cela ne nous concerne pas, car Dieu qui en a caché la raison dans son Occultation, fera aussi apparaître Sa raison dans son Avènement. Quant à nous, notre responsabilité consiste à préparer le climat propice à cet Avènement. Ne disons-nous pas dans notre invocation: « Seigneur! Nous Te solliciterons un noble Etat par lequel Tu fasses triompher l’Islam et les siens, Tu humilies l’hypocrisie et les siens, un Etat où Tu fasses que nous soyons parmi ceux qui appellent à T’obéir, parmi ceux qui dirigent sur Ta voie, un Etat où Tu nous combles des bienfaits de ce monde-ci et de l’Autre monde »? Comment cela pourrait-il avoir lieu sans que nous n’étudions, lisions et possédions la culture? Comment peux-tu être celui qui appelle à la cause de Dieu si tu ne présentes pas les conditions de l’appel à Dieu? Comment l’attends-tu sans appeler ta femme et tes enfants à l’obéissance à Dieu, et sans posséder une culture sociale, religieuse et d’action?

Diriger sur la voie de Dieu, cela veut dire que tu dois être un dirigeant en puissance, que tu fasses développer en toi les élément de la direction. L’Imâm (h) viendra pour remplir le monde en matière de justice et d’équité après avoir été remplie d’injustice et d’iniquité. De ce fait, nous devons suivre la ligne de la justice, car il viendra pour établir la justice mondiale? Qui, parmi nous, pense à être juste dans sa maison? Qui, parmi nous, remplit justement ses devoirs envers sa femme? Et la femme, remplit-elle justement ses devoirs envers son mari? Qui, parmi nous, traite justement ses enfants et ses voisins? Sommes-nous semblables à celui qui crie: « A bas l’injustice, vive la justice » alors qu’il fait plonger les siens dans l’injustice? Soyons justes, les uns envers les autres. C’est ainsi que nous nous préparons à l’Avènement de la justice attendue.

Les soldats de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Les soldats de l’Imâm al-Mahdî (h) seront-ils vivants ou des morts que Dieu ressuscitera pour le soutenir. Seront-ils ses gouverneurs et les chefs de ses armées?

Réponse: Ce qui compte c’est que nous soyons nous-mêmes parmi les soldats de l’Imâm al-Mahdî (h), en nous préparant à faire partie de ses assistants et soldats. Nous le disons dans l’invocation lorsque nous disons: « Seigneur! Nous Te solliciterons un noble Etat par lequel Tu fasses triompher l’Islam et les siens, Tu humilies l’hypocrisie et les siens, un Etat où Tu fasses que nous soyons parmi ceux qui appellent à T’obéir, parmi ceux qui dirigent sur Ta voie, un Etat où Tu nous combles des bienfaits de ce monde-ci et de l’Autre monde ». Chacun de nous doit donc s’éduquer pour être un dirigeant islamique en puissance, pour être quelqu’un qui appelle à l’islam, et alors, il y aura ceux qui seront ses partisans. Ce qui compte pour nous c’est ne pas être parmi ses ennemis, car il y en a beaucoup de ceux qui s’occupent à se conduire d’une manière hostile à l’Imâm. D’après la Tradition rapportée de lui disantqu’il remplira la terre en matière de justice et d’équité après avoir été remplie d’injustice et d’iniquité, celui qui détient du pouvoir et traite injustement sa femme, son voisin, ou l’homme qui échange avec lui, sera au nombre des ennemis de l’Imâm; il sera au nombre de ceux qu’il combattra lors de son Avènement, car l’imâm remplit la terre en matière de justice et d’équité, alors qu’un tel homme suit la ligne de l’injustice.

L’homme doit donc s’éduquer et s’approprier les bons caractères de la ligne suivie par l’Imâm (h), pour être ainsi établi dans le monde, car l’Imâm se conduit à partir de la ligne de la justice universelle. Si alors tu assistes et soutiens les injustes, comment donc pourrais-tu espérer être parmi ses partisans et ses suivants? Ce qui est important lorsqu’on pose des questions c’est de demander quelles sont nos responsabilités? Quelles sont nos charges? Comment l’attente de son Avènement pourrait être une attente positive? Comment nous éduquer pour être parmi ses partisans et ses soldats? C’est en cela qu’en invoquant Dieu de faciliter son Avènement et de rendre plus aisé son apparition, nous ne serons pas semblables à « ceux dont les cœurs sont avec lui, alors que les épées sont contre lui ». Que Dieu nous en garde!

Les signes de l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Quels sont les signes de l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h)?

Réponse: Cela ne relève pas de nos responsabilités, car son Occultation fait partie de l’Invisible propre à Dieu et son Avènement fait partie de l’Invisible propre à Dieu. C’est une question qui concerne Dieu? Notre rôle c’est de lui préparer certains terrains, c’est de nous préparer à être parmi ses soldats, parmi ceux qui dirigent sur son chemin. Nous avons organisé d’innombrables célébrations. Mais avons-nous organisé des célébrations pour nous fêter nous-mêmes en tant que dirigeants, en tant que ceux qui appellent à suivre son chemin? Voudrions-nous que l’Imâm (h) arrive alors que nous sommes occupés de nos propres affaires? Je vous raconte une anecdote intéressante à ce propos: Vous connaissez la Mosquée « Sahla » située entre Kûfa et Najaf. Elle renferme des mausolées de certains prophètes (p) et de l’imâm al-Mahdî (h). Les gens racontent, mais nous ne savons pas d’où est-ce qu’il le tiennent, que depuis longtemps, on se rendait dans cette mosquée, quarante mercredi à la suite pour réciter l’invocation qui appelle l’Imâm (h) à apparaître. Un certain homme, ayant passé les quarante mercredi en se préparant à rencontrer l’Imâm al-Mahdî (h), finit par être reçu par lui. Il lui aurait diten prenant place face à lui : « ? mon Maître! ? mon Maître, tu nous as honorés! ». L’Imâm (h) lui aurait alors dit: « Tu dois te séparer de ta femme car elle est ta sœur de lait. Tu dois quitter ta maison car elle appartient aux orphelins. Tu dois laisser tes biens car ils sont illicites ». Alors l’homme s’est précipité dehors en criant: « Il y a un voleur à l’intérieur, faites-le sortir! ».

Une telle attitude pourrait être celle de beaucoup d’entre nous au moment de l’Avènement de l’Imâm (h). L’Imâm al-Hussein (p), qui est l’aïeul de l’Imâm al-Mahdî (h) a dit en entamant sa révolte: « Les gens sont les esclaves de ce bas-monde, alors que la religion est pour eux affaire de parole: Ils l’acceptent tant qu’ils trouvent leurs subsistances, mais une fois éprouvées, ils sont peu nombreux à être attachés à la religion ». Qui sait ce qui arrivera si l’Imâm (h) fera son apparition pour nous trouver occupés à médire et à diffamer. Nous serons alors parmi ses ennemis, tels ceux qui, de leurs cœurs, étaient avec l’Imâm al-Hussein (p), et de leurs épées, contre lui. Que Dieu nous en garde!

Assister al-Mahdî (h)

Question: Comment l’homme peut-il concrétiser l’assistance à porter à l’Imâm al-Mahdî (h) pratiquement et spirituellement?

Réponse: Par deux moyens: direct et indirect. Le moyen direct et celui par lequel on assiste la ligne de l’Imâm, l’Argument (h), comme porteur de message. Il est dans cette situation, l’Imâm des Musulmans, comme ses aïeux. Il n’a pas de particularité à ce niveau. Il est comme le reste des Douze Imâms (p). Son rôle qui est identique aux leurs est d’assister l’Islam et l’établissement de la justice universelle sur la base de l’Islam. Lorsqu’on se propose d’assister l’Imâm (h), nous devons appeler à l’Islam. Mais nous ne devons pas nous réduire à l’invocation, comme lorsque l’un ou l’autre parmi nous se contentent de réciter l’Invocation dite de la « Nudba » (l’Elégie funèbre). Nous devons tout d’abord nous éduquer et éduquer les notre de l’éducation de l’islam. Nous devons porter les causes islamiques et relever les défis lancés contre les Musulmans, et faire face aux injustes et aux arrogants qui imposent leur tutelle sur les Musulmans dans les domaines de l’économie, de la politique et de la sécurité.

Pour ce qui est du moyen indirect, il consiste à nous apprêter selon notre responsabilité légale. Cela ne veut pas dire que nous sommes, à l’ère de l’Occultation libres de nos responsabilités et de nos engagements, ayant le droit de nous asseoir pour déguster notre thé, et d’aller à la mosquée « Sahla » pour réciter des invocations durant 40 jours. Dieu, à Lui la Grandeur, nous a chargés de la responsabilité dont parle le Noble Verset qui dit: ((Ceux qui communiquent les messages de Dieu Le craignent sans craindre personne d’autre que Lui; Dieu leur suffit comme comptable)) (Coran XXXIII, 39). Nous sommes donc en tout responsables, et c’est de cette façon que nous attendons l’Avènement de l’Imâm (h).

Les guerres de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: L’Imâm al-Mahdî (h) combattra-t-il ses ennemis au moyen du miracle ou utilisera des armes habituelles?

Réponse: Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, a fait de l’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h) et de son Avènement quelque chose de relevant de l’Invisible? C’est Dieu qui l’aidera à remplir sa fonction qui est de répandre la justice universelle par l’islam. Pourquoi donc nous fatiguer à nous poser ce genre de questions? Quelle arme va-t-il utiliser? S’agit-il d’une arme nucléaire? De missiles? C’est une connaissance qui n’est pas utile à celui qui la connaît, et qui ne nuit en rien à celui qui l’ignore. Nous disons qu’il nous est préférable de savoir quelles sont nos connaissances au sujet de l’islam qui sera apporté par l’Imâm al-Mahdî (h)? Quelles sont nos connaissances au sujet de la justice qui est le titre de l’action de l’imâm al-Mahdî (h)? Savons-nous ce que c’est la justice au monde? Sommes-nous pour l’établissement de la justice au monde? Sommes nous avec l’établissement de la justice dans notre vie toute entière, où l’homme sera juste avec sa femme et la femme avec son mari? Nous devons poser des questions au sujet de notre responsabilité et de nos charges devant Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire. Nous devons être responsables dans la construction de notre vie sur de bonnes bases. Et de ce fait, lorsque l’imâm fera son Avènement avec l’autorisation de Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, il n’y aurait plus de problème à ce propos.

La prétention concernant la vision de l’Imâm al-Mahdî (h)

Question: Quelle est votre avis au sujet de la vision de l’Imâm attendu (h), sachant que certains parmi ceux qui prétendent l’avoir vu sont dignes de foi et des savants religieux?

Réponse: L’Occultation de l’Imâm al-Mahdî (h) relève de l’Invisible propre à Dieu, à Lui la Grandeur, et il s’y agit d’une Occultation majeure. Cela veut dire que personne ne peut le rencontrer. Si quelqu’un prétend l’avoir vu, on est en droit de nous demander quelle est la particularité grâce à laquelle il a pu le voir ou lui chuchoter quelque chose dans l’oreille? Il existe des textes qui traitent de mensonge ceux qui prétendent l’avoir vu même s’ils sont dignes de foi. Nous ne disons pas qu’ils mentent, mais peut-être qu’ils se l’imaginent.

Al-Mahdî (h) et l’avenir de l’humanité

Question: On dit qu’à l’Avènement de l’Imâm al-Mahdî (h), Jésus-Christ (p) priera derrière lui. Conseillez-vous aux Chrétiens de ne plus soutenir les Juifs et d’ouvrir les voies au rapprochement avec les Musulmans au lieu de les accuser de terrorisme, alors que l’entité sioniste en Palestine est le véritable terroriste?

Réponse: nous conseillons aux Chrétiens et aux Musulmans avec eux de ne pas coopérer avec les Juifs, car nous voyons de nos jours beaucoup de Musulmans coopérer avec les Juifs (Israël). Nous demandons aux Chrétiens de croire en Jésus-Christ (p) tel qu’il est envoyé par Dieu. De même, nous demandons aux Musulmans de croire en le Prophète Muhammad (P) tel qu’il est envoyé par Dieu, à Lui la Grandeur. La cause palestinienne est la cause de Jésus-Christ (p) tout comme elle est celle du Noble Prophète (P) et celle de tous les messages célestes et de tous les prophètes (p). Je me souviens d’un cardinal chrétien du Vatican, le cardinal « Arner », un nigérien, que j’ai rencontré une foi lors d’une conférence et qui m’a dit que le sujet à traiter est celui du dialogue islamo-chrétien et de la situation de la femme en Islam.

Je lui ai dit alors qu’il existe des questions plus intéressantes à traiter: Si Jésus-Christ (p) était parmi nous ces jours-ci, de quel côté serait-il, du côté des Juifs ou du côté des Palestiniens? Il est dit que Jésus Christ ait chassé les voleurs en dehors du temple, et voilà maintenant que les Juifs volent des pays entiers, comme la Palestine. Il m’a répondu que c’était une question politique que je pourrai en parler avec l’ambassadeur du Vatican à Beyrouth. Je lui ai dit: « Qu’en est-il de votre conscience chrétienne? ». Alors l’ambassadeur du Vatican à Damas s’est intervenu pour dire qu’Israël (l’entité sioniste) est un fait établi et nous échangeons avec lui. J’ai répondu: Le Diable aussi est un fait établi. Devrions-nous reconnaître sa légitimité? Car tout fait établi n’est pas un fait à reconnaître, puisqu’il peut être faux. Je n’ai plus eu de réponse.

La cause palestinienne, il est vrai, est une cause islamique majeure. Mais si les Chrétiens voulaient être fidèles à Jésus-Christ (p), ils devraient alors participer avec les Musulmans pour défendre les opprimés en Palestine, qu’ils soient Musulmans ou Chrétiens.

https://erfan.ir/french/82788.html

Des questions sur l’occultation de l’Imam Al-Mahdi (a.s.)

Des questions sur l’occultation de l’Imam Al-Mahdi (a.s.)

La question de l’Imam Al-Mahdi (qu’Allah hâte son apparition) a reçu beaucoup d’attention, non seulement des musulmans, mais aussi des croyants des autres religions, puisque l’Imam Al-Mahdi (aj) est considéré le sauveur de l’humanité de toute tyrannie et oppression. Il est également considéré comme le répandeur de la justice et de la quiétude. En fait, tous les musulmans sont d’accord sur cette idée ; cependant, des arguments et des discussions approfondis ont eu lieu entre croyants, en particulier en ce qui concerne les questions liées à son occultation et son intérêt, son apparition et les moyens qui pourraient servir pour mettre en œuvre la propagation de la justice et l’éradication de la tyrannie. Son Eminence, l’Autorité religieuse Sayed Muhammad Hussein Fadlallah (ra), a répondu à toutes ces questions révélant les raisons de l’occultation de l’Imam, expliquant les objectifs généraux de sa mission en vue d’établir la justice attendue.

Q : Vous dites que l’occultation d’Al-Mahdi est l’un des secrets d’Allah, ce secret a besoin de preuves, du Livre Saint et la Sunna. Cependant, le Prophète Muhammad (p) a annoncé son apparition, non son occultation. Alors, en tant que musulman appartenant  un autre rite, comment puis-je être convaincu par une telle preuve ?

R-Si le Prophète Muhammad (p) a annoncé l’apparition d’Al-Mahdi, c’est parce que l’apparition vient à la suite de l’occultation, ceci est un aspect.

L’autre aspect, c’est le hadith du Prophète (p.) : «Je laisse parmi vous deux choses précieuses, auxquelles si vous vous accrochez vous ne vous égarerez pas après moi: le Livre d’Allah qui est comme une corde étendue entre le ciel et la terre, et les Gens de ma Maison. Ces deux choses ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’elles me retrouvent près de la fontaine, le Jour du Jugement». Par conséquent, nous réalisons que pour chaque période de temps, il doit y avoir une certaine personne de la descendance du Prophète (p.), tant que le Livre Saint existe. Cette personne est l’Imam Al-Mahdi (aj). Par ailleurs, de nombreuses traditions racontées par les Gens de la Maison Prophétique (as) transmettent uniquement de ce que disait le Prophète (p.) à ce sujet.

Q : Si Allah a envoyé les prophètes, les messagers, et les imams pour nous diriger, guider et avertir, comment cela peut être appliqué à l’Imam Al-Mahdi (as), qui est invisible. N’est-il pas censé être présent parmi nous pour nous guider ?

R : La question de l’Imam Muhammad Bin Al-Hassan (aj) diffère de celle des prophètes et des autres Imams. Il est considéré l’argument décisif d’Allah, et le douzième Imam, dont l’imamat est incontesté. Allah l’a préparé pour prévaloir la justice dans le monde, et pour le jour où se termine la vie sur terre. En outre, l’Imam Al-Mahdi (aj) est prêt à appliquer les objectifs de tous les prophètes et messages célestes. Par conséquent, Allah n’a pas fait de lui un Imam comme les autres Imams et prophètes (p.) suivi de tous les détails ; puisque les prophètes sont venus avec le Message et ont enseigné la sagesse et les valeurs morales du Livre Saint, ainsi que l’éducation des gens. Les Imams qui ont précédé l’Imam Al-Mahdi (as), ont expliqué les détails du Message, car ils sont considérés selon nos croyances, les successeurs du Prophète (p.). Par conséquent, quand l’Imam Al-Mahdi (as) a été interrogé sur la durée de son occultation, et ce que les gens allaient faire pendant son occultation, il a répondu – selon ce qu’on raconte – :

« Quant aux incidents qui surviendront, reportez-vous aux narrateurs de nos traditions, ils sont mes arguments définitifs », à travers ceux qui m’ont précédé et à travers les messages que je leur ai confié, ils peuvent vous répondre. Donc, la question n’est pas liée aux détails, car les oulémas, qui ont narré, enseigné et expliqué tout ce qui a été envoyé par Allah à travers Son Prophète (p.) et Ses Imams (as) sont, aujourd’hui, en mesure d’expliquer et de fournir – à toutes les générations – toutes les réponses à toute question législative pouvant surgir. Par conséquent, il n’est plus nécessaire que l’Imam Al-Mahdi (as) entre dans les détails. Son rôle consiste simplement à changer le monde en un endroit meilleur, après que la terre aura été remplie d’injustice et d’oppression.

Quant aux raisons et secret de sa grande occultation, ceci est l’un des secrets d’Allah, tout comme son apparition. Les signes mentionnés à cet égard, ne sont pas assez clairs, mais peuvent nous donner quelques indications. Les gens se sont pris tellement par ces signes qu’ils ont commencé à considérer tout événement ou tout éclatement de guerre comme signe de son apparition. En effet, il faut bien comprendre que son occultation est l’un des secrets d’Allah et de l’invisible, et nous, en tant qu’êtres humains, nous ne possédons pas les connaissances qui pourraient nous aider à dévoiler ce secret.

Le rôle de l’Imam Al-Mahdi (as) diffère de celui de tous les autres Imams, et également de celui des prophètes. Mais une question revient toujours: «Comment peut-il être occulté tout ce temps, malgré qu’il est l’Imam par lequel l’argument définitif d’Allah s’établira, en même temps, tant qu’il est occulté, l’argument définitif d’Allah ne peut pas s’établir ? ». Cette question ainsi que d’autres ne sont rien d’autre que le résultat de notre éducation. On nous enseigne que le rôle de l’Imam doit être le même que celui de ses pères et grands-pères. Mais si nous revenons aux traditions qui nous sont parvenues, nous trouverons que le cas est différent.

Q : Est-ce que l’occultation de l’Imam Al-Mahdi (as) est limitée à la réalité humaine ; c’est-à-dire qu’il mange, boit, et répond à ses députés ? Ou est-il loin du monde terrestre et plus près du monde métaphysique ?

R : Cela ne nous concerne pas. Pourquoi devrions-nous nous occuper de ce qu’il mange et boit ?! Tout d’abord, son occultation est l’un des secrets d’Allah et de l’invisible, tel est le cas pour son apparition. Nous avons construit notre conviction sur les traditions rapportées par le Prophète (p.) qui dit : « il remplira la terre d’équité et de justice de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie», etc. Nous entendons, aujourd’hui, certaines chaînes satellitaires se demander : «Est-ce qu’il est marié ? A-t-il des enfants ? Où vit-il ? Que mange-t-il ? Que boit-il ?…» Quel est ce genre de questions ? Ces informations ne nous sont d’aucun intérêt, et le plus important, c’est que nous ne sommes pas censés connaître ce genre de secrets. Nous sommes chargés de croire en lui, parce que notre Prophète (p.) nous a parlé de lui. Avant tout, nous sommes musulmans et avons des responsabilités, nous l’attendons pour le bien de l’Islam afin qu’il remplisse la terre d’équité et de justice. Pendant ce temps, nous devons travailler dur pour établir la justice dans nos maisons, notre pays, ainsi que dans la vie politique, économique et sociale. Voilà à quoi nous devons nous préparer ! Cela ne nous regarde pas de savoir comment est son apparence et son mode de vie ? Notre responsabilité religieuse est de croire en lui, parce qu’il a été prouvé par des arguments indiscutables. Donc ce qui doit nous préoccuper ce sont nos responsabilités religieuses.

Q : On croit que la réapparition de l’Imam Al-Mahdi (as) sera fondée sur la force, tandis que l’appel du Prophète (p.) n’était pas ainsi. Pourquoi cette différence ?

R : Il y a une grande différence entre la mission du Prophète (p.) qui a pris en charge l’appel à la mission qui n’aurait pu être accomplie que par une persuasion graduelle pour garantir l’engagement intellectuel et pratique envers le message et la mission de l’Imam Al-Mahdi (as), dont le rôle, à la fin des temps, est de transformer le monde. Si l’appel fait partie de son Message, alors son rôle principal est de remplir la terre d’équité et de justice de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie. C’est un rôle qui nécessite des conditions particulières différentes de celles des Prophètes. Ceci n’empêche pas l’Imam Al-Mahdi (as) d’avoir sa propre façon de prendre en charge l’appel à la mission, il a ses propres sources sur lesquelles il se base pour convaincre les gens du message, l’idée, et la réalité.

Q : Lors d’un séminaire précédent, vous avez dit que le Message des religions monothéistes n’a pas recours à la force et la violence, mais aux moyens de persuasion, contrairement à ce que l’on voit dans le monde d’aujourd’hui. Ceci est-il considéré comme une cause qui empêcherait le règne d’Allah sur terre à moins que l’Imam Al-Mahdi (as) réapparaisse ?

R : Nous disons que le Message du Prophète (as) est issu de la foi intérieure de l’homme et non pas des conditions environnantes. Cependant, cela ne veut pas dire que nous ne devons pas nous appuyer sur la puissance et la force, gardant à l’esprit l’importance de l’intellect pour convaincre les gens.

Quant à changer la réalité, cela a des conditions particulières. Si l’appel à Allah atteint une étape qui nécessite un changement du statu quo, ces conditions pourraient avoir besoin de force ou de paix, selon les circonstances.

Q : Il est dit que les personnes considèrent que l’intérêt de l’occultation de l’Imam Al-Mahdi (as), est tout comme celui du soleil lorsqu’il est occulté des vues par les nuages. Alors quel est l’intérêt pratique de l’occultation de l’Imam ?

R : Ces comparaisons, tel un soleil caché par les nuages, ne sont pas compréhensibles. Cependant, nous disons qu’il doit y avoir une certaine sagesse, et que seul Allah la connaît, pour cela nous y croyons, sans le voir, tout comme nous croyons en Allah sans Le voir. Notre Prophète (p.) nous a parlé de l’Imam Al-Mahdi (as), comme il nous a parlé du paradis et de l’enfer. La foi est une entité complémentaire indivisible.

Q: Comment peut-on soutenir l’Imam Al-Mahdi spirituellement et physiquement ?

R : Il y a deux façons, directe et indirecte. Quant à la façon directe, elle consiste à suivre et à soutenir la ligne missionnaire qu’a adoptée l’Imam (as). Il est l’Imam des musulmans, tout comme ses pères, son rôle ne diffère pas de celui des douze Imams (as). Son rôle est de soutenir l’Islam et d’établir la justice universelle, sur la base de l’Islam. Si nous voulons soutenir l’Imam Al-Mahdi (as), nous devons appeler à l’Islam par la prière et l’invocation, et nous devons également éduquer nos frères et nous-mêmes sur l’Islam et soutenir les causes islamiques et faire face aux défis affrontés par les musulmans. Nous devons faire face aux tyrans et aux arrogants qui contrôlent l’économie, la politique et la sécurité.

Quant à la façon indirecte, elle est faite pour nous préparer, chacun selon sa responsabilité religieuse. Cela ne signifie pas que, pendant son occultation, nous sommes défaits de nos responsabilités, que nous pouvons nous asseoir, boire du thé, ou qu’il suffit que nous allions à la mosquée Al-Sahlah pendant quarante mercredis consécutifs afin de réaliser nos rêves. Allah nous a rendu tous responsables, ainsi nous devons prendre en charge nos responsabilités, ainsi seulement, nous pouvons attendre la réapparition de l’Imam Al-Mahdi, comme il est dit dans le verset suivant : « ceux qui transmettaient les messages d’Allah et qui Le craignaient, ne craignant nul autre que Lui. Allah suffit pour tenir le compte de tout.» (33:39).

https://new.alhassanain.org/fr/articles/show/9012/Des_questions_sur_l%27occultation_de_l%27Imam_Al-Mahdi_%28a.s.%29

Début de l’Imamat de l’Imam Mahdî (a), 260 H.

L’Imam Al-Mahdi, Le Sauveur De L’Humanité Le Mahdî, qui est habituellement désigné par ses titres de « Imâm al-‘Asr » (l’Imâm «du temps») et Sâhib az-Zamân (Seigneur du temps), est l’imam Mohamad Al-Mahdi fils de l’imam Hassan Al Askar. Il est le douzième et dernier Imam et successeurs du ProphèteL’Imam al-`Askari est mort le 8 Rabi’-I en l’an 260 H., jour marquant le début de l’Imamat de son fils, lequel constitue une source de guidance spirituelle pour tout l’univers. Comme, selon la Volonté d’Allah, toutes les affaires ayant rapport avec le Saint Imam devaient rester strictement derrière le rideau, il commissionna certains de ses délégués et ambassadeurs qui s’étaient occupés des affaires religieuses depuis l’époque de son père pour servir d’intermédiaires entre le gens et l’Imam occulte. Ils communiquaient les problèmes et les questions religieuses des gens à l’Imam, et rapportaient aux gens les solutions et les réponses données par l’Imam.Lieux de vie de l’ImamLe lieu de naissance et de vie de l’Imam avant son OccultationL’Imam Mahdi (a) a vécu à Samarra, depuis sa naissance jusqu’à son Occultation mineure. Durant ce temps, la Galerie sacrée fut son lieu de vie et d’invocation. D’après certains rapports, il y a été vu plusieurs fois durant la vie de son père (a).Certains chercheurs pensent qu’il aurait accompagné son père, a la fin de la vie de ce dernier, au pèlerinage de Hajj, puis s’est réfugié à Médine. Cette hypothèse n’est pas conforme aux sources historiques chiites.Le Lieu de vie de l’Imam pendant son OccultationCertains récits saints insistent sur le fait que le lieu de vie de l’Imam, durant son Occultation, est inconnaissable. Toutefois, il y a d’autres récits qui mentionnent des lieux précis comme Dhî Tuwâ(un lieu autour du sanctuaire de la Mecque), La montagne Radavî (une montagne près de Médine), Tayyiba (Médine) comme lieu de sa vie durant l’Occultation.Considérant qu’il a été en contact avec les Quatre représentants durant son Occultation mineure, on peut penser qu’il a passé une période de son Occultation en Irak.Certaines sources ont également parlé, d’après un récit, d’une île appelée Khadrâ’ (lieu géographiquement inconnu) comme son lieu de vie durant son Occultation majeure. Mais cela a sérieusement été mis en question par certains savants chiites qui ont même écrit des textes pour le critiquer.Ibn Qayyîm Jawzî et Ibn Khaldûn attribuent aux chiites de croire que l’Imam du Temps (a) vive toujours dans la Galerie sacrée et qu’il se soulèvera de là-même. Mais on n’a pas pu trouver des sources chiites concernant cela. Pour les chiites la sacralité de ce lieu est uniquement due à la vie de l’Imam (a) dans ce lieu durant le vivant de son père (a).Le lieu de son apparition, de son soulèvement et le lieu de sa résidence (après son apparition)Il n’y a pas d’information précise à propos du lieu exact de l’apparition de l’Imam du Temps (a). Ce serait peut-être, d’après un certain récit, dans un lieu appelé Dhi Tuwâ (un lieu autour du sanctuaire de la Mecque). D’après le même récit, il en partirait en compagnie de 313 personnes à la Mecque, s’y appuierait à la Pierre noire (حجرالاسود) et y redresserait son drapeau. Ce récit (et d’autres récits) indique(ent) que le soulèvement de l’Imam aura lieu à Masjid al-Harâm et ses partisans feraient l’allégeance avec lui, dans un lieu entre Rukn et Maqâm (de lieux de cette mosquée).Dans d’autre récit un autre lieu appelé Tihâma (un lieu au bord de la mer Rouge, en Arabie Saoudite actuelle) a été mentionné comme le lieu de soulèvement de l’Imam. D’après le même récit la Mecque, comme faisant partie de ce territoire, s’appelle aussi Tihâma.Dans d’autres récits, ce serait un endroit nommé Kur’a comme lieu d’apparition de l’Imam; il paraît que ce soit situé au Yémen. Il y en a encore d’autres qui considèrent la ville de Kûfa comme le lieu de règne de l’Imam du Temps (a), la Mosquée de Kûfa comme son lieu de jugement et la Mosquée de Sahla comme son lieu de vie et son lieu de partage des biens, après son apparition.Les lieux saints attribués à l’ImamIl existe des lieux qui sont attribués au douzième Imam où les chiites se rendent pendants son Occultation majeure afin de communiquer avec lui. Ces lieux sont les suivants :La Galerie sacrée ou la Galerie de l’occultation: ce lieu était le lieu d’invocation des trois derniers Imams à savoir Imam Hâdî (a), Imam al-Hasan al-‘Askarî (a) et l’Imam Mahdi (a).La Mosquée de Jamkarân située dans un village près de la ville de Qom. Ce lieu a été construit, d’après une parole reconnue, sous l’ordre de l’Imam du Temps (a) et par Hasan b. Muthlih Jamkarânî.La Mosquée de Sahla; il y a un lieu (maqâm) au sein de cette mosquée attribuée à l’Imam du Temps (a). Ce lieu est situé entre le lieu (maqâm) attribué à l’Imam Sajjad (a) et le lieu (maqâm) attribué à Khidr. Certains récits ont présenté ce lieu comme le lieu de vie de l’Imam (a) après son apparition.Dhî Tuwâ: c’est un lieu au sein de la Mecque, à l’intérieur du sanctuaire, où d’après certains hadiths, l’Imam Mahdi (a) vit. Dans certains récits, ce lieu est présenté comme le lieu d’apparition de l’Imam et le lieu où il se réunira avec ses compagnons. Il a été rapporté également que l’Imam Mahdi (a) sera dans ce lieu à côté de la Ka’ba, et attendra ses 313 compagnons avant de se soulever.La Montagne Razawî. Certains récits ont présenté ce lieu comme le lieu de vie de l’Imam (a) durant l’Occultation. Cette montagne est située dans un endroit au milieu des montagnes Tihâma entre Médine et la Mecque.Wâdî as-Salâm. Au sein de ce célèbre cimetière, il y a un lieu (maqâm) attribué à l’Imam Mahdi (a). Ce lieu ressemble actuellement à un sanctuaire détenant un dôme, et a été construit en 1310 H. par Sayyid Muhammad Khân, le roi du Sind (au Pakistan). Dans le même lieu, existait un autre bâtiment qui avait été rénové par Sayyid Bahr al-‘Ulûm (m. 1212 H.). Dans le Mihrâb de ce lieu, existe une pierre sur laquelle est gravée une invocation (ziyârat-nâma). La date indiquée sous cette gravure remonte au l’an 1200 H.L’Île de Khadrâ’. C’est un lieu attribué à l’Imam Mahdi (a), où vivant, d’après certains récits, les enfants de l’Imam Mahdi (a). Le récit de cette île est rapporté dans certaines narrations, tandis que les positions des chercheurs à ce propos sont assez ambivalentes : certains l’ont accepté, d’autres l’ont considéré comme une pure légende et ont écrit des critiques à son propos.Tayiba aussi fait partie des lieux attribués à l’Imam (a) pendant son Occultation. Il considéré comme le lieu de vie de l’Imam dans certains récits. Il a été également dit que ce lieu est le même que la ville de Médine.Les caractéristiques physiques et moraux de l’ImamIl existe de nombreux hadiths chiites et sunnites à propos des caractéristiques particulières de l’Imam Mahdi (a).Les caractéristiques physiques et apparentesLe Prophète (s), à de nombreuses reprises, a décrit l’Imam Mahdi (a) comme la personne qui lui ressemble le plus. L’Imam al-Hasan al-‘Askarî (a) également le considère comme celui qui ressemble le plus au Prophète, aussi bien dans ses aspects physiques que moraux.l’Imam Ali (a) avait dit aussi que quand il se soulèvera, il aura moins de quarante ans.L’Imam al-Hasan al-Mujtabâ le présente comme un jeune de moins de quarante ans avec un pouvoir infini.L’Imam as-Sâdiq (a) le décrit en ayant un visage jeune, mature et équilibré. ‘Allâma Majlisî écrit à propos de ce hadith :« par « équilibré » on entend qu’il est d’âge moyen ou vers fin de jeunesse. »L’Imam Rida (a), dans un hadith s’adressant à Abâsalt Hiravî qui lui avait demandé à propos des signes de l’Imam (a) au moment de sa réapparition, dit : » son signe est qu’il est d’âge mûr, tout en ayant un visage jeune, de sorte qu’on lui donne quarante ans ou moins ».Dans le livre Mikyâl al-Makârim la beauté et l’Imam du Temps (a) est indiquée comme une de ses caractéristiques et il a été dit que son visage brille comme la lune.Dans différentes narrations les détails du visage de l’Imam sont décrits. Par exemple le Prophète dit :« Mahdi est de moi, il a un front large, et un long nez droit ».Dans un autre hadith, le Prophète (s) insiste sur le fait qu’il a une teinte d’arabe, et un corps d’Israelite. Il rajoute qu’il a un grain de beauté sur sa joux droite qui brille comme une étoile.L’Imam al-Bâqir (a) a rapporté de son père et de son arrière-grand-père que l’Imam Ali (a) avait dit : » Il apparaîtra un enfant de mes enfants à la fin des temps qui aura un visage blanc et rose, avec une large poitrine […], fortes épaules, et il aura deux grains de beauté sur son doc, l’un de même couleur que sa peau, l’autre comme le grain de beauté du Prophète (s) ».Les caractéristiques morales et pieusesNous pouvons étudier les caractéristiques morales de l’Imam Mahdi (a) de deux façons suivantes :en se basant sur les hadiths et narrations selon lesquels, il est la personne la plus ressemblante au Prophète (s) et interpréter ses caractéristiques morales en le comparant avec ce dernier.en étudiant les hadiths et narrations indépendants attribués aux Imams des chiites à propos des caractéristiques morales de l’Imam Mahdi (a). Ces hadiths, qui sont d’ailleurs dans le corpus de hadiths sunnites également, il est présenté comme la personne la plus amble à l’égard de Dieu, et la personne la plus sage et la plus savante.L’Imam Husayn (a) dit à propos de lui :« vous connaîtrez l’Imam Mahdi (a) par sa dignité et sa sérénité, par sa lucidité et connaissance du bien (licite) et du mal (illicite), par le besoin du peuple de lui et par son manque de besoin des autres ».L’Imam as-Sâdiq (a) le considère comme la personne la plus vertueuse et la plus ascète, qui s’habille et mange sobrement. Il est très exigeant avec les autorités (les agents de son gouvernement) mais très tolérant et compréhensif avec le peuple.L’Imam al-Bâqir (a) le présente comme celui qui pratique d’après le Livre de Dieu et ne voit le mal qu’en s’y opposant.L’Imam ar-Ridâ (a) dit à propos de l’Imam Mahdi (a) : » Il est considéré les mérites des gens plus qu’eux-mêmes et il est plus soucieux à l’égard des gens leurs propres parents. Il est plus modeste à l’égard de Dieu plus que tout, et il est plus rigoureux que tout, pour appliquer ses règles et pour s’abstenir des interdictions ». L’Imam ar-Ridâ (a) le considère comme la personne la plus sage et la plus savante, la plus patiente, la plus vertueuse, la plus humble et la plus pieuse avec laquelle communiquent les anges ».Les représentants spéciaux de l’Imam :L’Imam choisit comme représentant spécial Othman Ibn Sa’id Amri, un des compagnons de son père et de son grand-père qui était son intime et son ami de confiance. Par son représentant, l’Imam répondait aux question et demandes des chi’ites.

Après Othman ibn Sa’id, son fils Mohammad Ibn Othman Amri fut désigné comme représentant de l’Imam. Après la mort de Mohammad Ibn Ossman, ce fut Abu al Qasim Hussein Ibn Rouh Nawbakhti qui assuma la tâche de représentant spécial; et après sa mort ce fut Ali Ibn Mohammad Sammari.Quelques jours avant la mort d’Ali Ibn Mohammad Sammari en 329/939 une information vint de la part de l’Imam annonçant que dans six jours Ali Ibn Mohammad Sammari mourrait. Il en résulterait que la représentation spéciale de l’Imam cesserait et que la grande occultation (ghaybat-é-Koubrâ) commencerait et continuerait jusqu’au jour où Dieu permettrait à l’Imam de se manifester.L’occultation du l2ème Imam se divise donc en deux parties : la première, l’occultation mineure (ghaybat-é-Soughrâ) qui commença en 260/872 et finit en 329/939 durant environ soixante dix ans. La deuxième, l’occultation majeure, qui commença en 329/939 et qui continuera aussi longtemps que Dieu le voudraHadîth du Prophète (P) sur l’identité d’al-Mahdî (p)5- Les Hadîth déclarant qu’al-Mahdî fait partie de la Progéniture  » ‘itrah  » (du Prophète (P))De nombreux hadîths dans ce sens ont été rapporté par les principaux « traditionnistes » (spécialistes des Sciences du hadîth). Nous en citons un ci-après à titre d’illustration:«L’Heure ne sera pas suscitée avant que la terre ne soit remplie d’injustice et d’agression. Et là un Homme de ma progéniture – ou de ma Famille (Ahlu-Baytî) selon une autre version(1) – apparaîtra et la (la terre) remplira d’équité et de justice, de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie».Ce Hadîth rapporté du Prophète (P) par Abû Sa’îd al-Khidrî, est cité par Ahmad, Ibn Habân, et par al-Hâkem qui l’a déclaré « authentique » selon les critères d’al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que par al-Çâfî dans « Muntakhab al-Athar »(2).6- Hadîth de «al-Mahdî, descendant de Fâtimah»Selon Om Salamah: «J’ai entendu le Prophète dire:«al-Mahdî est une vérité. Il descend de Fâtimah».Ce Hadîth est rapporté par Abû Dâwûd, Ibn Mâjah, al-Tabarânî, et al-Hâkem. Il est à noter à cet égard, et c’est un détail révélateur et significatif, que quatre éminents uléma sunnites(3), ont rapporté ce Hadîth de « Çahih Muslim », alors que les éditions de ce livre, disponibles de nos jours, ne le mentionnent pas! D’autres « traditionnistes » sunnites ont reconnu son authenticité, et d’autres encore ont affirmé la concordance (tawâtor) (4) de ses chaînes de transmission(5).D’autre part, Na’îm Ibn Hamâd rapporte cette parole de l’Imam ‘Alî: «al-Mahdî est un Homme des nôtres. Il descend de Fâtimah» (6) et cette autre citée par al-Zohrî:«al-Mahdî est un descendant de Fâtimah» (7).Enfin reprenons le récit de Qutâdah cité au début de ce chapitre pour le compléter, car il réunit la plupart des éléments contenus dans les différents hadîths que nous venons d’énumérer. Qutâdah a relaté:«J’ai demandé à Sa’îd Ibn al-Musayyab:– La question d’al-Mahdî est-ce une vérité?– Oui, répondit-il, c’est une vérité– De qui descend-il? lui ai-je demandé– De Quraych– De quelle branche de Quraych?– De Banî Hâchim, affirma-t-il.– De quelle branche de Banî Hâchim?– Les descendants de ‘Abdul-Muttalib, dit-il-Des quels descendants de Abdul-Muttalib?– Les descendants de Fâtimah, précisa-t-il» (8)7- Les Hadîth précisant qu’al-Mahdî sera un descendant de l’Imam al-HussainLes Compagnons, Salmân al-Fârecî, Abî Sa’îd al-Khidrî, Abû Ayyûb al-Ançârî, Ibn ‘Abbâs, ‘Alî al-Hilâlî ont rapporté du Prophète (P) le Hadîth suivant avec des nuances dans la formulation:«Ô Fâtimah! Nous les Ahl-ul-Bayt, sommes favorisés par sept qualités dont n’a été favorisé aucun parmi les premiers et que n’atteindra aucun des derniers (….) De nous sera issu al-Mahdî de la Umma, derrière lequel priera ‘Îssâ (Jésus)».Et posant sa main sur l’épaule d’al-Hussain (p), le Prophète (P) a ajouté:«C’est de lui que sera issu al-Mahdî de la Umma» (9).Il y a beaucoup d’autres hadîths semblables rapportés par des chaînes de transmetteurs sunnites dont nous citons:– Selon Huthayfah Ibn al-Yamân: «Le Prophète nous a dit un jour:«… S’il ne restait à ce monde qu’une seule journée, Allah – IL est Puissant et Élevé – l’allongera jusqu’à ce qu’IL suscite un Homme de mes descendants dont le nom sera le mien».Là, Salmân al-Fârecî demanda: «Ô Messager d’Allah! Duquel de tes descendants sera-il? Le Prophète (P) répondit:«De celui-là», en posant sa main sur al-Hussain» (10).– L’Imam al-Hussain (p) (cité dans « Yanâbî’ al-Mawaddah », citant « al-Manâqib » d’al-Khawârizmî, témoigne:«Un jour lorsque je suis entré chez mon grand-père, le Messager d’Allah (P), il m’a fait asseoir sur sa jambe et m’a dit:«Allah a choisi de ton épine dorsale, ô Hussain!, neuf Imams dont le neuvième sera leur Résurrecteur (Qâ’im). Ils seront tous égaux dans la préséance et la position auprès d’Allah» (11).– Salmân al-Fârecî (cité dans « Yanâbî` al-Mawaddah » qui cite « al-Manâqib » d’al-Khawârizmî) témoigne : «Un jour je suis entré chez le Messager d’Allah (P) et je l’ai vu en train d’embrasser les yeux d’al-Hussain, qui était assis sur sa jambe, et le baiser sur la bouche, en lui disant:«Tu es Maître (Sayyed), fils de Maître et frère de Maître! Tu es Imam, fils d’Imam et frère d’Imam! Tu es Hujjah (Preuve d’Allah) et père de Hujjah et tu es le père de neuf Hujjah dont le neuvième sera leur Résurrecteur» (12).8- al-Mahdi est le fils de l’Imam al-Hassan al-‘AskarîSelon al-Qandûzî dans « Yanâbî’ al-Mawaddah » citant « Kitâb al-Arba’în » d’Abî Na’îm al-Içbahânî, l’Imam ‘Alî al-Redhâ (p), le VIIIème Imam d’Ahl-ul-Bayt a dit:«Le successeur pieux parmi les fils d’al-Hassan al-‘Askarî sera le Maître du Temps (Çâhib al-Zamân), al-Mahdî. Que la Paix d’Allah soit sur eux» (13).Toujours selon « Yanâbî’ al-Mawadah » citant « Farâ’id al-Samtayn d’al-Hamwînî al-Châfi’î, l’Imam al-Redhâ (p) a dit:«L’Imam qui me succédera est mon fils Mohammad (al-Taqî), et celui qui lui succédera sera son fils ‘Alî (al-Naqî, dit al-Hâdî) dont le fils, al-Hassan (dit al-‘Askarî) lui succédera. Après al-Hassan l’Imamat reviendra à son fils al-Hujjah al-Qâ’im (La Preuve d’Allah, le Résurrecteur), dont on attend la réapparition après son occultation et à qui on obéira après sa réapparition. Il remplira la terre d’équité et de justice après qu’elle aura été remplie de tyrannie et d’injustice. Quant à savoir quand (il surgira)? C’est comme pour l’Heure! En effet selon mon père, citant ses ancêtres, le Messager d’Allah a dit à ce propos: «Il (al-Mahdî), c’est comme l’Heure, elle ne vous surviendra que subitement» (14).

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Naissance et Enfance de L’Imam Al Hassan

L’Imam Al Hassan (a.s), fils de Imam Al Naqi (a.s) est le 11ème Imam. Il naquit le 10 Rabi’ul Akhar 232 Hégire et vécut avec son père jusqu’à l’âge de 22ans. La mère de l’Imam s’appelle Bibi Haditha Khatoune, elle était une femme intelligente et sa pureté d’âme lui avait valu de mériter d’être la mère de l’argument de Dieu sur Terre. La naissance de l’Imam fut à Médine, et il y passa ses premières années d’enfance et lorsque le calife Abaasides Mutawakkil convoqua son père a Samarra, il y accompagna.

Imam Hassan Al-Askari (a.s) passa la majeure partie de sa vie à Samarra, dans la maison où son père Imam Ali Al-Naqi (a.s) fût maintenu en résidence surveillée. Malgré cette surveillance rapprochée, il assuma depuis cette « prison » toutes ses responsabilités et ses devoirs. Il enseigna à ses adeptes le Qur’an et les véritables préceptes de l’Islam tels que le Prophète (saw) et ses Ahl-ul-Bayt (a.s) l’instruisaient . En fait, Imam Hassan Al-Askari (a.s) rédigea une exégèse (Tafseer) complète du Qur’an. Ce livre d’interprétation fût cité par de très nombreux savants, érudits, historiens et exégètes tels que Kulaini ou encore Saduq.

L’Imam sous l’oppression

Même assigné à résidence, l’Imam ne connut pas la paix. Il fût très souvent emmené à Bagdad afin d’y être interrogé et emprisonné. Lors de l’une de ces rafles, Imam (a.s) y fût conduit par les gardes turques et maintenu en prison durant la courte période de califat de Al-Muktadi et celle de Mu’tamid après lui. La surprise des agents du calife fut totale lorsqu’ils remarquèrent un bouleversement total du comportement et de la morale de ces deux gardes qui furent influencés par le comportement de leur prisonnier, qui se repentirent et devinrent des plus pieux.

Contre le Charlatanisme

Durant sa captivité à Bagdad, une sècheresse importante va s’abattre sur la région. La pluie n’était pas tombée depuis plusieurs jours et toutes les cultures étaient en train de s’assécher. La population faisait face à une famine et elle ne savait que faire. Un prêtre chrétien arriva afin de sauver la situation. Il étendit en priant ses mains et la pluie commença à tomber. Le calife fût très intéressé par cette histoire car il redoutait que cet épisode encourage les gens à se détourner de l’Islam pour devenir des chrétiens. Lorsque l’Imam (a.s) fût consulté : il annonça qu’il enlèverait le doute de l’esprit des gens le jour où ils se réuniraient pour assister à ce soi-disant miracle réalisé par ce prêtre chrétien. L’Imam (a.s) fût donc autorisé à quitter la prison pour se rendre à cette assemblée. Imam (a.s) était là, debout parmi la foule et lorsque le prêtre tendit ses mains pour prier, la pluie commença à tomber. Imam (a.s) indiqua à l’un de ses compagnons de se saisir des mains du prêtre et de lui rapporter le morceau d’ossement qu’il y tenait caché. Sans cet ossement, le prêtre ne parvint pas à faire tomber la pluie. Lorsque l’ossement lui fût rapporté, Imam (as) déclara que c’était un morceau d’ossement d’un Prophète de Dieu. La pluie était donc liée à cette sainte relique : lever ainsi en prière à Dieu une relique de la sorte, apportait la miséricorde divine et amenait donc la pluie sur ces terres desséchées. L’Imam (a.s) dissipa ainsi le doute dans l’esprit des gens. L’Imam (a.s) effectua ensuite une prière de deux raka’at. Il joignit ensuite ses mains afin d’implorer Allah afin que la pluie retombe à nouveau pour chasser la sécheresse. Ses prières furent entendues par Allah : la pluie tomba à nouveau en abondance sur ces plaines, la rendant à nouveau fertile (Kulaini, Akhbarus Alam.) En guise de reconnaissance pour ce service rendu, l’Imam (a.s) fût autorisé par le calife à quitter la prison et à retourner vivre dans sa maison à Samarra, mais toujours sous surveillance. Il n’était toujours pas autorisé à retourner à Médine.

Activitées Scientifiques de l’Imam (a.s)

Imam (a.s) vécut, tout juste, 28 ans. Et durant cette courte vie, il eut à endurer beaucoup de souffrances des mains des califes abbassides. Malgré cela et le confinement en résidence à Samarra, beaucoup d’étudiants bénéficièrent de son savoir divin et beaucoup devinrent des savants. Il a de très nombreuses fois débattues avec les gnostiques de son époque sur l’existence de Dieu et les raisons de la nécessité des Prophètes et des Imams. Beaucoup d’athées changèrent d’avis et décidèrent de se convertir à l’Islam. L’un d’entre eux était Isha al-Kindi, un grand philosophe, qui était entrain d’écrire un ouvrage sur les contradictions du Qur’an. Imam (a.s) invita quelques uns des étudiants de Al-Kindi et leur donna des leçons tirées du Qur’an. Ces étudiants confrontèrent leurs opinions avec ceux de leur professeur, rejetant ses arguments concernant les contradictions de ce Livre Saint. Al-Kindi savait que les arguments défendus par ses jeunes étudiants ne pouvaient être le fruit de leurs propres réflexions. Il les interrogea donc sur le secret de leur connaissance du Qur’an. Ils finirent par confesser que c’était le 11ème Imam (a.s) qui les avait instruits. Al-Kindi lui-même détruisit tous ses travaux, renia l’athéisme et devint un disciple de notre Imam (a.s). Il est l’auteur de nombreux traités islamiques. Les historiens ont répertorié un très grand nombre de savants qui furent à un moment donné, des étudiants d’Imam (a.s). L’un de ses plus fameux disciples était Abu Ali al-Hasan ibn Khalid, qui prépara un ouvrage sur le commentaire du Qur’an, travail qui peut être considéré comme celui de l’Imam en personne. Imam (a.s) avait pour habitude de dicter le contenu de ces commentaires à Abu Ali. De nombreux savants ont expliqué que cet ouvrage faisait près de 1920 pages.

Mariage de l’Imam (a.s)

Un récit détaillé du mariage d’Imam Hassan Al-Askari (a.s) a été relaté par Allama Majlisi dans son œuvre Bihar ul-Anwar. Son père Imam Ali Al-Naqi (a.s) confia cette importante mission à son fidèle ami Bashir Ibn Sulayman. Il prépara une lettre en langue romaine. Il expliqua ensuite à Bashir ce qu’il devait faire : « Prends cette lettre et pars pour Bagdad. Arrivé là-bas, rends-toi sur les quais de la rivière Tigre où tu verras un navire en provenance de Syrie déchargé. Trouve le propriétaire de cette embarcation. Il s’appelle Amr. Il sera en train de vendre des esclaves. Tu attendras qu’il présente une jeune esclave vêtue d’un vêtement portant une double épaisseur de soie et d’un voile pour éviter que les acheteurs ne la touchent ou qu’ils ne voient son visage. Tu l’entendra dire en langue romaine les mots suivants : « même si possédiez la richesse et la gloire de Salomon, fils de David, je n’aurai aucune affection pour vous alors réfléchissez avant de dépenser votre argent en m’achetant ». Et si un acheteur s’approche d’elle, elle dira : « Maudit soit l’homme qui osera découvrir mon visage. » Le propriétaire se mettra alors à protester : « Ai-je une autre alternative à part te vendre ? » Tu entendra l’esclave répondre : « pourquoi autant de précipitation, laisse moi choisir celui qui m’achètera, de sorte que mon cœur puisse l’accepter avec assurance et gratitude. » A ce moment là tu t’approcheras à Bashir et tu diras au vendeur que tu possèdes une lettre en écriture romaine d’une noble personne qui y parle de sa gentillesse, de sa grandeur et de sa générosité. Tu lui expliqueras que tu dois remettre cette lettre à la jeune fille afin qu’elle puisse accepter d’être achetée par celui qui t’a confié cette missive.»

Bashir rapporta plus tard : « Lorsque j’ai accompli ma mission et que la jeune fille reçut cette lettre, elle commença à pleurer en la lisant. Elle dit alors à Amr : « vends moi à l’homme qui a écrit cette lettre. Si tu refuses, je serai très certainement mécontente et tu ne réussiras jamais à me vendre à qui que ce soit d’autre. » J’ai discuté ensuite du prix avec Amr jusqu’à ce que nous nous mettions d’accord pour la somme de 220 Dinars, que mon maître m’avait remis. Lorsque la transaction fût accomplie, la jeune femme me suivit sans protester. En réalité, elle souriait et semblait très heureuse. Dans son euphorie, elle sortit la lettre de l’Imam (a.s) de sa poche, l’embrassa, la posa sur ses yeux puis la remit dans sa poche très soigneusement. Je lui exprimais ma surprise devant sa réaction alors même qu’elle ne connaissait pas le rédacteur de cette lettre. Elle me répondit : « Puisse le descendant du Prophète dissiper tes doutes. » Elle me raconta ensuite qu’elle était la petite fille d’un Empereur byzantin, sa mère était une descendante d’un Purificateur. Un jour, l’empereur voulu la marier avec son neveu ; et au cours des cérémonies du mariage, les grandes croix s’effondrèrent subitement, et l’empereur prit tout cela comme un très mauvais augure et annula le mariage. La guerre éclata entre les byzantins et les musulmans, et Dieu voulu que Narjees soit emprisonnée et amenée par les musulmans à Bagdad où  elle fut exposée à la vente publique avec toutes les autres prisonnières.

Bashir raconta qu’une fois arrivés à Samarra, ils se rendirent auprès de Imam Ali Al-Naqi (a.s) qui accueillit la jeune femme avec réjouissance. Il lui demanda si elle préférait recevoir 10 000 Dinars ou de très bonnes nouvelles. Choisissant la seconde option, Imam (a.s) lui annonce qu’elle porterait le fils de Imam Hassan Al-Askari (as) mais surtout que son fils allait être celui qui ferait régner la justice sur le monde et c’est ainsi que le sort de cette femme vertueuse fut d’être la mère du sauveur que toute l’humanité attend depuis des millénaires et qui avait été présagé par tous les messagers divins. Elle fût ensuite confiée aux soins de la sœur de notre 10ème Imam (a.s), Janabe Hakima. Ce récit, consigné avec détail par Allama Majlisi a aussi été rappelé par Shaykh Tusi dans l’un de ses ouvrages.

Naissance de l’Espoir

Bibi Hakima, la tante de l’Imam Al’Askari (a.s) lui rendit visite un jour et resta chez lui pendant une certaine période, et alors qu’elle voulait rentrer chez elle, il lui demanda de rester et l’informa que sa femme Narjees allait mettre au monde son bébé bénit cette nuit là. La tante fut étonnée puisqu’elle n’avait remarqué aucun signe de grossesse sur Narjees. L’Imam lui dit : «   Lorsque ce sera l’aube, sa grossesse apparaîtra car elle est comme la mère du Prophète Moise dont la grossesse resta inconnue jusqu’à son accouchement parce que le pharaon d’Egypte éventait toutes les femmes enceintes pour empêcher la naissance du Prophète Moise. »

Bibi Hakima resta toute la nuit à surveiller Narjees et lorsque ce fut l’aube, la fatigue apparût sur le visage de la femme de l’Imam qui accoucha aussitôt et sans difficultés avec de l’aide de la tante. Imam Al’Askari (a.s) ordonna à l’un des plus fidèles de ses compagnons, Omar ibn Saïd d’égorger quelques moutons, d’acheter une grande quantité de pain et de distribuer parmi les pauvres…

DES PAROLES RESPLENDISSANTES DE L’IMAM AL-‘ASKARI  (a.s)

     Ne vous perdez pas dans des disputes et des discussions interminables, car cela diminuerait votre mérite ; et ne plaisantez pas trop, car cela en conduirait d’autres à ouvrir leur bouche avant vous.

     Celui qui donne un conseil à son frère sans la foi de façon discrète l’aura orné, mais s’il le conseille en présence d’autrui, il l’aura humilié et abaissé.

     Tout puissant qui abandonne la vérité se verra rabaissé. Et tout rabaissé qui tient à la vérité en deviendra puissant.

     Chaque dose a des limites. Si elle dépasse ces limites, elle devient nuisible. La générosité par exemple a des limites. Si elle les excède, elle devient extravagante. L’attention a des limites. Si ces limites sont dépassées, elle devient peur. L’économie dans les dépenses a des limites, si elle va au-delà de ces limites, elle devient mesquinerie. La bravoure a des limites, si elle les dépasse, elle devient ardeur et courage .

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Martyr de L’Imam Hassan Al-Askari

Après le martyre de l’Imam Ali al-Naqi (p) en l’an 254 de l’hégire, l’Imam Hassan(p), son fils, prit en charge le pouvoir spirituel de l’Imamat durant six années au bout desquels il fut assassiné. Il accéda à l’Imamat, après la mort de son noble père, sur Ordre divin.Depuis l’âge de 5 ans lorsqu’il avait été convoqué avec son père à Samarra, l’Imam Hassan (p) vécut sous les plus sévères restrictions. Il habita dans un lieu appelé ‘Askar, c’est pour cette raison qu’on l’a surnommé l’Imam Al-Askari (p).L’Imam Al-Hassan Al-`Askari le 11e Imam de desendant du Prophéte(p) est né le lundi 8 Rabi`-II de l’an 232 de l’Hégire, à Médine. Il était connu particulièrement sous l’appellation d’ »Al-`Askari. »Relations avec les chiitesL’Imam al-Hasan al-‘Askarî (a), durant ses années de sa vie à Samarra, à l’exception de quelques fois où on l’a mis en prison, fut comme tous les autres citadins ordinaires de cette ville. Les historiens pensent que si l’Imam avait été libre pour choisir son lieu de vie, il aurait choisi la Médine! Donc la ville de Samarra est considérée pour la plupart des chiites comme une terre d’exile pour lui qui était forcé par les califes abbassides à y vivre.Sa présence dans cette ville, était toutefois surveillée et il était considéré comme un danger pour le gouvernement, du fait de son influence sur les musulmans. C’est pour cette raison qu’on avait demandé à l’Imam d’informer constamment le gouvernement abbasside de sa présence sur Samarra[1].Il est rapporté également qu’il était contraint de se rendre au centre du gouvernement (dâr al-Khilâfa) tous les lundis et jeudis de chaque semaine. Certains ont interprété cette obligation comme un respect, d’autres plutôt comme un contrôle et une surveillance.Du fait de ces surveillances intenses, il parait que l’Imam n’était pas libre dans ces relations avec les chiites et eux, ils ne pouvaient pas le voir facilement. Il est rapporté que ses adeptes et chiites se préparaient pour le voir sur son chemin où il se rendait auprès du calife, ou était contraint d’accompagner ce dernier[2].Mais l’Imam était surtout en contact avec ses chiites par correspondance ; ses écrits existent dans diverses sources.Toutes ces conditions avaient fait que certaines personnes jouer le rôle de l’intermédiaire entre l’Imam et ses adeptes, parmi lesquels il faut mentionner ‘Aqîd son servant très proche, celui qui l’a élevé dès la naissance et qui envoyait ses lettres ; également Abu al-Adyân qui, lui aussi, était à son service et transmettait ses lettres[3].Mais plus importants encore que ces deux personnes, c’est Uthman b. Sa’îd qui était le Bâb, le représentant officiel de l’Imam et l’intermédiaire entre lui et ses adeptes.Ce fut lui-même qui, après le martyre de l’Imam al-‘Askarî (a), et le commencement de la période de l’Occultation mineure a joué le rôle du premier Bâb (ou Nâ’ib, Wakil, Safîr) de l’Imam Caché (a).A son époque, les gouvernants abbassides étaient empêtrés dans des luttes politiques. Ils craignaient cependant beaucoup l’existence de l’Imam Al-`Askari, l’Imam intègre, divinement ordonné et issu de la Famille du Saint Prophète(p), d’autant plus qu’ils avaient appris que le fils de ce Saint Imam serait le sauveur de l’humanité pour toutes les époques et jusqu’au Jour du Jugement. Aussi infligèrent-ils à l’Imam toutes sortes de tourments, et il passa la plus grande partie de sa vie en prison, et beaucoup de restrictions furent imposées à sa liberté de mouvement. Malgré tout cela, il a toujours su s’acquitter des devoirs de l’Imamat avec sang-froid et dans la dignité.Le Saint Imam était très occupé à la diffusion de la connaissance religieuse et à la guidance des gens vers le droit chemin. L’histoire montre que les exégètes du Saint Coran ont souvent cité les interprétations des versets coraniques faites par l’Imam Al-‘Askari.Al-Mo`tamad, le gouvernant abbasside, ayant constaté que le monde chantait les louanges de l’Imam, en fut rongé de jalousie, et craignant que les gens ne déclarent ouvertement leur allégeance à l’Imam, il le fit assassiner par empoisonnement le 8 Rabi`-I, de l’an 260 H.Le martyre de l’ImamDepuis l’âge de 5 ans lorsqu’il avait été convoqué avec son père à Sâmorra’, l’Imam Hassan Al-Askari (AS) vécut sous les plus sévères restrictions et dans les prisons les plus inhumaines jusqu’à ce que Dieu eut permis son escalade céleste le 8 Rabih-I de l’année 260 de l’Hégire après avoir été empoisonné sous l’ordre du calife abbasside.L’Imam Hassan Al-Askari (AS) fut enterré à côté de son père à la ville de Sâmorra’ où son mausolée reste jusqu’à nos jours comme lieu de visite générale.Avant de répondre à l’appel du paradis, l’Imam Hassan Al-Askari (AS) avait parfaitement accompli sa dernière mission: cacher en lieu sûr son fils al Mahdi que tous les adeptes d’Ahlul Bayt attendaient impatiemment.En effet, malgré toutes les perquisitions du pouvoir abbasside, et malgré le contrôle strict de toutes les femmes de l’Imam afin de tuer tout nouveau-né masculin, l’Imam al-Askari laissa son héritier à l’âge de 5 ans pour prendre en charge la plus grande mission de l’histoire, de l’humanité: faire respecter la loi de Dieu et instaurer la société universelle d’équité.Les califes abbassides considéraient les descendants de l’Imam Ali comme leurs rivaux pour le Califat. Comme les Saints Imams appartenaient à la Famille du Prophète et de l’Imam Ali et que leurs qualités marquantes conduisaient les Musulmans épris de vérité et de justice à considérer ces guides vertueux comme étant plus dignes que tous autres pour la direction de la Ummah, l’appareil califal était toujours sur ses gardes, craignant à tout moment une révolte ou un soulèvement contre le pouvoir en place.Nous avons vu dans le cas des autres Imams, combien les califes les surveillaient de près. En ce qui concerne l’Imam Al-‘Askari la pression et la surveillance ont atteint leur comble car l’appareil califal avait entendu depuis longtemps que de nombreux hadiths attribués au Saint Prophète parlaient du neuvième descendant de l’Imam Al-Hussayn, soit le fils de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari, et que les vrais adeptes de l’Islam considéraient le douzième Imam comme étant en question, et celui qui se soulèverait contre l’oppression et l’injustice pour remplir le monde d’équité et de justice.Dès que l’appareil califal s’est aperçu que c’était Al-Hassan Al-‘Askari qui est devenu le onzième Imam, après la mort du dixième Imam, il a redoublé de vigilance, au point que toute personne qui entrait chez l’Imam ou sortait de chez lui était tenue sous haute surveillance et suivie de très près. C’est pour cette raison que le douzième Imam s’est abstenu d’apparaître en public, même pendant son enfance et su vivant de son père. Seules les personnes qui avaient l’entière confiance de son père avaient l’habitude de le voir.La plupart des amis très sûrs du onzième Imam et ses représentants avaient pour but de fermer la voie d’éventuels futurs faux représentants à l’Imamat d’une part, de ne laisser aucun doute sur l’existence du douzième Imam, le fils de l’Imam Al-‘Askari, d’autre part.

Parfois, la surveillance de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari devenait plus sévère, puisqu’on le gardait carrément en prison. Toutefois, les geôliers et leur entourage étaient si favorablement impressionnés par la pureté, la sincérité, la piété, l’honnêteté et la spiritualité de l’Imam qu’ils devenaient eux-mêmes pieux et vertueux.L’Imam occupait une position si élevée aux yeux du public que même ses ennemis étaient obligés de le louanger.

A l’époque, Ahmed Ibn ‘Ubaidullah a été nommé par le calife, administrateur des Awqâf (biens de mainmorte) à Qom. Son père était ministre du calife. Un jour, alors qu’il était assis avec quelques amis et que les notables de Samarrâ’ étaient en pleine discussion, il a dit : “Parmi les Sayyid (titre de noblesse donné aux descendants du Prophète) Alawites (de Ali, les descendants de l’Imam Ali – Ali Ibn Abi Tâlib), je ne connais personne qui puisse égaler Al-Hassan Al-‘Askari. Il est sans égal en matière de savoir, de sagesse, de retenue, de majesté, de grandeur, de chasteté, de modestie, de noblesse, de sobriété, de piété, de dignité et de magnanimité. Tout le monde, y compris le calife, les dirigeants et les fils aînés de la nation, lui témoigne un respect extraordinaire.”L’Imam Al-Naqi avait un frère qui s’appelait Ja’far le Menteur, parce qu’il avait prétendu faussement à l’Imamat. Comme l’Imam Al-Mahdi, le fils de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari, était caché au moment de la mort de ce dernier, et que la plupart des gens n’étaient pas au courant de son existence, Ja’far a profité de l’occasion pour se présenter comme le successeur de son frère, et s’est efforcé de défendre sa cause par différents moyens.Un jour, il a vu le ministre du calife et lui a fait l’offre de lui payer vingt mille dinars en or par année qu’il consentait à le reconnaître formellement comme étant le successeur de son père et de son frère. Le ministre l’a renvoyé en lui disant : “Idiot ! Les califes ont dégainé leur sabre et brandi leur fouet pour écarter de ton père et de ton frère leurs partisans, mais ils n’ont pas réussi. Ils ont essayé de les amener à leur désobéir, mais sans succès. Maintenant, si les adeptes de ton père et de ton frère consentaient à te reconnaître comme Imam, tu n’aurais pas besoin d’en voir une confirmation d’une autre partie. Et si à leurs yeux tu n’es pas Imam, tu n’auras jamais ce titre, même si le calife t’y aidait.Notre douzième Imam (as) dirigea la prière funéraire de son père. Tout de suite après la fin de la prière, il retourna dans la maison et ne fût pas découvert par ses poursuivants menés par le calife Motamid en personne. Le onzième Imam (as) fut enterré dans sa maison à Sâmorra’ près de son noble père .

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La princesse Narkès et l’Imam Hassan al-’Askari

L’hagiographie du XIIème Imam est riche d’épisodes et de traditions qui recèlent en eux des trésors insoupçonnés de profondeurs gnostiques multiples. Nous allons pour cet article nous concentrer sur l’épisode que nous pouvons qualifier de prologue de la vie de l’Imam Mohammad al-Mahdi, celui du mariage de ses parents, le XIème Imam, Hassan al-’Askari et la princesse byzantine Narkès (Narcisse). La traduction complète en français du récit qu’en fait Shaykh Sadough se trouve dans le quatrième volume d’En islam iranien de Henry Corbin qui en fait d’ailleurs un commentaire admirable [1]. Notre propos n’est donc pas ici de reprendre ou de paraphraser ce dernier mais plutôt d’explorer d’autres dimensions de ce récit hagiographique qui méritent qu’on s’y attarde. Deux aspects de ce prologue nous intéressent ici tout particulièrement : les songes initiatiques que Narkès reçoit à Byzance et son périple de Byzance à Samarra en passant par Bagdad.

Dans le récit de Shaykh Sadough, l’Imam ’Ali Naqi, dixième Imam et père de l’Imam Hassan al-’Askari, envoie son fidèle serviteur Bashar ibn Solaymân Nahâs à Bagdad pour y trouver une jeune captive grecque à qui il est sensé lui remettre une lettre qu’il a rédigée en grec. Il lui remet également deux cent vingt dinars pour l’acquisition de la garde de la jeune captive. L’Imam donne à Bashar tous les détails nécessaires afin qu’il reconnaisse la jeune femme et lui indique le lieu, l’heure ainsi que le nom du propriétaire de la barque transportant les captives. A Bagdad, Bashar retrouve la jeune captive grecque en question qui refuse les propositions de tous ceux qui désirent acquérir sa garde. C’est alors qu’après avoir reçu des mains de Bashar [2] la lettre de l’Imam ’Ali Naqi, la jeune captive affirme au propriétaire de la barque que s’il ne la laisse pas partir avec Bashar elle se donnera la mort. Après avoir acquis la garde de la jeune femme, Bashar rentre avec elle à sa résidence à Bagdad et remarque qu’elle n’a de cesse de porter la lettre de l’Imam ’Ali Naqi à ses lèvres pour l’embrasser. Il lui avoue être étonné par ce geste étant donné qu’elle ne connaît pas l’auteur de la lettre. C’est alors que la jeune captive révèle son identité et son récit : elle est Narkès, princesse de Byzance, petite-fille de l’empereur byzantin et descendante de Simon Pierre. L’empereur avait tenté en vain de la marier à son neveu mais la cérémonie fut interrompue et annulée de façon surnaturelle. L’empereur renonça donc à ce projet.

La nuit suivant cette tentative de mariage Narkès reçoit une vision merveilleuse dans un songe. Dans le monde des visions elle voit Jésus, Simon Pierre (Sham’ûn) et les autres apôtres dans le palais de l’empereur. A la place du trône se trouve une chaire (minbar) de lumière. Entrent alors Mohammad, ’Ali et les onze autres Imams. Jésus embrasse fraternellement Mohammad qui lui adresse les mots suivants : « O Esprit de Dieu (Rûh Allah) ! Je suis venu pour te demander la princesse, fille de ton wasî (successeur) Sham’ûn, pour mon propre fils (l’Imam Hassan al-’Askari) ». Jésus s’adresse alors à Simon Pierre : « Honneur insigne et noblesse sont venus à toi. Noue donc ce lien entre ta propre famille et la famille Mohammad ». Simon Pierre acquiesce et voici que Jésus, Mohammad et leurs wasî respectifs montent ensemble sur le minbar de lumière. Le prône en l’honneur de cette union nuptiale est prononcé par le Prophète lui-même.

La jeune princesse est depuis lors plongée dans un état de nostalgie amoureuse que nous aborderons dans la deuxième partie de cet article. Quatorze jours après la première vision, Narkès a un autre songe où elle voit Fâtimah et Marie accompagnées de mille houris du paradis. Marie s’adresse à la princesse en lui disant : « Voici celle qui est la reine des femmes et la mère de ton époux, l’Imam Hassan al-’Askari ». Narkès saisit alors le bord de la robe de Fâtimah, se met à sangloter et se plaint du fait que l’Imam Hassan al-’Askari lui refuse sa vue. Fâtimah de lui répondre qu’aussi longtemps qu’elle n’adoptera pas la religion de son époux celui-ci ne se montrera point car il lui est impossible d’être marié à une personne professant la croyance en une incarnation divine (hulûl). Narkès prononce alors la profession de foi islamique et Fâtimah l’embrasse tendrement lui annonçant que son fils lui rendra visite très bientôt.

Nous allons pour la première partie de cet article en deux parties nous arrêter sur ces deux songes visionnaires afin d’en dégager quelques aspects importants. Ce qui frappe tout d’abord c’est la dimension centrale du rêve visionnaire pour ce récit. Depuis Freud, une certaine vision de la psychologie s’est contentée de voir dans le rêve le reflet des peurs, désirs, frustrations et autres pulsions refoulées de l’inconscient. Sans doute ne verrait-elle dans ces rêves de Narkès que la manifestation de désirs refoulés voir même l’expression d’une révolte larvée contre l’autorité de son grand-père. Le philosophe indien Sri Aurobindo comparait l’approche psychanalytique freudienne à une personne qui explore une vaste forêt avec une petite lampe et qui tâtonne dans le noir, trébuchant sans cesse. La réduction en Occident de la triade esprit-âme-corps au dualisme anima spiritualis vs corpus explique en grande partie l’incapacité de cette école de psychanalyse à appréhender pleinement la complexité du phénomène du rêve. C.G. Jung et les écoles qui s’inspirent de lui ont compris que le problème était tout d’abord paradigmatique et qu’il fallait tout d’abord réparer cette mutilation de l’anthropologie. L’apport des spiritualités d’Orient pour ces écoles a été fondamental. Les techniques de méditation inspirées des religions indiennes, l’utilisation combinée de la respiration holotropique et de la musique inspirée de certains ordres soufis et l’étude de la pratique du rêve lucide dans ces traditions a véritablement révolutionné l’approche de la psychanalyse quant au rêve et aux états de conscience tels que l’extase et la transe. Ces écoles offrent à présent une alternative saine aux thérapies classiques puisqu’elles prennent en compte la totalité de l’être humain comme esprit-âme-corps. [3]

La pratique spirituelle du rêve lucide est connue des spiritualités indiennes où elle est qualifiée par le terme de yoganidrâ ou sommeil yogique. Elle consiste pour l’adepte à devenir lucide pendant l’état de rêve par l’usage de techniques de méditations spécifiques et d’exercices mnémoniques. Cette pratique lui permet non seulement de contrôler ses rêves mais également d’explorer des univers spirituels. [4] Cette pratique est également connue des grands spirituels de l’islam comme Ibn ’Arabi qui affirmait la nécessité de pouvoir contrôler ses pensées en rêve. D’après lui, le fait de veiller ainsi sur le cœur permet d’accéder au monde intermédiaire (barzarkh) et que cette faculté est non seulement d’une grande utilité mais qu’elle doit être acquise par tous ceux s’engageant sur la voie spirituelle. [5] Ce monde intermédiaire en question est le ’âlam al-mithâl terme que Henry Corbin a brillamment traduit par l’expression monde imaginal. Il le définit ainsi dans son fameux texte intitulé Pour une Charte de l’Imaginal : « La fonction du mundus imaginalis et des Formes imaginales se définit par leur situation médiane et médiatrice entre le monde intelligible et le monde sensible. D’une part, elle immatérialise les Formes sensibles, d’autre part, elle « imaginalise » les formes intelligibles auxquelles elle donne figure et dimension. Le monde imaginal symbolise d’une part avec les Formes sensibles, d’autre part avec les Formes intelligibles. C’est cette situation médiane qui d’emblée impose à la puissance imaginative une discipline impensable là où elle s’est dégradée en fantaisie, ne secrétant que de l’imaginaire, de l’irréel, et capable de tous les dévergondages. » [6]

Ibn ’Arabi affirme que le rêve lucide peut être une porte vers le monde imaginal. Sohrawardi nous explique comment cela est possible grâce à la notion de hiss moshtarak que Corbin traduit par sensorium. Selon Sohrawardi, le sensorium est l’organe de perception du corps subtil et de la faculté de l’imagination créatrice. Pour ceux qui sont encore assujettis à leurs pulsions, peurs et désirs, le sensorium reflète ces derniers et ne produit dès lors que de l’imaginaire. Il en est autrement de ceux qui ayant purifié leur âme de l’emprise des ténèbres peuvent accéder au monde imaginal par la pratique du rêve. Le rêve est non seulement une voie d’accès vers le monde imaginal, mais également un lieu où les réalités et entités du monde spirituel se manifestent au mystique pour le guider. C’est là que le mystique peut rencontrer les prophètes et imâms dans leurs formes de lumière. Ce genre de rêve joue un rôle essentiel dans la spiritualité islamique qu’elle soit liée aux confréries soufies ou non. Toute une tradition mystique non-confrérique dans le shî’isme encourage ce genre de pratiques. Ainsi de nombreux manuels de piété shî’ite décrivent des pratiques permettant au fidèle de voir l’Imam-e Zamân en rêve [7]. Les progrès dans le domaine de l’étude du rêve lucide nous permettent à présent de comprendre que ces pratiques traditionnelles sont bien loin d’être les simples fruits d’une imagination fertile sujette à ses désirs et ses peurs refoulés comme l’a longtemps suggéré la psychanalyse freudienne. Une autre tentation serait de voir dans ces évènements qui se déroulent dans le monde imaginal que de simples allégories alors qu’ils sont au contraire bien réels. Il n’est cependant pas interdit d’en explorer le ta’wil, l’interprétation ésotérique car toute chose a son exotérique (zâhir) et son ésotérique (bâtin).

Après avoir abordé la question du rêve comme porte vers le monde imaginal, il nous faut à présent nous arrêter sur la notion centrale qui anime tout ce récit et qui nous aidera à apprécier la richesse des deux songes que nous avons abordé ainsi que du reste du récit. Il s’agit de la notion de mawaddah. Ce terme est dérivé de la racine arabe wa da da et qui signifie « avoir de l’affection, être constant, fidèle en amour, aimer, affectionner, chérir, préférer, vouloir, souhaiter, désirer ». Le mot mawaddah lui-même signifie « affection constante, fidélité d’amour, attachement, amour, amabilité, amitié, cordialité, intimité » [8] et implique également l’idée de réciprocité en amour. Dans le Coran ce terme apparaît à trois endroits différents et à chaque fois dans un contexte différent. Il y a tout d’abord celui du mariage mentionné dans le verset suivant : « Wa min ayâtihi an khalaqa lakum min anfusikum azwâjân litaskunû illayahâ wa ja’la baynakum mawaddatan wa rahmatan inna fî dhâlika lâyâti liqawmin yatafakkarûna » (Parmi Ses signes qu’il ait créé pour vous à partir de vous-mêmes des épouses, afin qu’auprès d’elles vous trouviez l’apaisement ; qu’Il ait entre elles et vous établi affection et miséricorde, Coran 30 : 21).

Le Coran met ici en avant tout d’abord le fait que le mariage est un signe (ayât) de Dieu et que sa finalité est la mawaddah. Nous sommes ici bien loin de la caricature que font certains polémistes qui ne voient dans le mariage en islam qu’un contrat juridique entre deux personnes. Ce verset est d’une importance capitale parce qu’en plaçant la mawaddah comme finalité du mariage, il introduit également les notions de maturité intellectuelle et affective ainsi que celle de liberté individuelle dans le mariage. Ce lien affectif ne saurait être le produit de facteurs extérieurs à la conscience individuelle ou de l’immaturité. La mawaddah lie le mari et son épouse par un lien affectif mutuel et consenti qui lui-même trouve son accomplissement dans l’apaisement (litaskunû illayahâ). Le mariage est donc un bienfait parce qu’il offre un espace de repos, de paix, voire même de sérénité et de paix intérieure (sakinah) en prenant en compte toutes les dimensions de l’être humain corps, âme et esprit. Son bienfait spirituel a été discuté amplement dans les traditions des Ahl-e Bayt et des grands spirituels de l’islam. Le verset met d’ailleurs en avant le rôle des épouses comme porteuses de paix, amour et miséricorde et qui fait d’elles des manifestations potentielles du féminin divin. [9]

Le mot mawaddah est utilisé dans un autre contexte, celui de l’amour pour les Ahl-e Bayt : « Dhâlika al-ladhî yubashshiru allâhu ’ibâdahu al-ladhîna âmanû wa ’amilû as-sâlihâti qul lâ asalukum ’alayhi ajrân illâ al-mawaddata fî al-qurba wa man yaqtarif hasanatan nazid lahu fîhâ husnân allâha ghafûrun shakûrun » (Et voilà ce dont Dieu fait l’annonce à Ses adorateurs qui croient, effectuent les œuvres salutaires. Dis : « Je ne vous demande pour cela nul salaire, mais seulement l’affection due aux proches ». Qui réalise une action belle, Nous la lui grandissons en beauté, Coran 42 : 23).

Le contexte de ce verset est mentionné dans les hadiths qui relatent un épisode de la vie du Prophète. Un jour, lors d’un voyage, un bédouin s’adressa au Prophète lui demandant ce qu’il en était de l’individu qui aime des gens dont il n’imite pas les actions. Le Prophète de répondre qu’il sera attaché à celui qu’il aime. Le bédouin lui demanda alors de l’amener vers l’islam et le Prophète lui fit réciter la profession de foi et lui expliqua les fondements de l’islam. Le bédouin lui demanda s’il demandait un salaire pour cela et le Prophète de lui répondre : « Je ne vous demande pour cela nul salaire, mais seulement l’affection due aux proches ». Le Prophète de préciser que les proches en question sont les Ahl-e Bayt ce à quoi le bédouin répondit : « Donne-moi ta main que je puisse te déclarer mon allégeance. Aucun bien ne peut être espéré de celui qui t’aime mais qui ne t’aime pas tes proches. » [10]

L’amour pour les Ahl-e Bayt n’est pas une simple question de sentimentalité, elle est au cœur même de la tradition shî’ite. En effet il faut avoir à l’esprit le fait que l’anthropologie shî’ite affirme que les croyants (mu’minûn) ont prêté un quadruple serment alors qu’ils n’étaient que particules dans le monde du pacte (al-’âlam al-mithâq) : « le serment d’adoration (’ubûdiyya) envers Dieu, serments d’amour et de fidélité (walâya) envers Mohammad et sa mission prophétique, envers les Imams et leur Cause sacrée et enfin envers le mahdi en tant que Sauveur universel de la Fin du Temps. » [11] La mawaddah envers les Ahl-e Bayt est donc l’expression de ce lien mutuel de fidélité d’amour scellé lors du fameux pacte prééternel : le croyant aime fidèlement son Imam tout comme ce dernier l’aime. Sans la walâya, l’islam ne serait qu’une religion tronquée, mutilée et dépourvue de son âme. D’ailleurs dans la tradition shî’ite l’usage dans le Coran du mot hasana ou bonne action est intimement lié à la notion de la walâya. C’est le cas du verset 42 : 23 qui utilise également l’expression hasana quand il affirme que celui qui réalise une action belle, Nous la lui grandissons en beauté (wa man yaqtarif hasanatan nazid lahu fîhâ husnân allâha ghafûrun shakûrun). Nous reviendrons plus tard sur l’étymologie du mot hasana et de son importance dans la deuxième partie de cet article. La relation entre le mot hasana et la notion de walâya est illustrée par de nombreux hadiths comme celui-ci : « La walâya de ’Ali est une bonne action (hasana) que ne peut entamer aucune faute…tout comme la walâya des adversaires (addâd) de ’Alî est une mauvaise action que rien ne peut effacer. » [12]

La walâya est l’axe autour duquel s’articulent et la théologie shî’ite et la vie du croyant shî’ite. De nombreux hadiths martèlent ce fait et nous font réaliser qu’on ne peut, comme l’ont fait certains orientalistes, réduire le shî’isme à un mouvement politique. Au contraire, la notion de walâya confirme la nature profondément spirituelle du shî’isme. Dans un autre hadith, Dieu s’adresse au Prophète en affirmant : « J’ai créé les sept cieux et ce qu’ils contiennent ; J’ai créé les sept terres et ce qu’elles portent…Si un de Mes serviteurs M’a invoqué depuis le début de la création (jusqu’à la Résurrection où) il vient à Ma rencontre en rejetant la walâya de ’Ali, Je le précipiterai en enfer. » [13]

La walâya est donc le cœur de la tradition shî’ite comme l’exprime si bien l’Imam Ja’far : « Toute chose a un secret, le secret de l’islam c’est le shi’isme (littéralement : les shî’ites, al-shî’a) et le secret du shi’isme c’est la walâya de ’Alî. » [14]

La mawaddah mentionnée dans le verset 42 : 23 est donc lourde de sens puisqu’elle met en évidence la walâya comme un amour en action à la fois belle et bonne (hasana) et comme lien mutuel de fidélité d’amour entre le shî’ite et son Imam.

Finalement la mawaddah est mentionnée dans le contexte des relations entre les croyants (mu’minûn) et les chrétiens dans le verset suivant : »Latajidanna ashadda an-nâsi ’adâwatan lilladhîna âmanû al-yahûda wa al-ladhîna ashrakû wa latajidanna aqrabahum mawaddatan lilladhîna âmanû al-ladhîna qâlû innâ nasâra dhâlika bianna minhum qissîsîna wa ruhbânân wa annahum lâ yastakbirûna »(Sûr que la haine la plus farouche envers les croyants, tu la trouves chez les Juifs et les associants ; et la plus proche affinité avec les croyants, chez ceux qui se qualifient de Chrétiens : c’est qu’il y a parmi eux des pasteurs et des ermites, et qu’ils sont sans superbe, Coran 5 : 82).

Le Coran a envers les chrétiens une attitude qui oscille entre un franc désaccord en ce qui concerne certains points de doctrine chrétienne d’une part et une attitude de tendre amitié d’autre part. Notre propos n’est pas de couvrir les relations entre la chrétienté et l’islam à travers les âges ; cela dépasserait le propos de cet article d’une part et ne serait qu’une récapitulation d’autres études à ce sujet. Ce qui frappe cependant dans l’étude de ces rapports c’est que la littérature à ce sujet prend le sunnisme comme référence et ignore presque totalement l’islam shî’ite. Encore récemment le pape Benoît XVI dans son discours de Ratisbonne [15] avait fait référence au théologien Zâhiri Ibn Hazm sur le fait que ce dernier affirmait que Dieu était au-dessus de la raison et qu’il n’avait pas obligation de s’en tenir à sa propre parole. Cette remarque avait été faite dans le contexte d’une discussion sur les relations entre la foi et la raison. Aucune référence n’a été faite à l’islam shî’ite qui a pourtant une riche tradition de réflexion à ce sujet. Cet oubli tient très probablement dans le fait que Benoît XVI base la plupart de ses positions en ce qui concerne l’islam sur les travaux de Adel Theodor Khoury, théologien maronite, spécialiste du dialogue entre l’islam et le christianisme et qui dans ses travaux ne fait presque exclusivement référence qu’au sunnisme. S’il est vrai que ses travaux ont été un élément important pour l’élaboration du dialogue entre le Saint Siège et l’islam, on ne peut que déplorer l’absence de l’islam shî’ite de ces discussions pour deux raisons. La première est que le renouveau shî’ite au Moyen Orient depuis la formation du mouvement Amal par l’Imam Mussâ al-Sadr au Liban, la révolution islamique de 1979, la position de l’Iran comme superpuissance régionale et le nombre grandissant de conversions à l’islam shî’ite dans les autres pays musulmans justifie amplement que l’on prenne en compte sérieusement l’islam shî’ite dans l’élaboration du dialogue entre le christianisme et le monde musulman. La deuxième raison est que l’islam shî’ite que ce soit l’ismaélisme ou l’imâmisme, a une riche tradition du dialogue respectueux avec le monde chrétien tant au niveau des débats philosophiques et théologiques qu’au niveau de l’interculturalité visible encore de nos jours dans le rapport entre les deux communautés et les échanges au niveau de la religion populaire. L’apport de l’islam shî’ite dans la question du dialogue entre le christianisme et le monde musulman est susceptible d’être des plus prometteurs dans la recherche de solutions, si toutefois il est pris en compte sérieusement.

Si on se réfère à la tradition shî’ite en ce qui concerne les rapports les Ahl-e Bayt avec les chrétiens, on notera qu’ils étaient à bien des égards emplis de mawaddah. L’Imam ’Ali par exemple insistait auprès de ses gouverneurs que les chrétiens soient traités avec justice et équité et que leurs droits ne soient pas bafoués. [16] On le voit s’assurer lui-même que les chrétiens âgés reçoivent leur retraite du trésor public et que les églises soient respectées. De nombreux hadiths au sujet de Jésus et de Marie qui méritent une attention particulière témoignent également de cette mawaddah. Quand les Imams débattaient avec des prêtres et moines chrétiens, ce fut toujours dans le plus grand respect. D’ailleurs le terme mu’minûn dans le verset 5 : 82 désigne les shî’ites dans les traditions des Imams et non pas l’ensemble des musulmans. Le mu’min est le musulman qui s’est non seulement soumis à la dimension exotérique du message divin mais a également prêté allégeance aux Imams successeurs du Prophète. D’autre part, de nombreux chrétiens ont manifesté et manifestent encore un amour et une tendresse particulière pour les Ahl-e Bayt surtout pendant les commémorations de l’Ashoura. De nos jours encore, des chrétiens comme le fameux écrivain libanais George Jordac témoignent de cette mawaddah. Son livre La Voix de la Justice qui est une biographie de l’Imam ’Ali, ses poèmes dédiés aux Ahl-e Bayt mais surtout le torrent de larmes qui coulent de ses yeux le jour du martyr de Fâtimah en sont autant d’exemples. N’oublions d’ailleurs pas qu’en 1974, l’archevêque grec catholique Grégoire Haddad avait cofondé avec Seyyed Mussâ al-Sadr le Mouvement des Déshérités (Harakat al-Mahrûmin), un mouvement social destiné à aider les pauvres du Liban quelque soit leur appartenance religieuse. La mawaddah entre les deux communautés ne prend de sens que si elle apporte également avec elle la justice sociale. Du Liban encore je citerai les deux histoires suivantes qui m’ont été rapportées. La première raconte comment le Sayyid Musâ al-Sadr en visite dans une ville du sud du Liban voulait déguster une glace et voulut s’arrêter pour en commander chez un glacier. Les gens qui l’accompagnaient lui firent remarquer que le glacier en question était un chrétien et voulaient l’empêcher de s’y rendre. Il ignora ces remarques bigotes, s’assit à la terrasse du glacier et dégusta sa glace. Depuis ce jour, les shî’ites de la région, ayant compris la leçon qui leur avait été donnée, vont régulièrement chez ce glacier. La deuxième histoire m’a été racontée par le fils d’un membre éminent du clergé shî’ite en visite au Liban. Il se trouvait avec son père dans une librairie quand ils virent une jeune dame chrétienne habillée à l’occidentale qui demanda des livres sur l’Imam ’Ali. Etonné de cela, le père de mon ami de demander à la jeune dame pourquoi elle cherchait ces livres, ce à quoi elle lui répondit : « Mais voyons monsieur, l’Imam ’Ali est le plus grand sage de l’Orient ! ».

Le regretté Seyyed Mussâ al-Sadr en 1964 à Pâques prononçant un discours dans une église de l’ordre des Capucins

La scène du mariage de la princesse Narkès et de l’Imam Hassan al-’Askari est à elle-seule l’illustration des trois usages du mot mawaddah dans le Coran. Il y tout d’abord le mariage en soi qui illustre le verset 30 : 21 et qui place la notion de mariage à un niveau autre que le simple contexte légal. On notera d’ailleurs que le titre de la trentième sourate dont est tiré le verset du mariage s’intitule ar-Rûm (les Romains) et fait référence à l’empire byzantin. Il y a dans ce mariage qui se déroule dans le monde imaginal une profonde dimension mystique qui rejoint la notion de la connaissance mutuelle des âmes dans la préexistence et de leur destin commun dans le monde sensible. [17]

Outre cette dimension de mariage, il y a également celle de l’amour pour les Ahl-e Bayt mentionné dans le verset 42 : 23. Narkès non seulement pleure de joie en étant initiée par Fâtimah en personne dans la voie des Ahl-e Bayt, mais elle se marie également avec celui dont le nom (Hassan) signifie « l’idée de beauté et bonté en soi ». [18] Comme nous l’avons vu l’action bonne et belle (hasana) est l’amour envers les Ahl-e Bayt. Finalement, la scène est également une illustration de la mawaddah entre les croyants et les chrétiens mentionnée dans le verset 5 : 82 et manifestée par l’étreinte entre Jésus et Mohammad. En prenant la notion de mawaddah comme angle de lecture de cette scène, on se rend très vite compte de l’ampleur de la vision du monde qu’elle présente. Située dans le monde imaginal elle n’est pas le reflet de nos volontés humaines imparfaites, mais bel et bien une vision des réalités divines qui transcendent les imperfections de l’histoire humaine.

Cette réalité c’est cet amour mutuel, cette mawaddah, qui se traduit dans l’homologie de cette vision. En effet, nous avons des deux côtés les aspects exotériques et ésotériques des deux traditions, l’exotérique étant représenté par Jésus et Mohammad et l’ésotérique par Simon Pierre et ’Ali. L’aspect ésotérique est encore renforcé dans la vision suivante où Marie et Fâtimah initient Narkès à l’islam shî’ite. Il ne s’agit donc pas simplement du passage d’un exotérisme à un autre, d’une communauté à une autre mais également d’un passage de l’exotérique vers l’ésotérique. Le rôle du féminin divin manifesté par Marie et Fâtimah comme hojjat de la religion ésotérique trouve ici un contexte où les deux manifestations sont présentes en même temps. [19]

Le fait que les deux prophètes viennent accompagnés de leur wasî ou successeur nous permet de mettre en évidence la notion de tradition. Bien trop souvent l’usage de ce terme de nos jours se réduit à qualifier un ensemble de coutumes situées dans le passé ou dans l’idée de patrimoine ou de folklore. La tradition c’est tout d’abord la transmission, la relation initiant-initié et l’idée de succession. Or ce qui frappe ici est la rencontre de deux traditions qui ont des doctrines fort similaires en ce qui concerne la succession au prophète fondateur. En effet dans la tradition shî’ite la succession du Prophète et des Imams qui le suivent n’est pas le résultat d’un souhait du Prophète ou Imam mais de la désignation divine (nass). C’est donc Dieu qui désigne le successeur du Prophète et de ses Imams et ces derniers, quand ils annoncent qui leur succèdera ne font que confirmer la désignation divine. Ainsi, quand le Prophète déclare à Ghadir Khumm que l’Imam ’Ali est son successeur, il n’exprime pas là un souhait personnel car il « ne tient pas langage de passion » (Coran 53 : 3) mais confirme et annonce ce que Dieu seul a décidé. Cette même notion de désignation divine est le fondement de la succession de Simon Pierre. Quand Jésus demande « Au dire des gens, qu’est le Fils de l’homme » à ses disciples et que Simon Pierre lui répond « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant », Jésus énonce les notions de désignation divine et de succession-tradition dans sa réponse : « Tu es heureux, Simon fils de Jonas, car cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang, mais de mon Père qui est dans les cieux. Eh bien ! moi je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les Portes de l’Hadès ne tiendront pas contre elle. » (Mat 16 :17-8)

Quand Jésus annonce que Simon est la pierre sur laquelle il bâtira son église, il ne le fait pas par souhait personnel mais parce que Simon a été instruit par le Père dans les cieux qui a fait de lui le réceptacle des connaissances spirituelles cachées aux autres disciples. Cette donnée est d’une importance capitale puisqu’elle met en évidence le fait que ce sont deux traditions, deux lignées spirituelles qui se rencontrent. En mettant en évidence ceci nous comprenons alors toute la portée du message de ces noces mystiques de Constantinople de nos jours pour le dialogue entre l’islam et le christianisme. En commentant cette vision Henry Corbin écrit : « L’imagination se plaît ici à reconstituer la scène grandiose, se déroulant dans le temple de Sainte-Sophie, à Constantinople. Le sentiment shî’ite qui s’exprime dans ce songe est le même qui inspirait à un grand théosophe ismaélien du Xème siècle, Abû Ya’qub Sejestânî, de reconnaître dans le signe de la croix chrétienne et dans l’énoncé islamique de l’attestation de l’Unique, la même signification et la même structure. Parce qu’ils vont jusqu’aux profondeurs cachées, seuls les ésotéristes semblent à même de professer cet œcuménisme vrai. S’il se remémore les conditions qui ont prévalu au cours des siècles de l’histoire extérieure, le chercheur en sciences religieuses verra peut-être dans ce songe un signe aussi bouleversant que put l’être pour Frère Marcus, dans le poème de Goethe cité ici plus loin, la vision de l’emblème inconnu : les roses entrelacées à la Croix. » [20]

Henry Corbin a mis le doigt sur une dimension fondamentale de la rencontre de deux traditions, celle du lieu de cette rencontre. S’il est vrai que la basilique Sainte Sophie n’est pas mentionnée dans le récit hagiographique, il n’en demeure pas moins que l’observation de Henry Corbin est tout à fait pertinente car elle concerne le contexte de la rencontre. Ce contexte c’est la tradition théosophique et sophianique des deux traditions manifestées en la personne de la Sophia, la sagesse divine. La rencontre des traditions ne peut se faire au niveau exotérique du dogme et de la pratique religieuse à moins de tomber dans la monstruosité spirituelle qu’est le syncrétisme ou le relativisme. Les traditions ont dans leurs différences respectives des trésors de richesse spirituelle qui ne sauraient être mis en danger par une dilution des dogmes ou des rites. S’il est vrai que la religion populaire offre un lieu d’échange où les croyants des différentes traditions peuvent se rencontrer, il ne s’agit jamais vraiment de syncrétisme. C’est au niveau de la mystique et de la théosophie que cette rencontre prend tout son sens. Comme nous l’avons noté les deux niveaux du religieux, l’exotérique et l’ésotérique, sont présents dans cette vision mais si nous prenons en compte la remarque de Henry Corbin c’est Sophia qui permet, par sa lumière, une exégèse spirituelle commune qui tout en respectant l’exotérique et les différences qui lui sont propres, d’établir cette relation de mawaddah entre les deux grandes traditions religieuses. La mawaddah comme relation d’amour tournée vers l’Autre est la base d’une théologie du regard d’amour. Par le regard d’amour le regardant communique non seulement son amour mais fait réaliser au regardé ses propres trésors. Le regard du gnostique shî’ite sur les Evangiles peut permettre de mettre en évidence pour le chrétien des trésors spirituels cachés qui peuvent être une source d’enrichissement spirituel sans passer par le relativisme, le syncrétisme ou un ésotérisme hybride dénudé de l’exotérique. C’est justement dans ce respect de la différence de l’autre que cette mawaddah prend tout son sens. Le théologien orthodoxe Jean-Yves Leloup qualifierait cette attitude par le titre d’un des ses ouvrages L’Enracinement et l’Ouverture [21]. Ce n’est qu’en étant profondément enraciné soi-même dans sa propre tradition spirituelle que l’on peut véritablement être ouvert aux autres dans une relation d’amour. Ibn ’Arabi et Sohrawardi ont été des exemples de cette attitude dans leur regard sur les Evangiles. ’Abd al-Razzâq al-Qâshâni et ses pages dédiées au christianisme dans son fameux commentaire du Coran sont un autre exemple de ce genre d’attitude. [22] On pourra également citer, outre Abû Ya’qoub Sejestâni pour l’ismaélisme, des spirituels shî’ites comme Haydar ’Amoli, Qotboddin Ashkevari, Ja’far Kashfi et enfin ’Allâmeh Mohammad Hossein Tabâtabâ’i qui commenta l’Evangile de St Jean. D’autre part il ne manque pas de chrétiens qui aient ce type d’attitude. Des penseurs comme Vladimir Solovyov et Louis Massignon entre autres ont par le passé été des pionniers de l’ouverture du christianisme vers l’islam. L’esprit de Vatican II et les déclarations du nouveau catéchisme de l’église catholique sur l’islam font également preuve de cette capacité d’ouverture sur l’autre sans pourtant renier ses propres racines. Un ouvrage récent intitulé Paths to the Heart : Sufism and the Christian East [23] dans lequel ont collaboré des penseurs musulmans et chrétiens orthodoxes, a permis la rencontre des traditions spirituelles de l’islam avec la tradition hesychaste du christianisme orthodoxe. Sophia fait également référence à cet héritage grec commun que se partagent les deux traditions et qu’on a trop tendance de part et d’autre à vouloir monopoliser. C’est également cet héritage commun de la philosophie grecque qui est susceptible de rapprocher les deux traditions. Finalement, Marie et Fâtimah comme manifestations de Sophia dans leur rôle d’initiatrices de Narkès nous rappellent le rôle que peut jouer la dévotion mariale dans le rapprochement entre les deux traditions. Le dialogue entre l’islam et le christianisme ne peut se produire en dehors de la notion de tradition. Il est impératif de mettre l’accent sur cette notion à une époque où le wahhabisme saoudien et le protestantisme évangéliste américain, tous deux des parodies infâmes de la religion nées en dehors de la tradition, polluent le monde avec leur torrent de haine aveugle basée sur le culte de l’ignorance anti-intellectuelle et la notion de sola scriptura qui permet les lectures les plus folles et démoniaques des textes sacrés. Ces deux courants sont avec les forces politiques qui les soutiennent une menace et pour les traditions chrétienne et shî’ite et pour la paix. Dans ce contexte l’alliance des traditions dans un ralliement des cœurs (ta’lif ul-qulûb Qoran 9 : 60) n’est pas un luxe mais une nécessité.

Cette vision des noces de la princesse Narkès et de l’Imam Hassan al-‘Askari sont un phare qui peut guider les deux traditions vers une attitude de mawaddah dans laquelle, comme l’indique le verset 30 : 21, elles peuvent trouver la paix. Mais un rappel s’impose. Pour la tradition shî’ite c’est l’Imam Mahdi, le fils de Narkès et de l’Imam al-’Askari qui pourra opérer totalement cette réconciliation. Les spirituels shî’ites voient en lui la Paraclet annoncé dans l’Evangile de St Jean [24] et le Saoshyant, le sauveur final de la tradition mazdéenne. C’est lui en effet qui lors de sa parousie en compagnie de Jésus « jugera parmi les fidèles de la Torah par la Torah, parmi les fidèles des Evangiles selon l’Evangile (…) et parmi les fidèles du Coran selon le Coran » et révèlera « le sens caché des Livres célestes ». [25] Jusqu’à la venue de l’Imam toute tentative de rapprochement si louable soit-elle ne peut demeurer qu’un « témoin, reconnu par un petit nombre, bafoué par tous les autres, et ne progressant que dans la nuit des symboles ». [26] A une heure où des intérêts politiques cyniques n’ont de cesse de promouvoir l’ignorance de l’autre et le conflit en dépit des efforts réels de dialogue entre les deux traditions, il est temps qu’elles s’allient contre cet ennemi commun comme témoins du Paraclet et pour la paix de Dieu.

http://www.teheran.ir/spip.php?article1014#gsc.tab=0

Imam Al-Askari (as) et son Tafsîr

Le mot « askar » en arabe est utilisé dans le registre militaire, expliquant le titre du onzième Imam (as), « Askari », celui qui vivait dans une ville de garnison. Une autre histoire est relatée par les historiens à propos de ce titre. Un jour, le calife le convoqua dans son palais et il ordonna à son armée de défiler devant l’ Imam (as) pour lui montrer sa puissance et pour dissuader toute velléité de rébellion contre le califat abbasside. Le défilé terminé Imam (as) demanda au calife de regarder entre deux de ses doigts. Ce que le calife vit c’est le défilé d’une immense armée bien plus imposante que la sienne. Il fut interloqué par ce miracle et il donna à notre Imam as le titre de « Askari », c’est-à-dire l’homme à la grande armée.

Imam Askari (as) passa la majeure partie de sa vie à Samarra, dans la maison où son père Imam Naqi (as) fût maintenu en résidence surveillée. Malgré cette surveillance rapprochée, il assuma depuis cette « prison » toutes ses responsabilités et ses devoirs. Il enseigna à ses adeptes le Qur’an et les véritables préceptes de l’Islam comme le Prophète (swwt) et ses Ahlulbayt (as) l’instruisaient.

En fait, Imam Askari (as) rédigea un Tafseer complet du Qur’an. Ce livre d’interprétation fut cité par de très nombreux savants, érudits, historiens et exégètes tels que Kulaini ou encore Saduq.

Même assigné à résidence, l’Imam (as) ne connut pas la paix. Il fut très souvent emmené à Bagdad afin d’y être interrogé et emprisonné. Durant sa captivité à Bagdad, une sècheresse importante va s’abattre sur la région. La pluie n’était pas tombée depuis plusieurs jours et toutes les cultures étaient en train de s’assécher. La population faisait face à une famine et ils ne savaient que faire. Un prêtre chrétien arriva afin de sauver la situation. Il étendit en priant ses mains et la pluie commença à tomber. Le calife fut très intéressé par cette histoire car il redoutait que cet épisode n’encourage les gens à se détourner de l’Islam pour devenir des chrétiens.

Lorsque l’Imam (as) fût consulté : il annonça qu’il enlèverait le doute de l’esprit des gens le jour où ils se réuniraient pour assister à ce soi-disant miracle réalisé par ce prêtre chrétien. L’Imam (as) fût donc autorisé à quitter la prison pour se rendre à cette assemblée. Imam (as) était là, debout dans la foule et lorsque le prêtre tendit ses mains pour prier, la pluie commença à tomber.L’Imam (as) indiqua à l’un de ses compagnons de se saisir des mains du prêtre et de lui rapporter le morceau d’ossement qu’il y tenait caché. Sans cet ossement, le prêtre ne parvint pas à faire tomber la pluie. Lorsque l’ossement lui fut rapporté, Imam (as) déclara que c’était un morceau d’ossement d’un Prophète de Dieu as. La pluie était donc liée à cette sainte relique : lever ainsi en prière à Dieu une relique de la sorte, apportait la miséricorde divine et amenait donc la pluie sur ces terres desséchées. L’Imam (as) dissipa ainsi le doute dans l’esprit des gens. L’Imam (as) effectua ensuite une prière de deux rak’at. Il joignit ensuite ses mains afin d’implorer Allah swt afin que la pluie retombe à nouveau pour chasser la sécheresse.

Les prières d’Imam (as) furent entendues par Allah swt: la pluie tomba à nouveau en abondance sur ces plaines, la rendant à nouveau fertile (Kulaini, Akhbarus Alam.) En guise de reconnaissance pour ce service rendu, l’Imam (as) fût autorisé par le calife à quitter la prison et à retourner vivre dans sa maison à Samarra, mais toujours sous surveillance. Il n’était toujours pas autorisé à retourner à Médine.

L’Imam (as) vécut, tout juste, 28 ans. Et durant cette courte vie, il eut à endurer beaucoup de souffrances des mains des califes abbassides. Malgré cela et le confinement en résidence à Samarra, beaucoup d’étudiants bénéficièrent de son savoir divin et beaucoup devinrent des savants dans leurs domaines de spécialité. Il a de très nombreuses fois débattu avec les gnostiques de son époque sur l’existence de Dieu et les raisons de la nécessité des Prophètes et des Imams. Beaucoup d’athées changèrent d’avis et décidèrent de se convertir à l’Islam. L’un d’entre eux était Isha al-Kindi, qui était en train d’écrire un ouvrage sur les contradictions du Qur’an.L’Imam (as) invita quelques-uns des étudiants d’Al-Kindi et leur donna des leçons tirées du Qur’an.

Ces étudiants confrontèrent leurs opinions avec ceux de leur professeur, rejetant ses arguments concernant les contradictions de ce Livre Saint.

Al-Kindi savait que les arguments défendus par ses jeunes étudiants ne pouvaient être le fruit de leurs propres réflexions. Il les interrogea donc sur le secret de leur connaissance du Qur’an. Ils finirent par confesser que c’était le 11e Imam (as) qui les avait instruits.

Al-Kindi lui-même détruisit tous ses travaux, renia l’athéisme et devint un disciple de notre Imam (as). Il est l’auteur de nombreux traités islamiques. Les historiens ont répertorié un très grand nombre de savants qui furent à un moment donné, des étudiants de l’Imam (as).

L’Imam (as) n’a jamais essayé de s’immiscer dans les affaires des califes de son temps. Et pourtant, la culpabilité des Abbassides devait être grande pour qu’ils refusent de laisser en paix la noble personnalité de l’Imam (as).

Si ce n’est pas la peur de perdre un jour le trône, c’est la peur de l’excellence et du savoir des Imams (as) qui expliquaient leur haine à l’égard des descendants du Prophète (saw).

Et c’est cette peur et cette jalousie qui les conduirent à empoisonner l’ Imam (as). Son unique activité a finalement été d’enseigner le véritable message islamique.

C’est durant le règne de Mu’tamid que l’Imam (as) fût assassiné avec des fruits empoisonnés. Il rendit l’âme le 8 Rabi-al-Awwal 260 Hijri. Il laissa un fils, Muhammad ajfs, seulement âgé de 5 ans.

Le calife prit part à la prière funéraire. Tous s’alignèrent et le frère de l’Imam (as), Ja’afar, qui avait tenté de profiter de la situation pour se proclamer Imam, s’avancèrent pour conduire la prière.

Avant qu’il ne puisse débuter, un jeune garçon de cinq ans sortit de la maison, s’approcha de son oncle, tira le manteau sur son manteau. Il lui dit : « mettez vous derrière mon oncle, car seul un Imam peut conduire la prière funéraire d’un Imam. »

Son oncle Ja’afar recula sur la ligne derrière et ce jeune garçon dirigea la prière. Tout de suite après la fin de la prière, il retourna dans la maison et ne fut pas découvert par ses poursuivants menés par le calife Mu’tamid en personne.

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