Le Martyre de L’Imam Jaafar as-Sadiq (as)

Jafar as-Sadiq Abû `Abd Allah Ja`far ben Muhammad as-Sâdiq[1] ou Ja`far as-Sâdiq[2] est né à Médine le 24 avril 702[3]. Il succéda à son père Muhammad al-Bâqir comme sixième imâm chiite en 743. Sa mère est une petite fille de Abû Bakr nommée Fatima. Il est mort le 10 septembre 765[4], à l’âge de 63 ans. Selon la tradition chiite, il est mort empoisonné par le calife abbasside al-Mansûr. Il est enterré à Médine au cimetière d’al-Baqî.

Le Martyre de L’Imam Jaafar as-Sadiq (as)

Jafar as-Sadiq

Abû `Abd Allah Ja`far ben Muhammad as-Sâdiq[1] ou Ja`far as-Sâdiq[2] est né à Médine le 24 avril 702[3]. Il succéda à son père Muhammad al-Bâqir comme sixième imâm chiite en 743. Sa mère est une petite fille de Abû Bakr nommée Fatima. Il est mort le 10 septembre 765[4], à l’âge de 63 ans. Selon la tradition chiite, il est mort empoisonné par le calife abbasside al-Mansûr. Il est enterré à Médine au cimetière d’al-Baqî.

La durée de 33 ans de son règne lui donné le temps d’affirmer son influence sur le droit chiite plus que les autres imâms qui l’ont précédé. Il est le fondateur de l’école juridique chiite, l’école jafarite. Son slogan était: « Achoura c’est tous les jours et Kerbela c’est partout. » Il est considéré comme une autorité en matière de droit et de hadiths, sa réputation dépasse les limites du chiisme. Il fit brûler des chiites qui lui attribuaient une nature divine[5].

A sa naissance c’est l’omeyyade `Abd al-Malik qui régnait, quand il devint imâm c’était Hichâm. Il vit passer les cinq derniers omeyyades et la prise du pouvoir par les abbassides. Il est mort pendant le règne du deuxième abbasside al-Mansûr.

Sa succession va créer un problème car son fils Ismâ`il ben Ja`far, successeur désigné, est décédé avant lui en 760. A` la mort de Ja`far as-Sâdiq, la majorité préféra prendre pour imâm son deuxième fils Mûsâ al-Kâzim plutôt que son petit fils Muhammad ben Ismâ`il que suivirent les ismaéliens.

Précédé par Jafar as-Sadiq Suivi par

Muhammad al-Bâqir Imams (duodécimains et Alaouites)

Mûsâ al-Kâzim

Imams ismaéliens

Ismâ`il ben Ja`far

* arabe : abu- ?abd alla-h ja?far ben muh.ammad as.-s.a-diq, أبو عبد الله جعفر بن محمد الصادق

* arabe : s.a-diq, صادق, authentique

* 17 Rabia al Awal de l’an 83 de l’Hégire

* 15 Rajab de l’an 148 A.H.

L’Imam Djaffar Ibn Mohammad, as Sâdeq, fils du cinquième Imam, est né en 83/702. Il mourut martyr en 148/765 selon les traditions chi’ites, empoisonné par ordre du calife Abbasside, al Mansûr. Après la mort de son père, il devint Imam par Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. Durant son imamat, le sixième Imam, jouit de plus grandes libertés et d’un climat plus favorable pour la propagation des enseignements religieux. Ce répit fut la conséquence de révoltes en terre islamique, notamment le soulèvement de Moswaddah visant à renverser le califat omeyyade, et des guerres sanglantes qui aboutirent finalement à sa chute. Les circonstances plus favorables à l’enseignement chi’ite étaient aussi le résultat du terrain que le cinquième Imam avait préparé pendant son imamat de vingt ans par la propagation des enseignements véritables de l’Islam et des sciences de la famille du Prophète.

L’Imam profita des circonstances pour répandre les sciences religieuses tout au long de son imamiat, contemporain de la fin des omeyyades et du début du califat Abbasside. Il instruisit plusieurs savants dans les différents domaines des sciences spéculatives et traditionnelles (aqli’ wa naqli) tels Zarârah, Mohammad Ibn Muslim, Mu’min Tâq, Hishâm Ibn Hakam, Abân Ibn Taghlab, Hishâm Ibn Salim, Hurayz, Hishâm Kalbi Nassâbah et Djâbir Ibn Hayân l’alchimiste. Même certains savants sunnites importants comme Sufyân Thawri, Abu Hanifah, le fondateur de l’école Hanafi, Qâdî Sukûni, Qâdî Abu al Bakhtari, et d’autres, eurent l’honneur d’être parmi ses étudiants. On raconte que de ses cours sortirent quatre mille savants dans le hadith et autres sciences. Le nombre de hadiths rapportés des cinquième et sixième Imams dépasse celui des hadiths rapportés du Prophète et des autres dix Imams réunis.

Mais vers la fin de sa vie, l’Imam fut soumis à de sévères restrictions de la part du calife Abbasside, al Mansûr , qui ordonna de torturer et d’assassiner beaucoup de descendants du Prophète qui étaient chi’ites, du point qu’il surpassa en cruauté les Omeyyades. Sur ses ordres, ils furent arrêtés par groupes, certains jetés dans des prisons profondes et sombres et torturés jusqu’à la mort; d’autres furent décapités, enterrés vivants ou placés dans les fondations ou entre les murs de constructions et emmurés vivants.

Hishâm, le calife omeyyade, avait ordonné que le sixième Imam fut arrêté et en présence de son père, le cinquième Imam, emmené a Damas. Plus tard, l’Imam Sadiq fut arrêté par Saffâh, Ie calife Abbasside, et emmené en Iraq. Finalement Mansûr le fit arrêter de nouveau et emmener à Sâmarrah où il fut gardé à vue. Mansûr était rude et irrespectueux envers l’Imam et projeta plusieurs fois de le tuer. Finalement l’Imam fut autorisé à retourner à Médine où il passa le reste de sa vie dans la retraite, jusqu’à ce qu’il soit empoisonné à la suite des intrigues de Mansûr.

A l’annonce de la nouvelle du martyre de l’Imam, Mansûr écrivit au gouverneur de Médine, lui ordonnant de se rendre à la maison de l’Imam sous prétexte d’exprimer ses condoléances à la famille, et de demander à voir et à lire le testament de l’Imam. Quiconque était choisi par l’Imam comme son héritier et successeur devait être décapité sur place. Le but de Mansûr était évidemment de mettre un terme à toute la question de l’imamat et des aspirations chi’ites. Quand le gouverneur de Médine, conformément aux ordres reçus, lut le testament, il vit que l’Imam avait choisi quatre personnes plutôt qu’une seule pour administrer son testament : le calife lui-même, le gouverneur de Médine, Abdallah Aftah, le fils aîné de l’Imam et Mussa, le plus jeune fils. De cette manière le complot de Mansûr échoua.

SON ENFANCE

L’Imam Ja’far ibn Mohammed dit as-Sadeq (as) est né à Médine, le 17 Rabi’a awwal de l’année 83 de l’Hégire. Il était le 6ème Imam de la descendance du Saint prophète Mohammed (sas), son père était le 5éme Imam de l’Islam Mohammed al Baqr (as) Parmi ses surnoms il avait as-Sadeq (le véridique), al-Fadil (le gracieux) et at.-Tahir (le pur).Sa mère Oum Farwah bint al Qasim ibn Mohammed ibn abou Bakr. L’Imam Ja’far as-Sadiq a été éduqué durant 12 ans par son grand-père Zayn al abidine(as)à Médine, alors qu’il était adolescent , puis il reçut exclusivement les enseignements de son père, Mohammed al Baqr(as) pendant 9 ans.

SA MORALE Son oncle Zayd ibn Ali, fils de Zayn al abidine(as) et frère de Mohammed al Baqr(as) avait choisi de s’insurger contre le despotisme du pouvoir Caliphale en rejoignant les rangs des martyrs. Bien que Zayd avait choisi une ligne d’action différente que celle de son neveu, il nous laissa ce précieux témoignage concernant l’Imam Ja’far as-Sadeq (as) :

« Pour chaque temps, il existe un homme issu des Ahloul Bayt (as) qui est un argument d’Allah pour ses créatures !

Et l’argument de notre temps est assurément mon neveu Ja’far ibn Mohammed (as). Quiconque le suit ne s’égare jamais, quiconque s’oppose à lui n’aboutit jamais à la bonne voie ! »

Malik ibn Anas (fondateur de l’école Malikite) dit de l’Imam as-Sadeq (as) :

« Par Allah, je n’ai jamais vu de meilleure personne que Ja’far as-Sadeq; son désintérêt des biens de ce monde, sa piété, sa dévotion et sa pratique de l’Islam sont inégalables ! »

Malik ibn Anas fut en effet le disciple de l’Imam Ja’far as-Sadeq (as) tout comme le fut également un homme surnommé abou Hanifah (fondateur de l’école hanafite) qui dit de l’Imam (as) :

« Si je n’aurais suivi ses préceptes durant 2 années, je me serais perdu ! »

Malheureusement, plutôt que de continuer leur précieux apprentissage auprès de l’Imam as-Sadeq (as), ces 2 hommes préférèrent apporter leurs propres conclusions et interprétation de l’Islam et de la Sunna.

Un jour, l’Imam as-Sadeq (as) était en compagnie d’un de ses disciples et ils se dirigeaient vers le marché.

L’Imam (as) montait alors un âne et arrivé près du marché, il descendit avec une grande rapidité pour accomplir une longue prosternation puis se releva.

Son compagnon lui demanda la cause de son geste et l’Imam as-Sadeq (as) répondit :

« Lorsque je me suis rappelé le bienfait d’Allah, je lui ai fait cette prosternation de reconnaissance et de remerciement. » Un jour l’Imam (as) était dans son champ, vêtu d’un drap épais et tenant une pelle à la main. Un de ses disciple passa par là et assista à la scène et lui dit : « Que je sois sacrifié pour toi ! Donne-moi cette pelle pour que je fasse ce travail pour toi ! Sur ce l’Imam (as) lui répondit :

« Non, j’aime bien que l’homme peine sous le soleil à la recherche de la provision de sa vie. »

SON IMAMAT

La période de son Imamat a coïncidé avec une ère mouvementée de l’histoire islamique qui a vu la chute du Califat Omeyyade et l’avènement du Califat Abbaside. Les guerres internes et les bouleversements politiques provoquaient des disfonctionnements dans le gouvernement Omeyyade. Ainsi, l’Imam (as) vécut durant le Califat Omeyyade et Abbasside d’Abdoul Malik en passant par Marwan al-Himar jusqu’au premier Califat Abbasside d’abou al-Abbas as-Saffah et celui du frère de ce dernier al-Manssour. Ce fait n’est pas vraiment dut à une longévité particulière ou d’une magnanimité du Califat, mais à la politique de renversement de ces 2 Dynastie pour le pouvoir. Ce qui fait que l’Imam as-Sadeq (as) a été laissé en paix ce qui lui permis de pratiquer et prodiguer paisiblement l’Islam suivant les enseignements du prophète (sas). Les derniers jours de la Dynastie Omeyyade qui s’effondrait peu à peu, les Abbassides ont exploités cette occasion pour se servir de cette instabilité politique, en se proclamant du titre de »Vengeurs des Banou Hachim « . Ils ont feint de soutenir la cause des Ahloul Bayt (as) en prétendant faire périr les Omeyyades pour le sang injustement versé de l’Imam al Hussein (as), des autres Imams (as) et des martyrs. Les musulmans qui gémissaient sous le joug des Omeyyades ont été dégoûtés de leurs atrocités et ils aspiraient secrètement au retour du vrai islam de Mohammed (sas) par le biais de ses descendants. Ils se sont rendus compte que si la conduite de l’Islam allait aux AhloulBayt(as), qui étaient héritiers légitimes du prophète(sas), le prestige de l’Islam en serait mis en valeur et que les enseignements du prophète(sas) seraient véritablement propagés. Cependant, les Abbasides avaient secrètement fait voeux de saisir le pouvoir des mains Omeyyades pour leurs propres compte et non pour rétablir ce qui avait été bafoué durant tant d’années. Les musulmans ont été ainsi trompés en les soutenants contre les Omeyyades.

Après la mort du Calife abou al-Abbass, son frère al Manssour prit le pouvoir qui était encore très fragile.

En réalité, al Manssour pourrait être qualifié comme le véritable fondateur de la Dynastie Abbasside, il était tellement sournois que certains le considéraient comme le nouveau Mo’awya.

La comparaison n’est pas fausse et lorsqu’il s’agissait de machiavélisme, la balance penche du côté d’al Manssour !

En effet, ce tyran ne fut pas reconnaissant envers ceux qui étaient les précurseurs de son pouvoir, il exécuta même son chef des armées abou Mouslim al Khourassani.

L’Imamas-Sadeq (as) savait bien que seul un musulman pieux, sans limite religieuse pouvait être accepté par les musulmans après l’effort qu’ils avaient fournis pour renverser les Omeyyades. Mais fort des expériences de ses aïeux et Imams prédécesseurs il demeura loin du centre politique du pouvoir Abbasside et évita même de rencontrer le Calife al Manssour.

(Rappelons que les Imams Ali (as), al Hassan (as), al Hussein (as), Zayn al abidine (as) et Mohammed al Baqr (as) ont déjà payés de leurs vies et que l’Imam as-Sadeq propageait à son entourage les préceptes des Ahloul Bayt (as).) Al Manssour se sentit offensé de l’attitude de l’Imam as-Sadeq (as) qui ne voulant pas le rencontrer, injustifié son pouvoir à juste titre.

Al Manssour fit convoquer l’Imam (as) et lorsqu’il fut en face de lui, lui dit :

« Pourquoi ne me visite pas comme le font tous les gens ? » L’Imam (as) répondit :

« Dans ce bas monde, tu n’a rien sur quoi je puisse te redouter ! En outre, tu ne détient rien qui pourrait me servir pour l’au-delà ! »

« Par ailleurs, tu n’est ni dans une grâce pour que nous en félicitions, ni dans un malheur pour que je te présente mes condoléances. »

Al Manssour répondit, « Accompagne-moi afin de me conseiller ! » L’Imam (as) lui répondit : « Quiconque aurait aimé la vie de ce monde ne t’aurait pas conseillé et quiconque aurait aimé la vie de l’au-delà ne t’aurait pas accompagné ! » Après cette entrevue, al Manssour décida d’organiser une campagne de dénigrement contre l’Imamas-Sadeq (as) et ses ancêtres (as). Pour ce faire, il ordonna à son gouverneur de Médine de saisir toute occasion favorable de calomnier l’Imam (as) et de rabaisser la Noblesse de son aïeul, Ali Amir al mou’minine (as).

Par la suite, al Manssour qui n’avait pas réussit sa campagne de calomnies envers l’Imam (as) le laissa en paix pendant de longues années, car son pouvoir devait être stabilisé.

MORT DE L’IMAM (as)

Al Manssour résista de longues années avant de faire assassiner l’Imam as-Sadeq car il lui fallut de longues années pour que son pouvoir soit stable.

Puis, il prit la décision d’agir selon la tradition Omeyyade consistant à tuer l’Imam l’époque !

Il ordonna que l’Imam (as) soit empoisonné et Ja’far as-Sadeq mourut le 25 Chawal de l’an 148 de l’Hégire en Martyre comme les autres Imams, il était âgé de 65 ans.

QUELQUES PAROLES DE L’IMAM JA’FAR AS-SADEQ (as)

-Trois genres de personnes ne recevront que le bien : Les silencieux, ceux qui évitent le mal et ceux qui se rappellent Allah (dikr).

-Le sommet de la fermeté se situe dans la modestie.

-La valeur originelle de l’homme est déterminée par sa raison (‘aql).

-La valeur de son appartenance familiale est déterminée par sa religiosité.

-La valeur de sa générosité est sa piété.

-Les hommes sont égaux de part leur appartenance à Adem (as).

-Craignez bien de faire l’injustice, les souffrances des victimes de l’injustice s’élèvent vers le ciel.

-Il y a trois choses sans lesquelles le monde ne peut se réformer (changer dans le bien) :

-la sécurité, la justice et la fertilité.

Le regard de l’enfant vers ses parents, par amour pour eux est une adoration.

Le sixième Imam, Ja’far Sadiq (as) est né le Vendredi 17 Rabi’ al-Awwal de l’an 83 de l’Hégire. Son célèbre titre était « al-C,âdiq » (Le Véridique). Il a été élevé par son grand-père, l’Imam Zayn al-‘Abidine pendant 12 ans, et ensuite sous le patronage de son père, I’Imam Muhammad al-Bâqir pendant 19 ans.

La période de son Imamat a coïncidé avec la période la plus révolutionnaire et la plus fertile en événements de l’histoire musulmane, la période où l’on a assisté à la chute de l’Empire omayyade et à la montée de la dynastie abbasside. Les guerres intestines et les bouleversements politiques apportaient des changements rapides dans le gouvernement. Donc le Saint Imam a assisté aux règnes de différents rois, depuis la chute d’Abdul Malik jusqu’au souverain omayyade, Marwân Ibn al-Hakam. Il a survécu jusqu’à l’époque de Abul Abbâs al-Saffâh et d’al-Mançour, tous deux de la dynastie abbasside.

Sous l’Imamat du 6e Imam (as), les conditions de diffusion des sciences islamiques furent donc encore plus propices. Non seulement le contexte politique était favorable mais par ailleurs, suite aux efforts de publications des hadiths du 5e Imam (as) et de ses élèves, les gens avait pris conscience de leurs besoins en connaissances islamiques et attendaient d’autres « récits » concernant les « gens de la Maison ». De plus la dynastie omayyade était vacillante. La dynastie abbasside qui n’était pas bien établie cherchaient une légitimité à travers le soutien de la famille des martyrs de Karbala.

L’Imam Ja’afar Sadiq (as) se mit à diffuser les sciences religieuses et des textes islamiques. Les doctes et les savants venaient de tous le coin pour l’interroger au sujet des sciences islamiques, de l’histoire des prophètes, des Imams, de la philosophie… Celui-ci discutait avec diverses catégories sociales, dialoguait avec les représentants des différentes nations et religions.

L’Imam éduqua de nombreux croyants, format de multiples élèves ; des centaines de livres rassemblant les hadiths shi’ites et les propos scientifiques de l’Imam durent publiées sous le nom de « Principes » (Oçoul). Profitant du cours répit que lui laissait la lutte entre les Ommayades et les Abbassides, l’Imam (as) consacra son temps à l’éducation des musulmans et à la formation des spécialistes des sciences religieuses : plus de quatre mille savants ont profité de son enseignement, de son savoir et de sa sagesse.

L’Imam (as) avait demandé à ses élèves d’enregistrer par écrit les cours qu’il leurs dispensait. Il leurs disait :

« Aux périodes troubles et d’anarchie de nombreuses œuvres sont détruites ; vous aurez alors besoin de ces livres et de ces textes qui deviendront les seules références religieuses et scientifiques des musulmans. »

Aussi à ses cours les élèves de l’Imam (as) apportaient leurs plumes et leurs encriers…

Ses disciples ont compilé des centaines de livres relatifs aux différentes branches de la science et de l’art. Outre le « Fiqh » (la Jurisprudence), le « Hadith » (la Tradition) et le « Tafsîr » (l’exégèse), l’Imam dispensait également des cours de mathématiques et de chimie à certains de ses disciples. Jâbir Ibn Hayyân al-Tartûcî, le célèbre savant en mathématiques était l’un des disciples de l’Imam, et a beaucoup appris des connaissances et de la guidance de ce dernier, ce qui lui a permis d’écrire 400 livres sur des sujets divers.

La chute des Omayyades et la montée des Abbassides ont constitué les deux importants événements de l’histoire musulmane. L’état d’anarchie était en progression. On se trouvait au milieu d’une telle obscurité mortelle que le personnage de l’Imam Ja’far Sadiq (as) se dressait comme un phare déversant continuellement sa lumière pour éclairer les vastes étendues des ténèbres pécheresses qui l’entouraient. Le monde s’inclinait devant sa personnalité vertueuse et admirable. Abou Salma Khallâl lui a offert le trône du califat, mais l’Imam, perpétuant la tradition caractéristique de ses ancêtres a décliné fermement cette offre en raison des conditions critiques qui prévalaient à l’époque.

C’est une vérité historique indéniable que d’affirmer que tous les grands savants de l’Islam étaient redevables, pour ce qui concerne leur instruction, aux Ahl-Elbayt qui constituaient la fontaine des connaissances et de l’instruction pour tout le monde. Al-‘Allamah al-Chiblî écrit dans son livre « Sirat al-Nu`mân »: « Abou Hanifah a fréquenté pendant une très longue période l’Imam al-C,âdiq, acquérant auprès de lui des connaissances étendues et précieuses en matière de Fiqh et de Hadith. « Tous les deux math-hab (rites) islamiques -le sunnisme et le chiisme – croient que la source des connaissances d’Abou Hanifah provenait principalement de son association avec l’Imam al-Câdiq. »

En raison de ses immenses connaissances et de ses nobles enseignements, les gens se sont rassemblés autour de lui avec toute la dévotion et toute la révérence qui lui étaient dues. Cette haute position et le pouvoir croissant de notre Imam (as) n’a pas manqué de susciter la jalousie et surtout la peur du gouvernant abbasside, Mançour al-Dawânîqî qui, craignant la popularité de l’Imam, a décidé de le supprimer. L’Imam mourra effectivement des suites d’un empoisonnement, le 15 Rajab de l’an 148 de l’Hégire.

Pendant toute sa vie et à toute heure, en cachette ou en public, l’Imam enseignait les vérités de l’Islam et mettait son savoir et sa culture à la portée de tous. Pour résumer, on peut dire que ses discours et ses conseils inestimables ébranlèrent les murs de l’ignorance et du mensonge, refondant la véritable doctrine du Saint Prophète (saww). C’est pourquoi l’on considère que le 6e Imam (as) comme le fondateur de la doctrine shi’ite, d’où la dénomination de doctrine Ja’farite donnée à l’école ou rite shi’ite.

https://erfan.ir/french/81181.html#:~:text=Il%20est%20mort%20le%2010,cimeti%C3%A8re%20d’al%2DBaq%C3%AE.

Hadiths de l’Imam Ja’far Al Sadeq (as) sur le saint coran

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Le Coran est le dépôt d’Allah [donné] à Ses créatures, il est donc souhaitables pour tout Musulman d’observer ce dépôt et de lire [un minimum de] 50 versets du Coran chaque jour »

Usul-ul-Kafi, vol. 2, p. 609

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Quelqu’un qui récite le Coran n’aura besoin [de personne], et n’aura pas la suite besoin de rien. Mais concernant la personne [qui ne récite pas le Coran], rien ne le rendra indépendant [et il aura toujours besoin des autres] ».

Thawabul-A’mal, p. 230

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Il est conseillable à la personne qui lit le Coran que lorsqu’elle parvient à un verset du Coran dans lequel il y a une requête pour quelque chose qui demande à Allah pour cette chose, ou lorsqu’elle atteint un verset du Coran dans lequel il est fait allusion à la punition, qu’elle demande à Allah la protection du feu de l’Enfer et de la punition ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Trois choses se plaindront à Allah, le Noble le Grand, [le Jour du Jugement] : une mosquée désertée dans laquelle les gens de la ville n’ [y] lisaient pas la prière, un Savant qui était parmi les ignorants [toutefois, les gens se servaient pas de lui] ; et le Coran qui n’était pas lu et était laissé que la poussière s’amasse dessus ».

Usul-ul-Kafi,vol. 2, p. 613

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Allah récompensera la personne qui lit beaucoup le Coran et fait une promesse avec lui pour essayer de le mémoriser même si cela pourrait occasionner une grande difficulté, d’une double récompense ».

Thawabul-A’mal, p. 227

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui garde le Coran et agit aussi selon lui sera avec les Anges nobles, dévoués le Jour du Jugement ».

Usul-ul-Kafi, vol. 2, p. 603

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui lit le Coran et est un jeune croyant, le Coran se mélange avec sa chaire et son sang, et Allah, le Noble et Grand, le placera avec les Anges nobles, dévoués. De plus, le Coran agira comme une barrière [entre lui et le Feu de l’Enfer] le Jour du Jugement ».

Thawab-ul-A’mal, p.226

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Assurément, le Coran ne doit pas être lu en hâte ou très rapidement. Il doit plutôt être lu lentement, par parties mesurées. Toutes les fois que vous atteignez un Verset qui parle du Paradis, alors arrêtez-vous [à ce Verset] et demandez à Allah [les délices] du Paradis. Et à chaque fois que vous parvenez à un Verset qui parle de l’Enfer, alors arrêtez-vous [à ce Verset] et cherchez protection d’Allah du Feu de l’Enfer [et de la punition] ».

Usul-ul-Kafi, vol. 3, p.301

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Je souhaiterai voir un Coran dans chaque maison afin qu’à travers ceci, Allah repousserait Satan [de cette maison] ».

Fadhl-ul-Qur’an, p. 669

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Un fils d’Adam sera appelé le croyant pour le jugement, le coran se présente devant lui d’une façon très merveille et dit c’est moi le Coran et voilà ton serviteur croyant qui se fatiguait beaucoup pour me lire, me récitait durant toutes les nuits, en pleurant quand il me récite, il faut le faire satisfait comme il me satisfaisait, il dit : en ce moment il dit : Mon serviteur tends ta main droite, et prends plein de la satisfaction de Dieu, et remplit sa main gauche par la miséricorde de Dieu puis on lui dit : ce paradis est licite pour toi, tu lis tu montes, quand il récite un Verset Il monte une étape »

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Il est bon pour un musulman de n’est pas mourir jusqu’à ce qu’il apprend le coran, ou bien il soit dans le chemin de l’apprendre ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Si Dieu que sa grandeur soit exaltée réunit les premiers et les derniers et soudain une très jolie personne vient qu’on n’a jamais vu comme lui, si les croyants le regarde-il est le coran – ils disent : celui –ci fait parti de nous, il est la meilleure chose que nous avons vu, quand il les approche, il les paye (jusqu’à ce qu’il dit jusqu’à ce qu’il s’arrête à la coté droite du trône, en ce moment Dieu que sa grandeur soit exaltée dit : je jure par mon honneur et par ma haute place aujourd’hui je vais honoré celui qui t’a honoré et j’insulte celui qui t’a insulté ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Comprenez ce Coran contient la lumière de la piété, les lumières de, il n’a qu’à tourner ses yeux et il les ouvre pour allumer sa route, la pensé c’est la vie du cœur d’une personne qui analyse, comme celui qui a la lumière marche dans les obscurités ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui lit le coran chaque fois qu’il arrive à un verset qui a une question ou crainte, il demande le bonheur qu’il espère et demande à Dieu de le protéger de l’enfer et des supplices».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui maîtrise le coran et qui l’applique sera avec les anges très proche de Dieu ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui lit le Coran et le maîtrise difficilement, par la difficulté de le maîtriser il a deux bénédictions ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui récite le coran étant jeune croyant le coran se mélangera avec sa viande et son sang, et Dieu le fera avec les gens les plus proches de lui, le coran deviendra sa défense le jour du jugement, il dit : o seigneur tout travailleur est payé de son travail sauf mon travailleur, il faut le mettre dans ta haute générosité, il dit : en ce moment Dieu le couvre deux habits parmi les habits du paradis, on met un diadème de la vertu, puis on lui dit : est-ce que tu es satisfais de cela ? En ce moment le Coran dit : o seigneur je souhaitais plus que ça pour lui, en suite on lui donne la paix par sa main droite, et l’éternité dans sa main gauche, puis il rentre au paradis puis on lui dit : lis un verset coranique tu montes à un étape, en suite on lui demande : est ce que nous t’avons satisfais ? Il répond : bien sûre, il dit : celui qui le lit beaucoup et se fatigue pour l’apprendre en tête Dieu le donnera une bénédiction deux fois plus que ça ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui a été offert le coran et la foie, il est comme le parfum son odeur est bon, son goût est aussi on, quant à celui qui n’a pas été offert le Coran ni la foie, il est comme un coloquinte son goût est douloureux, il n’a pas l’odeur »

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui lit le Coran et mange les gens avec lui, viendra le jour du jugement avec un visage d’os sans viande ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui lit cent verset coranique et prie par elles dans une nuit Dieu le donnera Ghounout d’une nuit, celui qui récite deux cent versets en dehors de la prière de la nuit Dieu écriera pour lui une ghintar de la bénédiction dans lawhoul mahfouz, le ghintar c’est mille deux cent Oughiya, et un oughiya est plus grand que la montagne de Ouhoud ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : « Celui qui oublie une sourate du coran, il se figurera dans l’image d’un homme très joli et dans un dégréé très élevé dans le paradis, quand il le voit dit : qui es tus, quel bel est-tu ! Je souhaiterais que tu sois pour moi, il le répond : Tu ne m’as pas reconnu ? Je suis tel sourate, si tu ne m’avais pas oublié j’allais te faire monter dans cette étape ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) dit : ( Ils ont rapporté de Yaghoub d’Ahmar qu’il dit : Je dis à Abû Abdullah : j’ai sur moi beaucoup de crédits je fallais oublier le coran, en ce moment Abû Abdullah dit : «  le Coran, le Coran, comprend qu’un verset coranique et une sourate viendront le jour du jugement jusqu’à ce qu’ils monteront mille étapes c’est-à-dire dans le paradis, puis disent : si tu m’avais maîtrisé je t’allais envoyer ici ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : (Ils ont rapporté de Yaghoub Ahmar qu’il dit : Je dis à Abû Abdullah (a s) : que Dieu te pardonne ! J’ai eu des problèmes et des choses ça ne me reste aucun bonheur sauf il est perdu dans ces problèmes, même le coran j’ai oublié quelque chose de lui, il se panique lorsque j’ai parlé du coran, puis dit 🙂

« Un homme oublie une sourate du coran en suite il le vient le jour du jugement jusqu’à ce qu’il le fait monter quelques étapes, puis il dit : salut soit sur toi ! Il répond : à toi de même, qui es-tu ? il dit : je suis le tel sourate tu m’avais perdu et m’avait abandonné, mais si tu m’avais pris je t’allais te faire monter à cette étape, puis il indexas par son index puis dit : prenez le coran, apprenez le, il y a parmi les gens qui apprennent le coran pour qu’on dit celui-là est lecteur du coran, il y a parmi eux qui l’apprend pour avoir la bonne voie, on dit : telle personne a une bonne voix, le bonheur n’existe pas sur ça, il y a parmi eux qui le lit dans la nuit et la nuit et puis n’a pas besoin qui a compris et qui n’a pas compris ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : Ils ont rapporté de Sa’id bun A’araj il dit : « J’ai demandé Abû Abdullah d’un homme qui récite le coran puis l’oubli, puis le récite puis l’oubli, est ce qu’il a des péchés ? Il dit : non».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Le coran est contrat de Dieu sur sa créature, il est nécessaire pour un musulman de regarder son contrat, et de lire chaque jour cinquante verset ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « La maison dont on lit le coran, on adore Dieu que sa grandeur soit exaltée de dans, sa bénédiction devient abondante, les anges la visite, les satans s’éloignent d’elle, elle est la lumière des gens des cieux comme les étoiles donne la lumière pour les gens de la terre, et la maison dont on ne lit pas le coran, on n’adore pas Dieu, sa bénédiction sera peu, les anges la quittent, et les satans viennent de dans ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Il nous réunissait et nous ordonnait d’adorer Dieu jusqu’au lever du soleil, il ordonnait de lire celui qui lisait entre nous, celui qui ne pouvait pas lire il l’ordonnait d’adorer Dieu, la maison où on récite le coran et on adore Dieu son bonheur est toujours abondant ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Qu’est ce qui empêche un commerçant d’entre vous qui s’occupe de son marché, quand il revient dans sa maison ne doit pas dormir avant de réciter une sourate du Coran, il aura de chaque verset qu’il récite dix bénédiction, et dix péché sera effacé pour lui ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Il me fait plaisir de l’existence d’un coran dans la maison qui chasse les Satan ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Trois se plaindront chez Dieu, une mosquée détruite que ses gens ne prient plus de dans, un savant entre les ignorants et un coran monté que les poussières sont tombés sur lui, personne ne le lit ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Analysez le Coran il est arabe ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Il est détesté de lire sourate Ikhas par une seule respiration ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : Ils ont rapporté d’après Abû Basir, d’après Imam Abû Abdullah (a s) dans la parole de Dieu (jjl) il dit : « C’est-à-dire tu lis lentement et tu fais une bonne voix».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « le coran est descendu par la tristesse il faut le lire par la tristesse »

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Dieu que sa grandeur soit exaltée avait révélé à Moise fils d’Imran que si tu t’arrêtes devant moi t’arrêtes à la position d’un pauvre fatigué et si tu lis le taora il faut me le faire entendre par une voix de tristesse ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : Ils ont rapporté de Muawiya Ibn Ammar, il dit : « Je dis à Abû Abdullah (a s) : l’homme voit qu’il n’a rien fait dans l’invocation et dans la lecture jusqu’à ce qu’il lève sa voix, en ce moment dit : « Il n’est pas mal, comprends qu’Ali Bun Hussein avait la meilleure voix du coran entre les gens, il levait sa voix jusqu’à ce que les gens de la maison entendent, aussi Abû Diafar avait la meilleure voix du coran, quand il se levait dans la nuit il lisait en haute voix, ceux qui étaient en passage et autres se levaient et écoutaient sa lecture».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Chaque chose a une ruse, la ruse du Coran est la bonne voix ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Apprenez la langue Arabe comprenez qu’elle est la parole de Dieu dont qu’il a communiqué avec sa créature et les ancêtres ont parler; fin de citation ».

L’Imam Djafar as-Sadiq (a.s) : « Il est un homme non arabe de ma nation qui lit le coran par son accent les anges le monte à un accent arabe ».

https://erfan.ir/french/82573.html

Bref aperçu sur la biographie de l’Imam Jafar as-sadiq

Le sixième Imam, Ja’far Sadiq (AS) est né le Vendredi 17 Rabi’ al-Awwal de l’an 83 de l’Hégire. Son célèbre titre était « al-Çâdiq » (Le Véridique). Il a été élevé par son grand-père, l’Imam Zayn al-‘Abidine pendant 12 ans, et ensuite sous le patronage de son père, I’Imam Muhammad al-Bâqir pendant 19 ans.

La période de son Imamat a coïncidé avec la période la plus révolutionnaire et la plus fertile en événements de l’histoire musulmane, la période où l’on a assisté à la chute de l’Empire omayyade et à la montée de la dynastie abbasside.

Les guerres intestines et les bouleversements politiques apportaient des changements rapides dans le gouvernement. Donc le Saint Imam a assisté aux règnes de différents rois, depuis la chute d’Abdul Malik jusqu’au souverain omayyade, Marwân Ibn al-Hakam. Il a survécu jusqu’à l’époque de Abul Abbâs al-Saffâh et d’al-Mançour, tous deux de la dynastie abbasside.

Sous l’Imamat du 6e Imam (AS), les conditions de diffusion des sciences islamiques furent donc encore plus propices. Non seulement le contexte politique était favorable mais par ailleurs, suite aux efforts de publications des hadiths du 5e Imam (AS) et de ses élèves, les gens avait pris conscience de leurs besoins en connaissances islamiques et attendaient d’autres « récits » concernant les « gens de la Maison ». De plus la dynastie omayyade était vacillante. La dynastie abbasside qui n’était pas bien établie cherchaient une légitimité à travers le soutien de la famille des martyrs de Karbala.

L’Imam Ja’afar Sadiq (AS) se mit à diffuser les sciences religieuses et des textes islamiques. Les doctes et les savants venaient de tous les coins pour l’interroger au sujet des sciences islamiques, de l’histoire des prophètes, des Imams, de la philosophie… Celui-ci discutait avec diverses catégories sociales, dialoguait avec les représentants des différentes nations et religions.

L’Imam éduqua de nombreux croyants, format de multiples élèves ; des centaines de livres rassemblant les hadiths chi’ites et les propos scientifiques de l’Imam durent publiées sous le nom de « Principes » (Oçoul). Profitant du cours répit que lui laissait la lutte entre les Ommayades et les Abbassides, l’Imam (AS) consacra son temps à l’éducation des musulmans et à la formation des spécialistes des sciences religieuses : plus de quatre mille savants ont profité de son enseignement, de son savoir et de sa sagesse.

L’Imam (AS) avait demandé à ses élèves d’enregistrer par écrit les cours qu’il leurs dispensait. Il leurs disait : « Aux périodes troubles et d’anarchie de nombreuses œuvres sont détruites ; vous aurez alors besoin de ces livres et de ces textes qui deviendront les seules références religieuses et scientifiques des musulmans. »

Aussi à ses cours les élèves de l’Imam (AS) apportaient leurs plumes et leurs encriers…

Ses disciples ont compilé des centaines de livres relatifs aux différentes branches de la science et de l’art. Outre le « Fiqh » (la Jurisprudence), le « Hadith » (la Tradition) et le « Tafsîr » (l’exégèse), l’Imam dispensait également des cours de mathématiques et de chimie à certains de ses disciples. Jâbir Ibn Hayyân al-Tartûcî, le célèbre savant en mathématiques était l’un des disciples de l’Imam, et a beaucoup appris des connaissances et de la guidance de ce dernier, ce qui lui a permis d’écrire 400 livres sur des sujets divers.

La chute des Omayyades et la montée des Abbassides ont constitué les deux importants événements de l’histoire musulmane. L’état d’anarchie était en progression. On se trouvait au milieu d’une telle obscurité mortelle que le personnage de l’Imam Ja’far Sadiq (AS) se dressait comme un phare déversant continuellement sa lumière pour éclairer les vastes étendues des ténèbres pécheresses qui l’entouraient. Le monde s’inclinait devant sa personnalité vertueuse et admirable. Abou Salma Khallâl lui a offert le trône du califat, mais l’Imam, perpétuant la tradition caractéristique de ses ancêtres a décliné fermement cette offre en raison des conditions critiques qui prévalaient à l’époque.

C’est une vérité historique indéniable que d’affirmer que tous les grands savants de l’Islam étaient redevables, pour ce qui concerne leur instruction, aux Ahl-Elbayt qui constituaient la fontaine des connaissances et de l’instruction pour tout le monde. Al-‘Allamah al-Chiblî écrit dans son livre « Sirat al-Nu`mân »: « Abou Hanifah a fréquenté pendant une très longue période l’Imam al-Çâdiq, acquérant auprès de lui des connaissances étendues et précieuses en matière de Fiqh et de Hadith. « Tous les deux math-hab (rites) islamiques -le sunnisme et le chiisme – croient que la source des connaissances d’Abou Hanifah provenait principalement de son association avec l’Imam al-Câdiq. »

En raison de ses immenses connaissances et de ses nobles enseignements, les gens se sont rassemblés autour de lui avec toute la dévotion et toute la révérence qui lui étaient dues. Cette haute position et le pouvoir croissant de notre Imam (AS) n’a pas manqué de susciter la jalousie et surtout la peur du gouvernant abbasside, Mançour al-Dawânîqî qui, craignant la popularité de l’Imam, a décidé de le supprimer.

Pendant toute sa vie et à toute heure, en cachette ou en public, l’Imam enseignait les vérités de l’Islam et mettait son savoir et sa culture à la portée de tous. Pour résumer, on peut dire que ses discours et ses conseils inestimables ébranlèrent les murs de l’ignorance et du mensonge, refondant la véritable doctrine du Saint Prophète (saww). C’est pourquoi l’on considère que le 6e Imam (AS) comme le fondateur de la doctrine shi’ite, d’où la dénomination de doctrine Ja’farite donnée à l’école ou rite shi’ite.

A sa naissance c’est l’omeyyade `Abd al-Malik qui régnait, quand il devint imâm c’était Hichâm. Il vit passer les cinq derniers omeyyades et la prise du pouvoir par les abbassides. Il est mort pendant le règne du deuxième abbasside al-Mansûr.

Sa succession va créer un problème car son fils Ismâ`il ben Ja`far, successeur désigné, est décédé avant lui en 760. A` la mort de Ja`far as-Sâdiq, la majorité préféra prendre pour imâm son deuxième fils Mûsâ al-Kâzim plutôt que son petit-fils Muhammad ben Ismâ`il que suivirent les ismaéliens.df

Il mourut martyr en 148/765 selon les traditions chi’ites, empoisonné par ordre du calife Abbasside, al Mansûr. Après la mort de son père, il devint Imam par Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. Durant son imamat, le sixième Imam, jouit de plus grandes libertés et d’un climat plus favorable pour la propagation des enseignements religieux. Ce répit fut la conséquence de révoltes en terre islamique, notamment le soulèvement de Moswaddah visant à renverser le califat omeyyade, et des guerres sanglantes qui aboutirent finalement à sa chute. Les circonstances plus favorables à l’enseignement chi’ite étaient aussi le résultat du terrain que le cinquième Imam avait préparé pendant son imamat de vingt ans par la propagation des enseignements véritables de l’Islam et des sciences de la famille du Prophète.

L’Imam profita des circonstances pour répandre les sciences religieuses tout au long de son imamiat, contemporain de la fin des omeyyades et du début du califat Abbasside. Il instruisit plusieurs savants dans les différents domaines des sciences spéculatives et traditionnelles (aqli’ wa naqli) tels Zarârah, Mohammad Ibn Muslim, Mu’min Tâq, Hishâm Ibn Hakam, Abân Ibn Taghlab, Hishâm Ibn Salim, Hurayz, Hishâm Kalbi Nassâbah et Djâbir Ibn Hayân l’alchimiste. Même certains savants sunnites importants comme Sufyân Thawri, Abu Hanifah, le fondateur de l’école Hanafi, Qâdî Sukûni, Qâdî Abu al Bakhtari, et d’autres, eurent l’honneur d’être parmi ses étudiants. On raconte que de ses cours sortirent quatre mille savants dans le hadith et autres sciences. Le nombre de hadiths rapportés des cinquième et sixième Imams dépasse celui des hadiths rapportés du Prophète et des autres dix Imams réunis.

Mais vers la fin de sa vie, l’Imam fut soumis à de sévères restrictions de la part du calife Abbasside, al Mansûr , qui ordonna de torturer et d’assassiner beaucoup de descendants du Prophète qui étaient chi’ites, du point qu’il surpassa en cruauté les Omeyyades. Sur ses ordres, ils furent arrêtés par groupes, certains jetés dans des prisons profondes et sombres et torturés jusqu’à la mort; d’autres furent décapités, enterrés vivants ou placés dans les fondations ou entre les murs de constructions et emmurés vivants.

Hishâm, le calife omeyyade, avait ordonné que le sixième Imam fut arrêté et en présence de son père, le cinquième Imam, emmené a Damas. Plus tard, l’Imam Sadiq fut arrêté par Saffâh, Ie calife Abbasside, et emmené en Iraq. Finalement Mansûr le fit arrêter de nouveau et emmener à Sâmarrah où il fut gardé à vue. Mansûr était rude et irrespectueux envers l’Imam et projeta plusieurs fois de le tuer. Finalement l’Imam fut autorisé à retourner à Médine où il passa le reste de sa vie dans la retraite, jusqu’à ce qu’il soit empoisonné à la suite des intrigues de Mansûr.

A l’annonce de la nouvelle du martyre de l’Imam, Mansûr écrivit au gouverneur de Médine, lui ordonnant de se rendre à la maison de l’Imam sous prétexte d’exprimer ses condoléances à la famille, et de demander à voir et à lire le testament de l’Imam. Quiconque était choisi par l’Imam comme son héritier et successeur devait être décapité sur place. Le but de Mansûr était évidemment de mettre un terme à toute la question de l’imamat et des aspirations chi’ites. Quand le gouverneur de Médine, conformément aux ordres reçus, lut le testament, il vit que l’Imam avait choisi quatre personnes plutôt qu’une seule pour administrer son testament : le calife lui-même, le gouverneur de Médine, Abdallah Aftah, le fils aîné de l’Imam et Mussa, le plus jeune fils. De cette manière le complot de Mansûr échoua

Al Manssour résista de longues années avant de faire assassiner l’Imam as-Sadeq car il lui fallut de longues années pour que son pouvoir soit stable.

Puis, il prit la décision d’agir selon la tradition Omeyyade consistant à tuer l’Imam l’époque !

Il ordonna que l’Imam (as) soit empoisonné et Ja’far as-Sadeq mourut le 25 Chawal de l’an 148 de l’Hégire en Martyre comme les autres Imams, il était âgé de 65 ans.

QUELQUES PAROLES DE L’IMAM JA’FAR AS-SADEQ (as) -Trois genres de personnes ne recevront que le bien : Les silencieux, ceux qui évitent le mal et ceux qui se rappellent Allah (dikr).

-Le sommet de la fermeté se situe dans la modestie.

-La valeur originelle de l’homme est déterminée par sa raison (‘aql).

-La valeur de son appartenance familiale est déterminée par sa religiosité.

-La valeur de sa générosité est sa piété.

-Les hommes sont égaux de part leur appartenance à Adem (as).

-Craignez bien de faire l’injustice, les souffrances des victimes de l’injustice s’élèvent vers le ciel.

-Il y a trois choses sans lesquelles le monde ne peut se réformer (changer dans le bien):

-la sécurité, la justice et la fertilité.

Le regard de l’enfant vers ses parents, par amour pour eux est une adoration

https://imamhussain.org/french/20999

Biographie de l’Imam Jaafar Sadique (p)

I- Naissance et Enfance

Naissance

L’Imam Jaâfar Al Sâdeq (psl) naquit le 17 Rabi’ premier de l’année 80 Hijra à Médine. Son père est l’Imam Al Bâqer (psl), sa mère est Ommou Farouah, fille d’Al Kâzem Ibn Mohamed Ibn Abou Bakr (le premier calife).

L’Imam Al Sâdeq (psl) dit à propos de sa mère : « Ma mère fut de celles qui avaient cru en Dieu et l’avaient craint comme il se doit, et avaient fait preuve de bienfaisance, et Dieu aime bien les bienfaisants. »

L’Imam Al Sâdeq (psl) vécut avec son grand-père l’Imam Al Sajâd (psl) 15 ans et avec son père l’Imam Al Bâqer (psl) 34 ans.

II avait été surnommé de plusieurs qualificatifs qui avaient dénoté tous des côtés différents de sa perfection, tels que : le pur, le digne, le patient, etc. Le plus célèbre de ces surnoms était Al Sâdeq qui signifie celui qui ne ment jamais.

L’ère de l’Imam (psl)

L’Imam Al Sâdeq (psl) assista aux quarante dernières années du pouvoir de Bèni Omeyyeh et aux vingt premières années de celui de Bèni El Âbbess : Il était témoin de l’une des plus ignobles duperies de l’histoire des musulmans, en l’occurrence, l’usurpation du pouvoir par les Abbassides au nom d’Ahlul Bayt (pse) !

Les racines de la révolution Abbasside : Après la mort de Mohammed Ibn Al Hanafieh, fils de l’Imam Ali (psl) ; son fils Abou Hachem décida de créer une organisation secrète pour préparer le terrain à une révolution générale contre les omeyyades et pour venger les sangs des martyrs de Achoura’.

L’ouvre d’Abou Hachem était totalement secrète et particulièrement efficace : Au bout de quelques années, il réussit à recruter des militants partout dans le califat et plus particulièrement dans la région de Khoracèn.

Tous les sympathisants d’Abou Hachem croyaient ouvrer pour l’avènement d’un pouvoir d’Ahlul Bayt (pse), et au bout de quelque temps, leur nombre s’accrut de telle sorte qu’ils pouvaient organiser des milices bien entraînées et fortement équipées.

Jusqu’à son décès, Abou Hachem n’avait pas eu de contacts spéciaux avec ses cousins les Abbassides (Bèni El Âbbess) ; mais la volonté de Dieu voulut que son décès soit à leur demeure à El Hamimeh ; et ne voyant personne de ses disciples près de lui, il laissa son testament à son cousin Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess.

Le plus grave dans cette affaire c’est que le testament d’Abou Hachem comprenait tout l’organigramme de l’organisation secrète et une recommandation à l’exécuteur testamentaire de continuer l’ouvre révolutionnaire jusqu’à l’établissement du pouvoir de Ahlul Bayt (pse) et ce en appelant les musulmans à obéir au « plus acceptable de la famille de Mohammed (pslp). »

Toute la légitimité de l’ouvre secrète d’Abou Hachem reposait bien sur ce concept :

« l’acceptable » de la famille du prophète (pslp). Et tout le monde pouvait imaginer cet « accable » comme il le souhaitait !

Les fils de Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess continuèrent le développement de l’œuvré d’Abou Hachem. Et lorsque les sympathisants de Khoracèn furent assez nombreux pour déclarer l’insurrection, le commandant général des milices de Khoracèn de la part de l’organisation secrète, Abou Mouslem El Khoracèni, commença une campagne d’épuration impitoyable contre toute trace du pouvoir omeyyade.

Abou Mouslem El Khoracèni était un homme particulièrement efficace, et son comportement dur ainsi que son scrupule lui avaient facilité des victoires éclatantes sur les Omeyyades.

Toute la révolution d’Abou Mouslem El Khoracèni fut sous la barrière de la vengeance des sangs d’Ahlul Bayt (pse) ! Et chaque fois qu’on lui demandait à qui il va livrer le pouvoir après son succès, il répondait toujours : à Al Reda de Ahlul Bayt, qui signifie l’homme « acceptable » parmi Ahlul Bayt !

La trahison des Abbassides : Quand l’armée des Khoracèniens arriva à l’Iraq et conquérait la Koufa, les populations musulmanes s’attendaient à voir apparaître l’Imam de Ahlul Bayt pour prendre la direction du nouvel état. Mais elles furent surprises de voir Abou El Âbbess, fils de Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess, faire un discours solennel dans lequel il se déclara être l’homme accepté par Ahlul Bayt !

Tout cela s’était passé à l’époque où l’Imam Al Sâdeq (psl) était la personnalité la plus connue et la plus aimée par les musulmans, et personne ne se doutait qu’il était l’unique homme vraiment acceptable parmi tous les Ahlul Bayt (pse).

La trahison des Abbassides était donc démasquée. Mais ils étaient si forts et si puissants et l’armée des Khoracèniens leur étaient si fidèles que personne n’avait osé s’opposer à leur pouvoir. Et surtout, parce qu’ils étaient encore en train de combattre les derniers bastions du pouvoir Omeyyade dont tous les musulmans espéraient l’anéantissement total !

La position de l’Imam Al Sâdeq (psi) : Devant l’imposture de ses cousins Abbassides, l’Imam Al Sâdeq (psl) choisit une politique d’opposition pacifique qui consiste à ne jamais légitimer l’usurpation d’une part, et à se consacrer à la grande mission culturelle que son père l’Imam Al Bâqer (psl) avait déjà inauguré : le développement de la Grande académie islamique pour faire face à toutes les attaques venant des autres cultures non islamiques, aux déviations et aux falsifications «dés hérétiques» des charlatans et des faux savants.

Le pouvoir Abbasside, à ses débuts, n’avait ni la force ni le temps de gêner l’ouvre de l’Imam Al Sâdeq (psl) qui eut ainsi une bonne occasion pour exécuter sa grande mission culturelle.

II- Sa Vie

Témoignages sur sa morale

Zeyd, fils de l’Imam Al Sajâd (psl), était un grand révolutionnaire qui avait commandé une grande insurrection contre le despotisme en préférant rejoindre les rangs des martyrs de Ahlul Bayt (pse). Et bien qu’il ait choisi une ligne d’action différente de celle de l’Imam Al Sâdeq (psl), il nous laissa un précieux témoignage qui enlève tout doute en sa loyauté envers Ahlul Bayt (pse).

En effet, il dit : « Pour chaque temps, il existe un homme issu de Ahlul Bayt qui est l’argument de Dieu sur ses créatures ! Est-il que l’argument de notre temps est mon neveu Jaâfar Ibn Mohammed : quiconque le suit ne s’égare jamais et quiconque s’oppose à lui n’aboutit jamais à la bonne voie ! »

Malek Ibn Anas, le fondateur de l’école malékite du fiqh (science des prescriptions légales islamiques) dit : « Par Dieu, je n’ai jamais vu de meilleur que Jaâfar Ibn Mohammed : son désintéressement des biens de la vie, sa piété, sa dévotion et sa pratique du culte sont inégalables ! Et lorsque j’allais chez lui, il m’accueillait bien et se consacrait à moi. »

Abou Hanifeh, le fondateur de l’école hanafite du fiqh avait eu aussi l’honneur d’être disciple de l’Imam pendant deux ans et il disait toujours : « Si ce n’étaient ces deux années, je me serais perdu ! »

L’un des compagnons de l’Imam Al Sâdeq (psl) raconta qu’il avait accompagné l’Imam une fois de sa demeure vers le marché. L’Imam montait alors un âne et lorsqu’il arriva près du marché, il descendit à pieds puis s’agenouilla pour faire une très longue prosternation et ensuite se leva sur pieds.

Le compagnon demanda à l’Imam la cause de son geste et il répondit : « Lorsque je me suis rappelé la grâce de Dieu qui me comble, je Lui ai fait cette prosternation de reconnaissance et de remerciement. »

Un autre compagnon de l’Imam nous relate qu’il l’avait un jour vu dans son champ vêtu d’un drap rude et tenant une pelle à sa main.

L’homme ajouta : « Je lui ai alors dis : « Que je sois sacrifié pour vous ! Donnez-moi cette pelle pour que je fasse ce travail pour vous ! »

Il me répondit alors : « J’aime bien que l’homme peine sous le soleil à la recherche de la provision de sa vie ». »

Un jour, l’Imam Al Sâdeq (psl) envoya son serviteur pour lui rapporter une chose mais il s’attarda beaucoup et l’Imam sortit à sa recherche.

L’Imam trouva son serviteur endormi au bord de la rue, il s’assit près de sa tête, prit un éventail et commença à ventiler l’air pour lui !

Lorsque le serviteur s’éveilla, l’Imam lui reprocha sa négligence tout doucement et juste en disant : « Tu dors à la fois la nuit et le jour ! La nuit est pour toi mais le jour est à nous ! »

L’Imam loua un jour les services de quelques ouvriers, et dès qu’ils finirent leur travail, il s’adressa à son valet Moê’teb et lui dit : « Donne leur leurs rémunérations avant même que leur sueur ne sèche ! »

La bienfaisance anonyme

L’Imam Al Sâdeq (psl), tout comme son père, son grand-père et ses arrières grand-père, tenait bien à garder vivace la généreuse coutume d’approvisionnement anonyme et nocturne des besogneux de la Médine.

A l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl), l’état économique général des musulmans avait connu un développement remarquable. Ainsi, le niveau de vie de tous les musulmans était relativement plus élevé que celui des générations passées.

L’Imam Al Sâdeq (psl) tenait bien à faire de son approvisionnement nocturne, non seulement un secours vital ou une aide primordiale, mais aussi une élévation considérable du niveau de vie de ces protégés besogneux pour qu’ils puissent jouir d’un bien être social proche de celui des couches moyennes.

Ainsi, chaque nuit, l’Imam Al Sâdeq (psl) remplissait une grande besace de pain et de viande et portait de grandes sommes d’argent pour distribuer tout cela entre les familles démunies de la Médine.

Bien entendu, l’Imam Al Sâdeq (psl) faisait tout cela en gardant absolument l’anonymat et ce n’était qu’après son martyre que ces familles sentirent sa présence et surent qui était leur bienfaiteur nocturne.

L’Imam (psl) et Sofièn Eththèouri

Sofièn était un savant musulman de grande renommée. Sa réputation revient sans doute à la fois au fait qu’il était un faqih déducteur des prescriptions légales, à son ascétisme et à son éloignement des jouissances de la vie.

Une fois, passant par la sainte mosquée de la Mecque, il vit l’Imam Al Sâdeq (psl) portant des vêtements de valeur et crut alors saisir une occasion unique pour l’en blâmer !

Sofièn s’approcha de l’Imam (psl) et lui dit : « Ô, fils du messager de Dieu ! Par Dieu,  ceci n’est ni l’habillement du messager de Dieu, ni celui de Ali Ibn Abou Taleb ou quiconque de vos ancêtres ! »

L’Imam dit alors : « Le messager de Dieu (pslp) vivait dans une époque de misère alors que nous sommes dans une époque de prospérité et les plus pieux sont plus dignes de jouir des grâces de Dieu ! »

Dis : « Qui a interdit l’ornementation que Dieu fait sortir pour ses adorateurs et les bonnes provisions… » [Coran, S.6 : V.32]

Est-il que nous sommes les plus dignes de ceux qui reçoivent ce que Dieu a donné. »

Puis, l’Imam (psl) montra à Sofièn ce qu’il portait sous les vêtements de valeur : c’était un habit rude que seul un anachorète coupé du monde pouvait supporter !

Montrant ses vêtements extérieurs, l’Imam dit à Sofièn : « Ô Thèouri ! Je porte ceci pour les gens, mais l’autre c’est pour moi ! »

Nous n’allons pas chercher à analyser cette petite histoire ni même à en chercher la morale comme cela se doit, nous avons laissé tout cela pour une étude plus profonde qui sera l’objet, par l’aide de Dieu, de vos prochaines lectures, mais disons ici tout simplement que l’Imam Al Sâdeq (psl) voulut donner une leçon à tous les musulmans tentés de chercher de plaire à la fois à Dieu et à Ses adorateurs, tombant ainsi dans l’ostentation interdite !

En effet, être désintéressé de la vie basse peut élever le musulman à des rangs bien privilégiés auprès de Dieu mais à une condition : qu’il ne cherche jamais à plaire aux gens en manifestant à eux ce désintéressement !

Ainsi, la meilleure aumône c’est l’aumône anonyme.

Le meilleur désintéressement des biens de la vie, c’est le désintéressement invisible et qui n’attire pas l’attention !

Mais Sofièn Eththèouri, loin comme il était de la ligne d’Ahlul Bayt, pouvait-il saisir cette vérité avant qu’elle ne lui soit révélée par l’Imam Al Sâdeq (psl) ? Non !

L’Imam (psl) et le commerce

Contre le monopole :

Remarquant que ses charges familiales étaient devenues relativement lourdes, l’Imam Al Sâdeq (psl) convoqua un jour son serviteur Mouçadef et lui donna mille dinars pour aller faire du commerce en Égypte.

Mouçadef acheta des vivres pour aller les vendre en Égypte et partit avec une grande caravane commerciale.

Sur la route de l’Égypte, une autre caravane égyptienne les rencontra, ils leur demandèrent quel était l’état du marché pour les vivres qu’ils emportaient et ils apprirent que l’Égypte connaissait alors une pénurie totale de ces biens !

Mouçadef se mit alors d’accord avec les autres commerçants de la caravane à imposer des prix exorbitants pour leurs marchandises. Et lorsqu’ils arrivèrent en Égypte, ils vendirent leurs marchandises avec un bénéfice de 100%, puis ils revinrent à la Médine.

Mouçadef entra chez l’Imam (psl) en portant dans ses mains deux bourses et lui dit : « Mon maître ! Voici votre capital et voici ses bénéfices ! »

L’Imam s’exclama alors : « C’est un grand bénéfice ! Comment l’as-tu réalisé ? »

Mouçadef lui raconta le récit de son voyage et des prix exorbitants qu’il avait fixés par l’intermédiaire de sa coalition avec les autres commerçants.

L’Imam Al Sâdeq (psl) dit alors :

 « Pureté à Dieu ! Vous vous coalisez contre des musulmans ! Et vous imposez un prix de monopole pour réaliser un bénéfice d’un dinar pour chaque dinar !? »

Puis il prit le sac du capital : « …c’est ça notre argent ! Et nous n’avons nullement envie de prendre son bénéfice ! »

Puis il ajouta : « Ô Mouçadef ! La confrontation des sabres est beaucoup plus facile que la recherche du licite. »

Contre la spéculation : L’Imam Al Sâdeq (psl) était contre toute sorte d’enrichissement aux dépens des autres. Et depuis que l’homme avait connu le commerce, la spéculation et le monopole étaient les voies les plus faciles d’enrichissement illicite. Et l’Imam Al Sâdeq (psl) ne cachait jamais son hostilité à ces deux vices économiques.

Il dit que dans l’année de bonne récolte, il est permis de garder la marchandise seulement 40 jours : c’est la limite de la spéculation en temps de profusion et d’abondance, et il ajouta (psl) qu’en temps de crise et de pénurie, la spéculation ne doit en aucun cas dépasser trois jours et quiconque excéderait ces deux délai, serait maudit par Dieu. »

La Médine fut frappée une fois par une sécheresse qui entraîna une pénurie générale des vivres, l’Imam Al Sâdeq (psl) demanda alors à son serviteur Moê’teb : A combien estimait-il leur provision de blé ?

Moê’teb répondit qu’il y avait un stock qui suffirait pour des mois. L’Imam, alors, lui demanda de porter tout le stock au marché et de le vendre, pour en suite acheter les provisions jour pour jour !

Des leçons d’assistance sociale

L’Imam Al Sâdeq (psl) était toujours au service de sa communauté. En ce qui concerne l’assistance à des personnes en crise ou dans le besoin, il ne faisait pas de différence entre ses sympathisants et ceux qui ignorent son droit et son rang.

Dans ce qui suit, nous allons voir quelques échantillons de l’assistance sociale que l’Imam (psl) assurait aux musulmans en leur donnant de véritables leçons de prédication et de bienfaisance.

La meilleure aumône : Un pauvre vint un jour chez l’Imam Al Sâdeq (psl) sollicitant une aide. L’Imam demanda à son serviteur combien y avait-il dans le coffre ? Il répondit qu’il y avait 400 dirhams. L’Imam ordonna de les donner toutes à ce pauvre qui s’en alla tout content.

Quelques instants après, l’Imam envoya son serviteur à la recherche de cet homme. Celui-ci, inquiet, dit à l’Imam : « J’avais sollicité ton aide et tu m’as aidé ! Alors que veux-tu maintenant ? »

Totalement indifférent de l’impertinence de ce pauvre ignorant, l’Imam lui dit : « Le messager de Dieu (pslp) avait dit : « La meilleure aumône est celle qui assure la richesse. » Et nous, ne t’avons pas garanti cela, alors, prends cette bague, elle vaut dix mille dirhams. Si tu tombes une autrefois dans le besoin, tu peux la vendre contre cette valeur ! »

Au secours des non sympathisants : Les musulmans pauvres et démunis, même lorsqu’ils ne connaissaient pas le rang de l’Imam (psl) bénéficiaient tous de sa bienfaisance et de son assistance.

Nous avons déjà parlé des tournées d’approvisionnement nocturnes que l’Imam Al Sâdeq (psl) faisait et nous voulons ici préciser un point qui nous a été révélé par l’un des sympathisants de l’Imam, Moâlla Ibn Khouneys, dont on peut résumer le témoignage comme suit : Par une nuit pluvieuse et sombre, Moâlla passa par l’une des ruelles de la Médine et vit l’Imam Al Sâdeq (psi) transportant des vivres et il voulut savoir vers qui il se dirigeait… En fin de compte, il apprit qu’il distribuait ces provisions à des mesquins et lorsqu’il demanda à l’Imam s’ils étaient de ses sympathisants, il répondit que non !

Histoire d’une mère chrétienne : Un jeune chrétien se convertit à l’Islam et vint auprès de l’Imam Al Sâdeq (psl) pour savoir comment devrait-il procéder avec ses parents chrétiens, et surtout avec sa mère aveugle.

L’Imam insista pour que le jeune converti suive le meilleur comportement possible avec sa mère. Et le jeune sortit de chez lui convaincu. Depuis ce jour, son comportement avec sa famille devint exemplaire et sa mère s’en étonna fortement.

Elle lui demanda un jour quelle avait été la raison de son revirement, il lui dit qu’il se comporte avec elle, maintenant qu’il a quitté sa religion, mieux que lorsqu’il le faisait quand il avait la même religion que sa famille !

Le jeune raconta à sa mère les recommandations de l’Imam Al Sâdeq (psl). La mère comprit que cette religion ne peut qu’être la religion de Dieu et la seule religion authentique ! Elle demanda à son fils de lui présenter les principes de l’Islam… Enfin, elle les accepta tous et se convertit à l’Islam.

Le bon exemple en temps de crise : Lors d’une année de famine, le blé se fit très rare à la Médine et la plupart de la population était obligée de le mélanger avec de l’orge pour fabriquer du pain.

Bien que l’Imam Al Sâdeq (psl), du fruit de son propre travail, puisse se procurer facilement du blé, il ordonna à son serviteur de mélanger le blé et l’orge et de préparer le même type de pain dont les déshérités de la Médine pouvaient se procurer.

Est-il que le bon exemple vaut mieux que des milliers de discours et d’exhortations. Et l’histoire nous a rapporté que les Imams de Ahlul Bayt étaient toujours le meilleur exemple pour tout ce qu’ils prônaient de comportement et de conduite islamique.

L’arme de l’invocation au service des opprimés : Bachchar Elmokari rendit visite à l’Imam Al Sâdeq (psl) et lorsqu’il entra chez lui, l’Imam lui présenta un plat de dattes duquel il était en train de manger.

Bachchar dit alors qu’il eut vu une scène dans la rue qui lui coupa tout appétit. L’Imam lui demanda des explications. II lui raconta qu’il avait vu un policier en train de frapper une femme en l’emmenant vers la prison, alors qu’elle criait : « Je demande aide et secours de Dieu et de Son messager. »

Bachchar ajouta ensuite que lorsqu’il avait demandé auprès des passants la cause de cette scène, ils lui avaient répondu que cette femme, en marchant sur la route, trébucha et involontairement, elle s’écria : « Ô Fatima Zahra’ ! Que Dieu maudisse tes prévaricateurs. »

Lorsque l’Imam Al Sâdeq (psl) entendit ces propos, il fondit en larmes et sortit aussitôt vers la mosquée où il pria pour la femme en invoquant Dieu pour qu’Il lui vînt en aide.

Ce n’était que quelques temps et la femme fut libérée. Et l’Imam lui envoya alors une bourse contenant sept dinars, ce qui représentait pour elle une fortune.

Son œuvre académique

Dans l’opuscule précédent de cette série, nous avons vu comment l’Imam Al Bâqer (psl) avait fondé une véritable académie islamique à la grande mosquée de la Médine.

Après le martyre de l’Imam Al Bâqer (psl), son fils et héritier de sa science l’Imam Al Sâdeq (psl) continua sa grande ouvre et c’est ainsi que cette grande académie islamique connut son âge d’or à la fin de l’ère omeyyade et au début de l’ère Abbasside.

Le changement politique et l’instabilité du pouvoir qui le précéda puis lui succéda, offrirent à l’Imam Al Sâdeq (psl) une occasion pour promouvoir librement son œuvre scientifique et académique.

Il put ainsi assurer la promotion de plus de quatre mille savants de grande renommée, et dans les différentes disciplines du savoir : le fiqh, la science des doctrines, la théologie spéciale, les sciences naturelles chimiques et autres, et même la médecine et l’anatomie.

Jabir Ibn Hayyan était l’un des plus célèbres disciples de l’Imam Al Sâdeq (psl) et il eut l’honneur d’avoir rédigé près de 500 opuscules dictés tous par son professeur. Tous les écrits d’Ibn Hayyan commençaient par : mon maître Jaâfar Al Sâdeq (psl) m’avait dit que…

Notons enfin que Jabir Ibn Hayyan, bien qu’il était devenu chimiste de renommée internationale, était un véritable encyclopédiste. Et ses œuvres sont «véritables témoignages sur la réussite de l’académie islamique que les Imams de Ahlul Bayt (pse) avaient créée et consolidée malgré les conditions dans lesquelles ils étaient astreints à vivre.

L’Imam (psl) contre l’hérésie

A l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl) les hérétiques qui étaient pour la plupart des athées se furent très nombreux et certains d’entre eux étaient particulièrement dangereux et ne cachaient point leurs idées.

Ce phénomène était tellement fort et le courant des hérétiques était si puissant que certains d’entre eux s’étaient mis d’accord, sous l’ombre de la Kaaba elle même, de rédiger un livre opposable au saint Coran, et se fixèrent un rendez-vous l’année d’après et dans le même lieu saint !

Les historiens nous racontent que leurs efforts s’étaient révélés vains et qu’ils n’avaient rien pu écrire le long de toute l’année.

Ils étaient pourtant quatre des plus connaisseurs des secrets de la littérature arabe et, alors qu’ils s’étaient rendus compte qu’ils étaient totalement impuissants de rédiger un seul verset comme le saint Coran, l’Imam Jaâfar Al Sâdeq (psl) passant par le lieu, s’adressa à eux par ce saint verset coranique : « Certes ! Est-il que les humains et les invisibles (jins) s’accordent pour apporter du semblable à ce Coran, ils n’y arriveront jamais même s’ils étaient parfaitement unis. »

Al Moufadhal Ibn Omar était l’un des sympathisants de l’Imam Al Sâdeq (psl). II lui rendit un jour visite se plaignant d’un hérétique appelé Abdoul Kèrim Ibn Abil âoujè’e, qui, disait-il, faisait des ravages parmi les musulmans.

L’Imam Al Sâdeq (psl) dicta à Al Moufadhal un livre dans lequel il démontra la nécessité logique de l’existence d’un seul Dieu Créateur en partant des observations empiriques que tout homme connaissant les sciences anatomiques et physiologiques de l’époque pourrait faire lui-même.

Ce livre existe jusqu’à nos jours et s’appelle « Tèouhid Al Moufadhal ». Ce qui attire l’attention dans ce livre c’est sa méthodologie.

En effet, pour la première fois, les musulmans se voient clairement et systématiquement appelés à la constatation et à l’observation scientifique empirique et à contempler les signes de Dieu en eux-mêmes !

C’est une véritable réhabilitation de la pensée islamique authentique qui repose sur l’exploitation de tout ce qui peut être intelligible : les règles de la logique et l’observation empirique.

Les musulmans avaient beaucoup besoin d’un tel geste dans une époque où les citeurs des hadiths se faisaient beaucoup plus nombreux que les penseurs et les savants logiciens !

L’école Jafarite

L’école d’Ahlul Bayt (pse) se propagea partout dans le monde islamique et à l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl), elle devint la principale école de pensée et de jurisprudence islamiques.

Les adeptes de Ahlul Bayt, communément appelés chiites (chiâh) furent, à cette époque, appelés : jafarite. Cette dénomination n’était pas sans fondement puisque la personnalité de l’Imam Al Sâdeq (psl) était si forte et si dominante dans tous les milieux scientifiques de l’époque que certains opposants ou du moins non sympathisants de la ligne d’Ahlul Bayt n’osaient plus manifester leur opposition à lui !

Et c’est ainsi que si les chiites, pour eux, restent toujours intolérables, le jafarite ne l’est quand même pas !

En réalité, tous les savants et les hommes de science et de la politique savaient bien qu’il n’y avait aucune différence entre Chiite et jafarite et que les révoltés et insurgés se proclamant de Chiisme et de Ahlul Bayt, et n’ayant aucun lien avec les Imams d’Ahlul Bayt n’étaient que des imposteurs. Mais jusqu’à nos jours, plusieurs musulmans préfèrent faire cette distinction et dans plusieurs pays, on accepte bien le jafarite comme étant un bon musulman alors qu’on regarde encore le Chiite avec de lourds préjugés que les ennemis de l’Islam ne cessent de propager et raviver.

L’école jafarite, n’est autre que celle de tous les Imams de Ahlul Bayt. C’est l’école de leur arrière grand-père, le messager de Dieu (pslp) : c’est l’Islam authentique et toutes les autres écoles sont d’autant moins légitimes qu’elles sont plus lointaines de cette ligne pure tracée par le prophète lui même dans la khotba de l’adieu lorsqu’il dit : « J’ai laissé parmi vous les deux poids : le livre de Dieu et ma progéniture, tant que vous y teniez, vous ne vous égarerez jamais ! »

Nous avons vu dans les opuscules précédents comment les chefs des musulmans avaient préféré s’aventurer loin de la légitimité de Ahlul Bayt (pse) et nous avons vu comment cette déviation avait été fatale et avait coûté à la communauté musulmane d’être gouvernée par des despotes sanguinaires et injustes, et de subir une injustice sociale qui ne fait que s’approfondir au fil des années.

Si l’école jafarite n’avait pas pu se propager librement c’est qu’elle a été toujours combattue par tous les califes despotes et leurs gouverneurs ; alors que les autres écoles, moins importantes et parfois totalement inconnues devinrent des doctrines officielles du pouvoir et par là se virent propager parfois par la force ainsi que par la contrainte. Cela peut expliquer que, de nos jours, l’école jafarite ne représente même pas 20% de toute la communauté musulmane alors que le reste est divisé entre plus d’une dizaine d’autres écoles qui étaient toutes déclarées comme officielles par l’un ou l’autre des pouvoirs dans des étapes différentes de l’histoire de l’Islam.

Face à El Mansour

Après la mort du premier calife Abbasside Abou El Âbbess, son frère El Mansour prit le pouvoir qui était encore fragile.

Ce calife peut être considéré comme le véritable fondateur de la dynastie Abbasside, et il était si malin que certains le considéraient comme l’équivalent de Muawiya.

En réalité, l’analogie entre les deux personnes n’est pas fausse et lorsqu’il s’agit du machiavélisme, la balance penche du côté d’El Mansour !

En effet, ce tyran n’était même pas reconnaissant à ceux qui étaient les fondateurs de son pouvoir ! Il exécuta même son chef des armées Abou Mouslem El Khoracèni.

Cette phase du pouvoir Abbasside connut plusieurs révolutions des Âlaouis (descendants de l’Imam Ali (psl) dont les plus importantes étaient celles des deux petits fils de l’Imam Al Hassan (psl) : Mohammed et Ibrahim qui furent tous les deux massacrés comme l’Imam Hussein (psl).

L’Imam Al Sâdeq (psl) savait bien que seul un politicien professionnel, sans scrupule et ne connaissant aucune limite religieuse pouvait être accepté par les musulmans ! Et il n’avait pas besoin d’une nouvelle expérience pour démontrer à tous ses fidèles qu’il fallait suivre la voie de son père et de son grand-père : éviter les luttes de pouvoir sans aucunement légitimer un pouvoir injuste.

C’est ainsi donc que l’Imam Al Sâdeq (psl) préféra demeurer loin du centre du pouvoir Abbasside et évita même de rencontrer le calife El Mansour qui, vraisemblablement, s’en senti offensé. Il convoqua alors l’Imam et lui dit : « Pourquoi tu ne nous visites pas comme le font tous les gens. »

L’Imam alors répondit : « Dans cette vie basse, nous n’avons rien sur lequel nous puissions avoir peur de toi ! En outre, tu n’as rien de ce qui concerne la vie dernière et que nous puissions solliciter de toi ! Par ailleurs, tu n’es ni dans une grâce pour que nous t’en félicitions ni dans un malheur pour que nous te présentions nos condoléances ! »

El Mansour dit alors malicieusement : « Tu nous accompagnes pour que tu nous conseilles ! »

L’Imam répondit : « Quiconque aurait aimé cette vie basse ne t’aurait pas conseillé et quiconque aurait aimé la vie dernière ne t’aurait pas accompagné ! »

El Mansour décida alors d’organiser une campagne de dénigrement contre l’Imam Al Sâdeq (psi) et ses ancêtres et il ordonna à son gouverneur de la Médine de saisir toute occasion favorable pour calomnier l’Imam et rabaisser le rang de son ancêtre le commandeur des croyants.

Une fois, le gouverneur de la Médine monta la tribune de la mosquée et fit un discours diffamatoire contre le commandeur des croyants (psl) et de sa progéniture purifiée.

Dès qu’il termina ses propos ignobles, l’Imam Al Sâdeq (psl) se mit debout et dit : « Est-il que ce que tu as dit du bien à propos de tes souverains revient plutôt à nous ! Alors que tout ce que tu as dit de mal s’accorde plutôt avec ton souverain. »

Puis il se retourna vers la masse des musulmans qui remplissaient la mosquée et dit : « Voulez-vous savoir qui, parmi les gens, aura la balance la plus légère et la faillite la plus claire le jour du jugement ? C’est celui qui rend sa vie dernière contre la vie basse de quelqu’un d’autre ! Et c’est bien ce pervers ! ». Et il indiqua du doigt le gouverneur de la ville qui descendit de la tribune ne voyant même plus où il mettait ses pieds et s’en alla tout humilier.

La mouche d’El Mansour :

Lorsque l’Imam Al Sâdeq (psl) était assis devant El Mansour, une mouche vint se poser sur le nez de ce dernier. Il essaya de s’en débarrasser mais elle tint bon et ne voulut point le quitter !

Très gêné, le calife se retourna vers l’Imam et dit : « Pourquoi Dieu a t-Il créé les mouches ? »

L’Imam répondit tout de suite : « Pour avilir par elles le nez des tyrans ! »

Le martyre de l’Imam (psl)

El Mansour ne pouvait plus se retenir devant la réputation et la renommée de l’Imam Al Sâdeq (psl) ! Mais il avait dû attendre de longues années, jusqu’à ce qu’il s’assure de la stabilité de son pouvoir pour qu’il prenne la décision d’agir selon la tradition Omeyyade : assassiner l’Imam du temps !

Il ordonna alors l’empoisonnement de l’Imam Al Sâdeq (psl) qui quitta ce bas monde le 25 Chaouèl 148 Hijra.

L’Imam Al Sâdeq (psl) fut enterré dans le cimetière du Baqi’ê en laissant la grande responsabilité de la direction spirituelle de la communauté musulmane à l’Imam Moussa El Kâzem (psl). Prière sur l’Imam Al Jaâfar Al Sâdeq et sur tous ses ancêtres d’Ahlul Bayt (pse).

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Biographie de l’Imam Jaafar Sadique (p)

I- Naissance et Enfance

Naissance

L’Imam Jaâfar Al Sâdeq (psl) naquit le 17 Rabi’ premier de l’année 80 Hijra à Médine. Son père est l’Imam Al Bâqer (psl), sa mère est Ommou Farouah, fille d’Al Kâzem Ibn Mohamed Ibn Abou Bakr (le premier calife).

L’Imam Al Sâdeq (psl) dit à propos de sa mère : « Ma mère fut de celles qui avaient cru en Dieu et l’avaient craint comme il se doit, et avaient fait preuve de bienfaisance, et Dieu aime bien les bienfaisants. »

L’Imam Al Sâdeq (psl) vécut avec son grand-père l’Imam Al Sajâd (psl) 15 ans et avec son père l’Imam Al Bâqer (psl) 34 ans.

II avait été surnommé de plusieurs qualificatifs qui avaient dénoté tous des côtés différents de sa perfection, tels que : le pur, le digne, le patient, etc. Le plus célèbre de ces surnoms était Al Sâdeq qui signifie celui qui ne ment jamais.

L’ère de l’Imam (psl)

L’Imam Al Sâdeq (psl) assista aux quarante dernières années du pouvoir de Bèni Omeyyeh et aux vingt premières années de celui de Bèni El Âbbess : Il était témoin de l’une des plus ignobles duperies de l’histoire des musulmans, en l’occurrence, l’usurpation du pouvoir par les Abbassides au nom d’Ahlul Bayt (pse) !

Les racines de la révolution Abbasside : Après la mort de Mohammed Ibn Al Hanafieh, fils de l’Imam Ali (psl) ; son fils Abou Hachem décida de créer une organisation secrète pour préparer le terrain à une révolution générale contre les omeyyades et pour venger les sangs des martyrs de Achoura’.

L’ouvre d’Abou Hachem était totalement secrète et particulièrement efficace : Au bout de quelques années, il réussit à recruter des militants partout dans le califat et plus particulièrement dans la région de Khoracèn.

Tous les sympathisants d’Abou Hachem croyaient ouvrer pour l’avènement d’un pouvoir d’Ahlul Bayt (pse), et au bout de quelque temps, leur nombre s’accrut de telle sorte qu’ils pouvaient organiser des milices bien entraînées et fortement équipées.

Jusqu’à son décès, Abou Hachem n’avait pas eu de contacts spéciaux avec ses cousins les Abbassides (Bèni El Âbbess) ; mais la volonté de Dieu voulut que son décès soit à leur demeure à El Hamimeh ; et ne voyant personne de ses disciples près de lui, il laissa son testament à son cousin Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess.

Le plus grave dans cette affaire c’est que le testament d’Abou Hachem comprenait tout l’organigramme de l’organisation secrète et une recommandation à l’exécuteur testamentaire de continuer l’ouvre révolutionnaire jusqu’à l’établissement du pouvoir de Ahlul Bayt (pse) et ce en appelant les musulmans à obéir au « plus acceptable de la famille de Mohammed (pslp). »

Toute la légitimité de l’ouvre secrète d’Abou Hachem reposait bien sur ce concept :

« l’acceptable » de la famille du prophète (pslp). Et tout le monde pouvait imaginer cet « accable » comme il le souhaitait !

Les fils de Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess continuèrent le développement de l’œuvré d’Abou Hachem. Et lorsque les sympathisants de Khoracèn furent assez nombreux pour déclarer l’insurrection, le commandant général des milices de Khoracèn de la part de l’organisation secrète, Abou Mouslem El Khoracèni, commença une campagne d’épuration impitoyable contre toute trace du pouvoir omeyyade.

Abou Mouslem El Khoracèni était un homme particulièrement efficace, et son comportement dur ainsi que son scrupule lui avaient facilité des victoires éclatantes sur les Omeyyades.

Toute la révolution d’Abou Mouslem El Khoracèni fut sous la barrière de la vengeance des sangs d’Ahlul Bayt (pse) ! Et chaque fois qu’on lui demandait à qui il va livrer le pouvoir après son succès, il répondait toujours : à Al Reda de Ahlul Bayt, qui signifie l’homme « acceptable » parmi Ahlul Bayt !

La trahison des Abbassides : Quand l’armée des Khoracèniens arriva à l’Iraq et conquérait la Koufa, les populations musulmanes s’attendaient à voir apparaître l’Imam de Ahlul Bayt pour prendre la direction du nouvel état. Mais elles furent surprises de voir Abou El Âbbess, fils de Ali Ibn Abdoullah Ibn El Âbbess, faire un discours solennel dans lequel il se déclara être l’homme accepté par Ahlul Bayt !

Tout cela s’était passé à l’époque où l’Imam Al Sâdeq (psl) était la personnalité la plus connue et la plus aimée par les musulmans, et personne ne se doutait qu’il était l’unique homme vraiment acceptable parmi tous les Ahlul Bayt (pse).

La trahison des Abbassides était donc démasquée. Mais ils étaient si forts et si puissants et l’armée des Khoracèniens leur étaient si fidèles que personne n’avait osé s’opposer à leur pouvoir. Et surtout, parce qu’ils étaient encore en train de combattre les derniers bastions du pouvoir Omeyyade dont tous les musulmans espéraient l’anéantissement total !

La position de l’Imam Al Sâdeq (psi) : Devant l’imposture de ses cousins Abbassides, l’Imam Al Sâdeq (psl) choisit une politique d’opposition pacifique qui consiste à ne jamais légitimer l’usurpation d’une part, et à se consacrer à la grande mission culturelle que son père l’Imam Al Bâqer (psl) avait déjà inauguré : le développement de la Grande académie islamique pour faire face à toutes les attaques venant des autres cultures non islamiques, aux déviations et aux falsifications «dés hérétiques» des charlatans et des faux savants.

Le pouvoir Abbasside, à ses débuts, n’avait ni la force ni le temps de gêner l’ouvre de l’Imam Al Sâdeq (psl) qui eut ainsi une bonne occasion pour exécuter sa grande mission culturelle.

II- Sa Vie

Témoignages sur sa morale

Zeyd, fils de l’Imam Al Sajâd (psl), était un grand révolutionnaire qui avait commandé une grande insurrection contre le despotisme en préférant rejoindre les rangs des martyrs de Ahlul Bayt (pse). Et bien qu’il ait choisi une ligne d’action différente de celle de l’Imam Al Sâdeq (psl), il nous laissa un précieux témoignage qui enlève tout doute en sa loyauté envers Ahlul Bayt (pse).

En effet, il dit : « Pour chaque temps, il existe un homme issu de Ahlul Bayt qui est l’argument de Dieu sur ses créatures ! Est-il que l’argument de notre temps est mon neveu Jaâfar Ibn Mohammed : quiconque le suit ne s’égare jamais et quiconque s’oppose à lui n’aboutit jamais à la bonne voie ! »

Malek Ibn Anas, le fondateur de l’école malékite du fiqh (science des prescriptions légales islamiques) dit : « Par Dieu, je n’ai jamais vu de meilleur que Jaâfar Ibn Mohammed : son désintéressement des biens de la vie, sa piété, sa dévotion et sa pratique du culte sont inégalables ! Et lorsque j’allais chez lui, il m’accueillait bien et se consacrait à moi. »

Abou Hanifeh, le fondateur de l’école hanafite du fiqh avait eu aussi l’honneur d’être disciple de l’Imam pendant deux ans et il disait toujours : « Si ce n’étaient ces deux années, je me serais perdu ! »

L’un des compagnons de l’Imam Al Sâdeq (psl) raconta qu’il avait accompagné l’Imam une fois de sa demeure vers le marché. L’Imam montait alors un âne et lorsqu’il arriva près du marché, il descendit à pieds puis s’agenouilla pour faire une très longue prosternation et ensuite se leva sur pieds.

Le compagnon demanda à l’Imam la cause de son geste et il répondit : « Lorsque je me suis rappelé la grâce de Dieu qui me comble, je Lui ai fait cette prosternation de reconnaissance et de remerciement. »

Un autre compagnon de l’Imam nous relate qu’il l’avait un jour vu dans son champ vêtu d’un drap rude et tenant une pelle à sa main.

L’homme ajouta : « Je lui ai alors dis : « Que je sois sacrifié pour vous ! Donnez-moi cette pelle pour que je fasse ce travail pour vous ! »

Il me répondit alors : « J’aime bien que l’homme peine sous le soleil à la recherche de la provision de sa vie ». »

Un jour, l’Imam Al Sâdeq (psl) envoya son serviteur pour lui rapporter une chose mais il s’attarda beaucoup et l’Imam sortit à sa recherche.

L’Imam trouva son serviteur endormi au bord de la rue, il s’assit près de sa tête, prit un éventail et commença à ventiler l’air pour lui !

Lorsque le serviteur s’éveilla, l’Imam lui reprocha sa négligence tout doucement et juste en disant : « Tu dors à la fois la nuit et le jour ! La nuit est pour toi mais le jour est à nous ! »

L’Imam loua un jour les services de quelques ouvriers, et dès qu’ils finirent leur travail, il s’adressa à son valet Moê’teb et lui dit : « Donne leur leurs rémunérations avant même que leur sueur ne sèche ! »

La bienfaisance anonyme

L’Imam Al Sâdeq (psl), tout comme son père, son grand-père et ses arrières grand-père, tenait bien à garder vivace la généreuse coutume d’approvisionnement anonyme et nocturne des besogneux de la Médine.

A l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl), l’état économique général des musulmans avait connu un développement remarquable. Ainsi, le niveau de vie de tous les musulmans était relativement plus élevé que celui des générations passées.

L’Imam Al Sâdeq (psl) tenait bien à faire de son approvisionnement nocturne, non seulement un secours vital ou une aide primordiale, mais aussi une élévation considérable du niveau de vie de ces protégés besogneux pour qu’ils puissent jouir d’un bien être social proche de celui des couches moyennes.

Ainsi, chaque nuit, l’Imam Al Sâdeq (psl) remplissait une grande besace de pain et de viande et portait de grandes sommes d’argent pour distribuer tout cela entre les familles démunies de la Médine.

Bien entendu, l’Imam Al Sâdeq (psl) faisait tout cela en gardant absolument l’anonymat et ce n’était qu’après son martyre que ces familles sentirent sa présence et surent qui était leur bienfaiteur nocturne.

L’Imam (psl) et Sofièn Eththèouri

Sofièn était un savant musulman de grande renommée. Sa réputation revient sans doute à la fois au fait qu’il était un faqih déducteur des prescriptions légales, à son ascétisme et à son éloignement des jouissances de la vie.

Une fois, passant par la sainte mosquée de la Mecque, il vit l’Imam Al Sâdeq (psl) portant des vêtements de valeur et crut alors saisir une occasion unique pour l’en blâmer !

Sofièn s’approcha de l’Imam (psl) et lui dit : « Ô, fils du messager de Dieu ! Par Dieu,  ceci n’est ni l’habillement du messager de Dieu, ni celui de Ali Ibn Abou Taleb ou quiconque de vos ancêtres ! »

L’Imam dit alors : « Le messager de Dieu (pslp) vivait dans une époque de misère alors que nous sommes dans une époque de prospérité et les plus pieux sont plus dignes de jouir des grâces de Dieu ! »

Dis : « Qui a interdit l’ornementation que Dieu fait sortir pour ses adorateurs et les bonnes provisions… » [Coran, S.6 : V.32]

Est-il que nous sommes les plus dignes de ceux qui reçoivent ce que Dieu a donné. »

Puis, l’Imam (psl) montra à Sofièn ce qu’il portait sous les vêtements de valeur : c’était un habit rude que seul un anachorète coupé du monde pouvait supporter !

Montrant ses vêtements extérieurs, l’Imam dit à Sofièn : « Ô Thèouri ! Je porte ceci pour les gens, mais l’autre c’est pour moi ! »

Nous n’allons pas chercher à analyser cette petite histoire ni même à en chercher la morale comme cela se doit, nous avons laissé tout cela pour une étude plus profonde qui sera l’objet, par l’aide de Dieu, de vos prochaines lectures, mais disons ici tout simplement que l’Imam Al Sâdeq (psl) voulut donner une leçon à tous les musulmans tentés de chercher de plaire à la fois à Dieu et à Ses adorateurs, tombant ainsi dans l’ostentation interdite !

En effet, être désintéressé de la vie basse peut élever le musulman à des rangs bien privilégiés auprès de Dieu mais à une condition : qu’il ne cherche jamais à plaire aux gens en manifestant à eux ce désintéressement !

Ainsi, la meilleure aumône c’est l’aumône anonyme.

Le meilleur désintéressement des biens de la vie, c’est le désintéressement invisible et qui n’attire pas l’attention !

Mais Sofièn Eththèouri, loin comme il était de la ligne d’Ahlul Bayt, pouvait-il saisir cette vérité avant qu’elle ne lui soit révélée par l’Imam Al Sâdeq (psl) ? Non !

L’Imam (psl) et le commerce

Contre le monopole :

Remarquant que ses charges familiales étaient devenues relativement lourdes, l’Imam Al Sâdeq (psl) convoqua un jour son serviteur Mouçadef et lui donna mille dinars pour aller faire du commerce en Égypte.

Mouçadef acheta des vivres pour aller les vendre en Égypte et partit avec une grande caravane commerciale.

Sur la route de l’Égypte, une autre caravane égyptienne les rencontra, ils leur demandèrent quel était l’état du marché pour les vivres qu’ils emportaient et ils apprirent que l’Égypte connaissait alors une pénurie totale de ces biens !

Mouçadef se mit alors d’accord avec les autres commerçants de la caravane à imposer des prix exorbitants pour leurs marchandises. Et lorsqu’ils arrivèrent en Égypte, ils vendirent leurs marchandises avec un bénéfice de 100%, puis ils revinrent à la Médine.

Mouçadef entra chez l’Imam (psl) en portant dans ses mains deux bourses et lui dit : « Mon maître ! Voici votre capital et voici ses bénéfices ! »

L’Imam s’exclama alors : « C’est un grand bénéfice ! Comment l’as-tu réalisé ? »

Mouçadef lui raconta le récit de son voyage et des prix exorbitants qu’il avait fixés par l’intermédiaire de sa coalition avec les autres commerçants.

L’Imam Al Sâdeq (psl) dit alors :

 « Pureté à Dieu ! Vous vous coalisez contre des musulmans ! Et vous imposez un prix de monopole pour réaliser un bénéfice d’un dinar pour chaque dinar !? »

Puis il prit le sac du capital : « …c’est ça notre argent ! Et nous n’avons nullement envie de prendre son bénéfice ! »

Puis il ajouta : « Ô Mouçadef ! La confrontation des sabres est beaucoup plus facile que la recherche du licite. »

Contre la spéculation : L’Imam Al Sâdeq (psl) était contre toute sorte d’enrichissement aux dépens des autres. Et depuis que l’homme avait connu le commerce, la spéculation et le monopole étaient les voies les plus faciles d’enrichissement illicite. Et l’Imam Al Sâdeq (psl) ne cachait jamais son hostilité à ces deux vices économiques.

Il dit que dans l’année de bonne récolte, il est permis de garder la marchandise seulement 40 jours : c’est la limite de la spéculation en temps de profusion et d’abondance, et il ajouta (psl) qu’en temps de crise et de pénurie, la spéculation ne doit en aucun cas dépasser trois jours et quiconque excéderait ces deux délai, serait maudit par Dieu. »

La Médine fut frappée une fois par une sécheresse qui entraîna une pénurie générale des vivres, l’Imam Al Sâdeq (psl) demanda alors à son serviteur Moê’teb : A combien estimait-il leur provision de blé ?

Moê’teb répondit qu’il y avait un stock qui suffirait pour des mois. L’Imam, alors, lui demanda de porter tout le stock au marché et de le vendre, pour en suite acheter les provisions jour pour jour !

Des leçons d’assistance sociale

L’Imam Al Sâdeq (psl) était toujours au service de sa communauté. En ce qui concerne l’assistance à des personnes en crise ou dans le besoin, il ne faisait pas de différence entre ses sympathisants et ceux qui ignorent son droit et son rang.

Dans ce qui suit, nous allons voir quelques échantillons de l’assistance sociale que l’Imam (psl) assurait aux musulmans en leur donnant de véritables leçons de prédication et de bienfaisance.

La meilleure aumône : Un pauvre vint un jour chez l’Imam Al Sâdeq (psl) sollicitant une aide. L’Imam demanda à son serviteur combien y avait-il dans le coffre ? Il répondit qu’il y avait 400 dirhams. L’Imam ordonna de les donner toutes à ce pauvre qui s’en alla tout content.

Quelques instants après, l’Imam envoya son serviteur à la recherche de cet homme. Celui-ci, inquiet, dit à l’Imam : « J’avais sollicité ton aide et tu m’as aidé ! Alors que veux-tu maintenant ? »

Totalement indifférent de l’impertinence de ce pauvre ignorant, l’Imam lui dit : « Le messager de Dieu (pslp) avait dit : « La meilleure aumône est celle qui assure la richesse. » Et nous, ne t’avons pas garanti cela, alors, prends cette bague, elle vaut dix mille dirhams. Si tu tombes une autrefois dans le besoin, tu peux la vendre contre cette valeur ! »

Au secours des non sympathisants : Les musulmans pauvres et démunis, même lorsqu’ils ne connaissaient pas le rang de l’Imam (psl) bénéficiaient tous de sa bienfaisance et de son assistance.

Nous avons déjà parlé des tournées d’approvisionnement nocturnes que l’Imam Al Sâdeq (psl) faisait et nous voulons ici préciser un point qui nous a été révélé par l’un des sympathisants de l’Imam, Moâlla Ibn Khouneys, dont on peut résumer le témoignage comme suit : Par une nuit pluvieuse et sombre, Moâlla passa par l’une des ruelles de la Médine et vit l’Imam Al Sâdeq (psi) transportant des vivres et il voulut savoir vers qui il se dirigeait… En fin de compte, il apprit qu’il distribuait ces provisions à des mesquins et lorsqu’il demanda à l’Imam s’ils étaient de ses sympathisants, il répondit que non !

Histoire d’une mère chrétienne : Un jeune chrétien se convertit à l’Islam et vint auprès de l’Imam Al Sâdeq (psl) pour savoir comment devrait-il procéder avec ses parents chrétiens, et surtout avec sa mère aveugle.

L’Imam insista pour que le jeune converti suive le meilleur comportement possible avec sa mère. Et le jeune sortit de chez lui convaincu. Depuis ce jour, son comportement avec sa famille devint exemplaire et sa mère s’en étonna fortement.

Elle lui demanda un jour quelle avait été la raison de son revirement, il lui dit qu’il se comporte avec elle, maintenant qu’il a quitté sa religion, mieux que lorsqu’il le faisait quand il avait la même religion que sa famille !

Le jeune raconta à sa mère les recommandations de l’Imam Al Sâdeq (psl). La mère comprit que cette religion ne peut qu’être la religion de Dieu et la seule religion authentique ! Elle demanda à son fils de lui présenter les principes de l’Islam… Enfin, elle les accepta tous et se convertit à l’Islam.

Le bon exemple en temps de crise : Lors d’une année de famine, le blé se fit très rare à la Médine et la plupart de la population était obligée de le mélanger avec de l’orge pour fabriquer du pain.

Bien que l’Imam Al Sâdeq (psl), du fruit de son propre travail, puisse se procurer facilement du blé, il ordonna à son serviteur de mélanger le blé et l’orge et de préparer le même type de pain dont les déshérités de la Médine pouvaient se procurer.

Est-il que le bon exemple vaut mieux que des milliers de discours et d’exhortations. Et l’histoire nous a rapporté que les Imams de Ahlul Bayt étaient toujours le meilleur exemple pour tout ce qu’ils prônaient de comportement et de conduite islamique.

L’arme de l’invocation au service des opprimés : Bachchar Elmokari rendit visite à l’Imam Al Sâdeq (psl) et lorsqu’il entra chez lui, l’Imam lui présenta un plat de dattes duquel il était en train de manger.

Bachchar dit alors qu’il eut vu une scène dans la rue qui lui coupa tout appétit. L’Imam lui demanda des explications. II lui raconta qu’il avait vu un policier en train de frapper une femme en l’emmenant vers la prison, alors qu’elle criait : « Je demande aide et secours de Dieu et de Son messager. »

Bachchar ajouta ensuite que lorsqu’il avait demandé auprès des passants la cause de cette scène, ils lui avaient répondu que cette femme, en marchant sur la route, trébucha et involontairement, elle s’écria : « Ô Fatima Zahra’ ! Que Dieu maudisse tes prévaricateurs. »

Lorsque l’Imam Al Sâdeq (psl) entendit ces propos, il fondit en larmes et sortit aussitôt vers la mosquée où il pria pour la femme en invoquant Dieu pour qu’Il lui vînt en aide.

Ce n’était que quelques temps et la femme fut libérée. Et l’Imam lui envoya alors une bourse contenant sept dinars, ce qui représentait pour elle une fortune.

Son œuvre académique

Dans l’opuscule précédent de cette série, nous avons vu comment l’Imam Al Bâqer (psl) avait fondé une véritable académie islamique à la grande mosquée de la Médine.

Après le martyre de l’Imam Al Bâqer (psl), son fils et héritier de sa science l’Imam Al Sâdeq (psl) continua sa grande ouvre et c’est ainsi que cette grande académie islamique connut son âge d’or à la fin de l’ère omeyyade et au début de l’ère Abbasside.

Le changement politique et l’instabilité du pouvoir qui le précéda puis lui succéda, offrirent à l’Imam Al Sâdeq (psl) une occasion pour promouvoir librement son œuvre scientifique et académique.

Il put ainsi assurer la promotion de plus de quatre mille savants de grande renommée, et dans les différentes disciplines du savoir : le fiqh, la science des doctrines, la théologie spéciale, les sciences naturelles chimiques et autres, et même la médecine et l’anatomie.

Jabir Ibn Hayyan était l’un des plus célèbres disciples de l’Imam Al Sâdeq (psl) et il eut l’honneur d’avoir rédigé près de 500 opuscules dictés tous par son professeur. Tous les écrits d’Ibn Hayyan commençaient par : mon maître Jaâfar Al Sâdeq (psl) m’avait dit que…

Notons enfin que Jabir Ibn Hayyan, bien qu’il était devenu chimiste de renommée internationale, était un véritable encyclopédiste. Et ses œuvres sont «véritables témoignages sur la réussite de l’académie islamique que les Imams de Ahlul Bayt (pse) avaient créée et consolidée malgré les conditions dans lesquelles ils étaient astreints à vivre.

L’Imam (psl) contre l’hérésie

A l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl) les hérétiques qui étaient pour la plupart des athées se furent très nombreux et certains d’entre eux étaient particulièrement dangereux et ne cachaient point leurs idées.

Ce phénomène était tellement fort et le courant des hérétiques était si puissant que certains d’entre eux s’étaient mis d’accord, sous l’ombre de la Kaaba elle même, de rédiger un livre opposable au saint Coran, et se fixèrent un rendez-vous l’année d’après et dans le même lieu saint !

Les historiens nous racontent que leurs efforts s’étaient révélés vains et qu’ils n’avaient rien pu écrire le long de toute l’année.

Ils étaient pourtant quatre des plus connaisseurs des secrets de la littérature arabe et, alors qu’ils s’étaient rendus compte qu’ils étaient totalement impuissants de rédiger un seul verset comme le saint Coran, l’Imam Jaâfar Al Sâdeq (psl) passant par le lieu, s’adressa à eux par ce saint verset coranique : « Certes ! Est-il que les humains et les invisibles (jins) s’accordent pour apporter du semblable à ce Coran, ils n’y arriveront jamais même s’ils étaient parfaitement unis. »

Al Moufadhal Ibn Omar était l’un des sympathisants de l’Imam Al Sâdeq (psl). II lui rendit un jour visite se plaignant d’un hérétique appelé Abdoul Kèrim Ibn Abil âoujè’e, qui, disait-il, faisait des ravages parmi les musulmans.

L’Imam Al Sâdeq (psl) dicta à Al Moufadhal un livre dans lequel il démontra la nécessité logique de l’existence d’un seul Dieu Créateur en partant des observations empiriques que tout homme connaissant les sciences anatomiques et physiologiques de l’époque pourrait faire lui-même.

Ce livre existe jusqu’à nos jours et s’appelle « Tèouhid Al Moufadhal ». Ce qui attire l’attention dans ce livre c’est sa méthodologie.

En effet, pour la première fois, les musulmans se voient clairement et systématiquement appelés à la constatation et à l’observation scientifique empirique et à contempler les signes de Dieu en eux-mêmes !

C’est une véritable réhabilitation de la pensée islamique authentique qui repose sur l’exploitation de tout ce qui peut être intelligible : les règles de la logique et l’observation empirique.

Les musulmans avaient beaucoup besoin d’un tel geste dans une époque où les citeurs des hadiths se faisaient beaucoup plus nombreux que les penseurs et les savants logiciens !

L’école Jafarite

L’école d’Ahlul Bayt (pse) se propagea partout dans le monde islamique et à l’époque de l’Imam Al Sâdeq (psl), elle devint la principale école de pensée et de jurisprudence islamiques.

Les adeptes de Ahlul Bayt, communément appelés chiites (chiâh) furent, à cette époque, appelés : jafarite. Cette dénomination n’était pas sans fondement puisque la personnalité de l’Imam Al Sâdeq (psl) était si forte et si dominante dans tous les milieux scientifiques de l’époque que certains opposants ou du moins non sympathisants de la ligne d’Ahlul Bayt n’osaient plus manifester leur opposition à lui !

Et c’est ainsi que si les chiites, pour eux, restent toujours intolérables, le jafarite ne l’est quand même pas !

En réalité, tous les savants et les hommes de science et de la politique savaient bien qu’il n’y avait aucune différence entre Chiite et jafarite et que les révoltés et insurgés se proclamant de Chiisme et de Ahlul Bayt, et n’ayant aucun lien avec les Imams d’Ahlul Bayt n’étaient que des imposteurs. Mais jusqu’à nos jours, plusieurs musulmans préfèrent faire cette distinction et dans plusieurs pays, on accepte bien le jafarite comme étant un bon musulman alors qu’on regarde encore le Chiite avec de lourds préjugés que les ennemis de l’Islam ne cessent de propager et raviver.

L’école jafarite, n’est autre que celle de tous les Imams de Ahlul Bayt. C’est l’école de leur arrière grand-père, le messager de Dieu (pslp) : c’est l’Islam authentique et toutes les autres écoles sont d’autant moins légitimes qu’elles sont plus lointaines de cette ligne pure tracée par le prophète lui même dans la khotba de l’adieu lorsqu’il dit : « J’ai laissé parmi vous les deux poids : le livre de Dieu et ma progéniture, tant que vous y teniez, vous ne vous égarerez jamais ! »

Nous avons vu dans les opuscules précédents comment les chefs des musulmans avaient préféré s’aventurer loin de la légitimité de Ahlul Bayt (pse) et nous avons vu comment cette déviation avait été fatale et avait coûté à la communauté musulmane d’être gouvernée par des despotes sanguinaires et injustes, et de subir une injustice sociale qui ne fait que s’approfondir au fil des années.

Si l’école jafarite n’avait pas pu se propager librement c’est qu’elle a été toujours combattue par tous les califes despotes et leurs gouverneurs ; alors que les autres écoles, moins importantes et parfois totalement inconnues devinrent des doctrines officielles du pouvoir et par là se virent propager parfois par la force ainsi que par la contrainte. Cela peut expliquer que, de nos jours, l’école jafarite ne représente même pas 20% de toute la communauté musulmane alors que le reste est divisé entre plus d’une dizaine d’autres écoles qui étaient toutes déclarées comme officielles par l’un ou l’autre des pouvoirs dans des étapes différentes de l’histoire de l’Islam.

Face à El Mansour

Après la mort du premier calife Abbasside Abou El Âbbess, son frère El Mansour prit le pouvoir qui était encore fragile.

Ce calife peut être considéré comme le véritable fondateur de la dynastie Abbasside, et il était si malin que certains le considéraient comme l’équivalent de Muawiya.

En réalité, l’analogie entre les deux personnes n’est pas fausse et lorsqu’il s’agit du machiavélisme, la balance penche du côté d’El Mansour !

En effet, ce tyran n’était même pas reconnaissant à ceux qui étaient les fondateurs de son pouvoir ! Il exécuta même son chef des armées Abou Mouslem El Khoracèni.

Cette phase du pouvoir Abbasside connut plusieurs révolutions des Âlaouis (descendants de l’Imam Ali (psl) dont les plus importantes étaient celles des deux petits fils de l’Imam Al Hassan (psl) : Mohammed et Ibrahim qui furent tous les deux massacrés comme l’Imam Hussein (psl).

L’Imam Al Sâdeq (psl) savait bien que seul un politicien professionnel, sans scrupule et ne connaissant aucune limite religieuse pouvait être accepté par les musulmans ! Et il n’avait pas besoin d’une nouvelle expérience pour démontrer à tous ses fidèles qu’il fallait suivre la voie de son père et de son grand-père : éviter les luttes de pouvoir sans aucunement légitimer un pouvoir injuste.

C’est ainsi donc que l’Imam Al Sâdeq (psl) préféra demeurer loin du centre du pouvoir Abbasside et évita même de rencontrer le calife El Mansour qui, vraisemblablement, s’en senti offensé. Il convoqua alors l’Imam et lui dit : « Pourquoi tu ne nous visites pas comme le font tous les gens. »

L’Imam alors répondit : « Dans cette vie basse, nous n’avons rien sur lequel nous puissions avoir peur de toi ! En outre, tu n’as rien de ce qui concerne la vie dernière et que nous puissions solliciter de toi ! Par ailleurs, tu n’es ni dans une grâce pour que nous t’en félicitions ni dans un malheur pour que nous te présentions nos condoléances ! »

El Mansour dit alors malicieusement : « Tu nous accompagnes pour que tu nous conseilles ! »

L’Imam répondit : « Quiconque aurait aimé cette vie basse ne t’aurait pas conseillé et quiconque aurait aimé la vie dernière ne t’aurait pas accompagné ! »

El Mansour décida alors d’organiser une campagne de dénigrement contre l’Imam Al Sâdeq (psi) et ses ancêtres et il ordonna à son gouverneur de la Médine de saisir toute occasion favorable pour calomnier l’Imam et rabaisser le rang de son ancêtre le commandeur des croyants.

Une fois, le gouverneur de la Médine monta la tribune de la mosquée et fit un discours diffamatoire contre le commandeur des croyants (psl) et de sa progéniture purifiée.

Dès qu’il termina ses propos ignobles, l’Imam Al Sâdeq (psl) se mit debout et dit : « Est-il que ce que tu as dit du bien à propos de tes souverains revient plutôt à nous ! Alors que tout ce que tu as dit de mal s’accorde plutôt avec ton souverain. »

Puis il se retourna vers la masse des musulmans qui remplissaient la mosquée et dit : « Voulez-vous savoir qui, parmi les gens, aura la balance la plus légère et la faillite la plus claire le jour du jugement ? C’est celui qui rend sa vie dernière contre la vie basse de quelqu’un d’autre ! Et c’est bien ce pervers ! ». Et il indiqua du doigt le gouverneur de la ville qui descendit de la tribune ne voyant même plus où il mettait ses pieds et s’en alla tout humilier.

La mouche d’El Mansour :

Lorsque l’Imam Al Sâdeq (psl) était assis devant El Mansour, une mouche vint se poser sur le nez de ce dernier. Il essaya de s’en débarrasser mais elle tint bon et ne voulut point le quitter !

Très gêné, le calife se retourna vers l’Imam et dit : « Pourquoi Dieu a t-Il créé les mouches ? »

L’Imam répondit tout de suite : « Pour avilir par elles le nez des tyrans ! »

Le martyre de l’Imam (psl)

El Mansour ne pouvait plus se retenir devant la réputation et la renommée de l’Imam Al Sâdeq (psl) ! Mais il avait dû attendre de longues années, jusqu’à ce qu’il s’assure de la stabilité de son pouvoir pour qu’il prenne la décision d’agir selon la tradition Omeyyade : assassiner l’Imam du temps !

Il ordonna alors l’empoisonnement de l’Imam Al Sâdeq (psl) qui quitta ce bas monde le 25 Chaouèl 148 Hijra.

L’Imam Al Sâdeq (psl) fut enterré dans le cimetière du Baqi’ê en laissant la grande responsabilité de la direction spirituelle de la communauté musulmane à l’Imam Moussa El Kâzem (psl). Prière sur l’Imam Al Jaâfar Al Sâdeq et sur tous ses ancêtres d’Ahlul Bayt (pse).

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