Martyre de l’Imâm ‘Alî Ibn Mûsâ ar-Ridâ (p)

Ali b. Mûsâ b. Ja‘far ar-Ridâ (a), connu sous le nom de l’Imam ar-Ridâ (a), est le huitième Imam des chiites duodécimains (148 H-203 H). Il est connu sous le surnom d’Abû al-Hasan, et son titre le plus connu est ar-Ridâ. Son imamat dura 20 ans.Il fut mené par force d’al-Mamun Abâssî à Khorasan ; et devint involontairement le prince héritier de ce dernier. Il naquit à Médine et mourut en martyr par al-Mamun à Tûs.Le mausolée de l’Imam ar-Ridâ (a) est à Mechhed où, chaque année, de très nombreux pèlerins des quatre coins du monde se redent pour effectuer des visites pieuses. Les réunions de débat scientifiques qu’al-Mamun organisait entre lui et les autres savants religieux sont très célèbres.Généalogie, sa naissance et son martyreGénéalogie, son surnom et ses titresLa lignée de l’Imam ar-Ridâ (a) est ainsi : Ibn Mûsâ b. Ja‘far b. Muhammad b. Ali b. al-Husayn b. Ali b. Abi Talib (a). Son surnom est Abû al-Hasan et Son titre le plus célèbre est ar-Ridâ.Certaines sources ont déclaré qu’al-Mamun lui donna ce titre ;[1] mais Imam al-Jawâd (a), dans un hadith, a déclaré qu’Allah donna ce titre (ar-Ridâ) à son père (a).[2] As-Sâbir, ar-Radî et al-Wâfî  figurent parmi ses titres.[3]Naissance et son martyreL’anniversaire de l’Imam ar-Ridâ (a) a été rapporté jeudi ou vendredi, 11 Dhu al-Qa’da ou Dhu al-Hijja ou Rabî‘ al-Awwal du 148 H / 766 a.c. ou 153 H / 770 a.c.[4] Cheikh al-Kulaynî a rapporté l’anniversaire de l’Imam (a) en 148 H / 766 C,[5] ce qui est convenu par la plupart des historiens.[6]Le martyre de l’Imam ar-Ridâ (a) a été rapporté vendredi ou lundi de la fin de Safar ou 17 Safar, 21 Ramadan, 18 Jumâdâ al-Ûlâ ou 23 Dhu al-Qa’da, ou la fin de Dhu al-Qa’da de 202 H / 817 a.c., 203 H / 818 a.c. ou 206 H / 821 a.c.[7] Cheikh al-Kulaynî a mentionné le martyre de l’Imam au mois de Safar de 203 H / 818 a.c. à l’âge de 55 ans.[8]Selon la plupart des savants et historiens, l’Imam (a) est mort en martyr en 203 H / 818 a.c.[9] Tabrisî a mentionné son martyre à la fin de Safar.[10]Selon le désaccord ci-dessus, l’âge de l’Imam (a) au moment du martyre est entre 47 et 57 ans ;[11] cependant, l’opinion la plus commune sur son âge est 55 ans.MèreLa tombe attribuée à NajmaOn dit que la mère de l’Imam ar-Ridâ (a) fut une servante qui provenait de Nawba.[12]. On rapporte beaucoup de noms pour Elle.Cheikh as-Sadûq a écrit à propos de la mère de l’Imam :« elle était une concubine appelée Tuktam quand Imam al-Kâzim (a) lui appartenait ».[13] Quand Imam ar-Ridâ (a) est né, Imam al-Kazim (a ) L’a nommé Tâhira.[14]  »Cheikh as-Sadûq dit :« Certains ont déclaré que le nom de la mère de l’Imam ar-Ridâ (a) était Sakan an-Nawbîyya, elle s’appelait aussi Arwâ, Najma et Samâna, et son surnom était Umm al-Banîn.[15]Dans un autre hadith, il est mentionné que la mère de l’Imam (a) était une concubine pieux appelée Najma qui a été achetée par Hamîda, la mère de l’Imam al-Kâzim (a) et douée par Imam al-Kâzim (a) qui l’a appelée Tâhira après qu’elle a donné naissance à Imam ar-Ridâ (a). On a dit que la mère de l’Imam ar-Ridâ (a) provenait de Nawba.[Cheikh as-Sadûq]] écrit à propos de la mère de l’Imam ar-Ridâ (a): » Sa mère fut une servante (esclave), nommée Tuktam, un nom que l’Imam Mûsâ al-Kâzim (a) a mis sur elle quand il l’a acheté. Suite à la naissance de son enfant, Ali aa-Ridâ (a), l’Imam al-Kâzim (a) la nomma « Tâhira »[16].FemmesSon épouse la plus connue est Sabîka [17] de la lignée de Mâriya une des épouse du Prophète Muhammad (s). [18]D’après certaines sources historiques, l’Imam ar-Ridâ (a) avait épousé la fille d’al-Mamun, nommée Umm Habîb ou Umm Habîbah, et à la suite de cette proposition d’al-Mamun, ce mariage eut lieu.[19]D’après at-Tabarî, ce mariage eut lieu autour de l’an 202 de l’hégire lunaire[20].EnfantsIl y a des divergences à propos de nombre des enfants de l’Imam ar-Ridâ (a). Certains disent qu’il a eu cinq fils et une fille, appelés :Muhammad Qâni’,Al-Hasan,Ja‘far,Ibrâhim,Al-HusaynAïcha[21].Sibt b. Jawzî a déclaré que Imam (a) avait quatre fils avec le nom de Muhammad (Abû Ja‘far ath-Thânî), Ja‘far, Abû Muhammad Hasan, Ibrâhîm, et une fille, il n’a pas mentionné son nom.[22]On dit que l’un des enfants de l’Imam ar-Ridâ (a) qui avait 2 ans ou moins est maintenant enterré dans Qazvin, connu sous le nom de l’Imamzada al-Husayn (a).Selon un hadith, l’Imam ar-Ridâ (a) voyagea à cette ville en 193 H Cheikh al-Mufîd n’a pas mentionné d’enfants pour Imam ar-Ridâ (a) autre que Muhammad (a).[23] De plus, Ibn Shahrâshûb et Tabrisî ont la même idée.[24] Certains ont mentionné une fille pour Imam (a) appelée Fatima.[25]ImamatLa durée de l’imamat de l’Imam ar-Ridâ (a) fut 20 ans (du 183 H. au 203 H.); ce fut contemporain du califat d’al-Harun al-Rachid, Muhammad Amîn (3 ans et 25 jours), Ibrâhim b. Mahdi connu sous le nom de Ibn Shikla (14 jours) et al-Mamun qui régna 20 ans dont les cinq année de la fin de vie de l’Imam ar-Ridâ (a) (du 198 H. au 203 H.)[26].Preuves de son imamatParmi les rapporteurs de hadiths de l’Imam Mûsâ b. Ja’far (a) concernant l’Imamat de son fils Ali (a), nous pouvons citer : Dâwûd b. Kathîr ar-Riqqî, Muhammad b. Is’hâq b. ‘Ammâr, Ali b. Yaqtin, Na’im al-Qâbûsî, al-Husayn b. al-Mukhtâr, Ziyâd b. Marwân, al-Makhzûmî, Dâwûd b. Sulaymân, Nasr b. Qâbûs, Dâwûd b. Zirbî, Yazid b. Salît et Muhhamad b. Sanân[27].en voici quelques-uns :Dâwûd al-Riqqî rapporte avoir dit à l’Imam Mûsâ al-Kâzim (a) :[…] après toi, qui sera l’Imam? l’Imam mentionna le nom de son fils en réponse, et dit :  » Lui sera votre Imam après moi »[28].Muhammad b. Is’hâq b. ‘Ammâr dit : » j’ai dit à l’Imam Mûsâ al-Kâzim (a):me dirigeras tu pour que je sache de qui je devrait apprendre ma religion ? il répondit :  » voilà mon fils Ali […] »[29].Bien que la condition concernant la transmission de l’Imamat à la fin de la vie de l’Imam Mûsâ b. Ja’far (a) fut très compliquée, mais la plupart des compagnons et disciples de l’Imam Mûsâ al-Kâzim (a) ont admit la succession de l’Imamat à l’Imam ar-Ridâ (a).Voyage à KhorasanIl est rapporté que l’immigration de l’Imam ar-Ridâ (a) de Médine à Marw eut lieu en l’an 200 H[30].Al-Ya’qûbî écrit que ce fut Mamun qui a fait venir l’Imam ar-Ridâ (a) de Médine à Khorasan, et que son envoyé chargé de cette mission fut Rajâ’ b. Abu Zahhâk, un des parents de Fadl b. Sahl. Il est rapporté que l’Imam (a) a traversé la ville de Bassora pour arriver à Marw, une voie choisie exprès par al-Mamun, pour que l’Imam (a) ne passe pas des villes habitées par les chiites, par peur et anxiété des conséquences imprévues.il est rapporté qu’al-Mamun insista que l’Imam ne passe surtout pas de Koufa, mais de Bassora, Khouzistan et Fars pour arriver à Nishapur.Le trajet de son voyage, d’après l’atlas de shi’a fut ainsi : Médine, Naqra, Hawsaja, Nabâj, Hafr Abu-Mûsâ, Bassora, Ahwaz, Behbahan, Estakhr, Abarqû, Deh-Shir, Yazd, Kharâniq, Rubât, Nishapur, Qadamgah, Deh-surkh, Tûs, Sarakhs, Marw.Dans ce trajet, un événement célèbre eut lieu à Nishapur, au cours duquel l’Imam récita le célébre hadith de Silsilat az-Zahab (سلسلة الذهب).Cheikh al-Mufîd écrit :al-Mamun invita un groupe de la lignée de Abu Talib de Médine à Marw, dont l’Imam ar-Ridâ (a).D’après Cheikh al-Mufîd, l’agent d’al-Mamun chargé de cette mission fut al-Julûdî. Il précise qu’al-Mamun plaça l’Imam ar-Ridâ (a) dans une maison indépendante et le honora avec beaucoup de respect.Imam ar-Ridâ (a) et al-Mamun AbassiIl est rapporté que suite à l’installation de l’Imam ar-Ridâ (a) à Marw, al-Mamun lui envoya ce message : » Je voudrais démissionner et te confier le califat, qu’en penses tu? ».L’Imam lui montra strictement son désaccord. Al-Mamun lui proposa alors sa succession. L’Imam le refusa strictement aussi.Ensuite, al-Mamun lui dit avec amertume : » Umar ibn al-Khattab a effectué une réunion de six personnes dont ton ancêtre, Ali b. Abi Talib ; il y a conclu des conditions à respecter, et a dit celui qui désobéit, se fera décapiter. Tu n’as donc qu’accepter ce que je te demande! »L’Imam lui répondit :« J’accepte alors! mais à la condition de ne pas être obligé ni de donner des ordres, ni d’empêcher, ni juger, ni nommer, ni retirer, ni changer la place de quoi que ce soit! ».Al-Mamun accepta cette condition[31].Il est rapporté qu’ainsi, un lundi, le sept ramadan de l’an 201 H, al-Mamun nomma l’Imam ar-Ridâ (a) comme son vice-calife, et que ce fut un grand jour où al-Mamun demanda aux chiites, qui se vêtaient jusqu’au là en noir (d’après la tradition de Abû Muslim al-Khurâsânî ou en signe de deuil pour les martyres des Ahl al-Bayt (a)), de se mettre en vert. Tous les musulmans se mirent en vert sauf Ismaïl b. Ja’far b. Sulayman b. Ali Hâshimî[32].Al-Mamun envoya ensuite la bonne nouvelle à La Mecque. Ibrahim b. Mûsâ b. Ja’far, le gouverneur de cette ville, la bien reçut, les mecquois firent allégeance avec l’Imam ar-Ridâ (a) et se vêtirent en vert aussi. [33]Le pouvoir qu’al-Mamun a voulu confier à l’Imam ar-Ridâ (a) avait une importance stratégique pour lui. Il régnait à Marw et al-Hasan b. Sahl gouvernait l’Iraq. Alors qu’un groupe des Alides y tentait une révolte, et puisque les gens de l’Iraq n’étaient pas contents du gouvernement de Hasan b. Sahl, ils joignaient les Alides.Cette situation inquiétait beaucoup Mamun. Il parait que la raison de sa persévérance auprès de l’Imam ar-Ridâ (a) afin de luiAnalyse du rapport entre l’Imam ar-Ridâ (a) et al-MamunConfier le pouvoir, était d’empêcher la révolte, et d’avoir l’allégeance des Sâdât (les descendants des Imams (a)).Le rôle politique de l’Imam ar-Ridâ (a) est un des plus important événement durant sa vie. Cet événement demande une analyse profonde des événements politiques dès le début de l’islam, les califats des Umayyades, et la manière dont les Abbassides ont pris le pouvoir, et surtout le rapport très complexe entre les Abbassides et les Alides.DébatsMamun organisait de nombreux séances de débats entre les autorités scientifiques. Lors de ces séances, de nombreux débats sont effectués entre l’Imam ar-Ridâ (a) et les autres, notamment autour des questions doctrinales et juridiques. Une partie de ces débats est rapportée par Tabarsi dans son célèbre livre al-Ihtijâj. certains de ces débats sont les suivants à propos de [34]:    Débat à propos de : Tawhîd et ‘Adl (l’unicité divine et la justice)Débat à propos de : ImamatDébat avec MarwazîDébat avec Abu QurraDébat avec les Gens Du Livre JâthlîqDébat avec les Gens Du Livre Ra’s al-Jâlût (ahl al-Kitâb,)Débat avec les ZoroastrienDébat avec ‘Imrân as-SâbîOeuvres attribuées à l’Imam ar-Ridâ (a)Il existe un très riche corpus de hadiths et récits attribués à l’Imam ar-Ridâ (a), ou des réponses à des questions précises qui avaient été posées à L’Imam ar-Ridâ (a). Ces propos sont réunis dans des livres comme par exemple : ‘Uyûn Akhbâr al-Rida.En plus de ce corpus, certains auteurs ont attribués des livres à l’Imam ar-Ridâ (a), mais l’authenticité de ces attributions n’est pas approuvée. Parmi ces livres nous pouvons mentionner : al-Fiqh ar-Radawî, mais les savants chiites n’ont pas admit qu’il soi écrit par l’Imam ar-Ridâ (a)[35].Un autre livre attribué est : Risâlat adh-Dhahabîyya à propos de la médecine, de nombreux savants ont écrit des commentaires sur ce livre[36].Un autre livre attribué à l’Imam ar-Ridâ (a) est Sahîfat ar-Ridâ à propos de Fiqh, dont l’attribution n’est pas tout à approuvée par les savants chiites[37].Mentionnons également le livre intitulé Mahz al-Islâm wa Sharâyi’ ad-Din. A propos de l’attribution de ce livre à l’Imam ar-Ridâ (a), non plus, les savants chiites ne sont unanimes[38].Compagnons et ses disciples initiésCertains auteurs ont compté 367 compagnons et disciples pour l’Imam ar-Ridâ (a). Parmi ses gens nous pouvons mentionner :Yûnus b. ‘Abd ar-RahmânMuwaffaq (Khâdim de l’Imam)Ali b. MahziyârSafwân b. YahyâMuhammad b. SanânZakarîyyâ b. ÂdamRayyân b. SaltDi’bil b. AliAli b. Ismâ’îl al-MaythamîLa Cause de la Mort de l`Imam Ali Al-Rida (p)Al-Ma’mûn commençait à devenir de plus en plus en colère contre Ali, car ce dernier n’a Jamais cessé de le mettre en garde, de lui dire qu’il devait se repentir, de craindre Dieu, de lui faire prendre conscience de ses crimes, lui et ses prédécesseurs (Abassides)- De plus, il lui recommanda souvent de ne plus écouter les mauvais conseils des frères sahl.C’est à ce moment-là, que Ma’mûn, poussé par les frères Sahl, décida de mettre à mort le huitième imam. En l’invitant chez lui, le calife l’empoisonnera. Après avoir gardé sa mort secrète pendant un Jour et une nuit, Ma’mûn fit chercher l’oncle de l’Imam, Muhamed b. Ja’far Al-SaJiq (p) et un groupe de la famille d’Abu Tâlib. Après que son noble corps eut été lavé et parfumé, on transporta la sainte dépouille vers sa tombe. Ma’mûn prit part au cortège funèbre et ordonna qu’il soit enterré dans la maison de Harûn-Al-Rachid, en direction de la Mecque.

Il est rapporté que Ali (p) ne laissa aucun enfant excepté son fils Abu Jâ’far Muhamed b.’Ali (p), le nouvel imam qui avait 7 ans lorsque son noble père mourut.

Les Traits et Vertus de l’Imam Ali al-Ridha(P)

L’Imâm ‘Ali Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p): La vie de la pensée et du Message ; La grandeur dans les manifestations de l’ImâmatL’imâm ‘Ali Ibn Mussa ar-Ridâ (p) est l’un des Imâms appartenant aux Gens de la Famille (p). Lorsque nous parlons de l’un de nos Imâms (p), il nous est indispensable de vivre avec ses actes, ses paroles, ses recommandations, ses enseignements, ses sermons et ses instructions. La raison en est leur Imâmat qui est présent dans notre vie du fait qu’ils ne vivaient pas seulement à l’époque où ils vivaient, mais qu’ils accompagnaient la marche de la vie toute entière… Il en est ainsi car le Message de l’Islam est celui de Dieu, celui qui est envoyé à tous les hommes, dans tous les temps et dans toutes les espaces.L’imâm ar-Ridâ (p) a vécu après son père, l’Imâm Mussa al-Kâzim (p). Son influence a touché toute la vie islamique et toute la réalité islamique. Les gens se rendaient chez lui pour apprendre. Quant à lui, il portait son attention à toutes les questions qui se posaient à son époque, comme celles du conflit intellectuel et de la diversité religieuse… C’était cela la tâche des Gens de la Famille (p), tâche consistant à épier tous les aspects de la réalité : La réalité culturelle, afin d’assainir les concepts qui donnent à des interprétations divergentes ; la réalité intellectuelle, afin de rajuster beaucoup d’idées qui prêtent à des confusions ; la réalité sociale, afin de réorienter la marche lorsque les gens dévient par rapport au droit chemin.C’est dans cet esprit que L’imâm ar-Ridâ (p) rencontrait des Chrétiens, des Juifs, des Sabéens et des athées pour dialoguer avec eux, pour leur parler de l’Islam et pour discuter avec eux de leurs religions et de leurs idées. Selon les témoignages de ses contemporains qui étaient au courant de ces discussions, les adeptes de ces religions se trouvaient devant lui à court de réponse. Ils se taisaient comme le fait celui qui ne possède pas de preuve pour défendre son avis.Pour connaître l’image de l’imâm ar-Ridâ (p) dans sa profondeur en tant que celui d’un homme porteur du Message, il est nécessaire de nous arrêter devant ce qui a été dit, à son compte, par certains de ses contemporains ou par certains savants ultérieurs. Muhammad Ibn ‘Issa al-Yaqtînî a dit : « Lorsque les avis ont divergé au sujet de Abû al-Hassan ar-Ridâ, on a rassemblé dix-huit mille questions qui lui avaient été posées ainsi que les réponses à ces questions ». Parmi les auteurs qui se référaient à lui et qui transmettaient ses paroles, on note Abû Bakr al-Khatîb, dans son « Târîkh » (Histoire), at-Tha’labî, dans son « Tafsîr » (Exégèse), as-Sim’ânî dans son « Traité » (Risâlat) et Ibn al-Mu‘tazz, dans son livre, ainsi que beaucoup d’autres(1).Al-Hâkim, Abû ‘Abdullah al-Hâfiz, tient –selon sa propre chaîne de transmission- de al-Fadl Ibn al-‘Abbâs, qui tient de Abû as-Salt, ‘Abdus-Salâm Ibn Sâlih al-Harawî, qui a dit : « Je n’ai jamais connu quelqu’un d’aussi savant que‘Alî Ibn Mussa ar-Ridâ (p). Aucun savant ne peut le voir sans en donner un témoignage comme le mien. Le calife abbasside al-Ma’mûn a rassemblé un grand nombre de savants de toutes les religions, ainsi que des savants appartenant à toutes les mouvances intellectuelles, des jurisconsultes et des théologiens, et il leur a demandé de polémiquer librement avec l’Imâm ar-Ridâ (p). L’Imâm (p) a pu les vaincre tous, et ils ont tous reconnu leur propre faiblesse comparée à la supériorité de l’Imâm dans tous ces domaines. J’ai entendu ‘Ali Ibn Mussa ar-Ridâ dire : « Je m’asseyais à l’intérieur de la Mosquée du Prophète (P), à Médine, tout près du Sanctuaire Sacré où d’innombrables savants répondaient aux questions que posaient les gens. Chaque fois que l’un de ses savants se voyait incapable de répondre à une question, ils me désignaient tous de leurs doigts et ils m’envoyaient les questions auxquelles je donnais toujours les bonnes réponses » (2).Ibrahim Ibn al-‘Abbâs, l’un de ses contemporains, a dit : « Jamais ar-Ridâ n’a été interrogé sur une question religieuse ou profane sans en connaître la réponse. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui, comme lui, savait tout ce qui s’est déroulé depuis le début des temps jusqu’à son époque. Al-Ma’mûn le testait en lui posant des questions sur toutes les choses et toujours il lui donnait la réponse satisfaisante. Toutes ses réponses et ses paroles étaient tirées du Coran » (3). En effet le Coran était la source de toute sa culture et de tous les détails des réponses qu’il donnait aux questions qu’on lui posait. Cela veut dire que, lorsque l’homme contemple dans le Coran, cherche à le comprendre, vit dans ses horizons et s’approfondit dans ses mystères, il devient capable de comprendre la vie sous tous ses aspects ; il pourrait savoir toutes ses lignes et tous ses détails, tantôt à travers l’inspiration coranique, tantôt à travers le contenu du Coran. L’Imâm (p) lisait le Coran et réfléchissait pour saisir son sens. Il disait à ce propos : « Je n’ai jamais lu un Verset sans y réfléchir, sans réfléchir à la circonstance de sa révélation et au temps de sa révélation » (4).Il a discuté avec beaucoup de philosophes et de soufis. Il s’adressait à chacun d’eux en prenant en compte son niveau de connaissance. Eux tous ont trouvé en lui un Imâm encyclopédiste qui n’avait de complexe vis-à-vis de n’importe quelle question, qui ne refusait de discuter d’aucune question. Il donnait plutôt sa science à tous et, comme nous l’avons dit, le Coran était toujours le point de départ de toutes ses réflexions. Abû as-Salt a dit à ce propos : « Muhammad Ibn Ishâq Ibn Mussa Ibn Ja’far m’a rapporté de son père que Mussa Ibn Ja’far disait à ses fils : ‘Votre frère ‘Ali Ibn Mussa et le savant de la Famille de Muhammad. Instruisez-vous auprès de lui au sujet de votre religion et apprenez ce qu’il vous dit » (5).L’un des compagnons proches de l’Imâm al-Kâzim (p), ‘Ali Ibn Yaqtîn, a dit : « Mussa Ibn Ja’far (p) m’a dit sans que ne lui pose une question : Celui-ci – en désignant du doigt son fils ar-Ridâ- est celui, parmi mes fils qui s’y connaît le plus en jurisprudence. Et je lui ai donné mon surnom » (6).Al-Wâqidî, cité par le savant Ibn al-Jawzî, parle de l’Imâm ar-Ridâ (p) en ces termes : « Il était un homme de confiance pour ce qui est de sa science. Il prononçait des avis juridiques à la Mosquée du Messager de Dieu (p) à l’âge d’un peu plus de vingt ans » (7). Al-Wâqidî lui-même rapporte, qu’en passant par Nishapour, lors de son voyage de Médine au Khorasan, l’Imâm ar-Ridâ (p) a été reçu par les savants de la ville comme Yahyâ Ibn Yahyâ, Ishâq Ibn Râhwayh, Muhammad Ibn Râfi’, Ahmad Ibn Harb et autres, qui étaient tous venus à la recherche des hadîth qu’il connaissait mais aussi pour être bénis par lui » (8).Pour toutes ces raisons, nous estimons qu’il est nécessaire d’étudier toute l’œuvre de ce grand Imâm Infaillible, car son œuvre englobe tous les aspects de la philosophie, de la jurisprudence, de l’exégèse, de l’éthique et de l’action. Celui qui étudie l’œuvre de l’Imâm ar-Ridâ (p) peut ainsi acquérir une riche culture islamique multilatérale et multidimensionnelle.C’est à cela que nous appelons lorsque nous évoquons les Traditions des Gens de la Famille (p). Nous ne devons pas nous contenter de l’aspect tragique de leur vie lorsque nous en parlons. Nous devons parler aussi de leur patrimoine qui est une richesse pour l’humanité. Si nous l’étudions, l’expliquons et l’analysons, il nous sera possible de le présenter à l’humanité de l’époque contemporaine ; il nous sera possible d’inviter l’humanité à comprendre les Imâms (p) comme s’ils y étaient présents, comme s’ils se chargeaient eux-mêmes de traiter ses questions, de résoudre ses problèmes et, par conséquent, de la diriger sur le droit chemin.L’humanisme du Message dans les caractères moraux de l’Imâm ar-Ridâ (p)Ce que nous venons de dire nous donne une idée de la science de l’Imâm ar-Ridâ (p) et de son ouverture vis-à-vis de son Seigneur. Mais à propos de son image en rapport avec ses relations avec les gens, ses conduites, sa politesse morale et sa modestie envers ceux qui lui étaient inférieurs, nous laissons parler Ibrahim Ibn al-‘Abbâs qui dit : « Je n’ai jamais vu Abû al-Hassan ar-Ridâ (p) parler durement avec quiconque parmi les gens… ». Il a vécu avec tous les gens ; avec les petits et les grands, avec les ennemis et les amis ; avec les couches du bas de l’échelle sociale. Il est naturel pour la personne qui vit une telle expérience dans ses rapports avec les gens, de se heurter à eux, de souffrir à cause de leurs agissements négatifs, de se sentir lésée par un comportement par ci ou un comportement par là. En fait, ils étaient très nombreux ceux qui, du régime au pouvoir jusqu’au commun des mortels, portaient atteintes aux Imâms (p). Il est naturel pour une personne agressée ou traitée arbitrairement de s’exprimer en prononçant un mot dur face à celui qui l’a traitée injustement, ou un propos violent face à celui qui l’a agressée. Cela n’est-il pas courant parmi les gens qui sont aux prises avec leurs problèmes et les complications de leur vie ? Mais l’Imâm ar-Ridâ (p) n’avait que des mots polis, car il lisait le Coran d’une manière qui se traduit directement dans son comportement. L’Imâm ar-Ridâ (p) lisait la parole divine qui dit : ((Dis à Mes serviteurs de dire les meilleures paroles)) (Coran XVII, 53).Il disait la meilleure parole à ses amis et à ses ennemis sans distinction. Il utilisait la bonne parole avec ceux qui lui faisaient du mal et avec ceux qui lui faisaient du bien. Car la parole que tu prononces c’est en quelque sorte ta propre personne. Elle représente ton esprit, ta raison et ton cœur. Si tu es un homme bon, tes paroles doivent être bonnes. La preuve est que Dieu, le Très-Haut, a dit au sujet du Prophète (P) qui est notre exemple à suivre, qui est aussi l’exemple à suivre par les Imâms appartenant aux Gens de la Famille (p) : ((C’est par quelque miséricorde venue de Dieu que tu te montres si accommodant à leur égard ; eusses-tu fait preuve de rudesse, de dureté de cœur, qu’ils se seraient dispersés d’autour de toi)) (Coran III, 159). Si nous apprenons à dire des bonnes paroles, des paroles douces, si nous apprenons à calmer nos esprits et utiliser nos raisons lorsque nous parlons, cela peut nous être très utile au niveau des relations sociales dans lesquelles il nous sera possible de transformer nos ennemis en amis. C’est à cela exactement que nous invite le Verset coranique qui dit : ((L’action bonne n’est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qu’il y a de meilleur ; celui qu’une inimité sépare de toi deviendra alors pour toi un ami chaleureux)) (Coran XLI, 34).Des bons caractères issus du Prophète (P)L’Imâm ar-Ridâ (p) respectait les gens avec qui il parlait. Il les laissait parler sans les interrompre car cela pourrait les débarrasser et les empêcher de s’exprimer, même si certains se laissaient aller en disant ce qui ne doit pas être dit ou ce que l’on n’a pas besoin d’entendre. « Je ne l’ai jamais vu, continue Ibn al-‘Abbâs, interrompre quelqu’un qui parlait ». Car celui-ci pouvait avoir quelque chose d’important à dire à la fin de son discours. Les hommes aiment parler et être écoutés. Les bons caractères veulent donc que tu écoutes plutôt que parler. En écoutant, cela peut augmenter tes connaissances et tes expériences. De plus, en écoutant les autres, tu arrives mieux à les comprendre…L’Imâm ar-Ridâ (p), continue à nous informer Ibn al-‘Abbâs, « n’a jamais repoussé quelqu’un qui lui demandait un service si toujours il pouvait le lui rendre ». Il n’était pas gêné de constater que les gens avaient besoin de lui. Selon d’autres rapports, il se hâtait plutôt de satisfaire les demandes des autres car il craignait, s’il tardait de le faire, que les autres trouvent de quoi résoudre leur problème sans son aide, ce qui le priverait d’une bénédiction divine parmi celles destinées à ceux qui rendent des services aux autres. Cela est le contraire de ce que nous faisons d’habitude lorsque nous nous mettons à remettre à plus tard les services qu’on nous demande poussant ainsi les demandeurs au désespoir et à ne plus nous les demander. Mais l’Imâm ar-Ridâ (p) nous apprend que les besoins qu’ont les autres de nous sont des bénédictions qui nous sont destinées par Dieu, et c’est pour cette raison qu’il n’a jamais repoussé quelqu’un qui lui demandait un service si toujours il pouvait le lui rendre.Parlant toujours de l’Imâm ar-Ridâ (p), Ibn al-‘Abbas ajoute : « Il n’a jamais tendu ses pieds devant la personne qui lui parlait ». L’Imâm (p) respectait la personne qui se trouvait en sa compagnie. Il ne tendait pas ses pieds devant elle, car cela peut lui porter atteinte. Il en est ainsi car, pour les moralités sociales, tendre les pieds face à la personne qui se trouve en notre compagnie peut lui porter atteinte. Puis il ajoute : « Je ne l’ai jamais vu s’accouder en la présence de la personne qui se trouvait en sa compagnie ». Il ne s’accoudait jamais même s’il se sentait fatigué, et ce par modestie à l’égard de la personne qui se trouvait en sa compagnie, car s’accouder dans une telle situation inspire, dans beaucoup de contextes sociaux, la grandeur, l’arrogance, la distinction et même le mépris de l’autre. Et Ibn ‘Abbas d’ajouter : « Je ne l’ai jamais vu insulter l’un de ses serviteurs ». il est parfois naturel pour une personne qui est responsable dans une entreprise où travaillent des ouvriers et des fonctionnaires d’entrer en friction avec un employé qui lui porterait atteinte en lui adressant la parole, en manquant à son travail ou en ne respectant pas les horaires de son travail. Et dans ce cas, il peut lui arriver de se mettre en colère, d’insulter et d’injurier. Mais l’Imâm (p) ne le faisait jamais.Enfin, Ibn ‘Abbâs dit : « Je ne l’ai jamais vu cracher ou rire aux éclats. Son rire n’allait pas au-delà du sourire ». S’il voulait cracher, il le faisait discrètement pour ne pas dégoûter son entourage.Les bons caractères de l’Imâm ar-Ridâ (p) s’exprimaient à travers son sens humain, dans sa compassion à l’égard des pauvres et dans sa tendresse envers ses serviteurs. « Lorsqu’il n’avait pas de visiteurs et se trouvait seul, il rassemblait tous ses serviteurs, grands et petits, pour leur parler et les écouter afin de se sentir bien avec eux et des se sentir biens avec lui. Chaque fois qu’il s’attablait pour manger, il réunissait ses serviteurs, grands et petits, même le palefrenier et le barbier, pour manger tous ensemble ».Il n’était pas du genre de beaucoup de gens parmi ceux qui, se mettant à table pour manger, mettaient dans un coin retiré une autre table pour leurs employés et leurs serviteurs, et ce par mépris à leur égard ou par surestime de la couche sociale à laquelle ils appartiennent eux-mêmes. L’un des compagnons de l’Imâm ar-Ridâ nous rapporte ceci : « Je me trouvais avec l’Imâm ar-Ridâ lors de son voyage au Khorasan. Il à un jour demandé qu’on lui donnât à manger ; mais avant de commencer, il a réuni autour de sa table tous ses serviteurs noirs et blancs. Je lui ai dit alors : ‘Que je sois sacrifié pour toi, pourquoi ne laisses-tu pas ceux-là manger seuls autour d’une table à eux ? Il m’a répondu -que la paix soit sur lui : ‘Que dis-tu là ? Tais-toi ! Le Seigneur est un, la mère est une, le père est un, mais la rétribution sera distribuée selon les actions’ » (9), voulant ainsi dire que nous sommes tous les enfants d’un seul et même homme et que ((Les plus pieux parmi vous sont les plus nobles)) (Coran XLIX, 14).Désignant du doigt l’un de ses serviteurs noirs, l’Imâm (p) a dit à l’un de ses compagnons qui lui a fait la même réflexion : « Voix-tu ce serviteur noir ? Je jure, quitte à affranchir un esclave, et je n’ai jamais juré sans avoir affranchi un esclave et sans l’avoir fait suivre par tout ce que je possède, que je ne me considère pas comme valant mieux que cet esclave du fait de ma descendance du Messager de Dieu, sauf si je vaudrais mieux que lui du fait d’une bonne action » (10).La parenté toute seule ne procure pas de la valeur à l’homme dans le sens où elle lui assure plus de valeur que les autres. Les descendants du Messager de Dieu (P) peuvent avoir de la valeur en tant que tels, mais la parenté et la descendance n’ont pas de valeur en Islam. Les Gens de la Famille (p) n’ont jamais dit que la descendance confère à l’homme une valeur supérieure à celle des autres, car l’homme ne choisit pas sa descendance mais ce qu’il choisit ce sont ses actions et son obéissance à Dieu. Une Tradition dit à ce propos : « Celui qui est un partisan de Muhammad est celui qui obéit à Dieu même s’il est de descendance éloignée. L’ennemi de Muhammad est celui qui désobéit à Dieu, même s’il est de descendance proche ».La dévotion de l’ImâmLes historiens nous parlent de la dévotion de l’Imâm ar-Ridâ (p). Ils ont dit à ce propos que « Se trouvant pendant la nuit dans son lit, il récitait longuement le Coran. Lorsqu’il passait par un Verset qui parle du Paradis ou de l’Enfer, il pleurait et demandait à Dieu de lui assurer l’entrée au Paradis et de l’épargner de l’Enfer » (11). Ibrahim Ibn ‘Abbâs as-Sawlî décrit la dévotion de l’Imâm en disant : « Il dormait peu pendant la nuit. Il veillait beaucoup, du soir jusqu’au matin. Il jeûnait beaucoup et ne manquait jamais de veiller trois jours par mois. Il disait que ce jeûne est le jeûne éternel. Il faisait, discrètement beaucoup de bien et discrètement il donnait l’aumône. Le plus souvent, il le faisait quand il fait nuit noire. Ne croyez pas celui qui prétend avoir vu quelqu’un qui lui ressemblerait ». (12).As-Sawlî décrit l’Imâm (p) pendant qu’il adressait ses prières ferventes à son Seigneur en disant : « Dès que commence le dernier tiers de la nuit, il quittait son lit en louant Dieu, en Le glorifiant et en Lui demandant pardon. Puis il nettoyait ses dents avec le siwâk avant de faire ses ablutions et de commencer sa prière de la nuit. Il faisait huit génuflexions et récitait les salutations toutes les deux génuflexions. Dans la première de chacune de ces deux génuflexions, il récitait la Fâtiha une fois et ‘Dis : Dieu est Un’ trente fois. Puis il faisait la prière de Ja’far Ibn Abû Tâlib (p), qui est une prière de quatre génuflexions. Il y récitait les salutations toutes les deux génuflexions et faisait le qunût toutes les deux génuflexions avant l’inclination et après les glorifications, considérant ainsi cette prière comment faisant partie de la prière de la nuit. Puis il passait aux deux génuflexions suivantes et récitait dans la première la Sourate ‘al-Fâtiha’ et ‘la Royauté’ et dans la seconde la Fâtiha’, une seule fois et ‘l’homme a-t-il connu’. Puis il se relevait pour s’acquitter des deux génuflexions paires dans lesquelles il récitait la Fâtiha une fois et ‘Dis : Dieu est Un’ trois fois, avant de réciter : ‘Dis : Je demande asile auprès du Seigneur de l’aube’, une seule fois, et : ‘Dis : Je demande asile auprès du Seigneur des hommes’, une seule fois, avant de faire le qunût au cours duquel il disait : « Seigneur ! Prie sur Muhammad et la Famille de Muhammad ! Seigneur ! Dirige-nous parmi ceux que Tu diriges ; offre-nous le salut parmi ceux à qui Tu offres le salut ; fais que nous soyons parmi ceux qui sont les Tiens ; bénie ce que Tu nous offres ; mets-nous à l’abri du mal de Tes sentences car Tu juges et Tu n’es jamais jugé. Jamais celui que Tu assistes ne sera humilié ; jamais celui que Tu lui es hostile ne trouvera la gloire. Gloire et Grandeur sont à Toi, ô notre Seigneur ! ». Puis il disait : ‘Je demande pardon auprès de Dieu’ soixante-dix fois. Une fois finie la récitation des salutations, il s’asseyait et disait ce qu’il voulait à Dieu lors du qunût. A l’approche de l’aube, il se levait et faisait les deux génuflexions recommandées de l’aube et récitait la Fâtiha et : ‘Dis : ش vous les mécréants’ dans la première et, dans la seconde, la Fâtiha et ‘Dis : Dieu est Un’. Au levé de l’aube, il prononçait l’appel à la prière, puis il faisait la prière du matin qu’il terminait par un qunût qui durait jusqu’au levé du soleil avant de faire les deux prosternations dites des remerciements » (13).Voilà donc ce qu’est la ligne des Gens de la Famille (p) qui est la ligne de l’attachement à Dieu par l’amour et par le désir de Le rencontrer. Cet amour se reflète au niveau de la réalité sous la forme de la responsabilité issue de l’aspect universel de la conception islamique de la vie où la dévotion s’ouvre vis-à-vis de l’univers, Vis-à-vis de l’homme et vis-à-vis de la vie. Une dévotion qui ne s’étouffe pas dans les coins étroits mais s’ouvre plutôt à toute la scène sociale, politique et économique à partir de la vision islamique concernant tous ces domaines.Les Imâms appartenant aux Gens de la Famille (p) ont fait de la dévotion une manière de plaire à Dieu, une forme de jihâd pour la cause de Dieu, une façon d’instruire la Nation invitée à adopter l’Islam comme mode de vie, comme option doctrinale et comme ouverture à toute la réalité vue à travers ses grandes causes. Ceux qui les aiment et ceux qui leur sont hostiles ont reconnu ces qualités des Imâms (p). Le calife abbasside, al-Ma’mûn, reconnaît l’Imâm ar-Ridâ (p) comme son héritier présomptif. « Il l’a fait par désir de rencontrer Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, tout en Lui étant fidèle par le respect de Sa religion et de Ses serviteurs. Il a choisi comme dirigeant de la Nation après lui la meilleure personne qu’il ait pu trouver quant à sa dévotion, sa piété et sa science. La meilleure personne susceptible de servir la cause de Dieu et de faire prévaloir Ses droits. Il a choisi ‘Ali Ibn Mussa ar-Ridâ (p) pour ses qualités inégalables, pour sa science reconnue par tous, pour sa piété manifeste, pour son ascétisme pur, pour son renoncement au monde, pour sa distinction par rapport aux hommes. Il a reconnu ainsi ce que les enseignements s’accordent à le reconnaître, ce que les langues admettent unanimement, ce que les avis convergent pour l’agréer, ce qui est universellement connu. Il l’a choisi pour ses mérites quand il était petit, quand il était jeune, et quand il est devenu adulte. C’est pour cela qu’il l’a choisi comme héritier présomptif et comme calife après lui » (14).Rajâ’ Ibn Abû ad-Dahhâk qui a accompagné l’Imâm ar-Ridâ (p) dans son voyage de Médine à Merv le décrit en ses termes : « Je l’ai accompagné de Médine jusqu’à Merv et je n’ai vu un homme plus pieux que lui ; ni un homme qui, plus que lui, évoque Dieu pendant tout son temps ; ni un homme qui, plus que lui, a peur de Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire. En se réveillant, il faisait la prière de l’aube. Après les salutations, il restait assis dans son lieu de prière pour glorifier Dieu et Le louer et pour L’implorer de prier sur Muhammad et la Famille de Muhammad. Il continuait de le faire jusqu’au levé du soleil avant de se prosterner longuement pendant la matinée. Après cela il rejoignait les gens pour leur parler et les instruire Jusqu’à l’approche de midi » (15). L’un de ses compagnons dit : « Je me suis rendu chez ‘Ali Ibn Mussa ar-Ridâ (p) et j’ai vu devant lui une gargoulette qu’il voulait utiliser pour verser de l’eau et faire ses ablutions. Je me suis approché pour verser de l’eau sur ses mains, mais il a refusé en me disant : ‘Mais non !’. Je lui ai dit : ‘Pourquoi m’empêches-tu de verser de l’eau sur tes mains ? Est-ce parce que tu n’aimes pas que j’en sois récompensé par Dieu ?’. Il m’a répondu : ‘Te laisserais-je obtenir une récompense et être moi-même châtié ?’. ‘Comment cela ? Lui ai-je dit’. Il m’a dit : ‘N’as-tu pas entendu Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, lorsqu’Il dit : ((Quiconque espère rencontrer la face de son Seigneur, qu’il pratique le bien et qu’il n’associe aucune autre créature dans l’adoration due au seigneur)) (Coran XVIII, 1110).Au sujet de sa méthode d’adoration basée sur la foi en l’Unicité de Dieu, on nous rapporte que, lors de son voyage de Médine à Khorasan, pour y rencontrer al-Ma’mûn, les gens se rassemblaient à toutes les haltes où il descendait pour se reposer. Lors de l’une de ces haltes, les traditionnistes qui collectent les hadîth du Messagers de Dieu (P) sont venus vers lui afin d’entendre un Hadith et le mettre par écrit. Il leur a fait entendre le Hadîth connu sous le nom de la Chaîne d’or en disant : « Mon père, Mussa Ibn Ja’far, qui le tient de son père, Ja’far Ibn Muhammad, qui le tient de son père Muhammad Ibn ‘Ali, qui le tient de son père, ‘Ali Ibn al-Hussein, qui le tient de son père al-Hussein Ibn ‘Ali, qui le tient de son père ‘Ali Ibn Abû Tâlib, qui le tient du Messager de Dieu, qui le tient de Jabrâ’îl qui le tient de Dieu qui a dit : ‘‘La proposition ‘Il n’y a pas de Dieu en dehors de Dieu’ est Ma place fortifiée ; quiconque entre dans Ma place fortifiée sera épargné de Mon châtiment’’ » (16).La foi en l’unicité de Dieu est le fondement. Tout, dans la doctrine islamique et dans la ligne islamique, est fondé sur la foi en l’unicité de Dieu. La foi en l’unicité de Dieu est le fondement de la doctrine et de l’action. Elle est le fondement de toutes les relations et les activités de l’homme durant toute sa vie. C’est pour cette raison que le Noble Coran condense toute la religion dans la foi en l’unicité de Dieu : ((Ceux qui ont dit : ‘Notre Seigneur est Dieu’ et qui se sont acheminés vers Lui, reçoivent les visites des anges qui leur disent : ‘Ne craignez rien et ne vous affligez pas ; réjouissez-vous du Paradis qui vous a été destiné)) (Coran XL, 30). L’islam a vu le jour pour dire aux hommes que la foi en l’unicité de Dieu est elle qui ouvre les raisons vis-à-vis de la loi et du Jour Dernier. C’est pour cette raison que l’Islam demande aux homme d’avoir la foi en l’unicité de Dieu comme point de départ dans leurs relations, dans leurs attitudes et dans tout ce qui les concerne.La foi en l’unicité de Dieu est, dans son sens doctrinal, le fait pour l’homme de ne croire en aucune divinité autre que Dieu. Elle est, dans son sens cultuel, le fait pour l’homme de n’adorer aucune divinité autre que Dieu. Elle est, dans son sens lié à l’engagement, le fait pour l’homme de ne s’engager à obéir à quiconque en dehors de Dieu. De se fait, la foi en l’unicité de Dieu est de rompre avec tout engagement, toute obéissance et toute soumission à toute créature. L’Imâm ar-Ridâ (p) a remarqué que certaines personnes comprennent mal cette proposition lorsqu’ils pensent qu’en témoignant qu’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu et que Muhammad est le Messager de Dieu, cela leur permettrait de se sentir à l’abri du châtiment divin quelles que puissent être leurs actions. L’Imâm (p) leur a dit : « Mais à condition de respecter ses conditions, et moi-même je suis l’une de ses conditions ». Cela veut dire que la foi en l’unicité divine est la foi en Dieu, en Son Messager et au Jour dernier, ainsi que suivre la lumière descendue par Dieu, lumière qu’est le Coran, et suivre la direction légale sur la ligne de l’Imâmat, ligne représentée à l’époque par l’Imâm ar-Ridâ (p). Nous constatons donc qu’il ne suffit pas pour l’homme de croire en Dieu et en Son Messager. Il doit aussi avoir toute sa vie intellectuelle et pratique sur la ligne de Dieu et de Son Messager (p). C’est pour cette raison que Dieu ne parle jamais de la foi sans la lier à la bonne action. L’homme ne peut être gagnant auprès de Dieu que dans la mesure où il croit et fait des bonnes œuvres.La Méthode de l’Imam pour Former les Autres

Comme tous les autres leaders religieux, Sa Sainteté l’Imam Ali Ibn Musa Ar-Redha essaya toujours de former et de guider de talentueuses personnes lors d’occasion appropriées.

En plus de ses sermons, le Saint Imam s’efforçait de guider les autres dans la pratique.

Certains de ses servants prirent une fois une sorte de fruit et jetèrent la moitié restante. Après avoir fait l’éloge de Dieu, le Saint Imam s’adressa à eux et dit :« Si vous n’avez plus besoin de ce fruit, regardez, il y a beaucoup de gens qui désirent prendre une part de cette bénédiction comestible. Alors ne gaspillez-la pas et donnez à nourrir ceux qui en on besoin. »Le Saint Imam essaya ici d’encourager les gens à abandonner les mauvais actes de gaspillage. Malheureusement, un certain nombre de gens sont aujourd’hui sérieusement impliqué dans cette dangereuse catastrophe. Ces personnes ignorantes laissent négligemment derrière eux des quantités considérables de restes de nourritures et ne pensent pas aux besoins urgents des nécessiteux.

Un compagnon distingué de l’Imam Redha raconta la suivante histoire vraie : « J’étais une fois en présence du Saint Imam, et Sa Sainteté me demande de dîner. J’acceptai l’invitation et entrai la demeure de l’Imam Redha. Nous vîmes ici parmi le servant de la maison un domestique noir qui semblait être un homme étranger. Le Saint Imam s’enquit au sujet de cet homme et demanda si son salaire avait été fixé à l’avance. Ils déclarèrent que le travailleur noir ne s’était pas plaint du montant de son salaire payé.

En entendant cela, le Noble Imam devint soudainement en colère et rappela à ceux qui se trouvaient là d’observer l’instruction suivante : « Fixer d’abord le salaire, puis employez le travailleur. »

Le Saint Imam souligna la relation entre les employés et les travailleurs dans cet aphorisme-ci.

Les droits des deux parties seront ici équitablement réservés et aucune agression ne dérangera leur contrat bilatéral.Tiré de « Imam Reza (A.S.) The Eighth Imam of The Shi’ite » par Sayyid Saeed Arjmand

Les caractéristiques de l’Imam ar-Ridhâ

Introduction générale.Les Imams d’Ahlul bayt (Paix sur eux) véritables successeurs du Saint Prophète Mohammad (Paix et salut sur lui et sa sainte famille), jouissent de qualités multiples telles que : l’infaillibilité, l’immaculation, la guidance, être guidé, le symbole de la croyance, adorateur, intransigeant et persévérance, témoin, les gens de l’effort et de la lutte pour la cause de Dieu, premier dans l’accomplissement des bonnes œuvres, la justice, l’étoile, la vérité, savant, Excellence, penseur, héritier de la terre de Dieu, dévotion, donateur, meilleur parmi les hommes, grâce divine, miséricorde de Dieu, piété, lumière divine.Dans cet article, nous abordons certaines des caractéristiques de l’Imam Ali ar-Ridhâ (P)Une courte biographie de l’Imam Ali ar-Ridâ (P) Ali ibn Mûsâ ibn Ja‘far ar-Ridâ (P), connu sous le nom de l’Imam ar-Ridâ (a), est le huitième Imam des chiites duodécimains (148 H-203 H). Il est connu sous le surnom d’Abû al-Hasan, et son titre le plus connu est ar-Ridâ. Son imamat dura 20 ans.Il fut mené par force d’al-Mamun Abâssî à Khorasan ; et devint involontairement le prince héritier de ce dernier. Il naquit à Médine et mourut en martyr par al-Mamun à Tûs.Le mausolée de l’Imam ar-Ridâ (a) est à Mechhed où, chaque année, de très nombreux pèlerins des quatre coins du monde se redent pour effectuer des visites pieuses. Les réunions de débat scientifiques qu’al-Mamun organisait entre lui et les autres savants religieux sont très célèbres.Généalogie, sa naissance et son martyreLa lignée de l’Imam ar-Ridâ (a) est ainsi : Ibn Mûsâ b. Ja‘far b. Muhammad b. Ali b. al-Husayn b. Ali b. Abi Talib (a). Son surnom est Abû al-Hasan et Son titre le plus célèbre est ar-Ridâ.Certaines sources ont déclaré qu’al-Mamun lui donna ce titre ;[1] mais Imam al-Jawâd (a), dans un hadith, a déclaré qu’Allah donna ce titre (ar-Ridâ) à son père (a).[2] As-Sâbir, ar-Radî et al-Wâfî figurent parmi ses titres.[3]Naissance et son martyreL’anniversaire de l’Imam ar-Ridâ (a) a été rapporté jeudi ou vendredi, 11 Dhu al-Qa’da ou Dhu al-Hijja ou Rabî‘ al-Awwal du 148 H / 766 a.c. ou 153 H / 770 a.c.[4] Cheikh al-Kulaynî a rapporté l’anniversaire de l’Imam (a) en 148 H / 766 C,[5] ce qui est convenu par la plupart des historiens.[6]Le martyre de l’Imam ar-Ridâ (a) a été rapporté vendredi ou lundi de la fin de Safar ou 17 Safar, 21 Ramadan, 18 Jumâdâ al-Ûlâ ou 23 Dhu al-Qa’da, ou la fin de Dhu al-Qa’da de 202 H / 817 a.c., 203 H / 818 a.c. ou 206 H / 821 a.c.[7] Cheikh al-Kulaynî a mentionné le martyre de l’Imam au mois de Safar de 203 H / 818 a.c. à l’âge de 55 ans.[8]Selon la plupart des savants et historiens, l’Imam (a) est mort en martyr en 203 H / 818 a.c.[9] Tabrisî a mentionné son martyre à la fin de Safar.[10]Selon le désaccord ci-dessus, l’âge de l’Imam (a) au moment du martyre est entre 47 et 57 ans ;[11] cependant, l’opinion la plus commune sur son âge est 55 ans.Les caractéristiquesTous les aspects de la vie des imams sont le modèle des chiites. L’Imam ar-Ridhâ (Que la paix de Dieu soit sur Lui) était paré de hautes et excellentes mœurs et s’attirait ainsi l’amitié du peuple ; Certains des traits et caractéristiques de personnalité de l’Imam ar-Ridhâ (as) et son comportement avec les gens sont :1- L’humilité: Il était très humble devant le peuple. Il ne s’est jamais disputé avec personne, n’a coupé la parole à personne et n’a pas étiré sa jambe lorsqu’il était assis devant quelqu’un ou appuyé contre un mur.[12]2- La science : La connaissance de l’Imam ar-Ridhâ (as) ne peut être comparée à aucune des personnes de son temps. Sa grâce scientifique et sa supériorité étaient toujours évidentes dans les débats tenus avec les érudits et les anciens des autres religions et sectes .Personne ne pourrait le blâmer scientifiquement. Personne ne pouvait rien lui apprendre3- La générositéLa générosité de l’imam a été approuvée par l’ami et l’ennemi, Le jour d’Arafa, il a donné tous ses biens[13]. L’un des principes moraux qui a été observé dans la vie de nombreux imams est la générosité et la générosité. La générosité est le contraire de l’avarice, ce qui signifie que l’homme ne doit pas utiliser uniquement les possibilités matérielles et spirituelles à sa disposition, mais aussi résoudre certains des problèmes en pardonnant aux autres, Profitez des autres des bénédictions que Dieu lui a données, qu’elles soient matérielles ou spirituelles, comme la connaissance.4- La éloquence et rhétoriqueParce que l’Imam ar-Ridhâ (as) parle dans la description et l’expression d’un sujet, il affecterait tout le monde. Comme ses pères, il était très éloquent.Les vertus morales et la personnalité sociale         Comme son père, l’Imam Ridhâ (p) possédait toutes les vertus humaines, et était un personnage notable et connu parmi les gens de son temps. Shaykh  Mufîd a écrit: «Après Mûsâ ibn Ja’far (p), son fils ‘Ali ibn Mûsâ al-Ridhâ (p) est devenu l’Imam, parce qu’il était supérieur à tous ses frères et membres de famille. Sa science, sa tolérance, sa piété et ses connaissances jurisprudentielles étaient claires pour tout le monde. Les masses de la population et les élites reconnaissaient ses vertus et ses connaissances parfaites. Son père avait explicité son Imamat. »[14]Il a également écrit: « ‘Ali ibn Mûsâ al-Ridhâ (p) était le meilleur, le plus sage, le plus honorable, et le plus savant de ses frères. »[15]Ibrâhîm ibn ‘Abbâs a dit: «Je n’ai jamais vu l’Imam Ridhâ (p) parler durement avec autrui ou l’interrompre, ou de rejeter la demande d’une personne qu’il pouvait satisfaire. Je ne l’ai jamais vu étirer ses pieds ou s’adosser quand d’autres étaient présents, ou d’insulter ses serviteurs. Il ne riait pas à haute voix, plutôt il souriait. A table, il invitait tous ses serviteurs et même le portier pour qu’il mange son repas avec eux. Son sommeil était court et sa veille était longue dans la soirée. Il restait éveillé la plupart des nuits jusqu’à l’aube. Il jeûnait beaucoup. Il n’a jamais oublié de jeûner trois jours par mois. Il disait : ‘Trois jours de jeûne chaque mois ont la récompense du jeûne qu’on prend tous les jours.’ Il donnait l’aumône secrètement et dans l’obscurité de la nuit. Ne confirmez pas celui qui prétend avoir vu quelqu’un qui soit meilleur que ‘Ali ibn Mûsâ (p). »[16]Ibn Sabbâgh Mâlikî a écrit: «Si l’on réfléchit sur le caractère de ‘Ali ibn Mûsâ (p), il devient clair qu’il l’a hérité de ses grands-pères, ‘Ali ibn Abî Tâlib (p) et ‘Ali ibn  Hussayn (p). Il avait une position éminente et une foi ferme. Ses adeptes étaient tellement nombreux et ses arguments étaient si clairs que le calife de l’époque, Mamûn, l’a installé dans ses fonctions gouvernementales. Mamûn lui a passé le gouvernement après lui et lui a marié sa fille en public. ‘Ali ibn Mûsâ (p) possédait d’excellents attributs et vertus. Son honnêteté était hachémite et son essence était prophétique. »[17]Zîyâd ibn Marwân a dit: «J’étais avec l’Imam Mûsâ Kâzim (p) et Abul Hassan Ridhâ était aussi présent. L’Imam (p) m’a dit: ‘C’est mon fils ‘Ali. Son écriture est la mienne et son discours est le mien et son Messager est le mien. Tout ce qu’il dit est vrai. »[18]Mamûn, le calife abbasside, a écrit une lettre à ‘Ali ibn Mûsâ (p) dans laquelle il lui a passé la tutelle des musulmans. Dans une partie de cette lettre, il a écrit:«Dès le début de mon califat, j’ai toujours essayé de trouver la meilleure personne pour me succéder. Je n’ai trouvé personne plus méritée pour ce poste qu’Abul Hassan ‘Ali ibn Mûsâ al-Ridhâ, car j’ai trouvé ses connaissances, sa piété et ses vertus plus éminentes que les autres. Il a nié le monde et les mondains, préférant l’Au-delà à ce monde. J’en suis sûr et tout le monde le sait. Par conséquent, je le nomme comme mon successeur. »[19]Abul Salt a dit : «Mamûn a dit à ‘Ali ibn Mûsâ  (p) : ‘Ô fils de l’Envoyé de Dieu! Puisque ta science, ta piété et ta dévotion à Dieu m’ont été prouvées, je te considère plus apte que moi-même pour le califat. »[20]La Morale de l’Imam Ali ar-Ridha (p)Un jour, un homme dit à l’Imam ar-Ridha  (p) :

« Par Allah, tu es la meilleure des personnes ! »

Sur cette parole l’Imam(p) voulut donner un exemple à tous les musulmans et dit :

« Il ne faut jamais faire les louanges d’une personne qui est face à vous, même si elle le mérite, Ô toi ne jure pas ! Il peut être meilleur que moi celui qui craint Allah plus que moi ! Par Allah, ce verset n’a pas été abrogé : » Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous entre connaissiez, est-il que le meilleur d’entre vous auprès d’Allah est celui qui le crains le plus. »

L’Imam(p) profitait de toutes les occasions pour propager l’Islam et ses principes sous forme de comportement concret afin qu’ils restent gravés dans la mémoire des gens.

L’Imam ar-Ridha (p) avait un frère qui s’appelait Zayd, ce dernier était l’instigateur d’une révolte sanguinaire dans la ville de Bassora. Il commettait des actes de barbarie interdits par l’Islam. Il brûlait les maisons des innocents et pillait leurs biens sous prétexte qu’ils étaient complices du pouvoir Abbasside.

Zayd était surnommé Zayd ENNAR, (Zayd du feu). Sa mauvaise révolution fut matée par l’armée d’al Ma’moune qui obtint sa réédition en échange d’un engagement de préserver sa vie.

Il était bien évident que l’Imam ar-Ridha (p) était contre les actes de son frère et il ne cachait pas son indignation face à cette forme d’insurrection barbare.

L’Imam ar-Ridha (p) s’adressa à son frère et lui dit :

« Malheur à toi, ô Zayd ! Qui est-ce qui t’a poussé à verser du sang et à couper les routes ? Es-tu donc induit en erreur par la prétention des gens de Koufa qui disent que Fatima az-Zahra(p) avait de par chasteté interdit le feu pour ses enfants ?

Gare à toi Zayd, est-il que cette parole ne nous concerne ni toi, ni moi. Ces propos en ce sens qui proviennent de notre aïeul Mohammed(p) ne concernaient qu’al Hassan(p) et al Hussein(p) ! Eh bien, par Allah ! Même eux ne l’avaient mérité que par leur piété et obéissance à Allah !

Si tu crois que tu peux désobéir à Allah et ensuite rentrer au paradis, c’est que tu t’estimes plus proche de lui que ne l’étaient al Hassan(p), al Hussein(p), que ton père Moussa al Kadzim(p) et que moi-même !

Zayd répondit à l’Imam ar-Ridha (p) : « Mais, je suis ton frère ! »

L’Imam(p) répondit à Zayd :

« Tu es mon frère tant que tu obéis à Allah ! Puis l’Imam ar-Ridha (p) récita ces versets : Et Noé invoqua son Seigneur et dit: «O mon Seigneur, certes mon fils est de ma famille et Ta promesse est vérité. Tu es le plus juste des juges». Il dit: «O Noé, il n’est pas de ta famille car il a commis un acte infâme. Ne me demande pas ce dont tu n’as aucune connaissance. Je t’exhorte afin que tu ne sois pas du nombre des ignorants». [21]Ô Zayd ! Par Allah ! Nul être ne peut recevoir ce qui est chez Allah que par son obéissance et sa soumission envers lui !  »

Cette attitude prouve l’intégrité de l’Imam ar-Ridha (p) face aux actes de son propre frère.L’Imam et ses adeptes et ses partisansUn nommé Moosa Bin Khayyar raconte que l’Imam ar-Ridha (p)  et moi-même, nous étions en train de traverser à cheval la région de Tûs, qui a pris le nom de Mechhed depuis que le 8è Imam (as) est inhumé dans ce lieu saint. D’un coin, des cris de pleurs parvinrent jusqu’à nous. Un cercueil transporté par des gens nous apparut. Le Successeur du Saint Prophète (saw) descendit de sa monture, fit quelques pas et porta la caisse sur ses épaules tandis que des larmes s’écoulaient de ses yeux. En se tournant vers moi, il déclara : « Ô Moosa ! Celui qui transporte le cercueil de mon fidèle, où qu’il soit, il se purifie de ses péchés tel qu’il venait de naître à l’instant. »Lorsque la dépouille fut placée sur le bord de la tombe, l’Imam ar-Ridha (p)   s’y approcha, écarta les gens qui l’entouraient, posa sa sainte main sur la poitrine du défunt et proclama en prononçant son nom : « N’aies pas peur ! Je t’apporte la bonne nouvelle. Le Paradis est ton séjour ! »A ces mots, je ne pus me résister pour demander à l’Imam (as) :« Ô mon Maître ! Vous n’êtes jamais venu à cet endroit. Comment donc l’auriez –vous connu ?– Ô Moosa ! Me répondit l’Imam ar-Ridha (p)  , vous ne savez pas que je suis l’Argument d’Allah sur la terre et l’Imam en plus. Tout le matin et soir, les œuvres de nos fidèles, nos adeptes, sont présentés devant nous. Lorsque nous y voyons des défauts, nous nous adressons à Dieu pour Lui implorer le pardon en leur faveur et pendant que leurs bonnes actions circulent devant nos yeux, nous demandons à Allah de les couvrir de Sa Miséricorde. »L’Imam et le rêveUn célèbre livre nommé « Manakibh » appartenant à nos frères Sunnites rapporte de la part de Mohammad Bin Kaabh qui est la narrateur de ce récit, qu’un jour, tandis que je dormais au lieu appelé « Johafâ », situé sur la route de la Mecque , venant de Damas, et qui est aussi « le Miqât » où les Pèlerins en provenance de la Syrie attachent leur « Ehram » de Hajj (les deux habits recommandés du Pèlerin), le Saint Prophète de l’Islam m’apparut dans le rêve. Je m’approchai de lui. L’Envoyé d’Allah m’annonça :« Je suis très heureux de constater vos bons comportements avec mes descendants. Le Jour de la Rétribution, je vous en offrirai la récompense. »Je vis, à cet instant, devant le Messager d’Allah, un plateau qui contenait des dattes de Médine. Au même moment, le Saint Prophète (saw) en prit une poignée et me la remit dans les mains. Je les comptai. Elles étaient au nombre de dix-huit. Et, je me fus réveillé. Je fis moi-même l’interprétation onirique en formulant qu’il me reste dix-huit années à vivre dans ce monde.Quelques jours s’écoulèrent et j’appris que l’Imam ar-Ridha (p) est arrivé dans le village venant de Médina. Je me dirigeai au lieu où séjourna l’Imam (as) pour lui rendre visite et bénéficier de son Zyarah. Une multitude de gens y assistaient. Je vis que H° Thameen Al Hujaj (as) (le huitième Argument d’Allah sur terre) était assis là où j’avais aperçu siéger H° Mohammad (saw) dans le songe et un plateau rempli de dattes, semblable à celui installé devant le Messager d’Allah, se trouvait devant lui.Je saluai mon Maître et mon Imam qui me répondit en m’offrant une poignée de ces dattes avec le même geste que celui de son aïeul et le Saint Prophète d’Allah. Je me mis à les examiner et trouvai qu’elles n’étaient que dix-huit comme dans le rêve.« Ô mon Maître! Veuillez bien y ajouter encore quelques-unes, demandai-je.– Si mon grand-père vous avait donné plus, j’aurais fait de même, » répondit le Successeur de l’Envoyé d’Allah.L’Imam et la justice Mamoun Al Rachid réservait la journée de samedi pour rendre la justice. Le 8è Imam (as) venait assister les procès. Ce jour, un Soufi, habitant de Kufâ, fut introduit devant le soi-disant calife pour une affaire de vol.« Hélas ! Votre comportement diffère de votre apparence ! (l’habit ne fait pas le moine !), lui dit Mamoun.J’ai agi involontairement de ma personne, répondit le condamné, en ajoutant que Dieu lui-même a déclaré dans Son Livre que : «Si quelqu’un est contraint par la faim, sans inclination vers le péché… alors, Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » [22]Ô Mamoun ! Je suis privé de mes droits sur le Butin et le Khoums. Je mourrais de faim et j’eus commis ce vol, » poursuivit-il, en ne mâchant pas ses mots.En écoutant ces paroles, le calife illégal lui questionna :« Quels droits réclamez-vous du Butin et du Khoums ? »Le Soufi lui rétorqua par le langage du Saint Qurân : «Quelque chose que vous preniez, en butin, sachez que le quint [en] appartien à Allah, au Prophète, au Proche de [celui-ci], aux Orphelins, aux Pauvres, au Voyageurs, si vous croyez en Allah et à ce qu’Il fit descendre sur Son serviteurs, au Jour de la Salvation, au jour où les deux troupes se rencontrèrent. Allah, sur toute chose, est omnipotent.» [23]« Ö Mamoun ! Je suis nécessiteux et voyageur, en plus, connaissant bien les préceptes du Coran. Vous vous permettez encore de me dépouiller de ma part que le Saint Prophète lui-même m’a accordée ! Ajouta-t-il.Vous avez commis ce vol, un point c’est tout. Tout ce verbiage et toute cette malignité ne pourront pas empêcher le Code Divin d’appliquer le glaive de Ses Lois. Je vous couperai les mains, » lui répliqua le fils de Harun Al Rachid qui écuma de colère.L’homme Soufi prit son courage à deux mains et lui rendit la monnaie de sa pièce :« Il vaut mieux ne pas soulever la Loi Divine car elle vous serait infligée en premier avant de l’être à moi. (On ne fait pas ses ablutions avec de l’eau sale !)»Sur ces entrefaites, Mamoun se tourna vers l’Imam ar-Ridha (p), le Calife légal et le véritable Successeur du Saint Prophète, pour lui demander son avis.« Certes, il a commis le vol, mais sa déclaration est juste, » lui confirma l’Imam ar-Ridha (p)En s’adressant maintenant à l’habitant de Kufâ, Mamoun prit un coup de sang :« Par Dieu, je vous couperai certainement les mains.Comment ? lui riposta Le Soufi. Vous voulez couper mes mains tout en étant mon esclave ? Votre père avait acquis votre mère par l’argent du Trésor Public. Tant qu’ils ne vous affranchissent pas, vous restez esclave de tous les Musulmans, de l’Orient à l’Occident, et dont j’en fais partie.Je ne vous ai jamais délié de ce joug. D’autre part, de quel droit agissez-vous de la sorte contre moi ? Une chose impure peut-elle purifier une autre en état d’impureté ? Celui qui mérite lui-même la condamnation, comment peut-il appliquer la loi sur un autre ? N’avez-vous pas entendu la Parole d’Allah qui affirme que : «Commanderez-vous aux gens de faire le bien, et vous oubliez vous-mêmes de le faire, alors que vous récitez le Livre? Etes-vous donc dépourvus de raison? » [24]En écoutant ce langage qui, comme une flèche, transperça son cœur, Mamûn s’inquiéta fortement et eut recours à l’Imam (as) : « Qu’en dites-vous ? »A quoi, l’Imam ar-Ridha (p)  répondit en citant le Verset 149 de la Sourate Al-Anam, qu’Allah a informé Son Envoyé par cette Parole : «Dis: «L’argument décisif appartient à Allah. » [25]Cet Argument a le pouvoir, même sur l’ignorant, comme le savant a pouvoir par sa science. L’existence de ce monde comme de l’autre découle de cette Preuve. En outre, cet individu, de par son raisonnement probant, vous a profondément convaincu, continua l’Imam ar-Ridha (p).Mamûn Al Rachid relâcha le Soufi, mais garda rancune contre l’Imam ar-Ridha (p).30 du mois de Safar Martyre de l’Imam ar-Ridâ (a).La Cause du Martyre de l’Imam Ali ar-Reda (Psl)Al-Ma’mûn commençait à devenir de plus en plus en colère contre l’Imam Ali , car ce dernier n’a jamais cessé de le mettre en garde, de lui dire qu’il devait se repentir, de craindre Dieu, de lui faire prendre conscience de ses crimes, lui et ses prédécesseurs (Abassides)- De plus, il lui recommanda souvent de ne plus écouter les mauvais conseils des frères sahl.C’est à ce moment-là, que Ma’mûn, poussé par les frères Sahl, décida de mettre à mort le huitième imam. En l’invitant chez lui, le calife l’empoisonna.Le martyre de l’Imam ar-Ridâ (a) a été rapporté vendredi ou lundi de la fin de Safar ou 17 Safar, 21 Ramadan, 18 Jumâdâ al-Ûlâ ou 23 Dhu al-Qa’da, ou la fin de Dhu al-Qa’da de 202 H / 817 a.c., 203 H / 818 a.c. ou 206 H / 821 a.c.[26] Cheikh al-Kulaynî a mentionné le martyre de l’Imam au mois de Safar de 203 H / 818 a.c. à l’âge de 55 ans.[27]Selon la plupart des savants et historiens, l’Imam (a) est mort en martyr en 203 H / 818 a.c.[28] Tabrisî a mentionné son martyre à la fin de Safar.[29]Selon le désaccord ci-dessus, l’âge de l’Imam (a) au moment du martyre est entre 47 et 57 ans ;[30] cependant, l’opinion la plus commune sur son âge est 55 ans.Après avoir gardé sa mort secrète pendant un jour et une nuit, Ma’mûn fit chercher l’oncle de l’Imam, Muhamed Ibn Ja’far Al-Sadiq (Psl) et un groupe de la famille d’Abu Tâlib. Après que son noble corps eut été lavé et parfumé, on transporta la sainte dépouille vers sa tombe. Ma’mûn prit part au cortège funèbre et ordonna qu’il soit enterré dans la maison de Harûn-Al-Rachid, en direction de la Mecque.Il est rapporté que l’Imam Ali (Psl) ne laissa aucun enfant excepté son fils Abu Jâ’far Muhamed Ibn Ali  (Psl), le nouvel Imam qui avait 7 ans lorsque son noble père mourut.

https://fr.al-shia.org/les-caracteristiques-de-limam-ar-ridha/

La Naissance de l`Imam Ali al-Ridha (P)

La durée de son Imamat est de 20 ans. Sa mère était une esclave du nom de Umm Al-Banîn. Ali Al-Ridâ (p) est l’ainé des enfants de Mûsa.

La Période de son Imamat coïncida avec le califat de Haroun Rachid et de Ma’mûn.

Le huitième Imam parvint à l’imamat après la mort de son père, sur Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. La période de son imamat coïncida avec le califat de Hârun et de ses fils Amin et Ma’mûn. Après la mort de son père, Ma’mûn entra en conflit avec son frère Amin, conflit qui se termina par des guerres sanglantes et par l’assassinat d’Ami’n, à la suite duquel Ma’mûn devint calife. Jusqu’alors, la politique du califat Abbasside envers les chi’ites était devenue progressivement plus dure et plus cruelle. De temps à autre, un des partisans d’Ali (Alawis), se révoltait, provoquant des guerres et des rebellions qui causèrent de grandes difficultés au califat.

Les Imams chi’ites ne coopéraient pas avec les instigateurs de rebellions et se tenaient à l’écart de leurs affaires. Les chi’ites de cette époque, qui formaient une population importante, continuaient de considérer les Imams comme leurs guides religieux auxquels l’obéissance était due et comme les véritables califes du Prophète. Ils estimaient le califat très éloigné de l’autorité sacrée de leurs Imams, car le califat ressemblait à la cour des rois de Perse et des empereurs romains et était dirigé par des gens plus préoccupés de gouvernement mondain que d’application des principes religieux. La persistance d’une telle situation était dangereuse et constituait une sérieuse menace pour le califat.

Ma’mûn essaya de trouver une nouvelle solution à ces difficultés politiques qui, depuis soixante dix ans n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs Abbassides. Pour arriver à ses fins, il choisit le huitième Imam comme successeur, espérant ainsi surmonter deux difficultés: premièrement, empêcher les descendants du Prophète de se rebeller contre le gouvernement puisqu’ils en feraient eux-mêmes partie, et deuxièmement faire perdre aux gens leur croyance spirituelle et leur attachement intérieur aux Imams. Ceci se réaliserait en laissant les Imams s’enfoncer dans les affaires mondaines et la politique du califat qui avait toujours été considéré par les chi’ites comme mauvais et impur. De la sorte leur organisation religieuse s’écroulerait et ils ne représenteraient plus un danger pour le califat.

Ces desseins une fois accomplis, l’éloignement de l’Imam ne présenterait aucune difficulté pour les Abbassides. Afin de mettre en action son projet, Ma’mûn demanda à l’Imam de venir de Médine à Marw. Lorsqu’il y arriva, Ma’mûn lui offrit d’abord le califat et ensuite, la succession au califat. L’Imam s’excusa et refusa la proposition, mais il fut finalement conduit à accepter le principe de la succession, à condition qu’il ne se mêlât pas des affaires gouvernementales ni de la nomination et de la révocation des agents gouvernementaux.

Cet événement eut lieu en 200H/814. Mais Ma’mûn réalisa rapidement qu’il avait commis une erreur, car il y eut une propagation rapide du chi’isme un attachement croissant du peuple à l’Imam et une audience étonnante de l’Imam auprès du peuple et même de l’armée et des agents gouvernementaux.

Ma’mûn fit preuve d’un grand intérêt pour la traduction des œuvres intellectuelles et scientifiques en arabe. Il organisa des réunions dans lesquelles les savants des différentes religions et sectes se réunissaient et menaient des débats scientifiques et académiques. Le huitième Imam participa également à ces assemblées et se mêla aux discussions avec les savants d’autres religions. Plusieurs de ces débats sont enregistrés dans les collections de hadiths chi’ites.

LA CAUSE DE LA MORT DE ALI AL-REZA.

Al Ma’Mûn commençait à devenir de plus en plus en colère contre Ali, car ce dernier n’a Jamais cessé de le mettre en garde, de lui dire qu’il devait se repentir, de craindre Dieu, de lui faire prendre conscience de ses crimes, lui et ses prédécesseurs (Abbassides)- De plus, il lui recommanda souvent de ne plus écouter les mauvais conseils des frères sahl.

Ma’mûn, poussé par les frères Sahl, décida de mettre à mort le huitième imam.

En l’invitant chez lui, le calife l’empoisonnera. Après avoir gardé sa mort secrète pendant un Jour et une nuit, Ma’mûn fit chercher l’oncle de l’Imam, Muhammad b. Ja’far Al-SaJiq (p) et un groupe de la famille d’Abu Tâlib. Après que son noble corps eut été lavé et parfumé, on transporta la sainte dépouille vers sa tombe. Ses funérailles furent conduites par son fils, l’Imam Muhammad al-Taqi al-Jawâd (P) et il fut inhumé à Meshad (IRAN) où se trouve son mausolée aujourd’hui.

Ses connaissances, sa gentillesse, sa générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété sont universellement connues et n’ont pas besoin d’être relatées ici.

On raconte que l’imam aurait veillé toute la nuit en priant et qu’il aurait terminé la lecture de tout le Coran en trois jours. Il aurait prié pendant des heures d’affilée et accompli mille rak’ah en une journée et une nuit.. Il se serait prosterné pendant plusieurs heures. Il avait l’habitude de jeûner souvent. Il n’aurait jamais interrompu quelqu’un pendant qu’il parlait, ni abusé de quiconque. Il ne se serait jamais étendu en présence de quelqu’un, ni n’aurait jamais ri aux éclats, ni craché devant quelqu’un.

Il s’asseyait avec tous ses proches, femmes et serviteurs et partageait ses repas avec eux.

QUELQUES PAROLES DE L’IMAM AL-REZA (as)

-Celui qui ne remercie pas ses parents ne remercie pas Allah.

-Le meilleur raisonnement (aql) c’est de se connaître soi-même.

-La colère est un test pour le croyant car quand il est en colère, il ne s’éloigne jamais de la vérité et lorsqu’il est satisfait, il ne rentre jamais dans l’erreur. Et s’il se trouve dans une position de puissance, il ne prend que son droit.

LA MORALE DE L’IMAM (as)

Un jour, un homme dit à l’Imam ar-Ridza (as) : « Par Allah, tu es la meilleure des personnes ! »

Sur cette parole l’Imam (as) voulut donner un exemple à tous les musulmans et dit : « Il ne faut jamais faire les louanges d’une personne qui est face à vous, même si elle le mérite, Ô toi ne jure pas ! Il peut être meilleur que moi celui qui craint Allah plus que moi ! Par Allah, ce verset n’a pas été abrogé :  » Nous avons fait de vous des peuples et des tribus afin que vous vous entre connaissiez, est-il que le meilleur d’entre vous auprès d’Allah est celui qui le crains le plus. »

L’Imam (as) profitait de toutes les occasions pour propager l’Islam et ses principes sous forme de comportement concret afin qu’ils restent gravés dans la mémoire des gens.

https://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=301:la-naissance-de-limam-ali-al-ridha-p&catid=169&Itemid=595

La Cause du martyre de l`Imam Ali Al-Rida (p)

Al-Ma’mûn commençait à devenir de plus en plus en colère contre Ali, car ce dernier n’a Jamais cessé de le mettre en garde, de lui dire qu’il devait se repentir, de craindre Dieu, de lui faire prendre conscience de ses crimes, lui et ses prédécesseurs (Abassides)- De plus, il lui recommanda souvent de ne plus écouter les mauvais conseils des frères sahl.

C’est à ce moment-là, que Ma’mûn, poussé par les frères Sahl, décida de mettre à mort le huitième imam. En l’invitant chez lui, le calife l’empoisonnera. Après avoir gardé sa mort secrète pendant un Jour et une nuit, Ma’mûn fit chercher l’oncle de l’Imam, Muhamed b. Ja’far Al-SaJiq (p) et un groupe de la famille d’Abu Tâlib. Après que son noble corps eut été lavé et parfumé, on transporta la sainte dépouille vers sa tombe. Ma’mûn prit part au cortège funèbre et ordonna qu’il soit enterré dans la maison de Harûn-Al-Rachid, en direction de la Mecque.

Il est rapporté que Ali (p) ne laissa aucun enfant excepté son fils Abu Jâ’far Muhamed b.’Ali (p), le nouvel imam qui avait 7 ans lorsque son noble père mourut.

Le Martyre de l`Imam Ali Reza (p)

Biographie

Nom : Ali (as)

Son titre : Al-Ridâ (consentement, assentiment), Sabir, Fazil, Razi…

Son Kouniyat : Abû Al-Hassan, Abu Ali

Père : Imam Moussa Kazim (as)

Mère : Oumoul Banin Najma Khatoun (as)

Date et lieu de naissance : 11 Zilkaad 148 de l’hégire à Madina

Date et lieu de Décès : 29 safar 203 de lhégire à Mashad (Iran)

La Période de son Imamat coïncida avec le califat de :

  • Harun Rachid
  • Ma’mûn

Ses connaissances, sa gentillesse, sa générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété sont universellement connues et n’ont pas besoin d’être relatées ici.

Le Calife Mamoun voulut désigner l’Imam comme héritier présomptif. L’Imam (as) déclina son offre, car il prévoyait la ruse du Calife. Toutefois Mamoun le força à accepter le titre de successeur. Mais l’Imam (as) n’accepta cette offre forcée qu’à condition de ne prendre aucune part à l’administration du gouvernement.

La large connaissance de l’Imam (as) en matière de religions et écoles juridiques diverses se révéla au cours de différents débats organisés par Mamoun. Même des voyageurs retournant à leurs pays respectifs auraient relaté les larges connaissances de l’Imam (as)

L’Imâm Reza (as) rencontrait des Chrétiens, des Juifs, des Sabéens et des athées pour dialoguer avec eux, pour leur parler de l’Islam et pour discuter avec eux de leurs religions et de leurs idées. Selon les témoignages des contemporains qui étaient au courant de ces discussions, les adeptes de ces religions se trouvaient devant lui à court de réponse. Ils se taisaient comme le fait celui qui ne possède pas de preuve pour défendre son avis.

Ma’mûn réalisa rapidement qu’il avait commis une erreur, car il y eut une propagation rapide du shi’isme un attachement croissant du peuple à l’Imam (as) et une audience étonnante de l’Imam (as) auprès du peuple et même de l’armée et des agents gouvernementaux.

Ma’mûn chercha un remède à ses difficultés et fit empoisonner l’Imam (as). Après sa mort, l’Imam fut enterré dans la ville de Tûs en Iran, qui se nomme actuellement Mashad. Ma’mûn fit preuve d’un grand intérêt pour la traduction des œuvres intellectuelles et scientifiques en arabe.

Il organisa des réunions dans lesquelles les savants des différentes religions et sectes se réunissaient et menaient des débats scientifiques et académiques. Le huitième Imam (as) participa également à ces assemblées et se mêla aux discussions avec les savants d’autres religions.

https://al-mostabserin.com/french/523

Biographie de l’Imam Ali Al-Ridha(P)

Le Huitème Imam est Ali al-Reda, fils de Moussa. Sa mère est la Dame Najma.

L’Imam est né le 11 Thul Qi’da de l’an 148 A.H. à Médine. Il est mort empoisonné le dernier jour du mois de Safar, 203 A.H. Ses funérailles furent conduites par son fils, l’Imam Muhammad al-Jawad et il fut inhumé à Machhad (Iran) où se trouve son mausolée aujourd’hui.

L’imam al-Reda parvint à l’imamat après la mort de son père, sur Ordre divin et décret de ses prédécesseurs. La période de son imamat coïncida avec le califat de Hârun et de ses fils Amin et Ma’mûn. Après la mort de son père, Ma’mûn entra en conflit avec son frère Amin, conflit qui se termina par des guerres sanglantes et par l’assassinat d’Ami’n, à la suite duquel Ma’mûn devint calife. Jusqu’alors, la politique du califat Abbasside envers les shi’ites était devenue progressivement plus dure et plus cruelle. De temps à autre, un des partisans d’Ali, se révoltait, provoquant des guerres et des rebellions qui causèrent de grandes difficultés au califat.

Ses connaissances, sa gentillesse, sa générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété étaient sans limites.

On raconte que l’Imam aurait veillé toute la nuit en priant et qu’il aurait terminé la lecture de tout le Coran en trois jours. Il aurait prié pendant des heures d’affilées et accompli mille rak’ah en une journée et une nuit. Il se serait prosterné pendant plusieurs heures. Il avait l’habitude de jeûner souvent.

Il n’aurait jamais interrompu quelqu’un pendant qu’il parlait, ni abusé de quiconque. Il ne se serait jamais étendu en présence de quelqu’un, ni n’aurait jamais ri aux éclats, ni craché devant quelqu’un.

Il s’asseyait avec tous ses proches, femmes et serviteurs et partageait ses repas avec eux.

Le Calife Ma’mûn essaya de trouver une nouvelle solution à ces difficultés politiques qui, depuis soixante-dix ans n’avaient pu être résolues par ses prédécesseurs Abbassides et il voulut désigner l’Imam comme héritier présomptif.L’Imam déclina son offre, car il prévoyait la ruse du Calife. Toutefois Ma’mûn le força à accepter le titre de successeur. Mais l’Imam n’accepta cette offre forcée qu’à condition de ne prendre aucune part à l’administration du gouvernement.

Pour arriver à ses fins, le calife choisit le huitième Imam comme successeur, espérant ainsi surmonter deux difficultés: premièrement, empêcher les descendants du Prophète de se rebeller contre le gouvernement puisqu’ils en feraient eux-mêmes partie, et deuxièmement faire perdre aux gens leur croyance spirituelle et leur attachement intérieur aux Imams.Ceci se réaliserait en laissant les Imams s’enfoncer dans les affaires mondaines et la politique du califat qui avait toujours été considéré par les shi’ites comme mauvais et impur. De la sorte leur organisation religieuse s’écroulerait et ils ne représenteraient plus un danger pour le califat. Ces desseins une fois accomplis, l’éloignement de l’Imam ne présenterait aucune difficulté pour les Abbassides.

Afin de mettre en action son projet, Ma’mûn demanda à l’Imam de venir de Médine à Marw. Lorsqu’il y arriva, Ma’mûn lui offrit d’abord le califat et ensuite, la succession au califat. L’Imam s’excusa et refusa la proposition, mais il fut finalement forcé à accepter le principe de la succession, à condition qu’il ne se mêlât pas des affaires gouvernementales ni de la nomination et de la révocation des agents gouvernementaux.

L’héritier présomptifDieu, le Très-Haut, dit dans Son Noble Livre : ((Dieu ne veut que vous éviter l’impureté, [ô] Membres de la Famille [du prophète], et vous purifier excellemment.)) (Coran XXXIII, 33).C’est au onzième jour du mois sacré de Dhoul-Qi’da qu’a eu lieu la naissance de l’Imam ‘AliIbn Mûssâ ar-Ridâ (p), cet Imam qui a mené une vie particulièrement dynamique. Un événement qui a marqué sa vie résidait dans le fait que le calife abbâsside lui a imposé la fonction d’héritier présomptif. Il voulait passer le califat des descendants de al-‘Abbâs aux descendants de ‘Alî et Fâtima (p). L’arrière-fond de ce changement trouve son origine dans le conflit, pour le califat, qui a éclaté entre al-Ma’mûn et son frère al-Amîn. Le conflit a touché à sa fin avec le meurtre d’al-Amîn par al-Ma’mûn qui a demandé à l’Imam ar-Ridâ (p) de se charger de la fonction d’héritier présomptif. L’Imam (p) savait que cette proposition faite par al-Ma’mûn lui était imposée par la situation négative qui entourait les Abbâssides qui ne voulaient pas laisser le califat passer de leurs mains à des autres. Les transmetteurs affirment que, plus tard, al-Ma’mûn se détourna de l’Imam ar-Ridâ (p) qui a rejoint sa famille avant d’être empoisonné par al-Ma’mûn, comme l’affirment les historiens.En célébrant la mémoire de l’Imam ar-Ridâ (p), nous essayons de nous arrêter devant certains aspects de la personnalité de cet Imam (p). Il est dit dans sa biographie que, lorsqu’il a été nommé héritier présomptif, les poètes se mirent à se présenter devant lui pour lui réciter des poèmes d’éloge. Parmi ces poètes, on note Abû Nuâs qu’on considérait comme chiite et qui a dit en s’adressant à l’Imam (p) :On m’a dit que je suis le poète le plus distingué parmi tous les gens,Et que je compose des paroles ingénieuses.Que je construis des joyaux en versQui deviennent des perles dans les mains de ceux qui les cueillent.Pourquoi donc tu ne fais pas l’éloge du Fils de MûssâEt des qualités qu’il a rassemblées en lui ?J’ai répondu : Comment pourrais-je faire l’éloge d’un Imam,Pour le père de qui Jibrîl était  le serviteur ?Le savoir  de l’Imam (p)En nous penchant sur l’histoire de la vie de l’Imam (p) à la Médine, nous trouvons qu’il recevait les gens à la Mosquée pour les instruire et leur fournir des fatwas. Certains de ses compagnons ont compté les rapports qu’il a prononcés et ont trouvé qu’ils étaient au nombre de dix-huit mille rapports, dont la plupart étaient des réponses à des questions qui lui ont été posées dans les divers domaines de la science. Il se mettait dans un coin de la Mosquée et les autres savants occupaient d’autres coins. Mais chaque fois qu’ils se trouvaient dans l’incapacité de répondre à une question, ils le désignaient pour que les quêteurs aillent chercher les réponses auprès de lui.L’amour que les gens lui vouaientL’Imam ar-Ridâ (p) était la personnalité qui a donné à l’histoire de l’Islam un haut niveau sur les plans scientifique, gnoséologique, spirituel et relatif à la foi. Sur la route qu’il a conduit de  la Médine à Khorasan, les habitants des villes qu’il traversait profitaient de l’occasion et accourraient vers lui pour lui poser des questions et se renseigner auprès de lui. Il répondait, à la manière de ses pères et des Prophètes, et en se référant au Coran, pour insister sur la question de l’unicité de Dieu, sur l’importance de ne rien Lui associer, et de vivre sur la base de la sérénité de la foi en cette unicité, de sa profondeur et de la grandeur de l’engagement dans la voie de l’unicité de Dieu, le Très-Haut.Les Paroles de l’Imam (p) sont celles du Messager de Dieu (P)Les transmetteurs disent qu’en arrivant dans la ville de Merv, l’Imam (p) a vu les savants et tout le monde se rassembler autour de lui pour lui dire : “Parle à nous, ô Fils du Messager de Dieu !”. Ses paroles étaient centrées sur la nécessité de la foi en l’unicité de Dieu, car c’est cette foi qui authentifie l’engagement au service de l’Islam et qui rapproche l’homme de Dieu. Il s’est donc adressé aux gens du haut de sa monture et leur a dit: “Mon père Mûssâ Ibn Ja’far, qui le tient de son père Ja’far Ibn Muhammad, qui le tient de son père Muhammad Ibn ‘Alî, qui le tient de son père ‘Alî Ibn al-Hussein, qui le tient de son père al-Hussein Ibn ‘Alî, qui le tient de son père ‘Alî Ibn Abû Tâlib, qui, le tient du Messager de Dieu (P), qui le tient de Jibrîl, qui le tient de Dieu qui a dit : “L’expression “Il n’y a pas de Dieu si ce n’est Dieu” est Ma citadelle ; Celui qui entre dans Ma citadelle sera épargné de Mon châtiment’”.Un connaisseur de son époqueCertains des compagnons de l’Imam ar-Ridâ (p) ont transmis des rapports sur certaines de ses qualités qui montrent comment il représentait les bons caractères et les valeurs spirituelles de l’Islam. Ibrâhîm Ibn ‘Abbâs as-Sawlî a dit à ce propos : “Jamais ar-Ridâ (p) n’a été interrogé sur une question sans en connaître la réponse. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui, comme lui, savait tout ce qui s’est déroulé depuis le début des temps jusqu’à son époque”. Il vivait à son époque. Il n’était pas séparé de l’étape dans laquelle il vivait. Il savait ce qui se passait à son époque, et il traitait toutes les questions qui s’y posaient. C’est une leçon que les savants devraient apprendre : Le savant qui vit à une époque devrait la connaître. Il devrait connaître les aspirations des gens de son époque, leurs raisons et leurs manières de penser. Et tout cela conformément à la parole du Prophète (P) qui dit : “Nous, les prophètes, nous avons eu l’ordre de parler aux gens selon leurs raisons”. Et as-Sawlî de poursuivre : “Al-Ma’mûn le testait en lui posant des questions sur toutes choses et chaque fois il répondait avec des extraits du Coran”. Il se référait donc au Noble Coran pour apprendre aux gens ce qu’ils devraient faire.Le confident du Coran L’Imam ar-Ridâ (p) récitait la totalité du Coran tous les trois jours. Il disait : “Si je voulais le réciter tout entier en moins de trois jours, je l’aurais pu. Mais je n’ai jamais lu un Verset sans y réfléchir, et sans réfléchir à la circonstance de sa révélation et au temps de sa révélation”. Le Noble Coran était pour lui sa culture. Il s’arrêtait devant chacun de ses Versets pour sonder son sens et sa signification, ce qu’il inspire, ses circonstances de révélation et le problème qu’il traite. C’est ce que nous devrions, nous-mêmes, apprendre, c’est-à-dire, la lecture du Coran afin de le comprendre et de savoir comment l’appliquer.La politesse de l’Imam (p)Dans un autre rapport, Abû al-‘Abbâs as-Sawlî dit : “Je n’ai jamais vu ni entendu parler de quelqu’un de meilleur que Abû al-Hassan ar-Ridâ. Il avait des conduites que n’avait personne d’autre. Il était le plus savant et le plus brillant. Al-Ma’mûn a rassemblé un grand nombre de savants de toutes les religions, et il leur a demandé de lui poser des questions. L’Imam (p) leur répondait et les confondait et ils ont tous reconnu leur propre faiblesse comparée à la supériorité de l’Imam dans tous ces domaines. Je ne l’ai jamais vu interrompre personne avant qu’elle n’eut  terminé sa parole. Il n’a jamais manqué de répondre positivement aux demandes qu’on lui faisait et qu’il pouvait réaliser. Il n’a jamais tendu ses pieds ni s’est allongé en  présence de ses compagnons. Il n’a jamais insulté un de ses serviteurs. (Il avait à cette époque des serviteurs et des esclaves. Il était doux avec eux, et nul ne dit qu’il aurait insulté l’un d’eux).  Je ne l’ai jamais vu cracher ou rire aux éclats. Son rire n’allait pas au-delà du sourire… Il se mettait à table avec ses serviteurs, et même avec le portier et le palefrenier. Il dormait peu pendant la nuit, et jeûnait pendant la journée et ne manquait jamais de jeûner trois jours par mois. Il disait que “ce jeûne est le jeûne éternel”. Il faisait, discrètement beaucoup de bien et discrètement il donnait l’aumône. Le plus souvent, il le faisait quand il fait nuit noire. Ne croyez pas celui qui prétend avoir vu quelqu’un qui lui ressemblerait”.Rajâ’ Ibn Abû ad-Dahhâk qui a accompagné l’Imam ar-Ridâ (p) dans son voyage de Médine à Merv le décrit en ses termes :” Je l’ai accompagné de Médine jusqu’à Merv et je n’ai vu un homme plus pieux que lui ; ni un homme qui, plus que lui, évoque Dieu pendant tout son temps ; ni un homme qui, plus que lui, a peur de Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire. Dès mon arrivée chez al-Ma’mûn, il m’a interrogé sur ce qu’il faisait lors du voyage. Je l’ai mis au courant de ce que je l’avais vu faire des ses jours et de ses nuits, lors de ses temps de repos et lors de ses haltes, et al-Ma’mûn m’a dit : “Oui, ô Ibn Abû ad-Dahhâk ! Il est les meilleur parmi les habitants de la terre, le plus savant et le plus pieux”.La modestie de l’Imam (p) Dans son livre, “al-Kâfî”, al-Kulaynî rapporte d’un homme de Balkh qui dit : ”Je me trouvais avec l’Imam ar-Ridâ lors de son voyage au Khorasan. Il a un jour demandé qu’on lui donnât à manger ; mais avant de commencer, il a réuni autour de sa table tous ses serviteurs noirs et blancs. Je lui ai dit alors : ‘Que je sois sacrifié pour toi, pourquoi ne laisses-tu pas ceux-là manger seuls autour d’une table à eux ? Il m’a répondu -que la paix soit sur lui : ‘Le Seigneur est un, la mère est une, le père est un, mais la rétribution sera distribuée selon les actions’”.‘Alî Ibn Shu’ayb a dit : “Je suis entré chez Abû al-Hassan, ‘Alî Ibn Mûssâ ar-Ridâ (p) qui m’a dit : ‘ O ‘Alî, qui, parmi les gens mène au mieux sa vie ?’. Sire, ai-je répondu, tu le sais mieux que moi. Alors il m’a dit : ‘Il est celui qui, en vivant, fait améliorer les conditions de vie des autres’. O ‘Alî, qui est, parmi les gens, qui mène au pire sa vie ?’. Tu le sais mieux que moi, ai-je répondu. Alors il m’a dit : ‘Il est celui qui, en vivant, ne fait pas améliorer la vie des autres”.L’Imam ar-Ridâ (p) : Hadîths choisisL’Imam ar-Ridâ (p) a dit : “L’ami de chacun est sa raison, son ennemi est son ignorance”, car c’est grâce à la raison que l’homme distingue le beau du laid, et l’ignorant porte atteinte à soi-même avant de porter atteinte aux autres. L’Imam (p) a dit aussi : “Se comporter avec douceur avec les gens est la moitié de la raison”. Et aussi : “La piété ce n’est pas la pratique excessive du jeûne et de la prière. Elle est le fait de réfléchir souvent à l’entreprise de Dieu”. La piété doit donc siéger dans la raison de l’homme : Tant qu’il connaît mieux son Seigneur, il se rapproche davantage de Dieu, le Très-Haut. Et : “Que tu aides le faible vaut mieux que de lui donner l’aumône”.L’Imam ar-Ridâ (p) a rempli le monde musulman. Il voulait voir les gens élever le niveau de leur savoir et de leur conscience,   vivre pour davantage connaître Dieu, pour davantage se rapprocher de Lui et  Lui être fidèles. Voilà ce qu’était la conduite des Imams appartenant aux Gens de la Maison (p) que Dieu a destinés à agir pour promouvoir le niveau des gens.Que la paix soit sur l’Imam ar-Ridâ, le jour où il est né, le jour où il est passé auprès de son Seigneur et le Jour où, vivant, il sera ressuscité.

https://fr.al-shia.org/biographie-de-limam-ali-al-ridhap/