Le chagrin de l’imam Zayn al-Abidin pour son père et sa famille (la paix soit sur eux).

L’imam Ali bin Al-Hussein Zain Al-Abidin (que la paix de Dieu soit sur lui) a été témoin de la mort de son père, de ses frères, de ses cousins, des compagnons de son père et d’autres, et il a vécu l’injustice, le chagrin et la douleur de ces scènes tragiques.

Puis il a enduré l’amertume de la captivité, et ses leçons à ce sujet ne se sont pas arrêtées tant qu’il était en vie.

L’imam Zayn al-Abidin (que la paix soit sur lui) a pleuré jour et nuit. En deuil pour son père et sa famille, l’Imam al-Sadiq (la paix soit sur lui) dit : Mon grand-père Ali Ibn al-Husayn a pleuré pour son père pendant vingt ans, et aucune nourriture n’a été placée devant lui mais il a pleuré, et certains de ses serviteurs l’humilièrent et lui dirent : Je crains pour toi que tu ne sois l’un des périssables.

L’imam dit doucement : ceci.. (Je ne me plains de mon chagrin et de mon chagrin qu’à Dieu, et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas) [Youssef : 86] Ses yeux sont devenus blancs de tristesse. J’ai regardé mon père, mes frères, mes oncles paternels, et mes compagnons qui ont été tués autour de moi, alors comment mon chagrin peut-il finir ?! Je ne me souviens pas de la mort du fils de Fatima, sauf que la leçon m’a étouffé, et quand j’ai regardé mes tantes et sœurs, je me suis souvenu de leur fuite de tente en tente.

Le sinus de l’imam augmentait et sa douleur se multipliait lorsqu’il regardait l’eau, car elle lui rappelait la soif de son père et des gens de sa maison, et les narrateurs disent : S’il prenait de l’eau à boire, il pleurait, et il lui a été dit à ce sujet. Il a dit : Comment puis-je ne pas pleurer quand mon père a été privé de l’eau qui était gratuite pour les lions et les bêtes.

Il a été rapporté d’après l’autorité d’Abu Abdullah al-Sadiq (que la paix soit sur lui) qu’il a dit : Il y en a cinq qui pleurent : Adam, Jacob, Joseph, Fatimah; fille de Muhammad (que Dieu le bénisse ainsi que sa famille) et Ali ibn al-Husayn (la paix soit sur eux) un an ou quarante ans, aucune nourriture n’a été placée devant lui mais il a pleuré, jusqu’à ce que son maître lui dise : Que je sois ta rançon, ô fils du Messager de Dieu ! Je crains que tu ne fasses partie des perdus.

Il (la paix soit sur lui) a dit : Je me plains seulement de mon chagrin et de mon chagrin à Dieu, et je sais de Dieu ce que vous ne savez pas.

https://alkafeel.net/news/index?id=13555&lang=fr

La Naissance de l’Imam Ali Zaynoul Abedine (p)

‘Imam-As’Sadjdjad (Ali fils de  Hussayn nommé Zayn Al-Abidin et As-sadjad) était le fils du troisième Imam (as) et de la princesse Shahrbânou, la fille du Roi d’Iran Yazdgerd III. Il est né le 5 Sha’bane de l’an 38 de l’Hégire. Lorsque l’Imam Al-Hussain (as) épousa la princesse Shahrbânou, l’Imâm Al-Ali (as) lui dit :

« Ô, Aba Abdallah ! Elle, Shahrbanou, mettra au monde pour toi, le meilleur homme qui soit « .

Il devint le 4ème Imam (as) de la descendance du Prophète après le meurtre de l’ Imam Al-Hussain (as). Il était le seul survivant des fils du troisième Imam (as) car ses trois frères, Ali Akbar, Dja’ffar et Ali Asghar (ou Abdallah) qui était un nourrisson se martyrisèrent à Karbala.

Il était sans égal quant à son savoir, ses prières et ses autres qualités telle que la piété, l’aide aux pauvres. Beaucoup de gens ont acquis le savoir de lui. Ses paroles, ses invocations et ses narrations historiques sont encore préservées. Il sortait fréquemment dans l’obscurité de la nuit, portant des bourses et parfois de la nourriture et même des bûches. Lorsqu’il arrivait à la maison d’un pauvre, il frappait à la porte et distribuait ce qu’il portait. Il tenait à cacher son visage pour garder l’anonymat. C’est seulement lorsqu’il mourut que les gens comprirent que c’était lui qui avait toujours été leur bienfaiteur.

Il aimait beaucoup à s’asseoir et manger avec les pauvres, les orphelins et les infirmes. Sa conduite était exemplaire. Chaque mois il rassemblait ses esclaves et leur disait : «Si quelqu’un parmi vous désire se marier, je le marierai. Et quiconque désire être libre, je, lui rendrai sa liberté». Chaque fois que quelqu’un venait lui exprimer son besoin, il lui disait : «Bienvenu à toi qui m’aide à transférer mes économies dans l’au-delà».

Il était pieux et il accomplissait d’innombrables rak’ah de Prières par jour. Pendant la Prière, son corps tremblait comme une feuille de palmier et son visage pâlissait par crainte d’Allah, Il était connu comme «dul thafana», c’est-à-dire quelqu’un dont la peau des genoux s’est endurcie à force de travail. L’origine de ce titre est due à ses nombreuses prosternations, qui provoquent le durcissement de la peau du front, de la paume des mains, des genoux et des pouces. Tous les six mois, ces parties durcies devaient être enlevées.

Lorsqu’il se rappelait Allah (swt) et Ses bontés, il se prosternait toutes les fois qu’il récitait les versets dans lesquels la prosternation était mentionnée, il se prosternait. Toutes les fois qu’il accomplissait ses prières obligatoires où qu’il réconciliait deux personnes, il se prosternait. C’est en raison de ces actes de prosternation qu’il fut surnommé «al-Sajjâd» (celui qui se prosterne beaucoup). Les gens de son époque avaient l’habitude de dire : «Nous n’avons jamais vu un Quraychite meilleur que lui».

L’Imam (as) accompagna son père dans ce voyage qui se termina à Karbala  mais à cause d’une maladie grave et de son inaptitude à porter les armes, il fut empêché de participer à la guerre sainte. Il fut envoyé avec les femmes à Damas. Après une période d’emprisonnement, il fut renvoyé avec tous les captifs à Médine car Yazid voulait se concilier l’opinion publique avec soi-même. Sur l’ordre du calife Omeyyade, Abdal Malik, il fut enchaîné et envoyé de Médine à Damas, puis renvoyé de nouveau à Médine.

Après le dernier retour à Médine, le quatrième Imam (as) se retira apparemment de la vie publique et il pria seulement. Il choisit la manière de la prière pour guider les hommes et écrit « Sahifah Sadjadjadiyah « . Il fut en relation seulement avec les élites des Chi’ites: Abou Hamzeh Themâli, Abou Khâlid Kâbouli et leurs semblables. Ils répandaient les sciences religieuses qu’ils apprenaient de l’Imam (as) parmi les chi’ites. De cette manière, le Shiisme s’étendit considérablement pendant l’ Imâmat du cinquième Imam (as). Parmi les oeuvres du quatrième Imam (as), le livre nommé : « Sahifah Sadjdjadiyah » qui consiste en cinquante -sept prières se rapportant aux plus sublimes sciences divines.

https://erfan.ir/french/57846.html

La méthode de l’Imam Ali Zain al-Abidin dans la construction sociale et spirituelle

L’Imâm ‘Alî Ibn al-Hussein, Zayn al-‘âbidîn, as-Sajjâd (p), a abordé certaines questions en relation avec la réalité sociale. De la même manière que nous avons besoin de vivre avec nos Imâms (p) le climat spirituel qui nous attache à Dieu et qui approfondit en nous la foi en Lui, à Lui la Grandeur et la Gloire, il nous est également indispensable de vivre, avec eux, la dimension sociale fondée sur la dimension spirituelle, pour apprendre d’eux, comment affermir notre foi dans notre réalité à travers ces lignes morales.

Voyons quelles sont ces lignes :L’Imâm as-Sajjâd (p) a dit :  » Je n’aimerais pas gagner les Chameaux rouges si j’avais, en échange, à perdre mon âme « .

Les Chameaux rouges, on le sait, constituent une très grande fortune. L’Imâm veut dire que si j’avais à choisir entre cette grande fortune et le fait d’accepter d’être humilié par un gouverneur tyrannique, je n’opterais pas pour la fortune car, rien dans cette vie n’a de valeur égale au sentiment de dignité… Tu es donc appelé à ne pas te laisser humilier par une créature qui t’est semblable alors que vous êtes, tous les deux, égaux.

L’Imâm (p) poursuit en disant :  » Je n’ai jamais avalé une coupe qui me soit plus douce qu’une coupe de colère que je retiens au lieu de la faire éclater contre une personne qui m’aurait irrité « .

Tu es donc invité à supporter la personne qui t’aura porté atteinte même si elle t’irrite. Tu dois dompter ta colère pour te rapprocher de Dieu, car Dieu dit : « Que vous soyez justes, c’est plus proche de la crainte révérencielle » (Coran II, 237).

L’Imâm as-Sajjâd (p) aborde aussi une question sensible qu’est le fanatisme. Il dit à ce propos : « Le fanatisme qui est péché consiste, pour quelqu’un, dans le fait de considérer les mauvaises personnes parmi les siens comme étant meilleures que les bonnes personnes appartenant à un autre clan « . Tu appartiens, par exemple, à un clan, à un parti, à une confession ou à un mouvement donné. Ton fanatisme, si tu es fanatique, te fait voire les mauvaises personnes parmi les tiens comme bien meilleures que les bonnes personnes appartenant à l’autre clan. Alors tu prends le côté de celui qui appartient à ton clan même s’il est méchant et tu le fais rien que parce qu’il appartient à ton clan. Tu prends une attitude hostile à l’autre rien que parce qu’il n’appartient pas à ton clan.

L’Imâm (p) ajoute » Aimer les siens ne fait pas partie du fanatisme, mais les aider à commettre des injustices fait partie du fanatisme « . La foi t’oblige de t’opposer à celui qui appartient à ton propre clan lorsqu’il suit la voie de l’injustice, et de soutenir ton ennemi lorsqu’il est traité injustement.

Voilà ce qu’est la grande ligne du concept islamique humain qui gère l’appartenance de l’homme à une sphère familiale, nationale ou ethnique. Il est naturel pour l’homme d’aimer ceux qui se rencontrent avec lui à l’intérieur de cette sphère. Cela constitue une conséquence naturelle au niveau des sentiments des relations humaines normales. Mais dans le cas où cette sphère s’approche des principes afin de les démolir en portant l’homme à soutenir l’oppresseur qui appartient à son clan contre l’opprimé qui n’y appartient pas, l’homme doit se placer du côté du principe et non pas du fanatisme.

Voire ses défauts avant de voir ceux des autres

Pour ce qui est de la question sociale, l’Imâm as-Sajjâd (p) définit une voie positive à emprunter au sujet des relations des gens les uns avec les autres. Il dit à ce propos :  » Celui qui possède ces trois qualités est sous la protection de Dieu, et Dieu lui donnera, au Jour du Jugement, un place à l’ombre de Son trône. Il lui donnera aussi la sécurité au Jour de la Grande Peur. Ces qualités sont celle de celui qui donne aux gens ce qu’il peut leur demander, celle de celui qui n’avance ni ne recule d’un seul pas avant de savoir si ce qu’il fait est ou n’est pas dans l’obéissance ou dans la désobéissance à Dieu ; et celle de celui qui ne reproche à l’autre un vice avant d’en se débarrasser lui-même. Chacun a assez de vice qu’il lui vaut mieux s’en occuper avant de s’occuper de ceux des autres « .

Gagner le Paradis sans passer par le jugement

Les paroles de l’Imâm as-Sajjâd (p) sont des paroles instructives fondées sur la bonne nouvelle et le souci de gagner un haut rang auprès de Dieu. Il a dit :  » Au Jour du Jugement, un crieur lancera l’appel suivant : ‘Que les personnes de bons mérites se lèvent’. Des gens se lèveront et on leur dira : ‘Entrez dans le Paradis !’. Avant d’y arriver, les Anges les accueilleront en leur disant : ‘Où allez-vous ?’. Ils finiront par savoir qu’ils vont au Paradis sans passer par le Jugement parce qu’ils sont les gens de bons mérites. Et d’expliquer, ces gens diront : ‘Si l’on nous traitait avec injustice et agressivité, nous répondions par mansuétude, pardon et patience’. On appellera ensuite les gens de patience qui déclareront :

‘Nous étions décidés à obéir à Dieu et à ne pas commettre des péchés’. On appellera ensuite les voisins de Dieu qui s’avèreront être très peu nombreux et qui déclareront : ‘Nous nous visitions mutuellement rien que par amour de Dieu et nous nous sacrifions les uns pour les autres rien que par amour de Dieu’. Ces trois groupes gagneront ainsi le Paradis aux cris des Anges qui leur diront : ‘Quelle bonnes récompense qu’est la récompense de ceux qui oeuvrent pour Dieu ! « .

Par cette Tradition, l’Imâm (p) entend nous montrer que les bons caractères de l’Islam, comme la mansuétude, la patience, le pardon, le don et le sacrifice, représentent la ligne islamique qui permet à l’homme de gagner le gros lot, c’est-à-dire de gagner le Paradis sans passer par le Jugement. Y a-t-il une récompense qui puisse être plus grande ?! Il est vrai que l’homme qui rompt avec la convoitise peut se sentir privé, mais sa privation ne lui porte aucun préjudice dans la mesure où la récompense en sera la félicité.

Savoir pour agir

Les Imâms appartenant aux Gens de la Maison (p) ont défini une attitude claire en ce qui concerne la recherche du savoir : L’homme doit rechercher le savoir pour le transformer en réalité et en action dans la vie.Le savoir n’est pas requis pour être vécu par l’homme sous sa forme abstraite ou à travers les informations qu’il réunit dans sa pensée. Le savoir est requis pour la reconstruction de la vie et de l’action humaine ou pour produire ce dont l’homme a besoin pour atteindre ses buts.

D’où l’homme doit poser des questions pour s’instruire, il doit apprendre pour transformer son savoir en action au service de l’homme et de la vie.

Quant à ceux qui apprennent sans agir, ils ne peuvent pas utiliser leur savoir et le mettre au service de l’homme.

On le constate chez beaucoup de ceux qui étudient et qui transforment leurs raisons en bibliothèque mais sans utiliser le contenu de cette bibliothèque pour transformer la réalité humaine, pour faire de la réalité humaine arriérée une réalité avancée, pour faire de la réalité corrompue une réalité saine.

On lit dans une Tradition :  » Un homme est venu voire l’Imâm Zayn al-‘âbidîn (p) auquel il a posé des questions et a eu des réponses à ces questions. Puis il est revenu pour lui poser d’autres questions. Alors l’Imâm (p) lui a dit : ‘Il est écrit dans l’Evangile : ‘Ne cherchez pas à savoir ce que vous ne savez pas avant d’avoir agi à partir de ce que vous savez, car le savoir qui n’est pas traduit en action ne fait que rapprocher l’homme de la mécréance et ne fait qu’éloigner l’homme de son Seigneur’ « . Dieu nous demande de savoir pour agir, pour que le savoir change toute notre foi, toute notre action et toute notre réalité humaine.

D’après ce qu’il disait aux gens, l’Imâm (p) leur demandait de continuer de travailler lorsqu’ils commençaient une action de bien, qu’elle soit au niveau du culte ou au niveau des relations avec les autres et avec la vie. Il en est ainsi car Dieu, le Très-Haut, n’aime pas que le bien pratique dans la vie de l’homme soit une affaire d’occasion perdue, c’est-à-dire un bien qu’on fait et qu’on n’en récolte pas les fruits. Ce que l’Imâm (p) nous demande -lorsque nous croyons qu’une telle action est une action de bien- est d’essayer de l’adopter comme direction et de la suivre dans notre vie. Il dit à ce propos :  » J’aime bien poursuivre l’action même si elle n’est pas grande « . Il ne s’agit pas de travailler beaucoup, mais de persévérer dans le travail car cela conduit aux résultats et consolide les positions du bien dans la vie.

La richesse est dans le contentement

L’Imâm as-Sajjâd (p) insiste à dire que la richesse de l’âme réside dans le contentement dans le rapport de l’homme à ses besoins, et que la pauvreté réside dans la convoitise. Il dit à ce propos :  » J’ai constaté que tout le bien se trouve dans le fait de ne pas convoiter ce que possèdent les autres « .La raison est que le fait de convoiter ce que possèdent les autres te conduit à t’humilier et à t’incliner devant tes convoitises, ce qui permet aux autres de t’exploiter même au niveau de ce dont tu crois et de ce dont tu veux. Cela peut te conduire à la déviation, alors que dompter la convoitise te conduit à te révolter contre le mal qui est en toi et cela augmente ce que tu possèdes en matière de bien.

Mais le fait de ne pas convoiter ce que possèdent les gens ne signifie pas le fait de ne pas travailler avec eux, de ne pas échanger avec eux ou de ne pas faire des gains en échangeant avec eux. Il signifie plutôt que tu dois chercher à gagner à partir de ton effort et à partir de ton travail avec eux dans le domaine des choses licites. Il te faut te contenter de ton effort et des résultats que tu obtiens à partir de tes efforts.

Dieu, le Très-Haut, dit à ce propos : « Ne porte pas tes regards sur ces jouissances dont nous fîmes le lot de certains d’entre eux : Vain décor éphémère destiné à les éprouver. Mais le lot que ton Seigneur t’a fait auprès de Lui sera bien meilleur et plus durable » (Coran XX, 131).

Le Commandeur des Croyants, ‘Alî (p), a dit :  » Sois hautain en ne te rabaissant pas à la recherche des choses vilaines même si elles te procurent ce que tu désires, car rien ne compense ce que tu perds de ton âme. Celui qui n’espère rien de la part des gens et met tout son espoir en Dieu, à Lui la Grandeur et la Gloire, verra tous ses désir réalisés par Dieu « .

La patience et la satisfaction

Passons, après tout cela, à un autre aspect de la question qui est en rapport avec nos moralités et nos attitudes dans la vie, et commençons par contempler ces paroles de l’Imâm as-Sajjâd (p) :  » La patience et le fait de se sentir satisfait de ce qui est donné par Dieu et la forme ultime de l’obéissance à Dieu. Celui qui se patiente et se contente de ce qui est décrété par Dieu, qu’il l’aime ou qu’il le déteste, verra Dieu ne rien décréter que ce qui est bien pour lui en matière de ce qu’il aime et de ce qu’il déteste « .

Le Commandeur des Croyants, ‘Alî, (p) dit à propos de la patience :  » La patience est, par rapport à la foi, comme la tête, par rapport au corps.

Celui qui n’a pas de patience n’a pas de foi « .La patience est le fondement qui donne à la vie pratique la vitalité de la foi. Elle est comme la tête qui dirige le corps, commande tous ses organes et lui ouvre la voie au moyen des yeux grâce auxquels il voit, au moyen des oreilles grâce auxquelles il entend, et au moyen de tout ce qu’il sent, tout ce qu’il goûte et tout ce qu’il articule. Le corps n’a aucune valeur en dehors de la tête qui, grâce à tous ses appareils et fonctions, conduit tout le mouvement de la vie dans le corps. Comme la tête, la patience conduit le mouvement de la foi chez l’homme. Elle est, dans toutes les obligations religieuses de l’homme, en rapport avec la faiblesse, la privation et tout le reste. Il faut donc que l’homme soit patient dans sa vie pour y fonder sa foi sur des assises fermes et stables.

Le meilleur et le plus pieux parmi les gens

Une Tradition rapportée de l’Imâm Zayn al-‘âbidîn as-Sajjâd (p) dit :  » Celui qui met en pratique les obligations qui lui sont prescrites par Dieu fait partie des meilleurs parmi les gens, et celui qui met en pratique les obligations qui lui sont prescrites par Dieu fait partie des plus pieux parmi les gens « .On dirait que l’Imâm s’interroge sur les moyens qui permettent à l’homme de se présenter devant son Seigneur en tant que modèle qui occupe une place distinguée parmi les gens ? Il répond que ces moyens consistent à mettre en pratique les obligations prescrites par Dieu. Ces obligations sont celles représentées par les rites et les actions cultuelles, d’une part, et celles représentées par l’action sur soi, par la conduite morale et par la participation aux activités sociales, politiques, sécuritaires et économiques, d’autre part.

Il s’agit en fait de toutes les obligations de l’homme envers son Seigneur, envers lui-même et envers les gens et la vie. En mettant ces obligations en pratique, tu seras compté parmi les meilleurs des gens, car tu auras acquis tout ce que Dieu t’a promis comme bien sous ses aspects en liaison avec ton intérêt et l’intérêt de la vie dans le sens qui satisfait à Dieu.

C’est en cela que consiste le sens de l’homme distingué qui mérite de faire partie des meilleurs parmi les gens. Quant à celui qui mérite de faire partie des plus pieux parmi les gens il est celui qui adore Dieu dans le sens où l’adoration est le fait de s’acquitter de toutes les obligations prescrites par Dieu dans le domaine du culte, des échanges et des relations. Tout cela fait partie de l’adoration car l’adoration est la soumission complète à Dieu.

Publié dans F. Imam Ali Zain al 3Abidin (4e Imam) | Pas de Commentaires « 

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L’Imam Zein al-Abidine

L’Imam Zayn el-Abidine (Que la Paix soit sur lui) (Ali fils de l’Imam al-Hussayn nommé Zayn el-Abidine) était le fils du troisième Imam et de la princesse Shahrbãnu, la fille du Roi d’Iran, Yazdgerd III. Il est né le 5 Chaaban de l’an 38 de l’Hégire. Lorsque l’Imam al-Hussayn épousa, l’Imam Ali lui dit:

Ô, Aba Abdallah! Elle, Shahrbãnu, mettra au monde pour toi, le meilleur homme qui soit. Il devint le 4ème Imam de la descendance du Prophète après le martyre de l’Imam al-Hussayn. Il était le seul survivant des fils du troisième Imam car ses trois frères, Ali Akbar de vingt cinq ans, Ja’ffar de cinq ans et Ali Asghar (ou Abdallãh) qui était un nourrisson se martyrisèrent à Karbala.

L’Imam accompagna son père dans ce voyage qui se termina à Karbala mais à cause d’une maladie grave et de son inaptitude à porter les armes, il fut empêché de participer à la guerre sainte. Il fut envoyé avec les femmes à Damas. Après une période d’emprisonnement, il fut renvoyé avec tous les captifs à Médine car Yazid voulait se concilier l’opinion publique avec soi-même. Sur l’ordre du calife Omeyyade, Abdal Malik, il fut enchaîné et envoyé de Médine à Damas, puis renvoyé de nouveau à Médine.

Après le dernier retour à Médine, le quatrième Imam se retira apparemment de la vie publique et il pria seulement. Il choisit la manière de la prière pour guider les hommes et écrit Sahifah Sajjãdiyah .Il fut en relation seulement avec les élites des Chiites: Abou Hamzeh Themãli, Abou Khãlid Kãbouli et leurs semblables. Ils répandaient les sciences religieuses qu’ils apprenaient de l’Imam parmi les chi’ites. De cette manière, le chiisme s’étendit considérablement pendant l’Imamat du cinquième Imam. Parmi les oeuvres du quatrième Imam, le livre nommé: «Sahifah Sajjãdiyah» qui consiste en cinquante -sept prières se rapportant aux plus sublimes sciences divines.

Le quatrième Imam se martyrisa empoisonné par Walid fils d’Abdoul Malik, sur l’instigation du calife Omeyyade Hishãm en 95 de l’Hégire après 35 ans de l’Imamat.

Les qualités de l’Imam

Parmi les contemporains du quatrième Imam, figurait un poète arabe renommé al-Farazdaq. Celui-ci décrivit l’Imam comme celui qui avait la meilleure mine et la meilleure odeur de son temps.

Les traces de la prosternation figuraient sur son front, c’est pour cela qu’on le surnomma As-Sajjãd (le prosterné).Il était très connu pour ses invocations. L’un de ses disciples nommé Tawous Al-Yamãni a dit de lui: J’ai vu un homme qui priait à la Sainte Mosquée et pleurait. J’ai avancé vers lui et je me suis aperçu qu’il était l’Imam Zayn el-Abidine, je lui ai dit:

Ô, Zayn el-Abidine, tu pleures alors que tu es le petit-fils du prophète (Que la Bénédiction d’Allah soit sur lui et sur sa Sainte Famille)?

L’Imam répondit: « Je suis son petit-fils, mais qui va m’assurer devant le supplice de Dieu? Ce jour là, les liens de parenté ne seront pas pris en compte ».

Bien que la famille du Prophète soit préservé de tout pêché mais ils ont toujours démontrés l’importance de la peur devant le jugement de Dieu, le plus grand exemple est celui du Prophète et de l’Imam Al-Ali .Dans la prière Komeyl (les supplications de Komeyl) que l’Imam Ali appris à son disciple. L’Imam Zayn el-Abidine effectua 20 fois le grand pèlerinage (Hadj) à pied.

La morale de l’Imam Zayn al-Abidine

Un jour, l’Imam était avec ses disciples. Arriva l’un de ses cousins qui l’insulta avec de graves paroles. L’Imam ne lui répondit pas puis il le trouva plus tard et lui dit:

Tu as dit à moi ce que tu as voulu! Alors si cela est vrai, Dieu me pardonne et si cela est faux, Dieu te pardonne!

Mohammad fils d’Oussaman qui était ancien compagnon du prophète tomba malade. L’Imam lui rendit visite et lui demanda sur les raisons de sa maladie. L’Imam comprit qu’il était débiteur et que cela avait des conséquences sur sa santé. L’Imam paya la totalité de sa dette. Sa générosité était très grande et les livres d’histoire nous rapportent qu’il était le soutien de plus de 100 familles.

Quelques paroles de l’Imam

Faites attention à 5 genres de personnes avec qui vous ne devez jamais parler, ni les accompagner.

Garde- toi du menteur, il est comme un mirage. Il te montre l’ami proche comme une personne lointaine et la personne lointaine comme un ami proche.

Garde-toi du pervers, il te trahit en contre partie d’un repas ou moins que cela.

Garde-toi de l’avare, il t’abandonne lorsque tu as besoin de lui .

Garde-toi du sot, il veut te faire le bien mais il te fait le mal.

Garde-toi de celui qui rompt le lien de parenté, il est maudit par Dieu.

Si quelqu’un vous insulte et vous demande pardon, acceptez ses excuses.

(C’est paroles on été dites par l’Imam Zayn el-Abidine à son fils l’Imam al-Baqir (Que la Paix soit sur eux) mais conviennent à toute la Communauté)

https://new.alhassanain.org/fr/articles/show/9164/L%E2%80%99Imam_Zein_al-Abidine

l`Anniversaire de la Naissance de l`Imam Zaynoul Abidine, As Sajjad (AS)

Ali Ibn Hussein nommé Zayn al-Abidine (l’ornement des dévôts) et As-sajjad (celui qui se prosterne en adoration) est né le 4 Chaban de l’an 36 de l’Hégire.

Il était le fils du troisième Imam et de la princesse Shahrbânou, la fille du Roi d’Iran Yazdegerd III. Il était le seul survivant des fils de l’Imam Hussein, car ses trois frères, Ali Akbar, âgé de vingt cinq ans, Ja’afar de cinq ans et Ali Asghar (ou Abdallah) qui était un nourrisson furent tués à Karbala.

L’Imam accompagnait son père dans ce voyage qui se termina si fatalement à Karbala; mais à cause d’une maladie grave et de son inaptitude à porter les armes, il fut empêché de participer à la guerre sainte et échappa au martyre . Il fut envoyé avec les femmes à Damas. Après une période d’emprisonnement, il fut renvoyé avec tous les honneurs à Médine, car Yazid voulait se concilier l’opinion publique . Mais une seconde fois, sur ordre du calife omeyyade, Abdal Malik, il fut enchaîné et envoyé de Médine à Damas, puis renvoyé de nouveau à Médine.

Après ce dernier retour à Médine, le quatrième Imam se retira complètement de la vie publique, ferma la porte de sa demeure aux étrangers et passa son temps en adoration. Il fut en relation seulement avec l’élite des chi’ites tels Abou Hamzah Themâli, Abou Khâlid Kâbouli et leurs semblables. Cette élite répandit parmi les chi’ites les sciences religieuses qu’elle apprit de l’Imam. De cette manière, le chi’isme s’étendit considérablement pendant l’imamat du cinquième Imam. Parmi les oeuvres du quatrième Imam le livre nommé  » Sahifah Sadjdjadiyah>> qui consiste en cinquante sept prières se rapportant aux plus sublimes sciences divines est connu comme  » le psautier de la famille du Prophète. »

Le quatrième Imam est décédé à l’âge of 58 ans, à Médine , le 25 Muharram 95 AH. empoisonné par Waleed bin Abdul Malik Marwan sur instigation du calife omeyyade Hishâm) en 95/712 après trente cinq ans d’imamat.

Il était sans égal quant à son érudition, ses prières et ses autres qualités telle que la piété, l’aide aux pauvres. Beaucoup de gens ont acquis le savoir de lui. Ses paroles, ses invocations et ses narrations historiques sont encore préservées. Il sortait fréquemment dans l’obscurité de la nuit, portant des bourses et parfois de la nourriture et même des bûches.

Lorsqu’il arrivait à la maison d’un pauvre, il frappait à la porte et distribuait ce qu’il portait. Il tenait à cacher son visage pour garder l’anonymat. C’est seulement lorsqu’il mourut que les gens comprirent que c’était lui qui avait toujours été leur bienfaiteur.

Il aimait beaucoup à s’asseoir et manger avec les pauvres, les orphelins et les infirmes. Sa conduite était exemplaire. Chaque mois il rassemblait ses esclaves et leur disait : «Si quelqu’un parmi vous désire se marier, je le marierai. Et quiconque désire être libre, je, lui rendrai sa liberté». Chaque fois que quelqu’un venait lui exprimer son besoin, il lui disait : «Bienvenu à toi qui m’aides à transférer mes économies dans l’au-delà».

Parmi les contemporains de Zayn al abidine(as) figurait un poète arabe renommé qui s’appelait Farazdaq. Ce dernier décrivit l’Imam comme celui qui avait la meilleure mine et la meilleure odeur de son temps.

Sur son front figuraient les traces de la prosternation, c’est pour cela qu’on le surnomma d’as-sajjad (le prosterné).

Son fils, Mohammed al baqir(as) décrivit un des traits caractéristique de la générosité de son père, il dit : « Dés que l’hiver partait, il donnait tout ses habits d’hiver et dés que l’été passait, il en faisait autant avec ses habits. »

Il était très connu pour ses invocations qu’il faisait régulièrement. L’un de ses disciples nommé Tawous al Yemeni a dit de lui : « J’ai vu un homme qui priait à la Sainte Mosquée(Mekka) tout en invoquant et pleurant. J’ai avancé vers lui et je me suis aperçu qu’il s’agissait de l’Imam Zayn al abidine(as), alors je lui ai dit : « Ô, Zayn al abidine, tu pleures alors que tu es le petit-fils du prophète(sas) ? L’Imam répondit, « Je suis bien son petit-fils, mais qui va m’assurer contre le supplice d’Allah ? Ce jour là, les liens de parenté ne seront pas pris en compte. »

(Bien qu’il soient préservés de tout pêchés les Ahl’ul Bayt (as) ont toujours démontrés l’importance de la peur du jugement d’Allah, le plus grand exemple est celui du prophète Mohammed(sas) ou encore celui d’Ali(as) dans la Do’a Komeyl (la supplication de Komeyl) qu’il appris à son disciple.)

Zayn al abidine(as) effectua 20 fois le grand pélerinage(al Hajj) à pieds.

La générosité de Zayn al abidine était très grande et les livres d’histoire nous rapportent qu’il était le soutien de plus de 100 familles de Médine.

Il était pieux et il accomplissait d’innombrables rak’ah de Prières par jour. pendant la Prière, son corps tremblait comme une feuille de palmier et son visage pâlissait par crainte d’Allah, Il était connu comme «dul thafana», c’est-à-dire quelqu’un dont la peau des genoux s’est endurcie à force de travail. L’origine de ce titre est due à ses nombreuses prosternations, qui provoquent le durcissement de la peau du front, de la paume des mains, des genoux et des pouces. Tous les six mois, ces parties durcies devaient être enlevées.

Lorsqu’il se rappelait Allah et Ses bontés, il se prosternait toutes les fois qu’il récitait les versets dans lesquels la prosternation était mentionnée, il se prosternait. Toutes les fois qu’il accomplissait ses prières obligatoires ou qu’il réconciliait deux personnes, il se prosternait. C’est en raison de ces actes de prosternation qu’il fut surnommé «al-Sajjâd» (celui qui se prosterne beaucoup). Les gens de son époque avaient l’habitude de dire : «Nous n’avons jamais vu un Quraichite meilleur que lui».

Lorsqu’une personne parmi ses relations l’insulta un jour, l’Imam l’écouta silencieusement. Quelque temps après, l’Imam se rendit chez elle. Ceux qui se trouvaient là, crurent que l’Imam avait l’intention de se venger. Mais il n’en fut rien ! L’Imam se contenta de réciter ce verset coranique : « … pour ceux qui maîtrisent leur colère ; pour ceux qui pardonnent aux gens . Allah aime ceux qui font le bien» Coran 111, 134).

Puis s’adressant à cette personne, il lui dit : « O frère ! Tu nous as attaqué et dit ce que tu penses. Si ce que tu as dit est vrai qu’Allah me pardonne et si ce que tu as dit n’était pas vrai qu’Allah te pardonne».

Il mourut empoisonné le samedi 25 Muharram, en l’an 95 après l’Hégire à l’âge de 57 ans. Il fut inhumé à Baqi’, à Médine.

https://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=184&Itemid=605

Histoire de Moharram: discours de l’Imam Sajja~d à la mosquée de Damas

mausolée de son excellence zaynab bin ali paix sur elle à damas

Damas a été conquise par l’armée musulmane en l’an 13 de l’hégire (634), après un siège d’une durée de plus d’un an et demi, sous le commandement de Khalid ibn Walid. Damas était d’abord la préfecture de la grande Syrie (bilad al-sham) dirigée par Moawiya. Après la fin du califat de Imam Hassan paix sur lui en 41 de l’hégire, Damas devint la capitale du califat Islamique dirigé par le nouveau régime ommayade, fondé par Moawiya ibn Abi Sufyan.

un orateur sur le minbar

Damas était devenue un centre d’activités subversives à l’encontre de la tribu hashémite et en particulier, contre la famille prophétique. La malédiction de Ali et de la famille du saint Prophète, Mohammad ibn Abdallah, paix sur lui et sa pure famille, était devenue une coutume et une obligation religieuse pratiquée par les Imams des mosquées du haut de leur tribune (minbar) et par les croyants de cette contrée. L’hostilité que les syriens cultivaient à l’égard de la famille prophétique trouvait sa source dans leur ignorance des faits et de l’histoire des premiers temps de l’Islam: ils ignoraient par exemple, qu’Hamza ibn Abd al-Muttalib était le seigneur des martyrs de l’Islam (seyyed al-shuhada) ou que les petits-fils du saint prophète, Hassan et Hussayn, avaient été recommandés par le saint-prophète lui-même. L’opposition aux déviations du califat ommeyade avait certes en la personne d’Abu Dharr al-Ghaffari un partisan de poids. Ce compagnon connu du saint Prophète de l’Islam n’hésitait pas à dénoncer en public et en privé, devant le calife ou en son absence, ses excès et dérives. Cette opposition a été relayée, après la mort d’Abu Dharr par Hujr ibn Ady, mais cela se révélait insuffisant en face du puissant appareil de propagande ommayade.

grande mosquée de damas

L’Imam Ali ibn Al-Hussayn paix sur lui a prononcé une homélie historique à Damas, dans la grande mosquée de la ville semble t-il, en 61 de l’hégire. Le jour du discours, un orateur officiel se présenta à la tribune pour offrir une louange en l’honneur de Moawiya et de Abu Sofyan, et dénigrer Ali ibn Abi Talib paix sur lui, et ses partisans. Cet orateur osa prétendre que les musulmans devaient tout à Moawiya et Yazid, que leur bonheur ici-bas et dans l’au-delà était lié au sort des ommayyades. C’est à ce moment que Ali ibn al-Hossayn paix sur lui, se leva et clama à haute voix, sans la moindre peur:

« Malheur à toi, orateur, tu as acheté la satisfaction de la créature contre la colère du Créateur, et tu es devenu de ce fait un candidat à l’enfer »

(Bihar Al-anwar, t.45, p.137)

ويلك أيها الخاطب اشتريت مرضاة المخلوق بسخط الخالق فتبوء مقعدك من النار

Puis le quatrième Imam infaillible se tourna vers le calife pour lui demander: « m’autorises-tu à monter à mon tour sur ces planches, afin que je dise ce qui plaît à Dieu, tout en étant utile à l’audience et comptée comme une bonne œuvre? ». L’assemblée insista pour que le calife l’autorise à parler si bien que l’Imam monta sur la tribune pour discourir.Ali ibn Al-Hussayn paix sur lui commença par se présenter:

« C’est moi le fils de la Mecque et de Mina, c’est moi le fils de Zamzam et de Safa, c’est moi… »

(Tuhaf Al-Uqul, p.232)

انا ابن مكة و منى انا ابن زمزم و صفا انا ابن من حمل الركن باطراف الرداء

puis il dit: « ô les gens, Dieu nous a donné six choses et a apposé notre supériorité (nous la famille prophètique) par sept choses: il nous a donné: la science, la mansuétude, magnanimité, l’éloquence, le courage et l’amour dans le cœur des croyants »

(Bihar Al-Anwar, t.45, p.39)

أيها الناس اعطينا ستا و فضلنا بسبع اعطينا العلم و الحلم و السماحة و الفصاحة و الشجاعة و المحبة في قلوب المؤمنين

« et Dieu nous a donné la supériorité pour sept raisons: le prophète choisi Mohammad est de nous, le véridique (Ali ibn Abi Talib) est de nous, l’oiseau céleste (Ja’far ibn Abi Talib) est de nous, le lion de Dieu et de son prophète (Hamza ibn Abd al-Muttalib) est de nous, les deux descendants (Hassan et Hussayn) sont de nous, enfin le Messie (le douzième Imam Mahdi) est de nous « 

la ville de damas

L’influence du discours de l’Imam sur l’assemblée fut si forte que les ommayades durent l’interrompre en faisant donner l’appel à la prière (adhan). L’Imam par respect pour le Nom du Très Haut, se tut. Quand le muezzin en arriva à dire « je témoigne que Mohammad est le prophète de Dieu », l’Imam s’adressa au muezzin, en retirant son turban: « par le droit du prophète que tu as invoqué, tais-toi! ». Puis s’adressant à Yazid ibn Moawiya, l’Imam dit: « est-ce que ce prophète noble et glorieux est ton ancêtre ou le mien? Si tu dis que c’est ton ancêtre, tout le monde sait que tu auras menti, et si tu dis que c’est le mien, alors pourquoi as-tu assassiné mon père et volé ses biens? Et fait prisonnières ses femmes? » il saisit alors son col et le déchira, puis continua son discours jusqu’à ce que l’assemblée se sépare dans le désarroi le plus complet.

Source: Mohammad Ibrahim Ayati, Etude sur l’histoire de Ashoura, (ensemble de discours donnés en 1964), Editions Imam Asr, 2001

http://alhassanain.org/french/?com=content&id=986

Analyse du sermon « Khoutbo » d’Imam Zainoul Abidine A.S. à Sham

Discours de Sayed Ammar Nakshawani

Analysons le sermon que notre 4ème Imam A.S. a prononcé dans le palais de Yazid à Shaam après la tragédie de Karbala. Nous remarquons qu’il s’agit ici d’un des discours les plus forts de l’histoire de l’Islam. Imam A.S. choisit chacun de ses mots, il ne laisse rien au hasard.

Le premier enseignement que nous tirons de ce sermon est le pouvoir du discours dans la vie de l’Homme. Sans aucun doute, l’une des plus grandes bénédictions qui ont été données à l’Homme est le pouvoir de la langue c’est-à-dire la possibilité de communiquer des préceptes, des idées, des sentiments à la société qui l’entoure. Selon un hadith d’Imam Ali A.S., la langue de l’être humain est si légère[1] mais son pouvoir est si dévastateur.

Tous les Prophètes d’Allah SWT ont reconnu que la façon dont ils utilisaient leur langue, la manière dont ils utilisaient le pouvoir de la parole leur permettait de faire passer leur message. Nous savons tous que chacun des Prophètes d’Allah SWT parlait à son peuple dans son langage. Cela ne veut pas dire simplement qu’ils parlaient en arabe aux arabes, en hébreu à ceux qui venaient de ces régions où l’on parlait l’hébreu ou en arménien. Cela signifie qu’ils s’adaptaient au niveau de leur auditoire. De plus, ils reconnaissaient que l’éloquence était vitale. Par exemple, les habitants de Makka se sont tournés vers l’Islam grâce au fait que le Saint-Prophète SAW faisait preuve de cette éloquence dans ses discours et grâce à l’arabe du Saint-Qouran.

C’est pour cela que quand Nabi Moussa A.S. voulait aller voir Fir’aun, il souhaitait que son frère[2] Haroun soit son porte-parole car il pensait que Haroun était plus éloquent que lui.

Imam Zainoul Abidine A.S. n’était pas le premier Massoume à délivrer un si beau discours. Son arrière grand-père, le Saint-Prophète SAW avait prononcé de nombreux discours sensationnels comme le discours d’adieu qu’il a fait à Ghadir. De même son grand-père Imam Ali A.S. a prononcé de nombreux discours incroyablement éloquents. D’ailleurs, le Nahjoul Balagha comporte plusieurs des sermons de notre premier Imam A.S. En outre, le sermon de sa grand-mère Fatima az-Zahra AHS à Fadak est remarquable. Même sa tante, Sayyida Zaïnab AHS utilisait un langage tellement parfait lors du discours qu’elle a prononcé dans le palais de Ibn Ziyad à Koufa que Ibn Ziyad lui a fait remarquer que la langue arabe qu’elle employait était tellement forte ! Elle répondit : « C’est à vous seulement que je m’adresse ainsi. Vous n’avez pas entendu mon vrai arabe. Si j’allais en profondeur dans la langue arabe, personne ici ne comprendrait ce que je dis. »

Aussi, l’éloquence d’Imam Zaïnoul Abidine A.S. comme celle de ses prédécesseurs, était telle qu’elle pouvait changer les gens. Et c’est pour cela que notre 4ème Imam, avant de commencer son khoutbo, nous donne 3 pré-requis à tout majalis parce que c’était là le premier majalis de l’Histoire. Il nous explique que celui ou celle qui organise un majalis et celui ou celle qui récite un khoutbo ou un majalis doit respecter ces 3 principes. Il dit tout d’abord : « Tout ce que j’ai dit c’est pour plaire à Allah SWT. » Le premier but du majalis est qu’il soit prononcé pour plaire à Allah SWT et personne d’autre. Le second but est, selon Imam Zaïnoul Abidine A.S., le « islah » c’est-à-dire unir et réformer la Oummah. Notre 4ème Imam A.S. n’attaque pas Yazid, il ne le traite pas de tous les noms mais il lui dit : « Laissez-moi vous parler des bases de cette religion et de ceux qui l’ont fondée. » Il nous montre ici que l’analyse académique des arguments est plus constructive que l’attaque. Le majalis doit être une université. Le 3ème but du mimbar selon Imam A.S. est « ajran azimah » c’est-à-dire qu’il y a beaucoup de récompenses pour ceux qui s’assoient sur le mimbar et autour du mimbar. Dans le Hadith-e-Kiça, il est mentionné que quand nous assistons et écoutons les paroles de Rassoulillah et de sa famille, Allah SWT envoie Ses Bénédictions à cet endroit. Il y a des récompenses incroyables ! Imam Zaïnoul Abidine A.S. dit : « Il y a de grandes récompenses pour ceux qui sont en train d’écouter mon khoutbo ». Il le précise avant même de commencer son sermon. Même ceux qui sont assis dans le palais de Yazid méritent les bénédictions d’Allah SWT !

Voyons maintenant le contexte de ce sermon. Pourquoi Imam A.S. fait-il ce discours ? Tout d’abord parce que Yazid était un poète remarquable. Yazid bin Mouawiyah était l’un des poètes les plus renommés de l’histoire Arabe. Quand quelqu’un lui posait une question, il répondait en composant des vers. Il avait une éloquence exceptionnelle alors qu’il n’avait qu’une trentaine d’années. Il avait l’habitude de dire : « Si vous voulez vous adresser à moi, parlez-moi de manière poétique. » C’est pour cela que quand Sayyida Zaïnab AHS a prononcé son discours, il lui a dit : « J’admire votre arabe » parce qu’il avait une certaine fierté concernant son langage.

Yazid composa un poème de 3 vers dans lequel il s’adressait à Imam Zaïnoul Abidine A.S. Il disait : « Je ne crois pas en cette religion. J’aurais aimé que mes ancêtres de Badr soient présents pour voir que je vous ai vaincu. » Astaghfiroullah ! Badr était-ce une bataille entre les Bani Hashim et les Bani Oumayyah ou une guerre entre l’Islam et l’Ignorance[3] ? Quand Yazid dit « J’aurais aimé que mes ancêtres de Badr soient là », il voulait dire « J’aurais aimé que Abou Soufiyane, Outbah bin Rabiah, Abou Jahl, Walid bin Moughairah soient ici présents ». Imam Zaïnoul Abidine A.S. était assis en bas. Imaginez combien c’était une grande insulte qui lui était adressée à travers ce poème !

La deuxième raison pour laquelle notre 4ème Imam A.S. prononça ce discours dans le palais de Damas était que Yazid avait accroché la tête de son père Imam Houssein A.S. sur une lance.

Troisièmement, Imam A.S. remarqua qu’il y avait parmi l’assemblée des rabbins juifs et des prêtres chrétiens. Les mots qu’il choisit montrent qu’il était capable de faire trembler l’empire[4]. Il ne pensait pas seulement aux hommes de Yazid ; il se rendait compte qu’il y avait aussi là des hommes de religion[5]. Il se dit en lui-même : « Ces prêtres chrétiens qui sont là ont lu à propos de mon grand-père[6] dans leur Bible. Si je réussis à bien m’exprimer, je pense que ces religieux se tourneront vers la religion. »

Quatrièmement, le contexte était tel que les gens avaient complètement oublié qui étaient les Ahloul Bayt. Quand il entrait au palais, un homme dit à Imam Zaïnoul Abidine A.S. : « Je prie Allah pour ce qui vous est arrivé à vous et à votre famille. Qu’Allah et Yazid vous anéantisse ! » Notre 4ème Imam A.S. lui répondit : « Avez-vous lu dans le Saint-Qouran à propos des Ahloul Bayt ? » Il dit : « Bien sûr ! » Imam A.S. répliqua : « Savez-vous qui nous sommes ? Savez-vous qui sont ces femmes qui marchent sur la pointe des pieds à cause des chaînes ? » Il répondit que non. À ce moment-là, notre 4ème Imam A.S. lui dit : « Nous sommes les Alé Mouhammad. » Les Syriens avaient complètement oublié qui étaient les Ahloul Bayt et ils n’auraient jamais imaginé un seul instant que les descendants du Saint-Prophète SAW seraient emmenés dans un palais comme cela.

Gardant tout cela à l’esprit, Imam Zaïnoul Abidine A.S. commença son sermon. Lorsque tout le monde était assis pour écouter, il dit : « Ô les gens ! Allah SWT nous a donné la vertu de 6 façons : Il nous a accordé un Savoir tel qu’Il ne l’a accordé à personne d’autre, Il nous a donné une éloquence remarquable, un courage exceptionnel, une persévérance incroyable, une extrême générosité et l’amour des croyants[7] pour nous. Parmi ces 6 vertus, j’aimerais que vous gardiez une en tête : Allah SWT nous a accordé une persévérance sensationnelle. Allah SWT nous a donné la patience de supporter tout ce que vous nous ferez subir dans ce monde. Il veut montrer à Yazid que ce qu’il fait subir à cette famille ne la fera pas changer d’avis. Imam A.S. souhaite prouver à Yazid que peu importe ce qu’il fera endurer à sa famille, pas un seul de ses membres ne s’éloignera de la Vérité. Il veut dire à Yazid que les Ahloul Bayt ont le sabr dans leur sang, qu’ils ont toujours été persévérants.

Nous nous souvenons de toutes les souffrances que notre Saint-Prophète SAW a du subir. Le Prophète Mouhammad SAW a affirmé : « Aucun autre Prophète n’a subi autant de peine que moi ». Quand Rassoulillah se rendit à Taïf pour emmener ses habitants à l’Islam, les gens jetèrent des cailloux sur lui. Son visage était tout plein de sang. Hakaam ibn Aas, le père de Marwan, avait une résidence secondaire à Taïf. Il était assis confortablement dans sa maison et regardait la scène. Il dit : « Mouhammad essaie d’emmener sa sorcellerie ici et voilà ce que les gens lui ont fait en retour. Ils l’ont bombardé de jets de pierre. Est-ce qu’il pense réellement qu’il pourra changer les habitants de Taïf ? » Il avait un servant, Oudas, qui avait perdu sa mère à un jeune âge et il l’avait pris en charge. Les membres de sa famille étaient les seuls à connaître son nom. Hakaam dit à Oudas : « Toi qui est chrétien, Mouhammad croit également en un Dieu Unique, vas apporter ces raisins à Mouhammad. » Vous voyez cette scène dans le film Le Message. Oudas se dirigea vers Rassoulillah dont le visage était rempli de sang. Rassoulillah le regarda et dit : « Oudas, c’est toi ? » Le serviteur sursauta : « Comment savez-vous mon nom ? » Le Saint-Prophète SAW ajouta : « Ta mère a connu des moments difficiles quand elle était enceinte de toi. » Oudas demanda : « Comment êtes-vous au courant de tout cela ? » Il répondit : « Je suis un Prophète d’Allah SWT et Il m’a révélé tout cela à propos de toi. » Oudas regarda le Prophète Mouhammad et lui dit : « Je suis désolé de la façon dont les gens vous ont traité. » Le Saint-Prophète SAW dit : « Ne t’en fais pas Oudas, ils ne connaissent pas. Qu’Allah les pardonne ! » Regardez le caractère de Rassoulillah ! Il demande à Allah de pardonner ceux qui l’ont mis à sang ! Oudas devint musulman.

Imaginez quelle doit être la persévérance de Sayyida Fatima az-Zahra AHS lorsque certains compagnons du Saint-Prophète SAW sont venus chez elle et y ont mis le feu. Cette même maison que tout le monde honorait 6 mois plus tôt car c’était la maison du Prophète d’Allah !

Nous nous souvenons de la patience dont a fait preuve Amiroul Moeminine Imam Ali A.S. quand la direction lui fut retirée et qu’on l’a mis de côté pendant 25 ans. C’est encore une fois la persévérance qui a aidé Imam Hassan A.S. lorsqu’il a signé le traité avec Mouawiyah. À Karbala, notre 3ème Imam A.S. pleurait tellement quand il était tombé par terre. Shimr et ses amis lui demandèrent : « Pourquoi pleurez-vous ? » Il répondit : « Cela me fait de la peine de savoir qu’à cause de moi vous irez dans le feu de l’enfer.[8] »

Dans son sermon, Imam Zaïnoul Abidine A.S. dit ensuite : « Allah nous a donné l’excellence à travers 7 personnalités :

  1. le Saint-Prophète SAW
  2. Amiroul Moeminine dont je vais vous parler davantage dans un instant
  3. Hamza, le lion de Dieu et le lion de Son Prophète
  4. Djaffar-e-Tayyar qui voyage avec ses ailes au Paradis
  5. Sayyida Fatima Az-Zahra AHS
  6. Imam Hassan A.S.
  7. Imam Houssein A.S.

Pourquoi est-ce qu’Imam A.S. cite Hamza ? Il veut rappeler à Yazid que sa grand-mère a tué mon grand-oncle. Le décès de Hamza avait fait tellement de peine au Prophète Mouhammad qui rappelait de temps en temps aux gens que son oncle avait tout sacrifié pour l’Islam.

Notre 4ème Imam A.S. parle de Djaffar-e-Tayyar car il a été assassiné par les Romains en Jordanie. Yazid avait l’habitude de boire de l’alcool et de faire la fête avec les Romains. Imam A.S. voulait rappeler à Yazid que ce sont ces mêmes Romains qui ont assassiné son arrière grand-père. Il souhaitait que les musulmans soient au courant que son grand-père avait été tué par les mêmes personnes que le Calife de l’Islam fréquente.

Puis Imam A.S. continue en évoquant le Mehraj. Il dit : « Je suis le fils de celui qui fut porté par le Bouraq dans les airs. Je suis le fils de celui qui a prié avec les anges du ciel. Je suis le fils de celui qui se rendit du Masjid al-Haram au Masjid al Aqssa. » Pourquoi parle-t-il du Mehraj ? Parce que les Bani Oumayyah prétendaient que le Mehraj n’a jamais eu lieu. Ils disaient que le Mehraj était une invention de l’esprit, que c’était un rêve. Mouawiyah avait l’habitude de dire : « Mouhammad n’est pas parti au Mehraj. Il a simplement rêvé de cela. » Les Bani Oumayyah n’acceptaient pas le Mehraj car c’était durant ce voyage que le Saint-Prophète SAW reçut un statut élevé. En niant le Mehraj, ils pouvaient déclarer que Mouhammad n’avait rien de spécial et qu’il était un homme ordinaire.

70% du sermon est constitué par les Fazaïl de son grand-père Amiroul Moeminine. Notre 4ème Imam A.S. consacre plus de la moitié de son khoutbo à décrire les mérites d’Imam Ali A.S. Dès qu’il finit de parler du Saint-Prophète SAW, il se met à évoquer notre 1er Imam A.S. d’une façon incroyable car les Bani Oumayyah avaient complètement déformé son image. Vous savez comment ils éduquaient leurs enfants ? Ils leur disaient : « Faites attention dans la nuit au fantôme d’Ali ibne Abi Talib ! » Pour faire peur à leurs enfants, ils leur disaient que Ali pourrait arriver furtivement.

Imam Zaïnoul Abidine A.S. parle longuement d’Imam Ali A.S. dans son sermon. Parmi tant de choses que nous ne citerons pas ici, il dit : « Je suis le fils de celui qui a combattu à Badr, Ohod et Hounayn ». Pourquoi évoque-t-il seulement ces 3 batailles ? Pourquoi pas Khandaq ? Pourquoi ne cite-t-il pas Khaybar ? Notre 4ème Imam A.S. parle de Badr car dans cette guerre, 35 des 70 opposants ont été tués par Ali ibne Abi Talib A.S. Le grand-père de Yazid, Outbah bin Rabiah[9], a été tué par notre 1er Imam A.S. à Badr[10]. Imam Zaïnoul Abidine A.S. parle de Ohod car à Ohod, tous les autres compagnons se sont enfuis ; seul Imam Ali A.S. est resté ferme et n’a pas abandonné le Saint-Prophète SAW un seul instant dans cette montagne. 50 ennemis ont entouré le Prophète Mouhammad SAW et Ali ibne Abi Talib A.S. Notre 1er Imam A.S. défendait son Prophète de telle façon que l’ange Djibraïl vint voir le Saint-Prophète SAW et lui dit : « Quel protecteur noble vous avez en la personne d’Ali ibne Abi Talib ! »

Maintenant, pourquoi notre 4ème Imam A.S. cite-t-il la bataille de Hounayn ? Parce que dans cette bataille, Imam Ali A.S. a fait preuve d’une grandeur exceptionnelle. Hounayn a eu lieu 2 ans avant le décès de Rassoulillah. Durant cette bataille, contrairement aux précédentes, le Saint-Prophète avait une puissante armée. Il disposait de 12 000 soldats alors que l’opposition n’en avait que 4000[11]. Le Saint-Prophète SAW se battait contre les Bani Thaqif et les Bani Hawazin. Ils avaient des soldats barbares[12] et ces 2 tribus arabes ne s’étaient pas encore tournées vers l’Islam. Ils refusaient le message de Mouhammad SAW. Ils avaient 2 soldats réputés Outhman ibne Abdoullah et Malik bin Awf Nassri. Ils n’avaient jamais perdu aucune guerre. Ils se sont dit : « Peu importe si les musulmans sont bien plus nombreux que nous. Nous pouvons les combattre à condition de supprimer un seul homme : Amiroul Moeminine. » Ils ont décidé de faire face tous les deux à Ali ibne Abi Talib A.S. Ils savaient très bien que certains compagnons du Saint-Prophète SAW l’avaient déjà abandonné dans des batailles précédentes. Ils ont concocté un plan : ils ont décidé de piéger les musulmans entre 2 montagnes. « Une fois qu’ils seront coincés entre les deux montagnes, nous enverrons des flèches de toutes parts. Les soldats s’enfuiront, épeurés. À ce moment-là, nous rechercherons Ali ibne Abi Talib A.S. et nous le finirons… » se dirent-ils. Sur les 12 000 soldats, seuls 8 sont restés fermes[13]. Les autres étaient tellement paniqués qu’ils couraient dans tous les sens, essayant de sauver leurs peaux. Imam Ali A.S. tua les leaders et après cela, les soldats ennemis s’enfuirent tous. Imam Zaïnoul Abidine A.S. veut montrer à l’assistance[14] que c’est grâce à son grand-père Ali A.S. que cette religion est encore là.

Puis, notre 4ème Imam A.S. continue : « Je suis le fils de celui qui a été tué à Karbala…Je suis le fils de celui qu’on a laissé assoiffé jusqu’à la mort… »

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Qui est l’imam Hussein (AS) ?

L’imam Hussein (AS) est le deuxième fils sorti de la sainte union entre le commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib et la dame la plus prestigieuse du monde, Fatouma Zahra fille du saint Prophète Mohammad (paix et bénédiction sur eux) . L’imam Hussein est né le 3 Chabane de la 4ème année de l’hégire à Médine.

L’imam Hussein avait vécu six ans à côté de son grand père, le saint Prophète Mohammad. Après la mort de ce dernier, l’imam Hussein resta avec son père, le commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib .

Après le martyre de son frère aîné l’imam Hassan ibn Ali, sur ordre divin, l’imam Hussein devient imam de la communauté islamique, une communauté qui fut fondée et dirigée pour la première fois par son grand père. Comme son père et son frère, l’imam Hussein vécut aussi dans les conditions les plus pénibles.

A cette époque les lois divines n’étaient plus respectées, car Moawiya ibn Abou Soufiane avait illégalement gouverné pendant une dizaine d’années, et avait acquit une puissance et une autorité dans l’empire islamique. Moawiya avait tout fait pour écarter à jamais la progéniture de l’envoyer de Dieu du califat, et transmettre le califat à son fils Yazid et à ses descendants.

Moawiya avait utilisé tous les moyens possibles pour humilier et opprimer l’imam Hussein et tout celui qui manifestait son affection envers la progéniture du saint Prophète. Avant sa mort, Moawiya réussit à transmettre le califat à son pervers fils Yazid, et le conseilla de ne pas s’occuper de l’imam Hussein, si ce dernier refuse de lui prêter le serment d’allégeance.

Les chiites et les sunnites affirment que Yazid n’avait aucune qualité morale ou spirituelle pour diriger la communauté islamique, car il fut buveur d’alcool, fornicateur, assassin… Certains historiens ont dit que Pharaon était préférable à Yazid, car Pharaon ne maltraitait pas sa propre population, mais Yazid torturait et opprimé la sienne.

Lorsque Yazid accéda illégalement au califat, il négligea les conseils de son père, il ordonna au gouverneur de Médine d’obtenir le serment d’allégeance de l’imam Hussein. Au cas d’un refus, il n’a qu’à lui couper la tête et l’envoyer à Damas.

Après avoir été informé par le gouvernement de Médine sur cette demande, l’imam Hussein partit avec sa famille vers la maison de Dieu à la Mecque, où il resta au moins quatre mois. Cette nouvelle s’était propagée dans toute la communauté islamique, beaucoup des gens qui étaient contre les califats de Moawiya et de son fils Yazid avaient écrit des lettres à l’imam pour lui exprimer leur affection et soutien.

Plusieurs personnes étaient prêtes pour se soulever contre le gouvernement de Yazid. C’est pourquoi les habitants de la ville de Koufa en Iraq, avaient invité l’imam chez eux pour qu’il soit leur chef. La situation était devenue dangereuse pour Yazid.

Avant de quitter la Maison de Dieu, l’imam Hussein avait accomplit le pèlerinage, mais il du écourter les rites de ce dernier, car il avait comprit que les espions de Yazid étaient venus à la Maison de Dieu en pèlerins afin de le tuer pendant les rites de ce devoir sacré. L’imam s’était levé au milieu des pèlerins venus de tous les coins de la région et avait fait un bref discours, il expliqua aussi aux musulmans qu’il va tomber en martyre.

L’imam Hussein savait que son assassinat était inévitable, il était déterminé lui aussi à ne pas prêter le serment d’allégeance à Yazid l’imposteur, il quitta donc la Maison de Dieu pour aller vers Koufa (en Iraq), où les gens l’attendaient.

Quand Yazid apprit que l’imam se rendait à Koufa, il envoya son armée pour aller barrer la route à l’imam afin de ne pas arriver à Koufa et d’obtenir son allégeance. Et quand les gens de Koufa avaient apprit cela, ils avaient eu peur d’être massacré par les combattants de Yazid.

Quand l’imam se dirigeait vers Koufa et avant d’y arriver, il envoya Muslim ibn Aqil (son cousin) pour voir si les gens de cette ville étaient toujours fidèles à leurs paroles.

Malheureusement ce dernier sera trahi et exécuté d’une façon horrible. Quand l’imam, sa famille et ses partisans arrivèrent à Karbala (nom d’un désert près de la ville de Koufa), ils furent encerclés par une armée composée de trente mille hommes, comme disent plusieurs historiens. Ils restèrent affamés et assoiffés durant toute cette période.

Pendant ce siège (qui dura dix jours), l’imam Hussein consolida ses hommes pour un combat inégal et inévitable. Il avait dit à ses hommes que :

 » O gens! L’envoyé de Dieu a dit: Celui qui voit un sultan injuste qui autorise ce que Dieu a interdit, qui transgresse le pacte qu’il a conclu devant Dieu, qui dévie la Tradition de l’envoyé de Dieu, qui opprime les Musulmans et commet des péchés contre eux, sans s’opposer à lui (le sultan) même par une parole ou une action, Dieu va lui réservé le même traitement qu’IL réserve à ce sultan « .

Au neuvième jour du mois de Moharram, l’armée ennemie lança un dernier ultimatum à l’imam Hussein, afin de choir entre : prêter le serment d’allégeance et la mort. L’imam leur répondit que :  » Je ne vois en la mort que le bonheur, et en la vie avec les oppresseurs que l’angoisse « .

Et leur demanda un délai pour prier son Seigneur. L’imam Hussein passa la nuit du neuf au dixième jour par des prières, des invocations, des causeries avec sa famille et ses compagnons. Tout le monde était déterminé d’aller jusqu’au bout, personne ne voulait fuir et abandonner le petit fils de l’envoyé de Dieu seul.

Le lendemain fut un vendredi, jour de Achoura, le dixième jour du mois Moharram. Dès le levé du soleil, l’armée ennemie commençait déjà à dresser leurs lances, flèches et sabres contre le camp de l’imam. L’imam Hussein entreprit l’organisation de sa petite troupe, et confia l’étendard à son frère Abbas ibn Ali.

Avant le combat, l’imam Hussein essaya une fois de plus, de ramener les combattants ennemis à la raison, afin de ne pas participer à cette guerre qui leur ouvrait les portes de l’enfer. L’imam avait levé le saint coran et leur dit :

 » O gens! Nous avons en commun le Livre de Dieu et la Tradition de mon grand-père, l’envoyé de Dieu. Il continua : Ne voyez-vous pas l’épée de l’envoyé de Dieu, son habit de guerre et son turban sur moi? Ils répondirent :  » Si « . Il leur demanda alors :

Pourquoi vous vous battez donc contre moi? Il répondirent : Par obéissance à l’Emir Obeidullah Ibn Ziyâd « . Tous ces appels étaient vains, seul un combattant au nom de Hour Ibn Yazid al Riyâhi accepta de rejoindre le camp de l’imam pour mourir en martyre avec lui.

Au début, le combat fut en duel, mais quand l’armée ennemie a constaté qu’elle a subit des graves pertes en hommes et en matériels, elle abandonna cette sorte de combat pour lancer successivement des flèches et des pierres vers le camp de l’imam Hussein. Après quelques temps ils finirent par envahir la petite troupe restante de l’imam.

Il y eu un combat terrible qui se termina par un recul de l’ennemi. Au moment de l’assaut final, l’armée ennemie parvint à massacrer la famille et les compagnons de l’imam Hussein l’un après l’autre. L’imam Hussein lança un dernier appel pour la protection des veuves et des orphelins de la famille de l’envoyé de Dieu en ces termes :

 » N’y a-t-il donc personne pour défendre la famille de l’envoyé de Dieu ? N’y a-t-il pas un monothéiste qui craint Dieu pour ce qui nous arrive ? N’y a-t-il personne qui nous vienne en aide par amour de Dieu ? « 

L’imam resta seul sur le champ de bataille, après une forte résistance il finit par être atteint d’une flèche au menton. Après cela Chimr ibn al Jawchan avança et lui coupa la tête. Les combattants de l’armée de Yazid pillèrent et brûlèrent les tentes qui abrités les femmes et les enfants. Ensuite les ennemis de l’islam coupèrent les têtes des combattants de l’imam, les mirent à nus et les laissèrent sur le sol sans les enterrer.

Ils emmenèrent les membres restant de la famille de l’imam ainsi que les têtes des martyrs, à Koufa pour les exhiber dans les rues.

C’est ainsi que l’imam Hussein avait sauvé l’islam des griffes et de la tyrannie des omeyyades. Que Dieu maudisse tous ceux qui ont assassiné l’imam Hussein, qui ont comploté contre lui ou qui ont réjoui de son assassinat.

https://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=174:qui-est-limam-hussein-as&catid=117&Itemid=573

Al-Hussayn fait partie de moi, et je fais partie d’al-Hussayn

Le Prophète dit :  «Al-Hussayn fait partie de moi, et je fais partie d’al-Hussayn. Dieu aimera celui qui aura aimé al-Hussayn» (Al-Tarmathî, cité par Ibn Kathîr dans « Istich-hâd al-Hussayn », op. cit. p. 139)

Al-Hussayn est le fils de l’Imam Ali  (cousin, gendre et successeur du Prophète) et de la Dame Fatima al-Zahrâ (la fille du Prophète de la Dame Khadîjah). Il est le troisième Imam des Musulmans Chiites, après son père, l’Imam ‘Ali Ibn Abi Tâlib, et son frère l’Imam al-Hassan :  Il est le petit-fils du Prophète (P), et son calife (successeur), et il est l’ancêtre des neuf Imâms qui lui ont succédé. Il mourut martyr à Kerbala le Vendredi 10 muharram en l’an 63 A.H., à Karbala, au cours de la bataille de ‘Âchourâ’, après avoir subi la soif et l’oppression pendant plusieurs jours.

ٍSa Naissance et Education

Al-Hussayn est né à Médine, le 25 Cha’bân de l’an 4 de l’Hégire. La famille du Prophète l’a accueilli à sa naissance avec amour et tendresse, et c’est le Messager de Dieu, lui-même, qui lui donna le nom d’al-Hussayn. Al Hussein (P) reçut du Prophète (P) les mêmes sacrements que ceux reçus par son frère à sa naissance (l’azan et l’iqâma dans les oreilles, le rasage, le don d’une certaine quantité d’argent, etc.).

Le septième jour de sa naissance, l’Imam Ali (as) fit le sacrifice du mouton et distribua la viande aux pauvres et aux orphelins.

Al-Hussayn fut élevé et grandi par le Prophète, l’Imam ‘Ali et Fâtimah al-Zahrâ. Il fut donc nourri de la morale prophétique et élevé selon les principes du Message islamique, les principes du Bon Droit, de la justice et de la dignité. Comme pour son aîné al Hassan , al Hussein(as) eut comme mentor le Prophète(sas) ainsi que ses parents, le meilleur des entourages possibles pour une parfaite éducation.

Al Hussein (as) passa ses 7 premières années avec son grand-Père, malgré son jeune âge, il apprit toute la morale du sceau de la prophétie jusqu’au jour où Allah décida de reprendre son dernier Messager auprès de lui.

A l’âge de 7 ans il perdit son père le Prophète de l’Islam (P) mais retrouva cet autre illustre père qu’était l’Imam ‘Ali (P). Ce dernier prit donc en charge de continuer à parfaire l’éducation de ses enfants Al Hassan (P) et Al Hussein (P) qui, ne n’oublie pas, étaient désignés par Dieu pour être des Imams comme l’avait déjà annoncé le Prophète (P).

C’est ainsi que le père (‘Ali) et les deux enfants (Al Hassan et Al Hussein) furent éduqués par la même personne : le Prophète (P) à la fois cousin et beau-père pour l’un mais aussi père et grand-père pour les autres. Dieu assurait ainsi la pérennité de Ses Enseignements à travers une Sainte Lignée, celle des Descendants du Prophète (P) dont l’éducation était l’œuvre de Dieu Lui-même à travers les mains du Prophète Mohammad (P) , le meilleur de tous les êtres que Dieu a créés.

Après la mort du prophète et durant l’imamat de son père et frère et son propre imamat

Le Prophète (saw) : le premier à pleurer le martyr d’al-Hussein.

L’Imam Ali , cité par Ahmad ibn Hanbal a raconté :  » Un jour, en entrant chez le Messager de Dieu, j’ai vu que ses yeux débordaient de larmes. Aussi lui demandai-je: – Qu’est-ce qui te fait pleurer Ô Messager de Dieu? -L Ange Gabriel, dit-il, vient de me quitter. I1 m’a informé qu’al-Hussein serait tué près de l’Euphrate. Et me demandant, « veux-tu sentir la terre où il sera tué »?, il tendit sa main, ramassa une poignée de terre et me la donna. Je n’ai pu alors empêcher mes yeux de déborder de larmes ». cité par Ibn Kathir

Après cela, al Hussein (as) passa 30 ans sous l’ombre de l’Imamat de son père Ali (as) et endurait avec lui et son frère l’injustice des musulmans. Par la suite, il allait participer pleinement au grand sacrifice qui tentera de préserver l’unité de l’Islam.

Son frère aîné al Hassan(as) devint Imam après le décès de son père. Al Hassan(as) fut assassiné sous l’ordre de Mo’awiyah ibn abou Soufiane, qui voulait par ce crime créer le vide spirituel et politique, afin de faciliter l’accession future de son fils Yazid au pouvoir de l’Islam.

Après le martyr de son frère, al Hussein(as) devint Imam pour une période de dix ans. Durant ces 10 ans Mo’awiyah resta Calife excepté les 6 derniers mois, qui coïncideront à l’accession de Yazid  au Califat. A la fin de ces 6 derniers mois, al Hussein (as) allait devenir le maître des martyrs.

L’Imam Hussein (as) vécut dans des conditions de répression et de persécution des plus pénibles. Ceci parce que les lois religieuses avaient perdu beaucoup de leur poids et de leur crédit, alors que les édits du gouvernement omeyyade avaient acquis une puissance et une autorité totale. De plus, Mo’awiyah et ses collaborateurs utilisèrent tous les moyens possibles pour écarter définitivement du pouvoir la famille du Prophète et les chi’ites, et supprimer ainsi le nom d’Ali et celui de sa famille. Par-dessus tout, Mu’awiyah voulait renforcer l’assise du califat de son fils, Yazid, auquel un important groupe de musulmans était défavorable, en raison de son manque de principes et de scrupules. Afin d’écraser toute opposition, Mo’awiyah prit de nouvelles mesures plus sévères. L’Imam Hussein (as) dut endurer toutes sortes d’humiliations de la part de Mo’awiyah et de ses collaborateurs; jusqu’à ce qu’au milieu de l’année 60, Mo’awiyah mourut et que son fils Yazid prit sa place.

Prêter allégeance (bay’ah) était une vieille pratique arabe accomplie dans les occasions importantes, telles que l’intronisation d’un nouveau roi. Ceux qui étaient gouvernés, et surtout les plus connus d’entre eux, donnaient leurs mains en signe d’allégeance, de consentement et d’obéissance à leur prince ou leur roi, leur manifestant ainsi leur approbation. Le désaccord après l’allégeance était considéré comme un déshonneur pour une tribu de même que résilier un contrat après l’avoir signé officiellement était considéré comme un crime. Suivant l’exemple du Prophète, les gens pensaient que l’allégeance, quand elle était prêtée librement et non par force, faisait autorité . Mo’awiyah le maudit demanda aux notables de prêter allégeance à Yazid mais n’imposa pas cette requête à l’Imam Hussein(as), Il avait dit à Yazid dans ses dernières volontés, que si Hussein (as) refusait de prêter allégeance il devait faire comme si de rien n’était, car il avait bien compris les conséquences désastreuses du recours à la force.

Mais à cause de son égoïsme et de sa témérité, Yazid négligea le conseil de son père et, immédiatement après la mort de ce dernier, ordonna au gouverneur de Médine d’obtenir de force un serment d’allégeance de l’Imam Hussein (as), ou alors d’envoyer sa tête à Damas.

Après que le gouvernement de Médine eût informé l’Imam Hussein (as) de cette demande, ce dernier demanda un délai de réflexion avant de répondre et partit dans la nuit avec sa famille vers la Mecque. Il chercha refuge dans le sanctuaire de Dieu, lieu officiel de refuge et de sécurité. Cet événement advint vers la fin du mois de Radjab et le début de Sha’bân de l’an 60 de l’Hégire. Pendant près de quatre mois l’Imam Hussein (as) demeura à la Mecque, en réfugié. Cette nouvelle se répandit à travers tout le monde islamique. D’une part, beaucoup de personnes qui étaient lasses des iniquités de Mo’awiyah et encore plus mécontentes lorsque Yazid devint calife, écrivirent à l’Imam Hussein (as) et lui exprimèrent leur sympathie. D’autre part, un torrent de lettres commença à affluer, spécialement de l’Iraq et surtout de la ville de Kufa, invitant l’Imam (as) à aller en Iraq et à accepter de prendre la tête de la population locale dans le but de provoquer un soulèvement et de réprimer l’injustice et l’iniquité. Une telle situation était certainement dangereuse pour Yazid.

Le séjour de l’Imam Hussein (as) à la Mecque se prolongea jusqu’à l’époque du pèlerinage, alors que des musulmans de toutes les régions du monde arrivaient par groupes pour accomplir les rites du Hadjdj . L’Imam découvrit que quelques uns des partisans de Yazid étaient entrés à la Mecque comme pèlerins, avec mission de le tuer pendant les rites du Hajj, à l’aide d’armes cachées sous leurs habits de pèlerins (ihràm).

L’Imam (as) abrégea les rites du pèlerinage et décida de partir. Il se dressa au milieu de la grande foule des pèlerins et, en un bref discours, annonça qu’il s’apprêtait à partir pour l’Iraq. Dans ce discours, il déclara également qu’il tombera en martyr et demanda aux musulmans de l’aider à atteindre le but qu’il s’était fixé et d’offrir leurs vies sur le chemin de Dieu. Le jour suivant, il partit avec sa famille et un groupe de ses compagnons pour l’Iraq.

L’Imam Hussein (as) était déterminé à ne pas prêter serment d’allégeance à Yazid et savait très bien qu’il serai tué. Il était conscient que sa mort était inévitable en face de la puissance militaire effrayante des Omeyyades, favorisée par la corruption dans certains secteurs, le déclin spirituel, le manque de volonté dans le peuple.

Sur le chemin de Kufa et à quelques jours de marche de la ville, il reçut la nouvelle que l’agent de Yazid à Kufa avait exécuté le représentant de l’Imam dans la cité ainsi que l’un de ses sympathisants bien connu à Kufa. Leurs pieds avaient été attachés et ils furent traînés dans les rues. La ville et les environs avaient été placés sous stricte surveillance et d’innombrables soldats de l’ennemi attendaient Hussein. Il n’y avait pas d’autre choix pour lui que d’avancer vers la mort. Ce fut là que l’Imam exprima sa ferme détermination à aller de l’avant et à mourir en martyr.

A soixante dix kilomètres de Kufa dans un désert nommé Karbala, l’Imam et son entourage furent encerclés par l’armée de Yazid : Pendant huit jours, ils demeurèrent là, alors que l’encerclement se rétrécissait et que le nombre des ennemis augmentait. Finalement l’Imam, avec sa famille et un petit nombre de ses compagnons furent encerclés par une armée de trente mille soldats.

Durant ces jours, l’Imam (as) fortifia sa position et fit une sélection parmi ses compagnons. La nuit, il appela ses compagnons et, en une brève allocution déclara qu’il n’y avait rien à espérer sinon la mort et le martyre; il ajouta que, puisque l’ennemi n’était intéressé qu’à sa propre personne, il les libérait de toute obligation afin que, s’ils désiraient fuir dans l’obscurité de la nuit ils puissent sauver leur vie.

Ensuite, il ordonna d’éteindre les lumières et la plupart de ses compagnons, qui l’avaient rejoint par intérêt personnel, se dispersèrent. Seuls restèrent une poignée de ceux qui aimaient la vérité – environ quarante parmi ses proches collaborateurs – et quelques uns des Banou Hâchim. De nouveau, l’Imam (as) rassembla ceux qui restèrent et les soumit à une épreuve. Il s’adressa à eux, compagnons et proches hâchimites, leur répétant que l’ennemi ne s’intéressait qu’à sa personne . Chacun pouvait tirer avantage de l’obscurité de la nuit et échapper au danger. Mais cette fois, les fidèles compagnons de l’Imam répondirent, chacun à sa manière, qu’ils ne dévieraient pas un seul instant du chemin de la vérité dont l’Imam était le guide et qu’ils ne l’abandonneraient jamais. Ils dirent qu’ils défendraient sa famille jusqu’à leur dernière goutte de sang et aussi longtemps qu’ils pourraient tenir un sabre à la main.

Au neuvième jour du mois, un dernier ultimatum l’invitant à choisir entre  » prêter serment d’allégeance ou la guerre  » fut adressé à l’Imam par l’ennemi. L’Imam (as) demanda un délai pour prier toute la nuit et se détermina à entrer dans la bataille le jour suivant. Au dixième jour de Moharram de l’an 61 , l’Imam s’aligna en face de l’ennemi avec son petit groupe de fidèles, de moins de quatre vingt dix personnes se composant de quarante de ses compagnons, et de trente membres de l’armée ennemie qui l’avaient rejoint pendant la nuit et le jour de la bataille ainsi que de sa famille hâchimite: enfants, frères, neveux, nièces et cousins.

Ce jour là, ils se battirent jusqu’à leur dernier souffle, et l’Imam, les jeunes hâchimites et ses compagnons tombèrent tous en martyrs. Parmi ceux qui furent tués figuraient deux enfants de l’Imam Hassan, qui n’étaient âgée que de treize et onze ans, ainsi qu’un enfant de cinq ans et un nourrisson, tous deux fils de l’Imam Hussein.

L’armée de l’ennemi, après la fin de la bataille, pilla le harem de l’Imam et brûla ses tentes. Elle décapita les corps des martyrs, les dévêtit et les jeta sur le sol sans les enterrer. Ensuite, elle emmena les membres du harem – des femmes et des filles sans défense – ainsi que les têtes des martyrs, à Kufa Parmi les prisonniers, il y avait trois hommes de la famille de l’Imam : un de ses fils, âgé de vingt deux ans, qui était très malade et incapable de bouger, Ali Ibn Hussein, le futur quatrième Imam, le fils de ce dernier, alors âgé de quatre ans, Mohammad Ben Ali, qui devait devenir le cinquième Imam et enfin Hassan Moçannâ, le fils du deuxième Imam qui était également le beau-fils de l’Imam Hussein et gisait blessé pendant la bataille, parmi les morts. Il fut trouvé presque mourant et grâce à l’intervention d’un général ne fut pas décapité. On l’emmena plutôt avec les prisonniers à Kufa et de là à Damas pour paraître devant Yazid.

L’événement de Karbala, la capture des femmes et des enfants de la Maison du Prophète, leur déplacement de ville en ville comme prisonniers et prisonnières et les discours prononcés par Zaynab, la fille d’Ali, ainsi que par le quatrième Imam, tous deux au nombre des prisonniers, provoquèrent la disgrâce des Omeyyades. De tels abus envers la famille du Prophète neutralisèrent la propagande soutenue par Mo’awiyah depuis des années. L’affaire prit de telles proportions que Yazid désavoua et condamna publiquement les actions de ses agents.

L’événement de Karbala joua un rôle majeur dans le renversement du gouvernement omeyyade, bien que son effet fut retardé. Il renforça également les racines du chi’isme. Comme conséquence immédiate, il y eut les révoltes et les guerres sanglantes qui se poursuivirent pendant douze années. Parmi ceux qui causèrent la mort de l’Imam, aucun ne put échapper à la vengeance punitive.

Quiconque étudie attentivement la vie de l’Imam Hussein et de Yazid et les conditions régnant à l’époque, se convaincra que l’Imam Hussein n’avait d’autre choix que de se faire martyriser. Jurer serment d’allégeance à Yazid aurait signifié une démonstration publique de mépris envers l’Islam, chose impossible pour l’Imam. Car Yazid, non seulement ne manifestait aucun respect pour l’Islam et ses commandements mais encore, foulait publiquement aux pieds, sans la moindre pudeur, ses fondements et ses lois. Les prédécesseurs, même s’ils s’opposaient aux règles religieuses, le faisaient toujours en conservant les apparences de la religion: ils respectaient la religion au moins dans ses formes extérieures. Ils s’enorgueillissaient d’être des Compagnons du Prophète et des autres saints personnages en lesquels le peuple avait confiance. De ceci, on peut conclure du caractère erroné de l’opinion de certains interprètes de ces événements selon qui les deux frères Hassan et Hussein, avaient des goûts différents, l’un choisissant la voie de la paix et l’autre la voie de la guerre, de sorte que l’un des frères fit la paix avec Mou’awiyah tout en étant fort d’une armée de quarante mille hommes, alors que l’autre partit en guerre contre Yazid avec une armée de quarante hommes. Nous voyons que le même Imam Hussein qui refusa de prêter serment à Yazid pour un jour, vécut pendant dix ans sous le gouvernement de Mou’awiyah de la même manière que son frère qui endura aussi pendant dix ans le règne de Mo’awiyah.

Ses qualités sont innombrables.

Il est «la fleur du Prophète» comme l’a dit le prophète lui-même de lui et de son frère Hassan (P) : «Ils sont mes fleurs dans le monde». En outre, le Prophète déclara : «Hussein est de moi et je suis de Hussein», en ajoutant : «Hassan et Hussein sont des Imams, qu’ils soient debout ou assis».

Il fut un grand érudit et un vrai adorateur d’Allah. Il avait l’habitude d’accomplir des dizaines et des dizaines de rak’ah par jour, comme son père Amir al-Mouminîn, l’Imam Ali (P).

Un exemple de sa générosité est sa façon de se conduire envers un Arabe qui, voulant obtenir la satisfaction de ses besoins, vint auprès de lui (de l’Imam) et composa ce poème à sa louange: «Personne n’est jamais revenu bredouille, après avoir frappé à ta porte, en espérant et souhaitant obtenir quelque chose de toi ; tu es généreux et quelqu’un sur qui on peut compter ; ton père fut le Traqueur des méchants (les ennemis d’Allah). Si nous n’avions pas eu tout ce que nous avons reçu de vos ancêtres, nous aurions été écrasés par le feu de l’ Enfer ».Lorsqu’il entendit ces mots, l’Imam Hussein (P) lui donna quatre mille dinars, en s’excusant dans ces termes versifiés : «Prends cela, je te demande pardon. Sois assuré que je sympathise avec toi. Si- nous possédions le bâton (du pouvoir), nos pluies seraient tombées à verse sur vous (si l’État islamique avait été entre nos mains, nous vous aurions donné encore davantage), mais les temps nous ont trahi et ma main ne tient que peu ».

Les credo islamiques et la religion de son grand-père ont survécu grâce à sa position courageuse et incomparable. En réalité, il a permis, par cette position, au monde entier de survivre jusqu’à la Fin. Il est le Maître des martyrs et le meilleur de tous après son frère.

L’Imam al-Hossein (P) a dit :  » Je me suis soulevé pour réaliser Al-Amr bil mâ-ruf (ordonner le bien), pour revivifier la foi et pour lutter contre la corruption. Mon mouvement est islamique et vise la réforme. « 

Le père de Ach’ath Ibn Samih a dit :  » J’ai entendu le Messager de Dieu dire :  » Mon fils (c’est à dire Al-Hossein (P) ) sera assassiné sur une terre nommé Karbala : Quiconque l’y verra, qu’il le soutienne « 

On dit aussi :  » Il n’y a pas dans le genre humain un seul exemple de courage qui puisse équivaloir au courage de cœur dont a fait preuve l’Imam Al-Hossein (P) à Karbala. « 

Intervention par le Cheikh Mustafa Al Khaliq à propos de la commémoration de Achoura, le martyre de l’Imam Hussein commémoré dans le monde entier par les musulmans chiites.

QUELQUES PAROLES DE L’Imam AL HUSSEIN(as)

-Je ne vois en la mort qu’un bonheur et en la vie parmi les injustes qu’une angoisse.

-Les gens sont les esclaves de cette vie alors qu’ils tâtent à peine la religion. Ils continuent à garder cette dernière tant qu’elle leur rapporte du bien, mais dés qu’ils sont touchés par l’épreuve, les religieux deviennent rares.

-Si vous n’arrivez pas à être de bons croyants alors au moins soyez des hommes libres.

-«Nous sommes le Parti de Dieu, lequel sera vainqueur, et nous sommes les plus proches parents du Messager de Dieu et les membres pieux de sa famille. Nous formons l’un des Deux Poids, ceux-là mêmes que le Prophète a placés après le Livre de Dieu…».

-«Dieu est content de celui dont nous sommes contents, nous les Ahl al-Bayt (la famille du Prophète)… Car nous savons patienter devant l’épreuve à laquelle IL nous soumet…, et IL nous en récompense de la récompense que méritent ceux qui savent patienter».

-Se rendant au tombeau du Prophète avant de quitter Médine par refus de prêter serment d’allégeance au Califat illégal de Yazid, l’Imam al-Hussein dit : «Ô mon Dieu! ici se trouve le tombeau de Ton Prophète, et je suis le fils de la fille de Ton Prophète. Tu sais ce qu’il m’ arrive. Ô mon Dieu! J’aime le bien et je renie le mal. Je Te demande, Ô Toi qui es plein de majesté et de munificence, par ce tombeau et celui qui y gît, de ne me faire faire que ce qui Te satisfait et satisfait Ton Prophète».

-«Nous sommes la famille du Prophète, le métal du Message et le lieu de fréquentation des Anges. C’est par nous que Dieu a débuté (le Message) et c’est par nous qu’IL (l’) a parachevé. Par contre, Yazid est un libertin qui ne cache pas son libertinage, un alcoolique et un assassin de l’âme innocente que Dieu a interdit de tuer. Quelqu’un comme moi ne saurait donc prêter serment d’allégeance à quelqu’un comme lui».

-Rappelant aux Musulmans leur devoir de s’opposer à Yazid, l’Imam al-Hussein dit : «Ô gens! Le Messager de Dieu a dit: Celui qui voit un Sultan injuste qui rend légal ce que Dieu a interdit, qui transgresse le pacte qu’il a conclu devant Dieu, qui dévie la Sunna du Messager de Dieu, qui agresse les Musulmans et commet des péchés contre eux, sans qu’il s’oppose à lui (à ce sultan) ni par une parole ni par une action, Dieu lui réservera obligatoirement le même traitement qu’IL réserve à ce sultan».

– L’Imam al-Hussein rappelant les qualités requises pour le dirigeant Musulman : «J’en jure par ma religion : L’Imam ne peut être que celui qui gouverne selon le Livre, qui établit, l’équité qui a pour religion la Religion Vraie, qui s’en tient scrupuleusement aux prescriptions de Dieu…»

– Consterné par l’attitude passive des Musulmans face à la situation corrompue sous le califat de Yazid, I’Imam al-Hussayn affirma à ses compagnons sa détermination de poursuivre jusqu’au bout sa Révolution : «Il nous est arrivé ce que vous pouvez vous-mêmes constater. Le monde a changé, s’est renié, et le bien s’est éclipsé… Il n’en reste que quelques égouttures pareilles aux égouttures d’un verre d’eau vidé, et la vilenie, comme dans un pâturage insalubre. Ne voyez-vous donc pas qu’on néglige le vrai et qu’on ne s’interdit plus réciproquement le faux? Que le fidèle pieux s’attache à rencontrer son Seigneur en étant sur le bon chemin. Car je ne vois la mort que comme un bonheur, et la vie avec les injustes que comme une source d’ennui et de lassitude».

– Al-Hussein, arrivé sur le lieu prédit de son martyre, dit à ses compagnons : «Ô mon Dieu! je me protège auprès de Toi du KARB (affliction) et du BALÂ’ (malheur).

Et d’ajouter : «C’est un lieu d’affliction et de malheur. Descendez de vos montures. C’est ici le terme de notre voyage, le lieu de l’effusion de notre sang et la place de nos tombeaux. C’est ce que m’a dit mon grand-père, le Messager de Dieu».

– L’Imam al-Hussein, abandonné par les Kûfites et encerclé par l’armée omayyade : «Ô mon Dieu! Toi à qui je me confie chaque fois que je subis une affliction, et en qui je mets mon espoir chaque fois que je suis dans l’adversité. Je me suis confié à Toi pour toutes les épreuves que j ‘ai subies. Combien de soucis – devant lesquels le coeur s’affaissait, les solutions manquaient, l’ami s’éclipsait et l’ennemi se réjouissait – que je t’avais confiés (parce que mon amour est dirigé vers Toi exclusivement) n’as-Tu pas dissipés? Tu es donc pour moi, le Maître de tout bienfait, l’auteur de toute bienfaisance et l’objet de tout désir».

-Préférant la mort à la soumission au pouvoir déviationniste de Yazid, l’Imam al-Hussein s’écria au visage de ses bourreaux : «Par Dieu je ne me rends pas à vous comme un humilié, ni ne me soumets comme un esclave».

– «Les gens sont les esclaves de ce bas-monde. La religion n’est qu’un objet de flatterie sur leur langue. Ils la couvent tant que leurs moyens de subsistance sont assurés aisément. Mais, dès qu’ils sont soumis à l’épreuve, les vrais pratiquants se font rares».

– «La véracité est puissance, le mensonge est impuissance, la confidence est Dépôt, le voisinage est parenté, le secours est aumône, le travail est expérience, le bon caractère est culte, le silence est ornement, l’avarice est pauvreté, la générosité est richesse, la compassion est quintessence».

– «La raison ne se perfectionne qu’en suivant le vrai».

https://lafamilleduprophete.fr.gd/L-h-Imam-Al-Hussein.htm

Le quarantième de l’Imam Al Hussein

Louanges à Dieu Seigneur de l’univers, celui qui a créé l’homme et qui lui a enseigné ce qu’il ne connaissait pas. Que le salut et la paix de Dieu soient sur la meilleure des créatures, son Prophète  Muhammad, ainsi que sur les membres de sa sainte et noble famille ; et que la malédiction soit sur leurs ennemis ainsi que les ennemis de l’Islam, aussi bien humains que démons soient-ils, jusqu’au jour dernier.

Nous somme le 20 du mois de Safar. La commémoration du quarantième jour de l’anniversaire de son martyre se présente pour qu’on se rappelle à travers elle la personnalité de l’Imâm al-Hussein(p), la personnalité de l’Imâm réformateur, sauveur et dirigeant islamique qui a affirmé la dignité sur la voie du Massage.

L’Arbaïn marque le 40ème jour du martyre vénéré Imam Hussein, prince des martyrs (béni soit-il). La cérémonie d’Arbaïn coïncide avec le 20 du mois de Safar. L’Arbaïn est ancré dans notre culture religieuse. Selon un hadith, l’Imam Hassan Askari énumère cinq caractéristiques pour un «  croyant » : Accomplir la prière (la salat),  51 rak’ats,  réciter le « Ziarat Arbaïn » (prière de salutation au 40e jour du martyr de  Imam Hussein, béni soit-il), porter une bague à la main droite, poser le front par terre et dire à haute voix « Bismillah », lors de la prière. [1] De même, les historiens ont rapporté que Jabir Ibn Abdullah Al-Ansari, accompagné d’Attiya Al-Oufi, se présenta, au première Arbaïn, sur la tombe des martyrs du soulèvement d’Achoura, dont le vénéré Imam Hussein (béni soit-il). [2] Seyyed Ibn Tavous dit : «  Du retour de la Syrie,  lorsque, les femmes et les enfants de l’Imam Hussein (que la paix de Dieu soit sur lui), arrivèrent en Irak, ils demandèrent au guide de la caravane de les amener à Karbala. Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit du martyre de l’Imam Hussein et de ses compagnons, ils y virent Jabir Ibn Abdullah Al-Ansari et un groupe des Bani Hashim ainsi qu’un membre de la famille du messager de Dieu, qui étaient venu rendre visite à la tombe du vénéré Imam Hussein (béni soit-il). Ils y arrièrent, tous, dans un même temps. Des yeux remplis de larmes, très affligés et attristés, ils organisèrent la cérémonie de deuil pour l’Imam Hussein. Les femmes de cette région aussi les rejoignirent. Donc, ils organisèrent quelques jours de deuil dans une ambiance, pleine d’affliction et d’émotion. [3]

Le Messager de Dieu(p) a dit : « Hussein(p) fait partie de moi-même et moi-même je fais partie de Hussein. Que Dieu aime celui qui aime Hussein ».

En mettant le Message devant la Nation et ses contenus doctrinaux, culturels et légaux, il voulait l’inciter à ne pas s’incliner devant l’illégalité. A cette occasion, nous rencontrons l’Imâm al-Hussein(p). Nous ne sentons pas son absence par rapport à nous, bien qu’il soit tombé en martyr avant quelques quatorze siècles. La présence de l’Imâm al-Hussein(p) dans toutes les épisodes de cette histoire, son rayonnement dans toutes les ténèbres de l’histoire, continuent de s’imposer sur toute raison qui raisonne, sur tout cœur qui aime et sur l’action qui s’élance, qui relève le défi et qui confronte le défi.

Nous sentons que l’Imâm al-Hussein(p) est présent parmi nous, car il était le révolté de l’Islam, son Imâm et son martyr. Il est vrai qu’il est tombé en martyr à Karbalâ et qu’il y a été enterré avec la pure élite que constituaient les membres de sa famille et ses compagnons. Pourtant, il était le martyr de toute la Nation et de tout l’Islam. Karbalâ’ ne l’a pas réduit à sa seule géographie, mais il a englobé le monde entier à travers l’universalité de l’Islam, cet Islam que l’Imâm al-Hussein(p) voulait réformer en réformant la Nation de son Grand-père (p).

Il voulait lutter contre l’ignorance qui gisait dans les cerveaux des gens. Comme son Grand-père(p), il souffrait en voyant la haine nourrie par eux et la déviance qui dirigeait leur vie.

Comme son Grand-père(p), il portait le Message et disait : « Seigneur ! Dirige mon peuple sur le droit chemin car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Comme son Grand-père qui souffrait pour ceux qui n’ont pas été ouverts à l’Islam, il souffrait pour ceux qui soutenaient Yazîd et Ibn Ziyâd et qui gagneront l’Enfer à cause de ce soutien.

Il a dit : « Je ne me suis pas soulevé de gaîté de cœur ni par arrogance. Je me suis soulevé pour réformer la Nation de mon grand-père, le Messager de Dieu. Celui qui m’accepte ne fait qu’accepter le vrai. Et c’est à Dieu que revient la rétribution pour le vrai ». Comme les prophètes, al-Hussein(p) a donc appelé à la réforme et il voulait ordonner le convenable et interdire le blâmable.

L’armée ennemie a demandé à al-Hussein(p) de s’incliner devant l’illégalité et de se soumettre à ceux qui ont mis la main sur le commandement des Musulmans. Il leur a donné la réponse suivante : « Non par Dieu ! Je ne me soumettrai pas à vous comme un humilié ni ne me baisserai devant vous à la manière des esclaves…on nous fait choisir entre deux choses : Entre la mort et l’humiliation. Loin de nous l’humiliation ! Dieu, Son Prophète et les croyants ne l’acceptent pas pour nous ».

Al-Hussein(p) a donc pris position pour le Message de l’Islam, pour sa dignité et sa liberté, pour tout ce que l’Islam propose dans ces domaines. Il a consacré toute sa révolution, toute son action, tous ses sacrifices et son martyre à la consolidation de l’Islam.

L’Imâm al-Hussein(p) aimait Dieu comme personne ne L’a aimé. Il était ouvert à Dieu comme personne ne Lui a été ouvert. Comme son père, il aimait Dieu et Son Messager et il était aimé de Dieu et de Son Messager. Il s’est dirigé vers Karbalâ’ pour donner à l’humanité une leçon qui est celle de celui qui porte un message et qui reste fidèle à son message jusqu’au martyre.

Cette grande commémoration avec laquelle nous vivons al-Hussein(p) en tant qu’Imâm, en tant que bien-aimé et en tant que dirigeant, continue de renouveler en nous la foi en l’Islam. Elle nous incite à le défendre et à refuser l’oppression et l’arrogance.

Nous devons faire de la commémoration de l’Imâm al-Hussein(p) une révolution dans l’action de l’homme pour la dignité et pour la défense de l’Islam et de tous les Musulmans.

Voici quelques Hadîths, racontés de l’Imam Al-Hussein (p), qui éclaircissent les objectifs de son mouvement et de sa révolution

1. »Nous sommes le Parti d’Allah, lequel sera vainqueur, et nous sommes les plus proches parents du Messager  (p)et les membres pieux de sa famille. Nous formons l’un des Deux-Poids, ceux-là mêmes que le Prophète  (p) a placés après le Livre d’Allah ».

  1. « Allah est content de celui dont nous sommes contents (la famille du Prophète)… Car nous savons patienter devant l’épreuve à laquelle Il nous soumet…, et Il nous en récompense de la récompense que méritent ceux qui savent patienter. »
  1. « Nous sommes la famille du Prophète (p), et le lieu de fréquentation des Anges. C’est par nous qu’Allah a débuté (le Message) et c’est par nous qu’Il (l’) a parachevé. Par contre, Yazîd est un libertin qui ne cache pas son libertinage, un alcoolique et un assassin de l’âme innocente qu’Allah a interdit de tuer. Quelqu’un comme moi ne saurait donc prêter serment d’allégeance à quelqu’un comme lui. »
  1. L’Imam Al-Hussein, lors de l’annonce de son soulèvement contre Yazid:

« Je ne me suis pas soulevé de gaieté de cœur, ni pour une quelconque insatisfaction personnelle, ni par subversion ni injustement. Je me suis soulevé pour réformer la nation de mon grand-père, le Messager d’Allah, pour commander le bien et interdire le mal, et pour suivre les traces de mon grand-père et de mon père (p)… »

  1. Rappelant aux musulmans leur devoir de s’opposer à Yazîd, l’Imam Al-Hussein (p) dit:

« O gens! Le Messager d’Allah (p) a dit: Celui qui voit un Sultan injuste qui rend légal ce qu’Allah a interdit, qui transgresse le pacte qu’il a conclu devant Allah, qui dévie la Sunna du  Prophète (p), qui agresse les musulmans et commet des péchés contre eux, sans qu’il s’oppose à lui (à ce sultan) ni par une parole ni par une action, Allah lui réservera obligatoirement le même traitement qu’Il réserve à ce sultan. »

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