La philosophie de l’Arbaïn

la visite pieuse à l’Imâm Hussein au quarantième jour après son martyre

Des millions de musulmans de différents pays arrivent chaque année dans la ville sainte de Karbala en Irak pour commémorer le jour de l’Arbaïn, cérémonie religieuse qui marque chaque année l’aboutissement d’une période de quarante jours de deuil après le martyre de l’Imâm Hussein, petit-fils du prophète Mohamad et le troisième Imâm des chiites. Le pèlerinage de Karbala à l’occasion de l’Arbaïn est l’un des plus importants rassemblements annuels du monde en un seul endroit.

Le jour de l’Ashourâ, le 10 du mois de Muharram de l’an 680, sur le sable chaud du désert de Karbala (aujourd’hui en Irak), l’Imâm Hossein et ses 72 compagnons – amis, partisans, ainsi qu’une partie de sa famille, dont son fils de six mois -, furent tués en martyr dans des circonstances les plus horribles par l’armée de Yazid, le deuxième calife omeyyade.

La plus ancienne image de l’événement de l’Ashourâ

Le théologien et historien chiite Sayyed ibn Tawous (1193-1266) a dit : « Du retour de Syrie, lorsque les femmes et les enfants de l’Imâm al-Hussein (que la paix et le salut de Dieu soit sur lui) arrivèrent en Irak, ils demandèrent au maître-caravanier de les amener à Karbala. Lorsqu’ils parvinrent à l’endroit du martyre de l’Imâm al-Hussein et de ses compagnons, ils y virent un compagnon du Prophète, Jabir Ibn Abdullah Al-Ansari (vers 606-697), un groupe des Bani Hâshim (tribu de Quraysh dont était issu le Prophète), ainsi qu’un membre de la famille du messager de Dieu, qui étaient tous venus se recueillir sur la tombe de l’Imâm al-Hussein.

Ils arrivèrent tous en même temps que la caravane venant de Damas. Les yeux remplis de larmes, très affligés et attristés, ils organisèrent une cérémonie de deuil pour commémorer l’Imâm Hussein. Des femmes des tribus locales les rejoignirent. Une fois réunies en ce lieu, toutes ces personnes y restèrent pendant quelques jours pour célébrer le deuil dans une ambiance pleine d’affliction et d’émotion. »

Les événements du mois de Muharram de l’an 61 de l’hégire (octobre 680 du calendrier grégorien) constituent un moment fort dans l’histoire de l’Islam. Bien que quatorze siècles se soient écoulés depuis la tragédie du martyre de l’Imâm Hussein et de ses compagnons à Karbala, les musulmans chiites du monde entier continuent à commémorer chaque année l’épopée de l’Ashourâ, c’est-à-dire à la fois le martyre de l’Imâm Hussein et son message de lutte contre la tyrannie et de défense des valeurs de vérité, de justice et de liberté. En d’autres termes, les cérémonies annuelles de l’Ashourâ symbolisent la position éternelle et inébranlable du camp de la justice contre le mensonge et l’oppression.

Photos : Le pèlerinage de Karbala à l’occasion de l’Arbaïn

Chaque année, des rassemblements de deuil sont organisés pendant quarante jours en Iran et en Irak, mais aussi dans divers pays d’Asie, d’Europe et d’Amérique du Nord et du Sud. Durant ces réunions, les fidèles commémorent l’épopée de Karbala. Bien que les rites soient différents selon le pays et la région, les fidèles endeuillés pleurent tous pour la même raison, et s’indignent de la cruauté et des crimes infligés à un homme qui s’efforçait de promouvoir la justice et la liberté. Dans ces cérémonies, les souffrances des martyrs de Karbala sont évoquées, et les gens pleurent pour déplorer le martyre des membres de la famille du Prophète tués en combat. Ils rendent également hommage aux valeurs et aux enseignements défendus par l’Imâm Hussein et ses disciples.

Bien que l’Arbaïn soit une cérémonie religieuse chiite, des adeptes d’autres religions établis notamment en Irak et en Iran, qu’ils soient sunnites, yézidis, zoroastriens ou chrétiens, la respectent et même participent parfois à cet événement, considéré comme l’un des plus grands rassemblements religieux du monde. Chaque année, le nombre des participants à la cérémonie de l’Arbaïn est plus de trois fois supérieur à celui du pèlerinage annuel du Hajj à La Mecque. Cela confère une portée spécifique à ce rituel, étant donné qu’y participent des gens de différentes nationalités (tout comme au Hajj), mais aussi des adeptes de différentes religions qui commémorent le deuil du martyre de l’Imâm Hussein comme un symbole de la liberté et du sacrifice.

L’importance du chiffre quarante

En arabe, le mot « Arbaïn » signifie « quarante ». Dans un contexte religieux, il correspond au dernier jour d’une période de quarante jours – pour l’Arbaïn dont nous parlons, il s’agit de la période allant du 10 Muharram au 20 Safar. Comme nous l’avons évoqué, le jour de l’Arbaïn a une place particulière dans le calendrier religieux chiite car après l’Ashourâ, c’est la deuxième date importante de rassemblement pour les chiites pour se rassembler de nouveau afin de commémorer les souffrances de la famille de l’Imâm Hussein capturée après la bataille. Les fidèles y commémorent donc également la force spirituelle, le courage et le sacrifice inégalé d’une femme, Zaynab, sœur de l’Imâm Hussein, qui va porter le message de l’événement de Karbala à la postérité, avec son neveu l’Imâm Ali Zayn al-Abédin al-Sajjâd, 4e Imâm des chiites.

Le chiffre 40 dans le Coran

Dans le Coran, un verset se rapportant à l’histoire du prophète Moïse évoque le chiffre 40. II dit : « Et [rappelez-vous], lorsque Nous donnâmes rendez-vous à Moïse pendant quarante nuits ! Puis en son absence, vous avez pris le Veau pour idole alors que vous étiez injustes [à l’égard de vous-mêmes en adorant autre que Dieu]. » Ce verset rappelle le moment où Moïse fut appelé par Dieu au mont Sinaï afin de lui confier la Thora. Le prophète Moïse est une figure prééminente de toutes les religions monothéistes, y compris dans l’islam. Selon le récit coranique, après sa naissance, Moïse fut recueilli par la famille du pharaon d’Égypte au sein même de son palais. Après avoir accidentellement tué un soldat égyptien pour protéger un esclave israélite, Moïse fut contraint de quitter l’Égypte vers le pays de Madiân, où il fit la rencontre du prophète Chou’ayb dont il épousa l’une des filles. Quelques années plus tard, Dieu demanda à Moïse de retourner vers la cour du pharaon pour l’appeler au monothéisme et pour prêcher l’unicité de Dieu (sourate VII, verset 141). Le verset suivant évoque le chiffre 40 en faisant allusion à la durée de l’absence de Moïse pour se recueillir : « Et Nous donnâmes à Moïse rendez-vous pendant trente nuits, et Nous les complétâmes par dix, de sorte que le temps fixé par son Seigneur se termina au bout de quarante nuits. Et Moïse dit à Aaron son frère : « Remplace-moi auprès de mon peuple, et agis en bien, et ne suis pas le sentier des corrupteurs » ». (sourate VII, verset 142) Outre Moïse, le chiffre 40 semble être intimement lié à la vie de presque tous les prophètes. En voici d’autres exemples : l’argile dans laquelle a été façonné Adam fut modelée pendant 40 jours ; le déluge de l’époque du prophète Noé dura 40 jours ; le règne du prophète David et celui de son fils Salomon durèrent chacun quarante ans ; le prophète Mohammad reçut la révélation pour la première fois à l’âge de 40 ans.

La dimension spirituelle du chiffre 40

Le chiffre 40 a une résonance particulière dans la tradition musulmane en ce qui concerne surtout le développement spirituel de l’être humain. Pour mieux en saisir la portée, il conviendrait ici de citer quelques exemples tirés des hadiths ou des pratiques liées à l’élévation spirituelle. D’après un hadith de l’Imâm du Temps, Al-Mahdi (douzième Imâm des chiites), les personnes qui récitent la Prière de l’allégeance (do’a-ye A’hd) pendant quarante jours seront comptés au nombre des compagnons de l’Imâm du Temps. Ceux qui récitent la prière de visitation de l’Ashourâ (Ziyârat-e Ashourâ) durant quarante jours verront leurs prières exaucées par Dieu. En revanche, la prière de ceux qui profèrent des médisances ne sera pas acceptée durant quarante jours. Selon un autre hadith, « celui qui mémorise et transmet quarante hadiths sera ressuscité en compagnie des savants au Jour de la résurrection ». À première vue, la tâche semble facile. Mais en réalité, celui qui mérite une si grande récompense doit aller au-delà de ce stade premier de mémorisation et de transmission, pour se rendre capable d’appliquer de façon effective ces hadiths dans sa vie. Selon un autre hadith des Gens de la Maison (Ahl al-Bayt), « si vous guidez un aveugle sur quarante pas, Dieu vous promettra le paradis ». L’aveugle symbolise ici l’être humain dont le cœur et l’esprit ont été aveuglés en raison de l’envie, de l’hypocrisie, de la médisance ou encore de l’attachement aux choses matérielles de ce monde. Il n’est dès lors pas étonnant qu’une personne qui parvient à conduire une telle personne vers la foi soit hautement récompensée par Dieu.

Le verset 15 de la sourate XLVI dit : « Et Nous avons enjoint à l’homme de la bonté envers ses père et mère : sa mère l’a péniblement porté et en a péniblement accouché ; et sa gestation et sevrage durant trente mois ; puis quand il atteint ses pleines forces et atteint quarante ans, il dit : « Ô Seigneur ! Inspire-moi pour que je rende grâce au bienfait dont Tu m’as comblé ainsi qu’à mes père et mère, et pour que je fasse une bonne œuvre que Tu agrées. Et fais que ma postérité soit de moralité saine, Je me repens à Toi et je suis du nombre des soumis ». » Ce verset évoque l’âge de quarante ans comme celui de la maturité spirituelle et intellectuelle de l’être humain. Selon certaines traditions des Gens de la Maison (Ahl al-Bayt), même Satan s’étonne de voir que certaines personnes de 40 ans n’ont toujours pas trouvé le chemin vers Dieu.

La commémoration d’une personne défunte 40 jours après sa mort

Pourquoi est-il recommandé de commémorer une personne disparue au 40e jour après sa mort ? Selon le Prophète, « la terre pleure la mort d’un croyant durant une période de quarante jours. »

Cette commémoration de quarante jours est une manière d’honorer la mémoire des proches défunts. De la même façon, préparer de la nourriture pour les proches du défunt constitue une autre façon de l’honorer. S’il est recommandé de commémorer le 40e jour de nos proches décédés, ce rituel est d’autant plus important dans le cadre de la commémoration du martyre de l’Imâm Hussein. L’Imâm Mohammad al-Bâqir, cinquième Imâm des chiites et petit-fils de l’Imâm Hussein, a dit : « Les cieux ont pleuré sur l’Imâm Hussein durant quarante jours après son martyre, le soleil se levant rouge et se couchant rouge » ; il a également déclaré : « Le paradis pleura durant quarante jours après le martyre de Hussein. »

Au jour de l’Arbaïn, les fidèles récitent la prière de visitation de l’Arbaïn afin de renouveler l’allégeance promise à l’Imâm Hussein le jour de l’Ashourâ. L’Imâm Hassan al-‘Askari, onzième Imâm des chiites duodécimains, évoque que cinq signes permettent de reconnaître un vrai fidèle : réaliser 51 rak’ats de prières chaque jour ; porter une bague à la main droite ; prononcer de manière intelligible et claire « Bismi-llAhi r-Rahmani r-Rahimi » (Au nom de Dieu Clément et Miséricordieux) durant les prières ; se prosterner devant Dieu en posant le front sur la terre – de préférence celle de Karbala –, et enfin effectuer une visite pieuse à l’Imâm Hussein à l’occasion de l’Arbaïn.

Il conviendrait ici d’évoquer quelques recommandations de l’Imâm Hussein à son fils et successeur l’Imâm Ali Zayn al-Abédin al-Sajjâd, quatrième Imâm des chiites : « Mon fils ! Ne traite pas injustement celui qui n’a que Dieu pour le soutenir contre toi. L’homme ne doit jamais se comporter injustement envers son prochain, car Dieu, à Lui la grandeur et la gloire, déteste l’injustice et les injustes et Il aime la justice et les justes […] Mais sache que l’injustice peut s’appliquer à des degrés plus graves et plus impitoyables. Il est possible qu’on traite avec injustice un homme en le frustrant de son bien, alors qu’il est capable de se défendre et de faire valoir son droit en recourant éventuellement à la force. Or, sois attentif à celui qui n’a aucun moyen de se défendre ni de faire valoir son droit parce qu’il est faible. Traité avec injustice, cet homme invoquera le Tout-Puissant et dira : « Seigneur ! Assiste-moi contre l’oppresseur ! » Par conséquent, lorsque l’opprimé invoque l’aide de Dieu, Dieu le soutiendra contre l’oppresseur.

Garde-toi de commettre ce dont tu aurais besoin de t’excuser. Le vrai croyant ne commet pas le mal et n’a point besoin de s’excuser. Or, l’hypocrite fait le mal tous les jours et s’en excuse. Il ne faut pas faire ou dire ce qui nous porte à chercher des excuses auprès des gens. Le croyant suit toujours la ligne droite. Il ne fait et ne dit rien sans chercher à savoir que ce qu’il fait ou ce qu’il dit plaît ou non à Dieu – à Lui la grandeur et la gloire -, et sans chercher à savoir s’il peut le justifier. De son côté, l’hypocrite fait le mal chaque jour et s’en excuse, car il n’a pas de règles morales qui dirigeraient ses actes ou ses paroles.

Que les autres aient besoin de toi, cela fait partie des bienfaits dont Dieu te comble. Sache que le bien que tu fais t’apportera des louanges et te procura des récompenses de la part du Seigneur. Si le bien pouvait se présenter sous une figure humaine, il serait beau et gracieux, et ferait plaisir à ceux qui le verraient. Mais si la vilénie prenait une forme humaine, elle serait laide, déformée, et ceux qui la verraient détourneraient le regard.

Si les autres ont besoin de toi, de ton savoir ou de tes biens, et si les autres viennent vers toi à la recherche d’un service que tu peux leur rendre, tu ne dois point le considérer comme un lourd fardeau. Au contraire, tu auras à en remercier Dieu, car cela sera une occasion pour toi afin de te rapprocher de Lui et des hommes. Tu en auras en échange des rétributions de la part du Seigneur. Si la bienfaisance prenait une forme humaine, elle serait belle, car la nature de la bienfaisance et celle des éléments qui le constituent ainsi que ses conséquences reflètent sa beauté. Or, l’action faite avec malfaisance reflète la vilénie et la désobéissance à Dieu.

Celui qui entreprend de faire quelque chose en désobéissant à Dieu ne fait que se frustrer d’avance de ce qu’il espère avoir. Il ne fait qu’accélérer la survenance de ce qui le hante. Il y a des gens qui désobéissent à Dieu pour faire avancer certaines affaires. Le péché devient ainsi une composante intrinsèque de ce qu’ils espèrent avoir. Mais en réalité, ceux-là n’obtiennent pas ce qu’ils recherchent. Lorsque l’homme veut atteindre un but et résoudre ses problèmes, il doit rechercher l’équilibre entre les moyens et les fins. Les moyens doivent satisfaire Dieu sans jamais causer Sa Colère. »

Nous lisons aussi dans l’un des discours de l’Imâm Hussein : « Ô gens ! Celui qui se comporte avec générosité aura la suprématie. Celui qui se comporte avec avarice sera avili. Le plus généreux parmi les gens est celui qui donne à ceux qui ne s’y attendent pas. Le plus tolérant parmi les gens est celui qui pardonne tout en étant assez puissant pour se venger. Celui qui communique le mieux avec les gens est celui qui est capable de le faire avec des personnes qui ont rompu des liens avec lui. Les souches d’arbre poussent là où elles sont plantées et s’élèvent grâce à leurs rameaux. Celui qui se hâte aujourd’hui de faire du bien à son frère en verra la récompense demain en rejoignant Dieu. « Et tout ce que vous avancez de bien pour vous-mêmes, vous le retrouverez auprès de Dieu, car Dieu voit parfaitement ce que vous faites » (sourate II, verset 110).

Celui qui rend un service à son frère sera récompensé par Dieu lorsqu’il en aura le plus besoin. En échange de ce bien, Dieu, à Lui la Gloire et la Puissance, exemptera le croyant de davantage d’épreuves dans ce bas monde et le récompensera dans l’au-delà. Et celui qui dissipe la détresse d’un croyant, Dieu dissipera ses détresses dans ce bas monde et dans l’au-delà. Dieu fait du bien à celui qui fait du bien, Il aime les bienfaiteurs. »

http://www.teheran.ir/spip.php?article2785#gsc.tab=0

La naissance de l’Imam al-Husayn (P)

Trois Sha’bân l’Anniversaire de la Naissance de l’Imam Al HusseinImam al-Husayn (p b. Ali b. Abî Talib, surnommé Abâ ‘Abd Allah et as-Sayyid ash-Shuhadâ’ (Maitre des martyres) est le troisième Imam des chiites qui fut tombé en martyre dans l’événement de Karbala. Il est le deuxième fils de l’Imam Ali (a) et de Fatima az-Zahra (a), et le deuxième petit-fils du Prophète Muhammad (s). Après le martyre de son frère, l’Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a), il fut chargé de diriger les chiites pendant environ onze ans.Le trois du mois de Cha’ban de l’an trois Hijri, la lumière de la naissance de l’Imam Al-Hussein a jailli dans la maison de la prophétie, et les cœurs étaient joyeux de la naissance et triste pour son martyr lors de la venue de Gabriel annonçant la naissance de l’Imam Al-Hussein et son martyr en même temps à son grand père (prière et paix de dieu sur lui et sur sa lignée vertueuse).L’imam (paix sur lui) est né à Médine dans la maison de ses parents, à côté de la maison du prophète (prières et paix sur lui et sa lignée vertueuse), Le prophète (pslp) en fut très ravi, et dès qu’il entendit la bonne nouvelle, il accourut vers la maison de sa fille pour l’en féliciter… Le prophète (pslp) entreprit lui-même d’exécuter les rites recommandés pour le nouveau-né : appel à la prière à l’oreille droite, formule de l’établissement de prière à l’oreille gauche et quelques invocations… Ensuite il le nomma Hussein. Le septième jour de la naissance de Hussein (psl), son père Ali (psl) fit le sacrifice rituel (aqiqeh) et en distribua la viande sur les mesquins et les pauvres. Le prophète (pslp) aimait beaucoup son petit-fils Hussein, et depuis le jour où il lui fut révélé le futur massacre de Hussein (psl), il ne pouvait plus supporter l’entendre crier où pleurer… et il rappelait toujours à tous ceux qui le voyaient avec son petit fils : “Hussein est de moi, et moi je suis de Hussein ! Est-il qu’il est un Imam et fils d’un Imam ! Et de sa descendance proviendront neuf Imams dont le dernier sera le Mahdi (Dfr) qui réapparaîtra au dernier des temps pour remplir la terre de justice et d’équité après qu’elle ait été remplie de prévarication et d’injustice.” A l’époque de son père (psl) Hussein (psl) passa 6 ans dans l’affection de son grand père et sous sa protection, il y apprit toute la morale du sceau des prophètes et lorsque son grand père fut décédé, il passa trente ans de sa noble vie dans l’ombre de son père l’Imam Ali (psl). Au cours de cette période, Hussein (psl) patienta avec son père devant l’injustice des musulmans et participa pleinement au grand sacrifice qui préserva l’unité de la communauté musulmane. Lorsque son père prit le pouvoir et fut nommé calife par les musulmans, il combattit avec lui dans toutes ses batailles. Après le martyre du commandeur des croyants, il prêta serment de fidélité à son frère l’Imam Hassan (psl) et lui accorda son plein soutien dans sa résistance contre la rébellion de l’hypocrite Muawiya qui voulait détruire le système du gouvernement légal (califat) et instaurer à sa place la dictature de la dynastie de Bèni Omeyyeh… Lorsque l’Imam Hassan (psl) fut obligé de conclure la paix avec ce rebelle et de lui céder le pouvoir temporairement, l’Imam Hussein (psl) demeura, comme il l’était toujours ; fidèle à l’Imam légal et lui obéissant dans toutes ses décisions jusqu’à son martyre.AppellationLe mot « Husayn » vient du nom « Hasan » qui signifie bon. D’après les récits chiites, le Prophète (s) le nomma Husayn selon l’ordre divin, avant qu’autre nom soit choisi pour lui. Il dit ensuite :« J’ai reçu l’ordre de nommer ces fils qui sont les miens, Hasan et Husayn. Aron, nomma ses deux fils Shubbar et Shubayr,[1] et moi, je nomme mes deux fils, Hasan et Husayn, aux mêmes noms qu’Aron nomma ses fils. »Ces deux noms : Hasan et Husayn sont des noms célestes qui n’avaient pas d’antécédents auparavant.Selon certaines narrations sunnites, l’Imam Ali (a) dit :« Je ne nomme pas mon fils, tant qu’il y a le Prophète Muhammad (s). »SurnomsLe surnom de l’Imam al-Husayn (a) est Abâ ‘Abd Allah. Le Prophète (s) lui donna ce surnom dès sa naissance. Cela pouvait être à cause d’un fils de l’Imam al-Husayn (a) qui s’appelait ‘Abd Allah. Abâ ‘Abd Allah signifie: le père des serviteurs d’Allah. Certains croient que ce surnom n’est pas parce qu’il avait un fils, appelé ‘Abd Allah, mais, ça vient plutôt de sa signification. Ça veut dire, si le soulèvement de l’Imam al-Husayn (a) n’était pas, tout le monde oublierait Allah et il n’y aurait plus des serviteurs d’Allah. C’est pourquoi, il est surnommé le père des serviteurs d’Allah. « Abû Ali » (le père de Ali), « Abû ash-Shuhadâ » (le père des martyrs), « Abû al-Ahrâr » (le père de ceux qui sont libres intérieurement) et « Abû al-Mujâhidîn » (le père de ceux qui luttent sur le chemin de Dieu) sont ses autres surnoms.TitresL’Imam al-Husayn (a) a de nombreux titres. Certains d’entre eux sont communs avec ceux de son frère, l’Imam al-Hasan (a). Comme Sayyid Shabâb Ahl al-Janna (le Maître des jeunes résidents dans le Paradis). Parmi les titres particuliers de l’Imam al-Husayn (a), on peut mentionner : az-Zakîy, at-Tayyib, al-Vafîy, as-Sayyid, al-Mubârak, an-Nâfi’, Ad-Dalil ‘Alâ Zâti Allah, ar-Rashîd, At-Tâbi’ li Mardât Allah.Ibn Talha ash-Shâfi’î, pense qu’az-Zakîy est son titre le plus connu, mais, il précise que son titre, Sayyid Shabâb Ahl al-Jannat, est le plus important.Dans certains hadiths, il est surnommé ash-Shahîd (Martyr), ou Sayyid ash-Shuhadâ’ (Maître des Martyrs).L’Imam Hussein (psl) succéda à l’Imam Hassan dans le pouvoir spirituel légal (imè’meh) et d’après les conditions de la paix signées entre Muawiya et l’Imam Hassan (psl), c’est l’Imam Hussein qui doit succéder à Muawiya après sa mort, et le pouvoir politique repasserait ainsi aux mains de la légalité. Muawiya et les Omeyyades n’entendaient pas les choses de cette oreille-là ! Et ils étaient loin d’accepter le fait d’abandonner un pouvoir qu’ils avaient conquis par la ruse, le meurtre et la corruption !… D’ailleurs, la plupart des Omeyyades n’avaient adhéré à l’Islam que par l’hypocrisie, et on se rappelle certainement à quel moment leur grand-père Abou Sofièn avait-il manifesté sa conversion à la religion de Dieu ! Et on n’a certainement pas oublié sa réaction lorsque le pouvoir atterrit dans les bras des Baní Omeyyeh par l’intermédiaire d’Ousmane le troisième calife ! Que peut-on alors s’attendre de Muawiya et des Omeyyades ! ? Rien de plus que ce que l’histoire nous rapporte : le massacre de tous les musulmans encore fidèles à la légalité, l’organisation d’une campagne de propagande pour dénigrer l’Imam Ali et sa famille (paix sur eux)… Et ce n’est pas encore tout ! En effet, le mécréant Muawiya était allé jusqu’à déformer les rites de culte des musulmans en instituant, après chaque prière, une formule de damnation et d’insulte contre Ali (psl) !… Et les ignares musulmans, habitant la Syrie et les contrées nouvellement islamisées acceptèrent tout cela sans discussion croyant que leurs prières ne seraient pas acceptées par Dieu sans prononcer cette formule ! Les rares musulmans qui résistèrent au pouvoir injuste de Muawiya et qui refusèrent de prononcer les propos injurieux contre le commandeur des croyants Ali (psl), avaient été exécutés par Muawiya !… Et même les compagnons fidèles du prophète (pslp) n’étaient pas épargnés, et l’histoire nous rapporte que l’un d’entre eux Hijr Ibn Âdi et sept de ses compagnons furent exécutés par Muawiya à Marj Âzhra’ aux environs de Damas, leur seul crime étant de refuser d’insulter l’Imam Ali (psl)… Yazid, que Muawiya voulait nommer comme prince héritier, était un homme pervers qui ne connaissait aucune limite légale et commettait tous les interdits de l’Islam : il buvait jusqu’à l’ivresse, fréquentait les femmes interdites, et passait la majeure partie de son temps à la chasse et à jouer avec les singes !… L’Imam Hussein (psl) avertit Muawiya de la gravité de son erreur et de ses répercussions sur toute la communauté musulmane. Mais le dictateur Omeyyade était totalement indifférent aux intérêts de l’Islam et des musulmans et décida ainsi d’exécuter son plan. Ainsi, sous la menace des épées, tous les notables et les descendants des grandes familles ainsi que le petit nombre de compagnons du prophète qui étaient encore en vie, furent obligés de prêter serment à Muawiya pour soutenir son fils Yazid à sa succession.II- Imam Husseini : Sauveur de l’Islam Face à Yazid Dès que Muawiya fut mort, son fils Yazid accéda au pouvoir à Damas avec le soutien de la famille de Bèni Omeyyeh. Mais partout dans le monde islamique cette succession douteuse était inacceptable, et c’était pour cela que Yazid voulut renforcer sa position en essayant de légitimer sa situation par l’acquisition du soutien ou du moins du silence de l’Imam Hussein (psl). Aussitôt au pouvoir, Yazid envoya au gouverneur omeyyade de la Médine des ordres stricts selon lesquels il devrait obliger l’Imam Hussein à prêter serment de fidélité et d’obéissance (bey’âh) à Yazid, mais l’Imam refusa catégoriquement en condamnant ouvertement Yazid, le privant ainsi de toute couverture légale. Entre temps, les habitants de la Koufa, accablés de l’oppression omeyyade, rêvaient du retour du pouvoir aux mains de la légalité…Et lorsqu’ils apprirent que l’Imam Hussein (psl) avait refusé le bey’âh de Yazid, ils commencèrent à lui envoyer des lettres du soutien l’appelant à les joindre à la Koufa pour rétablir le califat légal. Les lettres qui parvinrent à l’Imam Hussein (psl) étaient plus de douze mille, et elles l’appelaient toutes à honorer la Koufa par sa présence, jurant de lui réserver une obéissance absolue et de ne reconnaître aucun Imam que lui ! L’Imam décida alors de leur envoyer son plus proche compagnon et cousin : Mouslem Ibn Âqil pour voir les choses de plus près. Mouslem face à Ibn Ziyad Lorsque Mouslem arriva à la Koufa, ses habitants lui firent un accueil spectaculaire… et ils s’empressèrent à lui prêter serment de fidélité et exprimer leur impatience de voir l’Imam légal : Hussein (psl). Mouslem leur apprit qu’il fallait être à la hauteur de la responsabilité et qu’il fallait être prêt à défendre l’Imam Hussein et à se sacrifier pour lui… Dix-huit mille hommes de la Koufa lui prêtèrent serment ferme. II envoya un rapport sur tout cela à l’Imam Hussein (psl) en l’invitant à venir. Ceci durant, Yazid envoya à la Koufa le fils de son ancien gouverneur : Ôbeydoullah Ibn Ziyad qui était encore plus vilain et plus malin que son père, et il le chargea d’exterminer les sympathisants de l’Imam Hussein et de mater la révolte de la Koufa. Pour exécuter les ordres de Yazid, Ôbeydoullah Ibn Ziyad n’eut pas besoin de plus de quelques agents et d’une grosse somme d’argent… Aussitôt infiltré dans la ville, il envoya ses espions parmi les habitants pour propager la fausse nouvelle selon laquelle une grande armée de Yazid était sur le point d’envahir la Koufa… Parallèlement, il commença à corrompre les chefs des tribus de la ville… et en quelques jours, toute la ville changea de camp ! Mouslem vit ses compagnons se faire de plus en plus rares et comprenant qu’il ne fallait pas compter sur les Koufiens, il voulut en prévenir l’Imam Hussein avant qu’il ne vienne. Les soldats d’Ibn Ziyad se lancèrent à la recherche de Mouslem qui les combattit alors farouchement avant d’être blessé et ramené chez le gouverneur qui donna l’ordre de l’exécuter. La fin tragique de Mouslem n’était en réalité que le commencement d’une grande tragédie à laquelle l’Imam Hussein s’était déjà préparé… et malgré les mauvaises nouvelles arrivant de la Koufa, l’Imam Hussein décida d’aller à son destin pour sauver l’Islam de la tentative la plus dangereuse de falsification qu’il ait jamais connue ! L’Imam sur la route de Karbala’ L’Imam Hussein (psl) était en route vers la Koufa quand les nouvelles de martyre de Mouslem et de ses compagnons lui parurent, il dit alors à tous ceux qui l’entouraient : “Quiconque vient avec nous va au martyre et quiconque nous abandonne n’aura point de conquête !…” L’Imam savait bien où il allait et il avait tenu à le faire connaître à tous ceux qui le suivaient : il n’allait pas en conquérant, ni en fugitif, mais tout droit au martyre. C’est ainsi que l’Imam Hussein (psl) décida de se sacrifier pour réveiller la communauté musulmane que les Omeyyades dorlotaient depuis vingt ans. Le sommeil de la communauté musulmane était si profond qu’il fallait verser le sang du petit-fils du prophète pour en sortir ! Oui, il fallait que Hussein, fils de Fatima Zahra et petit-fils de Mohammed sceau des prophètes fût tué par les hypocrites se réclamant de l’Islam pour que le vrai visage des Omeyyades fût démasqué… et ce n’était pas là toute la leçon ! Les objectifs de l’Imam al Hussein (psl) Hussein (psl) expliqua lui-même quelques aspects de son action en disant à son frère Mohammed Ibn El Hanafieh : “Je ne suis point sorti en injuste ou en prévaricateur mais plutôt en quête de réforme dans la communauté de mon grand-père (pslp) ; je veux ordonner le convenu, interdire le blâmable et suivre la marche de mon grand-père et mon père Ali Ibn Abou Taleb (pse).” C’était ainsi que l’Imam résuma sa mission : redonner à l’Islam son caractère social et politique tant étouffé par les soins des Omeyyades qui avaient voulu faire de l’Islam un ensemble de rites individuels et qui n’auraient aucun effet sur la vie sociale et politique, laissant ainsi la main des pervers au pouvoir tout à fait libre…Selon certains récits, l’Imam Hussayn (p) a vécu cinquante-six ans et quelques jours. Il a vécu six ans et quelques mois avec son grand-père, le Prophète Muhammad (P), avant la disparition de celui-ci, trente ans avec son père, dix ans avec son frère l’Imam Hassan (p) après la mort de son père, et dix ans après la mort de son frère. Il a été mort en martyre le jour de ‘Achûrâ (dixième jour de Muharram) de l’an 61 de l’hégire à Karbala et son saint corps a été enterré dans le même pays.[2]Les textes qui prouvent son ImamatNous pouvons utiliser les raisons générales que nous avons déjà indiquées pour prouver l’Imamat de l’Imam Hussayn (p). En outre, le noble Messager de l’Islam (P) a souligné l’Imamat de Hassan (p) et de Hussayn (p) dans de nombreux hadiths.L’Envoyé de Dieu (P) a dit: « Mes deux fils sont Imams, qu’ils se lèvent pour l’Imamat ou pas. »[3]Par ailleurs, l’Imam Hassan (p) a présenté son frère, Hussayn (p), comme son successeur et Imam au moment de son décès.L’Imam Sâdiq (p) a déclaré dans un hadith : « Hassan ibn ‘Ali (p) a appelé son frère, Muhammad ibn Hanafîyah, avant sa disparition et dit : ‘Ne sais-tu pas que Hussayn ibn ‘Ali (p) sera l’Imam après ma mort? Dieu, qu’Il soit loué et glorifié, l’a voulu et l’Envoyé de Dieu (P) l’a appuyé. Dieu le Très-Haut sait bien que vous (Gens de la Demeure prophétique) êtes Ses meilleurs serviteurs. Dieu a élu le Prophète Muhammad (P) au rang de la Prophétie, et celui-ci, a élu l’Imam ‘Ali (p) comme Imam, et mon père (p) m’a élu comme Imam, ce que j’aie fait à l’égard de Hussayn (p).’ Muhammad ibn Hanafîyah a dit : ‘Ô mon frère! Tu es Imam et remplis sûrement ton devoir.[4]‘Ali ibn Yûnus ‘Amilî écrit dans son livre intitulé « Sirâti Mustaqîm » :« L’Emir des Croyants (p) a souligné l’Imamat de son fils, Hassan (p), comme il l’a fait à l’égard de son fils, Hussayn (p). Les narrateurs chiites ont rapporté que Hassan (p), avant sa disparition, a choisi son frère Hussayn (p) comme Imam, lui a confié les pactes de la Prophétie et les engagements de l’Imamat, a informé les Chiites de son Imamat et succession, et l’a choisi comme le porte-drapeau de la guidance après lui-même.  C’est une chose évidente et reconnue sans aucune ambiguïté.[5]Mas’ûdî écrit dans son livre «Ithbâtul Wasîlah:« Lorsque l’Imam Hassan (p) est tombé malade, son frère Abû ‘Abdullah est venu lui rendre visite. Ils ont parlé pendant un moment et puis l’Imam Hassan (p) a présenté son frère Hussayn (p) comme son successeur. Il a enseigné à Hussayn (p) le Nom Suprême (Ismi A’zam) de Dieu et lui a confié les héritages des Prophètes et le testament de l’Emir des Croyants (p). »[6]Muhammad ibn Hanafîyah a dit à l’Imam Sajjâd (p) : « Sais-tu que l’Envoyé de Dieu (P)  a confié l’Imamat et sa succession après lui à l’Emir des Croyants (p), et après celui-ci, à  Hassan (p) puis à Hussayn (p) ? »[7]

https://fr.al-shia.org/la-naissance-de-limam-al-husayn-p/

L’Imam Al Hussein et son mouvement de réforme

L’Imam al-Hussein  (Psl) a dit:  » Je ne me suis pas soulevé de gaîté de cœur,  ni pour une quelconque insatisfaction personnelle,  ni par subversion et ni injustement. Je me suis soulevé pour réformer la Oumma de mon grand père,  le Messager de Dieu, pour commander le bien et interdire le mal,  et pour suivre les traces de mon grand père et de mon père… » (Bihâlul Anwâr-v.44, p.329)

Depuis que l’Homme existe sur terre, le bien et le mal, la justice et l’injustice, le vrai et le faux sont en continuelle confrontation, et de chaque côté ses représentants. Par exemple, le Prophète Ibrahîm (Psl) fut confronté à Nemroud et à son peuple aussi, qui représentaient l’injustice et le polythéisme, Moussa (Psl) avec Pharaon, Dawoud (Psl) avec Jâlout, Souleimân (Psl) avec la reine de Saba, Sâlih (Psl) avec son peuple, ‘Issa (Psl) avec les romains, notre Prophète (Pslf) avec les Qoraichs, etc…

Nous savons tous à travers les textes que ces saintes personnes (Ibrahîm, Moussa, Mohammed, …) sont venues avec un message réformateur, c’est-à-dire, sauver les gens de la servitude des tyrans, et instaurer à la place la justice divine qui est basée sur le  respect, la liberté, la paix, et le bien être de l’Homme.

L’Imam al-Hussein, malgré qu’il n’est pas un Prophète, fait partie de ces réformateurs, car à travers son soulèvement contre le pouvoir de l’époque, il voulait réinstaurer la justice perdue du message de son grand père (Pslf) .

Notre Prophète (Pslf) a été envoyé à une époque ou l’humanité vivait dans un obscurantisme à tous les niveaux (dogmatique, éthique, social et politique). L’Europe chrétienne vivait dans un archaisme total, tandis que l’Empire perse lui vivait dans la débauche et le totalitarisme, et que les arabes vivaient ce qu’on appelle la  » Jahiliya « .

Et c’est dans ce contexte désolant que le Prophète (Pslf) vient avec cette miséricorde qui est l’islam, et  invite les gens à l’embrasser, car le but de la prophétie est de sauver et guider les gens vers la bonne voie (Sirâtul Moustaqîm). Un nombre important de gens de la région entrent dans cette nouvelle religion, et quelques dizaines d’années plus tard, une grande partie du monde embrasse l’islam.

Mais 50 ans après la mort du Prophète (Psl) , vient au pouvoir de l’état islamique un homme qui selon al-Hussein (petit fils du Prophète) ne mérite pas d’être à ce poste, car comme il le cite:  » Nous sommes la famille du Prophète. C’est par nous que Dieu a débuté (le Message) et c’est par nous qu’Il l’a parachevé. Par contre Yazîd est un libertin qui ne cache pas son libertinage, un alcoolique et un assassin de l’âme innocente que Dieu a interdit de tuer. Quelqu’un comme moi ne saurait donc prêter  serment d’allégeance à quelqu’un comme lui  » (Al Foutouh-v.5, p.14.).

Et il cite dans un autre discours:  » J’en jure par ma  religion:  l’Imam ne peut être que celui qui gouverne selon le livre, qui établit l’équité, qui a pour religion la Religion Vraie et qui s’en tient scrupuleusement aux prescriptions divines… »(Bihârul Anwâr-v.44, p.335)

A travers ces discours, nous percevons mieux le  « pourquoi « de son soulèvement, en un mot, remettre les pendules à l’heure, en réinstaurant la justice et les principes prophétiques, et le Prophète (Psl) cite à ce sujet:  » Celui qui voit un Sultan injuste, qui rend légal ce que Dieu a interdit, qui transgresse le pacte qu’il a conclu devant Dieu, qui dévie la Sunna du Messager de Dieu, qui agresse les Musulmans et commet des péchés contre eux, sans qu’il ne s’opose à lui, ni par une parole, ni par une action, Dieu lui réservera obligatoirement le même traitement qu’Il réserve à ce Sultan  » (Târikhou Tabari-v.4, p.304.).

Par conséquent, pour cette noble cause, al-Hussein (Psl) a donné sa vie en contre partie, car les réformateurs sincères et véridiques sont prêts à tous les sacrifices pour concrétiser ce noble but, qui est d’instaurer la justice divine, la paix, l’amour, l’harmonie et le bien être de l’Homme sur cette terre. Selon nos croyances, c’est le Mahdi  (Psl) qui accomplira cette noble et difficile tâche.

http://fr.imam-khomeini.ir/fr/n21496/L-Imam-Al-Hussein-et-son-mouvement-de-r-forme

Kerbala : Histoire de Achoura

Les objectifs de l’imam al Hussein (psl)

Hussein (psl) expliqua lui même quelques aspects de son action en disant à son frère Mohammed Ibn El Hanafieh : « Je ne suis point sorti en injuste ou en prévaricateur mais plutôt en quête de réforme dans la communauté de mon grand père (pslp) ; je veux ordonner le convenu, interdire le blâmable et suivre la marche de mon grand père et mon père Ali Ibn Abou Taleb (pse). »

C’était ainsi que l’imam résuma sa mission : redonner à l’Islam son caractère social et politique tant étouffé par les soins des Omeyyades qui avaient voulu faire de l’Islam un ensemble de rites individuels et qui n’auraient aucun effet sur la vie sociale et politique, laissant ainsi la main des pervers au pouvoir tout à fait libre…

L’Islam était donc menacé par le même danger qui avait dévié les chrétiens de la religion de Jésus (psl) !… Le soulèvement de l’imam Hussein (psl) mit fin à la grande falsification que Mouaouia avait entreprise et que Yazid voulait achever.

Achoura’

L’armée de Yazid barra la route à la petite caravane de l’imam Hussein à un lieu dit Karbala’ près de l’un des affluents du fleuve Euphrate.

Et aussitôt l’armée s’interposa entre la caravane de l’imam Hussein et l’eau du fleuve pour en priver les femmes et les enfants sous une chaleur torride…

Le vendredi dix du mois de Muharram de l’année 61 Hijra, et au bout de trois jours de soif, l’imam Hussein (psl) rassembla ses fidèles qui étaient au nombre de soixante douze hommes et leur demanda de se préparer au martyre, puis il s’avança vers l’armée des hypocrites pour les exhorter de se repentir, leur rappelant qu’il était le petit fils du Prophète et que son sang leur était interdit… Il leur rappela aussi les paroles du Prophète : « Hassan et Hussein sont les maîtres des jeunes du paradis. »

L’armée de Yazid n’était en fait constituée que par des Koufiens que Obeydoullah Ibn Zyed avait réussi à corrompre… et la plupart de leurs chefs étaient de ceux qui avaient écrit des lettres à l’imam Hussein l’invitant à venir à Koufa !…

De ce fait, les paroles de l’imam restèrent sans écho puisque, devant lui, il n’y avait que des hypocrites qui avaient vendu leurs âmes !

La réponse de ces hypocrites à l’imam était : « Faites la bey’âh à Yazid, comme nous l’avons faite nous mêmes ! ». .. Mais c’est justement contre cela que l’imam Hussein s’est soulevé !

Et il leur répondit fermement que la vie ne vaut pas que l’homme s’avilit pour elle, et la bey’âh d’un pervers comme Yazid était un avilissement inacceptable pour n’importe quel homme libre, et l’Islam interdit ceci.

Omar Ibn Saê’d, commandant de l’armée de Yazid, lança l’ordre d’attaque et ce fut la grande bataille entre le petit groupe de compagnons de l’imam et la grande armée de Yazid dont le nombre s’élevait à plusieurs milliers.

Après un combat héroïque, l’armée se retira avec des grandes pertes alors que les compagnons de l’imam avaient perdu cinquante fidèles.

Les combats se poursuivirent sous la forme d’opération individuelle :

l’un après l’autre, les compagnons et les proches de l’imam s’avancèrent vers le champ de la bataille et attaquèrent l’armée adverse pour obtenir le martyre, et ils étaient tous impatients de rejoindre leurs frères aux paradis.

Si l’on peut résumer tout l’héroïsme et la noblesse des fidèles de l’imam ce jour là, l’histoire de Abbess, frère de l’imam en pourrait certainement être le meilleur exposé ; ayant été chargé par l’imam d’aller chercher un peu d’eau pour les enfants assoiffés, il combattit toute la garde qui s’interposait entre eux et l’eau du fleuve, et lorsqu’il atteignit la rive, il remplit sa gourde et eut la tentation de boire…

Mais, se rappelant que l’imam ne pouvait pas en faire autant, il s’abstint et accourut pour ramener l’eau au camp, mais il fut assassiné en route, sans qu’il puisse boire après une soif de trois jours !

Après le massacre de tous ses compagnons, l’imam Hussein (psl) fit ses adieux aux femmes et aux enfants leur demandant de supporter le destin que Dieu Le Tout Haut leur réservait, leur rappelant la noblesse de leur cause.

Ensuite, il passa à la tente de son fils Ali Zeyn Al A^bidi`n qui, étant malade et n’ayant pas participé au combat, fut l’unique homme survivant du massacre…

L’imam lui demanda de conserver son calme quel que soit le déroulement des événements, et de préserver sa vie à tout prix pour pouvoir continuer l’oeuvre de ses prédécesseurs, à savoir ; assurer la défense de la foi, l’enseignement des préceptes de l’Islam et la protection des musulmans contre l’invasion culturelle étrangère…

L’imam Hussein (psl) avança vers l’armée des hypocrites et bien qu’il n’était pas connu pour des qualités guerrières extraordinaires, son combat fut miraculeux, et chaque fois qu’il attaquait un groupe il l’anéantissait ou le mettait en fuite…

L’armée des hypocrites opta alors pour le tir des flèches et le jet des pierres…

Une flèche transperça la gorge de l’imam et il trébucha de son cheval…

Personne n’osa s’en approcher… Vraisemblablement, ils comprirent qu’ils avaient commis un sacrilège et qu’ils devraient s’attendre à la colère de Dieu.

Seul, un ignoble mécréant rancunier du nom de Chimr qui était l’un des adjudants proches de O^beydoullah Ibn Zyed, osa exécuter les ordres de son chef : décapiter l’imam et porter sa tête au bout d’une lance.

La rancune des Omeyyades envers Ahloul Beyt (pse) et envers l’Islam et tout ce qui le représentait était sans limites.

En effet, le commandant de l’armée de Yazid ne s’était pas contenté de ce massacre, mais il ordonna à dix cavaliers de piétiner le corps de l’imam décapité… Après quoi, il ordonna de mettre le feu au camp des femmes et des enfants…

Zeyneb, soeur de l’imam Hussein (pse) commença à rappeler et à calmer les femmes et les enfants terrorisés et dispersés dans toutes les directions. Avec un courage et une bravoure dont seule une petite-fille du Prophète (pslp) peut se vanter, elle avança vers le corps disloqué de son frère Hussein, le prit dans ses bras, le leva vers le ciel et dit :

« Mon Dieu, accepte ce sacrifice de notre part… »

Les enseignements de Karbala’

Il était clair que l’imam Hussein (psl) par son soulèvement contre la dictature omeyyade, ne voulait pas prendre le pouvoir, et si telle était son intention, il aurait rebroussé chemin lorsque les nouvelles du meurtre de Mouslem et de la trahison des Koufiens lui furent parvenues.

L’imam Hussein voulait tout simplement montrer aux musulmans la voie de la liberté : il ne faut jamais légitimer un pouvoir injuste, quitte à sacrifier sa vie !

Le mot A^’choura’ est dérivé du mot arabe A^chr qui signifie dix ou dizaine.

Ce sont les dix premiers jours du mois de Muharram au cours desquels cette épreuve eut lieu qu’on célèbre… et chaque année, les adeptes de Ahloul Beyt commémorent le martyre de Hussein (psl), le maître des martyrs et de ses fidèles compagnons qui s’étaient sacrifiés pour la survie de l’Islam pur.

Avant le massacre de Karbala’, le jour de Achoura’ n’avait aucune particularité, mais depuis lors,il devint le symbole de la résistance contre la tyrannie et l’emblème de tout homme libre qui préfère plutôt mourir que vivre aux dépens de ses principes.

Achoura’ est le jour de tous les hommes libres.

Achoura’ est la fête de tous les révolutionnaires en quête d’équité et de justice.

Achoura’ est le jour du sacrifice sublime pour l’amour de Dieu.

La commémoration du jour de Achoura’

Les Omeyyades avaient essayé de faire du jour de Achou’ra’ une fête, puisque selon Yazid lui même, c’était la vengeance que les Omeyyades cherchaient depuis le jour de Bèdr !…

Mais en réalité le jour de Achoura’ était un jour de malheur pour les Omeyyades eux mêmes : depuis ce jour là et jusqu’à la fin de leurrègne, on a enregistré au moins une révolution chaque année et leur régime était le plus instable dans l’histoire des musulmans.

Yazid lui même trouva la mort quelque peu après le massacre de Karbala’, et l’histoire nous rapporte comment il a été dévoré par les fauves et n’eut même pas la chance d’avoir des funérailles ni même une tombe.

Parallèlement, le mausolée de l’imam Hussein à Karbala’ est jusqu’à nos jours l’un des lieux les plus sacrés du monde islamique. Les musulmans le visitent, venant des quatre coins du monde, alors que les Omeyyades et leurs successeurs prévaricateurs ont sombré tous dans l’oubli, et si jamais un musulman s’en rappelle ce n’est que pour les maudire !

Dès que les conditions politiques le permettaient, les musulmans s’empressaient de commémorer le jour de Achoura’.

Ainsi, en E’gypte des Fatimides, en Iran du Sultan Deylémite et en Inde, les premiers rites des commémorations de Karbala’ et du jour de Achoura’ eurent lieu.

Petit à petit, ces rites se propageaient parmi les musulmans qui avaient la chance de connaître la réalité et la valeur de Ahloul Beyt (pse)…

La commémoration du jour de A^choura’ n’a pas seulement une valeur symbolique, mais c’est plutôt un rite qui nous rappelle une dimension essentielle de l’Islam : le sacrifice et l’immolation de soi pour l’amour de Dieu.

La victoire de l’imam al Hussein (psl)

Il ne faut certainement pas penser que le massacre de Karbala’ était une victoire des Omeyyades sur Ahloul Beyt ! Mais c’est plutôt l’inverse qui est vrai : l’imam Hussein avait réalisé tous ses objectifs alors que Yazid n’en avait récolté que le scandale et la déstabilisation de son pouvoir et par la suite la malédiction de tous les croyants jusqu’au jour de la résurrection.

Le jour de A^choura’, l’imam Hussein voulut nous démontrer une loi divine et sacrée : chaque fois que le combat entre le sang et le sabre éclate, c’est la victoire du sang sur le sabre qui est certaine !

Cette loi n’a pas cessé d’inspirer tous les révolutionnaires musulmans tout au long de l’histoire.

Nous pouvons voir dans toutes les insurrections et révolutions des masses opprimées contre les despotes de tout acabit des concrétisations plus ou moins parfaites de cette loi. Ce n’est pas donc par hasard que ce soit le peuple iranien qui ait réussi la meilleure concrétisation de cette loi.

En effet, c’est au nom de l’imam Hussein que le sang des jeunes Iraniens a battu le sabre millénaire du Chah, leur dictateur.

C’est donc dans le cadre de la reconnaissance de la valeur de Ahloul Beyt (psex) que cette devise peut être parfaitement réalisable.

Et c’est seulement lorsqu’on prend état de la valeur et de la grandeur de l’imam Hussein (psl) que l’on peut évaluer à sa juste valeur, toute catastrophe ou calamité qui pourrait nous atteindre.

Alors, au lieu de pleurnicher sur les petits maux de cette vie, il vaut mieux pleurer, voire fondre en larmes, en se rappelant la catastrophe de Achoura’ et le supplice que l’imam Hussein avait dû subir pour nous faire parvenir l’Islam sain et sauf.

Paix et prière sur Hussein et maudits soient ses ennemis jusqu’au jour du jugement.

https://new.alhassanain.org/fr/articles/show/12202/Kerbala_:_Histoire_de_Achoura

Islam grâce à l’Imam Hussein (as)

Islam grâce à l’Imam Hussein (as) I – NAISSANCE L’Imam Hussein (A.S.) est né à Médine le 3ème jour du mois lunaire de Cha’bane de l’an 4 de l’Hégire. Il est le fils de Hazrat-é-Ali ibn Abû Talib et de Hazrat-é-Fatéma bint-é Mohammad (S.W.A.), donc petit-fils de notre Saint Prophète Mohammad (S.A.W.). Pour bien connaître la vraie personn

Islam grâce à l’Imam Hussein (as)

Islam grâce à l’Imam Hussein (as)

I – NAISSANCE

L’Imam Hussein (A.S.) est né à Médine le 3ème jour du mois lunaire de Cha’bane de l’an 4 de l’Hégire. Il est le fils de Hazrat-é-Ali ibn Abû Talib et de Hazrat-é-Fatéma bint-é Mohammad (S.W.A.), donc petit-fils de notre Saint Prophète Mohammad (S.A.W.). Pour bien connaître la vraie personnalité de l’Iman Hussein (A.S.) il est nécessaire de voir le milieu dans lequel ce saint enfant a vu le jour. Le grand-père maternel de l’Imam Hussein (A.S.) qui est le Saint Prophète Mohammad (S.A.W.) est bien connu de tous les musulmans. Il est envoyé de Dieu et le propagateur de l’Islam. Il a sacrifié toute sa vie pour l’Islam dans le total dévouement à Dieu. L’illustre père de l’Imam Hussein (A.S.), Hazrat-é Ali (A.S.) est né à Beytullah à la Mecque. Possédant une très grande piété et un courage inégalé, Hazrat-é-Ali (A.S.) donna sa vie dans le chemin d’Allah, avant d’être assassiné à la Mosquée de Koufa. Hazarat Fatima (A.S.), la mère de l’Imam Hussein (A.S.) est la fille unique et bien aimée de notre Saint Prophète qui disait : « Fatima est une partie de mon âme. »

Ainsi l’Iman Hussein (A.S.), qui a reçu son nom de Mohammad (S.A.W.) est issu de la Sainte Famille de notre Prophète dont le seul but sur cette terre était d’apporter le message de Dieu qui est l’Islam. Le frère aîné de l’Imam Hussein (A.S.) est l’Imam Hassan (A.S.) qui est le premier fils de Hazrat-é Ali (A.S.). Par sa lignée, nul ne peut se comparer à la place de l’Imam Hussein (A.S.) dans l’Islam. En effet, son grand-père paternel fut Abou Talib, le tuteur et le protecteur du Saint Prophète (S.A.W.), son grand-père maternel fut le Saint Prophète lui-même, son père fut le lion d’Allah, le héros incomparable de l’Islam, Ali (A.S.), sa mère fut la Dame du Paradis Fatima Zahra (A.S.)

II – ENFANCE

L’amour et l’affection interne que le Saint Prophète (S.A.W.) avait pour l’Imam Hussein sont indescriptibles. Les historiens rapportent que quand l’Imam Hussein était petit et qu’en jouant, s’il montait sur le dos du Saint Prophète en pleine prière (Salât), Mohammad (S.A.W.) prolongeait ses prosternations pour laisser l’Imam Hussein comme il l’entendait Abou Huraira rapporte qu’un jour, il vit le Saint Prophète (S.A.W.) prendre les deux mains de l’Imam Hussein (A.S.) tandis que ses pieds étaient sur ceux du Saint Prophète. Ensuite l’Imam Hussein (A.S.) monta sur lui de sorte que ses pieds étaient sur la poitrine de Hazrat-é Mohammad (S.A.W.). Il demanda ensuite à son petit-fils d’ouvrir la bouche et l’embrassa. Par ailleurs, on peut voir dans le Mishkat que l’Envoyé de Dieu disait souvent :

« Hussein est de moi et je suis de Hussein. Celui qui aime Hussein est à son tour aimé par Allah et celui qui hait Hussein est à son tour haï par Allah. »

III – ADOLESCENCE

Le Saint Prophète (S.A.W.) s’est occupé personnellement de montrer à l’Iman Hussein (A.S.) à affronter tous les dangers pour la sauvegarde de l’Islam et il a donné l’exemple au moment de « Moubahela » qui fut une sorte de confrontation de l’Islam avec le Christianisme. Moubahala fut une épreuve pour l’établissement de la vérité entre les musulmans et les chrétiens, dans la mesure où il s’agissait de venir avec les enfants, les femmes et les membres de la famille de chaque partie et d’invoquer la malédiction de Dieu sur ceux qui n’étaient plus sur le droit chemin (citation du Coran). Le Saint Prophète y est venu avec Hazrat-é Ali, Hazrat-é Fatima, l’Imam Hassan et l’Imam Hussein, bénis soient-ils, pour montrer au monde qu’il était prêt à risquer tout ce qui lui était cher sur la terre pour l’Islam et que ces personnalités étaient celles sur qui on pourrait compter pour sauver l’Islam contre tout danger.

L’Imam Hussein (A.S.) vivait de manière simple à l’exemple de son père Hazrat-é Ali (A.S.) et de son grand-père Mohammad (S.A.W.) et enseignait de manière subtile les pratiques de l’Islam aux musulmans. Ainsi un jour, alors qu’il se préparait à faire la prière (Salât), il a vu qu’un vieil homme a fait ses ablutions (vozou) d’une manière erronée. Pour ne pas porter atteinte à l’honneur de ce vieil homme et afin de pouvoir lui montrer que son « vozou » n’était pas correct, il s’approcha de lui et lui demanda de voir si son propre « vozou » était bon. Puis il se mit à le faire. Le vieil homme, regardant comment l’Iman Hussein (A.S.) faisait le « vozou » comprit de lui- même que le « vozou » de l’Imam était correct, mais que le sien était faux.

Les exemples sont nombreux pour apprécier la philosophie profonde de l’Imam Hussein (A.S.) en ce qui concerne le côté humanitaire dont il usait dans sa vie courante. le petit-fils du Saint Prophète de l’Islam était un homme très pieux, que ce soit en actions, en pensées et en paroles.

Un jour, après une des guerres saintes, Hazrat-é Ali (A.S.) avait ramené les prisonniers de guerre. Parmi ces prisonniers se trouvait un homme nommé Chimre. Cet homme appela l’Imam Hussein (A.S.) et lui demanda de faire une intervention auprès de son père Hazrat-é Ali (A.S.) en faveur de sa libération. Quand l’Imam Hussein (A.S.) fit part de cette demande à son père, celui-ci lui demanda s’il connaissait bien cet homme. L’Imam Hussein (A.S.) savait, grâce à sa sainteté que Chimre était l’homme qui le tuera à Karbala. Néanmoins, il insista auprès de son père pour obtenir la libération de Chimre.

IV – IMAMAT (Khalifat)

L’Imam Hussein (A.S.) est le Saint qui a sauvé l’Islam de l’extermination par son sacrifice.

Au cours des siècles, la religion de Dieu a toujours rencontré des difficultés qui ont failli la faire disparaître. Pour comprendre le comment de « l’Islam grâce à l’Imam Hussein (A.S.) », il faut remonter dans le temps.

Le Prophète Adam (A.S.) affronta le premier ennemi de Dieu qui est Iblis (le Satan). Iblis désobéit à l’ordre de Dieu de se prosterner devant le Prophète Adam sous prétexte que lui-même a été créé du feu, et que le Prophète de la terre. Iblis, ennemi de Dieu, a depuis toujours continué sur la terre de détourner les hommes du chemin d’Allah.

Ainsi , à travers l’histoire des Prophètes de Dieu, on trouve Iblis sous d’autres formes, telles que Nemrod, contre le Prophète Ibrahim (A.S.) (Abraham), Pharaon contre le Prophète Moussa (A.S.) (Moïse), Judas contre le Prophète Issa (A.S.) (Jésus), Abou Soufian contre le Prophète Mohammad (S.A.W.) et on a encore retrouvé le même Iblis sous le manteau de Yazid contre le Saint Imam Hussein (A.S.)

Après la mort de Hazrat-é Ali (A.S.), les choses changèrent complètement, Moawiya devint calife et il transféra la capitale islamique de Médine à Damas. Avant sa mort, Moawiya, qui voulait perpétuer sa dynastie, nomma son fils Yazid comme son successeur. Cette action était le coup de grâce pour le principe islamique.

Yazid s’adonnait librement à toutes sortes de vices et ne pratiquait aucun culte religieux. Il n’était nullement apte à devenir un gouverneur ni à être le chef religieux de l’Islam.

L’Iman Hussein (A.S.) qui était alors à la tête de la Sainte Famille du Prophète Mohammad (S.A.W.), remplissait toutes les conditions d’un chef temporel et spirituel à l’image même du Saint Prophète de l’Islam comme son successeur légal.

V – BEY’AT

Comme Yazid n’avait pas les qualités nécessaires pour devenir Calife, il essaya de renforcer sa position et de maintenir son autorité par la force et par la brutalité.

Yazid savait que des mécontents existaient parmi les Musulmans quant à son khalifat et que la seule façon de rétablir l’ordre était de faire l’Imam Hussein (A.S.) lui jurer fidélité (bey’at). Une fois l’Imam Hussein (A.S.) aurait offert le « bey’at » à sa personne, la position de Yazid deviendrait sûre et légale.

Alors, il envoya une lettre à Walid qui était son gouverneur à Médine, lui ordonnant de demander la fidélité (bey’at) de l’Imam Hussein (A.S.), et en cas de refus de sa part lui trancher la tête. Cette obsession de Yazid pour obtenir la fidélité (bey’at) de l’Imam Hussein (A.S.) était due au fait que celui-ci représentait directement le Saint Prophète Mohammad (S.A.W.) à cette époque. Il portait avec lui tout l’héritage des prophètes précédents, en particulier celui du Saint Prophète Mohammad (S.A.W.), à savoir la responsabilité pour la protection, la sauvegarde et la préservation de la justice, le bien et la vertu dans les formes islamiques. En effet, l’Imam Hussein (A.S.) qui était alors l’aîné des descendants vivants du Saint Prophète à l’époque, avait l’obligation de prendre en charge ces responsabilités et il le fit comme l’aurait voulu le Saint Prophète.

L’Imam Hussein (A.S.) savait que jurer fidélité (bey’at) à Yazid signifiait la signature de la mort de l’Islam. En voulant cette fidélité, Yazid cherchait la carte blanche de la part de l’Imam Hussein (A.S.) comme chef suprême des affaires religieuses. Une fois cette carte obtenue, Yazid aurait pu effectuer tout changement ou transformation relatifs aux commandements, lois, principes et aux pratiques de l’Islam et de sa Shari’a.

L’Imam Hussein (A.S.), qui était venu au monde par l’Islam, comment pourrait-il signer la mort de cet Islam si cher à son grand-père le Saint Prophète Mohammad (S.A.W.) et à lui- même, en accordant le « bey’at » à Yazid.

L’Imam Hussein (A.S.) refusa donc de jurer fidélité à Yazid tout en sachant que celui-ci aura recours à la plus grande violence pour accomplir sa décision.

VI – VOYAGE INFINI

D’une part, l’Imam Hussein (A.S.) n’ignorait pas que le refus de « bey’at » à Yazid risquait de dégénérer en lutte armée à Médine, ville sainte de l’Islam. Il se décida donc à quitter Médine pour éviter une guerre fratricide entre les Musulmans là où le Saint Prophète reposait.

L’objectif de l’Imam Hussein (A.S.) n’était pas de faire la guerre, car si telle était son intention, il aurait levé une armée pour partir en expédition. Il prit la direction de La Mecque avec 72 personnes composées de ses proches parents, femmes et enfants, pour accomplir le pèlerinage et clarifier les raisons de ses différents avec Yazid pour les habitants de la Mecque.

D’autre part, les habitants de Koufa savaient très bien que Yazid était indigne de devenir le dirigeant des Musulmans. Ils demandèrent à l’Imam Hussein (A.S.) d’accepter d’être leur chef suprême en lui envoyant des émissaires, des représentants, des délégations et des centaines de lettres.

L’Imam Hussein (A.S.) consentit à leur demande, mais ne voulait nullement devenir un homme de pouvoir politique. Son seul vœu était de vivre selon les principes islamiques.

Avant de partir pour Koufa (Iraq) l’Imam Hussein (A.S.) envoya son cousin Hazrat-é Mouslim (A.S.) en émissaire pour étudier la situation sur place. Peu de temps après son départ, ce dernier lui envoya un rapport très favorable.

Pour que l’Imam Hussein (A.S.) ne puisse parvenir à Koufa, Yazid envoya ses agents pour le tuer secrètement à la Mecque même. Celui-ci apprenant cette intention de Yazid, et pour ne pas souiller de sang l’enceinte sacrée de la Mecque, précipita son départ vers Koufa.

Entre temps, Yazid envoya un gouverneur nommé Obeidollah Ben Ziad à Koufa, y vit renverser la situation contre l’Imam Hussein (A.S.) et fit assassiner son cousin Hazrat-é Mouslim (A.S.). Cette dernière situation était encore méconnue par l’Imam Hussein (A.S.) qui était en route pour Koufa suite au rapport favorable de Hazrat-é Mouslim (A.S.)

VII – DESERT DE KARBALA

La petite expédition familiale de l’Imam Hussein (A.S.) composée de 72 personnes était encore en route vers Koufa lorsque toute une armée comprenant 30.000 hommes envoyée par Obeidollah sur l’ordre de Yazid et sous le commandement d’un certain officier Hour força l’Imam Hussein (A.S.) et ses compagnons à camper dans le désert brûlant de Karbala. L’armée ennemie campa près du fleuve Euphrate (Fourate). Obeidollah Ben Ziad envoya un autre contingent, recueilli de Koufa, à Karbala sous le commandement d’Omar Saad qui augmenta le nombre de l’armée ennemie à environ 100.000 hommes.

Pour éviter l’effusion de sang, l’Imam Hussein (A.S.) négocia avec le chef de l’armée de Yazid pour lui permettre de quitter la Mésopotamie et même l’Arabie pour pouvoir vivre suivant les principes islamiques soit aux Indes, soit ailleurs. Cela montrait qu’il désapprouvait le gouvernement de Yazid, mais Obeidollah Ben Ziad refusa en disant que l’Imam Hussein (A.S.) devait reconnaître Yazid comme Khalife de l’Islam à titre temporel ou bien il devait être mis à mort.

Comme l’Imam Hussein (A.S.) refusait à tout prix d’accepter Yazid comme Khalife de l’Islam, Omar Saad commença à appliquer la violence qui débuta avec le blocage du fleuve Euphrate. A partir du 7ème jour du mois de Moharrem, l’Imam Hussein (A.S.) et ses compagnons n’avaient plus aucune goutte d’eau, et Omar Saad espérait que sous l’atroce effet de la soif l’Imam Hussein (A.S.) changerait d’avis.

L’Imam Hussein (A.S.) ne craignait point le sort de sa propre personne, mais il se souciait du massacre des femmes et des enfants qui l’accompagnaient. Devait-il se soumettre aux exigences de l’ennemi ? Mais alors, ce serait accepter Yazid comme guide de l’Islam face au Saint Prophète.

Un Saint homme comme l’Imam Hussein (A.S.) pourrait-il vendre l’Islam, religion d’Allah contre sa vie et celle de ses compagnons ? Penser que l’Imam Hussein (A.S) abdiquera en faveur de Yazid, ce serait mal le connaître. Par ailleurs, il faut comprendre que l’Imam Hussein (A.S.) a voulu négocier avec Yazid, non pas parce qu’il cherchait un moyen quelconque pour sauver sa vie, mais qu’il a voulu laisser le temps de réfléchir à ses ennemis qui prétendaient être Musulmans et admettaient que le Saint Prophète Mohammad était l’envoyé de Dieu, mais qui feignaient d’ignorer que l’Imam Hussein (A.S.) était le vrai successeur du Saint Prophète.

Celui qui penserait que l’Imam Hussein (A.S.) était allé vers le suicide collectif à Karbala, se trompe lourdement dans la mesure où l’Imam avait usé de tous les moyens pour éviter cet affrontement que désormais Yazid lui imposait pour pouvoir maintenir son pouvoir politique dont il n’avait pas les capacités intellectuelles et religieuses.

Le 9ème jour de Moharrem, Obeidollah Ben Ziad envoya un ultimatum à l’Imam Hussein (A.S.) pour réclamer le bey’at avec Yazid et mettre un terme aux négociations.

Voyant le refus inconditionnel de l’Imam Hussein (A.S.), Omar Saad ordonna une attaque immédiate, en réponse à laquelle l’Imam Hussein (A.S.) envoya son frère Hazrat-é Abbas pour demander une nuit de repos, l’Imam voulait ainsi procurer une occasion à ses compagnons qui voudraient éventuellement le quitter et une chance aux hommes de l’armée ennemie de réfléchir une dernière fois et peut-être de vouloir venir de son côté. Il voulait aussi passer cette nuit en offrant des prières et invocations à son Créateur pour la gloire duquel il se trouvait dans cette situation. Il faut remarquer que l’Imam Hussein (A.S.) n’a oublié aucun détail pour qu’après cette historique journée d’Achoura, le 10ème jour de Moharrem de l’an 61 de l’Hégire, on ne puisse l’accuser de n’avoir pas essayé telle ou telle situation pour sortir de la crise, sauf bien entendu celle de vendre l’Islam.

VIII – ASHOURA

Après l’aube de 10ème jour de Moharrem (Achoura) pour accomplir son dernier devoir, avant l’éventuel engagement des deux armées largement disproportionnées, l’Imam Hussein (A.S.) monta sur son chameau, considéré comme un animal de paix contrairement au cheval, pour venir devant les rangs ennemis et délivra un long sermon dans lequel il clarifia sa position sur sa personnalité en tant que le petit-fils du Saint Prophète (S.A.W.) qu’il représentait, le dernier membre vivant des « cinq purifiés » (Pandjatan) et les raisons pour lesquels il avait refusé le « bey’at » à Yazid.

Ainsi, aucun des hommes de l’armée ennemie ne pourrait dire qu’il ne savait pas la raison exacte de cet affrontement. L’Imam Hussein (A.S.) rentra ensuite à son camp.

Hour, l’un des commandants de l’armée ennemie, qui avait intercepté l’Imam Hussein (A.S.) sur sa route vers Koufa, réalisa que l’Imam Hussein (A.S.) était le vrai chef de l’Islam. Il quitta aussitôt l’armée de Yazid, vint demander pardon à l’Imam Hussein (A.S.), se convertit à son idéal et rejoignit son camp avec son fils et son esclave. Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Omar Saad tira la première flèche vers le camp de l’Imam Hussein (A.S.) déclarant ainsi le commencement de la bataille. Malgré la soif et la faim de trois jours, imposées par l’armée de Yazid, la petite formation de l’Imam Hussein (A.S.) s’installa dans la position défensive.

Les premiers qui furent volontaires pour engager les combats, étaient les amis de l’Imam Hussein (A.S.), notamment Hour qui partit le premier vers le champ de bataille et qui inscrit courageusement son nom sur la liste des Martyrs de Karbala. Ce fut ensuite le tour des autres amis comme Zubair Ibn Quain, Mouslim Ibn Awsadja, Habib Ibn Mazahire, ainsi que les autres volontaires qui ont donné leur âme au bénéfice de l’Islam et qui ne voulaient qu’aucun membre de la Sainte Famille du Prophète aille combattre tant qu’ils seraient vivants.

Lorsque tous les amis furent tués, Onne et Mohammad, deux fils de Djanab-é Zaynab (A.S.) et neveux de l’Imam Hussein (A.S.) demandèrent l’autorisation d’aller combattre. L’Imam Hussein (A.S.) fut obligé de leur accorder son consentement suite à l’insistance de Djanab-é Zaynab (A.S.), sa sœur, qui voulait aussi prendre part à la souffrance de Karbala. Onne et Mohammad partirent donc au combat et furent tués héroïquement. L’Imam Hassan (A.S.), frère aîné de l’Imam Hussein (A.S.), marqua sa présence à Karbala par son fils Djanab-é Kassim (A.S.) qui fut tué après avoir mené une lutte acharnée contre les ennemis.

Dans le camp de l’Imam Hussein (A.S.), de nombreux enfants en bas âge, notamment Bibi Sakina, étaient présents pendant cet affrontement et ils ne pouvaient plus supporter l’effet de la faim et de la soif qui duraient depuis trois jours. Hazrat-é Abbas (A.S.), frère et bras droit de l’Imam Hussein (A.S.) était réputé pour sa bravoure, son courage et sa résistance devant les pires situations.

Il demanda à l’Imam la permission d’aller combattre et d’anéantir l’ennemi pour pouvoir apporter de l’eau du fleuve Euphrate (Fourate) pour les enfants. le but de l’Imam Hussein (A.S.) n’était pas de gagner la guerre, mais de sauver l’Islam. Il autorisa Hazrat-é Abbas (A.S.) à partir, mais uniquement pour aller chercher de l’eau et prit le chemin du retour. A ce moment, l’ennemi reçut l’ordre de tuer coûte que coûte Hazrat-é Abbas (A.S.) pour que l’eau ne parvienne pas jusqu’au camp de l’Imam Hussein (A.S.). Hazrat-é Abbas (A.S.) a dû se défendre durement à son tour, mais les ennemis étaient trop nombreux et ils ont pu lui trancher successivement les deux bras. Hazrat-é Abbas (A.S.) continuait sa route en sauvant l’outre d’eau, quand il reçut une flèche frontale qui traversa l’outre tenue par ses dents et qui le tua. La perte de Hazrat-é Abbas (A.S.) fut ressentie très cruellement par l’Imam Hussein (A.S.).

Ali Akbar (A.S.), le premier fils de l’Imam Hussein (A.S.), se prépara à partir pour le combat. Il était âgé de 18 ans seulement et ressemblait tellement au Saint Prophète Mohammad (S.A.W.) que les hommes de l’armée ont cru voir la présence du Saint Prophète au milieu de ce brûlant champ de bataille de Karbala. Malgré cet effet visuel et psychologique, les adversaires en nombre se sont regroupés et rués sur Ali Akbar (A.S.) dont le courage fut exemplaire, et l’ont tué.

Après la mort de ses compagnons, l’Imam Hussein (A.S.) était maintenant le seul qui pourrait aller combattre l’ennemi. Il refusa la permission d’aller lutter à son fils Hazrat-é Zaynal- Abédine (A.S.) qui était tellement souffrant qu’il ne pouvait pas monter à cheval. D’autre part, il considérait Zaynal-Abédine (A.S.) comme successeur garant de l’Islam après sa mort.

L’Imam Hussein (A.S.) prit alors son fils âge de 6 mois nommé Ali Asghar (A.S.) et vint devant les rangs ennemis. Il leur dit que cet enfant n’avait rien fait contre eux et qu’ils pourraient au moins accorder un peu d’eau à ce bébé qui meurt de soif. Devant cette scène, exprimant la plus grande injustice à son égard, les hommes de Yazid furent atteints d’émotion. Omar Saad, craignant un renversement de la situation en faveur de l’Imam Hussein (A.S.) donna l’ordre de tuer sur le champ ce Saint enfant. Aussitôt, une flèche tirée par Harmalla arriva en plein cou de l’enfant qui fut ainsi tué pour l’Islam. L’Imam Hussein (A.S.) regagna son camp. Il était maintenant seul contre tous. Même le soleil semblait tester la force morale de l’Imam qui n’avait pas arrêté d’essuyer les coups les plus durs depuis le matin. La cruauté des ennemis dépassait l’imagination. Le spectacle autour de lui était désolant. Sur le sable brûlant jonchaient les corps inertes des siens, dans les tentes, les femmes et les enfants pleuraient.

Mais l’Imam Hussein (A.S.) avait avec lui, sain et sauf, l’Islam. Dans cette situation qui démoraliserait n’importe quel être humain, l’Imam Hussein (A.S.) garda une présence d’esprit inégalée. Il se prépara pour la dernière du combat, pris congé des siens et partit vers le champ de bataille. Il a conduit un combat exemplaire et sans merci face à l’ennemi qui, malgré la supériorité numérique, ne parvenait pas à sa fin dans un combat légal. Les ennemis décidèrent alors de s’y mettre tous, lâchement. Malgré une résistance inexprimable, l’Imam Hussein (A.S.) subit un assaut désordonné et tomba de son cheval, épuisé. Chimre, celui que l’Imam Hussein (A.S.) avait fait libérer de la prison, s’approcha de lui pour accomplir l’abominable acte.

L’Imam Hussein (A.S.), ensanglanté, demanda à Chimre de lui donner un peu d’eau avant de le tuer, mais celui-ci refusa impitoyablement. L’Imam Hussein (A.S.) demanda alors de lui permettre d’accomplir la prière (Salât) ce que le bourreau accepta. Mais Chimre n’a pas laissé à l’Imam Hussein (A.S.) le temps de finir complètement sa prière et le frappa, en position de prosternation, sur la nuque avec un sabre mal aiguisé. L’atrocité cruelle de l’ennemi ne s’arrêta pas là. Après avoir été décapité, la tête tranchée de l’Imam Hussein (A.S.) fut montée sur une lance et son corps foulé aux pieds des chevaux des ennemis dans le but volontaire de le déshonorer.

Après le Martyre de l’Imam Hussein (A.S.), les tentes où se trouvaient les femmes et les enfants dans le camp de l’Imam furent mises à feu par les ennemis qui ont pillé et maltraité la Sainte Famille, et enlevèrent le tchàdar des femmes, avant de les envoyer, les mains liées au cou, sur les chameaux sans palanquin, ainsi que les têtes tranchées montées sur les lances à Damas auprès de Yazid pour y subir le déshonneur le plus extrême et se faire prisonnières pendant plus de douze mois.

IX – CONCLUSION

A travers ce bref résumé biographique de l’Imam Hussein (A.S.) et en particulier le sacrifice qu’il a effectué sur l’autel de l’Islam, il faut bien dire que l’Imam Hussein (A.S.) a donné sa vie pour la cause de la vérité et pour les principes de l’Islam. Si l’Imam Hussein (A.S.) avait accepté le « bey’at » à Yazid, l’Islam aurait été de passage sur la terre. Grâce donc à l’Imam Hussein (A.S.), l’Islam put subsister pour prendre ensuite de l’ampleur sur notre planète.

Les bases du soulèvement « Je ne me suis pas soulevé par l’orgueil, corruption et iniquité. En vérité, je me suis soulevé pour réformer l’Ummat de mon grand-père. Je veux ordonner le recommandable, interdire le blâmable et agir comme mon père et mon grand-père. »

(Extrait du testament de l’Imam Hussein, béni soit-il, à Mohammad Hanifa-Moghtel Khwarazmi)

Le tracé du destin « La mort est pour le fils d’Adam, comme un collier à l’instar de la parure portée par les jeunes filles. J’aime avec ardeur mes ancêtres comme Jacob a aimé Joseph. Ils ont choisi l’endroit où ils me tueront et je me rendrai à ce rendez-vous. Je vois mon corps déchiqueté que les loups du désert déchirent entre Karbala et Navaviss, et dont ils rassasient leurs ventres affamés. Point de recours contre ce que la plume du destin a tracé pour cette journée. Dieu est satisfait de notre soumission, nous, les membres de la famille du Prophète. Nous nous résignons aux maux décrétés par Lui car Il nous accordera la récompense accordée aux résignés. » (Extrait dus discours prononcé par l’Imam Hussein, béni soit-il, avant de quitter la Mecque pour l’Irak, Maghtal al-Hussein).

https://erfan.ir/french/80392.html

Anniversaire de la naissance du Maître des Martyrs, Sayyid Al Chuhadâ Abû Abdillâh Al-Hussein ibn ‘Alî ibn Abu Tâlib. Et Poëme "N’oublie pas Kerbala".

Gloire et Louanges à Allah SwT, nous adressons nos Félicitations à Rassul Allah (sawas) et à Dame Khadija Al Kûbra (as), à Imam \’Ali (as) et à Dame Fâtimah az-Zahrâ (as), à Imam Al-Hassan (as), à nos Imams (as) et à Notre Imam Al-Munthadar (as) qui en Réalité nous attend depuis si longtemps.. à toute la Sainte Famille, donc, et la Pieuse Descendance (as), aux Croyants, et à toute la Création, à l\’Occasion de l\’Anniversaire de la Naissance de l\’Imam Al-Hussein (as) .. wa salam ala l mu\’minin bi l urwati wutqa.. Du\’a\’ et Ziyarat en ce Jour de Lumière.

A – Quel est donc ce personnage qui a tant marqué l\’histoire et les coeurs des musulmans, en général, et des adeptes des \Ahl-ul-Bayt\(3) en particulier? Pourquoi, des Musulmans légitimistes qui se disent avant tout attachés au Coran et à la Sunna du Prophète prennent-ils pour symbole de cet attachement, la personnalité et l\’action de cette figure de proue de la légitimité en Islam, al-Hussayn, petit-fils du Prophète?

1- Son appartenance familiale

Al-Hussayn est le fils de l\’Imam \’Ali Ibn Abi Tâlib, cousin et gendre du Prophète, et de la Dame Fatima al-Zahrâ, fille chérie du Prophète Muhammad et de la Dame Khadîjah al-Kubrâ. Il est le troisième Imam des Musulmans légitimistes (les Chiites imamites), après son père, l\’Imam \’Ali Ibn Abi Tâlib (le lère Imam, et 4ème successeur officiel du Prophète), et son frère l\’Imam al-Hassan (2ème Imam).

Al-Hussayn est né à Médine, le 3  Cha\’bân de l\’an 4 de l\’Hégire  (ndlr SSH)  (Cheikh Al Mufid citerait le 25(4).) La famille du Prophète l\’a accueilli à sa naissance avec amour et tendresse, et c\’est le Messager de Dieu, lui-même, qui lui donna le nom d\’al-Hussayn(5).

Al-Hussayn fut élevé et grandi dans le giron du Prophète, de l\’Imam \’Ali et de Fâtimah al-Zahrâ.

Il fut donc nourri de la morale prophétique et élevé selon les principes du Message islamique, les principes du Bon Droit, de la justice et de la dignité.

2- Sa position auprès du Prophète et sa place dans la Sunna

Fait significatif – lorsqu\’on sait que la Sunna ou la Tradition consiste en les paroles, les gestes et le comportement du Prophète – le Messager de Dieu le couvrait publiquement de son amour et de sa tendresse, et le portait ainsi que son frère aîné, al-Hassan, contre sa poitrine en exprimant à haute voix, devant ses Compagnons, cet amour paternel généreux:

«Ô mon Dieu! Je les aime et j\’aime ceux qui les aiment».(6)

La métaphore suivante en dit long sur l\’amour que le Prophète éprouvait et exprimait pour ses deux petits-fils:

«Mes deux fils(7) que voici sont mes deux basilics de ce bas-monde ». (8)

Et les propos suivants ne laissent plus de doute sur la portée et la profondeur de cet amour:

«Al-Hussayn fait partie de moi, et je fais partie d\’al-Hussayn. Dieu aimera celui qui aura aimé al-Hussayn».(9)

«Celui qui aime al-Hassan et al-Hussayn m\’aura aimé, et celui qui les déteste, m\’aura détesté».(10)

Propos réitérés et confirmés à maintes autres occasions. Par exemple, lorsqu\’un jour, le Prophète qui accomplissait sa prière, que al-Hassan et al-Hussayn se bousculaient sur son dos, en ces moments de recueillement, et que des gens vinrent les éloigner, dit:

«Laissez-les… Par mon père et ma mère, celui qui m\’aime, doit les aimer aussi».(11)

Ou encore cette autre métaphore révélatrice et on ne peut plus claire, utilisée par le Prophète pour mettre en évidence la position prédestinée d\’al-Hussayn auprès de Dieu:

«Celui qui se réjouirait de voir un homme destiné au Paradis,(12) qu\’il regarde al-Hussayn».(13)

Ainsi, le Prophète a donc pris soin de faire connaître aux Musulmans le sort de martyr qui attendait al-Hussayn, dés son enfance et de désigner sa position privilégiée dans la Umma, pour que celle-ci ne pardonne jamais à quiconque aurait le malheur de devenir parmi les assassins de son bien-aimé.

Les assassins d\’al-Hussayn ne pourraient jamais prétexter l\’oubli ou l\’ignorance de ces paroles du Prophète pour qu\’on puisse leur pardonner un jour, car le Prophète s\’était attaché à les mettre suffisamment en évidence pour que de grandes figures de l\’Islam, tels que Abou Bakr al-Çiddiq et Ibn \’Omar, trouvent toujours l\’occasion de les répéter à l\’intention des Musulmans. En effet c\’est Abou Bakr qui a dit un jour:

«J\’ai entendu le Messager de Dieu dire: \Al-Hassan et al-Hussayn sont les deux Maîtres de la jeunesse du Paradis\».(14)

Quant à Ibn \’Omar, c\’est bien après l\’assassina d\’al-Hussayn qu\’il rappela à des Irakiens venus lui poser un question canonique sur les moustiques, ce que le Prophète avait dit à propos de la position privilégiée qu\’occupaient auprès de lui ses deux petits-fils: «Les Irakiens, dit-il, amer, m\’interrogent sur les moustiques, alors qu\’ils ont tué le fils de la fille du Messager de Dieu, lequel Messager avait dit \ce sont (al-Hassan et al-Hussayn) mes deux basilics(15) dans ce bas monde\».(16)

Conscients de cette place de choix qu\’al-Hussayn occupai dans le coeur et la pensée du Prophète et dans sa famille, les Musulmans ne pourront pas ne pas sentir qu\’à travers son assassinat, c\’était le sang du Prophète qui fut répandu si injustement et si tragiquement dans la terre de Karbalâ\’, comme nous le verrons plus loin. Ils ne cesseront jamais de penser à ce crime impardonnable perpétré contre la famille du Prophète ne pourra se réparer que par le rétablissement des principes l\’Islam pour lesquels l\’Imam al-Hussayn s\’était soulevé, et p une révolte permanente contre ceux qui persistaient à dévier ces principes. De là les révolutions successives, dont ce d\’al-Tawwâbine(17), contre le régime omayyade, auteur ce crime. Le sang d\’al-Hussayn sera ainsi le volcan qui ébranlera les piliers de l\’Etat Omayyade et détruira son entité.

Malgré toutes les tentatives perfides des Omayyades de justifier l\’assassinat d\’al-Hussayn et de déformer la noble cause pour laquelle il se battait, l\’attachement des Musulmans au petit-fils du Prophète alla grandissant après son martyre. Car, comment auraient-ils pu se détacher de lui, s\’ils voulaient rester attachés au Message de leur religion, alors qu\’ils savaient que ce martyr faisait partie des Ahl-ul-Bayt (la famille du Prophète) que le Coran leur ordonne d\’aimer:

«Dis: \ Je ne vous demande aucun salaire pour cela, si ce n\’est votre affection envers les proches\.(18) A celui qui accomplit une telle action, nous répondrons par quelque chose de plus beau encore». (Coran, XLII, 23);

et dont il souligne la purification:

«Ô vous, les gens de la Maison! Dieu veut seulement éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement». (Coran, XXXIII, 33);

et qu\’il associe au Prophète:

«Si quelqu\’un te contredit après ce que tu as vécu en fait de science, dit: \Venez! Appelons nos fils(19) et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs\». (Coran, III, 61)

«Je ne me rendrai jamais à vous comme un soumis, ni ne me résignerai jamais comme un esclave».

L\’écho de ce cri de refus et de défi qu\’a lancé l\’Imam al-Hussayn, à la face de la puissance déviationniste omayyade avant de tomber en martyr, retentit encore dans la vallée de Tûfûf(2), comme il a toujours retenti dans les oreilles de toutes les générations qui se sont succédé depuis son assassinat. Il n\’a cessé d\’agiter toutes les phases de l\’histoire, comme un tourbillon qui moissonne les tyrans, ou un volcan qui fait trembler les trônes des injustes, en réveillant toutes les consciences libres et en galvanisant l\’esprit révolutionnaire et de jihad missionnaire chaque fois que la déviation et les forces du mal poussent à l\’excès leur arrogance.

Depuis son martyre, des millions et des millions de Musulmans se sont rendus à sa tombe pour se rappeler que la sauvegarde du Message et de la Sunna (la Tradition du Prophète) exige parfois le sacrifice de soi, même si l\’on a toutes les possibilités de l\’éviter.

Aujourd\’hui, cette tombe, transformée au fil des siècles en un site imposant de merveilles, dressant ses dômes et ses minarets dorés au centre de Karbalâ\’ (ville située à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Bagdad) témoigne par sa splendeur de l\’attachement profond et inébranlable des générations successives de Musulmans à cette personnalité islamique hors du commun, par le sens qu\’il a su donner à son combat pour préserver l\’Islam d\’une déviation imminente.

Au fil des siècles des écoles littéraires spécifiques se sont créées pour dépeindre les tableaux épiques du martyre d\’al-Hussayn, et des milliers de littérateurs et des poètes ont consacré leurs plumes et leurs talents à l\’évocation et à la description de sa tragédie, de son héroïsme et des moindres détails de sa noble vie.

Aujourd\’hui, on ne compte plus le nombre de révoltes, de soulèvements et de révolutions qui ont éclaté en ayant pour moteur et agent galvanisateur, la mémoire de la Révolution d\’al-Hussayn, l\’exemple de son sacrifice, de sa foi, et de ses principes. ( Texte intégral ici: http://www.bostani.com/achoura/imam-al-hussayn-et-le-jour-de-achoura.htm )

B – Les visites pieuses de l’Imam al-Hussayn (p)

La visite pieuse de l’Imam al-Hussayn est très recommandée aussi bien lorsqu’elle est effectuée sur place (le site du saint mausolée) que de loin (à n’importe quel endroit où on se trouve) et n’importe quand, lors bien même qu’elle appelle une plus grande récompense si on l’accomplit auprès de la tombe de l’Imam, ou dans le sanctuaire de l’Imam Ali ou de tout autre Imam de ses descendants.

Bien que les hadith mettent un accent particulier sur la ziyârah du Prophète (P) et sur celle de l’Imam al-Hussayn, certains d’entre eux indiquent que la visite pieuse de n’importe quel Imam d’Ahl-ul-Bayt (p) a le même mérite que les deux ziyârah précitées.

Sans doute le texte le plus célèbre destiné à la ziyârah de tous les Imams (p) est “ziyârat-Amînullâh”, dont al-Allâmah al-Majlicî dit qu’elle est la meilleure des ziyârat aussi bien par son texte (matn) que par sa chaîne de transmetteurs et qu’il faut la lire assidûment dans tous les saints mausolées. Selon l’Imam al-Bâqir (p), c’est avec ce texte que l’Imam Zayn al-Âbidine avait accompli la ziyârah de l’Imam Ali (p) en ajoutant : “Il n’est pas un de nos adeptes qui lise cette ziyârah auprès de la tombe du Commandeur des croyants (l’Imam Ali) ou de l’un des Imams sans qu’Allah ne fasse monter son do‘â’ dans une caisse de lumière qui porte le sceau de Muhammad (P) et qui sera ainsi gardée jusqu’à ce qu’elle soit remise au Résurrecteur des Âle Muhammad (l’Imam al-Mahdi), lequel accueillera cet adepte (qui a lu ladite ziyârah) avec courtoisie (sous de riantes auspices), meilleure salutation et dignement, si Allah le veut” .

Cependant les hadith qui soulignent les mérites de la ziyârah de l’Imam al-Hussayn sont tellement nombreux et concordants qu’il est permis de les classer au-dessus des autres ou de la qualifier comme étant plus méritoire que celle des Imams postérieurs.

Il est à noter qu’il y a plusieurs ziyârah de l’Imam al-Hussayn. Chacune comporte un texte spécifique et est rattachée à une occasion spéciale. Ce sont selon l’ordre chronologique de l’année hégirienne, d’après les différents corpus de visites pieuses :

1-La Ziyârah de ‘Âchûrâ’ (le 10 Moharram)

2-La ziyârah d’al-Arba‘în (le 20 Çafar, le 40e jour de l’anniversaire du martyre de l’Imam)

3- La ziyârah du 1er Rajab (le même texte que celui de la ziyârah du 15 Cha‘bân)

4-La ziyârah de la mi-Rajab (la veille et le jour du 15 du mois- le même texte que le celui du 1er Rajab)

5- Visite pieuse et prière spécifique le jour anniversaire de sa naissance, le 3 Cha‘bân

6-La visite de la veille et du jour de la mi-Cha‘abân (le même texte que celui du 1er Rajab)

7-La visite des veilles du 19, 21 et 23 Ramadhân (dites la nuit de Qadr : la nuit de la veille du 19,21,23)

8-La visite des veilles des fêtes de Ramadhân et de Sacrifice

9-La visite du jour des fêtes de Ramadhân et du Sacrifice

10- La visite du Jour de ‘Arafah, le 9 Thu-l-Hajjah

Deux des ces visites, celles de la mi-Cha‘abân et du Jour de ‘Arafah, se détachent par leur importance et par la récompense spirituelle qu’elles appellent, selon les différents hadith. Il apparaît même qu’elles ont plus de mérites spirituels que le pèlerinage et la Omrah recommandés, et qu’Allah  accorde Sa Miséricorde et Son absolution aux visiteurs de l’Imam al-Hussayn (pendant ces deux occasions) avant de les accorder aux fidèles présents à ‘Arafât (pendant le pèlerinage et la Omrah recommandés).

Les adeptes d’Ahl-ul-Bayt attachent également une importance et une attention particulières aux visites de ‘Âchûrâ’ et du Jour de l’Arba‘în (le 40ème jour du martyre de l’Imam). Ils y organisent différents rassemblements de deuil.

À part ces ziyârah périodiques et spécifiques, il y en a d’autres à caractère général. On peut les effectuer n’importe où et n’importe quand. Al-‘Allâmah al-Majlicî en mentionne sept, dont la plus connue est la célèbre ziyârat Wârith.

Il y a des règles de bonne conduite à observer pendant la ziyârah de l’Imam al-Hussayn. Elles sont plus ou moins les mêmes que celles qu’on doit suivre pendant la ziyârah du Prophète (P) ou des autres Imams (p). Les plus importantes d’entre elles sont : la pureté rituelle (le wudhû’), la pureté du corps et des vêtements de toute souillure, la ferveur et le recueillement, l’l’imploration d’Allah, ainsi que toutes les politesses requises lors de la visite rendue à l’Imam (p) de son vivant et en sa présence. 

Voir ZIYÂRAT WÂRITH

ZIYÂRAT AL-IMAM AL-HUSSAYN (p) http://www.bostani.com/livre/anthologie-des-cles-du-paradis-mafatih-al-jinan.htm

Le 3e jour du mois :

C’est un jour béni marqué par la naissance de l’Imam al-Hussain (p). Tous les actes de piété, et tout particulièrement le jeûne, sont très recommandés ce jour dans lequel on commémore l’anniversaire du Maître des Martyrs, le petit-fils du Prophète (P). De même il est recommandé d’y réciter le du‘â’ suivant :

« Allâhumma innî as’aluka bi-haqq-il-mawlûdi fî hâthâ-l-yawm-il-mawû‘di, bi-chahâdatihi qabl-astihlâlihi wa wilâdatihi, bakat-hu-s-samâ’u wa man fîhâ wa-l-ardhu wa man ‘alayhâ wa lammâ yata’u lâbatayhâ, qatîl-il-‘abrati wa sayyid-il-usrati, al-mamdûdi bi-n-nuçrati yawm-al-karrati, al-mu‘awwadhi min qatlihi inna-l-a’immata min naslihi wa-ch-chafâ’a fî turbatihi wa-l-fawza ma‘ahu fî awbatihi wa-l-awçiyâ’a min ‘itratihi ba‘da qâ’imihim wa ghaybatihi, hattâ yudrikû-l-awtâra wa yath’ar-uth-tha’ra, wa yurdh-uj-Jabbâra wa yakûnû khayra ançârin, çallâllâhu ‘alayhim ma‘a-khtilâf-il-layli wa-n-nahâr-i. Allâhumma fa-bihaqqihim ilayka atawassalu wa as’aluka su’âla muqtarifin mu‘tarifin musî’in ilâ nafsihi mimma farrata fî yawmihi wa amsihi, yas’aluka-l-‘içmata ilâ mahalli ramsihi. Allâhumma fa-çalli ‘alâ Muhammadin wa ‘itratihi wa-hchurnâ fî zumratihi, wa bawwi’nâ ma‘ahu dâr-al-karâmti wa mahall-al-iqâmati. Allâhumma wa kamâ akramtanâ bi-ma‘rifatihi fa-akrimnâ bi-zulfatihi wa-rzuqnâ murâfaqatahu wa sâbiqatahu, wa-j‘alnâ mimman yusallimu li-amrihi wa yukthir-uç-çalâta ‘alayhi ‘inda thikrihi wa ‘alâ jamî‘i awçiyâ’ihi wa ahli açfiyâ’ihi, al-mamdûdîna minka bi-l-‘adad-il-ithnay‘achara, an-nujûm-iz-zuhari wa-l-hujaji ‘alâ jamî‘-il-bachari. Allâhumma wahab lanâ fî hâthâ-l-yawmi khayra mawhibatin wa anjih lanâ kulla talibatin, kamâ wahbt-al-Husayna li-Muhammadin jaddihi wa ‘âtha futrusu bi-mahdihi, fa-nahnû â’ithûna bi-qabrihi min ba‘dihi, nach-hadu turbatahu wa nantadhiru awbatahu, âmîna Rabb-al-‘âlamîn-a ».

اَللّـهُمَّ اِنّي اَساَلُكَ بِحَقِّ الْمَوْلُودِ في هذَا الْيَوْمِ الْمَوْعُودِ بِشَهادَتِهِ قَبْلَ اْستِهْلالِهِ وَوِلادَتِهِ، بَكَتْهُ السَّمآءُ وَمَنْ فيها وَالاَْرْضُ وَمَنْ عَلَيْها وَلَمّا يَطَأْ لابَتَيْها قَتيلُ الْعَبْرَةِ وَسَيِّدَ الاُْسْرَة،ِ الْمَمْدُودِ بِالنُّصْرَةِ يَوْمَ الْكَرَّةِ الْمُعَوَّضِ مِنْ قَتْلِهِ اَنَّ الاَْئِمَّةَ مِنْ نَسْلِهِ وَالشِّفآءَ في تُرْبَتِهِ والْفَوْزَ مَعَهُ في اَوْبَتِهِ والأوْصِيآءَ مِنْ عِتْرَتِهِ بَعْدَ قآئِمِهِمْ وَغَيْبَتِهِ حَتّى يُدْرِكُوا الاَْوْتارَ وَيَثأَرُوا الثّارَ وَيُرْضُوا الْجَبّارَ وَيَكُونُوا خَيْرَ اَنْصارِ، صَلَّى اللهُ عَلَيْهِمْ مَعَ اْختِلافِ اللَّيلِ وَالنَّهارِ. اَللّـهُمَّ فَبِحَقِّهِمْ اِلَيْكَ اَتَوَسَّلُ وَاَسْئَلُ سُؤالَ مُقْتَرفٍ مُعْتَرفٍ مُسيءٍ اِلى نَفْسِهِ مِمَّا فَرَّطَ في يَوْمِهِ وَاَمْسِهِ يَسْئَلُكَ الْعِصْمَةَ اِلى مَحَلِّ رَمْسِهِ اَللّـهُمَّ فَصَلِّ عَلى مُحَمَّد وَعِتْرَتِهِ وَاحْشُرْنا في زُمْرَتِهِ، وَبَوِّئْنا مَعَهُ دارَ الْكَرامَةِ وَمَحَلَّ الاِقامَةِ، اَللّـهُمَّ وَكَما اَكْرَمْتَنا بِمَعْرِفَتِهِ فَاَكْرِمْنا بِزُلْفَتِهِ وَارْزُقْنا مُرافَقَتَهُ وَسابِقَتَهُ وَاجْعَلْنا مِمَّنْ يُسَلِّمُ لاَْمْرِهِ وَيُكْثِرُ الصَّلوةَ عَلَيْهِ عِنْدَ ذِكْرِهِ وَعَلى جَميعِ اَوْصِيآئِهِ وَاَهْلِ اَصْفِيآئِهِ الْمَمْدُوديِن مِنْكَ بِالْعَدَدِ الاِثْنَيْ عَشَرَ النّجُومُ الزُّهَرِ وَالْحُجَجِ عَلىجَميعِ الْبَشَرِ ، اَللّـهُمَّ وَهَبْ لَنا في هذَا الْيَوْمِ خَيْرَ مَوْهِبَةٍ وَاَنْجِحْ لَنا فيهِ كُلَّ طَلِبَةٍ ، كَما وَهَبْتَ الْحُسَيْنَ لُِمحَمَّدٍ جَدِّهِ وَعاذَ فُطْرُسُ بِمَهْدِهِ فَنَحْنُ عائِذُونَ بِقَبْرِهِ مِنْ بَعْدِهِ نَشْهَدُ تُرْبَتَهُ وَنَنْتَظِرُ اَوْبَتَهُ آمينَ رَبَّ الْعالَمينَ.

Traduction

(O mon Dieu! Je T’implore, par le mérite de celui qui est né en ce jour promis, par son martyre (prévu) avant sa naissance, celui que le ciel et tout ce qui s’y trouve, ainsi que la terre et tout ce qu’elle abrite ont pleuré, avant même leur naissance, celui dont l’assassinat est un motif de pleurs (…), celui dont nous nous consolons de la perte par le fait que nos Imams descendent de lui, que la terre dans laquelle il est enterré est guérison (médicament), que la victoire sera le Retour avec lui et ses descendants, après l’occultation de leur Résurrecteur, l’Imam al-Mahdi, pour le venger et satisfaire le Terrible (Allah). Que la prière d’Allah soit sur eux tant que les nuits et les jours continuent à se suivre. Je Te supplie donc, O Seigneur ! par leur amour, et je T’implore comme un pécheur confessant, repentant, ayant causé le mal à lui-même en se livrant à des excès hier et aujourd’hui, et Te demandant la protection jusqu’au lieu de son enterrement, de prier sur Mohammad et sa progéniture, de nous placer avec ses compagnons, de nous établir à ses côtés dans la Demeure éternelle. O Seigneur ! De même que Tu nous as honorés de sa connaissance, honore-nous de sa proximité, favorise-nous de sa compagnie, et fais que nous soyons au nombre de ceux qui souscrivent à sa cause et qui, chaque fois qu’on mentionne son nom, prient sur lui et sur tous ses douze héritiers- les étoiles brillantes et les preuves d’Allah auprès de toute l’humanité. O Seigneur ! Accorde-nous également en ce jour, le meilleur don, et accède à toutes nos demandes, de même que Tu as donné al-Hussain à son grand-père Mohammad et que l’Ange Futrus s’est protégé par le berceau d’Al-Hussain, nous nous protégeons par sa tombe après son martyre, nous regardons sa terre et nous attendons son retour, âmen ! O Seigneur des mondes)

Puis on récite le du‘â’ suivant de l’Imam al-Hussain (p), lequel fut le dernier du‘â’ qu’il récita lorsque ses ennemis et assaillants l’attaquèrent en grand nombre, le Jour de ‘Âchûrâ’, le 10 Moharram :

« Allâhumma Anta muta‘âl-il-makâni, ‘adhîm-ul-jabarûti, chadîd-ul-mihâli ghaniyy-un ‘an-il-khalâ’iqi, ‘arîdh-ul-kibriyâ’i, qâdirun alâ mâ tachâ’u, qarîb-ur-rahmati çâdiq-ul-wa‘di, sâbigh-un-ni‘mati, hasan-ul-balâ’i, qarîbun ithâ du‘îta, muhîtun bimâ khalaqta, qâbil-ut-tawbati liman tâba ilayka, qâdirun ‘alâ mâ aradta wa mudrikun mâ talabta wa chakûrun ithâ chukirta wa thakûrun ithâ thukirta, ad‘ûka muhtâjan wa arghabu ilayka faqîran wa afza‘u ilaka khâ’ifan wa abkî ilayka makrûban wa asta‘înu bi-ka dha‘îfan, wa atawakkalu ‘alayka kâfiyan, uhkum baynanâ wa bayna qawminâ bi-l-haqqi fa-innahum gharrûnâ wa khada‘ûnâ wa khathalûnâ wa ghadarû bi-nâ wa qatalûnâ wa nahnu ‘itratu nabiyyika wa waladu  habîbika Muhammadin-ibni ‘Abdullâh allathî-ç-tafaytahu bi-r-Risâlati wa’tamantahu ‘alâ wahyika, fa-j‘al lanâ min amrinâ farajan wa makhrajan bi-Rahmatika yâ arham-ar-râhimîn-a ».

اَللّـهُمَّ اَنْتَ مُتَعالِي الْمَكانِ عَظيمُ الْجَبَرُوتِ شَديدُ الِمحالِ غَنيٌّ َعنِ الْخَلائِِقِ عَريضُ الْكِبْرِيآءِ قادِرٌ عَلى ما تَشآءُ قَريبُ الرَّحْمَةِ صادِقُ الْوَعْدِ سابِغُ النِّعْمَةِ حَسَنُ الْبَلاءِ قَريبٌ إذا دُعيتَ مُحيطٌ بِما خَلَقْتَ قابِلُ التُّوبَةِ لَمَنْ تابَ اِلَيْكَ قادِرٌ عَلىما اَرَدْتَ وَمُدْرِكَ ما طَلَبْتَ وَشَكُورٌ اِذا شُكِرْتَ وَذَكُورٌ اِذا ذُكِرْتَ ، اَدْعُوكَ مُحْتاجاً وَاَرْغَبُ اِلَيْكَ فَقيراً وَاَفْزَعُ اِلَيْكَ خآئِفاً وَ اَبْكي اِلَيْكَ مَكْرُوباً وَاَسْتَعينُ بِكَ ضَعيفاً وَاَتوَكَّلُ عَلَيْكَ كافِياً، اُحْكُمْ بَيْنَنا وَبَيْنَ قَوْمِنا بِالْحَقِّ فَاِنَّهُمْ غَرُّونا وَخَدَعُونا وَ خَذَلونا وَغَدَروا بِنا وَقَتَلُونا ونَحْنُ عِتْرَةُ نَبِيِّكَ وَوَلَدُ  حَبيبِكَ مُحَمَّدِ بْنِ عَبْدِاللهِ الَّذي اصْطَفَيْتَهُ بِالرِّسالَةِ وَائْتَمَنْتَهُ عَلى وَحْيِكَ فَاجْعَلْ لَنا مِنْ اَمْرِنا فَرَجاً وَمَخْرجاً بِرَحْمَتِكَ يا اَرْحَمَ الرّاحِمينَ.

Traduction:

(O Allah ! Tu es le Très-Haut, Ta Puissance est immense, Ta Force est redoutable; Tu te passes de toutes les créations, Ta Magnificence est large, Tu as le Pouvoir sur toutes choses, Ta Miséricorde est accessible, Tu tiens Ta Promesse, Tu es le Pourvoyeur de la Bénédiction, Ton épreuve est belle, Tu es tout près quand on T’appelle, Tu es au courant de toute Ta création, Tu acceptes la repentance de quiconque se repent auprès de Toi, Tu as le Pouvoir sur tout ce que Tu veux, Tu parviens à atteindre ce que Tu demandes, Tu es Reconnaissant lorsque Tu es loué, Tu te rappelles, lorsqu’on T’appelle! C’est pourquoi je Te supplie en tant que nécessiteux, je me réfugie auprès de Toi en tant que pauvre, j’ai recours à Toi, lorsque j’ai peur, je pleure devant Toi, quand je suis affligé, je cherche Ton secours, me sentant faible, je compte sur Toi, pour n’avoir besoin de personne. Juge donc entre nous et les nôtres, lesquels nous ont séduits, trompés, abandonnés, trahis et assassinés, alors que nous sommes la progéniture de Ton Prophète et les fils de Ton bien-aimé, Mohammad Ibna Abdullah que Tu as élu pour se charger de Ton Message et à qui Tu as confié la Révélation. Sors-nous donc de notre épreuve, par Ta Miséricorde, O le Plus Miséricordieux des miséricordieux !).

Il y a évidemment tellement à dire que nous vous renvoyons aux liens et ressources cités, ainsi qu\’à l\’onglet dédié, ici-même,  à Imam Al-Hussein (as), avec nos vœux pour l\’acceptation de nos œuvres sur sa voie bénie!

Et puis ce poëme, paru dans le numéro 7 de notre Magazine Hussein Renaissance, en dédicace:

N\’oublie pas Kerbala

Que tu sois assoiffé ou non, Je te montrerai la Source Où tu pourras étancher ta soif Quelle qu\’en soit l\’intensité.. Et si tu veux t\’y baigner, Libre à toi tout entier! Et n\’oublie pas la soif d\’Al-Hussein à chaque gorgée que tu boiras,

https://imamhussain.org/french/17769

Analyse de la nature du soulèvement de l’Imam al-Hussein (Psl)

L’importance du débat portant sur l’événement de Karbala repose sur le type d’événement dont il s’agit et sur la catégorie d’événement à laquelle le jour de ‘Achoura appartient. En effet, s’agit-il, du point de vue social, d’une explosion sans but comme le sont la plupart des explosions qui surviennent sous l’effet de la pression de l’injustice et du renforcement des difficultés, ce qui à l’occasion accentue la situation en place, ou s’agit-il d’une décision prise consciemment et qui tient compte de la situation ainsi que des effets et des résultats du mouvement ?Dans le second cas, s’agit-il d’un soulèvement, d’un événement, d’une révolution d’ordre sacré ou d’une défense honorablement sainte ? C’est-à-dire : est-ce un assaut ou une défense ? Est-ce une action qui émane de l’Imam (Psl) et que le pouvoir de l’époque entend réprimer, ou est-ce l’Imam (Psl) qui se trouve excédé par le pouvoir de l’époque et qui choisit de se défendre honorablement plutôt que de se taire et de se soumettre ?

Autrement dit, se trouve-t-il dans la société une personne dotée d’une piété qui aille jusqu’au don de sa vie, ou qui incarne une bonté, une rébellion, un soulèvement saint ? Est-elle du type à se préserver, à fournir des preuves quant à soi, ou est-elle destinée à nier et à désavouer le front adverse ?

(On peut même dire que trois types de nature peuvent être supposés : la nature à la piété, la nature au soulèvement et à la révolte, et la nature à répondre à un saint appel, ce qui comporte une certaine complémentarité. L’Imam (Psl) réagit face au pacte, et sa réaction est négative, il réagit face à l’appel et là c’est une réaction positive, et quand il réagit face à la nécessité d’ordonner le bien et d’interdire le mal, il devient l’initiateur et l’assaillant).

En considérant la première supposition, force est d’avoir des objectifs communautaires et fondamentaux. Quant à la seconde supposition, son but ne consiste pas à autre chose qu’à préserver son honneur et sa dignité humaine. Et pour le cas d’un type de révolution et d’un soulèvement de première instance, l’origine de cette révolution s’inscrit-elle seulement dans l’appel des gens de Kûfa ?Et si le peuple de Kûfa n’avaient pas lancé d’appel, l’Imam (Psl) ne se serait-il pas soulevé (bien sûr, s’il avait pu prévoir le retour en arrière des gens de Kûfa, il se serait probablement retiré et aurait gardé le silence) ? Ou bien y a-t-il une autre origine, autre que l’appel des gens de Kûfa, qui – en imaginant qu’il n’a pas eu lieu – l’aurait néanmoins poussé à la contestation et à l’opposition, et ce au prix de sa vie ?

Différents facteurs interviennent dans le cours des événements de Karbala et divers motifs sont en œuvre concernant l’Imam (Psl), et ces faits compliquent en un sens l’explication et l’analyse de la nature de ce soulèvement, car ce qui se manifeste de l’Imam (Psl) est parfois dû à un facteur précis, et parfois à un autre, ce qui désoriente les observateurs et les empêche de se faire une idée juste.D’un autre côté, cela fournit des aspects différents à ce soulèvement et en réalité, chaque aspect comporte sa propre nature. (Concernant les faits sociaux et complexes, rien n’empêche qu’un fait comporte plusieurs natures, comme cela est spécialement établi dans les cours de philosophie de l’histoire).

Les facteurs qui sont en œuvre et qui sont probablement intervenus dans cette affaire :A- L’Imam (Psl) a une personnalité digne, d’un seul tenant, manifeste, il est l’héritier du califat et possède le degré spirituel de l’Imamat.

D’après cela, rien ne sépare l’Imam (Psl) de son père et de son frère. De la même manière, rien ne différencie le pouvoir de Yazîd de celui de Muawiya ni de celui des trois califes.

Cet aspect ne suffit pas à lui seul à affirmer un devoir. Si les gens déterminent ce qui est préférable et pactisent avec l’Imam (Psl), révélant ainsi que ce qu’ils préfèrent est le fait que l’Imam (Psl) prenne les rênes du pouvoir, et qu’ils y sont prêts, l’Imam (Psl) également obtempère.Mais lorsque les gens ne sont pas prêts à cela d’une part, et lorsque la situation correspond à ce qui est le mieux pour les musulmans d’autre part, le devoir de l’Imam (Psl) n’est pas de s’opposer, mais au contraire de collaborer et d’aller de pair avec eux. Exactement comme le fait l’Emir des croyants (Psl) quand il participe aux consultations politiques et juridiques, et quand il paraît à la prière en assemblée.

Il dit lui-même : « En vérité, vous savez que je suis de tous celui qui est le plus digne du califat. Par Dieu, je jure que je resterai en paix tant que les affaires des musulmans iront bien et que personne en dehors de moi ne fera l’objet de tyrannie » (Nahj al-Balâgha, khotba n° 72)

Lors de l’événement de Karbala, ce facteur n’est pas le seul à entrer en ligne de compte. Il faut y joindre le troisième facteur précédemment évoqué : l’appel des gens de Kûfa. Cet appel est destiné à mettre la main sur le pouvoir et non à autre chose. Aussi, ce facteur n’est-il pas isolé, et il doit être évoqué conjointement.

B- On demande à l’Imam (Psl) de pactiser, et on ne lui laisse aucun choix.Yazîd écrit : « Exige le pacte de Hussein, avec brutalité, sans amabilité, et sans aucune forme de remarque et de manquement. » Il s’agit de pacte, de signature, d’acceptation et de confirmation. (Le pacte auquel on entend contraindre l’Imam al-Hussein (Psl) consiste à ratifier la fonction de prince héritier, il diffère du pacte de Ali (Psl) et de celui des autres Imams (Psl) qui consiste à se soumettre à la majorité fautive).

C- Après le refus de pactiser de l’Imam (Psl), les gens de Kûfa l’appellent et lui déclarent leur volonté de l’aider à s’emparer du califat et du pouvoir. Les lettres se succèdent et le messager de l’Imam (Psl) confirme la volonté du peuple.

D- Il existe en islam un principe appelé « commandement du bien et interdiction du mal », en particulier pour les cas où une chose dépasse les limites des questions de peu d’importance, lorsque l’illicite est permis et le licite interdit, lorsqu’il est question d’hérésie, lorsque les droits communs sont piétinés et lorsque l’injustice augmente.L’Imam (Psl) se réfère régulièrement à ce principe. A un moment, il dit : « Je ne suis pas sorti pour me promener, pour corrompre ou pour être injuste, je me suis seulement soulever pour réformer la communauté de mon grand-père (Pslf), je veux ordonner le bien et interdire le mal. »(Par la suite, il expliquera ce que sont les mauvaises actions suscitant le commandement du bien et l’interdiction du mal). Cependant, la phrase « Je marche dans la biographie de mon grand-père et de mon père » – ce qui à l’époque est exposé au titre de « biographie des deux shaykhs », que ‘Ali et les siens (Psl) n’ont pas reconnus – se réfère également aux déviations qui ont été initiées à l’époque des deux shaykhs justement, comme par exemple le partage inégal du trésor public, le mépris de la prière en tant que khayr al-‘amal ou le caractère absolu d’interprétations religieuses attribuées à ‘Omar.

Deux déviations se sont produites, l’une est le fait de ‘Omar, et l’autre de ‘Abdallâh ibn ‘Omar. La déviation de ‘Omar consiste à reconnaître le djihad dont l’adoration est déduite, ce qui alourdit le plateau de la quête extérieure, de l’acte objectif, et allège celui de la spiritualité. La déviation de ‘Abdallâh ibn ‘Omar est inverse, elle alourdit le plateau de l’adoration et dédaigne les actions de ce monde, ainsi que le djihad. En définitive, le djihad n’en est plus un, et la prière n’est plus une prière.

Pourtant, l’Imam al-Hussein (Psl) dit lors de la nuit de ‘Achoura : « Leur tumulte, lors de leurs entretiens intimes avec Dieu, était comme celui des abeilles dans la ruche »Et, le jour de ‘Achoura : « Tu t’es rappelé la prière, Dieu t’a placé parmi ceux qui accomplissent la prièrePuis : « Je veux demeurer attaché à la biographie et à la méthode de mon grand-père et de mon père

Par ailleurs, il dit : « J’ai entendu mon grand-père, l’Envoyé de Dieu (Pslf) dire : ‘Que celui qui voit un chef tyrannique qui rend licite les interdits divins n’entreprenne aucune démarche contre lui, oralement ou en acte, car il appartient à Dieu de le jeter dans le feu brûlant »Il dit également : « Ne voient-ils pas que la vérité n’est pas mise en œuvre, et que ce qui est vain n’est pas désavoué ? Dans de telles conditions, le croyant doit en toute vérité désirer l’inspiration divine. Je ne vois pas la mort autrement qu’une félicité, et la vie avec les tyrans autrement qu’une humiliation »

https://fr.al-shia.org/analyse-de-la-nature-du-soulevement-de-limam-al-hussein-psl/

Al-Hussayn, à travers de brefs témoignages du Prophète et de quelques grandes figures du monde musulman

1- Al-Hussayn: un être purifié, donc Infaillible

– Selon al-Samhûdî (et selon Anas cité par l’imam Ahmad ibn Hanbal):

«Le Prophète venait chaque matin à la porte de ‘Alî, Fatima, al-Hassan et al-Hussayn, et tenant les deux poteaux (de la porte), il s’écriait trois fois «A la prière, à la prière, à la prière», et de réciter ce verset coranique:

«Ô vous les Gens de la Maison (Ahl al-Bayt): Dieu veut éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement».(Coran, XXXIII: 33)

Cité par ‘Abbas Mahmoud Al-‘Aqqâd1

(et par Ibn Kathir)2

2- Le Prophète, al-Hussayn et le Jour de la Résurrection

L’Imam ‘Alî, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, a raconté:

«Un jour le Messager de Dieu est entré chez moi, alors que je dormais (…) Fâtima, al-Hassan et al-Hussayn étaient là. Il dit alors à Fâtima: Moi, toi, ces deux-là et ce dormeur, nous occuperont ensemble une même place le Jour de la Résurrection».

Cité par Ibn Kathîr3

3- Le Maître de la Jeunesse du Paradis

Abî Sa’ïd al-Khidri, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

«Le Prophète a dit: al-Hassan et al-Hussayn sont les deux Maîtres de la Jeunesse du Paradis».

Cité par Ibn Kathîr4

Ibn Sâbit, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

«Al-Hussayn Ibn ‘Alî entra un jour dans la mosquée. Jâbir Ibn ‘Abdulâh dit alors: Celui qui aimerait voir le Maître de la Jeunesse du Paradis, qu’il regarde celui-ci (al-Hussayn). C’est ce que j’ai entendu du Prophète».

Cité par Ibn Kathîr5

4- Le Prophète, le premier à pleurer du Martyre d’al-Hussayn

L’Imam ‘Alî, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal a raconté:

– Un jour, en entrant chez le Messager de Dieu, j’ai vu que ses yeux débordaient de larmes. Aussi lui demandai-je:

– «Qu’est ce qui t’a fait pleurer, ô Messager de Dieu?»

– «L’Ange Gabriel, dit-il, vient de me quitter. Il m’a informé qu’al-Hussayn serait tué près de l’Euphrate. Et me demandant, « veux-tu sentir la terre où il sera tué? », il tendit sa main, ramassa une poignée de terre et la donna. Je n’ai pu alors empêcher mes yeux de déborder de larmes».

Cité par Ibn Kathîr6

5- Les larmes d’al-Hussayn fendaient le coeur du Prophète

Lorsque le Prophète entendait al-Hassan ou al-Hussayn pleurer, il disait à sa fille Fâtima:

«Pourquoi cet enfant pleure-t-il? Ne sais-tu pas que ses pleurs me font mal?»

Cité par ‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqad7

6- Le Prophète et al-Hussayn: Deux Êtres d’une même Essence

Al-Tarmadi, citant Ya’lî Ibn Marrah, rapporte ce témoignage:

– Le Prophète dit: «Hussayn fait partie de moi et je fais partie de Hussayn. Dieu aime qui aime al-Hussayn. Al-Hussayn est un saint (sibt)8 ».

Cité par Ibn Kathir9

7- Soutnir al-Hussayn est un devoir

Le père de Ach’ath Ibn Samih a dit:

– J’ai entendu le Messager de Dieu dire: «Mon fils – c’est-à dire al-Hussayn – sera assassiné sur une terre dénommée Karbalâ’. Quiconque l’y verra, qu’il le soutienne».

Cité par Ibn Kathir10

8- Al-Hussayn: crotère de la fidélité au Prophète

Abû Hurayrah, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

– Le Prophète (P), regardant al-Hassan, al-Hussayn et Fatima (leur mère), dit: «Je serai en guerre contre quiconque aura été en guerre contre vous et en paix avec quiconque aura été en paix avec vous».

Cité par Ibn Kathir11

9- Mon Dieu: aime al-Hussayn

Selon Ibn Ahmad:

– Le Prophète étreignait al-Hassan et al-Hussayn en disant: «Mon Dieu, je les aime. Aime-les donc!»

Cité par Ibn Kathir12

10- Aimer al-Hussayn, c’est aimer le Prophète

L’imam Ahmad Ibn Hanbal rapporte le témoignage suivant d’Abî Hurayrah:

– Le Prophète a dit: «Celui qui aime al-Hassan et al-Hussayn, m’aura aimé, et celui qui les déteste m’aura détesté».

Cité par Ibn Kathir13

11- Al-Hussayn et les occupants du Ciel

Selon al-‘Izâr Ibn Harith:

– Un jour, alors que ‘Amr Ibn al-‘Aç était à l’ombre de la Ka’ba, et qu’il vit venir al-Hussayn, il dit: «Voici parmi les habitants de la terre le plus aimé des habitants du Ciel».

Cité par Ibn Kathir14

12- Un Symbole Universel

C’est cette tendresse dont a fait preuve le Prophète à l’égard d’al-Hussayn, qui a élevé ce dernier au rang de ces personnages exemplaires dont les nations et les peuples font le Symbole de l’amour et de la fierté, ou celui de la douleur et du sacrifice, et qui deviennent, de ce fait, les biens-aimés de tout un chacun, l’objet de sympathie et de tendresse de tout le monde, comme si l’on était lié à eux par un lien d’amour et de parenté.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd15

13- Un Courage Inégalable

Il n’y a pas dans le genre humain un seul exemple de courage qui puisse équivaloir au courage de coeur dont a fait preuve l’Imam al-Hussayn à Karbalâ’.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd16

14- Un Martyr sans égal

Il n’y a dans le monde aucune famille qui ait engendré autant de martyrs, aussi puissants et réputés qu’en a engendré la famille d’al-Hussayn. Rappelons simplement qu’al-Hussayn est unique dans l’histoire de ce monde à avoir été à la fois martyr, fils de martyr, (frère de martyr)17 et père d’une lignée de martyrs qui se sont succédés à travers plusieurs centaines d’années.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd18

15- Une Fierté sans égale

A-Hussayn a acquis une fierté sans égale dans l’histoire de l’humanité, ancienne et moderne, arabe et non-arabe.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd19

16- Le Bon Droit Evident

Il est difficile de concevoir un conflit dans lequel le bon droit et la vertu de l’un des deux protagonistes puissent être aussi évidents et aussi incontestables que le furent le bon droit et la vertu d’al-Hussayn dans le conflit qui l’opposait à Yazid.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd20

17- Personne ne peut rester indifférent à l’assassinat d’al-Hussayn

Tout Musulman devrait se sentir affligé par l’assassinat d’al-Hussayn; car il fait partie des plus nobles des Musulmans et des plus savants des Compagnons, et il est le fils de la meilleure fille du Prophète. En outre, il était un serviteur pieux, courageux et sublime.

Ibn Kathir21

18- Un Soulèvement irréprochable

Nous ne connaissons pas un seul Compagnon ou Suivant qui ait dit, du vivant d’al-Hussayn ou après son assassinat, que le Soulèvement de ce dernier avait quelque chose d’illégal.

Aboul ‘Alâ al-Mawdoudi22

19- Yazid: Commanditaire de l’assassinat d’al-Hussayn

– Lorsqu’on a dit à l’imam Ahmad Ibn HANBAL qu’il y avait des gens qui disaient: Nous aimons Yazid, il répondit:

«Mais comment peut-on aimer Yazid tout en croyant en Dieu et au Jour de la Résurrection?»

Cité par IBN Taymiyyeh23

20- Mu’âwiyah, père de Yazid: Tel père, tel fils

«La primauté de la politique sur la Religion et l’inobservance, pour des raisons politiques, des peines prescrites, -ces pratiques instituées par Mu’âwiya- ont portés leurs fruits les plus pourris à l’époque de son successeur, son fils Yazid qu’il avait lui-même choisi et désigné pour sa succession. En effet, à cette époque trois événements sont intervenus qui ont secoué le monde islamique tout entier :

1- L’assassinat d’al-Hussayn Ibn Ali

2- La guerre d’al-Harra, dans laquelle l’armée de Yazid a marché à la fin de l’année 63 H.sur la cité du Prophète, Médine où elle assassinat sept mille musulmans parmi les dignitaires et dix milles parmi la population, et elle s’adonna au viol des femmes. On rapporte que « mille femmes tombèrent enceintes » à la suite de cette pratique du viol »

3- L’armée de Yazid marcha sur la Mecque, détruisit l’un des murs de la Sainte Ka’ba et y mit le feu.

Aboul ‘Alâ al-Mawdoudi24

21- Le Crime et le Châtiment

«Rares ont été ceux qui, parmi les assassins d’al-Hussayn, ont pu échapper à un funeste sort: Aussitôt se tiraient-ils d’un malheur ou d’une adversité dans ce bas-monde qu’ils tombaient malades, et la plupart d’entre eux ont été atteints de folie».

https://www.al-islam.org/fr/limam-al-hussayn-et-le-jour-de-achour%C3%A2-abbas-ahmad-al-bostani/al-hussayn-%C3%A0-travers-de-brefs

La biographie de l’Imam al- Mahdi (as)

Imam al- Mahdi (as)

Le Mahdi promis, qui est habituellement désigné par ses titres de Imam al Asr (l’Imam  » du temps « ) et sahib al Zamân (Seigneur du temps), est le fils du onzième Imam. Son nom est le même que celui du Prophète. Il est né à Samarra en 256/868 et jusqu’en 260/872 vécut sous l’attention et la tutelle de son père. II vécut caché et seule une élite parmi les chi’ites put le rencontrer.

Après le martyre de son père il devint Imam et sur Ordre divin entra en occultation (ghaybat). Dès lors il n’apparut plus qu’à ses représentants (nâ’ib) et seulement dans des circonstances exceptionnelles.

Les représentants spéciaux de l’Imam :

L’Imam choisit comme représentant spécial Othman Ibn Sa’id Amri, un des compagnons de son père et de son grand-père qui était son intime et son ami de confiance. Par son représentant, l’Imam répondait aux question et demandes des chi’ites.

Après Othman ibn Sa’id, son fils Mohammad Ibn Othman Amri fut désigné comme représentant de l’Imam. Après la mort de Mohammad Ibn Ossman, ce fut Abu al Qasim Hussein Ibn Rouh Nawbakhti qui assuma la tâche de représentant spécial; et après sa mort ce fut Ali Ibn Mohammad Sammari.

Quelques jours avant la mort d’Ali Ibn Mohammad Sammari en 329/939 une information vint de la part de l’Imam annonçant que dans six jours Ali Ibn Mohammad Sammari mourrait. Il en résulterait que la représentation spéciale de l’Imam cesserait et que la grande occultation (ghaybat-é-Koubrâ) commencerait et continuerait jusqu’au jour où Dieu permettrait à l’Imam de se manifester.

L’occultation du l2ème Imam se divise donc en deux parties : la première, l’occultation mineure (ghaybat-é-Soughrâ) qui commença en 260/872 et finit en 329/939 durant environ soixante dix ans. La deuxième, l’occultation majeure, qui commença en 329/939 et qui continuera aussi longtemps que Dieu le voudra: Dans un hadith sur l’authenticité duquel tout le monde est d’accord, le Prophète a dit: > se réfère à la même vérité.

Il y a de nombreux hadith, rapportés dans les sources sunnites et chi’ites du Prophète et des Imams, au sujet de l’apparition du Mahdi, spécifiant qu’il est de la descendance du Prophète et que son apparition rendra la société humaine capable d’atteindre la vraie perfection et la pleine réalisation de la vie spirituelle. De plus, il y a de nombreuses autres traditions déclarant que le Mahdi est le fils du onzième Imam, Hassan al-Askari. Ils s’accordent pour dire qu’après sa naissance et après une longue occultation, le Mahdi apparaîtra, remplissant le monde de justice, après que celui-ci eût été corrompu par l’iniquité.

Par exemple, Ali Ibn Mussa al-Ridâ (le huitième Imam) a dit :  » Après moi, l’Imam sera mon fils Mohammad, après lui son fils Ali, après Ali son fils Hassan et après Hassan son fils Hodjdjat al-Qâ’im, qui est attendu pendant son occultation et obéi pendant sa manifestation. S’il ne restait qu’un seul jour d’existence au monde, Dieu le prolongerait jusqu’à ce qu’il se manifeste pour remplir le monde de justice, comme il avait été rempli d’iniquité. Mais quand ? Pour ce qui est de l’  » Heure  » mon père m’a rapporté avoir entendu de son père qui l’avait entendu de son père qui le tenait de ses ancêtres qui l’avait entendu de la bouche de Ali, qu’on avait demandé au Prophète : O ! Prophète de Dieu, quand surgira le Qâ’îm du sein de ta famille ? Il répondit : Son cas est analogue à celui de l' » Heure  » (de la Résurrection). Lui Dieu seul en dévoilera le terme. (Sa méconnaissance) pèse aux habitants des cieux et de la terre. Elle vous surprendra à l’improviste  » (Coran,7 :187)

Safr Ben Abi Dolaf a dit :  » J’ai entendu Abu Dja’far Mohammad bin Ali al-Ridâ (le neuvième Imam) dire l’Imam après moi est mon fils Ali, ses ordres sont mes ordres, ses paroles sont les miennes, lui obéir c’est m’obéir. Après lui l’Imam sera son fils Hassan. Ses ordres seront les ordres de son père, ses paroles seront les paroles de son père, lui obéir sera obéir à son père.  » Après ces paroles l’Imam resta silencieux. Je lui dis :  » O ! fils du Prophète, qui sera l’Imam après Hassan ?  » L’Imam s’écria :  » En vérité son fils sera l’Imam attendu qui est al Qâïm Bi1-Haqq (celui qui est soutenu par la Vérité)

Moussa Bina Dja’far al-Baghdâdi a dit :  » J’ai entendu l’Imam Abou Mohammad al-Hassan Bin ‘Ali (le onzième Imam) dire : Je prévois qu’après moi il y aura des divergences au sujet de mon successeur. Celui qui accepte les Imams après le Prophète mais refuse mon fils est comme ceux qui acceptent tous les prophètes mais refusent la prophétie de Mohammad – sur lui la paix et le salut -. Qui refuse le Prophète de Dieu est comme celui qui refuse tous les prophètes car obéir au dernier d’entre nous est comme obéir au premier et refuser le dernier d’entre nous est comme refuser le premier.

Mais prenez garde ! En vérité pour mon fils il y aura une occultation pendant laquelle beaucoup seront en proie au doute hormis ceux que Dieu protège

Les adversaires du shiisme font remarquer que selon les croyances de cette école, l’Imam caché devrait être âgé de douze siècles ce qui est impossible pour un être humain. En réponse il faut dire que cette remarque est fondée sur l’invraisemblance d’un tel événement et non sur son impossibilité. Naturellement une si longue durée de vie est invraisemblable. Mais ceux qui étudient les hadiths du saint Prophète et des Imams savent qu’ils se rapportent à un personnage doué de qualités miraculeuses. Les miracles ne sont certainement pas impossibles ni ne peuvent être niés par des arguments scientifiques. On ne pourra jamais prouver que les causes et les agents qui se manifestent dans notre monde sont uniquement ceux que nous pouvons voir et connaître. Ainsi il est possible que dans un ou plusieurs membres de l’humanité opèrent des causes et des agents qui leur permettent une très longue vie de plusieurs milliers d’années. La médecine n’a pas encore perdu l’espoir de découvrir un moyen pour atteindre à des limites de vie beaucoup plus reculées.

De toute manière de telles critiques de la part des  » gens du Livre  » comme les Juifs, les Chrétiens ou les Musulmans sont beaucoup plus étranges puisqu’ils acceptent les miracles des prophètes, en accord avec leurs saintes Ecritures.

Les adversaires du shiisme disent aussi que si ce dernier considère l’Imam comme indispensable pour l’interprétation des ordres et des vérités de la religion et pour guider le peuple, son occultation représente la négation de ce but puisqu’on ne peut pas communiquer avec un Imam en occultation : celui-ci ne peut par conséquent exercer aucune influence effective. Ils disent encore que si Dieu veut faire surgir un Imam pour réformer l’humanité, il peut le susciter au moment voulu, sans qu’il soit nécessaire de le faire des milliers d’années auparavant. La réponse est que ces gens n’ont pas vraiment saisi la signification de l’Imam, dont la tâche n’est pas uniquement d’expliquer les sciences religieuses et de guider le peuple dans le monde d’ici-bas. De même qu’il a la tâche de guider les hommes dans l’autre monde l’Imam assume aussi la fonction de la walâyat et de la direction ésotérique des hommes. Il est celui qui dirige la vie spirituelle de l’homme et qui oriente vers Dieu les aspects intérieurs de l’action humaine. Il est clair que sa présence physique ou son absence n’a pas de conséquences sur ces choses. L’Imam veille sur les hommes de l’intérieur et se maintient en communion avec leur âme et leur esprit, même s’il reste caché à leurs yeux. Son existence est toujours nécessaire même si le temps de sa manifestation et de la réintégration universelle qu’il doit opérer n’est pas encore arrivé. les sciences religieuses et de guider le peuple dans le monde

Présentation d’al Mahdi

Al Mahdî n’est pas seulement l’incarnation d’une doctrine islamique à caractère religieux, mais aussi le titre d’une aspiration à laquelle l’humanité a souscrit dans ses différentes religions et doctrines, et la formulation d’une inspiration innée à travers laquelle tous les autres humains, malgré la diversité de leurs doctrines et la divergence de leurs voies conduisant au mystère, se rendent compte que l’humanité connaîtra le Jour Promis où les messages divins, réaliseront leur objectif final et dévoileront leur signification grandiose, et où la marche pénible à travers l’histoire aboutira à la stabilité et à la tranquillité, après tant d’efforts.

La conscience de l’échéance imminente de ce jour « métaphysique » et de cet avenir promis n’est pas le propre de ceux qui croient religieusement au mystère; elle s’est étendue à d’autres catégories et a trouvé même un écho dans les idéologies et les courants doctrinaux les plus réfractaires à la métaphysique et aux mystères, tel que le matérialisme dialectique qui explique l’histoire par les contradictions et croit à l’avènement d’un jour promis où disparaîtront toutes ces contradictions pour céder la place à l’entente et à la paix.

Ainsi, nous constatons que l’expérience psychologique que l’humanité a faite de cette conscience à travers l’histoire est la plus grande et la plus généralisée des expériences des êtres humains. Lorsque la religion appuie ce sentiment psychologique général de l’avènement d’un jour où la terre sera couverte de justice et d’équité après qu’elle aura été pleine d’injustice et d’ iniquité, elle lui confère une valeur objective et l’érige en une croyance ferme en l’avenir de l’humanité, croyance qui n’est pas seulement une source de consolation, mais également une source de force et d’impulsion intarissable, parce qu’elle est une lueur de lumière qui résiste au désespoir flambant dans le cure de l’homme, malgré les ténèbres des drames et le gigantisme de l’injustice, car le jour promis montrera que la justice pourra affronter un monde imprégné d’ injustice et d’iniquité et en ébranler les piliers afin de le reconstruire sur une nouvelle base, et que l’injustice, si tyrannique, si puissante et si étendue soit-elle, ne représente qu’une anomalie condamnée à disparaître.

Cette défaite cuisante et inévitable de l’injustice à un moment où elle se trouvera au sommet de sa gloire, redonnera à tout homme et à toute nation victimes d’injustice, un grand espoir de pouvoir modifier les équilibres établis et de rééquilibrer la situation.

Si l’idée d’ « Al Mahdî » est plus vieille que l’avènement de l’Islam et dépasse les limites de celui-ci, ses aspects détaillés que le message islamique a définis sont en revanche les plus aptes à satisfaire l’ensemble des aspirations liées à cette idée depuis l’aube de l’histoire, et les plus exaltants pour les sentiments des victimes d’injustice et des damnés de la terre tout au long de l’histoire. Car l’Islam a transformé l’idée du mystère en une réalité et l’a ramenée de l’avenir au présent.

Alors qu’elle n’était qu’une aspiration à un sauveur que ce bas monde engendrera dans un avenir lointain et inconnu, l’Islam l’a transformée en une croyance à l’existence effective du sauveur qui aspire, comme tout le monde, au jour promis où toutes les conditions objectives seront réunies pour lui permettre de jouer son rôle déterminant.

Al Mahdî n’est plus donc une idée dont nous attendons la naissance, ni une prédiction à la réalisation de laquelle nous aspirons, mais une réalité que nous voulons vivre et un homme en chair et en os, qui vit parmi nous, qui nous voit, qui vit nos espérances et nos douleurs, qui partage nos tristesses et nos joies, qui assiste avec peine aux supplices des « suppliciés », à la misère des misérables et à l’injustice, en attendant impatiemment le moment propice qui lui permettra de tendre la main à toutes les victimes de l’ injustice, à tous ceux qui vivent dans la privation, à tous les misérables, et de venir à bout des injustes.

Dieu a voulu que ce Guide Attendu ne se manifeste pas en public ni ne dévoile sa vie aux autres, bien qu’il vive parmi eux et attende avec eux le moment promis.

Il est évident que l’ « idée » (d’Al Mahdî), réduit, par ses aspects islamiques, le fossé métaphysique entre toutes les victimes de l’injustice et le sauveur attendu, et raccourcit le pont qui les relie à lui, quelle que soit la longue durée de l’attente.

Quant à nous, lorsqu’on nous demande de croire à l’idée d’ « Al Mahdî », en tant qu’un homme à l’identité précise, vivant comme nous vivons et qui attend comme nous attendons, on veut nous suggérer que l’idée du refus absolu de toute injustice et de toute tyrannie qu’il représente, est incarnée effectivement par le Guide contestataire attendu qui réapparaîtra avec un casier blanc, n’ayant pas prêté serment d’allégeance à un injuste – comme mentionné dans le hadîth – et que croire en lui, c’est croire et emboîter le pas à ce refus vivant qui existe effectivement.

Dans les hadiths, il y a exhortation constante à l’attente du Salut, et recommandation à ceux qui croient à AL Mahdî, de se préparer à sa réapparition, car cette attente incarne la liaison spirituelle ou le lien intime entre eux et lui. Un tel lien ou une telle liaison ne pourrait exister si le Mahdî ne se matérialisait pas effectivement sous sa forme d’homme vivant contemporain.

Ainsi, cette incarnation a donné une nouvelle impulsion à l’idée d’Al Mahdî – et en a fait une source de générosité et de force plus puissante. En outre, tout contestataire se sent consolé, soulagé et apaisé des peines et de l’injustice qu’il a subies, lorsqu’il voit que son Imam et Guide éprouve et partage – en tant qu’homme contemporain vivant avec lui, et non comme une simple idée future – ses douleurs.

Mais la personnification de l’idée d’Al Mahdî a suscité en même temps chez certains individus qui avaient des difficultés à concevoir cette idée, des attitudes négatives. Ceux-ci se demandent en effet:

1) Si Al Mahdî était l’expression d’un homme toujours vivant à travers des générations et depuis plus de dix siècles, et qu’il continuait ainsi jusqu’à sa réapparition, comment expliquer une telle longévité et comment pourrait-il échapper aux lois de la nature qui imposent à tout homme de passer par l’étape de la vieillesse et de la sénilité en un laps de temps infiniment plus court, étape qui le conduit immanquablement à la mort? Une telle longévité n’est-elle donc pas possible sur le plan de la réalité?

2) Pourquoi Dieu prendrait-Il tant de soins de cet homme en particulier, suspendant pour lui la Loi de la nature? Pourquoi ferait-Il l’impossible pour prolonger sa vie et le garder pour le Jour Promis? L’humanité est-elle atteinte d’une stérilité qui la rendrait incapable d’engendrer des dirigeants compétents? Pourquoi Dieu ne confierait-Il pas le Jour Promis à un guide qui naîtrait à l’aube de ce Jour-là, qui grandirait comme tout le monde et qui jouerait progressivement son rôle jusqu’à ce qu’il eût rempli la terre de justice et d’équité après qu’elle fut pleine d’injustice et d’iniquité.

3) Si « Al Mahdî » est le nom d’une personne précise, en l’occurrence, le fils du 11e Imam d’Ahl-ul-Bayt né en l’an 256 de l’hégire, quelques années avant le décès de son père en l’an 260 H. – cela signifie qu’il était encore un enfant d’à peine cinq ans à la mort de son père, et qu’à cet âge, il n’eût pas le temps de recevoir de son père une formation religieuse et intellectuelle complète; comment aurait-il donc pu compléter sa formation en vue de jouer intellectuellement, religieusement et scientifiquement son grand rôle?

4) Si ce guide était déjà formé et qu’il était prêt à assumer sa mission, pourquoi attendre des centaines d’années? Les calamités et désastres sociaux que le monde a connus ne constitueraient-ils pas une raison suffisante pour qu’il réapparaisse et fasse régner la justice sur la terre?

5) Et même si nous supposions qu’Al Mahdî puisse exister, comment pourrions-nous y croire? L’homme peut-il se permettre de croire au bien-fondé d’une hypothèse de ce genre sans qu’il repose sur une preuve scientifique ou légitime incontestable? Quelques hadiths attribués au Prophète (P) et dont on ne connaît pas la véracité, suffisent-ils pour admettre l’hypothèse en question?

6) Comment concevoir qu’on ait préparé pour Al Mahdî ce rôle colossal et déterminant dans la vie du monde, alors qu’un individu, si extraordinaire soit-il, ne peut à lui seul faire l’histoire ni la mener vers une phase nouvelle; étant donné que ce sont les circonstances objectives et leurs contradictions qui font mûrir les graines et attisent le foyer du mouvement de l’histoire, et non pas la grandeur de l’individu, laquelle ne peut que proposer celui-ci à être la façade desdites circonstances et l’expression pratique des solutions qu’elles nécessitent?

De quelle façon cet individu pourrait-il réaliser la transformation considérable et la victoire décisive de la justice et du message de la justice sur toutes les entités de l’injustice, de l’iniquité et de la tyrannie, lesquelles possèdent tant de pouvoir et d’influence, disposent de tant de moyens de destruction et d’anéantissement, de tant de ressources scientifiques, de tant d’autorité politique, sociale et militaire?

Ces questions pourraient se poser souvent et d’une façon ou d’une autre. Leurs véritables motifs ne sont pas uniquement d’ordre spéculatif, mais aussi d’ordre psychologique. Ce qui les suscite, c’est le prestige de la réalité qui prévaut dans le monde, et le sentiment d’avoir peu de chance de pouvoir la changer radicalement.

Et autant cette réalité qui domine notre monde suscite en nous ce sentiment, autant les doutes se renforcent et les interrogations se multiplient. Ainsi, le sentiment de défaite, d’effacement et de faiblesse conduit l’homme au surmenage psychologique dès qu’il se met à penser au processus d’une grande transformation en vue de dépouiller le monde de toutes les conditions et de toutes les injustices qui sévissaient au long de l’histoire, et de lui donner un contenu nouveau, fondé sur le bon droit et la justice.

Aussi, son surmenage l’incite-t-il à douter de la possibilité de voir cette grande transformation se matérialiser, et même à s’efforcer de la récuser pour une raison ou une autre.

Nous allons répondre successivement et dans les limites que nous impose ce bref exposé à chacune de ces questions.

COMMENT EXPLIQUER LA LONGEVITE D’AL Mahdî?

Ou en d’autres termes, est-il possible qu’un homme puisse vivre plusieurs siècles, comme ce grand Guide dont on attend qu’il change le monde, et qui est censé être âgé de plus de 1140 ans, c’est-à-dire 14 fois plus âgé qu’un homme ordinaire qui traverse toutes les phases normales de la vie, de l’enfance à la vieillesse?

Le mot possibilité peut signifier ici soit une possibilité pratique (appliquée), soit une possibilité scientifique, soit une possibilité logique ou rationnelle. Par possibilité pratique, j’entends: ce qui est réalisable pour des gens comme vous et moi ou pour tout homme ordinaire comme nous.

Ainsi voyager à travers l’Océan, atteindre le fond de la mer, monter jusqu’à la lune… tout cela est devenu chose effectivement praticable, car il y a des gens qui le font réellement, d’une façon ou d’une autre.

Par possibilité scientifique, j’entends les choses que des gens, comme vous et moi, ne pourraient pas mettre en application par les moyens dont dispose l’humanité contemporaine, mais dont la possibilité de réalisation dans certaines conditions et par des moyens spéciaux – ne peut être écartée par la science et ses orientations changeantes.

Ainsi, rien dans la science n’autorise de récuser la possibilité pour l’homme de monter vers la planète Vénus. Au contraire, les indices scientifiques actuels militent en faveur d’une telle éventualité, bien qu’un exploit de ce genre ne soit pas à la portée de tout le monde. Car, en fait, la différence entre l’ascension vers la Lune et l’ascension vers Vénus n’est qu’une question de degré, et ne représente que l’aplanissement de quelques difficultés supplémentaires, dues au supplément de distance entre la première et la seconde planète. Donc atteindre à Vénus est possible scientifiquement, bien que ce ne le soit pas effectivement. En revanche,

atteindre le Soleil, en plein ciel, n’est pas possible scientifiquement, c’est-à-dire que la science n’a pas l’espoir d’y parvenir, puisqu’on ne peut concevoir scientifiquement ni expérimentalement la possibilité de fabriquer la cuirasse protectrice, capable de résister à la chaleur du Soleil qui représente une fournaise parvenue au plus haut degré que l’homme puisse imaginer.

Par possibilité logique ou philosophique, j’entends celle que la raison ne peut récuser, selon les lois qu’elle perçoit à priori.

Ainsi on ne saurait diviser logiquement trois oranges en deux parties à la fois égales et sans fraction, car la raison perçoit préalablement à toute expérience que le nombre trois est impair et non pas pair, et qu’il ne peut être divisé en deux parties égales, une telle division nécessitant que le nombre soit pair; autrement ce nombre serait à la fois pair et impair, ce qui est contradictoire; or la contradiction est logiquement impossible.

En revanche, il n’est pas impossible, selon la logique, que l’homme puisse traverser le feu ou monter jusqu’au Soleil sans se faire brûler par la chaleur, car il n’y a pas de contradiction dans la supposition que la chaleur ne passe pas du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud; alors que cette supposition est contraire à l’expérience, laquelle a démontré la transmissibilité de chaleur du corps le plus chaud vers le corps le moins chaud, jusqu’à ce que les deux corps deviennent d’une température égale.

De ce qui précède on peut conclure que la sphère de la possibilité logique est plus large que celle de la possibilité scientifique et celle-ci est à son tour plus large que celle de la possibilité pratique.

En ce qui concerne la possibilité d’une longévité s’étendant sur plusieurs milliers d’années, elle est sans doute logiquement concevable, car du point de vue rationnel abstrait, elle n’est pas contradiction, étant donné que la vie, en tant que concept, ne comporte pas une mort rapide, et cela est indiscutable.

De même, il est indiscutable que cette longue vie n’est pas possible sur le plan pratique, ni ne saurait être identifiée à la possibilité de descendre au fond de la mer ou de monter sur la lune; car la science, au stade où elle se trouve actuellement, et par les moyens et les instruments dont elle dispose effectivement jusqu’à présent, ne peut prolonger la vie de l’homme de plusieurs centaines d’années. La preuve en est que les gens les plus attachés à la vie et les plus qualifiés pour se servir des possibilités de la science, ne peuvent jouir d’une vie plus longue que d’ habitude.

Quant à la possibilité scientifique d’une telle longévité, rien dans la science ne permet de la refuser théoriquement. En fait il s’agit là d’un problème en rapport avec la qualité physiologique du phénomène de la sénilité et de la vieillesse chez l’homme: ce phénomène traduit-il une loi naturelle qui impose aux tissus et aux cellules de l’homme une sénescence progressive, et une régression de fonctionnement, une fois qu’ils arrivent au terme de leur développement maximal, qui mène à un arrêt total de toute activité, même si on les mettait à l’abri de toute influence extérieure? Ou bien cette sénescence et cette régression dans les tissus et les cellules du corps, découlent-elles d’une lutte qui oppose celui-ci à des facteurs extérieurs, tels que les microbes ou l’empoisonnement qui l’atteindraient à la suite d’une nutrition excessive, d’un travail excessif… ou de tout autre facteur?

On a là une question que la science se pose aujourd’hui et à laquelle elle se propose d’apporter des réponses sérieuses et nombreuses. Si nous nous en tenons au point de vue scientifique qui tend à interpréter vieillesse et sénilité comme le résultat d’une lutte ou d’un contact entre le corps et des facteurs extérieurs donnés, nous devons admettre qu’il est possible théoriquement que les tissus du corps puissent continuer à vivre, à survivre au phénomène de la vieillesse, et à le vaincre définitivement, si l’on parvenait à les mettre à l’abri de ces facteurs.

Et si nous prenons en considération un autre point de vue scientifique, celui qui a tendance à supposer que la vieillesse est une loi naturelle inhérente aux cellules et aux tissus vivants – c’est-à-dire que ceux-ci portent substantiellement le germe de leur périsse ment inévitable qui passe par la phase de la vieillesse et de la sénilité pour finir dans la mort – rien ne nous empêche d’exclure l’inflexibilité de cette loi. Si nous supposons que cette loi est cohérente, nous pensons du même coup qu’elle est sûrement flexible.

Car aussi bien dans notre vie ordinaire qu’à travers les observations des savants dans les laboratoires scientifiques, on peut remarquer que la vieillesse, en tant que phénomène physiologique, est atemporel: elle peut survenir prématurément ou tardivement.

Aussi n’est-il pas rare de voir un homme âgé possédant des membres souples et en état de jeunesse, comme les médecins l’affirment eux-mêmes. Les savants ont même pu profiter de la flexibilité de cette loi pour prolonger la vie de certains animaux des centaines de fois leur longévité ordinaire, en créant des conditions et des facteurs qui retardent l’effet de la loi de la vieillesse.

Il est donc établi par la science, que les effets de cette loi peuvent être scientifiquement retardés grâce à la création de conditions et de facteurs particuliers, bien que la science n’ait pu jusqu’à présent en faire l’application sur des êtres aussi complexes que l’homme. La différence entre la possibilité scientifique et l’application effective, traduit dans ce cas une différence de degré de difficulté entre l’application (de cette possibilité) sur l’homme et son application sur d’autres êtres vivants. Cela veut dire que sur le plan théorique, la science et ses orientations mobiles n’ont rien qui puisse permettre de récuser la possibilité de prolonger l’âge de l’homme, et ce aussi bien si nous interprétons la vieillesse comme étant le produit d’une lutte et de contacts entre les cellules humaines et des facteurs extérieurs, ou l’émanation d’une loi naturelle inhérente à la cellule elle-même, loi qui condamne celle-ci à s’acheminer vers l’anéantissement.

On peut donc conclure que la prolongation de la longévité humaine de plusieurs siècles est possible logiquement et scientifiquement, bien qu’elle ne le soit pas encore sur le plan de l’application, mais que l’orientation scientifique s’achemine vers la réalisation de cette dernière possibilité à long terme.

C’est à la lumière de ces données que nous abordons maintenant la question de l’âge d’al Mahdî et l’étonnement et l’interrogation qu’elle soulève.

Ayant démontré la possibilité scientifique et logique d’une telle longévité, ainsi que l’acheminement de la science vers la traduction progressive de cette possibilité théorique en une possibilité applicable et appliquée, il nous semble que l’étonnement n’a plus de raison d’être, sauf en ce qui concerne la difficulté d’admettre qu’al Mahdî ait devancé la science en transformant la possibilité théorique en possibilité réelle, à travers sa propre personne et avant que la science n’atteigne le niveau requis pour pouvoir effectuer réellement cette transformation, car cela équivaudrait à dire que quelqu’un a devancé la science dans la découverte du cancer et de la méningite.

Si le problème réside dans la question de savoir comment l’Islam – qui a planifié cette longévité d’al Mahdî – a pu devancer le mouvement scientifique en ce qui concerne cette transformation (de la possibilité théorique en possibilité réelle), la réponse est la suivante: l’Islam n’a pas devancé le mouvement scientifique seulement dans ce domaine, mais dans bien d’autres.

N’a-t-elle pas lancé des slogans, qui ont servi de plans d’action que la marche indépendante de l’humanité n’a pu concevoir que plusieurs siècles plus tard?

La Charî’ah (la législation islamique révélée), dans son ensemble, n’a-t-elle pas devancé de plusieurs siècles le mouvement de la science et du développement naturel de la pensée humaine?

N’avait-elle pas apporté des législations pleines de sagesse dont les secrets n’ont pu être saisis que depuis peu de temps? Le Message divin n’a-t-il pas dévoilé de secrets de l’Univers qui ne pouvaient effleurer l’esprit de personne, et que la science a fini par reconnaître? Si nous croyons à tous ces faits, pourquoi exclurions-nous que Dieu puisse devancer la science en ce qui concerne la longévité d’un homme, en l’occurrence Al Mahdî?

Il ne s’agit là que des manifestations de prescience que nous pouvons percevoir directement. On peut y ajouter d’autres cas que le Message divin nous informe. Ainsi celui-ci nous révèle que le Prophète fut transporté pendant une nuit, de la Mosquée Interdite à la Mosquée al-Aqçâ!

Si nous voulons comprendre cet événement dans le cadre des lois naturelles, il traduit sûrement l’application de celles-ci plusieurs centaines d’années avant que la science n’ait pu y parvenir. Donc la même expérience divine qui a permis au Prophète de se déplacer si vite, bien avant que la science ne soit parvenue à un tel exploit, a permis également au dernier des Successeurs « Pré désignés » du Prophète, d’avoir une vie prolongée avant que la science ne mette en application cette possibilité.

Certes, cette longue vie que Dieu a accordée au Sauveur Attendu paraît extraordinaire jusqu’a aujourd’hui, par rapport à la réalité de la vie des gens et aux expériences des savants. Mais le rôle transformateur décisif auquel ce Sauveur est préparé n’est-il pas aussi extraordinaire en comparaison avec la vie familière et ordinaire, et les diverses évolutions historiques que l’humanité a vécues? N’est-il pas chargé justement de transformer le monde et de reconstruire sa structure de civilisation sur des principes du bon droit et de la justice? Pourquoi s’étonner du fait que la préparation de ce rôle extraordinaire soit accompagnée de certains phénomènes extraordinaires et inhabituels, tel que la longue vie du Sauveur Attendu? Si extraordinaire et inhabituel que puisse paraître ce phénomène (la longue vie d’al Mahdî), il n’est guère plus étrange que le rôle extraordinaire lui-même, que le Sauveur doit jouer le Jour Promis.

Si nous admettons la possibilité de ce rôle grandiose, unique en son genre dans l’histoire de l’humanité, pourquoi n’admettrions-nous pas une longévité qui n’a pas de semblable dans notre vie ordinaire?

Je ne sais pas si c’est par pure coïncidence que les deux seuls hommes chargés de vider l’humanité de son contenu corrompu et de la reconstruire soient dotés d’une longévité sans commune mesure avec la nature? Le premier, c’est Noé qui a joué son rôle dans le passé de l’humanité et dont le Coran dit qu’il a vécu « mille moins cinquante ans » parmi son peuple, et qu’il a pu, grâce au déluge, reconstruire le monde. Le second, c’est Al Mahdî, qui a vécu jusqu’à présent plus de mille ans parmi son peuple, et qui devra jouer son rôle de Reconstructeur du monde, dans l’avenir de l’humanité, et le Jour Promis.

Pourquoi accepter Noé qui a vécu environ mille ans et refuser Al Mahdî?

LE MIRACLE ET LA LONGUE VIE

Jusqu’à présent nous avons établi que la longue vie est scientifiquement possible. Mais supposons maintenant qu’elle ne le soit pas (sur le plan scientifique) et que la loi de la vieillesse et de la caducité se veuille rigoureuse, que l’humanité ne puisse la modifier ni en changer les conditions et les circonstances, ni aujourd’hui, ni à long terme. Dans ce cas, que signifie la longue vie d’al Mahdî?

Elle signifie que la longue vie d’un homme – Noé ou Al Mahdî – étendue sur plusieurs siècles est un défi aux lois naturelles dont la démonstration est faite par la science et les moyens modernes de l’expérience et de l’induction.

Il s’en suit que ce phénomène est considéré comme un miracle rendant caduque une loi naturelle dans un cas particulier, afin de permettre de préserver la vie d’une personne chargée de sauvegarder le message divin, et que ce miracle n’est ni unique en son genre, ni étranger à la doctrine musulmane émanant du texte coranique ou de la Sunna. Car en fait, la loi de la vieillesse et de la sénilité n’est pas plus rigide que la loi de la transmission de la chaleur d’un corps plus chaud à un autre moins chaud jusqu’à ce que leur température soit égale, loi qui fut mise en veilleuse pour protéger la vie d’Abraham à un moment où ce moyen était le seul adéquat pour y parvenir.

Ainsi, lorsqu’Abraham fut jeté au feu:  » Nous dîmes: « ش feu, sois sur Abraham, froidure et sécurité » »; et il en est sorti indemne. Beaucoup d’autres lois naturelles ont été suspendues pour protéger la vie des prophètes et des apôtres de Dieu sur la terre. C’était le cas lorsque Dieu a fendu la mer pour Moïse, ou lorsqu’il a fait croire aux Romains qu’ils avaient arrêté Jésus alors qu’ils ne l’avaient pas fait, ou lorsqu’il a sorti le Prophète Muhammad de sa maison à l’insu de ses ennemis Quraychites qui cernaient cette maison et le guettaient avec vigilance, en attendant le moment propice pour l’attaquer.

Tous ces exemples traduisent la suspension des lois naturelles en vue de protéger quelqu’un dont la Providence veut préserver la vie.

Que la loi de la vieillesse soit rangée parmi ces lois

De tout ce qui précède, nous pourrions déduire un concept ou une règle générale en vertu de laquelle chaque fois que la sauvegarde de la vie d’un Envoyé de Dieu sur la terre dépend de la suspension d’une loi naturelle, et que le maintien de la vie de cet individu est nécessaire à la réalisation d’une mission qui lui est confiée, la Providence intervient pour suspendre cette loi afin de permettre l’accomplissement de cette mission.

Et inversement, lorsque la mission d’un individu – à laquelle Dieu l’a prédestiné – est terminée, celui-ci passe de vie à trépas et meurt naturellement ou en martyr, selon les lois de la nature. A propos de cette règle générale, la question suivante pourrait se poser: comment une loi peut-elle être suspendue et comment la relation nécessaire qui s’établit entre les phénomènes naturels peut-elle être coupée? Une telle supposition ne contredit-elle pas la science qui a découvert ladite loi naturelle et déterminé ladite relation nécessaire, sur une base expérimentale et inductive?

La réponse à ces interrogations est fournie par la science elle-même qui a renoncé à l’idée de la nécessité dans la loi naturelle. Expliquons-nous là-dessus: la science découvre les lois naturelles sur la base de l’expérience et de l’observation régulière. Lorsque l’avènement d’un phénomène est toujours suivi d’un autre phénomène, on déduit de cette succession régulière une loi naturelle stipulant que chaque fois qu’un phénomène apparaît, un autre doit le suivre. Mais la science ne suppose pas l’existence, dans cette loi, d’une relation nécessaire entre les deux phénomènes et inhérente à l’un et à l’autre; car la nécessité est un état métaphysique que ne peuvent déceler ni l’expérience ni les moyens d’investigations inductives et scientifiques. Aussi, la logique scientifique moderne affirme-t-elle que la loi naturelle – en question – telle qu’elle est définie par la science, ne stipule pas l’existence d’une relation nécessaire, mais seulement d’une concomitance constante entre deux phénomènes.

C’est pourquoi si un miracle se produit qui sépare les deux phénomènes d’une loi naturelle, il ne s’agit pas là d’une rupture d’une relation nécessaire entre les deux phénomènes.

En réalité, le miracle dans son acception religieuse est devenu plus compréhensible à la lumière de la logique scientifique moderne que selon le point de vue classique des relations causales. Car ledit point de vue classique supposait que chaque fois que la concomitance entre deux phénomènes est constante il y a forcément une relation de nécessité entre eux. Or la nécessité signifie ici l’impossibilité de séparer les deux phénomènes l’un de l’autre. Mais cette relation s’est transformée, dans la logique scientifique moderne, en loi de concomitance ou de succession constante entre les deux phénomènes, qui ne supposent pas l’existence de la nécessité métaphysique.

De cette façon, le miracle devient un cas exceptionnel à cette constance dans la concomitance ou la succession, sans se heurter à une nécessité ni conduire à une impossibilité.

Mais à la lumière des fondements logiques de l’induction, nous sommes d’accord avec le point de vue scientifique moderne, suivant lequel l’induction ne démontre pas une relation de nécessité entre les deux phénomènes; toutefois nous estimons qu’elle indique l’existence d’une explication commune à la constance de la concomitance ou de la succession continuelle entre les deux phénomènes. Cette explication commune peut être formulée aussi bien sur la base de la supposition d’une nécessité intrinsèque que sur celle d’une sagesse ayant conduit le Régulateur de l’univers à relier continuellement certains phénomènes à d’autres, et qui nécessite parfois l’exception; auquel cas le miracle se produit.

POURQUOI VOULOIR TANT PROLONGER SA VIE?

Nous abordons maintenant la seconde question: pourquoi Dieu tient-Il tant à cet homme en particulier, au point de suspendre pour lui les lois de la nature? Pourquoi la direction du Jour Promis ne serait-elle pas confiée à un individu que l’avenir engendrerait et que les circonstances préludant à ce Jour rendraient assez mûr pour surgir sur la scène et jouer le rôle qu’on attend de lui? En un mot: pourquoi cette longue disparition et quelle est sa justification?

Beaucoup de gens posent ces questions et ne veulent pas entendre une réponse qui relève de la métaphysique. Certes, pour nous la réponse est évidente: nous croyons que les douze Imams – auxquels nous croyons – constituent un ensemble soudé dont aucune partie ne peut être remplacée. Mais les interrogateurs, eux, réclament une explication sociologique de cette question, explication fondée sur les vérités tangibles de la grande opération de changement qu’al Mahdî devra mener le Jour Promis et sur les exigences concrètes de celui-ci.

Aussi, pour les satisfaire, laissons-nous de côté, provisoirement, notre croyance aux caractéristiques de cet ensemble de douze imams infaillibles – dont fait partie Al Mahdî – et abordons la question de la façon suivante: dans la mesure où ladite opération de changement peut s’expliquer elle-même à la lumière des lois et des expériences de la vie, il nous reste à savoir si le prolongement de l’âge du dirigeant qui devra la conduire constitue un des facteurs de son succès et de son bon déroulement? (C’est ce qui nous permet de rester dans le domaine du concret).

Nous répondons par l’affirmative à cette question, et cela pour plusieurs raisons: le grand changement radical nécessite que son dirigeant soit dans un état psychologique exceptionnellement favorable dans lequel il éprouve un sentiment de supériorité vis-à-vis des entités orgueilleuses que Dieu l’a préparé à détruire et à remplacer par une civilisation nouvelle et un monde nouveau. Car plus la civilisation que le guide combat, lui parait banale, et plus il est conscient qu’elle ne forme qu’un point infime sur la longue trajectoire de la civilisation humaine, plus il se sent psychologiquement apte à l’affronter, à lui résister et à poursuivre sa lutte contre elle jusqu’à la victoire.

Il est évident que la force de ce sentiment doit être proportionnelle à celle de l’entité et de la civilisation qu’on veut changer: plus cette entité est solide et plus cette civilisation est enracinée et orgueilleuse, plus ce sentiment doit être fort. ةtant donné que le Message du Jour Promis vise à changer radicalement un monde imprégné d’injustice et d’iniquité, ainsi que toutes ses valeurs de civilisation et ses différentes entités, il est naturel qu’il (ce Message) exige un exécutant dont la volonté de changement soit plus forte que le monde à changer, et qui ne soit pas né sous la civilisation qu’on veut juguler et remplacer par une civilisation de justice et de bon droit. Autrement, un exécutant qui a grandi au sein d’une civilisation enracinée et couvrant le monde de son pouvoir, de ses valeurs et de ses idées, éprouve envers elle un sentiment d’infériorité, étant donné qu’il est né sous son règne, qu’il la voyait très grande depuis qu’il était tout petit, et qu’il ne percevait que ses différents aspects depuis qu’il avait ouvert les yeux.

En revanche la situation est tout autre pour quelqu’un – comme Al Mahdî – qui s’est enfoncé dans les profondeurs de l’histoire et a vécu le monde avant que cette civilisation n’ait vu la lumière, quelqu’un qui a regardé les grandes civilisations régner sur le monde l’une après l’autre avant de s’écrouler chacune à son tour; quelqu’un qui, après avoir vu tout cela de ses propres yeux et non à travers les livres d’histoire, et vécu toutes les phases de formation de cette civilisation (que le sort a voulu faire le dernier chapitre de l’histoire de l’homme, laquelle doit s’achever sur l’avènement du Jour Promis) puisqu’il a assisté à sa naissance sous forme de petits germes presque invisibles, à sa première phase de formation dans les entrailles de la société humaine où elle guettait l’occasion pour en sortir et se développer, à sa phase de développement lorsqu’elle commença à grandir et à essayer de ramper en trébuchant, et enfin à sa phase de redressement alors qu’elle prospérait et tendait vers le gigantisme et la domination sur le sort du monde entier.

Oui, un tel individu qui a vécu avec une sagacité et une lucidité parfaites toutes ces phases, envisage ce géant – qu’il veut combattre – en homme qui a vécu tangiblement et non à travers les livres d’histoire, cette longue étendue historique.

Il ne considère ce géant ni comme inéluctable ni à la manière dont J. J. Rousseau regardait la monarchie en France. (En effet, on dit de Rousseau qu’il se sentait horrifié à l’idée d’une France sans roi, bien qu’il fût l’un des grands penseurs et philosophes qui appelaient à développer la situation politique en vigueur à cette époque-là; et ce parce qu’il avait vécu et grandi sous la monarchie).

Contrairement à Rousseau, l’homme dont les racines s’enfoncent dans l’histoire, a le prestige et la force de celle-ci, et a le net sentiment que l’entité et la civilisation qui l’entourent, sont les produits d’un jour de l’histoire où des circonstances propices ont favorisé leur naissance, qu’un autre jour viendra où d’autres circonstances les rayeront de la carte et effaceront toutes leurs traces du passé proche et lointain, et que l’âge historique des civilisations et des entités, si long soit-il, ne constitue que des jours comptés par rapport à la longue vie de l’histoire.

Avez-vous lu la sourate de la « Grotte » qui relate l’histoire de ces jeunes gens à qui Dieu « a accru la guidée » après qu’ils avaient cru en LUI ?

Savez-vous ce que Dieu leur a fait lorsqu’ils sont tombés dans le désespoir et la lassitude, après qu’ils s’étaient heurtés à une entité gouvernante païenne, impitoyable et déterminée à étouffer toute graine d’Unicité, et qu’ils s’étaient réfugiés dans la grotte pour implorer Dieu de résoudre leur problème, désespérés qu’ils étaient d’y trouver eux-mêmes une solution, et indignés de voir le Faux continuer à gouverner, à persister dans l’ injustice, à avoir raison du Bon Droit et à éliminer quiconque était épris du Vrai? Dieu les a endormis pendant 339 ans dans cette grotte; puis il les a réveillés et les a rendus à la vie, après que l’entité qui les avait impressionnés de sa force et de son injustice, s’était écroulée et était devenue un souvenir historique qui n’émeut ni n’effraie personne; et tout cela, pour que ces jeunes gens assistent à l’élimination de ce Faux dont ils ne supportaient pas l’étendue, la force et la continuation, et pour qu’ils voient de leurs propres yeux sa fin et constatent eux-mêmes sa banalité.

Si les « Jeunes de la Grotte » ont pu assister à cette scène – qui a suscité en eux tant d’impulsion et de fierté -à travers cet événement exceptionnel qui a prolongé leur vie de plus de trois siècles, la même chose peut se réaliser pour le Guide Attendu, à travers une longue vie qui lui permettra de voir le géant alors qu’il n’était qu’un nain, l’arbre colossal, alors qu’il n’était qu’une graine, le cyclone lorsqu’il n’était qu’un souffle.

En outre, l’expérience que le Guide du Jour Promis acquiert en assistant à la procession de tant de civilisations successives et en observant directement leur mouvement et leur développement, joue un rôle important dans la formation intellectuelle de ce Guide ainsi que dans l’expérience future qu’il doit mener, puisqu’elle le met au contact de beaucoup de situations qui comportent des points forts et des points faibles, des erreurs et des pertinences, et lui confèrent une plus grande capacité d’apprécier les phénomènes sociaux, étant parfaitement conscient de leurs causes et de leurs enchevêtrements historiques.

L’opération de changement assignée au Guide Attendu, repose sur un message déterminé, en l’occurrence, l’Islam.

Il est donc naturel que cette opération exige un dirigeant proche des premières sources de l’Islam et ayant une personnalité forgée indépendamment et à l’abri de toutes les influences de la civilisation qu’il est destiné à combattre. Car un individu qui naît et grandit au sein de ladite civilisation et dont les idées et les sentiments se forment dans son cadre, ne saurait généralement se débarrasser des séquelles et des impacts qu’elle laisse sur lui, même lorsqu’il est décidé de mener un combat de changement contre elle.

Pour qu’un leader destiné à mener une bataille de changement dans une civilisation, ne soit sous l’influence de celle-ci, il faudrait que sa personnalité soit complètement formée dans une phase de civilisation antérieure et plus ou moins proche – dans l’esprit général et dans le principe – de celle qui doit être instaurée sous sa direction, le Jour Promis.

1COMMENT S’EST PARACHEVEE LA FORMATION DU GUIDE ATTENDU? La biographie de l’Imam al- Mahdi (as) COMMENT S’EST PARACHEVEE LA FORMATION DU GUIDE ATTENDU?

Il s’agit de répondre maintenant à la troisième question de la série: Comment la formation du Guide Attendu a-t-elle pu se parachever alors qu’il n’avait vécu auprès de son père, l’Imam al-‘Askari, que jusqu’à l’âge de cinq ans à peine, donc pendant la première enfance, ce qui ne saurait suffire normalement à la maturation de sa personnalité?

La réponse en est qu’al Mahdî est devenu Imam des Musulmans en succédant à son père, à un âge très jeune. Or il ne pouvait accéder à cette dignité (l’Imamat) que s’il jouissait des qualités intellectuelles et spirituelles requises.

Notons à cet égard que l’Imamat prématuré était un phénomène courant chez ses grands parents, puisque plusieurs d’entre eux l’ont connu avant lui. Ainsi, l’Imam Muhammad Ibn ‘Ali al-Jawâd s’est chargé de cette dignité à l’âge de 8 ans, l’Imam ‘Ali Ibn Muhammad al-Hâdî à l’âge de 9 ans, l’Imam Abû Muhammad al-Hassan al-‘Askari, le père du Guide Attendu, à l’âge de 22 ans.

Nous disons « Phénomène » de l’Imamat, car l’Imamat avait pris, sous quelques-uns des grands-parents d’al Mahdî, une signification concrète et pratique que les Musulmans ont vécue dans leur expérience avec ces Imams. Aussi est-il absurde de chercher la preuve ou la démonstration d’un phénomène aussi évident et clair que l’expérience de toute une nation.

Nous nous expliquons là-dessus, à travers les points suivants:

  1. – L’Imamat des Imams d’Ahl-ul-Bayt ne constituait pas un centre de pouvoir et d’influence transmis héréditairement, de père en fils, et soutenu par un gouvernement, comme c’était le cas des Fatimides et des Abbassides. Loin de là. L’Imam obtenait l’allégeance des bases populaires en les pénétrant spirituellement et en les convainquant intellectuellement du mérite de son Imamat et de son aptitude à guider et à diriger la Umma sur des bases spirituelles et intellectuelles.
  1. – Ces bases populaires se sont formées depuis la première époque de l’Islam, et elles se sont épanouies et élargies sous les Imamats d’al-Bâqer et de son fils al-Sâdiq. L’école que ces deux Imams ont patronné parmi ces bases constituait un courant intellectuel largement répandu dans le monde islamique et comprenant des centaines de faqîh, de théologiens, d’exégètes et de savants spécialisés dans les divers domaines du savoir islamique et humain, connus à l’époque. A ce propos al-Hassan Ibn ‘Ali al-Wacha a dit: « Je suis entré dans la mosquée d’al-Kûfa et j’ai vu neuf cents cheiks qui citaient tous Ja’far Ibn Muhammad ».
  1. – Les conditions que cette école représentative des bases populaires de la société islamique posait à la nomination d’un Imam et afin de s’assurer de sa qualification et de sa compétence pour un tel poste, sont très sévères, car elle croyait qu’un Imam ne méritait ce titre que s’il était le plus savant des savants de son époque.
  1. – L’école et ses bases populaires ont offert de grands sacrifices pour pouvoir défendre sa foi en l’Imamat, car celui-ci représentait, pour le califat de l’époque, un danger menaçant sa conception, tout au moins sur le plan idéologique; et c’est ce qui a conduit les autorités à organiser régulièrement des campagnes de liquidation et de persécution contre les adeptes de cette école, lesquels seront assassinés, emprisonnés ou éteints par centaines dans les ténèbres des geôles. Cela signifie que croire à l’Imamat d’Ahl-ul-Bayt coûtait cher à ces adeptes et ne leur offrait comme récompense que le rapprochement supposé de Dieu.
  1. – Les Imams auxquels ces bases ont prêté serment d’allégeance n’étaient pas à l’écart de leurs partisans, ni cloîtrés dans des tours d’ivoire comme le font les sultans avec leurs peuples. Ils ne s’en séparaient que lorsque les autorités les en éloignaient, en les mettant en prison ou en les bannissant. On peut constater l’existence de ces contacts permanents entre les Imams et leurs adeptes, à travers leurs correspondances, à travers les visites que les fidèles rendaient aux Imams lorsqu’ils venaient à Médine pendant la saison du Pèlerinage, à travers les voyages que les Imams effectuaient, à travers les représentants qu’ils envoyaient aux quatre coins du monde islamique. Un grand nombre de rapporteurs et de transmetteurs de hadîth font état des divers contacts qui montrent qu’il y avait un échange constant entre chaque Imam et ses bases ramifiées à travers les différentes régions de la nation islamique et les différentes catégories sociales.
  1. – Le Califat contemporain des Imams considérait ceux-ci et leur autorité spirituelle comme une source de danger pour son entité et son pouvoir. C’est pourquoi, il a tout fait pour entamer cette autorité et a été conduit même à commettre des abus, à se montrer cruel et tyrannique, lorsque la nécessité de renforcer ses positions se faisait sentir. Les campagnes d’emprisonnement et de persécution contre les Imams eux-mêmes, n’ont jamais cessé; bien que de tels agissements aient suscité le mécontentement et l’indignation des Musulmans et des partisans des Imams, de tous niveaux.

Si nous tenons compte de ces six points, lesquels constituent des vérités historiques incontestables, nous pouvons aboutir à la conclusion suivante: le phénomène de l' »Imamat prématuré » est un phénomène bien réel et n’a rien de fictif; car lorsqu’un Imam monte sur la scène de la vie publique alors qu’il est tout jeune, et s’annonce comme l’Imam spirituel et intellectuel des Musulmans, et qu’il parvient à constituer un mouvement suivi par tant d’adeptes, il doit nécessairement faire preuve d’une connaissance remarquable dans le domaine de la science et du savoir, et de largeur d’esprit et de compétence dans le domaine du Fiqh (jurisprudence islamique), de l’exégèse et des doctrines; sinon les bases populaires de l’Imamat (qui étaient comme nous l’avons indiqué, en contact permanent avec leurs Imams, et pouvaient par conséquent connaître les détails de leur vie et de leur personnalité) ne l’auraient pas accepté comme Imam.

Comment peut-on, en effet imaginer que les masses, dont se composaient ces bases populaires, soient acquises à un « Imam enfant » qui s’annonçait devant elles, et au vu et au su de tout le monde, comme étant l’Imam des Musulmans et l’ةtendard de l’Islam, et acceptent de sacrifier pour lui leur sécurité et leur vie, sans se donner la peine de vérifier de quoi il était capable et sans qu’elles soient suffisamment frappées par son Imamat prématuré pour être tentées de sonder la réalité de ses qualifications et d’évaluer sa personnalité?

Même si l’on suppose que ces masses n’aient rien tenté pour sonder sa qualification, aurait-il été possible qu’elles n’aient pas fini par connaître la vérité après des mois ou des années pendant lesquels elles étaient en contact permanent avec cet « Enfant Imam »? Celui-ci aurait-il pu dissimuler sa pensée et son savoir d’enfant, malgré les contacts fréquents qu’il avait avec les fidèles, si sa pensée et son savoir étaient vraiment ceux d’un simple enfant? A supposer que les bases populaires de l’Imamat d’Ahl-ul-Bayt n’aient pas eu l’occasion de découvrir la vérité de la situation (le fait que l’enfant fût réellement un enfant et rien de plus, et qu’il n’eût pas les qualités d’Imam), pourquoi le califat de l’époque (pour qui l’Imam représentait un véritable danger) s’est-il tu sur cette vérité et ne l’a-t-il pas exploitée à son profit?

Pourtant, cela aurait été tellement facile pour les autorités de l’époque – le califat – si l’Imam al Mahdî avait été réellement un enfant dans sa pensée et sa culture, comme tout enfant ordinaire de cet âge! Quelle meilleure dénonciation que de montrer aux Chi’ites et aux autres que le prétendant à l’Imamat aurait été un enfant et rien de plus, et de démontrer ainsi son incompétence pour le leadership spirituel et intellectuel des Musulmans?

S’il était difficile de convaincre les gens de l’incompétence – pour l’Imamat – d’un homme de quarante ou de cinquante ans, imbu de la culture de son époque, une telle difficulté ne se fût pas présentée, s’il s’était agi de les convaincre de l’incapacité d’un enfant – quelles que fussent son intelligence et sa sagacité – d’assumer la responsabilité d’un Imamat si exigeante et si lourde chez les Chiites Imâmites!

Cela aurait été beaucoup plus facile, en tout cas, que les méthodes compliquées et risquées que les autorités de l’époque ont adoptées pour combattre l’Imamat.

La seule explication de l’abstention du califat de l’époque de jouer cette carte, est qu’il savait que l' »Imamat prématuré » était une réalité et n’avait rien d’artificiel. En fait, il est arrivé à cette conclusion après avoir essayé vainement de le discréditer.

L’histoire nous relate des tentatives de ce genre, vouées toutes à l’échec, sans mentionner aucune situation dans laquelle l' »Imamat prématuré » eût été ébranlé ou inquiété, ni aucun cas où l' »Enfant Imam » eût rencontré une difficulté dépassant sa compétence ou entamant la confiance des fidèles.

Ainsi s’explique notre affirmation que l' »Imamat prématuré » était un phénomène réel dans la vie d’Ahl-ul-Bayt et non une simple supposition.

Rappelons, en outre, que ce phénomène réel n’est pas un fait sans précédent: on lui retrouve des racines et des cas similaires dans le patrimoine divin apparu à travers les différents messages célestes, Yahya (Jean) en est un exemple:

« …o Jean! Tiens le Livre avec force!

Nous lui apportâmes la Sagesse,

– alors qu’il n’était qu’un tout petit enfant – « 

Coran XIX, 12.

Ayant établi que l' »Imamat prématuré » était un phénomène qui a existé réellement dans la vie d’Ahl-ul-Bayt, il ne nous reste aucune objection à l’Imamat prématuré d’al Mahdî et au fait qu’il ait succédé à son père dès son enfance.

COMMENT CROIRE QU’AL Mahdî A EXISTE REELLEMENT?

Nous voilà devant le 4ème problème: même si l’on admet que l’hypothèse du « Guide Attendu » est plausible avec tout ce qu’elle comporte de longévité, d’Imamat prématuré et d’absence silencieuse, il reste que cette plausibilité ne suffirait pas pour que l’on acquière la conviction de l’existence effective d’Al Mahdî. Que faire donc pour avoir cette conviction? Les hadiths attribués au Prophète et rapportés par des sources livresques suffisent-ils à nous persuader parfaitement de l’existence effective d’Al Mahdî?

Comment prouver qu’Al Mahdî avait une existence historique réelle et que ce n’était pas une simple supposition érigée en réalité dans l’esprit d’un grand nombre d’individus, à la suite des circonstances psychologiques particulières?

Notons tout d’abord, en guise de réponse, que l’idée d’Al Mahdî, en tant que Guide Attendu pour le changement du monde vers le meilleur, est tirée des hadiths du Prophète en général, des Imams d’Ahl-AI-Bayt en particulier, et confirmée dans beaucoup de textes insoupçonnables.

Ainsi on a décompté 400 hadiths prophétiques établis à ce sujet par des chaînes Sunnites, et plus de six mille par des chaînes Chi’ites et Sunnites confondues. Il s’agit là d’un chiffre record par rapport à beaucoup de questions islamiques évidentes sur lesquelles les Musulmans n’ont pourtant pas de réserves normalement.

Quant à l’incarnation de cette idée par le douzième Imam en personne, il y a suffisamment d’arguments solides qui la rendent tout à fait convaincante et qu’on peut ramener à deux types de preuves: la preuve islamique et la preuve scientifique. La première nous permet de démontrer l’existence du Guide Attendu, et la seconde doit nous conduire à constater qu’al Mahdî n’est pas un mythe, ni une pure vue de l’esprit, mais une vérité établie par la réalité historique.

La preuve islamique consiste en des centaines de hadiths attribués au Prophète et aux Imams d’Ahl-ul-Bayt et qui indiquent qu’Al Mahdî fut pré désigné, qu’il était de la Famille d’Ahl-ul-Bayt, descendant de Fatima, de la lignée d’al-Hussain et le neuvième descendant de celui-ci, et que les Imams successeurs du Prophète étaient au nombre de douze. Ces hadiths précisaient donc l' »idée générale » d’Al Mahdî, la matérialisaient en la personne du douzième Imam d’Ahl-ul-Bayt.

Ils étaient nombreux et répandus, malgré la prudence des Imams d’Ahl-ul-Bayt et leur souci de ne pas trop divulguer en public la prédestination du futur Guide Attendu, pour lui éviter toute tentative d’assassinat ou d’élimination.

Le grand nombre de hadiths concordants n’est pas le seul critère de leur crédibilité. D’autres indices et caractéristiques militent également en faveur de leur véracité. Ainsi prenons l’exemple de ce Hadîth prophétique qui parlait de futurs Imams (Califes, ou Princes, selon les différentes chaînes de transmetteurs) et qui précisait qu’ils seraient au nombre de « douze » (à quelques nuances près dans le texte du Hadîth, selon la source de transmission).

Il est rapporté, selon certains auteurs, par plus de 270 Riwâyah (chaîne de transmission) qui sont citées dans les plus célèbres recueils de hadiths, sunnites et chi’ites, dont ceux d’al-Bukhârî, de Muslim, d’al-Tir-mithî, d’Abî Dâwûd, ainsi que dans Musnad Ahmad, Mustadrak al-Hâkem ‘Alâ al-Sahihayn.

Ce qu’il faut surtout retenir, ici, de ce Hadîth, c’est le fait qu’il est transmis par al-Bukhârî, un contemporain de l’Imam al-Hâdî et de l’Imam al-‘Askarî (le 10e et 11e Imams), ce qui signifie qu’il était rapporté du Prophète avant que son contenu ne se réalisât et avant que l’idée de Douze Imams ne fût complètement matérialisée.

Cela signifie aussi qu’on ne peut soupçonner ce Hadîth d’être transmis – et donc formulé – sous l’influence de la réalité imâmite Duodécimaine, ou le reflet de cette réalité. Car les faux hadiths attribués au Prophète n’étaient guère antérieurs, dans leur apparition et enregistrement, à la réalité dont ils sont le reflet ou la justification.

ةtant donné qu’il est matériellement établi que ledit Hadîth fut enregistré avant que la prédiction de l’avènement de Douze Imams ne soit encore complètement réalisée, on peut s’assurer qu’il n’est pas le reflet d’une réalité, mais l’expression d’une vérité divine, prononcée par quelqu’un (en l’occurrence le Saint Prophète) dont les paroles étaient des révélations et qui a dit: « Les Califes qui me succéderont sont au nombre de Douze « .

La réalité duodécimaine, commencée avec l’Imam ‘Ali et achevée par Al Mahdî était la seule incarnation raisonnable de ce Hadiths prophétique.

Quant à la preuve scientifique, elle consiste en une expérience que les gens ont vécue pendant une période d’environ 70 ans: « la Petite Absence ».

Avant d’entrer dans les détails de cette question, il convient d’expliquer schématiquement ce qu’est la Petite Absence.

La « Petite Absence » traduit la première étape de l’Imamat du Guide Attendu. En effet, la Providence a voulu que cet Imam s’efface de la scène publique dès qu’il a reçu la charge de l’Imamat, et qu’il gardât l’anonymat vis-à-vis des événements, bien qu’il en soit toujours proche, de cure et d’esprit. Mais si cette disparition avait été subite, elle aurait provoqué un grand choc chez les bases populaires de l’Imamat dans la Umma; car ces bases étaient habituées à avoir des contacts avec leur Imam à toutes les époques, à nouer des rapports mutuels avec lui, à faire appel à lui pour résoudre leurs différents problèmes.

Si l’Imam était donc disparu à l’improviste de la vue de ses Chi’ites et que ceux-ci s’étaient sentis coupés de leur direction spirituelle et intellectuelle, une telle disparition subite aurait créé un grand vide impromptu qui aurait pu moissonner et effriter l’entité chi’ite. Il a donc fallu préparer les bases à cette absence afin qu’elles s’y habituassent et s’y adaptassent progressivement.

De là l’avènement de la « Petite Absence » pendant laquelle l’Imam a disparu de la vie publique, tout en continuant à communiquer avec ses bases et ses Chi’ites par l’intermédiaire de ses représentants, ses lieutenants et ses hommes de confiance qui constituaient ainsi le trait d’union entre lui et les gens qui croyaient à sa ligne Imâmite.

Les représentants de l’Imam pendant cette période, étaient au nombre de quatre. Les bases qui les fréquentaient en permanence étaient unanimes pour constater leur piété, leur intégrité et leur probité. Ces représentants sont:

1- ‘Othman Ibn Sa’îd al-‘Omarî

2- Muhammad Ibn ‘Othman Ibn Sa’îd al-‘Omarî

3- Abul-Qâcim al-Hussein Ibn Rûh

4- Abul-Hassan ‘Ali Ibn Muhammad al-Samari.

Ils ont rempli la tâche de représentant de l’Imam successivement et dans l’ordre établi ci-dessus. Chaque fois que l’un d’eux mourait, un autre lui succédait par ordre de l’Imam.

Leur tâche consistait à prendre contact avec les Chi’ites, à transmettre leurs questions à l’Imam et à leur en rapporter les réponses tantôt oralement tantôt par écrit. Les masses qui étaient chagrinées par la disparition de leur Imam, trouvaient une compensation et une consolation, dans ces correspondances et contacts indirects, assurés par ces « Représentants ».

On a remarqué que toutes les signatures et lettres provenant de l’Imam pendant le mandat des quatre Représentants, qui a duré environ 70 ans, décelaient une même écriture et les mêmes caractères, et sont donc graphologiquement uniformes.

C’était al-Samari, le dernier des quatre Représentants, qui a annoncé la fin de la phase de la « Petite Absence » qui se caractérisait par la présence d’un Représentant nommé. A partir de la « Grande Occultation » il n’y a plus de Représentants nommés et chargés de servir d’intermédiaire entre l’Imam Guide et les Chi’ites.

Le passage de la « Petite Absence » à la « Grande Absence » exprime la fin des missions de la première, puisque celle-ci, par son caractère progressif et transitoire, a permis de prémunir les Chi’ites contre le choc et le sentiment de grand vide qu’ils auraient pu éprouver par suite de la disparition de l’Imam, de les adapter au fait de l’Absence, et de les préparer progressivement à l’acceptation de l’idée de la « représentation générale », qui signifie que la représentation de l’Imam n’est plus assurée par des individus nommément désignés, mais par une ligne générale, la ligne du mujtahid juste et connaissant parfaitement les questions de la vie temporelle et de la religion, conformément au passage de la « Petite Absence » à la « Grande Absence ».

Cela dit, on peut se rendre clairement compte, à la lumière de ce qui précède, qu’Al Mahdî était une vérité vécue par toute une communauté musulmane et exprimée par des Ambassadeurs et des Représentants (de l’Imam) tout au long de 70 ans, à travers les rapports qu’ils ont établis avec les gens.

Pendant cette période personne n’a pu remarquer la moindre inexactitude dans les paroles desdits représentants, ni le moindre indice de tromperie dans leur conduite, ni la moindre erreur dans leur transmission de messages.

Peut-on donc concevoir qu’un « mensonge » puisse survivre pendant 70 ans et être entretenu tel quel, successivement par 4 personnes qu’aucune relation particulière et privilégiée, – de nature à les rendre complices, – ne lie, et qui le traitent comme s’il s’agissait d’une vérité vécue par eux-mêmes et vue de leurs propres yeux, sans que rien d’anormal ou de suspect n’apparaisse dans tout cela, et alors qu’ils parviennent à obtenir, par la crédibilité de leur attitude, la confiance de tout le monde en la cause qu’ils prétendent vivre et sentir concrètement?

On disait jadis que « la corde du mensonge est courte »! Aussi la logique de la vie montre-t-elle qu’il est pratiquement impossible, si l’on s’en tient au calcul des probabilités, qu’un mensonge puisse se maintenir de cette façon, pendant si longtemps, et dans de telles conditions, sans attirer la méfiance de ceux qui le subissent.

Ainsi, le phénomène de la « Petite Absence » peut être donc considéré comme une « expérience scientifique » et une réalité objective vécue, qui nous permet de croire à l’existence réelle de l’ Imam Guide, à sa naissance, à sa vie, à sa disparition, à l’annonce générale qu’il a faite de la Grande Absence qui marque sa disparition de la scène publique et de la vie de tout le monde.

POURQUOI LE GUIDE N’EST-IL PAS REAPPARU?

Pourquoi le Guide n’est-il pas réapparu pendant toute cette longue période, s’il était vraiment déjà formé et préparé à l’action sociale? Qu’est-ce qui l’aurait empêché de réapparaître sur la scène publique pendant ou à la fin de la « Petite Absence », et d’annoncer la « Grande Absence », surtout qu’à cette époque-là, les circonstances relatives à l’action sociale et au changement étaient beaucoup plus faciles et moins complexes, et que ses contacts réels avec les gens lui auraient permis, grâce aux organisations de la « Petite Absence », de rassembler ses bases en vue de commencer solidement son action, à un moment où les forces du pouvoir en place n’avaient pas atteint le niveau auquel est parvenue l’humanité par la suite, grâce au développement scientifique et industriel?

La réponse est que le succès de toute opération de transformation sociale dépend des circonstances et des conditions objectives, et qu’elle ne pourrait réaliser ses objectifs que lorsque celles-ci se présentaient.

Les opérations de transformation sociale que la Providence déclenche sur la terre ont ceci de caractéristique qu’elles ne dépendent pas, quant aux messages qu’elles comportent, des circonstances objectives, et ce parce que leurs messages sont divins et non le fruit desdites circonstances. En revanche leur exécution est subordonnée aux conditions objectives de la situation à changer; c’est dire que celles-ci déterminent leur minutage et leur succès (de ces opérations).

C’est pourquoi, si le Ciel a laissé passer cinq siècles de règne antéislamique et obscurantiste (jâhillyyah) avant de révéler son dernier Message à travers le Prophète Muhammad (alors que la terre avait besoin de ce Message bien avant), c’est parce que les circonstances objectives dont dépendait cette révélation exigeaient une telle attente.

Les conditions objectives qui influent sur toute opération de changement sont de deux catégories:

– la première catégorie crée le terrain propice et l’ambiance générale favorisant l’opération de changement,

– la seconde a trait au mouvement de changement et aux tournants secondaires qu’il prend.

Prenons l’exemple de l’opération de changement que Lénine avait conduite avec succès en Russie: elle était liée d’une part au déclenchement de la Première Guerre Mondiale et à l’ébranlement de l’Empire Tsariste – ce qui a contribué à la création du terrain propice au changement – et d’autre part, à quelques facteurs secondaires et accessoires, tels que l’arrivée de Lénine sain et sauf en Russie, après le voyage qui lui a permis de rentrer dans son pays pour y conduire la Révolution.

L’importance secondaire de ce facteur réside en ceci que s’il était arrivé un accident quelconque à Lénine, susceptible de l’empêcher de rentrer en Russie, la Révolution aurait probablement perdu la possibilité de s’imposer aussi vite sur la scène.

La Voie Divine que rien ne peut affecter, quant aux opérations de changement qu’Elle décide, veut que celles-ci soient tributaires, quant à leur exécution, des conditions objectives qui créent le terrain propice et l’ambiance générale qui favorisent leur succès.

C’est dans ce sens qu’il faut comprendre pourquoi l’Islam ne fut révélé qu’après une période de vide pénible, longue de plusieurs siècles et caractérisée par l’absence d’apôtres.

Certes la Toute-Puissance Divine était en mesure d’enlever toutes les entraves et d’aplanir toutes les difficultés qui se seraient dressées devant le Message, de lui créer préalablement et miraculeusement le terrain favorable nécessaire à son succès, s’il avait été révélé avant.

Mais si Dieu n’a pas jugé bon d’utiliser ce moyen, c’est parce que l’épreuve, le calvaire et la souffrance par lesquels l’homme complète sa personnalité imposent à l’action de changement (voulue par Dieu) d’évoluer naturellement et objectivement (ce qui n’empêche pas Dieu d’intervenir parfois et lorsque cela s’avère nécessaire pour la sauvegarde du Message, dans quelques détails relatifs, non à l’atmosphère générale elle-même, mais à certains mouvements qui en découlent).

L’illustration de cette intervention se trouve dans le secours et l’appui surnaturels que Dieu apportait quelquefois à ses bons serviteurs, lorsqu’ils se heurtaient à des difficultés insurmontables, et lorsqu’il y allait de l’intérêt vital du Message.

Ainsi, c’est grâce à l’intervention divine que « le feu de Namroud devint fraîcheur et paix sur Abraham »; que la main traîtresse du Juif qui levait l’épée sur la tête du Prophète, fut paralysée et immobilisée, que le cyclone violent envahit les campements des infidèles et des polythéistes qui encerclaient Médine le jour de Khandaq, et les effraya.

Toutes ces interventions divines ne représentaient que des secours apportés à des moments décisifs, aux péripéties des opérations de changement et non à leur terrain propice, lequel s’est constitué d’une façon naturelle et grâce aux conditions objectives.

En examinant l’attitude d’Al Mahdî, à la lumière de ces données, nous constatons que l’opération de changement à laquelle il est préparé, se trouve liée, quant à son exécution, tout comme n’importe quelle autre opération de changement social, à des conditions objectives qui contribuent à créer le terrain favorable à sa réalisation.

Aussi est-il naturel que le minutage de cette opération en tienne compte. On sait qu’al Mahdî n’est pas formé pour opérer une action sociale limitée, ni pour réaliser un changement local dans telle ou telle autre partie du monde.

La mission à laquelle Dieu l’a réservé vise à changer le monde radicalement et à conduire l’humanité, toute l’humanité, des ténèbres de l’injustice vers la lumière de la justice. Pour réussir une opération de changement d’une telle ampleur, il ne suffit pas de faire réapparaître le Guide et Son Message sur la scène; autrement elle aurait pu être accomplie à l’époque du Prophète (puisqu’il y avait déjà un Guide – le Prophète – et son Message – l’avènement de l’Islam).

Ce qu’il Lui faut, c’est un climat planétaire propice et une ambiance générale favorisant la réunion des conditions requises pour la réalisation d’un changement universel. Or un tel climat planétaire se présenterait mieux à mesure que l’on progresse dans le temps.

Ainsi, sur le plan humain, le sentiment d’épuisement qu’éprouve l’homme de civilisation est considéré comme un facteur essentiel de cette atmosphère favorable à l’acceptation du Nouveau Message. Ce sentiment d’épuisement naît et prend racine chez l’homme (de civilisation), lorsque celui-ci ressort de différentes expériences de civilisation qu’il traverse, accablé par les résultats négatifs de tout ce qu’il y aurait édifié, et éprouvant un besoin de salut qui l’amène à se tourner instinctivement vers la métaphysique ou l’inconnu.

Sur le plan matériel, les conditions objectives de la vie matérielle moderne pourraient être plus propices que celles de l’époque de la « Petite Absence », à la réalisation du message à l’échelle planétaire, en raison du raccourcissement des distances, de la large possibilité d’interaction entre les peuples, de la disponibilité des moyens et des instruments nécessaires à la création d’un organe central dont le but serait de sensibiliser les peuples du monde au nouveau message et de les imprégner de la culture de ce message.

Certes, il est indéniable que les forces et les instruments militaires auxquels le Guide devrait faire face, se développent à mesure qu’il reporte le jour de sa réapparition. Mais cela dit, à quoi sert le développement de la forme matérielle de la force, s’il est associé à une défaite psychologique intérieure et à l’éclatement de la structure spirituelle de l’homme qui les possède?

Combien de fois une structure de civilisation dressée orgueilleusement, ne s’était-elle pas écroulée sous le premier coup d’un envahisseur, parce qu’elle était déjà intérieurement effondrée, ayant perdu la confiance en son existence, la conviction de son entité et l’assurance de sa réalité?!

UN SEUL INDIVIDU PEUT-IL JOUER UN SI GRAND ROLE?

Venons-en à l’avant-dernière question de la série: un individu, si grand soit-il, est-il capable de jouer ce rôle extraordinaire?

Le grand homme en question serait-il autre que l’individu que les circonstances choisissent comme façade pour réaliser leur mouvement?

L’idée que comporte cette question est liée à une conception précise de l’histoire, conception selon laquelle l’homme est un facteur secondaire dans l’histoire alors que les forces objectives qui l’entourent en constituent le facteur essentiel.

Dans ces conditions, l’individu ne serait, au mieux, que l’expression intelligente de l’orientation de ce facteur essentiel.

Quant à nous, nous avons expliqué dans nos autres ouvrages que l’histoire a deux pôles: d’un côté l’homme, de l’autre, les forces matérielles qui l’entourent, que de même que les forces matérielles, les conditions de la production et la nature affectent l’homme, de même celui-ci affecte à son tour celles-là, et qu’il n’y a aucune raison de supposer que le mouvement commence par la matière et finis par l’homme, sans supposer du même coup le contraire. L’homme et la matière se trouvent à la longue en interaction.

Aussi l’homme peut-il être plus qu’un perroquet dans le cours de l’histoire, surtout lorsqu’on tient compte de son lien avec le Ciel, lequel lien intervient comme une force orientant le mouvement de l’histoire.

C’est du moins ce qui s’est produit déjà à travers l’histoire des Missions Prophétiques en général, la Mission prophétique finale en particulier, où le Messager Muhammad, en vertu de son lien de missionnaire avec le Ciel, a détenu lui-même les rênes du mouvement historique, et effectué une montée de civilisation que les conditions objectives qui l’entouraient n’auraient pu en aucun cas réaliser, comme nous l’avons expliqué dans la seconde introduction de notre ouvrage « Al-Fatâwâ al-Wâdhi-hah » (Les Décrets Religieux Clairs).

Ce qui s’est produit avec le Grand Messager, pourra se reproduire avec son descendant, le Guide Attendu dont il a annoncé, lui-même, la venue et le grand rôle.

QUELLE SERA LA METHODE DE CHANGEMENT LE JOUR PROMIS?

Nous voilà enfin devant la dernière question de la série: de quelle façon sce représentant de Dieu pourra-t-il remporter la victoire décisive de la justice sur les entités injustes?

Une réponse précise à cette question dépendrait de la connaissance de la période ou de la phase historique où l’Imam al Mahdî réapparaîtra sur la scène de la vie, et de la possibilité de concevoir ou de supposer les caractéristiques et les péripéties de cette phase, afin que l’on puisse se faire une idée de la forme que prendrait l’opération de changement et de la voie qu’elle emprunterait. Tant que nous ignorons tout de cette phase, de ses circonstances et péripéties, nous ne pourrons prévoir scientifiquement ce qui se passerait le Jour Promis; et si nous le faisons, ce serait de la spéculation qui repose plutôt sur des opérations purement intellectuelles que sur des fondements réels et concrets.

La seule supposition qu’on puisse admettre à la lumière des hadiths relatifs à ce sujet, et des expériences de grandes opérations de changement qui se sont produites à travers l’histoire, c’est celle selon laquelle Al Mahdî réapparaîtrait à la suite d’un grand vide dû à un revers et à une crise aiguë de civilisation, que l’humanité subirait.

C’est ce vide-là qui permettra au nouveau Message de voir le jour; et c’est ce revers qui créerait l’ambiance (ou le terrain) propice à son acceptation. Mais le revers en question ne se produirait pas accidentellement par un pur hasard de l’histoire de la civilisation humaine.

Il serait plutôt le résultat naturel des contradictions historiques (dans lesquelles il n’y aurait pas d’Intervention Divine) qui, ne pouvant pas conduire à une solution décisive, déclencheraient le feu qui anéantirait tout, avant que ne jaillisse la lumière qui permettrait d’éteindre ce feu et d’établir la Justice céleste sur la terre.

* * * Je me contente de ce bref exposé des idées qui sont détaillées dans l’ouvrage méritoire et encyclopédique sur Al Mahdî, ouvrage pour lequel j’ai rédigé cette préface et qui est écrit par l’un de nos chers fils et disciples, le savant chercheur, Sayyed Muhammad al-Sadr. Il s’agit d’une encyclopédie inégalée dans l’histoire de la bibliographie chiite sur « Al Mahdî », quant à son intégralité, aux connaissances étendues qu’elle renferme, à la largeur d’esprit, et la longue haleine scientifique dont elle témoigne, et quant aux mots adéquats et aux observations pertinentes qu’elle contient; c’est dire combien d’efforts louables l’auteur a déployés pour réaliser cette ouvre unique en son genre. Je ne peux qu’être comblé de bonheur en pensant au vide que son ouvrage remplira, au service inestimable qu’il rendra et à l’auteur brillant et intelligent qu’il révélera.

J’implore Dieu de me donner le plaisir de voir celui-ci devenir l’une des célébrités de l’Islam.

Louange à Dieu, Seigneur des mondes.

Que le Salut soit à Mohammad et aux Membres purifiés de sa Famille.

J’ai commencé la rédaction de ces quelques pages le 13 Jamâd al-Thâniyah 1397 de l’Hégire, et je l’ai terminée l’après-midi du 17 du même mois.

Que Dieu me guide sur le Droit Chemin.

Mohammed Bâqer al-Sadr

Najaf – IRAQ

Indications du Coran sur Al Mahdî

Il ne fait pas de doute que le Coran et la Sunna constituent deux sources jumelles d’un même législateur. Si les Musulmans ne peuvent que croire fermement à l’apparition d’al Mahdî en se référant à des hadiths concordants du Prophète, il est normal qu’ils s’attendent à ce que ce sujet ait sa place également dans le Coran, puisque Allah dit en s’adressant au Prophète (P):

 » Et Nous avons fait descendre sur toi le Livre, comme un exposé manifeste de toute chose et comme guidée et miséricorde et bonne annonce pour ceux qui sont soumis ».

Mais comme on le sait, la compréhension de toutes les significations du Coran n’est à la portée de personne. Seuls les Ahl-ul-Bayt (le Prophète et ses douze descendants, les Imâms d’Ahl-ul-Bayt) qui sont indissociablement liés au Coran, peuvent interpréter ses versets d’une manière indiscutable. Or beaucoup de hadiths d’Ahl-ul-Bayt nous révèlent la signification des versets coraniques, relative à l’Imâm al Mahdî. Par souci d’objectivité nous ne citons que ceux qu’on retrouve également dans les exégèses ( Tafsîr) des écoles juridiques sunnites, ou qui y sont confirmés.

1-  » C’est Lui qui a envoyé Son Prophète avec la Direction et la Religion vraie pour la faire prévaloir (triompher) sur toute autre religion, en dépit des polythéistes  » .

La Religion vraie désigne ici, bien évidemment, l’Islam. Car Allah dit dans le Coran:

 » Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l’Au-delà, parmi les perdants ».

Et  » pour la faire prévaloir sur toute autre religion » signifie qu’IL fera triompher l’Islam sur toutes les autres religions.

C’est là donc une grande nouvelle annoncée par Allah à Son Prophète, lui promettant que cette Religion triomphera et aura le dernier Mot. Cette grande nouvelle est accompagnée par l’affirmation que la Volonté des ennemis de la Religion d’étouffer la lumière de l’Islam ne pourra pas l’emporter sur la Volonté divine qui veut que ladite Religion aura raison de toutes les autres religions, en dépit des polythéistes.

Il est à noter ici que « faire prévaloir » (en arabe: idhhâr) ne signifie que triomphe et domination. En effet selon al-Razî dans son « Tafsîr »:

« Sache que « faire prévaloir » une chose sur une autre chose, peut se faire soit par l’argument, soit par le grand nombre et la multitude, soit par le triomphe et la domination. Et on sait qu’Allah a fait cette promesse. Or la promesse ne concerne qu’une chose future et non déjà réalisée. Et étant donné que « faire prévaloir » la Religion par l’argument est déjà réalisé, il faut comprendre donc nécessairement par « faire prévaloir » dans ce verset:  » faire prévaloir par le triomphe » ».

Certes ce triomphe sur les autres religions s’était réalisé à l’époque du Prophète. La meilleure preuve en est que les adeptes de ces religions ont payé le tribut aux Musulmans sans broncher.

Mais la situation des Musulmans aujourd’hui n’est plus ce qu’elle était. Ceux qui payaient hier le tribut à l’ةtat Islamique occupent aujourd’hui nos lieux saints et les Musulmans sont vaincus et dominés dans leurs propres territoires.

Et si nous croyons vraiment que ce que dit le Coran reste valable pour hier, aujourd’hui et demain, comment pouvons-nous appliquer l’énoncé  » le triomphe de la Religion vraie sur toutes les autres religions » à la situation actuelle des Musulmans qui vivent presque en état d’assiégés et sous la domination des ennemis de l’Islam?

Il est certain donc que cette promesse concerne ce qui est devant nous et non ce qui est derrière. Ceci est d’autant plus évident que beaucoup d’exégètes expliquent le verset ci-dessus dans ce sens.

En effet, on peut lire dans al-Dorr al-Manthour:

« Selon Sa’îd Ibn Maçour, Ibn al-Monthir et al-Bayhaqî dans ses « Sunan », citant Jabir qui dit à propos de  » pour la faire prévaloir sur toute autre religion »: cela n’arrivera que lorsqu’il n’y aura plus un Chrétien ni un Juif qui ne suive la Religion de l’Islam ».

Et selon al-Miqdad Ibn al-Aswad: « J’ai entendu le Messager d’Allah (P) dire:

 » Il n’y aura plus sur la terre une maison d’argile ou de poils sans qu’il (al Mahdî) n’y fasse entrer le mot de l’Islam, de gré ou de force. Soit en les rendant (les gens) puissants si Allah les fait des adeptes de cette Religion, soit en les humiliant et ils le suivent par soumission ».

C’est pourquoi, selon les récits attribués à l’Imâm al-Bâqer ce verset coranique annonce la venue d’al Mahdî à la fin des temps pour faire prévaloir la Religion de son aïeul (le Prophète (P) sur toutes les autres religions, jusqu’à ce qu’il ne reste plus à la surface de la terre aucun polythéiste. Tel est aussi l’avis de l’exégète ( mufassir), al-Saddî.

En effet, selon al-Qortobî: « Al-Saddî dit: « cela se passera lors de l’apparition d’al Mahdî, où il n’y aura personne qui n’entre dans l’Islam » ».

2-  » Si tu les voyais quand ils seront saisis de peur – pas d’échappatoire pour eux – et ils seront saisis de près! « 

Selon al-Tabarî dans son « Tafsîr », citant Huthayfah Ibn al-Yamân, ce verset désigne l’armée qui sera dévorée par la terre qui s’affaisse sous ses pieds. Et bien que certains mufassir (exégètes) pensent que cette prédication a déjà eu lieu, une recherche approfondie montre que ledit affaissement ne s’est pas produit et qu’il constitue l’un des signes ou des événements qui accompagnent l’apparition d’al Mahdî.

Tel est également l’avis d’al-Qortobî dans « Al-Tath-kirah », citant le même rapporteur, Huthayfah Ibn al-Yamân. Cet avis est partagé d’ailleurs par Abû Hayyân dans son « Tafsîr », al-Maqdisî al-Châfi`î dans « ‘Aqd al-Dorar », al-Suyûtî dans « Al-Hâwî li-l-Fatawâ ». Il est aussi mentionné dans « Al-Kach-châf » d’al-Zamakh-charî, citant Ibn ‘Abbas.

Selon al-Tabrasî enfin (Chi’ite), dans « Majma’ al-Bayân », cet avis est mentionné par al-Tha’labî dans son « Tafsîr », et les adeptes de notre ةcole Juridique (Chi’ite) ont rapporté quelque chose de semblable dans leurs ouvrages sur al Mahdî, en citant les hadiths de l’Imâm al-Sâdiq et de l’Imâm al-Kâdhim.

En tout état de cause lorsqu’on collationne les différentes interprétations ( tafsîr) de ce verset avec les différents avis sur les Hadiths du Prophète à propos de  » l’affaissement du désert sous les pieds de l’armée », on conclut sans risque de se tromper que ledit verset fait allusion à l’armée sous les pieds de laquelle le sol sera affaissé, et que cette armée est celle qui combattra l’Imam al Mahdî

Citons en guise de conclusion et d’illustration ce que Muslim dit dans « Ghâyat al-Ma’mûl » à ce propos:

« Nous n’avons pas entendu jusqu’à présent le cas d’une armée dévorée par la terre; autrement, si cela était arrivé, cela aurait été aussi connu et notoire que les « Gens de l’ةléphant » ».

3-  » Il (Jésus) est, en vérité, l’annonce de l’Heure. N’en doutez pas et suivez-moi. Voilà un chemin droit  » .

Selon al-Baghwî dans son « Tafsîr » et selon al-Zamakh-charî, al-Qortobî, al-Nisfî, al-Khâzin, Tâj al-Dîn al-Hanafî, Abû Hayyân, Ibn Kathîr, Abu-l-Su’ûd et al-Haythamî, ce verset concerne la descente de Jésus à la fin des temps.

Al-Suyûtî mentionne un avis semblable rapporté, selon différentes chaînes de transmission remontant à Ibn ‘Abbâs, par Ahmad Ibn Hanbal, Ibn Abî Hâtam, al-Tabarânî, Ibn Mardawayh, al-Faryâbî, Sa’îd Ibn Mançûr, ‘Abd Ibn Hamîd.

Mais selon al-Kanjî al-Châfi’î dans son « Al-Bayân »: « Muqâtil Ibn Suleyman et ses adeptes parmi les mufassîr (exégètes) disent que l’expression coranique  » l’annonce de l’Heure » parue dans ce verset désigne al Mahdî à la fin des temps et la résurrection de l’Heure ».

Ce dernier avis est partagé par Ibn Hajar al-Haythamî, al-Chalbanjî al-Châfi’î, al-Safârînî al-Han-balî, al-Qndûzî al-Hanafî et al Cheikh al-اabbân.

ةvidemment il n’y a pas de contradiction entre les deux avis précités (celui qui renvoie le verset à Jésus et celui qui le renvoie à al Mahdî), étant donné que la descente de Jésus et l’apparition al Mahdî sont concomitantes, comme l’affirment « Sahîh al-Bukhârî », ainsi que tous les autres corpus de Hadîth.

En effet beaucoup de rapporteurs de Hadîth ont rapporté de « Tafsîr al-Tha’labî » qui cite Ibn ‘Abbâs, Abû Hurayrah, Qutâdah, Mâlik Ibn Dinar, al-Dhahhâk que ce verset désigne la descente de Jésus à l’époque de l’apparition al Mahdî, et que le premier priera derrière le second.

4-  » Oui, Nous avons écrit dans az-Zabûr, après le Rappel (le Livre céleste) que la terre sera héritée par Mes bons serviteurs « .

Al-‘Allâmah al-Tabrasî, s’appuyant sur des hadîth sains et dignes de foi, explique ce verset comme suit:  » Nous avons écrit dans « az-Zabûr » après le Rappel… » a plusieurs interprétations, dont:

1- Le Zabûr désigne tous les Livres des Prophètes, et cette partie du verset signifie que  » Nous avons écrit dans les Livres que Nous avons révélés aux Prophètes, après l’avoir mentionné dans le Rappel ( Thikr) », c’est-à-dire le Livre-mère qui se trouve au Ciel, « 

al-Lawh al-Mahfûdh » (la Planche Gardée). Tel est du moins l’avis de Sa’îd Ibn Jubayr et Mujâhid Ibn Zayd;

2- Le Zabûr désigne les Livres révélés après la Bible; et le Rappel, c’est la Bible. Ceci est l’opinion d’Ibn ‘Abbâs et d’al-Dhahhâk;

3- Le Zabûr est le Livre de David et le Rappel est la Bible.

Cet avis rapporté d’al-Cha’bî, lequel aurait dit aussi que le Rappel désigne le Coran et que le mot « après » (en arabe ba’d) dans le verset signifie en fait « avant ». Quant à la deuxième partie du verset,  » la terre sera héritée par Mes bons serviteurs » signifie: selon certains avis que la terre du Paradis sera héritée par  » Mes serviteurs obéissants ».

Tel est l’avis d’Ibn ‘Abbâs, de Sa’îd Ibn Jubayr et d’Ibn Zayd.

Selon d’autres explications, il s’agit de notre terre que la Ummah (la Nation) du Prophète Mohammad (P) héritera par les conquêtes après en avoir chassé les mécréants, et ce conformément à ce qu’a dit le Messager d’Allah (P):

 » La terre m’a été présentée sous une forme réduite de telle sorte que j’aie pu en voir, en même temps les Orients et les Occidents. La propriété de ma Nation (Umma) atteindra toutes les parties de la terre que je n’ai pas atteintes ».

Ce hadith est rapporté également d’Ibn ‘Abbâs.

Et selon l’Imâm Abû Ja’far (p):

« La terre sera héritée par les compagnons de l’Imâm al Mahdî (p) à la fin des temps ».

Ceci est confirmé par un célèbre Hadîth du Prophète (P) rapporté aussi bien par les sources sunnites que chi’ites:

 » Même s’il ne restait de la vie de ce bas monde qu’une seule journée, Allah l’allongera jusqu’à ce qu’IL envoie un homme pieux de ma descendance, lequel remplira la terre de justice et d’équité, après qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie ».

5-  » Nous voulons favoriser ceux qu’on a affaiblis sur terre, et en faire les dirigeants, et en faire des héritiers  » .

Interprétant ce verset, l’imâm Mâlik Ibn Anas, le fondateur de l’ةcole Mâlikite dit: « L’application de ce verset ne s’est pas encore réalisée. La Umma attend encore la venue de celui par lequel cette prédiction sera réalisée ».

En effet, selon Abu-l-Faraj al-Içfahânî, alors que les ‘Alawites subissaient de plus en plus la répression des Abbassides, Mohammad Ibn Ja’far, un ‘Alawite est venu s’en plaindre auprès d’Anas Ibn Mâlik, celui-ci lui a répondu: « Attends jusqu’à ce que l’interprétation de ce verset se réalise:  » Nous voulons favoriser ceux qu’on a affaiblis sur terre, et en faire les dirigeants et en faire des héritiers » ».

Tels sont quelques versets coraniques qui font allusion à l’apparition de l’Imâm al Mahdî (p), selon l’interprétation des Imâms d’Ahl-ul-Bayt (p) qui sont les interprètes les plus crédibles de ce Saint Livre, selon le Noble Prophète (P) lui-même, dans son célèbre Hadîth al-Thaqalayn.

Nous nous contentons de citer seulement ces quelques versets, parmi beaucoup d’autres que le Cheikh al-Qandûzî, le Hanafite, a cités dans « Yanâbî’ al-Mawaddah » (3/76-85, section 71).

2La Croyance du Sunnisme à al Mahdî l’Attendu La biographie de l’Imam al- Mahdi (as) La Croyance du Sunnisme à al Mahdî l’Attendu

Vu le nombre de Hadiths authentiques sur al Mahdî, rapportés par des sources sunnites et chi’ites concordantes, la croyance à al Mahdî devient une nécessité de la Religion et une obligation pour tous les Musulmans, puisque une telle concordance de hadiths apporte une quasi certitude que cette croyance fait partie de la Sunna du Prophète (P).

Malheureusement beaucoup de Musulmans non avertis considèrent à tort que cette croyance est propre au courant chi’ite de l’Islam et pensent par conséquent qu’ils n’ont pas l’obligation d’y souscrire. Cette fausse impression est sans doute due au fait que les Chi’ites, ayant accordé une attention particulière à ce sujet à cause de l’identité et la personne d’Al Mahdî qu’ils croient faire partie des Douze Imams d’Ahl-ul-Bayt (p) qu’ils considèrent comme étant les seuls successeurs et représentants légitimes du Saint Prophète (P), ils ont en conséquence compilé et regroupé tous les hadîth sur al Mahdî et consacré et rédigé d’innombrables ouvrages sur ce sujet, alors que chez les Sunnites de tels hadiths restent parsemés ça et là, noyés et estompés dans un tas de divers autres hadîth que les corpus des Traditions prophétiques renferment. Et si quelques livres ont été rédigés par des ulémas sunnites, ils restent méconnus des masses des Musulmans.

D’autre part, si le sujet al Mahdî n’est pas aussi développé chez les Sunnites que chez les Chi’ites, c’est peut-être aussi pour des raisons politiques. En effet, on sait que les Ahl-ul-Bayt ont été écartés du pouvoir califal depuis Mu’âwiyah. Les Umayyades et les Abbassides qui se sont succédé au califat en en excluant les Ahl-ul-Bayt, les successeurs légitimes du Prophète (P), se sentaient toujours menacés par ces derniers et ont tout fait pour les isoler et conjurer leur influence en les maintenant autant que faire se peut à l’écart des masses des Musulmans. Ils les ont sauvagement et durement réprimés, ainsi que tous leurs partisans et adeptes, sans hésiter à sévir également sans pitié contre quiconque défendait leur cause ou tout simplement diffusaient un hadîth qui mettait en évidence leur légitimité et leurs mérites.

Il était donc normal que l’idée de la venue d’un Mahdî Sauveur (un descendant du Saint Prophète, donc faisant partie de ces mêmes Ahl-ul-Bayt tant craints et combattus), pour éradiquer l’injustice et la tyrannie, n’était nullement tolérée par le pouvoir califal qui se sentait visé et menacé par la diffusion de cette croyance.

Or la plupart des corpus et des ouvrages de hadîth ont été rédigés à cette époque-là et dans une telle conjoncture défavorable. Et si le pouvoir califal n’était pas à même d’empêcher l’enregistrement des hadiths sur al Mahdî, parmi tous les autres hadîth, du moins le climat général, était de nature à décourager la mise en évidence ou le développement de ce sujet sensible.

Aussi essayons-nous de donner ici quelques points de repère qui permettent au lecteur de faire des recherches lui-même et de constater que les hadiths sur l’Imam al Mahdî sont mentionnés dans presque toutes les sources sunnites.

Citons tout d’abord l’attestation d’une personnalité éminente contemporaine du Sunnisme, faite à ce sujet. Il s’agit du président de l’Université Islamique à Médine (Arabie Saoudite), ‘Abdul-‘Azîz Ibn Bâz qui a déclaré:

« La question Al Mahdî est une évidence. Les hadiths sur ce sujet sont très répandus, ou plutôt concordants et conjugués, ce qui montre justement que la question de cette personne promise est établie et que son apparition est une vérité indéniable ».

L’éminent Professeur Cheikh ‘Abdul-Mohsin al-‘Abbâd, membre du corps enseignant de cette même Université Islamique de Médine, dit dans une conférence intitulée « La croyance du Sunnisme à al Mahdî l’Attendu »:

« Parmi les noms des Compagnons qui avaient rapporté du Prophète (P), des Hadîth sur al Mahdî, j’ai pu en recenser 26. Ce sont:

1- ‘Othmân Ibn ‘Affân (R)

2- ‘Ali Ibn Abî Tâlib (R)

3- Talhah Ibn ‘Obaydullâh (R)

4- ‘Abdullah Ibn ‘Awf (R)

5- Al Hussein Ibn ‘Ali (R)

6- Om Salamah (R)

7- Om Habibah (R)

8- ‘Abdullah Ibn ‘Abbâs (R)

9- ‘Abdullah Ibn Mas’ûd (R)

10- ‘Abdullah Ibn ‘Omar (R)

11- ‘Abdullah Ibn ‘Amr (R)

12- Abû Sa’îd al-Khidrî (R)

13- Jabber Ibn ‘Abdullah (R)

14- Abû Hurayrah (R)

15- Anas Ibn Mâlek (R)

16- ‘Ammâr Ibn Yâser (R)

17- ‘Awf Ibn Mâlek (R)

18- Thawbân Mawlâ Rasûlollâh (R)

19- Qorrah Ibn Ayâs (R)

20- ‘Ali al-Hilâlî (R)

21- Huthayfah Ibn al-Yamân (R)

22- ‘Abdullah Ibn al-Hârith Ibn Hamzah (R)

23- ‘Awf Ibn Mâlek (R)

24- ‘Omrân Ibn Huçayn (R)

25- Abul-Tufayl (R)

26- Jâber al-اadfî (R) « .

Le Professeur Cheikh ‘Abdul-Mohsin passant par la suite aux plus célèbres transmetteurs du hadîth et auteurs des Corpus sunnites, constate:

« Les Hadiths sur al Mahdî ont été transmis par beaucoup d’imams dans les اihâh (les corpus de Hadîth, dits sains ou authentiques),

Sunan (recueils des Traditions), Glossaires, Musnads (chaînes de transmission de hadîth) etc. Parmi ceux dont j’ai examiné les ouvrages ou vu leur transmission (de hadîth sur al Mahdî), j’ai pu en recenser 38. Ce sont:

1- Abû Dâwûd, dans ses « Sunan » [« Sunan Abû Dâwûd »]

2- Al-Termithî, dans son « Jâmi' » [« Jâmi’ al-Termithî »]

3- Ibn Mâjah dans ses « Sunan » [« Sunan Ibn Mâjah »]

4- Al-Nasâ’î, mentionné par al-Safârînî dans « Lawâmi’ al-Anwâr al-Bahiyyah » et al-Manâwî dans « Al-Faydh al-Qadîr »…

5- Ahmad dans son « Musnad » [« Musnad Ahmad Ibn Hanbal »]

6- Ibn Habân dans son « اahîh » [« اahîh Ibn Habân »]

7- Al-Hâkem dans « Al-Mustadrak » [« Mustadrak al-Hâkem »]

8- Abû Bakr Ibn Abî Chaybah dans « Al-Moçannaf »

9- Na’îm Ibn Haddâd dans « Kitâb al-Fitan »

10- Al-Hâfidh Abû Na’îm dans « Kitâb al-Mahdî » et dans « Al-Hulyah »

11- Al-Tabarânî dans « Al-Kabîr », « Al-Awsat » et « Al-اaghîr »

12- Al-Dâr Qutnî dans « Al-Afrâd »

13- Al-Bârûdî dans « Ma’rifat al-اahâbah »

14- Abû Ya’lâ al-Mûçilî dans son « Musnad »

15- Al-Bazzâz dans son « Musnad »

16- Al-Hârith Ibn Abî Osâmah dans son « Musnad »

17- Al-Khatîb dans « Talkhîç al-Motachâbeh » et dans « Al-Motaffaq wa-l-Muftaraq »

18- Ibn ‘Asâker dans son « Ta’rîkh » [« Ta’rîkh Ibn ‘Asâker »]

19- Ibn Mandah dans « Ta’rîkh Içbahân »

20- Abû-l-Hasan al-Harbî dans « Al-Awwal min-al-Harbiyyât »

21- Tamâm al-Râzî dans son « Fawâ’id »

22- Ibn Jarîr dans « Tah-thîb al-آthâr »

23- Abû Bakr al-Moqrî dans son « Mo’jam »

24- Abû ‘Omar al-Dânî dans son « Sunan »

25- Abû Ghonm al-Kûfî dans « Kitâb al-Fitan »

26- Al-Daylamî dans « Musnad al-Firdaws »

27- Abû Bakr al-Iskâf dans « Fawâ’id al-Akhbâr

28- Abû-l-Hussain Ibn al-Manâwî dans « Kitâb al-Malâhim »

29- Al-Bayhaqî dans « Dalâ’il al-Nubuwwah »

30- Abû ‘Omar al-Moqrî dans ses « Sunan »

31- Abû-Jawzî dans son « Ta’rîkh »

32- Yahyâ Ibn Abdul-Hamîd al-Hamânî dans son « Musnad »

33- Al-Rawyanî dans son « Musnad »

34- Ibn Sa’d dans ses « Tabaqât » [« Tabaqât Ibn Sa’d »]

35- Ibn Khuzaymah

36- Al-Hasan Ibn Sufyân

37- ‘Omar Ibn Chabah

38- Abû ‘Awânah

ہ propos de ces quatre derniers, al-Suyûtî dit dans « Al-‘Orf al-Wardî » qu’ils ont rapporté les hadiths sur al Mahdî, mais sans mentionner dans quel livre ».

Bien évidemment ces deux listes sont loin d’être exhaustives. Il y a des dizaines d’autres Compagnons qui avaient rapporté du Prophète des Hadiths sur al Mahdî, mentionnés dans des sources sunnites, que le Professeur ‘Abdul-Mohsin n’a pas cités dans la première liste, et des dizaines d’autres uléma ou d’ouvrages sunnites qui avaient enregistré de tels hadiths, mais que l’auteur de la conférence n’a pas mentionnés dans la seconde liste.

L’authenticité des Hadiths sur al Mahdî

Ci-après sont énumérés, à titre d’exemple et d’illustration, quelques-uns des plus célèbres des ulémas et des spécialistes des Sciences du Hadîth sunnites, qui ont déclaré comme authentiques (sain, çahîh) des hadiths du Prophète sur l’Imam al Mahdî (p):

Ibn Taymiyyah (décédé en l’an 782 de l’Hégire): Il dit dans « Minhâj al-Sunnah » à propos des hadiths sur al Mahdî, rapportés par al-‘Allâmah al-Hillî: « Les hadîth qu’il rapporte sur al Mahdî sont des Hadiths authentiques ».

Al Imâm al-Termithî (décédé en 297): Il note à propos de trois Hadiths sur l’Imam al Mahdî: « C’est un Hadîth bon (hasan) et authentique ».

Al-Hâkem al-Nîsâpûrî (décédé en l’an 405 H.): Il souligne l’authenticité de la chaîne de transmission de quatre Hadiths sur al Mahdî, tout en faisant remarquer qu’ils n’ont pas été rapportés par al-Bukhârî et Muslim. Et à propos de trois autres Hadiths, il souligne qu’ils sont authentiques selon les critères de Muslim, tout en faisant remarquer que ni ce dernier ni al-Bukhârî ne les ont rapportés, et concernant huit autres, il note qu’ils sont authentiques selon les critères des deux Cheikh (Al-Bukhârî et Muslim) tout notant qu’ils ne les ont pas rapportés.

Al Imâm al-Bayhaqî (décédé en 458 H.): Il déclare « Les hadîth sur la sortie al Mahdî sont à la chaîne de transmission authentique ».

Al-Baghwî (décédé en 510 ou 516 H.): Il a rapporté dans son livre « Maçâbîh al-Sunnah », un hadîth sur al Mahdî dans le chapitre de « Hadiths authentiques » et cinq autres dans le chapitre de « Hadiths bons ( h asan) ».

Ibn Kathîr (décédé en 774 H.): Il a dit à propos de la chaîne de transmission d’un hadîth sur al Mahdî « C’est une chaîne solide et authentique (saine) », puis il a transmis un autre hadîth rapporté par Ibn Mâjah en le commentant ainsi: « C’est un hadîth bon qui a été rapporté du Prophète (P) par plus d’une source ».

Al-Hâfidh Ibn al-Qayyim (décédé en 751 H.): Il est parmi ceux qui confirment la concordance des hadiths rapportés sur al Mahdî Il a rapporté et trans-mis certains de ces hadiths en déclarant « authentiques » certains d’entre eux et « bons » (crédibles ou dignes de confiance) certains autres.

Al-Suyûtî (décédé en 911 H.): Il a marqué certains hadiths rapportés sur l’Imam al Mahdî par les lettres ( çh) c’est-à-dire ça hîh (authentique, sain), et certains autres par la lettre ( h) c’est-à-dire h asan (bon, digne de foi).

Hadîth du Prophète (P) sur l’identité d’Al Mahdî (p)

1- Al Mahdî est Kinânite, Quraychite, Hâchimite

Al-Maqdicî al-Châfi’î, dans « ‘Aqd al-Dorar » (de même qu’al-Hâkem dans « Al-Mustadrak »), a rapporté le Hadith suivant de Qutâdah, lequel témoigne:

« J’ai demandé à Sa’îd Ibn al-Musayyab: – La question al Mahdî est-ce une vérité?

– Oui, répondit-il, c’est une vérité.

– De qui descend-il? Lui ai-je demandé.

– De Kinânah, dit-il.

– Et puis?

– De Quraych.

– Et ensuite?

– De Banî Hâchim, affirma-t-il.

– etc… »

Et al-Maqdicî al-Châfi’î de commenter: « Ce Hadîth a été rapporté par l’imam Abû ‘Omar ‘Othmân Ibn Sa’îd al-Moqrî dans ses « Sunan », et l’imam Abu-l-Hussain Ahmad Ibn Ja’far al-Manâwî ainsi que l’imam Abû ‘Abdullah Na’îm Ibn Hammâd ».

(Il est à noter ici que tout descendant de Hâchim descend forcément de Quraych, et tout descendant de Quraych descend forcément de Kinânah, car selon l’avis unanime des généalogistes, Quraych est Al-Nadhr fils de Kinânah).

2- Al Mahdî, descendant de ‘Abdul-Muttalib

Selon Ibn Mâjah, citant Anas Ibn Mâlek, le Prophète (P) dit:

 » Nous, les descendants de ‘Abdul-Muttalib, sommes les Maîtres des gens du Paradis: Moi, Hamzah, ‘Ali, Ja’far, al-Hassan al-Hussain et al Mahdî ».

Et selon une autre version de ce Hadîth, légèrement nuancée, le Prophète (P) dit:

 » Nous les Sept des Banû ‘Abdul-Muttalib, sommes les Maîtres des gens du Paradis: Moi, mon frère ‘Ali, mon oncle paternel, Hamzah, Ja’far, al-Hassan, al-Hussayn et al Mahdî ».

Et l’auteur de commenter ainsi ce Hadîth: « Un groupe d’imams de hadîth l’ont rapporté dans leurs livres. Citons parmi eux: l’imam Abû ‘Abdullah Mohammad Ibn Yazîd Ibn Mâjah al-Qazwînî dans ses « Sunan », Abul-Qâcim al-Tabarânî dans son « Mo’-jam », al-Hâfidh Abû N’îm al-Içbahânî etc. ».

(Notons que ce Hadîth ne contredit pas le précédent, mais le restreint et le précise, puisque ‘Abdul-Muttalib, le grand-père du Prophète, est le descendant de Hâchim, donc ses descendants, dont al Mahdî, sont aussi les descendants de Hâchim, descendants de Quraych, descendant de Kinânah).

3- Les Hadiths déclarant qu’ Al-Mahdî descend du Prophète (P).

– Selon Abû Sa’îd al-Khidrî, le Prophète (P) a dit:

 » Al-Mahdî descend de moi. Il aura le front haut, le nez aquilin. Il remplira la terre d’équité et de justice de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie. Il régnera pendant sept ans ».

Al-Hâkem déclare ce Hadîth comme authentique ( çahîh), selon les critères de Muslim et d’al-Bukhârî. De même l’ont classé parmi les hadiths authentiques al-Kanjî al-Châfi’î, al-Suyûtî, Cheikh Mançûr ‘Ali Nâçif, et Abûl-Faydh.

Et selon l’Imam ‘Ali (p), le Prophète (P) a dit:

 » Al-Mahdî sera au nombre de mes descendants (min wildî ). Il aura une absence et une occultation pendant laquelle les peuples seront égarés. Il réapparaîtra avec les munitions des Prophètes (p). Il la (la terre) remplira de justice et d’équité, de même qu’elle aura été remplie de tyrannie et d’injustice ».

Ce Hadîth est rapporté par Cheikh al-اadûq dans « Kamâl al-Dîn », et adopté comme référence par Al-Juwanî al-Châfi’î dans « Farâ’id al-Samtayn » et par Al-Qandûzî al-Hanafî dans « Yanâbî’ al-Mawaddah ».

4- Les hadîth affirmant qu’ Al-Mahdî fait partie des Ahl-ul-Bayt (les 14 Infaillibles).

A-  » Les jours ne se terminent ni le temps ne prend fin avant que ne règne sur les Arabes un homme de ma Famille (Ahlu-Baytî), dont le nom sera mon nom ».

Ce Hadîth a été rapporté par Ahmad Ibn Hanbal dans son « Musnad », citant le témoignage d’Ibn Mas’udï transmis par plusieurs chaînes de transmetteurs. Il est rapporté également par Abû Dâwûd dans ses « Sunan », et Al-Tabarânî dans « al-Mo’jam al-Kabîr ». Al-Tirmithî et al-Kanjî al-Châfi’î l’ont déclaré authentique (çahîh).

B-  » S’il ne restait à ce monde qu’un seul jour de durée, Dieu suscitera un Homme de ma Famille qui remplira la Terre de justice, comme elle aura été remplie de tyrannie ».

Ce Hadîth est rapporté du Prophète (P) par l’Imam ‘Ali (p). Il est transmis par AHMAD dans son « Musnad », ainsi que par Ibn Abî Chîbah, Abû Dâwûd, et al-Bayhaqî. Al-Tabrasî en a dit que les Sunnites et les Chi’ites s’accordent sur son authenticité.

Quant à Abûl-Faydh al-Ghimârî, il souligne que « Ce Hadîth est authentique sans aucun doute et aucune contestation ».

C-  » L’Heure ne sera suscitée avant qu’un Homme de ma Famille dont le nom sera mon nom ne soit suscité ».

Ce Hadîth rapporté du Prophète (P) par Ibn Mas’udï est transmis par AHMAD et al-Tirmithî, al-Tabrânî selon plusieurs chaînes de transmission. Il est transmis également par al Cheikh al-Tûcî et par al-Kanjî qui le déclare authentique.

D’autre part, Abû Ya’lî al-Muçilî l’a rapporté dans son « Musnad » d’un autre Compagnon, Abû Hurayrah, et dans « Al-Dur al-Manthûr », il noté que « Al-Tirmithî a rapporté ce Hadîth relaté par Abû Hurayrah et en a dit qu’il est authentique ».

D-  » Al-Mahdî fait partie de nous, les Gens de la Maison (Ahl-ul-Bayt). Il a le nez aquilin et le front haut. Il remplira la terre d’équité et de justice de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie ».

Ce Hadîth est rapporté du Prophète (P) par Abî Sa’îd al-Khidrî, et il est transmis par ‘Abdul-Razzâq. Al-Hâkem l’a déclaré authentique selon les critères de Muslim. Al-Arballî l’a mentionné dans « Kach al-Ghummah ».

5- Les Hadîth déclarant qu’ Al-Mahdî fait partie de la Progéniture -‘itrah – (du Prophète (P)

De nombreux hadiths dans ce sens ont été rapportés par les principaux « traditionnistes » (spécialistes des Sciences du hadîth). Nous en citons un ci-après à titre d’illustration:

 » L’Heure ne sera pas suscitée avant que la terre ne soit remplie d’injustice et d’agression. Et là un Homme de ma progéniture – ou de ma Famille (Ahlu-Baytî) selon une autre version – apparaîtra et la (la terre) remplira d’équité et de justice, de même qu’elle aura été remplie d’injustice et de tyrannie ».

Ce Hadîth rapporté du Prophète (P) par Abû Sa’îd al-Khidrî, est cité par AHMAD, Ibn Habân, et par al-Hâkem qui l’a déclaré « authentique » selon les critères d’al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que par al-اâfî dans « Muntakhab al-Athar ».

6- Hadîth de Al-Mahdî, descendant de Fatima .

Selon Om Salamah: « J’ai entendu le Prophète dire:

 » Al-Mahdî est une vérité. Il descend de Fatima ».

Ce Hadîth est rapporté par Abû Dâwûd, Ibn Mâjah, al-Tabarânî, et al-Hâkem. Il est à noter à cet égard, et c’est un détail révélateur et significatif, que quatre éminents ulémas sunnites, ont rapporté ce Hadîth de « اahih Muslim », alors que les éditions de ce livre, disponibles de nos jours, ne le mentionnent pas! D’autres « traditionnistes » sunnites ont reconnu son authenticité, et d’autres encore ont affirmé la concordance ( tawâtor) de ses chaînes de transmission.

D’autre part, Na’îm Ibn Hamâd rapporte cette parole de l’Imam ‘Ali:  » Al-Mahdî est un Homme des nôtres. Il descend de Fatima » et cette autre citée par al-Zohrî: » Al-Mahdî est un descendant de Fatima ».

Enfin reprenons le récit de Qutâdah cité au début de ce chapitre pour le compléter, car il réunit la plupart des éléments contenus dans les différents hadiths que nous venons d’énumérer. Qutâdah a relaté:

« J’ai demandé à Sa’îd Ibn al-Musayyab:

– La question al Mahdî est-ce une vérité?

– Oui, répondit-il, c’est une vérité

– De qui descend-il? Lui ai-je demandé

– De Quraych

– De quelle branche de Quraych?

– De Banî Hâchim, affirma-t-il.

– De quelle branche de Banî Hâchim?

– Les descendants de ‘Abdul-Muttalib, dit-il

-Des quels descendants de Abdul-Muttalib?

– Les descendants de Fatima, précisa-t-il ».

7- Les Hadîth précisant qu’ Al-Mahdî sera un descendant de l’Imam al-Hussain.

Les Compagnons, Salman al-Fârecî, Abî Sa’îd al-Khidrî, Abû Ayyûb al-Ançârî, Ibn ‘Abbâs, ‘Ali al-Hilâlî ont rapporté du Prophète (P) le Hadîth suivant avec des nuances dans la formulation:

 » ش Fatima! Nous les Ahl-ul-Bayt, sommes favorisés par sept qualités dont n’a été favorisé aucun parmi les premiers et que n’atteindra aucun des derniers (….) De nous sera issu al Mahdî de la Umma, derrière lequel priera ‘Issa (Jésus) ».

Et posant sa main sur l’épaule d’al-Hussain (p), le Prophète (P) a ajouté:

 » C’est de lui que sera issu al Mahdî de la Umma ».

Il y a beaucoup d’autres hadiths semblables rapportés par des chaînes de transmetteurs sunnites dont nous citons:

– Selon Huthayfah Ibn al-Yamân: « Le Prophète nous a dit un jour:

 » … S’il ne restait à ce monde qu’une seule journée, Allah – IL est Puissant et ةlevé – l’allongera jusqu’à ce qu’IL suscite un Homme de mes descendants dont le nom sera le mien ».

Là, Salman al-Fârecî demanda: « ش Messager d’Allah! Duquel de tes descendants sera-il? Le Prophète (P) répondit:

 » De celui-là », en posant sa main sur al-Hussain ».

– L’Imam al-Hussain (p) (cité dans « Yanâbî’ al-Mawaddah », citant « Al-Manâqib » d’al-Khawârizmî, témoigne:

« Un jour lorsque je suis entré chez mon grand-père, le Messager d’Allah (P), il m’a fait asseoir sur sa jambe et m’a dit:

 » Allah a choisi de ton épine dorsale, ô Hussain!, neuf Imams dont le neuvième sera leur Résurrecteur (Qasim). Ils seront tous égaux dans la préséance et la position auprès d’Allah ».

– Salman al-Fârecî (cité dans « Yanâbî` al-Mawaddah » qui cite « Al-Manâqib » d’Al-Khawârizmî) témoigne : « Un jour je suis entré chez le Messager d’Allah (P) et je l’ai vu en train d’embrasser les yeux d’al-Hussain, qui était assis sur sa jambe, et le baiser sur la bouche, en lui disant:

 » Tu es Maître (Sayyed), fils de Maître et frère de Maître! Tu es Imam, fils d’Imam et frère d’Imam! Tu es Hujjah (Preuve d’Allah) et père de Hujjah et tu es le père de neuf Hujjah dont le neuvième sera leur Résurrecteur ».

8- Al Mahdi est le fils de l’Imam al-Hassan al-‘Askarî .

Selon al-Qandûzî dans « Yanâbî’ al-Mawaddah » citant « Kitâb al-Arba’în » d’Abî Na’îm al-Içbahânî, l’Imam ‘Ali al-Redhâ (p), le VIIIème Imam d’Ahl-ul-Bayt a dit:

« Le successeur pieux parmi les fils d’Al Hassan al-‘Askarî sera le Maître du Temps ( اâhib al-Zamân), al Mahdî Que la Paix d’Allah soit sur eux ».

Toujours selon « Yanâbî’ al-Mawadah » citant « Farâ’id al-Samtayn d’al-Hamwînî al-Châfi’î, l’Imam al-Redhâ (p) a dit:

« L’Imam qui me succédera est mon fils Mohammad (Al-Taqî), et celui qui lui succédera sera son fils ‘Ali (Al-Naqî, dit al-Hâdî) dont le fils, Al Hassan (dit al-‘Askarî) lui succédera. Après al-Hassan l’Imamat reviendra à son fils Al-Hujjah al-Qâ’im (La Preuve d’Allah, le Résurrecteur), dont on attend la réapparition après son occultation et à qui on obéira après sa réapparition. Il remplira la terre d’équité et de justice après qu’elle aura été remplie de tyrannie et d’injustice. Quant à savoir quand (il surgira)? C’est comme pour l’Heure! En effet selon mon père, citant ses ancêtres, le Messager d’Allah a dit à ce propos:  » Il (al Mahdî), c’est comme l’Heure, elle ne vous surviendra que subitement »

D’autres Hadiths confirment l’existence d’Al-Mahdî et qu’il est bien le XIIe Imam d ‘ Ahl-ul-Bayt

A –  » Quiconque meurt sans avoir connu l’Imam de son temps, mourra en jâhilite ».

Ce Hadîth rapporté du Prophète (P) avec des variantes dans la formulation – mais exprimant toutes le même sens et le même contenu – est relaté dans les principaux et les plus célèbres ouvrages de Hadîth, et par les rapporteurs de Hadîth les plus notoires, sunnites et chi’ites confondus. Il serait trop long de les énumérer ici. Contentons-nous donc d’en citer quelques-uns dont l’autorité est universellement reconnue: « اahîh al-Bukhârî » et « اahîh Muslim » parmi les Sunnites; al-Kulaynî, al-اadûq et son père, ainsi qu’al-Humayrî et al-اaffâr parmi les Chi’ites.

La signification de ce Hadîth est claire. Il rend obligatoire à tout Musulman de connaître l’Imam légitime de son époque, sous peine d’une fin horrible. Cela implique donc forcément qu’il y a un Imam légitime à toute époque et pour toute génération. Seule explication possible, plausible et cohérente à ce Hadîth est l’existence de l’Imam al Mahdî et sa survie depuis le décès de son père, l’Imam al-Hassan al-‘Askari, en 260 de l’Hégire, et jusqu’à sa réapparition annoncée par le Prophète et confirmée par ses prédécesseurs les Onze Imams d’Ahl-ul-Bayt, les Successeurs légitimes du Messager d’Allah. D’ailleurs les hadiths suivants ne font que confirmer la signification de ce Hadîth.

Certes, d’aucuns diraient que l’expression  » l’Imam de son temps » couvrirait ou désignerait tout gouvernant (calife, roi ou président de la république), fût-il injuste, dévié, corrompu ou pervers, (et le monde musulman n’en manque pas et n’en a pas manqué)! Mais qui pourrait croire un instant à une telle interprétation insensée et absurde de ce Hadîth?! Qui pourrait concevoir que l’Islam ou le Noble Prophète vouerait une telle révérence à un gouvernant même corrompu ou tyran, pour imposer à tout Musulman l’obligation et « l’honneur » ou « la bénédiction » de le connaître?!

B –  » La terre n’est jamais vide d’un Guide qui, répondant pour Allah, maintient Ses témoignages … ».

Ce Hadîth, rapporté lui également par les ulémas aussi bien sunnites que chi’ites, en citant différentes chaînes de transmetteurs, corrobore le Hadîth précédent et commande l’existence nécessaire de l’Imam al Mahdî

Autrement, l’énoncé:  » la terre n’est jamais vide d’un Guide …  » ne s’explique pas, si l’on n’admet pas sa naissance et sa survie. Ledit Hadîth est rapporté directement de l’Imam ‘Ali (p) par Kumayl Ibn Ziyâd al-Nakh’î à qui il a été adressé:

« ش Kumayl Ibn Ziyâd: Apprends de moi par coeur ce que je te dis: (…) Oui, certes, par Allah! La terre n’est jamais vide d’un Guide qui maintient les Preuves d’Allah. Il assume cette tâche soit à découvert soit tout en étant caché. Et ce afin que les Preuves divines et leurs significations ne soient pas anéanties ».

Ibn Hajar al-‘Asqalânî a compris ce Hadîth comme allusion à l’Imam al Mahdî, lorsqu’il a déclaré:

« Le fait que ‘Issa (p) priera derrière un Homme de cette Umma, bien qu’on soit vers la Fin du Temps et à l’approche de la résurrection de l’Heure indique que  » la terre n’est jamais vide d’un Guide qui, répondant d’Allah, maintient Ses Preuves » ».

Ibn Abî Hadîd a compris la même chose de ce Hadîth.

C- Les Hadiths du Prophète sur les  » Douze Califes Successeurs »

Al-Bukhârî a rapporté le témoignage suivant de Jabir Ibn Samrah: « J’ai entendu le Prophète (P) dire:  » Il y aura douze Amîrs … » et d’autres mots que je n’ai pas pu entendre. Mon père m’a informé alors qu’il avait dit  » ils seront tous issus de Quraych » »

Selon « اahîh Muslim », le Prophète (P) a dit:

 » La Religion se maintiendra jusqu’à l’arrivée de l’Heure ou jusqu’à ce que Douze Califes, issus tous de Quraych, vous eussent dirigés ».

« Musnad Ahmad », cite le témoignage suivant de Masrûq: « Nous étions assis chez ‘Abdullah Ibn Mas’udï qui récitait le Coran. Un homme demanda alors à ce dernier: « ش Abû ‘Abdul rahman! N’avez-vous jamais demandé au Messager d’Allah (P) combien de Califes vont régner sur cette Umma? » ‘Abdullah Ibn Mas’udï a répondu: « Personne, avant toi, ne m’a posé cette question depuis que je suis venu en Irak ».

Et d’ajouter: « Si! Nous l’avons posée au Messager d’Allah (P) et il y a répondu:  » Douze, comme le nombre des Chefs ( noqabâ’) de Banî Ismâ’îl » ».

Il ressort de cette série de hadiths admis unanimement par les sources sunnites et chi’ites, ce qui suit:

1- Le nombre de  » Calife ou d’ةmirs » qui ont la charge de la Umma (la Communauté musulmane) après la disparition du Prophète (P) et jusqu’à la fin des Temps, est douze et ils sont tous issus de Quraych.

Ceci est conforme à la croyance du Chî’isme qui veut que les seuls successeurs légitimes du Prophète (P) soient ses Douze Descendants, les Douze Imams d’Ahl-ul-Bayt (p), dont le douzième est l’Imam al Mahdî, occulté et toujours vivant jusqu’à la Fin des Temps.

Certes, on peut objecter que l’expression  » ةmirs ou Califes » ne s’applique pas à la réalité des Douze Imams, lesquels, à l’exception de l’Imam ‘Ali, n’ont pas accédé au pouvoir. Mais, la réfutation de cette objection est simple et évidente: le Prophète (P) a désigné par  » Califes ou ةmirs » ceux qui sont dignes de lui succéder ou qui méritent légitimement le pouvoir et sa succession, et non point ceux qui, à l’instar de Yazîd, Marwân ou Mu’âwiyah, ont transformé le Califat Bien Dirigé en monarchie héréditaire et qui au lieu de se plier aux exigences de la Charî’ah ont plié celle-ci aux caprices de leur règne et de leur pouvoir, comme l’a bien démontré, l’une des figures de proue du Sunnisme moderne, Abû-l-A’lâ al-Mawdûdî, dans son excellent livre « Al-Khilâfah wa-l-Mulk ».

Si les Imams d’Ahl-ul-Bayt ont été systématiquement écartés du pouvoir, ils n’ont pas moins exercé leur fonction de diriger spirituellement leurs adeptes, de transmettre les enseignements authentiques du Prophète (P), d’attirer l’attention de la Umma chaque fois que le pouvoir califal commettait une entorse évidente à la Charî’ah.

2- Ces douze Chefs sont désignés par Allah puisque le Hadîth les compare aux  » Douze Chefs de Banî Ismâ’îl » choisis par la Volonté divine, comme l’affirme le Coran:  » Allah a contracté une alliance avec les Banî Ismâ’îl et Nous avons suscité douze chefs parmi eux ».

3- Les Hadîth précités impliquent la présence de l’un des douze à toutes les époques et tant que la Religion existe, et ce jusqu’a l’occurrence de l’Heure. En effet « اahîh Muslim » rapporte, dans le même chapitre précité (note 72), un hadîth explicite à cet égard:

 » Cette affaire (le califat ou la succession) demeurera au sein de Quraych même s’il ne restait dans le monde que deux personnes ».

Or ceci est tout à fait conforme à la croyance du Chî’isme qui veut que le Douzième Imam, l’Imam al Mahdî soit toujours vivant et qu’il réapparaisse forcément à la Fin des Temps pour remplir la terre de justice et d’équité, de même qu’elle aura été pleine d’injustice et de tyrannie, comme l’a annoncé le Noble Prophète (P).

Notons que personne n’ignore que les uléma sunnites ne se sont jamais accordés sur les noms des  » Douze Califes » mentionnés dans les hadiths authentiques qu’ils rapportent eux-mêmes, au point que certains d’entre eux ont été obligés d’impliquer dans ce chiffre les noms de Mu’âwiyah, Marwân, ‘Abdul-Malik et ‘Omar Ibn ‘Abdul-‘Azîz pour compléter le quota de douze.

Mais une telle interprétation des  » Douze Califes » ne tient pas debout et ne concorde pas avec le texte du Hadîth, car elle couvre la période allant jusqu’à l’époque de ‘Omar Ibn ‘Abdul-‘Aziz, alors que le Hadîth dit clairement que la Religion existera avec leur existence jusqu’à l’avènement de l’Heure.

Donc les hadiths de  » Douze Califes » demeurent inexplicables tant qu’on ne les applique pas sur les Douze Imams d’Ahl-ul-Bayt et la survie du dernier d’entre eux, l’Imam al Mahdî Car si on l’applique aux califes Quraychites (Umayyades et Abbassides) qui se sont succédé effectivement au Pouvoir, on se heurte au fait que leur nombre était plusieurs fois le double du chiffre de 12 indiqué dans les Hadîth concernés. De plus ils ont tous péri d’une part, et aucun d’entre eux n’a été désigné par la Volonté divine, selon l’unanimité des Musulmans.

écoutons ce que dit à cet égard le Traditionniste hanafite al-Qandûzî:

« Selon certains chercheurs (Mohaqqiqîn), les hadiths indiquent que les Califes après le Prophète (P) sont notoirement connus grâce aux nombreuses chaînes de transmission qui les ont rapportés. Et si l’on tient compte du temps, de l’univers et du lieu, on comprend de ces Hadiths qu’ils visent « les douze Imams, faisant partie de la Famille et de la Progéniture du Prophète (P) ». Car on ne saurait les appliquer à ses Compagnons qui ont accédé au califat, leur nombre étant inférieur à douze, ni aux rois omeyyades, leur nombre étant supérieur à douze d’une part, et en raison de leur injustice flagrante – ‘Omar Ibn ‘Adul-‘Aziz, mis à part – d’autre part; et enfin parce qu’ils ne sont pas issus de Banî Hâchim, alors que le Prophète (P), avait précisé:  » Ils appartiendront tous aux Banî Hâchim », selon le récit de ‘Abdul Malek rapportant le témoignage de Jâber (…). On ne saurait les appliquer non plus aux rois abbassides, leur nombre étant là encore supérieur au chiffre fixé (…). Ce qui corrobore, cet avis (ce sont les douze Imams d’Ahl-ul-Bayt qui sont désignés par lesdits Hadîth), c’est Hadîth al-Thaqalayn ».

Rappelons enfin, et c’est très important, ce que son ةminence Mohammad Bâqer al-Sadr a souligné dans le Livre 1 de cet ouvrage, à savoir que le Hadîth du Prophète sur les Douze Califes, dans toutes ses variantes, avait été rapporté et enregistré dans les Corpus de hadîth (les اihâh) chronologiquement avant que ne s’achève le cycle de douze Imams d’Ahl-ul-Bayt. Il n’est donc nullement le reflet d’une réalité vécue, mais plutôt l’expression d’une vérité divine annoncée par celui  » qui ne prononce rien sous l’effet de la passion » et qui ne fait que transmettre la Parole d’Allah, le Prophète (P), en affirmant:  » Les Califes après moi seront au nombre de douze », afin que les gens qui ont le privilège d’être bien guidés constatent la concrétisation de cette vérité dans la réalité historique qui a commencé avec l’Imam ‘Ali et qui se termine par l’accession de l’Imam al Mahdî à l’Imamat, c’est-à-dire à la succession légitime du Noble Prophète. Telle est la seule application plausible et logique de ce Hadîth.

Les hadiths sur les Douze Imams (p) clarifient le contenu des hadîth sur les Douze Califes

Nous avons tenu, jusqu’ici, à ne reproduire, toujours par souci d’objectivité, que les hadiths du Prophète (P), notoirement connus, largement diffusés et universellement admis sur les  » Douze Califes », bien que ces hadiths, dans la version présentée, soient vagues et sujets à diverses interprétations, du moins lorsqu’on les juge sur les apparences. Nous allons présenter maintenant sur le même sujet, une série d’autres hadiths, plus explicites et plus précis, mais qui, bien qu’ils soient aussi authentiques et aussi incontestables que les précédents, sont peut-être moins connus et partiellement rapportés, pour des raisons politico historiques évidentes auxquelles nous avons déjà fait allusion brièvement et que nous expliquerons plus en détail par la suite. Ces hadiths sont:

  1. a) – Selon le Compagnon ‘Abdullah Ibn ‘Abbas, cité par Sa’îd Ibn Jubayr, cité par al-Juwînî dans « Farâ’id al-Samtayn »:  » Le Prophète (P) a dit:

 » Mes Successeurs (Kholafâ’î), et mes Héritiers présomptifs ( awçiyâ’î ), (qui seront) les Preuves d’Allah après moi, sont au nombre de douze: le premier d’entre eux est mon frère et le dernier est mon fils ».

On lui a demandé alors:

– ش Messager d’Allah! Qui est donc ton frère?

– ‘Ali Ibn Abî Tâlib, a-t-il répondu.

– Et qui est ton fils? lui a-t-on demandé encore.

– C’est al Mahdî, lequel la (la terre) remplira d’équité et de justice après qu’elle aura été remplie de tyrannie et d’injustice, a-t-il répondu.

  1. B) – Jabir Ibn ‘Abdullah témoigne que le Prophète (P) lui a dit:

 » ش Jabir! Mes héritiers présomptifs et les Imams des Musulmans après moi commencent par ‘Ali, puis al-Hassan, puis al-Hussain… ».

Puis il a mentionné nommément les neuf descendants d’al-Hussain, à commencer par ‘Ali Ibn al-Hussain et en terminant par al Mahdî Ibn (fils de) al-Hassan al-‘Askarî (p).

  1. c) – Selon al-اadûq (décédé en l’an 381 H.) dans « Kamâl l-Dîn wa Tamâm al-Ni’mah », citant une chaîne de transmetteurs qui remonte à l’Imam Ja’far al-Sâdiq (p) qui cite son père, citant ses prédécesseurs, les Imams d’Ahl-ul-Bayt (p), le Messager d’Allah (P) a dit:

 » Jibrâ’îl (l’archange Gabriel) m’a informé que le Seigneur de la Puissance – que Sa Majesté soit Grande – avait dit: « Quiconque vient à savoir qu’il n’y a de Dieu que Moi Seul, que Mohammad est Mon Serviteur et Mon Messager, que ‘Ali Ibn Abî Tâlib est Mon Lieutenant, et que les Imams parmi ses descendants sont Mes Preuves, Je le ferai entrer dans Mon Paradis, par Ma Miséricorde, Je le sauverai de l’Enfer, par Mon Pardon… ».

Lorsque le Prophète (P) termina sa parole, Jabir Ibn ‘Abdullah al-Ançârî lui demanda:

– Quels sont les Imams parmi les descendants de ‘Ali Ibn Abî Tâlib?

Le Prophète répondit:

 » Al Hassan et al-Hussain, les deux Maîtres de la Jeunesse du Paradis, puis le Maître des adorateurs (Zayn al-‘آbidîn) de son époque, ‘Ali Ibn al-Hussain, puis Al-Bâqer Mohammad Ibn ‘Ali que tu rencontreras, ô Jabir – et lorsque tu le rencontreras, transmets-lui mes salutations – puis Al-Sâdiq Ja’far Ibn Mohammad, puis Al-hakim Musa Ibn Ja’far, puis Al-Redhâ ‘Ali Ibn Musa, puis Al-Taqî Mohammad Ibn ‘Ali, puis Al-Naqî ‘Ali Ibn Mohammad, puis Al-Zakî al-Hassan Ibn ‘Ali, puis son fils Al-Qâ’im Bi-l-Haq, le Mahdî de ma Umma, qui remplira la terre d’équité et de justice après qu’elle aura été remplie de tyrannie et d’injustice. Ceux-là sont, ô Jabir, mes Successeurs (kholafâ’î), mes Héritiers présomptifs (awçiyâ’î), mes Fils (awlâdî) et ma Progéniture. Quiconque leur obéira m’aura obéi, et quiconque leur désobéira m’aura désobéi… » ».

  1. d) – Al-Qandûzî al-Hanafî rapporte dans « Yanâbî’ al-Muwaddah, citant al-Khawârizmî « Kitâb al-Manâqib » d’al-Khawârizmî al-Hanafî, citant l’Imam al-Redhâ (p) qui cite la chaîne de transmission des Imams d’Ahl-ul-Bayt (p), un Hadîth du Prophète (P) qui mentionne nommément les douze Imams en commençant par Amîr al-Mo’minîn ‘Ali Ibn Abî Tâlib et en terminant par l’Imam al Mahdî Ibn al-Hassan al-‘Askarî (p). Al-Qandûzî affirme que ce même Hadîth est rapporté par al-Juwînî al-Hamwînî al-Châfi’î, auteur de « Farâ’id al-Samtayn ».

De même al-Qandûzî rapporte un autre hadîth du Prophète rapporté par deux chaînes de transmission remontant à Ibn ‘Abbâs, mentionnant également les noms des Douze Imams, et un autre encore remontant à Jabir Ibn ‘Abdullah al-Ançârî.

  1. e) – Dans « Kifâyat al-Athar fî-l-Naç ‘Alâ-l-A’immah al-Ithnâ ‘Achar », Al-Khazzâz (l’un des uléma notoire du IVe siècle de l’Hégire) consacre tout son livre aux hadiths qui mentionnent les noms des Douze Imams (p).

Mais estimant qu’il n’est pas nécessaire de les reproduire ici, nous nous contentons d’extraire et de citer une partie de son introduction:

« Je commence par énumérer les Récits (Hadiths) qui mentionnent nommément les douze Imams (p) et qui sont rapportés par les Compagnons les plus connus du Prophète (P), tels que ‘Abdullah Ibn ‘Abbâs, ‘Abdullah Ibn Mas’udï, Abî Sa’îd al-Khodrî, Abû Tharr al-Ghifârî, Salman al-Fârecî, Jabir Ibn Sumrah, Jabir Ibn ‘Abdullah, Anas Ibn Mâlek, Abû Hurayrah, ‘Omar Ibn al-Khattâb, Zayd Ibn Thâbit, Zayd Ibn al-Arqam, Abî ‘Omâmah Wâthilah Ibn al-Asqa’, Abû Ayyûb al-Ançârî, ‘Ammâr Ibn Yasser, Huthayfah Ibn Osayd, ‘Omrân Ibn al-Haçîn, Sa’d Ibn Mâlek, Huthayfah Ibn al-Yamân, Abû Qutâdah al-Ançârî, ‘Ali Ibn Abî Tâlib (p) et ses deux fils al-Hassan et al-Hussain (p).

Et parmi les femmes: Om Salamah, â’ichah, et Fatima fille du Messager d’Allah (P).

Ce genre de hadiths, rapportés avec encore plus de détails sur les Douze Imams, dont l’Imam al Mahdî, et mentionnés avec tous les maillons de leurs chaînes de transmission, vérifiés et examinés à la loupe par des ulémas et des spécialistes qui font autorité, sont abondants dans les livres de référence chi’ites, mais plutôt rares dans les corpus sunnites.

On assiste ainsi à un contraste révélateur à cet égard, lorsqu’on examine les deux séries ou groupes de hadîth sur les  » Douze Califes » et les  » Douze Imams ». Alors que les hadîth de la première série (les Douze Califes) qui sont plutôt concis, vagues et équivoques, et sujets à différentes interprétations, se trouvent normalement diffusés dans les corpus et d’autres ouvrages sunnites traitant des Traditions, ceux de la seconde série (les Douze Imams) qui sont détaillés et très explicites quant à leurs significations, apparaissent surtout dans les corpus de tendance Chi’ite.

Pourtant, un chercheur neutre qui étudie objectivement l’ensemble de ces hadiths et examine selon les règles des Sciences des Traditions leur valeur documentaire, conclurait sûrement à l’authenticité des hadiths des deux séries, et surtout constaterait qu’ils traitent tous d’un même et seul sujet. Si malgré un tel constat d’unité de sujet et de source, ces hadîth sembleraient, de prime abord, appartenir à deux séries distinctes, cela tient sans doute au contexte historique et politique dans lequel ils ont été rapportés.

En effet, on sait que malgré la volonté du Prophète (P), maintes fois exprimée devant des milliers de Musulmans, de voir, conformément à la Volonté divine, les Ahl-ul-Bayt (p), à commencer par l’Imam ‘Ali (p) lui succéder, ce dernier fut écarté du califat, après le décès du Messager d’Allah(P). Après la disparition de l’Imam ‘Ali, ses descendants, les autres Imams d’Ahl-ul-Bayt seront également systématiquement mis à l’écart du Califat. Si l’Imam ‘Ali et ses successeurs, se sont résignés devant le fait accompli, se contentant de diriger spirituellement leurs adeptes et de mener une opposition généralement pacifique au pouvoir califal, il va de soi qu’ils n’ont jamais renoncé à leur droit inaliénable, comme seuls successeurs légitimes du Prophète (P). ةvidemment la présence permanente de cette légitimité ne manquait pas d’inquiéter les différents califes officiels qui se sont succédé au Pouvoir. Il était naturel dès lors qu’ils toléraient difficilement la diffusion de toute référence prophétique de nature à rappeler ou à évoquer cette légitimité bien embarrassante. Lorsqu’ils ne pouvaient pas interdire une telle diffusion, du moins faisaient-ils tout ce qui était en leur pouvoir pour la décourager.

Citons à cet égard l’exemple de Mu’âwiyah qui non seulement a fermement interdit qu’on rapporte des hadiths du Prophète (P) mettant en évidence les vertus de l’Imam ‘Ali et des Ahl-ul-Bayt (p), mais il a décrété à l’adresse des imams de Prière et de ses gouverneurs, l’obligation « hérétique », selon l’expression d’Abû-l-A’lâ al-Mawdûdî, de maudire l’Imam ‘Ali (p) du haut de leurs chaires.

écoutons ce qu’écrit à ce sujet, l’un des dirigeants modernes les plus éminents du Sunnisme, ‘Abû-l-A’lâ al-Mawdûdî que nous venons d’évoquer:

« Une autre hérésie hideuse est apparue sous Mû’âwiyah. Celui-ci et avec lui et – sur ses ordres – ses gouverneurs injuriaient notre maître ‘Ali du haut de leurs chaires. Ce qui est plus grave encore, ils le maudissaient- lui qui était l’être le plus aimé parmi ses proches parents, et le plus proche de son noble coeur – du haut de la chaire de la Mosquée même du Prophète, devant la maison du Prophète et en présence des fils et des plus proches parents de notre maître ‘Ali, lesquels entendaient ces injures ».

Et Al-Mawdûdî d’ajouter:

« Injurier quelqu’un après sa mort est, en soi, une chose contraire à l’éthique humaine, et ce, sans compter qu’elle est aussi contraire à la Charî’a. Pis, mêler le Prône de la Prière du Vendredi à de telles bassesses était du point de vue religieux et moral une action grossière et trop détestable ».

Poussant cette haine irréductible jusqu’à son paroxysme, Mu’âwiyah n’a pas hésité à assassiner, décapiter et mutiler les cadavres de ces Musulmans pieux, de ces Compagnons augustes qui avaient pour seul tort de s’opposer à cette pratique abjecte et contraire à l’esprit et aux préceptes de l’Islam que constituait là le fait de proférer des injures à l’égard de la Famille du Prophète lors de la Prière du Vendredi.

Là encore citons Abû-l- A’lâ al-Mawdûdî en gage d’impartialité:

« Cette pratique nouvelle – l’assassinat des Compagnons qui refusaient d’injurier l’Imam ‘Ali a été inaugurée par Mu’âwiyah avec l’assassinat, en l’an 41 de Hojr Ibn ‘Ady, un Compagnon auguste, un adorateur ascète, l’un des plus grands, pieux de la Umma. En effet lorsque la pratique d’injures et d’invectives proférées du haut de minbar (chaire) contre l’Imam ‘Ali fut instituée, les Musulmans des quatre coins du monde s’en étaient affligés tout en se taisant douloureusement. Toutefois, notre maître Hojr, n’a pu le supporter.

Aussi s’est-il mis à louer l’Imam ‘Ali et à critiquer sévèrement Mu’âwiyah (…). Un jour, Ziyâd, le Gouverneur omeyyade de Kûfa et de Basra ayant retardé la prononciation du Prône du Vendredi (parce qu’il était occupé à injurier l’Imam ‘Ali), Hojr protesta contre ce retard. Il fut tout de suite arrêté avec douze de ses compagnons. On les transféra tous au siège de Mu’âwiyah. Celui-ci ordonna qu’on les tue. Les bourreaux dirent à Hojr:

– Mu’âwiyah nous a donné l’ordre de vous proposer de renier ‘Ali et de le maudire. Si vous acceptez, vous serez libres; sinon nous vous tuerons.

Hojr et ses Compagnons refusèrent et dirent:

– Nous ne ferons pas ce qui courrouce Dieu.

Sur ce, Hojr fut exécuté avec sept de ses compagnons. Mu’âwiyah renvoya un autre des compagnons de Hojr à Ziyâd avec une lettre dans laquelle il lui demandait de le tuer de la façon la plus horrible. Ziyâd s’exécuta et l’enterra vivant! « .

Commentant cette atrocité de Mu’âwiyah, ‘Abû-l- A’lâ al-Mawdûdî écrit:

« Cet événement a fait trembler d’indignation tous les hommes pieux et bouleversa toute la Communauté musulmane » .

Ceci dit, dans un tel climat de haine et de terreur, où le pouvoir califal n’hésitaient pas à opprimer de la sorte des Compagnons aussi prestigieux et vénérés que Hojr Ibn ‘Ady ou les petits-fils du Prophète, les « Deux Maîtres de la Jeunesse du Paradis », selon l’expression du Prophète (P) lui-même, n’était-il pas normal que des hadiths qui mentionnent et désignent nommément les Imams d’Ahl-ul-Bayt, dont Al-Mahdî, promis pour mettre fin à la tyrannie et l’injustice, comme Successeurs légitimes du Messager d’Allah se fassent rares aussi bien dans la transmission orale que dans les ouvrages en vue. Les seuls hadiths de cette catégorie qui pouvaient survivre à cette censure étaient ceux qui échappaient au contrôle du pouvoir. Seuls – ou presque – les Imams d’Ahl-ul-Bayt (et leurs adeptes) qui étaient mis souvent au ban de la société pouvaient se permettre discrètement, ce « luxe » ou ce « privilège » et de préserver ainsi une bonne partie des traditions du Prophète, qui dérangeaient les autorités califales.

En outre dans cette conjoncture, le terrain était tout à fait propice à toutes sortes d’inventions et de déformations du Hadîth.

3Les Signes et les circonstances de l’apparition de l’Imam al Mahdî La biographie de l’Imam al- Mahdi (as) Les Signes et les circonstances de l’apparition de l’Imam al Mahdî

L’apparition du Réformateur universel, l’Imam al Mahdî (p) constitue l’un des événements majeurs de l’Histoire de l’Humanité. Il était donc normal que le Prophète (P), ainsi que ses successeurs légitimes, les Imams d’Ahl-ul-Bayt (p) informent la Umma de la venue de ce « Grand Réformateur et Sauveur de l’Humanité » ainsi que des circonstances et des signes annonciateurs de l’approche de son apparition, afin que les gens soient avertis et que les esprits soient préparés à l’accueil de cet événement.

Beaucoup de Hadiths et de Récits, rapportés du Prophète et des Imams d’Ahl-ul-Bayt nous décrivent ces signes et ces circonstances, lesquels sont de deux natures: cosmique et sociale.

L’un des signes sociaux les plus évidents qui annonce l’approche de l’avènement d’al Mahdî est la dégradation de la civilisation et du mode de vie humain, et sa rétrogradation vers les stades obscurantistes de l’humanité, stades qui précèdent normalement la venue d’un Prophète réformateur. En effet, c’est lorsque l’Humanité sombre dans l’obscurantisme et que les croyances, les coutumes, les normes, les moeurs et les relations sociales obscurantistes prévalent dans la vie de cette Humanité, que la situation économique et la sécurité se dégradent, que la peur, l’inquiétude, les guerres, l’injustice et l’iniquité se généralisent que l’Humanité éprouvent un besoin impérieux d’un grand Réformateur qui change le cours de l’Histoire et opère une révolution radicale pour la ramener vers la Voie prophétique et la Marche monothéiste.

De même, les récits hagiographiques soulignent comme signe précurseur de cet événement le haut degré de progrès scientifique et technologique que l’Humanité atteint, ainsi que la maturité de l’esprit humain.

Un autre signe avant-coureur de la venue d’Al-Mahdî signalé par les hadiths est la naissance d’un noyau de partisans et de mouvement social, politique et militaire qui prépare son arrivée.

Ainsi, on peut résumer les signes sociaux, annonciateurs du Sauveur Attendu comme suit:

1- La prédominance de l’injustice et de l’iniquité;

2- La renaissance de la vie, des moeurs et des croyances de l’obscurantisme antéislamique;

3- Le progrès scientifique remarquable;

4- Les guerres et les troubles destructeurs, qui vont de pair avec l’absence de sécurité et de paix;

5- L’apparition d’imposteurs et de faux réformateurs;

6- La cherté de la vie et la détérioration de la situation économique;

7- L’apparition de mouvements de réforme, de dirigeants et de courants réformateurs qui aplanissent le terrain pour l’accueil du Sauveur.

Citons à présent quelques-uns des hadiths qui nous parlent de ces signes:

Selon al-اadûq dans son « Man Lâ Yah-dhurhu-l-Faqîh », citant al-Açbagh Ibn Nabâtah, l’Imam ‘Ali Ibn Abî Tâleb (p) a dit:

 » ہ la Fin des Temps et à l’approche de l’Heure – qui constitue la pire des époques – apparaissent des femmes dévoilées, nues, courant vers les plaisirs et légalisant ce qui est illégal. Leur demeure éternelle sera la Géhenne ».

Selon al-Majlicî dans « Bihâr al-Anwâr », citant une chaîne de transmission remontant à l’Imam al-Sâdiq, le Prophète (P) a dit:

 » Ma Umma connaîtra une époque où les gens font montre d’un fond perfide et des apparences bonnes, par désir avide de ce bas monde.

Ils ne recherchent pas (en ce temps) ce qu’il y a chez Allah – IL est Très-Haut et Sublime – . Ils sont marqués par une hypocrisie sans scrupules.

Allah leur envoie alors un châtiment, à la suite duquel ils se mettent à L’implorer à la façon d’un naufragé, mais leur appel de détresse n’aura pas de réponse ».

Et selon la même source, le Prophète (P) a dit:

 » Ma Umma connaîtra une époque où il ne restera du Coran que son dessin, et de l’Islam que son nom. Les gens s’en réclameront tout en en étant les plus éloignés. Leurs mosquées seront très fréquentées, mais la piété y sera absente. Les Faqîh (ulémas, jurisconsultes) de cette époque seront les pires des faqîh sous le ciel. C’est d’eux que les troubles sortiront et c’est vers eux qu’ils retourneront ».

Selon l’Imam Mohammad al-Bâqer (p):

 » Al-Mahdî ne paraîtra que lorsque les tyrans auront été élevés ».

Selon l’Imam ‘Ali (p), le Prophète (P) a dit:

 » L’Islam a commencé expatrié et il redeviendra expatrié. Mais bienheureux seront les expatriés ».

On lui a demandé alors:

– ش Messager d’Allah, qui sont-ils?

Le Prophète (P) a répondu:

 » Ceux qui se réformeront, lorsque les gens se seront pervertis. Un bon croyant n’éprouve jamais ni l’affliction ni le sentiment d’être expatrié. Il n’y a pas un bon croyant qui meure expatrié sans que les Anges ne pleurent sur lui, par compassion, là où les gens qui le pleurent se font rares, et sans que sa tombe ne s’élargisse par une lumière qui brille depuis le lieu de son enterrement jusqu’au lieu de sa naissance ».

Selon Abî Imâmah al-Bâhilî, rapporté par Ibn Mâjah dans ses « Sunan » (Tome II), le Prophète (P) nous a dit à propos d’Al-Dajjâl:

 » Il n’y a pas un trouble sur la terre, depuis qu’Allah a créé la postérité d’Adam, plus terrible que celui d’Al-Dajjâl. Allah n’a jamais moissonné un Prophète sans mettre en garde sa nation contre al-Dajjâl. Or, je suis le dernier des Prophètes, et vous êtes la dernière des nations. Donc, il sortira inévitablement parmi vous ».

L’Imam al-Sâdiq (p), décrivant le haut niveau technologique et scientifique auquel sera parvenue l’Humanité lors de l’apparition d’al Mahdî, dit:

 » Lorsque notre Qâ’im (le Résurrecteur, l’Annonciateur de la Résurrection) sera suscité, Allah développera tellement la vue et l’ouïe de nos partisans qu’ils n’auront pas besoin de courrier entre eux et lui. Il leur parlera et ils l’entendront et le verront alors qu’il reste à sa place ».

L’Imam al-Sâdiq (p) a dit également:

 » ہ l’époque du Qâ’im, le croyant qui se trouverait en Orient pourra voir son frère qui se trouverait en Occident et vice versa ».

(On peut dire que ces deux Hadiths indiquent le progrès technologique et le développement des moyens de communication de nos jours, tels le téléphone, la Radio, la Télévision. Et il est évident que ces deux technologies (la vue et l’ouïe à distance) annoncées comme signes matériels de l’apparition d’al Mahdî, n’existaient pas à l’époque de l’Imam al-Sâdiq (p), ni même il y a deux siècles. Par conséquent, les deux Hadiths pourraient être considérés comme des documents matériels corroborant la vérité de l’apparition d’al Mahdî).

Dans son livre « Al-Ghaybah », Cheikh al-Tûcî rapporte le témoignage suivant de Mohammad Ibn Muslim et Abî Baçîr qui affirment avoir entendu l’Imam al-Sâdiq (p), dire:

 » Cette affaire (la venue de l’Imam al Mahdî) ne se réalisera pas avant que ne disparaissent les deux tiers de l’Humanité ».

Sur ce, ils (les deux témoins) lui ont demandé:

– Mais si les deux tiers de l’humanité disparaissaient, qui restera-il?

L’Imam al-Sâdiq a répondu:

 » N’accepteriez-vous pas de faire partie du tiers restant? ».

Selon Abû Na’îm dans « Al-Burhân fî ‘Alâmât اâhib al-Zamân », l’Imam ‘Ali (p) a dit:

 » Le Mahdî ne sortira que lorsqu’un tiers des gens auront été tués et un autre tiers morts et que le troisième tiers aura survécu ».

Selon un hadîth rapporté par al-اadûq et attribué à l’Imam al-Kâdhim (p):

 » Deux signes annonceront la venue d’al Mahdî, qui démentiront les calculs des astrologues: une éclipse lunaire qui se produira le 5 du mois (lunaire) et une éclipse solaire, le 15, ce qui ne s’était produit depuis la descente d’Adam (p) sur la terre ».Notons enfin que les hadiths qui évoquent la venue d’al Mahdî affirment qu’il surgira à la Mecque, qu’il y proclamera son Imamat et la constitution de son ةtat, et que les gens lui prêteront serment d’allégeance à l’endroit situé entre le Rukn et le Maqâm au Masdjid al-Harâm.

La question d’al Mahdî disséquée par Henri Corbin

Dans le livre I, son ةminence Mohammad Bâqer al-Sadr, s’est soucié de répondre aux dogmatiques du scientisme et à tous ceux qui, entichés de « rationnel » et de « réalité scientifique », se montrent sceptiques relativement à l’occultation et à la parousie de l’Imam al Mahdî. Maintenant, il nous semble opportun de changer complètement de registre et d’amener le lecteur vers un autre chercheur dont le souci principal est d’étudier la croyance à al Mahdî comme un fait purement religieux et spirituel, en dehors de toute considération historique non immanente à ce fait.

En effet, Henri Corbin, après avoir disséqué, pendant 20 ans, tous les Hadiths et Récits hagiographiques sur les Douze Imams d’Ahl-ul-Bayt en général, et sur l’Imam al Mahdî en particulier, et après avoir recueilli et examiné, en tant que chercheur objectif, les témoignages de tous ceux qui affirment avoir rencontré l’Imam Caché, en songe ou en état d’éveil, a écrit un monument de quatre volumes sur ce sujet, en s’appliquant tout au long de sa recherche, à replacer la question d’al Mahdî dans son contexte spirituel, et en s’employant à étudier et à expliquer cette question phénoménologiquement, ou en d’autres termes en s’efforçant de « rencontrer le fait religieux en laissant montrer l’objet religieux tel qu’il se montre à ceux à qui il se montre » (c’est-à-dire à ceux qui croient fermement à al Mahdî).

 » Cet oeil de l’âme qui jamais ne sommeille « 

« L’ « histoire » du XIIe Imâm, écrit Henri Corbin, est une hagiographie dont nous essayerons d’indiquer ici les principaux événements. Mais prévenons d’emblée qu’une fois franchi le seuil de l’hagiographie du XIIe Imâm, il apparaîtra au lecteur que ce que l’on appelle communément critique historique, a perdu la quasi-totalité de ses droits. En revanche, si nous acceptons de déposer devant ce seuil les revendications de cette critique en faveur d’une perception des choses véritablement phénoménologique, nous nous rendrons disponibles pour percevoir et comprendre, avec l’organe approprié, la signification des événements qui adviennent « entre les temps » et l’ordre de réalité supérieure que ces événements annoncent, parce qu’ils appartiennent à cet ordre supérieur.

« Toute hagiographie a des témoins à produire, souvent en grand nombre, comme dans le cas du XIIe Imâm. Elle ne peut pour autant produire des certificats, attestations et documents du genre de ceux qu’exige notre obsession de l’historicité matérielle exotérique, laquelle a fini par ne plus se représenter qu’un seul plan de réalité admissible pour qu’il y ait « événement ».

« Pour exiger de l’hagiographie qu’elle produise ses documents critiques, il faut commencer par dégrader l’ordre de réalité qui est propre aux événements que rapporte l’hagiographie. Il y a longtemps, sans doute, que le travail de dégradation se poursuit. Moins l’on est apte à percevoir qu’il y a des « événements dans le Ciel », plus l’on exigera des preuves d’historicité matérielle. Plus on perd le sens des événements dont la réalité est essentiellement mysterium liturgicum, plus on effacera de fêtes du calendrier. Ce que l’on appelle aujourd’hui « matérialisme historique » a de lointains précurseurs, jusque dans la théologie. Il est donc possible que tout ce que nous rapporterons ici concernant l’hagiographie du XIIe Imâm, apparaisse à l’historien comme reposant sur des documents sans valeur objective. Et pourtant les événements sont arrivés! Mais les documents qui gardent la seule trace que puissent laisser des événements accomplis dans le malakût, ne sont que des dépouilles, des chrysalides, si l’on n’en a pas la clef. En revanche pour tout philosophe professant un minimum de « réalisme spirituel », ces documents apparaîtront comme inappréciables.

« Autrement dit, l’organe de perception doit être ici  » cet oeil de l’âme qui jamais ne sommeille », comme dit Philon d’Alexandrie. Les événements qui se situent dans le temps du XIIe Imâm, qu’ils soient relatés dans des documents qui appartiennent au passé, au présent ou à l’avenir, ces événements, eux, ne peuvent pas être saisis par un autre organe que les « sens spirituels » dont parlent tous nos théosophes. Aussi bien l’Imâm, absent pour la perception sensible, serait encore invisible comme tel, même s’il était là en personne, pour tous ceux qui sont incapables de voir autrement que de la manière dont ils perçoivent un objet quelconque dans le monde extérieur. Or l’épiphanie de l’Imâm, sa parousie, ne peut se produire tant que la conscience des hommes n’y est pas éveillée. Elle ne peut advenir « entre temps » que pour le petit nombre de ceux qu’il choisit lui-même, ceux qui peuvent en avoir la conscience spirituelle ( ma’rifat), non pas la simple connaissance extérieure dont même l’animal est capable.

C’est ce que nous ont enseigné les textes qui, en nous rappelant ce que signifie « voir l’Imâm en Hûrqalyâ », sous-entendaient que le monde suprasensible de Hûrqalyâ et le monde matériel sensible coexistent, s’interpénètrent, se contiennent l’un l’autre; Hûrqalyâ est à la fois au-dessus de nous, autour de nous et à l’intérieur de nous.

« Quand, par notre inscience, il n’est pas à l’intérieur de nous, il ne peut être ni connu ni reconnu de nous « nulle part », car rien ne peut être connu extérieurement que grâce à une modalité correspondante qui soit en nous. Extérieurement, pour comprendre la présence occulte de l’Imâm caché, demeurant invisible en ce monde, on peut encore se référer à la manière dont le bouddhisme mahayaniste se représente la personne du bodhisattva qui renonce à quitter ce monde, et diffère d’entrer dans le nirvana avant d’avoir sauvé tous ceux dont il a la charge.

« Intérieurement, on pensera à la manière dont Mollâ Sadrâ, par exemple, professe que toute âme, toute entité spirituelle, porte en elle-même son ciel ou son enfer. Simples indications en vue d’un modus intelligendi qui comporte sa rigueur propre; sinon, autant passer un aveu d’impuissance à comprendre tout ce qui est hiérognose, perception des mondes invisibles et des événements visionnaires dont se compose la hiéro histoire. Au chercheur qui « sauve les phénomènes » en procédant comme un pèlerin au coeur sincère, les événements révéleront, mieux que tout exposé théorique, le secret de l’âme chi’ite, un secret dont la force défie victorieusement, depuis dix siècles, les puissances du doute et du refus. »

Les témoignages détaillés et très précis de tous ceux qui, depuis l’occultation de l’Imam al Mahdî racontent comment ils l’ont rencontré, le plus souvent, en songe visionnaire, paraissent tellement concordants et tellement saisissants qu’Henri Corbin les déclare comme « continuant l’hagiographie du XIIe Imam »et leur consacre une place prépondérante dans sa recherche.

Comment, quand, où et à qui al Mahdî peut être visible depuis son occultation, d’après l’examen de ces témoignages? En voici quelques éléments de réponse que nous extrayons de l’exposé exhaustif fait par Henri Corbin sur ce sujet:

« L’Imâm caché, jusqu’à l’heure de sa parousie, ne se rend visible qu’en songe ou bien en certaines manifestations personnelles qui ont alors le caractère d’événements visionnaires (….) Les récits de ces visions théophaniques sont nombreux dans les livres chi’ites; il y aurait à en opérer le classement typologique. Le plus souvent, le XIIe Imâm apparaît sous la forme d’un jeûne enfant ou d’un adolescent d’une grande beauté. Il se manifeste dans les cas de détresse matérielle ou de tourment spirituel, au détour d’un chemin, par exemple, ou dans une mosquée où le fidèle se trouve solitaire. Le plus souvent, celui-ci comprend sûrement après coup que c’est l’Imam qui s’est montré à lui. Chaque fidèle chi’ite sait qu’il peut l’appeler à son aide. On connaît même la typographie du lieu secret où il réside. (….) ».

« Si la hiéro histoire du shî’isme est remplie de ces visions théophaniques, celles-ci ne se produisent jamais que sur l’initiative de l’Imâm, et si l’Imâm apparaît presque toujours sous la forme d’un jeune homme d’une très grande beauté, presque toujours aussi, sauf exception (nous en verrons plus loin un cas) celui à qui fut donné le privilège de cette vision, ne prend conscience que plus tard de celui qu’il a vu. Sauf exception, un strict incognito enveloppe ces manifestations, ce même incognito qui préserve la chose religieuse de toute socialisation. « Beaucoup d’hommes, écrit l’un de nos théologiens, ‘Ali Asghar Borûjardî, ont vu la beauté parfaite de cet ةlu (le XIIe Imâm), mais ils ne l’ont reconnu qu’ensuite, après qu’il les eut quittés », en comprenant que l’action bénéfique produite, matérielle ou spirituelle, n’avait pu être l’oeuvre que de l’Imâm. Certains l’ont vu au temps du pèlerinage de La Mekke; d’autres en la mosquée de Koufa (l’ancienne cité chi’ite par excellence); d’autres en quelque lieu saint chi’ite, mais jamais il ne s’agit d’une vision collective, car même si les hommes le « voient », ils sont incapables de le reconnaître. C’est cela justement la Grande Occultation. L’Imâm va et vient dans tous les lieux du monde, sans immaner à un lieu, sans être fixé, contenu, dans un lieu. »

« Parmi les multiples récits concernant les apparitions de l’Imâm au « temps de la Grande Occultation », les quatre textes dont nous proposons ci-dessous la traduction, appartiennent à des types différents. Deux d’entre eux (le premier, récit de la fondation de Jam-Karân, et le quatrième, rencontre dans le désert) mettent le fidèle en présence de l’apparition de l’Imâm en personne. Les deux autres (le second, récit du voyage à l’Ile Verte, et le troisième, le voyage aux cinq îles) conduisent le fidèle en présence des compagnons ou des fils de l’Imâm. Chaque fois, certes, la rencontre résulte d’une décision secrète de l’Imâm; à l’homme de s’y rendre apte, mais ce n’est pas à l’homme de décider qu’il veut le rencontrer et encore moins d’y réussir (une anecdote nous le rappellera ci-dessous). En outre, il peut arriver que la présence de l’Imâm fasse irruption dans le lieu où se trouve le fidèle ou le pèlerin, et là même le transfère au lieu de sa présence (quatrième récit). Et il peut arriver que l’épisode visionnaire commence soit par la manifestation de personnes « appartenant au monde de l’Imâm » et qui progressivement font pénétrer le pèlerin dans ce monde (premier et deuxième récits), soit par un prologue initiatique, une navigation par exemple, qui à l’insu des intéressés, les mène dans un monde inconnu (troisième récit).

« Tous les récits ont ce trait commun et caractéristique que le passage de la topographie du monde sensible à celle du monde inconnu, s’accomplit sans que les sujets aient conscience du moment précis où s’opère la rupture. Ils ne s’en aperçoivent que lorsqu’ils sont déjà « ailleurs ». Détail encore caractéristique: l’irruption du monde de l’Imâm dans notre monde peut se prolonger par quelque trace matérielle (v. g. un édifice construit sur son ordre); ou, fait plus troublant, le pèlerin peut rapporter de sa rencontre un objet témoin (un livre, une bourse, par exemple). Il arrive aussi que la portée de l’événement fasse du récit un véritable récit d’initiation, c’est-à-dire d’initiation à la doctrine chi’ite, au secret de l’Imâmat (deuxième et troisième récits). »

Il est à noter qu’ici, Henri Corbin a mis l’accent, essentiellement, sur la tendance mystique  » ‘irfânî » dans le Chî’isme. Les personnes qui aspirent à rencontrer l’Imam caché, agissent à la façon d’un soufi en quête d’un maître ou d’un guide spirituel. Mais au lieu de rechercher, à travers une tarîqah (congrégation soufie) un maître soufi, aux pouvoirs nécessairement limités, le mystique choisit comme « pôle spirituel directement l’Imam lui-même sans intermédiaire », lequel étant le seul à même de dévoiler toutes les révélations prophétiques, permet au fidèle d’atteindre à l’épanouissement spirituel auquel il aspire.

Ceci dit, ces récits et ces témoignages multiples, sont racontés avec une telle force de conviction qu’elle ébranle l’incrédulité ou les réserves de tout esprit sceptique. Loin d’être usés à la longue et à travers les âges, ils paraissent plutôt renouvelables et toujours d’actualité. Conscient que cette vérité pourrait laisser perplexes certains lecteurs, Henri Corbin après avoir posé la question inévitable « qui vient spontanément à l’esprit du lecteur informé de l’évolution de l’Orient contemporain: que signifie, par exemple, pour la jeunesse iranienne de nos jours, la mystérieuse figure du XIIe Imâm? », il y répond en rapportant un témoignage significatif à cet égard:

« Et cela donne justement son importance au témoignage que j’eus l’occasion de rapporter ailleurs et qu’il m’apparaît opportun de reproduire ici, parce qu’il émanait d’un jeune Iranien de mes amis (un « moins de trente ans »), éminemment représentatif de la jeunesse étudiante formée en Occident pour laquelle sont en général réunies toutes les conditions du déracinement spirituel (nous pourrions dire: toutes les conditions qui mènent à l’oubli de ses origines le jeune prince parthe du « Chant de la Perle » des Actes de Thomas). Il achevait ses études dans une université de Suisse. Il eût pu être comblé en ce pays, et pourtant il passait la plupart de ses soirées à évoquer avec nostalgie, en la compagnie d’un jeune compatriote étudiant comme lui, les vastes déserts de l’Iran et le pèlerinage de la ville sainte de Qomm (à 140 km au sud de Téhéran). Et voici qu’une nuit, le pèlerinage qu’il attendait de pouvoir accomplir en réalité, il le fit en songe. Le récit qu’il m’en fit portait si typiquement les traits d’un songe initiatique, la puissance archétype s’y fait sentir avec une telle force que je lui demandai de le mettre par écrit. Avec sa permission, tout en ne le désignant discrètement que par ses initiales H. B., je reproduis ici son récit:

« Une nuit, j’ai rêvé qu’avec mon ami nous nous étions mis en marche, partant de Téhéran pour aller à Qomm. Nos vêtements n’étaient pas ceux de tous les jours, mais ceux que portent chez nous les derviches (les soufis). Nous avions suivi à travers champs les sentiers qui, dans la direction du sud, mènent vers Qomm. Nous allions aborder le désert du sud de Téhéran, lorsque soudain, apparurent devant nous des créatures de taille immense, quelque chose comme des dragons. Brusquement je cessai de voir mon ami. Il me sembla qu’il avait rebroussé chemin et était retourné vers le nord. Je sentis que j’étais seul. Mais voici qu’entre mes mains il y avait quelque chose comme une lance, si longue que je n’en ai jamais vu de pareille dans la réalité. Je combattis avec les dragons longtemps, longtemps.

Finalement je dus réussir à les mettre en pièces, car je vis qu’un torrent qui passait là, emportait les dragons disloqués, et moi-même je fus immergé dans ce torrent. Je sortis de ce bain, et je sentis que j’étais nu. Mais voici qu’on jeta sur mes épaules une longue pièce d’étoffe. A ce moment-là, j’avais l’impression que le terrain où je marchais exhalait de la vapeur ou du brouillard; on ne voyait rien. Soudain la ville sainte m’apparut au loin, avec le dôme d’or étincelant et les minarets de l’enceinte sacrée. M’étant dirigé vers la ville, j’arrivai à un carrefour plafonné en voûte. Là on me désigna la maison de l’ Imâm attendu. La porte en était grande ouverte. Une courte distance de quelques centaines de pas me séparait de la maison de l’Imâm… A ce moment-là je m’éveillai de mon rêve. Mais j’en ai gardé une impression profonde. L’essentiel m’en apparaît comme étant la distance qui me séparait de la porte ouverte de la maison de l’Imâm; car depuis lors, le sentiment que j’ai de ma vie, en songe ou à l’état de veille, c’est qu’elle consiste à parcourir cette distance, parce qu’elle est la mesure exacte de ma vie; elle règle le temps et l’harmonie de mon existence tout entière; elle est le temps et l’espace réels que j’éprouve sur cette Terre » ».

http://alhassanain.org/french/?com=book&id=237

La biographie de l’Imam Al-hassan askari (P)

Le onzième Imm était le fils de l’Imam Ali Al-Naqi. Il s’appelait Hassan. Durant la dernière partie de sa vie, il a habité dans un lieu appelé ‘Askar (armée), dans cette ville de Samarrâ’, et c’est pour cette raison qu’on l’a surnommé l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari. Il est né à Médine en l’an 232 de l’Hégire, et il a accédé à l’Imamat à l’âge de vingt-deux ans. Son Imamat a duré six ans. Il est mort en 260 de l’Hégire et a été inhumé à côté du tombeau de son père à Samarrâ’, dans un endroit nommé A

La biographie de l’Imam Al-hassan askari (P)

Le onzième Imm était le fils de l’Imam Ali Al-Naqi. Il s’appelait Hassan. Durant la dernière partie de sa vie, il a habité dans un lieu appelé ‘Askar (armée), dans cette ville de Samarrâ’, et c’est pour cette raison qu’on l’a surnommé l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari. Il est né à Médine en l’an 232 de l’Hégire, et il a accédé à l’Imamat à l’âge de vingt-deux ans. Son Imamat a duré six ans. Il est mort en 260 de l’Hégire et a été inhumé à côté du tombeau de son père à Samarrâ’, dans un endroit nommé Al-‘Askariyayn, devenu depuis un lieu de Ziyarah (action de visiter en vue de rendre hommage au défunt et de prier sur lui) pour leurs adeptes.

Les califes abbassides considéraient les descendants de l’Imam Ali comme leurs rivaux pour le Califat. Comme les Saints Imams appartenaient à la Famille du Prophète et de l’Imam Ali et que leurs qualités marquantes conduisaient les Musulmans épris de vérité et de justice à considérer ces guides vertueux comme étant plus dignes que tous autres pour la direction de la Ummah, l’appareil califal était toujours sur ses gardes, craignant à tout moment une révolte ou un soulèvement contre le pouvoir en place.

Nous avons vu dans le cas des autres Imams, combien les califes les surveillaient de près. En ce qui concerne l’Imam Al-‘Askari la pression et la surveillance ont atteint leur comble car l’appareil califal avait entendu depuis longtemps que de nombreux hadiths attribués au Saint Prophète parlaient du neuvième descendant de l’Imam Al-Hussayn, soit le fils de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari, et que les vrais aadeptes de l’Islam considéraient le douzième Imam comme étant en question, et celui qui se soulèverait contre l’oppression et l’injustice pour remplir le monde d’équité et de justice.

Les Imams de la Chi’ah (les partisans de la ligne de l’Imam Ali) disaient souvent que leur gouvernement sera établi par Al-Mahdi Promis qui mettra fin à l’oppression et à l’injustice.

C’est pourquoi, dès que l’appareil califal s’est aperçu que c’était Al-Hassan Al-‘Askari qui est devenu le onzième Imam, après la mort du dixième Imam, il a redoublé de vigilance, au point que toute personne qui entrait chez l’Imam ou sortait de chez lui était tenue sous haute surveillance et suivie de très près. C’est pour cette raison que le douzième Imam s’est abstenu d’apparaître en public, même pendant son enfance et su vivant de son père. Seules les personnes qui avaient l’entière confiance de son père avaient l’habitude de le voir. La plupart des amis très sûrs du onzième Imam et ses repésentants avaient pour but de fermer la voie d’éventuels futurs faux représentants à l’Imamat d’une part, de ne laisser aucun doute sur l’existence du douzième Imam, le fils de l’Imam Al-‘Askari, d’autre part.

Parfois, la surveillance de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari devenait plus sévère, puisqu’on le gardait carrément en prison. Toutefois, les geôliers et leur entourage étaient si favorablement impressionnés par la pureté, la sincérité, la piété, l’honnêteté et la spiritualité de l’Imam qu’ils devenaient eux-même pieux et vertueux.

L’Imam occupait une position si élevée aux yeux du public que même ses ennemis étaient obligés de le louanger.

A l’époque, Ahmed Ibn ‘Ubaidullah a été nommé par le calife, administrateur des Awqâf (biens de mainmorte) à Qom. Son père était ministre du calife. Un jour, alors qu’il était assis avec quelques amis et que les notables de Samarrâ’ étaient en pleine discussion, il a dit : « Parmi les Sayyid (titre de noblesse donnéaux descendants du Prophète) alawites (de Ali, les descendants de l’Imam Ali – Ali Ibn Abi Tâlib), je ne connais personne qui puisse égaler Al-Hassan Al-‘Askari. Il est sans égal en matière de savoir, de sagesse, de retenue, de majesté, de grandeux, de chasteté, de modestie, de noblesse, de sobriété, de piété, de dignité et de magnanimité. Tout le monde, y compris le calife, les dirigeants et les fils aînés de la nation, lui témoigne un repect extraordinaire. »

L’Ima Al-Naqi avait un frère qui s’appelait Ja’far le Menteur, parce qu’il avait prétendu faussement à l’Imamat. Comme l’Imam Al-Mahdi, le fils de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari, était caché au moment de la mort de ce dernier, et que la plupart des gens n’étaient pas au courant de son existence, Ja’far a profité de l’occasion pour se présenter comme le successeur de son frère, et s’est efforcé de défendre sa cause par différents moyens.

Un jour, il a vu le ministre du calife et lui a fait l’offre de lui payer vingt mille dinars en or par année q’il consentait à le reconnaître formellement comme étant le successeur de son père et de son frère. Le ministre l’a renvoyé en lui disant : « Idiot ! Les califes ont dégainé leur sabre et brandi leur fouet pour écarter de ton père et de ton frère leurs partisans, mais il n’ont pas réussi. Ils ont essayé de les amener à leur désobéir, mais sans succès. Maintenant, si les adeptes de ton père et de ton frère consentaient à te reconnaître comme Imam, tu n’aurais pas besoin d’en voir un confirmation d’une autre partie. Et si à leurs yeux tu n’es pas Imam, tu n’auras jamais ce titre, même si le calife t’y aidait.

Voici quelques paroles de l’Imam Al-Hassan Al-‘Askari :

Ne vous perdez pas dans des disputes et des discussions interminable, car cela diminuerait votre mérite ; et ne plaisantez pas trop, car cela en conduirait d’autres à ouvrir leur bouche avant vous.

Celui qui donne un conseil à son frère sans la foi de façon discrète l’aura orné, mais s’il le conseille en présence d’autrui, il l’aura humilié et dégradé.

Chaque dose a des limites. Si elle dépasse ces limites, elle devient nuisible. La générosité par exemple a des limites. Si elle les excède, elle devient extravagante. L’attention a des limites. Si ces limites sont dépassées, elle devient peur. L’économie dans les dépenses a des limite, si elle va au-delà de ces limites, elle devient mesquinerie. La bravoure a des limites, si elle les dépasse, elle devient impétuosité et témérité.

La meilleure façon de se former est la suivante : on ne doit pas aimer pour les autres ce que n’aime pas pour soi-même.

As Salam alayk ya ibna Rassoulillah(sas)

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