Analyse de la nature du soulèvement de l’Imam al-Hussein (Psl)

L’importance du débat portant sur l’événement de Karbala repose sur le type d’événement dont il s’agit et sur la catégorie d’événement à laquelle le jour de ‘Achoura appartient. En effet, s’agit-il, du point de vue social, d’une explosion sans but comme le sont la plupart des explosions qui surviennent sous l’effet de la pression de l’injustice et du renforcement des difficultés, ce qui à l’occasion accentue la situation en place, ou s’agit-il d’une décision prise consciemment et qui tient compte de la situation ainsi que des effets et des résultats du mouvement ?Dans le second cas, s’agit-il d’un soulèvement, d’un événement, d’une révolution d’ordre sacré ou d’une défense honorablement sainte ? C’est-à-dire : est-ce un assaut ou une défense ? Est-ce une action qui émane de l’Imam (Psl) et que le pouvoir de l’époque entend réprimer, ou est-ce l’Imam (Psl) qui se trouve excédé par le pouvoir de l’époque et qui choisit de se défendre honorablement plutôt que de se taire et de se soumettre ?

Autrement dit, se trouve-t-il dans la société une personne dotée d’une piété qui aille jusqu’au don de sa vie, ou qui incarne une bonté, une rébellion, un soulèvement saint ? Est-elle du type à se préserver, à fournir des preuves quant à soi, ou est-elle destinée à nier et à désavouer le front adverse ?

(On peut même dire que trois types de nature peuvent être supposés : la nature à la piété, la nature au soulèvement et à la révolte, et la nature à répondre à un saint appel, ce qui comporte une certaine complémentarité. L’Imam (Psl) réagit face au pacte, et sa réaction est négative, il réagit face à l’appel et là c’est une réaction positive, et quand il réagit face à la nécessité d’ordonner le bien et d’interdire le mal, il devient l’initiateur et l’assaillant).

En considérant la première supposition, force est d’avoir des objectifs communautaires et fondamentaux. Quant à la seconde supposition, son but ne consiste pas à autre chose qu’à préserver son honneur et sa dignité humaine. Et pour le cas d’un type de révolution et d’un soulèvement de première instance, l’origine de cette révolution s’inscrit-elle seulement dans l’appel des gens de Kûfa ?Et si le peuple de Kûfa n’avaient pas lancé d’appel, l’Imam (Psl) ne se serait-il pas soulevé (bien sûr, s’il avait pu prévoir le retour en arrière des gens de Kûfa, il se serait probablement retiré et aurait gardé le silence) ? Ou bien y a-t-il une autre origine, autre que l’appel des gens de Kûfa, qui – en imaginant qu’il n’a pas eu lieu – l’aurait néanmoins poussé à la contestation et à l’opposition, et ce au prix de sa vie ?

Différents facteurs interviennent dans le cours des événements de Karbala et divers motifs sont en œuvre concernant l’Imam (Psl), et ces faits compliquent en un sens l’explication et l’analyse de la nature de ce soulèvement, car ce qui se manifeste de l’Imam (Psl) est parfois dû à un facteur précis, et parfois à un autre, ce qui désoriente les observateurs et les empêche de se faire une idée juste.D’un autre côté, cela fournit des aspects différents à ce soulèvement et en réalité, chaque aspect comporte sa propre nature. (Concernant les faits sociaux et complexes, rien n’empêche qu’un fait comporte plusieurs natures, comme cela est spécialement établi dans les cours de philosophie de l’histoire).

Les facteurs qui sont en œuvre et qui sont probablement intervenus dans cette affaire :A- L’Imam (Psl) a une personnalité digne, d’un seul tenant, manifeste, il est l’héritier du califat et possède le degré spirituel de l’Imamat.

D’après cela, rien ne sépare l’Imam (Psl) de son père et de son frère. De la même manière, rien ne différencie le pouvoir de Yazîd de celui de Muawiya ni de celui des trois califes.

Cet aspect ne suffit pas à lui seul à affirmer un devoir. Si les gens déterminent ce qui est préférable et pactisent avec l’Imam (Psl), révélant ainsi que ce qu’ils préfèrent est le fait que l’Imam (Psl) prenne les rênes du pouvoir, et qu’ils y sont prêts, l’Imam (Psl) également obtempère.Mais lorsque les gens ne sont pas prêts à cela d’une part, et lorsque la situation correspond à ce qui est le mieux pour les musulmans d’autre part, le devoir de l’Imam (Psl) n’est pas de s’opposer, mais au contraire de collaborer et d’aller de pair avec eux. Exactement comme le fait l’Emir des croyants (Psl) quand il participe aux consultations politiques et juridiques, et quand il paraît à la prière en assemblée.

Il dit lui-même : « En vérité, vous savez que je suis de tous celui qui est le plus digne du califat. Par Dieu, je jure que je resterai en paix tant que les affaires des musulmans iront bien et que personne en dehors de moi ne fera l’objet de tyrannie » (Nahj al-Balâgha, khotba n° 72)

Lors de l’événement de Karbala, ce facteur n’est pas le seul à entrer en ligne de compte. Il faut y joindre le troisième facteur précédemment évoqué : l’appel des gens de Kûfa. Cet appel est destiné à mettre la main sur le pouvoir et non à autre chose. Aussi, ce facteur n’est-il pas isolé, et il doit être évoqué conjointement.

B- On demande à l’Imam (Psl) de pactiser, et on ne lui laisse aucun choix.Yazîd écrit : « Exige le pacte de Hussein, avec brutalité, sans amabilité, et sans aucune forme de remarque et de manquement. » Il s’agit de pacte, de signature, d’acceptation et de confirmation. (Le pacte auquel on entend contraindre l’Imam al-Hussein (Psl) consiste à ratifier la fonction de prince héritier, il diffère du pacte de Ali (Psl) et de celui des autres Imams (Psl) qui consiste à se soumettre à la majorité fautive).

C- Après le refus de pactiser de l’Imam (Psl), les gens de Kûfa l’appellent et lui déclarent leur volonté de l’aider à s’emparer du califat et du pouvoir. Les lettres se succèdent et le messager de l’Imam (Psl) confirme la volonté du peuple.

D- Il existe en islam un principe appelé « commandement du bien et interdiction du mal », en particulier pour les cas où une chose dépasse les limites des questions de peu d’importance, lorsque l’illicite est permis et le licite interdit, lorsqu’il est question d’hérésie, lorsque les droits communs sont piétinés et lorsque l’injustice augmente.L’Imam (Psl) se réfère régulièrement à ce principe. A un moment, il dit : « Je ne suis pas sorti pour me promener, pour corrompre ou pour être injuste, je me suis seulement soulever pour réformer la communauté de mon grand-père (Pslf), je veux ordonner le bien et interdire le mal. »(Par la suite, il expliquera ce que sont les mauvaises actions suscitant le commandement du bien et l’interdiction du mal). Cependant, la phrase « Je marche dans la biographie de mon grand-père et de mon père » – ce qui à l’époque est exposé au titre de « biographie des deux shaykhs », que ‘Ali et les siens (Psl) n’ont pas reconnus – se réfère également aux déviations qui ont été initiées à l’époque des deux shaykhs justement, comme par exemple le partage inégal du trésor public, le mépris de la prière en tant que khayr al-‘amal ou le caractère absolu d’interprétations religieuses attribuées à ‘Omar.

Deux déviations se sont produites, l’une est le fait de ‘Omar, et l’autre de ‘Abdallâh ibn ‘Omar. La déviation de ‘Omar consiste à reconnaître le djihad dont l’adoration est déduite, ce qui alourdit le plateau de la quête extérieure, de l’acte objectif, et allège celui de la spiritualité. La déviation de ‘Abdallâh ibn ‘Omar est inverse, elle alourdit le plateau de l’adoration et dédaigne les actions de ce monde, ainsi que le djihad. En définitive, le djihad n’en est plus un, et la prière n’est plus une prière.

Pourtant, l’Imam al-Hussein (Psl) dit lors de la nuit de ‘Achoura : « Leur tumulte, lors de leurs entretiens intimes avec Dieu, était comme celui des abeilles dans la ruche »Et, le jour de ‘Achoura : « Tu t’es rappelé la prière, Dieu t’a placé parmi ceux qui accomplissent la prièrePuis : « Je veux demeurer attaché à la biographie et à la méthode de mon grand-père et de mon père

Par ailleurs, il dit : « J’ai entendu mon grand-père, l’Envoyé de Dieu (Pslf) dire : ‘Que celui qui voit un chef tyrannique qui rend licite les interdits divins n’entreprenne aucune démarche contre lui, oralement ou en acte, car il appartient à Dieu de le jeter dans le feu brûlant »Il dit également : « Ne voient-ils pas que la vérité n’est pas mise en œuvre, et que ce qui est vain n’est pas désavoué ? Dans de telles conditions, le croyant doit en toute vérité désirer l’inspiration divine. Je ne vois pas la mort autrement qu’une félicité, et la vie avec les tyrans autrement qu’une humiliation »

https://fr.al-shia.org/analyse-de-la-nature-du-soulevement-de-limam-al-hussein-psl/

Al-Hussayn, à travers de brefs témoignages du Prophète et de quelques grandes figures du monde musulman

1- Al-Hussayn: un être purifié, donc Infaillible

– Selon al-Samhûdî (et selon Anas cité par l’imam Ahmad ibn Hanbal):

«Le Prophète venait chaque matin à la porte de ‘Alî, Fatima, al-Hassan et al-Hussayn, et tenant les deux poteaux (de la porte), il s’écriait trois fois «A la prière, à la prière, à la prière», et de réciter ce verset coranique:

«Ô vous les Gens de la Maison (Ahl al-Bayt): Dieu veut éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement».(Coran, XXXIII: 33)

Cité par ‘Abbas Mahmoud Al-‘Aqqâd1

(et par Ibn Kathir)2

2- Le Prophète, al-Hussayn et le Jour de la Résurrection

L’Imam ‘Alî, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, a raconté:

«Un jour le Messager de Dieu est entré chez moi, alors que je dormais (…) Fâtima, al-Hassan et al-Hussayn étaient là. Il dit alors à Fâtima: Moi, toi, ces deux-là et ce dormeur, nous occuperont ensemble une même place le Jour de la Résurrection».

Cité par Ibn Kathîr3

3- Le Maître de la Jeunesse du Paradis

Abî Sa’ïd al-Khidri, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

«Le Prophète a dit: al-Hassan et al-Hussayn sont les deux Maîtres de la Jeunesse du Paradis».

Cité par Ibn Kathîr4

Ibn Sâbit, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

«Al-Hussayn Ibn ‘Alî entra un jour dans la mosquée. Jâbir Ibn ‘Abdulâh dit alors: Celui qui aimerait voir le Maître de la Jeunesse du Paradis, qu’il regarde celui-ci (al-Hussayn). C’est ce que j’ai entendu du Prophète».

Cité par Ibn Kathîr5

4- Le Prophète, le premier à pleurer du Martyre d’al-Hussayn

L’Imam ‘Alî, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal a raconté:

– Un jour, en entrant chez le Messager de Dieu, j’ai vu que ses yeux débordaient de larmes. Aussi lui demandai-je:

– «Qu’est ce qui t’a fait pleurer, ô Messager de Dieu?»

– «L’Ange Gabriel, dit-il, vient de me quitter. Il m’a informé qu’al-Hussayn serait tué près de l’Euphrate. Et me demandant, « veux-tu sentir la terre où il sera tué? », il tendit sa main, ramassa une poignée de terre et la donna. Je n’ai pu alors empêcher mes yeux de déborder de larmes».

Cité par Ibn Kathîr6

5- Les larmes d’al-Hussayn fendaient le coeur du Prophète

Lorsque le Prophète entendait al-Hassan ou al-Hussayn pleurer, il disait à sa fille Fâtima:

«Pourquoi cet enfant pleure-t-il? Ne sais-tu pas que ses pleurs me font mal?»

Cité par ‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqad7

6- Le Prophète et al-Hussayn: Deux Êtres d’une même Essence

Al-Tarmadi, citant Ya’lî Ibn Marrah, rapporte ce témoignage:

– Le Prophète dit: «Hussayn fait partie de moi et je fais partie de Hussayn. Dieu aime qui aime al-Hussayn. Al-Hussayn est un saint (sibt)8 ».

Cité par Ibn Kathir9

7- Soutnir al-Hussayn est un devoir

Le père de Ach’ath Ibn Samih a dit:

– J’ai entendu le Messager de Dieu dire: «Mon fils – c’est-à dire al-Hussayn – sera assassiné sur une terre dénommée Karbalâ’. Quiconque l’y verra, qu’il le soutienne».

Cité par Ibn Kathir10

8- Al-Hussayn: crotère de la fidélité au Prophète

Abû Hurayrah, cité par l’imam Ahmad Ibn Hanbal, témoigne:

– Le Prophète (P), regardant al-Hassan, al-Hussayn et Fatima (leur mère), dit: «Je serai en guerre contre quiconque aura été en guerre contre vous et en paix avec quiconque aura été en paix avec vous».

Cité par Ibn Kathir11

9- Mon Dieu: aime al-Hussayn

Selon Ibn Ahmad:

– Le Prophète étreignait al-Hassan et al-Hussayn en disant: «Mon Dieu, je les aime. Aime-les donc!»

Cité par Ibn Kathir12

10- Aimer al-Hussayn, c’est aimer le Prophète

L’imam Ahmad Ibn Hanbal rapporte le témoignage suivant d’Abî Hurayrah:

– Le Prophète a dit: «Celui qui aime al-Hassan et al-Hussayn, m’aura aimé, et celui qui les déteste m’aura détesté».

Cité par Ibn Kathir13

11- Al-Hussayn et les occupants du Ciel

Selon al-‘Izâr Ibn Harith:

– Un jour, alors que ‘Amr Ibn al-‘Aç était à l’ombre de la Ka’ba, et qu’il vit venir al-Hussayn, il dit: «Voici parmi les habitants de la terre le plus aimé des habitants du Ciel».

Cité par Ibn Kathir14

12- Un Symbole Universel

C’est cette tendresse dont a fait preuve le Prophète à l’égard d’al-Hussayn, qui a élevé ce dernier au rang de ces personnages exemplaires dont les nations et les peuples font le Symbole de l’amour et de la fierté, ou celui de la douleur et du sacrifice, et qui deviennent, de ce fait, les biens-aimés de tout un chacun, l’objet de sympathie et de tendresse de tout le monde, comme si l’on était lié à eux par un lien d’amour et de parenté.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd15

13- Un Courage Inégalable

Il n’y a pas dans le genre humain un seul exemple de courage qui puisse équivaloir au courage de coeur dont a fait preuve l’Imam al-Hussayn à Karbalâ’.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd16

14- Un Martyr sans égal

Il n’y a dans le monde aucune famille qui ait engendré autant de martyrs, aussi puissants et réputés qu’en a engendré la famille d’al-Hussayn. Rappelons simplement qu’al-Hussayn est unique dans l’histoire de ce monde à avoir été à la fois martyr, fils de martyr, (frère de martyr)17 et père d’une lignée de martyrs qui se sont succédés à travers plusieurs centaines d’années.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd18

15- Une Fierté sans égale

A-Hussayn a acquis une fierté sans égale dans l’histoire de l’humanité, ancienne et moderne, arabe et non-arabe.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd19

16- Le Bon Droit Evident

Il est difficile de concevoir un conflit dans lequel le bon droit et la vertu de l’un des deux protagonistes puissent être aussi évidents et aussi incontestables que le furent le bon droit et la vertu d’al-Hussayn dans le conflit qui l’opposait à Yazid.

‘Abbas Mahmoud al-‘Aqqâd20

17- Personne ne peut rester indifférent à l’assassinat d’al-Hussayn

Tout Musulman devrait se sentir affligé par l’assassinat d’al-Hussayn; car il fait partie des plus nobles des Musulmans et des plus savants des Compagnons, et il est le fils de la meilleure fille du Prophète. En outre, il était un serviteur pieux, courageux et sublime.

Ibn Kathir21

18- Un Soulèvement irréprochable

Nous ne connaissons pas un seul Compagnon ou Suivant qui ait dit, du vivant d’al-Hussayn ou après son assassinat, que le Soulèvement de ce dernier avait quelque chose d’illégal.

Aboul ‘Alâ al-Mawdoudi22

19- Yazid: Commanditaire de l’assassinat d’al-Hussayn

– Lorsqu’on a dit à l’imam Ahmad Ibn HANBAL qu’il y avait des gens qui disaient: Nous aimons Yazid, il répondit:

«Mais comment peut-on aimer Yazid tout en croyant en Dieu et au Jour de la Résurrection?»

Cité par IBN Taymiyyeh23

20- Mu’âwiyah, père de Yazid: Tel père, tel fils

«La primauté de la politique sur la Religion et l’inobservance, pour des raisons politiques, des peines prescrites, -ces pratiques instituées par Mu’âwiya- ont portés leurs fruits les plus pourris à l’époque de son successeur, son fils Yazid qu’il avait lui-même choisi et désigné pour sa succession. En effet, à cette époque trois événements sont intervenus qui ont secoué le monde islamique tout entier :

1- L’assassinat d’al-Hussayn Ibn Ali

2- La guerre d’al-Harra, dans laquelle l’armée de Yazid a marché à la fin de l’année 63 H.sur la cité du Prophète, Médine où elle assassinat sept mille musulmans parmi les dignitaires et dix milles parmi la population, et elle s’adonna au viol des femmes. On rapporte que « mille femmes tombèrent enceintes » à la suite de cette pratique du viol »

3- L’armée de Yazid marcha sur la Mecque, détruisit l’un des murs de la Sainte Ka’ba et y mit le feu.

Aboul ‘Alâ al-Mawdoudi24

21- Le Crime et le Châtiment

«Rares ont été ceux qui, parmi les assassins d’al-Hussayn, ont pu échapper à un funeste sort: Aussitôt se tiraient-ils d’un malheur ou d’une adversité dans ce bas-monde qu’ils tombaient malades, et la plupart d’entre eux ont été atteints de folie».

https://www.al-islam.org/fr/limam-al-hussayn-et-le-jour-de-achour%C3%A2-abbas-ahmad-al-bostani/al-hussayn-%C3%A0-travers-de-brefs

La Biographie de Imam Hussein(p) le maitre des martyres

L’imam Hussein (AS) est le deuxième fils sorti de la sainte union entre le commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib et la dame la plus prestigieuse du monde, Fatouma Zahra fille du saint Prophète Mohammad (paix et bénédiction sur eux). L’imam Hussein est né le 3 Chabane de la 4ème année de l’hégire à Médine. . Le saint Prophète(psl) dit à l’Imam Ali (p): « Oh Ali! Tu es pour moi ce que Hàroune était pour Moïse sauf qu`il n`y a pas de prophete après moi. Le Prophète Hàroune avait 2 enfants appelés Shabbar et Shabbir. La traduction de Shabbar en arabe est Hassan et celle de Shabbir est Hussein. » Il fut assassiné le Vendredi 10 muharram en l’an 63 A.H., à Karbala, au cours de la bataille de ‘Âchourâ’, après avoir subi la soif et l’oppression pendant plusieurs jours. Il fut inhumé à Karbala où son Tombeau se dresse encore de nos jours.son titre est : Sayyidu’ Shuhada comme le Sibt (Al-Asghar)

L’imam Hussein avait vécu six ans à côté de son grand père, le saint Prophète Mohammad (psl). Après la mort de ce dernier, l’imam Hussein resta avec son père, le commandeur des croyants Ali ibn Abi Talib (p).

Après le martyre de son père , il prêta serment de fidélité à son frère l’Imam Hassan et lui accorda son plein soutien dans sa résistance contre la rébellion de l’hypocrite Muawiya qui voulait instaurer la dictature de la dynastie de Bèni Omeyyeh…

Lorsque l’Imam Hassan (p) fut obligé de conclure la paix avec ce rebelle et de lui céder le pouvoir temporairement, l’Imam Hussein (p) demeura, comme il l’était toujours ; fidèle à l’Imam légal et lui obéissant dans toutes ses décisions jusqu’à son martyre.

Après le martyre de son frère aîné l’imam Hassan ibn Ali, l’imam Hussein devient imam de la communauté islamique, une communauté qui fut fondée et dirigée pour la première fois par son grand père.il a eu une place distingue et respectieus aupres de Oummah islamique. Comme son père et son frère, l’imam Hussein vécut aussi dans les conditions les plus pénibles.

A cette époque les lois divines n’étaient plus respectées, car Moawiya ibn Abou Soufiane avait illégalement gouverné pendant une dizaine d’années, et avait acquit une puissance et une autorité dans l’empire islamique. Moawiya avait tout fait pour écarter à jamais la progéniture de l’envoyer de Dieu du califat, et transmettre le califat à son fils Yazid et à ses descendants.

Moawiya avait utilisé tous les moyens possibles pour humilier et opprimer l’imam Hussein et tout celui qui manifestait son affection envers la progéniture du saint Prophète.histoir nous rapport ,mouawiya a organise une campagne de propagande pour dénigrer l’Imam Ali et sa famille (paix sur eux), Les musulmans qui résistèrent au pouvoir injuste de Muawiya et qui refusèrent de prononcer les propos injurieux contre le commandeur des croyants Ali (psl), avaient été exécutés par Muawiya !… Avant sa mort, Moawiya réussit à transmettre le califat à son pervers fils Yazid, et le conseilla de ne pas s’occuper de l’imam Hussein, si ce dernier refuse de lui prêter le serment d’allégeance.

Les chiites et les sunnites affirment que Yazid n’avait aucune qualité morale ou spirituelle pour diriger la communauté islamique, car il fut buveur d’alcool, fornicateur, assassin… Certains historiens ont dit que Pharaon était préférable à Yazid, car Pharaon ne maltraitait pas sa propre population, mais Yazid torturait et opprimé la sienne.

Lorsque Yazid accéda illégalement au califat, il négligea les conseils de son père, il ordonna au gouverneur de Médine d’obtenir le serment d’allégeance de l’imam Hussein. Au cas d’un refus, il n’a qu’à lui couper la tête et l’envoyer à Damas. mais l’Imam refusa catégoriquement en condamnant ouvertement Yazid, le privant ainsi de toute couverture légale. l’imam Hussein partit avec sa famille vers la maison de Dieu à la Mecque, où il resta au moins quatre mois. Se rendant au tombeau du Prophète (psl) avant de quitter Médine par refus de prêter serment d’allégeance au Califat illégal de Yazid, I’Imam al-Hussayn dit:

«Ô mon Dieu! ici se trouve le tombeau de Ton Prophète, et je suis le fils de la fille de Ton Prophète. TU sais ce qu’il m’arrive. Ô mon Dieu! J’aime le bien et je renie le mal. Je Te demande, Ô Toi qui es plein de majesté et de munificence, par ce tombeau et celui qui y gît, de ne me faire faire que ce qui Te satisfait et satisfait Ton Prophète».

Al-Hussayn arriva au « Lieu de la descente de la Révélation », la Mecque, Ville de la Paix, pendant la nuit du troisième vendredi du mois de Cha’bân. Il y entra en récitant ce verset coranique:

«Il dit, tout en se dirigeant vers Madian: « Il se peut que mon Seigneur me guide sur la Voie Droite». (Coran, XXVIII, 22)

la nouvelle de la presence de Imam a la meque s’était propagée dans toute la communauté islamique,il y restait durant 4 mois.Imam a ecrit des lettres ,envoye aux habitants de Kuffa et Basrah. Beaucoup des gens qui étaient contre les califats de Moawiya et de son fils Yazid avaient écrit des lettres à l’imam pour lui exprimer leur affection et soutien.

Il adressa la lettre suivante aux chefs de Basrah et à ses leaders de l’opposition:

« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux… Dieu a élu Mohammad parmi Ses créatures pour lui accorder l’honneur de la mission prophétique. Il l’a choisi pour communiquer Son message. Puis Il l’a appelé vers Lui. Le Prophète a conseillé les serviteurs de Dieu et a communiqué ce pourquoi il fut choisi comme Prophète… Nous étions sa famille, ses amis, ses héritiers présomptifs, ses légataires et les premiers ayants droit à le représenter auprès des gens. D’aucuns parmi notre peuple nous ont usurpé notre droit. Et cependant, nous n’avons rien dit, car nous détestions la division et nous avons voulu favoriser la sécurité, tout en sachant que nous avions plus de droit au califat que ceux qui l’ont confisqué.

« Je vous envoie cette lettre avec mon messager et je vous appelle au Livre de Dieu et à la Sunna de son Prophète (P), car, en effet, celle-ci a été assassinée, et l’hérésie ressuscitée. Je vous invite à écouter ma parole, obéir à mes ordres; je vous conduirais vers la bonne voie. Que la Paix, la Miséricorde et les Bénédictions de Dieu soient sur vous ».

Plusieurs personnes étaient prêtes pour se soulever contre le gouvernement de Yazid. C’est pourquoi les habitants de la ville de Koufa en Iraq, avaient invité l’imam chez eux pour qu’il soit leur chef dans le but de provoquer un soulèvement et de réprimer l’injustice et l’iniquité. ! L’Imam décida alors de leur envoyer son plus proche compagnon et cousin : Mouslem Ibn Aqil .celui ci a envoye un rapport affirmant le soutien des gens de Koufa .la situation était devenue dangereuse pour Yazid. Il envoya à la Koufa le fils de son ancien gouverneur :Obeydoullah Ibn Ziyad qui était encore plus vilain et plus malin que son père, et il le chargea d’exterminer les sympathisants de l’Imam Hussein et de mater la révolte de la Koufa. Pour exécuter les ordres de Yazid, Obeydoullah Ibn Ziyad n’eut pas besoin de plus de quelques agents et d’une grosse somme d’argent… Aussitôt infiltré dans la ville, il envoya ses espions parmi les habitants pour propager la fausse nouvelle selon laquelle une grande armée de Yazid était sur le point d’envahir la Koufa…

Malheureusement Mouslim Ibn Aqil sera trahi et exécuté d’une façon horrible.

Avant de quitter la Maison de Dieu, l’imam Hussein avait accomplit le pèlerinage, mais il du écourter les rites de ce dernier, car il avait comprit que les espions de Yazid étaient venus à la Maison de Dieu en pèlerins afin de le tuer pendant les rites de ce devoir sacré. L’imam s’était levé au milieu des pèlerins venus de tous les coins de la région et avait fait un bref discours, il expliqua les raisons de son revolution. L’Imam al-Hussayn, lors de l’annonce de son soulèvement contre Yazid Ibn Mu’awiya a dit:

«Je ne me suis pas soulevé de gaieté de coeur, ni pour une quelconque insatisfaction personnelle, ni par subversion ni injustement. Je me suis soulevé pour réformer la Umma de mon grand-père, le Messager de Dieu, pour commander le bien et interdire le mal, et pour suivre les traces de mon grand-père et de mon père…»

L’imam Hussein savait que son assassinat était inévitable, il était déterminé lui aussi à ne pas prêter le serment d’allégeance à Yazid l’imposteur, il quitta donc la Maison de Dieu pour aller vers Koufa (en Iraq), où les gens l’attendaient.

L’Imam Hussein (psl) était en route vers la Koufa quand les nouvelles de martyre de Mouslem et de ses compagnons lui parurent, il dit alors à tous ceux qui l’entouraient : « Quiconque vient avec nous va au martyre et quiconque nous abandonne n’aura point de conquête !… »

C’est ainsi que l’Imam Hussein (psl) décida de se sacrifier pour réveiller la communauté musulmane que les Omeyyades dorlotaient depuis vingt ans. Oui, il fallait que Hussein, fils de Fatima Zahra et petit fils de Mohammed sceau des prophètes (psl) fût tué par les hypocrites se réclamant de l’Islam pour que le vrai visage des Omeyyades fût démasqué… et ce n’était pas là toute la leçon !

Imam Al-Hussayn, arrivé sur le lieu prédit de son martyre, dit à ses compagnons:

« ô mon Dieu! je me protège auprès de Toi du KARB (affliction) et du BAL?’ (malheur).Et d’ajouter:

« C’est un lieu d’affliction et de malheur. Descendez de vos montures. C’est ici le terme de notre voyage, le lieu de l’effusion de notre sang et la place de nos tombeaux. C’est ce que m’a dit mon grand-père, le Messager de Dieu ».

Quand l’imam, sa famille et ses partisans arrivèrent à Karbala (nom d’un désert près de la ville de Koufa), près de l’un des affluents du fleuve Euphrate ils furent encerclés par l` armée de Yazid composée des milliers d` hommes, comme disent plusieurs historiens. Pendant ce siège (qui dura dix jours), l’imam Hussein consolida ses hommes pour un combat inégal et inévitable. Il avait dit :

 » O gens! L’envoyé de Dieu a dit: Celui qui voit un sultan injuste qui autorise ce que Dieu a interdit, qui transgresse le pacte qu’il a conclu devant Dieu, qui dévie la Tradition de l’envoyé de Dieu, qui opprime les Musulmans et commet des péchés contre eux, sans s’opposer à lui (le sultan) même par une parole ou une action, Dieu va lui réservé le même traitement qu’IL réserve à ce sultan « .

A partir de 7em jour l`accee a l’eau du fleuve a été interdit pour en priver les femmes et les enfants sous une chaleur torride…

Au neuvième jour du mois de Moharram, l’armée ennemie lança un dernier ultimatum à l’imam Hussein, afin de choisir entre : prêter le serment d’allégeance et la mort. L’imam leur répondit que :  » Je ne vois en la mort que le bonheur, et en la vie avec les oppresseurs que l’angoisse « .

Et leur demanda un délai pour prier son Seigneur. La nuit, il appela ses compagnons et, en une brève allocution déclara qu’il n’y avait rien à espérer sinon la mort et le martyre; il ajouta que, puisque l’ennemi n’était intéressé qu’à sa propre personne, il les libérait de toute obligation afin que, s’ils désiraient fuir dans l’obscurité de la nuit ils puissent sauver leur vie.

Ensuite, il ordonna d’éteindre les lumières et la plupart de ses compagnons, qui l’avaient rejoint par intérêt personnel, se dispersèrent. Seuls restèrent une poignée de ceux qui aimaient la vérité – parmi ses proches collaborateurs – et quelques uns des Banou Hâchim. (on rapport que 30 hommes de Koufa ont rejoindent Imam avant Achoura).

L’imam Hussein passa la nuit du neuf au dixième jour par des prières, des invocations, des causeries avec sa famille et ses compagnons. Tout le monde était déterminé d’aller jusqu’au bout, personne ne voulait fuir et abandonner le petit fils de l’envoyé de Dieu seul.

Le lendemain fut un vendredi, jour de Achoura, le dixième jour du mois Moharram.

Dès le levé du soleil, l’armée ennemie commençait déjà à dresser leurs lances, flèches et sabres contre le camp de l’imam. L’imam Hussein entreprit l’organisation de sa petite troupe, et confia l’étendard à son frère Abbas ibn Ali.

Avant le combat, l’imam Hussein essaya une fois de plus, de ramener les combattants ennemis à la raison, afin de ne pas participer à cette guerre qui leur ouvrait les portes de l’enfer. L’imam avait levé le saint coran et leur dit :

 » O gens! Nous avons en commun le Livre de Dieu et la Tradition de mon grand-père, l’envoyé de Dieu. Il continua : Ne voyez-vous pas l’épée de l’envoyé de Dieu, son habit de guerre et son turban sur moi? Ils répondirent :  » Si « . Il leur demanda alors :

Pourquoi vous vous battez donc contre moi? Il répondirent : Par obéissance à l’Emir Obeidullah Ibn Ziyâd « . Tous ces appels étaient vains, seul le grand combattant au nom de Hour Ibn Yazid al Riyâhi (avec son fils et son serviteur) accepta de rejoindre le camp de l’imam pour mourir en martyre avec lui.

Il y eu un combat terrible. Au moment de l’assaut final, l’armée ennemie parvint à massacrer la famille et les compagnons de l’imam Hussein l’un après l’autre. L’imam Hussein lança un dernier appel pour la protection des veuves et des orphelins de la famille de l’envoyé de Dieu en ces termes :

 » N’y a-t-il donc personne pour défendre la famille de l’envoyé de Dieu ? N’y a-t-il pas un monothéiste qui craint Dieu pour ce qui nous arrive ? N’y a-t-il personne qui nous vienne en aide par amour de Dieu ? « 

L’imam resta seul sur le champ de bataille, après une forte résistance il finit par être atteint d’une flèche au menton. Après cela Chimr ibn al Jawchan avança et lui coupa la tête. Les combattants de l’armée de Yazid pillèrent et brûlèrent les tentes qui abrités les femmes et les enfants. Ensuite les ennemis de l’islam coupèrent les têtes des combattants de l’imam, les mirent à nus et les laissèrent sur le sol sans les enterrer.

Ils emmenèrent les membres restant de la famille de l’imam ainsi que les têtes des martyrs, à Koufa pour les exhiber dans les rues,puis a Sham(Damas) aupres de Yazid.

Que Dieu maudisse tous ceux qui ont assassiné l’imam Hussein, qui ont comploté contre lui ou qui ont réjoui de son assassinat.

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