ARTICLES, BIBLIOTHÈQUE

la prière

  • La forme de la prière et son sens intérieur

    Il est connu de tous que la prière est un moyen de s’élever vers Dieu. Mais avant toute chose, il est important de prendre conscience que comme la prière à une forme apparente, extérieure, elle a aussi une forme pour le sens intérieur, l’esprit de la prière. Et de même qu’il y a des règles de conduite à suivre pour accomplir la forme de la prière sans lesquelles la prière serait nulle ou avec des manques, il y a pour son sens profond, des règles de conduite à suivre au niveau du cœur. De même, l’absence de leur observance amène à la nullité de la prière ou la rend déficiente.

    De plus, c’est l’observance de ces règles de conduite au niveau du cœur qui fait que la prière acquiert un esprit angélique, céleste (malakûtî). Même ! Cette observance donne la possibilité au prieur qui pratique l’auto-observassions et se préoccupe de suivre ces règles de conduite du cœur, d’avoir accès aux secrets divins qui sont lotis dans la prière des gens élus de Dieu, du maître des Messagers(pslf), pour qui la prière représente la pupille de leurs yeux et la véritable ascension vers la Proximité de Dieu. Il est très important de prendre conscience que la plus grande perte qui puisse arriver à un prieur est de se contenter de l’écorce de la prière, de sa forme apparente, physique. Il se prive des bénédictions de la prière et de ses perfections intérieures qui entraînent obligatoirement les félicités éternelles, même ! le voisinage du Seigneur de la Puissance et le marchepied de l’ascension vers la Station de l’Arrivée (al-wusûl) à la Jonction (al-wisâl) avec l’Aimé Absolu. Le problème est que nos raisons sont incapables de connaître cette perte et que nous ne la saisissons que quand nous sortons de ce monde et que nous passons devant les Comptes Divins !

    Tant que nous sommes enveloppés des voiles de ce monde et de la nature, nous ne pouvons rien connaître de cet autre monde. Existe-t-il une perte plus grande que celle d’avoir négligé ce qui est le moyen de la perfection et de la félicité de l’homme, le médicament de tout mal et de tout manque du cœur ? Existe-t-il une frustration plus grande que de voir qu’après 40 ou 50 ans de fatigue et d’efforts (pour prier), il n’y a aucun résultat ? Même ! Existe-t-il des regrets plus grands que de voir que toutes ces prières (faites superficiellement) vont être la cause de l’opacité du cœur, de son voilement de ténèbres et de son éloignement de Dieu ? Car ce lien (la prière), s’il est perdu, tous les autres liens sont coupés : « Si elle est acceptée, est accepté autre qu’elle. Et si elle est rejetée, est rejeté autre qu’elle. »

    Dans quel égarement sommes-nous quand nous nous contentons de l’écorce de la prière ! Alors que ces cinq Rendez-vous quotidiens avec Dieu, ces Bénédictions divines, sont des occasions à saisir pour réformer nos états, acquérir les conditions spirituelles de la prière des gnostiques, guérir l’ensemble des maladies et des insuffisances de nos âmes, quitter, tant que nous en avons la force et la possibilité, la demeure de l’obscurité, du regret et de l’éloignement de la place Seigneuriale et permettre à nos âmes l’ascension vers la Jonction et la Proximité de la Perfection, quels qu’en soient les efforts et la fatigue. Profitons-en avant qu’il ne soit trop tard !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât (Introduction) de l’Imâm al-Khomeiny(qs))

     

    C’est l’observance des règles de conduite au niveau du cœur qui donne à la prière un esprit angélique, céleste (malakûtî).

     

     

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes

    Se tourner vers la Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement (1)

    Une des premières règles de conduite au niveau du cœur est de nous tourner vers la Puissance de la Seigneurie (Divine) (‘izz ar-rubûbiyyah) et vers l’humilité de notre soumission/assujettissement devant Dieu (dhul al-‘ubûdiyyah). La force de notre cheminement vers Dieu réside dans cette force de concentration sur la Puissance de la Seigneurie de Dieu et sur l’humilité de la soumission /assujettissement.

    En premier lieu, en tant que serviteurs/ sujets de Dieu, nous devons réaliser que nous ne sommes rien face à Dieu, que nous sommes les pauvres, les indigents. Dieu est le Riche,

    Celui qui se suffit à Lui-même, le Tout-Puissant. Tous nos regards se tournent alors vers la

    Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement.

    Chaque fois que notre regard se porte sur nous-mêmes, que notre pensée se tourne vers notre ego et que notre amour pour nous-mêmes prend le-dessus, nous nous éloignons de la station de la proximité de la Seigneurie. Tant que, par une vision bornée, limitée, inapte sur nous-mêmes, nous nous attribuons une perfection et une beauté illusoires, nous sommes loin de la perfection humaine. Même ! Nous nous enveloppons d’un voile – le voile de la vision de soi, de l’adoration de soi – qui est le voile le plus épais, le plus obscur, le plus difficile à déchirer de l’ensemble des voiles. (Mais, en même temps, c’est la déchirure de ce voile qui est la clef des clefs des Mystères et de leur vision, la porte des portes de l’ascension vers la perfection de la spiritualité.)

    Aussi, la première condition pour le cheminement vers Dieu est la sortie de cette demeure (de l’ego). Elle constitue même le critère, la mesure, le baromètre de la justesse (ou non) de la gymnastique spirituelle et des efforts pour éduquer l’âme. Tant que l’homme franchit les étapes du cheminement vers Dieu enveloppé du voile de l’ego, de l’amour de soi, sa gymnastique spirituelle est nulle, ses efforts sont vains. Ce n’est pas vers Dieu qu’il se rend mais vers lui-même, son ego. Ce n’est pas Dieu qu’il adore en priant mais lui-même. Il a pris son ego comme idole.

    Dieu Tout-Puissant dit dans Son noble Livre : {Celui qui sort de sa maison émigrant vers Dieu et Son Messager et que la mort atteint, sa récompense incombe à Dieu.} (100/IV)

    Il y a l’émigration formelle, physique, vers la Ka‘ba et les sanctuaires des Proches-Elus(p) et il y a l’émigration morale, spirituelle, qui est la sortie de la maison de l’âme et de la demeure de ce monde, pour aller vers Dieu et Son Messager (l’émigration vers le Messager et le Walî étant aussi une émigration vers Dieu).

    Tant que nous restons attachés à nous-mêmes, à notre ego, tant que toutes nos préoccupations tournent autour de nous-mêmes, de notre ego, nous n’avons pas encore commencé notre voyage vers Dieu. Tant que des restes de l’égoïsme sont devant notre regard, tant que les murs de la ville de l’âme n’ont pas encore disparu de nos yeux, tant que l’appel à l’amour pour nous-mêmes reste audible, nous ne sommes pas des « voyageurs », des « émigrants » vers Dieu. Notre prière reste formelle. Nous ne nous sommes même pas mis sur le chemin de l’ascension vers Dieu. Alors, commençons par évoquer nos manques, nos insuffisances, notre incapacité pour sortir de la captivité de l’âme. (d’après Al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.1)

     

    La première condition pour le cheminement vers Dieu est de sortir de notre ego et de la demeure du monde ici-bas.

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Se tourner vers la Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement (2)

    L’Imâm as-Sâdeq(p) rapporte dans Misbâh ash-Sharî‘at : « La soumission/assujettissement est un joyau et son essence est la Seigneurie. Ce qui manque de la soumission/assujettissement se trouve dans la Seigneurie. Ce qui est dissimulé de la Seigneurie est atteint dans la soumission/assujettissement. »

    En marchant du pas de l’humilité de la soumission/assujettissement à Dieu, l’homme va trouver la voie qui le mènera à la Puissance de la Seigneurie, parce que le chemin qui mène aux Vérités

    Seigneuriales passe par les marches de la soumission/assujettissement à Dieu.

    Il découvrira alors que ce qu’il aura perdu de son ego et de son égoïsme dans la soumission/ assujettissement à Dieu, il va le retrouver à l’ombre de la Protection de la Seigneurie, jusqu’à arriver à la station où Dieu le Très-Elevé devient son ouïe, sa vue, sa main, sa jambe, comme cela est évoqué dans le juste hadith(1) connu des deux bords. – Alors que celui qui n’a pas utilisé sa vue, son ouïe et l’ensemble de ses organes dans la voie de l’obéissance à Dieu Très-Elevé et la soumission à Lui, n’aura ni vue ni ouïe spirituelles, comme le notait Sheikh al-Majlisi dans son commentaire de ce hadith dans Mir‘at al-‘uqûl. Et quand il sera dans le monde de la tombe et du Jugement, il sera sourd et aveugle. Sa vue et son ouïe de ce monde matériel ne se seront pas déplacées vers cet autre monde–.

    Il verra que plus il se soumettra à Dieu et moins il laissera de place à son ego, plus la Puissance de la Seigneurie sera présente en lui. Inversement, plus il apportera de l’importance à son âme, plus il aura pour objectif sa propre grandeur, moins la Puissance de la Seigneurie sera présente en lui.

    La soumission/assujettissement absolue fait partie des plus hauts degrés de la Perfection, et des stations les plus élevées de l’homme, et seule la plus parfaite des créatures, le Prophète Mohammed(s) a pu l’atteindre (avec les Proches-Elus de Dieu qui sont les plus parfaites créatures après lui). Aussi, celui qui veut cheminer vers Dieu, doit bien saisir la station d’humilité de la

    soumission/assujettissement et l’avoir présente devant lui, car plus cette vision sera forte, plus sa spiritualité augmentera dans ses actes d’adoration et plus l’esprit des actes d’adoration sera renforcé.

    Au point que s’il arrive à atteindre, avec l’aide de Dieu et de Ses Proches-Elus les plus parfaits(p), la vérité de la soumission/assujettissement et de son essence, il pourra avoir un aperçu rapide sur le secret de l’adoration.

    Ces deux stations – la station de la Puissance de la Seigneurie et celle de la soumission/ assujettissement – sont présentes dans l’ensemble des actes d’adoration, et plus particulièrement dans la prière qui est la « station du regroupement » (de la synthèse – jâmi‘iyyah) ; la réalité de sa demeure, de son rang est celle de l’Homme Parfait et du Nom Grandiose, même elle l’est. Et dans la prière, plus particulièrement durant le Qunût (qui est un acte recommandé) et la prosternation (qui est obligatoire), comme nous le verrons plus tard.

    Il est bon de commencer par se rappeler cette règle de conduite pour le cœur en se mettant sur le tapis de prière (quitte en la lisant juste avant le début de la prière), puis en prononçant le « Allâhu

    al-Akbar » (Dieu est plus Grand) d’ouverture, puis petit à petit tout au long de la prière, en s’aidant de mouvements exprimant l’humiliation tels que baisser la tête, se replier sur soi…

    (d’après Al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat.

     1- Chap1 (fin))

    (1)voir Usûl al-Kâfî, vol.2, Kitâb al-Imân wa-l-kufr, bâb 331 H7

    Ce qui est dissimulé de la Seigneurie est atteint dans la soumission/ assujettissement.

    • A/Règles de conduite pour l‛ensemble des actes d‛adoration

    L’humilité révérencielle

    (al-khushû‘) (1)

    Parmi les choses nécessaires, voire indispensables, au pèlerin vers Dieu dans l’ensemble de ses actes d’adoration et bien-sûr durant la prière (qui est à la tête de tous les actes d’adoration, même ! qui a la station « collective » (ou « synthétique » al-jâmi‘îat)) : l’humilité révérencielle (al-khushû‘).

    On pourrait la dénirainsi: la soumission totale (à Dieu) mélangée à de l’amour et de la crainte. Elle arrive quand on saisit la grandeur de la Majesté (al-Jalâl) et de la Beauté (al-Jamâl) de Dieu, ce qui suscite des sentiments à la fois de vénération, de crainte, d’humilité et de soumission. Les réactions du cœur peuvent varier selon la constitution et la nature fondamentale (tra) des gens.

    Certaines gens, des « pas-sionnés », des « aimants » de Dieu, sont plutôt sensibles à la grandeur de la Beauté et quand ils voient la beauté apparente, ils se tournent vers la Beauté de l’Aimé, en fonction de leur tra. Ces gens-là, quand ils saisissent, dans leur cheminement vers Dieu, l’ombre du Beau ou qu’ils voient le principe, l’origine de la Beauté, sont foudroyés, le Grandiose caché dans le secret de la Beauté les faisant s’évanouir. Pourquoi ? Parce que dans toute Beauté se trouve une Majesté cachée, de même que dans toute Majesté, se trouve une Beauté voilée.

    Peut-être est-ce cela ce que le Maître des gnostiques(p), le Prince des croyants et des pèlerins vers Dieu indiquait dans sa parole : « Gloire à Celui qui a étendu Sa Miséricorde à Ses Proches-Elus dans la vigueur de Son Châtiment, et qui a rendu vigoureux Son Châtiment à l’encontre de Ses ennemis dans la largesse de Sa Miséricorde. »

    Le prestige, l’ascendant et la grandeur de la Beauté ont fait perdre connaissance à ces gens et l’humilité révérencielle les a saisis face à la Beauté de l’Aimé.

    Au début, leur cœur est pris de tremblement ; il est troublé, agité. Puis, après l’affermissement,il connait un état de « familiarité » : de l’état de peur farouche, d’appréhension, d’agitation, né de la grandeur et de l’ascendant de la Beauté sur lui, le cœur est passé à l’état de familiarité et de calme. Il atteint l’état de la tranquillité comme c’était le cas pour le cœur de l’Ami Intime du Tout-Miséricordieux (le Prophète Ibrahim(p)).

    D’autres cœurs, qui sont plus facilement impressionnés par l’aspect terriant de la Majesté (des « apeurés »), saisissent en permanence la Grandeur, le Superbe, la Majesté. Leur humilité révérencielle proviendrait de la crainte et des effets de la manifestation des Noms de Coercition et de Majesté sur eux. C’était l’état du Prophète Yehia(p), d’après notre Prophète et sa famille(p).

    À la lumière de ces exemples des Proches-Elus de Dieu, nous voyons que l’humilité révérencielle est parfois mélangée à l’amour et parfois à la crainte et à la peur farouche – même s’il y a dans tout amour de la peur farouche, et dans toute crainte, de l’amour. De même, nous voyons que les degrés de l’humilité révérencielle (envers Dieu) varient selon les niveaux de la connaissance, de la vision (d’une vision présentielle) de la Grandeur, de la Majesté, du Bien et de la Beauté.

    Mais pour des gens comme nous, qui sommes privés de la lumière des visions, il est nécessaire d’atteindre cet état d’humilité révérencielle par d’autres voies, celles de la connaissance et de la foi, comme nous le verrons la prochaine fois.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-sSalât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    1ère partie, chap.3 al-Khushû‘)

    al-Khushû‘ : la soumission totale à Dieu mélangée à de l’amour (devant la grandeur de Sa Beauté) et de la crainte (devant la grandeur de Sa Majesté).

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    L’humilité révérencielle (al-khushû‘) (2)

    Dieu Très-Elevé dit dans son noble Livre : {Bienheureux sont les croyants qui sont humbles révérenciellement dans leurs prières}(1-2/23), faisant de l’humilité révérencielle dans la prière une limite et une marque de la foi. Ainsi, ceux qui ne sont pas humbles durant leur prière ne font pas partie du groupe des croyants, selon ce que dit Dieu Très-Elevé.

    Malheureusement pour nous, nos prières ne sont pas accompagnées de l’humilité révérencielle, résultat de notre foi défaillante ou même de son absence.

    C’est que les dogmes et le savoir sont autres choses que la foi. La connaissance de Dieu, de Ses Noms, de Ses Attributs et de l’ensemble des connaissances divines apparentes (théologiques) est autre que la foi. On peut savoir et ne pas croire. Et la meilleure preuve illustrant cette vérité est Iblis. Iblis, comme le témoigne la sainte Vérité, connaissait l’Origine (la Création, al-Mabdâ’) et l’Au-delà (la Résurrection, al-Ma‘âd), et malgré cela, il était incroyant. Quand Iblis dit : {Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile}(12/7), il reconnait l’Existence de Dieu et qu’Il est le Créateur. Et quand il dit : {Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités}(14/7), il est convaincu de la Résurrection. De même, il connaissait les Livres, les Messagers et les Anges. Et malgré tout cela, Dieu (qu’Il soit

    Glorifié) parle de lui en terme d’ « incroyant » et l’a fait sortir du groupe des croyants.

    Ainsi, il y a une différence entre les gens du savoir et les gens de la foi : toute personne savante n’est pas obligatoirement croyante. Le savoir ne suffit pas, comme nous pouvons le constater nous-mêmes.

    Nous sommes convaincus de la Création et de la Résurrection, de la Grandeur de Dieu et de Sa Majesté, mais, malgré cela, notre cœur ne s’humilie pas révérenciellement.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) dit : « Quand tu entreprends de prier, tu dois t’humilier et t’appliquer à ta prière, car Dieu (Très-Elevé) dit : {ceux qui sont humbles dans leurs prières}. »

    Celui qui veut cheminer vers Dieu doit donc prendre la voie de la foi après avoir suivi celle du savoir, et faire parvenir à son cœur la Grandeur de Dieu, Sa Majesté, Sa Splendeur, Sa Beauté (que Sa Grandeur soit magnifiée) pour que son cœur s’humilie révérenciellement.

    Dans ce que Dieu (qu’Il soit exalté) dit : {N’est-il pas venu [le moment] pour les coeurs des croyants de s’humilier révérenciellement à l’évocation de Dieu et devant ce qui est descendu de la Vérité ?} (16/57), ce qui est visé est sans doute la foi formelle, ou la foi en ce avec quoi le Prophète(s) est venu (le Coran). Car la foi véritable implique nécessairement la présence d’un degré d’humilité révérencielle. Ou, peut-être, ce qui est considéré dans ce verset est la crainte révérencielle dans l’ensemble de ses degrés. Comme dans ce verset {ceux qui craignent Dieu de parmi Ses serviteurs sont les savants.}

    (28/35), où le mot « savant » indique sans doute celui qui est passé de la limite du savoir à la limite de la foi.

    Ainsi, celui qui s’achemine sur la voie de l’Au-delà, notamment durant la prière, doit rendre son cœur humble révérenciellement par la lumière du savoir et de la foi et y affirmer les lueurs de la

    Miséricorde divine, dans la mesure de son possible.

    Peut-être arrivera-t-il à sauvegarder cet état durant toute la prière. Même si l’état de maîtrise et de stabilité n’est pas une chose facile au début, cet ordre est très possible avec la pratique et la gymnastique du cœur. Trois éléments aident à cela : la demande, le sérieux et le rappel, comme nous le verrons la prochaine fois.

    d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 – chap. 3

     

    Le prieur doit rendre son cœur humble révérenciellement par la lumière du savoir et de la foi et y affirmer les lueurs de la Miséricorde divine.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    L’humilité révérencielle (al-khushû‘) (3)

    Atteindre la perfection et acquérir les provisions nécessaires pour l’Au-delà exigent du pèlerin vers Dieu une demande et du sérieux, et plus la chose voulue est grandiose, plus le sérieux devient prioritaire.

    C’est que le monde de l’Au-delà ne peut pas être comparé à ce monde du point de vue du bonheur et de la perfection, ni du point de vue des malheurs et des calamités, car c’est un monde éternel, permanent, où il n’y a pas de mort ni de néant. Le bienheureux se trouve dans le repos, la puissance et les bienfaits éternels. C’est un repos, une puissance et une autorité divines qui n’ont pas d’équivalents en ce monde, des bienfaits qui ne viendraient à l’imagination de personne. Alors que le misérable y connait des châtiments, des tourments, des calamités qui n’ont pas d’équivalents en ce monde.

    Et il est clair que l’ascension vers la Proximité divine et la Station du Voisinage du Seigneur de la Puissance n’est pas facilitée par la paresse, la nonchalance, ou simplement par le fait de la considérer facile. Aussi, il faut se dresser avec générosité, ardeur jusqu’à arriver à ce qui est demandé. Alors, tant que tu crois en l’Au-delà, que tu sais que le monde de l’Au-delà ne peut être comparé à ce monde, que tu sais que le chemin pour arriver au Bonheur véritable éternel est le chemin de l’obéissance au Seigneur de la Puissance et que la prière n’a pas d’équivalent parmi tous les autres actes d’adoration – parce qu’elle est le Baume divin regroupant (ou synthétique – jâmi‘) qui se charge d’assurer le bonheur du genre humain (« si elle est acceptée, l’ensemble des autres actes sont acceptés ») –, alors il faut absolument le sérieux total dans la demande de la prière et ne pas limiter ses efforts vers elle ni baisser les bras devant les difficultés si tant soit peu que la prière nécessite un effort pénible. Et si tu persistes à faire la prière avec attention et application, cela devient plus facile et ton cœur se familiarise avec la prière, au point de découvrir, tandis que tu es toujours en ce monde, des plaisirs incomparables à ceux de ce monde, durant cet entretien intime avec Dieu Très-Elevé qu’est la prière, comme cela apparait à travers ce qu’il est dit des états des gens de l’Entretien intime avec Dieu (qu’Il soit Glorifié).

    En conclusion, quand nous connaissons par la preuve ou par les évidences rapportées par les

    Prophètes(p), la Grandeur de Dieu, Sa Beauté et Sa Majesté, il est nécessaire de le rappeler au cœur jusqu’à ce que l’humilité révérencielle y entre petit à petit par le moyen du rappel, de l’évocation, de l’orientation du cœur, de l’assiduité à évoquer la Grandeur et la Majesté de Dieu. Et le résultat recherché se réalise.

    Il est alors nécessaire que le pèlerin vers Dieu ne se contente pas d’un de ces états, d’une des stations dans laquelle il se trouvera, parce que, quelles que soient les stations dans lesquelles se trouvent des gens comme nous, elles n’équivalent pas à la plus petite monnaie dans le marché des gens de la connaissance, ni ne correspondent à un grain de moutarde dans le commerce des détenteurs des cœurs. Dans ce cas, dans l’ensemble de ses états, le pèlerin vers Dieu doit toujours se rappeler ses insuffisances, ses défaillances, ses défauts. Il se peut que le chemin vers le bonheur s’ouvre à lui de cette façon.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al- Khomeiny(qs)) Maqâlat 1 – chap. 3)

    L’important est que l’humilité révérencielle entre dans le cœur par le moyen du rappel, de l’orientation du cœur, de l’assiduité à évoquer la Grandeur et la Majesté de Dieu. Et le résultat recherché se réalise.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Tranquillité (1)

    Parmi les importantes règles de conduite du cœur pour les actes d’adoration – notamment ceux comprenant des évocations (dhikr) de Dieu – il y a la quiétude (ou la tranquillité d’âme, ou d’esprit) qui veut dire : « aller vers Dieu par l’acte d’adoration, avec le cœur calme et l’esprit serein. » En effet, si, par exemple, on prie dans une situation où le cœur est troublé, agité, ce dernier ne pourra pas réagir à la prière. La prière sera certes accomplie mais il n’en restera aucune trace dans le monde immatériel (malakût) du cœur, et son image profonde, intérieure ne correspondra pas à la réalité de l’acte d’adoration, à la réalité de la prière auprès de Dieu.

    Alors que l’un des objectifs, l’un des effets escomptés de la répétition des actes d’adoration, de la multiplication des évocations des Noms de

    Dieu et de la récitation des versets coraniques dans la prière est que le cœur soit influencé par ces actes d’adoration et ces évocations, qu’il réagisse jusqu’à ce que le for intérieur du pèlerin vers Dieu se modèle, se façonne à la vérité de l’évocation et de l’acte de l’adoration, et que son cœur s’unisse avec l’esprit de l’acte d’adoration.

    Tant que le cœur n’est pas tranquille, calme, serein, les évocations et les rites n’auront aucune influence sur lui. Les effets de l’acte d’adoration ne circulent pas, ne dépassent pas la surface du cœur, de l’apparence, du monde matériel, pour aller vers le for intérieur et le monde immatériel

    (malakût). Aucune des chances de la réalité de l’acte d’adoration n’arrive au cœur.

    Ceci est une chose évidente, connue avec un minimum de réflexion, sans besoin d’une longue argumentation ni preuves à l’appui. Et si notre acte d’adoration est tel qu’il n’a aucun effet sur notre cœur et qu’il ne laisse aucune trace dans notre for intérieur, c’est-à-dire qu’il n’est pas sauvegardé dans les autres mondes, qu’il ne s’est pas élevé du monde matériel (mulk) vers le monde immatériel (malakût), il se peut que la forme même de cet acte d’adoration soit totalement effacée de la page de notre cœur (que Dieu nous en préserve !) au moment des difficultés de l’agonie, de l’ivresse redoutable de la mort, des affres et des calamités qui ont lieu après la mort.

    Et si l’image s’efface totalement de notre cœur, nous nous présenterons devant Dieu les mains vides …

    Il est rapporté dans un hadith qu’un groupe de gens de la Nation du Messager de Dieu (que les Prières de Dieu soient sur lui et sur les membres de sa famille) oublièrent jusqu’au nom du Prophète Mohammed quand ils furent exposés au Feu et qu’ils virent l’Ange-Gardien de l’Enfer tant son apparence était redoutable !

    Et il est précisé, dans ce hadith, que ces gens étaient considérés comme des gens croyants, au cœur et au visage lumineux, étincelants de foi !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs), Maqâlat 1, Chap.4)

    L’un des objectifs de la répétition est que le cœur soit influencé par les actes d’adoration. Mais si le cœur est troublé, il n’en restera aucune trace.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Tranquillité (2)

    Un exemple illustrant l’importance de cette règle de conduite du cœur qu’est la tranquillité lors des évocations (adh-dhikr).

    Si quelqu’un dit (répète) : « Il n’y a de dieu que Dieu, Mohammed est le Messager de Dieu »,

    لا إِلَهَ إِلَّا اللهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللهِ

    Lâ ilâha illâ-llâhu, Muhammadunn rasûlu-llâhi

    Le cœur plein de quiétude et de tranquillité, son cœur apprendra cette noble évocation, la langue du cœur se mettra à parler progressivement jusqu’à arriver au point que c’est la langue apparente (matérielle) qui suivra la langue du cœur.

    Au début, le cœur se souvient, se rappelle (en « entendant » la langue matérielle prononcer cette évocation). Puis c’est la langue (matérielle) qui suit le cœur et prononce ce que lui suggère son cœur. C’est à ce sens que l’Imâm as-Sâdeq(p) fait allusion dans son propos rapporté in al-Misbâh ash-Sharî‘at : « Rends ton cœur la Qibla de ta langue ! Ne la remue que sous indication du cœur, qu’avec l’accord de la raison et l’agrément de la foi. »

    Ainsi, au début, ce n’est pas la langue du cœur qui parle. Celui qui parcourt la voie de l’Au-delà doit lui apprendre à parler, et pour cela lui réciter le rappel (dhikr) avec calme, quiétude et tranquillité.

    Si la langue du cœur s’ouvre par la parole, c’est que le cœur est bien la Qibla de la langue et de tous les autres organes. Et s’il (le cœur) se met à évoquer

    Dieu, alors le royaume de l’existence de l’homme en son entier, sans exception, se rappelle, devient « se souvenant », évoquant Dieu.

    Mais si quelqu’un prononce cette noble évocation, avec précipitation et agitation, sans quiétude de cœur, ses sens éparpillés, cette évocation n’aura aucun effet sur son cœur. Elle ne dépassera pas la limite de la langue, ni de l’ouïe apparente, matérielle, « animale », pour aller vers le fond intérieur et l’ouïe du cœur, l’ouïe humaine ; sa vérité ne se réalisera pas au fond du cœur et sa forme sera toujours sujette à disparaître totalement.

    Cela veut dire que quand il sera touché par les affres et les difficultés, notamment les affres de la mort et de son ivresse, les difficultés de l’arrachement de l’âme (de l’esprit humain), il oubliera totalement l’évocation. La noble évocation se sera totalement effacée de la page de son cœur. Même ! jusqu’au Nom de Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté !), au nom du Messager de Dieu, le Sceau des Prophètes, à la noble Religion de l’Islam, au saint Livre divin, aux Imâms de la bonne Direction, à l’ensemble des connaissances qui n’ont pas atteint son cœur ! Il les aura totalement oubliés..

    Au moment des questions de la tombe, il restera interdit et ne pourra pas répondre…

    Pour une telle personne dans une telle situation, les évocations et les récitations ne lui auront été d’aucun profit, parce que ne laissant aucune trace de la Vérité de la Seigneurie, du Message et des autres connaissances dans son cœur. Cette évocation, prononcée au niveau des lèvres, sans laisser de trace au niveau du cœur, l’aura privé d’avoir une chance (ou une part) de la vision de la Seigneurie, du Message et des autres connaissances.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 1 – chap.4)

    « Rends ton cœur la Qibla de ta langue ! Ne la remue que sous indication du cœur, qu’avec l’accord de la raison et l’agrément de la foi. » de l’Imâm as-Sâdeq(p)

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité de protéger ses actes d’adoration contre les agissements du diable

     

    La protection contre les agissements du diable est aussi la « mère » des règles de conduite du cœur : assurer cela fait partie des choses les plus grandioses et en même temps les plus précises. Et peut-être que le noble verset qui décrit les croyants comme {ceux qui sont assidus à leurs prières} (92/6 Les Troupeaux) est une indication de l’ensemble des niveaux de la vigilance dont le plus important est celui de la protection de la prière contre les agissements du diable.

    Tout comme il y a pour le corps des nourritures qui conviennent à sa croissance et à son maintien, il y a pour le cœur et l’esprit des nourritures qui doivent être appropriées à chacun de leurs états, qui doivent faciliter leur croissance et leur développement. Les nourritures nécessaires pour le développement de l’esprit sont les connaissances divines prenant en considération l’origine des principes de l’existence jusqu’à la fin de l’organisation de l’existence. Quant à celles du cœur, elles puisent dans les faveurs et les rites divins. Si ces deux sortes de nourritures sont exemptes des agissements du diable et sont préparées par les mains de l’allégeance (Wilâyah) au dernier des Messagers et à l’Ami/Allié de Dieu le plus grandiose, alors elles nourrissent l’esprit et le cœur et leur font atteindre la perfection convenant à l’être humain et les degrés de la Proximité de

    Dieu.

    Le pèlerin vers l’Au-delà doit donc purifier ses connaissances et ses rites des agissements du diable et de l’âme instigatrice du mal, quel que soit l’effort que cela demande ; il doit plonger dans ses mouvements profonds et se nourrir des nourritures spirituelles, ne pas négliger les ruses de l’âme et du diable, des cordes de l’âme instigatrice du mal et d’Iblis, avoir une mauvaise opinion totale de l’ensemble de ses mouvements et actes et ne pas donner une quelconque importance aux appels de son âme. Car, en faisant preuve d’indulgence vis-à-vis d’elle, il lui donnera peut-être l’occasion de prendre le-dessus et de le mener à sa perte. En même temps, il ne doit pas désespérer des bienfaits intérieurs de Dieu devant les difficultés de la délivrance – qui ne se réalise de façon complète que chez l’Homme parfait (le Messager de Dieu(s) et par suite chez les plus purs des Proches-Elus(p))

    – car le désespoir de l’Esprit de Dieu est à la tête de toute tiédeur, de toute froideur et fait partie des péchés les plus graves.

    Et il doit obligatoirement le faire car si les nourritures spirituelles ne sont pas purifiées des agissements du diable et de ses ingérences dans leurs préparations, non seulement elles ne permettront pas le développement de l’esprit et du cœur et ne le mèneront pas à la perfection lui convenant, mais elles seront insuffisantes, déficientes et pourront l’entraîner dans les voies du diable, des animaux et des bêtes sauvages.

    Ainsi, ce qui aurait dû être une cause d’accès au bonheur, au capital de la perfection humaine et aux degrés élevés, aura provoqué le résultat contraire et l’aura mené au gouffre ténébreux des malheurs (de l’adoration du diable et de soi-même). Combien nombreux sont ceux qui se sont ainsi égarés pour avoir négligé ce point, même parmi les savants de morale, de droit et des dévots !

    Comme il est important, dans ce cas, de bien observer son état, de s’ausculter avec minutie, comme le médecin le fait avec son malade, de rechercher avec précision les erreurs dans sa démarche et son cheminement et bien sûr de ne pas négliger, durant cette introspection, de demander la protection de l’Essence divine (qu’Il soit Glorifié et Magnifié !), avec humilité et soumission !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 chap.5)

    Les nourritures du cœur, préparées par les mains de l’allégeance au Messager de Dieu et au Walî de Dieu, doivent être exemptes des agissements du diable pour permettre à l’esprit et au cœur d’atteindre la perfection.

     

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité du dynamisme et de la gaieté (1)

    Parmi les règles de conduite du cœur pour la prière et les autres actes d’adoration qui donnent de bons résultats, même ! qui ouvrent certaines portes et font découvrir certains secrets des actes d’adoration : accomplir les actes d’adoration avec dynamisme et gaieté (la joie dans le cœur et la détente au niveau de l’esprit), et éviter de les faire avec paresse et à contre-cœur.

    Pour cela, le pèlerin vers Dieu doit choisir le moment pour ses actes d’adoration de sorte que son âme ait envie d’adorer Dieu et qu’elle soit enthousiaste, dynamique, vive et non pas fatiguée, nonchalante. Parce que s’il se force aux actes d’adoration alors qu’il est paresseux et fatigué, il s’en suivra peut-être des conséquences négatives comme l’ennui, la lassitude, l’accablement qui entraîneront petit à petit l’âme vers le dégoût, le rejet, et peut-être même vers le fait de ne plus évoquer Dieu et de faire sortir l’esprit de la station de la soumission/ assujettissement qui est à l’origine de l’ensemble des félicités. Dans un tel état, l’acte d’adoration n’atteint pas la lumière du cœur.

    Dieu Très-Elevé dit dans Son noble Livre, à propos des incroyants et des hypocrites : {Ils ne se rendent à la prière que paresseusement et ils ne dépensent qu’à contre-cœur.}(54/IX) et il est rapporté des Infaillibles(p) à propos du verset {N’approchez pas de la prière en état d’ivresse.}

    (43/IV) une interprétation selon laquelle l’ « ivresse » indiquerait la paresse.

    De même, des propos rapportés des Infaillibles(p) indiquent cette règle de conduite. Il est dit de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Ne vous contraignez pas aux actes d’adoration. » Egalement de lui(p) remontant au Messager de Dieu(s) : « Ô ‘Alî, cette religion est robuste, alors pénètre-s-y avec douceur et ne rends pas l’adoration de ton Seigneur détestable à ton âme. »

    Tout comme un repas pris avec joie est plus facilement digéré, une nourriture spirituelle accompagnée de gaieté et d’envie, loin de la paresse et de la contrainte, a des effets plus rapides sur le cœur et le purifie plus profondément. (Cette règle générale s’applique également à l’acquisition du savoir.)

    Parmi les secrets et les résultats que l’on peut espérer en accomplissant les actes d’adoration et les gymnastiques spirituelles avec gaieté et détente :

    -que la volonté de l’âme pénètre dans tout le monde matériel (mulk) du corps ;

    -que l’empire de l’âme soit subjugué et disparaisse dans son orgueil ;

    -que la volonté prenne le contrôle des forces éparpillées et des soldats répandus dans le monde matériel du corps et les empêche de faire des actes de désobéissance, de rébellion et d’égoïsme, de sorte que les forces soient soumises au monde immatériel (malakût) du cœur et de son for intérieur, même ! que l’ensemble des forces se fondent progressivement jusqu’à disparaître totalement dans le monde immatériel (malakût) et que l’ordre de ce dernier soit appliqué et exécuté dans le monde matériel (mulk) ;

    -que la volonté de l’âme se renforce et que les rênes de la maîtrise tombent des mains du diable et de l’âme instigatrice du mal.

    Alors, les soldats de l’âme la conduiront de la foi vers la soumission, puis de la soumission vers la satisfaction, puis de la satisfaction vers l’évanescence.

    Et dans cette situation, l’âme trouvera un parfum des secrets des actes d’adoration, même ! les actes se manifesteront à lui !

    Et tout cela ne se réalise que si les actes d’adoration sont accomplis avec dynamisme, gaieté (en évitant totalement de les accomplir en se forçant, à contre-cœur ou avec paresse), pour pouvoir atteindre la situation d’amour et de passion pour l’évocation de Dieu et la station de la Soumission/ assujettissement, puis la familiarité et la stabilité.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 chap.6)

     

    Les nourritures spirituelles accompagnées de gaieté et d’envie ont des effets plus rapides sur le cœur et le purifie plus profondément. Il en est de même pour l’acquisition du savoir.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité du dynanisme et de la gaieté (2)

    De cette règle de conduite du cœur vue précédemment, à propos de la nécessité de la gaieté de cœur lors les actes d’adoration, une autre règle de conduite du cœur est apparue : l’attention (ar-ri‘âyat) qui est une sorte de vigilance, de protection/prévenance.

    Le pèlerin vers Dieu doit observer l’état dans lequel il se trouve et agir en conséquence, avec bienveillance et modération, et ne pas lui faire porter plus que ce qu’elle peut à ce moment.

    Il est rapporté de l’Imâm al-Askarî(p) : « Quand les cœurs sont dynamiques, alors accueillez-les et quand ils sont rebutés, laissez-les. » Dans un autre propos rapporté, il est dit : « Ne rends pas l’adoration de Dieu détestable (à ton âme). »

    Ainsi, le pèlerin vers Dieu doit faire attention aux états de son âme et doit cheminer vers Dieu selon sa force et sa faiblesse. Si l’âme est forte, dynamique, le pèlerin doit persévérer dans ses efforts pour accomplir les actes d’adoration surérogatoires et s’imposer un programme d’éducation.

    Par contre, si l’âme est faible, lasse ou a envie d’autres choses, le pèlerin doit éviter de la mettre sous pression pour accomplir les actes d’adoration, notamment pour les jeunes et ceux qui débutent dans le cheminement vers Dieu, afin d’éviter de provoquer le résultat inverse, le rejet et même l’éloignement de Dieu.

    Il existe de nombreux hadiths qui vont dans ce sens. Il est notamment rapporté d’Abû ‘Abdallah, l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Quand j’étais jeune, je m’appliquais beaucoup aux actes d’adoration. Alors mon père m’a dit : « Ô mon fils, laisse ce que tu fais. Si Dieu Tout-Puissant aime un serviteur, Il se satisfait du peu de lui. » »

    Il n’est pas demandé aux jeunes de s’abstenir totalement au moment où apparaissent avec force les pulsions instinctives animales, mais d’apprendre à dominer le feu de leurs désirs et de les satisfaire selon les voies légiférées. Le mariage est une coutume (sunna) du Prophète(s) confirmée. En plus du fait qu’il garantit la permanence de l’espèce humaine, il a également un très grand rôle dans le cheminement dans la voie de l’Au-delà.

    Le Messager de Dieu(s) a dit : « Celui qui se marie, a accompli la moitié de sa religion. » et par ailleurs : « Celui qui veut rencontrer Dieu de façon pure, Le rencontrera par le mariage. » Et les hadiths sont nombreux dans ce sens.

    Par contre, si le pèlerin a dépassé le stade de l’impétuosité de la jeunesse, il lui est convenable de s’appliquer à éduquer son âme avec sérieux et ardeur. Chaque fois qu’il habituera son âme à faire les gymnastiques spirituelles, s’ouvriront à lui de nouvelles portes jusqu’à arriver à ce que l’âme prenne totalement le contrôle des forces de sa nature (matérielle) et les place sous le contrôle de sa volonté.

    Tout ce qui est rapporté dans les nobles hadiths louant le sérieux, les efforts de ceux qui s’appliquent aux actes d’adoration et à l’éducation de l’âme, avec en tête les Imâms de la Guidance(p) d’un côté, et tout ce qui est rapporté dans les hadiths louant l’économie dans les actes d’adoration, de l’autre, sont fondés sur les différences entre les gens dans leur cheminement vers Dieu, des degrés de l’âme et de ses états.

    Et le critère, le baromètre commun, universel, est le dynamisme et la force de l’âme ou son aversion et sa faiblesse. D’où la nécessité de regarder ce baromètre avant d’entamer tout acte d’adoration.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) al-Maqâlat 1 chap.6)

    Le critère, le baromètre commun, universel, des actes d’adoration est le dynanisme, la gaieté et la force de l’âme et de ses états.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Faire comprendre au cœur (1)

    Cette règle de conduite – faire comprendre au cœur – est particulièrement importante pour les actes d’adoration où il y a des rappels (dhikr).

    Au début, l’homme considère son cœur comme un enfant qui commence à parler. Il veut lui apprendre des rappels (dhikr), des récitations (awrâd), les vérités et les secrets des actes d’adoration, avec précision et attention, et lui faire comprendre la vérité qu’il a saisie, quel que soit son niveau.

    S’il n’est pas apte à comprendre les sens du Coran et des rappels et qu’il n’arrive pas à connaître les secrets des actes d’adoration, il en fait au moins comprendre à son cœur le sens global : que le Coran est la Parole de Dieu, que les rappels (dhikr) sont des Souvenirs de Dieu Très-Elevé et que les actes d’adoration sont des actes d’obéissance à l’Ordre du Seigneur. Ainsi il fait comprendre à son cœur ces sens globaux.

    S’il est apte à comprendre les sens formels (sûriyyat) du Coran et des rappels, alors il lui fait comprendre les sens formels de la Promesse (du Paradis) et de la menace (du Châtiment divin), de l’Ordre et de l’Interdiction, de la science de la création et de la Résurrection, selon ce qu’il peut comprendre, ce qu’il sait. Si une des vérités de la connaissance lui est dévoilée, ou un des secrets des actes d’adoration lui est révélé, alors il les lui enseigne avec sérieux et diligence.

    Résultat de cet effort assidu de faire comprendre à son cœur : la langue du cœur se dénoue et le cœur devient «rappelant», «se souvenant». Au début, le cœur apprend ce que la langue lui enseigne. Il se rappelle par le rappel de la langue, la suivant dans le rappel. Mais après le « dénouement » de la langue du cœur, les choses s’inversent. Le cœur devient le rappelant et la langue le suit dans le rappel et le mouvement. Sans doute, cette chose peut arriver pendant le sommeil, la langue évoquant ce que le cœur lui rappelle, parce que le rappel du cœur n’est pas spécifique à l’état d’éveil. Si le cœur est en train de se rappeler, la langue le suit et le rappel circule des « cieux » (malakût, le for intérieur) du cœur jusqu’à l’apparent : {Dis : chacun agit selon ce qui lui est semblable (shâkilatihi).}(v.84, s.Le voyage nocturne XVII)

    En résumé, l’homme doit absolument au début observer cette règle de conduite (de faire comprendre à son cœur) jusqu’à ce que se dénoue la langue du cœur. Voilà ce qui est réellement demandé. Et le signe que la langue du cœur commence à parler : la disparition du sentiment d’effort, de fatigue, de lassitude et de douleur, et l’apparition des sentiments de dynamisme et de joie.

    On pourrait comparer cette situation à celle de l’homme qui apprend à parler à un enfant. Tant que l’enfant ne sait pas parler, le professeur se fatigue et même peut se lasser. Mais quand l’enfant se met à parler et prononce le mot qu’il lui a appris, la lassitude du professeur disparait et il est tout joyeux ! De même, pour le cœur : au début, il est comme un enfant qui apprend à parler. On doit lui apprendre et lui faire répéter les rappels et les récitations. Quand la langue du cœur se dénoue, disparaissent alors l’effort, la fatigue et la lassitude de l’apprentissage des rappels. Cette règle de conduite est absolument nécessaire pour les débutants.

    Même ! Un des secrets de la répétition des rappels et des invocations, et de l’assiduité à cela est que la langue du cœur se dénoue et devient « se rappelant », « invoquant » Dieu et « adorant ».

    Tant que cette règle de conduite évoquée n’est pas constatée, cela veut dire que la langue du coeur ne s’est pas encore dénouée.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs)-Maqâlat 1- Chap.7(1))

    L’objectif de faire comprendre au cœur est de le dénouer jusqu’à ce que le cœur devienne le « rappelant », se souvenant et la langue le suit dans le rappel et le mouvement.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Faire comprendre au cœur (2)

    (Les propos rapportés)

    De nombreux hadiths parlent de l’importance de l’apprentissage du coeur.

    Notamment celui de l’Imâm as-Sâdeq(p) cité dans Usûl al-Kâfî qui rapporte ce que l’Imâm ‘Alî(p) a dit dans le cadre de la mise en évidence des règles de conduite pour la lecture [du Coran] : « Mais frappez (dans le sens de « soumettez, domptez ») vos durs cœurs avec [la lecture du Coran], et n’ayez pas le souci d’arriver à la fin de la sourate. »

    Egalement d’Abû ‘Abdallah as-Sâdeq(p), qui dit à Abû Usâma : « Ô Abû Usâma, éveillez vos cœurs par le Rappel de Dieu et prenez garde aux points [= les péchés ou les mauvaises pensées]. »

    Même l’élite des Proches-Elus de Dieu observaient cette règle de conduite ! Ainsi, il est rapporté dans un hadîth que notre maître Ja‘far fils de Mohammed, as-Sâdeq(p) était en train de prier quand il perdit connaissance. Quand il revint à lui, on lui demanda ce qu’il lui était arrivé. Il(p) répondit : « J’étais encore en train de répéter ce verset à mon cœur quand je l’ai entendu [le verset] de Celui qui le dit. Alors mon corps s’est déstabilisé à la vue de Sa Puissance. »

    Il est rapporté d’Abû Dhar (que la satisfaction de Dieu soit avec lui) que le Messager de Dieu(s)

    répétait la Parole de Dieu Très-Elevé : {Si tu les châties, ils sont certes Tes serviteurs, et si Tu leur pardonnes, Tu es certes le Très-Puissant, le Très-Sage.} (v.118, s.La Table Servie V))

    En résumé, la réalité du Rappel (dhikr) et de la réminiscence (le fait de se rappeler, at-tadhakkir) se situe au niveau du cœur. Quant à celui qui a lieu au niveau de la langue, il n’a aucune consistance s’il n’aboutit pas au cœur, il n’a aucune valeur, il perd même toute considération, comme cela est indiqué dans d’autres nobles hadiths.

    Il est rapporté du Messager de Dieu le plus noble(s) qui dit à Abû Dhar : « Ô Abû Dhar, prier deux simples raka‘ts avec réflexion vaut mieux que de veiller la nuit [en actes d’adoration] avec le cœur inattentif (ou distrait). »

    Il est rapporté de lui(s) également : « Dieu (qu’Il soit Glorifié) ne regarde pas vos formes mais regarde vos cœurs. »

    Nous verrons plus loin à propos des hadiths sur la « présence du cœur » qu’il n’est accepté de la prière que ce qui est avec la présence du cœur, et que ce qui a été fait de la prière avec le cœur distrait n’est pas accepté.

    Tant que cette règle de conduite évoquée n’est pas observée, le rappel du cœur n’est pas atteint, le cœur n’est pas sorti de la distraction et de la négligence. « Rends ton cœur la qibla de ta langue ; ne la bouge que par une indication du cœur » disait l’Imâm as-Sâdeq(p). Mais le cœur ne devient la qibla de la langue que si cette règle de conduite est observée. Il est très rare que ces choses évoquées puissent arriver sans le suivi de cette règle de conduite et il n’est pas permis de se leurrer sur ce point.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.7 (fin))

     

    Apprendre et faire comprendre au cœur jusqu’à ce que ce soit lui qui fasse bouger la langue.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du coeur (1)

    (Ses caractéristiques)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes et peut-être y a-t-il beaucoup de règles de conduite qui sont introductives à celle-là. (L’Imâm Khomeynî y consacre plusieurs chapitres et commence par nous renvoyer à son livre « Quarante Hadîths ».)

    Se libérer du temps et le cœur pour les actes d’adoration et ..

    La présence du cœur implique de prendre en compte deux ordres : libérer du temps et le cœur pour les actes d’adoration d’une part et de l’autre, faire comprendre au cœur l’importance de l’adoration.

    « Libérer du temps » veut dire que l’homme se réserve un moment fixe, chaque jour et chaque nuit, pour les actes d’adoration et qu’il décide de ne faire, durant ce moment, que des actes d’adoration et pas autre chose, quelle qu’elle soit. Mais plus important que libérer du temps, même s’il en constitue un prélude, c’est « vider » son cœur de toute chose autre que Dieu. C’est-à-dire, l’homme qui se préoccupe d’adorer Dieu, doit se libérer de tous ses soucis de ce monde et se réserver à Dieu durant les actes de la prière. Il doit sauver son cœur des illusions éparpillées et des différents ordres, le vider totalement de tout cela et définitivement pour s’adonner aux actes d’adoration et aux entretiens intimes avec Dieu le Très-Elevé. Tant qu’il ne se débarrasse pas de ces choses, la présence du cœur ne peut pas se réaliser.

    Malheureusement, nous réservons nos pensées éparpillées et nos diverses illusions pour le moment de la prière. On fait le « takbîr » ( dire : « Dieu est plus Grand ») marquant le début de la prière, et c’est comme si on avait ouvert la devanture du magasin, ou le cahier des comptes ou le livre des cours !

    Nous envoyons notre cœur vers d’autres choses et nous négligeons totalement les actes d’adoration.

    Et quand, tout d’un coup nous faisons attention à la prière, nous en sommes à la fin.

    Est-ce que nous nous comportons ainsi quand nous parlons avec une simple personne ? quand nous nous adressons à un être cher, ou même, avec une personne étrangère qui a mobilisé tout notre intérêt ? Alors pourquoi parlons-nous et nous entretenons-nous avec le Maître des Bienfaits et le

    Seigneur des mondes en Le négligeant et en pensant à autre que Lui ?

    Essayons au moins de rendre notre entretien intime avec Dieu, qu’Il soit Glorifié, comme une conversation avec une simple personne ! Est-ce que nous considérons qu’il y a quelque chose de plus important que l’Essence sacrée de Dieu ? ou que les conversations avec les serviteurs sont plus précieuses que l’Entretien intime avec Celui qui satisfait les besoins ?

    Tout cela révèle certes une faiblesse de la foi et une défaillance dans notre certitude, qu’il est nécessaire de corriger. Il faut acquérir la foi en Dieu et dans les propos de Ses Prophètes pour réformer les choses ! Cependant, avec un peu d’attention et d’observation, nous pouvons arriver à libérer notre cœur et l’adonner à l’adoration de Dieu, nous pouvons le persuader de l’importance de devant Qui il se dresse et à Qui il s’adresse. Nous devons penser que nous sommes devant notre Seigneur Tout-Puissant, que nous sommes devant Celui qui nous voit alors que nous ne Le voyons pas ! (d’après le 27e hadîth d’al-Arba‘ûna Hadîthann, pp477-482)

    .. et surtout faire comprendre au cœur l’importance de l’adoration

    Si la présence du cœur ne compte pas parmi les conditions de validité de la prière d’un point de vue de la législation apparente, c’est pour que le priant ne se décourage pas ni ne s’arrête de prier si cette condition n’est pas réalisée. Le minimum exigé d’un point de vue légal apparent est l’intention (an-niyat) de faire la prière pour adorer Dieu et se rapprocher de Lui, ou, en d’autres termes, ne pas oublier qu’il est en train de prier tout au long de sa prière.. C’est aussi par la répétition de la prière et de l’effort à rendre le cœur présent tout au long de la prière que le croyant arrive à déchirer les voiles qui le séparent de la Présence Divine.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (2)

    (Ses différents niveaux)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes

    et peut-être y a-t-il beaucoup de règles de conduite qui sont introductives à celle-là.

    La présence du cœur du point de vue des actes d’adoration ou de l’Adoré

    Dans le numéro précédent, nous avons rappelé brièvement ce que l’Imâm Khomeynî(qs) a évoqué sur la présence du cœur, dans son livre « Quarante Hadîths ». L’Imâm(qs) y a, par ailleurs, présenté deux approches possibles pour aborder ce sujet, selon que l’on se place du point de vue des actes d’adoration ou de celui de l’Adoré.

    Se plaçant du point de vue des actes d’adoration, il propose d’abord un aperçu global, puis entre dans les détails jusqu’à découvrir les secrets des actes d’adoration, (ce que nous verrons par la suite en ce qui concerne les différents actes de la prière).

    En ce qui concerne l’Adoré, il distingue différents niveaux de la présence du cœur selon la station de la Manifestation divine (celles de Ses Actes, de Ses Noms et de Ses Attributs ou celle de Son Essence divine), chacun de ces niveaux ayant quatre degrés (celui du savoir, de la foi, de la vision (shuhûd) et de l’anéantissement (fanâ’)). (d’après le 27e hadîth d’al-Arba‘ûna Hadîthann, p484)

    « Adore Dieu comme si tu Le vois car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. »

    est rapporté du Messager de Dieu, le sceau des Prophètes(s) : « Adore Dieu comme si tu le Le vois car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. »

    On peut tirer de ce hadith deux niveaux de la présence du cœur :

    Le premier : le pèlerin voit (contemple) la Beauté du Beau, se noyant dans la Manifestation de la Présence de l’Aimé dans le sens que l’ensemble des ouïes de son coeur sont fermées à l’ensemble des autres existences. Sa vue clairvoyante est ouverte tout entière à la Beauté détenant la Majesté et la Pureté, et il ne voit rien d’autre que Lui. En gros, il est occupé par le Présent (le Hâdir-Dieu) et néglige celui qui est présent (le mahdar-lui) et le fait d’être présent (le hudûr).

    Le second niveau qui est un niveau inférieur, le pèlerin se voit présent (hâdir) en Sa Présence (de Dieu) et il observe les règles de conduite du fait d’être présent (du hudûr) et de Celui qui est Présent (le Mahdar-ici Dieu).

    C’est comme si le Messager le plus Noble(s) disait : « Si tu peux être parmi les gens du premier niveau et que tu arrives à adorer Dieu de cette façon, alors fais-le.

    Sinon, au moins ne néglige pas le fait que tu es en présence du Seigneur. Et pour être en présence de

    Dieu Très-Elevé, il y a des règles de conduite dont la négligence n’a pas lieu d’être et serait loin de la station de l’assujettissement/soumission. »

    Le hadith que rapporte Abû Hamzeh ath-Thumâlî à propos de l’Imâm ‘Alî fils de Hussein(p)

    indique cela également : « J’ai vu ‘Alî fils de Hussein(p) en train de prier, alors que son manteau tombait de ses épaules. Il ne l’arrangea pas tant qu’il n’avait pas fini sa prière. Je l’interrogeai sur cela. Il(p) me répondit : « Malheureux ! Sais-tu devant Qui je me trouvais ! » »

    Il est rapporté du Messager de Dieu(s) : « Deux hommes de ma communauté sont en train de prier, leurs inclinaisons et leurs prosternations ne font qu’un [c’est-à-dire leurs prières sont apparemment semblables] mais il y a entre ces deux prières [une différence] de la distance entre le ciel la terre. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.9 )

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (3)

    (Ses effets grandioses)

    Cette règle (la présence du cœur), sans laquelle les actes d’adoration de Dieu n’ont pas d’âme, est en même temps la clef du verrou des perfections et une des portes des félicités.

    Peu de choses sont évoquées dans les Hadîths avec une telle insistance.

    Les actes d’adoration, les rites, les rappels, les récitations ne produisent totalement leurs résultats que quand ils sont devenus une image intérieure pour le cœur et qu’ils ont fait mûrir le for intérieur de l’homme, quand le cœur de l’homme s’est formé de la configuration de la soumission/ assujettissement, étant sorti [du domaine] des passions et des actes de désobéissance. Et cela ne se réalise qu’avec la présence du cœur.

    Parmi les secrets et les bénéfices des actes d’adoration, [on peut noter qu’] ils renforcent la volonté de l’âme et permettent

    • à l’âme, dans un premier temps, de prendre le dessus sur la nature (tabî‘at),
    • aux forces naturelles (tabîyyah) d’être assujetties au pouvoir et à l’autorité de l’âme,
    • à la volonté de l’âme céleste (malakûtiyyah) d’être opératrice dans le monde du corps, de sorte que les forces deviennent par rapport à l’âme ce que les Anges de Dieu sont par rapport à Dieu Très-Elevé {Ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur a ordonné et ils font ce qu’on leur a ordonné.} (v.6, L’Interdiction LXVI)

    Même ! L’empire du corps dans son ensemble, son apparence et son intérieur, devient ensuite soumis à la Volonté de Dieu et se meut selon les mouvements [impulsés par] Dieu Très-Elevé ; les forces célestes (malakûtiyyah) et terrestres (mulkiyyah) de l’âme deviennent des soldats de Dieu, comme les Anges de Dieu. Et cela fait partie des niveaux descendus pour avoir anéanti les forces, les volontés dans la Volonté de Dieu.

    Il s’ensuit de cela, progressivement, des résultats grandioses et l’homme naturel (at-tabî‘î) devient divin : l’âme est entraînée par les actes d’adoration de Dieu et les soldats d’Iblis sont vaincus de façon définitive et périssent ; le cœur, avec ses forces, devient soumis à Dieu et certains niveaux profonds de l’Islam s’y manifestent. Et résultat de cette soumission à la Volonté divine dans l’Au-delà, Dieu Très-Elevé exécute la volonté du détenteur de ce cœur dans les mondes des mystères (ghaybiyyah) et le rend un exemple élevé pour lui-même.

    Ainsi, Dieu (qu’Il soit Exalté et Sanctifié) qui crée tout ce qu’Il veut dès qu’Il le veut, rend la volonté de ce serviteur ainsi, telle que l’ont rapporté certaines gens de la connaissance du Prophète(s) dans la description des gens du Paradis :

    « Un Ange arrive à eux et leur demande l’autorisation d’entrer chez eux. Et après l’avoir obtenue, il entre et leur transmet le salut de Paix de Dieu Très- Elevé pour eux et donne à chacun d’entre eux une lettre dans laquelle il est écrit : « Du Tout-Vivant, le Sustentateur, qui ne meurt pas, au Tout-Vivant, le Sustentateur qui ne meurt pas. C’est que Je dis à une chose « Sois ! » et elle est et Je t’ai rendu de sorte que tu dises à une chose « Sois ! » et elle est. »» Le Messager de Dieu(s) ajouta : « Personne du Paradis ne dit à une chose « Sois ! » et elle n’est pas ! »

    Ceci est l’Autorité divine qui est donnée au serviteur pour avoir abandonné sa propre volonté (de son âme) et délaissé l’autorité des passions de l’âme, l’obéissance à Iblis et à ses soldats.

    Et tous ces résultats évoqués n’arrivent qu’avec la présence totale du cœur.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap 8 (3))

    L’homme naturel devient « divin », le cœur, avec ses forces, devient soumis à Dieu et certains niveaux profonds de l’Islam s’y manifestent

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (4)

    (Les méfaits de son absence)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes.

    Ainsi, si pendant les actes d’adoration de Dieu, le cœur n’est pas présent, s’il est négligent, insouciant, l’adoration n’est pas véritable. Même ! Elle ressemble à une distraction, à un jeu. Et il n’y a aucune trace dans l’âme de ce genre d’adoration. Elle n’a pas dépassé la forme, l’apparence pour aller vers l’intérieur, vers le monde céleste (malakût), comme cela est indiqué dans les

    hadîths. Les forces de l’âme avec une telle adoration ne se sont pas soumises à l’âme et l’autorité de l’âme sur elles n’apparaît pas. De même, les forces apparentes et profondes ne se sont pas assujetties à la Volonté divine et l’«empire » de l’âme n’a pas été subjugué par l’Arrogance de Dieu. C’est pourquoi, nous voyons que, malgré 40 ou

    50 ans passés à prier, il n’y a aucun effet, aucune trace de ces prières en nous ! Même ! Jour après jour, l’obscurité du cœur a augmenté, les forces (de l’âme) se sont endurcies et notre envie de la nature (tabiyyah) a augmenté ainsi que l’obéissance aux passions de l’âme et aux insinuations diaboliques, instant après instant.

    Tout cela parce que nos actes d’adoration n’ont été qu’une écorce sans cœur/fond, exempt des conditions intérieures et des règles de conduite du cœur.

    Et nous voyons qu’il est écrit dans le Livre de Dieu (qu’Il soit Glorifié) que la prière empêche la turpitude et le blâmable ! Cette interdiction n’est pas du tout formelle. Non ! Il faut qu’il y ait une lanterne qui éclaire le cœur, une lumière dans le for intérieur qui dirige l’homme vers le monde des Mystères, une inhibition divine qui empêche l’homme de faire des péchés et de se rebeller ! Et nous qui nous nous considérons comme faisant partie de ceux qui prient, nous qui avons passé des années occupés à cet acte d’adoration grandiose, nous ne voyons pas en nous cette lumière, nous ne trouvons pas ce frein, cet inhibiteur à l’intérieur de nous-mêmes..

    Malheur à nous le jour où nous seront données les formes de nos actes, où nous sera remis, entre nos mains, le livre de nos actes en ce monde ! Il sera dit : {« Lis ton livre. Aujourd’hui il te suffit d’être ton propre comptable.»} (14/ XVII, Le Voyage Nocturne)

    Est-ce que ces actes d’adoration seront acceptés par Lui ? Est-ce que cette prière avec cette forme dénaturée, ténébreuse nous rapprochera du Tapis de la Présence Arrogante ? nous fera-t-elle parcourir ce cheminement avec ce dépôt divin et la recommandation des Prophètes ?

    Avions-nous le droit de permettre à la main perfide du démon damné, l’ennemi de Dieu, de s’y ingérer (dans la prière) ? Pourquoi la prière qui est l’ascension du croyant et l’offrande des pieux est-elle devenue pour nous un facteur d’éloignement de la Place sacrée et de la Proximité divine ?

    Ce Jour-là, nous n’aurons que tristesse, regrets et lamentations ! Ah ! cette tristesse, ces regrets qui

    n’ont pas d’égal en ce monde.. Car les tristesses en ce monde, quelle que soit leur gravité, sont mélangées avec des milliers de sortes d’espoir. De plus, les regrets en ce monde disparaissent rapidement. Alors que ce Jour-là, c’est le Jour de la Manifestation de la tristesse et des regrets, comme dit le Très-Elevé :

    {Et avertis-les du Jour du Regret, quand tout sera réglé, alors qu’ils sont dans ce monde inattentifs, qu’ils ne croient pas.} (39/ XIX, Marie)

    L’ordre écoulé ne revient pas ! Ce n’est plus que tristesse devant ce qu’on a laissé échapper à côté de Dieu .. !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (2))

    Si les actes d’adoration sont effectués sans présence de cœur, il n’en restera aucune trace dans l’âme; Alors, malheur à nous le jour où nous seront données les formes de nos actes, où nous sera remise la page de nos actes !

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (5)

    (Attention à la traîtrise de l’âme et aux tentations du démon)

    Ayez pitié de vous-mêmes !

    Ne laissez pas passer ces années sans résultat ! Chassez les désirs mensongers et les promesses diaboliques ! Ne vous faites pas avoir par les tentations du démon ni par les traitrises de l’âme instigatrice du mal, parce que les duperies du démon et de cette âme sont très précises, leurs tromperies peuvent prendre plusieurs formes. Parfois, elles apparaissent sous la forme de « l’espoir du repentir » à la fin de nos vies, c’est-à-dire nous faire repousser le repentir jusqu’au dernier moment de la vie, au moment où l’accumulation des ténèbres des péchés, du grand nombre d’injustices commises envers les serviteurs, des nombreux droits (/devoirs ? [non assumés]) envers Dieu rendent très difficile le repentir. Alors que maintenant, la volonté de l’homme est encore forte, les forces de la jeunesse sont encore présentes, l’arbre des péchés n’est pas encore robuste ni le pouvoir du démon sur l’âme hégémonique, l’âme est encore nouvelle au (ou récente dans le) monde céleste, son horizon proche de la Fitra de Dieu, et les conditions pour arriver au repentir plus faciles.

    Mais ces deux-là (le démon et l’âme) n’appellent pas l’homme à se repentir à ces moments là, ni à arracher cet arbre faible de ses racines, ni à en finir avec cette autorité qui n’est pas indépendante. Non ! Au contraire, ils lui suggèrent de repousser le repentir à quand il sera vieux, au moment où sa volonté sera faible, ses forces évanescentes, et que les différents arbres auront des racines profondes, fortes, que l’autorité d’Iblis sera bien ancrée au niveau de son apparent et de son for intérieur, de façon stable et indépendante, que son attachement à la nature sera très forte, que son éloignement du monde céleste

    (malakût) sera plus grand, et que la lumière de la fitra se sera affaiblie voire éteinte. Dans ces conditions, le repentir deviendra très difficile et amer.

    Tout cela ne sont qu’illusion et tentation du démon et de l’âme !

    D’autres fois, ils éloignent l’homme, par la promesse de l’intercession de « Ceux qui intercèdent »(p), de la place de leur sainteté. En fait, ils le privent de leurs intercessions. Ils le font plonger dans les péchés, rendent son coeur progressivement obscur et l’entraînent vers une mauvaise issue. C’est que l’ambition du démon est de voler la foi de l’homme !

    Et pour y arriver, il l’enfonce dans les péchés !

    Si l’homme a l’intention d’obtenir l’intercession de « Ceux qui intercèdent »(p), il lui est nécessaire de faire des efforts et de se fatiguer en ce monde pour sauvegarder son lien avec « Ceux qui intercèdent ».

    Il doit réfléchir sur l’état des Intercesseurs, le Jour du Rassemblement, comment Ils étaient lors de leurs actes d’adoration et de leur gymnastique (morale).

    Supposons que vous quittez ce monde en ayant certes foi en Dieu mais en portant un lourd fardeau de péchés et de nombreuses injustices commises. Peut-être n’intercèderont-ils pas pour vous pour certaines sortes de péchés dans le monde intermédiaire (albarzakh) et dans la tombe, comme il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Le monde intermédiaire est à votre charge. » Alors les châtiments du monde intermédiaire seront pour vous et ils ne sont pas comparables à ceux de ce monde. Et nul ne connait la durée dans le monde intermédiaire, sauf Dieu.

    Peut-être qu’il dure des millions d’années. Peut-être obtiendrons-nous cette intercession le Jour de la

    Résurrection, mais après un long moment de toutes sortes de châtiments insupportables.

    Cette illusion du démon empêche l’homme de faire une bonne action, le fait sortir de ce monde ou bien sans foi, ou bien avec un lourd fardeau de nombreux péchés et lui fait subir les pires misères et malheurs.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (3))

     

    «Le monde intermédiaire est à votre charge», c’est-à-dire que les châtiments du monde intermédiaire – qui ne sont pas comparables à ceux en ce monde – sont pour vous. Nul ne connaît la durée dans le monde intermédiaire, sauf Dieu.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (6)

    -Attention à la traitrise de l’âme et aux tentations du démon (suite)-

    Ne vous faites pas avoir par les tentations du démon, parce qu’il cache l’aspect vain, faux des choses et les fait apparaître comme étant la Vérité. Ses duperies peuvent prendre plusieurs formes, notamment aussi celle de la promesse de la miséricorde étendue du plus Miséricordieux des miséricordieux, et par cette promesse, le démon va peut-être couper la main de l’homme du pan de la Miséricorde.

    Et cet homme ne fait pas attention au fait que l’envoi des Messagers et des Livres, la descente des Anges, de la Révélation et de l’Inspiration (divine) sur les Prophètes et la Guidance sur la voie de la Vérité font partie de la Miséricorde du plus Miséricordieux des miséricordieux.

    La vaste Miséricorde divine s’étend à l’ensemble des mondes et nous, nous sommes au bord de la source de la vie et nous périssons de soif. Le Coran est la plus grande Miséricorde divine. Aussi, si nous désirons la Miséricorde du plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde et que nous espérons Sa Miséricorde étendue, alors profitons de cette miséricorde, car il [le Coran] ouvre la voie d’accès à la félicité et met en évidence le chemin de la guidance, le distinguant de l’égarement !

    Mais nous, nous nous jetons tête première dans le puits de la perdition et nous dévions de la voie droite. Où est le manque ? dans Sa Miséricorde ?

    S’il était possible que Dieu montre à l’homme la voie du bien et du bonheur par une autre voie,

    Il (qu’Il soit Glorifié) la lui aurait fait voir, pour la simple raison de l’étendue de Sa Miséricorde. Et s’il était possible que l’homme arrive au bonheur par la force, les Prophètes le lui auraient fait atteindre. Mais, attention ! Le chemin de l’Au-delà ne peut être parcouru que par le pas du libre-choix. Le bonheur ne peut pas être atteint par la contrainte.

    Les bienfaits et les bonnes actions sans libre choix ne sont pas des bienfaits ni de bonnes actions. Et c’est sans doute cela le sens du noble verset : {Pas de contrainte dans la religion !} (256/II La Vache) Oui !

    Ce que peuvent faire la force et la contrainte est la « forme » de la religion, pas la religion véritable !

    Les Prophètes(p) avaient reçu l’ordre d’imposer aux gens la « forme » de la religion, en fonction de ce qu’ils pouvaient, de n’importe quelle façon possible, jusqu’à ce que la « forme » du monde prenne la « forme » de la Justice divine. Mais, en ce qui concerne l’intérieur, ils(p) n’ont que la charge de conseiller jusqu’à ce que les gens marchent d’eux-mêmes dans cette voie et acquièrent le bonheur par leur propre choix.

    Alors, regardons avec précision comment étaient les Prophètes(p) et les Proches-Elus(p) de Dieu, qui sont venus avec les livres et les exhortations pour nous mettre en garde contre l’ivresse de la nature, nous faire parvenir au monde de la lumière, de la plénitude et du bonheur, pour nous sauver de la perdition, de la misère, du feu, des ténèbres des tristesses et des regrets, sans rien nous demander en contrepartie, sans avoir besoin de notre foi et de nos actes.

    En termes généraux, cette promesse de la miséricorde étendue du plus Miséricordieux des miséricordieux, quels que soient nos actes et notre négligence par rapport à tout ce que Dieu nous a envoyé comme Miséricorde, est aussi une duperie du démon pour couper la main de l’homme à la

    Miséricorde par désir de la Miséricorde.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (Fin))

     

    Les Prophètes(p) ont reçu l’ordre d’imposer aux gens la « forme » de la religion, pour que la « forme » du monde prenne la « forme » de la Justice divine. Mais, en ce qui concerne l’intérieur, ils(p) n’ont que la charge de conseiller jusqu’à ce que les gens marchent d’eux-mêmes dans cette voie et acquièrent le bonheur par leur propre choix.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Arriver à la Présence du cœur (1)

    (La réflexion sur son importance)

    Nous avons connu les bienfaits de la présence du cœur et ses particularités ainsi que les méfaits de son abandon. Mais le savoir, seul, ne suffit pas.

    Même ! Il devient un argument à notre encontre !

    Il faut passer au niveau des actes pour en tirer profit et le premier pas est la réflexion, la réflexion sur le fait que l’acceptation de la prière est une condition pour l’acceptation de l’ensemble des actes, selon les propos rapportés des membres infaillibles d’Ahle al-Beit(p), qui sont la source de la Révélation. Ainsi, si la prière n’est pas acceptée, les autres actes ne sont même pas regardés !…Et l’acceptation de la prière vient de la présence du cœur.

    Si la prière ne comprend pas la présence du cœur, elle perd toute valeur et ne rejoint pas la Présence de La Vérité, [Dieu] le Très-Elevé et n’est pas acceptée, comme l’ont indiqué les hadiths précédents. Ainsi, la clé du trésor des actes, la porte des portes de l’ensemble des félicités est la présence du cœur. Par elle, s’ouvre la porte du bonheur et sans elle, l’ensemble des actes d’adoration n’ont aucune valeur. Alors réfléchissons un peu plus ! Regardons avec clairvoyance, lucidité la réalité des choses, l’importance de la station et la grandeur de la position et faisons le point avec sérieux.

    Si la clé de la porte du bonheur et du Paradis, ou de celle des misères et de l’enfer se trouve dans notre poche, nous étant en ce monde, nous avons donc entre nos mains la possibilité d’ouvrir les portes du Paradis et du bonheur pour nous-mêmes ou celles du contraire !

    Les rênes de l’ordre sont donc entre nos mains et Dieu a plein Argument à notre encontre. Il a donné tous les arrangements et réussites, apparents et intérieurs. Ce qui vient de Lui et de Ses Proches-Elus(p) est complet, achevé. Maintenant est donc venu notre tour pour aller de l’avant.

    Ils(p) [Ses Proches-Elus(p)] sont ceux qui nous ont montré le chemin, nous ont donné la direction, nous ont indiqué la voie ; à nous de la prendre.

    Ils(p) ont fait ce qu’ils devaient faire de la meilleure façon et ne nous ont laissé aucune excuse, ils n’ont failli en rien, pas même [le temps] d’un clin d’œil !

    Alors faisons attention ! Prenons le chemin du bonheur ! Profitons de notre [jeune] âge et de notre force ! Parce que quand le temps aura passé et que notre jeunesse se sera envolée, nous aurons perdu le trésor de la capacité et de la force ! Ce sera trop tard ! Il n’y aura plus de possibilité !

    Alors, si vous êtes encore jeune, ne repoussez pas à plus tard ! Car la vieillesse a ses malheurs que seuls les vieux connaissent. La jeunesse en est insouciante. Se reformer au moment de la vieillesse et de la faiblesse est certes très difficile.

    Cependant, si vous êtes vieux, tout n’est pas perdu ! Ne perdez pas de temps ! Tant que vous êtes en ce monde, la voie vers le bonheur est devant vous. La porte en est toujours ouverte !

    Ne laissons pas cette porte fermée (que Dieu nous en préserve !) et la voie bouchée, cela voudrait dire que les rênes du choix se seraient échappés de nos mains. Il ne nous restera plus alors que la tristesse, les regrets et les lamentations sur ce qui est passé, sur ce que nous avons perdu..

    Alors, avant qu’il ne soit trop tard, préparons-nous à atteindre le bonheur et à voyager vers l’Au-delà.

    La clef est dans notre poche, la voie est ouverte devant nous. Alors, allons-y !

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 10 (1))

    Sans la présence du cœur durant la prière, l’ensemble des actes n’ont aucune valeur

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Arriver à la Présence du cœur (2)

    (Déterminer les obstacles)

    Maintenant que nous sommes convaincus de la nécessité de la présence du cœur, que nous sommes prêts à nous engager sur la voie menant à la félicité et à l’Au-delà, il nous faut en retirer les obstacles et arracher les épines avec leurs racines. Après, il nous sera plus facile d’avancer pour réaliser la présence du cœur.

    Les obstacles pour la présence du cœur durant les actes d’adoration sont la dispersion des idées et la multiplicité des effluves du cœur.

    Elles peuvent être provoquées par des facteurs extérieurs.

    Comme, par exemple, quand le prieur entend quelque chose (pendant sa prière) à laquelle son esprit s’accroche. C’est alors le point de départ du vagabondage de l’imagination et des élucubrations de la pensée. Ou quand l’œil voit quelque chose qui provoque la dispersion de ses idées et le vagabondage de ses pensées. Ou encore quand les autres sens ressentent quelque chose et l’imagination commence à voyager.

    Dans ce cas, certains savants proposent comme remède de prier dans une pièce sombre ou complètement vide, ou de fermer les yeux, et surtout de ne pas prier dans un endroit où le regard peut être attiré par quelque chose. Cependant, il est connu que cela ne résout pas le problème ni ne supprime les obstacles, parce que le nœud principal du problème réside dans le comportement-même de l’imagination. Rien n’empêche que le vagabondage de l’imagination soit même plus grand dans une pièce obscure. Non ! L’arrachement total de la matière, de la cause de cet obstacle se situe dans la réforme même de l’imagination !

    Et la dispersion des idées et les obstacles à la présence du cœur peuvent sans doute être aussi liés à des facteurs internes. Mais, dans tous les cas, ils ne sont que des facteurs qui peuvent favoriser l’absence (de la présence) du cœur mais n’en sont pas les causes réelles fondamentales.

    Les deux principales origines auxquelles reviennent la plupart des causes sont :

     

    1) L’oiseau de l’imagination

    Qui est en lui-même, par sa nature, vagabondant comme un oiseau sautant de branche en branche, ou volant d’une corniche à une autre. Et cela n’est pas lié à l’amour pour ce monde ni à l’orientation vers les ordres et les biens de ce monde. Non !

    Le fait que l’imagination soit vagabonde est un malheur dont sont éprouvés même ceux qui ont délaissé le monde d’ici-bas. Arriver à calmer l’esprit, à tranquilliser l’âme, à arrêter l’imagination font partie de ces choses importantes qui permettent, par leur réforme, la guérison totale.

     

    2) L’amour pour ce monde

    L’esprit est accroché aux considérations de ce monde qui sont-elles à la tête de tous les maux, la mère des maladies intérieures. C’est l’épine sur le chemin de ceux qui cheminent [vers Dieu] et la source des malheurs. Tant que le cœur est accroché, plongé dans l’amour pour ce monde, le chemin pour réformer le cœur est bouché, et la porte de l’ensemble des félicités est fermée à la face de l’homme.

    Une fois que l’on a su quelles sont les deux véritables sources grandioses à l’origine des obstacles à la présence du cœur, il nous faut en découvrir les remèdes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 1 – Chap 10 (2))

    Les deux principaux obstacles pour la présence du cœur durant les actes d’adoration : la dispersion des idées et la multiplicité des effluves du cœur causés principalement par l’oiseau de l’imagination et l’amour pour ce monde.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Maîtriser son imagination (1)

    Sache que les deux forces de l’âme, l’apparente et l’intérieure, sont aptes à être éduquées et instruites par une « gymnastique » morale particulière, comme n’importe quel autre organe. Comme, par exemple, l’œil de l’homme. Il ne peut pas regarder un point précis ni fixer une forte lumière comme la lumière du soleil sans cligner des yeux.

    Mais s’il s’entraîne, il arrivera sans doute à fixer le soleil en face pendant de longs moments sans cligner des yeux, sans ressentir de fatigue ; ou il pourra fixer de ses yeux un endroit particulier pendant un long moment sans bouger. Il en est de même pour l’ensemble des autres forces, même de la respiration. Certains adeptes à l’entrainement à de vains exercices vont jusqu’à retenir leur respiration pendant un moment supérieur à ce qui est connu.

    Ainsi parmi les forces qui sont aptes à être éduquées, les forces de l’imagination et de l’illusion

    (al-wâhimat) : elles sont toutes les deux, avant leur éducation, comme des oiseaux s’évadant et vagabondant sans limite. Elles volent de branche en branche, se déplacent d’une chose à une autre, de sorte que l’homme qui les suit, ne serait-ce qu’une minute, voit qu’il s’est déplacé d’un endroit à un autre de façon consécutive, vers des choses aux opportunités très faibles, sans raison apparente.

    A un point tel que beaucoup ont pensé que retenir et éduquer l’oiseau de l’imagination sont des choses impossibles.

    Mais il n’en est pas ainsi. Il est possible de le maîtriser par la gymnastique, l’éducation et l’assiduité pendant un temps, jusqu’à arriver à ce que l’oiseau de l’imagination se trouve dans la main de l’homme, qu’il ne bouge que selon sa volonté et son choix. L’homme le retient quand il veut pour n’importe quel but ou demande, et le maintien ainsi durant des heures. Comment ?

    Le nœud central pour cette prise de contrôle est d’agir dans le sens contraire. Quand l’homme veut prier, qu’il se prépare à contrôler et à enfermer son imagination pendant la prière ! Dès que l’imagination cherche à s’évader de son contrôle, qu’il la ramène immédiatement ! Il doit faire attention à son état [de l’imagination] durant l’ensemble des mouvements et des moments de repos de la prière, durant les rappels et les actes, et la surveiller et surtout ne pas la laisser s’évader toute seule.

    Peut-être qu’au début, cela paraîtra difficile. Mais après un certain temps d’effort, de précision et de traitement, l’imagination devient complètement docile et se laisse dompter. Ne croyez pas que vous allez réussir du premier coup à garder l’oiseau de l’imagination durant toute la prière. Cela est impossible de façon absolue. C’est sans doute à cela que se réfèrent ceux qui prétendent que maîtriser son imagination est impossible.

    Non ! Cela doit être progressif et demande du temps, de la patience et de la réflexion. Il est possible que l’homme arrive au début à ne retenir son imagination que durant le dixième de la prière et qu’alors arrive la présence du cœur durant ce dixième.

    Et ainsi, progressivement, si l’homme y remédie [au problème du vagabondage de son imagination] et voit qu’il en a un grand besoin, le résultat réalisé sera plus grand. Petit à petit, il maîtrisera le démon des illusions et l’oiseau de l’imagination jusqu’à saisir leurs rênes durant la plus grande partie de la prière. Il ne faut pas que l’homme désespère de tous ses états, parce que le désespoir est la source de toute faiblesse. C’est la lumière de l’espoir qui permet à l’homme d’atteindre la perfection de son bonheur.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 11 (1))

    Le nœud central pour prendre contrôle des forces de l’imagination et de l’illusion est d’agir dans le sens contraire, avec l’Aide de Dieu.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Maîtriser son imagination (2)

    Nous avons vu la dernière fois l’importance de maîtriser son imagination durant la prière et comment il est possible de le faire.

    En fait, le nœud central dans ce domaine [de la prise de contrôle de l’imagination durant la prière] est le fait que notre sentiment du besoin [de la prière] est très faible, que nos cœurs ne croient pas que le capital pour le bonheur de l’Au-delà et le moyen de vie pour les Jours illimités est la prière. Nous pensons que la prière est un poids qui nous est imposé, nous la voyons comme une lourde charge. Pourquoi ?

    L’amour pour quelque chose vient de ce que nous en connaissons le résultat. Nous aimons ce monde-ci parce que nous en connaissons le résultat. Nos cœurs y croient. C’est pourquoi nous n’avons pas besoin d’exhortation, de conseil, de recommandation pour acquérir quelque chose de ce monde. Les instincts, les forces de la colère et le démon (intérieur et apparent) suffisent pour appeler à ce monde. Leur gestion n’a pas besoin du Coran ni du Prophète.

    Ceux qui croient que l’appel du Sceau des Prophètes, le Messager de Dieu(s) a deux aspects, l’un pour ce monde, l’autre pour l’Au-delà et qui pensent que cela est un honneur pour le Détenteur de la Législation, et la perfection de la Prophétie, n’ont aucune connaissance de la Religion. Ils sont très éloignés du but de la Prophétie et de son appel. Car l’appel pour ce monde est totalement extérieur aux objectifs des Prophètes grandioses.

    Au contraire ! Les Prophètes(p) ont été envoyés pour interdire ce monde aux hommes, pour donner des contraintes à (l’acceptation) absolue des instincts et de la colère et déterminer les choses utiles, en vue d’une organisation plus complète. Ainsi, du fait que nous ressentons le besoin de ce monde et que nous le considérons comme le capital de la vie et la source des plaisirs, nous nous tournons vers lui et nous nous efforçons de l’atteindre.

    Alors que si nous croyions vraiment en la vie de l’Au-delà, si nous ressentions le besoin de la

    vivre, si nous étions convaincus que tous les actes d’adoration (notamment la prière) sont le capital de la vie et le fondement de la félicité dans cet autre monde, nous nous efforcerions inéluctablement de l’atteindre. Nous ne trouverions jamais en nous-mêmes, durant cet effort, une quelconque fatigue ou peine en l’accomplissant.

    Au contraire, nous l’atteindrions avec le désir complet et nous réaliserions les conditions de son atteinte et l’acceptation par l’accueil de nos âmes et de nos cœurs. Nous ferions bon accueil aux propos des Prophètes(p) et des Proches-Elus(p), ne serait-ce qu’en les considérant comme des hypothèses probables, et nous nous efforcerions de les mettre en pratique !

    Cette froideur et cette faiblesse en nous proviennent de la froideur des rayons de la foi. Notre ouïe n’est qu’une ouïe animale de ce monde et les Conseils de Dieu Très-Elevé ne dépassent pas les limites de l’apparence, n’atteignent pas l’intérieur.

    Aussi, une des tâches prioritaires à réaliser est de ne pas compter sur nous-mêmes mais de nous tourner de tout notre cœur vers la Cause des causes, de nous accrocher par la fitra à l’Origine des origines, de demander l’infaillibilité et la protection  à Sa Sainte Essence, de compter sur l’aide de Son Essence Sanctissime, de s’abaisser en Sa Présence, dans l’isolement et de demander avec sérieux la réforme à Dieu Très-Elevé, car il n’y a pas d’abri sans Sa Sainte Essence.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 11 (2))

    Nous pensons que la prière est un poids qui nous est imposé à cause de notre amour pour ce monde alors qu’elle est notre capital pour le bonheur dans l’Au-delà.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Le 2ème obstacle à la présence du cœur :

    L’amour pour ce monde (1)

    Sache que quand le cœur, selon sa fitra (sa nature première), s’accroche à quelque chose et qu’il l’aime, cet aimé [objet de son amour] devient une qibla vers laquelle il se dirige.

    Si quelque chose l’occupe et l’empêche de réfléchir sur le bien-aimé et sur la beauté du demandé, il suffit que cette occupation s’affaiblisse et que cet obstacle soit levé pour que le cœur s’envole aussitôt au côté de l’Aimé et s’accroche à Son Pan.

    Les gens des connaissances et les seigneurs de l’attraction divine, aux cœurs forts et bien fermes dans leur attraction et leur amour, voient dans chaque miroir, la Beauté du Bien-Aimé, et dans chaque existence la Perfection du Demandé et ils disent : « Je n’ai vu aucune chose sans voir Dieu en elle et avec elle. »

    Leur maître(s) dit : « Il arrive que mon cœur soit oppressé par une violente émotion au point de demander pardon à Dieu soixante-dix fois tous les jours. » Et cela parce que la vision de la Beauté du Bien-Aimé dans le miroir (notamment dans les miroirs opaques comme celui d’Abû Jahel) entraîne obligatoirement l’opacité dans les cœurs des plus parfaits.

    Et si leurs cœurs n’étaient pas forts et si l’occupation à la multiplicité n’empêchait la présence, il suffirait que l’occupation diminue pour que leurs cœurs s’envolent vers le nid de Son Sanctuaire et s’accroche à la Beauté du Beau.

    Mais en ce qui concerne ceux qui recherchent autre que la Vérité, ceux qui, selon les gens de la connaissance, demandent le monde ici-bas, qui, chaque fois qu’ils le demandent, se dirigent vers lui et s’y accrochent, alors, pour ceux-là, s’ils aiment à l’extrême leur bien-aimé et que l’amour pour ce monde a pris tout leur cœur, ils ne se soustraient pas à leur amour à n’importe quel moment et vivent avec la beauté de leur bien-aimé à chaque instant et avec toute chose.

    Et si leur amour est faible, c’est aux moments libres que leur cœur va revenir à leur bien-aimé.

    Ceux-là qui ont dans leur cœur l’amour pour les biens de ce monde, pour la direction, la renommée, verront même en rêve ce qu’ils demandent. Ils penseront à leur bien-aimé pendant leur éveil et tant qu’ils sont occupés par le monde ici-bas, ils sont dans « les bras » de leur bien-aimé. Quand arrive le moment de la prière et que leur cœur se vide, ce dernier s’accroche immédiatement à [l’objet de] leur amour, comme si le Takbirat al-Ihrâm (dire « Dieu est plus Grand » pour commencer la prière) lève les voiles entre lui et le bien-aimé. Il fait les salutations finales de la prière et il ne s’est pas du tout dirigé vers elle. Pendant toute la prière, il était collé aux préoccupations de ce monde.

    C’est pourquoi nous voyons que notre prière, effectuée durant 40 ou 50 ans, n’a laissé aucune trace en nos cœurs, si ce n’est l’obscurité et l’impureté.

    Ce qui est ascension vers la Proximité de Dieu et le moyen de l’Intimité pour cette Sainte Station est devenu une cause de notre exode de la Place de la Proximité et nous a éloignés d’une très grande distance de l’ascension vers la Station de l’Intimité.

    Si seulement il y avait dans notre prière une odeur de soumission/assujettissement, s’en suivraient des fruits de la prière et l’humilité et non pas l’orgueil, l’arrogance.. qui sont chacune cause de misère et de perdition pour l’individu !

    En résumé, quand nos cœurs sont mélangés à de l’amour pour ce monde, cet amour pour ce monde devient un obstacle pour la présence du cœur et il est nécessaire de l’extirper.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (1))

     

    Quand nos cœurs sont mélangés à de l’amour pour ce monde, cet amour pour ce monde devient un obstacle pour la présence du cœur et il est nécessaire de l’extirper.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Enlever l’amour pour ce monde (2)

    Par la réflexion

    Le premier remède pour cette maladie fatale et cette corruption destructrice est le savoir utile qui est la réflexion sur les fruits et les résultats [de l’amour pour ce monde] et leur comparaison avec ses effets négatifs et la perdition qu’il entraîne. Nous nous contenterons de citer ici des propos rapportés des Imâms Infaillibles d’Ahle al-beit(p).

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) dans Usûl al-Kâfî : « A la tête de tous les maux, l’amour pour ce monde. »

    Avec un peu de réflexion, l’homme lucide se rendra compte qu’environ l’ensemble des corruptions sur le plan du tempérament et des actes sont les fruits de cet arbre vicieux. Il n’y a pas, en ce monde, de religion mensongère, de confession fausse, de corruption, qui n’aient pour intermédiaire cette abomination grandiose. L’assassinat, la débauche, le vol, et les autres choses abominables proviennent de ce virus corrompu.

    Et l’homme qui renferme cet amour à côté de l’ensemble des vertus morales, comme le courage, la chasteté, la générosité et la justice (qui sont les fondements de l’ensemble des vertus de l’âme), va découvrir qu’elles ne se mélangent pas avec l’amour pour ce monde.

    Même ! Les connaissances divines, l’Unicité dans les Noms, Attributs, Actes et l’Essence divine, et la demande de la Vérité, la vue de la Vérité sont à l’opposé de l’amour pour ce monde ; la tranquillité de l’âme, la sérénité, le repos du cœur sont l’esprit du bonheur en ce monde et dans l’Au-delà et ils ne s’associent pas avec l’amour pour ce monde. Les vertus comme la richesse de cœur, la noblesse et la puissance de l’âme et la liberté sont les corollaires de l’absence d’attention portée à ce monde ; tout comme la pauvreté [intérieure], l’humiliation, la convoitise, la cupidité, l’asservissement et la flatterie sont les corollaires de l’amour pour ce monde. La sympathie, la miséricorde, le maintien des relations, l’affection et l’amour sont contraires à l’amour pour ce monde tandis que la haine, la rancune, l’injustice, la rupture des relations familiales, l’hypocrisie et les autres vices prennent naissance de cette mère des maladies.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) dit dans « Misbâh ashsharî‘ at » : « Le monde ici-bas est comme suit : sa tête est l’orgueil, ses yeux la cupidité, ses oreilles la convoitise, sa langue l’ostentation, ses mains les passions, ses jambes l’infatuation, son cœur l’insouciance, son être l’anéantissement, son gain la disparition. Alors celui qui l’aime, hérite de lui l’orgueil ; celui qui le voit en bien, hérite de lui la cupidité ; il [le monde ici-bas] amène à la convoitise celui qui le recherche, revêt de l’ostentation celui qui le loue, installe l’infatuation en celui qui le désire ; celui qui se fie à lui, reçoit de lui l’insouciance ; ses biens [de ce monde] anéantissent celui qui l’apprécie et il envoie dans sa demeure qui est le Feu [l’Enfer], celui qui assemble [de ses biens] et en est avare. »

    Dîlamî a rapporté dans « Irshâd al-Qulûb » du Prince des croyants(p), le tenant du Prophète(s), que durant la nuit de la montée (au ciel) du Prophète Mohammed(s), Dieu lui dit : « Ô Ahmed ! Si le serviteur a prié la prière des gens du ciel et de la terre, a jeûné le jeûne des gens du ciel et de la terre, et s’est privé de manger comme les Anges et a revêtu le vêtement des adorateurs, ensuite que Je vois en son cœur un atome d’amour pour ce monde, sa renommée, sa direction, ou ses parures, alors il n’est pas dans Mon Entourage en Ma Demeure et J’arracherai certainement de son cœur l’amour pour Moi et J’assombrirai son cœur jusqu’à ce qu’il M’oublie et Je ne lui ferai pas goûter la douceur de Mon Amour. »

    Les hadîths de ce genre sont nombreux. En en prenant conscience, l’homme raisonnable, attentif à son réel bonheur, cherchera sûrement à arracher de son cœur cet arbre avec ses racines.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (2))

     

    L’homme qui renferme l’amour pour ce monde à côté des vertus morales (comme le courage, la générosité..) va découvrir, après réflexion, que ces dernières ne se mélangent pas avec l’amour pour ce monde.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Enlever l’amour pour ce monde (3)

    Par le contraire

    Nous avons vu précédemment comment l’amour pour ce monde est un obstacle qui la présence du cœur.

    Comment s’en débarrasser ? Le remède pratique est d’arracher cet arbre vicieux de nos cœurs en faisant le contraire.

    Ainsi si la personne est attachée aux biens de ce monde, alors qu’elle arrache les racines de ce mal en faisant le contraire : en donnant généreusement, en faisant des aumônes obligatoires et recommandées. Car un des secrets de l’aumône est de diminuer l’accrochage à ce monde.

    C’est pourquoi il est recommandé à l’homme de faire l’aumône de quelque chose qu’il aime, de quelque chose à laquelle son cœur est accroché, comme Dieu Très-Elevé dit dans son noble Livre : {Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne donnerez pas de ce que vous aimez.}. (92/III Âl ‘Imrân)

    Si la personne est accrochée à la vantardise ou au sentiment de supériorité par rapport aux autres, ou au fait d’être chef et de traiter les autres avec arrogance, alors, qu’elle agisse en faisant le contraire, qu’elle contraigne son âme à s’abaisser (mettre « le nez de l’âme à terre ») jusqu’à ce qu’elle soit réformée.

    L’homme doit savoir que chaque fois qu’il suit ce monde, qu’il est sur le point de l’atteindre, il s’accroche encore plus à ce monde et il regrette encore plus sa disparition. Comme si l’homme demande quelque chose qu’il n’obtient pas. Il pense qu’il demande une limite déterminée de ce monde.

    Tant qu’il n’y est pas arrivé, il la demande et supporte des peines, en vue de l’atteindre, et se jette lui-même dans la perdition. Mais, dès qu’il atteint cette limite de ce monde, elle devient quelque chose de normal à ses yeux. Il s’accroche alors à autre chose, la désire au-dessus de cette limite et se fatigue pour cela. Le feu de son désir ne s’éteint jamais ! Même ! Il augmente jour après jour avec sa fatigue et sa peine pour le satisfaire.

    Il n’y a pas de limite pour cette fitra et cette nature ! Jamais !

    Il est rapporté de l’Imâm al-Bâqer(p) dans le noble livre « al-Kâfî » : « Le cupide de ce monde est comme le ver à soie. Chaque fois qu’il augmente les tours de soie autour de lui, s’éloigne de lui la sortie, jusqu’à mourir étouffé. »

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Le monde ici-bas est comme l’eau de la mer. Chaque fois que celui qui a soif en boit, sa soif augmente jusqu’à ce qu’elle le tue. »

    Alors, toi qui recherches la Vérité, cheminant vers Dieu, si tu as dompté l’oiseau de l’imagination et ligoté le démon des illusions, ôté les sandales de l’amour pour les femmes, les enfants et les autres affaires de ce monde, que tu t’es familiarisé par un tison du feu du désir par la fitra de Dieu et que tu dises « j’aperçois un feu » et que tu te vois toi-même dépourvu d’obstacle pour marcher, que tu as préparé tes provisions pour le voyage, alors lève-toi, quitte cette maison obscure de la nature, le passage étroit sombre de ce monde, romps la chaîne du temps et ses entraves, sauve-toi de cette prison et envole-toi avec l’oiseau de la sainteté vers l’assemblée de l’intimité !

    Décide-toi car la première condition pour le cheminement vers Dieu est la détermination. Sans elle, il est impossible de parcourir un quelconque chemin ou obtenir une quelconque perfection.

    Nous avons ainsi terminé les règles de conduite nécessaires pour l’ensemble des actes d’adoration. La prochaine fois, nous allons entamer celles spécifiques aux préludes nécessaires à la prière.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al- Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (3))

     

    Comment se débarrasser de l’amour pour ce monde ?

    En faisant le contraire de ce que notre âme désire !

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    De la purification en général – Le premier degré de souillure

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration – notamment la prière – nous allons entamer une seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière et en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification qui comprennent sept chapitres.

    Comme nous l’avons évoqué précédemment, il y a, pour la prière, une vérité autre que sa forme et une profondeur autre que son apparence, et, comme il y a des règles de conduite et des conditions formelles, il y a aussi pour sa profondeur des règles de conduite et des conditions que le cheminant [vers Dieu] doit observer ; il en est de même pour la purification.

    Il y a donc une forme et des règles de conduite formelles pour la purification. Les mettre en évidence est hors de notre propos. Cela revient aux savants religieux en droit, après les Imâms d’Ahle al-Beit(p).

    Ce que nous allons mettre en évidence de façon globale, ce sont les règles de conduite intérieures et la purification intérieure.

    Dans la mesure où la vérité de la prière est l’ascension vers la station de la Proximité et l’accès à la station de la Présence de Dieu (Tout-Puissant), il est connu que pour atteindre ce But le plus élevé et cette Fin ultime, il faut des purifications autres que ces purifications [extérieures].

    Les épines sur cette voie, les obstacles à cette ascension sont les souillures. Il est impossible au cheminant qui serait souillé d’une de ces impuretés, d’escalader les degrés de cette échelle et d’en gravir les échelons. De même, ces sortes de souillure constituent des obstacles à la prière. Ce sont des impuretés sataniques. Leur disparition fait partie des règles de conduite de la Présence et constitue une des conditions de cette Vérité.

    Aussi, le cheminant vers Dieu doit-il, dès le début, enlever les obstacles et les impuretés pour que lui soit facilité l’accès à la pureté qui est-elle du monde de la Lumière. Et celui qui ne s’est pas purifié de l’ensemble des impuretés apparentes et intérieures, publiques et secrètes, n’aura aucune chance d’atteindre la Présence divine.

    Le premier niveau des souillures est la pollution des instruments (les organes) et des forces apparentes de l’âme par les salissures des péchés et leur souillure par l’impureté de la rébellion contre le Maître des Bienfaits (Dieu).

    C’est le piège formel, apparent d’Iblis. Tant que l’homme est prisonnier de ce piège, il est privé de l’Effusion de la Présence divine et de l’accès à la Proximité divine.

    Et que personne ne pense qu’il peut s’élever à la Station de la Vérité de l’être humain, ou qu’il peut purifier le fond de son cœur sans purifier l’apparence de l’empire de l’être humain. Cela est une illusion du démon et fait partie de ses ruses grandioses !

    Les impuretés et les ténèbres du cœur augmentent avec les péchés qui représentent, eux, la victoire de la nature (le monde matériel) sur le spirituel.

    Tant que le cheminant n’a pas le dessus sur l’empire apparent, il est privé de la totalité des conquêtes intérieures qui sont les objectifs les plus élevés, et le chemin vers le bonheur ne s’ouvre pas à lui. Ainsi, un des grands obstacles pour ce cheminement est constitué par les impuretés des péchés. Et ces impuretés des péchés doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    (d’après Al-Adabal-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –Maqâlat 2 –Maqsad 1–Chap 1 (1))

     

    Les impuretés des péchés constituent le premier des grands obstacles pour le cheminement vers Dieu. Elles doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    Le deuxième degré de souillure

    L’ensemble des forces apparentes et intérieures que Dieu nous a données et qu’Il a fait descendre du Monde du Mystère, sont des dépôts divins exempts de l’ensemble des impuretés. Elles étaient [à l’origine] pures, purifiées, même ! illuminées de la Lumière de la Fitra divine et éloignées des ténèbres du comportement d’Iblis et des impuretés.

    Quand elles descendirent dans les ténèbres du monde de la nature et que la main des agissements illusoires du shaytân et celle de la traîtrise d’Iblis s’étendirent vers elles, elles sortirent de la purification fondamentale et de la Fitra première et elles se souillèrent des différentes sortes d’impuretés et de souillures sataniques.

    Aussi, si le cheminant vers Dieu éloigne la main du shaytân en s’accrochant au pan de la Providence du Walî de Dieu, purifie le royaume apparent et rend les Dépôts divins comme il les a pris, il n’aura pas trahi le Dépôt.

    Dans ce cas, si une trahison apparait de lui, elle sera sujette au pardon et à la dissimulation. Sa pensée se reposera du point de vue de l’apparence.

    Il peut alors commencer à purifier l’intérieur des impuretés de la morale corrompue (qui est le second niveau des impuretés) dont la corruption est plus grande et dont la thérapeutique est plus difficile et, pour ceux qui font de la « gymnastique » morale, plus importante.

    Parce que tant que l’humeur intérieure de l’âme est corrompue et est entourée par les impuretés morales, elle ne convient pas à la Station de la Sainteté ni à la retraite intime [avec l’Aimé].

    Même ! Le principe de la corruption du royaume apparent de l’âme est la morale corrompue et les aptitudes vicieuses. Tant que le cheminant n’a pas remplacé les mauvaises aptitudes par de bonnes, il n’est pas à l’abri des mauvaises actions. Et même s’il a réussi le repentir, la stabilité (qui fait partie des choses les plus importantes) ne lui sera cependant pas une chose facile.

    Non seulement la purification de l’apparent dépend de la purification de l’intérieur (même si on doit commencer par elle), mais les impuretés intérieures impliquent la privation du bonheur et est à l’origine de l’enfer de la morale qui est, comme disent les « Gens de la Connaissance », plus brûlant que l’enfer des actes. Et ce sens est beaucoup indiqué dans les propos rapportés d’Ahle al-Beit infaillibles(p).

    Cette purification des impuretés intérieures est également nécessaire pour le cheminement vers Dieu.

    Et après avoir nettoyé le « tableau » de l’âme pollué par la morale corrompue, au moyen de l’eau du savoir utile, pure, purifiante et par la « gymnastique » légale, vertueuse, il doit travailler à purifier le cœur qui est lui « Oum al-Qurâ » [à l’égal de la Ka‘bah à La Mecque, qui est la « Maison de Dieu »]. Et par sa réforme, tous les royaumes se réforment et par sa corruption, tout se corrompt.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 1 – Chap 1 (2))

    Purifier l’apparent (en suivant la législation divine), puis purifier l’âme polluée par la morale corrompue (par le savoir utile et le « jihad an-nafs ») pour enfin purifier le cœur.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    Allusion au troisième degré de souillure et de purification

    Après avoir vu les deux premiers degrés de souillure dont on doit se purifier avant de s’atteler à l’épuration du troisième degré de souillure, voici les impuretés du monde du cœur qui sont la source de toutes les impuretés. Elles sont expression de l’attachement à autre que Dieu, et de l’orientation vers l’âme (son soi) et vers le monde. L’origine de l’ensemble de ces impuretés est l’amour pour ce monde qui est à la tête de toutes les fautes et l’amour pour soi-même (son âme) qui est la mère des maladies.

    Tant que les racines de cet amour (pour l’âme et pour ce monde) sont présentes dans le coeur du cheminant, aucun des effets de l’Amour de Dieu ne l’atteint, et il ne s’engage pas dans la bonne voie vers la demeure de l’Objectif et du Visé.

    Tant que le « cheminant » (vers Dieu) a dans son cœur des restes de cet amour, son cheminement pas vers Dieu. Même ! Il est vers l’âme, vers ce monde-ci et vers le shaytan. Aussi la purification de l’amour de soi et de ce monde est le premier des niveaux de la purification du cheminement vers Dieu en vérité, parce qu’avant cette purification, le cheminement n’est pas un cheminement. S’ils sont appelés « cheminant » et « cheminement » ce n’est que par permission de langage.

    Après cette étape, il y a sept demeures de « l’amoureux » (« les sept cités ») d’al-‘Atâr an-

    Nayshâpûrî, le savant connu du début du 13e siècle, qui est un exemple pour le cheminant.

    Malheureusement, jusqu’à maintenant nous n’avons pas dépassé la station d’une de ces cités, enfermés que nous sommes derrière des murailles et des voiles épais. Nous considérons même ces « pays » et ces « émirats » évoqués comme des légendes !

    Cependant, tout en n’ayant aucun rapport avec

    Sheikh al-‘Atâr an-Nayshâpûrî et Maytham at-Tammâr, je ne nie pas les stations en leur principe.

    Je demande à les détenir par le cœur et l’esprit et souhaite la délivrance dans cet amour.

    Et je ne trahirai jamais les amoureux gnostiques dans la fraternité croyante et l’amitié intime, ni ne me gênerai [priverai] de leur donner des conseils.

    Cela fait partie des droits des croyants.

    La plus grandiose des impuretés morales dont on ne peut pas se purifier par sept mers ni par les miracles des Prophètes les plus grandioses, est l’impureté de l’ignorance « composée » qui est à l’origine de ce grave mal – de nier les stations des Gens de Dieu et les « Seigneurs » de la connaissance – et la source de la mauvaise intention concernant les gens (détenant les stations) de cœur.

    Tant que l’individu est pollué de cette impureté, il ne fait aucun pas vers les connaissances ! Peut-être même, cette impureté va éteindre la lumière de sa fitra qui est la lanterne du chemin de la guidance, et par suite, éteindre le feu de l’amour qui est le « cheval ailé » (al-bouraq) de l’ascension vers les stations et laisser l’individu séjourner sur la terre de la nature.

    L’homme touché par cette épreuve doit se laver de cette impureté du fond du cœur, par la réflexion sur l’état des Prophètes et des Elus de la Perfection(p) et le rappel de leurs stations.

    Au moins, qu’il soit convaincu que la limite et le contentement du peu de connaissances font partie des confusions grandioses d’Iblis et de l’âme instigatrice (que Dieu nous en préserve).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 1 – Chap 1 (3))

     

     

    Tant que le cœur n’est pas purifié de l’amour de soi et de ce monde, il n’y a pas de cheminement vers Dieu. Après cette étape, sept demeures sont décrites par les « amoureux » de Dieu que ceux qui n’arrivent pas à les atteindre ne doivent pas nier.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    A propos des niveaux de la purification

    Allusions au niveau de l‘infaillibilité suprême et celui du malheur absolu

    Sache que tant que l’homme est dans le monde de la nature (tabî‘at), et de la demeure de la matière originelle, il est sous les agissements des soldats divins et des soldats d’Iblis. Les soldats divins sont les soldats de la Miséricorde, du Salut/Salubrité, du

    Bonheur, de la Lumière, de la Purification et de la Perfection. Et les soldats d’Iblis sont leurs opposés.

    Dans la mesure où les aspects seigneuriaux ont le dessus sur les aspects d’Iblis, la fitra de l’individu est au début lumière, salut, félicité et Fitra divine. Cela est déclaré dans les propos rapportés et est indiqué dans le noble Livre divin. Tant que l’individu est dans ce monde, il peut se placer lui-même (son âme), de son propre choix, de sa propre volonté, sous les agissements de l’une de ces deux troupes de soldats.

    [Le niveau de l’infaillibilité suprême et de la station du Sceau]

    Si Iblis n’a pas [pu] disposer de la fitra d’un homme depuis le début de sa fitra jusqu’à sa fin, alors cet homme est un homme divin « lahûtî ».

    Il est lumière, purification, félicité du haut de la tête à ses pieds. Son cœur est Lumière de la

    Vérité. Il ne se tourne pas vers autre que Dieu. Ses forces intérieures et apparentes sont lumières et purifications. En elles, n’agit que la Vérité et Iblis n’y a aucune part, ses soldats non plus.

    Pour une telle noble existence, une telle pureté absolue, une telle lumière pure, ce qu’elle a fait ou va faire comme péché lui est pardonné. Elle est le détenteur de la Victoire absolue, le pourvu de la Station de l’Infaillibilité la plus grande par fondamentalité. Et l’ensemble des autres infaillibles sont pourvus de cette station par suite de son essence sanctifiée. Elle est le détenteur de la Station du Sceau qui est-elle la Perfection de façon absolue. Dans la mesure où ses légataires proviennent de son argile et sont rattachés à sa fitra, ils sont aussi détenteurs de l’infaillibilité absolue mais en corollaire de lui et ils ont la « corollarité » (la suite) totale, parfaite.

    Quant à certains des infaillibles des Prophètes(p) et des Proches-Elus(p), ils ne sont pas détenteurs de l’Infaillibilité absolue ni ne sont dépourvus de comportements du shaytan. Ainsi, l’orientation d’Adam(p) vers l’arbre relevait des comportements du très grand Iblis, d’Iblis des Iblis, bien que cet arbre fût un arbre du Paradis divin. En effet, malgré cela, il avait la multiplicité nominale qui niait la station « adamiyyah » [d’Adam] parfaite. Et cela est un des sens de l’Arbre interdit, et un de ses niveaux.

    [Le niveau de la misère satanique]

    Si la lumière de la fitra d’un homme s’est polluée par les impuretés formelles et morales, alors, à la mesure de la pollution, cet homme s’éloigne de l’espace de la Proximité et émigre de la Présence de l’Intimité jusqu’à arriver à la station où la lumière de la fitra s’est éteinte de façon totale, et à devenir entièrement le royaume du shaytân. Son apparence, son for intérieur, son secret et son côté public/ annoncé sont sous les agissements du shaytân. Le shaytân devient son cœur, son ouïe, sa vue, sa main, sa jambe ; l’ensemble de ses membres deviennent sataniques. Si quelqu’un arrive à ce niveau – que Dieu nous en préserve – alors il est le misérable absolu. Il ne connaitra jamais le bonheur.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 2 (1))

    L’homme est entre le niveau de l’infaillibilité suprême (celui du Sceau des Prophètes(p)) et celui du malheur absolu (Iblis). En ce monde, avec à l’origine une nature (fitra) pure et lumineuse, il peut se placer sous les agissements des soldats de Dieu ou ceux du diable, selon son choix

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Indications sur les niveaux de la purification

    Allusions aux trois degrés de purification entre les deux niveaux extrêmes

    Nous avons vu précédemment le niveau de l’infaillibilité suprême et de la station de

    Sceau où le shaytan n’a aucune prise et qui est Lumière pure et Pureté absolue et, à l’opposé, celui de la misère où le shaytan a pris totalement le contrôle de l’âme, qui est totale obscurité.

    Entre ces deux niveaux, il y a des stations, des niveaux dont Seul Dieu connait le nombre.

    La règle générale pour savoir où l’on est :

    -toute personne qui est plus proche de l’horizon de la Prophétie, fait partie des détenants de la droite.

    -et toute personne qui est plus proche de l’horizon du shaytan, fait partie des détenants de la gauche.

    Il faut savoir que la purification de la fitra après sa pollution est un ordre possible. Tant que l’individu est dans ce monde, se libérer du comportement du shaytan est de l’ordre du possible et une chose facile. Il en est de même en ce qui concerne l’entrée dans le parti des Anges de Dieu qui sont les soldats miséricordieux divins.

    La réalité de la lutte de/contre l’âme – qui est, selon la parole du Messager le plus noble de Dieu, meilleure que le combat contre les ennemis de Dieu et la lutte la plus grande (« al-jihâd al-akbar ») – consiste à sortir de l’emprise des soldats d’Iblis et à entrer dans les agissements des Soldats de Dieu.

    Ainsi le premier niveau pour la purification est celui de se plier au suivi de la Tradition

    Sunna ») divine et d’obéir aux Ordres de Dieu ;

    Le deuxième niveau est de se parer des vertus morales jusqu’à acquérir les bonnes aptitudes ; Le troisième niveau est la purification du cœur qui est expression de la soumission du cœur à Dieu.

    Après cette soumission, le cœur apparait être lumineux. Même, il devient en soi du monde de la lumière, et des degrés de la Lumière divine.

    La luminosité du cœur circule à l’ensemble des membres, organes et forces intérieures, et toute aptitude apparaît être lumière, lumière sur lumière jusqu’à ce que l’ordre arrive à un point où le cœur devient divin, céleste (« lahût ») et que la Présence céleste (« lahût ») se manifeste dans l’ensemble des niveaux intérieurs et apparents.

    Dans cette situation, la servitude/adoration disparait et se dissimule, pour laisser apparaître et se manifester la Seigneurie.

    Dans cette situation, la tranquillité et la familiarité apparaissent au cœur du cheminant. Le monde tout entier apparaît être son Aimé ; les attirances divines le prennent, ses fautes et ses faux-pas sont pardonnés et voilés dans l’ombre des Manifestions de l’Amour.

    Il lui arrive alors les débuts de la « wilâyah » et de la finesse de l’accès à la Présence de la Familiarité.

    Viennent ensuite d’autres demeures qu’il ne convient pas d’évoquer ici, dans ces feuilles. d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 2 (2))

     

    Les trois premiers degrés de purification :

    1-obéir à Dieu ;

    2-se parer des vertus morales ;

    3-soumettre son cœur à Dieu.

    Le «Jihâd al-akbar » = sortir de l’emprise des soldats d’Iblis pour celle des soldats de Dieu.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Au moment de se tourner vers l’eau pour se purifier

    Hadîth tiré du Flambeau de la Loi révélée (Misbâh ash-Sharî‘at)

    Dans ce chapitre, nous allons évoquer un noble hadîth de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de

    « Misbâh ash-Sharî‘at » (Le Flambeau de la Législation) pour qu’arrive de la lumière aux cœurs purs des gens de la foi.

    « Si tu veux la purification et [faire] les petites ablutions, alors va vers l’eau comme tu vas vers la Miséricorde de Dieu. Car Dieu a fait de l’eau une clef de Sa Proximité et de Son Entretien Intime, et un signe de l’étendue de Son Service. Comme la Miséricorde divine purifie les péchés des serviteurs, de même l’eau purifie les impuretés apparentes et pas autre chose.

    Dieu Très-Elevé dit : {C’est Lui qui a envoyé les vents comme une annonce précédant Sa Miséricorde et Nous avons fait descendre du ciel de l’eau pure et purifiante.} (48/25 al-Furqân)

    Dieu Très-Elevé dit : {Nous avons fait de l’eau toute chose vivante, alors ne croient-ils pas ?}

    (30/21 Les Prophètes) Ainsi, comme Il a donné vie à toute chose des bienfaits de ce monde par elle [l’eau], Il a, par Sa Miséricorde et Sa Faveur, donné vie aux cœurs par les actes d’obéissance. Réfléchis sur la limpidité de l’eau, sa douceur, sa pureté, sa bénédiction, son subtile mélange à toute chose, et son utilisation pour purifier les membres que Dieu t’a ordonné de purifier.

    Accomplis ses règles de conduite dans Ses Obligations et Ses Lois, car sous chacune d’elles se trouvent beaucoup de bénéfices. Ainsi si tu l’utilises avec respect, les sources de ses bienfaits vont jaillir pour toi de façon proche.

    Ensuite, vis la Création de Dieu comme l’eau se mélange aux choses, en faisant parvenir à chaque chose son droit. Et cela ne change pas le sens, si l’on considère la parole du Messager de Dieu(s) : « Le croyant sincère est semblable à l’eau ».

    Fais-en sorte que ta pureté avec Dieu Très-Elevé dans l’ensemble de tous les actes d’adoration soit comme la limpidité de l’eau quand Il [Dieu] la fit descendre et la qualifia de pure tahûrann »).

    Purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de la purification de tous les membres par l’eau. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°10 p35

     

    Dans ce propos rapporté, il y a des subtilités, des précisions, des indications et des vérités qui font vivre les cœurs des gens de la connaissance et insufflent la vie dans les esprits purs pour les détenteurs de cœur.

    En premier lieu, l’Imâm as-Sâdeq(p) compare l’eau à la Miséricorde de Dieu. Même ! Il(p) dit que l’eau est une des manifestations grandioses de la Miséricorde divine que Dieu a fait descendre dans le monde de la nature, et qu’Il l’a rendue facteur de vie pour les existences. Même ! Les gens de la connaissance emploient le mot « eau » pour parler de la Miséricorde divine étendue descendue du Ciel des « degrés élevés » de la Présence des Noms et des

    Attributs et avec laquelle la vie est donnée aux terres des désignations des déterminations.

    Dans la mesure où la Miséricorde divine se manifeste davantage dans l’eau matérielle (al-mulkî) apparente que dans les autres existences en ce monde, Dieu Très-Elevé l’a établie pour la purification des impuretés formelles, a fait d’elle la clef de la porte de Sa Proximité et de Son Entretien intime, le guide vers l’étendue de Son Service qui est une des portes de la Miséricorde intérieure.

    Même ! Quand l’eau de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé descend et apparait dans chacun des mondes de l’Existence, et dans chacun des lieux des Témoignages du Mystère et des Visions, elle purifie les péchés des serviteurs/adorateurs de Dieu, selon le monde en question et ce qui convient à ce monde.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (1))

    Comme l’eau de la Miséricorde purifie des péchés, l’eau maté – rielle (qui est un facteur de vie pour les existences) purifie des impuretés apparentes. Au croyant d’être semblable à elle.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    En se tournant vers l’eau pour se purifier

    Le premier degré de la purification par l’eau

    Nous avons vu précédemment comment les gens de la connaissance ont considéré que Dieu Très-Elevé avait privilégié l’eau pour la purification de toutes les sortes d’impuretés selon le niveau du monde de la création et de sa manifestation.

    Ainsi, l’eau de la Miséricorde descendant du Ciel de l’Unité purifie les péchés des mystères des désignations des déterminations.

    L’eau de la Miséricorde étendue descendant du Ciel de l’Unicité purifie les péchés annihilants des quiddités extérieures, à chacun des niveaux de l’existence, selon ce qui convient à ce niveau.

    Pour les niveaux de la création de l’être humain, l’eau de la Miséricorde a aussi différentes apparitions.

    L’eau descendant de la Présence de l’Essence vers les déterminations pour les regroupements intermédiaires, purifie les péchés du secret de l’existence (« Ton existence est un péché, comparable à aucun autre péché ») ;

    L’eau descendant des Présences des Noms et des Attributs et de la Présence de la manifestation au niveau des actes purifie la vision de l’attribut et de l’acte ;

    L’eau descendant du Ciel de la Présence du Jugement juste purifie les impuretés du tempérament intérieur ;

    L’eau descendant du Ciel du Pardon purifie des péchés des serviteurs/adorateurs de Dieu ;

    L’eau descendant du Ciel du monde immatériel (malakût) purifie des impuretés formelles.

    Ainsi, sache que Dieu Très-Elevé a fait de l’eau une clef pour Sa Proximité et un signe de l’étendue de Sa Miséricorde.

    Ensuite, l’Imâm as-Sâdeq(p) a mis en évidence dans son propos d’autres fonctions de l’eau qui ouvrent d’autres voies pour les gens du cheminement et de l’observation. Il(p) dit :

    « Réfléchis sur la limpidité de l’eau, sa douceur, sa pureté, sa bénédiction, son subtile mélange à toute chose, et son utilisation pour purifier les membres que Dieu t’a ordonné de purifier.

    Accomplis ses règles de conduite dans Ses Obligations et Ses Lois, car sous chacune d’elles se trouvent beaucoup de bénéfices.

    Ainsi si tu l’utilises avec respect, les sources de ses bienfaits vont jaillir pour toi de près. »

    Il(p) indique ainsi les niveaux de la purification de façon générale et met en évidence quatre niveaux généraux.

    Le premier est la purification des membres.

    Il(p) a indiqué que les gens de l’observation et du cheminement vers Dieu ne doivent pas s’arrêter aux formes et aux apparences des choses. Mais ils doivent rendre l’apparence un miroir de l’intérieur et chercher à découvrir les Vérités des formes et ne pas se contenter de la purification formelle, parce que se contenter de la purification formelle est un piège d’Iblis.

    Alors, qu’ils se transportent de la limpidité de l’eau à la purification des membres, qu’ils les purifient en accomplissant les Obligations et les Lois de Dieu.

    Qu’ils adoucissent les membres par la finesse des Obligations et des Lois de Dieu, qu’ils les fassent sortir de la rugosité des actes de désobéissance et qu’ils fassent circuler la pureté et la bénédiction dans l’ensemble des membres !

    Qu’ils sachent, à partir de la subtilité du mélange de l’eau aux choses, comment se mélangent les forces immatérielles divines au monde de la nature et qu’ils ne laissent pas les impuretés naturelles avoir une influence sur elles !

    Ainsi, si leurs membres se sont vêtus des lois et des obligations divines, les bénéfices intérieurs apparaitront progressivement et les sources des secrets divins jailliront et une esquisse des secrets des actes d’adoration et de purification leur sera dévoilée.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (2))

    L’eau purifie toutes les sortes d’impuretés selon le niveau du monde de la création et de sa manifestation. Le premier niveau est celui de la purification des membres.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Au moment de se tourner vers l’eau pour se purifier

    Hadith tiré du « Flambeau de la Loi révélée » (Misbâh ash-sharî‘at)(1)

    Les deuxième, troisième et quatrième degrés de la purification par l’eau

    Après avoir mis en évidence le premier niveau de la purification et montrer comment y arriver, l’Imâm as-Sâdeq(p) commence l’explication du second niveau de la purification par l’eau :

    « Ensuite, vis la Création de Dieu comme l’eau se mélange aux choses, en faisant parvenir à chaque chose son droit. Et cela ne change pas le sens, si l’on considère la parole du Messager de Dieu(s) : « Le croyant sincère est semblable à l’eau. » »

    La première règle que l’Imâm(p) avait mis en évidence concernait la relation de l’individu cheminant vers Dieu avec ses forces intérieures et ses membres. La seconde règle à laquelle il(p) fait allusion ici dans ce propos concerne le comportement de l’homme avec la Création de Dieu. Elle met en évidence comment le cheminant vers Dieu doit se comporter avec les créatures.

    En observant la subtilité du mélange de l’eau aux choses, l’homme découvre comment les forces immatérielles (malakûtiyyah) divines se mélangent au monde de la nature et demandent que les impuretés n’y aient pas d’influence.

    On peut déduire de ce propos aussi, de façon implicite, la réalité de l’isolement (avec Dieu) : en même temps que le cheminant vers Dieu vit avec toutes les sortes de gens selon les convenances, fait parvenir aux créatures leurs droits, se comporte et agit avec chacune d’entre elles en fonction de ce qui convient à son état, il n’outrepasse pas le Droit divin, ne néglige pas son sens qui est l’adoration, la soumission et l’orientation vers la Vérité.

    Ainsi, dans la multitude, il est dans l’isolement en soi, et son cœur qui est la demeure de l’Aimé est exempt des autres (autres que Dieu) et vide de toute forme et exemple.

    (1)Voir la traduction du hadith de l’Imâm as-Sâdeq(p) en entier dans la revue Lumières Spirituelles N°31.

    troisième règle évoquée par l’Imâm(p) porte sur la façon dont le cheminant doit se comporter avec Dieu très-Elevé :

    « Fais en sorte que ta pureté avec Dieu Très-Elevé dans l’ensemble de tous les actes d’adoration soit comme la limpidité de l’eau quand Il [Dieu] la fit descendre et la qualifia de pure (« tahûrann ») »

    Le cheminant vers Dieu doit être exempt du comportement de la nature. Il doit veiller à ce que les impuretés et les ténèbres de la nature ne trouvent pas voie vers et dans son cœur, que l’ensemble de ses actes d’adoration soient exempts de l’ensemble des sortes d’associationnisme, apparentes et intérieures.

    A l’exemple de l’eau qui, quand elle descend du ciel, est pure et purifiante, immaculée, le cheminant vers Dieu doit préserver son cœur (qui est descendu pur et limpide du ciel, du m

    onde du Mystère, du monde immatériel), de la mainmise du shaytan et de la nature et l’empêcher de le souiller par les impuretés.

    Après cela, l’Imâm(p) fait allusion à la dernière règle adressée aux gens de la gymnastique spirituelle et du cheminement :

    « Purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de la purification de tous les membres par l’eau. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°10 p35)

    Il(p) évoque deux stations sublimes pour les gens de la connaissance : la piété (dont la perfection consiste à abandonner tout ce qui est autre que Dieu) et la certitude (dont la perfection est la vision et la Présence de l’Aimé).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyya li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (3))

     

    Pendant la purification avec de l’eau, la deuxième règle concerne le comportement de l’homme avec la Création de Dieu, la troisième son comportement avec Dieu et la quatrième concerne le cœur.

     

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général – Des moyens de purification

    Sache que pour l’individu cheminant vers l’accès à la Destination la plus élevée et la station de la Proximité Seigneuriale, il y a, de façon générale, deux chemins.

    Le premier – qui a la primauté et le fondement – consiste à cheminer vers Dieu en s’orientant vers la Station de la Miséricorde absolue, notamment de la Miséricorde très-Miséricordieuse, qui est-elle une Miséricorde qui permet à tout existant d’atteindre sa perfection lui convenant.

    Une ramification de cette Miséricorde très Miséricordieuse et de sa Manifestation est l’envoi des

    Prophètes et des Messagers(p) qui sont les guides des voies, qui prennent les retardataires par leurs mains.

    Même ! La demeure de la réalisation, du point de vue des gens de la connaissance et des détenteurs des cœurs, est la forme de la Miséricorde divine – et les créatures sont en permanence noyées dans la mer de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé, mais n’en tirent pas profit.

    Le Livre divin grandiose – qui est descendu du monde du Mystère divin et de la Proximité seigneuriale et qui, pour notre intérêt, nous les délaissés, et pour notre salut, nous les emprisonnés dans la prison de la natur

    e, les enchaînés dans les chaînes des passions de l’âme et les espoirs, est apparu sous forme de mots et de paroles – est une des plus grandioses manifestations de la Miséricorde divine absolue. Et nous sommes sourds, aveugles, nous n’avons rien profité de lui et nous n’en profitons pas.

    Le Messager, le sceau, le Walî absolu le plus noble – qui vint de la station de la Sainteté Seigneuriale et du Lieu de la Proximité et de l’Intimité divines vers la demeure de l’étrangeté et du dépaysement, et qui fut éprouvé par la fréquentation de gens comme Abu Jahel et de pires que lui – est la Miséricorde étendue et la Générosité divine absolue dont l’avancée vers ce petit cercle était pour la miséricorde des existants et des habitants du monde le plus bas et leur sortie de cette demeure de l’étrangeté et du dépaysement. Le Messager(s) fut comme le pigeon à collier qui se jeta de lui-même dans les filets pour sauver ses compagnons.

    Il est alors nécessaire que le cheminant vers Dieu voie, dans la purification par l’eau de la Miséricorde, une forme pour profiter de la Miséricorde divine descendante. Tant que le profit est facilité, il est nécessaire qu’il le fasse. Et si ses mains en sont coupées à cause d’un manque en soi, ou d’une déficience de sa part, ou du manque d’eau de la Miséricorde, il ne lui reste plus qu’à se tourner (vers la Miséricorde) avec humilité, indigence, pauvreté et manque.

    S’il place l’humiliation de son assujettissement au centre de ses préoccupations, s’il se tourne vers Dieu en se contraignant lui-même, pauvre, humble, en faisant sortir de lui son orgueil, son amour pour lui-même, alors une porte de la Miséricorde s’ouvrira pour lui.

    La terre de la nature se transformera en une terre de Miséricorde. La terre deviendra un moyen de purification et sera apte à recevoir la Miséricorde et la Bonté de Dieu

    Très-Elevé. Et plus son regard sur l’humilité de son âme se renforcera, plus l’homme sera apte à recevoir la Miséricorde. Cela concerne le premier chemin.

    Par contre, si l’homme veut parcourir l’autre chemin, en ne comptant que sur lui-même et sur ses actes, alors il va tout droit à sa perte, parce qu’il est possible qu’il ne soit pas pris par la main. Il est comme l’enfant qui s’enhardit à marcher tout seul, fier, ne comptant que sur lui-même. Un tel enfant ne bénéficiera pas de la bienveillance de son père qui le laissera compter sur lui-même. Par contre s’il hésite ou se sent impuissant à côté de son père bienveillant et qu’il arrête totalement de compter sur lui-même et sur sa force, il sera alors sous la bienveillance de son père qui le prendra par la main. Même ! Il le prendra dans ses bras et le fera marcher de ses pas.

    Il serait même préférable pour une telle personne qui souhaite vraiment le cheminement vers Dieu de « se casser les jambes », de renoncer à compter sur lui-même et sur ses actes, d’annihiler son soi pour devenir sujet de la Providence permanente divine, pour faire circuler l’eau de la Miséricorde en lui, faire que sa langue intérieure appelle la Présence de la Sainteté Seigneuriale, être humble, indigent, nécessiteux. {N’est-ce pas Lui qui répond aux nécessiteux quand il L’invoque et qui dissipe le mal.}. (62/27 La Fourmi)

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 4)

     

    Le meilleur chemin vers Dieu est de s’orienter vers la Station de la Miséricorde absolue qui se manifeste à nous par le Coran et le Messager de Dieu(s).

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des règles du cœur pour les petites ablutions

    Il est rapporté de l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Les petites ablutions ont été prescrites pour que le serviteur/adorateur soit pur quand il se dresse devant le Tout-Puissant et qu’il s’entretient de façon intime avec Lui, Lui obéissant dans ce qu’Il a ordonné, purifié des souillures et des impuretés, avec le retrait de la paresse, l’expulsion du sommeil et la purification du cœur pour se dresser devant le Tout-Puissant..

    Elles sont obligatoires pour le visage, les deux mains (les avant-bras), la tête et les deux pieds parce que le serviteur/adorateur se dresse devant le Tout-Puissant.

    Il met alors ses membres à découvert et fait apparaître le lieu où les petites ablutions sont obligatoires. Car c’est avec son visage qu’il se prosterne et s’abaisse, avec sa main qu’il demande, désire, craint et se voue (à Dieu), avec sa tête qu’il se tourne vers Lui dans son inclination et sa prosternation, et avec ses jambes qu’il se lève et s’assoit… »

    (in ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p256 Bâb 182)

    Dans le premier paragraphe de ce hadith, l’Imâm(p) met en évidence un point essentiel concernant les petites ablutions : pour la station en Présence de Dieu Tout-Puissant et pour les entretiens intimes avec Celui qui satisfait les besoins, il y a des règles de conduite qui doivent être respectées. Non seulement il ne faut pas se présenter devant une telle Présence avec les impuretés formelles, les saletés, la paresse de l’œil apparent [le sommeil], mais aussi avec celles du cœur. Il ne faut pas que le cœur soit encrassé ni éprouvé par des souillures morales (qui sont-elles le fondement de l’ensemble des impuretés).

    D’autant qu’il est dit dans un propos rapporté :

    « Dieu Très-Elevé ne regarde pas vos formes, mais regarde vos coeurs ». Et ce avec quoi l’homme se tourne vers Dieu Très-Elevé et qui convient avec les mondes créés pour regarder l’Arrogance de la Grandeur et de la Majesté, est le cœur et non pas les autres membres ou organes qui n’ont eux aucune chance ni visée de cela.

    Puis l’Imâm(p) indique qu’il y a pour les petites ablutions une profondeur par laquelle se réalise la purification de l’intérieur et il(p) met en évidence le lien entre l’apparent et la profondeur, le manifeste et le mystère : la purification (formelle) de l’apparent et les petites ablutions formelles relèvent des actes d’adoration et d’obéissance, et de ce point de vue la purification apparente implique celle du cœur.

    En résumé, lorsque le cheminant vers Dieu fait ses petites ablutions, il doit faire attention au fait qu’il se tourne vers la Sainte Présence du Superbe. Il doit retrousser les manches de sa détermination pour changer ces états de cœur qui ne conviennent pas à la Présence, même ! qui le chassent de la Puissance Seigneuriale, jusqu’à ce que la purification apparente circule vers l’intérieur. Il purifie son cœur (qui est la source du Regard de Dieu, même ! la demeure de la

    Présence de la Sainteté) de ce qui est autre que la Vérité ; il chasse de sa tête l’arrogance et l’amour pour l’âme, qui est le fondement des fondements des impuretés, pour convenir à la sainte Station.

    Dans le second paragraphe de son propos, l’Imâm ar-Ridâ(p) met en évidence la particularité des membres désignés pour les petites ablutions : dans la mesure où ces membres ont un rapport avec la soumission/ assujettissement à Dieu Très-Elevé et que cette dernière se manifeste par ces membres, ils doivent être purifiés : dans la mesure où l’endroit où se manifeste la soumission/ assujettissement dans la Présence de Dieu (qu’Il soit Béni) doit être pur, les organes et les membres apparents (qui ont certes une part déficiente de ces significations, mais qui en sont la manifestation) ne conviennent pas à cette Station sans purification.

    Ainsi, bien que la soumission ne soit pas une des qualités du visage en vérité, et que la demande, le désir, la crainte, le dévouement [à Dieu] et la réception ne concernent pas ces organes sensibles, ces derniers doivent être purifiés.

    Il en est de même pour le cœur qui est l’endroit véritable de la soumission/assujettissement et le centre réel pour ces significations. Sa purification est obligatoire. Sans la purification du cœur, les membres formels ne se purifieront jamais, même s’ils le sont par sept mers, et ils ne conviennent pas à cette Station.

    Même ! le shaytan y interfère et l’individu se trouve chassé de la Présence de la Puissance !

    d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (1)

     

    En faisant ses petites ablutions, faire attention au fait qu’on se tourne vers la Sainte Présence.

    Purifier ses membres, en vue de purifier son cœur, indispensable à la purification des membres.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Du secret des petites ablutions (1)

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des ablutions

    Le premier hadith se rapporte sur les causes des petites ablutions :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et l’interrogèrent sur des points, notamment sur celui-ci : « Informe-nous, ô Mohammed ! Pour quelle raison, ces quatre membres doivent être purifiés par les petites ablutions alors qu’ils sont les parties les plus propres du corps ? » Le Prophète leur répondit :

    « Quand le shaytân insinua à Adam de s’approcher de l’arbre, il le [l’arbre] regarda et l’eau de son visage s’en alla. Il se leva alors et marcha vers l’arbre. Ce fut le premier pas vers la faute. Ensuite, il prit un fruit de l’arbre de sa main et le mangea. La parure et les ornements s’envolèrent de son corps. Adam posa alors sa main sur le haut de sa tête et se mit à pleurer.

    Quand il se repentit et retourna à Dieu, Dieu lui imposa, ainsi qu’à sa descendance, de purifier ces quatre membres.

    Ainsi, Dieu Tout-Puissant lui ordonna de se laver le visage pour avoir regardé l’arbre ; Il lui ordonna de laver les deux mains jusqu’aux coudes pour avoir pris [le fruit de l’arbre interdit] de ses deux mains ; Il lui ordonna de passer [la main mouillée] sur sa tête pour avoir posé sa main sur le haut de la tête et Il lui ordonna de passer [la main mouillée] sur ses pieds pour avoir marché avec ses deux pieds vers la faute. » (cf.‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p280 Bâb 191)

     

    Le second hadith est rapporté par l’Imâm Hassan(p) fils de ‘Alî(p) fils d’Abû Tâleb et porte sur les causes du jeûne de 30 jours :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et lui demandèrent de les informer sur certains points, notamment sur celui-ci : « Pour quelle raison, Dieu Tout-Puissant imposa à ta nation le jeûne durant le jour pendant trente jours alors qu’Il avait imposé aux nations précédentes plus que cela ? »

    Le Prophète(s) leur répondit :

    « Quand Adam mangea de l’arbre, [ce qu’il mangea de l’arbre] resta trente jours dans son ventre. Alors, Dieu Très-Elevé imposa à sa descendance trente jours de faim et de soif. Et ce qu’ils mangent est une bienveillance de Dieu Très-Elevé pour eux. »

    (cf.‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.2 p378 Bâb 109)

    Dans ces deux hadiths, l’un parlant du secret des ablutions et l’autre de celui du jeûne de 30 jours pour les Musulmans, il est fait allusion à la faute d’Adam et à ses reflets [à ses conséquences] à divers niveaux.

    Les gnostiques et les détenteurs de cœur en déduisent plusieurs points dont :

    1La faute d’Adam(p) n’était pas une faute dans le sens [de se tourner vers] autre que Lui [Dieu] [ou d’un péché comme nous l’entendons pour nous-mêmes].

    Pour les gnostiques et les détenteurs de cœur elle était sans doute une faute « naturelle » ou une faute du fait de se tourner vers la multitude qui est, elle, l’arbre de la « nature », ou une faute du fait de se tourner vers la multitude nominale [des Noms de Dieu] après l’attirance de l’anéantissement essentiel.

    Mais, une telle faute n’était pas attendue de la part de quelqu’un comme le Prophète Adam(p) qui était un pur Elu de Dieu, spécifié pour la Proximité et l’anéantissement essentiel. C’est pourquoi l’Essence Sainte l’a fait connaître publiquement, conformément à la « jalousie » amoureuse, et divulgua son péché et son égarement dans l’ensemble des mondes par la bouche de l’ensemble des Prophètes(p). Dieu Très-Elevé dit : {et Adam a désobéi à son Seigneur et s’est égaré}(121/20 Taha). Et avec cela, Il a imposé toute cette purification et épuration, nécessaires pour lui ainsi que pour sa descendance qui était cachée dans ses lombes et qui a participé à sa faute.

    Même ! qui a également participé à la faute après la sortie de ses lombes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (2))

     

    Les impuretés des péchés constituent le premier des grands obstacles pour le cheminement vers Dieu. Elles doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des secrets des petites ablutions (2)

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des ablutions

    A la recherche des secrets des petites ablutions, nous avons évoqué la dernière fois deux hadiths où il est fait allusion à la faute d’Adam(p) et nous avons mentionné un premier point que les gnostiques et les détenteurs de cœur en ont déduit. En voici d’autres :

    2Tout comme il y a [différents] niveaux et manifestations pour la faute d’Adam(p) et de ses fils, il y a pour leur purification et leur épuration, leur pureté, leur prière, leur jeûne pour sortir de la faute du père (qui est-elle le fondement), beaucoup de niveaux correspondant aux niveaux de la faute.

    Nous avons vu que le premier niveau de ses manifestations [de la faute d’Adam(p)] était l’orientation vers la multitude des Noms de Dieu et la dernière de ses manifestations, le fait d’avoir mangé de l’arbre interdit.

    Sa forme immatérielle (« malakûtiyyah ») est un arbre avec toutes sortes de produits et de fruits.

    Et sa forme matérielle (« mulkiyyah ») est la nature et ses affaires. L’amour pour ce monde et pour soi-même qui est toujours présent jusqu’à nos jours dans la descendance, est pour celui qui a un penchant pour l’arbre et pour en manger.

    3Tout comme l’ensemble des sortes de péchés formels pour la descendance d’Adam(p) proviennent du fait d’avoir mangé de l’arbre, leur purification en provient également de façon particulière.

    Il en est de même pour l’ensemble des péchés au niveau du cœur : ils proviennent aussi des affaires de cet arbre, de même que leur purification d’une autre façon. Il en est de même pour l’ensemble des péchés au niveau de l’esprit : ils proviennent de cela, ainsi que leur purification à une étape particulière.

    4La purification des membres apparents est l’ombre des purifications du cœur et de l’esprit pour les parfaits et elle en constitue la règle et le moyen pour les gens du cheminement (vers Dieu).

    Tant que l’individu est dans un voile déterminé par les membres et leur purification et qu’il est arrêté à cette limite, il ne fait pas partie des gens du cheminement.

    Il reste dans la faute.

    Mais s’il travaille au niveau des purifications apparentes et intérieures, fait de la purification formelle et superficielle un moyen pour les purifications intérieures, et fait attention, durant l’ensemble des actes d’adoration et des rites, aux parts du cœur et les lui fait parvenir, même ! se préoccupe plus des aspects intérieurs que ceux apparents, sachant qu’ils sont les buts les plus élevés, alors il franchit la porte du cheminement de la voie humaine.

    C’est ce qu’indique le noble hadîth rapporté dans « Misbâh ash-sharî‘ah » que nous avons évoqué précédemment : « Et purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de purifier tes membres avec de l’eau ».

    5L’homme qui chemine vers Dieu doit prendre en premier lieu le cheminement du savoir pour qu’il détermine, grâce aux bénédictions des gens du

    Rappel(p), les niveaux des actes d’adoration et qu’il considère les actes d’adoration formels comme un niveau descendant des actes d’adoration du cœur et de l’esprit.

    Ensuite, il entame le cheminement pratique qui est le cheminement véritable. Et le but de ce cheminement est de vider son âme de tout ce qui est autre que Dieu et de la parer des Manifestations des Noms, des Attributs et de l’Essence de Dieu.

    Si le cheminant atteint cette station, alors son cheminement s’achève. Il reçoit les secrets des rites, des actes d’adoration et les subtilités du cheminement, qui sont les Manifestations de Majesté qui sont les secrets des purifications, et les Manifestations de Beauté, qui sont le but des autres actes d’adoration (et le détail de cela est extérieur à ces feuilles).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (3))

    La purification des membres apparents est l’ombre de celles du cœur et de l’esprit. Le cheminement vers Dieu débute par le savoir pour déterminer les niveaux actes d’adoration puis par la voie pratique à suivre.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des grandes ablutions (al-ghusl)

    Quelques-unes de leurs règles spirituelles

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration

    – dont la prière – nous avons entamé une seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière et en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification.

    Voici un autre mode de purification : les grandes ablutions qui ont leurs propres règles spirituelles.

    Les gens de la connaissance disent que l’impureté suite aux relations sexuelles (janâbah) est la sortie de la patrie de la soumission/assujettissement à Dieu et l’entrée dans l’étrangeté et la manifestation de la seigneurie et de l’instance de l’égo. La douche des grandes ablutions est la purification de cette impureté et la reconnaissance du manque.

    Certains sheikhs ont évoqué, dans dix chapitres, 150 cas desquels le serviteur cheminant vers Dieu doit se purifier durant les grandes ablutions. La majorité d’entre elles ou toutes reviennent à l’arrogance et l’orgueil de l’âme, à l’amour de/pour l’âme et sa vision.

    Selon l’Imâm al-Khomeynî(qs), l’impureté suite aux relations sexuelles (janâbah) est l’anéantissement (fanâ’) dans la « nature », la négligence de la spiritualité et de l’objectif ultime au profit de la totale suprématie animale et bestiale, et l’entrée dans le plus bas des degrés.

    La douche des grandes ablutions est la purification de cette « faute », la sortie de la règle de la « nature » pour revenir et entrer sous l’Autorité de la Très-Miséricorde et de la « Disposition » divine [de nous] par le lavage de tout l’empire de l’âme qui s’est anéanti dans la nature et qui a été éprouvé par les prétentions du shaytân.

    Et pour la douche (les grandes ablutions) de l’impureté d’« al-janâbah », il y a des règles de conduite du cœur que le cheminant vers Dieu doit suivre.

    Pendant qu’il lave son corps (qui est l’écorce inférieure et qui a la part de ce bas-monde) et qu’il purifie l’apparent, le serviteur cheminant vers Dieu doit s’arrêter et s’orienter vers l’impureté de l’intérieur du cœur et du secret de l’esprit. Il doit voir que le lavage de ces derniers est le plus important.

    Il met alors de côté la suprématie de l’âme bestiale avec sa dimension animale au profit de l’âme très-miséricordieuse et sa dimension très-miséricordieuse.

    Il se repent de l’impureté du shaytân et de ses prétentions, et revient [à Dieu], purifie le fond de l’esprit (souffle divin insufflé d’un Souffle Miséricordieux) des parts du

    shaytân (c’est-à-dire l’orientation vers autre que Dieu – qui est l’origine de l’arbre interdit) pour être apte, par cette purification, à entrer dans le Paradis de son père Adam(p).

    C’est que manger de l’arbre de la nature, faire bon accueil à ce monde et s’orienter vers la multitude sont le fondement des fondements de l’impureté d’« al-janâbah ».

    Aussi, celui qui ne se purifie pas de cette impureté d’« al-janâbah » en se plongeant dans l’eau de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé ou ne se purifie pas totalement avec cette eau qui coule de la source de l’Arche tout-Miséricordieuse, pure de tout ingérence diabolique, ne convient pas à la prière qui est, elle, la réalité de l’Ascension et de la Proximité. Et il n’y a pas de prière sans purification.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 6 (1))

    Pendant la douche (les grandes ablutions) après l’impureté de «Janâbah», mettre de côté l’âme bestiale au profit de l’âme miséricordieuse, se purifier du

    shaytân et de toute orientation vers autre que Dieu.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Du secret des grandes ablutions

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des grandes ablutions

    Il est évoqué dans un noble propos prophétique :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et l’interrogèrent sur des points, notamment sur celui-ci : « Pour quelle chose, Dieu Très-Elevé, a ordonné de se laver (de la douche) de l’impureté suite aux relations sexuelles et n’a pas ordonné de se laver (de la douche) des selles et de l’urine ? » Le Messager de Dieu(s) répondit :

    « Lorsqu’Adam mangea de l’arbre, [ce qu’il a mangé] fondit dans ses veines, ses poils/ cheveux, sa peau. Aussi, quand l’homme a des rapports sexuels avec sa femme, l’eau sort de chacune de ses veines, de chaque poil de son corps. Dieu Tout-Puissant a alors ordonné à sa descendance de se laver de l’impureté suite aux rapports sexuels jusqu’au Jour du Jugement. » (cf. ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p292 Bâb 195)

    Et dans un autre propos rapporté de l’Imâm ar-Ridâ(p), il est dit :

    « Ils ont reçu l’ordre de se laver (de la douche) de l’impureté suite aux rapports sexuels et ils n’ont pas reçu l’ordre de se laver (de la douche) après la sortie des excréments alors qu’elles sont plus impures et plus sales que l’impureté suite aux rapports sexuels. Et cela parce que l’impureté suite aux rapports sexuels vient de l’individu-même et qu’elle est quelque chose qui sort de l’ensemble du corps alors que les excréments ne proviennent pas de l’individu-même mais des nourritures qui entrent par une porte et qui sortent par une autre. » (cf. ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p258 Bâb 182 H9)

    Pour les « gens de l’apparence », la sortie d’une goutte de sperme (de l’ensemble) du corps oblige de laver tout le corps, et cela est en conformité avec l’avis d’un groupe de médecins et de savants en sciences naturelles.

    Mais le fait que, selon l’apparence, le Prophète(p) donne, dans le premier hadith, comme cause à la nécessité des grandes ablutions, le fait d’avoir mangé de l’arbre et que, dans le second, il lie l’impureté suite aux relations sexuelles à la personne-même (l’âme), ouvre une voie vers des connaissances pour les gens de la connaissance et donne des indications.

    En effet la question de l’arbre et le fait qu’Adam en a mangé font partie des secrets des sciences du Coran et des Gens de la Maison de l’Infaillibilité et de la Pureté(p) (où beaucoup de connaissances sont symbolisées). Ils(p) ont fait de la question d’Adam et du fait d’avoir mangé de l’arbre, une cause pour légiférer beaucoup d’actes d’adoration, comme les petites ablutions, la prière, les grandes ablutions, le jeûne du mois de Ramadan et sa durée de trente jours et beaucoup des rites du Hajj.

    En résumé, toi, ô fils d’Adam, tu as été rendu une semence pour la Rencontre, tu as été créé pour la Connaissance et Dieu Très-Elevé t’a choisi pour Lui-même. Il t’a façonné des Mains de Sa Beauté et de Sa Majesté, Il t’a rendu sujet de la prosternation des Anges et objet d’envie/jalousie d’Iblis. Si tu veux sortir de l’impureté suite aux relations sexuelles de ton père qui est lui ton principe, convenir à la Rencontre de la Présence de l’Aimé et recevoir la disposition d’atteindre la Station de l’Intimité et la Présence du Saint, tu dois laver l’intérieur de ton cœur avec l’eau de la Miséricorde de Dieu, te repentir de l’ouverture à ce monde qui est lui la manifestation de l’arbre interdit, nettoyer ton cœur (qui est le lieu des beaux aspects et de la Beauté Majestueuse) de l’amour pour ce monde et ses affaires viles (qui sont eux la souillure du shaytân). Car le jardin de la Rencontre de Dieu Très-Elevé est l’endroit des Purs et n’entre au Paradis que le bon.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 6 (2))

    La question d’Adam et le fait d’avoir mangé de l’arbre de la multitude : une cause pour la législation de beaucoup d’actes d’adoration, pour revenir à Dieu, purifié de toutes les impuretés.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (1)

    Comme nous l’avons vu précédemment, l’élimination de l’incidence (l’impureté nécessitant les petites ablutions pour s’en purifier) se réalise dans la sortie de l’égo (et de l’égoïsme) hors de l’âme et dans l’anéantissement [en Dieu].

    Même ! elle est la sortie de la maison de l’âme, de façon totale ! Tant qu’il y a des restes de lui-même (de son âme), le serviteur est impur de la plus grande impureté et celui qui adore et qui est adoré en lui n’est autre que le shaytân et lui-même.

    Si les demeures du cheminement des « gens de la méthode et du cheminement » ont pour but d’arriver aux Stations et de gravir les échelons et les degrés de l’ascension, elles ne sont pas extérieures aux agissements de l’âme et du shaytân.

    Le cheminement et la conduite morale sont défectueux : cette conduite tourne au sein des demeures de l’âme et le cheminement a lieu à l’intérieur de la maison de l’âme. Un tel cheminant n’est pas un voyageur [vers Dieu] ni un pèlerin. Il n’est pas un émigrant vers Dieu et Son Messager, il ne s’est pas purifié de l’impureté la plus grande qui est l’esclave en soi.

    Par contre, s’il s’est totalement purifié de cette impureté, celui qui adore et qui est Adoré est Dieu Très-Elevé, il atteindra le résultat d’être proche des « gratifications » : c’est-à-dire : « J’étais son ouïe, sa vue.. » C’est pourquoi, de ce point de vue, il faut laver le corps en entier au moment de la purification de l’impureté la plus grande. Parce que tant que l’œil du serviteur (lui-même) est resté d’une certaine façon, l’impureté n’a pas été totalement éliminée. Au-dessous de chaque poil, il y a une impureté (suite aux rapports sexuels).

    La purification de l’impureté est la purification de l’adventicité et un anéantissement dans la mer de l’éternité. Sa perfection est la sortie de la multitude nominale [des Noms de Dieu] qui est-elle l’intérieur/le fond de l’arbre. Il sort ainsi (de cette sortie) de la faute d’Adam en vigueur, alors qu’il était le principe de la progéniture.

    L’incidence fait partie des impuretés morales et sa purification fait aussi partie des choses des mystères intérieurs (ésotériques) et la purification est lumière. La petite ablution (al-wudu’) est une lumière limitée et la grande ablution, lumière absolue. Certes, la petite ablution est plus pure que la grande ablution mais la valeur ne réside pas dans le fait d’enlever les souillures et les impuretés apparentes car cela est un nettoyage formel, une purification apparente.

    La règle de conduite au niveau du cœur est que le cheminant qui veut se présenter dans la Présence de Dieu, ne peut pas frapper à la porte de la Présence de Dieu, souillé de la souillure du shaytân. Celui qui n’a pas réalisé sa sortie des « mères » des vices moraux (qui sont eux le principe de la corruption de la « ville des vertus » humaines et l’origine des fautes apparentes et intérieures) ne trouvera jamais une voie vers le But visé ni aucun chemin vers le terme visé.

    Comment nous est-il possible, à nous qui sommes loin, derrière la caravane du Monde des

    Mystères (des Secrets), nous qui sommes les chus dans le puits profond de la « nature », les renvoyés au plus bas des degrés inférieurs, de convenir à la

    Présence de la Sainteté, de côtoyer les spirituels et d’accompagner les proches, en étant affublés des aptitudes abjectes du shaytân ?!

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (1))

    L’élimination des impuretés intérieures signifie la sortie totale de l’«ego» et l’anéantissement en Dieu. Sinon l’Adoré n’est pas Dieu mais soi-même ou le shaytân. Comment se présenter à Dieu ainsi ?

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (2) – l’exemple du shaytân

    Pour mieux comprendre les secrets des « grandes ablutions », nous allons prendre l’exemple du shaytân et en tirer des leçons.

    l Le shaytân était proche du Monde de la Sainteté et faisait même partie « des Anges proches » (les « chérubins », les Proches Elus auprès de Dieu). Et il s’est pourtant trouvé à la fin, éloigné de la Station des Proches à cause d’une mauvaise aptitude et il a été banni selon un rappel : {Sors de là car tu es banni} (34/15 al-Hijr). Pourquoi ?

    Malgré ses milliers d’années d’adoration de Dieu à côté des Anges les plus proches de Dieu, il se vit lui-même quand Dieu leur demanda de s’agenouiller devant Adam. Il vit sa [nature originelle] de feu et déclara alors : {Je suis meilleur que lui}(12/7 al-‘Arâf ).

    Cette satisfaction de soi-même devint une cause pour l’adoration de soi-même, pour l’orgueil et pour l’humiliation et le mépris d’Adam.

    {Tu l’as créé d’argile}(12/7 al-‘Arâf ) continua-t-il, faisant ainsi une fausse comparaison. Au lieu de voir le bon côté d’Adam et la perfection de sa spiritualité, il vit son apparence, sa station au niveau de l’argile et de la terre. Il se vit lui-même au niveau de la station du feu, négligeant [les dangers de] l’associationnisme, l’amour de/pour l’âme et sa vision.

    Cet amour de/pour l’âme devint un voile l’empêchant de voir sa déficience et ses défauts.

    Cette vision et cet amour pour lui-même devinrent une cause pour l’adoration de lui-même, l’orgueil, l’étalage, l’ostentation et pour l’indépendance [de Dieu] au niveau de son avis et de l’accomplissement de péchés. Ils l’éloignèrent de l’ascension (vers Dieu) et l’entrainèrent vers le dédale de la « nature » obscure.

    l Aussi, le cheminant vers Dieu doit-il purifier son âme des « mères » (origines) des vices et des impuretés intérieures sataniques au moment de se purifier des impuretés apparentes ; il doit laver la « ville des vertus » avec de l’eau de la Miséricorde de Dieu et la « gymnastique » morale de la législation ; il doit rendre limpide son cœur qui est le lieu de la Manifestation de Dieu ; il doit retirer les sandales de l’amour pour la renommée et les honneurs pour convenir à l’accès dans la « vallée sainte du côté droit » et être réceptif à la Manifestation du Seigneur.

    Celui qui n’arrive pas à se purifier des impuretés des « grandes incidences »(1), ne peut se purifier des impuretés des « petites incidences »(1) parce que la purification de l’apparence est préliminaire à la purification de l’intérieur. Celui qui n’atteint pas la piété totale en ce monde ici-bas matériel selon le modèle de la législation pure n’atteindra pas la piété au niveau du cœur. Et celui qui n’atteint pas la piété au niveau du cœur par rapport aux choses que nous avons évoquées, n’atteindra jamais la piété spirituelle, secrète, véritable.

    L’ensemble des niveaux de la piété sont préliminaires à ce niveau qui est d’abandonner tout ce qui est autre que Dieu. Tant qu’il reste de l’égoïsme dans le cheminant, Dieu ne se manifestera jamais au niveau de son secret.

    Oui ! Sans doute, le cheminant peut recevoir conformément à la primauté de la Miséricorde et de la Suprématie du Côté divin, de l’Assistance des mystères, et brûler par le Tison divin ce qui reste de l’égoïsme, s’il en reste. Peut-être que la façon dont Dieu se manifesta à la montagne, la mettant en pièces et à Moussa qu’Il foudroya est une indication de cela. Et cette différence est également présente entre le cheminant attiré et l’attiré cheminant.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 7 (2))

     

    La purification des impuretés des grandes incidences est préliminaire à celle des petites incidences parce qu’elles révèlent l’attachement à ce monde et à son ego dans l’âme dont il faut se débarrasser.

    (1)Les « grandes incidences » nécessitent les « grandes ablutions » (la douche) pour s’en purifier, alors que les « petites incidences » nécessitent les « petites ablutions » pour s’en purifier.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (3) – éviter tout excès

    Un autre secret des « grandes ablutions » : celui d’éviter les excès dans la compréhension du rôle des rites et des actes d’adoration formels dans le cheminement vers Dieu.

    Les gens de la Vérité attirent l’attention sur un point éducatif important et l’ignorer est une source de beaucoup d’égarements, de fourvoiement et de défaillance dans le parcours de la Voie de la Vérité.

    Aussi celui qui recherche Dieu ne doit pas l’ignorer ni le négliger : le cheminant, celui qui recherche la Vérité, doit se dédouaner des excès (dans un sens ou dans un autre) qui existent chez certains soufistes ignorants et chez certaines gens de l’apparence insouciantes, pour pouvoir cheminer vers Dieu.

    Certains soufistes pensent que le savoir et l’acte apparents, formels sont un « bourrage » réservé aux ignorants et aux gens communs. [Ils pensent que] ceux qui font partie des gens du secret, de la vérité, les détenteurs des cœurs n’ont pas besoin de tels actes. Ces actes formels ne seraient qu’en vue d’atteindre les Vérités au niveau du cœur et d’arriver au But. Une fois le But atteint, s’occuper de ces préliminaires provoquerait un éloignement, s’occuper des multitudes constituerait un voile !

    A l’opposé, un autre groupe tomba dans l’excès inverse. Il nia l’ensemble des niveaux moraux et des secrets divins. A l’exception de la présence de l’apparence, de la forme et de l’écorce, ils nièrent toute autre chose, les considérant comme des chimères, des illusions..

    Les controverses, les disputes et les querelles n’en finirent pas entre eux, chacun accusant l’autre d’être en contradiction avec la législation.

    Alors que la ligne droite est la limite de la pondération.

    Les rites et les actes d’adoration formels n’ont pas uniquement pour but d’atteindre les aptitudes spirituelles complètes et les vérités du cœur. Elles en sont un de leurs fruits.

    Et pour les gens de la connaissance et les détenteurs des cœurs, l’ensemble des actes d’adoration sont des « voyages secrets » (le frayement) des connaissances divines de la profondeur vers l’apparent, du secret vers ce qui est public.

    Comme l’Attribut de la Miséricorde la toute-Miséricordieuse, même ! la très-Miséricordieuse, est étendu à l’ensemble des mondes créés humains au niveau du cœur et de l’extérieur, il y a pour chaque niveau une chance des bienfaits divins synthétiques, et pour chacun d’entre eux une chance et une part de la louange à Dieu, du remerciement des Bienfaits tout-miséricordieux, très-miséricordieux à l’Etre Nécessaire Absolu [Dieu].

    Mais tant que l’âme a une part de la création formelle de ce monde ici-bas et qu’elle a une part de la vie du monde matériel (al-mulk), elle n’a pas entièrement plié le tapis de la multitude et les parts « naturelles » n’ont pas disparu.

    Le cœur du cheminant vers Dieu ne doit pas être occupé par autre chose que Dieu. Il en est de même pour sa poitrine, son imagination et le monde de la « nature » en lui ; ils ne doivent pas être épuisés pour autre chose que Dieu jusqu’à ce que l’Unicité et la Sainteté soient bien ancrées dans l’ensemble des mondes créés.

    Si l’attraction spirituelle dans le monde de la « nature » provient d’autres [choses] que de l’adoration et de l’humilité devant Dieu, c’est qu’il y a dans l’âme des restes de l’égoïsme. C’est-à-dire, le parcours du cheminant n’a pas lieu vers Dieu mais est resté dans la maison de l’âme. Alors que le but du cheminement des gens de Dieu est que la « nature » et le monde du corps soient teintés de la Teinture de Dieu.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap7 (3))

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (4) – la synthèse de l’intérieur et de l’extérieur

    Voici un noble hadith de Dieu Très-Elevé (que Son Importance soit exaltée !) :

    « Je suis Dieu ! Je suis la Toute-Miséricorde ! J’ai créé la matrice (ar-rahem) et J’ai fendu pour elle

    Un de Mes Noms. Aussi Je Me lie à celui qui se lie à elle et Je Me coupe de celui qui se coupe d’elle. »

    Il s’agit ici de la coupure de la « nature » qui est-elle la « mère des esprits » coupée de sa patrie originale et son « lien » est son éducation et son rapatriement à la patrie de la servitude/assujettissement. Et dans le hadith de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Prenez bien soin de votre tante paternelle, le palmier-dattier car il a été créé de l’argile d’Adam. »

    Ce hadith indique cette Très-Miséricorde que nous avons évoquée précédemment.

    En résumé, vouloir extraire le royaume de l’apparence de la patrie de la soumission/ assujettissement et les envoyer à leurs Messagers sont le summum de l’ignorance des stations des gens de la connaissance et fait partie des insinuations du shaytân banni.. car il empêche à chaque partie l’accès à Dieu Très-Elevé d’une façon particulière.

    De même nier les stations et obstruer la voie des connaissances qui sont la prunelle des yeux des

    Proches-Elus de Dieu, limiter les législations divines à l’apparence qui est, elle, la part de ce monde, le monde de l’âme et la station de son animalité pour les actes d’adoration qui impliquent la purification du secret, la vivification du cœur et l’élévation du for intérieur, sont le summum de l’ignorance et de la négligence.

    Les deux parties sont loin de la voie du bonheur, de la voie droite de l’être humain et chassées des stations des gens de la connaissance.

    Le connaisseur de Dieu, le savant des Stations doit tenir compte de l’ensemble des droits intérieurs et apparents et faire parvenir à tout détenteur d’un droit son droit.

    Il doit se purifier lui-même de l’exagération, du manque, des excès dans un sens ou dans un autre.

    Il doit faire disparaître de lui-même :

    – l’impureté de nier la forme de la législation qui est en vérité une détermination

    – et la souillure de nier la dimension ésotérique de la législation, qui est une restriction (ces deux excès dans un sens ou dans un autre étant des insinuations du shaytân et des souillures de ce maudit) pour que la voie du parcours vers Dieu lui soit facilitée ainsi que l’accès aux stations morales.

    Et faire disparaître les laideurs des illusions corrompues, qui empêchent la proximité vers Dieu et l’ascension des croyants, constitue l’un des niveaux de la disparition de la souillure.

    Car, parmi les sens synthétiques de la dernière prophétie et de ses stations, même !, parmi les preuves qu’elle soit la dernière, il y a :

    – le fait qu’il a été donné à l’âme, dans l’ensemble de ses stations, l’ensemble de ses droits et de ses parts de l’ensemble des affaires de la législation,

    – et celui que, dans la connaissance des affaires de la Seigneurie (que Sa grandeur se manifeste !), Dieu (qu’Il soit Glorifié !) est connu dans l’élévation la plus élevée et dans l’abaissement/la proximité la plus basse/la plus proche par la Station de la Synthèse.

    Il (qu’Il soit Glorifié !) dit : {Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Profond} (3/57 Le Fer). Et {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre..}(35/24 La Lumière)

    De même, Il a fait circuler l’Unicité pratique au niveau du cœur jusqu’au dernier niveau de l’horizon de la nature et du monde des corps et aucune existence n’est privée de la part de connaître Dieu.

    En résumé, ces gens soufistes psalmodient la « sagesse de ‘Issa » sans s’en rendre compte, et ces gens de l’apparence parlent de la « sagesse de Moussa », alors que ceux qui se réfèrent à Mohammed, s’innocentent des deux tendances par la voie des restrictions (taqyîd).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (4))

    Le connaisseur de Dieu doit tenir compte de l’ensemble des droits intérieurs et apparents et faire parvenir à tout détenteur d’un droit son droit. Il doit se purifier de la négation de la forme de la législation et de sa dimension ésotérique.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (5) – relation des règles spirituelles et les lieux d’aisance

    D’après l’Imâm as-Sâdeq(p), Misbâh ash-Sharî‘at (« Flambeau de la législation ») :

    « Les lieux d’aisance (Mustarâh = « Endroit de repos, de soulagement ») est appelé ainsi à cause du soulagement des âmes du poids des impuretés et de l’évacuation des opacités et des impuretés présentes en elles. Pendant qu’il est dans les lieux d’aisance, le croyant considère que celui qui se débarrasse des vanités de ce monde, aura une fin analogue. Alors, il va être soulagé par l’éloignement et l’abandon de ce monde. Il vide son âme et son cœur des préoccupations de ce monde, et s’abstient de chercher à rassembler et à prendre [des choses] de ce monde, comme il se débarrasse des impuretés, des selles, des souillures. Il pense à son âme, comment elle est parfois noble et comment elle peut parfois être misérable. Il sait qu’en s’accrochant au contentement du peu et à la piété, il bénéficiera du repos des deux demeures. Il sait que le repos se trouve dans le mépris de ce monde, dans le refus de chercher à y prendre du plaisir, dans l’élimination de la souillure [de l’accomplissement] des interdits et des choses confuses. Il se ferme à lui-même la porte de l’orgueil après la connaissance de cela. Il fuit les péchés et s’ouvre la porte de l’humilité, du regret, de la pudeur. Il s’efforce d’accomplir les ordres et d’éviter les interdits, demandant le retour et la bonne proximité. Il enferme son âme dans la prison de la peur, de la patience, de l’abstention des passions/ instincts jusqu’à atteindre la Sécurité de Dieu, dans la demeure de la Permanence et goûter à la nourriture de Sa Satisfaction. Le soutien est cela et il n’y a rien en dehors de cela. »

     

    Dans cet hadith, il y a une règle synthétique importante pour les gens de la connaissance et de la [bonne] conduite : l’homme lucide, cheminant vers la Demeure de l’Au-delà, doit percevoir dans chacun des états ses parts spirituelles et ne pas négliger de se rappeler Son Retour. C’est pourquoi les sages disent :

    « Le Prophète est au service du Décret comme le médecin est au service du corps. » En effet, les Prophètes les plus grandioses(p) et les nobles Proches-Elus(p), dans la mesure où ils ne voient que le Décret divin, qu’ils ne regardent que vers le « Côté » divin et que ce qui décide dans leurs cœurs est le monde immatériel du Décret divin, (ils) voient le cours de l’ensemble des choses entre les mains des Anges de Dieu qui sont les Soldats de Dieu. Le médecin naturel, quant à lui, dans la mesure où il est loin de cette étape, éloigné de cette vallée, rapporte le cours des choses « naturelles » aux forces naturelles.

    En résumé, l’individu cheminant doit avoir accès aux parts de son cheminement dans l’ensemble des états et dans chaque chose. Alors, quand il voit que les choses de ce monde sont vaines et que tous les plaisirs du monde matériel sont éphémères et changeants, aboutissant à la corruption et au déclin, son cœur s’en écarte facilement et son cœur se vide de toute préoccupation de ces choses et les évacue comme il évacue les souillures.

    La profondeur du monde de la nature n’est que souillure et les expressions « impureté

    » et « saletés » dans la vision (qui est une porte de la révélation) renvoie à ce monde (dunia) et à l’argent. Et selon les révélations de l’Imâm ‘Alî(p), le monde ici-bas est une « charogne », un « cadavre ».

    Ainsi, comme le croyant vide son âme des excréments naturels, il soulage son cœur de l’attachement et de l’occupation de ce monde et retire de son cœur le poids de l’amour pour ce monde. Il réfléchit sur comment le fait de s’occuper de ce monde est une humiliation de l’âme après des heures et une contrainte au pire des états et aux plus scandaleux.

    De même, l’occupation du cœur par ce monde, après que fut soulevé le voile du monde matériel naturel, humilie l’homme et l’éprouve par les Comptes et les Châtiments. Alors, il sait que le fait de s’accrocher à la piété et au contentement du peu est obligatoire pour le repos des deux demeures ; que le repos se trouve dans le mépris et l’anéantissement de ce monde ici-bas. C’est pourquoi il ne se réjouit pas de ce monde. Et comme il se purifie des impuretés, le croyant se purifie (son âme) des impuretés des interdits et des confusions et suit les consignes données par l’Imâm as-Sâdeq(p) dans le hadith cité plus haut jusqu’à rejoindre Dieu dans la demeure de la Permanence et dans l’Ombre de Sa Sainte Essence, goûter dans cet état à la nourriture de la Satisfaction de Dieu Très-Elevé. Ultime espoir des gens de la conduite et il n’y a rien en dehors de cela..

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (5))

    L’homme lucide, cheminant vers la Demeure de l’Au-delà, doit percevoir dans chacun des états (même matériels), ses parts spirituelles et ne pas négliger de se rappeler son Retour.

    • -B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    1-Les 3 principaux niveaux du développement de l’âme humain

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration, nous avons entamé la seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière avec en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification. Et maintenant, en second lieu, nous allons aborder la question des vêtements.

    L’âme humaine parlante est une réalité qui a plusieurs développements (nasha’ât) dans l’unité en soi et dans la simplicité parfaite. De façon générale, ses parties principales sont au nombre de trois :

    1-le développement de ce monde ici-bas [matériel] apparent (an-nasha’at al-mulkiyah ad-dunyawiyah) où elle se manifeste par les sens apparents et son écorce inférieure est le corps de ce monde [matériel] ;

    2-le développement intermédiaire [formel] (annasha’at al-barzakhiyah) où elle se manifeste par les sens intérieurs, le corps « intermédiaire » et les moules des formes premières (mithâl) ;

    3-le développement caché [formel] intérieur (annasha’at al-ghaybiyah) où sa manifestation est le cœur et les affaires du cœur.

    Le rapport entre tous ces niveaux est de l’ordre de l’apparence et de l’intérieur, du manifestant et du manifesté. De ce point de vue, les effets, les particularités, les réactions circulent d’un niveau à un autre.

    ► Par exemple, la vision de quelque chose [par les yeux] provoque des effets au niveau de la vision « intermédiaire » correspondant à ce monde, qui, à leur tour, provoquent des effets au niveau de la vision intérieure, au niveau du cœur correspondant à ce monde. Et de même, les effets au niveau du cœur apparaissent dans les deux autres développements.

    C’est pourquoi l’ensemble des règles de conduite formelles, légales [de la législation divine], ont un effet, même des effets, dans le for intérieur.

    Ainsi, toute belle morale (qui relève du monde intermédiaire de l’âme) a des effets au niveau de l’apparent et de l’intérieur ; il en est de même pour toute connaissance divine et croyance juste qui a des effets dans les deux mondes intermédiaire et apparent.

    ► Par exemple, le fait de croire que Celui qui agit dans la royauté de l’existence et dans les mondes du caché (al-ghayb) et du manifeste, est Dieu (qu’Il soit Exalté) et qu’il n’y a d’agissement pour les autres qu’avec l’autorisation [de Dieu] et dans [Son] Ombre, entraine beaucoup de perfections au niveau de l’âme et de la morale humaine vertueuse, comme le fait de compter sur Dieu, de s’appuyer sur Lui, et de se couper de toute avidité de ce qu’il y a chez les créatures (le créé) (ce qui est la mère des perfections) ; il implique beaucoup d’actes vertueux et de bons actes, ainsi que l’abandon de beaucoup de laideurs.

    Il en est ainsi de même pour l’ensemble des connaissances dont l’énumération ainsi que celle de ses effets dépassent les limites de ces pages et les capacités de la plume cassée de l’écrivain. (…)

    ► Par exemple, le trait de caractère de la satisfaction (ar-ridâ), qui fait partie de la morale humaine de perfection. Il a beaucoup d’effets au niveau de la purification de l’âme. Par elle, le cœur devient une source pour les manifestations particulières de Dieu et amène la foi à sa perfection, la perfection de la foi à l’assurance/tranquillité, l’assurance/tranquillité à sa perfection, la perfection de l’assurance/tranquillité à la vision, la vision à sa perfection, la perfection de la vision à l’amour ardent, l’amour ardent à sa perfection, la perfection de l’amour ardent au désir, le désir à sa perfection, la perfection du désir à l’union, l’union à sa perfection et il [ce trait de caractère] s’élève ainsi à un niveau que mon imagination et ton imagination ne peuvent concevoir. Il a une influence étrange dans le monde du corps, des traces et des actes formels qui sont les branches et les feuilles de cet arbre. L’ouïe, la vue et l’ensemble des forces et des membres deviennent alors divins, et alors apparait le secret de « Je suis Son Ouïe et Sa Vue. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (1))

     

    Toute âme humaine a trois principaux niveaux de développement qui ont un rapport et des effets entre eux qui sont de l’ordre de l’apparent et de l’intérieur.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Du critère pour le choix des vêtements

    Nous avons vu la dernière fois comment l’âme humaine parlante est une vérité une, simple avec plusieurs « développements » (nasha’at) et qu’il y a pour l’intérieur des effets dans l’apparence et pour l’apparence des effets dans l’intérieur.

    Ainsi la forme de l’apparence et l’ensemble des mouvements et du repos (habituels ou non), ainsi que l’ensemble des choses délaissées peuvent avoir des effets étranges dans ces niveaux, au point que le cheminant peut tomber des cimes les plus élevées au niveau le plus bas, par un seul regard méprisant sur un des serviteurs/adorateurs de Dieu, chute qu’il ne peut rattraper pendant de longues années.

    De ce point de vue, l’homme doit faire attention aux vêtements de notoriété, même, de façon absolue, à marcher différemment des habitudes et de ce qui est connu. De même, il doit prendre garde aux vêtements de luxe, au tissu et au genre coûteux, avec une forme et une couture attirant les regards et faisant pointer du doigt. Nos cœurs étant faibles et instables de façon remarquable, il suffit d’une distinction ou d’une détermination pour qu’ils dérapent et dévient de la pondération.

    Ainsi, il peut arriver qu’un homme – cet homme misérable, faible, dénué de l’ensemble des niveaux de dignité et d’humanité, de noblesse d’âme et de perfection humaine – se mette à regarder les serviteurs de Dieu avec un regard de mépris, d’orgueil ou de coquetterie et ne voir aucune valeur en quiconque, à cause d’un morceau de tissu de quelques coudées, en soie ou en laine, qu’il a fait coudre en imitant les étrangers ou qu’il a obtenu en échange de son honneur et de sa fierté. Et cela ne provient que de l’extrême faiblesse de son âme et du peu de sa préparation, de sorte qu’il s’imagine que le port des excédents d’un ver à soie ou de la peau d’un mouton implique la considération et le respect.

    Ô homme malheureux, comme tu es une faible créature démunie ! Alors que tu as été créé pour être l’honneur du monde de la contingence et la quintessence de l’Univers et de l’Endroit ! Tu es le fils d’Adam, ton importance est d’être l’instruit et l’instructeur des Noms et des Attributs. Tu es le fils du Lieutenant de Dieu et ton affaire estd’être les signes éclatants (on t’appelle de la partie la plus élevée du Trône) !

    Ô misérable, successeur peu vertueux ! Tu as usurpé une petite quantité d’excédents et des vêtements d’animaux et tu en es fier ! Cette fierté reviendrait plutôt au ver à soie, au mouton, au chameau, à l’écureuil ou au renard !

    Alors pourquoi t’enorgueillir de vêtements qui sont autres que toi, te faire choyer par ce qui est une fierté pour eux ?

    Comme le tissu du vêtement a des effets sur les âmes, il en est de même pour sa sorte, sa cherté, sa parure. A ce sujet, le Prince des croyants(p) disait, comme il est rapporté dans al-Qutb ar-Rawândî : « Il est inévitable que celui qui porte le vêtement des gens élevés, s’en enorgueillisse et il est inévitable que celui qui s’enorgueillit aille au Feu [en Enfer]. »

    Il en est de même pour son aspect extérieur, sa coupe et sa couture. Tout cela a des effets.

    En imitant les vêtements des étrangers, une personne peut devenir fanatique d’eux d’une façon ignorante, prendre en aversion les Proches Elus de Dieu et Son Messager, et aimer les ennemis de Dieu et ceux de Son Messager.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) rapporte que Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) a inspiré à l’un de Ses proches Elus : « Dis aux croyants de ne pas se vêtir des vêtements de Mes ennemis, de ne pas manger comme Mes ennemis, de ne pas marcher comme Mes ennemis, car vous deviendrez Mes ennemis comme ils sont Mes ennemis. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (2))*

                                                                                                                                                                          

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    3-A propos du port de vêtements usés

    Les vêtements ont aussi des effets sur l’âme (à cause de sa faiblesse et des ruses du shaytân), même ceux qui sont simples, usés..

    Aussi est-il nécessaire pour l’homme qui recherche la Vérité et l’élévation spirituelle, de faire attention à ce que le tissu et la forme du vêtement choisi n’aient pas une mauvaise influence sur son esprit, qu’ils ne fassent pas sortir son cœur de sa stabilité, qu’ils ne le rendent pas négligent par rapport à Dieu et tourné vers ce monde-ci.

    Mais que l’homme ne s’imagine pas que les séductions trompeuses du shaytân et les tricheries de l’âme incitatrice au mal se limitent aux vêtements somptueux, luxueux ou aux embellissements et aux parures. Elles concernent aussi les vêtements usés qui n’ont aucune valeur. Peut-être même que l’homme peut chuter du degré de la considération.

    Tout comme les vêtements somptueux ont des effets sur les âmes, les vêtements très médiocres, du point de vue de la qualité du tissu et du genre ou du point de vue de la forme et de son aspect, ont des effets sur les âmes. Et ils peuvent même provoquer une corruption plus grande parce que l’âme a des ruses très précises.

    Il suffit que le pèlerin se voit différent des autres parce qu’il porte un vêtement rugueux, d’une étoffe grossière alors qu’il voit les autres gens porter des vêtements souples et légers. Il néglige ses défauts à cause de l’amour pour son âme. Il considère cet ordre accidentel, qui n’a aucun rapport avec lui, comme une raison pour s’enorgueillir. Peut-être même est-il satisfait de lui-même et se voit-il supérieur aux serviteurs de Dieu, allant jusqu’à considérer les autres comme éloignés de la place de la Sainte Vérité (Dieu), et se voir lui-même parmi les proches, l’élite des serviteurs de Dieu. Et peut-être va-t-il être éprouvé par l’ostentation et d’autres corruptions grandioses.

    En se vêtant d’un vêtement rugueux et usé, ce pauvre malheureux s’est persuadé [détenir] l’ensemble des niveaux de la connaissance, de la piété et des perfections de l’âme ! Et il néglige mille de ses défauts dont le plus grand est celui auquel il est arrivé du fait d’un mauvais effet de ce vêtement.

    Il se croit parmi les gens de Dieu et considère les adorateurs/serviteurs comme n’étant rien, sans aucune valeur, alors qu’il fait partie, en fait, des disciples du démon.

    De même, la forme du vêtement, son modèle ont des effets de sorte que cet homme sera peut-être éprouvé par de nombreuses corruptions comme faire du vêtement un moyen d’apparaître comme un ascète ou un saint.

    Dans la mesure où nos cœurs, à nous les malheureux, sont faibles, impotents, semblables au saule balloté par une légère brise et qui manque de stabilité, il nous faut surveiller les états du cœur, même dans les choses ordinaires et entre autres dans le choix des vêtements, observer ses états et le sauvegarder. Dans la mesure où les âmes et le shaytân ont de solides cordes, des séductions trompeuses très précises et une maîtrise de cela au-dessus de nos capacités, il nous faut les affronter en fonction de nos forces et de nos capacités et demander la réussite et le soutien de Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Le vêtement de notoriété, du point de vue de l’excès, dans un sens ou dans l’autre, est quelque chose qui ébranle les cœurs faibles, les dépouille des qualités morales, peut entraîner le contentement de soi, l’ostentation et l’orgueil (qui sont les mères des vices (de l’âme)). Même ! Il fait que l’on se fie à ce monde, que le cœur s’attache à ce monde, ce qui est le summum de tous les défauts et la source de l’ensemble des vices.

    Parmi les hadiths concernant ce point, on peut citer ceux du Messager de Dieu(s) et de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Dieu déteste la notoriété des vêtements. »

    « La notoriété, en bien ou en mal, va dans le Feu. »

    «Dieu déteste deux notoriétés, celle des vêtements et celle de la prière.» (de l’Imâm as-Sâdeq(p), al-Kâfî)

    « Dieu revêt celui qui porte des vêtements de notoriété en ce monde, du vêtement de l’humiliation le Jour du Jugement Dernier. » (du Messager de Dieu(s))

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (3))

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements du prieur

    1 – Secret de leur pureté (1)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant les vêtements en général, voici celles concernant les vêtements portés lors de la prière, de façon spécifique.

    La prière est la station de l’ascension vers la station de la Proximité et de la Présence de la Familiarité/Intimité. Le pèlerin doit y observer les règles de la Présence.

    Dans la mesure où le plus bas des niveaux et des étapes de l’apparition de l’âme (qui est l’écorce de l’écorce et le corps formel matériel) à celui de la plus haute de ses stations ou vérités (qui est le cœur des cœurs et la station du secret du cœur) sont présents à l’Endroit sacré de la Présence divine, le pèlerin doit chercher, en l’Endroit de la Présence de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté), à présenter l’ensemble des soldats intérieurs et apparents au Détenteur du secret et du manifeste et à amener l’ensemble des Dépôts que Dieu (qu’Il soit Glorifié) lui a donnés par la Main de la puissance de la Beauté et de la Majesté, dans un état de parfaites pureté et limpidité, sans interférence d’aucun des existants, pour les lui rendre comme Il (qu’Il soit Glorifié) les lui a donnés.

    Il y a dans les règles de Présence, beaucoup de dangers qu’il n’est pas permis au pèlerin de négliger une seconde. Le pèlerin doit faire de la pureté du vêtement, qui est le voile de l’écorce, même de l’écorce de l’écorce, un moyen pour la purification des vêtements intérieurs. Comme ce vêtement formel (le vêtement pour le corps de ce monde [matériel]) est un voile, le corps lui-même est un voile pour le corps « intermédiaire » (barzakhî) qui est présent actuellement même s’il est dans le voile du corps de ce monde. Le corps « intermédiaire » (barzakhî) est un voile et un vêtement pour l’âme qui est un voile pour le cœur qui, à son tour, est un voile pour l’esprit ; et l’esprit est un voile pour le secret qui le voile de la subtilité cachée vers ces autres niveaux..

    Chaque niveau inférieur est un voile pour le niveau supérieur et pour l’ensemble de ces niveaux, même s’ils ne sont présents que dans l’élite des gens de Dieu, le reste des gens en étant privés. Mais dans la mesure où certains niveaux sont présents chez tout le monde, nous les indiquons ici.

    La forme de la prière ne se réalise pas sans la purification des vêtements et du corps, car les saletés sont les souillures du shaytân et éloignent de l’Endroit de la Présence de la Miséricorde.

    Elles sont des obstacles et empêchent l’accès à la station de la Familiarité/Intimité.

    De même, les saletés des actes de désobéissance et de rébellion contre Dieu – qui proviennent des agissements du shaytân, des souillures et des saletés de cet immonde – font partie des impuretés [qui empêchent] l’accès à l’Endroit de la Présence.

    Celui qui est revêtu d’actes de désobéissance, a sali le voile du corps « intermédiaire » et il est impossible, avec ces impuretés, de se rendre à l’Endroit de la Présence de Dieu.

    La purification de ce vêtement est l’une des conditions de la réalisation et de la justesse de la prière intérieure.

    Tant que l’individu est dans le voile du monde ici-bas, il n’a pas connaissance de ce corps caché (ghaybi), de la purification et de la saleté de son vêtement, ni de la condition de la pureté et de l’interdiction de l’impureté en elle.

    Mais s’il sort de ce voile et que l’autorité de l’Intérieur et le Jour du Rassemblement plient le tapis apparent de la différenciation, et que le soleil de la Vérité s’élève de derrière les voiles de ce monde obscur, la clairvoyance intérieure immatérielle (malakûtiyyah) s’ouvrira et la vision animale de ce monde se fermera.

    Il saura alors, de l’œil de la clairvoyance, que sa prière était tout le temps privée de la pureté et qu’elle était entourée de mille obstacles, chacun étant une cause indépendante pour l’éloigner de la Présence sacrée de Dieu.

    Malheureusement, il n’y aura plus en ce jour de moyen pour y remédier ni d’astuce pour l’être humain. La seule chose qui lui restera alors, ce sera les soupirs et les regrets, des regrets sans fin, des soupirs incessants. {Et avertis les du Jour du Soupir de regret, quand l’ordre sera décrété.} (39/19 Maryam) (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (1))

    La purification des vêtements de la prière, condition de la justesse de la prière, est aussi un moyen pour la purification des vêtements intérieurs..

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements du prieur

    2 – Secret de leur pureté (2)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant les vêtements en général, voici celles concernant, de façon spécifique, les vêtements portés lors de la prière.

    La réalisation de la pureté du vêtement intérieur entraîne la pureté du corps immatériel (malakûtî) des souillures du shaytân c’est-à-dire la purification des souillures du mauvais comportement dont chacune d’entre elles pollue l’intérieur et éloigne l’homme (de l’Endroit) de la

    Présence et le chasse du tapis de la Proximité de Dieu. Quand l’homme a fini de se purifier de cette purification en purifiant le vêtement de la piété avec de l’eau du repentir sincère et de la « gymnastique » légale, il doit s’occuper à purifier le cœur qui est lui le voile véritable.

    Et c’est là que les agissements du shaytân sont plus nombreux et que ses souillures circulent vers les autres vêtements et voiles. Et les autres puretés ne seront jamais facilitées tant que le cœur ne sera pas purifié.

    Et pour le purifier, il y a différents niveaux. Voici deux exemples.

    ►1) La purification de l’amour pour ce monde

    L’amour pour ce monde est à la tête de toutes les fautes et l’origine de l’ensemble des corruptions.

    Tant que cet amour est présent dans le cœur de l’homme, l’accès à l’Endroit de la Présence de Dieu ne lui sera pas facilité. En présence de cette souillure, l’Amour divin (qui est la mère de toutes les puretés) ne se réalise pas. Le Livre de Dieu, les recommandations des Prophètes et des Proches-Elus(p), et plus particulièrement du Prince des croyants(p) ont porté un grand intérêt à l’abandon de ce monde, à son détachement et à son rejet. Cela fait partie des vérités de la pureté.

    Cette étape de purification n’est atteinte que par le savoir profitable, les gymnastiques assidues du cœur, la réflexion soutenue sur l’Origine et la Résurrection et l’occupation du cœur à considérer le déclin et la destruction de ce monde et de la noblesse des mondes des mystères et de leur bonheur. « Dieu fait miséricorde à l’homme qui sait d’où [il vient], où [il est] et vers où [il va]. »

    ►2) La purification du fait de compter sur les créatures

    Le fait de compter sur les créatures est un associationnisme dissimulé. Pour les gnostiques, il est un associationnisme manifeste !

    Cette purification est atteinte par l’Unicité au niveau des Actes de Dieu (tawhîd fa‘lî) (qu’Il soit

    Magnifié et Exalté). Elle est la source de toutes les puretés du cœur.

    Selon les convictions de l’auteur [l’Imâm Khomeynî(qs)], l’ensemble des sciences sont pratiques, même le savoir de l’Unicité. (On peut le déduire de la forme du mot « tawhîd » qui exprime un nom d’action selon la forme « taf ‘îl », l’Unicité exprimant le déplacement de la multiplicité vers l’Unité, la disparition des aspects de la multiplicité dans le Tout-même (en soi).)

    Mais ici, le simple savoir démonstratif et la réflexion sur l’Unicité au niveau des Actes ne donnent pas le résultat voulu. Même ! Beaucoup s’occuper de sciences démonstratives peut être cause d’assombrissement et d’opacité du cœur et empêcher l’homme d’atteindre le But élevé !

    Il est dit, à ce propos : « Le savoir est le voile le plus grand. »

    Pour que la réalité de l’Unicité se réalise, il faut éveiller l’attention du cœur, par la gymnastique du cœur et l’orientation instinctive vers le Maître des cœurs, sur ce que la démonstration lui apporte : « Pas d’ascendant dans l’existence autre que Dieu. » Cela est l’un des sens de « Pas de divinité autre que Dieu. » Par la bénédiction de cette démonstration, nous coupons la main de l’agissement des existants loin de la Place de l’Orgueil de l’Existence et nous ramenons le Royaume des mondes et de ce monde à leur Détenteur. Nous faisons apparaître la réalité de :

    {Est à Lui ce qui est dans les cieux et dans/sur la terre.} (171/4 Les Femmes) ; {Qui a entre Ses Mains le royaume de toute chose.}(88/23 Les Croyants) ; {Lui qui est dans les cieux une Divinité et sur terre une Divinité.}(84/43 L’Ornement)

    Si cette démonstration n’atteint pas le cœur et ne devient pas une image intérieure du cœur, nous ne dépassons pas la limite du savoir vers celle de la foi et nous ne bénéficions d’aucune portion de la lumière de la foi qui illumine la royauté de l’intérieur et de l’apparence.

    Nous battons du tambour : « Pas d’ascendant dans l’existence autre que Dieu. » et en même temps, nous étendons l’œil de l’ambition et la main de la demande vers Celui qui en est digne et celui qui n’en est pas. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (2))

    De la purification du vêtement à celle du cœur, notamment de l’amour de ce monde et le fait de compter sur les créatures. Et à ce niveau, le savoir ne suffit pas. Il faut éveiller le cœur, lui faire faire des exercices et l’orienter vers Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (1)

    Arrive le passage à l’étape supérieure pour le pèlerin vers Dieu, le connaisseur de Dieu, peut-être difficile à comprendre pour d’autres. Cette page reste une indication et un encouragement à continuer dans le cheminement vers Dieu.

    Ainsi le pèlerin se voit présent en la Présence de Dieu Tout-Puissant ; même il trouve son intérieur, son apparence, son secret, ce qui est public, être la Présence en soi, comme il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « L’esprit du croyant est plus fortement lié à l’Esprit de Dieu que le contact des rayons du soleil au soleil. » (al-Kâfî et at-Tawhîd)

    Même ! il est prouvé d’une preuve solide, dans les sciences élevées, que l’ensemble des cercles de l’existence, du plus haut degré du caché (ghayb) à la plus basse demeure de la vision, est l’attachement en soi, le pur lien et l’indigence à l’Eternel absolu (que Sa Grandeur soit magnifiée). Et peut-être, le verset suivant indique ce sens : {Ô vous les gens, vous êtes les indigents de Dieu et Dieu est, Lui, le Riche, le Digne de Louanges.}(15/35 Le Créateur)

    Ainsi, si un existant de parmi les existants n’avait pas, le temps d’un instant, lors d’un état des états, ou selon un des égards, un attachement avec la sainte Puissance Seigneuriale, il sortirait de la situation de la contingence en soi et de l’indigence et entrerait dans l’enceinte de l’Obligation en soi et du Riche.

    Et le connaisseur de Dieu, le pèlerin vers Lui doit inscrire cette démonstration, cette vérité, ce mot spirituel divin sur le tableau de son cœur par l’intermédiaire de la gymnastique du cœur et la sortir de la limite de la raison vers la limite des connaissances spirituelles, jusqu’à ce que la vérité et la lumière de la foi se manifestent dans son cœur.

    Car les détenteurs des cœurs et les gens de Dieu se déplacent de la limite de la foi à la demeure du dévoilement et de la vision. Et il [peut] y arriver par l’effort assidu et l’isolement avec Dieu et le désir de Dieu, comme [on peut le voir] dans « Misbâh ash-Sharî‘at » (Le Flambeau de la Législation) de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Le connaisseur a sa personne avec les créatures et son cœur avec Dieu. Si son cœur était distrait de Dieu le temps d’un clin d’œil, il mourrait par désir de Lui. Le gnostique est le fidèle et le dépôt de Dieu, le trésor de Ses Secrets, la source de Sa Lumière, la preuve de Sa Miséricorde envers Ses créatures, les porteurs de Ses Sciences, la mesure de Ses Faveurs et de Sa Justice. Il est riche des créatures, du voulu et de ce monde ici-bas. Il n’a de parole, de signe, de souffle que par Dieu, pour Dieu, de Dieu, avec Dieu. »

       (N°96 p211)

    En résumé, si le pèlerin se voit dans l’ensemble de ses affaires, la Présence en soi recouvrant l’ensemble de ses « parties intimes », apparentes et intérieures, il aura préservé la Présence et les règles de la Présence de la Vérité (Dieu).

    Et cela parce qu’il aura trouvé que mettre à découvert les « parties intimes » intérieures en la Présence de la Vérité (Dieu) est plus laid et plus déshonorant que de mettre à découvert les « parties intimes » apparentes, en fonction de ce propos rapporté : « Dieu ne regarde pas votre forme mais Il regarde vos cœurs ». Et les « parties intimes » intérieures sont les actes moraux blâmables, les mauvaises habitudes, le mauvais caractère qui font tomber l’individu de la bienséance de la Présence et des règles de la Présence. Et ceci est le premier niveau du déchirement des voiles et du découvrement des « parties intimes ».

    Que l’individu sache que s’il ne se couvre pas lui-même du voile de l’Attribut du Couvrement de Dieu (qu’Il soit Exalté) et de Son Pardon, et s’il ne se trouve pas sous le Nom de Celui qui couvre et de Celui qui pardonne, avec la demande du pardon et du couvrement, alors, il est possible que, quand se pliera ce qui couvre le monde et se lèvera le voile de ce monde, ses voiles se déchireront en l’Endroit de la présence des Anges proches et des Prophètes envoyés(p). Et nul ne connait la laideur et l’avilissement du découvrement de ces « parties intimes » intérieures autre que

    Dieu.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (1))

     

    Tout comme les «parties intimes» doivent être dissimulées, le pèlerin vers Dieu doit couvrir ses «parties intimes» intérieures (les actes moraux blâmables) du voile de l’Attribut du Couvrement de Dieu et de Son Pardon.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE celles se rapportant aux les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (2)

    Pour nous aider à comprendre la nécessité de nous purifier au niveau du coeur et mieux

    nous convaincre, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous parle de la réalité de l’Au-delà.

    Ne compare pas les situations du monde de l’Au-delà à ce monde, car le monde n’est pas assez large pour faire apparaître un seul des bienfaits de cet autre monde ou un seul de ses châtiments. Ce monde, avec l’étendue de ses cieux et de ses mondes, n’est pas assez large pour l’apparition d’un des voiles du monde immatériel (malakûtî) inférieur qui est en résumé le monde de la tombe. Alors que dire du monde immatériel (malakûtî) supérieur dont le monde du Dressement (le Jour du Jugement

    Dernier) est un de ses exemples !

    Sheikh ash-Shahîd ath-Thânî(qs) a rapporté, d’as-Saddîqat al-Kubrâ

    (Fâtimah az-Zahrâ)(p) dans son « Muniyat al-Murîd », un propos détaillé : « J’ai entendu mon

    Père(s) dire : « Quand les savants de nos partisans se rassembleront, ils se vêtiront d’habits de noblesse à la mesure de la multitude de leurs savoirs et de leur sérieux dans la prédication des serviteurs de Dieu, au point qu’un seul d’entre eux sera vêtu d’un million d’habits de lumière.. » Puis elle(p) ajouta :

    « Un fil de ces habits est meilleur que ce sur quoi le soleil s’est levé un million de fois. » » Cela si l’on

    considère Ses Bienfaits.

    Quant à Son Châtiment, al-Fayd (que Dieu lui fasse Miséricorde) a rapporté dans son « ‘Ilm al-Yaqîn » du regretté Sheikh Sadûq, de sa chaîne de transmission, remontant à l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    «L’Ange Gabriel(p) dit au Messager de Dieu(s) : « Si un anneau de la chaîne [de l’Enfer] dont la longueur est de 70 coudées est posé sur le monde ici-bas, ce dernier fondrait à cause de sa chaleur ; et si une goutte de son « zaqûm » [arbre en Enfer] et de son épine tombait sur l’eau des habitants de ce monde, ces derniers mourraient de sa puanteur. » (Que Dieu nous préserve du Courroux du Tout-Miséricordieux).

    C’est pourquoi le pèlerin vers Dieu doit transformer ses défauts et sa mauvaise morale en qualités de perfection et faire disparaître dans la mer des Attributs de Perfection de Dieu, cette mer agitée infinie ; il doit changer la terre sombre satanique par une terre blanche lumineuse et trouver en lui-même que {la terre s’est illuminée de la Lumière de son Seigneur} (69/39 Les Groupes) et réaliser, dans le royaume de son existence, la station des Noms de la Beauté et de la Majesté de la sainte Essence.

    Alors, dans cette station, il tombe dans le voile de la Beauté et de la Majesté et s’affuble de la Morale de Dieu, et il couvre totalement les laideurs des déterminations de l’âme et les ténèbres illusoires. Si cette station est réalisée, il devient source des providences particulières de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée) et Dieu le soutient de Sa Bonté cachée particulière et le couvre du voile de Son Orgueil, de sorte que personne autre que Lui ne le connait et lui-même ne connait personne autre que Dieu. « Mes Proches-Elus sont sous Mes Coupes, personne ne les connait autre que Moi. » Dans le saint Livre divin, il y a de nombreuses allusions à ces personnes concernés : {Dieu est le Maître de ceux qui croient. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière.}(257/2 La Vache)

    Les gens de la connaissance et les détenteurs devanciers du Bien savent que l’ensemble des déterminations de la création et les multitudes déterminées sont des ténèbres. Et la lumière absolue n’est atteinte qu’avec la suppression des ajouts et l’annulation des déterminations qui sont les idoles du chemin du pèlerin. Si les ténèbres des multitudes au niveau des actes et des qualifications se dissipent et disparaissent dans le groupement en soi, alors l’ensemble des « parties intimes » sont recouvertes et la présence absolue et l’arrivée totale se réalisent.

    Comme il est couvert par Dieu dans cette station, le prieur prie de la prière de Dieu et peut-être que la prière de l’ascension du dernier des Messagers(s) était de cette façon dans certaines stations et degrés.

    Dieu seul le sait.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (2))

     

    Il est nécessaire de transformer ses défauts et sa mauvaise morale en qualités de perfection avant l’Au-delà qui est incomparable à ce monde.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (3)

    En corrélation à ce chapitre, l’Imâm Khomeynî(qs) évoque un noble hadîth de l’Imâm

    as-Sâdeq(p) tiré de «Misbâh ash-Sharî‘at» (Le Flambeau de la Législation) à propos du vêtement. Les notes de l’Imâm sont indiquées en bas de page.

    « Pour les croyants, le plus beau vêtement est celui de la piété et le meilleur celui de la foi. Dieu Tout-Puissant dit : {Et l’habit de la piété, cela est meilleur.} (26/7 al-a‘râf)

    Quant au vêtement apparent, c’est un Bienfait de Dieu. Il couvre les « parties intimes » de Bani Adam. C’est un honneur que Dieu a octroyé à Ses serviteurs de la descendance d’Adam et Il ne l’a octroyé à personne d’autres.

    Il est pour les croyants un moyen pour accomplir ce que Dieu leur a imposé.

    Et le meilleur de tes vêtements est celui qui ne te détourne pas de Dieu Tout- Puissant. Même ! Celui qui t’amène à Le remercier, à L’évoquer, à Lui obéir (1) ; celui qui ne te pousse pas à l’infatuation, à l’ostentation, à l’embellissement, à la fierté ou à l’arrogance car ils sont des vices de la religion et ils amènent à la dureté du cœur.

    Aussi, quand tu mets tes vêtements, évoque le Voile de Dieu (sur toi) [étendu] sur tes péchés par Sa Miséricorde, et habille ton intérieur de la sincérité comme tu as revêtu ton apparence de tes vêtements, afin que ton intérieur soit dans le voile de la crainte et ton apparence dans le voile de l’obéissance.

    Prends en considération la Faveur de Dieu Tout-Puissant dans le fait qu’Il a créé les moyens de te vêtir pour recouvrir tes « parties intimes » (2), qu’Il a ouvert les portes du repentir et du retour [à Lui] pour couvrir les « parties intimes » intérieures des péchés et la mauvaise morale.

    Et ne déshonore personne [en dévoilant quelque chose de honteux le concernant] dans la mesure où Dieu couvre pour toi [des choses] plus grandioses.

    Occupe-toi de tes défauts (3) et éloigne-toi de ce qui ne te regarde pas.

    Prends garde à ne pas passer toute ta vie (« ton âge ») à travailler pour autre que toi et qu’autre que toi fasse du commerce avec ton capital et que tu te mènes toi-même à ta propre perte !

    Parce que l’oubli des péchés fait partie de la plus grandiose punition de Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’immédiat et de la cause la plus abondante pour les punitions dans l’Au-delà.

    Tant que le serviteur est occupé à obéir à Dieu (qu’Il soit Exalté), à connaître ses propres défauts, à abandonner ce qui rend hideux (déshonorant) dans la Religion de Dieu, il est à l’écart des défauts.

    Plongé dans la Miséricorde de Dieu Tout-Puissant, il gagne les joyaux des profits de la Sagesse et de l’Evidence.

    Et tant qu’il est en train d’oublier ses péchés, d’ignorer ses défauts, de compter sur sa force et sa puissance, il ne sera jamais heureux.»

    (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°7 p29)

    (1)Alors, il te faut éviter le tissu et la forme du vêtement qui entraînent la négligence et l’éloignement de l’endroit sacré de Dieu et savoir qu’il y a, dans les vêtements, même dans l’ensemble des habitudes, des choses qui poussent l’homme à négliger Dieu et à s’occuper de ce monde, qui provoquent de mauvais e_ets dans son cœur faible et le mettent à l’épreuve par l’infatuation, l’ostentation, la vantardise et l’orgueil.

    (2)Dans la mesure où Il (qu’il soit Exalté) t’a donné le vêtement apparent pour couvrir tes « parties intimes » apparentes.

    (3) pour que s’ouvre pour toi la porte de la réforme.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (3))

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière

    Le pèlerin vers Dieu, selon le développement (an-nasha’at) existentiel, a des lieux et pour chacun d’entre eux, il y a des règles de conduite particulières que le pèlerin doit suivre pour atteindre la prière des gens de connaissance.

    La première station

    Qui est le développement naturel et le niveau apparent du monde ici-bas. Son lieu est la terre naturelle. Le Messager de Dieu(s) dit : « La terre a été rendue pour moi lieu de prosternation et purifiante. »

    La règle de conduite du pèlerin à ce niveau est qu’il doit faire comprendre à son cœur que sa descente du développement caché (an-nasha’at al-ghaybiyyah), la chute de son âme de la place la plus élevée sur la terre la plus basse de la nature et son renvoi de la forme la plus parfaite au niveau le plus bas ont lieu pour son comportement volontaire vers Dieu, sa montée vers l’ascension de la Proximité et son arrivée à l’Esplanade de Dieu et au voisinage de la Seigneurie, qui est le But de la création et le Terme de la destination des gens de Dieu. « Que Dieu fasse miséricorde à celui qui sait d’où il vient, où il est et où il va. »

    Le pèlerin doit savoir qu’il arrive de la demeure de la Générosité de Dieu et qu’il se trouve dans la

    Demeure de l’Adoration de Dieu et qu’il va bientôt se déplacer vers la Demeure de la Rétribution de

    Dieu, en provenance de Dieu, en Dieu, vers Dieu. Alors, il fait comprendre à son âme et goûter à son esprit que la demeure de la nature est la mosquée de l’adoration de Dieu et qu’il s’est avancé à ce développement en vue de ce But comme Dieu (que Sa Grandeur soit Magnifiée) dit : {Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent}.(56/51 adh-Dhâriyât)

    S’il trouve que la demeure de la nature est une mosquée pour l’adoration et s’y voit lui-même en retraite, il doit appliquer ses règles de conduite, s’abstenir d’évoquer autre que Dieu, ne sortir de la mosquée de la sujétion qu’à la mesure de ses besoins et y retourner, une fois le besoin satisfait ; ne pas se familiariser avec autre que Dieu et [ne pas laisser] son cœur s’accrocher à autre que Lui. Parce que tout cela est contraire aux règles de conduite de celui qui est en retraite à la porte de Dieu.

    Dans cette station, le connaisseur de Dieu a des états qu’il n’est pas juste de décrire ici.

    La deuxième station

    Q est celle des forces apparentes et intérieures qui sont les soldats matériels (mulkiyyah) et immatériels (malakûtiyyah) de l’âme.

    Son endroit est la terre de la nature de l’être humain, cet édifice, ce corps.

    Les règles de conduite que le pèlerin doit suivre dans cette station sont qu’il fasse comprendre au fond de son cœur que la terre de la nature de son âme est elle-même la mosquée de la Seigneurie, et l’endroit de la prosternation des soldats du Tout-Miséricordieux.

    Alors, qu’il ne la souille pas avec les saletés des agissements d’Iblis et qu’il ne place pas les soldats divins sous les agissements d’Iblis, pour que la terre de la nature rayonne de la lumière du Seigneur et sorte des ténèbres et de l’impureté de l’éloignement de la place seigneuriale.

    Alors, il voit ses forces matérielles (mulkiyyah) et immatérielles

    (malakûtiyyah) en retraite dans la mosquée du corps et il se comporte avec son corps comme s’il était une mosquée et il agit avec ses forces comme celui qui est en retraite dans l’Esplanade de Dieu..

    Les devoirs du pèlerin dans cette station sont plus nombreux parce que le nettoyage et la purification de la mosquée sont aussi à sa charge ainsi que l’éducation de ceux qui sont en retraite dans cette mosquée.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (1))

     

    Les règles de conduite sont de savoir que, venant de Dieu et retournant vers

    Lui par l’adoration, la nature est la Mosquée de Dieu pour la première station et que son corps et son âme le sont pour la deuxième.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière (2)

    Le pèlerin vers Dieu, selon le développement (an-nasha’at) existentiel, a des lieux et pour chacun d’entre eux, il y a des règles de conduite particulières que le pèlerin doit suivre. Après la 1e et la 2e stations, voici la troisième.

    La troisième station

    Q ui est le développement caché du cœur (an-nasha’at al-ghaybiyyah al-qalbiyyah) du pèlerin. Son endroit est le corps « intermédiaire » (barzakhî) caché de l’âme qui se forme à partir du développement de l’âme et de sa création.

    La règle de conduite que le pèlerin doit suivre dans cette station est de montrer (faire goûter) à son âme que la différence entre cette station et les autres stations est grande et que la sauvegarde de cette station fait partie des tâches du comportement.

    C’est le cœur qui est l’Imâm de ceux qui sont en retraite dans ce voisinage et sa corruption corrompt l’ensemble. « Si le savant est corrompu, le monde est corrompu. » Le cœur du savant est un petit monde et le savant est le cœur du grand monde.

    Dans cette station, les charges du pèlerin sont plus nombreuses que dans les deux précédentes parce qu’il est également chargé de construire la mosquée de lui-même.

    Et il est possible (que Dieu nous en préserve) que sa mosquée soit une mosquée de nuisance, d’incroyance et de division des Musulmans. Et il n’est pas permis d’adorer Dieu dans une telle mosquée. Même ! Il faut la détruire.

    Alors, si le pèlerin a fondé la mosquée immatérielle (malakûtiyyah) divine, des mains des agissements miséricordieux et des mains de la wilâyah, s’il a luimême purifié cette mosquée de l’ensemble des souillures et des agissements du diable et y a fait retraite, alors, il est nécessaire qu’il fasse de gros efforts pour faire sortir son âme de la retraite de la mosquée et pour lui faire faire retraite dans l’Esplanade du Propriétaire de la mosquée.

    S’il se purifie de l’attachement à l’âme et sort de l’entrave de l’égoïsme, alors il devient lui-même une demeure pour Dieu, même !, une mosquée pour la Seigneurie et Dieu se loue Luimême dans cette mosquée pour les Manifestations au niveau des Actes, ensuite des Noms ensuite de l’Essence. Et cette louange est la Prière du Seigneur qui dit :

    « Subbûh, Quddûs, rabbu-lmalâ’ikati wa-r-rûhi ! »

    « Très Glorifié, Très Saint, Seigneur des Anges et de l’Esprit ! »

    Dans l’ensemble de ces stations du cheminement, le pèlerin vers Dieu a d’autres charges ou devoirs qu’il n’a pas du tout le droit de négliger. Même ! Ces devoirs sont le but du cheminement et le cœur de son cœur.

    Il doit :

    • ne pas négliger l’évocation de Dieu dans l’ensemble des états et des stations ;
    • demander la connaissance de Dieu dans l’ensemble des rites et des actes d’adoration ;
    • demander Dieu dans l’ensemble des apparences ;
    • faire en sorte que les bienfaits et la noblesse ne l’éloignent pas de la compagnie [de Dieu] et de l’isolement [des gens] car c’est une sorte d’abandon progressif.

    En résumé, il voit que l’esprit, le fond (l’intérieur) des actes d’adoration et des rites est la connaissance de Dieu et il demande, en eux, l’Aimé. Peut-être que le maillon de l’amour et du fait d’être aimé se consolidera et qu’il deviendra une source des Providences cachées et des Allers et Retours secrets.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (2))

    Et les règles de conduite concernant la troisième station sont de construire la mosquée « malakûtiyyah » divine de lui-même et de la sauvegarder avec les actes d’adoration, la wilayah et la demande de Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière (3)

    Pour chaque lieu de prière il y a des règles de conduite particulières. Voici celles à suivre au moment d’entrer dans une mosquée, tirées d’un Hadîth du « Flambeau de la Loi révélée » (Misbâh ash-sharî‘at) de l’Imâm as-Sâdeq(p). Les commentaires de l’Imâm al-Khomeynî(qs) sont indiqués en bas de page.

    « Si tu as atteint la porte de la mosquée, alors sache que tu t’es dirigé vers la porte d’un Roi grandiose : ne foulent Son Tapis que les purifiés et ne sont autorisés à Son Assemblée que les sincères. Alors avance avec crainte sur le Tapis du service du Roi en Lui manifestant de la vénération car tu es dans un grand danger si tu ne fais pas attention.

    (1) Sache qu’Il peut faire ce qu’Il veut selon la justice et selon la faveur envers toi. Ainsi s’Il est Bon avec toi par Sa Miséricorde et Sa Faveur, Il accepte de toi le peu d’actes d’obéissance et te donne pour cela une grande récompense. S’Il te demande en fonction de ce que méritent la sincérité et l’intégrité, en toute justice, Il te voile et repousse tes actes d’obéissance même s’ils sont nombreux.

     

    (2) Car Il fait ce qu’Il veut.

    Alors, reconnais ton impuissance, tes manques, ta faillite, ton indigence devant Lui car tu t’es dirigé pour l’adoration et la familiarité avec Lui et expose-Lui tes secrets. Sache qu’aucun secret de l’ensemble des créatures ne Lui est caché ni rien de ce qui est public.

    Sois devant Lui comme le plus pauvre de Ses adorateurs et vide ton cœur de toute occupation qui te voile et t’éloigne de ton Seigneur

    (3) car Il n’accepte que des plus purs et des plus sincères.

    Regarde de quel registre ton nom va sortir. Si tu as goûté la douceur de

    Son Entretien intime et le délice de Sa Conversation et que tu as bu à la coupe de Sa Miséricorde et de Sa Noblesse, [il sort] de Son meilleur Accueil envers toi et de Sa meilleure Réception, alors tu es bon pour Son Service. Entre car tu as l’autorisation et la sécurité. Sinon

    (4) arrête-toi de l’arrêt de celui qui n’a plus aucun recours, qui n’a plus d’espoir, dont le terme [la mort] a été fixé.

    (5) Si Dieu Tout-Puissant sait de ton cœur

    (6) la sincérité de ton refuge auprès de Lui, Il te regardera avec un regard plein de Douceur, de Miséricorde et de Bonté et Il t’accordera le succès pour ce qu’Il aime et dont Il est Satisfait.(7) Car Il est Très Généreux, Il aime la noblesse pour Ses serviteurs qui ont besoin de Lui, qui brûlent à Sa porte pour demander Sa Satisfaction.

    Dieu Très-Elevé dit dans Son noble Livre : {N’est-ce pas Lui qui répond au nécessiteux quand il L’invoque et dissipe le mal ?} » (62/27 Le Fourmis) (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°12 p39)

     

    (1)Sache que tu es arrivé auprès d’une Autorité Grandiose. Personne ne pose le pied sur le tapis de Sa Proximité que s’il est pur et s’est purifié de l’ensemble des impuretés du monde de la nature et des souillures du shaytân. L’autorisation à Son Assemblée n’est donnée qu’à ceux qui avancent vers

    Lui avec sincérité, limpidité et pureté de l’ensemble des sortes d’associationnisme apparentes et intérieures. Alors place la Grandeur de la position, la Vénération, la Gloire, la Majesté divines devant tes yeux. Ensuite pose tes pieds en te dirigeant vers la Sainteté et le Tapis de la Familiarité.

    (2)Parce qu’ils n’ont aucune valeur.

    (3)Cette association avec autre que Lui est une souillure, de l’associationnisme.

    (4)Si tu n’as pas trouvé en toi ces états, alors arrête toi à la porte de Sa Miséricorde.

    (5)Son [ton] terme s’est approché.

    (6)Dieu (qu’Il soit Glorifié) voit en toi (en ton cœur) la sincérité, la pureté.

    (7)Dieu te soutient et te donne la réussite pour arriver à Sa Satisfaction.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (3))

    Entrer dans une mosquée c’est se diriger vers la porte d’un Roi Grandiose Qui accueille Son visiteur selon la sincérité de son refuge auprès de Lui.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES À LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    2 – Sur la licéité du lieu de prière

    Pour chaque niveau du lieu de prière et en fonction des stations et des développements de l’existence, il y a des règles de conduite particulières. Et avant tout, suivre les règles de sa licéité, pas uniquement celles apparentes définies par la législation islamique (Fiqh).

    Si le pèlerin vers Dieu a fait comprendre à son âme les niveaux du lieu en fonction des stations et des développements de l’existence, il doit s’efforcer à suivre les règles de sa licéité au niveau du coeur pour faire sortir la prière des agissements usurpateurs du vil Iblis.

    Alors, au premier niveau, il applique les règles formelles de la soumission [à Dieu] et tient ses engagements précédents pris dans le monde de l’atome (‘alim adh-dharr) et le Jour du Pacte (al-mîthâq). Il écarte la main des agissements d’Iblis loin du monde de sa nature jusqu’à ce qu’il lui arrive les allers et retours et l’amour avec le Propriétaire de la maison. Et que son comportement ne soit pas une usurpation dans le monde de la nature. ] Une personne des gens du « goût » a dit que le noble verset suivant

    – {Ô vous qui croyez, remplissez fidèlement vos engagements. Vous est permise la bête des troupeaux.} » (1/5 La Table servie) – signifie, selon le sens intérieur, que la licéité de la «bête du troupeau» dépend de la tenue des engagements de la Wilâyah.

    Et il est rapporté dans les hadiths que l’ensemble de la terre est à l’Imâm(p) et que ceux qui ne sont pas shiites l’usurpent. Et les gens de la connaissance voient le Maître de l’Ordre (le « Walî al-Amr ») comme le possesseur de l’ensemble des royaumes de l’existence et les degrés du caché (ghayb) et du manifeste, et personne ne peut y agir sans autorisation de l’Imâm. ] L’auteur dit qu’Iblis le maudit est l’ennemi de Dieu. Ses agissements et tout agissement « iblissien » dans le monde de la nature est injustice et usurpation. Si le pèlerin vers Dieu a fait sortir de lui les agissements de ce vil, son comportement sera un comportement miséricordieux, et il rendra licites et purs son lieu, ses vêtements, sa nourriture et son mariage. Mais à la mesure de ce qui tombe sous les agissements d’Iblis et sort de la licéité, il y a là de l’associationnisme avec le shaytân.

    Alors, si les membres apparents de l’homme tombent sous les agissements d’Iblis, ses membres deviennent « iblissiens » et il (l’homme) est un usurpateur du Royaume de Dieu.

    De même, la station en retraite des forces « malakûtiyyah » (immatérielles) dans la mosquée du corps est licite et juste si elles sont les forces des soldats miséricordieux. Sinon, elles sont les soldats d’Iblis et n’ont aucun droit d’agir dans le royaume du corps humain qui est la possession de Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Alors si la main des agissements du shaytân est coupée du royaume du cœur qui est une demeure particulière pour Dieu (qu’Il soit Exalté), et si l’homme a purifié son cœur pour les Manifestations de

    Dieu et qu’il n’appelle personne autre que Lui, il se dirige vers Lui (car si ce n’est pas Dieu, ce serait « l’Iblis » du chemin), les mosquées apparentes et intérieures lui sont licites ainsi que les endroits du monde matériels et immatériels (« malakûtî »), et sa prière est la prière des gens de la connaissance.

    Et de cette façon, la pureté de la mosquée devient également claire.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 2)

     

    Veiller à la licéité du lieu de prière au niveau du coeur, c’est avant tout le préserver des agissements du shaytân.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    1-Des degrés spirituels des gens de la vigilance (1)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant le lieu de la prière, nous allons aborder celles concernant les moments de la prière que Dieu a déterminés de façon spécifique. Il a donné rendez-vous à Ses créatures à des temps précis.

    Sache qu’en fonction de la force de leur connaissance de la Station sainte seigneuriale, et de leur désir de l’entretien avec le Créateur (que Son Nom soit Glorifié), les gens de la connaissance et les détenteurs de l’observation ont une observation des temps de la prière qui sont des moments fixés pour l’Entretien et le Rendez-vous de la Rencontre avec Dieu.

    Ceux qui sont attirés par la

    Beauté du Beau, ceux qui désirent le Bon éternel et qui en sont éperdument amoureux, ceux qui sont ivres de la coupe de l’amour, ceux qui sont frappés par la foudre de la coupe du « a lastu » ({Ne Suis-Je pas..})(1), ceux qui se sont débarrassés des univers, qui ont fermé les yeux sur l’ensemble des régions de l’existence et qui se sont accrochés à la Gloire de la Sainteté de la Beauté de Dieu, ceux-là sont toujours présents et ne sont pas éloignés du Rappel, de la pensée, de la vision et de l’observation, une seule seconde.

    Et ceux-là qui sont les détenteurs des connaissances et les gens des faveurs et des profits, les nobles d’âme, à la nature généreuse, ils ne choisissent rien d’autre que l’entretien intime avec Dieu. Ils ne demandent, dans l’isolement avec Dieu et dans l’entretien intime avec Lui, que Dieu même.

    Ils voient que la gloire, la noblesse, la faveur, la connaissance, tout cela ne se trouve que dans l’Evocation de Dieu et dans l’entretien intime avec Lui.

    Ceux-là, s’ils se tournent vers le monde et regardent les univers, leur orientation et leur regard vers cela, est un regard spirituel (‘irfâniyyah). Ils demandent Dieu dans le monde. Ils voient l’ensemble des existants comme un Eclat de Dieu, de la Beauté du Beau (« Je désire ardemment le monde en tant que l’univers tout entier est de Lui. », du poète Sa‘adî

    Shîrâzî).

    Ceux-là s’adonnent aux temps de la prière avec tout leur esprit et tout leur cœur. Ils attendent le moment de l’entretien avec Dieu.

    Ils se préparent et s’apprêtent au Rendez-vous avec Dieu. Leur cœur est présent et ils demandent de l’Endroit de la Présence, le

    Présent. Ils respectent l’Endroit de la Présence pour le Présent. Ils voient que l’assujettissement [à

    Dieu] est les allers et retours et la fréquentation avec la Perfection absolue. Leur désir ardent des actes d’adoration est de ce point de vue.

    Et ceux qui croient dans le mystère et dans le monde de l’Au-delà, qui désirent ardemment les Bénédictions de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée), qui n’échangent pas les Bienfaits éternels, paradisiaques, les délices et les félicités permanentes, éternelles, pour les parts des cercles de ce monde, les délices incomplets, temporaires, mélangés.

    Ceux-là, aussi, au moment des actes d’adoration qui sont les graines des Bienfaits de l’Au-delà, rendent présents leurs cœurs et se mettent à le faire [l’acte d’adoration] en étant réceptifs et avec un désir ardent. Ils attendent les moments de la prière car ils sont les moments de l’arrivée des résultats et de l’acquisition des réserves et ils ne préfèrent rien aux

    Bienfaits éternels.

    Ceux-là également, dans la mesure où leurs cœurs connaissent le monde des mystères et que leurs cœurs croient aux bienfaits éternels et aux délices permanents du monde de l’Au-delà, profitent de leur temps et ne le perdent pas.

    Ceux-là sont les détenteurs du Paradis, les seigneurs des Bienfaits.

    Ils y sont éternellement.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs), Maqâlat 2,

    Maqsad 4 Chap1-1)

    Notre attitude par rapport à cette question dépend essentiellement de la nature de notre relation avec Dieu. Il y a ceux qui s’adonnent aux temps de la prière avec tout leur esprit et tout leur cœur, en vue de la Rencontre avec

    Dieu et d’autres dans l’espoir d’obtenir les bienfaits éternels du Paradis.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

     

    Des règles de conduite concernant le moment

    1-Des degrés spirituels des gens de la vigilance (2)

    Que signifie que Dieu détermine des moments spécifiques pour la prière, qu’Il donne des rendez-vous à Ses créatures à des temps précis ? Que représentent ces moments pour nous ?

    Précédemment, ont été évoqués ces gens (cette élite) qui ont des délices dans leurs actes d’adoration mêmes, selon leurs niveaux et leurs connaissances. Ceux-là et d’autres qui n’ont pas été cités, ne vivent pas l’acte d’adoration comme une charge ni comme un devoir en cela, de façon absolue.

    Quant à nous, les malheureux, les éprouvés par les espoirs et les assurances, les enchaînés par les chaînes de la passion, des engouements, les plongés dans la mer houleuse obscure de la nature, dont l’odorat des âmes ne sent même pas la saveur de l’amour et du désir ardent, dont les cœurs n’ont pas goûté le délice de la spiritualité (‘irfân) et de la faveur, nous ne sommes pas des gens de la spiritualité et de la vision, ni des seigneurs de la foi et de l’assurance.

    Nous voyons les actes d’adoration divine comme un devoir et une charge, et l’entretien intime avec Celui qui satisfait les besoins comme un poids et une affectation.

    Nous ne comptons sur rien d’autre que sur ce monde qui est une mangeoire pour les animaux, et nous ne nous accrochons qu’à la demeure de la nature qui est le lieu de retraite des injustes.

    Les regards de nos cœurs ne voient pas la Beauté du Beau et le sens gustatif de nos esprits a délaissé la saveur de la spiritualité.

    Oui ! Le chef de la chaîne des gens de Dieu et l’élite des compagnons de l’amour et de la vérité [le Prophète

    Mohammed(s)] déclara : « J’ai passé la nuit chez mon Seigneur. Il me donne à manger et à boire. »

    Alors, ô Seigneur, quelles sont ces veillées nocturnes que

    Mohammed(s) avait avec Toi dans la demeure de l’isolement et de la familiarité ?

    Et quelles sont cette nourriture et cette boisson que Tu as fait goûter de Ta Main à cette noble existence, que Tu T’es choisie de parmi l’ensemble des mondes ?

    Quelle est l’importance de cet homme grandiose quand il dit : « J’ai avec Dieu un temps que ni un Ange de la Proximité ni un Prophète envoyé ne peuvent contenir. »

    Est-ce que ce temps est un temps de ce monde ici-bas et de l’Au-delà, ou est-il un temps de l’isolement dans la portée de deux arcs et dans le rejet des univers ?

    Le [Prophète] Moussa(p) jeûna durant quarante jours et est arrivé au Rendez-vous de Dieu. Dieu (qu’Il soit Exalté) dit : {..de sorte que le temps fixé par son Seigneur se termina au bout de quarante jours.}(142/7 al-A’râf )

    Avec cela, où sont ces temps fixés des Temps fixés « Mohammadiens » ? Et il n’y a aucun rapport entre lui et le temps « Ahmadiyen » !

    Le [Prophète] Moussa(p) a eu, durant le temps fixé, une conversation durant laquelle il est

    dit : {.. « retire tes sandales. »}

    (12/20 Tâ Hâ). Cela a été interprété comme étant l’amour des parents.

    Alors que le dernier des Messagers(s) a reçu l’ordre, dans son temps fixé [avec Dieu], d’aimer

    ‘Alî. Et au cœur de ce secret, il y un tison dont je ne divulgue rien.

    (A vous de lire le propos rapporté détaillé).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 –

    Maqsad 4 Chap1-2)

     

    Il est difficile, pour ceux qui ne voient la prière que comme une charge, d’imaginer ce que peut représenter le « temps » qu’avait le Messager de Dieu(s) avec son Seigneur.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    2-De l’observation du moment (1)

    Comment profiter de ces moments spécifiques que Dieu a réservés à la prière ? Voici quelques règles utiles à respecter pour faciliter la Rencontre avec Dieu.

    Profite du temps de l’entretien intime avec Dieu autant que cela t’est facilité et t’est possible et applique les règles de conduite au niveau du cœur.

    Fais comprendre à ton cœur que le fondement de la vie éternelle de l’Au-delà, la source des faveurs de l’âme, le capital des bénédictions infinies se situent dans les allers et retours, la familiarité et les entretiens intimes avec le Créateur.

    Et plus particulièrement, [ils se situent] dans la prière parce qu’elle est une pommade spirituelle qui a été préparée par les Mains de la Beauté et de la Majesté de Dieu, et qu’elle est le plus regroupant et le plus parfait de l’ensemble des actes d’adoration. Alors, à la mesure de tes possibilités, fais attention à ses moments et choisis le moment le plus favorable pour elle car il y a [en ses moments] une lumière qui n’est pas présente dans les autres moments.

    Diminue, durant [la prière] les occupations du cœur. Même !

    Mets-y un terme !

    Tu y arrives en découpant ton temps et en réservant pour la prière qui est chargée de réaliser ta vie éternelle, un temps particulier durant lequel tu n’as pas autre chose à faire et durant lequel ton cœur n’a pas d’autres attachements. Ne place pas ta prière en situation de concurrence avec d’autres choses afin que tu puisses reposer ton cœur et le rendre présent.

    Voici quelques propos rapportés sur les états [d’âme] des Infaillibles(p) en fonction de ce

    qu’exige ce livre. Peut-être qu’en réfléchissant sur les états de ces nobles-là, nous ferons attention, nous saisirons la grandeur de la position et l’importance de la station et de son danger, et que nous nous réveillerons du sommeil de l’insouciance.

    « Le Messager nous parlait et nous lui parlions. Quand arrivait le moment de la prière, c’était comme s’il ne nous connaissait pas et que nous ne le connaissions pas, occupé [qu’il était] par Dieu, loin de toute chose. » (rapporté d’une des femmes du

    Messager de Dieu(s))

    « Quand arrivait le moment de la prière, il était troublé, tremblait et changeait de couleur. On lui demandait : « Qu’est-ce qu’il t’arrive ô Prince des croyants ? » Il(p) répondait : « Est arrivé le moment de la prière, le moment du dépôt que Dieu a exposé aux cieux, à la terre et aux montagnes, qu’ils ont refusé de porter et dont ils étaient effrayés. » » (rapporté à propos de ‘Alî, le Prince des croyants(p) )

    « Quand [l’Imâm] al-Hussein(p) faisait ses petites ablutions, il(p) changeait de couleur et ses arti-culations se mettaient à trembler.

    Quand on l’interrogeait à propos de cela, il disait : « C’est un devoir pour celui qui se dresse devant Celui qui détient le Trône, de devenir jaune et que ses articulations se mettent à trembler. » » (rapporté de Sayyed Ibn Taûs dans « Falâh as-Sâ’il ».

    Il est rapporté la même chose en ce qui concerne l’Imâm al-Hassan(p).)

    « Quand il se préparait aux petites ablutions, il devenait jaune.

    On lui demandait : « Qu’est-ce qui te tourmente ainsi pendant les petites ablutions ? » Il(p) répondait : « Vous ne savez pas devant Qui je me dresse ? » » (rapporté à propos de [l’Imâm] ‘Alî fils de Hussein(p) )

    Et pour les Proches-Élus, dans la mesure où les cœurs sont différents et que leurs états varient en fonction des Manifestations subtiles et coercitives et du sentiment de la Grandeur et de la Miséricorde, [il arrive des situations différentes].

    Parfois, le désir ardent qles porte vers la Rencontre, et le sentiment de la Miséricorde et de la Beauté vers le plaisir et la félicité. Ils disent alors : « Soulage-nous ô Bilal ! ».

    Et parfois, les manifestations de la Grandeur de la Coercition et de l’Autorité les mettent dans un état de foudroiement, d’agitation et de frémissement.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 4 Chap2-1)

     

    Libérer un moment spécial pour être totalement disponible et pendant la prière, ne pas penser à autre chose que Dieu. Les Proches-Elus, eux, selon les Manifestations de Majesté ou de Beauté qui se présentaient à eux, avaient des états de plaisir et de félicité ou d’agitation et de foudroiement.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    2-De l’observation du moment (2)

    Vous avez pu libérer un moment spécial pour prier et ne penser qu’à Dieu et à rien d’autre. Alors, préparez votre cœur à se présenter au Lieu de Présence de Dieu.

    Et nous-mêmes [après avoir eu un petit aperçu sur les états de ces Infaillibles(p), de ces Proches-Elus au moment de la prière], si nous réfléchissons un peu ! Si nous faisons comprendre à notre cœur voilé, chassé, que les moments de la prière sont les moments de la présence au côté du Saint pour la Présence du Détenteur de la Majesté ! Que, pendant ces moments, Dieu (qu’Il soit Exalté), le Roi des rois, la Grandeur absolue, appelle Son faible serviteur, le moins que rien, à s’entretenir avec Lui et qu’Il l’autorise à entrer dans la Demeure de Sa Noblesse afin de lui faire gagner les félicités éternelles et y trouver la joie et la félicité permanente !

    Que c’est en fonction de la grandeur de nos connaissances, que nous ressentons la joie d’entrer au moment de la prière. Que c’est en fonction du degré de compréhension de la Grandeur, que, si le cœur a ressenti la grandeur et le danger de la station, il sera pris de peur et de crainte.

    En résumé, ô le faible, les règles de conduite du cœur pour les moments de la prière sont de se préparer à entrer en (vers la) Présence du

    Détenteur de ce monde et de l’Au-delà et à s’adresser à Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté).

    Alors, regarde, de tes yeux, d’un côté ta faiblesse, ta misère, ton avilissement et ton impuissance, et de l’autre, la Grandeur, la Majesté et l’Orgueil de cette Sainte

    Essence (que Sa Grandeur soit Magnifiée !) au voisinage de la

    Grandeur de Laquelle les Prophètes, les Messagers et les Anges proches, tombaient foudroyés, reconnaissant leur impotence, leur misère et leur avilissement.

    Si tu as regardé avec ce regard et que tu l’as fait comprendre à ton cœur, alors ton cœur va certainement ressentir de la peur et verra que lui-même et ses actes d’adoration ne sont rien. Jette un autre regard sur l’étendue de la Miséricorde de la Sainte Essence, sur la Perfection de Sa Bonté, sur Sa Toute-Miséricorde englobante, pour avoir donné l’autorisation au faible serviteur, malgré les sortes d’impuretés [présentes en lui], l’extrême impuissance et misère, à avoir accès à la Présence de Sa Sainteté et pour l’avoir appelé à l’Assemblée de la

    Familiarité avec des égards – la descente des Anges, la révélation des Livres célestes, l’envoi des Prophètes et des Messagers – sans qu’il n’y ait pour cette malheureuse [existence] possible (non obligatoire) de préparation préalable ni qu’il y ait pour Sa Présence [de Dieu] (qu’Il soit Magnifié et Exalté) (que Dieu nous en préserve !), pour les Anges de Dieu ou pour les Prophètes(p) un profit dans cet appel et cette présence.

    Il  n’y a pas de doute que le cœur, avec cette orientation, arrivera à la Familiarité et ressentira de l’espoir et de l’espérance.

    Alors prépare-toi à la présence, des deux pieds de la peur et de l’espoir, de la crainte et du désir, avec un cœur timide, un for intérieur craintif et des sentiments de contrition, d’abaissement, de faiblesse et de misère. Et ne vois en toi aucune distinction du fait de la présence en cet Endroit de la Présence.

    Ne considère pas ton âme comme convenant à l’acte d’adoration et à l’assujettissement [à Dieu].

    Considère que l’autorisation d’entrer dans l’adoration et l’assujettissement [à Dieu] provient de la Miséricorde englobante, de la Bonté générale de la Présence de l’Unité (Ahadiyyah) (que Sa Puissance soit magnifiée), car si tu places ton avilissement devant tes yeux et que tu as fait tes petites ablutions pour la Sainte Essence de Dieu avec ton esprit et ton cœur, et que tu as considéré ton âme et ton assujettissement [à Dieu] comme n’étant rien, Dieu (qu’Il soit Exalté) sera Bon envers toi, t’élèvera et te vêtira des habits de Sa Générosité.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 4 Chap2-2)

    Vous devez avoir devant vos yeux votre faiblesse et votre impuissance d’un côté et de l’autre, la Grandeur et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et ressentir alors la crainte de Sa Majesté et l’espoir de Sa Miséricorde pour obtenir l’autorisation d’entrer dans l’adoration et l’assujettissement à Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    1-Du secret de l’orientation vers la Ka‘ba

    Dernier préliminaire de la prière : l’orientation de la prière vers la Ka‘ba à La Mecque.

    Le fait de se tourner vers la Qiblah pendant la prière (« l’orientation apparente ») comprend en fait deux aspects :

    1-le premier, préalable, qui est de détourner le visage apparent de l’ensemble des côtés éparpillés ;

    2-le second, psychologique, qui est de mettre le visage face à la Ka‘ba – qui est la mère des cités (Oum al-Qurâ) et le centre du déploiement de la terre.

    Et cette forme [cette orientation apparente] a une profondeur qui, elle-même, a un secret, même ! des secrets.

    Ceux qui détiennent les secrets cachés (ghaybiyyah) détournent le fond de l’esprit des côtés éparpillés des multitudes du Mystère (al-

    Ghayb) et du manifeste. Ils donnent l’orientation de « l’Unité de l’attachement » au secret de l’esprit et placent l’ensemble des multitudes éphémères dans le secret de « l’Unité du regroupement ».

    Alors, si ce secret spirituel descend dans le ^m, Dieu apparaît dans le cœur d’une apparition du Nom le plus Grandiose (al-Ism al-A‘zham) qui est la station du Regroupement Nominal ; et les multitudes nominales disparaissent et se dissipent dans le Nom le plus Grandiose. Ainsi, dans cette station, l’orientation du cœur apparait être vers la Présence du Nom le plus Grandiose.

    Si elle [cette orientation] apparait du fond du cœur vers l’apparent du monde, alors la forme de la disparition de l’autre [que Dieu] réside dans le détournement de l’occident et de l’orient du monde, et celle de l’orientation vers la

    Présence du Regroupement, dans l’orientation vers le centre du déploiement de la terre, qui est la Main de Dieu sur terre.

    Quant au pèlerin vers Dieu qui chemine de l’apparent vers le profond et qui s’élève de ce qui est public vers le secret, il lui est nécessaire de rendre cette orientation formelle vers le centre des bénédictions terrestres [la Ka‘ba] et cet abandon des divers côtés éparpillés comme un moyen pour les états du cœur et ne pas se contenter de la forme vide de sens.

    Il doit détourner le cœur (qui est le centre de l’orientation de la Présence de Dieu) des divers côtés éparpillés (qui sont les statues véritables) et l’orienter vers l’orientation (la Qiblah) véritable (qui est le principe des principes des

    Bénédictions des cieux et de la terre).

    Il doit soulever les délimitations de l’autre [que Dieu] et de l’altérité : pour atteindre, un tant soit peu, le secret de {Je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre} (79/6 Les Troupeaux), pour qu’arrive, dans son cœur, un exemple des manifestations du monde du Mystère (al-Ghayb) Nominal et de ses rayons, pour que les côtés éparpillés et les diverses multitudes brûlent par un rayon divin, pour que Dieu (qu’Il soit

    Exalté) le soutienne, pour que les petites statues (et la statue la plus grandiose) se détruisent du fond du cœur, par la Main de la Wilâyah… (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî (qs) – Maqâlat 2

    Les Musulmans se tournent tous vers la même direction, à l’exclusion de toute autre, physiquement, intellectuellement et spirituellement.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite (1)

    Dernier préliminaire de la prière : l’orientation de la prière vers la Ka‘ba à La Mecque.

    Ô pèlerin vers Dieu, quand tu as détourné ta face apparente des côtés éparpillés du monde de la nature et que tu t’es tourné vers un point unique, tu as mis en avant deux natures originelles (fitra) de la « Fitra » divine(1) qui ont été déposées par la Main du Mystère dans le levain de ton essence.

    Dieu (qu’Il soit Exalté) a fait lever ton argile(2) par elles, de la Main de la Majesté et de la Beauté. Tu as fait apparaître ces deux états naturels (fitriyyah) dans le monde apparent en détournant l’apparent de l’altérité [autre que Dieu] et en l’orientant vers la Qiblah qui est le lieu de l’apparition de la

    Main de Dieu, de Sa Puissance.

    Ces deux natures originelles divines (fitra)

     – l’une étant la répugnance du manque et du manquant, et l’autre étant l’amour de la perfection et du Parfait, l’un étant fondamental, essentiel [l’amour de la perfection] et l’autre venant par la suite, l’ombre – proviennent des natures originelles (les fitr) avec lesquelles l’ensemble des familles de l’humanité a été pétri, sans exception.

    Et dans l’ensemble de la chaîne de l’humanité avec leurs différences au niveau des croyances, de la morale, de la nature, du tempérament, des lieux, des habitudes, du mode de vie (sédentaire ou nomade), qu’ils soient savants ou ignorants, noirs ou blancs, ces deux natures originelles fondamentales (fitra) y sont fermentées, même si les gens en sont voilés et qu’ils divergent sur la caractérisation de la perfection et du manque, du parfait et du manquant.

    Ainsi, le tyran, sanguinaire, meurtrier voit la perfection dans la mainmise sur les âmes des gens et leurs biens. Il voit comme une perfection faire couler le sang et tuer et il passe sa vie à cela. Et celui-là qui demande le monde ici-bas, qui recherche la renommée, l’argent, il voit la perfection dans l’argent, dans la renommée et il les désire ardemment.

    En résumé, celui qui a un objectif, il le voit comme une perfection et son détenteur comme parfait et il le désire ardemment et répugne tout ce qui est autre que lui.

    Aussi les Prophètes(p), les savants et les détenteurs de la connaissance sont ils venus pour faire sortir les gens des voiles, sauver la lumière de leur nature originelle (fitra) des ténèbres de l’ignorance, et faire connaître le Parfait et la perfection [véritables]. Car ceux-là, pour définir le Parfait et la perfection, n’ont pas besoin d’un appel pour s’orienter vers Lui et abandonner ce qui n’est pas Lui. Même ! La lumière de la nature fondamentale (fitra) est le plus grandiose guide divin et il est présent dans l’ensemble de la chaîne du genre humain.

    Et dans cette pommade divine qu’est la prière qui est l’ascension vers la Proximité divine, se tourner vers la Qiblah, s’orienter vers le point central, lever les mains et se détourner des divers côtés, cela indique que la nature fondamentale originelle (la fitra) s’est réveillée et que la lumière est sortie des voiles.

    Cette indication est vraie par rapport aux parfaits et aux gens de la connaissance. Quant aux gens voilés comme nous, il y a des règles de conduite (que nous verrons la prochaine fois).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-1)

     

    Dieu a placé deux natures originelles divines (fitra) en tout être humain : la répugnance du manque et l’amour de la perfection et du Parfait, même si les gens en sont voilés et divergent sur leurs caractérisations.

     

    (1) {La « Fitra » de Dieu avec laquelle Il a créé fatara ») les gens ; pas de changement à la création de Dieu.}(30/30 Les Croyants)

    (2) {C’est Lui le Savant du Mystère et du manifeste, le Puissant, le Très-Miséricordieux qui a bien fait tout ce qu’Il a créé. Et Il a commencé la création de l’homme de l’argile, puis Il tira sa descendance d’une goutte d’eau vile [le sperme], puis Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit.}(6-9/32 La Prosternation)

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite (2)

    Nous qui faisons partie de ces gens voilés de leur nature fondamentale originelle (la fitra), nous devons suivre certaines règles de conduite.

    Par rapport à nous, les gens voilés, la règle de conduite est de faire comprendre au cœur qu’il n’y a pas de perfection ni de Parfait dans l’ensemble de la demeure de la réalité en dehors de la Sainte Essence, complète, de façon absolue.

    Car cette Sainte Essence est une Perfection sans manque, une Beauté sans défaut, une

    Effectivité sans mélange avec quelque chose en puissance, un Bien sans mélange avec le mal, une Lumière sans mélange avec les ténèbres.

    Et tout ce qu’il y a dans la demeure de la réalisation en perfection, en beauté, en bien, en puissance, en grandeur, en luminosité, en effectivité, et en bonheur, tout cela est une

    Lumière de la Beauté de cette Sainte Essence et personne n’est associé à la Sainte Essence dans Sa Perfection Essentielle.

    Et, pour les existants, il n’y a de beauté, de perfection, de lumière, d’éclat que par la Beauté de cette Sainte Essence, par Sa Perfection,

    Sa Lumière et Son Eclat.

    En résumé, le monde est illuminé de l’Eclat de Sa Sainte Beauté qui lui a donné la vie, le savoir, la puissance. Sans cela, la demeure de la réalisation serait restée dans les ténèbres du néant, en latence et dans la profondeur du faux. Même ! Celui qui a le cœur illuminé de la lumière de la connaissance, voit toute chose autre que la Lumière de la Beauté du Beau comme fausse, comme nulle, le néant de façon éternelle et perpétuelle.

    Si ton cœur a compris l’inanité de l’ensemble de la demeure de la réalisation et la Perfection de la Sainte Essence, alors tu n’as pas besoin de voir pour orienter ton cœur vers la Qiblah véritable, désirer la Beauté du Beau, répugner l’ensemble de la demeure de la réalisation autre que l’Eclat de la Sainte Essence.

    Même ! La « Fitra » de Dieu appelle l’homme, par un appel du cœur naturel fondamental (aljabaliyyah fitriyyah), et devient alors : {J’ai tourné mon visage vers Celui qui a créé (fatara) les cieux et la terre.}(79/6 Les Troupeaux), la langue de l’essence humaine, de son cœur, de son état ; et il apparait que {Je n’aime pas ceux qui disparaissent}(76/6 Les

    Troupeaux) est la langue de sa nature fondamentale originelle (fitra).

    Sache, ô [mon] pauvre, que le monde par son côté autre [que Dieu] est éphémère, insignifiant, disparaissant, vain ; aucun existant est de lui-même quelque chose et il n’est pas en soi une beauté, une splendeur, une lumière, un éclat. La Beauté et la Splendeur ne se limitent qu’à la Sainte Essence.

    Cette Sainte Essence qui, comme Elle est Unique dans la Divinité et dans l’Existence Nécessaire (c’est-à-dire « Qui existe sans qu’il n’y ait de cause ni de condition à Son Existence »), est aussi Unique par la Beauté, la Splendeur, la Perfection, même ! Unique par Son

    Existence.           

    Alors que l’abaissement du néant en soi et l’inanité sont inscrits/ gravés sur le toupet de tout autre que Lui. Alors, détourne ton cœur (qui est le centre de la lumière de la Fitra de Dieu) des aspects éparpillés des inanités, des néants et des manques, et tourne-le vers le centre de la Beauté, de la Perfection pour que la langue de ta « fitra » dans ta conscience pure soit comme dit le grand savant ash-Shîrâzî : « Nos cœurs ne peuvent contenir personne autre que le Bien-Aimé.

    Alors, laisse les deux univers pour l’ennemi car le Bien-Aimé nous suffit. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-2)

     

    Détourne ton cœur (qui est le centre de la lumière de la Fitra de Dieu) des aspects éparpillés des inanités et tourne

    -le vers le centre de la Beauté !

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite [Sur l’orientation de la prière] (3)

    Hadîth tiré du Flambeau de la Loi révélée (Misbâh ash-Sharî‘at)

    En corrélation de ce chapitre, l’Imâm Khomeynî(qs) évoque un passage d’un noble hadîth de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de

    « Misbâh ash-Sharî‘at » (le Flambeau de la Législation) à propos de l’orientation de la prière, qu’il a fait suivre d’un commentaire.

    L’intérieur, ainsi que de la création et des gens qui s’y trouvent. Vide ton cœur de toute occupation qui te détournerait de Dieu (qu’Il soit Exalté) et regarde, de ton secret [de ton for intérieur], la Grandeur de Dieu Très-Elevé et rappelle-toi ta station devant Lui le jour où {chaque âme sera éprouvée par (les conséquences de) ce qu’elle aura précédemment accompli. Et ils seront ramenés vers Dieu, leur vrai Maître}.(30/10 Yûnes) Alors tiens-toi debout sur les pieds de la peur et de l’espoir.. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°13 p41)

    Cette noble loi est une loi universelle pour les gens voilés comme nous qui ne pouvons pas garder tout le temps nos états de cœur.

    Nous réunissons l’Unité et la multiplicité, nous nous tournons vers Dieu et vers la création.

    Alors, il nous est nécessaire de désespérer de ce monde et de ce qu’il y a à l’intérieur au moment de nous tourner vers Dieu et de nous orienter vers la Qiblah, ainsi que de supprimer toutes nos ambitions par rapport à ce monde et à ses affaires.

    Il nous faut sortir, de notre esprit et de notre cœur, les occupations du cœur et les préoccupations spirituelles, pour que nous convenions à la présence de la Présence et que se manifeste, dans le secret de notre esprit, un des éclats de la Grandeur.

    Alors, si nous trouvons la lumière de la Grandeur en fonction de nos dispositions, nous nous rappelons notre retour vers Dieu et notre station dans le saint Endroit de Sa Présence : {Là, chaque âme sera éprouvée par (les conséquences de) ce qu’elle aura précédemment accompli. Et ils seront ramenés vers Dieu, leur vrai Maître}.(30/10 Yûnes)

    Alors ‘barré’ (se dessine la ligne de la nullité de) l’ensemble des passions de l’âme et des vains objets d’adoration (les « idoles ») !

    En l’Endroit de la Présence de Celui à la grandiose Importance, qui est la demeure de l’entière réalisation d’un des éclats de Ses Actes, un malheureux comme toi et moi doit nécessairement s’arrêter et aller et venir d’un pas de peur et d’espoir.

    Si nous voyons la faiblesse, la tiédeur, la misère, la pauvreté, l’abaissement en nous-mêmes d’un côté et de l’autre, la Grandeur, la Splendeur, la Majesté, l’Arrogance dans la

    Sainte Essence, nous tombons dans la peur, la crainte du danger de cette station.

    Et si nous trouvons la Miséricorde, l’Attendrissement, la Bonté infinie et la Générosité illimitée, nous sommes pleins d’espoir et d’espérance. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-3)

    Comme nous réunissons l’Unité et la multiplicité, il nous faut désespérer de  monde pour nous tourner exclusivement vers Dieu.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (1)

    A partir de maintenant, c’est la prière proprement dite qui va être abordée. Car tout ce qui a été dit précédemment (sur la pureté, les vêtements, le lieu, le moment et l’orientation de la prière ainsi que sur l’état dans lequel doit se trouver le prieur) constitue les préliminaires nécessaires à l’acceptation de la prière. Et en premier lieu, nous verrons l’adhân (l’appel à la prière) et l’iqâmah (l’annonce du début de la prière).

    En effet, la prière est précédée par l’appel à la prière (al-adhân) puis par l’annonce de son début (aliqâmah).

    Le secret de l’appel à la prière (l’adhân)

    Pour celui qui chemine vers Dieu, il est nécessaire que l’appel à la prière (al-adhân) transmette au cœur, qui est le sultan des forces immatérielles (malakûtiyyah) et de ce monde (mulkiyyah) et des autres soldats répandus dans les directions éparpillées de ce monde et du monde immatériel (malakût), l’annonce de se présenter au lieu de Présence. C’est-à-dire, le moment de la Présentation et de la Rencontre s’est approché, alors [il doit] préparer ces forces.

    Ainsi, s’il fait partie des gens du désir et de l’amour ardent, il ne sera pas pris au dépourvu au point de ne pouvoir supporter la Manifestation soudaine et de perdre sa stabilité.

    Et s’il fait partie des gens voilés, il ne peut pas entrer dans le Lieu sacré de la Présence, sans préparation des moyens et suivi de règles morales de conduite.

    Le secret global de l’appel à la prière (adhân) est donc l’information [donnée] aux forces immatérielles (malakûtiyyah) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) ainsi qu’aux armées divines, de la Présentation (hudûr).

    Sa règle de conduite morale globale est de faire attention à la grandeur et à l’importance de la station, à la grandeur du Lieu de la Présence et de Celui qui est Présent d’un côté.

    Et de l’autre, l’avilissement du « possible »(1) [c’est-à-dire lui], son indigence, sa carence, son manque, son impuissance à accomplir l’ordre et à se présenter au lieu de Présence si la Bonté et la Miséricorde de Dieu

    Tout-Puissant ne le soutiennent pas ni ne compensent ses manques.

    Le secret de l’annonce du début de la prière (l’iqâmah)

    Il réside dans le fait de préparer les forces immatérielles (malakûtiyyah) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) à se rendre au lieu de Présence et de les rendre présentes à la

    Présentation.

    Et sa règle de conduite morale globale est la peur, la crainte, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en la Miséricorde infinie de Dieu.

    En résumé :

    Le cheminant vers Dieu doit faire comprendre à son cœur, durant l’ensemble des parties de l’adhân et de l’iqâmah, la grandeur du Lieu de Présence, de la Présence, et de Celui qui est Présent.

    Et il doit placer devant ses yeux l’avilissement de son âme, son impuissance, ses manques, tout en lui faisant voir, d’un autre côté, la Miséricorde étendue et les Bontés généreuses, pour arriver à l’espoir et au désir.

    (1)le possible, qui a une existence possible, non nécessaire, non obligatoire, qui n’a d’existence que par Dieu.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    – Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (2)

    Nous avons vu le secret global et la règle de conduite morale de l’adhân (l’appel à la prière) et nous avons commencé à voir ceux de l’iqâmah (l’annonce du début de la prière). Voici la suite.   

    La règle globale de conduite de l’annonce du début de la prière (l’Iqâmah) est la peur, la crainte, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en la Miséricorde infinie de Dieu.

    Pour les cœurs amoureux, pour qui le désir et l’attraction prennent le dessus, ils avancent du pas de l’amour et de la passion ardente vers le lieu de la familiarité.

    Ces cœurs sont occupés par cette attraction invisible (ghaybiyyah) et aiment le Lieu de Présence et Celui qui est Présent jusqu’à la fin de la prière, avec l’amour accompagné de l’évocation de Dieu et de la pensée pour Lui.

    Il est rapporté de l’Imâm ‘Alî fils d’Abû Tâleb(p) : « La meilleure personne est celle qui aime ardemment les actes d’adoration, les étreint, les aime de tout son cœur et qui les commence [accomplit] de son corps et se consacre entièrement à eux. Il ne se soucie donc pas de ce qui advient en ce monde, que ce soit dans la facilité ou dans la difficulté. » (de l’Imâm ‘Alî(p), de « Mishkât al-Anwâr fî ghur al-Akhbâr » p112)

    Pour les cœurs craintifs, c’est le Sultan de la Grandeur qui se manifeste à eux. L’attraction de la Coercition prend le dessus et les met dans un état de foudroiement : la crainte et la peur les font fondre, le manque essentiel et le sentiment d’avilissement et d’impuissance de leurs âmes les éloignent de toute chose.

    Il est rapporté de l’Imâm Moussa fils de Ja‘far(p) : « Le Prince des croyants(p) disait : « Dieu a des adorateurs/ serviteurs dont le cœur se brise de crainte pour Lui, Il les alors réduit au silence. » » (de l’Imâm Moussa fils de Ja‘far(p), de l’Imâm ‘Alî(p) tiré de « Mishkât al-Anwâr fî ghur al- Akhbâr » p59)

    Ainsi Dieu (qu’Il soit Exalté)

    Se manifeste à Ses Proches-Elus parfaits de plusieurs façons :

    1) Parfois par la Manifestation de la Bonté ; alors l’amour ardent et l’attraction amoureuse les guident, comme il est rapporté dans le hadîth.

    Le Messager de Dieu(s) attendait la prière et, son amour et son désir se faisant de plus en plus pressants, il(s) disait à Bilal [chargé d’annoncer la prière] : « Soulage nous, ô Bilal ! ».

    2) Parfois par la Manifestation de la Grandeur et de l’Autorité, alors ils se mettent à avoir peur et à être craintifs comme ces états de crainte rapportés à propos du Messager de Dieu(s) et des Imâms de la Guidance(p).

    3) Et parfois encore, par la Manifestation de l’Unité

    Synthétique (al-Ahadî al-Jam‘î), selon la puissance des cœurs et leur capacité de contenir.

    Mais nous, les voilés, qui sommes occupés par ce monde, enfermés dans la prison de la nature, enchaînés dans les carcans des désirs matériels et des espoirs, privés des félicités rationnelles divines, qui ne nous dégrisons pas de l’ivresse de la nature vers le matin de l’éternité, ni ne nous réveillons jamais de notre lourd sommeil, nous sommes en dehors du cadre de ces divisions et exclus de cette mise en évidence.

    Pour nous, les règles morales de la Présentation (al-hudûr) sont d’un autre ordre, ainsi que les devoirs au niveau du cœur qui prennent une autre forme.

    Mais avant tout, nous devons faire sortir de nos cœurs, le désespoir de l’Esprit de Dieu et celui de Sa Miséricorde. Ils sont les deux plus grands soldats d’Iblis et font partie des insinuations des shaytâns des hommes et des djinns. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    La règle globale de conduite de l’Iqâmah est la peur, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en Dieu, selon la Manifestation de Dieu dans les cœurs. Et pour les cœurs voilés, la priorité est d’en faire sortir le désespoir de l’Esprit de Dieu et de Sa Miséricorde.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (3)

    Nous avons vu le secret global et la règle de conduite morale de l’adhân (l’appel à la prière) et nous continuons de voir ceux de l’iqâmah (l’annonce du début de la prière).

    Nous étions arrivés à la situation des gens comme nous.

    Avant tout, nous ne devons pas désespérer de l’Esprit et de la Miséricorde de Dieu. Nous ne devons pas nous imaginer que les vêtements des stations [vues précédemment] ont été cousus à la taille de personnes particulières, et que les mains de nos espoirs ainsi que nos jambes ne peuvent pas les atteindre, de sorte que nous ne faisons aucun pas et que nous restons, par froideur et langueur, éternellement sur la terre de la nature.

    Certes, la station particulière de l’élite des Gens de Dieu n’est facile pour personne ! Mais il y a pour les stations morales et les connaissances divines, des degrés infinis et des stations multiples qui sont plus faciles d’accès que ces stations, ces connaissances, ces états et ces degrés, de sorte que si nous quittons la froideur et la langueur présentes en nous-mêmes, que nous nous éloignons de l’entêtement et du fanatisme pour ces gens de l’ignorance éloignés des coeurs des adorateurs/serviteurs de Dieu, nous ne trouverons aucun shaytân sur la voie de notre cheminement.

    Ainsi la 1ère règle de conduite de la présentation (hudûr) que nous devons suivre, au début de l’ordre

    – dans la mesure où nous n’avons pas dépassé le niveau des sens et de l’apparence, que nous n’avons, devant nos yeux, que la grandeur et la majesté de ce monde et que nous n’avons aucune connaissance de la Grandeur divine invisible (ghaybiyyah) – est de :

    • voir le Lieu de Présence de

    Dieu (qu’Il soit Exalté) comme une assemblée d’un sultan ayant une grande importance, dont la grandeur est connue par le coeur,

    • faire comprendre au coeur que toute grandeur, toute majesté, tout orgueil sont des manifestations de la Grandeur du monde immatériel (al-malakût) qui est descendue [révélée] à ce monde et que ce monde immatériel (malakût), à côté des mondes invisibles (ghaybiyyah), n’a aucune valeur sensible.

    Alors nous faisons comprendre au coeur que le monde est le Lieu sacré de la Présence de Dieu et que Dieu (qu’Il soit Exalté) est

    Présent dans l’ensemble des lieux et des espaces, particulièrement durant la prière, qui, elle, est une autorisation singulière pour la Présentation

    (hudûr) et un rendez-vous spécifique pour la Rencontre et le Désir avec la Présence de l’Un.

    L’objectif est donc de rendre le cœur sensible à la Grandeur et à la Présentation, même si, au début, cela est affecté. Le cœur se familiarise progressivement et ce passage devient réel.

    Si nous suivons les règles formelles de conduite pratiquées avec le roi du royaume et que nous les mettons en pratique lors de la Présentation, il y aura également des effets au niveau du cœur, et la grandeur sera ressentie.

    Progressivement, les résultats demandés arriveront. Il en est de même en ce qui concerne les effets de l’amour et du désir ardent.

    Ils arrivent également par le comportement et la gymnastique.

    En premier lieu, les Miséricordes formelles et les Bontés sensibles de Dieu doivent être exposées au cœur, afin d’atteindre les stations de la Toute-Miséricorde, de la Très-Miséricorde et du Bienfaiteur et d’y familiariser progressivement le cœur. L’effet arrivera à l’intérieur (en profondeur) à partir de l’extérieur (de l’apparent) et le royaume de l’intérieur s’illuminera des effets de la Beauté et les résultats demandés arriveront.

    Si l’individu fait cela et mène le combat dans la voie de Dieu,

    Celui-ci (qu’Il soit Exalté) le soutiendra et le sauvera, par la main invisible (ghaybiyyah), des ténèbres du monde de la nature. Par le rayonnement de la Lumière de Sa Beauté, Il illuminera la terre sombre de son cœur et le transformera en des cieux spirituels. {À quiconque accomplit une bonne action, Nous augmentons la récompense. Dieu est certes Pardonnant et Remerciant.} (23/42 La Consultation) (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(q.s.) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    La 1ère règle est de voir le Lieu de Présence de Dieu comme une assemblée d’un Sultan très puissant et de faire comprendre au cœur que toute grandeur est une manifestation de la Grandeur du monde immatériel révélée à ce monde qui n’est rien comparativement au monde «ghaybiyyah».

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (1)

    Nous allons maintenant entrer dans les détails de ce qui est dit sur l’adhân et l’iqâmah, et en premier lieu sur les « takbirât » (dire : « Dieu est plus Grand ! »).

    L’adhân est l’annonce aux forces apparentes et intérieures de l’âme de se présenter au Lieu de la Présence de la Seigneurie en vue de louer l’Essence Sacrée selon l’ensemble des Noms, des Attributs, des Affaires et des Signes

    Cela parce que la prière est une louange synthétique (jâmi‘) et que l’« objet » de cette louange est l’Essence sacrée selon Sa Manifestation par le Nom le plus

    Grandiose qui est, lui, la station de l’Unité de l’ensemble des Noms dans la Présence de l’Unicité, et la station de la Manifestation du rassemblement et de la dispersion, de l’apparent et de la profondeur dans les présences/places des déterminations et des Noms en soi.

    Ainsi, le cheminant s’oriente, dès le début de l’ordre, vers l’Orgueil (la Supériorité, Kibriyâ’) de l’Essence sacrée, selon cette affaire regroupante et annonce Sa

    Grandeur et Son Orgueil, d’abord aux forces immatérielles

    (malakûtiyya) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) du royaume de son âme ; deuxièmement, aux Anges de Dieu qui sont chargés du monde immatériel (malakût) des forces qui sont répandues dans le royaume de l’âme ; troisièmement, aux existants des mondes des mystères (ghaybiyyah) et de la vision ; quatrièmement, aux Anges de Dieu qui sont chargés du monde immatériel (malakût) des cieux et des terres.

    Il annonce, selon les quatre takbirât (dire « Dieu est plus Grand »), l’Orgueil (la Supériorité) du Nom le plus Grandiose sur l’ensemble des habitants des mondes de l’invisible et du manifeste, dans le royaume intérieur et extérieur.

    Cette même déclaration annonce son impuissance à pouvoir louer l’Essence Sacrée, son incapacité à effectuer la prière.

    Cela [fait partie] des ordres généraux dans le cheminement et des règles de conduite se rapportant à la Louange et aux actes d’adoration [de Dieu] qui doivent nécessairement être dressés devant les yeux du cheminant durant l’ensemble des états de la prière.

    C’est pourquoi [les « takbîrât »] sont répétés dans l’adhân et dans l’iqâmah, et se répètent en permanence durant la prière, notamment au moment du passage d’un état à un autre jusqu’à ce que l’incapacité en soi de son âme d’un côté et la Grandeur et l’Orgueil de l’Essence sacrée, de l’autre, s’installent dans le cœur du cheminant.

    Ainsi, la règle de conduite à suivre est : la nécessité au cheminant de rappeler à son cœur et à ses forces, l’impuissance de son âme et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu.

    Selon un autre point de vue, il est possible que chacun des premiers « takbîrât » de l’adhân soit une indication d’une station.

    Ainsi le premier « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue de l’Essence ; le deuxième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Attributs ; le troisième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Noms ; le quatrième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Actes.

    Comme si le cheminant disait « Dieu est plus Grand » que toute qualification de Son Essence ou des Manifestations de Son Essence ; « Dieu est plus Grand » que toute qualification de Ses Attributs ainsi que de Ses Noms et de Ses Actes, ou des manifestations de chacun d’entre eux. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.2)

    L’adhân est l’annonce à la présentation devant la Manifestation du Nom le plus Grandiose selon les différents degrés de manifestation. D’où la nécessité de rappeler à son cœur et à ses forces l’impuissance de son âme et la Supériorité (l’Orgueil) divine.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (2)

    Nous avons vu que la première règle de conduite à suivre pour les « takbirât » est que le cheminant doit rappeler à son cœur et à ses forces, l’impuissance de son âme et l’Orgueuil (la Grandeur) de Dieu (qu’Il soit Glorifié).

    Dans un long propos rapporté, le Prince des croyants(p) dit : « L’autre aspect qu’il y a dans le fait de dire « Dieu est plus Grand » est qu’il y a une négation de Son Comment. Comme s’il [celui qui dit le « takbîr »] disait : « Dieu est trop Majestueux, pour que ceux qui décrivent [puissent] connaître la mesure de Son Attribut décrite par lui [l’attribut]. En effet, ceux qui décrivent Le décrivent selon leur mesure (capacité) [à eux], pas selon Celle de Sa Grandeur et de Sa Majesté. Dieu est plus Elevé que ce que ceux qui décrivent connaissent de Son

    Attribut, d’une très grande Elévation. » (du Prince des croyants(p) tiré d’« at-Tawhîd » de sheikh Sadûq p238)

    Parmi les règles de conduite importantes pour les « takbîrât », il y a que le cheminant s’efforce de rendre son cœur un lieu pour l’Orgueil (la

    Supériorité) de Dieu Tout-Puissant par la gymnastique du cœur et qu’il réserve la grande Importance, la Grandeur, le Pouvoir, la Majesté exclusivement à l’Essence Sacrée de Dieu Tout-Puissant et qu’il retire l’orgueil (la supériorité) de l’ensemble des existants [autres que Lui].

    Mais, s’il a, dans le cœur, une trace d’orgueil (supériorité) de quelqu’un, qu’il ne voit pas et dont il ignore qu’il est un rayon de l’Orgueil de Dieu, alors son cœur est malade, défectueux et un lieu à la disposition du shaytân. Et il est possible que cela est dû aux agissements sataniques parce que l’emprise de l’orgueil d’autre que Dieu est plus ample sur le cœur et le cœur le voit plus grand que Dieu !

    Dans ce cas de figure, l’homme est considéré comme faisant partie du groupe des hypocrites.

    Et le symptôme de cette maladie destructrice est que l’homme privilégie la satisfaction de la créature à celle de Dieu et [soit prêt à] susciter la Colère du Créateur pour la satisfaction du créé.

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « S’il est dit « Dieu est plus Grand », alors rends petit ce qu’il y a entre les cieux élevés et la terre sauf Son Orgueil.

    Car, si Dieu voit dans le cœur d’un serviteur/adorateur qui dit : « Dieu est plus Grand », un élément qui contredit la réalité de son « takbîr », Il dit alors : « Ô menteur ! Tu me leurres ?! Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je te priverai certainement de la douceur de Mon Evocation, Je te voilerai loin de Ma Proximité et du chuchotement de Mon

    Entretien Intime ! » » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » pp87-88)

    Ainsi, si Dieu voit une défaillance au niveau du cœur de celui qui prononce le « takbîr », c’est-à-dire, s’Il voit que le cœur ne correspond pas à ce qui est dit au niveau de la langue, alors Il (Tout-Puissant) traitera de menteur ce serviteur et l’éloignera de Lui !

    Voilà ce qui est réservé à nos cœurs misérables, la privation de la douceur de l’Evocation de Dieu (qu’Il soit Exalté), et à nos esprits, l’absence de pouvoir goûter au plaisir de l’Entretien Intime avec cette Essence Sacrée. Nous sommes empêchés d’approcher de la « Proximité des Côtés », privés des manifestations de la Beauté et de la Majesté, parce que nos cœurs sont défectueux, malades.

    Nous nous sommes voilés des voiles de nous croire éternels sur terre et des voiles ténébreuses de la nature, loin de la connaissance de l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et des Lumières de la Beauté et de la Majesté. Et tant que nous regardons les existants d’un regard iblissien, indépendant, nous ne goûterons jamais à la boisson de l’ « Arrivée », et nous ne recevrons pas le plaisir des Entretiens intimes.

    Tant que nous verrons en quelqu’un du monde de l’existence, la puissance, l’orgueil, la grandeur, la majesté, nous resterons voilés dans les voiles des idoles des déterminations de la création et ne se manifestera jamais dans nos cœurs le pouvoir de l’Orgueil de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.2)

     

    La seconde règle de conduite est de rendre son cœur un lieu pour l’Orgueil (la Grandeur) de Dieu Tout- Puissant par la gymnastique du cœur et uniquement pour Lui.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernantl’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (3)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour les « takbirât » de l’adhân et de l’iqâmah.

    Ainsi, parmi les règles de conduite du « takbîr » (dire

    « Dieu est plus Grand ! »), il y a :

    -Que le cheminant ne s’arrête pas à la forme, qu’il ne se contente pas de la prononciation et du remuement de la langue, mais que, dès le début, il attire l’attention du cœur sur l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et sur le fait que la Grandeur, la Majesté ne sont réservées qu’à l’Essence Sacrée (que

    Sa Grandeur soit Magnifiée), par la force de l’argumentation et de la lumière des sciences divines, ainsi que sur l’indigence, l’abaissement et la misère de l’ensemble des habitants du monde du possible(1) et la totalité des existants corporels et spirituels.

    -Puis, par la force de la gymnastique et de la multitude des désirs et la familiarité totale, qu’il fasse vivre son cœur de cette Subtilité divine et qu’il lui donne la félicité et la vie rationnelle spirituelle.

    Si l’indigence et l’abaissement du possible et la Grandeur et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu (que Sa Puissance soit Magnifiée) se dressent devant ses yeux, si la réflexion et le rappel atteignent un certain niveau et si arrivent au cœur la familiarité et la tranquillité, alors, le cheminant vers Dieu verra, de l’œil de la clairvoyance, les traces de la Majesté et de l’Orgueil de Dieu dans l’ensemble des existants. Les défauts et les maladies de son cœur se soigneront. Il trouvera le plaisir des entretiens intimes et la douceur de l’évocation de Dieu.

    Le cœur sera le lieu de résidence du pouvoir de l’Orgueil de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée). Les effets de l’Orgueil (la Supériorité de Dieu) apparaîtront à l’extérieur et à l’intérieur du royaume et le cœur sera en harmonie avec la langue, le secret avec l’apparent. L’ensemble des forces intérieures et apparentes, le monde-ci et le monde immatériel (malakût) diront : « Dieu est plus Grand ». Un des voiles épais se soulèvera et il avancera d’un niveau vers la prière véritable qui est l’ascension de la Proximité.

    Dans un long propos de l’Imâm as-Sâdeq(p) décrivant l’ascension, il est indiqué une partie de ce qui vient d’être évoqué : « Dieu le Très-Puissant, le Coercitif, a fait descendre sur lui [le Prophète(s)] un palanquin de lumière dans lequel il y avait quarante sortes de lumière qui entouraient le Trône. Le Trône de Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) éblouit les regards des regardants. » (…) Jusqu’à ce qu’il(p) dise : « Il s’assit dedans et monta avec au ciel de ce monde. Les

    Anges se dispersèrent vers les extrémités du ciel, tombèrent prosternés et dirent : « Très Glorifié ! Très Sanctifié ! Notre Seigneur et Seigneur des Anges et de l’Esprit ! Comme cette lumière ressemble à la Lumière de notre Seigneur ! »

    Gabriel dit alors : « Dieu est plus Grand ! Dieu est plus Grand ! ». Les Anges se turent, les portes du ciel s’ouvrirent et les Anges se rassemblèrent. Ils arrivèrent et saluèrent-le

    Prophète par groupes. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) in ‘Illal ash-sharî‘at repris dans al-‘Kâfî, vol.3 p483)

    Il y a dans ce propos rapporté des secrets grandioses qui ne peuvent être abordés ici. Concernant notre sujet, il y a ces témoignages : par l’intermédiaire du « takbîr » de l’Ange Gabriel(p), les Anges se turent, se rassemblèrent et se réunirent autour du « Walî » absolu, et le premier ciel s’ouvrit. Un des voiles qui était sur le chemin de l’ascension vers Dieu a été déchiré.

    Ces voiles qui se déchirent et se soulèvent durant l’adhân ne sont pas les mêmes voiles qui sont dans les « takbîrât » du début [de la prière].

    Et peut-être que le secret de la présence de deux « takbîrât » dans l’iqâmat réside dans le fait que le cheminant a dressé ses forces dans le Lieu de la Présence, et qu’il s’est un peu déplacé de la multitude vers l’Unité, alors il dit : « Dieu est plus Grand » au niveau de l’Essence et des Noms, ou des Noms et des

    Attributs.

    Et peut-être que le « takbîr » des Attributs et des Actes sont repliés dans le « takbîr » de l’Essence et des Noms. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I Chap.2)

    (1) le possible, qui a une existence possible, non nécessaire, non obligatoire, qui n’a d’existence que par Dieu.

    Parmi les règles de conduite : attirer l’attention du cœur sur la Supériorité de Dieu puis la lui faire vivre par la force de la gymnastique et de l’accroissement de l’amour pour Dieu en même temps que le sentiment

    de sa propre indigence de Dieu.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de l’Unicité (1)

    Avant de mettre en évidence le lien de l’Attestation de l’Unicité (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») avec l’adhân, nous allons voir les différents niveaux de considération de l’Unicité divine, notamment celui de l’Essence et celui des Actes.

    En considérant l’Unicité au niveau de l’Essence       au niveau des Actes

    Si ce qui est visé de l’attestation de restreindre la divinité à Dieu est la Divinité au niveau de l’Essence, sa réalité est proche de celle du « takbîr » (dire : « Dieu est plus Grand ! »).

    Si le mot « ilâh » est dérivé de « alah » (être stupéfait de quelque chose, rester interdit, effrayé devant ou par quelque chose), de « lâh » (être haut, élevé) ou de « lâh, yalûh » (être couvert, caché sous un voile), alors on connait son lien avec l’adhân et la prière en revenant au chapitre sur le « takbîr » et à ses règles morales de conduite également.

    Cependant sa répétition – même si elle n’est pas totalement dénuée de profits – contredit la brièveté.

    Si le mot « ilâh » est dérivé de « alaha » (adorer) et ce qui est visé est « Celui qui est adoré », alors le cheminant doit rendre son attestation formelle de limiter l’adoration à Dieu (qu’Il soit Exalté et que Sa Grandeur soit Magnifiée) conforme à l’attestation de son cœur, de son for intérieur. Et qu’il sache que s’il y a quelqu’autre adoré dans son cœur alors il est un hypocrite dans cette attestation.

    La règle de conduite à suivre

    Le cheminant vers Dieu doit faire parvenir l’attestation de la divinité au cœur par la gymnastique et démolir les petites comme les grandes idoles façonnées par les agissements du shaytân et de l’âme instigatrice [du mal] au sein du cœur, qui doivent être abattues pour convenir à la Présentation (hudûr) de la Sainte Présence.

    Tant que les idoles de l’amour pour ce monde et les affaires de ce monde sont présentes au sein du cœur, le cheminant ne trouvera pas le chemin vers l’objectif.

    Alors, l’attestation de la Divinité est l’annonce aux forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) de placer, sous leurs pieds, les objets nuls d’adoration et les objectifs tordus (déviés), pour pouvoir accéder à l’ascension de la Proximité.

    Si ce qui est visé de l’attestation de restreindre la divinité à Dieu est la Divinité au niveau des Actes, qui, en d’autres termes, fait allusion aux agissements, à la gestion, à l’influence, alors l’attestation signifie que : « J’atteste qu’il n’y a de « gouverneur » (celui qui exerce un pouvoir absolu, qui a le pouvoir et le libre usage d’agir) dans la demeure de la réalisation, d’ « influenceur » dans l’invisible et l’apparent, que l’Essence Sacrée de Dieu (qu’Il soit Magnifié et

    Exalté). »

    S’il y a dans le cœur du cheminant un crédit (le fait de compter sur) pour un existant et une assurance (être assuré par) vis-à-vis d’un serviteur/adorateur, alors son cœur est malade, et son attestation est un faux-témoignage et une invention fictive. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.3)

    Attester de n’adorer que Dieu en détruisant toutes les idoles façonnées par l’âme (instigatrice du mal) et le shaytân, provenant de l’amour pour les affaires de ce monde et pour soi-même. Reconnaître que Seul Dieu le Créateur est le Gestionnaire de ce monde.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de l’Unicité (2)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’Attestation de l’Unicité (dire :

    «Il n’y a de divinité que Dieu !») En la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

    Les règles de conduite à suivre

    D’abord, le cheminant doit se convaincre (gouverner), par l’argumentation décisive, de la vérité qu’il n’y a d’«influenceur » dans l’existence que

    Dieu, ne pas fuir les connaissances divines qui représentent l’objectif pour lequel les Prophètes ont été envoyés et ne pas abandonner le Rappel de Dieu et les Affaires de l’Essence et des Attributs.

    Car la source de l’ensemble des félicités réside dans le Rappel de

    Dieu. {Quiconque se détourne de Mon Rappel, aura une vie de misère.}.(124/20 Taha)

    Si le cheminant vers Dieu arrive, par la réflexion et l’argumentation, à la vérité de cette Subtilité divine qui est la source des connaissances divines et une des portes des vérités invisibles (ghaybiyyah), il doit ensuite familiariser le cœur de cette vérité par le rappel et la gymnastique jusqu’à ce qu’il croît. Et cela est le premier niveau de la sincérité de ce qu’il dit [de son attestation].

    Son signe (sa marque, son indice) est de se couper de toute chose vers Dieu et de se détourner (son regard) de toute envie ou espoir en l’ensemble des existants.

    Son résultat est l’Unicité au niveau des Actes qui est en vue des stations des gens de la connaissance.

    Si le cheminant a restreint l’ensemble des influences à Dieu et s’est détourné de désirer de l’ensemble des existants en dehors de l’Essence Sacrée, il conviendra alors au Lieu sacré de Présence. Même ! Son cœur sera tourné vers ce Lieu sacré de Présence, naturellement (au niveau de sa fitra) et essentiellement (au niveau de son être).

    Peut-être que la répétition de l’attestation a lieu en vue de confirmer. Dans ce cas, ce qui est visé de l’attestation est l’une des deux attestations.

    Et peut-être qu’il n’y a pas là de répétition, l’une des deux attestations indiquant la Divinité au niveau de l’Essence et l’autre la Divinité au niveau des Actes. Dans ce cas de figure, la répétition à la fin de l’iqâmat serait en vue du raffermissement.

    C’est pourquoi il n’est pas évoqué alors comme étant une attestation.

    AVERTISSEMENT GNOSTIQUE

    Sache que pour l’attestation, il y a des niveaux. Nous nous contentons d’en évoquer quelques-uns.

    Le 1er niveau : celui de la parole L’attestation au niveau de la parole est connue.

    Si cette attestation au niveau de la parole n’est pas doublée de l’attestation au niveau du cœur – même d’un des niveaux descendants – alors elle n’est pas une attestation mais une trahison et une hypocrisie, comme cela a été évoqué dans le propos rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) dans le chapitre précédent sur le « takbîr ». (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

    Après la prise de conscience et la conviction qu’il n’y a d’«influenceur» que Dieu, il faut familiariser son cœur à cette vérité en éduquant et en entraînant son âme à se détourner de tout ce qui n’est pas Dieu.

    Et en 1er lieu, au niveau de la parole.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de Dieu Unique et son lien avec l’Adhân et la prière (3)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’attestation de l’Unicité de Dieu (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») en la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

     

    AVERTISSEMENT GNOSTIQUE (suite)

    2e niveau (des actes)

    L’homme atteste de l’Unicité de Dieu au niveau des actes de ses membres. Par exemple, il fait entrer, dans le cadre de ses actes et cours de ses actions, la vérité qu’il n’y a d’« influenceur » dans l’existence que Dieu. Comme son attestation au niveau de la parole est de ne connaître d’« influenceur » que Dieu, il doit en être de même pour son plan d’action.

    C’est-à-dire, il ne doit tendre la main pour ses besoins que vers le

    Lieu sacré de la Présence de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté), ne pas ouvrir l’oeil de son espoir vers tout autre existant, faire apparaître la richesse et l’indépendance des faibles serviteurs/adorateurs et éloigner d’eux la faiblesse, l’abaissement et l’impuissance.

    Ce sens est évoqué dans beaucoup de propos rapportés comme celui-ci : « La puissance/ dignité du croyant est de se dispenser des gens. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p), Kâfî vol.2 p148)

    Parmi les choses légales recommandées, il y a de faire apparaître les bienfaits et la richesse, et de celles détestables, demander [la satisfaction] des besoins auprès des gens.

    L’homme doit pratiquer la Subtilité divine qu’il n’y a d’« influenceur » dans l’existence que Dieu dans le royaume de Son Apparence.

    3e niveau (du coeur)

    Il est la source des attestations au niveau des actes et de la parole.

    Sans lui, les deux autres ne se réalisent pas. Il consiste en ce que l’Unicité au niveau des Actes de Dieu se manifeste dans le cœur. Le cœur connait, en son for intérieur secret, la réalité de cette subtilité et se coupe de l’ensemble des existants, se sépare d’eux.

    Le pilier des propos rapportés des membres infaillibles d’Ahle al-Beit(p) sur le fait de ne pas désirer ce qu’il y a chez les gens et de désespérer d’eux d’une part et d’autre part d’avoir confiance et de compter sur Dieu (qu’Il soit

    Béni et Exalté) revient à cette station.

    Il est rapporté de l’Imâm ‘Alî fils de Hussein(p) : « J’ai vu tout le bien rassemblé dans le fait de couper tout désir de ce qu’il y a dans les mains des gens.

    Et Dieu exauce en toute chose quiconque n’attend rien des gens et qui renvoie son ordre à Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’ensemble de ses affaires.

    (de l’Imâm as-Sajjâd(p), al-Kâfî, vol.2 p148)

    Et les propos de ce genre sont nombreux.

    4e niveau (de la substance)

    Ce qui est visé en cette attestation est l’attestation existentielle et elle ne se réalise que pour l’élite des Proches Elus de Dieu.

    Et selon le point de vue de ceux là, cette attestation, selon un des sens, est présente dans l’ensemble des existants. Et peut-être que le noble verset : {Dieu atteste qu’il n’y a de divinité que Lui, ainsi que les Anges et les détenteurs du savoir.}(18/3 Ali ‘Imrân) est une indication de l’attestation au niveau substantiel.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

     

    Après le niveau de la parole, viennent ceux des actes, (de se dispenser des autres), du cœur (ne rien désirer ni attendre des autres et tout renvoyer à Dieu) et de la Substance, réservée à l’élite des Proches-Elus de Dieu.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de Dieu Unique et son lien avec l’Adhân et la prière (4)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’attestation de l’Unicité de Dieu (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») en la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

     

    APPENDICE

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) qui se mit à dire quand il entendit le début de l’adhân :

    « Le Messager de Dieu(s) était en train de dormir à l’ombre de la Ka‘bah quand l’Ange

    Gabriel vint à lui portant une coupe dans laquelle il y avait de l’eau du Paradis. Il le réveilla et lui demanda de faire les grandes ablutions avec. Puis il mit pour lui(s) dans son palanquin un million de couleurs de lumière et monta avec lui(s) jusqu’à aboutir aux portes du ciel.

    Quand les Anges le(s) virent, ils se dispersèrent loin des portes du ciel et dirent : « Deux divinités, une divinité sur terre et une divinité au ciel ?! » Dieu donna un ordre à l’Ange

    Gabriel, alors ce dernier dit : « Dieu est plus Grand ! Dieu est plus Grand !(1)»

    Les Anges revinrent aux portes du ciel et les portes s’ouvrirent.

    Il(s) entra jusqu’à aboutir au deuxième ciel.

    Les Anges se dispersèrent loin des portes du ciel. Il(s) dit : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu ! » Alors les Anges revinrent et ils surent qu’il(s) était une créature. Ensuite la porte s’ouvrit et il(s) entra. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) cité par Tafsîr al-‘Iyâshî vol1 p157)

     

    On apprend de ces propos rapportés que l’attestation de la divinité entraîne l’ouverture des portes du ciel et le déchirement de voiles et est une cause du rassemblement des Anges.

    Ce voile qui est déchiré par l’intermédiaire de l’attestation de la divinité et de sa restriction à l’Essence sacrée, fait partie des voiles épais sombres qui, si le cheminant est encore dedans, empêchent son accès vers la Présentation dans le

    Lieu de la Présence. Celui à qui cette porte ne s’ouvre pas, n’a pas de voie vers le cheminement. C’est le voile de la multiplicité des actes et la chute dans le voilement de la multitude dont le résultat est de voir l’effectivité des existants et leurs influences. Le fruit de cette façon de voir est la vision de son indépendance [de Dieu] dans l’effectivité et la procuration. Et cela est absurde, l’associationnisme le plus grandiose.

    De même [on apprend que] le résultat de l’attestation de la

    Divinité et de sa restriction à Dieu (qu’Il soit Exalté) est l’Unicité au niveau des actes, la disparition des multiplicités dans l’Acte de Dieu, la négation de l’influence et de l’effectivité pour autre [que Dieu] et le rejet de l’indépendance pour autre que Dieu (qu’Il soit Exalté).

    De ce point de vue, les Anges sont sortis du voile de la multiplicité (« une divinité dans le ciel et une divinité sur terre ») par l’intermédiaire de cette attestation, et sont revenus à la familiarité et au rassemblement après l’éparpillement et la dispersion. Les portes du ciel s’ouvrirent.

    Le cheminant doit faire de même pour son âme. Il doit déchirer, par cette attestation, le voile ténébreux, ouvrir les portes du ciel et éviter ce voile grandiose qui est l’indépendance [de Dieu], pour se rapprocher de la voie de l’ascension vers les degrés de la Proximité.

    Et cette réalité ne se réalise pas avec le remuement de la langue et le rappel au niveau de la parole. C’est pour cela que nos actes d’adoration ne dépassent pas la limite de la forme et de ce monde, que la porte ne s’ouvre pas pour nous et que le voile ne se soulève pas !

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

    (1) « Allâhu Akbar ! » : « Dieu est plus Grand » et non « le plus grand » comme cela est souvent traduit à tort.

    L’attestation de la Divinité entraîne l’ouverture des portes du ciel et le déchirement de différents voiles, de ceux de la multiplicité jusqu’à ceux de lumière.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (1)

    Toujours à propos des règles de conduite à suivre concernant l’adhân et l’iqâmah.

    L’accomplissement du voyage spirituel et l’ascension de la foi sont impossibles avec des jambes cassées, la bride relâchée, les yeux aveuglés et le cœur où ne brille aucune lumière. {Celui en qui Dieu n’a placé aucune lumière, n’a pas de lumière}. (40/24 La Lumière)

    Ce qui est inévitable et nécessaire pour le parcours de ce chemin spirituel et l’ascension de ces degrés gnostiques, est de s’accrocher à la station spirituelle des guides des voies de la connaissance et des lumières des chemins de la guidance, qui sont ceux qui sont arrivés à Dieu et se sont donnés à Lui. Si quelqu’un veut parcourir ce chemin des pas de l’égoïsme, de lui-même, sans s’accrocher à leur allégeance, alors sa marche est vers le shaytân et l’abîme.

    (…)

    L’empoignement (qabid) de l’existence et le retour au Principe (à

    Dieu) a besoin d’un intermédiaire sans lequel la connexion ne s’établit pas. De même, ne se réalise pas le lien des cœurs déficients et contraints et des esprits descendants et limités avec le Parfait (qui est au-dessus de l’entier), l’Absolu sous l’ensemble des aspects sans les intermédiaires spirituels et les attaches invisibles (ghaybiyyah).

    Si quelqu’un s’imagine que Dieu (qu’Il soit Exalté) est Sustentateur pour tout existant et Enveloppant tous les univers sans intermédiaire comme cela est indiqué dans le noble verset : {Il n’y a pas d’animal rampant qu’Il ne tienne par son toupet}(56/11 Hûd), il se trompe.

    Il a confondu les stations et s’est embrouillé dans les considérations.

    Il a mélangé la station de la multiplicité des niveaux de l’existence avec la disparition des déterminations.

    Et ce sujet n’a pas de relation essentielle avec ce message.

    En gros, l’attachement aux bienheureux élus qui ont été bien dirigés sur le chemin de l’ascension vers les degrés et qui ont achevé le cheminement vers Dieu, fait partie des corollaires du cheminement vers Dieu (comme cela est beaucoup indiqué dans les nobles propos rapportés). Le livre « Wasâ’il » a réservé un chapitre à l’annulation des actes d’adoration sans l’allégeance

    (wilâyah) aux Imâms et sans la croyance en leur Imâmat.

    Il est rapporté de Mohammed fils de Muslim :

    « J’ai entendu Bâqer al-‘ulûm (l’Imâm al-Bâqer(p)) dire : « Sache, ô Mohammed ! que les Imâms de l’iniquité et ceux qui les suivent sont isolés loin de la Religion de Dieu. Ils se sont égarés et ils égarent. Les actes qu’ils effectuent sont {comme de la cendre violemment frappée par le vent un jour de tempête. Ils ne pourront rien profiter de ce qu’ils ont acquis. Cela est l’égarement très éloigné}.(18/14 Ibrahim)»»(de l’Imâm al-Bâqer(p), al-Kâfi, vol.1 p184)

    Et dans un autre propos rapporté d’Abû Ja‘far(p) également :

    « Si un homme reste éveillé la nuit, jeûne le jour, donne en aumône tous ses biens, fait le hajj tous les ans de sa vie et ne connait pas l’allégeance au walî de Dieu pour lui prêter allégeance et pour que l’ensemble de ses actes lui reviennent par son indication, Dieu ne lui doit aucune récompense et il ne fait pas partie des gens de la foi. » (de l’Imâm al-Bâqer(p), al-Kâfi, vol.2 p19)

    Il est rapporté d’Abû Hamzeh ath-Thumâlî :

    « L’Imâm ‘Alî fils de Hussein, Zayn al-‘Abidîn(p), nous demanda :

    « Quel est le meilleur endroit ? »

    Je lui répondis : « Dieu et Son Messager savent mieux. » Il(p) dit :

    « Le meilleur endroit est entre le pilier et la station. Si un homme a vécu le nombre d’années qu’a vécu Nûh avec son peuple, mille ans moins cinquante ans, a jeûné le jour et veillé la nuit en cet endroit et qu’ensuite, il rencontre Dieu sans nous avoir prêté allégeance, cela ne lui sera d’aucun profit.» » (de l’Imâm as-Sajjâd(p), Mâ lâ yahduruhu de sh. Sadûq, vol.2 p245)

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    L’accomplissement du voyage spirituel et de l’ascension de la foi pour des gens comme nous est impossible sans les intermédiaires spirituels, c’est-à-dire sans l’allégeance au Messager de Dieu(s) et aux Imâms(p) de sa famille (la wilâyah).

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (2)

    Nous avons vu l’importance de l’attestation de l’envoi du Prophète Mohammed(s) comme Messager de Dieu et de l’allégeance à lui(s) et aux Imâms de sa descendance. Il nous reste à voir les règles morales de conduite concernant cette attestation.

    La règle morale de conduite de l’attestation du Message est de faire la parvenir au cœur ainsi que la grandeur du Message provenant de Dieu, et plus particulièrement le dernier message dont le cercle de l’existence en son entier, sans exception, des mondes de l’invisible (ghayb) et de la vision

    (shuhûd), bénéficie, du point de vue de la constitution, de la législation, de l’existence et de la guidance, des chutes des matières de ses bienfaits.

    Le noble maître [le Prophète Mohammed(s)] est l’intermédiaire pour l’Effusion divine, le lien entre Dieu et la création. Et s’il n’y avait pas eu la station de sa spiritualité et de son allégeance (wilâyah) absolue, aucun existant n’aurait pu profiter de la station de l’invisible de l‘Un (maqâm al-ghayb al-ahadî), ni l’Effusion de Dieu n’aurait atteint un des existants, ni la lumière de la guidance n’aurait rayonné dans un des mondes apparents et intérieurs (en profondeur).

    Ce maître est certes la lumière qui est évoquée dans le verset coranique : {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre}. (35/24 La Lumière)

    Ainsi, si la grandeur de la législation de la Religion et du Messager du Seigneur des mondes est entrée dans le cœur de l’individu, l’importance et la grandeur de ses jugements et de ses règles y entrent également.

    Si le cœur a connu leur grandeur, alors l’ensemble des autres forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) lui sont soumises et la loi sacrée est appliquée par l’ensemble du royaume humain.

     

    MOT SPIRITUEL

    Dans un long hadîth, l’Imâm as-Sâdeq(p) évoque en détail la prière de l’ascension. Le Messager de Dieu(s) était monté au ciel avec l’Ange Gabriel(p) dans un palanquin de lumière que Dieu avait fait descendre sur lui(s).

    « Ensuite il monta avec moi au troisième ciel. Les Anges se dispersèrent aux extrémités du ciel, tombèrent prosternés et dirent : « Très Glorifié ! Très

    Saint ! Seigneur des Anges et de l’Esprit ! Quelle est cette lumière qui ressemble à la Lumière de notre Seigneur ? »

    Gabriel(p) dit : « J’atteste que Mohammed est le Messager de

    Dieu ! J’atteste que Mohammed est le Messager de Dieu ! »

    Alors les Anges se regroupèrent et les portes du ciel s’ouvrirent.

    Ils dirent : « Bienvenue au premier et bienvenue au dernier ! Bienvenue à celui qui rassemble et bienvenue à celui qui répand, Mohammed, le sceau des Prophètes et ‘Alî, le meilleur des Légataires ! » Le

    Messager de Dieu(s) dit : « Ils me saluent et ils m’interrogent sur mon frère ‘Alî ! » (…)

    Ensuite il monta avec moi jusqu’au quatrième ciel. Les

    Anges ne dirent rien et j’entendis un bourdonnement comme s’il était dans les poitrines. Les Anges se rassemblèrent et les portes du ciel s’ouvrirent.

    Les Anges tombèrent prosternés et l’Ange Gabriel(p) dit :

    « Accourez à la prière ! Accourez à la prière ! » jusqu’à la fin de l’iqâmat.» (de l’Imâm as-Sâdeq(p) de ‘Illal ashshirâ‘ i cité par al-Bihâr, vol.18 p356 H66)

    Dans l’interprétation du Coran d’al-‘Iyâshî, se trouve un propos proche quant à son contenu.

    Nous verrons la prochaine fois le commentaire qu’a fait l’Imâm al-

    Khomeynî(qs) de ce propos rapporté.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Le Prophète Mohammed(s) est l’intermédiaire pour l’Effusion divine, le lien entre Dieu et la création. Sans son allégeance (wilâyah) absolue, aucun existant n’aurait pu profiter de la station invisible de l’UN (maqâm alghayb

    al-ahadî). Et la règle de conduite : faire parvenir au cœur la grandeur du Message de Dieu, de Sa Législation et de Ses Jugements.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (3)

    Nous avons publié la dernière fois la traduction d’un propos rapporté relatant l’ascension du Prophète aux cieux et son arrivée au troisième ciel. Voici l’interprétation de l’Imâm al-Khomeynî(qs) de ce passage concernant cette attestation du Message du Prophète Mohammed(s).

    On peut voir dans ce propos, que les Anges de l’ensemble des cieux ne purent supporter la vision de la Beauté de

    Mohammed (ahmadî), qu’ils tombèrent prosternés à la vue de sa lumière sainte, se dispersèrent et s’imaginèrent qu’il était la Lumière de la Vérité (Dieu)

    Absolue.

    Ce sont les parties de l’adhân et de l’iqâmah récitées par l’Ange Gabriel(p) qui les firent revenir à la familiarité. Les portes du ciel s’ouvrirent et les voiles se soulevèrent.

    Le cheminant vers Dieu doit sortir du voilement par cette attestation.

    Et par l’attestation du Message, il sort entièrement du voilement de la détermination de la création. Et cela parce que la station du Message, qui s’est fixé en la plus noble des créatures, est la disparition absolue et l’indépendance totale : le dernier message absolu est la Lieu-tenance (al-khilâfat) divine, intermédiaire, la plus grande. Cette Lieutenance est la Lieu-tenance dans l’apparition, la manifestation, la constitution et la législation. Et il n’y a pas, pour le Lieu-tenant, une quelconque indépendance ou détermination de lui-même. Sinon la Lieu-tenance se transformerait en fondamentalité et cela n’est possible pour aucun existant.

    Ainsi, le cheminant doit faire atteindre la station de la Lieu-tenance la plus grande de Mohammed (al-Ahmadî) au fond de son cœur et de son esprit.

    Par son intermédiaire, les voiles se découvrent, le rideau se déchire et le cheminant vers Dieu sort totalement des voiles de la détermination de la création.

    Toutes les portes du ciel s’ouvrent et il arrive au but sans aucun voile.

    REMARQUE JURIDIQUE et PRINCIPE GNOSTIQUE

    Il est rapporté dans certains propos qui ne sont pas pris en considération que l’on doit dire après l’attestation du Message dans l’adhân : « J’atteste que ‘Alî est le « walî » de Dieu ! » deux fois.

    Et dans certains propos rapportés, il est dit de dire :

    « J’atteste que ‘Alî est le Prince des croyants ! » deux fois. Et ailleurs encore : « Mohammed et la famille de Mohammed sont les meilleurs gens sur terre ! ».

    Sheikh Sadûq les a rejetés, les considérant comme mensongers.

    Et ce qui est connu parmi les savants est de ne pas tenir compte de ces propos rapportés.

    Cependant, certains savants récents ont placé cette attestation concernant l’Imâm ‘Alî(p) commeune partie recommandée du point de vue de l’indulgence dans les preuves des traditions. Et cette parole n’est pas loin d’être juste.

    Mais l’effectuer avec l’intention de la Proximité absolue est préférable et plus précautionneux parce qu’il est recommandé de réciter, après l’attestation du

    Message, l’attestation de la wilâyah et de l’émirat des croyants.

    Cela est évoqué dans le propos de l’Imâm as-Sâdeq(p), rapporté de Qâssem fils de Mu‘awwiyyah et cité dans al-ihtijâj de sh. Tabursî [que nous allons voir la prochaine fois].

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Par l’attestation du Message, le cheminant vers Dieu sort entièrement du voilement de la détermination de la création, parce que le dernier Message absolu est la Lieu-tenance divine, la plus grande et intermédiaire.

    Et cela, en la faisant au niveau de son cœur et de son esprit.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (4)

    Nous avons abordé la dernière fois la question de l’attestation de la « wilâyah » après celle du Message du Prophète Mohammed(s). Nous allons l’achever cette fois-ci avec la traduction d’un propos de l’Imâm as-Sâdeq(p) rapporté par Qâssem fils de Mu‘âwiyya.

    REMARQUE JURIDIQUE et PRINCIPE GNOSTIQUE (suite)

    Il est rapporté de Qâssem fils de Mu‘âwiyya de l’Imâm as-Sâdeq(p), dans un propos cité dans al-Ihtijâj de sheikh Tabursî :

    « Je dis à Abû Abdallah : « Ceux-là rapportent un hadîth à propos de leur « Ascension » [disant] que quand Il fit voyager de nuit le Messager de Dieu, ce dernier vit inscrit sur le Trône :

    « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, Abû Baker le sincère ! » »

    Il(p) me répondit : « Gloire à Dieu ! Ils ont tout changé, même cela !? »

    Je lui dis : « Oui ! »

    Il(p) continua : « Quand Dieu Tout-Puissant créa le Trône, Il inscrivit dessus : « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, ‘Alî Prince des croyants ! » Quand Dieu, Tout-Puissant, créa l’eau, Il inscrivit dans son courant : « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, ‘Alî

    Prince des croyants ! » »

    Ensuite le propos rapporté évoque l’inscription de ces mots sur les pieds du Trône et le Tableau, sur le front d’Isrâfîl, sur les ailes de l’Ange Gabriel, sur les flancs des cieux, la face des terres, le sommet des montagnes, sur le soleil et sur la lune.

    Puis l’Imâm as-Sâdeq(p) continua en disant :

    « Alors si l’un d’entre vous dit : « Point de divinité autre que Dieu ! Mohammed Messager de Dieu ! », alors qu’il dise : « ‘Alî Prince des croyants ! » »

    (de l’Imâm as-Sâdeq(p) in al-Ihtijâj de sheikh Tabursî, vol.1 p158)

    Ainsi, ce noble rappel [« ‘Alî Prince des croyants ! »] est recommandé après l’attestation du Message, de façon absolue.

    Dans les parties de l’adhân, il n’est pas loin qu’il soit recommandé de façon spécifique.

    Mais la précaution entraîne qu’on le dise avec l’intention de « la proximité absolue », non pas d’être « recommandée de façon spécifique pour l’adhân » à cause du démenti de ces propos rapportés des grands savants érudits.

    Quant au sens gnostique de l’inscription de ces mots sur l’ensemble des existants, du Trône le plus élevé jusqu’à l’extrémité des terres, c’est que la réalité de la Lieu-tenance et de la Wilâyah est l’apparition de la

    Divinité, qu’elle est le principe et la perfection de l’existence.

    Tout existant a une part de l’Existence, une part de la Réalité de la Divinité et de Son Apparition qui est la réalité de la Lieu-tenance et de la Wilâyah.

    Et cette Subtilité divine est immuable sur le toupet de l’ensemble des êtres, des mondes de l’invisible (ghayb) à l’extrême monde du manifeste.

    Elle est la Réalité de l’existence étendue, le Souffle miséricordieux, le Droit par lequel Dieu a créé la création et qui est, en soi, le fond du sceau de la Lieu tenance et de la « wilâyah » alawite absolue. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Il est recommandé de dire, après l’attestation du Messager de Dieu(s), que ‘Alî(p) est le Prince des croyants.

    Derrière cette attestation, des secrets sur la Réalité de l’Existence et de son perfectionnement, sur le sens fondamental de la Lieu-tenance divine.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (1)

    Après avoir fait comprendre à son coeur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah, le cheminant est arrivé à l’annonce du début de la prière et à la découverte de ses règles de conduite particulières.

    Si le cheminant vers Dieu a annoncé, par les « takbirât »,

    -la Grandeur de Dieu, Très-Elevé au-dessus de toute qualification et par l’attestation de la

    Divinité,

    -la restriction de l’Attribution [de la Divinité], de la Louange, même ! de toute influence à

    Dieu, s’il a soustrait de son âme toute capacité d’accomplir l’ordre, s’il a choisi le compagnon et l’accompagnateur par l’attestation du Message et de la Wilâyah, s’il s’est accroché à la station sacrée de la Lieu-tenance et de la Wilâyah, (comme il est dit : le compagnon puis le chemin), s’il a fait tout cela, il doit préparer les forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) pour la prière.

    Il leur annonce la présentation par la parole « Accourez à la prière ! » et sa répétition est pour l’éveil complet ; ou l’un des deux pour les forces intérieures du royaume et l’autre pour les forces extérieures du royaume parce que les deux vont faire ce voyage avec l’être humain.

    La règle de conduite dans cette situation est qu’il fasse comprendre à son cœur, à ses forces et à l’intérieur de son cœur que [le moment de] la Présentation s’est approché, afin qu’il se prépare et observe ses règles de conduite formelles et morales avec une extrême précision.

    Ensuite, il annonce le secret de la prière et son résultat global par la parole « Accourez à la réussite ! » « Accourez à la meilleure action ! » pour éveiller la nature première (la fitra), parce que la réussite et le succès sont la félicité absolue.

    Et la « fitra » de l’ensemble de l’humanité aspire à la félicité absolue.

    La « fitra » recherche la perfection, demande le repos. Et la félicité véritable est la perfection absolue et le repos absolu.

    Et la félicité arrive dans la prière qui est le meilleur des actes au niveau du contenu et du contenant, de l’apparition et de l’intérieur.

    Car, la prière est :

    selon l’apparence : le grand Rappel, la Synthèse, la Louange du Nom le plus

    Grandiose, rassemblant l’ensemble des affaires divines.

    C’est pourquoi l’adhân et l’iqâmah commencent par

    Dieu et se terminent par Dieu, que se répètent « Dieu est plus Grand » dans l’ensemble des états de la prière et de ses passages (d’une position à une autre), et qu’arrivent, durant la prière, les trois proclamations d’Unicité qui sont le plaisir des yeux des Proches-Elus. Sont mélangés en elle la forme de la disparition absolue et le total retour.

    et selon l’intérieur et la vérité : l’ascension de la Proximité de

    Dieu et la réalité de l’ « Arrivée » à la Beauté absolue du Beau et la disparition dans Son Essence sacrée que désire ardemment la

    «fitra».

    Par la prière, arrivent la totale assurance, le repos absolu et la totale félicité rationnelle. {N’est-ce pas par le Rappel de Dieu que se tranquillisent les cœurs ?} (28/13 Le Tonnerre)

    La perfection absolue, qui est l’arrivée à l’Esplanade [la

    Proximité] de Dieu, le contact avec la mer obligatoire, infinie, la vision de la Beauté éternelle et l’absorption dans la mer de la Lumière absolue, arrive durant la prière.

    Se réalisent également le repos absolu, la détente absolue, l’assurance totale, les deux piliers de la félicité. La prière est la réussite absolue. Elle est le meilleur des actes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie I Chap.5 pp154-155)

    Le cheminant doit faire comprendre à son cœur que le moment de la Rencontre est arrivé. Il va découvrir la félicité dans la prière à laquelle sa nature fondamentale (sa fitra) aspire, et les secrets de son lotissement dans la prière.

     

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (2)

    Après avoir fait comprendre à son cœur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah, le cheminant est arrivé à l’annonce du début de la prière et à la découverte de ses règles de conduite particulières.

    Le cheminant vers Dieu doit faire comprendre au cœur cette

    Subtilité divine par la répétition et le rappel total, et (par eux) la fitra s’éveille. Parce que, quand cette subtilité est évoquée, la fitra, dans la mesure où elle recherche la perfection et le bonheur, fait attention à elle, veille sur elle et l’observe.

    Et dans sa répétition il y a des secrets.

    Quand le cheminant est arrivé à cette station, il annonce la présence : « La prière va commencer ! »

    Et en annonçant que la prière va commencer, le cheminant doit se voir en présence du Roi des rois dans les mondes de l’Existence, du Sultan des sultans, le Très- Grandiose Absolu.

    En même temps, il doit faire comprendre à son cœur l’importance de cette Présence qui est due totalement (et uniquement) à la déficience et au manquement du possible(1).

    Il se dirige vers le Lieu de Présence, en étant très intimidé de ne pouvoir assumer l’ordre, il avance d’un pas de peur et d’espoir.

    Il se rend chez le Très-Noble n’ayant aucune provision ni monture. Il voit son cœur vide du salut et il ne considère pas ses actes comme de bonnes actions ni comme méritant d’être évoqués [c’est-à-dire ayant quelque valeur].

    Si cet état s’affermit dans le cœur, alors on peut espérer qu’il va être l’objet d’une Bienveillance.

    {N’est-ce pas Lui Qui satisfait le nécessiteux quand il Le sollicite et qui dissipe le mal ?}.(28/13 Le Tonnerre)

    RÉCITER L’ADHÂN ET L’IQÂMAH AVANT LA PRIÈRE

    Il est rapporté de l’Imâm as- Sâdeq(p) :

    « Si tu récites l’adhân et l’iqâmah [avant la prière], deux rangées d’Anges prient derrière toi et si tu ne récites que l’iqâmah [avant la prière], une rangée d’Anges prie derrière toi. »

    al-Kâfî » vol.3 p303)

    Les rapports de ce genre sont nombreux. Et dans certains propos rapportés (ikhbâr), il est précisé que :

    « La longueur d’une rangée se situe entre l’Est et l’Ouest. »

    (Mâ lâ yahduruhu al-faqîh, vol.1 p287)

    Dans « Thawâb al-a‘mâl », Abû Abdallah (l’Imâm as-

    Sâdeq(p)) dit :

    « « Celui qui prie [après avoir récité] l’adhân et l’iqâmah, deux rangées d’Anges prient derrière lui et celui qui prie [après avoir récité] l’iqâmah sans l’adhân, une rangée d’Anges prie derrière lui.»

    Je lui demandai : « Quelle est la longueur d’une rangée ? »

    Il(p) répondit : « Au moins entre l’Est et l’Ouest et au plus, entre le ciel et la terre. » »

    Thawâb al-a‘mâl » p33)

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.5)

    Par les répétitions dans l’Adhân et l’Iqâmah, la nature fondamentale (la fitra) du cheminant s’éveille. Et la prière va commencer. Avant, un dernier coup d’œil sur les bienfaits de l’Adhân et de l’Iqâmah dans les propos rapportés des Infaillibles(p).

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (3)

    Le cheminant vers Dieu a fait comprendre à son coeur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah et est arrivé à l’annonce du début de la prière. Nous continuons de citer les propos rapportés concernant la récitation de l’adhân et de l’iqâmah avant de commencer la prière.

     

    RÉCITER L’ADHÂN ET L’IQÂMAH AVANT LA PRIÈRE

    Dans certains propos rapportés, il est dit :

    « Celui qui récite l’iqâmah sans l’adhân [avant la prière], un

    [Ange, ou une rangée d’Anges] prie à sa droite et un [Ange, ou une rangée d’Anges] prie à sa gauche. »

    Et il existe encore d’autres nouvelles de ce genre. Sans doute, les différences entre les nouvelles correspondent-elles aux différences entre les prieurs au niveau des connaissances, de la sincérité, comme on peut le déduire de certains propos rapportés, comme celui-ci effectué avec l’adhân et l’iqâmah en terre pauvre (désertique).

    EN CONCLUSION

    En gros, si le cheminant vers Dieu se voit un Imâm [Imâm de la prière, c’est-à-dire dirigeant la prière] pour les Anges de Dieu et un Imâm pour ses forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah), s’il a regroupé par l’adhân et l’iqâmah, ses forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah), et que les

    Anges se sont réunis autour de lui, alors… il doit rendre le cœur – qui est la meilleure force de l’apparent et de la profondeur, l’intercesseur des autres forces

    – un guide (Imâm), réellement, dans la mesure où il est le garant de la récitation (du Coran) pour ceux qui le suivent, les porte sous sa responsabilité !

    Il doit faire très attention à lui-même, d’une attention totale, s’observer d’une jolie observation pour que soient préservés le Lieu de la Présence et la Présence, et appliquer les règles de conduite de la station sacrée.

    Il doit saisir l’occasion de cette réunion sacrée, pour magnifier l’orientation des

    Anges de Dieu et leur soutien, pour faire connaître les bienfaits du véritable Maître des Bienfaits !

    En même temps, il doit présenter son impuissance et son manquement à remercier Dieu (qu’Il soit Glorifié !) pour ces bienfaits grandioses à Sa Station Sacrée, parce qu’Il est le Maître des Bienfaits.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie I Chap.5)

    Les bienfaits de réciter l’Adhân et l’Iqâmah avant la prière : la présence d’Anges qui prient à ses côtés en plus de tous les bienfaits de la préparation de son cœur à la prière, à la Rencontre avec le Bien-Aimé, à la présence devant Dieu (qu’Il soit Glorifié).

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    1-A propos du secret global du « Qiyâm » (1)

    Après avoir vu les règles de conduite à suivre pour l’adhân et l’iqâmah, nous allons aborder le début de la prière, à commencer par la position debout, « al-qiyâm ».

    Les gens de la connaissance voient dans la station debout une indication de l’Unicité au niveau des Actes – tout comme l’inclination est, pour eux, une indication de l’Unicité au niveau des Attributs et la prosternation une indication de l’Unicité au niveau de l’Essence.

    Quant au fait que la station debout est une indication de l’Unicité au niveau des Actes, ils le tirent du fait que la position debout l’indique d’elle-même

    -1)par dénomination et

    -2)par prononciation durant la lecture [la récitation du Coran].

    1)La station debout est une indication de l’Unicité au niveau des Actes par dénomination

    La station debout indique le dressement du serviteur/ adorateur en Dieu et la Station de la Sustentation de Dieu qui est la Manifestation de l’Effusion sacrée et la Manifestation au niveau des actes.

    Dans cette station, l’Efficience (l’Action) de Dieu apparait et l’ensemble des existants se perdent dans la

    Manifestation efficiente (active) et disparaissent sous Son Orgueil apparent.

    La ligne de conduite gnostique pour le cheminant vers Dieu dans cette station est :

    qu’il rappelle au cœur la vérité de l’Effusion sacrée ;

    qu’il fasse parvenir au fond du cœur une proportion de la Sustentation de Dieu et le dressement de la création en Dieu.

    Si cette vérité s’est stabilisée dans le cœur du cheminant, alors sa récitation [du Coran] se fait de la Langue de Dieu et Celui qui évoque et Ce qui est évoqué deviennent l’Essence de Dieu.

    Certains secrets d’al-Qadr (la mesure) se découvrent au cœur du savant, ainsi que le sens de « Tu es comme Tu Te loues Toi même » et « Je cherche protection auprès de Toi, de Toi », selon certains niveaux.

    Et le cœur du savant découvre des secrets de la prière.

    Comme quand on regarde la position de la prosternation – qui est la terre, le développement fondamental, la soumission de l’esclave et le baissement de la tête (le corollaire de la soumission)

    – elle est une indication de l’abaissement, de l’indigence du possible et de la disparition sous la Puissance de l’Orgueil et de

    Son Pouvoir :

    {Ô vous les gens ! Vous êtes les indigents (ayant besoin) de Dieu et Dieu, Lui, est le Riche, le Digne de Louange}.(15/35 Fâter)

    2)Quant au fait que dans la récitation du Coran, il y a une indication de l’Unicité au niveau des Actes par prononciation (par des mots)

    Ce point est abordé en détail dans l’interprétation de la sourate al-Hamd. (Cf la traduction des interprétations de cette sourate al- Hamd (ou al-Fatiha) dans les numéros de la revue Lumières Spirituelles de 0 à 3).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.1)

     

    La station debout de la prière est une indication de l’Unicité au niveau des

    Actes. La ligne de conduite à suivre pour le cheminant est de rappeler cette vérité au cœur et de la faire parvenir en son fin fond intérieur.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (1)

    Après avoir vu les règles de conduite à suivre pour l’adhân et l’iqâmah, nous continuons de voir les règles concernant le début de la prière, et en premier lieu la position debout, « al-qiyâm ».

     

    RÈGLES DE CONDUITE À SUIVRE PRENDRE EXEMPLE DES INFAILLIBLES(p)

    Le cheminant vers Dieu doit :

    se voir se présentant dans le Lieu de la Présence de Dieu ;

    considérer le monde comme le Lieu de la Présence de la Seigneurie ;

    se compter parmi les présents de l’Assemblée se dressant devant Dieu ;

    faire parvenir à son cœur la Grandeur de Celui qui est Présent et le Lieu de Présence ;

    faire comprendre au cœur l’importance de l’entretien intime avec Dieu (qu’Il soit Exalté) et sa grandeur ;

    préparer son cœur avant de se rendre à la prière par la réflexion et la méditation ;

    lui faire comprendre la grandeur de ce qui est demandé ;

    l’obliger à l’humilité, à l’abaissement, à l’assurance, à la crainte, à la peur, à l’espoir, à l’humiliation, à l’indigence ;

    engager son cœur à observer ces choses et à les sauvegarder jusqu’à la fin de la prière.

    Malheureusement pour nous ! Nous sommes des gens de l’insouciance, de l’ivresse de la nature, des prétentieux sans raison, des lieutenants du shaytân ignoble dans l’ensemble des choses. Nous ne nous réveillons jamais du lourd sommeil ni ne sortons de l’oubli permanent.

    Nous ne tirons nullement profit des stations des Imâms de la Guidance et de leur connaissance !

    Nous nous satisfaisons de l’écorce et de la forme de leur histoire et nous détournons totalement nos regards de ce qui est le but de l’envoi des Prophètes(p).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    La principale règle est de faire comprendre à son cœur la grandeur, voire la gravité de ce qui lui est demandé.

    Et pour cela, prendre exemple sur les Infaillibles(p), sur comment ils(p) se comportaient au moment de la prière.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (2)

    Nous avons commencé à évoquer des règles concernant le début de la prière, et en premier lieu, celles concernant la position debout, « al-qiyâm ». Voici des propos rapportés sur ce sujet.

    « Peut-être que certains frères croyants se rappelleront ».

    DES EXEMPLES DES INFAILLIBLES(p)

    Du Messager de Dieu(s) :

    « Adore Dieu comme si tu Le voyais, car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit.» du Messager de Dieu(s), Misbâh ash-Sharî‘at p8, al-Kâfî, vol.3 p134

    De l’Imâm as-Sajjâd(p) :

    « Quant aux droits de la prière, c’est que tu saches qu’il s’agit de se rendre chez Dieu et que tu te dresses durant [la prière] devant Dieu.

    Alors, si tu as su cela, tu seras à même de te tenir de la station du serviteur soumis, désireux, craintif, peureux, espérant, indigent, suppliant, magnifiant la station de Celui qui est devant lui, avec calme et gravité, humble aux extrémités, souple au niveau des bras, menant, en lui-même, de bons entretiens intimes avec Lui, Lui demandant de le libérer du joug des fautes qui l’ont entouré, des péchés qui l’ont mené à la perte. Il n’y a de force qu’en Dieu. » de l’Imâm as-Sajjâd (p), Risâlat al-Huqûq cité dans al-Mustadrak, vol 4 p93

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Quand ‘Alî fils de Hussein(p) s’apprêtait à prier, il changeait de couleur. Quand il se prosternait, il ne levait la tête que couvert de sueur. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) citant son père, l’Imâm al-Bâqer(p), Bihâr, vol 46 p64 H.23

    De l’Imâm as-Sâdeq(p) également :

    « Mon père disait que ‘Alî fils de Hussein(p) était comme un tronc d’arbre quand il se mettait à prier.

    Rien ne bougeait de lui sauf ce que le vent faisait bouger. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) citant son père, l’Imâm al-Bâqer(p), Bihâr, vol 46 p64 H.22

    Et de lui(p) également :

    « Je dis à Abû Abdallah(p) que j’avais vu ‘Alî fils de Hussein(p) changer de couleur quand il se levait pour la prière.

    Il(p) me dit : « Par Dieu ! ‘Alî fils de Hussein savait devant

    Qui il se dressait. » » de l’Imâm as-Sâdeq(p), ‘Illal ash-shirâ‘, vol 1 p231

    De l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Si tu veux accomplir la prière, alors ne le fais pas avec paresse, à moitié endormi, ni en te pressant ni avec négligence.

    Mais rends-toi à la prière calmement, avec un air grave, sans te presser, avec abaissement, soumission et humilité devant Dieu (Tout-

    Puissant) et avec crainte.

    [Qu’apparaissent], sur toi, la crainte et les marques de la peur.

    [Sois] plein d’espoir et de crainte, [oscillant entre] l’assurance et la peur, en faisant attention.

    Alors, tiens-toi debout devant Lui, comme le serviteur/ adorateur, l’esclave pécheur, devant son Maître.

    Aligne tes pieds, tiens-toi droit et ne tourne ni à droite ni à gauche. Considère que tu Le vois car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit. »

    de l’Imâm ar-Ridâ(p),

    Fiqh ar-Ridâ, p101

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    De l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Si tu veux accomplir la prière, alors ne le fais pas avec paresse, à moitié endormi, ni en te pressant ni avec négligence.

    Mais rends-toi à la prière calmement, avec un air grave, sans te presser, avec abaissement, soumission et humilité devant Dieu (Tout-

    Puissant) et avec crainte.

    [Qu’apparaissent], sur toi, la crainte et les marques de la peur.

    [Sois] plein d’espoir et de crainte, [oscillant entre] l’assurance et la peur, en faisant attention.

    Alors, tiens-toi debout devant Lui, comme le serviteur/ adorateur, l’esclave pécheur, devant son Maître.

    Aligne tes pieds, tiens-toi droit et ne tourne ni à droite ni à gauche. Considère que tu Le vois car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit. »

    de l’Imâm ar-Ridâ(p),

    Fiqh ar-Ridâ, p101

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (3)

    Nous continuons d’évoquer certains propos rapportés sur le comportement des Imâms(p) lors de leurs prières.

    DES EXEMPLES DES INFAILLIBLES(p) (fin)

    « La prière n’est complète que pour celui dont le tout est pur, toute la [prière] est éloquente, non médisante ni déviée ; qui, ayant su, s’est maintenu [devant Dieu], qui s’étant abaissé [devant Lui] s’est affermi ; qui s’est maintenu entre le désespoir et l’envie, entre la patience et l’angoisse comme si la promesse [le Paradis] est faite pour lui et la menace [l’Enfer] tombée sur lui ; qui abaisse son honneur et se représente Le Sien ; qui déploie des efforts en Dieu ; qui se donne de tout cœur à Lui, non pas par contrainte et qui coupe les liens de la préoccupation par ce qui est en soi pour Lui un but, vers Lui une aide et de Lui une demande. Alors s’il arrive à cela, la prière est celle qui fut ordonnée et qui fut annoncée. Elle est cette prière qui interdit le turpide et le blâmable. » de l’Imâm as-Sâdeq(p), Falâh as-Sâ’il cité dans al-Bihâr, vol 47 p146 H33

     

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre concernant la position debout (al-Qiyâm)

    Et dans ‘Udat ad-Dâ‘î, il est rapporté que « l’on pouvait entendre les implorations (gémissements) du

    Prophète Ibrahim(p) jusqu’à un mile, au point que Dieu (Tout-Puissant) le loua par Sa Parole : {Ibrahim était certes plein de mansuétude, très implorant et repentant} (75/11 Houd).

    Durant sa prière, on [pouvait] entendre un grondement comme le grondement d’une marmite. De même, on [pouvait] l’entendre de la poitrine de notre Maître, le Messager de Dieu(s). Et Fâtimah az-Zahra’(p) perdait son souffle durant la prière, de crainte de Dieu. »

    ‘Udat ad-Dâ‘î, cité par Bihâr, vol.81 p258

    Il existe de nombreux propos rapportés de ce genre. Mais ce qui a été évoqué suffit pour que les gens du rappel et de la réflexion puissent réfléchir sur ce qui se rapporte aux règles de conduite, que ce soit sur le plan formel ou au niveau du cœur et de la morale, ainsi que sur la façon de se tenir devant Dieu.

    En premier lieu, réfléchir sur les états de ‘Alî fils de Hussein(p), sur ses entretiens intimes avec Dieu (qu’Il soit Exalté), sur ses invocations subtiles qui apprennent aux serviteurs de Dieu, les règles de conduite de l’adoration/soumission.

    Je ne dis pas que leurs entretiens intimes étaient pour enseigner aux serviteurs. Ce serait un propos erroné, vide de sens, provenant de l’ignorance de la station de la Seigneurie et des connaissances d’Ahle al-Beit(p).

    En effet leur peur et leur crainte étaient bien supérieures à celles de l’ensemble des gens. La Grandeur et la Majesté de Dieu se manifestaient dans leur coeur bien plus que chez tous les autres.

    Mais je dis que les serviteurs de Dieu doivent apprendre d’eux(p) la façon de se soumettre à Dieu et de se comporter avec Lui (qu’Il soit

    Exalté). Car, quand ils(p) récitaient leurs invocations et leurs entretiens intimes, leur lecture n’était pas qu’un remuement de lèvres mais ils(p) réfléchissaient sur comment se comporter avec Dieu, sur comment faire apparaître l’abaissement, l’impuissance, le besoin de l’Essence sacrée.

    ‘Alî fils de Hussein(p) est un des plus grandioses Bienfaits que l’Essence sacrée de Dieu a offerts à Ses serviteurs, qu’Elle a fait descendre du Monde de la Proximité et de la Sainteté en vue de faire comprendre à Ses serviteurs les voies de la soumission à Lui. {Vous serez sûrement interrogés, ce jour-là, sur les Bienfaits.}(8/102 La course aux richesses) Quand nous serons interrogés sur le pourquoi nous ne prenions pas en considération ce bienfait ni nous ne profitions de cet homme grandiose, nous ne saurons quoi répondre, si ce n’est baisser la tête et brûler du feu des regrets et des remords. Mais alors, les regrets ne serviront plus. d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    En premier lieu, réfléchir sur les états de l’Imâm as-Sajjâd(p) lors de la prière, sur ses entretiens intimes avec Dieu (qu’Il soit Exalté). ‘Alî fils de Hussein(p) est un des plus grandioses Bienfaits que l’Essence Sacrée a offerts à Ses serviteurs.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles morales du « Qiyâm » (4)

    Nous continuons de voir les règles de conduite morales à suivre concernant la position debout, « al-Qiyâm ». Dans ce passage, l’Imâm s’adresse de façon spécifique aux jeunes.

     

    RECOMMANDATIONS

    C’est le moment de saisir ta chance. L’âge (les années) est ton capital entre tes mains ; le chemin qui conduit à Dieu est ouvert ainsi que les portes de Sa Miséricorde ; la sûreté est réalisée ainsi que les forces des membres et les autres forces ; la demeure de la semence en ce monde se dresse.

    Alors, rassemble ton ardeur et connais la mesure de ces Bienfaits divins. Profites-en ! Atteins les perfections spirituelles et les félicités éternelles, perpétuelles !

    Prends une part de ces nombreuses connaissances que le noble Coran céleste et les Gens Infaillibles(p) de la Maison ont répandues sur la surface de la terre de la nature (at-tabî‘at) ténébreuse. Ils ont illuminé le monde des Lumières divines éclatantes.

    Illumine de la Lumière divine la terre de la nature ténébreuse, et illumine de la Lumière de Dieu (qu’Il soit Exalté), ta vue, ton ouïe, ta langue et les autres forces apparentes et intérieures !

    Transforme cette terre obscure en une terre lumineuse, même ! en un ciel rationnel : {Le jour où la terre sera remplacée par une autre terre}(48/14 Ibrahim) {et la terre resplendira de la Lumière de son Seigneur}(69/39 Les groupes).

    Aujourd’hui, nos forces apparentes et intérieures sont obscures des ténèbres du shaytân.

    Et moi, j’ai peur que si nous restions dans cet état, la terre de notre matière originelle (alhayûlâniyyah), dans laquelle il y a la lumière de la fitra (la nature première originelle), se transforme progressivement en une terre infernale (sijjîniyyah ; « sijjîn » = nom d’une vallée en Enfer), ténébreuse, vide de toute lumière de la fitra, voilée de l’ensemble des règles de la Fitra de Dieu.

    Et cela est une misère qui n’est pas suivie de félicité, une obscurité qui n’est pas suivie de lumière, une solitude farouche qui ne voit pas la face de l’assurance, un châtiment qui n’a pas derrière lui de repos. {Celui en qui Dieu n’a placé aucune lumière, n’a pas de lumière.}(40/24 La Lumière) Je cherche protection auprès de Dieu contre l’illusion du shaytân et contre l’âme instigatrice du mal.

    Le pilier de l’objectif des Prophètes grandioses, de la législation des lois, de l’établissement des règles, de la révélation (descente) des livres célestes – et particulièrement du noble Coran  synthétique (regroupant) dont le maître, celui à qui il a été découvert, est la lumière du dernier Messager, le purifiant (ou le purifié) (s) – est de diffuser l’Unicité et les connaissances divines, et de couper les racines de l’incroyance, de l’associationnisme et du dualisme.

    Le secret de l’Unicité et de l’abstraction est de circuler (d’aller et venir) dans l’ensemble des actes d’adoration du cœur et du contenant. Même ! Les actes d’adoration, comme disait le sheikh gnostique, le parfait, Shâh Abâdî, sont de faire monter l’Unicité du fond du cœur vers le royaume du cœur.

    En gros, le résultat recherché des actes d’adoration est d’atteindre les connaissances et d’affermir l’Unicité et les autres connaissances dans le cœur.

    Et ce but ne se réalise que si le cheminant vers Dieu épuise les chances (les parts) du cœur pour les actes d’adoration et passe de la forme et de contenant à la Vérité, au cœur, et ne s’arrête pas à ce monde-ci et à son écorce. Parce que l’arrêt à ces derniers constitue des épines sur la voie de conduite de l’être humain.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2 p164

    Dans le cadre du rappel des règles de conduite morales concernant la station debout pour la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) appelle les jeunes à profiter de leur jeunesse pour fructifier les véritables richesses en leur possession (les années, la force, la fitra, la raison, le noble Coran..) pour que la terre s’illumine de la Lumière de son Seigneur.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (5)

    Nous continuons de voir les règles de conduite morales à suivre concernant la position debout, « al-Qiyâm ». Après avoir vu que le résultat recherché des actes d’adoration est de faire atteindre la connaissance de Dieu au cœur, l’Imâm Khomeynî(qs) met en garde contre le fait de se limiter à l’extérieur et à la forme de la religion.

    RECOMMANDATION (suite)

    Ceux qui n’appellent qu’à la forme, qui interdisent aux gens les règles de conduite intérieures, qui disent que le sens et la vérité de la législation ne sont que cette forme et cette écorce, sont les shaytâns du chemin vers Dieu et les épines de la voie de l’humanité !

    Il faut demander la protection de Dieu contre leur mal parce qu’ils éteignent la lumière de la Fitra de Dieu au sein de l’être humain, qui est la lumière de la connaissance, de l’Unicité, de la « wilâyah » et des autres connaissances. Ils étendent sur elle les voiles de l’imitation, de l’ignorance, des habitudes et des illusions, et empêchent les serviteurs de Dieu de revenir sans cesse à elle et d’atteindre sa belle Beauté.

    Ils barrent la route des connaissances et orientent les cœurs limpides purs des serviteurs de Dieu, vers le monde ici-bas, ses ornements, ses dimensions matérielles et corporelles et ses faces ; ces cœurs purs dans le levain desquels Dieu (qu’Il soit Exalté) a déposé un grain de connaissance de la Main de Sa Beauté et de Sa Majesté, pour lesquels Il a envoyé les Prophètes grandioses, révélé (fait descendre) les Livres célestes, afin d’élever et de développer ce grain.

    Et eux, ils éloignent ces cœurs des spiritualités et des félicités rationnelles.

    Et ils réduisent les mondes invisibles (ghaybiyyah) et les Paradis promis aux nourritures animales, aux boissons, au mariage et autres appétits bestiaux.

    Ceux-là pensent que Dieu (qu’Il soit Exalté) a répandu toute cette

    Miséricorde, a révélé (descendu) Ses Livres, a fait descendre Ses Anges, a envoyé les Prophètes grandioses pour gérer le ventre et le sexe. L’objectif de leur connaissance serait de préserver le ventre et le sexe en ce monde pour atteindre ses désirs [de ce monde] dans l’Au-delà ! Ils considèrent que l’ensemble des connaissances sont des préliminaires au salut du ventre et du sexe !

    Et si un sage divin ou un savant seigneurial veut ouvrir aux serviteurs de Dieu une porte de la Miséricorde et leur lire une page de la Sagesse divine, ils ne se privent pas de lui coller une accusation, une médisance ou une insulte et le traitent d’incroyant.

    Ils sont à ce point plongés dans ce monde ici-bas et préoccupés de leur ventre et de leur sexe, qu’ils ne désirent pas – sans s’en rendre compte – qu’il y ait, dans la Demeure de la Réalisation, une félicité autre que les appétits bestiaux, en sachant que s’il y a dans le monde une félicité rationnelle, cela ne nuit pas à leur ventre ni à leur sexe. Ainsi, pour les gens comme nous, qui ne dépassent pas la limite animale, il n’y aurait que le paradis corporel et la gestion du ventre et du sexe – et cela nous l’espérons aussi, par la Grâce de Dieu (qu’Il soit

    Glorifié) –. Mais il ne faut pas penser que le bonheur se limite à cela et que le Paradis de Dieu (qu’Il soit Exalté) se restreint à ce paradis animal.

    Au contraire ! Il y a pour Dieu (qu’Il soit Exalté) des mondes qu’aucun œil n’a vus, qu’aucune oreille n’a entendus, qui ne viennent à l’esprit de personne.

    Et les gens de l’Amour de Dieu et de la connaissance de Dieu (qu’Il soit Glorifié) ne se préoccupent d’aucun de ces Paradis, ni ne se tournent vers le monde du Caché et du manifeste, car il y a pour eux le Paradis de la

    Rencontre.

    Il serait trop long d’évoquer ici les versets coraniques et les propos rapportés des gens infaillibles de la Maison(p). Notre objectif principal est d’orienter les cœurs des serviteurs de Dieu vers ce pour quoi ils ont été créés qui est la connaissance de Dieu (qu’Il soit Glorifié) qui est au-dessus de l’ensemble des félicités, pour laquelle toutes les choses sont des préliminaires.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm

    al-Khomeynî(qs), Maqâlat 3, Partie II, Chap.2 pp165-166

     

    Après avoir rappelé que le résultat recherché des actes d’adoration est la connaissance de Dieu au niveau du cœur, l’Imâm Khomeynî(qs) met en garde contre le fait de se limiter à la forme des actes d’adoration, qui est la voie du shaytân.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (1)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention.

     

    DÉFINITION

    L’intention exprime la détermination, la résolution à accomplir quelque chose et l’unanimité de l’âme à le faire, après l’avoir envisagé et corroboré son intérêt et statué de la nécessité de le faire.

    Elle est un état psychologique (de l’âme), intuitif (wajdânî), qui survient après ces choses et qui exprime la préoccupation, la résolution, la volonté et la visée.

    [Cet état] est présent dans tout acte de libre-choix et il est impossible qu’il soit absent dans tout acte effectué.

    De même, cet ordre est présent dans la totalité de l’acte de libre-choix, en vérité, sans aucune métaphore.

    Et il n’est pas nécessaire que cela se réalise de façon détaillée dans l’esprit, durant l’acte ou à son début, ou que celui qui agit envisage cette visée et cette détermination dans les détails.

    Même ! Il est possible que l’individu accomplisse l’acte avec cette détermination et cette résolution, sans tenir compte ou en négligeant totalement la configuration détaillée de l’acte et la détermination.

    Mais cette vérité est présente et l’acte apparait à l’extérieur par son activité (mouvement), comme cela est évident d’un point de vue intuitif dans les actes faits avec libre choix.

    En gros, cette détermination et cette résolution – qui sont l’équivalent de l’intention dans la langue des savants juristes religieux (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux) – sont présentes dans tout acte, sans faille, de sorte qu’il est impossible qu’un individu accomplisse un acte de libre-choix sans elles.

     

    LES RUSES DU SHAYTÂN

    AU NIVEAU DE L’INTENTION

    Et malgré cela, les insinuations du shaytân scélérat et les stupidités illusoires prennent le contrôle de la raison et aveuglent ce pauvre individu [l’empêchant de voir] cet ordre nécessaire.

    Aussi, au lieu d’occuper sa vie à améliorer ses actes, à les rendre plus sincères, les purifier des corruptions intérieures et de la passer dans les connaissances de l’Unicité et la connaissance de la Vérité (Dieu) et de Le demander, il se laisse influencer par les insinuations d’Iblis le scélérat et il passe la moitié de sa vie à se préoccuper d’un ordre nécessaire, qui arrive obligatoirement !

    C’est que le shaytân a beaucoup de cordes à son arc et de stratagèmes.

    Il pousse d’abord la personne en question à abandonner l’acte en son principe.

    S’il désespère de pouvoir lui faire abandonner le principe même de l’acte, il la pousse à l’ostentation, au contentement de soi et à toutes les autres corruptions.

    Et s’il ne réussit pas aussi dans cet ordre, il lui fait annuler son acte en le faisant apparaître comme sacré tandis qu’il rend minables à ses yeux les actes d’adoration de l’ensemble des autres gens et lui fait décrire les gens comme étant insouciants (par rapport à leur religion).

    Ensuite, il l’oblige à passer toute sa vie dans l’intention, par exemple, qui est un ordre inhérent à l’acte, ou dans les « takbîrat » (le fait de dire « Allâhu

    Akbar »), ou dans la lecture (la récitation des sourates du Coran) qui sont toutes des choses ordinaires qui n’ont pas besoin d’effort.

    A la fin, il [shaytân] n’est satisfait d’elle qu’après lui avoir fait annuler son acte par l’une de ces voie évoquées

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.1 (pp167-168)

    L’intention exprime la détermination et la résolution à faire quelque chose, présente inéluctablement en tout acte accompli en toute liberté.

    Aussi, méfiez-vous des insinuations du shaytân et ne l’écoutez pas !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (2)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention et met en garde contre les tentations du shaytân.

     

    LES RUSES DU SHAYTÂN (fin)

    En ce qui concerne les insinuations (du shaytân), il y a beaucoup d’affaires et des voies incalculables.

    Il n’est pas possible de les étudier toutes ni d’approfondir l’ensemble des affaires.

    Mais les insinuations au niveau de l’intention sont sans doute la chose la plus risible et la plus étrange parce que le shaytân veut que l’individu fasse, de toutes ses forces et durant toute sa vie, un ordre de libre choix sans intention – ce qu’il ne pourra jamais faire !

    Et malgré cela, tu vois ce malheureux, à l’âme malade, à la raison faible, qui perd, dans chaque prière, un long moment pour réaliser sa prière, l’intention et la résolution !

    Cette personne est semblable à celle qui réfléchit un long moment pour arriver à l’intention d’aller au marché ou de prendre un repas.

    Alors que la prière devrait être, pour ce malheureux, une ascension vers Sa Proximité, une clé de son bonheur, (un moyen de) se perfectionner et de connaître le monde/création de sa vie par l’éducation de ses règles au niveau du cœur et la connaissance des secrets de cette Bonté subtile divine, il néglige toutes ces choses. Même !

    Il ne les voit pas comme nécessaires !

    Pire ! Il les considère toutes comme nulles !

     

    LA PERTE DE LA RAISON

    Il dépense son précieux capital au service du shaytân et dans l’obéissance à lui ! Il place sa raison

    – qui est un Don de Dieu et une Lumière de Sa Guidance – sous la mainmise d’Iblis !

    Il est rapporté d’Abdallah fils de Sinân : « J’ai évoqué à Abû

    Abdallah(p) (le cas) d’un homme éprouvé lors de ses petites ablutions et de sa prière et j’ajoutai qu’il était un homme de raison !

    Abû Abdallah(p) dit : « Quelle raison a-t-il alors qu’il obéit au shaytân ?! »

    Je lui demandai : « Et comment obéit-il au shaytân ? »

    Il(p) dit : « Demande-lui d’où vient ce qu’il lui arrive. Il te dira :

    « Des actes du shaytân ! » »

    En gros, l’individu doit arracher cette racine avec tout ce qui lui est facilité en gymnastique (de cœur) et en peine, parce qu’elle lui interdit (l’accès) à l’ensemble des félicités et des biens. Car, il est possible que les actes d’adoration d’un individu pendant quarante ans ne soient pas justes, même au niveau de la forme, qu’il lui manque une de ses parties formelles juridiques en plus des règles de conduite intérieures et légales (!!).

    Et le plus risible encore, c’est que certaines personnes, éprouvées par les insinuations, considèrent les actes de l’ensemble des gens comme nuls et estiment qu’ils ne se préoccupent pas de leur religion !

    Si celui qui subit les insinuations suivait par imitation une haute autorité d’imitation (le marja‘) alors, cette dernière serait un de ces gens [qui d’après lui ne se préoccupent pas de leur religion] !

    Et s’il fait partie des détenteurs des faveurs (le savoir), en revenant aux propos rapportés, il verrait que le Messager de Dieu(s) et les Imâms de la bonne direction(p) étaient, sur ces questions, comme ce qui est connu des gens.

    Ainsi, cette catégorie de personnes soumises aux insinuations, qui agit parmi les gens en contradiction avec le Messager de Dieu(s), les Imâms Infaillibles(p), les savants juridiques de la confession et les savants en religion, considère l’ensemble des actes des gens comme nuls, seuls les siens correspondant aux précautions, et qu’elle seule se préoccupe de la religion !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.1 (pp168-170)

    L’intention exprime la détermination et la résolution à faire quelque chose, présente inéluctablement en tout acte accompli.

    Aussi, ne vous laissez pas entraîner par les insinuations du shaytân !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (3)

    Après avoir donné la définition de l’intention, l’Imâm al-Khomeynî(qs) met en garde contre les agissements du shaytân, même au niveau de l’intention, et voici un exemple au niveau des petites ablutions. (fin)

    RUSES DU SHAYTÂN AU NIVEAU DES PETITES ABLUTIONS

    Par exemple, en ce qui concerne les petites ablutions. Des propos rapportés répétés mettent en évidence les petites ablutions effectuées par le Messager de Dieu(s).

    Selon l’apparence, il(s) versait un peu d’eau sur son visage, un peu d’eau sur son [avant-bras] droit et un peu d’eau sur son [avant-bras] gauche.

    Et il y a un consensus parmi les savants juridiques Imâmites sur le fait de confirmer (après vérification) que ces petites ablutions sont justes, et il en est de même en ce qui concerne le

    Livre de Dieu. Certains ont soulevé le problème d’un second « lavage », même ! Celui de verser une seconde fois de l’eau.

    Cependant, il n’y a pas de mal pour le second versement. De même pour le second « lavage », même s’il y a à dire sur le fait que cela soit recommandé.

    Mais le troisième lavage est une invention (bida‘at) et annule les petites ablutions, sans aucun problème, que ce soit du point de vue des propos rapportés que des décrets (fatwas).

    Maintenant, regardez l’acte de ce malheureux obsédé : il ne se contente pas de vingt « poignées », chacune recouvrant tout le bras/main et recommençant le « lavage » en entier. Alors, sans aucun problème, ses petites ablutions sont nulles.

    Et ce malheureux, à la raison faible, obéissant au shaytân et à ses insinuations, voit cet acte accompli comme juste et répondant à la précaution, et les actes de tous les autres gens comme nuls ! De là, on perçoit la justesse du propos rapporté [cité précédemment] qui le considère comme sans raison.

    Celui qui considère comme juste un acte en contradiction avec celui du Messager de Dieu(s) et comme faux celui qui lui correspond, est sorti de la religion ou sans raison. Dans la mesure où ce malheureux n’est pas hors de la religion, il est alors stupide, sans raison, obéissant au shaytân et en opposition au Tout-Miséricordieux.

     

    REMÈDES…

    Il n’y a de remèdes, pour ce malheur et ce mal pénible, que la réflexion sur les choses que nous avons évoquées et la comparaison de ses actes avec ceux des pratiquants, des savants et des juristes (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux). S’il se voit en divergence avec eux, alors qu’il rabatte l’orgueil du shaytân et ne se préoccupe pas de ce scélérat.

    Et si le shaytân lui insinue que son acte est nul, qu’il lui réponde :

    « Si mon acte est faux, alors l’acte de l’ensemble des savants de la nation serait faux. »

    Il est à supposer que, s’il contredit le shaytân pendant un certain temps et qu’il cherche, dans ce cadre, la protection de Dieu contre son mal, [reconnaissant] son impuissance et son besoin, cette maladie va disparaître et l’œil ambitieux du shaytân se séparera de lui.

    Dans les propos rapportés, il est évoqué cette méthode pour repousser la multitude des doutes qui fait aussi partie des dictions du shaytân.

    Il est rapporté dans le noble

    Kâfî d’une chaîne de transmission remontant à [l’Imâm] Abû Ja‘far al-Bâqer(p) : « Si la distraction se multiplie en toi, accomplis ta prière, elle [la distraction] te quittera, car elle est du shaytân. »

    Et de l’Imâm al-Bâqer(p) ou as-Sâdeq(p) : « N’habituez pas le scélérat à rompre de vous-même la prière alors vous le rendez avide. Car le shaytân scélérat se familiarise avec celui qui s’habitue. Achevez [la prière] dans l’illusion et qu’il ne multiplie pas de rompre la prière. S’il agit ainsi plusieurs fois, le doute ne reviendra plus à lui. »

    Zurârat dit : « Le scélérat veut être obéi alors si on lui désobéit, il ne revient plus.. »

    Cela fait partie des remèdes importants pour l’ensemble des dictions du shaytân, des stupidités illusoires sataniques.

    Et dans les nobles hadiths, il y a aussi des invocations qui conviennent également. Que ceux qui le veulent, consultent al-Wasâ’il et ses Mustadrak, à la fin du « livre »

    (chapitre) sur les défauts (al-khalal).

    d’après Al-Adab al Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.1 (pp170-171)

    Un exemple des ruses du shaytân au niveau des intentions : son intervention au niveau des petites ablutions, dans la multiplication des ‘lavages’. Dans ce cas, se réfugier auprès de Dieu, passer outre, invoquer Dieu…

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (1)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention, et insiste sur la nécessité d’avoir une intention pure pour Dieu.

    Parmi les règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes de l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention.

    La réalité de la pureté d’intention est l’épuration de l’acte de toute défectuosité autre que Dieu : l’épuration du secret (sirr – le for intérieur) de toute vision (ru’yyah) autre que Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’ensemble des actes formels et internes, apparents et intérieurs.

    La perfection de la pureté d’intention est de laisser tout autre [autre que Dieu] de façon absolue et de fouler aux pieds l’ego et l’égoïsme, l’autre et l’altérité.

    L’Exalté dit : {N’est-ce pas à Dieu la religion pure (khâlisu)(2).} (3/39 Les Groupes) C’est-à-dire Dieu (qu’Il soit Exalté) a choisi pour Lui-même la religion pure (al-khâlisu) (2).

    Alors, si une quelconque part de l’âme et du shaytân intervenait dans la religion, elle ne serait pas pure. Et Dieu ne choisit pas pour Lui ce qui n’est pas pur.

    Et ce qui contient (ou détient) une défectuosité de l’altérité [de ce qui est autre que Dieu] et de l’âme est extérieur aux limites de la Religion de Dieu.

    Il [Dieu] (qu’Il soit Exalté) dit : {Et ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer Dieu, en étant purs/sincères pour Lui (mukhlisîn(3) lahu ad-dîna.}(5/98 La Preuve)

    Et Il [Dieu] (qu’Il soit Exalté) dit aussi : {Et celui qui voulait le labour de ce monde, Nous lui en donnons et il n’a aucun lot dans l’Au-delà.} (20/42 Shûrâ)

    Le Messager de Dieu(s) dit, selon ce qui a été transmis :

    « A chacun selon son intention.

    Alors, l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers Dieu et Son Messager, est vers Dieu et Son Messager et l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers ce bas-monde en vue de l’atteindre ou vers une femme en vue de l’épouser, est vers ce vers quoi il a émigré. »

    Nous aurons l’occasion de revenir sur le sens de l’émigration vers Dieu (et Son

    Messager) et les différents niveaux qu’elle comprend les prochaines fois.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.2 (pp171-172)

    (1)Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (2)Le mot « khâlis » est dans le sens que la Religion de Dieu est pure, dépourvue de tout ce qui est autre que Dieu.

    (3)Et le mot « mukhlisîn » indique ici que la pureté est en regard de ceux qui adorent Dieu, non seulement au niveau de leurs actes mais aussi au niveau de leurs intentions et de leurs pensées qui doivent être exemptes de tout mélange avec autre que Dieu. Les adorateurs sont entièrement tournés vers Dieu, coupés de tout ce qui n’est pas Dieu.

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : la pureté de l’intention. C’est-à-dire que l’acte soit effectué exclusivement pour Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (2)

    Nous sommes en train de voir une des règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes pour l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention.

    Selon ce qui a été rapporté, le Messager de Dieu(s) dit :

    « A chacun selon son intention.

    Ainsi, l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers Dieu et Son Messager, est vers Dieu et Son Messager.

    Alors que l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers ce bas-monde en vue de l’atteindre ou vers une femme en vue de l’épouser, est vers ce vers quoi il a émigré. »

    [Dieu] (qu’il soit Glorifié) dit :

    {Et à celui qui sort de sa maison émigrant vers Dieu et vers Son Messager, que la mort atteint, la récompense incombe à Dieu.} (100/4 Les Femmes)

    Peut-être que ce verset béni concerne l’ensemble des niveaux de la pureté d’intention :

    • l’un deux étant l’émigration formelle, physique.

    Si cette émigration n’a pas eu lieu, pure pour Dieu et Son

    Messager, même !, si elle était pour les plaisirs(1) de l’âme, elle n’était pas une émigration vers Dieu et Son Messager.

    Cela est le niveau de la pureté d’intention, formel, juridique.

    • l’autre est l’émigration morale, le voyage intérieur.

    Il a pour point de départ la maison ténébreuse de l’âme et pour but Dieu (qu’Il soit Exalté) et Son Messager(s) – ce qui revient à Dieu aussi, parce que le Messager, en tant que Messager, n’a pas de dépendance. Même ! Il est un Signe, un Miroir, un Représentant. L’émigration vers lui(s) est une émigration vers Dieu (l’amour pour un particulier/élu de Dieu étant l’amour pour Dieu) –.

    Le sens du noble verset déduit selon cette supposition est :

    • à celui qui a émigré de l’émigration morale,
    • qui a voyagé du voyage du cœur, de la connaissance spirituelle (gnostique),
    • qui est sorti de la maison de l’âme et de la demeure de l’égoïsme
    • et qui a émigré vers Dieu sans vision de lui-même, de son âme et de sa structure, la récompense incombe à Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Et si le pèlerin demande, dans son cheminement vers Dieu, un plaisir(1) de l’âme, même si c’est pour atteindre les stations, pour atteindre la Proximité de Dieu, dans le sens qu’il (son âme) arrive à Dieu, alors ce cheminement n’est pas un cheminement vers Dieu !

    Il n’est pas sorti de la maison !

    Il a voyagé à l’intérieur de la maison, d’un pilier à un autre, d’un coin à un autre.

    Ainsi, le voyage dans les niveaux de l’âme pour atteindre les perfections de l’âme n’est pas un voyage vers Dieu, mais un voyage de l’âme vers l’âme. d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3

    – Partie III Chap.2 (pp172-173)

    (1)En arabe « hazh », pl. « huzhûzh » = part, chance de façon générale, plaisir ou jouissance (de l’âme).

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : que l’intention de l’acte soit exclusivement pour Dieu. Si c’est pour autre chose, le voyage n’est pas vers Dieu, mais de l’âme vers l’âme.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (3)

    Parmi les règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes de l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention. Nous avons vu sa réalité la dernière fois et nous avons distingué le cheminement vers Dieu du cheminement à l’intérieur de l’âme.

    [Nous avons vu la dernière fois que si] le voyage dans les niveaux de l’âme [est] pour atteindre les perfections de l’âme, il n’est pas un voyage vers Dieu, mais un voyage de l’âme vers l’âme.

    Cependant, ce voyage [à l’intérieur de l’âme] est nécessaire pour le cheminant dans son voyage vers Dieu.

    Personne ne peut voyager le voyage seigneurial [vers

    Dieu] sans le voyage de l’âme, en dehors de l’élite des Proches de Dieu, et cette affaire ne concerne qu’eux.

    Peut-être que le noble verset : {Elle est paix/salut jusqu’à l’apparition de l’aube} (5/97 al-Qadr) indique ce salut [le fait d’être à l’abri] des comportements du shaytân et de l’âme dans l’ensemble des stations du cheminement, durant toutes les nuits obscures de la nature qui est, pour les Proches Elus, la nuit d’al-Qadr jusqu’à l’apparition de l’aube, le Jour de la Résurrection, qui est, pour les Proches Elus, la vision de la Beauté de l’Unité.

    Autres qu’eux ne sont pas saufs [à l’abri] dans l’ensemble des stations du cheminement.

    Même ! Aux premiers temps, aucun cheminant ne sort des [n’échappe aux]agissements du shaytân !

    En effet, on a su que cette station de pureté (de l’intention) – le salut du premier niveau du cheminement vers Dieu jusqu’au dernier (qui est l’arrivée de la mort réelle), même, jusqu’à ce qui [vient] après la vie secondaire juste (et qui est la lucidité (sahû) après l’effacement (mahû)) – n’est pas une chose facilitée aux détenteurs du cheminement et aux gnostiques des compagnons de la connaissance et de la gymnastique (morale).

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.2 (p173)

    *Le mot «Ikhlâs» n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par «sincérité» ou «loyauté», alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction par «pureté d’intention».

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : la pureté de l’intention.

    Aussi, faut-il se méfier des agissements de l’âme !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (1)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) va évoquer différents groupes de gens qui nient les stations dans les faits.

    Mais avant, il(qs) rappelle un principe fondamental que, si quelqu’un a connu quelque chose des niveaux de la pureté (d’intention) et des stations des actes d’adoration, il doit se préparer à les atteindre.

    Parce que le savoir sans les actes n’a aucune valeur.

    Et l’argument à l’encontre du savant est plus complet et ses comptes sont plus grands.

    Des groupes de gens qui nient les stations dans les faits.

    Un 1e GROUPE

    Un groupe de gens parmi nous nie toutes les stations et voit leurs détenteurs dans l’erreur, le faux et la vanité. Il considère comme un poète celui qui en évoque quelque chose ou appelle à leurs stations et comme une rêverie son appel.

    Et pas d’espoir pour que ce groupe fasse attention à ses manques, à ses défauts ou qu’il se réveille de son lourd sommeil car :

    {Tu ne guides pas celui que tu as aimé mais c’est Dieu qui guide qui (Il) veut}(56/28 al-Qasas). {Ce n’est pas toi qui fais entendre ceux qui sont dans les tombes.}(22/35 Fâtir) (1)

    Oui ! Ceux qui sont comme le malheureux écrivain, ignorant, dépourvu d’un cœur vivant de la vie de la connaissance et de l’amour divins, sont des morts : l’enveloppe de leur corps est leur tombe vétuste.

    La poussière et l’étroitesse de leur corps obscur les ont voilés de l’ensemble des mondes de la lumière. {Lumière sur lumière.}(35/24 an-Nûr)

    {Et celui à qui Dieu n’a pas placé de lumière n’a pas de lumière.} (40/24 an-Nûr)

    Chaque fois qu’est lu à ce groupe un hadîth ou un verset Coranique à propos de l’Amour, du Désir ardent divin, de l’Envie de la rencontre et de la coupure de tout vers Dieu, il se met à l’interpréter, à l’orienter, à le commenter selon son avis.

    Ainsi, il oriente tous les versets de la Rencontre et de l’Amour de Dieu vers la rencontre des arbres du Paradis et de ses jolies femmes. (2)

    Je ne sais pas ce que font ceux-là avec les passages de l’Entretien

    Intime de Sha‘bân quand l’Imâm(p)

    dit : « Mon Dieu ! Accorde-moi de me consacrer totalement à Toi, illumine les visions de nos cœurs  par la lumière de leur regard sur

    Toi, jusqu’à ce qu’elles déchirent les voiles de lumière et atteignent ainsi la Source de Ta Grandeur et que nos esprits soient suspendus à la

    Puissance de Ta Sainteté.

    Mon Dieu ! Place-moi parmi ceux que Tu as appelés et qui T’ont répondu, que Tu as remarqués et qui sont tombés foudroyés devant Ta Majesté.. »

    Quels sont ces voiles de lumière ?

    Est-ce que ce qui est voulu du ‘regard sur la Vérité’ est celui sur les poiriers du Paradis ?

    Et de la ‘source de la Grandeur’, les palais du Paradis ?

    Et de l’ ‘accrochage des esprits (âmes) à la Sainte Puissance’, celui au pan de la Houri al-‘Ain pour satisfaire les passions ?

    Et de la ‘foudre’ et de l’ ‘effacement’ devant la Majesté, celui devant la beauté des femmes du

    Paradis ?

    Et de ces attractions et de ces évanouissements qui arrivaient au Messager de Dieu(s) durant la prière de l’ascension et des visions des lumières grandioses et de ce qu’il y a au-dessus dans l’Assemblée dont le secret était interdit au plus grandiose des Anges de Dieu, le sûr, Gabriel qui n’osait pas y avancer d’un pouce, la vision attractive d’une des plus belles femmes du Paradis ?

    Ou bien voyait-il(s) des lumières comme la lumière du soleil, de la lune, ou encore, plus brillantes qu’elles ? (3)

    Le cœur sain que l’Infaillible(p) a évoqué en appendice de la Parole du Très Élevé – {Sauf celui qui vient à Dieu avec un cœur sain}

    (89/26 Les Poètes) – est celui de « qui a rencontré Dieu et dans lequel il n’y a rien autre que Lui ».

    Est-ce que ce qui est voulu de ‘autre que la Vérité’ est ‘autre que l’Honneur de Dieu’ ? ou qu’il n’y ait pas ‘autre que les poires et les abricots du Paradis’ ?

    Le but de ce propos n’est pas de mettre en évidence qui sont les Gens de Dieu (Dieu Seul le sait) mais d’attirer l’attention sur le fait de ne pas, au moins, nier les stations des Gens de Dieu, parce que les nier est à l’origine de l’ensemble des malheurs. (4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(q.s.) Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp177-178)

    À propos de la mise en garde contre le fait de nier les stations et leurs groupes (4-1) (explications

    )

    (1)L’Imâm al-Khomeynî(qs) sait, de sa propre expérience et de sa connaissance de la société et des Haouzah, qu’il existe des gens qui nient ces stations auprès de Dieu et qui utilisent leur position au niveau du savoir pour dénoncer et s’attaquer à ceux qui en parlent (au point de considérer que ce monde gnostique est quelque chose d’illusoire, d’imaginaire, n’ayant aucune base dans l’Islam). Ils considèrent que l’Islam n’est venu que pour les gens ordinaires et qu’il ne parle que la langue de la coutume.

    Ces gens-là sont de différentes sortes, mais l’Imâm(q.s.) évoque leurs pensées les plus importantes et leurs états les plus notoires.

    (2)L’expression ‘tombes vétustes’ (qubûr bâliyyat) suggère que ceux-là sont morts depuis longtemps. Et celle ‘le malheureux écrivain’ fait sans doute allusion à l’auteur lui-même, l’Imâm al-Khomeynî(q.s.).

    L’Imâm (q.s.) ne veut pas critiquer les autres pour les critiquer. Aussi quand il le fait ou quand il indique des manques ou des défaillances chez les autres, il met d’abord en évidence ses propres manques, ses propres défaillances.

    Quand il parle d’un problème présent dans la société et parmi les gens du savoir, avant toute chose, il ne se trouve pas d’excuses pour lui-même. En général, les gnostiques, les Proches-Elus de Dieu, quand ils parlent des manques de ce monde, visent en premier lieu eux-mêmes.

    (3)Cf. Mafâtîh al-Jinân, p565 aux Ed. B.A.A.

    Ces gens qui interprètent à leur façon les hadiths et les versets coraniques, que font-ils des textes, des invocations des Imâms Infaillibles(p) dont l’Imâm al-

    Khomeynî(qs) cite un passage ici ? Peut-on se contenter d’une interprétation matérialiste ?

    (4)L’Imâm al-Khomeynî(q.s.) demande au moins de ne pas nier les stations d’Ahl al-Beit(p) parce que ce déni est à l’origine de toutes les misères. Cela veut dire aussi que croire en ces stations est à l’origine de l’ensemble des bonheurs.

    C’est là que réside l’importance de la pensée. La personne qui n’a rien à son actif sauf sa croyance en ces stations d’Ahl al-Beit(p) et son amour pour eux(p) sera sauvée. Cela sera suffisant pour son salut.

    L’objectif de l’Imâm(qs) n’est pas de nommer les gens qui ont atteint ces stations ni de se considérer parmi eux (même si, en général, quand un savant parle de ces stations cela veut dire qu’il les détient).

    Non ! Et l’Imâm(qs) ne dit pas cela ! Dieu Seul sait qui détient ou non ces stations. Et Il (qu’Il soit Glorifié) a caché Ses Proches-Élus à la création.

    Non ! L’Imâm(qs) demande seulement qu’on ne nie pas ces stations !

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) demande de ne pas, au moins, nier ces stations et de ne pas voir ses détenteurs dans l’erreur.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (2)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) décrit les deuxième et troisième groupes qui nient les stations dans les faits.

     

    Un 2e GROUPE

    Un autre groupe est constitué par ceux qui ne nient pas les stations des Gens de la connaissance ni ne s’opposent aux Gens de Dieu, mais que leurs occupations en ce monde en vue de l’atteindre et de s’immortaliser dans ses plaisirs éphémères, ont empêché d’acquérir le savoir, la pratique, le goût* et l’état.

    Ils sont comme des malades qui savent qu’ils sont malades mais dont le for intérieur ne les appelle pas à se protéger et à boire le médicament amer.

    Alors que les gens du premier groupe sont comme des malades qui ne croient pas qu’ils sont touchés par telle maladie alors qu’ils le sont. Eprouvés par la maladie, ils nient le principe même de la maladie.

     

    Un 3e GROUPE

    Un autre groupe est constitué par ceux qui sont occupés à acquérir le savoir, à atteindre des connaissances mais qui se contentent, à propos des vérités des connaissances et des stations des Gens de Dieu, de termes conventionnels, de mots et d’expressions brodés de fil d’or.

    Ils se sont eux-mêmes enchaînés – et un groupe de malheureux avec eux – dans une chaîne de mots, de conventions, convaincus cependant de l’ensemble des stations par ce qui a été dit [par d’autres].

    Un sous-groupe dans ce 3e GROUPE

    À l’intérieur de ce groupe, il y a des gens qui se connaissent eux-mêmes mais qui, pour s’être mis à la tête d’un certain nombre de malheureux, ont fait de ces expressions vidées [de sens] un moyen pour gagner leur vie et qui se sont mis à chasser les cœurs purs des adorateurs de Dieu par des mots traitres et des paroles embellies.

    Ceux-là sont des shaytâns des êtres humains et ne sont pas moins nuisibles pour les adorateurs de Dieu qu’Iblis. Ces malheureux ne savent pas que les cœurs des serviteurs de Dieu sont la Demeure de Dieu (qu’Il soit Exalté) et qu’il n’est permis à personne d’en disposer.

    Ceux-là ont usurpé la Demeure de Dieu, ont détruit la Ka‘bah véritable, ont sculpté des idoles et les ont mises dans les cœurs des serviteurs de Dieu, qui sont la Ka‘bah, même ! la « Maison construite » !

    Ceux-là sont malades et, se présentant eux-mêmes comme des médecins, ils mettent à l’épreuve les serviteurs de Dieu par de nombreuses maladies destructrices.

    Et la marque de ce groupe de gens est qu’ils prennent plus soin de conseiller les riches et les grands de la société que les pauvres et les malheureux. La plupart de leurs disciples sont des détenteurs de la renommée, des biens, et eux-mêmes sont également revêtus du vêtement des riches, des détenteurs de la renommée et des biens. Ces gens prononcent des mots traitres, ils se purifient eux-mêmes auprès de leurs disciples alors qu’ils sont pollués par mille impuretés de ce monde, et se voient eux-mêmes, dans leurs yeux, comme des Gens de Dieu.

    Ceux-là, ces malheureux stupides (les disciples), ont détourné leur regard de l’ensemble de leurs défauts perceptibles et ils se réjouissent d’expressions et de mots

    vides.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3

    Partie III Chap.4 (pp178-179)

    Le 2e groupe : ne pas nier les stations mais ne pas s’en soucier.

    Le 3e groupe : ne pas nier les stations, se soucier d’acquérir le savoir mais de façon formelle. Dans ce groupe, il y a ceux qui utilisent ce savoir pour gagner leur vie et dominer les autres.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (3)

    Après avoir vu globalement les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) a décrit trois groupes qui nient les stations dans les faits. Et avant de voir le 4e, il(qs) a évoqué quatre propos rapportés sur ce sujet.

    Il est rapporté dans le livre al-Khisâl de sheikh as-Sadûq (que Dieu lui fasse miséricorde) selon sa chaîne de transmission remontant à Abû Abdallah(p) [l’Imâm as-Sâdeq(p)] : « Parmi les savants, il y a :

    ceux qui aiment rassembler leur savoir et qui n’aiment pas qu’on en prenne d’eux [le partager] ; ceuxlà sont au 1er degré du Feu ;

    ceux qui, s’ils sont conseillés, sont incommodés et s’ils conseillent

    vitupèrent ; ceux-là sont au 2e degré du Feu ;

    ceux que l’on voit déposer leur savoir auprès de ceux qui détiennent des richesses et la noblesse, mais rien auprès des pauvres ; ceux-là sont au 3e degré du Feu ;

    ceux qui se comportent avec leur savoir comme des tyrans et des sultans : si on leur réplique ou on diminue quelque chose de leur ordre, ils se mettent en colère ; ceux-là sont au 4e degré du Feu ;ceux qui cherchent auprès des propos des hadiths des Juifs et des Chrétiens de quoi enrichir leur savoir et multiplier par eux leurs propos ; ceux-là sont au 5e degré du Feu ;

    ceux qui se posent eux-mêmes [en référence] pour les « fatawât » (les opinions juridiques) et qui disent : « Interrogez-moi ». Et peut-être qu’aucune lettre n’est visée juste. Dieu n’aime pas ceux qui se chargent eux-mêmes d’une tâche ; ceux-là sont au 6e degré du Feu ;

    ceux qui prennent le savoir comme une grandeur d’âme ou une raison ; ceux-là sont au 7e degré du Feu. »

    Il est rapporté par al-Kulaynî dans son Kâfî, d’une chaîne de transmission remontant à l’Imâm al-Bâqir(p) :

    « Celui qui demande le savoir pour s’en glorifier devant les savants, se disputer avec les stupides ou attirer le regard des gens vers lui, accède à son siège au Feu.

    La présidence [le fait d’être chef] ne convient qu’à ses maîtres. »

    Il est rapporté de l’Imâm as- Sâdeq(p) :

    « Si vous voyez le savant aimant la vie de ce monde, alors prenez garde à votre religion. Parce que toute personne aimant quelque chose est entourée par ce qu’il aime. »

    Et de l’Imâm as-Sâdeq(p) également :

    « Dieu (qu’Il soit Exalté) a révélé à Daoud(p) :

    « Ne place pas entre Moi et toi un savant séduit par ce monde car il va te détourner de la voie de Mon Amour.

    Ceux-là sont des brigands de grands chemins (des « coupeurs de voie ») de

    Mes serviteurs désirants. Et le minimum de ce que Je leur fais est de retirer de leurs cœurs, la beauté de l’Entretien intime. » »

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (p180)

    Voici des propos rapportés à propos de ceux qui, sans nier les stations, ne s’en soucient pas ou qui, tout en se souciant d’acquérir le savoir, le font de façon formelle ou pour l’utiliser afin de gagner leur vie et dominer les autres

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

     

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (4)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention) de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, voici la description par l’Imâm al-Khomeynî(qs) d’un quatrième groupe qui nie les stations dans les faits.

     

    Un 4e GROUPE

    Les gens de ce groupe ne sont pas des imposteurs. Au contraire, ils parcouraient la voie de l’Au-delà et étaient en train d’atteindre les connaissances et les stations.

    Est alors arrivé le shaytân qui leur a coupé la voie, les a séduits et ils se sont trouvés leurrés : ils ont considéré que les connaissances et les stations sont en vérité des expressions scientifiques qu’ils ont fabriquées ou qui ont été fabriquées par d’autres et dont ils ont tiré profit.

    Aussi ont-ils passé leur jeunesse et les jours de leur vie jusqu’à la fin de leur âge, à multiplier les expressions, à corriger les livres et les pages.

    Comme ce groupe de savants commentateurs du noble Coran, qui voient que le profit du Coran se limite à ajuster les divergences concernant les lectures, le sens des mots, leur déclinaison, les bienfaits littéraux ou moraux, les côtés miraculeux du Coran, les sens coutumiers, ou à rassembler les différentes compréhensions des gens, négligeant totalement les appels-mêmes du Coran, sa dimension spirituelle et ses connaissances divines.

    Ceux-là sont également comme des malades qui vont chez le docteur, prennent une ordonnance de lui et qui voient que le traitement à suivre consiste à corriger le texte, à le sauvegarder ainsi que la façon selon laquelle il est composé.

    La maladie a tué ceux-là ; la connaissance de l’ordonnance et la visite chez le docteur n’auront produit aucun effet.

    Les savoirs – même le S avoir de l’Unicité – sont pratiques

    Ô très cher, l’ensemble des savoirs sont pratiques [c’est-à-dire, doivent être mis en pratique, être appliqués], même le savoir de l’Unicité. Celle-ci a également des actes au niveau de l’intérieur (le cœur) et du moule (le contenant).

    L’Unicité (at-Tawhîd) est selon la seconde forme dérivée (taf ‘îl) et elle exprime le retour de la multiplicité vers l’Unité. Elle comprend des actes au niveau de l’esprit et du cœur.

    Tant •que tu es dans la multiplicité des actes, •que tu ne connais pas la Cause réelle, •que tu n’as pas reçu la clairvoyance de la vision de la Vérité,  que tu n’as pas vu, dans la nature, la Vérité ainsi que les aspects, les multiplicités naturelles et non naturelles, éphémères en Dieu et dans Ses Actes • et que tu n’as pas fait flotter sur ton cœur l’étendard de l’Autorité de l’Unité

    Actrice de la Vérité (Dieu), alors tu es très loin des niveaux de la pureté (d’intention)* (al-khulûs et al-ikhlâs)), de la limpidité, du total épurement. Tu es chassé de l’Unicité.

    L’ensemble des ostentations au niveau des actes et la plupart de celles au niveau du cœur proviennent des manques de l’Unicité au niveau des actes.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.4 (pp180-181)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Le 4e groupe ne nie pas les stations, se soucie d’acquérir le savoir mais s’est enfermé dans l’aspect formel de ce savoir, ne mettant pas en pratique son savoir, ne permettant pas de réaliser l’Unicité en tant que retour de la multiplicité vers l’Unité.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (5)

    Après avoir rappelé différents groupes de ceux qui nient les stations dans les faits, l’Imâm al- Khomeynî(qs) insiste sur la nécessité de se réveiller de toutes ces formes d’associationnisme, dont celles qui se manifestent sous les formes d’ostentation au niveau des actes et de la plupart de celles au niveau du cœur. Il nous indique aussi la voie à suivre pour s’en sortir.

    Comment celui qui voit [cette] faible créature misérable, miséreuse, avoir une influence dans la demeure de la réalisation et la considère comme agissant à son gré dans le royaume de la Vérité, peut-il envisager se dispenser de l’attirance des cœurs des créatures et purifier (et épurer) ses actes de l’associationnisme du shaytân ?

    Pour cela, il lui est nécessaire de purifier la source (et l’origine) pour qu’une eau pure sorte d’elle, car il ne faut pas s’attendre à ce qu’une eau pure sorte d’une source boueuse.

    [Comment ?]

    En sachant que les cœurs des serviteurs de Dieu sont à la Disposition de Dieu.

    En faisant goûter au cœur le sens de « Ô Celui qui retourne les cœurs » et en le faisant entendre à son ouïe [du cœur].

    Alors tu ne seras pas préoccupé par le fait de gagner (chasser) les cœurs, avec ce qu’il y a de faiblesse et de misère en toi.

    En faisant comprendre au cœur la Vérité de « Celui Qui a entre les mains la possession de toute chose », « Qui a le royaume », « dont le royaume est entre Ses Mains », alors tu te dispenseras sûrement de l’attirance des cœurs, tu ne te verras pas dans le besoin des cœurs faibles, de ces créatures faibles, et il t’arrivera la suffisance (richesse) au niveau du cœur !

    Mais tant que tu sens en toi-même le besoin et que tu vois dans les gens une solution à ton problème, alors tu sens le besoin de gagner les cœurs. Et tant que tu penses que tu disposes des cœurs [des autres] en faisant apparaître la Sainteté, alors tu sens le besoin de l’ostentation.

    Alors que si tu avais vu la Vérité [Dieu] résolvant le nœud (le problème) et toi-même comme n’étant pas comme disposant de l’univers, tu n’aurais pas besoin [de] ces sortes d’associationnisme !

    Ô l’associationniste prétendant à l’Unicité ! Ô Iblis revêtu de la forme de fils d’Adam !

    Tu as hérité cela du shaytân maudit qui se voit lui-même comme disposant [de ce monde] et qui parle pour les tromper [les gens] !

    Ce misérable infortuné tombant dans le voile de l’associationnisme et de la vision de soi-même, et ceux qui voient le monde et eux-mêmes indépendants (et non pas comme l’ombre [dans le prolongement de

    Dieu]), disposant [agissant d’eux mêmes] et non pas possédés [entre les Mains de Dieu], ont hérité la diablerie d’Iblis !

    Alors, réveille-toi du lourd sommeil et fais parvenir à ton cœur les nobles signes (versets) du Livre divin et des pages lumineuses seigneuriales. Car ces signes (versets) grandioses ont été descendus (révélés) pour me réveiller et te réveiller.

    Mais nous avons limité l’ensemble de nos chances/parts de lui [du profit du noble Coran] à sa belle récitation et à sa forme et nous avons négligé les connaissances qu’il contient, au point d’avoir laissé le shaytân prendre le contrôle de nous-mêmes et de nous placer sous son pouvoir !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp181-182)

    Le cœur est entre les Mains de Dieu. C’est Lui Qui attire les cœurs vers quelqu’un ou les repousse. Un Rappel qu’il ne faut pas négliger : le noble Coran.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    5-A propos de certains autres degrés de la pureté (d’intention) (1)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté.

    Un 1er AUTRE DEGRÉ

    Il est nécessaire d’évoquer ici certains autres degrés de la pureté (d’intention)* en fonction de ce qui convient au niveau [de ces feuilles].

    Parmi les degrés de la pureté (d’intention), celui de l’épurement des actes de la vision de mériter une récompense ou une rétribution pour l’acte effectué.

    Son contraire, la défectuosité de demander une rétribution et la

    vision de mériter une rétribution ou une récompense pour l’acte effectué.

    Défectuosité qui n’est pas exempte d’un degré de contentement de soi suite à l’acte effectué dont le cheminant doit purifier son âme.

    Vision qui provient du manque de la connaissance de son état et du Droit du Créateur (que Son

    Importance soit Exaltée). Et aussi du mauvais arbre satanique, qui revient à la vision de l’âme, de ses actes, de l’ego et de l’égoïsme.

    Tant que le malheureux individu est dans le voile de la

    vision de ses propres actes, qu’il les voit provenant de lui-même et qu’il se voit lui-même circulant dans l’ordre, il ne sera jamais sauvé de cette maladie ni ne réalisera cet épurement et cette purification.

    Le cheminant [vers Dieu] doit nécessairement faire des efforts et faire comprendre au cœur, par des exercices au niveau du cœur et le cheminement rationnel et gnostique, que l’ensemble des actes proviennent des Dons et des

    Bienfaits divins que Dieu (qu’Il soit Exalté) fait passer par les mains du serviteur/adorateur.

    Si l’Unicité au niveau des actes s’est stabilisée dans le cœur du cheminant, il ne verra jamais l’acte comme provenant de lui-même et ne demandera pas de récompense.

    Même ! Il verra la récompense comme une Faveur et un Bienfait à l’initiative [de Dieu].

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp183-184)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention »

    Parmi les règles de conduite au niveau de l’intention : se purifier de la vision de mériter une récompense pour un acte effectué. Tout bon acte effectué provient de la Bonté divine, passant par les mains de Son serviteur.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention*) (2)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence

    certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Après avoir évoqué ce qu’il considère comme un

    autre premier degré que le cheminant vers Dieu doit dépasser dans son cheminement vers Lui – la

    vision de mériter une récompense – et rappelé les principales causes de cette vision, voici des propos

    rapportés des Infaillibles(p).

    Un 1er AUTRE DEGRÉ (fin)

    Quelques propos rapportés des Infaillibles(p)

    Cette subtilité divine est beaucoup évoquée dans les propos des Imâms purs(p) et notamment dans as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah(1), ce livre lumineux qui est descendu du ciel de la connaissance du Connaisseur de Dieu et de la Raison lumineuse, pour le Maître de ceux qui se prosternent(p), pour sauver les serviteurs/adorateurs de Dieu de la prison de la nature et leur faire comprendre les règles de l’assujettissement [à Dieu] et du fait de se mettre au service de la Seigneurie.

    Comme dans la 32e invocation quand il(p) dit : « Aussi à Toi la Louange pour avoir commencé par les bienfaits grandioses et pour m’avoir inspiré le remerciement pour la Bonté.. »(2)

    Comme dans la 12e invocation quand il(p) dit : « Alors que l’ensemble de Tes Bontés sont une faveur et que l’ensemble de Tes Bienfaits sont à Ton Initiative.. »(3)

    Comme dans Misbâh ash-Sharî ‘at quand il(p) dit : « La limite inférieure de la pureté (d’intention) est que le serviteur déploie sa capacité et qu’il ne place pas ensuite, auprès de Dieu, une mesure pour son acte, par laquelle il exige de son Seigneur une compensation pour son acte. »(4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp183-184)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention »

    (1)cf. sa traduction en Fs aux

    Ed. B.A.A.

    (2)as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah,

    Ed. B.A.A. Fs pp201-202.

    (2)Idem p62.

    (4)de l’Imâm as-Sâdeq(p), No77 (al-Ikhlâs) p174.

    Des propos rapportés des Infaillibles(p) concernant la règle de conduite au niveau de l’intention de se purifier de la vision de mériter une récompense pour un acte effectué.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention)  (3)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Voici un second autre degré

     

    Un 2nd AUTRE DEGRÉ

    [1] L’épurement des actes de la multitude, du plaisir de l’acte, de la confiance en soi et de l’attachement à soi-même.

    Et cela fait aussi partie des tâches du cheminement du cheminant (vers Dieu). Parce que le fait de voir que c’est beaucoup obstrue le cheminant de la caravane des pèlerins vers Dieu et l’enferme dans la prison de la nature.

    Cela pousse du mauvais arbre du shaytân et provient de l’amour de/ pour l’âme, qui est un héritage du shaytân qui a dit à son Seigneur :

    {Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile}.(12/7 al-A‘râf

    [2] Et cela vient de l’ignorance de l’individu de sa station et de Celle de l’Adoré (que Sa Grandeur soit Magnifiée).

    Si le misérable [être] possible(1) connaissait la station de son manque, de son impuissance, de sa faiblesse, de sa misère, et connaissait

    Celle de la Grandeur de la

    Vérité (Dieu), de Sa Gloire, de Sa

    Perfection, il ne verrait jamais son acte grandiose ni ne considèrerait que c’est lui qui accomplit l’ordre [ce qu’il a fait].

    Ainsi, le misérable suppose pour deux raka‘ts de la prière effectuées – qui ne valent pas plus de 80 dinars, selon la coutume dans le marché des gens de ce monde (et encore, si elles sont justes et rétribuées) – des suppositions infinies !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (p184)

    (1)« possible » dans le sens qui peut ou ne pas exister, qui a besoin d’Autre pour exister, en opposition à Dieu qui est Existence Nécessaire.

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    Le 2nd autre niveau : épurer son intention du fait de voir que c’est beaucoup, d’avoir du plaisir des actes et d’être content de soi, en oubliant Dieu, l’Origine et le But de ces actes.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention)* (4)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention), mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Après avoir évoqué un second autre degré qu’il faut dépasser dans le cheminement vers Dieu – celui du plaisir de l’acte effectué et de la confiance en soi – voici un rappel de quelques propos rapportés.

     

    Un 2nd AUTRE DEGRÉ (fin)

    [3] Ce plaisir et cette vision d’avoir fait beaucoup sont à l’origine de beaucoup de corruptions morales et au niveau des actes qu’il serait trop long d’évoquer ici. Les Infaillibles(p) ont évoqué cet aspect dans leurs propos rapportés.

     

    Quelques propos rapportés des Infaillibles(p)

    Comme ceux dans le noble Kâfî, de sa chaîne de transmission remontant à [l’Imâm]

    Moussa fils de Ja‘far(p) al-Kâzhem(p) :

    a-Il(p) dit à l’un de ses enfants :

    « Mon fils, il faut que tu sois sérieux et que tu ne sortes pas ton âme de la limite du manquement dans l’adoration de Dieu Tout-Puissant. »

    b-De lui(p), dans un autre propos :

    « [Pour] tout acte par lequel tu veux Dieu (Tout-Puissant), considère en toi-même que tu es en manque parce que tous les gens dans leurs actes sont en manque, dans ce qu’il y a entre eux et Dieu, sauf ceux que Dieu Tout-Puissant a rendu infaillibles. »

    c-Et de lui(p) :

    « Ne considérez pas comme beaucoup, beaucoup de biens. »

    Et, dans as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah al-Kâmilah, [l’Imâm as-Sajjâd](p) dit, dans sa description des Anges(p) :

    « .. qui disent, en regardant l’enfer pétiller au-dessus de ceux qui T’ont désobéi : « Gloire à Toi ! Nous ne T’avons pas adoré d’une adoration digne de Toi ! » »(4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp184-185)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)al-Kâfî, vol. 2 Bâb 221 al-A‘tirâf bi-t-taqsîr, p78 H1. – (2)idem, p79 H4. – (3)al-Kâfî, vol. 2 Bâb 229 al-istisghâr adh-Dhanb, p279

    H2. – (4)as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah al-Kâmilah, Ed. B.A.A. p24.

    Le 2nd autre niveau : épurer son intention du fait de voir que c’est beaucoup, d’avoir du plaisir des actes et d’être content de soi, en oubliant Dieu, l’Origine et le But de ces actes. Voici des propos rapportés des Infaillibles(p).

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (5)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention) et avoir rappelé l’attitude des Infaillibles(p), reconnaissant leur manquement et leur impuissance, l’Imâm al-Khomeynî(qs) interpelle les gens ordinaires comme nous.

    Alors, ô le faible [comment être content d’un acte effectué] alors que le Messager de Dieu(s) (qui est la plus savante créature de Dieu, dont les actes sont les plus lumineux et les plus grandioses de ceux de l’ensemble des gens) reconnaissait [son] impuissance et [ses] manques et qu’il(s) disait : « Nous ne T’avons pas connu d’une juste connaissance de Toi et nous ne T’avons pas adoré d’une juste adoration de Toi. »

    Et il en est de même des Imâms Infaillibles(p).

    Ils faisaient apparaître cet aspect de manquement et de déficience dans le Lieu de la Présence Sacrée.

    Oui ! La station de leur connaissance de l’impuissance du « possible » et de la Puissance et Grandeur (que Son Importance soit Elevée) de l’« Obligatoire » impliquait de telles manifestations et de telles reconnaissances !

    [Nous allons y revenir la prochaine fois.]

    Quant à nous, les pauvres malheureux, par ignorance et différentes sortes de voiles qui nous prennent au cou, nous nous mettons à nous enorgueillir et à être contents de nous-mêmes et nous nous pavanons de nos actes !

    Ô Gloire à Dieu ! Comme est véridique cette parole du Prince des croyants(p) :

    « L’individu content de luimême : un jaloux/envieux de sa raison. »(1)

    N’est-ce pas par manque de raison que le shaytân nous empêche de voir un ordre évident dont nous ne mesurons pas le poids à la balance de la raison !

    Certes, nous savons par évidence que nos actes et les actes de l’ensemble des gens ordinaires, même ! Des actes de l’ensemble des Anges de Dieu et des Êtres spirituels n’ont aucune valeur perceptible dans la balance des actes du Messager de Dieu(s) et des Imâms de la bonne Direction(p) et ne correspondent à rien.

    En même temps, le fait de reconnaître le manque et de faire apparaître l’impuissance à assumer l’ordre par ces êtres grandioses(p) est [rapporté] de façon sûre, répétée, au-dessus de la limite.

    En fonction de ces deux questions évidentes, inévitables, nous ne devrions jamais être contents de quoi que ce soit de nos actes.

    Même ! Nous devrions, si nous adorons [Dieu] et [Lui] obéissons tout au long de notre

    vie en ce monde, être intimidés, baisser nos têtes en Sa Présence.

    Et malgré cela, le shaytân a pu s’installer dans nos cœurs, prendre le contrôle de nos raisons et de nos sens de sorte que nous ne tirons pas les conséquences de ces préliminaires nécessaires, inévitables et que les états de nos cœurs sont au contraire de cela.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp184-185)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)Nahj al-Balâgha, Hikm

    No213 p697 – cf. ash-Sharah de Sh. Makârem ash-Shîrâzî,

    vol.13 No212 pp463-466.

    Comment être content de soi d’un acte d’adoration de Dieu (qu’Il soit Glorifié) alors que les Infaillibles(p) reconnaissaient leur impuissance !

    Combien misérable est cet être humain, ignorant, présomptueux !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (6)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention), avoir rappelé l’attitude des

    Infaillibles(p), reconnaissant leur manquement et leur impuissance (malgré leur station élevée) et

    interpellé les gens ordinaires comme nous, l’Imâm al-Khomeynî(qs) cite l’exemple du Prince des croyants(p) et celui du Messager de Dieu(s).

    [A propos du Prince des croyants(p)]

    Le Maître(1) dont un seul coup le jour d’al-Khandaq était meilleur que l’ensemble des actes d’adoration des djinns et des êtres humains, selon la corroboration du Messager de Dieu(s), faisait apparaître dans ses actes d’adoration et ses exercices spirituels – à propos desquels ‘Alî fils de Hussein, le plus adorateur des créatures de Dieu, disait qu’il lui était impossible de les égaler – l’impuissance, l’abaissement, la reconnaissance du manque et de la déficience, plus que nous !

    [A propos du Messager de Dieu(s)]

    Et le Messager(s) de Dieu

    – par rapport à qui(s), ‘Alî al-Murtadâ(p)(2) et l’ensemble [des [êtres humains] autres que

    Dieu étaient ses serviteurs, bénéficiant des bienfaits de ce qui tombait de la table de ses bienfaits dans ses connaissances, instruits de ses enseignements, après qu’il fut revêtu du sceau de la Prophétie qui marquait la fin de la marche du cycle(3) de la perfection et la dernière pierre de la connaissance et l’Unicité – se chargea de l’Ordre [la Révélation (la ‘descente’)] pendant dix ans dans la montagne de Harâ’ à pied et obéit [et adora Dieu] au point d’avoir les pieds gonflés et au point que Dieu (qu’Il soit Exalté) lui révéla (fit ‘descendre sur lui’) ; {Tâ Hâ. Nous n’avons pas fait descendre sur toi le Coran pour te rendre malheureux.} (1-2/20 Tâ Hâ).

    (C’est-à-dire, « ô le pur, le guide/bien dirigé, Nous n’avons pas fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux parce que tu es pur, un guide/bien dirigé. Si les gens ne t’obéissent pas, cela est résultat de leur manque et de leur misère, non pas d’un manque de ton cheminement ni de ta guidance ».)

    Et malgré cela, il(s) annonçait son impuissance et ses manques.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp185-186)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)Le Prince des croyants(p), l’Imâm ‘Alî fils d’Abû Tâleb.

    (2)ou « qui était agréé [par Dieu] ».

    (3)en allusion aux deux arcs, descendant et ascendant (le retour vers Dieu).

     

    Voici des exemples du Prince des croyants(p) et du Messager de Dieu(s), à propos du 2nd autre niveau de purification de son intention.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (7 et fin)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention), avoir rappelé l’attitude des Infaillibles(p), (reconnaissant leur manquement et leur impuissance) et interpellé les gens ordinaires comme nous,

    l’Imâm al-Khomeynî(qs) cite, en conclusion, un propos rapporté de l’Imâm ‘Alî(p) fils de Hussein(p).

    Sayyed Ibn Tâ’ûs(qs) transmet un propos rapporté de l’Imâm ‘Alî fils d’al-Hussein(p), et nous, nous tirons bénédiction de cette missive même si le propos rapporté est long.

    Mais dans la mesure où il évoque certains états du Maître, les esprits se parfument de ce texte et les « goûts » des cœurs y prennent plaisir.

    Il est rapporté de lui (qs), dans Fatah alabwâb, d’une chaine de transmission remontant à az-Zuhrî :

    « J’entrai avec ‘Alî fils d’al-Hussein(p) chez Abd al-Malek fils de Marwân (calife/ roi omeyyade de l’époque) qui fut très étonné de voir des traces de prosternation entre les yeux de ‘Alî fils d’al-Hussein(p).

    Il dit : « Ô Abû Mohammed, apparaissent sur toi les efforts alors que la vertu t’a devancé de la part de Dieu. Tu es de la chair du Messager de Dieu(s), proche de sa descendance, le foie des liens de parenté. Tu as des faveurs grandioses, supérieures à l’ensemble des gens de ta maison et des gens de ton époque.

    Il t’a été donné en faveur, en savoir, en religion, en piété scrupuleuse, ce qui n’a été donné à nul autre que toi, hormis à ceux qui t’ont précédé de ton ascendance. »

    Et il continua à faire son éloge et à l’amadouer.

    Alors ‘Alî fils d’al-Hussein(p) dit :

    « Tout ce que tu as évoqué et décrit provient de la Faveur de Dieu (qu’Il soit Glorifié), de Son Soutien et de Sa Réussite. Alors où est le remerciement pour Lui pour ce qu’Il a donné en bienfaits, ô prince des croyants ?

    Le Messager de Dieu(s) se tenait debout pour la prière au point que ses pieds gonflaient.

    Il(s) jeûnait au point que sa bouche devenait sèche et qu’on lui disait : « Ô Messager de Dieu, Dieu ne t’a-t-Il pas pardonné pour tout ce que tu as fait comme péché dans le passé et ceux à venir ? »

    Il(s) répondait alors :

    « Ne [dois-je] pas être un serviteur reconnaissant et louant Dieu pour ce qu’Il m’a offert et éprouvé ? A Lui la Louange dans la dernière et la première. Par Dieu, rien ne m’a détourné de Le remercier, de L’évoquer, nuit et jour, en secret et en public.

    Si ma famille n’avait pas des droits sur moi ainsi que tous les gens (particuliers ou généraux) qui m’obligent, en fonction de mes possibilités, de mes capacités, de les satisfaire pour eux, je jetterais mon regard vers le ciel et mon cœur vers Dieu, ensuite je ne les ramènerais, tous les deux, qu’au moment où Dieu prendrait mon âme. Et Il est le Meilleur des juges. » » »

    Et [l’Imâm ‘Alî fils d’al-Hussein(p)] se mit à pleurer et Abd al-Malek pleura également.

    Il reste d’autres niveaux de la pureté (d’intention) qui ne conviennent pas à la station.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp186-187)

    Et ainsi nous aurons terminé le chapitre 5 de la partie III concernant les règles de conduite morales de l’intention.

    La prochaine fois, nous allons entamer les règles de conduite morales concernant la récitation du noble Coran.

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Un propos rapporté de l’Imâm as-Sajjâd(p), le 4e Imâm(p) où sont données des indications sur lui-même(p) et sur le Messager de Dieu(s) à propos de leur pureté d’intention dans l’adoration de Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation du Coran

    1-A propos de la récitation (1)

    Nous venons de terminer le troisième chapitre (bâb) de la troisième partie (maqâlat) qui abordait la question de l’intention, de sa pureté et de sa sincérité. Le quatrième chapitre (bâb) porte sur la récitation du noble Coran durant la prière (obligatoirement en arabe). Ce chapitre est divisé en deux flambeaux (misbâh), le premier (pp191-221) portant sur la lecture du noble Coran en général (avec six sections (fusûl)) et le second (pp223-343) sur la lecture du noble Coran de façon spécifique durant la prière (avec sept sections (fusûl)). Les trois dernières sections du second flambeau donnent une interprétation des sourates al-Hamd (1), at-Tawhîd (ou al-Ikhlâs) (112) et d’al-Qadr (97) que nous avons déjà reprise lors de l’étude de ces sourates dans la rubrique « Le noble Coran-réfléchir sur les versets »(1).

    Une des règles de conduite importantes pour la lecture du Livre divin, commune au savant et aux gens en général, qui donne de bons résultats et entraîne l’illumination du cœur et la vie du for intérieur : considérer [le Coran] comme quelque chose de grandiose, le magnifier (at-ta‘zhîm).

    Et cela dépend de la compréhension de sa grandeur, de sa majesté et de sa magnificence – bien que cela soit, en vérité, extérieur au cadre de la mise en évidence, au-delà des capacités du genre humain. Parce que la compréhension de la grandeur de toute chose se réalise par la compréhension de sa réalité essentielle.

    Et la réalité du noble Coran divin

    avant sa descente dans la demeure de la création et son revêtement des stades de l’effectivité – fait partie des affaires de l’Essence divine et des Vérités du Savoir (divin) de la Présence de l’Unicité.

    Elle [la réalité du noble Coran] est la réalité de la Parole en soi qui est [elle] une « résonance » (muqâra‘at) de l’Essence dans la Présence Nominale (des Noms).

    Et cette Réalité, personne ne l’atteint (ne la saisit) par les sciences formelles ni par les connaissances du cœur ni par le dévoilement ‘dissimulé’ (transcendant), mais uniquement par le dévoilement divin complet à l’essence bénie du Sceau des Prophètes, dans l’entretien intime {à distance des deux arcs}, même dans l’isolement secret de la station {ou plus près encore}.

    Cette Réalité est hors de portée des espoirs du genre humain sauf pour l’élite des Proches Elus de Dieu qui s’est associée à la spiritualité de cette essence sainte, selon les lumières morales et les vérités divines et qui a disparu (fondu) en elle par l’intermédiaire de son total suivi

    (taba‘iyyah).

    Ceux-là reçoivent les sciences du dévoilement par héritage de lui(s).

    La Réalité du Coran se reflète dans leurs cœurs avec la même luminosité et perfection que celle qui s’est manifestée dans son cœur béni, sans descente dans les demeures ni passage dans les cadres.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp191-192)

     

    La première règle de conduite à suivre au niveau de la lecture du Livre divin : considérer le noble Coran comme quelque chose de grandiose, le magnifier !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (2)

    Voici la suite de la première des six sections (fusûl) du 1ier flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morales à avoir au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. Quoiqu’il(qs) affirme que cela est impossible pour le genre humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous donne des pistes vitales de réflexion, comme cette possibilité que Dieu a donnée à Son Messager de la connaître et par suite à une élite de Proches Elus(p), qui ont la charge de nous la transmettre. En voici d’autres dans ce qui suit.

    C’est cela le Coran, sans altération ni modification.(1)

    Et parmi ceux qui ont transcrit la Révélation divine, celui qui pouvait supporter ce Coran est la noble âme du « Walî » absolu de Dieu, ‘Alî fils d’Abû Tâleb(p).

    Quant aux autres créatures, elles n’ont pas la capacité de saisir cette Réalité qu’avec [après] sa descente de la Station du Dissimulé (al-ghayb) à la résidence du manifeste (shahâdat), le passage aux stades du monde matériel (al-mulk) et le revêtement des habits des mots (al-alfâzh) et des lettres (al-hurûf) de ce monde.

    Et cela est l’un des sens de l’altération (at-tahrîf) qui est arrivée dans/à tout Livre divin et au noble Coran.

    L’ensemble des nobles versets ont été placés à la portée des mains du genre humain par l’altération (at-tahrîf) [dans le sens de « faire lettre », de « rendre en lettres »], même, par de nombreuses altérations selon les demeures et les étapes traversées, de la

    Présence des Noms au dernier des mondes du manifeste (shahâdat) et du royaume

    (al-mulk). Le nombre des niveaux de l’altération correspond, point par point, à celui des profondeurs intérieures (butûn) du noble Coran.

    Sauf que l’altération (at-tahrîf) exprime la descente du Dissimulé absolu au manifeste absolu selon les niveaux des mondes, alors que les profondeurs intérieures (al-butûn) expriment le retour, du manifeste absolu vers le Dissimulé absolu.

    Ainsi, les points de départ de l’altération et des profondeurs intérieures sont inverses.

    Si le cheminant de Dieu arrive à un des niveaux des profondeurs intérieures [du noble Coran], cela veut dire qu’il en a fini avec un des niveaux de l’altération, jusqu’à ce qu’il atteigne la profondeur intérieure absolue, qui est la 7e profondeur intérieure selon les niveaux universels.

    Il se serait alors débarrassé, purifié de l’altération absolue.

    Et selon cela, le noble Coran peut être, pour certaines personnes, altéré de l’ensemble des sortes d’altérations, pour d’autres, selon certains niveaux du noble

    Coran et ne pas lui être du tout altéré, ou encore, il est possible pour certaines personnes qu’il [le noble Coran] soit altéré dans certaines situations et pas dans d’autres, ou encore qu’il soit altéré de certaines sortes d’altérations, dans un 3e cas.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp192-193)

    (1)cf. le propos sur la Réalité du noble Coran dans le numéro précédent de la revue (No110 p5).

     

    La première règle de conduite à suivre au niveau de la lecture du Livre divin : considérer le noble Coran comme quelque chose de grandiose, le magnifier !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (3)

    Voici la suite de la première des six sections (fusul) du 1er flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morales à suivre au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. Quoiqu’affirmant que cela est impossible pour le genre

    humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous donne des pistes vitales de réflexion, comme celle-ci que Dieu a donné cette possibilité de la connaître au Messager de Dieu(s) et par suite à une élite de Proches Elus(p), qui ont la charge de nous la transmettre. En voici d’autres.

    Comme nous l’avons su, comprendre la grandeur du noble Coran est hors de portée de la connaissance, mais l’indication globale de la grandeur de ce Livre révélé (descendu) présent, circulant parmi l’ensemble du genre humain, entraîne de nombreux profits.

    Sache, mon cher, que la grandeur de tout propos, de tout écrit [provient] soit :

    1-de la grandeur de celui qui parle (du locuteur) ou qui écrit (de l’écrivain) ;

    2a-de la grandeur des thèmes [abordés] et des buts visés ;

    2b-de la grandeur de ses résultats, de ses fruits ;

    3-de la grandeur du messager, de l’intermédiaire (celui qui le transmet) ;

    4-de la grandeur de celui à qui il est adressé ou est envoyé (le destinataire) et qui en a la charge ;

    5-de la grandeur de celui qui en assume la préservation et la garde ;

    6-de la grandeur de celui qui le commente, l’explique et le met en évidence ;

    7-de la grandeur du moment où il a été envoyé et de sa façon.

    Certains de ces points interviennent dans la grandeur de façon essentielle, substantielle, d’autres de façon accidentelle et par intermédiaire et d’autres en tant que dévoilant la grandeur.

    L’ensemble de ces choses que nous avons évoquées sont présentes dans ce Livre lumineux, de la façon la plus élevée et la plus parfaite.

    Même, cela en constitue une de ses spécificités, en tant que tout autre livre, soit ne partage en rien tout cela, soit pas dans l’ensemble des niveaux [c’est-à-dire en partie seulement].

    1Quant à la Grandeur de Celui Qui parle, de Son Origine, de Son Auteur, Il est le Très-Grand absolu dont l’ensemble des sortes de la grandeur envisagée dans le monde matériel (almulk), le monde immatériel (al-malakût) et l’ensemble des puissances, descendant du monde du Dissimulé (al-ghayb) au [monde] manifeste (ash-shahâdat) [ne] sont [que] des gouttes des manifestations grandioses de l’Acte de Son Essence sainte.

    Il n’est pas possible que la Vérité (al-Haqq, Dieu, qu’Il soit Exalté) Se manifeste par la Grandeur à quiconque, mais Elle se manifeste derrière mille voiles et dais.

    Comme il est dit dans le hadîth :

    « Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) a 70 000 voiles de lumière et d’obscurité.

    S’ils étaient dévoilés, les magnificences de Son Visage brûleraient en deçâ de Lui. »(1)

    Pour les gens de la connaissance, ce noble Livre provient de la Vérité (al-Haqq,

    Dieu, qu’Il soit Exalté), en tant qu’origine/ principe de l’ensemble des Affaires de l’Essence, des Attributs et des Actes, et avec l’ensemble des manifestations de Beauté et de Majesté.

    Et aucun autre Livre céleste n’a ce rang et cette demeure.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (p193 Ed. BAA)

    (1)du Messager de Dieu(s), Bihâr, vol.55, Kitâb as-sama‘ wa-l-‘âlam, bâb 5 p45 H13

    لله تبارك وتعالى سبعين ألف « حجاب من نور وظلمة لو كشفت

    ». لأحرقت سبحات وجهه ما دو

    La grandeur d’une chose peut provenir de 7 ou 8 aspects qu’il nous faut considérer si nous voulons magnifier le noble Coran, même si cela est hors de notre portée !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (4)

    Voici la fin de la première des six sections (fusul) du 1ier flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morale à avoir au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. L’Imâm al-Khomeynî(qs) cite 7 (ou 8) pistes de réflexion pour nous aider à percevoir la grandeur du noble Coran. Après avoir vu la Grandeur du Locuteur, voici les autres.

    2Quant à sa grandeur à cause de son contenu, des sujets [abordés] et de ses buts visés, cela demande d’y consacrer une section entière, voire même des sections, des chapitres, un mémoire, un livre, indépendants pour arriver à en faire une esquisse vers la voie de la mise en évidence et de la rédaction. Nous allons indiquer de façon globale ses points généraux dans une section à part et nous y signalerons sa grandeur du point de vue des résultats, des fruits, si Dieu le veut.

    3Quant à la grandeur du messager, de l’intermédiaire (celui qui le transmet), c’est l’Ange Gabriel(p), le sûr, l’Esprit suprême, par lequel le Messager le plus grandiose et le plus noble(s) contacte cet Esprit grandiose, après être sorti de l’enveloppe humaine et avoir orienté son cœur vers la Présence de la Domination (al-Jabarût).

    Il [l’Ange Gabriel](p) est l’un des quatre piliers de la demeure de la Réalisation. Même ! il(p) est le plus grandiose des piliers, le plus noble de ses genres parce que cette essence lumineuse est l’Ange préposé au savoir, à la sagesse, détenteur des ressources morales, des nourritures spirituelles.

    On peut déduire du Livre de Dieu et des nobles hadîths, la grandeur de [l’Ange] Gabriel(p) et sa prééminence sur les autres Anges.

    4Quant à la grandeur de celui à qui il est adressé ou est envoyé (le destinataire) et qui en a la charge, il est le cœur pur limpide

    al-Ahmadî (le plus loué), unitif synthétique al-Muhammadî (le comblé de louanges) auquel la Vérité (al-Haqq, Dieu qu’Il soit Exalté) S’est manifesté de l’ensemble de ce qui revient à l’Essence, aux Attributs, aux Noms et aux Actes.

    Il(s) est celui qui détient le sceau de la Prophétie et de la « wilâyah » absolue, qui est la plus noble et la plus grandiose des créatures, la quintessence de l’univers, le joyau de l’existence, le suc de la demeure de la Réalisation et la dernière brique, le détenteur de la plus grande « médiation » (ou fonction d’intermédiaire) (al-barzakhiyyah alkubrâ) et la Lieu-tenance suprême.

    5Quant à la Grandeur de Celui qui en assure la préservation et la garde, Il est L’Essence

    Sainte de la Vérité (al-Haqq, Dieu Tout-Puissant), comme Il dit dans le noble verset béni :

    {Certes c’est Nous qui avons fait descendre le Rappel et c’est Nous qui en sommes Gardien.}(1)

    6Quant à la grandeur de ceux qui le commentent, l’expliquent et le mettent en évidence, ce sont les essences pures des Infaillibles, du Messager de Dieu(s) à l’[Imâm] al-Hujjah de l’époque (que Dieu accélère son apparition) qui sont, eux, les clefs de l’existence, les trésoriers de la magnificence, les sources de la sagesse et de la révélation, les fondements des connaissances et bienfaits, et les détenteurs de la station de la synthèse et du détail.

    7Quant à la grandeur du moment de la

    Révélation, c’est la nuit d’al-Qadr, la plus grandiose des nuits, meilleure que mille mois, le plus lumineux des temps. Il est en vérité le moment de l’arrivée du « walî » absolu et du

    Messager scellant [le Prophète](s).

    8Quant à la façon de la Révélation, ses modalités, cela est hors du cadre de la mise en évidence de ce livre abrégé et a besoin d’une section à part que j’ai mise de côté à cause de sa longueur.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp194-195 Ed. BAA)

    (1)v. 9/15 al-Hijr

    إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ

    وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ

    La grandeur d’une chose peut provenir, en plus du Locuteur : 2-du contenu du Message ; 3-du messager porteur de ce Message ; 4-du destinataire ; 5-de Celui qui le préserve ; 6-de ceux qui le commentent ; 7-du moment de la Révélation ; (8-de sa façon).

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    2-A propos des objectifs et du contenu du noble Coran (1)

    Nous avons vu que la 1e règle de conduite à suivre en lisant le noble Coran est de le magnifier et pour cela comprendre la réalité de sa grandeur. Quoique cela soit impossible pour le genre humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) a donné 7 à 8 pistes de réflexion pour percevoir la grandeur du noble Coran, notamment celle du contenu et des objectifs du noble Coran, qu’il(qs) va reprendre dans cette section.

    Sache que ce noble Livre, comme il l’annonce lui-même, est un livre de guidance, guidant le comportement de l’humanité, éduquant les âmes, guérissant les maladies du cœur et illuminant la voie du cheminement vers Dieu.

    Globalement, Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté), dans l’étendue de Sa Miséricorde pour Ses

    serviteurs/adorateurs a fait descendre ce noble Livre de la Station de Sa Proximité et de Sa Sainteté – selon ce qui convient aux mondes

    – jusqu’à arriver à ce monde ténébreux, à cette prison de la nature (at-tabî‘at).

    Il s’est alors revêtu de mots et a pris la forme de lettres, pour sauver les prisonniers de l’obscure prison de ce monde, libérer les enchaînés des carcans des espoirs et désirs vains et les faire parvenir

    – du plus bas degré de l’âme, de la faiblesse et de l’animalité

    – au sommet de la perfection et de la force humaine et

    – du voisinage du shaytân – à la compagnie des êtres spirituels, voire même les faire aboutir à la station de la

    Proximité et atteindre le degré de la Rencontre de Dieu – qui sont les plus grandioses objectifs et demandes des Gens de Dieu.

    Ainsi, de ce point de vue, ce Livre est un livre appelant à Dieu (al-Haqq) et à la félicité, une mise en évidence de la façon d’atteindre cette station et ces contenus globalement – de ce qui a un rapport avec le cheminement et le comportement vers Dieu, ou ce qui aide le cheminant et le voyageur vers Dieu.

    De façon générale, l’un de ses importants objectifs, est d’appeler à la connaissance de Dieu et de mettre en évidence les connaissances divines concernant l’Essence, les Noms, les Attributs et les Actes

    – et ce qui est le plus demandé est l’Unicité de l’Essence, des Noms et des Actes

    – ce qui est évoqué à fond (mustaqsâ), parfois directement et parfois par allusion.

    Il faut savoir que les connaissances

    – de celle de l’Essence à celle des Actes

    – sont évoquées dans ce Livre divin synthétique de façon que chaque catégorie [de gens] puisse les saisir selon ses dispositions. Ainsi, les savants de l’apparence (‘exotérique’), les rapporteurs de la tradition (des hadîths) et les religieux en droit (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux) mettent en évidence et interprètent les nobles versets de l’Unicité, notamment de l’Unicité au niveau des actes, d’une façon qui diffère et diverge de celle des gens de la connaissance et des savants de la profondeur (de l’ ‘ésotérique’).

    L’auteur de ces lignes considère les deux comme justes dans leur domaine, parce que le Coran est guérison des maladies intérieures et soigne tout malade de façon spécifique.

    Ainsi les nobles versets

    – ceux concernant :

    l’Unicité de l’Essence comme : {Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Profond}(3/57 al-Hadîd), {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre}(35/24 an-Nûr), {C’est Lui qui est Divinité dans le ciel et dans la terre}(84/43 az-Zukhruf ), {Il est avec vous où que vous soyez} (4/57 al-Hadîd), {Où que vous vous tournez, là est la Face de Dieu} (115/2 al-Baqara) et autres ;

    l’Unicité des Attributs comme la fin de la sourate al-Hashr (21-24/59) ;

    l’Unicité des Actes comme : {Tu n’as pas lancé quand tu as lancé mais c’est Dieu qui a lancé}(17/8 al-Anfâl), {Louange à Dieu, Seigneur des mondes.}(2/1 al-Fâtiha), {Le Glorifie ce qui est dans les cieux et la terre.}(1/62 al-Jumu‘a & 1/64 at-Taghâbun) ; qui sont des indications gnostiques précises pour certains et très précises pour d’autres – sont une guérison pour [toutes] les maladies, d’une certaine façon, pour chaque catégorie de savants de l’apparence (de l’ ‘exotérique’) et de la profondeur (de l’ ‘ésotérique’).

    Alors même que certains nobles versets

    – comme les 1ers versets de la sourate al-Hadîd (1-6/57) et la sourate bénie at-Tawhîd (ou al-Ikhlâs)

    (112)(1)

    – ont été révélés, selon un propos rapporté cité dans al-Kâfî, pour des « gens profonds » à la fin des temps(2), les gens de l’apparence en ont aussi une part suffisante. Et cela fait partie des miracles de ce noble Livre et de son côté synthétique.

    d’après al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau.1 section 2 (pp195-196)

    Ainsi, un des objectifs du noble Coran est l’appel à la connaissance de Dieu, notamment Son Unicité (de l’Essence, des Attributs, des Actes). Le noble Coran est guérison de toutes les maladies intérieures.

     

    (1)A propos de la sourate at-Tawhîd (112), cf. les numéros de 4 à 7 de la revue L.S..

    (2)« Dieu Tout-Puissant sait qu’à la fin des temps, il y aura des gens profonds, alors Dieu (qu’Il soit Exalté) a fait descendre : {Dis : Lui, Dieu est Un..} et les premiers versets de la sourate al-Hadîd jusqu’à Sa Parole : {et Il sait parfaitement le contenu des poitrines.}. Alors celui qui désire (derrière) cela est perdu. » (de l’Imâm as-Sajjâd(p), al-Kâfî, vol.1 Kitâb at-Tawhîd, Bâb 29 an-Nisbat, pp146-147 H3).

    سئل علي بن الحسين عليه السلام عن التوحيد فقال : “إن الله عز وجل علم أنه يكون في آخر الزمان أقوام متعمقون فأنزل الله تعالى }قل هو الله أحد{ والآيات

    من سورة الحديد إلى قوله}وهو عليم بذات الصدور{ فمن رام وراء ذلك فقد هلك.”

    A propos des règles lors de la récitation du Coran (2-1)

    Explications

    Le premier paragraphe donne l’identité du noble Coran et indique son rôle de guidance, de guérison et d’illumination.

    Il descend selon les capacités de réception des mondes. S’il était descendu tel quel, selon sa Réalité, il brûlerait tous ces mondes – une supposition bien sûr, dans la mesure où Dieu ne fait rien pour détruire. Toute chose auprès de Lui se fait selon la mesure/capacité.

    L’allusion au shaytân, dans la mesure où, bien que du monde immatériel inférieur, il est très présent dans le monde ici-bas, matériel. Et plus l’être humain s’élève vers Dieu, plus sa présence diminue jusqu’à disparaître.

    Le premier objectif cité, voire même celui le plus élevé, le plus sublime, est la connaissance (réelle) de Dieu, et plus particulièrement l’Unicité de Dieu, au niveau de l’Essence, des Attributs (et Noms) et des Actes, en tant qu’elle n’est pas dissociée de la Rencontre de Dieu. Et cela est évoqué dans le noble Coran de façon approfondie jusqu’à arriver à la limite extrême (mustaqsâ) de cette connaissance.

    C’est-à-dire le noble Coran veut que l’être humain arrive à la connaissance véritable de Dieu. Il le prend par la main pour lui faire passer par les étapes de l’Unicité, celle au niveau des Actes, des

    Attributs (et Noms) jusqu’à l’Unicité de l’Essence.

    Il a cette particularité de parler à tous les niveaux du genre humain, certes à la mesure/capacité de leur raison, en s’étant revêtu de mots et de lettres, ce qui correspond au niveau le plus bas des êtres humains (qui est la langue, les mots prononcés).

    Donc, avant de citer les autres objectifs ou thèmes du noble Coran, l’Imâm(qs) a tenu à attirer l’attention sur le fait que le noble Coran parle à tout le monde, qu’il guérit tout le monde, qu’il sauve tout le monde et qu’il fait atteindre l’objectif fondamental qui est la Rencontre de Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (5)

    Après avoir rappelé différents groupes de ceux qui nient les stations dans les faits, l’mäm al-Khomeynî (qs) insiste sur la nécessité de se réveiller de toutes ces formes d’associationnisme, dont celles qui se manifestent sous les formes d’ostentation au niveau des actes et de la plupart de celles au niveau du cœur. Il nous indique aussi la voie à suivre pour s’en sortir.

    Comment celui qui voit [cette] faible créature misérable, miséreuse, avoir une influence dans la demeure de la réalisation et la considère comme agissant à son gré dans le royaume de la Vérité, peut-il envisager se dispenser de l’attirance des cœurs des créatures et purifier (et épurer) ses actes de l’associationnisme du shaytân ?

    Pour cela, il lui est nécessaire de purifier la source (et l’origine) pour qu’une eau pure sorte d’elle, car il ne faut pas s’attendre à ce qu’une eau pure sorte d’une source boueuse.

    [Comment ?]

    En sachant que les cœurs des serviteurs de Dieu sont à la Disposition de Dieu.

    En faisant goûter au cœur le sens de « Ô Celui qui retourne les cœurs » et en le faisant entendre à son ouïe [du cœur].

    Alors tu ne seras pas préoccupé par le fait de gagner (chasser) les cœurs, avec ce qu’il y a de faiblesse et de misère en toi.

    En faisant comprendre au cœur la Vérité de « Celui Qui a entre les mains la possession de toute chose », « Qui a le royaume », « dont le royaume est entre Ses Mains », alors tu te dispenseras sûrement de l’attirance des cœurs, tu ne te verras pas dans le besoin des cœurs faibles, de ces créatures faibles, et il t’arrivera la suffisance (richesse) au niveau du cœur !

    Mais tant que tu sens en toi même le besoin et que tu vois dans les gens une solution à ton problème, alors tu sens le besoin de gagner les cœurs. Et tant que tu penses que tu disposes des cœurs [des autres] en faisant apparaître la Sainteté, alors tu sens le besoin de l’ostentation

    Alors que si tu avais vu la Vérité [Dieu] résolvant le nœud (le problème) et toi-même comme n’étant pas comme disposant de l’univers, tu n’aurais pas besoin [de] ces sortes d’associationnisme !

    Ô l’associationniste prétendant à l’Unicité ! Ô Iblis revêtu de la forme de fils d’Adam !

    Tu as hérité cela du shaytân maudit qui se voit lui-même comme disposant [de ce monde] et qui parle pour les tromper [les gens] !

    Ce misérable infortuné tombant dans le voile de l’associationnisme et de la vision de soi-même, et ceux qui voient le monde et eux-mêmes indépendants (et non pas comme l’ombre [dans le prolongement de Dieu]), disposant [agissant d’eux mêmes] et non pas possédés [entre les Mains de Dieu], ont hérité la diablerie d’Iblis !

    Alors, réveille-toi du lourd sommeil et fais parvenir à ton cœur les nobles signes (versets) du Livre divin et des pages lumineuses seigneuriales. Car ces signes (versets) grandioses ont été descendus (révélés) pour me réveiller et te réveiller.

    Mais nous avons limité l’ensemble de nos chances/parts de lui [du profit du noble Coran] à sa belle récitation et à sa forme et nous avons négligé les connaissances qu’il contient, au point d’avoir laissé le shaytân prendre le contrôle de nous-mêmes et de nous placer sous son pouvoir !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’mäm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp181-182)

    Le cœur est entre les Mains de Dieu. C’est Lui Qui attire les cœurs vers quelqu’un ou les repousse. Un Rappel qu’il ne faut pas négliger : le noble Coran.