Avec les apôtres – (2)

JAÂFAR TAÏAR

 

(Le premier ambassadeur de l’Islam)

 

Par:

Chakib BENBEDIRA

 

Thèmes sélectionnés par :

 

  1. ESSAYED

 

 

 

Fondation Ansariyan

 

Au nom de Dieu le Très Clément, le Tout Miséricordieux

 

PRÉFACE

La fondation Ansariyan a déjà eu l’honneur de présenter une série concernant l’histoire des Ahl-ul-Bayt (paix sur eux) que Dieu a purifiés et élevés au-dessus de toute infamie. L’accueil chaleureux et enthousiaste auquel cette série a eu droit et les encouragement qui nous ont comblés de toute part, et particulièrement de la part de la jeunesse musulmane francophone, nous ont amenés à présenter cette nouvelle série qui se veut complémentaire de la première et qui concerne les fidèles compagnons et apôtres de la noble progéniture prophétique, ceux qui avaient soutenu le Prophète(pslf)¹ et étaient de véritables concrétisations du modèle du croyant dressé par le Saint Coran lorsqu’il les qualifie de: « Ceux qui tiennent bon quant au serment qu’ils avaient prêté à Dieu ».

En présentant cette série à la bibliothèque du jeune musulman, notre Fondation espère fournir le bon exemple à suivre par la jeunesse. Ce modèle pourra être trouvé dans le comportement exemplaire de ces hommes qui avaient participé à la construction de la gloire de l’islam sur terre, levé tout haut son étendard, et éclairé la voie pour bien de générations.

Puisse cette série contribuer à la noble mission de la construction morale exemplaire du jeune musulman partout où il est appelé à remplir son rôle sublime de sauvegarde et de propagation des bonnes mœurs dans un monde où la nécessité d’un tel rôle se fait de plus en plus sentir.

Et enfin louange à Dieu, Seigneur des mondes.

Fondation Ansariyan

  • Paix et bénédiction sur lui ainsi que sur sa famille purifiée.

LA DEUXIEME AILE DE L’ISLAM

Ce fut un jour historique, lorsque Abou Tôleb remarqua l’absence de son cher neveu, notre maître et prophète Mohammad(pslf). Inquiet et angoissé, il commença à chercher partout. Accompagné par son fils Jaâfar(p), il s’éloigna de la Mecque pour chercher dans les alentours. Enfin, dans un recoin de montagne, ils aperçurent Mohammad(pslf) en train de prier avec son cousin Ali(p).

La majesté et l’aspect pieux et déférent des deux prieurs illustres saisit Abou Tôleb. Ne pouvant lui-même participer à cette scène sublime -sous peine de divulguer le secret de sa foi- Il ordonna vite à son fils Jaâfar(p) de les joindre pour compléter l’aile gauche du Prophète(pslf)! Aussi, lui dit- il: « Complète l’aile de ton cousin. »

Est-il que nul oiseau ne peut voler qu’à l’aide de deux ailes. Et il est clair qu’Abou Tôleb comprenait bien qu’il fallait deux ailes puissantes et endurante pour que l’oiseau sacré du Message Islamique pût voler !

C’était la première fois que le nom de Jaâfar(p) résonnât parmi les musulmans. Et depuis lors, cet autre enfant du « Cheikh de la place » devint le principal adjoint du Messager de Dieu(pslf).

Jaâfar(p), fils d’Abou(p) naquit vingt ans après l’année de l’éléphant, il est donc dix ans plus âgé que son frère Ali(p). Il se distinguait parmi ses frères par sa grande ressemblance au Prophète(pslf).

Il fut adopté par son oncle Abbas(p) lorsque celui- ci décida avec notre maître Mohammad(pslf) de soulager Abou Tôleb(p) d’une partie du lourd fardeau constitué par sa famille nombreuse, en adoptant ses deux enfants Jaâfar(p) et Ali.

L’histoire a gardé le silence quant au rôle joué par Jaâfar(p) aux côtés du Prophète(pslf) dans les conditions les plus difficiles des premières années de l’Islam. En réalité, ce silence n’est pas inattendu, puisque, en général, ce sont les ennemis jurés de la noble famille du Prophète(pslf) qui avaient rédigé ou financé la rédaction de l’histoire de l’Islam. Mais toujours est-il que la lumière de la vérité défit toute sorte de censure; et nous avons pu trouver, quand même, quelques témoignages historiques suffisants pour reconstruire l’image méconnue de cet illustre apôtre du Prophète de l’Islam.

 

 

 

 

 

VERS L’EXIL

Après le début de la prédication déclarée et ouverte de la foi Islamique, une terrible répression s’abattit sur tous les nouveaux adeptes de l’Islam. Parmi les croyants, seuls ceux qui jouissaient d’une forte protection tribale purent résister au choc. Le Prophète(pslf) exhorta alors les moins forts et les plus démunis à partir en exil. L’Abyssinie fut, à ce moment-là, le seul pays qui réunissait à la fois les conditions politiques et religieuses requises pour abriter les premiers persécutés de l’Islam.

En effet, Négus, l’empereur de l’Abyssinie, était un homme de foi chrétienne et le Prophète(pslf) avait beaucoup d’estime pour lui; et il voyait en lui un souverain juste, qui n’abandonne jamais une victime à son agresseur.

Ainsi, lorsque les musulmans persécutés vinrent se plaindre aux Prophète et demander des ordres, il leur dit : « En Abyssinie, il existe un roi chez lequel personne ne risque l’oppression ou l’injustice. Cherchez donc refuge dans son pays, jusqu’à ce que Dieu assigne pour vous une issue. »

Les premiers réfugiés ne tardèrent pas à arriver en Abyssinie et ils ne trouvèrent aucun problème pour y vivre. Entre-temps, le Prophète(pslf) ordonna à son cousin et adjoint Jaâfar(p) de se préparer à s’y rendre en amenant avec lui tous les musulmans qui ne pouvaient plus assurer leur propre sécurité et qui pouvaient partir.

La grande caravane des exilés comptait 80 personnes dont plusieurs femmes, à la tête desquelles fut Asma fille de Ômeye la femme de Jaâfar(p). Cette caravane réussit à quitter secrètement la Mecque sous la direction de Jaâfar(p) et elle atteignit la côte de la mer rouge sans que les mécréants ne s’en rendissent compte. C’était là une grande réussite pour le jeune chef de la caravane et une première justification de sa nomination par le Prophète comme premier ambassadeur dans l’histoire de l’Islam.

Ici, les textes historiques ont gardé le silence sur les motifs du choix du Prophète; puisque Jaâfar(p) n’était pas réellement exposé au danger comme le Prophète lui-même, et sa présence à la Mecque aurait pu être très réconfortante pour l’ensemble de Bani Hachim.

L’explication de cette énigme sera partiellement fournie par les grandes qualités que Jaâfar(p) ne tarda pas à révéler aussi bien au cours du voyage qu’au long de son séjour en Abyssinie, comme nous allons le voir.

En réalité, il y a un côté subtil dans le choix du Prophète(pslf): Jaâfar(p) était connu pour être le fils adoptif de Abbas, l’oncle du Prophète, qui était tenu -lui aussi de cacher sa conversion à l’Islam. Et la présence de Jaâfar(p) à la Mecque 3 aurait pu mettre Abbas devant un choix très difficile: Le protéger contre la persécution des mécréants, et par là, mettre en cause sa prétendue sympathie pour les chefs de l’idolâtrie, ou bien d’abandonner et le désavouer, ce qui n’était aucunement acceptable par l’ensemble de Bani Hachim. L’exil de Jaâfar(p) était donc le meilleur choix possible.

La traversée de la mer rouge fut facilitée par le passage au moment opportun d’un navire, devant la caravane de Jaâfar(p). Enfin, les musulmans atteignirent la côte Abyssine et rejoignirent leurs frères qui y étaient déjà installés discrètement. Mais cette fois leur grand nombre n’était pas chose à leur faciliter la discrétion et ils furent aussitôt remarqués par les autorités locales. Toutefois, Négus n’était pas homme à persécuter des réfugiés et les musulmans purent vivre en paix et pratiquer librement leurs rites religieux pour la première fois dans l’histoire.

Ce voyage était une bonne occasion pour démontrer les qualités exceptionnelles de Jaâfar(p) et de sa vertueuse femme Asma qui joua un rôle important dans l’organisation des femmes de la caravane.

Bien que les conditions matérielles de l’exil fussent satisfaisantes, Jaâfar(p) et ses compagnons étaient chagrinés chaque jour par les mauvaises nouvelles provenant de la Mecque où les musulmans restants eurent à subir toutes sortes de supplice et d’agression et certains d’entre eux durent même succomber et tomber en martyre. Ainsi, la nouvelle des premiers martyrs de l’Islam Yasser et Someyya, père et mère de Ammar, leur parvint et leur annonça que leur épreuve était, de loin, bien minime relativement à celle de leurs frères demeurant à la Mecque. Mais cette situation allait-elle durer longtemps ? Et les mécréants de la Mecque, qui entretenaient de très bonnes relations commerciales avec l’Abyssinie, pouvaient-ils rester les bras croisés devant l’essor de l’Islam et sa diffusion hors de la Mecque ? Les événements contredirent bien ceci.

DEMARCHE POUR L’EXTRADITION

Les têtes pensantes de l’idolâtrie mecquoise devinrent de plus en plus inquiètes des nouvelles provenant de l’Abyssinie et commencèrent à douter de l’efficacité de toutes leurs tentatives d’étouffer la voix de la nouvelle foi à la Mecque alors qu’elle commençait à s’élever aux pays d’outre-mer!

Ces vieux commerçants se rendirent aussitôt compte du grand risque d’un retour soudain de la situation au profit des musulmans. Dans une réunion à « Dar ennadoua », qui jouait le rôle de parlement local, les plus importants chefs de Qoraich discutèrent la situation et se dirent à quoi bon toute cette répression organisée contre les musulmans de la Mecque alors que le grand danger peut à tout moment provenir du grand royaume Abyssin où les musulmans exilés commencent à s’organiser et à prendre du poids?

Ils décidèrent alors de compléter leur programme d’anéantissement de l’Islam, commencé déjà par les tortures, les assassinats et le grand siège de Banou Hachim. Ils se mirent alors d’accord sur une démarche auprès du roi d’Abyssinie pour l’extradition des musulmans exilés.

Les chefs de la Mecque désignèrent un vieil ami du roi Négus, qui n’était autre que Âmre ibn Âass, comme émissaire. Ils le chargèrent de convaincre le roi d’Abyssinie d’extrader tous les musulmans réfugiés et de le ramener tous en geôle.

Les mécréants pensèrent ainsi en finir avec l’Islam puisque cette démarche allait couper l’autre racine de la nouvelle religion, racine qui semblait être bien loin de leur portée.

Âmre ibn Aass n’était pas un émissaire ordinaire. Non seulement il était un vieil ami du roi d’Abyssinie mais aussi il était célèbre par sa malice. En effet, il était réputé pour être l’un des quatre hommes les plus malins d’Arabie. C’était un personnage fertile en fourberie, ruse et en stratagème. « Il était un des hommes profondément retors et traîtreusement doubles, qui ne se laissent jamais prendre aux amorces du présent ni aux leurres d’aucun attachement… »

L’histoire de l’Islam témoigne qu’une telle description de cet homme ne relève d’aucune exagération puisque le long de plus de cinq décennie suivant cette mission en Abyssinie il excella par des démonstrations éclatantes de ses qualités de grand retors!

Les préparatifs de la mission témoignent déjà que le choix de Âmre ibn Aass par le chef des mécréants auraient pu être une garantie suffisante de la réussite de leur démarche si ne n’était la forte personnalité et les qualités exceptionnelles de Jaâfar(p).

En effet, Âmre s’était fait accompagné par l’homme le plus charmant et le plus célèbre de Qoraich qui n’était autre que Omar ibn Walid. Dans le précédent livre de cette série nous avons déjà fait une petite connaissance de cet homme déjà proposé par les chefs des mécréants à Abou Tôleb(p) en échange de la livraison de son neveu, le Prophète(pslf).

Sans doute, Âmre voulait compenser sa laideur par le charme de Omar! En plus il n’avait pas omis de s’assurer la sympathie de toute la cour royale de Négus et de tous les patriarches de l’église d’Abyssinie en portant avec lui des cadeaux de grande valeur.

Dieu, à Lui pureté, dit bien dans le Saint Coran:

« …Et ils rusent, Et Dieu leur oppose Ses astuces! Est-il que Dieu est le meilleur des astucieux. » 1

1- Sourate 8 (al Anfäl): 30

DANS LA COUR DE NEGUS

 

Arrivés au palais royal d’Abyssinie, les envoyés de Qoraich entamèrent leur démarche par la distribution généreuse des cadeaux qu’ils avaient amenés. Les patriarches de l’église et les hommes de la cour royale furent tous enchantés de recevoir ces cadeaux de très grande valeur que les richards de la Mecque avaient généreusement sacrifiés pour atteindre leur objectif politique.

Toutes les conditions semblaient être réunies pour obtenir le consentement du roi Négus: Une sympathie générale pour « La cause de Qoraich » fini vite par gagner la cour royale; et les plus proches du roi n’épargnèrent aucun effort pour convaincre leur souverain que les « arguments » de Âmre étaient irréfutables; sous-entendu -bien sûr- que les cadeaux étaient irrésistibles!

Le roi Négus, pieux et scrupuleux qu’il était, ne se laissa pas duper par sa cour et il convoqua Âmre pour entendre ses allégations.

Âmre et ses complices entrèrent dans l’enceinte de la cour en déployant toute la pompe possible. Mais Négus était vraisemblablement l’un de ces grands hommes de la foi qui méprisaient les pompes et les parades. Il s’adressa à son visiteur et lui demanda les véritables mobiles de sa visite. Âmre répondit alors:

« Ô Sire! Certains vils et hérétiques de notre tribu ont trouvé refuge dans l’Abyssinie. Non seulement ils ont boudé la religion de leurs ancêtres, mais ils ont même dédaigné de se convertir à la religion du roi. Et ils insistent insolemment à prétendre suivre une nouvelle religion que ni nous, ni votre majesté ne puisse reconnaître. Et nous venons de la part des chefs de Qoraich pour obtenir leur extradition afin de les punir. »

 

En faisant allusion à la religion du roi, Âmre essaya de provoquer les sentiments profondément chrétiens du roi Négus. Mais là encore, la fourberie de ce retors d’Arabie achoppa sur la clémence et la magnanimité du pieux souverain qui répondit avec sagesse : « Comment pourrait- je livrer des gens qui ont cherché refuge chez moi? De toute façon, je vais les interpeller et si je me rends compte de la fausseté de leur doctrine, je vous les livrerai; sinon je les laisserai vivre chez moi en paix. »

Le roi d’Abyssinie ordonna ensuite la convocation des réfugiés pour entendre leur plaidoyer. Bien que désappointé par la position impartiale du souverain, Âmre était loin d’être désemparé et il commença aussitôt à préparer une nouvelle tactique plus efficace. Oui! La culture religieuse relativement riche de ce grand voyageur était son carquois inépuisable. Mais Jaâfar(p), lui aussi, était un homme de très haute culture et l’épreuve qu’il avait à surmonter était une occasion précieuse pour démontrer la grandeur de la religion qu’il représentait. Bref, c’était le grand duel entre la fourberie et la ruse de l’incrédule, d’un côté, et la vérité habile et subtile de l’homme de foi, du côté adverse.

UNE PLAIDOIRIE HISTORIQUE

Depuis leur entrée dans l’enceinte de la cour royale, les musulmans durent faire face à une épreuve inattendue. En effet, le protocole royal de l’époque imposait à tous les sujets du roi de se prosterner dès qu’ils se présentent devant lui.

Tous les hommes de la cour ainsi que ceux de la délégation mecquoise se prosternèrent dès qu’ils aperçurent le roi Négus; mais Jaâfar et ses compagnons se tinrent debout en toute fierté et s’attirèrent d’ores et déjà le regard étonné du souverain abyssin. Celui-ci ne cacha pas son indignation de leur attitude d’apparence arrogante et leur demanda :

« Ne prosterniez-vous pas donc? »

-« Nous ne prosternons que devant Dieu! » Répondit Jaâfar.

-« Que veux-tu dire? » Demanda Négus.

« Ô sire! » Rétorqua Jaâfar. « Certes Dieu nous a envoyé Son messager et nous a interdit de se prosterner pour quiconque autre que lui, et nous a ordonné de faire la prière, de s’acquitter de l’aumône légale (Zakat)… »

Inquiet du cours de la discussion, Âmre se précipita de lancer une première offensive qu’il avait bien préparée d’avance et s’écria malicieusement: « Ils osent s’opposer à la religion du roi! »

Mais Négus lui fit signe de se taire et demanda à Jaâfar de continuer son discours.

-« Ô sire! » Dis Jaâfar. « Nous étions un peuple d’ignares: Nous adorions les idoles, mangions les cadavres des animaux, commettions toutes les turpitudes, transgressions tout lien de parenté ou voisinage. Les plus forts d’entre nous usurpaient les droits du plus faibles, jusqu’à ce que Dieu nous envoyât un messager qu’Il avait choisi parmi nous et dont nous connaissions parfaitement les aïeux, la sincérité et la probité… Il nous a rappelé vers Dieu pour reconnaître son unicité et l’adorer, et rejeter définitivement nos anciennes croyances et les idoles que nous et nos ancêtres avaient longtemps adorées. Notre prophète nous a ordonné:

– De ne dire que la vérité.

– De restituer les droits et dépôts des gens.

– La bienfaisance envers les parents et les voisins.

– Arrêter toute sorte de prévarication et d’effusion de sang.

Il nous a interdit les turpitudes, le mensonge et le faux témoignage, l’extorsion des biens des orphelins et l’accusation infondée des femmes.

Il nous ordonné aussi d’adorer Dieu, l’Unique, sans lui associer rien d’autre, de faire la prière, de s’acquitter de la Zakat et de jeûner le mois de Ramadan.

Nous l’avons cru, sire, et nous l’avons suivi dans tous ce qu’il nous a apporté de la part de Dieu. Nous avons vénéré Dieu, Tout Seul sans rien lui associer. Et c’est alors que les nôtres nous infligèrent toutes sortes de torture et de supplice dans l’espoir de nous ramener à l’idolâtrie.

Lorsque nous fumes débordés et notre résistance arriva à bout, nous avons choisi votre pays comme terre d’asile et nous avons cru bon de vous préférer sur tout autre choix, espérant ne jamais subir d’injustice chez vous. »

Le roi Négus, à la fois surpris et enchanté par l’éloquence et la force de l’argumentaire de Jaâfar(p), se retourna à Âmre, le foudroya d’un regard accusateur et lui fit savoir qu’il devait désespérer de le voir extrader les réfugiés musulmans. Âmre n’en fut nullement désarmé et il lança l’une de ces flèches dont lui seul en connaissait le secret! En effet, la contre-offensive de Âmre consistait à susciter les sentiments religieux du souverain chrétien en lui révélant que le Coran contient une version de l’histoire de la naissance de Jésus, autre que celle relatée dans la bible.

Négus s’empressa alors de demander des éclaircissements à propos de la version coranique de l’histoire la plus importante aux yeux des chrétiens. Jaâfar(p) n’en fut aucunement embarrassé, et, tout confiant en la justesse de sa position, il récita toute l’histoire de la naissance de Jésus(p) dans la sourate Mariam (Marie):

«…16. Mentionne, dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu Oriental.

  1. Elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Djibril), qui se présenta à elle sous la forme d’un homme parfait.
  2. Elle dit: « Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, [ne m’approche point]. »
  3. Il dit: « Je ne suis qu’un Messager de ton Seigneur pour te faire don d’un fils pur ».
  4. Elle dit: « Comment aurais-je un fils, quand aucun homme ne m’a touchée, et je ne suis pas prostituée? »
  5. Il dit: « Ainsi sera-t-il! Cela M’est facile, a dit ton Seigneur! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C’est une affaire déjà décidée ».
  6. Elle devient donc enceinte [de l’enfant], et elle se retira avec lui en un lieu éloigné.
  7. Puis les douleurs de l’enfantement 3 l’amenèrent au tronc du palmier, et elle dit: « Malheur à moi! Que je fusse mort avant cet instant! Et que je fusse totalement oubliée! »
  8. Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle, [lui disant:] « Ne t’afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source. »
  9. Secoue vers toi le tronc du palmier: il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
  10. Mange donc et bois et que ton œil se réjouisse! Si tu vois quelqu’un d’entre les humains, dis [lui:] « Assurément, j’ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux: je ne parlerai donc aujourd’hui à aucun être Humain ».
  11. Puis elle vint auprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: « Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse! »
  12. « Sœur de Haroun, ton père n’était pas un homme de mal et ta mère n’était pas une prostituée ».
  13. Elle fit alors un signe vers lui [le bébé]. Ils dirent: « Comment parlerions-nous à un bébé au berceau? »
  14. Mais (le bébé) dit: « Je suis vraiment le serviteur d’Allah. Il m’a donné le Livre et m’a désigné Prophète.
  15. Où que je sois, Il m’a rendu béni; et Il m’a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakat:
  16. et la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux.
  17. Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. »…»

Ayant entendu ces paroles divines, le roi Négus ne pu se contenir. Il se releva debout et s’écria avec enthousiasme : « Il est certain que ce que vous dites et ce qu’a apporté Jésus émanent d’une seule niche! »

Puis il retourna vers la délégation mecquoise et dit d’un air solennel et catégorique : « Jamais, je ne vous les livrerai; plutôt, je les défendrai. »

Puis il ordonna à ses serviteurs de restituer tous les cadeaux à Âmre en disant que c’était une sorte de pot-de-vin et qu’il n’accepterait jamais une telle corruption.

Âmre n’en fut pas tellement désemparé et il décida de jouer sa dernière carte qui traite toujours du même sujet Jésus! Il s’adressa à Négus en manifestant son grand étonnement de la décision du roi et s’exclama: « Ô sire! Ces gens ne méritent aucunement votre magnanimité!

Savez-vous qu’ils prétendent que Jésus n’était qu’un esclave ?! »

Ici, la malice de Âmre avait atteint sa plénitude puisque, désespéré de gagner la bataille par l’arme de la discorde théologique, il décida de tenter sa chance par le biais d’un jeu subtil de mots!

En effet, le terme esclave dans la langue du Coran signifie à la fois serviteur, sujet et homme dévoué. Dans le cadre de cette conception, tout homme est donc un esclave de Dieu et doit consolider ce lien de soumission par les pratiques et les rites religieux. Non seulement Jésus, mais tout prophète est supposé avoir atteint la plénitude de la soumission à Dieu: Les prophètes sont donc les esclaves de Dieu par excellence! Intrigué par cette nouvelle accusation de Âmre, le roi Négus demanda à Jaâfar(p) des explications sur le prétendu esclavage de Jésus. Jaâfar(p) répondit d’une manière explicite en s’inspirant des versets coraniques: « Jésus est bien l’esclave, le messager et l’esprit de Dieu. Il est la parole que Dieu donna à Marie, la sainte vierge (paix sur elle), pour en faire un enfant magnifique. »

Le roi Négus fit un pas en avant et à l’aide de sa canne il traça un petit trait sur le sol et dit à Jaâfar(p) : « Par Dieu, Jésus ne dépasse ce que vous dites que par ce trait! Retourne auprès de tes confrères, vous êtes en paix et en sécurité sur ma terre! »

Ainsi, le complot de Âmre échoua et le rêve d’extradition se dissipa. La délégation mecquoise retourna, chez elle bredouille.

 

 

 

 

UN BON SEJOUR

Parler d’un asile politique pour les musulmans réfugiés en Abyssinie pourrait paraître quelque peu abusif, vu la nouveauté du concept d’asile politique et la complexité de la situation de ces réfugiés qui avaient eu l’occasion de vivre librement sous l’autorité du roi Négus et jouir de son hospitalité et de l’amabilité du peuple abyssin. Les conditions étaient si favorables à Jaâfar(p) et ses compagnons, qu’ils se sentaient dans leurs propres pays et ils se permirent même la prédication de l’Islam parmi la population autochtone. Et l’Islam s’y propagea sûrement et sans grands problèmes.

Les nouvelles arrivant d’Arabie se succédèrent et les musulmans d’Abyssinie durent souffrir d’apprendre que le Prophète et ses fidèles à ses côtés avaient à subir les grandes épreuves de l’Année de Tristesse. Ensuite, leur soulagement fut général lors de l’arrivée des nouvelles de la Hijra (La grande émigration du Prophète vers la Médine) et la fondation du premier Etat Islamique de l’histoire.

Les nouvelles des grandes batailles du Prophète contre Qoraich n’avaient pas tardé à retentir chez Jaâfar(p) et les siens. Après avoir fêté la grande victoire de la bataille de Badr, ils avaient eu à faire le deuil d’un grand nombre de fidèles compagnons du Prophète, massacré lors de la bataille d’Ohod.

Certes, la nouvelle la plus difficile à supporter fut le martyre de Hamza, l’oncle du Prophète, et les atrocités et sauvageries commises sur sa dépouille par Hind, la femme d’Abou Sofiane et la mère de Moâwiya dont notre cher lecteur a déjà fait connaissance à travers la série précédente : « Avec les infaillibles ».

Toutes fois, les nouvelles qui parvinrent après la bataille de Ohod furent réconfortantes et les messagers du Prophète(pslf) aux différents souverains limitrophes de l’Arabie annoncèrent la portée mondiale du message de l’Islam.

Mais parmi toutes ces dernières nouvelles, la plus réconfortante fut celle de l’arrivée de l’envoyé spécial du Prophète(pslf) chez le roi Négus pour l’appeler officiellement à se convertir à l’Islam.

MESSAGE AU ROI NEGUS

L’envoyé du Prophète(pslf) au roi d’Abyssinie était Âmre ibn Omeyya eddhamry. Dès son arrivée, il fut reçu par Jaâfar(p) qui l’accompagna aussitôt au palais royal. Le roi Négus les accueillit chaleureusement et déplia la lettre du Prophète(pslf), et lut:

« Au nom de Dieu le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

De Mohammad, le Messager de Dieu.

À Négus, le roi d’Abyssinie.

Salut à vous.

Louange à Dieu, et témoignage qu’il n’y a point d’autre dieu que Lui, le Souverain, le Très Saint, le Pacifique, le Croyant et le Dominant. Et j’atteste que Jésus, fils de Marie est l’esprit de Dieu et Sa parole qu’Il jeta à la Sainte Marie, la vierge vertueuse et vénérable. Celle qui fut enceinte de Son esprit tout comme Adam fut créé de Sa main.

Par ailleurs, je vous invite à reconnaître de Dieu l’Unique qui n’a point d’associé et à la persévérance sur la voie de l’obédience à Lui, à me suivre et à croire fermement à ce que je vous appelle, vous et vos fidèles, vers Dieu, à Lui puissance et majesté.

Est-il que j’ai bien communiqué et je n’ai épargné point de conseil. Acceptez donc mon conseil. »

Le roi Négus ne fut nullement étonné par le contenu du message du Prophète(pslf) puisqu’il avait déjà eu l’occasion de bien connaître les principes fondamentaux de l’Islam de la bouche 3 de l’illustre ambassadeur Jaâfar(p). Toutefois, il est vraisemblable que, jusqu’alors, le roi abyssin n’avait pas jugé nécessaire de se convertir à l’Islam puisque aucune invitation formelle en ce sens ne lui avait parvenu auparavant. Cependant avec l’arrivée de ce nouveau message, il se rendit compte que l’heure de la vérité vient de sonner dans sa propre cour royale.

Le roi Négus ne tarda pas à manifester sa grandeur d’âme et sa magnanimité qui firent de lui un honneur éternel pour toute l’Afrique Dès qu’il acheva la lecture de la lettre, il descendit de son trône, s’assit à même le sol, posa la lettre sur sa tête en signe de grand respect, et ordonna à ses serviteurs de lui apporter un coffret d’ivoire dans lequel il déposa le document prophétique et dit: « L’Abyssinie restera dans le bonheur tant que cette lettre demeure bien gardée chez son peuple. »

C’était alors que l’envoyé du Prophète présenta au roi Négus une deuxième lettre dans laquelle la permission de retour des musulmans vers leurs pays, fut officiellement sollicité par le Prophète(pslf) après le constat de la consolidation du nouvel Etat Islamique de Médine.

LE RETOUR VICTORIEUX

Dès que la nouvelle du proche retour au pays se propagea, les musulmans exilés en furent comblés de joie et ils commencèrent impatiemment à préparer leur retour tant attendu.

Le roi Négus saisit l’occasion pour démontrer sa sympathie pour l’Islam et son Prophète et insista pour que le retour des exilés fût accompagné des plus grands honneurs.

Plusieurs navires furent préparés au voyage, et ils furent chargés de cadeaux de grande valeur que le roi Négus destina au Prophète. Jaâfar(p) et ses compagnons furent aussi accompagnés par une délégation royale portant les meilleurs vœux du souverain abyssin au Prophète(pslf).

Avec la levée des encres et le départ des voiliers vers la terre d’Arabie, Jaâfar(p) et ses compagnons arrivèrent difficilement à contenir leurs sentiments de joie et de nostalgie et passèrent tout leur voyage à chanter pureté et louange pour le Seigneur des mondes qui leur facilita un tel retour victorieux.

UNE DOUBLE JOIE

L’histoire de l’Islam ne fut nullement une série d’évènements joyeux. Les moments difficiles en les épreuves ont toujours occulté les rares moments de joie ou de satisfaction matérielle que les musulmans ont pu réaliser.

Cependant ce qui a éternisé le moment de retour de Jaâfar(p) et ses compagnons chez le Prophète(pslf), c’est qu’il coïncida avec l’un des rares moments joyeux dont le Prophète(pslf) pu jouir, après la catastrophe de la guerre d’Ohod. Ce fut à l’occasion de la conquête des forteresses de Khaybar qui mit fin à tous les complots mijotés par les juifs qui y avaient trouvé refuge.

Notre cher lecteur a déjà eu l’occasion de connaître l’histoire de cette grande conquête que nous avons relatée dans les deux premiers numéros de la série « Avec les infaillibles ». Ici, précisons seulement que cette grande victoire militaire permit de mettre en évidence la juste valeur de deux grandes images illustres de l’Islam Ali, fils d’Abou Tôleb, le concurrent de Khaybar et son frère Jaafar(p), le premier ambassadeur du Prophète qui arriva le jour même de cette conquête. Le Prophète(pslf) en fut doublement comblé et il ne cacha pas sa grande joie à ses

Compagnons lorsqu’il leur dit : « Je ne sais vraiment pas par quoi je suis le plus comblé de joie : par la victoire de Khaybar ou par l’arrivée de Jaâfar(p)! »

Le Prophète réserva à Jaâfar(p) un accueil historique. Et il tint à lui faire part du grand honneur que Dieu à Lui pureté- lui réserva: Bien que Jaâfar(p), à cause de sa mission en Abyssinie, fut privé de la participation à la grande émigration vers la Médine (Hijra) il fut considéré par Dieu comme mouhajir (exilé pour l’amour de Dieu) non seulement vers l’Abyssinie mais aussi vers la Médine. En effet le Prophète(pslf) s’adressa à Jaâfar(p) après l’avoir embrassé chaleureusement et lui dit: « Certes, Jaâfar(p) et ses compagnons ont vraiment réalisé deux hijras: L’une vers l’Abyssinie et l’autre vers la Médine. »

LE SACRILEGE

Nous avons signalé plus haut que le Prophète(pslf) envoya des émissaires à tous les souverains des pays limitrophes de l’Arabie pour les inviter à se convertir à la religion de Dieu. Le gouverneur de Bosra, vassal de l’empereur de Byzance, était l’un de ces souverains qui eurent l’occasion de devenir les premiers musulmans de leurs peuples et par là, il aurait pu être l’un des premiers prédicateurs de la religion de Dieu dans son territoire.

Contrairement à la réaction très subtile de l’empereur byzantin Héraclius qui résidait à Damas et qui eut la précaution de manifester une position quasiment neutre vis-à-vis de l’Islam, le gouverneur de Bosra, bien que vassal de l’empereur romain, ne fut pas aussi prudent que lui et osa commettre l’acte le plus abominable qu’un souverain puisse commettre : Tuer l’émissaire du Prophète(pslf).

Sur tous les plans, et quelque soit l’angle sous lequel on l’analyse, ce crime était, même bien avant cette époque, unanimement condamnable.

Le Prophète (pslf) ne pouvait donc pas permettre d’opposer à ce sacrilège ignoble sa clémence habituelle. Enfaite, bien que le rapport des forces fût en faveur de l’ennemi, il fallait bien réagir vigoureusement et châtier ce despote criminel.

UNE EXPEDITION PUNITIVE ET EDUCATIVE

 

Le Prophète(pslf) décida donc de réagir rapidement; et il ordonna aussitôt la constitution d’une armée capable d’infliger au gouverneur de Bosra le châtiment qu’il méritait. Ce fut au mois de Joumada al-Awwal de la 8ème année de l’hégire. C’était donc bien avant la conquête de la Mecque et l’augmentation considérable de l’effectif des combattants musulmans.

Malgré l’alerte générale, l’expédition ne put réunir que trois mille combattants; mais ils étaient tous assez motivés pour battre un ennemi plusieurs fois plus nombreux. Sans doute, le Prophète(pslf) comptait sur la bravoure et la hardiesse de cette petite armée qui avait à combattre une armée dont l’effectif était d’habitude de dix à onze mille hommes. Et il était clair qu’aucun autre élément que le soutien de Dieu n’était escompté par l’organisateur de cette expédition, puisque même l’effet de surprise n’était pas possible vu l’abondance des hypocrites à la Médine, ces hypocrites dont les intérêts commerciaux avec Bosra et la Syrie constituaient un mobile suffisant pour leur trahison.

Le Prophète(pslf) désigna Zeyd ibn Haritha comme commandant en chef de l’expédition, Jaâfar ibn Abi Tôleb comme premier vice commandant et Abdoullah ibn Rawaha comme deuxième vice commandant. Le deuxième devant succéder au premier si celui-ci est tué; le troisième devant de même succéder au deuxième au cas échéant.

Cette organisation du commandement de l’expédition était sans précédent. Ce qui démontre que le Prophète(pslf) s’attendait, quand même, à une mauvaise surprise. Le caractère punitif et dissuasif de cette campagne militaire n’avait rien diminué de son contenu instructif et éducatif pour l’ensemble de l’élite combattante musulmane participant soit directement au combat ou aux préparatifs et à l’encadrement général et de la mobilisation.

En effet, c’était la première fois qu’une armée arabe osait affronter les redoutables troupes de l’empire Byzantin, la première superpuissance de l’époque, celle qui venait infliger à son rival, l’empire Sassanide, une défaite sanglante.

En outre, c’était la première bataille contre un ennemi se réclamant du christianisme. A ce titre, le Prophète(pslf) ne manquait pas de recommander aux combattants musulmans quelques précautions qui restèrent ensuite gravées dans les mémoires de ses successeurs comme il nous est rapporté dans les manuels d’Histoire.

Ainsi, lorsque le Prophète(pslf) fit ses adieux aux combattants, il les exhorta en disant entre autre: « …Je vous recommande la piété et la crainte de Dieu. Combattez, au nom de Dieu, votre ennemi et l’ennemi de Dieu. Vous allez trouver des hommes qui s’étaient isolés des gens et renfermés dans les monastères; ne les dérangez donc point. Ne tuez ni femme, ni enfant, ni vieillard. Ne coupez point d’arbre et ne détruisez aucune construction… »

Bref, ces recommandations s’opposaient à toutes les coutumes barbares de l’époque. Coutumes que, ni chrétiens ni païens n’avaient jusqu’alors pensé à abandonner ou même condamner.

Avec cette expédition, d’apparence punitive mais dans les véritables perspectives était éducative, notre maître Mohammad(pslf) s’assura de laisser après lui des règles de guerre propres à l’Islam et dignes d’être appelées les règles de la guerre sainte (Jihad) et que l’on peut résumer dans deux qualités fondamentales: La défensive et l’humanisme.

Enfin, le 27 Joumada al-Awwal « , l’expédition partit en direction de la Syrie avec l’espoir de réussir à infliger une correction au gouverneur de Bosra. En réalité, le fait même d’organiser une telle expédition punitive, était à lui seul- suffisant pour rétablir la dignité et l’image de marque des musulmans après l’offense ignoble du gouverneur de Bosra. A ce titre, on peut dire que l’expédition avait déjà atteint la majeure partie de son objectif avant même le début des hostilités.

L’EPOPEE DE MOTA

Bien avant le départ de l’expédition musulmane, les nouvelles parvinrent aux byzantins qui prirent l’affaire trop au sérieux et décidèrent de porter un coup mortel à la force militaire musulmane, vraisemblablement surestimée. Très rapidement une armée impériale de deux cents mille soldats professionnels fut mobilisée. Théodore, le frère de l’empereur Héraclius, commanda lui-même cette armée et se dirigea à la rencontre des troupes musulmanes.

Arrivées sur les lieux, les musulmans furent surpris par la grande mobilisation des byzantins et comprirent qu’il ne s’agissait plus d’une expédition punitive limitée mais d’un choix entre le martyre certain et une retraite, plus réaliste mais sans aucun honneur.

L’existence du trio: Zeyd(p), Jaâfar(p) et Abdullah(p) à la tête de l’expédition transforma cet événement en une grande épopée, unique dans les annales de l’histoire. En effet, bien que la retraite semblât être les choix le plus raisonnable, les commandants musulmans choisirent le raccourci le plus court vers le Paradis! Ils décidèrent donc de combattre cette armée cent fois plus nombreuse sans toutefois manquer de croire à leur chance que le terrain: il s’agissait d’infliger à l’ennemi le plus de pertes possibles. Et pour cela ils choisirent un terrain de combat qui convenait bien à leur petit nombre. C’était un lieu appelé Môta, situé vers le Sud-Est de la mer morte (en Jordanie actuelle).

Les deux armées étaient très motivées L’une enchantée par sa supériorité numérique écrasante et l’autre sublimée par une impatience d’en finir avec une vie qui ne faisait qu’ajourner la rencontre des bien-aimés au Paradis.

Sans minimiser l’impatience d’aucun autre héros de cette épopée éternelle, il est légitime de croire que Jaâfar(p) espérait depuis le début ne pas revenir vivant de cette expédition et il avait plusieurs fois raisons pour être, parmi tous les participants à l’expédition, le plus motivé pour le martyre. En effet, le long de son séjour en Abyssinie, il avait dû porter le deuil des plus chers: A commencer par Abou Tôleb, le premier protecteur du Prophète(pslf) et passant par son oncle Hamza, son défenseur le plus courageux et le plus brave.

Le déroulement de la bataille peut confirmer ce que nous venons d’avancer. Zeyd(p) lança l’ordre de l’attaque et la petite armée musulmane plongea dans la mer de fer et d’acier. La couleur rouge des tuniques byzantines offrit à la bataille l’aspect d’une mer de sang engloutissant des petits voiliers qui, rassemblés par une détresse collective, essayaient de se coller les uns aux autres comme pour empêcher leur naufrage inéluctable.

La bravoure de Zeyd(p) enflamma l’ensemble des combattants musulmans. Et il était clair pour tous que leur commandant ne voulait aucunement sortir vivant de la bataille puisqu’il s’était jeté, l’étendard à la main, en plein cœur de l’armée ennemie. L’attitude suicidaire de Zeyd(p) entraîna aussitôt une explosion éclatante d’un héroïsme de Jaâfar(p) qui se précipita derrière Zeyd(p) pour empêcher la chute de l’étendard de l’Islam qui fléchit un instant par l’effondrement de son porteur, déchiré par les dizaines de lances byzantines auxquelles il ne pouvait opposer que son corps. Dans toute cette épopée, l’épisode signé par Jaâfar(p) se distingua par quelques nuances d’hyper héroïsme dont on ne peut retrouver l’équivalent que dans les mythologies et chez les produits des imaginations fertiles de leurs auteurs.

Jaâfar(p) prit l’étendard par une main, brandit son épée d’une autre et commença à défier les soldats ennemis qui, bien que pris de panique, étaient repoussés en avant par des flots des dizaines de milliers d’autre derrière eux. Ainsi sous la pression des lignes arrières, les soldats de la ligne frontale byzantine commencèrent à refermer le cercle autour de Jaâfar(p) et quelques-uns de ses braves compagnons.

Jaâfar(p) sauta de son cheval sur terre pour combattre à pied, et commença à improviser quelques vers de poésie qui retentirent partout dans le champ de bataille et galvanisèrent les troupes musulmanes qui ne virent alors plus rien devant elles que la voie du Paradis:

«… Plût à Dieu le Paradis:

Dans l’immédiat;

Quel délice infini;

Doux et froid;

Et voilà ces byzantins;

          Leur supplice est certain;

Incrédules et mécréants;

Dû et doive leur rencontre ; Les maudire et les combattre… »

Cette bravoure inouïe de Jaâfar(p) ne pu se poursuivre très longtemps sous cette forme lyrique; et l’image sobre et irréductible du chevalier de Bani Hachim reprit surface pour occulter celle du poète hardi. Mais tout cela va s’estomper aussitôt devant la scène sublime du dévouement du commandant musulman qui, démembré de sa main droite, saisit fermement l’étendard par sa main gauche pour que ses fidèles ne visent pas un instant le symbole de leur résistance fléchir et l’image de leur dignité flétrir.

L’ennemi comprit alors l’importance de l’étendard. D’innombrables sabres convergèrent vers la prise de Jaâfar(p), et lui coupèrent la main gauche. Mais ce chevalier paradisiaque ne désespéra pourtant pas et il embrassa l’étendard de toutes ses forces par ses bras sanglants jusqu’à ce que le coup de grâce libérât définitivement son âme pure de son corps déchiqueté et lui permit d’aller retrouver les siens au Paradis.

L’étendard de l’Islam se vit redressé par Abdullah, le 3ème commandant qui ne tarda pas à aller retrouver les siens, au Paradis, là où il espérait. C’est à cet instant que la bataille changea d’identité et l’épopée paradisiaque laissa sa place au génie militaire d’un commandant nouvellement convertis à l’Islam mais d’une renommée guerrière exceptionnelle: C’est Khalid ibn Walid. Dès le martyre du 3ème commandant, Khalid fut désigné par les musulmans pour diriger la bataille qui avait déjà atteint ses objectifs.

Khalid était l’un de ces chefs de guerre qui étaient plus soucieux du résultat de la bataille que de la manière dont elle se déroule. Ainsi, il réalisa vite que même avec la mort d’une dizaine de byzantins contre le martyre d’un seul musulman, dans quelques heures, il ne resterait plus personne autour de l’étendard de l’Islam. Il concentra, alors ses efforts sur la préparation d’un retrait bien couvert.

La tombée de la nuit vint aussitôt au secours du plan de Khalid; Et ce fut alors le retrait très organisé des troupes musulmanes. À la levée du jour, la surprise des byzantins fut toute grande: Au lieu de la petite armée musulmane, recroquevillée sur ses positions défensives, ils ne virent que quelques leurres nocturnes et les restes d’un campement déserté !

L’armée byzantine n’eut pas l’audace de se hasarder à la poursuite des troupes musulmanes déjà disparues dans le désert…

DEUIL À MEDINE

Bien avant l’arrivée de Khalid et ses troupes à Médine, la nouvelle de l’épopée de Môta était déjà parvenue au Prophète(pslf). En fait, l’importance de la bataille et le rang exceptionnel de ces martyrs firent d’elle le sujet d’un message spécial apporté par l’Ange Djibril(p) de la part du Seigneur des mondes.

La bravoure et le dévouement exceptionnel de Jaâfar(p) furent récompensés d’une manière tout aussi exceptionnelle: Il fut révélé au Prophète(pslf) que Dieu, à Lui pureté, avait compensé à Jaâfar(p) le sacrifice de ses deux mains, par deux ailes à l’aide desquelles il pourrait voler dans le Paradis, tout comme un ange! Depuis lors, Jaâfar(p) fut surnommé « L’homme aux deux ailes » ou encore « Taïar » (L’homme volant).

Dès la réception de la nouvelle, notre maître Mohammad(pslf) alla à la mosquée de la Médine où il annonça le martyre des vaillants commandants de l’expédition et décrivit le déroulement de la bataille devant une assistance doublement attristée: Par la perte de ces grandes personnalités et pour avoir raté une telle occasion de sublimation!

Ensuite, le Prophète(pslf) se précipita vers la maison de Jaâfar(p) pour devancer la nouvelle de martyre de son cousin.

L’attitude du Prophète(pslf) envers les enfants de Jaâfar(p) et ses larmes qu’il ne put contenir, annoncèrent la triste nouvelle pour Asma qui demanda aussitôt au Messager de Dieu si son mari fut bien tué à la bataille! Le Prophète(pslf) lui révéla l’histoire du martyre de Jaâfar(p) et la récompense exceptionnelle auquel il eut droit. Et il partit aussitôt chez sa fille Fatima (paix sur elle) pour lui recommander d’aller soutenir la famille de Jaâfar(p).

Les troupes musulmanes ne tardèrent pas à rejoindre Médine; et les combattants n’en eurent jamais assez de raconter toutes les épisodes de l’épopée de Môta et de faire l’éloge de leurs commandants martyrs et particulièrement de celui dont le surnom reste toujours gravé dans les mémoires des vertueux: «Jaâfar(p) aux deux ailes». Plutôt pourrait-on le surnommer: « le paradisiaque aux deux ailes ».

 

-Fin-

la prière

  • La forme de la prière et son sens intérieur

    Il est connu de tous que la prière est un moyen de s’élever vers Dieu. Mais avant toute chose, il est important de prendre conscience que comme la prière à une forme apparente, extérieure, elle a aussi une forme pour le sens intérieur, l’esprit de la prière. Et de même qu’il y a des règles de conduite à suivre pour accomplir la forme de la prière sans lesquelles la prière serait nulle ou avec des manques, il y a pour son sens profond, des règles de conduite à suivre au niveau du cœur. De même, l’absence de leur observance amène à la nullité de la prière ou la rend déficiente.

    De plus, c’est l’observance de ces règles de conduite au niveau du cœur qui fait que la prière acquiert un esprit angélique, céleste (malakûtî). Même ! Cette observance donne la possibilité au prieur qui pratique l’auto-observassions et se préoccupe de suivre ces règles de conduite du cœur, d’avoir accès aux secrets divins qui sont lotis dans la prière des gens élus de Dieu, du maître des Messagers(pslf), pour qui la prière représente la pupille de leurs yeux et la véritable ascension vers la Proximité de Dieu. Il est très important de prendre conscience que la plus grande perte qui puisse arriver à un prieur est de se contenter de l’écorce de la prière, de sa forme apparente, physique. Il se prive des bénédictions de la prière et de ses perfections intérieures qui entraînent obligatoirement les félicités éternelles, même ! le voisinage du Seigneur de la Puissance et le marchepied de l’ascension vers la Station de l’Arrivée (al-wusûl) à la Jonction (al-wisâl) avec l’Aimé Absolu. Le problème est que nos raisons sont incapables de connaître cette perte et que nous ne la saisissons que quand nous sortons de ce monde et que nous passons devant les Comptes Divins !

    Tant que nous sommes enveloppés des voiles de ce monde et de la nature, nous ne pouvons rien connaître de cet autre monde. Existe-t-il une perte plus grande que celle d’avoir négligé ce qui est le moyen de la perfection et de la félicité de l’homme, le médicament de tout mal et de tout manque du cœur ? Existe-t-il une frustration plus grande que de voir qu’après 40 ou 50 ans de fatigue et d’efforts (pour prier), il n’y a aucun résultat ? Même ! Existe-t-il des regrets plus grands que de voir que toutes ces prières (faites superficiellement) vont être la cause de l’opacité du cœur, de son voilement de ténèbres et de son éloignement de Dieu ? Car ce lien (la prière), s’il est perdu, tous les autres liens sont coupés : « Si elle est acceptée, est accepté autre qu’elle. Et si elle est rejetée, est rejeté autre qu’elle. »

    Dans quel égarement sommes-nous quand nous nous contentons de l’écorce de la prière ! Alors que ces cinq Rendez-vous quotidiens avec Dieu, ces Bénédictions divines, sont des occasions à saisir pour réformer nos états, acquérir les conditions spirituelles de la prière des gnostiques, guérir l’ensemble des maladies et des insuffisances de nos âmes, quitter, tant que nous en avons la force et la possibilité, la demeure de l’obscurité, du regret et de l’éloignement de la place Seigneuriale et permettre à nos âmes l’ascension vers la Jonction et la Proximité de la Perfection, quels qu’en soient les efforts et la fatigue. Profitons-en avant qu’il ne soit trop tard !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât (Introduction) de l’Imâm al-Khomeiny(qs))

     

    C’est l’observance des règles de conduite au niveau du cœur qui donne à la prière un esprit angélique, céleste (malakûtî).

     

     

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes

    Se tourner vers la Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement (1)

    Une des premières règles de conduite au niveau du cœur est de nous tourner vers la Puissance de la Seigneurie (Divine) (‘izz ar-rubûbiyyah) et vers l’humilité de notre soumission/assujettissement devant Dieu (dhul al-‘ubûdiyyah). La force de notre cheminement vers Dieu réside dans cette force de concentration sur la Puissance de la Seigneurie de Dieu et sur l’humilité de la soumission /assujettissement.

    En premier lieu, en tant que serviteurs/ sujets de Dieu, nous devons réaliser que nous ne sommes rien face à Dieu, que nous sommes les pauvres, les indigents. Dieu est le Riche,

    Celui qui se suffit à Lui-même, le Tout-Puissant. Tous nos regards se tournent alors vers la

    Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement.

    Chaque fois que notre regard se porte sur nous-mêmes, que notre pensée se tourne vers notre ego et que notre amour pour nous-mêmes prend le-dessus, nous nous éloignons de la station de la proximité de la Seigneurie. Tant que, par une vision bornée, limitée, inapte sur nous-mêmes, nous nous attribuons une perfection et une beauté illusoires, nous sommes loin de la perfection humaine. Même ! Nous nous enveloppons d’un voile – le voile de la vision de soi, de l’adoration de soi – qui est le voile le plus épais, le plus obscur, le plus difficile à déchirer de l’ensemble des voiles. (Mais, en même temps, c’est la déchirure de ce voile qui est la clef des clefs des Mystères et de leur vision, la porte des portes de l’ascension vers la perfection de la spiritualité.)

    Aussi, la première condition pour le cheminement vers Dieu est la sortie de cette demeure (de l’ego). Elle constitue même le critère, la mesure, le baromètre de la justesse (ou non) de la gymnastique spirituelle et des efforts pour éduquer l’âme. Tant que l’homme franchit les étapes du cheminement vers Dieu enveloppé du voile de l’ego, de l’amour de soi, sa gymnastique spirituelle est nulle, ses efforts sont vains. Ce n’est pas vers Dieu qu’il se rend mais vers lui-même, son ego. Ce n’est pas Dieu qu’il adore en priant mais lui-même. Il a pris son ego comme idole.

    Dieu Tout-Puissant dit dans Son noble Livre : {Celui qui sort de sa maison émigrant vers Dieu et Son Messager et que la mort atteint, sa récompense incombe à Dieu.} (100/IV)

    Il y a l’émigration formelle, physique, vers la Ka‘ba et les sanctuaires des Proches-Elus(p) et il y a l’émigration morale, spirituelle, qui est la sortie de la maison de l’âme et de la demeure de ce monde, pour aller vers Dieu et Son Messager (l’émigration vers le Messager et le Walî étant aussi une émigration vers Dieu).

    Tant que nous restons attachés à nous-mêmes, à notre ego, tant que toutes nos préoccupations tournent autour de nous-mêmes, de notre ego, nous n’avons pas encore commencé notre voyage vers Dieu. Tant que des restes de l’égoïsme sont devant notre regard, tant que les murs de la ville de l’âme n’ont pas encore disparu de nos yeux, tant que l’appel à l’amour pour nous-mêmes reste audible, nous ne sommes pas des « voyageurs », des « émigrants » vers Dieu. Notre prière reste formelle. Nous ne nous sommes même pas mis sur le chemin de l’ascension vers Dieu. Alors, commençons par évoquer nos manques, nos insuffisances, notre incapacité pour sortir de la captivité de l’âme. (d’après Al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.1)

     

    La première condition pour le cheminement vers Dieu est de sortir de notre ego et de la demeure du monde ici-bas.

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Se tourner vers la Puissance de la Seigneurie et vers l’humilité de la soumission/assujettissement (2)

    L’Imâm as-Sâdeq(p) rapporte dans Misbâh ash-Sharî‘at : « La soumission/assujettissement est un joyau et son essence est la Seigneurie. Ce qui manque de la soumission/assujettissement se trouve dans la Seigneurie. Ce qui est dissimulé de la Seigneurie est atteint dans la soumission/assujettissement. »

    En marchant du pas de l’humilité de la soumission/assujettissement à Dieu, l’homme va trouver la voie qui le mènera à la Puissance de la Seigneurie, parce que le chemin qui mène aux Vérités

    Seigneuriales passe par les marches de la soumission/assujettissement à Dieu.

    Il découvrira alors que ce qu’il aura perdu de son ego et de son égoïsme dans la soumission/ assujettissement à Dieu, il va le retrouver à l’ombre de la Protection de la Seigneurie, jusqu’à arriver à la station où Dieu le Très-Elevé devient son ouïe, sa vue, sa main, sa jambe, comme cela est évoqué dans le juste hadith(1) connu des deux bords. – Alors que celui qui n’a pas utilisé sa vue, son ouïe et l’ensemble de ses organes dans la voie de l’obéissance à Dieu Très-Elevé et la soumission à Lui, n’aura ni vue ni ouïe spirituelles, comme le notait Sheikh al-Majlisi dans son commentaire de ce hadith dans Mir‘at al-‘uqûl. Et quand il sera dans le monde de la tombe et du Jugement, il sera sourd et aveugle. Sa vue et son ouïe de ce monde matériel ne se seront pas déplacées vers cet autre monde–.

    Il verra que plus il se soumettra à Dieu et moins il laissera de place à son ego, plus la Puissance de la Seigneurie sera présente en lui. Inversement, plus il apportera de l’importance à son âme, plus il aura pour objectif sa propre grandeur, moins la Puissance de la Seigneurie sera présente en lui.

    La soumission/assujettissement absolue fait partie des plus hauts degrés de la Perfection, et des stations les plus élevées de l’homme, et seule la plus parfaite des créatures, le Prophète Mohammed(s) a pu l’atteindre (avec les Proches-Elus de Dieu qui sont les plus parfaites créatures après lui). Aussi, celui qui veut cheminer vers Dieu, doit bien saisir la station d’humilité de la

    soumission/assujettissement et l’avoir présente devant lui, car plus cette vision sera forte, plus sa spiritualité augmentera dans ses actes d’adoration et plus l’esprit des actes d’adoration sera renforcé.

    Au point que s’il arrive à atteindre, avec l’aide de Dieu et de Ses Proches-Elus les plus parfaits(p), la vérité de la soumission/assujettissement et de son essence, il pourra avoir un aperçu rapide sur le secret de l’adoration.

    Ces deux stations – la station de la Puissance de la Seigneurie et celle de la soumission/ assujettissement – sont présentes dans l’ensemble des actes d’adoration, et plus particulièrement dans la prière qui est la « station du regroupement » (de la synthèse – jâmi‘iyyah) ; la réalité de sa demeure, de son rang est celle de l’Homme Parfait et du Nom Grandiose, même elle l’est. Et dans la prière, plus particulièrement durant le Qunût (qui est un acte recommandé) et la prosternation (qui est obligatoire), comme nous le verrons plus tard.

    Il est bon de commencer par se rappeler cette règle de conduite pour le cœur en se mettant sur le tapis de prière (quitte en la lisant juste avant le début de la prière), puis en prononçant le « Allâhu

    al-Akbar » (Dieu est plus Grand) d’ouverture, puis petit à petit tout au long de la prière, en s’aidant de mouvements exprimant l’humiliation tels que baisser la tête, se replier sur soi…

    (d’après Al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat.

     1- Chap1 (fin))

    (1)voir Usûl al-Kâfî, vol.2, Kitâb al-Imân wa-l-kufr, bâb 331 H7

    Ce qui est dissimulé de la Seigneurie est atteint dans la soumission/ assujettissement.

    • A/Règles de conduite pour l‛ensemble des actes d‛adoration

    L’humilité révérencielle

    (al-khushû‘) (1)

    Parmi les choses nécessaires, voire indispensables, au pèlerin vers Dieu dans l’ensemble de ses actes d’adoration et bien-sûr durant la prière (qui est à la tête de tous les actes d’adoration, même ! qui a la station « collective » (ou « synthétique » al-jâmi‘îat)) : l’humilité révérencielle (al-khushû‘).

    On pourrait la dénirainsi: la soumission totale (à Dieu) mélangée à de l’amour et de la crainte. Elle arrive quand on saisit la grandeur de la Majesté (al-Jalâl) et de la Beauté (al-Jamâl) de Dieu, ce qui suscite des sentiments à la fois de vénération, de crainte, d’humilité et de soumission. Les réactions du cœur peuvent varier selon la constitution et la nature fondamentale (tra) des gens.

    Certaines gens, des « pas-sionnés », des « aimants » de Dieu, sont plutôt sensibles à la grandeur de la Beauté et quand ils voient la beauté apparente, ils se tournent vers la Beauté de l’Aimé, en fonction de leur tra. Ces gens-là, quand ils saisissent, dans leur cheminement vers Dieu, l’ombre du Beau ou qu’ils voient le principe, l’origine de la Beauté, sont foudroyés, le Grandiose caché dans le secret de la Beauté les faisant s’évanouir. Pourquoi ? Parce que dans toute Beauté se trouve une Majesté cachée, de même que dans toute Majesté, se trouve une Beauté voilée.

    Peut-être est-ce cela ce que le Maître des gnostiques(p), le Prince des croyants et des pèlerins vers Dieu indiquait dans sa parole : « Gloire à Celui qui a étendu Sa Miséricorde à Ses Proches-Elus dans la vigueur de Son Châtiment, et qui a rendu vigoureux Son Châtiment à l’encontre de Ses ennemis dans la largesse de Sa Miséricorde. »

    Le prestige, l’ascendant et la grandeur de la Beauté ont fait perdre connaissance à ces gens et l’humilité révérencielle les a saisis face à la Beauté de l’Aimé.

    Au début, leur cœur est pris de tremblement ; il est troublé, agité. Puis, après l’affermissement,il connait un état de « familiarité » : de l’état de peur farouche, d’appréhension, d’agitation, né de la grandeur et de l’ascendant de la Beauté sur lui, le cœur est passé à l’état de familiarité et de calme. Il atteint l’état de la tranquillité comme c’était le cas pour le cœur de l’Ami Intime du Tout-Miséricordieux (le Prophète Ibrahim(p)).

    D’autres cœurs, qui sont plus facilement impressionnés par l’aspect terriant de la Majesté (des « apeurés »), saisissent en permanence la Grandeur, le Superbe, la Majesté. Leur humilité révérencielle proviendrait de la crainte et des effets de la manifestation des Noms de Coercition et de Majesté sur eux. C’était l’état du Prophète Yehia(p), d’après notre Prophète et sa famille(p).

    À la lumière de ces exemples des Proches-Elus de Dieu, nous voyons que l’humilité révérencielle est parfois mélangée à l’amour et parfois à la crainte et à la peur farouche – même s’il y a dans tout amour de la peur farouche, et dans toute crainte, de l’amour. De même, nous voyons que les degrés de l’humilité révérencielle (envers Dieu) varient selon les niveaux de la connaissance, de la vision (d’une vision présentielle) de la Grandeur, de la Majesté, du Bien et de la Beauté.

    Mais pour des gens comme nous, qui sommes privés de la lumière des visions, il est nécessaire d’atteindre cet état d’humilité révérencielle par d’autres voies, celles de la connaissance et de la foi, comme nous le verrons la prochaine fois.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-sSalât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    1ère partie, chap.3 al-Khushû‘)

    al-Khushû‘ : la soumission totale à Dieu mélangée à de l’amour (devant la grandeur de Sa Beauté) et de la crainte (devant la grandeur de Sa Majesté).

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    L’humilité révérencielle (al-khushû‘) (2)

    Dieu Très-Elevé dit dans son noble Livre : {Bienheureux sont les croyants qui sont humbles révérenciellement dans leurs prières}(1-2/23), faisant de l’humilité révérencielle dans la prière une limite et une marque de la foi. Ainsi, ceux qui ne sont pas humbles durant leur prière ne font pas partie du groupe des croyants, selon ce que dit Dieu Très-Elevé.

    Malheureusement pour nous, nos prières ne sont pas accompagnées de l’humilité révérencielle, résultat de notre foi défaillante ou même de son absence.

    C’est que les dogmes et le savoir sont autres choses que la foi. La connaissance de Dieu, de Ses Noms, de Ses Attributs et de l’ensemble des connaissances divines apparentes (théologiques) est autre que la foi. On peut savoir et ne pas croire. Et la meilleure preuve illustrant cette vérité est Iblis. Iblis, comme le témoigne la sainte Vérité, connaissait l’Origine (la Création, al-Mabdâ’) et l’Au-delà (la Résurrection, al-Ma‘âd), et malgré cela, il était incroyant. Quand Iblis dit : {Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile}(12/7), il reconnait l’Existence de Dieu et qu’Il est le Créateur. Et quand il dit : {Accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités}(14/7), il est convaincu de la Résurrection. De même, il connaissait les Livres, les Messagers et les Anges. Et malgré tout cela, Dieu (qu’Il soit

    Glorifié) parle de lui en terme d’ « incroyant » et l’a fait sortir du groupe des croyants.

    Ainsi, il y a une différence entre les gens du savoir et les gens de la foi : toute personne savante n’est pas obligatoirement croyante. Le savoir ne suffit pas, comme nous pouvons le constater nous-mêmes.

    Nous sommes convaincus de la Création et de la Résurrection, de la Grandeur de Dieu et de Sa Majesté, mais, malgré cela, notre cœur ne s’humilie pas révérenciellement.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) dit : « Quand tu entreprends de prier, tu dois t’humilier et t’appliquer à ta prière, car Dieu (Très-Elevé) dit : {ceux qui sont humbles dans leurs prières}. »

    Celui qui veut cheminer vers Dieu doit donc prendre la voie de la foi après avoir suivi celle du savoir, et faire parvenir à son cœur la Grandeur de Dieu, Sa Majesté, Sa Splendeur, Sa Beauté (que Sa Grandeur soit magnifiée) pour que son cœur s’humilie révérenciellement.

    Dans ce que Dieu (qu’Il soit exalté) dit : {N’est-il pas venu [le moment] pour les coeurs des croyants de s’humilier révérenciellement à l’évocation de Dieu et devant ce qui est descendu de la Vérité ?} (16/57), ce qui est visé est sans doute la foi formelle, ou la foi en ce avec quoi le Prophète(s) est venu (le Coran). Car la foi véritable implique nécessairement la présence d’un degré d’humilité révérencielle. Ou, peut-être, ce qui est considéré dans ce verset est la crainte révérencielle dans l’ensemble de ses degrés. Comme dans ce verset {ceux qui craignent Dieu de parmi Ses serviteurs sont les savants.}

    (28/35), où le mot « savant » indique sans doute celui qui est passé de la limite du savoir à la limite de la foi.

    Ainsi, celui qui s’achemine sur la voie de l’Au-delà, notamment durant la prière, doit rendre son cœur humble révérenciellement par la lumière du savoir et de la foi et y affirmer les lueurs de la

    Miséricorde divine, dans la mesure de son possible.

    Peut-être arrivera-t-il à sauvegarder cet état durant toute la prière. Même si l’état de maîtrise et de stabilité n’est pas une chose facile au début, cet ordre est très possible avec la pratique et la gymnastique du cœur. Trois éléments aident à cela : la demande, le sérieux et le rappel, comme nous le verrons la prochaine fois.

    d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 – chap. 3

     

    Le prieur doit rendre son cœur humble révérenciellement par la lumière du savoir et de la foi et y affirmer les lueurs de la Miséricorde divine.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    L’humilité révérencielle (al-khushû‘) (3)

    Atteindre la perfection et acquérir les provisions nécessaires pour l’Au-delà exigent du pèlerin vers Dieu une demande et du sérieux, et plus la chose voulue est grandiose, plus le sérieux devient prioritaire.

    C’est que le monde de l’Au-delà ne peut pas être comparé à ce monde du point de vue du bonheur et de la perfection, ni du point de vue des malheurs et des calamités, car c’est un monde éternel, permanent, où il n’y a pas de mort ni de néant. Le bienheureux se trouve dans le repos, la puissance et les bienfaits éternels. C’est un repos, une puissance et une autorité divines qui n’ont pas d’équivalents en ce monde, des bienfaits qui ne viendraient à l’imagination de personne. Alors que le misérable y connait des châtiments, des tourments, des calamités qui n’ont pas d’équivalents en ce monde.

    Et il est clair que l’ascension vers la Proximité divine et la Station du Voisinage du Seigneur de la Puissance n’est pas facilitée par la paresse, la nonchalance, ou simplement par le fait de la considérer facile. Aussi, il faut se dresser avec générosité, ardeur jusqu’à arriver à ce qui est demandé. Alors, tant que tu crois en l’Au-delà, que tu sais que le monde de l’Au-delà ne peut être comparé à ce monde, que tu sais que le chemin pour arriver au Bonheur véritable éternel est le chemin de l’obéissance au Seigneur de la Puissance et que la prière n’a pas d’équivalent parmi tous les autres actes d’adoration – parce qu’elle est le Baume divin regroupant (ou synthétique – jâmi‘) qui se charge d’assurer le bonheur du genre humain (« si elle est acceptée, l’ensemble des autres actes sont acceptés ») –, alors il faut absolument le sérieux total dans la demande de la prière et ne pas limiter ses efforts vers elle ni baisser les bras devant les difficultés si tant soit peu que la prière nécessite un effort pénible. Et si tu persistes à faire la prière avec attention et application, cela devient plus facile et ton cœur se familiarise avec la prière, au point de découvrir, tandis que tu es toujours en ce monde, des plaisirs incomparables à ceux de ce monde, durant cet entretien intime avec Dieu Très-Elevé qu’est la prière, comme cela apparait à travers ce qu’il est dit des états des gens de l’Entretien intime avec Dieu (qu’Il soit Glorifié).

    En conclusion, quand nous connaissons par la preuve ou par les évidences rapportées par les

    Prophètes(p), la Grandeur de Dieu, Sa Beauté et Sa Majesté, il est nécessaire de le rappeler au cœur jusqu’à ce que l’humilité révérencielle y entre petit à petit par le moyen du rappel, de l’évocation, de l’orientation du cœur, de l’assiduité à évoquer la Grandeur et la Majesté de Dieu. Et le résultat recherché se réalise.

    Il est alors nécessaire que le pèlerin vers Dieu ne se contente pas d’un de ces états, d’une des stations dans laquelle il se trouvera, parce que, quelles que soient les stations dans lesquelles se trouvent des gens comme nous, elles n’équivalent pas à la plus petite monnaie dans le marché des gens de la connaissance, ni ne correspondent à un grain de moutarde dans le commerce des détenteurs des cœurs. Dans ce cas, dans l’ensemble de ses états, le pèlerin vers Dieu doit toujours se rappeler ses insuffisances, ses défaillances, ses défauts. Il se peut que le chemin vers le bonheur s’ouvre à lui de cette façon.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al- Khomeiny(qs)) Maqâlat 1 – chap. 3)

    L’important est que l’humilité révérencielle entre dans le cœur par le moyen du rappel, de l’orientation du cœur, de l’assiduité à évoquer la Grandeur et la Majesté de Dieu. Et le résultat recherché se réalise.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Tranquillité (1)

    Parmi les importantes règles de conduite du cœur pour les actes d’adoration – notamment ceux comprenant des évocations (dhikr) de Dieu – il y a la quiétude (ou la tranquillité d’âme, ou d’esprit) qui veut dire : « aller vers Dieu par l’acte d’adoration, avec le cœur calme et l’esprit serein. » En effet, si, par exemple, on prie dans une situation où le cœur est troublé, agité, ce dernier ne pourra pas réagir à la prière. La prière sera certes accomplie mais il n’en restera aucune trace dans le monde immatériel (malakût) du cœur, et son image profonde, intérieure ne correspondra pas à la réalité de l’acte d’adoration, à la réalité de la prière auprès de Dieu.

    Alors que l’un des objectifs, l’un des effets escomptés de la répétition des actes d’adoration, de la multiplication des évocations des Noms de

    Dieu et de la récitation des versets coraniques dans la prière est que le cœur soit influencé par ces actes d’adoration et ces évocations, qu’il réagisse jusqu’à ce que le for intérieur du pèlerin vers Dieu se modèle, se façonne à la vérité de l’évocation et de l’acte de l’adoration, et que son cœur s’unisse avec l’esprit de l’acte d’adoration.

    Tant que le cœur n’est pas tranquille, calme, serein, les évocations et les rites n’auront aucune influence sur lui. Les effets de l’acte d’adoration ne circulent pas, ne dépassent pas la surface du cœur, de l’apparence, du monde matériel, pour aller vers le for intérieur et le monde immatériel

    (malakût). Aucune des chances de la réalité de l’acte d’adoration n’arrive au cœur.

    Ceci est une chose évidente, connue avec un minimum de réflexion, sans besoin d’une longue argumentation ni preuves à l’appui. Et si notre acte d’adoration est tel qu’il n’a aucun effet sur notre cœur et qu’il ne laisse aucune trace dans notre for intérieur, c’est-à-dire qu’il n’est pas sauvegardé dans les autres mondes, qu’il ne s’est pas élevé du monde matériel (mulk) vers le monde immatériel (malakût), il se peut que la forme même de cet acte d’adoration soit totalement effacée de la page de notre cœur (que Dieu nous en préserve !) au moment des difficultés de l’agonie, de l’ivresse redoutable de la mort, des affres et des calamités qui ont lieu après la mort.

    Et si l’image s’efface totalement de notre cœur, nous nous présenterons devant Dieu les mains vides …

    Il est rapporté dans un hadith qu’un groupe de gens de la Nation du Messager de Dieu (que les Prières de Dieu soient sur lui et sur les membres de sa famille) oublièrent jusqu’au nom du Prophète Mohammed quand ils furent exposés au Feu et qu’ils virent l’Ange-Gardien de l’Enfer tant son apparence était redoutable !

    Et il est précisé, dans ce hadith, que ces gens étaient considérés comme des gens croyants, au cœur et au visage lumineux, étincelants de foi !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs), Maqâlat 1, Chap.4)

    L’un des objectifs de la répétition est que le cœur soit influencé par les actes d’adoration. Mais si le cœur est troublé, il n’en restera aucune trace.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Tranquillité (2)

    Un exemple illustrant l’importance de cette règle de conduite du cœur qu’est la tranquillité lors des évocations (adh-dhikr).

    Si quelqu’un dit (répète) : « Il n’y a de dieu que Dieu, Mohammed est le Messager de Dieu »,

    لا إِلَهَ إِلَّا اللهُ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللهِ

    Lâ ilâha illâ-llâhu, Muhammadunn rasûlu-llâhi

    Le cœur plein de quiétude et de tranquillité, son cœur apprendra cette noble évocation, la langue du cœur se mettra à parler progressivement jusqu’à arriver au point que c’est la langue apparente (matérielle) qui suivra la langue du cœur.

    Au début, le cœur se souvient, se rappelle (en « entendant » la langue matérielle prononcer cette évocation). Puis c’est la langue (matérielle) qui suit le cœur et prononce ce que lui suggère son cœur. C’est à ce sens que l’Imâm as-Sâdeq(p) fait allusion dans son propos rapporté in al-Misbâh ash-Sharî‘at : « Rends ton cœur la Qibla de ta langue ! Ne la remue que sous indication du cœur, qu’avec l’accord de la raison et l’agrément de la foi. »

    Ainsi, au début, ce n’est pas la langue du cœur qui parle. Celui qui parcourt la voie de l’Au-delà doit lui apprendre à parler, et pour cela lui réciter le rappel (dhikr) avec calme, quiétude et tranquillité.

    Si la langue du cœur s’ouvre par la parole, c’est que le cœur est bien la Qibla de la langue et de tous les autres organes. Et s’il (le cœur) se met à évoquer

    Dieu, alors le royaume de l’existence de l’homme en son entier, sans exception, se rappelle, devient « se souvenant », évoquant Dieu.

    Mais si quelqu’un prononce cette noble évocation, avec précipitation et agitation, sans quiétude de cœur, ses sens éparpillés, cette évocation n’aura aucun effet sur son cœur. Elle ne dépassera pas la limite de la langue, ni de l’ouïe apparente, matérielle, « animale », pour aller vers le fond intérieur et l’ouïe du cœur, l’ouïe humaine ; sa vérité ne se réalisera pas au fond du cœur et sa forme sera toujours sujette à disparaître totalement.

    Cela veut dire que quand il sera touché par les affres et les difficultés, notamment les affres de la mort et de son ivresse, les difficultés de l’arrachement de l’âme (de l’esprit humain), il oubliera totalement l’évocation. La noble évocation se sera totalement effacée de la page de son cœur. Même ! jusqu’au Nom de Dieu (qu’Il soit Glorifié et Exalté !), au nom du Messager de Dieu, le Sceau des Prophètes, à la noble Religion de l’Islam, au saint Livre divin, aux Imâms de la bonne Direction, à l’ensemble des connaissances qui n’ont pas atteint son cœur ! Il les aura totalement oubliés..

    Au moment des questions de la tombe, il restera interdit et ne pourra pas répondre…

    Pour une telle personne dans une telle situation, les évocations et les récitations ne lui auront été d’aucun profit, parce que ne laissant aucune trace de la Vérité de la Seigneurie, du Message et des autres connaissances dans son cœur. Cette évocation, prononcée au niveau des lèvres, sans laisser de trace au niveau du cœur, l’aura privé d’avoir une chance (ou une part) de la vision de la Seigneurie, du Message et des autres connaissances.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 1 – chap.4)

    « Rends ton cœur la Qibla de ta langue ! Ne la remue que sous indication du cœur, qu’avec l’accord de la raison et l’agrément de la foi. » de l’Imâm as-Sâdeq(p)

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité de protéger ses actes d’adoration contre les agissements du diable

     

    La protection contre les agissements du diable est aussi la « mère » des règles de conduite du cœur : assurer cela fait partie des choses les plus grandioses et en même temps les plus précises. Et peut-être que le noble verset qui décrit les croyants comme {ceux qui sont assidus à leurs prières} (92/6 Les Troupeaux) est une indication de l’ensemble des niveaux de la vigilance dont le plus important est celui de la protection de la prière contre les agissements du diable.

    Tout comme il y a pour le corps des nourritures qui conviennent à sa croissance et à son maintien, il y a pour le cœur et l’esprit des nourritures qui doivent être appropriées à chacun de leurs états, qui doivent faciliter leur croissance et leur développement. Les nourritures nécessaires pour le développement de l’esprit sont les connaissances divines prenant en considération l’origine des principes de l’existence jusqu’à la fin de l’organisation de l’existence. Quant à celles du cœur, elles puisent dans les faveurs et les rites divins. Si ces deux sortes de nourritures sont exemptes des agissements du diable et sont préparées par les mains de l’allégeance (Wilâyah) au dernier des Messagers et à l’Ami/Allié de Dieu le plus grandiose, alors elles nourrissent l’esprit et le cœur et leur font atteindre la perfection convenant à l’être humain et les degrés de la Proximité de

    Dieu.

    Le pèlerin vers l’Au-delà doit donc purifier ses connaissances et ses rites des agissements du diable et de l’âme instigatrice du mal, quel que soit l’effort que cela demande ; il doit plonger dans ses mouvements profonds et se nourrir des nourritures spirituelles, ne pas négliger les ruses de l’âme et du diable, des cordes de l’âme instigatrice du mal et d’Iblis, avoir une mauvaise opinion totale de l’ensemble de ses mouvements et actes et ne pas donner une quelconque importance aux appels de son âme. Car, en faisant preuve d’indulgence vis-à-vis d’elle, il lui donnera peut-être l’occasion de prendre le-dessus et de le mener à sa perte. En même temps, il ne doit pas désespérer des bienfaits intérieurs de Dieu devant les difficultés de la délivrance – qui ne se réalise de façon complète que chez l’Homme parfait (le Messager de Dieu(s) et par suite chez les plus purs des Proches-Elus(p))

    – car le désespoir de l’Esprit de Dieu est à la tête de toute tiédeur, de toute froideur et fait partie des péchés les plus graves.

    Et il doit obligatoirement le faire car si les nourritures spirituelles ne sont pas purifiées des agissements du diable et de ses ingérences dans leurs préparations, non seulement elles ne permettront pas le développement de l’esprit et du cœur et ne le mèneront pas à la perfection lui convenant, mais elles seront insuffisantes, déficientes et pourront l’entraîner dans les voies du diable, des animaux et des bêtes sauvages.

    Ainsi, ce qui aurait dû être une cause d’accès au bonheur, au capital de la perfection humaine et aux degrés élevés, aura provoqué le résultat contraire et l’aura mené au gouffre ténébreux des malheurs (de l’adoration du diable et de soi-même). Combien nombreux sont ceux qui se sont ainsi égarés pour avoir négligé ce point, même parmi les savants de morale, de droit et des dévots !

    Comme il est important, dans ce cas, de bien observer son état, de s’ausculter avec minutie, comme le médecin le fait avec son malade, de rechercher avec précision les erreurs dans sa démarche et son cheminement et bien sûr de ne pas négliger, durant cette introspection, de demander la protection de l’Essence divine (qu’Il soit Glorifié et Magnifié !), avec humilité et soumission !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 chap.5)

    Les nourritures du cœur, préparées par les mains de l’allégeance au Messager de Dieu et au Walî de Dieu, doivent être exemptes des agissements du diable pour permettre à l’esprit et au cœur d’atteindre la perfection.

     

     

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité du dynamisme et de la gaieté (1)

    Parmi les règles de conduite du cœur pour la prière et les autres actes d’adoration qui donnent de bons résultats, même ! qui ouvrent certaines portes et font découvrir certains secrets des actes d’adoration : accomplir les actes d’adoration avec dynamisme et gaieté (la joie dans le cœur et la détente au niveau de l’esprit), et éviter de les faire avec paresse et à contre-cœur.

    Pour cela, le pèlerin vers Dieu doit choisir le moment pour ses actes d’adoration de sorte que son âme ait envie d’adorer Dieu et qu’elle soit enthousiaste, dynamique, vive et non pas fatiguée, nonchalante. Parce que s’il se force aux actes d’adoration alors qu’il est paresseux et fatigué, il s’en suivra peut-être des conséquences négatives comme l’ennui, la lassitude, l’accablement qui entraîneront petit à petit l’âme vers le dégoût, le rejet, et peut-être même vers le fait de ne plus évoquer Dieu et de faire sortir l’esprit de la station de la soumission/ assujettissement qui est à l’origine de l’ensemble des félicités. Dans un tel état, l’acte d’adoration n’atteint pas la lumière du cœur.

    Dieu Très-Elevé dit dans Son noble Livre, à propos des incroyants et des hypocrites : {Ils ne se rendent à la prière que paresseusement et ils ne dépensent qu’à contre-cœur.}(54/IX) et il est rapporté des Infaillibles(p) à propos du verset {N’approchez pas de la prière en état d’ivresse.}

    (43/IV) une interprétation selon laquelle l’ « ivresse » indiquerait la paresse.

    De même, des propos rapportés des Infaillibles(p) indiquent cette règle de conduite. Il est dit de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Ne vous contraignez pas aux actes d’adoration. » Egalement de lui(p) remontant au Messager de Dieu(s) : « Ô ‘Alî, cette religion est robuste, alors pénètre-s-y avec douceur et ne rends pas l’adoration de ton Seigneur détestable à ton âme. »

    Tout comme un repas pris avec joie est plus facilement digéré, une nourriture spirituelle accompagnée de gaieté et d’envie, loin de la paresse et de la contrainte, a des effets plus rapides sur le cœur et le purifie plus profondément. (Cette règle générale s’applique également à l’acquisition du savoir.)

    Parmi les secrets et les résultats que l’on peut espérer en accomplissant les actes d’adoration et les gymnastiques spirituelles avec gaieté et détente :

    -que la volonté de l’âme pénètre dans tout le monde matériel (mulk) du corps ;

    -que l’empire de l’âme soit subjugué et disparaisse dans son orgueil ;

    -que la volonté prenne le contrôle des forces éparpillées et des soldats répandus dans le monde matériel du corps et les empêche de faire des actes de désobéissance, de rébellion et d’égoïsme, de sorte que les forces soient soumises au monde immatériel (malakût) du cœur et de son for intérieur, même ! que l’ensemble des forces se fondent progressivement jusqu’à disparaître totalement dans le monde immatériel (malakût) et que l’ordre de ce dernier soit appliqué et exécuté dans le monde matériel (mulk) ;

    -que la volonté de l’âme se renforce et que les rênes de la maîtrise tombent des mains du diable et de l’âme instigatrice du mal.

    Alors, les soldats de l’âme la conduiront de la foi vers la soumission, puis de la soumission vers la satisfaction, puis de la satisfaction vers l’évanescence.

    Et dans cette situation, l’âme trouvera un parfum des secrets des actes d’adoration, même ! les actes se manifesteront à lui !

    Et tout cela ne se réalise que si les actes d’adoration sont accomplis avec dynamisme, gaieté (en évitant totalement de les accomplir en se forçant, à contre-cœur ou avec paresse), pour pouvoir atteindre la situation d’amour et de passion pour l’évocation de Dieu et la station de la Soumission/ assujettissement, puis la familiarité et la stabilité.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) Maqâlat 1 chap.6)

     

    Les nourritures spirituelles accompagnées de gaieté et d’envie ont des effets plus rapides sur le cœur et le purifie plus profondément. Il en est de même pour l’acquisition du savoir.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    De la nécessité du dynanisme et de la gaieté (2)

    De cette règle de conduite du cœur vue précédemment, à propos de la nécessité de la gaieté de cœur lors les actes d’adoration, une autre règle de conduite du cœur est apparue : l’attention (ar-ri‘âyat) qui est une sorte de vigilance, de protection/prévenance.

    Le pèlerin vers Dieu doit observer l’état dans lequel il se trouve et agir en conséquence, avec bienveillance et modération, et ne pas lui faire porter plus que ce qu’elle peut à ce moment.

    Il est rapporté de l’Imâm al-Askarî(p) : « Quand les cœurs sont dynamiques, alors accueillez-les et quand ils sont rebutés, laissez-les. » Dans un autre propos rapporté, il est dit : « Ne rends pas l’adoration de Dieu détestable (à ton âme). »

    Ainsi, le pèlerin vers Dieu doit faire attention aux états de son âme et doit cheminer vers Dieu selon sa force et sa faiblesse. Si l’âme est forte, dynamique, le pèlerin doit persévérer dans ses efforts pour accomplir les actes d’adoration surérogatoires et s’imposer un programme d’éducation.

    Par contre, si l’âme est faible, lasse ou a envie d’autres choses, le pèlerin doit éviter de la mettre sous pression pour accomplir les actes d’adoration, notamment pour les jeunes et ceux qui débutent dans le cheminement vers Dieu, afin d’éviter de provoquer le résultat inverse, le rejet et même l’éloignement de Dieu.

    Il existe de nombreux hadiths qui vont dans ce sens. Il est notamment rapporté d’Abû ‘Abdallah, l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Quand j’étais jeune, je m’appliquais beaucoup aux actes d’adoration. Alors mon père m’a dit : « Ô mon fils, laisse ce que tu fais. Si Dieu Tout-Puissant aime un serviteur, Il se satisfait du peu de lui. » »

    Il n’est pas demandé aux jeunes de s’abstenir totalement au moment où apparaissent avec force les pulsions instinctives animales, mais d’apprendre à dominer le feu de leurs désirs et de les satisfaire selon les voies légiférées. Le mariage est une coutume (sunna) du Prophète(s) confirmée. En plus du fait qu’il garantit la permanence de l’espèce humaine, il a également un très grand rôle dans le cheminement dans la voie de l’Au-delà.

    Le Messager de Dieu(s) a dit : « Celui qui se marie, a accompli la moitié de sa religion. » et par ailleurs : « Celui qui veut rencontrer Dieu de façon pure, Le rencontrera par le mariage. » Et les hadiths sont nombreux dans ce sens.

    Par contre, si le pèlerin a dépassé le stade de l’impétuosité de la jeunesse, il lui est convenable de s’appliquer à éduquer son âme avec sérieux et ardeur. Chaque fois qu’il habituera son âme à faire les gymnastiques spirituelles, s’ouvriront à lui de nouvelles portes jusqu’à arriver à ce que l’âme prenne totalement le contrôle des forces de sa nature (matérielle) et les place sous le contrôle de sa volonté.

    Tout ce qui est rapporté dans les nobles hadiths louant le sérieux, les efforts de ceux qui s’appliquent aux actes d’adoration et à l’éducation de l’âme, avec en tête les Imâms de la Guidance(p) d’un côté, et tout ce qui est rapporté dans les hadiths louant l’économie dans les actes d’adoration, de l’autre, sont fondés sur les différences entre les gens dans leur cheminement vers Dieu, des degrés de l’âme et de ses états.

    Et le critère, le baromètre commun, universel, est le dynamisme et la force de l’âme ou son aversion et sa faiblesse. D’où la nécessité de regarder ce baromètre avant d’entamer tout acte d’adoration.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) al-Maqâlat 1 chap.6)

    Le critère, le baromètre commun, universel, des actes d’adoration est le dynanisme, la gaieté et la force de l’âme et de ses états.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Faire comprendre au cœur (1)

    Cette règle de conduite – faire comprendre au cœur – est particulièrement importante pour les actes d’adoration où il y a des rappels (dhikr).

    Au début, l’homme considère son cœur comme un enfant qui commence à parler. Il veut lui apprendre des rappels (dhikr), des récitations (awrâd), les vérités et les secrets des actes d’adoration, avec précision et attention, et lui faire comprendre la vérité qu’il a saisie, quel que soit son niveau.

    S’il n’est pas apte à comprendre les sens du Coran et des rappels et qu’il n’arrive pas à connaître les secrets des actes d’adoration, il en fait au moins comprendre à son cœur le sens global : que le Coran est la Parole de Dieu, que les rappels (dhikr) sont des Souvenirs de Dieu Très-Elevé et que les actes d’adoration sont des actes d’obéissance à l’Ordre du Seigneur. Ainsi il fait comprendre à son cœur ces sens globaux.

    S’il est apte à comprendre les sens formels (sûriyyat) du Coran et des rappels, alors il lui fait comprendre les sens formels de la Promesse (du Paradis) et de la menace (du Châtiment divin), de l’Ordre et de l’Interdiction, de la science de la création et de la Résurrection, selon ce qu’il peut comprendre, ce qu’il sait. Si une des vérités de la connaissance lui est dévoilée, ou un des secrets des actes d’adoration lui est révélé, alors il les lui enseigne avec sérieux et diligence.

    Résultat de cet effort assidu de faire comprendre à son cœur : la langue du cœur se dénoue et le cœur devient «rappelant», «se souvenant». Au début, le cœur apprend ce que la langue lui enseigne. Il se rappelle par le rappel de la langue, la suivant dans le rappel. Mais après le « dénouement » de la langue du cœur, les choses s’inversent. Le cœur devient le rappelant et la langue le suit dans le rappel et le mouvement. Sans doute, cette chose peut arriver pendant le sommeil, la langue évoquant ce que le cœur lui rappelle, parce que le rappel du cœur n’est pas spécifique à l’état d’éveil. Si le cœur est en train de se rappeler, la langue le suit et le rappel circule des « cieux » (malakût, le for intérieur) du cœur jusqu’à l’apparent : {Dis : chacun agit selon ce qui lui est semblable (shâkilatihi).}(v.84, s.Le voyage nocturne XVII)

    En résumé, l’homme doit absolument au début observer cette règle de conduite (de faire comprendre à son cœur) jusqu’à ce que se dénoue la langue du cœur. Voilà ce qui est réellement demandé. Et le signe que la langue du cœur commence à parler : la disparition du sentiment d’effort, de fatigue, de lassitude et de douleur, et l’apparition des sentiments de dynamisme et de joie.

    On pourrait comparer cette situation à celle de l’homme qui apprend à parler à un enfant. Tant que l’enfant ne sait pas parler, le professeur se fatigue et même peut se lasser. Mais quand l’enfant se met à parler et prononce le mot qu’il lui a appris, la lassitude du professeur disparait et il est tout joyeux ! De même, pour le cœur : au début, il est comme un enfant qui apprend à parler. On doit lui apprendre et lui faire répéter les rappels et les récitations. Quand la langue du cœur se dénoue, disparaissent alors l’effort, la fatigue et la lassitude de l’apprentissage des rappels. Cette règle de conduite est absolument nécessaire pour les débutants.

    Même ! Un des secrets de la répétition des rappels et des invocations, et de l’assiduité à cela est que la langue du cœur se dénoue et devient « se rappelant », « invoquant » Dieu et « adorant ».

    Tant que cette règle de conduite évoquée n’est pas constatée, cela veut dire que la langue du coeur ne s’est pas encore dénouée.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs)-Maqâlat 1- Chap.7(1))

    L’objectif de faire comprendre au cœur est de le dénouer jusqu’à ce que le cœur devienne le « rappelant », se souvenant et la langue le suit dans le rappel et le mouvement.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Faire comprendre au cœur (2)

    (Les propos rapportés)

    De nombreux hadiths parlent de l’importance de l’apprentissage du coeur.

    Notamment celui de l’Imâm as-Sâdeq(p) cité dans Usûl al-Kâfî qui rapporte ce que l’Imâm ‘Alî(p) a dit dans le cadre de la mise en évidence des règles de conduite pour la lecture [du Coran] : « Mais frappez (dans le sens de « soumettez, domptez ») vos durs cœurs avec [la lecture du Coran], et n’ayez pas le souci d’arriver à la fin de la sourate. »

    Egalement d’Abû ‘Abdallah as-Sâdeq(p), qui dit à Abû Usâma : « Ô Abû Usâma, éveillez vos cœurs par le Rappel de Dieu et prenez garde aux points [= les péchés ou les mauvaises pensées]. »

    Même l’élite des Proches-Elus de Dieu observaient cette règle de conduite ! Ainsi, il est rapporté dans un hadîth que notre maître Ja‘far fils de Mohammed, as-Sâdeq(p) était en train de prier quand il perdit connaissance. Quand il revint à lui, on lui demanda ce qu’il lui était arrivé. Il(p) répondit : « J’étais encore en train de répéter ce verset à mon cœur quand je l’ai entendu [le verset] de Celui qui le dit. Alors mon corps s’est déstabilisé à la vue de Sa Puissance. »

    Il est rapporté d’Abû Dhar (que la satisfaction de Dieu soit avec lui) que le Messager de Dieu(s)

    répétait la Parole de Dieu Très-Elevé : {Si tu les châties, ils sont certes Tes serviteurs, et si Tu leur pardonnes, Tu es certes le Très-Puissant, le Très-Sage.} (v.118, s.La Table Servie V))

    En résumé, la réalité du Rappel (dhikr) et de la réminiscence (le fait de se rappeler, at-tadhakkir) se situe au niveau du cœur. Quant à celui qui a lieu au niveau de la langue, il n’a aucune consistance s’il n’aboutit pas au cœur, il n’a aucune valeur, il perd même toute considération, comme cela est indiqué dans d’autres nobles hadiths.

    Il est rapporté du Messager de Dieu le plus noble(s) qui dit à Abû Dhar : « Ô Abû Dhar, prier deux simples raka‘ts avec réflexion vaut mieux que de veiller la nuit [en actes d’adoration] avec le cœur inattentif (ou distrait). »

    Il est rapporté de lui(s) également : « Dieu (qu’Il soit Glorifié) ne regarde pas vos formes mais regarde vos cœurs. »

    Nous verrons plus loin à propos des hadiths sur la « présence du cœur » qu’il n’est accepté de la prière que ce qui est avec la présence du cœur, et que ce qui a été fait de la prière avec le cœur distrait n’est pas accepté.

    Tant que cette règle de conduite évoquée n’est pas observée, le rappel du cœur n’est pas atteint, le cœur n’est pas sorti de la distraction et de la négligence. « Rends ton cœur la qibla de ta langue ; ne la bouge que par une indication du cœur » disait l’Imâm as-Sâdeq(p). Mais le cœur ne devient la qibla de la langue que si cette règle de conduite est observée. Il est très rare que ces choses évoquées puissent arriver sans le suivi de cette règle de conduite et il n’est pas permis de se leurrer sur ce point.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.7 (fin))

     

    Apprendre et faire comprendre au cœur jusqu’à ce que ce soit lui qui fasse bouger la langue.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du coeur (1)

    (Ses caractéristiques)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes et peut-être y a-t-il beaucoup de règles de conduite qui sont introductives à celle-là. (L’Imâm Khomeynî y consacre plusieurs chapitres et commence par nous renvoyer à son livre « Quarante Hadîths ».)

    Se libérer du temps et le cœur pour les actes d’adoration et ..

    La présence du cœur implique de prendre en compte deux ordres : libérer du temps et le cœur pour les actes d’adoration d’une part et de l’autre, faire comprendre au cœur l’importance de l’adoration.

    « Libérer du temps » veut dire que l’homme se réserve un moment fixe, chaque jour et chaque nuit, pour les actes d’adoration et qu’il décide de ne faire, durant ce moment, que des actes d’adoration et pas autre chose, quelle qu’elle soit. Mais plus important que libérer du temps, même s’il en constitue un prélude, c’est « vider » son cœur de toute chose autre que Dieu. C’est-à-dire, l’homme qui se préoccupe d’adorer Dieu, doit se libérer de tous ses soucis de ce monde et se réserver à Dieu durant les actes de la prière. Il doit sauver son cœur des illusions éparpillées et des différents ordres, le vider totalement de tout cela et définitivement pour s’adonner aux actes d’adoration et aux entretiens intimes avec Dieu le Très-Elevé. Tant qu’il ne se débarrasse pas de ces choses, la présence du cœur ne peut pas se réaliser.

    Malheureusement, nous réservons nos pensées éparpillées et nos diverses illusions pour le moment de la prière. On fait le « takbîr » ( dire : « Dieu est plus Grand ») marquant le début de la prière, et c’est comme si on avait ouvert la devanture du magasin, ou le cahier des comptes ou le livre des cours !

    Nous envoyons notre cœur vers d’autres choses et nous négligeons totalement les actes d’adoration.

    Et quand, tout d’un coup nous faisons attention à la prière, nous en sommes à la fin.

    Est-ce que nous nous comportons ainsi quand nous parlons avec une simple personne ? quand nous nous adressons à un être cher, ou même, avec une personne étrangère qui a mobilisé tout notre intérêt ? Alors pourquoi parlons-nous et nous entretenons-nous avec le Maître des Bienfaits et le

    Seigneur des mondes en Le négligeant et en pensant à autre que Lui ?

    Essayons au moins de rendre notre entretien intime avec Dieu, qu’Il soit Glorifié, comme une conversation avec une simple personne ! Est-ce que nous considérons qu’il y a quelque chose de plus important que l’Essence sacrée de Dieu ? ou que les conversations avec les serviteurs sont plus précieuses que l’Entretien intime avec Celui qui satisfait les besoins ?

    Tout cela révèle certes une faiblesse de la foi et une défaillance dans notre certitude, qu’il est nécessaire de corriger. Il faut acquérir la foi en Dieu et dans les propos de Ses Prophètes pour réformer les choses ! Cependant, avec un peu d’attention et d’observation, nous pouvons arriver à libérer notre cœur et l’adonner à l’adoration de Dieu, nous pouvons le persuader de l’importance de devant Qui il se dresse et à Qui il s’adresse. Nous devons penser que nous sommes devant notre Seigneur Tout-Puissant, que nous sommes devant Celui qui nous voit alors que nous ne Le voyons pas ! (d’après le 27e hadîth d’al-Arba‘ûna Hadîthann, pp477-482)

    .. et surtout faire comprendre au cœur l’importance de l’adoration

    Si la présence du cœur ne compte pas parmi les conditions de validité de la prière d’un point de vue de la législation apparente, c’est pour que le priant ne se décourage pas ni ne s’arrête de prier si cette condition n’est pas réalisée. Le minimum exigé d’un point de vue légal apparent est l’intention (an-niyat) de faire la prière pour adorer Dieu et se rapprocher de Lui, ou, en d’autres termes, ne pas oublier qu’il est en train de prier tout au long de sa prière.. C’est aussi par la répétition de la prière et de l’effort à rendre le cœur présent tout au long de la prière que le croyant arrive à déchirer les voiles qui le séparent de la Présence Divine.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (2)

    (Ses différents niveaux)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes

    et peut-être y a-t-il beaucoup de règles de conduite qui sont introductives à celle-là.

    La présence du cœur du point de vue des actes d’adoration ou de l’Adoré

    Dans le numéro précédent, nous avons rappelé brièvement ce que l’Imâm Khomeynî(qs) a évoqué sur la présence du cœur, dans son livre « Quarante Hadîths ». L’Imâm(qs) y a, par ailleurs, présenté deux approches possibles pour aborder ce sujet, selon que l’on se place du point de vue des actes d’adoration ou de celui de l’Adoré.

    Se plaçant du point de vue des actes d’adoration, il propose d’abord un aperçu global, puis entre dans les détails jusqu’à découvrir les secrets des actes d’adoration, (ce que nous verrons par la suite en ce qui concerne les différents actes de la prière).

    En ce qui concerne l’Adoré, il distingue différents niveaux de la présence du cœur selon la station de la Manifestation divine (celles de Ses Actes, de Ses Noms et de Ses Attributs ou celle de Son Essence divine), chacun de ces niveaux ayant quatre degrés (celui du savoir, de la foi, de la vision (shuhûd) et de l’anéantissement (fanâ’)). (d’après le 27e hadîth d’al-Arba‘ûna Hadîthann, p484)

    « Adore Dieu comme si tu Le vois car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. »

    est rapporté du Messager de Dieu, le sceau des Prophètes(s) : « Adore Dieu comme si tu le Le vois car si tu ne Le vois pas, Lui te voit. »

    On peut tirer de ce hadith deux niveaux de la présence du cœur :

    Le premier : le pèlerin voit (contemple) la Beauté du Beau, se noyant dans la Manifestation de la Présence de l’Aimé dans le sens que l’ensemble des ouïes de son coeur sont fermées à l’ensemble des autres existences. Sa vue clairvoyante est ouverte tout entière à la Beauté détenant la Majesté et la Pureté, et il ne voit rien d’autre que Lui. En gros, il est occupé par le Présent (le Hâdir-Dieu) et néglige celui qui est présent (le mahdar-lui) et le fait d’être présent (le hudûr).

    Le second niveau qui est un niveau inférieur, le pèlerin se voit présent (hâdir) en Sa Présence (de Dieu) et il observe les règles de conduite du fait d’être présent (du hudûr) et de Celui qui est Présent (le Mahdar-ici Dieu).

    C’est comme si le Messager le plus Noble(s) disait : « Si tu peux être parmi les gens du premier niveau et que tu arrives à adorer Dieu de cette façon, alors fais-le.

    Sinon, au moins ne néglige pas le fait que tu es en présence du Seigneur. Et pour être en présence de

    Dieu Très-Elevé, il y a des règles de conduite dont la négligence n’a pas lieu d’être et serait loin de la station de l’assujettissement/soumission. »

    Le hadith que rapporte Abû Hamzeh ath-Thumâlî à propos de l’Imâm ‘Alî fils de Hussein(p)

    indique cela également : « J’ai vu ‘Alî fils de Hussein(p) en train de prier, alors que son manteau tombait de ses épaules. Il ne l’arrangea pas tant qu’il n’avait pas fini sa prière. Je l’interrogeai sur cela. Il(p) me répondit : « Malheureux ! Sais-tu devant Qui je me trouvais ! » »

    Il est rapporté du Messager de Dieu(s) : « Deux hommes de ma communauté sont en train de prier, leurs inclinaisons et leurs prosternations ne font qu’un [c’est-à-dire leurs prières sont apparemment semblables] mais il y a entre ces deux prières [une différence] de la distance entre le ciel la terre. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap.9 )

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (3)

    (Ses effets grandioses)

    Cette règle (la présence du cœur), sans laquelle les actes d’adoration de Dieu n’ont pas d’âme, est en même temps la clef du verrou des perfections et une des portes des félicités.

    Peu de choses sont évoquées dans les Hadîths avec une telle insistance.

    Les actes d’adoration, les rites, les rappels, les récitations ne produisent totalement leurs résultats que quand ils sont devenus une image intérieure pour le cœur et qu’ils ont fait mûrir le for intérieur de l’homme, quand le cœur de l’homme s’est formé de la configuration de la soumission/ assujettissement, étant sorti [du domaine] des passions et des actes de désobéissance. Et cela ne se réalise qu’avec la présence du cœur.

    Parmi les secrets et les bénéfices des actes d’adoration, [on peut noter qu’] ils renforcent la volonté de l’âme et permettent

    • à l’âme, dans un premier temps, de prendre le dessus sur la nature (tabî‘at),
    • aux forces naturelles (tabîyyah) d’être assujetties au pouvoir et à l’autorité de l’âme,
    • à la volonté de l’âme céleste (malakûtiyyah) d’être opératrice dans le monde du corps, de sorte que les forces deviennent par rapport à l’âme ce que les Anges de Dieu sont par rapport à Dieu Très-Elevé {Ils ne désobéissent pas à Dieu dans ce qu’Il leur a ordonné et ils font ce qu’on leur a ordonné.} (v.6, L’Interdiction LXVI)

    Même ! L’empire du corps dans son ensemble, son apparence et son intérieur, devient ensuite soumis à la Volonté de Dieu et se meut selon les mouvements [impulsés par] Dieu Très-Elevé ; les forces célestes (malakûtiyyah) et terrestres (mulkiyyah) de l’âme deviennent des soldats de Dieu, comme les Anges de Dieu. Et cela fait partie des niveaux descendus pour avoir anéanti les forces, les volontés dans la Volonté de Dieu.

    Il s’ensuit de cela, progressivement, des résultats grandioses et l’homme naturel (at-tabî‘î) devient divin : l’âme est entraînée par les actes d’adoration de Dieu et les soldats d’Iblis sont vaincus de façon définitive et périssent ; le cœur, avec ses forces, devient soumis à Dieu et certains niveaux profonds de l’Islam s’y manifestent. Et résultat de cette soumission à la Volonté divine dans l’Au-delà, Dieu Très-Elevé exécute la volonté du détenteur de ce cœur dans les mondes des mystères (ghaybiyyah) et le rend un exemple élevé pour lui-même.

    Ainsi, Dieu (qu’Il soit Exalté et Sanctifié) qui crée tout ce qu’Il veut dès qu’Il le veut, rend la volonté de ce serviteur ainsi, telle que l’ont rapporté certaines gens de la connaissance du Prophète(s) dans la description des gens du Paradis :

    « Un Ange arrive à eux et leur demande l’autorisation d’entrer chez eux. Et après l’avoir obtenue, il entre et leur transmet le salut de Paix de Dieu Très- Elevé pour eux et donne à chacun d’entre eux une lettre dans laquelle il est écrit : « Du Tout-Vivant, le Sustentateur, qui ne meurt pas, au Tout-Vivant, le Sustentateur qui ne meurt pas. C’est que Je dis à une chose « Sois ! » et elle est et Je t’ai rendu de sorte que tu dises à une chose « Sois ! » et elle est. »» Le Messager de Dieu(s) ajouta : « Personne du Paradis ne dit à une chose « Sois ! » et elle n’est pas ! »

    Ceci est l’Autorité divine qui est donnée au serviteur pour avoir abandonné sa propre volonté (de son âme) et délaissé l’autorité des passions de l’âme, l’obéissance à Iblis et à ses soldats.

    Et tous ces résultats évoqués n’arrivent qu’avec la présence totale du cœur.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1- Chap 8 (3))

    L’homme naturel devient « divin », le cœur, avec ses forces, devient soumis à Dieu et certains niveaux profonds de l’Islam s’y manifestent

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (4)

    (Les méfaits de son absence)

    Cette règle de conduite – la présence du cœur – est parmi celles des plus importantes.

    Ainsi, si pendant les actes d’adoration de Dieu, le cœur n’est pas présent, s’il est négligent, insouciant, l’adoration n’est pas véritable. Même ! Elle ressemble à une distraction, à un jeu. Et il n’y a aucune trace dans l’âme de ce genre d’adoration. Elle n’a pas dépassé la forme, l’apparence pour aller vers l’intérieur, vers le monde céleste (malakût), comme cela est indiqué dans les

    hadîths. Les forces de l’âme avec une telle adoration ne se sont pas soumises à l’âme et l’autorité de l’âme sur elles n’apparaît pas. De même, les forces apparentes et profondes ne se sont pas assujetties à la Volonté divine et l’«empire » de l’âme n’a pas été subjugué par l’Arrogance de Dieu. C’est pourquoi, nous voyons que, malgré 40 ou

    50 ans passés à prier, il n’y a aucun effet, aucune trace de ces prières en nous ! Même ! Jour après jour, l’obscurité du cœur a augmenté, les forces (de l’âme) se sont endurcies et notre envie de la nature (tabiyyah) a augmenté ainsi que l’obéissance aux passions de l’âme et aux insinuations diaboliques, instant après instant.

    Tout cela parce que nos actes d’adoration n’ont été qu’une écorce sans cœur/fond, exempt des conditions intérieures et des règles de conduite du cœur.

    Et nous voyons qu’il est écrit dans le Livre de Dieu (qu’Il soit Glorifié) que la prière empêche la turpitude et le blâmable ! Cette interdiction n’est pas du tout formelle. Non ! Il faut qu’il y ait une lanterne qui éclaire le cœur, une lumière dans le for intérieur qui dirige l’homme vers le monde des Mystères, une inhibition divine qui empêche l’homme de faire des péchés et de se rebeller ! Et nous qui nous nous considérons comme faisant partie de ceux qui prient, nous qui avons passé des années occupés à cet acte d’adoration grandiose, nous ne voyons pas en nous cette lumière, nous ne trouvons pas ce frein, cet inhibiteur à l’intérieur de nous-mêmes..

    Malheur à nous le jour où nous seront données les formes de nos actes, où nous sera remis, entre nos mains, le livre de nos actes en ce monde ! Il sera dit : {« Lis ton livre. Aujourd’hui il te suffit d’être ton propre comptable.»} (14/ XVII, Le Voyage Nocturne)

    Est-ce que ces actes d’adoration seront acceptés par Lui ? Est-ce que cette prière avec cette forme dénaturée, ténébreuse nous rapprochera du Tapis de la Présence Arrogante ? nous fera-t-elle parcourir ce cheminement avec ce dépôt divin et la recommandation des Prophètes ?

    Avions-nous le droit de permettre à la main perfide du démon damné, l’ennemi de Dieu, de s’y ingérer (dans la prière) ? Pourquoi la prière qui est l’ascension du croyant et l’offrande des pieux est-elle devenue pour nous un facteur d’éloignement de la Place sacrée et de la Proximité divine ?

    Ce Jour-là, nous n’aurons que tristesse, regrets et lamentations ! Ah ! cette tristesse, ces regrets qui

    n’ont pas d’égal en ce monde.. Car les tristesses en ce monde, quelle que soit leur gravité, sont mélangées avec des milliers de sortes d’espoir. De plus, les regrets en ce monde disparaissent rapidement. Alors que ce Jour-là, c’est le Jour de la Manifestation de la tristesse et des regrets, comme dit le Très-Elevé :

    {Et avertis-les du Jour du Regret, quand tout sera réglé, alors qu’ils sont dans ce monde inattentifs, qu’ils ne croient pas.} (39/ XIX, Marie)

    L’ordre écoulé ne revient pas ! Ce n’est plus que tristesse devant ce qu’on a laissé échapper à côté de Dieu .. !

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (2))

    Si les actes d’adoration sont effectués sans présence de cœur, il n’en restera aucune trace dans l’âme; Alors, malheur à nous le jour où nous seront données les formes de nos actes, où nous sera remise la page de nos actes !

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (5)

    (Attention à la traîtrise de l’âme et aux tentations du démon)

    Ayez pitié de vous-mêmes !

    Ne laissez pas passer ces années sans résultat ! Chassez les désirs mensongers et les promesses diaboliques ! Ne vous faites pas avoir par les tentations du démon ni par les traitrises de l’âme instigatrice du mal, parce que les duperies du démon et de cette âme sont très précises, leurs tromperies peuvent prendre plusieurs formes. Parfois, elles apparaissent sous la forme de « l’espoir du repentir » à la fin de nos vies, c’est-à-dire nous faire repousser le repentir jusqu’au dernier moment de la vie, au moment où l’accumulation des ténèbres des péchés, du grand nombre d’injustices commises envers les serviteurs, des nombreux droits (/devoirs ? [non assumés]) envers Dieu rendent très difficile le repentir. Alors que maintenant, la volonté de l’homme est encore forte, les forces de la jeunesse sont encore présentes, l’arbre des péchés n’est pas encore robuste ni le pouvoir du démon sur l’âme hégémonique, l’âme est encore nouvelle au (ou récente dans le) monde céleste, son horizon proche de la Fitra de Dieu, et les conditions pour arriver au repentir plus faciles.

    Mais ces deux-là (le démon et l’âme) n’appellent pas l’homme à se repentir à ces moments là, ni à arracher cet arbre faible de ses racines, ni à en finir avec cette autorité qui n’est pas indépendante. Non ! Au contraire, ils lui suggèrent de repousser le repentir à quand il sera vieux, au moment où sa volonté sera faible, ses forces évanescentes, et que les différents arbres auront des racines profondes, fortes, que l’autorité d’Iblis sera bien ancrée au niveau de son apparent et de son for intérieur, de façon stable et indépendante, que son attachement à la nature sera très forte, que son éloignement du monde céleste

    (malakût) sera plus grand, et que la lumière de la fitra se sera affaiblie voire éteinte. Dans ces conditions, le repentir deviendra très difficile et amer.

    Tout cela ne sont qu’illusion et tentation du démon et de l’âme !

    D’autres fois, ils éloignent l’homme, par la promesse de l’intercession de « Ceux qui intercèdent »(p), de la place de leur sainteté. En fait, ils le privent de leurs intercessions. Ils le font plonger dans les péchés, rendent son coeur progressivement obscur et l’entraînent vers une mauvaise issue. C’est que l’ambition du démon est de voler la foi de l’homme !

    Et pour y arriver, il l’enfonce dans les péchés !

    Si l’homme a l’intention d’obtenir l’intercession de « Ceux qui intercèdent »(p), il lui est nécessaire de faire des efforts et de se fatiguer en ce monde pour sauvegarder son lien avec « Ceux qui intercèdent ».

    Il doit réfléchir sur l’état des Intercesseurs, le Jour du Rassemblement, comment Ils étaient lors de leurs actes d’adoration et de leur gymnastique (morale).

    Supposons que vous quittez ce monde en ayant certes foi en Dieu mais en portant un lourd fardeau de péchés et de nombreuses injustices commises. Peut-être n’intercèderont-ils pas pour vous pour certaines sortes de péchés dans le monde intermédiaire (albarzakh) et dans la tombe, comme il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Le monde intermédiaire est à votre charge. » Alors les châtiments du monde intermédiaire seront pour vous et ils ne sont pas comparables à ceux de ce monde. Et nul ne connait la durée dans le monde intermédiaire, sauf Dieu.

    Peut-être qu’il dure des millions d’années. Peut-être obtiendrons-nous cette intercession le Jour de la

    Résurrection, mais après un long moment de toutes sortes de châtiments insupportables.

    Cette illusion du démon empêche l’homme de faire une bonne action, le fait sortir de ce monde ou bien sans foi, ou bien avec un lourd fardeau de nombreux péchés et lui fait subir les pires misères et malheurs.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (3))

     

    «Le monde intermédiaire est à votre charge», c’est-à-dire que les châtiments du monde intermédiaire – qui ne sont pas comparables à ceux en ce monde – sont pour vous. Nul ne connaît la durée dans le monde intermédiaire, sauf Dieu.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    La Présence du cœur (6)

    -Attention à la traitrise de l’âme et aux tentations du démon (suite)-

    Ne vous faites pas avoir par les tentations du démon, parce qu’il cache l’aspect vain, faux des choses et les fait apparaître comme étant la Vérité. Ses duperies peuvent prendre plusieurs formes, notamment aussi celle de la promesse de la miséricorde étendue du plus Miséricordieux des miséricordieux, et par cette promesse, le démon va peut-être couper la main de l’homme du pan de la Miséricorde.

    Et cet homme ne fait pas attention au fait que l’envoi des Messagers et des Livres, la descente des Anges, de la Révélation et de l’Inspiration (divine) sur les Prophètes et la Guidance sur la voie de la Vérité font partie de la Miséricorde du plus Miséricordieux des miséricordieux.

    La vaste Miséricorde divine s’étend à l’ensemble des mondes et nous, nous sommes au bord de la source de la vie et nous périssons de soif. Le Coran est la plus grande Miséricorde divine. Aussi, si nous désirons la Miséricorde du plus Miséricordieux de ceux qui font miséricorde et que nous espérons Sa Miséricorde étendue, alors profitons de cette miséricorde, car il [le Coran] ouvre la voie d’accès à la félicité et met en évidence le chemin de la guidance, le distinguant de l’égarement !

    Mais nous, nous nous jetons tête première dans le puits de la perdition et nous dévions de la voie droite. Où est le manque ? dans Sa Miséricorde ?

    S’il était possible que Dieu montre à l’homme la voie du bien et du bonheur par une autre voie,

    Il (qu’Il soit Glorifié) la lui aurait fait voir, pour la simple raison de l’étendue de Sa Miséricorde. Et s’il était possible que l’homme arrive au bonheur par la force, les Prophètes le lui auraient fait atteindre. Mais, attention ! Le chemin de l’Au-delà ne peut être parcouru que par le pas du libre-choix. Le bonheur ne peut pas être atteint par la contrainte.

    Les bienfaits et les bonnes actions sans libre choix ne sont pas des bienfaits ni de bonnes actions. Et c’est sans doute cela le sens du noble verset : {Pas de contrainte dans la religion !} (256/II La Vache) Oui !

    Ce que peuvent faire la force et la contrainte est la « forme » de la religion, pas la religion véritable !

    Les Prophètes(p) avaient reçu l’ordre d’imposer aux gens la « forme » de la religion, en fonction de ce qu’ils pouvaient, de n’importe quelle façon possible, jusqu’à ce que la « forme » du monde prenne la « forme » de la Justice divine. Mais, en ce qui concerne l’intérieur, ils(p) n’ont que la charge de conseiller jusqu’à ce que les gens marchent d’eux-mêmes dans cette voie et acquièrent le bonheur par leur propre choix.

    Alors, regardons avec précision comment étaient les Prophètes(p) et les Proches-Elus(p) de Dieu, qui sont venus avec les livres et les exhortations pour nous mettre en garde contre l’ivresse de la nature, nous faire parvenir au monde de la lumière, de la plénitude et du bonheur, pour nous sauver de la perdition, de la misère, du feu, des ténèbres des tristesses et des regrets, sans rien nous demander en contrepartie, sans avoir besoin de notre foi et de nos actes.

    En termes généraux, cette promesse de la miséricorde étendue du plus Miséricordieux des miséricordieux, quels que soient nos actes et notre négligence par rapport à tout ce que Dieu nous a envoyé comme Miséricorde, est aussi une duperie du démon pour couper la main de l’homme à la

    Miséricorde par désir de la Miséricorde.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 8 (Fin))

     

    Les Prophètes(p) ont reçu l’ordre d’imposer aux gens la « forme » de la religion, pour que la « forme » du monde prenne la « forme » de la Justice divine. Mais, en ce qui concerne l’intérieur, ils(p) n’ont que la charge de conseiller jusqu’à ce que les gens marchent d’eux-mêmes dans cette voie et acquièrent le bonheur par leur propre choix.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Arriver à la Présence du cœur (1)

    (La réflexion sur son importance)

    Nous avons connu les bienfaits de la présence du cœur et ses particularités ainsi que les méfaits de son abandon. Mais le savoir, seul, ne suffit pas.

    Même ! Il devient un argument à notre encontre !

    Il faut passer au niveau des actes pour en tirer profit et le premier pas est la réflexion, la réflexion sur le fait que l’acceptation de la prière est une condition pour l’acceptation de l’ensemble des actes, selon les propos rapportés des membres infaillibles d’Ahle al-Beit(p), qui sont la source de la Révélation. Ainsi, si la prière n’est pas acceptée, les autres actes ne sont même pas regardés !…Et l’acceptation de la prière vient de la présence du cœur.

    Si la prière ne comprend pas la présence du cœur, elle perd toute valeur et ne rejoint pas la Présence de La Vérité, [Dieu] le Très-Elevé et n’est pas acceptée, comme l’ont indiqué les hadiths précédents. Ainsi, la clé du trésor des actes, la porte des portes de l’ensemble des félicités est la présence du cœur. Par elle, s’ouvre la porte du bonheur et sans elle, l’ensemble des actes d’adoration n’ont aucune valeur. Alors réfléchissons un peu plus ! Regardons avec clairvoyance, lucidité la réalité des choses, l’importance de la station et la grandeur de la position et faisons le point avec sérieux.

    Si la clé de la porte du bonheur et du Paradis, ou de celle des misères et de l’enfer se trouve dans notre poche, nous étant en ce monde, nous avons donc entre nos mains la possibilité d’ouvrir les portes du Paradis et du bonheur pour nous-mêmes ou celles du contraire !

    Les rênes de l’ordre sont donc entre nos mains et Dieu a plein Argument à notre encontre. Il a donné tous les arrangements et réussites, apparents et intérieurs. Ce qui vient de Lui et de Ses Proches-Elus(p) est complet, achevé. Maintenant est donc venu notre tour pour aller de l’avant.

    Ils(p) [Ses Proches-Elus(p)] sont ceux qui nous ont montré le chemin, nous ont donné la direction, nous ont indiqué la voie ; à nous de la prendre.

    Ils(p) ont fait ce qu’ils devaient faire de la meilleure façon et ne nous ont laissé aucune excuse, ils n’ont failli en rien, pas même [le temps] d’un clin d’œil !

    Alors faisons attention ! Prenons le chemin du bonheur ! Profitons de notre [jeune] âge et de notre force ! Parce que quand le temps aura passé et que notre jeunesse se sera envolée, nous aurons perdu le trésor de la capacité et de la force ! Ce sera trop tard ! Il n’y aura plus de possibilité !

    Alors, si vous êtes encore jeune, ne repoussez pas à plus tard ! Car la vieillesse a ses malheurs que seuls les vieux connaissent. La jeunesse en est insouciante. Se reformer au moment de la vieillesse et de la faiblesse est certes très difficile.

    Cependant, si vous êtes vieux, tout n’est pas perdu ! Ne perdez pas de temps ! Tant que vous êtes en ce monde, la voie vers le bonheur est devant vous. La porte en est toujours ouverte !

    Ne laissons pas cette porte fermée (que Dieu nous en préserve !) et la voie bouchée, cela voudrait dire que les rênes du choix se seraient échappés de nos mains. Il ne nous restera plus alors que la tristesse, les regrets et les lamentations sur ce qui est passé, sur ce que nous avons perdu..

    Alors, avant qu’il ne soit trop tard, préparons-nous à atteindre le bonheur et à voyager vers l’Au-delà.

    La clef est dans notre poche, la voie est ouverte devant nous. Alors, allons-y !

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 10 (1))

    Sans la présence du cœur durant la prière, l’ensemble des actes n’ont aucune valeur

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Arriver à la Présence du cœur (2)

    (Déterminer les obstacles)

    Maintenant que nous sommes convaincus de la nécessité de la présence du cœur, que nous sommes prêts à nous engager sur la voie menant à la félicité et à l’Au-delà, il nous faut en retirer les obstacles et arracher les épines avec leurs racines. Après, il nous sera plus facile d’avancer pour réaliser la présence du cœur.

    Les obstacles pour la présence du cœur durant les actes d’adoration sont la dispersion des idées et la multiplicité des effluves du cœur.

    Elles peuvent être provoquées par des facteurs extérieurs.

    Comme, par exemple, quand le prieur entend quelque chose (pendant sa prière) à laquelle son esprit s’accroche. C’est alors le point de départ du vagabondage de l’imagination et des élucubrations de la pensée. Ou quand l’œil voit quelque chose qui provoque la dispersion de ses idées et le vagabondage de ses pensées. Ou encore quand les autres sens ressentent quelque chose et l’imagination commence à voyager.

    Dans ce cas, certains savants proposent comme remède de prier dans une pièce sombre ou complètement vide, ou de fermer les yeux, et surtout de ne pas prier dans un endroit où le regard peut être attiré par quelque chose. Cependant, il est connu que cela ne résout pas le problème ni ne supprime les obstacles, parce que le nœud principal du problème réside dans le comportement-même de l’imagination. Rien n’empêche que le vagabondage de l’imagination soit même plus grand dans une pièce obscure. Non ! L’arrachement total de la matière, de la cause de cet obstacle se situe dans la réforme même de l’imagination !

    Et la dispersion des idées et les obstacles à la présence du cœur peuvent sans doute être aussi liés à des facteurs internes. Mais, dans tous les cas, ils ne sont que des facteurs qui peuvent favoriser l’absence (de la présence) du cœur mais n’en sont pas les causes réelles fondamentales.

    Les deux principales origines auxquelles reviennent la plupart des causes sont :

     

    1) L’oiseau de l’imagination

    Qui est en lui-même, par sa nature, vagabondant comme un oiseau sautant de branche en branche, ou volant d’une corniche à une autre. Et cela n’est pas lié à l’amour pour ce monde ni à l’orientation vers les ordres et les biens de ce monde. Non !

    Le fait que l’imagination soit vagabonde est un malheur dont sont éprouvés même ceux qui ont délaissé le monde d’ici-bas. Arriver à calmer l’esprit, à tranquilliser l’âme, à arrêter l’imagination font partie de ces choses importantes qui permettent, par leur réforme, la guérison totale.

     

    2) L’amour pour ce monde

    L’esprit est accroché aux considérations de ce monde qui sont-elles à la tête de tous les maux, la mère des maladies intérieures. C’est l’épine sur le chemin de ceux qui cheminent [vers Dieu] et la source des malheurs. Tant que le cœur est accroché, plongé dans l’amour pour ce monde, le chemin pour réformer le cœur est bouché, et la porte de l’ensemble des félicités est fermée à la face de l’homme.

    Une fois que l’on a su quelles sont les deux véritables sources grandioses à l’origine des obstacles à la présence du cœur, il nous faut en découvrir les remèdes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 1 – Chap 10 (2))

    Les deux principaux obstacles pour la présence du cœur durant les actes d’adoration : la dispersion des idées et la multiplicité des effluves du cœur causés principalement par l’oiseau de l’imagination et l’amour pour ce monde.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Maîtriser son imagination (1)

    Sache que les deux forces de l’âme, l’apparente et l’intérieure, sont aptes à être éduquées et instruites par une « gymnastique » morale particulière, comme n’importe quel autre organe. Comme, par exemple, l’œil de l’homme. Il ne peut pas regarder un point précis ni fixer une forte lumière comme la lumière du soleil sans cligner des yeux.

    Mais s’il s’entraîne, il arrivera sans doute à fixer le soleil en face pendant de longs moments sans cligner des yeux, sans ressentir de fatigue ; ou il pourra fixer de ses yeux un endroit particulier pendant un long moment sans bouger. Il en est de même pour l’ensemble des autres forces, même de la respiration. Certains adeptes à l’entrainement à de vains exercices vont jusqu’à retenir leur respiration pendant un moment supérieur à ce qui est connu.

    Ainsi parmi les forces qui sont aptes à être éduquées, les forces de l’imagination et de l’illusion

    (al-wâhimat) : elles sont toutes les deux, avant leur éducation, comme des oiseaux s’évadant et vagabondant sans limite. Elles volent de branche en branche, se déplacent d’une chose à une autre, de sorte que l’homme qui les suit, ne serait-ce qu’une minute, voit qu’il s’est déplacé d’un endroit à un autre de façon consécutive, vers des choses aux opportunités très faibles, sans raison apparente.

    A un point tel que beaucoup ont pensé que retenir et éduquer l’oiseau de l’imagination sont des choses impossibles.

    Mais il n’en est pas ainsi. Il est possible de le maîtriser par la gymnastique, l’éducation et l’assiduité pendant un temps, jusqu’à arriver à ce que l’oiseau de l’imagination se trouve dans la main de l’homme, qu’il ne bouge que selon sa volonté et son choix. L’homme le retient quand il veut pour n’importe quel but ou demande, et le maintien ainsi durant des heures. Comment ?

    Le nœud central pour cette prise de contrôle est d’agir dans le sens contraire. Quand l’homme veut prier, qu’il se prépare à contrôler et à enfermer son imagination pendant la prière ! Dès que l’imagination cherche à s’évader de son contrôle, qu’il la ramène immédiatement ! Il doit faire attention à son état [de l’imagination] durant l’ensemble des mouvements et des moments de repos de la prière, durant les rappels et les actes, et la surveiller et surtout ne pas la laisser s’évader toute seule.

    Peut-être qu’au début, cela paraîtra difficile. Mais après un certain temps d’effort, de précision et de traitement, l’imagination devient complètement docile et se laisse dompter. Ne croyez pas que vous allez réussir du premier coup à garder l’oiseau de l’imagination durant toute la prière. Cela est impossible de façon absolue. C’est sans doute à cela que se réfèrent ceux qui prétendent que maîtriser son imagination est impossible.

    Non ! Cela doit être progressif et demande du temps, de la patience et de la réflexion. Il est possible que l’homme arrive au début à ne retenir son imagination que durant le dixième de la prière et qu’alors arrive la présence du cœur durant ce dixième.

    Et ainsi, progressivement, si l’homme y remédie [au problème du vagabondage de son imagination] et voit qu’il en a un grand besoin, le résultat réalisé sera plus grand. Petit à petit, il maîtrisera le démon des illusions et l’oiseau de l’imagination jusqu’à saisir leurs rênes durant la plus grande partie de la prière. Il ne faut pas que l’homme désespère de tous ses états, parce que le désespoir est la source de toute faiblesse. C’est la lumière de l’espoir qui permet à l’homme d’atteindre la perfection de son bonheur.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 11 (1))

    Le nœud central pour prendre contrôle des forces de l’imagination et de l’illusion est d’agir dans le sens contraire, avec l’Aide de Dieu.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Maîtriser son imagination (2)

    Nous avons vu la dernière fois l’importance de maîtriser son imagination durant la prière et comment il est possible de le faire.

    En fait, le nœud central dans ce domaine [de la prise de contrôle de l’imagination durant la prière] est le fait que notre sentiment du besoin [de la prière] est très faible, que nos cœurs ne croient pas que le capital pour le bonheur de l’Au-delà et le moyen de vie pour les Jours illimités est la prière. Nous pensons que la prière est un poids qui nous est imposé, nous la voyons comme une lourde charge. Pourquoi ?

    L’amour pour quelque chose vient de ce que nous en connaissons le résultat. Nous aimons ce monde-ci parce que nous en connaissons le résultat. Nos cœurs y croient. C’est pourquoi nous n’avons pas besoin d’exhortation, de conseil, de recommandation pour acquérir quelque chose de ce monde. Les instincts, les forces de la colère et le démon (intérieur et apparent) suffisent pour appeler à ce monde. Leur gestion n’a pas besoin du Coran ni du Prophète.

    Ceux qui croient que l’appel du Sceau des Prophètes, le Messager de Dieu(s) a deux aspects, l’un pour ce monde, l’autre pour l’Au-delà et qui pensent que cela est un honneur pour le Détenteur de la Législation, et la perfection de la Prophétie, n’ont aucune connaissance de la Religion. Ils sont très éloignés du but de la Prophétie et de son appel. Car l’appel pour ce monde est totalement extérieur aux objectifs des Prophètes grandioses.

    Au contraire ! Les Prophètes(p) ont été envoyés pour interdire ce monde aux hommes, pour donner des contraintes à (l’acceptation) absolue des instincts et de la colère et déterminer les choses utiles, en vue d’une organisation plus complète. Ainsi, du fait que nous ressentons le besoin de ce monde et que nous le considérons comme le capital de la vie et la source des plaisirs, nous nous tournons vers lui et nous nous efforçons de l’atteindre.

    Alors que si nous croyions vraiment en la vie de l’Au-delà, si nous ressentions le besoin de la

    vivre, si nous étions convaincus que tous les actes d’adoration (notamment la prière) sont le capital de la vie et le fondement de la félicité dans cet autre monde, nous nous efforcerions inéluctablement de l’atteindre. Nous ne trouverions jamais en nous-mêmes, durant cet effort, une quelconque fatigue ou peine en l’accomplissant.

    Au contraire, nous l’atteindrions avec le désir complet et nous réaliserions les conditions de son atteinte et l’acceptation par l’accueil de nos âmes et de nos cœurs. Nous ferions bon accueil aux propos des Prophètes(p) et des Proches-Elus(p), ne serait-ce qu’en les considérant comme des hypothèses probables, et nous nous efforcerions de les mettre en pratique !

    Cette froideur et cette faiblesse en nous proviennent de la froideur des rayons de la foi. Notre ouïe n’est qu’une ouïe animale de ce monde et les Conseils de Dieu Très-Elevé ne dépassent pas les limites de l’apparence, n’atteignent pas l’intérieur.

    Aussi, une des tâches prioritaires à réaliser est de ne pas compter sur nous-mêmes mais de nous tourner de tout notre cœur vers la Cause des causes, de nous accrocher par la fitra à l’Origine des origines, de demander l’infaillibilité et la protection  à Sa Sainte Essence, de compter sur l’aide de Son Essence Sanctissime, de s’abaisser en Sa Présence, dans l’isolement et de demander avec sérieux la réforme à Dieu Très-Elevé, car il n’y a pas d’abri sans Sa Sainte Essence.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 11 (2))

    Nous pensons que la prière est un poids qui nous est imposé à cause de notre amour pour ce monde alors qu’elle est notre capital pour le bonheur dans l’Au-delà.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Le 2ème obstacle à la présence du cœur :

    L’amour pour ce monde (1)

    Sache que quand le cœur, selon sa fitra (sa nature première), s’accroche à quelque chose et qu’il l’aime, cet aimé [objet de son amour] devient une qibla vers laquelle il se dirige.

    Si quelque chose l’occupe et l’empêche de réfléchir sur le bien-aimé et sur la beauté du demandé, il suffit que cette occupation s’affaiblisse et que cet obstacle soit levé pour que le cœur s’envole aussitôt au côté de l’Aimé et s’accroche à Son Pan.

    Les gens des connaissances et les seigneurs de l’attraction divine, aux cœurs forts et bien fermes dans leur attraction et leur amour, voient dans chaque miroir, la Beauté du Bien-Aimé, et dans chaque existence la Perfection du Demandé et ils disent : « Je n’ai vu aucune chose sans voir Dieu en elle et avec elle. »

    Leur maître(s) dit : « Il arrive que mon cœur soit oppressé par une violente émotion au point de demander pardon à Dieu soixante-dix fois tous les jours. » Et cela parce que la vision de la Beauté du Bien-Aimé dans le miroir (notamment dans les miroirs opaques comme celui d’Abû Jahel) entraîne obligatoirement l’opacité dans les cœurs des plus parfaits.

    Et si leurs cœurs n’étaient pas forts et si l’occupation à la multiplicité n’empêchait la présence, il suffirait que l’occupation diminue pour que leurs cœurs s’envolent vers le nid de Son Sanctuaire et s’accroche à la Beauté du Beau.

    Mais en ce qui concerne ceux qui recherchent autre que la Vérité, ceux qui, selon les gens de la connaissance, demandent le monde ici-bas, qui, chaque fois qu’ils le demandent, se dirigent vers lui et s’y accrochent, alors, pour ceux-là, s’ils aiment à l’extrême leur bien-aimé et que l’amour pour ce monde a pris tout leur cœur, ils ne se soustraient pas à leur amour à n’importe quel moment et vivent avec la beauté de leur bien-aimé à chaque instant et avec toute chose.

    Et si leur amour est faible, c’est aux moments libres que leur cœur va revenir à leur bien-aimé.

    Ceux-là qui ont dans leur cœur l’amour pour les biens de ce monde, pour la direction, la renommée, verront même en rêve ce qu’ils demandent. Ils penseront à leur bien-aimé pendant leur éveil et tant qu’ils sont occupés par le monde ici-bas, ils sont dans « les bras » de leur bien-aimé. Quand arrive le moment de la prière et que leur cœur se vide, ce dernier s’accroche immédiatement à [l’objet de] leur amour, comme si le Takbirat al-Ihrâm (dire « Dieu est plus Grand » pour commencer la prière) lève les voiles entre lui et le bien-aimé. Il fait les salutations finales de la prière et il ne s’est pas du tout dirigé vers elle. Pendant toute la prière, il était collé aux préoccupations de ce monde.

    C’est pourquoi nous voyons que notre prière, effectuée durant 40 ou 50 ans, n’a laissé aucune trace en nos cœurs, si ce n’est l’obscurité et l’impureté.

    Ce qui est ascension vers la Proximité de Dieu et le moyen de l’Intimité pour cette Sainte Station est devenu une cause de notre exode de la Place de la Proximité et nous a éloignés d’une très grande distance de l’ascension vers la Station de l’Intimité.

    Si seulement il y avait dans notre prière une odeur de soumission/assujettissement, s’en suivraient des fruits de la prière et l’humilité et non pas l’orgueil, l’arrogance.. qui sont chacune cause de misère et de perdition pour l’individu !

    En résumé, quand nos cœurs sont mélangés à de l’amour pour ce monde, cet amour pour ce monde devient un obstacle pour la présence du cœur et il est nécessaire de l’extirper.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (1))

     

    Quand nos cœurs sont mélangés à de l’amour pour ce monde, cet amour pour ce monde devient un obstacle pour la présence du cœur et il est nécessaire de l’extirper.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Enlever l’amour pour ce monde (2)

    Par la réflexion

    Le premier remède pour cette maladie fatale et cette corruption destructrice est le savoir utile qui est la réflexion sur les fruits et les résultats [de l’amour pour ce monde] et leur comparaison avec ses effets négatifs et la perdition qu’il entraîne. Nous nous contenterons de citer ici des propos rapportés des Imâms Infaillibles d’Ahle al-beit(p).

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) dans Usûl al-Kâfî : « A la tête de tous les maux, l’amour pour ce monde. »

    Avec un peu de réflexion, l’homme lucide se rendra compte qu’environ l’ensemble des corruptions sur le plan du tempérament et des actes sont les fruits de cet arbre vicieux. Il n’y a pas, en ce monde, de religion mensongère, de confession fausse, de corruption, qui n’aient pour intermédiaire cette abomination grandiose. L’assassinat, la débauche, le vol, et les autres choses abominables proviennent de ce virus corrompu.

    Et l’homme qui renferme cet amour à côté de l’ensemble des vertus morales, comme le courage, la chasteté, la générosité et la justice (qui sont les fondements de l’ensemble des vertus de l’âme), va découvrir qu’elles ne se mélangent pas avec l’amour pour ce monde.

    Même ! Les connaissances divines, l’Unicité dans les Noms, Attributs, Actes et l’Essence divine, et la demande de la Vérité, la vue de la Vérité sont à l’opposé de l’amour pour ce monde ; la tranquillité de l’âme, la sérénité, le repos du cœur sont l’esprit du bonheur en ce monde et dans l’Au-delà et ils ne s’associent pas avec l’amour pour ce monde. Les vertus comme la richesse de cœur, la noblesse et la puissance de l’âme et la liberté sont les corollaires de l’absence d’attention portée à ce monde ; tout comme la pauvreté [intérieure], l’humiliation, la convoitise, la cupidité, l’asservissement et la flatterie sont les corollaires de l’amour pour ce monde. La sympathie, la miséricorde, le maintien des relations, l’affection et l’amour sont contraires à l’amour pour ce monde tandis que la haine, la rancune, l’injustice, la rupture des relations familiales, l’hypocrisie et les autres vices prennent naissance de cette mère des maladies.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) dit dans « Misbâh ashsharî‘ at » : « Le monde ici-bas est comme suit : sa tête est l’orgueil, ses yeux la cupidité, ses oreilles la convoitise, sa langue l’ostentation, ses mains les passions, ses jambes l’infatuation, son cœur l’insouciance, son être l’anéantissement, son gain la disparition. Alors celui qui l’aime, hérite de lui l’orgueil ; celui qui le voit en bien, hérite de lui la cupidité ; il [le monde ici-bas] amène à la convoitise celui qui le recherche, revêt de l’ostentation celui qui le loue, installe l’infatuation en celui qui le désire ; celui qui se fie à lui, reçoit de lui l’insouciance ; ses biens [de ce monde] anéantissent celui qui l’apprécie et il envoie dans sa demeure qui est le Feu [l’Enfer], celui qui assemble [de ses biens] et en est avare. »

    Dîlamî a rapporté dans « Irshâd al-Qulûb » du Prince des croyants(p), le tenant du Prophète(s), que durant la nuit de la montée (au ciel) du Prophète Mohammed(s), Dieu lui dit : « Ô Ahmed ! Si le serviteur a prié la prière des gens du ciel et de la terre, a jeûné le jeûne des gens du ciel et de la terre, et s’est privé de manger comme les Anges et a revêtu le vêtement des adorateurs, ensuite que Je vois en son cœur un atome d’amour pour ce monde, sa renommée, sa direction, ou ses parures, alors il n’est pas dans Mon Entourage en Ma Demeure et J’arracherai certainement de son cœur l’amour pour Moi et J’assombrirai son cœur jusqu’à ce qu’il M’oublie et Je ne lui ferai pas goûter la douceur de Mon Amour. »

    Les hadîths de ce genre sont nombreux. En en prenant conscience, l’homme raisonnable, attentif à son réel bonheur, cherchera sûrement à arracher de son cœur cet arbre avec ses racines.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (2))

     

    L’homme qui renferme l’amour pour ce monde à côté des vertus morales (comme le courage, la générosité..) va découvrir, après réflexion, que ces dernières ne se mélangent pas avec l’amour pour ce monde.

    • A/Règles de conduite pour l’ensemble des actes d’adoration

    Enlever l’amour pour ce monde (3)

    Par le contraire

    Nous avons vu précédemment comment l’amour pour ce monde est un obstacle qui la présence du cœur.

    Comment s’en débarrasser ? Le remède pratique est d’arracher cet arbre vicieux de nos cœurs en faisant le contraire.

    Ainsi si la personne est attachée aux biens de ce monde, alors qu’elle arrache les racines de ce mal en faisant le contraire : en donnant généreusement, en faisant des aumônes obligatoires et recommandées. Car un des secrets de l’aumône est de diminuer l’accrochage à ce monde.

    C’est pourquoi il est recommandé à l’homme de faire l’aumône de quelque chose qu’il aime, de quelque chose à laquelle son cœur est accroché, comme Dieu Très-Elevé dit dans son noble Livre : {Vous n’atteindrez jamais la piété tant que vous ne donnerez pas de ce que vous aimez.}. (92/III Âl ‘Imrân)

    Si la personne est accrochée à la vantardise ou au sentiment de supériorité par rapport aux autres, ou au fait d’être chef et de traiter les autres avec arrogance, alors, qu’elle agisse en faisant le contraire, qu’elle contraigne son âme à s’abaisser (mettre « le nez de l’âme à terre ») jusqu’à ce qu’elle soit réformée.

    L’homme doit savoir que chaque fois qu’il suit ce monde, qu’il est sur le point de l’atteindre, il s’accroche encore plus à ce monde et il regrette encore plus sa disparition. Comme si l’homme demande quelque chose qu’il n’obtient pas. Il pense qu’il demande une limite déterminée de ce monde.

    Tant qu’il n’y est pas arrivé, il la demande et supporte des peines, en vue de l’atteindre, et se jette lui-même dans la perdition. Mais, dès qu’il atteint cette limite de ce monde, elle devient quelque chose de normal à ses yeux. Il s’accroche alors à autre chose, la désire au-dessus de cette limite et se fatigue pour cela. Le feu de son désir ne s’éteint jamais ! Même ! Il augmente jour après jour avec sa fatigue et sa peine pour le satisfaire.

    Il n’y a pas de limite pour cette fitra et cette nature ! Jamais !

    Il est rapporté de l’Imâm al-Bâqer(p) dans le noble livre « al-Kâfî » : « Le cupide de ce monde est comme le ver à soie. Chaque fois qu’il augmente les tours de soie autour de lui, s’éloigne de lui la sortie, jusqu’à mourir étouffé. »

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Le monde ici-bas est comme l’eau de la mer. Chaque fois que celui qui a soif en boit, sa soif augmente jusqu’à ce qu’elle le tue. »

    Alors, toi qui recherches la Vérité, cheminant vers Dieu, si tu as dompté l’oiseau de l’imagination et ligoté le démon des illusions, ôté les sandales de l’amour pour les femmes, les enfants et les autres affaires de ce monde, que tu t’es familiarisé par un tison du feu du désir par la fitra de Dieu et que tu dises « j’aperçois un feu » et que tu te vois toi-même dépourvu d’obstacle pour marcher, que tu as préparé tes provisions pour le voyage, alors lève-toi, quitte cette maison obscure de la nature, le passage étroit sombre de ce monde, romps la chaîne du temps et ses entraves, sauve-toi de cette prison et envole-toi avec l’oiseau de la sainteté vers l’assemblée de l’intimité !

    Décide-toi car la première condition pour le cheminement vers Dieu est la détermination. Sans elle, il est impossible de parcourir un quelconque chemin ou obtenir une quelconque perfection.

    Nous avons ainsi terminé les règles de conduite nécessaires pour l’ensemble des actes d’adoration. La prochaine fois, nous allons entamer celles spécifiques aux préludes nécessaires à la prière.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyqh li-s-Salât de l’Imâm al- Khomeiny(qs) – Maqâlat 1 – Chap 12 (3))

     

    Comment se débarrasser de l’amour pour ce monde ?

    En faisant le contraire de ce que notre âme désire !

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    De la purification en général – Le premier degré de souillure

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration – notamment la prière – nous allons entamer une seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière et en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification qui comprennent sept chapitres.

    Comme nous l’avons évoqué précédemment, il y a, pour la prière, une vérité autre que sa forme et une profondeur autre que son apparence, et, comme il y a des règles de conduite et des conditions formelles, il y a aussi pour sa profondeur des règles de conduite et des conditions que le cheminant [vers Dieu] doit observer ; il en est de même pour la purification.

    Il y a donc une forme et des règles de conduite formelles pour la purification. Les mettre en évidence est hors de notre propos. Cela revient aux savants religieux en droit, après les Imâms d’Ahle al-Beit(p).

    Ce que nous allons mettre en évidence de façon globale, ce sont les règles de conduite intérieures et la purification intérieure.

    Dans la mesure où la vérité de la prière est l’ascension vers la station de la Proximité et l’accès à la station de la Présence de Dieu (Tout-Puissant), il est connu que pour atteindre ce But le plus élevé et cette Fin ultime, il faut des purifications autres que ces purifications [extérieures].

    Les épines sur cette voie, les obstacles à cette ascension sont les souillures. Il est impossible au cheminant qui serait souillé d’une de ces impuretés, d’escalader les degrés de cette échelle et d’en gravir les échelons. De même, ces sortes de souillure constituent des obstacles à la prière. Ce sont des impuretés sataniques. Leur disparition fait partie des règles de conduite de la Présence et constitue une des conditions de cette Vérité.

    Aussi, le cheminant vers Dieu doit-il, dès le début, enlever les obstacles et les impuretés pour que lui soit facilité l’accès à la pureté qui est-elle du monde de la Lumière. Et celui qui ne s’est pas purifié de l’ensemble des impuretés apparentes et intérieures, publiques et secrètes, n’aura aucune chance d’atteindre la Présence divine.

    Le premier niveau des souillures est la pollution des instruments (les organes) et des forces apparentes de l’âme par les salissures des péchés et leur souillure par l’impureté de la rébellion contre le Maître des Bienfaits (Dieu).

    C’est le piège formel, apparent d’Iblis. Tant que l’homme est prisonnier de ce piège, il est privé de l’Effusion de la Présence divine et de l’accès à la Proximité divine.

    Et que personne ne pense qu’il peut s’élever à la Station de la Vérité de l’être humain, ou qu’il peut purifier le fond de son cœur sans purifier l’apparence de l’empire de l’être humain. Cela est une illusion du démon et fait partie de ses ruses grandioses !

    Les impuretés et les ténèbres du cœur augmentent avec les péchés qui représentent, eux, la victoire de la nature (le monde matériel) sur le spirituel.

    Tant que le cheminant n’a pas le dessus sur l’empire apparent, il est privé de la totalité des conquêtes intérieures qui sont les objectifs les plus élevés, et le chemin vers le bonheur ne s’ouvre pas à lui. Ainsi, un des grands obstacles pour ce cheminement est constitué par les impuretés des péchés. Et ces impuretés des péchés doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    (d’après Al-Adabal-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –Maqâlat 2 –Maqsad 1–Chap 1 (1))

     

    Les impuretés des péchés constituent le premier des grands obstacles pour le cheminement vers Dieu. Elles doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    Le deuxième degré de souillure

    L’ensemble des forces apparentes et intérieures que Dieu nous a données et qu’Il a fait descendre du Monde du Mystère, sont des dépôts divins exempts de l’ensemble des impuretés. Elles étaient [à l’origine] pures, purifiées, même ! illuminées de la Lumière de la Fitra divine et éloignées des ténèbres du comportement d’Iblis et des impuretés.

    Quand elles descendirent dans les ténèbres du monde de la nature et que la main des agissements illusoires du shaytân et celle de la traîtrise d’Iblis s’étendirent vers elles, elles sortirent de la purification fondamentale et de la Fitra première et elles se souillèrent des différentes sortes d’impuretés et de souillures sataniques.

    Aussi, si le cheminant vers Dieu éloigne la main du shaytân en s’accrochant au pan de la Providence du Walî de Dieu, purifie le royaume apparent et rend les Dépôts divins comme il les a pris, il n’aura pas trahi le Dépôt.

    Dans ce cas, si une trahison apparait de lui, elle sera sujette au pardon et à la dissimulation. Sa pensée se reposera du point de vue de l’apparence.

    Il peut alors commencer à purifier l’intérieur des impuretés de la morale corrompue (qui est le second niveau des impuretés) dont la corruption est plus grande et dont la thérapeutique est plus difficile et, pour ceux qui font de la « gymnastique » morale, plus importante.

    Parce que tant que l’humeur intérieure de l’âme est corrompue et est entourée par les impuretés morales, elle ne convient pas à la Station de la Sainteté ni à la retraite intime [avec l’Aimé].

    Même ! Le principe de la corruption du royaume apparent de l’âme est la morale corrompue et les aptitudes vicieuses. Tant que le cheminant n’a pas remplacé les mauvaises aptitudes par de bonnes, il n’est pas à l’abri des mauvaises actions. Et même s’il a réussi le repentir, la stabilité (qui fait partie des choses les plus importantes) ne lui sera cependant pas une chose facile.

    Non seulement la purification de l’apparent dépend de la purification de l’intérieur (même si on doit commencer par elle), mais les impuretés intérieures impliquent la privation du bonheur et est à l’origine de l’enfer de la morale qui est, comme disent les « Gens de la Connaissance », plus brûlant que l’enfer des actes. Et ce sens est beaucoup indiqué dans les propos rapportés d’Ahle al-Beit infaillibles(p).

    Cette purification des impuretés intérieures est également nécessaire pour le cheminement vers Dieu.

    Et après avoir nettoyé le « tableau » de l’âme pollué par la morale corrompue, au moyen de l’eau du savoir utile, pure, purifiante et par la « gymnastique » légale, vertueuse, il doit travailler à purifier le cœur qui est lui « Oum al-Qurâ » [à l’égal de la Ka‘bah à La Mecque, qui est la « Maison de Dieu »]. Et par sa réforme, tous les royaumes se réforment et par sa corruption, tout se corrompt.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 1 – Chap 1 (2))

    Purifier l’apparent (en suivant la législation divine), puis purifier l’âme polluée par la morale corrompue (par le savoir utile et le « jihad an-nafs ») pour enfin purifier le cœur.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général

    Allusion au troisième degré de souillure et de purification

    Après avoir vu les deux premiers degrés de souillure dont on doit se purifier avant de s’atteler à l’épuration du troisième degré de souillure, voici les impuretés du monde du cœur qui sont la source de toutes les impuretés. Elles sont expression de l’attachement à autre que Dieu, et de l’orientation vers l’âme (son soi) et vers le monde. L’origine de l’ensemble de ces impuretés est l’amour pour ce monde qui est à la tête de toutes les fautes et l’amour pour soi-même (son âme) qui est la mère des maladies.

    Tant que les racines de cet amour (pour l’âme et pour ce monde) sont présentes dans le coeur du cheminant, aucun des effets de l’Amour de Dieu ne l’atteint, et il ne s’engage pas dans la bonne voie vers la demeure de l’Objectif et du Visé.

    Tant que le « cheminant » (vers Dieu) a dans son cœur des restes de cet amour, son cheminement pas vers Dieu. Même ! Il est vers l’âme, vers ce monde-ci et vers le shaytan. Aussi la purification de l’amour de soi et de ce monde est le premier des niveaux de la purification du cheminement vers Dieu en vérité, parce qu’avant cette purification, le cheminement n’est pas un cheminement. S’ils sont appelés « cheminant » et « cheminement » ce n’est que par permission de langage.

    Après cette étape, il y a sept demeures de « l’amoureux » (« les sept cités ») d’al-‘Atâr an-

    Nayshâpûrî, le savant connu du début du 13e siècle, qui est un exemple pour le cheminant.

    Malheureusement, jusqu’à maintenant nous n’avons pas dépassé la station d’une de ces cités, enfermés que nous sommes derrière des murailles et des voiles épais. Nous considérons même ces « pays » et ces « émirats » évoqués comme des légendes !

    Cependant, tout en n’ayant aucun rapport avec

    Sheikh al-‘Atâr an-Nayshâpûrî et Maytham at-Tammâr, je ne nie pas les stations en leur principe.

    Je demande à les détenir par le cœur et l’esprit et souhaite la délivrance dans cet amour.

    Et je ne trahirai jamais les amoureux gnostiques dans la fraternité croyante et l’amitié intime, ni ne me gênerai [priverai] de leur donner des conseils.

    Cela fait partie des droits des croyants.

    La plus grandiose des impuretés morales dont on ne peut pas se purifier par sept mers ni par les miracles des Prophètes les plus grandioses, est l’impureté de l’ignorance « composée » qui est à l’origine de ce grave mal – de nier les stations des Gens de Dieu et les « Seigneurs » de la connaissance – et la source de la mauvaise intention concernant les gens (détenant les stations) de cœur.

    Tant que l’individu est pollué de cette impureté, il ne fait aucun pas vers les connaissances ! Peut-être même, cette impureté va éteindre la lumière de sa fitra qui est la lanterne du chemin de la guidance, et par suite, éteindre le feu de l’amour qui est le « cheval ailé » (al-bouraq) de l’ascension vers les stations et laisser l’individu séjourner sur la terre de la nature.

    L’homme touché par cette épreuve doit se laver de cette impureté du fond du cœur, par la réflexion sur l’état des Prophètes et des Elus de la Perfection(p) et le rappel de leurs stations.

    Au moins, qu’il soit convaincu que la limite et le contentement du peu de connaissances font partie des confusions grandioses d’Iblis et de l’âme instigatrice (que Dieu nous en préserve).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 1 – Chap 1 (3))

     

     

    Tant que le cœur n’est pas purifié de l’amour de soi et de ce monde, il n’y a pas de cheminement vers Dieu. Après cette étape, sept demeures sont décrites par les « amoureux » de Dieu que ceux qui n’arrivent pas à les atteindre ne doivent pas nier.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    A propos des niveaux de la purification

    Allusions au niveau de l‘infaillibilité suprême et celui du malheur absolu

    Sache que tant que l’homme est dans le monde de la nature (tabî‘at), et de la demeure de la matière originelle, il est sous les agissements des soldats divins et des soldats d’Iblis. Les soldats divins sont les soldats de la Miséricorde, du Salut/Salubrité, du

    Bonheur, de la Lumière, de la Purification et de la Perfection. Et les soldats d’Iblis sont leurs opposés.

    Dans la mesure où les aspects seigneuriaux ont le dessus sur les aspects d’Iblis, la fitra de l’individu est au début lumière, salut, félicité et Fitra divine. Cela est déclaré dans les propos rapportés et est indiqué dans le noble Livre divin. Tant que l’individu est dans ce monde, il peut se placer lui-même (son âme), de son propre choix, de sa propre volonté, sous les agissements de l’une de ces deux troupes de soldats.

    [Le niveau de l’infaillibilité suprême et de la station du Sceau]

    Si Iblis n’a pas [pu] disposer de la fitra d’un homme depuis le début de sa fitra jusqu’à sa fin, alors cet homme est un homme divin « lahûtî ».

    Il est lumière, purification, félicité du haut de la tête à ses pieds. Son cœur est Lumière de la

    Vérité. Il ne se tourne pas vers autre que Dieu. Ses forces intérieures et apparentes sont lumières et purifications. En elles, n’agit que la Vérité et Iblis n’y a aucune part, ses soldats non plus.

    Pour une telle noble existence, une telle pureté absolue, une telle lumière pure, ce qu’elle a fait ou va faire comme péché lui est pardonné. Elle est le détenteur de la Victoire absolue, le pourvu de la Station de l’Infaillibilité la plus grande par fondamentalité. Et l’ensemble des autres infaillibles sont pourvus de cette station par suite de son essence sanctifiée. Elle est le détenteur de la Station du Sceau qui est-elle la Perfection de façon absolue. Dans la mesure où ses légataires proviennent de son argile et sont rattachés à sa fitra, ils sont aussi détenteurs de l’infaillibilité absolue mais en corollaire de lui et ils ont la « corollarité » (la suite) totale, parfaite.

    Quant à certains des infaillibles des Prophètes(p) et des Proches-Elus(p), ils ne sont pas détenteurs de l’Infaillibilité absolue ni ne sont dépourvus de comportements du shaytan. Ainsi, l’orientation d’Adam(p) vers l’arbre relevait des comportements du très grand Iblis, d’Iblis des Iblis, bien que cet arbre fût un arbre du Paradis divin. En effet, malgré cela, il avait la multiplicité nominale qui niait la station « adamiyyah » [d’Adam] parfaite. Et cela est un des sens de l’Arbre interdit, et un de ses niveaux.

    [Le niveau de la misère satanique]

    Si la lumière de la fitra d’un homme s’est polluée par les impuretés formelles et morales, alors, à la mesure de la pollution, cet homme s’éloigne de l’espace de la Proximité et émigre de la Présence de l’Intimité jusqu’à arriver à la station où la lumière de la fitra s’est éteinte de façon totale, et à devenir entièrement le royaume du shaytân. Son apparence, son for intérieur, son secret et son côté public/ annoncé sont sous les agissements du shaytân. Le shaytân devient son cœur, son ouïe, sa vue, sa main, sa jambe ; l’ensemble de ses membres deviennent sataniques. Si quelqu’un arrive à ce niveau – que Dieu nous en préserve – alors il est le misérable absolu. Il ne connaitra jamais le bonheur.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 2 (1))

    L’homme est entre le niveau de l’infaillibilité suprême (celui du Sceau des Prophètes(p)) et celui du malheur absolu (Iblis). En ce monde, avec à l’origine une nature (fitra) pure et lumineuse, il peut se placer sous les agissements des soldats de Dieu ou ceux du diable, selon son choix

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Indications sur les niveaux de la purification

    Allusions aux trois degrés de purification entre les deux niveaux extrêmes

    Nous avons vu précédemment le niveau de l’infaillibilité suprême et de la station de

    Sceau où le shaytan n’a aucune prise et qui est Lumière pure et Pureté absolue et, à l’opposé, celui de la misère où le shaytan a pris totalement le contrôle de l’âme, qui est totale obscurité.

    Entre ces deux niveaux, il y a des stations, des niveaux dont Seul Dieu connait le nombre.

    La règle générale pour savoir où l’on est :

    -toute personne qui est plus proche de l’horizon de la Prophétie, fait partie des détenants de la droite.

    -et toute personne qui est plus proche de l’horizon du shaytan, fait partie des détenants de la gauche.

    Il faut savoir que la purification de la fitra après sa pollution est un ordre possible. Tant que l’individu est dans ce monde, se libérer du comportement du shaytan est de l’ordre du possible et une chose facile. Il en est de même en ce qui concerne l’entrée dans le parti des Anges de Dieu qui sont les soldats miséricordieux divins.

    La réalité de la lutte de/contre l’âme – qui est, selon la parole du Messager le plus noble de Dieu, meilleure que le combat contre les ennemis de Dieu et la lutte la plus grande (« al-jihâd al-akbar ») – consiste à sortir de l’emprise des soldats d’Iblis et à entrer dans les agissements des Soldats de Dieu.

    Ainsi le premier niveau pour la purification est celui de se plier au suivi de la Tradition

    Sunna ») divine et d’obéir aux Ordres de Dieu ;

    Le deuxième niveau est de se parer des vertus morales jusqu’à acquérir les bonnes aptitudes ; Le troisième niveau est la purification du cœur qui est expression de la soumission du cœur à Dieu.

    Après cette soumission, le cœur apparait être lumineux. Même, il devient en soi du monde de la lumière, et des degrés de la Lumière divine.

    La luminosité du cœur circule à l’ensemble des membres, organes et forces intérieures, et toute aptitude apparaît être lumière, lumière sur lumière jusqu’à ce que l’ordre arrive à un point où le cœur devient divin, céleste (« lahût ») et que la Présence céleste (« lahût ») se manifeste dans l’ensemble des niveaux intérieurs et apparents.

    Dans cette situation, la servitude/adoration disparait et se dissimule, pour laisser apparaître et se manifester la Seigneurie.

    Dans cette situation, la tranquillité et la familiarité apparaissent au cœur du cheminant. Le monde tout entier apparaît être son Aimé ; les attirances divines le prennent, ses fautes et ses faux-pas sont pardonnés et voilés dans l’ombre des Manifestions de l’Amour.

    Il lui arrive alors les débuts de la « wilâyah » et de la finesse de l’accès à la Présence de la Familiarité.

    Viennent ensuite d’autres demeures qu’il ne convient pas d’évoquer ici, dans ces feuilles. d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 2 (2))

     

    Les trois premiers degrés de purification :

    1-obéir à Dieu ;

    2-se parer des vertus morales ;

    3-soumettre son cœur à Dieu.

    Le «Jihâd al-akbar » = sortir de l’emprise des soldats d’Iblis pour celle des soldats de Dieu.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Au moment de se tourner vers l’eau pour se purifier

    Hadîth tiré du Flambeau de la Loi révélée (Misbâh ash-Sharî‘at)

    Dans ce chapitre, nous allons évoquer un noble hadîth de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de

    « Misbâh ash-Sharî‘at » (Le Flambeau de la Législation) pour qu’arrive de la lumière aux cœurs purs des gens de la foi.

    « Si tu veux la purification et [faire] les petites ablutions, alors va vers l’eau comme tu vas vers la Miséricorde de Dieu. Car Dieu a fait de l’eau une clef de Sa Proximité et de Son Entretien Intime, et un signe de l’étendue de Son Service. Comme la Miséricorde divine purifie les péchés des serviteurs, de même l’eau purifie les impuretés apparentes et pas autre chose.

    Dieu Très-Elevé dit : {C’est Lui qui a envoyé les vents comme une annonce précédant Sa Miséricorde et Nous avons fait descendre du ciel de l’eau pure et purifiante.} (48/25 al-Furqân)

    Dieu Très-Elevé dit : {Nous avons fait de l’eau toute chose vivante, alors ne croient-ils pas ?}

    (30/21 Les Prophètes) Ainsi, comme Il a donné vie à toute chose des bienfaits de ce monde par elle [l’eau], Il a, par Sa Miséricorde et Sa Faveur, donné vie aux cœurs par les actes d’obéissance. Réfléchis sur la limpidité de l’eau, sa douceur, sa pureté, sa bénédiction, son subtile mélange à toute chose, et son utilisation pour purifier les membres que Dieu t’a ordonné de purifier.

    Accomplis ses règles de conduite dans Ses Obligations et Ses Lois, car sous chacune d’elles se trouvent beaucoup de bénéfices. Ainsi si tu l’utilises avec respect, les sources de ses bienfaits vont jaillir pour toi de façon proche.

    Ensuite, vis la Création de Dieu comme l’eau se mélange aux choses, en faisant parvenir à chaque chose son droit. Et cela ne change pas le sens, si l’on considère la parole du Messager de Dieu(s) : « Le croyant sincère est semblable à l’eau ».

    Fais-en sorte que ta pureté avec Dieu Très-Elevé dans l’ensemble de tous les actes d’adoration soit comme la limpidité de l’eau quand Il [Dieu] la fit descendre et la qualifia de pure tahûrann »).

    Purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de la purification de tous les membres par l’eau. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°10 p35

     

    Dans ce propos rapporté, il y a des subtilités, des précisions, des indications et des vérités qui font vivre les cœurs des gens de la connaissance et insufflent la vie dans les esprits purs pour les détenteurs de cœur.

    En premier lieu, l’Imâm as-Sâdeq(p) compare l’eau à la Miséricorde de Dieu. Même ! Il(p) dit que l’eau est une des manifestations grandioses de la Miséricorde divine que Dieu a fait descendre dans le monde de la nature, et qu’Il l’a rendue facteur de vie pour les existences. Même ! Les gens de la connaissance emploient le mot « eau » pour parler de la Miséricorde divine étendue descendue du Ciel des « degrés élevés » de la Présence des Noms et des

    Attributs et avec laquelle la vie est donnée aux terres des désignations des déterminations.

    Dans la mesure où la Miséricorde divine se manifeste davantage dans l’eau matérielle (al-mulkî) apparente que dans les autres existences en ce monde, Dieu Très-Elevé l’a établie pour la purification des impuretés formelles, a fait d’elle la clef de la porte de Sa Proximité et de Son Entretien intime, le guide vers l’étendue de Son Service qui est une des portes de la Miséricorde intérieure.

    Même ! Quand l’eau de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé descend et apparait dans chacun des mondes de l’Existence, et dans chacun des lieux des Témoignages du Mystère et des Visions, elle purifie les péchés des serviteurs/adorateurs de Dieu, selon le monde en question et ce qui convient à ce monde.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (1))

    Comme l’eau de la Miséricorde purifie des péchés, l’eau maté – rielle (qui est un facteur de vie pour les existences) purifie des impuretés apparentes. Au croyant d’être semblable à elle.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    En se tournant vers l’eau pour se purifier

    Le premier degré de la purification par l’eau

    Nous avons vu précédemment comment les gens de la connaissance ont considéré que Dieu Très-Elevé avait privilégié l’eau pour la purification de toutes les sortes d’impuretés selon le niveau du monde de la création et de sa manifestation.

    Ainsi, l’eau de la Miséricorde descendant du Ciel de l’Unité purifie les péchés des mystères des désignations des déterminations.

    L’eau de la Miséricorde étendue descendant du Ciel de l’Unicité purifie les péchés annihilants des quiddités extérieures, à chacun des niveaux de l’existence, selon ce qui convient à ce niveau.

    Pour les niveaux de la création de l’être humain, l’eau de la Miséricorde a aussi différentes apparitions.

    L’eau descendant de la Présence de l’Essence vers les déterminations pour les regroupements intermédiaires, purifie les péchés du secret de l’existence (« Ton existence est un péché, comparable à aucun autre péché ») ;

    L’eau descendant des Présences des Noms et des Attributs et de la Présence de la manifestation au niveau des actes purifie la vision de l’attribut et de l’acte ;

    L’eau descendant du Ciel de la Présence du Jugement juste purifie les impuretés du tempérament intérieur ;

    L’eau descendant du Ciel du Pardon purifie des péchés des serviteurs/adorateurs de Dieu ;

    L’eau descendant du Ciel du monde immatériel (malakût) purifie des impuretés formelles.

    Ainsi, sache que Dieu Très-Elevé a fait de l’eau une clef pour Sa Proximité et un signe de l’étendue de Sa Miséricorde.

    Ensuite, l’Imâm as-Sâdeq(p) a mis en évidence dans son propos d’autres fonctions de l’eau qui ouvrent d’autres voies pour les gens du cheminement et de l’observation. Il(p) dit :

    « Réfléchis sur la limpidité de l’eau, sa douceur, sa pureté, sa bénédiction, son subtile mélange à toute chose, et son utilisation pour purifier les membres que Dieu t’a ordonné de purifier.

    Accomplis ses règles de conduite dans Ses Obligations et Ses Lois, car sous chacune d’elles se trouvent beaucoup de bénéfices.

    Ainsi si tu l’utilises avec respect, les sources de ses bienfaits vont jaillir pour toi de près. »

    Il(p) indique ainsi les niveaux de la purification de façon générale et met en évidence quatre niveaux généraux.

    Le premier est la purification des membres.

    Il(p) a indiqué que les gens de l’observation et du cheminement vers Dieu ne doivent pas s’arrêter aux formes et aux apparences des choses. Mais ils doivent rendre l’apparence un miroir de l’intérieur et chercher à découvrir les Vérités des formes et ne pas se contenter de la purification formelle, parce que se contenter de la purification formelle est un piège d’Iblis.

    Alors, qu’ils se transportent de la limpidité de l’eau à la purification des membres, qu’ils les purifient en accomplissant les Obligations et les Lois de Dieu.

    Qu’ils adoucissent les membres par la finesse des Obligations et des Lois de Dieu, qu’ils les fassent sortir de la rugosité des actes de désobéissance et qu’ils fassent circuler la pureté et la bénédiction dans l’ensemble des membres !

    Qu’ils sachent, à partir de la subtilité du mélange de l’eau aux choses, comment se mélangent les forces immatérielles divines au monde de la nature et qu’ils ne laissent pas les impuretés naturelles avoir une influence sur elles !

    Ainsi, si leurs membres se sont vêtus des lois et des obligations divines, les bénéfices intérieurs apparaitront progressivement et les sources des secrets divins jailliront et une esquisse des secrets des actes d’adoration et de purification leur sera dévoilée.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (2))

    L’eau purifie toutes les sortes d’impuretés selon le niveau du monde de la création et de sa manifestation. Le premier niveau est celui de la purification des membres.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Au moment de se tourner vers l’eau pour se purifier

    Hadith tiré du « Flambeau de la Loi révélée » (Misbâh ash-sharî‘at)(1)

    Les deuxième, troisième et quatrième degrés de la purification par l’eau

    Après avoir mis en évidence le premier niveau de la purification et montrer comment y arriver, l’Imâm as-Sâdeq(p) commence l’explication du second niveau de la purification par l’eau :

    « Ensuite, vis la Création de Dieu comme l’eau se mélange aux choses, en faisant parvenir à chaque chose son droit. Et cela ne change pas le sens, si l’on considère la parole du Messager de Dieu(s) : « Le croyant sincère est semblable à l’eau. » »

    La première règle que l’Imâm(p) avait mis en évidence concernait la relation de l’individu cheminant vers Dieu avec ses forces intérieures et ses membres. La seconde règle à laquelle il(p) fait allusion ici dans ce propos concerne le comportement de l’homme avec la Création de Dieu. Elle met en évidence comment le cheminant vers Dieu doit se comporter avec les créatures.

    En observant la subtilité du mélange de l’eau aux choses, l’homme découvre comment les forces immatérielles (malakûtiyyah) divines se mélangent au monde de la nature et demandent que les impuretés n’y aient pas d’influence.

    On peut déduire de ce propos aussi, de façon implicite, la réalité de l’isolement (avec Dieu) : en même temps que le cheminant vers Dieu vit avec toutes les sortes de gens selon les convenances, fait parvenir aux créatures leurs droits, se comporte et agit avec chacune d’entre elles en fonction de ce qui convient à son état, il n’outrepasse pas le Droit divin, ne néglige pas son sens qui est l’adoration, la soumission et l’orientation vers la Vérité.

    Ainsi, dans la multitude, il est dans l’isolement en soi, et son cœur qui est la demeure de l’Aimé est exempt des autres (autres que Dieu) et vide de toute forme et exemple.

    (1)Voir la traduction du hadith de l’Imâm as-Sâdeq(p) en entier dans la revue Lumières Spirituelles N°31.

    troisième règle évoquée par l’Imâm(p) porte sur la façon dont le cheminant doit se comporter avec Dieu très-Elevé :

    « Fais en sorte que ta pureté avec Dieu Très-Elevé dans l’ensemble de tous les actes d’adoration soit comme la limpidité de l’eau quand Il [Dieu] la fit descendre et la qualifia de pure (« tahûrann ») »

    Le cheminant vers Dieu doit être exempt du comportement de la nature. Il doit veiller à ce que les impuretés et les ténèbres de la nature ne trouvent pas voie vers et dans son cœur, que l’ensemble de ses actes d’adoration soient exempts de l’ensemble des sortes d’associationnisme, apparentes et intérieures.

    A l’exemple de l’eau qui, quand elle descend du ciel, est pure et purifiante, immaculée, le cheminant vers Dieu doit préserver son cœur (qui est descendu pur et limpide du ciel, du m

    onde du Mystère, du monde immatériel), de la mainmise du shaytan et de la nature et l’empêcher de le souiller par les impuretés.

    Après cela, l’Imâm(p) fait allusion à la dernière règle adressée aux gens de la gymnastique spirituelle et du cheminement :

    « Purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de la purification de tous les membres par l’eau. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°10 p35)

    Il(p) évoque deux stations sublimes pour les gens de la connaissance : la piété (dont la perfection consiste à abandonner tout ce qui est autre que Dieu) et la certitude (dont la perfection est la vision et la Présence de l’Aimé).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyya li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 3 (3))

     

    Pendant la purification avec de l’eau, la deuxième règle concerne le comportement de l’homme avec la Création de Dieu, la troisième son comportement avec Dieu et la quatrième concerne le cœur.

     

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    De la purification en général – Des moyens de purification

    Sache que pour l’individu cheminant vers l’accès à la Destination la plus élevée et la station de la Proximité Seigneuriale, il y a, de façon générale, deux chemins.

    Le premier – qui a la primauté et le fondement – consiste à cheminer vers Dieu en s’orientant vers la Station de la Miséricorde absolue, notamment de la Miséricorde très-Miséricordieuse, qui est-elle une Miséricorde qui permet à tout existant d’atteindre sa perfection lui convenant.

    Une ramification de cette Miséricorde très Miséricordieuse et de sa Manifestation est l’envoi des

    Prophètes et des Messagers(p) qui sont les guides des voies, qui prennent les retardataires par leurs mains.

    Même ! La demeure de la réalisation, du point de vue des gens de la connaissance et des détenteurs des cœurs, est la forme de la Miséricorde divine – et les créatures sont en permanence noyées dans la mer de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé, mais n’en tirent pas profit.

    Le Livre divin grandiose – qui est descendu du monde du Mystère divin et de la Proximité seigneuriale et qui, pour notre intérêt, nous les délaissés, et pour notre salut, nous les emprisonnés dans la prison de la natur

    e, les enchaînés dans les chaînes des passions de l’âme et les espoirs, est apparu sous forme de mots et de paroles – est une des plus grandioses manifestations de la Miséricorde divine absolue. Et nous sommes sourds, aveugles, nous n’avons rien profité de lui et nous n’en profitons pas.

    Le Messager, le sceau, le Walî absolu le plus noble – qui vint de la station de la Sainteté Seigneuriale et du Lieu de la Proximité et de l’Intimité divines vers la demeure de l’étrangeté et du dépaysement, et qui fut éprouvé par la fréquentation de gens comme Abu Jahel et de pires que lui – est la Miséricorde étendue et la Générosité divine absolue dont l’avancée vers ce petit cercle était pour la miséricorde des existants et des habitants du monde le plus bas et leur sortie de cette demeure de l’étrangeté et du dépaysement. Le Messager(s) fut comme le pigeon à collier qui se jeta de lui-même dans les filets pour sauver ses compagnons.

    Il est alors nécessaire que le cheminant vers Dieu voie, dans la purification par l’eau de la Miséricorde, une forme pour profiter de la Miséricorde divine descendante. Tant que le profit est facilité, il est nécessaire qu’il le fasse. Et si ses mains en sont coupées à cause d’un manque en soi, ou d’une déficience de sa part, ou du manque d’eau de la Miséricorde, il ne lui reste plus qu’à se tourner (vers la Miséricorde) avec humilité, indigence, pauvreté et manque.

    S’il place l’humiliation de son assujettissement au centre de ses préoccupations, s’il se tourne vers Dieu en se contraignant lui-même, pauvre, humble, en faisant sortir de lui son orgueil, son amour pour lui-même, alors une porte de la Miséricorde s’ouvrira pour lui.

    La terre de la nature se transformera en une terre de Miséricorde. La terre deviendra un moyen de purification et sera apte à recevoir la Miséricorde et la Bonté de Dieu

    Très-Elevé. Et plus son regard sur l’humilité de son âme se renforcera, plus l’homme sera apte à recevoir la Miséricorde. Cela concerne le premier chemin.

    Par contre, si l’homme veut parcourir l’autre chemin, en ne comptant que sur lui-même et sur ses actes, alors il va tout droit à sa perte, parce qu’il est possible qu’il ne soit pas pris par la main. Il est comme l’enfant qui s’enhardit à marcher tout seul, fier, ne comptant que sur lui-même. Un tel enfant ne bénéficiera pas de la bienveillance de son père qui le laissera compter sur lui-même. Par contre s’il hésite ou se sent impuissant à côté de son père bienveillant et qu’il arrête totalement de compter sur lui-même et sur sa force, il sera alors sous la bienveillance de son père qui le prendra par la main. Même ! Il le prendra dans ses bras et le fera marcher de ses pas.

    Il serait même préférable pour une telle personne qui souhaite vraiment le cheminement vers Dieu de « se casser les jambes », de renoncer à compter sur lui-même et sur ses actes, d’annihiler son soi pour devenir sujet de la Providence permanente divine, pour faire circuler l’eau de la Miséricorde en lui, faire que sa langue intérieure appelle la Présence de la Sainteté Seigneuriale, être humble, indigent, nécessiteux. {N’est-ce pas Lui qui répond aux nécessiteux quand il L’invoque et qui dissipe le mal.}. (62/27 La Fourmi)

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeiny(qs) – Maqâlat 2 – Chap 4)

     

    Le meilleur chemin vers Dieu est de s’orienter vers la Station de la Miséricorde absolue qui se manifeste à nous par le Coran et le Messager de Dieu(s).

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des règles du cœur pour les petites ablutions

    Il est rapporté de l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Les petites ablutions ont été prescrites pour que le serviteur/adorateur soit pur quand il se dresse devant le Tout-Puissant et qu’il s’entretient de façon intime avec Lui, Lui obéissant dans ce qu’Il a ordonné, purifié des souillures et des impuretés, avec le retrait de la paresse, l’expulsion du sommeil et la purification du cœur pour se dresser devant le Tout-Puissant..

    Elles sont obligatoires pour le visage, les deux mains (les avant-bras), la tête et les deux pieds parce que le serviteur/adorateur se dresse devant le Tout-Puissant.

    Il met alors ses membres à découvert et fait apparaître le lieu où les petites ablutions sont obligatoires. Car c’est avec son visage qu’il se prosterne et s’abaisse, avec sa main qu’il demande, désire, craint et se voue (à Dieu), avec sa tête qu’il se tourne vers Lui dans son inclination et sa prosternation, et avec ses jambes qu’il se lève et s’assoit… »

    (in ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p256 Bâb 182)

    Dans le premier paragraphe de ce hadith, l’Imâm(p) met en évidence un point essentiel concernant les petites ablutions : pour la station en Présence de Dieu Tout-Puissant et pour les entretiens intimes avec Celui qui satisfait les besoins, il y a des règles de conduite qui doivent être respectées. Non seulement il ne faut pas se présenter devant une telle Présence avec les impuretés formelles, les saletés, la paresse de l’œil apparent [le sommeil], mais aussi avec celles du cœur. Il ne faut pas que le cœur soit encrassé ni éprouvé par des souillures morales (qui sont-elles le fondement de l’ensemble des impuretés).

    D’autant qu’il est dit dans un propos rapporté :

    « Dieu Très-Elevé ne regarde pas vos formes, mais regarde vos coeurs ». Et ce avec quoi l’homme se tourne vers Dieu Très-Elevé et qui convient avec les mondes créés pour regarder l’Arrogance de la Grandeur et de la Majesté, est le cœur et non pas les autres membres ou organes qui n’ont eux aucune chance ni visée de cela.

    Puis l’Imâm(p) indique qu’il y a pour les petites ablutions une profondeur par laquelle se réalise la purification de l’intérieur et il(p) met en évidence le lien entre l’apparent et la profondeur, le manifeste et le mystère : la purification (formelle) de l’apparent et les petites ablutions formelles relèvent des actes d’adoration et d’obéissance, et de ce point de vue la purification apparente implique celle du cœur.

    En résumé, lorsque le cheminant vers Dieu fait ses petites ablutions, il doit faire attention au fait qu’il se tourne vers la Sainte Présence du Superbe. Il doit retrousser les manches de sa détermination pour changer ces états de cœur qui ne conviennent pas à la Présence, même ! qui le chassent de la Puissance Seigneuriale, jusqu’à ce que la purification apparente circule vers l’intérieur. Il purifie son cœur (qui est la source du Regard de Dieu, même ! la demeure de la

    Présence de la Sainteté) de ce qui est autre que la Vérité ; il chasse de sa tête l’arrogance et l’amour pour l’âme, qui est le fondement des fondements des impuretés, pour convenir à la sainte Station.

    Dans le second paragraphe de son propos, l’Imâm ar-Ridâ(p) met en évidence la particularité des membres désignés pour les petites ablutions : dans la mesure où ces membres ont un rapport avec la soumission/ assujettissement à Dieu Très-Elevé et que cette dernière se manifeste par ces membres, ils doivent être purifiés : dans la mesure où l’endroit où se manifeste la soumission/ assujettissement dans la Présence de Dieu (qu’Il soit Béni) doit être pur, les organes et les membres apparents (qui ont certes une part déficiente de ces significations, mais qui en sont la manifestation) ne conviennent pas à cette Station sans purification.

    Ainsi, bien que la soumission ne soit pas une des qualités du visage en vérité, et que la demande, le désir, la crainte, le dévouement [à Dieu] et la réception ne concernent pas ces organes sensibles, ces derniers doivent être purifiés.

    Il en est de même pour le cœur qui est l’endroit véritable de la soumission/assujettissement et le centre réel pour ces significations. Sa purification est obligatoire. Sans la purification du cœur, les membres formels ne se purifieront jamais, même s’ils le sont par sept mers, et ils ne conviennent pas à cette Station.

    Même ! le shaytan y interfère et l’individu se trouve chassé de la Présence de la Puissance !

    d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (1)

     

    En faisant ses petites ablutions, faire attention au fait qu’on se tourne vers la Sainte Présence.

    Purifier ses membres, en vue de purifier son cœur, indispensable à la purification des membres.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Du secret des petites ablutions (1)

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des ablutions

    Le premier hadith se rapporte sur les causes des petites ablutions :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et l’interrogèrent sur des points, notamment sur celui-ci : « Informe-nous, ô Mohammed ! Pour quelle raison, ces quatre membres doivent être purifiés par les petites ablutions alors qu’ils sont les parties les plus propres du corps ? » Le Prophète leur répondit :

    « Quand le shaytân insinua à Adam de s’approcher de l’arbre, il le [l’arbre] regarda et l’eau de son visage s’en alla. Il se leva alors et marcha vers l’arbre. Ce fut le premier pas vers la faute. Ensuite, il prit un fruit de l’arbre de sa main et le mangea. La parure et les ornements s’envolèrent de son corps. Adam posa alors sa main sur le haut de sa tête et se mit à pleurer.

    Quand il se repentit et retourna à Dieu, Dieu lui imposa, ainsi qu’à sa descendance, de purifier ces quatre membres.

    Ainsi, Dieu Tout-Puissant lui ordonna de se laver le visage pour avoir regardé l’arbre ; Il lui ordonna de laver les deux mains jusqu’aux coudes pour avoir pris [le fruit de l’arbre interdit] de ses deux mains ; Il lui ordonna de passer [la main mouillée] sur sa tête pour avoir posé sa main sur le haut de la tête et Il lui ordonna de passer [la main mouillée] sur ses pieds pour avoir marché avec ses deux pieds vers la faute. » (cf.‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p280 Bâb 191)

     

    Le second hadith est rapporté par l’Imâm Hassan(p) fils de ‘Alî(p) fils d’Abû Tâleb et porte sur les causes du jeûne de 30 jours :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et lui demandèrent de les informer sur certains points, notamment sur celui-ci : « Pour quelle raison, Dieu Tout-Puissant imposa à ta nation le jeûne durant le jour pendant trente jours alors qu’Il avait imposé aux nations précédentes plus que cela ? »

    Le Prophète(s) leur répondit :

    « Quand Adam mangea de l’arbre, [ce qu’il mangea de l’arbre] resta trente jours dans son ventre. Alors, Dieu Très-Elevé imposa à sa descendance trente jours de faim et de soif. Et ce qu’ils mangent est une bienveillance de Dieu Très-Elevé pour eux. »

    (cf.‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.2 p378 Bâb 109)

    Dans ces deux hadiths, l’un parlant du secret des ablutions et l’autre de celui du jeûne de 30 jours pour les Musulmans, il est fait allusion à la faute d’Adam et à ses reflets [à ses conséquences] à divers niveaux.

    Les gnostiques et les détenteurs de cœur en déduisent plusieurs points dont :

    1La faute d’Adam(p) n’était pas une faute dans le sens [de se tourner vers] autre que Lui [Dieu] [ou d’un péché comme nous l’entendons pour nous-mêmes].

    Pour les gnostiques et les détenteurs de cœur elle était sans doute une faute « naturelle » ou une faute du fait de se tourner vers la multitude qui est, elle, l’arbre de la « nature », ou une faute du fait de se tourner vers la multitude nominale [des Noms de Dieu] après l’attirance de l’anéantissement essentiel.

    Mais, une telle faute n’était pas attendue de la part de quelqu’un comme le Prophète Adam(p) qui était un pur Elu de Dieu, spécifié pour la Proximité et l’anéantissement essentiel. C’est pourquoi l’Essence Sainte l’a fait connaître publiquement, conformément à la « jalousie » amoureuse, et divulgua son péché et son égarement dans l’ensemble des mondes par la bouche de l’ensemble des Prophètes(p). Dieu Très-Elevé dit : {et Adam a désobéi à son Seigneur et s’est égaré}(121/20 Taha). Et avec cela, Il a imposé toute cette purification et épuration, nécessaires pour lui ainsi que pour sa descendance qui était cachée dans ses lombes et qui a participé à sa faute.

    Même ! qui a également participé à la faute après la sortie de ses lombes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (2))

     

    Les impuretés des péchés constituent le premier des grands obstacles pour le cheminement vers Dieu. Elles doivent être purifiées par l’eau du repentir sincère, purifiée, purifiante.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des secrets des petites ablutions (2)

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des ablutions

    A la recherche des secrets des petites ablutions, nous avons évoqué la dernière fois deux hadiths où il est fait allusion à la faute d’Adam(p) et nous avons mentionné un premier point que les gnostiques et les détenteurs de cœur en ont déduit. En voici d’autres :

    2Tout comme il y a [différents] niveaux et manifestations pour la faute d’Adam(p) et de ses fils, il y a pour leur purification et leur épuration, leur pureté, leur prière, leur jeûne pour sortir de la faute du père (qui est-elle le fondement), beaucoup de niveaux correspondant aux niveaux de la faute.

    Nous avons vu que le premier niveau de ses manifestations [de la faute d’Adam(p)] était l’orientation vers la multitude des Noms de Dieu et la dernière de ses manifestations, le fait d’avoir mangé de l’arbre interdit.

    Sa forme immatérielle (« malakûtiyyah ») est un arbre avec toutes sortes de produits et de fruits.

    Et sa forme matérielle (« mulkiyyah ») est la nature et ses affaires. L’amour pour ce monde et pour soi-même qui est toujours présent jusqu’à nos jours dans la descendance, est pour celui qui a un penchant pour l’arbre et pour en manger.

    3Tout comme l’ensemble des sortes de péchés formels pour la descendance d’Adam(p) proviennent du fait d’avoir mangé de l’arbre, leur purification en provient également de façon particulière.

    Il en est de même pour l’ensemble des péchés au niveau du cœur : ils proviennent aussi des affaires de cet arbre, de même que leur purification d’une autre façon. Il en est de même pour l’ensemble des péchés au niveau de l’esprit : ils proviennent de cela, ainsi que leur purification à une étape particulière.

    4La purification des membres apparents est l’ombre des purifications du cœur et de l’esprit pour les parfaits et elle en constitue la règle et le moyen pour les gens du cheminement (vers Dieu).

    Tant que l’individu est dans un voile déterminé par les membres et leur purification et qu’il est arrêté à cette limite, il ne fait pas partie des gens du cheminement.

    Il reste dans la faute.

    Mais s’il travaille au niveau des purifications apparentes et intérieures, fait de la purification formelle et superficielle un moyen pour les purifications intérieures, et fait attention, durant l’ensemble des actes d’adoration et des rites, aux parts du cœur et les lui fait parvenir, même ! se préoccupe plus des aspects intérieurs que ceux apparents, sachant qu’ils sont les buts les plus élevés, alors il franchit la porte du cheminement de la voie humaine.

    C’est ce qu’indique le noble hadîth rapporté dans « Misbâh ash-sharî‘ah » que nous avons évoqué précédemment : « Et purifie ton cœur par la piété et la certitude au moment de purifier tes membres avec de l’eau ».

    5L’homme qui chemine vers Dieu doit prendre en premier lieu le cheminement du savoir pour qu’il détermine, grâce aux bénédictions des gens du

    Rappel(p), les niveaux des actes d’adoration et qu’il considère les actes d’adoration formels comme un niveau descendant des actes d’adoration du cœur et de l’esprit.

    Ensuite, il entame le cheminement pratique qui est le cheminement véritable. Et le but de ce cheminement est de vider son âme de tout ce qui est autre que Dieu et de la parer des Manifestations des Noms, des Attributs et de l’Essence de Dieu.

    Si le cheminant atteint cette station, alors son cheminement s’achève. Il reçoit les secrets des rites, des actes d’adoration et les subtilités du cheminement, qui sont les Manifestations de Majesté qui sont les secrets des purifications, et les Manifestations de Beauté, qui sont le but des autres actes d’adoration (et le détail de cela est extérieur à ces feuilles).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 5 (3))

    La purification des membres apparents est l’ombre de celles du cœur et de l’esprit. Le cheminement vers Dieu débute par le savoir pour déterminer les niveaux actes d’adoration puis par la voie pratique à suivre.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Des grandes ablutions (al-ghusl)

    Quelques-unes de leurs règles spirituelles

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration

    – dont la prière – nous avons entamé une seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière et en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification.

    Voici un autre mode de purification : les grandes ablutions qui ont leurs propres règles spirituelles.

    Les gens de la connaissance disent que l’impureté suite aux relations sexuelles (janâbah) est la sortie de la patrie de la soumission/assujettissement à Dieu et l’entrée dans l’étrangeté et la manifestation de la seigneurie et de l’instance de l’égo. La douche des grandes ablutions est la purification de cette impureté et la reconnaissance du manque.

    Certains sheikhs ont évoqué, dans dix chapitres, 150 cas desquels le serviteur cheminant vers Dieu doit se purifier durant les grandes ablutions. La majorité d’entre elles ou toutes reviennent à l’arrogance et l’orgueil de l’âme, à l’amour de/pour l’âme et sa vision.

    Selon l’Imâm al-Khomeynî(qs), l’impureté suite aux relations sexuelles (janâbah) est l’anéantissement (fanâ’) dans la « nature », la négligence de la spiritualité et de l’objectif ultime au profit de la totale suprématie animale et bestiale, et l’entrée dans le plus bas des degrés.

    La douche des grandes ablutions est la purification de cette « faute », la sortie de la règle de la « nature » pour revenir et entrer sous l’Autorité de la Très-Miséricorde et de la « Disposition » divine [de nous] par le lavage de tout l’empire de l’âme qui s’est anéanti dans la nature et qui a été éprouvé par les prétentions du shaytân.

    Et pour la douche (les grandes ablutions) de l’impureté d’« al-janâbah », il y a des règles de conduite du cœur que le cheminant vers Dieu doit suivre.

    Pendant qu’il lave son corps (qui est l’écorce inférieure et qui a la part de ce bas-monde) et qu’il purifie l’apparent, le serviteur cheminant vers Dieu doit s’arrêter et s’orienter vers l’impureté de l’intérieur du cœur et du secret de l’esprit. Il doit voir que le lavage de ces derniers est le plus important.

    Il met alors de côté la suprématie de l’âme bestiale avec sa dimension animale au profit de l’âme très-miséricordieuse et sa dimension très-miséricordieuse.

    Il se repent de l’impureté du shaytân et de ses prétentions, et revient [à Dieu], purifie le fond de l’esprit (souffle divin insufflé d’un Souffle Miséricordieux) des parts du

    shaytân (c’est-à-dire l’orientation vers autre que Dieu – qui est l’origine de l’arbre interdit) pour être apte, par cette purification, à entrer dans le Paradis de son père Adam(p).

    C’est que manger de l’arbre de la nature, faire bon accueil à ce monde et s’orienter vers la multitude sont le fondement des fondements de l’impureté d’« al-janâbah ».

    Aussi, celui qui ne se purifie pas de cette impureté d’« al-janâbah » en se plongeant dans l’eau de la Miséricorde de Dieu Très-Elevé ou ne se purifie pas totalement avec cette eau qui coule de la source de l’Arche tout-Miséricordieuse, pure de tout ingérence diabolique, ne convient pas à la prière qui est, elle, la réalité de l’Ascension et de la Proximité. Et il n’y a pas de prière sans purification.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 6 (1))

    Pendant la douche (les grandes ablutions) après l’impureté de «Janâbah», mettre de côté l’âme bestiale au profit de l’âme miséricordieuse, se purifier du

    shaytân et de toute orientation vers autre que Dieu.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Du secret des grandes ablutions

    En corrélation : deux hadiths relatifs aux secrets des grandes ablutions

    Il est évoqué dans un noble propos prophétique :

    « Un groupe de juifs se rendirent chez le Messager de Dieu(s) et l’interrogèrent sur des points, notamment sur celui-ci : « Pour quelle chose, Dieu Très-Elevé, a ordonné de se laver (de la douche) de l’impureté suite aux relations sexuelles et n’a pas ordonné de se laver (de la douche) des selles et de l’urine ? » Le Messager de Dieu(s) répondit :

    « Lorsqu’Adam mangea de l’arbre, [ce qu’il a mangé] fondit dans ses veines, ses poils/ cheveux, sa peau. Aussi, quand l’homme a des rapports sexuels avec sa femme, l’eau sort de chacune de ses veines, de chaque poil de son corps. Dieu Tout-Puissant a alors ordonné à sa descendance de se laver de l’impureté suite aux rapports sexuels jusqu’au Jour du Jugement. » (cf. ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p292 Bâb 195)

    Et dans un autre propos rapporté de l’Imâm ar-Ridâ(p), il est dit :

    « Ils ont reçu l’ordre de se laver (de la douche) de l’impureté suite aux rapports sexuels et ils n’ont pas reçu l’ordre de se laver (de la douche) après la sortie des excréments alors qu’elles sont plus impures et plus sales que l’impureté suite aux rapports sexuels. Et cela parce que l’impureté suite aux rapports sexuels vient de l’individu-même et qu’elle est quelque chose qui sort de l’ensemble du corps alors que les excréments ne proviennent pas de l’individu-même mais des nourritures qui entrent par une porte et qui sortent par une autre. » (cf. ‘Illal ash-Shirâ’i de Sheikh Sadûq vol.1 p258 Bâb 182 H9)

    Pour les « gens de l’apparence », la sortie d’une goutte de sperme (de l’ensemble) du corps oblige de laver tout le corps, et cela est en conformité avec l’avis d’un groupe de médecins et de savants en sciences naturelles.

    Mais le fait que, selon l’apparence, le Prophète(p) donne, dans le premier hadith, comme cause à la nécessité des grandes ablutions, le fait d’avoir mangé de l’arbre et que, dans le second, il lie l’impureté suite aux relations sexuelles à la personne-même (l’âme), ouvre une voie vers des connaissances pour les gens de la connaissance et donne des indications.

    En effet la question de l’arbre et le fait qu’Adam en a mangé font partie des secrets des sciences du Coran et des Gens de la Maison de l’Infaillibilité et de la Pureté(p) (où beaucoup de connaissances sont symbolisées). Ils(p) ont fait de la question d’Adam et du fait d’avoir mangé de l’arbre, une cause pour légiférer beaucoup d’actes d’adoration, comme les petites ablutions, la prière, les grandes ablutions, le jeûne du mois de Ramadan et sa durée de trente jours et beaucoup des rites du Hajj.

    En résumé, toi, ô fils d’Adam, tu as été rendu une semence pour la Rencontre, tu as été créé pour la Connaissance et Dieu Très-Elevé t’a choisi pour Lui-même. Il t’a façonné des Mains de Sa Beauté et de Sa Majesté, Il t’a rendu sujet de la prosternation des Anges et objet d’envie/jalousie d’Iblis. Si tu veux sortir de l’impureté suite aux relations sexuelles de ton père qui est lui ton principe, convenir à la Rencontre de la Présence de l’Aimé et recevoir la disposition d’atteindre la Station de l’Intimité et la Présence du Saint, tu dois laver l’intérieur de ton cœur avec l’eau de la Miséricorde de Dieu, te repentir de l’ouverture à ce monde qui est lui la manifestation de l’arbre interdit, nettoyer ton cœur (qui est le lieu des beaux aspects et de la Beauté Majestueuse) de l’amour pour ce monde et ses affaires viles (qui sont eux la souillure du shaytân). Car le jardin de la Rencontre de Dieu Très-Elevé est l’endroit des Purs et n’entre au Paradis que le bon.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 6 (2))

    La question d’Adam et le fait d’avoir mangé de l’arbre de la multitude : une cause pour la législation de beaucoup d’actes d’adoration, pour revenir à Dieu, purifié de toutes les impuretés.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (1)

    Comme nous l’avons vu précédemment, l’élimination de l’incidence (l’impureté nécessitant les petites ablutions pour s’en purifier) se réalise dans la sortie de l’égo (et de l’égoïsme) hors de l’âme et dans l’anéantissement [en Dieu].

    Même ! elle est la sortie de la maison de l’âme, de façon totale ! Tant qu’il y a des restes de lui-même (de son âme), le serviteur est impur de la plus grande impureté et celui qui adore et qui est adoré en lui n’est autre que le shaytân et lui-même.

    Si les demeures du cheminement des « gens de la méthode et du cheminement » ont pour but d’arriver aux Stations et de gravir les échelons et les degrés de l’ascension, elles ne sont pas extérieures aux agissements de l’âme et du shaytân.

    Le cheminement et la conduite morale sont défectueux : cette conduite tourne au sein des demeures de l’âme et le cheminement a lieu à l’intérieur de la maison de l’âme. Un tel cheminant n’est pas un voyageur [vers Dieu] ni un pèlerin. Il n’est pas un émigrant vers Dieu et Son Messager, il ne s’est pas purifié de l’impureté la plus grande qui est l’esclave en soi.

    Par contre, s’il s’est totalement purifié de cette impureté, celui qui adore et qui est Adoré est Dieu Très-Elevé, il atteindra le résultat d’être proche des « gratifications » : c’est-à-dire : « J’étais son ouïe, sa vue.. » C’est pourquoi, de ce point de vue, il faut laver le corps en entier au moment de la purification de l’impureté la plus grande. Parce que tant que l’œil du serviteur (lui-même) est resté d’une certaine façon, l’impureté n’a pas été totalement éliminée. Au-dessous de chaque poil, il y a une impureté (suite aux rapports sexuels).

    La purification de l’impureté est la purification de l’adventicité et un anéantissement dans la mer de l’éternité. Sa perfection est la sortie de la multitude nominale [des Noms de Dieu] qui est-elle l’intérieur/le fond de l’arbre. Il sort ainsi (de cette sortie) de la faute d’Adam en vigueur, alors qu’il était le principe de la progéniture.

    L’incidence fait partie des impuretés morales et sa purification fait aussi partie des choses des mystères intérieurs (ésotériques) et la purification est lumière. La petite ablution (al-wudu’) est une lumière limitée et la grande ablution, lumière absolue. Certes, la petite ablution est plus pure que la grande ablution mais la valeur ne réside pas dans le fait d’enlever les souillures et les impuretés apparentes car cela est un nettoyage formel, une purification apparente.

    La règle de conduite au niveau du cœur est que le cheminant qui veut se présenter dans la Présence de Dieu, ne peut pas frapper à la porte de la Présence de Dieu, souillé de la souillure du shaytân. Celui qui n’a pas réalisé sa sortie des « mères » des vices moraux (qui sont eux le principe de la corruption de la « ville des vertus » humaines et l’origine des fautes apparentes et intérieures) ne trouvera jamais une voie vers le But visé ni aucun chemin vers le terme visé.

    Comment nous est-il possible, à nous qui sommes loin, derrière la caravane du Monde des

    Mystères (des Secrets), nous qui sommes les chus dans le puits profond de la « nature », les renvoyés au plus bas des degrés inférieurs, de convenir à la

    Présence de la Sainteté, de côtoyer les spirituels et d’accompagner les proches, en étant affublés des aptitudes abjectes du shaytân ?!

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (1))

    L’élimination des impuretés intérieures signifie la sortie totale de l’«ego» et l’anéantissement en Dieu. Sinon l’Adoré n’est pas Dieu mais soi-même ou le shaytân. Comment se présenter à Dieu ainsi ?

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (2) – l’exemple du shaytân

    Pour mieux comprendre les secrets des « grandes ablutions », nous allons prendre l’exemple du shaytân et en tirer des leçons.

    l Le shaytân était proche du Monde de la Sainteté et faisait même partie « des Anges proches » (les « chérubins », les Proches Elus auprès de Dieu). Et il s’est pourtant trouvé à la fin, éloigné de la Station des Proches à cause d’une mauvaise aptitude et il a été banni selon un rappel : {Sors de là car tu es banni} (34/15 al-Hijr). Pourquoi ?

    Malgré ses milliers d’années d’adoration de Dieu à côté des Anges les plus proches de Dieu, il se vit lui-même quand Dieu leur demanda de s’agenouiller devant Adam. Il vit sa [nature originelle] de feu et déclara alors : {Je suis meilleur que lui}(12/7 al-‘Arâf ).

    Cette satisfaction de soi-même devint une cause pour l’adoration de soi-même, pour l’orgueil et pour l’humiliation et le mépris d’Adam.

    {Tu l’as créé d’argile}(12/7 al-‘Arâf ) continua-t-il, faisant ainsi une fausse comparaison. Au lieu de voir le bon côté d’Adam et la perfection de sa spiritualité, il vit son apparence, sa station au niveau de l’argile et de la terre. Il se vit lui-même au niveau de la station du feu, négligeant [les dangers de] l’associationnisme, l’amour de/pour l’âme et sa vision.

    Cet amour de/pour l’âme devint un voile l’empêchant de voir sa déficience et ses défauts.

    Cette vision et cet amour pour lui-même devinrent une cause pour l’adoration de lui-même, l’orgueil, l’étalage, l’ostentation et pour l’indépendance [de Dieu] au niveau de son avis et de l’accomplissement de péchés. Ils l’éloignèrent de l’ascension (vers Dieu) et l’entrainèrent vers le dédale de la « nature » obscure.

    l Aussi, le cheminant vers Dieu doit-il purifier son âme des « mères » (origines) des vices et des impuretés intérieures sataniques au moment de se purifier des impuretés apparentes ; il doit laver la « ville des vertus » avec de l’eau de la Miséricorde de Dieu et la « gymnastique » morale de la législation ; il doit rendre limpide son cœur qui est le lieu de la Manifestation de Dieu ; il doit retirer les sandales de l’amour pour la renommée et les honneurs pour convenir à l’accès dans la « vallée sainte du côté droit » et être réceptif à la Manifestation du Seigneur.

    Celui qui n’arrive pas à se purifier des impuretés des « grandes incidences »(1), ne peut se purifier des impuretés des « petites incidences »(1) parce que la purification de l’apparence est préliminaire à la purification de l’intérieur. Celui qui n’atteint pas la piété totale en ce monde ici-bas matériel selon le modèle de la législation pure n’atteindra pas la piété au niveau du cœur. Et celui qui n’atteint pas la piété au niveau du cœur par rapport aux choses que nous avons évoquées, n’atteindra jamais la piété spirituelle, secrète, véritable.

    L’ensemble des niveaux de la piété sont préliminaires à ce niveau qui est d’abandonner tout ce qui est autre que Dieu. Tant qu’il reste de l’égoïsme dans le cheminant, Dieu ne se manifestera jamais au niveau de son secret.

    Oui ! Sans doute, le cheminant peut recevoir conformément à la primauté de la Miséricorde et de la Suprématie du Côté divin, de l’Assistance des mystères, et brûler par le Tison divin ce qui reste de l’égoïsme, s’il en reste. Peut-être que la façon dont Dieu se manifesta à la montagne, la mettant en pièces et à Moussa qu’Il foudroya est une indication de cela. Et cette différence est également présente entre le cheminant attiré et l’attiré cheminant.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap 7 (2))

     

    La purification des impuretés des grandes incidences est préliminaire à celle des petites incidences parce qu’elles révèlent l’attachement à ce monde et à son ego dans l’âme dont il faut se débarrasser.

    (1)Les « grandes incidences » nécessitent les « grandes ablutions » (la douche) pour s’en purifier, alors que les « petites incidences » nécessitent les « petites ablutions » pour s’en purifier.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (3) – éviter tout excès

    Un autre secret des « grandes ablutions » : celui d’éviter les excès dans la compréhension du rôle des rites et des actes d’adoration formels dans le cheminement vers Dieu.

    Les gens de la Vérité attirent l’attention sur un point éducatif important et l’ignorer est une source de beaucoup d’égarements, de fourvoiement et de défaillance dans le parcours de la Voie de la Vérité.

    Aussi celui qui recherche Dieu ne doit pas l’ignorer ni le négliger : le cheminant, celui qui recherche la Vérité, doit se dédouaner des excès (dans un sens ou dans un autre) qui existent chez certains soufistes ignorants et chez certaines gens de l’apparence insouciantes, pour pouvoir cheminer vers Dieu.

    Certains soufistes pensent que le savoir et l’acte apparents, formels sont un « bourrage » réservé aux ignorants et aux gens communs. [Ils pensent que] ceux qui font partie des gens du secret, de la vérité, les détenteurs des cœurs n’ont pas besoin de tels actes. Ces actes formels ne seraient qu’en vue d’atteindre les Vérités au niveau du cœur et d’arriver au But. Une fois le But atteint, s’occuper de ces préliminaires provoquerait un éloignement, s’occuper des multitudes constituerait un voile !

    A l’opposé, un autre groupe tomba dans l’excès inverse. Il nia l’ensemble des niveaux moraux et des secrets divins. A l’exception de la présence de l’apparence, de la forme et de l’écorce, ils nièrent toute autre chose, les considérant comme des chimères, des illusions..

    Les controverses, les disputes et les querelles n’en finirent pas entre eux, chacun accusant l’autre d’être en contradiction avec la législation.

    Alors que la ligne droite est la limite de la pondération.

    Les rites et les actes d’adoration formels n’ont pas uniquement pour but d’atteindre les aptitudes spirituelles complètes et les vérités du cœur. Elles en sont un de leurs fruits.

    Et pour les gens de la connaissance et les détenteurs des cœurs, l’ensemble des actes d’adoration sont des « voyages secrets » (le frayement) des connaissances divines de la profondeur vers l’apparent, du secret vers ce qui est public.

    Comme l’Attribut de la Miséricorde la toute-Miséricordieuse, même ! la très-Miséricordieuse, est étendu à l’ensemble des mondes créés humains au niveau du cœur et de l’extérieur, il y a pour chaque niveau une chance des bienfaits divins synthétiques, et pour chacun d’entre eux une chance et une part de la louange à Dieu, du remerciement des Bienfaits tout-miséricordieux, très-miséricordieux à l’Etre Nécessaire Absolu [Dieu].

    Mais tant que l’âme a une part de la création formelle de ce monde ici-bas et qu’elle a une part de la vie du monde matériel (al-mulk), elle n’a pas entièrement plié le tapis de la multitude et les parts « naturelles » n’ont pas disparu.

    Le cœur du cheminant vers Dieu ne doit pas être occupé par autre chose que Dieu. Il en est de même pour sa poitrine, son imagination et le monde de la « nature » en lui ; ils ne doivent pas être épuisés pour autre chose que Dieu jusqu’à ce que l’Unicité et la Sainteté soient bien ancrées dans l’ensemble des mondes créés.

    Si l’attraction spirituelle dans le monde de la « nature » provient d’autres [choses] que de l’adoration et de l’humilité devant Dieu, c’est qu’il y a dans l’âme des restes de l’égoïsme. C’est-à-dire, le parcours du cheminant n’a pas lieu vers Dieu mais est resté dans la maison de l’âme. Alors que le but du cheminement des gens de Dieu est que la « nature » et le monde du corps soient teintés de la Teinture de Dieu.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Chap7 (3))

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (4) – la synthèse de l’intérieur et de l’extérieur

    Voici un noble hadith de Dieu Très-Elevé (que Son Importance soit exaltée !) :

    « Je suis Dieu ! Je suis la Toute-Miséricorde ! J’ai créé la matrice (ar-rahem) et J’ai fendu pour elle

    Un de Mes Noms. Aussi Je Me lie à celui qui se lie à elle et Je Me coupe de celui qui se coupe d’elle. »

    Il s’agit ici de la coupure de la « nature » qui est-elle la « mère des esprits » coupée de sa patrie originale et son « lien » est son éducation et son rapatriement à la patrie de la servitude/assujettissement. Et dans le hadith de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Prenez bien soin de votre tante paternelle, le palmier-dattier car il a été créé de l’argile d’Adam. »

    Ce hadith indique cette Très-Miséricorde que nous avons évoquée précédemment.

    En résumé, vouloir extraire le royaume de l’apparence de la patrie de la soumission/ assujettissement et les envoyer à leurs Messagers sont le summum de l’ignorance des stations des gens de la connaissance et fait partie des insinuations du shaytân banni.. car il empêche à chaque partie l’accès à Dieu Très-Elevé d’une façon particulière.

    De même nier les stations et obstruer la voie des connaissances qui sont la prunelle des yeux des

    Proches-Elus de Dieu, limiter les législations divines à l’apparence qui est, elle, la part de ce monde, le monde de l’âme et la station de son animalité pour les actes d’adoration qui impliquent la purification du secret, la vivification du cœur et l’élévation du for intérieur, sont le summum de l’ignorance et de la négligence.

    Les deux parties sont loin de la voie du bonheur, de la voie droite de l’être humain et chassées des stations des gens de la connaissance.

    Le connaisseur de Dieu, le savant des Stations doit tenir compte de l’ensemble des droits intérieurs et apparents et faire parvenir à tout détenteur d’un droit son droit.

    Il doit se purifier lui-même de l’exagération, du manque, des excès dans un sens ou dans un autre.

    Il doit faire disparaître de lui-même :

    – l’impureté de nier la forme de la législation qui est en vérité une détermination

    – et la souillure de nier la dimension ésotérique de la législation, qui est une restriction (ces deux excès dans un sens ou dans un autre étant des insinuations du shaytân et des souillures de ce maudit) pour que la voie du parcours vers Dieu lui soit facilitée ainsi que l’accès aux stations morales.

    Et faire disparaître les laideurs des illusions corrompues, qui empêchent la proximité vers Dieu et l’ascension des croyants, constitue l’un des niveaux de la disparition de la souillure.

    Car, parmi les sens synthétiques de la dernière prophétie et de ses stations, même !, parmi les preuves qu’elle soit la dernière, il y a :

    – le fait qu’il a été donné à l’âme, dans l’ensemble de ses stations, l’ensemble de ses droits et de ses parts de l’ensemble des affaires de la législation,

    – et celui que, dans la connaissance des affaires de la Seigneurie (que Sa grandeur se manifeste !), Dieu (qu’Il soit Glorifié !) est connu dans l’élévation la plus élevée et dans l’abaissement/la proximité la plus basse/la plus proche par la Station de la Synthèse.

    Il (qu’Il soit Glorifié !) dit : {Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Profond} (3/57 Le Fer). Et {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre..}(35/24 La Lumière)

    De même, Il a fait circuler l’Unicité pratique au niveau du cœur jusqu’au dernier niveau de l’horizon de la nature et du monde des corps et aucune existence n’est privée de la part de connaître Dieu.

    En résumé, ces gens soufistes psalmodient la « sagesse de ‘Issa » sans s’en rendre compte, et ces gens de l’apparence parlent de la « sagesse de Moussa », alors que ceux qui se réfèrent à Mohammed, s’innocentent des deux tendances par la voie des restrictions (taqyîd).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (4))

    Le connaisseur de Dieu doit tenir compte de l’ensemble des droits intérieurs et apparents et faire parvenir à tout détenteur d’un droit son droit. Il doit se purifier de la négation de la forme de la législation et de sa dimension ésotérique.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires à la prière

    Quelques règles de conduite intérieures pour retirer les impuretés (5) – relation des règles spirituelles et les lieux d’aisance

    D’après l’Imâm as-Sâdeq(p), Misbâh ash-Sharî‘at (« Flambeau de la législation ») :

    « Les lieux d’aisance (Mustarâh = « Endroit de repos, de soulagement ») est appelé ainsi à cause du soulagement des âmes du poids des impuretés et de l’évacuation des opacités et des impuretés présentes en elles. Pendant qu’il est dans les lieux d’aisance, le croyant considère que celui qui se débarrasse des vanités de ce monde, aura une fin analogue. Alors, il va être soulagé par l’éloignement et l’abandon de ce monde. Il vide son âme et son cœur des préoccupations de ce monde, et s’abstient de chercher à rassembler et à prendre [des choses] de ce monde, comme il se débarrasse des impuretés, des selles, des souillures. Il pense à son âme, comment elle est parfois noble et comment elle peut parfois être misérable. Il sait qu’en s’accrochant au contentement du peu et à la piété, il bénéficiera du repos des deux demeures. Il sait que le repos se trouve dans le mépris de ce monde, dans le refus de chercher à y prendre du plaisir, dans l’élimination de la souillure [de l’accomplissement] des interdits et des choses confuses. Il se ferme à lui-même la porte de l’orgueil après la connaissance de cela. Il fuit les péchés et s’ouvre la porte de l’humilité, du regret, de la pudeur. Il s’efforce d’accomplir les ordres et d’éviter les interdits, demandant le retour et la bonne proximité. Il enferme son âme dans la prison de la peur, de la patience, de l’abstention des passions/ instincts jusqu’à atteindre la Sécurité de Dieu, dans la demeure de la Permanence et goûter à la nourriture de Sa Satisfaction. Le soutien est cela et il n’y a rien en dehors de cela. »

     

    Dans cet hadith, il y a une règle synthétique importante pour les gens de la connaissance et de la [bonne] conduite : l’homme lucide, cheminant vers la Demeure de l’Au-delà, doit percevoir dans chacun des états ses parts spirituelles et ne pas négliger de se rappeler Son Retour. C’est pourquoi les sages disent :

    « Le Prophète est au service du Décret comme le médecin est au service du corps. » En effet, les Prophètes les plus grandioses(p) et les nobles Proches-Elus(p), dans la mesure où ils ne voient que le Décret divin, qu’ils ne regardent que vers le « Côté » divin et que ce qui décide dans leurs cœurs est le monde immatériel du Décret divin, (ils) voient le cours de l’ensemble des choses entre les mains des Anges de Dieu qui sont les Soldats de Dieu. Le médecin naturel, quant à lui, dans la mesure où il est loin de cette étape, éloigné de cette vallée, rapporte le cours des choses « naturelles » aux forces naturelles.

    En résumé, l’individu cheminant doit avoir accès aux parts de son cheminement dans l’ensemble des états et dans chaque chose. Alors, quand il voit que les choses de ce monde sont vaines et que tous les plaisirs du monde matériel sont éphémères et changeants, aboutissant à la corruption et au déclin, son cœur s’en écarte facilement et son cœur se vide de toute préoccupation de ces choses et les évacue comme il évacue les souillures.

    La profondeur du monde de la nature n’est que souillure et les expressions « impureté

    » et « saletés » dans la vision (qui est une porte de la révélation) renvoie à ce monde (dunia) et à l’argent. Et selon les révélations de l’Imâm ‘Alî(p), le monde ici-bas est une « charogne », un « cadavre ».

    Ainsi, comme le croyant vide son âme des excréments naturels, il soulage son cœur de l’attachement et de l’occupation de ce monde et retire de son cœur le poids de l’amour pour ce monde. Il réfléchit sur comment le fait de s’occuper de ce monde est une humiliation de l’âme après des heures et une contrainte au pire des états et aux plus scandaleux.

    De même, l’occupation du cœur par ce monde, après que fut soulevé le voile du monde matériel naturel, humilie l’homme et l’éprouve par les Comptes et les Châtiments. Alors, il sait que le fait de s’accrocher à la piété et au contentement du peu est obligatoire pour le repos des deux demeures ; que le repos se trouve dans le mépris et l’anéantissement de ce monde ici-bas. C’est pourquoi il ne se réjouit pas de ce monde. Et comme il se purifie des impuretés, le croyant se purifie (son âme) des impuretés des interdits et des confusions et suit les consignes données par l’Imâm as-Sâdeq(p) dans le hadith cité plus haut jusqu’à rejoindre Dieu dans la demeure de la Permanence et dans l’Ombre de Sa Sainte Essence, goûter dans cet état à la nourriture de la Satisfaction de Dieu Très-Elevé. Ultime espoir des gens de la conduite et il n’y a rien en dehors de cela..

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Chap 7 (5))

    L’homme lucide, cheminant vers la Demeure de l’Au-delà, doit percevoir dans chacun des états (même matériels), ses parts spirituelles et ne pas négliger de se rappeler son Retour.

    • -B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    1-Les 3 principaux niveaux du développement de l’âme humain

    Après avoir présenté les règles concernant l’ensemble des actes d’adoration, nous avons entamé la seconde partie (« Maqâlat »), concernant les préliminaires de la prière avec en premier lieu (« Maqsad ») les règles de la purification. Et maintenant, en second lieu, nous allons aborder la question des vêtements.

    L’âme humaine parlante est une réalité qui a plusieurs développements (nasha’ât) dans l’unité en soi et dans la simplicité parfaite. De façon générale, ses parties principales sont au nombre de trois :

    1-le développement de ce monde ici-bas [matériel] apparent (an-nasha’at al-mulkiyah ad-dunyawiyah) où elle se manifeste par les sens apparents et son écorce inférieure est le corps de ce monde [matériel] ;

    2-le développement intermédiaire [formel] (annasha’at al-barzakhiyah) où elle se manifeste par les sens intérieurs, le corps « intermédiaire » et les moules des formes premières (mithâl) ;

    3-le développement caché [formel] intérieur (annasha’at al-ghaybiyah) où sa manifestation est le cœur et les affaires du cœur.

    Le rapport entre tous ces niveaux est de l’ordre de l’apparence et de l’intérieur, du manifestant et du manifesté. De ce point de vue, les effets, les particularités, les réactions circulent d’un niveau à un autre.

    ► Par exemple, la vision de quelque chose [par les yeux] provoque des effets au niveau de la vision « intermédiaire » correspondant à ce monde, qui, à leur tour, provoquent des effets au niveau de la vision intérieure, au niveau du cœur correspondant à ce monde. Et de même, les effets au niveau du cœur apparaissent dans les deux autres développements.

    C’est pourquoi l’ensemble des règles de conduite formelles, légales [de la législation divine], ont un effet, même des effets, dans le for intérieur.

    Ainsi, toute belle morale (qui relève du monde intermédiaire de l’âme) a des effets au niveau de l’apparent et de l’intérieur ; il en est de même pour toute connaissance divine et croyance juste qui a des effets dans les deux mondes intermédiaire et apparent.

    ► Par exemple, le fait de croire que Celui qui agit dans la royauté de l’existence et dans les mondes du caché (al-ghayb) et du manifeste, est Dieu (qu’Il soit Exalté) et qu’il n’y a d’agissement pour les autres qu’avec l’autorisation [de Dieu] et dans [Son] Ombre, entraine beaucoup de perfections au niveau de l’âme et de la morale humaine vertueuse, comme le fait de compter sur Dieu, de s’appuyer sur Lui, et de se couper de toute avidité de ce qu’il y a chez les créatures (le créé) (ce qui est la mère des perfections) ; il implique beaucoup d’actes vertueux et de bons actes, ainsi que l’abandon de beaucoup de laideurs.

    Il en est ainsi de même pour l’ensemble des connaissances dont l’énumération ainsi que celle de ses effets dépassent les limites de ces pages et les capacités de la plume cassée de l’écrivain. (…)

    ► Par exemple, le trait de caractère de la satisfaction (ar-ridâ), qui fait partie de la morale humaine de perfection. Il a beaucoup d’effets au niveau de la purification de l’âme. Par elle, le cœur devient une source pour les manifestations particulières de Dieu et amène la foi à sa perfection, la perfection de la foi à l’assurance/tranquillité, l’assurance/tranquillité à sa perfection, la perfection de l’assurance/tranquillité à la vision, la vision à sa perfection, la perfection de la vision à l’amour ardent, l’amour ardent à sa perfection, la perfection de l’amour ardent au désir, le désir à sa perfection, la perfection du désir à l’union, l’union à sa perfection et il [ce trait de caractère] s’élève ainsi à un niveau que mon imagination et ton imagination ne peuvent concevoir. Il a une influence étrange dans le monde du corps, des traces et des actes formels qui sont les branches et les feuilles de cet arbre. L’ouïe, la vue et l’ensemble des forces et des membres deviennent alors divins, et alors apparait le secret de « Je suis Son Ouïe et Sa Vue. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (1))

     

    Toute âme humaine a trois principaux niveaux de développement qui ont un rapport et des effets entre eux qui sont de l’ordre de l’apparent et de l’intérieur.

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Du critère pour le choix des vêtements

    Nous avons vu la dernière fois comment l’âme humaine parlante est une vérité une, simple avec plusieurs « développements » (nasha’at) et qu’il y a pour l’intérieur des effets dans l’apparence et pour l’apparence des effets dans l’intérieur.

    Ainsi la forme de l’apparence et l’ensemble des mouvements et du repos (habituels ou non), ainsi que l’ensemble des choses délaissées peuvent avoir des effets étranges dans ces niveaux, au point que le cheminant peut tomber des cimes les plus élevées au niveau le plus bas, par un seul regard méprisant sur un des serviteurs/adorateurs de Dieu, chute qu’il ne peut rattraper pendant de longues années.

    De ce point de vue, l’homme doit faire attention aux vêtements de notoriété, même, de façon absolue, à marcher différemment des habitudes et de ce qui est connu. De même, il doit prendre garde aux vêtements de luxe, au tissu et au genre coûteux, avec une forme et une couture attirant les regards et faisant pointer du doigt. Nos cœurs étant faibles et instables de façon remarquable, il suffit d’une distinction ou d’une détermination pour qu’ils dérapent et dévient de la pondération.

    Ainsi, il peut arriver qu’un homme – cet homme misérable, faible, dénué de l’ensemble des niveaux de dignité et d’humanité, de noblesse d’âme et de perfection humaine – se mette à regarder les serviteurs de Dieu avec un regard de mépris, d’orgueil ou de coquetterie et ne voir aucune valeur en quiconque, à cause d’un morceau de tissu de quelques coudées, en soie ou en laine, qu’il a fait coudre en imitant les étrangers ou qu’il a obtenu en échange de son honneur et de sa fierté. Et cela ne provient que de l’extrême faiblesse de son âme et du peu de sa préparation, de sorte qu’il s’imagine que le port des excédents d’un ver à soie ou de la peau d’un mouton implique la considération et le respect.

    Ô homme malheureux, comme tu es une faible créature démunie ! Alors que tu as été créé pour être l’honneur du monde de la contingence et la quintessence de l’Univers et de l’Endroit ! Tu es le fils d’Adam, ton importance est d’être l’instruit et l’instructeur des Noms et des Attributs. Tu es le fils du Lieutenant de Dieu et ton affaire estd’être les signes éclatants (on t’appelle de la partie la plus élevée du Trône) !

    Ô misérable, successeur peu vertueux ! Tu as usurpé une petite quantité d’excédents et des vêtements d’animaux et tu en es fier ! Cette fierté reviendrait plutôt au ver à soie, au mouton, au chameau, à l’écureuil ou au renard !

    Alors pourquoi t’enorgueillir de vêtements qui sont autres que toi, te faire choyer par ce qui est une fierté pour eux ?

    Comme le tissu du vêtement a des effets sur les âmes, il en est de même pour sa sorte, sa cherté, sa parure. A ce sujet, le Prince des croyants(p) disait, comme il est rapporté dans al-Qutb ar-Rawândî : « Il est inévitable que celui qui porte le vêtement des gens élevés, s’en enorgueillisse et il est inévitable que celui qui s’enorgueillit aille au Feu [en Enfer]. »

    Il en est de même pour son aspect extérieur, sa coupe et sa couture. Tout cela a des effets.

    En imitant les vêtements des étrangers, une personne peut devenir fanatique d’eux d’une façon ignorante, prendre en aversion les Proches Elus de Dieu et Son Messager, et aimer les ennemis de Dieu et ceux de Son Messager.

    L’Imâm as-Sâdeq(p) rapporte que Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) a inspiré à l’un de Ses proches Elus : « Dis aux croyants de ne pas se vêtir des vêtements de Mes ennemis, de ne pas manger comme Mes ennemis, de ne pas marcher comme Mes ennemis, car vous deviendrez Mes ennemis comme ils sont Mes ennemis. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (2))*

                                                                                                                                                                          

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    3-A propos du port de vêtements usés

    Les vêtements ont aussi des effets sur l’âme (à cause de sa faiblesse et des ruses du shaytân), même ceux qui sont simples, usés..

    Aussi est-il nécessaire pour l’homme qui recherche la Vérité et l’élévation spirituelle, de faire attention à ce que le tissu et la forme du vêtement choisi n’aient pas une mauvaise influence sur son esprit, qu’ils ne fassent pas sortir son cœur de sa stabilité, qu’ils ne le rendent pas négligent par rapport à Dieu et tourné vers ce monde-ci.

    Mais que l’homme ne s’imagine pas que les séductions trompeuses du shaytân et les tricheries de l’âme incitatrice au mal se limitent aux vêtements somptueux, luxueux ou aux embellissements et aux parures. Elles concernent aussi les vêtements usés qui n’ont aucune valeur. Peut-être même que l’homme peut chuter du degré de la considération.

    Tout comme les vêtements somptueux ont des effets sur les âmes, les vêtements très médiocres, du point de vue de la qualité du tissu et du genre ou du point de vue de la forme et de son aspect, ont des effets sur les âmes. Et ils peuvent même provoquer une corruption plus grande parce que l’âme a des ruses très précises.

    Il suffit que le pèlerin se voit différent des autres parce qu’il porte un vêtement rugueux, d’une étoffe grossière alors qu’il voit les autres gens porter des vêtements souples et légers. Il néglige ses défauts à cause de l’amour pour son âme. Il considère cet ordre accidentel, qui n’a aucun rapport avec lui, comme une raison pour s’enorgueillir. Peut-être même est-il satisfait de lui-même et se voit-il supérieur aux serviteurs de Dieu, allant jusqu’à considérer les autres comme éloignés de la place de la Sainte Vérité (Dieu), et se voir lui-même parmi les proches, l’élite des serviteurs de Dieu. Et peut-être va-t-il être éprouvé par l’ostentation et d’autres corruptions grandioses.

    En se vêtant d’un vêtement rugueux et usé, ce pauvre malheureux s’est persuadé [détenir] l’ensemble des niveaux de la connaissance, de la piété et des perfections de l’âme ! Et il néglige mille de ses défauts dont le plus grand est celui auquel il est arrivé du fait d’un mauvais effet de ce vêtement.

    Il se croit parmi les gens de Dieu et considère les adorateurs/serviteurs comme n’étant rien, sans aucune valeur, alors qu’il fait partie, en fait, des disciples du démon.

    De même, la forme du vêtement, son modèle ont des effets de sorte que cet homme sera peut-être éprouvé par de nombreuses corruptions comme faire du vêtement un moyen d’apparaître comme un ascète ou un saint.

    Dans la mesure où nos cœurs, à nous les malheureux, sont faibles, impotents, semblables au saule balloté par une légère brise et qui manque de stabilité, il nous faut surveiller les états du cœur, même dans les choses ordinaires et entre autres dans le choix des vêtements, observer ses états et le sauvegarder. Dans la mesure où les âmes et le shaytân ont de solides cordes, des séductions trompeuses très précises et une maîtrise de cela au-dessus de nos capacités, il nous faut les affronter en fonction de nos forces et de nos capacités et demander la réussite et le soutien de Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Le vêtement de notoriété, du point de vue de l’excès, dans un sens ou dans l’autre, est quelque chose qui ébranle les cœurs faibles, les dépouille des qualités morales, peut entraîner le contentement de soi, l’ostentation et l’orgueil (qui sont les mères des vices (de l’âme)). Même ! Il fait que l’on se fie à ce monde, que le cœur s’attache à ce monde, ce qui est le summum de tous les défauts et la source de l’ensemble des vices.

    Parmi les hadiths concernant ce point, on peut citer ceux du Messager de Dieu(s) et de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « Dieu déteste la notoriété des vêtements. »

    « La notoriété, en bien ou en mal, va dans le Feu. »

    «Dieu déteste deux notoriétés, celle des vêtements et celle de la prière.» (de l’Imâm as-Sâdeq(p), al-Kâfî)

    « Dieu revêt celui qui porte des vêtements de notoriété en ce monde, du vêtement de l’humiliation le Jour du Jugement Dernier. » (du Messager de Dieu(s))

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 1 (3))

    • B/Des règles de conduite à propos des préliminaires de la prière

    Des règles de conduite concernant les vêtements du prieur

    1 – Secret de leur pureté (1)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant les vêtements en général, voici celles concernant les vêtements portés lors de la prière, de façon spécifique.

    La prière est la station de l’ascension vers la station de la Proximité et de la Présence de la Familiarité/Intimité. Le pèlerin doit y observer les règles de la Présence.

    Dans la mesure où le plus bas des niveaux et des étapes de l’apparition de l’âme (qui est l’écorce de l’écorce et le corps formel matériel) à celui de la plus haute de ses stations ou vérités (qui est le cœur des cœurs et la station du secret du cœur) sont présents à l’Endroit sacré de la Présence divine, le pèlerin doit chercher, en l’Endroit de la Présence de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté), à présenter l’ensemble des soldats intérieurs et apparents au Détenteur du secret et du manifeste et à amener l’ensemble des Dépôts que Dieu (qu’Il soit Glorifié) lui a donnés par la Main de la puissance de la Beauté et de la Majesté, dans un état de parfaites pureté et limpidité, sans interférence d’aucun des existants, pour les lui rendre comme Il (qu’Il soit Glorifié) les lui a donnés.

    Il y a dans les règles de Présence, beaucoup de dangers qu’il n’est pas permis au pèlerin de négliger une seconde. Le pèlerin doit faire de la pureté du vêtement, qui est le voile de l’écorce, même de l’écorce de l’écorce, un moyen pour la purification des vêtements intérieurs. Comme ce vêtement formel (le vêtement pour le corps de ce monde [matériel]) est un voile, le corps lui-même est un voile pour le corps « intermédiaire » (barzakhî) qui est présent actuellement même s’il est dans le voile du corps de ce monde. Le corps « intermédiaire » (barzakhî) est un voile et un vêtement pour l’âme qui est un voile pour le cœur qui, à son tour, est un voile pour l’esprit ; et l’esprit est un voile pour le secret qui le voile de la subtilité cachée vers ces autres niveaux..

    Chaque niveau inférieur est un voile pour le niveau supérieur et pour l’ensemble de ces niveaux, même s’ils ne sont présents que dans l’élite des gens de Dieu, le reste des gens en étant privés. Mais dans la mesure où certains niveaux sont présents chez tout le monde, nous les indiquons ici.

    La forme de la prière ne se réalise pas sans la purification des vêtements et du corps, car les saletés sont les souillures du shaytân et éloignent de l’Endroit de la Présence de la Miséricorde.

    Elles sont des obstacles et empêchent l’accès à la station de la Familiarité/Intimité.

    De même, les saletés des actes de désobéissance et de rébellion contre Dieu – qui proviennent des agissements du shaytân, des souillures et des saletés de cet immonde – font partie des impuretés [qui empêchent] l’accès à l’Endroit de la Présence.

    Celui qui est revêtu d’actes de désobéissance, a sali le voile du corps « intermédiaire » et il est impossible, avec ces impuretés, de se rendre à l’Endroit de la Présence de Dieu.

    La purification de ce vêtement est l’une des conditions de la réalisation et de la justesse de la prière intérieure.

    Tant que l’individu est dans le voile du monde ici-bas, il n’a pas connaissance de ce corps caché (ghaybi), de la purification et de la saleté de son vêtement, ni de la condition de la pureté et de l’interdiction de l’impureté en elle.

    Mais s’il sort de ce voile et que l’autorité de l’Intérieur et le Jour du Rassemblement plient le tapis apparent de la différenciation, et que le soleil de la Vérité s’élève de derrière les voiles de ce monde obscur, la clairvoyance intérieure immatérielle (malakûtiyyah) s’ouvrira et la vision animale de ce monde se fermera.

    Il saura alors, de l’œil de la clairvoyance, que sa prière était tout le temps privée de la pureté et qu’elle était entourée de mille obstacles, chacun étant une cause indépendante pour l’éloigner de la Présence sacrée de Dieu.

    Malheureusement, il n’y aura plus en ce jour de moyen pour y remédier ni d’astuce pour l’être humain. La seule chose qui lui restera alors, ce sera les soupirs et les regrets, des regrets sans fin, des soupirs incessants. {Et avertis les du Jour du Soupir de regret, quand l’ordre sera décrété.} (39/19 Maryam) (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (1))

    La purification des vêtements de la prière, condition de la justesse de la prière, est aussi un moyen pour la purification des vêtements intérieurs..

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements du prieur

    2 – Secret de leur pureté (2)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant les vêtements en général, voici celles concernant, de façon spécifique, les vêtements portés lors de la prière.

    La réalisation de la pureté du vêtement intérieur entraîne la pureté du corps immatériel (malakûtî) des souillures du shaytân c’est-à-dire la purification des souillures du mauvais comportement dont chacune d’entre elles pollue l’intérieur et éloigne l’homme (de l’Endroit) de la

    Présence et le chasse du tapis de la Proximité de Dieu. Quand l’homme a fini de se purifier de cette purification en purifiant le vêtement de la piété avec de l’eau du repentir sincère et de la « gymnastique » légale, il doit s’occuper à purifier le cœur qui est lui le voile véritable.

    Et c’est là que les agissements du shaytân sont plus nombreux et que ses souillures circulent vers les autres vêtements et voiles. Et les autres puretés ne seront jamais facilitées tant que le cœur ne sera pas purifié.

    Et pour le purifier, il y a différents niveaux. Voici deux exemples.

    ►1) La purification de l’amour pour ce monde

    L’amour pour ce monde est à la tête de toutes les fautes et l’origine de l’ensemble des corruptions.

    Tant que cet amour est présent dans le cœur de l’homme, l’accès à l’Endroit de la Présence de Dieu ne lui sera pas facilité. En présence de cette souillure, l’Amour divin (qui est la mère de toutes les puretés) ne se réalise pas. Le Livre de Dieu, les recommandations des Prophètes et des Proches-Elus(p), et plus particulièrement du Prince des croyants(p) ont porté un grand intérêt à l’abandon de ce monde, à son détachement et à son rejet. Cela fait partie des vérités de la pureté.

    Cette étape de purification n’est atteinte que par le savoir profitable, les gymnastiques assidues du cœur, la réflexion soutenue sur l’Origine et la Résurrection et l’occupation du cœur à considérer le déclin et la destruction de ce monde et de la noblesse des mondes des mystères et de leur bonheur. « Dieu fait miséricorde à l’homme qui sait d’où [il vient], où [il est] et vers où [il va]. »

    ►2) La purification du fait de compter sur les créatures

    Le fait de compter sur les créatures est un associationnisme dissimulé. Pour les gnostiques, il est un associationnisme manifeste !

    Cette purification est atteinte par l’Unicité au niveau des Actes de Dieu (tawhîd fa‘lî) (qu’Il soit

    Magnifié et Exalté). Elle est la source de toutes les puretés du cœur.

    Selon les convictions de l’auteur [l’Imâm Khomeynî(qs)], l’ensemble des sciences sont pratiques, même le savoir de l’Unicité. (On peut le déduire de la forme du mot « tawhîd » qui exprime un nom d’action selon la forme « taf ‘îl », l’Unicité exprimant le déplacement de la multiplicité vers l’Unité, la disparition des aspects de la multiplicité dans le Tout-même (en soi).)

    Mais ici, le simple savoir démonstratif et la réflexion sur l’Unicité au niveau des Actes ne donnent pas le résultat voulu. Même ! Beaucoup s’occuper de sciences démonstratives peut être cause d’assombrissement et d’opacité du cœur et empêcher l’homme d’atteindre le But élevé !

    Il est dit, à ce propos : « Le savoir est le voile le plus grand. »

    Pour que la réalité de l’Unicité se réalise, il faut éveiller l’attention du cœur, par la gymnastique du cœur et l’orientation instinctive vers le Maître des cœurs, sur ce que la démonstration lui apporte : « Pas d’ascendant dans l’existence autre que Dieu. » Cela est l’un des sens de « Pas de divinité autre que Dieu. » Par la bénédiction de cette démonstration, nous coupons la main de l’agissement des existants loin de la Place de l’Orgueil de l’Existence et nous ramenons le Royaume des mondes et de ce monde à leur Détenteur. Nous faisons apparaître la réalité de :

    {Est à Lui ce qui est dans les cieux et dans/sur la terre.} (171/4 Les Femmes) ; {Qui a entre Ses Mains le royaume de toute chose.}(88/23 Les Croyants) ; {Lui qui est dans les cieux une Divinité et sur terre une Divinité.}(84/43 L’Ornement)

    Si cette démonstration n’atteint pas le cœur et ne devient pas une image intérieure du cœur, nous ne dépassons pas la limite du savoir vers celle de la foi et nous ne bénéficions d’aucune portion de la lumière de la foi qui illumine la royauté de l’intérieur et de l’apparence.

    Nous battons du tambour : « Pas d’ascendant dans l’existence autre que Dieu. » et en même temps, nous étendons l’œil de l’ambition et la main de la demande vers Celui qui en est digne et celui qui n’en est pas. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (2))

    De la purification du vêtement à celle du cœur, notamment de l’amour de ce monde et le fait de compter sur les créatures. Et à ce niveau, le savoir ne suffit pas. Il faut éveiller le cœur, lui faire faire des exercices et l’orienter vers Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (1)

    Arrive le passage à l’étape supérieure pour le pèlerin vers Dieu, le connaisseur de Dieu, peut-être difficile à comprendre pour d’autres. Cette page reste une indication et un encouragement à continuer dans le cheminement vers Dieu.

    Ainsi le pèlerin se voit présent en la Présence de Dieu Tout-Puissant ; même il trouve son intérieur, son apparence, son secret, ce qui est public, être la Présence en soi, comme il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « L’esprit du croyant est plus fortement lié à l’Esprit de Dieu que le contact des rayons du soleil au soleil. » (al-Kâfî et at-Tawhîd)

    Même ! il est prouvé d’une preuve solide, dans les sciences élevées, que l’ensemble des cercles de l’existence, du plus haut degré du caché (ghayb) à la plus basse demeure de la vision, est l’attachement en soi, le pur lien et l’indigence à l’Eternel absolu (que Sa Grandeur soit magnifiée). Et peut-être, le verset suivant indique ce sens : {Ô vous les gens, vous êtes les indigents de Dieu et Dieu est, Lui, le Riche, le Digne de Louanges.}(15/35 Le Créateur)

    Ainsi, si un existant de parmi les existants n’avait pas, le temps d’un instant, lors d’un état des états, ou selon un des égards, un attachement avec la sainte Puissance Seigneuriale, il sortirait de la situation de la contingence en soi et de l’indigence et entrerait dans l’enceinte de l’Obligation en soi et du Riche.

    Et le connaisseur de Dieu, le pèlerin vers Lui doit inscrire cette démonstration, cette vérité, ce mot spirituel divin sur le tableau de son cœur par l’intermédiaire de la gymnastique du cœur et la sortir de la limite de la raison vers la limite des connaissances spirituelles, jusqu’à ce que la vérité et la lumière de la foi se manifestent dans son cœur.

    Car les détenteurs des cœurs et les gens de Dieu se déplacent de la limite de la foi à la demeure du dévoilement et de la vision. Et il [peut] y arriver par l’effort assidu et l’isolement avec Dieu et le désir de Dieu, comme [on peut le voir] dans « Misbâh ash-Sharî‘at » (Le Flambeau de la Législation) de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Le connaisseur a sa personne avec les créatures et son cœur avec Dieu. Si son cœur était distrait de Dieu le temps d’un clin d’œil, il mourrait par désir de Lui. Le gnostique est le fidèle et le dépôt de Dieu, le trésor de Ses Secrets, la source de Sa Lumière, la preuve de Sa Miséricorde envers Ses créatures, les porteurs de Ses Sciences, la mesure de Ses Faveurs et de Sa Justice. Il est riche des créatures, du voulu et de ce monde ici-bas. Il n’a de parole, de signe, de souffle que par Dieu, pour Dieu, de Dieu, avec Dieu. »

       (N°96 p211)

    En résumé, si le pèlerin se voit dans l’ensemble de ses affaires, la Présence en soi recouvrant l’ensemble de ses « parties intimes », apparentes et intérieures, il aura préservé la Présence et les règles de la Présence de la Vérité (Dieu).

    Et cela parce qu’il aura trouvé que mettre à découvert les « parties intimes » intérieures en la Présence de la Vérité (Dieu) est plus laid et plus déshonorant que de mettre à découvert les « parties intimes » apparentes, en fonction de ce propos rapporté : « Dieu ne regarde pas votre forme mais Il regarde vos cœurs ». Et les « parties intimes » intérieures sont les actes moraux blâmables, les mauvaises habitudes, le mauvais caractère qui font tomber l’individu de la bienséance de la Présence et des règles de la Présence. Et ceci est le premier niveau du déchirement des voiles et du découvrement des « parties intimes ».

    Que l’individu sache que s’il ne se couvre pas lui-même du voile de l’Attribut du Couvrement de Dieu (qu’Il soit Exalté) et de Son Pardon, et s’il ne se trouve pas sous le Nom de Celui qui couvre et de Celui qui pardonne, avec la demande du pardon et du couvrement, alors, il est possible que, quand se pliera ce qui couvre le monde et se lèvera le voile de ce monde, ses voiles se déchireront en l’Endroit de la présence des Anges proches et des Prophètes envoyés(p). Et nul ne connait la laideur et l’avilissement du découvrement de ces « parties intimes » intérieures autre que

    Dieu.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (1))

     

    Tout comme les «parties intimes» doivent être dissimulées, le pèlerin vers Dieu doit couvrir ses «parties intimes» intérieures (les actes moraux blâmables) du voile de l’Attribut du Couvrement de Dieu et de Son Pardon.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE celles se rapportant aux les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (2)

    Pour nous aider à comprendre la nécessité de nous purifier au niveau du coeur et mieux

    nous convaincre, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous parle de la réalité de l’Au-delà.

    Ne compare pas les situations du monde de l’Au-delà à ce monde, car le monde n’est pas assez large pour faire apparaître un seul des bienfaits de cet autre monde ou un seul de ses châtiments. Ce monde, avec l’étendue de ses cieux et de ses mondes, n’est pas assez large pour l’apparition d’un des voiles du monde immatériel (malakûtî) inférieur qui est en résumé le monde de la tombe. Alors que dire du monde immatériel (malakûtî) supérieur dont le monde du Dressement (le Jour du Jugement

    Dernier) est un de ses exemples !

    Sheikh ash-Shahîd ath-Thânî(qs) a rapporté, d’as-Saddîqat al-Kubrâ

    (Fâtimah az-Zahrâ)(p) dans son « Muniyat al-Murîd », un propos détaillé : « J’ai entendu mon

    Père(s) dire : « Quand les savants de nos partisans se rassembleront, ils se vêtiront d’habits de noblesse à la mesure de la multitude de leurs savoirs et de leur sérieux dans la prédication des serviteurs de Dieu, au point qu’un seul d’entre eux sera vêtu d’un million d’habits de lumière.. » Puis elle(p) ajouta :

    « Un fil de ces habits est meilleur que ce sur quoi le soleil s’est levé un million de fois. » » Cela si l’on

    considère Ses Bienfaits.

    Quant à Son Châtiment, al-Fayd (que Dieu lui fasse Miséricorde) a rapporté dans son « ‘Ilm al-Yaqîn » du regretté Sheikh Sadûq, de sa chaîne de transmission, remontant à l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    «L’Ange Gabriel(p) dit au Messager de Dieu(s) : « Si un anneau de la chaîne [de l’Enfer] dont la longueur est de 70 coudées est posé sur le monde ici-bas, ce dernier fondrait à cause de sa chaleur ; et si une goutte de son « zaqûm » [arbre en Enfer] et de son épine tombait sur l’eau des habitants de ce monde, ces derniers mourraient de sa puanteur. » (Que Dieu nous préserve du Courroux du Tout-Miséricordieux).

    C’est pourquoi le pèlerin vers Dieu doit transformer ses défauts et sa mauvaise morale en qualités de perfection et faire disparaître dans la mer des Attributs de Perfection de Dieu, cette mer agitée infinie ; il doit changer la terre sombre satanique par une terre blanche lumineuse et trouver en lui-même que {la terre s’est illuminée de la Lumière de son Seigneur} (69/39 Les Groupes) et réaliser, dans le royaume de son existence, la station des Noms de la Beauté et de la Majesté de la sainte Essence.

    Alors, dans cette station, il tombe dans le voile de la Beauté et de la Majesté et s’affuble de la Morale de Dieu, et il couvre totalement les laideurs des déterminations de l’âme et les ténèbres illusoires. Si cette station est réalisée, il devient source des providences particulières de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée) et Dieu le soutient de Sa Bonté cachée particulière et le couvre du voile de Son Orgueil, de sorte que personne autre que Lui ne le connait et lui-même ne connait personne autre que Dieu. « Mes Proches-Elus sont sous Mes Coupes, personne ne les connait autre que Moi. » Dans le saint Livre divin, il y a de nombreuses allusions à ces personnes concernés : {Dieu est le Maître de ceux qui croient. Il les fait sortir des ténèbres vers la lumière.}(257/2 La Vache)

    Les gens de la connaissance et les détenteurs devanciers du Bien savent que l’ensemble des déterminations de la création et les multitudes déterminées sont des ténèbres. Et la lumière absolue n’est atteinte qu’avec la suppression des ajouts et l’annulation des déterminations qui sont les idoles du chemin du pèlerin. Si les ténèbres des multitudes au niveau des actes et des qualifications se dissipent et disparaissent dans le groupement en soi, alors l’ensemble des « parties intimes » sont recouvertes et la présence absolue et l’arrivée totale se réalisent.

    Comme il est couvert par Dieu dans cette station, le prieur prie de la prière de Dieu et peut-être que la prière de l’ascension du dernier des Messagers(s) était de cette façon dans certaines stations et degrés.

    Dieu seul le sait.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (2))

     

    Il est nécessaire de transformer ses défauts et sa mauvaise morale en qualités de perfection avant l’Au-delà qui est incomparable à ce monde.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant les vêtements

    2-Des considérations du cœur concernant le recouvrement (3)

    En corrélation à ce chapitre, l’Imâm Khomeynî(qs) évoque un noble hadîth de l’Imâm

    as-Sâdeq(p) tiré de «Misbâh ash-Sharî‘at» (Le Flambeau de la Législation) à propos du vêtement. Les notes de l’Imâm sont indiquées en bas de page.

    « Pour les croyants, le plus beau vêtement est celui de la piété et le meilleur celui de la foi. Dieu Tout-Puissant dit : {Et l’habit de la piété, cela est meilleur.} (26/7 al-a‘râf)

    Quant au vêtement apparent, c’est un Bienfait de Dieu. Il couvre les « parties intimes » de Bani Adam. C’est un honneur que Dieu a octroyé à Ses serviteurs de la descendance d’Adam et Il ne l’a octroyé à personne d’autres.

    Il est pour les croyants un moyen pour accomplir ce que Dieu leur a imposé.

    Et le meilleur de tes vêtements est celui qui ne te détourne pas de Dieu Tout- Puissant. Même ! Celui qui t’amène à Le remercier, à L’évoquer, à Lui obéir (1) ; celui qui ne te pousse pas à l’infatuation, à l’ostentation, à l’embellissement, à la fierté ou à l’arrogance car ils sont des vices de la religion et ils amènent à la dureté du cœur.

    Aussi, quand tu mets tes vêtements, évoque le Voile de Dieu (sur toi) [étendu] sur tes péchés par Sa Miséricorde, et habille ton intérieur de la sincérité comme tu as revêtu ton apparence de tes vêtements, afin que ton intérieur soit dans le voile de la crainte et ton apparence dans le voile de l’obéissance.

    Prends en considération la Faveur de Dieu Tout-Puissant dans le fait qu’Il a créé les moyens de te vêtir pour recouvrir tes « parties intimes » (2), qu’Il a ouvert les portes du repentir et du retour [à Lui] pour couvrir les « parties intimes » intérieures des péchés et la mauvaise morale.

    Et ne déshonore personne [en dévoilant quelque chose de honteux le concernant] dans la mesure où Dieu couvre pour toi [des choses] plus grandioses.

    Occupe-toi de tes défauts (3) et éloigne-toi de ce qui ne te regarde pas.

    Prends garde à ne pas passer toute ta vie (« ton âge ») à travailler pour autre que toi et qu’autre que toi fasse du commerce avec ton capital et que tu te mènes toi-même à ta propre perte !

    Parce que l’oubli des péchés fait partie de la plus grandiose punition de Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’immédiat et de la cause la plus abondante pour les punitions dans l’Au-delà.

    Tant que le serviteur est occupé à obéir à Dieu (qu’Il soit Exalté), à connaître ses propres défauts, à abandonner ce qui rend hideux (déshonorant) dans la Religion de Dieu, il est à l’écart des défauts.

    Plongé dans la Miséricorde de Dieu Tout-Puissant, il gagne les joyaux des profits de la Sagesse et de l’Evidence.

    Et tant qu’il est en train d’oublier ses péchés, d’ignorer ses défauts, de compter sur sa force et sa puissance, il ne sera jamais heureux.»

    (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°7 p29)

    (1)Alors, il te faut éviter le tissu et la forme du vêtement qui entraînent la négligence et l’éloignement de l’endroit sacré de Dieu et savoir qu’il y a, dans les vêtements, même dans l’ensemble des habitudes, des choses qui poussent l’homme à négliger Dieu et à s’occuper de ce monde, qui provoquent de mauvais e_ets dans son cœur faible et le mettent à l’épreuve par l’infatuation, l’ostentation, la vantardise et l’orgueil.

    (2)Dans la mesure où Il (qu’il soit Exalté) t’a donné le vêtement apparent pour couvrir tes « parties intimes » apparentes.

    (3) pour que s’ouvre pour toi la porte de la réforme.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 2 Chap 2 (3))

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière

    Le pèlerin vers Dieu, selon le développement (an-nasha’at) existentiel, a des lieux et pour chacun d’entre eux, il y a des règles de conduite particulières que le pèlerin doit suivre pour atteindre la prière des gens de connaissance.

    La première station

    Qui est le développement naturel et le niveau apparent du monde ici-bas. Son lieu est la terre naturelle. Le Messager de Dieu(s) dit : « La terre a été rendue pour moi lieu de prosternation et purifiante. »

    La règle de conduite du pèlerin à ce niveau est qu’il doit faire comprendre à son cœur que sa descente du développement caché (an-nasha’at al-ghaybiyyah), la chute de son âme de la place la plus élevée sur la terre la plus basse de la nature et son renvoi de la forme la plus parfaite au niveau le plus bas ont lieu pour son comportement volontaire vers Dieu, sa montée vers l’ascension de la Proximité et son arrivée à l’Esplanade de Dieu et au voisinage de la Seigneurie, qui est le But de la création et le Terme de la destination des gens de Dieu. « Que Dieu fasse miséricorde à celui qui sait d’où il vient, où il est et où il va. »

    Le pèlerin doit savoir qu’il arrive de la demeure de la Générosité de Dieu et qu’il se trouve dans la

    Demeure de l’Adoration de Dieu et qu’il va bientôt se déplacer vers la Demeure de la Rétribution de

    Dieu, en provenance de Dieu, en Dieu, vers Dieu. Alors, il fait comprendre à son âme et goûter à son esprit que la demeure de la nature est la mosquée de l’adoration de Dieu et qu’il s’est avancé à ce développement en vue de ce But comme Dieu (que Sa Grandeur soit Magnifiée) dit : {Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent}.(56/51 adh-Dhâriyât)

    S’il trouve que la demeure de la nature est une mosquée pour l’adoration et s’y voit lui-même en retraite, il doit appliquer ses règles de conduite, s’abstenir d’évoquer autre que Dieu, ne sortir de la mosquée de la sujétion qu’à la mesure de ses besoins et y retourner, une fois le besoin satisfait ; ne pas se familiariser avec autre que Dieu et [ne pas laisser] son cœur s’accrocher à autre que Lui. Parce que tout cela est contraire aux règles de conduite de celui qui est en retraite à la porte de Dieu.

    Dans cette station, le connaisseur de Dieu a des états qu’il n’est pas juste de décrire ici.

    La deuxième station

    Q est celle des forces apparentes et intérieures qui sont les soldats matériels (mulkiyyah) et immatériels (malakûtiyyah) de l’âme.

    Son endroit est la terre de la nature de l’être humain, cet édifice, ce corps.

    Les règles de conduite que le pèlerin doit suivre dans cette station sont qu’il fasse comprendre au fond de son cœur que la terre de la nature de son âme est elle-même la mosquée de la Seigneurie, et l’endroit de la prosternation des soldats du Tout-Miséricordieux.

    Alors, qu’il ne la souille pas avec les saletés des agissements d’Iblis et qu’il ne place pas les soldats divins sous les agissements d’Iblis, pour que la terre de la nature rayonne de la lumière du Seigneur et sorte des ténèbres et de l’impureté de l’éloignement de la place seigneuriale.

    Alors, il voit ses forces matérielles (mulkiyyah) et immatérielles

    (malakûtiyyah) en retraite dans la mosquée du corps et il se comporte avec son corps comme s’il était une mosquée et il agit avec ses forces comme celui qui est en retraite dans l’Esplanade de Dieu..

    Les devoirs du pèlerin dans cette station sont plus nombreux parce que le nettoyage et la purification de la mosquée sont aussi à sa charge ainsi que l’éducation de ceux qui sont en retraite dans cette mosquée.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (1))

     

    Les règles de conduite sont de savoir que, venant de Dieu et retournant vers

    Lui par l’adoration, la nature est la Mosquée de Dieu pour la première station et que son corps et son âme le sont pour la deuxième.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière (2)

    Le pèlerin vers Dieu, selon le développement (an-nasha’at) existentiel, a des lieux et pour chacun d’entre eux, il y a des règles de conduite particulières que le pèlerin doit suivre. Après la 1e et la 2e stations, voici la troisième.

    La troisième station

    Q ui est le développement caché du cœur (an-nasha’at al-ghaybiyyah al-qalbiyyah) du pèlerin. Son endroit est le corps « intermédiaire » (barzakhî) caché de l’âme qui se forme à partir du développement de l’âme et de sa création.

    La règle de conduite que le pèlerin doit suivre dans cette station est de montrer (faire goûter) à son âme que la différence entre cette station et les autres stations est grande et que la sauvegarde de cette station fait partie des tâches du comportement.

    C’est le cœur qui est l’Imâm de ceux qui sont en retraite dans ce voisinage et sa corruption corrompt l’ensemble. « Si le savant est corrompu, le monde est corrompu. » Le cœur du savant est un petit monde et le savant est le cœur du grand monde.

    Dans cette station, les charges du pèlerin sont plus nombreuses que dans les deux précédentes parce qu’il est également chargé de construire la mosquée de lui-même.

    Et il est possible (que Dieu nous en préserve) que sa mosquée soit une mosquée de nuisance, d’incroyance et de division des Musulmans. Et il n’est pas permis d’adorer Dieu dans une telle mosquée. Même ! Il faut la détruire.

    Alors, si le pèlerin a fondé la mosquée immatérielle (malakûtiyyah) divine, des mains des agissements miséricordieux et des mains de la wilâyah, s’il a luimême purifié cette mosquée de l’ensemble des souillures et des agissements du diable et y a fait retraite, alors, il est nécessaire qu’il fasse de gros efforts pour faire sortir son âme de la retraite de la mosquée et pour lui faire faire retraite dans l’Esplanade du Propriétaire de la mosquée.

    S’il se purifie de l’attachement à l’âme et sort de l’entrave de l’égoïsme, alors il devient lui-même une demeure pour Dieu, même !, une mosquée pour la Seigneurie et Dieu se loue Luimême dans cette mosquée pour les Manifestations au niveau des Actes, ensuite des Noms ensuite de l’Essence. Et cette louange est la Prière du Seigneur qui dit :

    « Subbûh, Quddûs, rabbu-lmalâ’ikati wa-r-rûhi ! »

    « Très Glorifié, Très Saint, Seigneur des Anges et de l’Esprit ! »

    Dans l’ensemble de ces stations du cheminement, le pèlerin vers Dieu a d’autres charges ou devoirs qu’il n’a pas du tout le droit de négliger. Même ! Ces devoirs sont le but du cheminement et le cœur de son cœur.

    Il doit :

    • ne pas négliger l’évocation de Dieu dans l’ensemble des états et des stations ;
    • demander la connaissance de Dieu dans l’ensemble des rites et des actes d’adoration ;
    • demander Dieu dans l’ensemble des apparences ;
    • faire en sorte que les bienfaits et la noblesse ne l’éloignent pas de la compagnie [de Dieu] et de l’isolement [des gens] car c’est une sorte d’abandon progressif.

    En résumé, il voit que l’esprit, le fond (l’intérieur) des actes d’adoration et des rites est la connaissance de Dieu et il demande, en eux, l’Aimé. Peut-être que le maillon de l’amour et du fait d’être aimé se consolidera et qu’il deviendra une source des Providences cachées et des Allers et Retours secrets.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (2))

    Et les règles de conduite concernant la troisième station sont de construire la mosquée « malakûtiyyah » divine de lui-même et de la sauvegarder avec les actes d’adoration, la wilayah et la demande de Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    1-Sur la connaissance du lieu de prière (3)

    Pour chaque lieu de prière il y a des règles de conduite particulières. Voici celles à suivre au moment d’entrer dans une mosquée, tirées d’un Hadîth du « Flambeau de la Loi révélée » (Misbâh ash-sharî‘at) de l’Imâm as-Sâdeq(p). Les commentaires de l’Imâm al-Khomeynî(qs) sont indiqués en bas de page.

    « Si tu as atteint la porte de la mosquée, alors sache que tu t’es dirigé vers la porte d’un Roi grandiose : ne foulent Son Tapis que les purifiés et ne sont autorisés à Son Assemblée que les sincères. Alors avance avec crainte sur le Tapis du service du Roi en Lui manifestant de la vénération car tu es dans un grand danger si tu ne fais pas attention.

    (1) Sache qu’Il peut faire ce qu’Il veut selon la justice et selon la faveur envers toi. Ainsi s’Il est Bon avec toi par Sa Miséricorde et Sa Faveur, Il accepte de toi le peu d’actes d’obéissance et te donne pour cela une grande récompense. S’Il te demande en fonction de ce que méritent la sincérité et l’intégrité, en toute justice, Il te voile et repousse tes actes d’obéissance même s’ils sont nombreux.

     

    (2) Car Il fait ce qu’Il veut.

    Alors, reconnais ton impuissance, tes manques, ta faillite, ton indigence devant Lui car tu t’es dirigé pour l’adoration et la familiarité avec Lui et expose-Lui tes secrets. Sache qu’aucun secret de l’ensemble des créatures ne Lui est caché ni rien de ce qui est public.

    Sois devant Lui comme le plus pauvre de Ses adorateurs et vide ton cœur de toute occupation qui te voile et t’éloigne de ton Seigneur

    (3) car Il n’accepte que des plus purs et des plus sincères.

    Regarde de quel registre ton nom va sortir. Si tu as goûté la douceur de

    Son Entretien intime et le délice de Sa Conversation et que tu as bu à la coupe de Sa Miséricorde et de Sa Noblesse, [il sort] de Son meilleur Accueil envers toi et de Sa meilleure Réception, alors tu es bon pour Son Service. Entre car tu as l’autorisation et la sécurité. Sinon

    (4) arrête-toi de l’arrêt de celui qui n’a plus aucun recours, qui n’a plus d’espoir, dont le terme [la mort] a été fixé.

    (5) Si Dieu Tout-Puissant sait de ton cœur

    (6) la sincérité de ton refuge auprès de Lui, Il te regardera avec un regard plein de Douceur, de Miséricorde et de Bonté et Il t’accordera le succès pour ce qu’Il aime et dont Il est Satisfait.(7) Car Il est Très Généreux, Il aime la noblesse pour Ses serviteurs qui ont besoin de Lui, qui brûlent à Sa porte pour demander Sa Satisfaction.

    Dieu Très-Elevé dit dans Son noble Livre : {N’est-ce pas Lui qui répond au nécessiteux quand il L’invoque et dissipe le mal ?} » (62/27 Le Fourmis) (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°12 p39)

     

    (1)Sache que tu es arrivé auprès d’une Autorité Grandiose. Personne ne pose le pied sur le tapis de Sa Proximité que s’il est pur et s’est purifié de l’ensemble des impuretés du monde de la nature et des souillures du shaytân. L’autorisation à Son Assemblée n’est donnée qu’à ceux qui avancent vers

    Lui avec sincérité, limpidité et pureté de l’ensemble des sortes d’associationnisme apparentes et intérieures. Alors place la Grandeur de la position, la Vénération, la Gloire, la Majesté divines devant tes yeux. Ensuite pose tes pieds en te dirigeant vers la Sainteté et le Tapis de la Familiarité.

    (2)Parce qu’ils n’ont aucune valeur.

    (3)Cette association avec autre que Lui est une souillure, de l’associationnisme.

    (4)Si tu n’as pas trouvé en toi ces états, alors arrête toi à la porte de Sa Miséricorde.

    (5)Son [ton] terme s’est approché.

    (6)Dieu (qu’Il soit Glorifié) voit en toi (en ton cœur) la sincérité, la pureté.

    (7)Dieu te soutient et te donne la réussite pour arriver à Sa Satisfaction.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 1 (3))

    Entrer dans une mosquée c’est se diriger vers la porte d’un Roi Grandiose Qui accueille Son visiteur selon la sincérité de son refuge auprès de Lui.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES À LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le lieu de prière

    2 – Sur la licéité du lieu de prière

    Pour chaque niveau du lieu de prière et en fonction des stations et des développements de l’existence, il y a des règles de conduite particulières. Et avant tout, suivre les règles de sa licéité, pas uniquement celles apparentes définies par la législation islamique (Fiqh).

    Si le pèlerin vers Dieu a fait comprendre à son âme les niveaux du lieu en fonction des stations et des développements de l’existence, il doit s’efforcer à suivre les règles de sa licéité au niveau du coeur pour faire sortir la prière des agissements usurpateurs du vil Iblis.

    Alors, au premier niveau, il applique les règles formelles de la soumission [à Dieu] et tient ses engagements précédents pris dans le monde de l’atome (‘alim adh-dharr) et le Jour du Pacte (al-mîthâq). Il écarte la main des agissements d’Iblis loin du monde de sa nature jusqu’à ce qu’il lui arrive les allers et retours et l’amour avec le Propriétaire de la maison. Et que son comportement ne soit pas une usurpation dans le monde de la nature. ] Une personne des gens du « goût » a dit que le noble verset suivant

    – {Ô vous qui croyez, remplissez fidèlement vos engagements. Vous est permise la bête des troupeaux.} » (1/5 La Table servie) – signifie, selon le sens intérieur, que la licéité de la «bête du troupeau» dépend de la tenue des engagements de la Wilâyah.

    Et il est rapporté dans les hadiths que l’ensemble de la terre est à l’Imâm(p) et que ceux qui ne sont pas shiites l’usurpent. Et les gens de la connaissance voient le Maître de l’Ordre (le « Walî al-Amr ») comme le possesseur de l’ensemble des royaumes de l’existence et les degrés du caché (ghayb) et du manifeste, et personne ne peut y agir sans autorisation de l’Imâm. ] L’auteur dit qu’Iblis le maudit est l’ennemi de Dieu. Ses agissements et tout agissement « iblissien » dans le monde de la nature est injustice et usurpation. Si le pèlerin vers Dieu a fait sortir de lui les agissements de ce vil, son comportement sera un comportement miséricordieux, et il rendra licites et purs son lieu, ses vêtements, sa nourriture et son mariage. Mais à la mesure de ce qui tombe sous les agissements d’Iblis et sort de la licéité, il y a là de l’associationnisme avec le shaytân.

    Alors, si les membres apparents de l’homme tombent sous les agissements d’Iblis, ses membres deviennent « iblissiens » et il (l’homme) est un usurpateur du Royaume de Dieu.

    De même, la station en retraite des forces « malakûtiyyah » (immatérielles) dans la mosquée du corps est licite et juste si elles sont les forces des soldats miséricordieux. Sinon, elles sont les soldats d’Iblis et n’ont aucun droit d’agir dans le royaume du corps humain qui est la possession de Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Alors si la main des agissements du shaytân est coupée du royaume du cœur qui est une demeure particulière pour Dieu (qu’Il soit Exalté), et si l’homme a purifié son cœur pour les Manifestations de

    Dieu et qu’il n’appelle personne autre que Lui, il se dirige vers Lui (car si ce n’est pas Dieu, ce serait « l’Iblis » du chemin), les mosquées apparentes et intérieures lui sont licites ainsi que les endroits du monde matériels et immatériels (« malakûtî »), et sa prière est la prière des gens de la connaissance.

    Et de cette façon, la pureté de la mosquée devient également claire.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 3 Chap 2)

     

    Veiller à la licéité du lieu de prière au niveau du coeur, c’est avant tout le préserver des agissements du shaytân.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    1-Des degrés spirituels des gens de la vigilance (1)

    Après avoir vu les règles de conduite concernant le lieu de la prière, nous allons aborder celles concernant les moments de la prière que Dieu a déterminés de façon spécifique. Il a donné rendez-vous à Ses créatures à des temps précis.

    Sache qu’en fonction de la force de leur connaissance de la Station sainte seigneuriale, et de leur désir de l’entretien avec le Créateur (que Son Nom soit Glorifié), les gens de la connaissance et les détenteurs de l’observation ont une observation des temps de la prière qui sont des moments fixés pour l’Entretien et le Rendez-vous de la Rencontre avec Dieu.

    Ceux qui sont attirés par la

    Beauté du Beau, ceux qui désirent le Bon éternel et qui en sont éperdument amoureux, ceux qui sont ivres de la coupe de l’amour, ceux qui sont frappés par la foudre de la coupe du « a lastu » ({Ne Suis-Je pas..})(1), ceux qui se sont débarrassés des univers, qui ont fermé les yeux sur l’ensemble des régions de l’existence et qui se sont accrochés à la Gloire de la Sainteté de la Beauté de Dieu, ceux-là sont toujours présents et ne sont pas éloignés du Rappel, de la pensée, de la vision et de l’observation, une seule seconde.

    Et ceux-là qui sont les détenteurs des connaissances et les gens des faveurs et des profits, les nobles d’âme, à la nature généreuse, ils ne choisissent rien d’autre que l’entretien intime avec Dieu. Ils ne demandent, dans l’isolement avec Dieu et dans l’entretien intime avec Lui, que Dieu même.

    Ils voient que la gloire, la noblesse, la faveur, la connaissance, tout cela ne se trouve que dans l’Evocation de Dieu et dans l’entretien intime avec Lui.

    Ceux-là, s’ils se tournent vers le monde et regardent les univers, leur orientation et leur regard vers cela, est un regard spirituel (‘irfâniyyah). Ils demandent Dieu dans le monde. Ils voient l’ensemble des existants comme un Eclat de Dieu, de la Beauté du Beau (« Je désire ardemment le monde en tant que l’univers tout entier est de Lui. », du poète Sa‘adî

    Shîrâzî).

    Ceux-là s’adonnent aux temps de la prière avec tout leur esprit et tout leur cœur. Ils attendent le moment de l’entretien avec Dieu.

    Ils se préparent et s’apprêtent au Rendez-vous avec Dieu. Leur cœur est présent et ils demandent de l’Endroit de la Présence, le

    Présent. Ils respectent l’Endroit de la Présence pour le Présent. Ils voient que l’assujettissement [à

    Dieu] est les allers et retours et la fréquentation avec la Perfection absolue. Leur désir ardent des actes d’adoration est de ce point de vue.

    Et ceux qui croient dans le mystère et dans le monde de l’Au-delà, qui désirent ardemment les Bénédictions de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée), qui n’échangent pas les Bienfaits éternels, paradisiaques, les délices et les félicités permanentes, éternelles, pour les parts des cercles de ce monde, les délices incomplets, temporaires, mélangés.

    Ceux-là, aussi, au moment des actes d’adoration qui sont les graines des Bienfaits de l’Au-delà, rendent présents leurs cœurs et se mettent à le faire [l’acte d’adoration] en étant réceptifs et avec un désir ardent. Ils attendent les moments de la prière car ils sont les moments de l’arrivée des résultats et de l’acquisition des réserves et ils ne préfèrent rien aux

    Bienfaits éternels.

    Ceux-là également, dans la mesure où leurs cœurs connaissent le monde des mystères et que leurs cœurs croient aux bienfaits éternels et aux délices permanents du monde de l’Au-delà, profitent de leur temps et ne le perdent pas.

    Ceux-là sont les détenteurs du Paradis, les seigneurs des Bienfaits.

    Ils y sont éternellement.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs), Maqâlat 2,

    Maqsad 4 Chap1-1)

    Notre attitude par rapport à cette question dépend essentiellement de la nature de notre relation avec Dieu. Il y a ceux qui s’adonnent aux temps de la prière avec tout leur esprit et tout leur cœur, en vue de la Rencontre avec

    Dieu et d’autres dans l’espoir d’obtenir les bienfaits éternels du Paradis.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

     

    Des règles de conduite concernant le moment

    1-Des degrés spirituels des gens de la vigilance (2)

    Que signifie que Dieu détermine des moments spécifiques pour la prière, qu’Il donne des rendez-vous à Ses créatures à des temps précis ? Que représentent ces moments pour nous ?

    Précédemment, ont été évoqués ces gens (cette élite) qui ont des délices dans leurs actes d’adoration mêmes, selon leurs niveaux et leurs connaissances. Ceux-là et d’autres qui n’ont pas été cités, ne vivent pas l’acte d’adoration comme une charge ni comme un devoir en cela, de façon absolue.

    Quant à nous, les malheureux, les éprouvés par les espoirs et les assurances, les enchaînés par les chaînes de la passion, des engouements, les plongés dans la mer houleuse obscure de la nature, dont l’odorat des âmes ne sent même pas la saveur de l’amour et du désir ardent, dont les cœurs n’ont pas goûté le délice de la spiritualité (‘irfân) et de la faveur, nous ne sommes pas des gens de la spiritualité et de la vision, ni des seigneurs de la foi et de l’assurance.

    Nous voyons les actes d’adoration divine comme un devoir et une charge, et l’entretien intime avec Celui qui satisfait les besoins comme un poids et une affectation.

    Nous ne comptons sur rien d’autre que sur ce monde qui est une mangeoire pour les animaux, et nous ne nous accrochons qu’à la demeure de la nature qui est le lieu de retraite des injustes.

    Les regards de nos cœurs ne voient pas la Beauté du Beau et le sens gustatif de nos esprits a délaissé la saveur de la spiritualité.

    Oui ! Le chef de la chaîne des gens de Dieu et l’élite des compagnons de l’amour et de la vérité [le Prophète

    Mohammed(s)] déclara : « J’ai passé la nuit chez mon Seigneur. Il me donne à manger et à boire. »

    Alors, ô Seigneur, quelles sont ces veillées nocturnes que

    Mohammed(s) avait avec Toi dans la demeure de l’isolement et de la familiarité ?

    Et quelles sont cette nourriture et cette boisson que Tu as fait goûter de Ta Main à cette noble existence, que Tu T’es choisie de parmi l’ensemble des mondes ?

    Quelle est l’importance de cet homme grandiose quand il dit : « J’ai avec Dieu un temps que ni un Ange de la Proximité ni un Prophète envoyé ne peuvent contenir. »

    Est-ce que ce temps est un temps de ce monde ici-bas et de l’Au-delà, ou est-il un temps de l’isolement dans la portée de deux arcs et dans le rejet des univers ?

    Le [Prophète] Moussa(p) jeûna durant quarante jours et est arrivé au Rendez-vous de Dieu. Dieu (qu’Il soit Exalté) dit : {..de sorte que le temps fixé par son Seigneur se termina au bout de quarante jours.}(142/7 al-A’râf )

    Avec cela, où sont ces temps fixés des Temps fixés « Mohammadiens » ? Et il n’y a aucun rapport entre lui et le temps « Ahmadiyen » !

    Le [Prophète] Moussa(p) a eu, durant le temps fixé, une conversation durant laquelle il est

    dit : {.. « retire tes sandales. »}

    (12/20 Tâ Hâ). Cela a été interprété comme étant l’amour des parents.

    Alors que le dernier des Messagers(s) a reçu l’ordre, dans son temps fixé [avec Dieu], d’aimer

    ‘Alî. Et au cœur de ce secret, il y un tison dont je ne divulgue rien.

    (A vous de lire le propos rapporté détaillé).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 –

    Maqsad 4 Chap1-2)

     

    Il est difficile, pour ceux qui ne voient la prière que comme une charge, d’imaginer ce que peut représenter le « temps » qu’avait le Messager de Dieu(s) avec son Seigneur.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    2-De l’observation du moment (1)

    Comment profiter de ces moments spécifiques que Dieu a réservés à la prière ? Voici quelques règles utiles à respecter pour faciliter la Rencontre avec Dieu.

    Profite du temps de l’entretien intime avec Dieu autant que cela t’est facilité et t’est possible et applique les règles de conduite au niveau du cœur.

    Fais comprendre à ton cœur que le fondement de la vie éternelle de l’Au-delà, la source des faveurs de l’âme, le capital des bénédictions infinies se situent dans les allers et retours, la familiarité et les entretiens intimes avec le Créateur.

    Et plus particulièrement, [ils se situent] dans la prière parce qu’elle est une pommade spirituelle qui a été préparée par les Mains de la Beauté et de la Majesté de Dieu, et qu’elle est le plus regroupant et le plus parfait de l’ensemble des actes d’adoration. Alors, à la mesure de tes possibilités, fais attention à ses moments et choisis le moment le plus favorable pour elle car il y a [en ses moments] une lumière qui n’est pas présente dans les autres moments.

    Diminue, durant [la prière] les occupations du cœur. Même !

    Mets-y un terme !

    Tu y arrives en découpant ton temps et en réservant pour la prière qui est chargée de réaliser ta vie éternelle, un temps particulier durant lequel tu n’as pas autre chose à faire et durant lequel ton cœur n’a pas d’autres attachements. Ne place pas ta prière en situation de concurrence avec d’autres choses afin que tu puisses reposer ton cœur et le rendre présent.

    Voici quelques propos rapportés sur les états [d’âme] des Infaillibles(p) en fonction de ce

    qu’exige ce livre. Peut-être qu’en réfléchissant sur les états de ces nobles-là, nous ferons attention, nous saisirons la grandeur de la position et l’importance de la station et de son danger, et que nous nous réveillerons du sommeil de l’insouciance.

    « Le Messager nous parlait et nous lui parlions. Quand arrivait le moment de la prière, c’était comme s’il ne nous connaissait pas et que nous ne le connaissions pas, occupé [qu’il était] par Dieu, loin de toute chose. » (rapporté d’une des femmes du

    Messager de Dieu(s))

    « Quand arrivait le moment de la prière, il était troublé, tremblait et changeait de couleur. On lui demandait : « Qu’est-ce qu’il t’arrive ô Prince des croyants ? » Il(p) répondait : « Est arrivé le moment de la prière, le moment du dépôt que Dieu a exposé aux cieux, à la terre et aux montagnes, qu’ils ont refusé de porter et dont ils étaient effrayés. » » (rapporté à propos de ‘Alî, le Prince des croyants(p) )

    « Quand [l’Imâm] al-Hussein(p) faisait ses petites ablutions, il(p) changeait de couleur et ses arti-culations se mettaient à trembler.

    Quand on l’interrogeait à propos de cela, il disait : « C’est un devoir pour celui qui se dresse devant Celui qui détient le Trône, de devenir jaune et que ses articulations se mettent à trembler. » » (rapporté de Sayyed Ibn Taûs dans « Falâh as-Sâ’il ».

    Il est rapporté la même chose en ce qui concerne l’Imâm al-Hassan(p).)

    « Quand il se préparait aux petites ablutions, il devenait jaune.

    On lui demandait : « Qu’est-ce qui te tourmente ainsi pendant les petites ablutions ? » Il(p) répondait : « Vous ne savez pas devant Qui je me dresse ? » » (rapporté à propos de [l’Imâm] ‘Alî fils de Hussein(p) )

    Et pour les Proches-Élus, dans la mesure où les cœurs sont différents et que leurs états varient en fonction des Manifestations subtiles et coercitives et du sentiment de la Grandeur et de la Miséricorde, [il arrive des situations différentes].

    Parfois, le désir ardent qles porte vers la Rencontre, et le sentiment de la Miséricorde et de la Beauté vers le plaisir et la félicité. Ils disent alors : « Soulage-nous ô Bilal ! ».

    Et parfois, les manifestations de la Grandeur de la Coercition et de l’Autorité les mettent dans un état de foudroiement, d’agitation et de frémissement.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 4 Chap2-1)

     

    Libérer un moment spécial pour être totalement disponible et pendant la prière, ne pas penser à autre chose que Dieu. Les Proches-Elus, eux, selon les Manifestations de Majesté ou de Beauté qui se présentaient à eux, avaient des états de plaisir et de félicité ou d’agitation et de foudroiement.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le moment

    2-De l’observation du moment (2)

    Vous avez pu libérer un moment spécial pour prier et ne penser qu’à Dieu et à rien d’autre. Alors, préparez votre cœur à se présenter au Lieu de Présence de Dieu.

    Et nous-mêmes [après avoir eu un petit aperçu sur les états de ces Infaillibles(p), de ces Proches-Elus au moment de la prière], si nous réfléchissons un peu ! Si nous faisons comprendre à notre cœur voilé, chassé, que les moments de la prière sont les moments de la présence au côté du Saint pour la Présence du Détenteur de la Majesté ! Que, pendant ces moments, Dieu (qu’Il soit Exalté), le Roi des rois, la Grandeur absolue, appelle Son faible serviteur, le moins que rien, à s’entretenir avec Lui et qu’Il l’autorise à entrer dans la Demeure de Sa Noblesse afin de lui faire gagner les félicités éternelles et y trouver la joie et la félicité permanente !

    Que c’est en fonction de la grandeur de nos connaissances, que nous ressentons la joie d’entrer au moment de la prière. Que c’est en fonction du degré de compréhension de la Grandeur, que, si le cœur a ressenti la grandeur et le danger de la station, il sera pris de peur et de crainte.

    En résumé, ô le faible, les règles de conduite du cœur pour les moments de la prière sont de se préparer à entrer en (vers la) Présence du

    Détenteur de ce monde et de l’Au-delà et à s’adresser à Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté).

    Alors, regarde, de tes yeux, d’un côté ta faiblesse, ta misère, ton avilissement et ton impuissance, et de l’autre, la Grandeur, la Majesté et l’Orgueil de cette Sainte

    Essence (que Sa Grandeur soit Magnifiée !) au voisinage de la

    Grandeur de Laquelle les Prophètes, les Messagers et les Anges proches, tombaient foudroyés, reconnaissant leur impotence, leur misère et leur avilissement.

    Si tu as regardé avec ce regard et que tu l’as fait comprendre à ton cœur, alors ton cœur va certainement ressentir de la peur et verra que lui-même et ses actes d’adoration ne sont rien. Jette un autre regard sur l’étendue de la Miséricorde de la Sainte Essence, sur la Perfection de Sa Bonté, sur Sa Toute-Miséricorde englobante, pour avoir donné l’autorisation au faible serviteur, malgré les sortes d’impuretés [présentes en lui], l’extrême impuissance et misère, à avoir accès à la Présence de Sa Sainteté et pour l’avoir appelé à l’Assemblée de la

    Familiarité avec des égards – la descente des Anges, la révélation des Livres célestes, l’envoi des Prophètes et des Messagers – sans qu’il n’y ait pour cette malheureuse [existence] possible (non obligatoire) de préparation préalable ni qu’il y ait pour Sa Présence [de Dieu] (qu’Il soit Magnifié et Exalté) (que Dieu nous en préserve !), pour les Anges de Dieu ou pour les Prophètes(p) un profit dans cet appel et cette présence.

    Il  n’y a pas de doute que le cœur, avec cette orientation, arrivera à la Familiarité et ressentira de l’espoir et de l’espérance.

    Alors prépare-toi à la présence, des deux pieds de la peur et de l’espoir, de la crainte et du désir, avec un cœur timide, un for intérieur craintif et des sentiments de contrition, d’abaissement, de faiblesse et de misère. Et ne vois en toi aucune distinction du fait de la présence en cet Endroit de la Présence.

    Ne considère pas ton âme comme convenant à l’acte d’adoration et à l’assujettissement [à Dieu].

    Considère que l’autorisation d’entrer dans l’adoration et l’assujettissement [à Dieu] provient de la Miséricorde englobante, de la Bonté générale de la Présence de l’Unité (Ahadiyyah) (que Sa Puissance soit magnifiée), car si tu places ton avilissement devant tes yeux et que tu as fait tes petites ablutions pour la Sainte Essence de Dieu avec ton esprit et ton cœur, et que tu as considéré ton âme et ton assujettissement [à Dieu] comme n’étant rien, Dieu (qu’Il soit Exalté) sera Bon envers toi, t’élèvera et te vêtira des habits de Sa Générosité.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 4 Chap2-2)

    Vous devez avoir devant vos yeux votre faiblesse et votre impuissance d’un côté et de l’autre, la Grandeur et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et ressentir alors la crainte de Sa Majesté et l’espoir de Sa Miséricorde pour obtenir l’autorisation d’entrer dans l’adoration et l’assujettissement à Dieu.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    1-Du secret de l’orientation vers la Ka‘ba

    Dernier préliminaire de la prière : l’orientation de la prière vers la Ka‘ba à La Mecque.

    Le fait de se tourner vers la Qiblah pendant la prière (« l’orientation apparente ») comprend en fait deux aspects :

    1-le premier, préalable, qui est de détourner le visage apparent de l’ensemble des côtés éparpillés ;

    2-le second, psychologique, qui est de mettre le visage face à la Ka‘ba – qui est la mère des cités (Oum al-Qurâ) et le centre du déploiement de la terre.

    Et cette forme [cette orientation apparente] a une profondeur qui, elle-même, a un secret, même ! des secrets.

    Ceux qui détiennent les secrets cachés (ghaybiyyah) détournent le fond de l’esprit des côtés éparpillés des multitudes du Mystère (al-

    Ghayb) et du manifeste. Ils donnent l’orientation de « l’Unité de l’attachement » au secret de l’esprit et placent l’ensemble des multitudes éphémères dans le secret de « l’Unité du regroupement ».

    Alors, si ce secret spirituel descend dans le ^m, Dieu apparaît dans le cœur d’une apparition du Nom le plus Grandiose (al-Ism al-A‘zham) qui est la station du Regroupement Nominal ; et les multitudes nominales disparaissent et se dissipent dans le Nom le plus Grandiose. Ainsi, dans cette station, l’orientation du cœur apparait être vers la Présence du Nom le plus Grandiose.

    Si elle [cette orientation] apparait du fond du cœur vers l’apparent du monde, alors la forme de la disparition de l’autre [que Dieu] réside dans le détournement de l’occident et de l’orient du monde, et celle de l’orientation vers la

    Présence du Regroupement, dans l’orientation vers le centre du déploiement de la terre, qui est la Main de Dieu sur terre.

    Quant au pèlerin vers Dieu qui chemine de l’apparent vers le profond et qui s’élève de ce qui est public vers le secret, il lui est nécessaire de rendre cette orientation formelle vers le centre des bénédictions terrestres [la Ka‘ba] et cet abandon des divers côtés éparpillés comme un moyen pour les états du cœur et ne pas se contenter de la forme vide de sens.

    Il doit détourner le cœur (qui est le centre de l’orientation de la Présence de Dieu) des divers côtés éparpillés (qui sont les statues véritables) et l’orienter vers l’orientation (la Qiblah) véritable (qui est le principe des principes des

    Bénédictions des cieux et de la terre).

    Il doit soulever les délimitations de l’autre [que Dieu] et de l’altérité : pour atteindre, un tant soit peu, le secret de {Je tourne mon visage vers Celui qui a créé les cieux et la terre} (79/6 Les Troupeaux), pour qu’arrive, dans son cœur, un exemple des manifestations du monde du Mystère (al-Ghayb) Nominal et de ses rayons, pour que les côtés éparpillés et les diverses multitudes brûlent par un rayon divin, pour que Dieu (qu’Il soit

    Exalté) le soutienne, pour que les petites statues (et la statue la plus grandiose) se détruisent du fond du cœur, par la Main de la Wilâyah… (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî (qs) – Maqâlat 2

    Les Musulmans se tournent tous vers la même direction, à l’exclusion de toute autre, physiquement, intellectuellement et spirituellement.

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite (1)

    Dernier préliminaire de la prière : l’orientation de la prière vers la Ka‘ba à La Mecque.

    Ô pèlerin vers Dieu, quand tu as détourné ta face apparente des côtés éparpillés du monde de la nature et que tu t’es tourné vers un point unique, tu as mis en avant deux natures originelles (fitra) de la « Fitra » divine(1) qui ont été déposées par la Main du Mystère dans le levain de ton essence.

    Dieu (qu’Il soit Exalté) a fait lever ton argile(2) par elles, de la Main de la Majesté et de la Beauté. Tu as fait apparaître ces deux états naturels (fitriyyah) dans le monde apparent en détournant l’apparent de l’altérité [autre que Dieu] et en l’orientant vers la Qiblah qui est le lieu de l’apparition de la

    Main de Dieu, de Sa Puissance.

    Ces deux natures originelles divines (fitra)

     – l’une étant la répugnance du manque et du manquant, et l’autre étant l’amour de la perfection et du Parfait, l’un étant fondamental, essentiel [l’amour de la perfection] et l’autre venant par la suite, l’ombre – proviennent des natures originelles (les fitr) avec lesquelles l’ensemble des familles de l’humanité a été pétri, sans exception.

    Et dans l’ensemble de la chaîne de l’humanité avec leurs différences au niveau des croyances, de la morale, de la nature, du tempérament, des lieux, des habitudes, du mode de vie (sédentaire ou nomade), qu’ils soient savants ou ignorants, noirs ou blancs, ces deux natures originelles fondamentales (fitra) y sont fermentées, même si les gens en sont voilés et qu’ils divergent sur la caractérisation de la perfection et du manque, du parfait et du manquant.

    Ainsi, le tyran, sanguinaire, meurtrier voit la perfection dans la mainmise sur les âmes des gens et leurs biens. Il voit comme une perfection faire couler le sang et tuer et il passe sa vie à cela. Et celui-là qui demande le monde ici-bas, qui recherche la renommée, l’argent, il voit la perfection dans l’argent, dans la renommée et il les désire ardemment.

    En résumé, celui qui a un objectif, il le voit comme une perfection et son détenteur comme parfait et il le désire ardemment et répugne tout ce qui est autre que lui.

    Aussi les Prophètes(p), les savants et les détenteurs de la connaissance sont ils venus pour faire sortir les gens des voiles, sauver la lumière de leur nature originelle (fitra) des ténèbres de l’ignorance, et faire connaître le Parfait et la perfection [véritables]. Car ceux-là, pour définir le Parfait et la perfection, n’ont pas besoin d’un appel pour s’orienter vers Lui et abandonner ce qui n’est pas Lui. Même ! La lumière de la nature fondamentale (fitra) est le plus grandiose guide divin et il est présent dans l’ensemble de la chaîne du genre humain.

    Et dans cette pommade divine qu’est la prière qui est l’ascension vers la Proximité divine, se tourner vers la Qiblah, s’orienter vers le point central, lever les mains et se détourner des divers côtés, cela indique que la nature fondamentale originelle (la fitra) s’est réveillée et que la lumière est sortie des voiles.

    Cette indication est vraie par rapport aux parfaits et aux gens de la connaissance. Quant aux gens voilés comme nous, il y a des règles de conduite (que nous verrons la prochaine fois).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-1)

     

    Dieu a placé deux natures originelles divines (fitra) en tout être humain : la répugnance du manque et l’amour de la perfection et du Parfait, même si les gens en sont voilés et divergent sur leurs caractérisations.

     

    (1) {La « Fitra » de Dieu avec laquelle Il a créé fatara ») les gens ; pas de changement à la création de Dieu.}(30/30 Les Croyants)

    (2) {C’est Lui le Savant du Mystère et du manifeste, le Puissant, le Très-Miséricordieux qui a bien fait tout ce qu’Il a créé. Et Il a commencé la création de l’homme de l’argile, puis Il tira sa descendance d’une goutte d’eau vile [le sperme], puis Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit.}(6-9/32 La Prosternation)

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite (2)

    Nous qui faisons partie de ces gens voilés de leur nature fondamentale originelle (la fitra), nous devons suivre certaines règles de conduite.

    Par rapport à nous, les gens voilés, la règle de conduite est de faire comprendre au cœur qu’il n’y a pas de perfection ni de Parfait dans l’ensemble de la demeure de la réalité en dehors de la Sainte Essence, complète, de façon absolue.

    Car cette Sainte Essence est une Perfection sans manque, une Beauté sans défaut, une

    Effectivité sans mélange avec quelque chose en puissance, un Bien sans mélange avec le mal, une Lumière sans mélange avec les ténèbres.

    Et tout ce qu’il y a dans la demeure de la réalisation en perfection, en beauté, en bien, en puissance, en grandeur, en luminosité, en effectivité, et en bonheur, tout cela est une

    Lumière de la Beauté de cette Sainte Essence et personne n’est associé à la Sainte Essence dans Sa Perfection Essentielle.

    Et, pour les existants, il n’y a de beauté, de perfection, de lumière, d’éclat que par la Beauté de cette Sainte Essence, par Sa Perfection,

    Sa Lumière et Son Eclat.

    En résumé, le monde est illuminé de l’Eclat de Sa Sainte Beauté qui lui a donné la vie, le savoir, la puissance. Sans cela, la demeure de la réalisation serait restée dans les ténèbres du néant, en latence et dans la profondeur du faux. Même ! Celui qui a le cœur illuminé de la lumière de la connaissance, voit toute chose autre que la Lumière de la Beauté du Beau comme fausse, comme nulle, le néant de façon éternelle et perpétuelle.

    Si ton cœur a compris l’inanité de l’ensemble de la demeure de la réalisation et la Perfection de la Sainte Essence, alors tu n’as pas besoin de voir pour orienter ton cœur vers la Qiblah véritable, désirer la Beauté du Beau, répugner l’ensemble de la demeure de la réalisation autre que l’Eclat de la Sainte Essence.

    Même ! La « Fitra » de Dieu appelle l’homme, par un appel du cœur naturel fondamental (aljabaliyyah fitriyyah), et devient alors : {J’ai tourné mon visage vers Celui qui a créé (fatara) les cieux et la terre.}(79/6 Les Troupeaux), la langue de l’essence humaine, de son cœur, de son état ; et il apparait que {Je n’aime pas ceux qui disparaissent}(76/6 Les

    Troupeaux) est la langue de sa nature fondamentale originelle (fitra).

    Sache, ô [mon] pauvre, que le monde par son côté autre [que Dieu] est éphémère, insignifiant, disparaissant, vain ; aucun existant est de lui-même quelque chose et il n’est pas en soi une beauté, une splendeur, une lumière, un éclat. La Beauté et la Splendeur ne se limitent qu’à la Sainte Essence.

    Cette Sainte Essence qui, comme Elle est Unique dans la Divinité et dans l’Existence Nécessaire (c’est-à-dire « Qui existe sans qu’il n’y ait de cause ni de condition à Son Existence »), est aussi Unique par la Beauté, la Splendeur, la Perfection, même ! Unique par Son

    Existence.           

    Alors que l’abaissement du néant en soi et l’inanité sont inscrits/ gravés sur le toupet de tout autre que Lui. Alors, détourne ton cœur (qui est le centre de la lumière de la Fitra de Dieu) des aspects éparpillés des inanités, des néants et des manques, et tourne-le vers le centre de la Beauté, de la Perfection pour que la langue de ta « fitra » dans ta conscience pure soit comme dit le grand savant ash-Shîrâzî : « Nos cœurs ne peuvent contenir personne autre que le Bien-Aimé.

    Alors, laisse les deux univers pour l’ennemi car le Bien-Aimé nous suffit. »

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-2)

     

    Détourne ton cœur (qui est le centre de la lumière de la Fitra de Dieu) des aspects éparpillés des inanités et tourne

    -le vers le centre de la Beauté !

    • B/DES RÈGLES DE CONDUITE À PROPOS DES PRÉLIMINAIRES DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’orientation

    2-Quelques règles de conduite [Sur l’orientation de la prière] (3)

    Hadîth tiré du Flambeau de la Loi révélée (Misbâh ash-Sharî‘at)

    En corrélation de ce chapitre, l’Imâm Khomeynî(qs) évoque un passage d’un noble hadîth de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de

    « Misbâh ash-Sharî‘at » (le Flambeau de la Législation) à propos de l’orientation de la prière, qu’il a fait suivre d’un commentaire.

    L’intérieur, ainsi que de la création et des gens qui s’y trouvent. Vide ton cœur de toute occupation qui te détournerait de Dieu (qu’Il soit Exalté) et regarde, de ton secret [de ton for intérieur], la Grandeur de Dieu Très-Elevé et rappelle-toi ta station devant Lui le jour où {chaque âme sera éprouvée par (les conséquences de) ce qu’elle aura précédemment accompli. Et ils seront ramenés vers Dieu, leur vrai Maître}.(30/10 Yûnes) Alors tiens-toi debout sur les pieds de la peur et de l’espoir.. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » N°13 p41)

    Cette noble loi est une loi universelle pour les gens voilés comme nous qui ne pouvons pas garder tout le temps nos états de cœur.

    Nous réunissons l’Unité et la multiplicité, nous nous tournons vers Dieu et vers la création.

    Alors, il nous est nécessaire de désespérer de ce monde et de ce qu’il y a à l’intérieur au moment de nous tourner vers Dieu et de nous orienter vers la Qiblah, ainsi que de supprimer toutes nos ambitions par rapport à ce monde et à ses affaires.

    Il nous faut sortir, de notre esprit et de notre cœur, les occupations du cœur et les préoccupations spirituelles, pour que nous convenions à la présence de la Présence et que se manifeste, dans le secret de notre esprit, un des éclats de la Grandeur.

    Alors, si nous trouvons la lumière de la Grandeur en fonction de nos dispositions, nous nous rappelons notre retour vers Dieu et notre station dans le saint Endroit de Sa Présence : {Là, chaque âme sera éprouvée par (les conséquences de) ce qu’elle aura précédemment accompli. Et ils seront ramenés vers Dieu, leur vrai Maître}.(30/10 Yûnes)

    Alors ‘barré’ (se dessine la ligne de la nullité de) l’ensemble des passions de l’âme et des vains objets d’adoration (les « idoles ») !

    En l’Endroit de la Présence de Celui à la grandiose Importance, qui est la demeure de l’entière réalisation d’un des éclats de Ses Actes, un malheureux comme toi et moi doit nécessairement s’arrêter et aller et venir d’un pas de peur et d’espoir.

    Si nous voyons la faiblesse, la tiédeur, la misère, la pauvreté, l’abaissement en nous-mêmes d’un côté et de l’autre, la Grandeur, la Splendeur, la Majesté, l’Arrogance dans la

    Sainte Essence, nous tombons dans la peur, la crainte du danger de cette station.

    Et si nous trouvons la Miséricorde, l’Attendrissement, la Bonté infinie et la Générosité illimitée, nous sommes pleins d’espoir et d’espérance. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 2 – Maqsad 5 Chap2-3)

    Comme nous réunissons l’Unité et la multiplicité, il nous faut désespérer de  monde pour nous tourner exclusivement vers Dieu.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (1)

    A partir de maintenant, c’est la prière proprement dite qui va être abordée. Car tout ce qui a été dit précédemment (sur la pureté, les vêtements, le lieu, le moment et l’orientation de la prière ainsi que sur l’état dans lequel doit se trouver le prieur) constitue les préliminaires nécessaires à l’acceptation de la prière. Et en premier lieu, nous verrons l’adhân (l’appel à la prière) et l’iqâmah (l’annonce du début de la prière).

    En effet, la prière est précédée par l’appel à la prière (al-adhân) puis par l’annonce de son début (aliqâmah).

    Le secret de l’appel à la prière (l’adhân)

    Pour celui qui chemine vers Dieu, il est nécessaire que l’appel à la prière (al-adhân) transmette au cœur, qui est le sultan des forces immatérielles (malakûtiyyah) et de ce monde (mulkiyyah) et des autres soldats répandus dans les directions éparpillées de ce monde et du monde immatériel (malakût), l’annonce de se présenter au lieu de Présence. C’est-à-dire, le moment de la Présentation et de la Rencontre s’est approché, alors [il doit] préparer ces forces.

    Ainsi, s’il fait partie des gens du désir et de l’amour ardent, il ne sera pas pris au dépourvu au point de ne pouvoir supporter la Manifestation soudaine et de perdre sa stabilité.

    Et s’il fait partie des gens voilés, il ne peut pas entrer dans le Lieu sacré de la Présence, sans préparation des moyens et suivi de règles morales de conduite.

    Le secret global de l’appel à la prière (adhân) est donc l’information [donnée] aux forces immatérielles (malakûtiyyah) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) ainsi qu’aux armées divines, de la Présentation (hudûr).

    Sa règle de conduite morale globale est de faire attention à la grandeur et à l’importance de la station, à la grandeur du Lieu de la Présence et de Celui qui est Présent d’un côté.

    Et de l’autre, l’avilissement du « possible »(1) [c’est-à-dire lui], son indigence, sa carence, son manque, son impuissance à accomplir l’ordre et à se présenter au lieu de Présence si la Bonté et la Miséricorde de Dieu

    Tout-Puissant ne le soutiennent pas ni ne compensent ses manques.

    Le secret de l’annonce du début de la prière (l’iqâmah)

    Il réside dans le fait de préparer les forces immatérielles (malakûtiyyah) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) à se rendre au lieu de Présence et de les rendre présentes à la

    Présentation.

    Et sa règle de conduite morale globale est la peur, la crainte, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en la Miséricorde infinie de Dieu.

    En résumé :

    Le cheminant vers Dieu doit faire comprendre à son cœur, durant l’ensemble des parties de l’adhân et de l’iqâmah, la grandeur du Lieu de Présence, de la Présence, et de Celui qui est Présent.

    Et il doit placer devant ses yeux l’avilissement de son âme, son impuissance, ses manques, tout en lui faisant voir, d’un autre côté, la Miséricorde étendue et les Bontés généreuses, pour arriver à l’espoir et au désir.

    (1)le possible, qui a une existence possible, non nécessaire, non obligatoire, qui n’a d’existence que par Dieu.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    – Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (2)

    Nous avons vu le secret global et la règle de conduite morale de l’adhân (l’appel à la prière) et nous avons commencé à voir ceux de l’iqâmah (l’annonce du début de la prière). Voici la suite.   

    La règle globale de conduite de l’annonce du début de la prière (l’Iqâmah) est la peur, la crainte, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en la Miséricorde infinie de Dieu.

    Pour les cœurs amoureux, pour qui le désir et l’attraction prennent le dessus, ils avancent du pas de l’amour et de la passion ardente vers le lieu de la familiarité.

    Ces cœurs sont occupés par cette attraction invisible (ghaybiyyah) et aiment le Lieu de Présence et Celui qui est Présent jusqu’à la fin de la prière, avec l’amour accompagné de l’évocation de Dieu et de la pensée pour Lui.

    Il est rapporté de l’Imâm ‘Alî fils d’Abû Tâleb(p) : « La meilleure personne est celle qui aime ardemment les actes d’adoration, les étreint, les aime de tout son cœur et qui les commence [accomplit] de son corps et se consacre entièrement à eux. Il ne se soucie donc pas de ce qui advient en ce monde, que ce soit dans la facilité ou dans la difficulté. » (de l’Imâm ‘Alî(p), de « Mishkât al-Anwâr fî ghur al-Akhbâr » p112)

    Pour les cœurs craintifs, c’est le Sultan de la Grandeur qui se manifeste à eux. L’attraction de la Coercition prend le dessus et les met dans un état de foudroiement : la crainte et la peur les font fondre, le manque essentiel et le sentiment d’avilissement et d’impuissance de leurs âmes les éloignent de toute chose.

    Il est rapporté de l’Imâm Moussa fils de Ja‘far(p) : « Le Prince des croyants(p) disait : « Dieu a des adorateurs/ serviteurs dont le cœur se brise de crainte pour Lui, Il les alors réduit au silence. » » (de l’Imâm Moussa fils de Ja‘far(p), de l’Imâm ‘Alî(p) tiré de « Mishkât al-Anwâr fî ghur al- Akhbâr » p59)

    Ainsi Dieu (qu’Il soit Exalté)

    Se manifeste à Ses Proches-Elus parfaits de plusieurs façons :

    1) Parfois par la Manifestation de la Bonté ; alors l’amour ardent et l’attraction amoureuse les guident, comme il est rapporté dans le hadîth.

    Le Messager de Dieu(s) attendait la prière et, son amour et son désir se faisant de plus en plus pressants, il(s) disait à Bilal [chargé d’annoncer la prière] : « Soulage nous, ô Bilal ! ».

    2) Parfois par la Manifestation de la Grandeur et de l’Autorité, alors ils se mettent à avoir peur et à être craintifs comme ces états de crainte rapportés à propos du Messager de Dieu(s) et des Imâms de la Guidance(p).

    3) Et parfois encore, par la Manifestation de l’Unité

    Synthétique (al-Ahadî al-Jam‘î), selon la puissance des cœurs et leur capacité de contenir.

    Mais nous, les voilés, qui sommes occupés par ce monde, enfermés dans la prison de la nature, enchaînés dans les carcans des désirs matériels et des espoirs, privés des félicités rationnelles divines, qui ne nous dégrisons pas de l’ivresse de la nature vers le matin de l’éternité, ni ne nous réveillons jamais de notre lourd sommeil, nous sommes en dehors du cadre de ces divisions et exclus de cette mise en évidence.

    Pour nous, les règles morales de la Présentation (al-hudûr) sont d’un autre ordre, ainsi que les devoirs au niveau du cœur qui prennent une autre forme.

    Mais avant tout, nous devons faire sortir de nos cœurs, le désespoir de l’Esprit de Dieu et celui de Sa Miséricorde. Ils sont les deux plus grands soldats d’Iblis et font partie des insinuations des shaytâns des hommes et des djinns. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    La règle globale de conduite de l’Iqâmah est la peur, la pudeur, la timidité et l’espoir confiant en Dieu, selon la Manifestation de Dieu dans les cœurs. Et pour les cœurs voilés, la priorité est d’en faire sortir le désespoir de l’Esprit de Dieu et de Sa Miséricorde.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    1-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (3)

    Nous avons vu le secret global et la règle de conduite morale de l’adhân (l’appel à la prière) et nous continuons de voir ceux de l’iqâmah (l’annonce du début de la prière).

    Nous étions arrivés à la situation des gens comme nous.

    Avant tout, nous ne devons pas désespérer de l’Esprit et de la Miséricorde de Dieu. Nous ne devons pas nous imaginer que les vêtements des stations [vues précédemment] ont été cousus à la taille de personnes particulières, et que les mains de nos espoirs ainsi que nos jambes ne peuvent pas les atteindre, de sorte que nous ne faisons aucun pas et que nous restons, par froideur et langueur, éternellement sur la terre de la nature.

    Certes, la station particulière de l’élite des Gens de Dieu n’est facile pour personne ! Mais il y a pour les stations morales et les connaissances divines, des degrés infinis et des stations multiples qui sont plus faciles d’accès que ces stations, ces connaissances, ces états et ces degrés, de sorte que si nous quittons la froideur et la langueur présentes en nous-mêmes, que nous nous éloignons de l’entêtement et du fanatisme pour ces gens de l’ignorance éloignés des coeurs des adorateurs/serviteurs de Dieu, nous ne trouverons aucun shaytân sur la voie de notre cheminement.

    Ainsi la 1ère règle de conduite de la présentation (hudûr) que nous devons suivre, au début de l’ordre

    – dans la mesure où nous n’avons pas dépassé le niveau des sens et de l’apparence, que nous n’avons, devant nos yeux, que la grandeur et la majesté de ce monde et que nous n’avons aucune connaissance de la Grandeur divine invisible (ghaybiyyah) – est de :

    • voir le Lieu de Présence de

    Dieu (qu’Il soit Exalté) comme une assemblée d’un sultan ayant une grande importance, dont la grandeur est connue par le coeur,

    • faire comprendre au coeur que toute grandeur, toute majesté, tout orgueil sont des manifestations de la Grandeur du monde immatériel (al-malakût) qui est descendue [révélée] à ce monde et que ce monde immatériel (malakût), à côté des mondes invisibles (ghaybiyyah), n’a aucune valeur sensible.

    Alors nous faisons comprendre au coeur que le monde est le Lieu sacré de la Présence de Dieu et que Dieu (qu’Il soit Exalté) est

    Présent dans l’ensemble des lieux et des espaces, particulièrement durant la prière, qui, elle, est une autorisation singulière pour la Présentation

    (hudûr) et un rendez-vous spécifique pour la Rencontre et le Désir avec la Présence de l’Un.

    L’objectif est donc de rendre le cœur sensible à la Grandeur et à la Présentation, même si, au début, cela est affecté. Le cœur se familiarise progressivement et ce passage devient réel.

    Si nous suivons les règles formelles de conduite pratiquées avec le roi du royaume et que nous les mettons en pratique lors de la Présentation, il y aura également des effets au niveau du cœur, et la grandeur sera ressentie.

    Progressivement, les résultats demandés arriveront. Il en est de même en ce qui concerne les effets de l’amour et du désir ardent.

    Ils arrivent également par le comportement et la gymnastique.

    En premier lieu, les Miséricordes formelles et les Bontés sensibles de Dieu doivent être exposées au cœur, afin d’atteindre les stations de la Toute-Miséricorde, de la Très-Miséricorde et du Bienfaiteur et d’y familiariser progressivement le cœur. L’effet arrivera à l’intérieur (en profondeur) à partir de l’extérieur (de l’apparent) et le royaume de l’intérieur s’illuminera des effets de la Beauté et les résultats demandés arriveront.

    Si l’individu fait cela et mène le combat dans la voie de Dieu,

    Celui-ci (qu’Il soit Exalté) le soutiendra et le sauvera, par la main invisible (ghaybiyyah), des ténèbres du monde de la nature. Par le rayonnement de la Lumière de Sa Beauté, Il illuminera la terre sombre de son cœur et le transformera en des cieux spirituels. {À quiconque accomplit une bonne action, Nous augmentons la récompense. Dieu est certes Pardonnant et Remerciant.} (23/42 La Consultation) (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(q.s.) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.1)

    La 1ère règle est de voir le Lieu de Présence de Dieu comme une assemblée d’un Sultan très puissant et de faire comprendre au cœur que toute grandeur est une manifestation de la Grandeur du monde immatériel révélée à ce monde qui n’est rien comparativement au monde «ghaybiyyah».

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (1)

    Nous allons maintenant entrer dans les détails de ce qui est dit sur l’adhân et l’iqâmah, et en premier lieu sur les « takbirât » (dire : « Dieu est plus Grand ! »).

    L’adhân est l’annonce aux forces apparentes et intérieures de l’âme de se présenter au Lieu de la Présence de la Seigneurie en vue de louer l’Essence Sacrée selon l’ensemble des Noms, des Attributs, des Affaires et des Signes

    Cela parce que la prière est une louange synthétique (jâmi‘) et que l’« objet » de cette louange est l’Essence sacrée selon Sa Manifestation par le Nom le plus

    Grandiose qui est, lui, la station de l’Unité de l’ensemble des Noms dans la Présence de l’Unicité, et la station de la Manifestation du rassemblement et de la dispersion, de l’apparent et de la profondeur dans les présences/places des déterminations et des Noms en soi.

    Ainsi, le cheminant s’oriente, dès le début de l’ordre, vers l’Orgueil (la Supériorité, Kibriyâ’) de l’Essence sacrée, selon cette affaire regroupante et annonce Sa

    Grandeur et Son Orgueil, d’abord aux forces immatérielles

    (malakûtiyya) et matérielles (de ce monde, mulkiyyah) du royaume de son âme ; deuxièmement, aux Anges de Dieu qui sont chargés du monde immatériel (malakût) des forces qui sont répandues dans le royaume de l’âme ; troisièmement, aux existants des mondes des mystères (ghaybiyyah) et de la vision ; quatrièmement, aux Anges de Dieu qui sont chargés du monde immatériel (malakût) des cieux et des terres.

    Il annonce, selon les quatre takbirât (dire « Dieu est plus Grand »), l’Orgueil (la Supériorité) du Nom le plus Grandiose sur l’ensemble des habitants des mondes de l’invisible et du manifeste, dans le royaume intérieur et extérieur.

    Cette même déclaration annonce son impuissance à pouvoir louer l’Essence Sacrée, son incapacité à effectuer la prière.

    Cela [fait partie] des ordres généraux dans le cheminement et des règles de conduite se rapportant à la Louange et aux actes d’adoration [de Dieu] qui doivent nécessairement être dressés devant les yeux du cheminant durant l’ensemble des états de la prière.

    C’est pourquoi [les « takbîrât »] sont répétés dans l’adhân et dans l’iqâmah, et se répètent en permanence durant la prière, notamment au moment du passage d’un état à un autre jusqu’à ce que l’incapacité en soi de son âme d’un côté et la Grandeur et l’Orgueil de l’Essence sacrée, de l’autre, s’installent dans le cœur du cheminant.

    Ainsi, la règle de conduite à suivre est : la nécessité au cheminant de rappeler à son cœur et à ses forces, l’impuissance de son âme et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu.

    Selon un autre point de vue, il est possible que chacun des premiers « takbîrât » de l’adhân soit une indication d’une station.

    Ainsi le premier « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue de l’Essence ; le deuxième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Attributs ; le troisième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Noms ; le quatrième « takbîrat » indiquerait le fait que « Dieu est plus Grand » (le « takbir ») de toute description du point de vue des Actes.

    Comme si le cheminant disait « Dieu est plus Grand » que toute qualification de Son Essence ou des Manifestations de Son Essence ; « Dieu est plus Grand » que toute qualification de Ses Attributs ainsi que de Ses Noms et de Ses Actes, ou des manifestations de chacun d’entre eux. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.2)

    L’adhân est l’annonce à la présentation devant la Manifestation du Nom le plus Grandiose selon les différents degrés de manifestation. D’où la nécessité de rappeler à son cœur et à ses forces l’impuissance de son âme et la Supériorité (l’Orgueil) divine.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (2)

    Nous avons vu que la première règle de conduite à suivre pour les « takbirât » est que le cheminant doit rappeler à son cœur et à ses forces, l’impuissance de son âme et l’Orgueuil (la Grandeur) de Dieu (qu’Il soit Glorifié).

    Dans un long propos rapporté, le Prince des croyants(p) dit : « L’autre aspect qu’il y a dans le fait de dire « Dieu est plus Grand » est qu’il y a une négation de Son Comment. Comme s’il [celui qui dit le « takbîr »] disait : « Dieu est trop Majestueux, pour que ceux qui décrivent [puissent] connaître la mesure de Son Attribut décrite par lui [l’attribut]. En effet, ceux qui décrivent Le décrivent selon leur mesure (capacité) [à eux], pas selon Celle de Sa Grandeur et de Sa Majesté. Dieu est plus Elevé que ce que ceux qui décrivent connaissent de Son

    Attribut, d’une très grande Elévation. » (du Prince des croyants(p) tiré d’« at-Tawhîd » de sheikh Sadûq p238)

    Parmi les règles de conduite importantes pour les « takbîrât », il y a que le cheminant s’efforce de rendre son cœur un lieu pour l’Orgueil (la

    Supériorité) de Dieu Tout-Puissant par la gymnastique du cœur et qu’il réserve la grande Importance, la Grandeur, le Pouvoir, la Majesté exclusivement à l’Essence Sacrée de Dieu Tout-Puissant et qu’il retire l’orgueil (la supériorité) de l’ensemble des existants [autres que Lui].

    Mais, s’il a, dans le cœur, une trace d’orgueil (supériorité) de quelqu’un, qu’il ne voit pas et dont il ignore qu’il est un rayon de l’Orgueil de Dieu, alors son cœur est malade, défectueux et un lieu à la disposition du shaytân. Et il est possible que cela est dû aux agissements sataniques parce que l’emprise de l’orgueil d’autre que Dieu est plus ample sur le cœur et le cœur le voit plus grand que Dieu !

    Dans ce cas de figure, l’homme est considéré comme faisant partie du groupe des hypocrites.

    Et le symptôme de cette maladie destructrice est que l’homme privilégie la satisfaction de la créature à celle de Dieu et [soit prêt à] susciter la Colère du Créateur pour la satisfaction du créé.

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) : « S’il est dit « Dieu est plus Grand », alors rends petit ce qu’il y a entre les cieux élevés et la terre sauf Son Orgueil.

    Car, si Dieu voit dans le cœur d’un serviteur/adorateur qui dit : « Dieu est plus Grand », un élément qui contredit la réalité de son « takbîr », Il dit alors : « Ô menteur ! Tu me leurres ?! Par Ma Puissance et Ma Majesté, Je te priverai certainement de la douceur de Mon Evocation, Je te voilerai loin de Ma Proximité et du chuchotement de Mon

    Entretien Intime ! » » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) tiré de « Misbâh ash-Sharî‘at » pp87-88)

    Ainsi, si Dieu voit une défaillance au niveau du cœur de celui qui prononce le « takbîr », c’est-à-dire, s’Il voit que le cœur ne correspond pas à ce qui est dit au niveau de la langue, alors Il (Tout-Puissant) traitera de menteur ce serviteur et l’éloignera de Lui !

    Voilà ce qui est réservé à nos cœurs misérables, la privation de la douceur de l’Evocation de Dieu (qu’Il soit Exalté), et à nos esprits, l’absence de pouvoir goûter au plaisir de l’Entretien Intime avec cette Essence Sacrée. Nous sommes empêchés d’approcher de la « Proximité des Côtés », privés des manifestations de la Beauté et de la Majesté, parce que nos cœurs sont défectueux, malades.

    Nous nous sommes voilés des voiles de nous croire éternels sur terre et des voiles ténébreuses de la nature, loin de la connaissance de l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et des Lumières de la Beauté et de la Majesté. Et tant que nous regardons les existants d’un regard iblissien, indépendant, nous ne goûterons jamais à la boisson de l’ « Arrivée », et nous ne recevrons pas le plaisir des Entretiens intimes.

    Tant que nous verrons en quelqu’un du monde de l’existence, la puissance, l’orgueil, la grandeur, la majesté, nous resterons voilés dans les voiles des idoles des déterminations de la création et ne se manifestera jamais dans nos cœurs le pouvoir de l’Orgueil de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.2)

     

    La seconde règle de conduite est de rendre son cœur un lieu pour l’Orgueil (la Grandeur) de Dieu Tout- Puissant par la gymnastique du cœur et uniquement pour Lui.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernantl’Adhân et l’Iqâmah

    2-De leurs secrets globaux et de leurs règles de conduite (3)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour les « takbirât » de l’adhân et de l’iqâmah.

    Ainsi, parmi les règles de conduite du « takbîr » (dire

    « Dieu est plus Grand ! »), il y a :

    -Que le cheminant ne s’arrête pas à la forme, qu’il ne se contente pas de la prononciation et du remuement de la langue, mais que, dès le début, il attire l’attention du cœur sur l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu et sur le fait que la Grandeur, la Majesté ne sont réservées qu’à l’Essence Sacrée (que

    Sa Grandeur soit Magnifiée), par la force de l’argumentation et de la lumière des sciences divines, ainsi que sur l’indigence, l’abaissement et la misère de l’ensemble des habitants du monde du possible(1) et la totalité des existants corporels et spirituels.

    -Puis, par la force de la gymnastique et de la multitude des désirs et la familiarité totale, qu’il fasse vivre son cœur de cette Subtilité divine et qu’il lui donne la félicité et la vie rationnelle spirituelle.

    Si l’indigence et l’abaissement du possible et la Grandeur et l’Orgueil (la Supériorité) de Dieu (que Sa Puissance soit Magnifiée) se dressent devant ses yeux, si la réflexion et le rappel atteignent un certain niveau et si arrivent au cœur la familiarité et la tranquillité, alors, le cheminant vers Dieu verra, de l’œil de la clairvoyance, les traces de la Majesté et de l’Orgueil de Dieu dans l’ensemble des existants. Les défauts et les maladies de son cœur se soigneront. Il trouvera le plaisir des entretiens intimes et la douceur de l’évocation de Dieu.

    Le cœur sera le lieu de résidence du pouvoir de l’Orgueil de Dieu (que Sa Majesté soit Magnifiée). Les effets de l’Orgueil (la Supériorité de Dieu) apparaîtront à l’extérieur et à l’intérieur du royaume et le cœur sera en harmonie avec la langue, le secret avec l’apparent. L’ensemble des forces intérieures et apparentes, le monde-ci et le monde immatériel (malakût) diront : « Dieu est plus Grand ». Un des voiles épais se soulèvera et il avancera d’un niveau vers la prière véritable qui est l’ascension de la Proximité.

    Dans un long propos de l’Imâm as-Sâdeq(p) décrivant l’ascension, il est indiqué une partie de ce qui vient d’être évoqué : « Dieu le Très-Puissant, le Coercitif, a fait descendre sur lui [le Prophète(s)] un palanquin de lumière dans lequel il y avait quarante sortes de lumière qui entouraient le Trône. Le Trône de Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) éblouit les regards des regardants. » (…) Jusqu’à ce qu’il(p) dise : « Il s’assit dedans et monta avec au ciel de ce monde. Les

    Anges se dispersèrent vers les extrémités du ciel, tombèrent prosternés et dirent : « Très Glorifié ! Très Sanctifié ! Notre Seigneur et Seigneur des Anges et de l’Esprit ! Comme cette lumière ressemble à la Lumière de notre Seigneur ! »

    Gabriel dit alors : « Dieu est plus Grand ! Dieu est plus Grand ! ». Les Anges se turent, les portes du ciel s’ouvrirent et les Anges se rassemblèrent. Ils arrivèrent et saluèrent-le

    Prophète par groupes. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) in ‘Illal ash-sharî‘at repris dans al-‘Kâfî, vol.3 p483)

    Il y a dans ce propos rapporté des secrets grandioses qui ne peuvent être abordés ici. Concernant notre sujet, il y a ces témoignages : par l’intermédiaire du « takbîr » de l’Ange Gabriel(p), les Anges se turent, se rassemblèrent et se réunirent autour du « Walî » absolu, et le premier ciel s’ouvrit. Un des voiles qui était sur le chemin de l’ascension vers Dieu a été déchiré.

    Ces voiles qui se déchirent et se soulèvent durant l’adhân ne sont pas les mêmes voiles qui sont dans les « takbîrât » du début [de la prière].

    Et peut-être que le secret de la présence de deux « takbîrât » dans l’iqâmat réside dans le fait que le cheminant a dressé ses forces dans le Lieu de la Présence, et qu’il s’est un peu déplacé de la multitude vers l’Unité, alors il dit : « Dieu est plus Grand » au niveau de l’Essence et des Noms, ou des Noms et des

    Attributs.

    Et peut-être que le « takbîr » des Attributs et des Actes sont repliés dans le « takbîr » de l’Essence et des Noms. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I Chap.2)

    (1) le possible, qui a une existence possible, non nécessaire, non obligatoire, qui n’a d’existence que par Dieu.

    Parmi les règles de conduite : attirer l’attention du cœur sur la Supériorité de Dieu puis la lui faire vivre par la force de la gymnastique et de l’accroissement de l’amour pour Dieu en même temps que le sentiment

    de sa propre indigence de Dieu.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de l’Unicité (1)

    Avant de mettre en évidence le lien de l’Attestation de l’Unicité (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») avec l’adhân, nous allons voir les différents niveaux de considération de l’Unicité divine, notamment celui de l’Essence et celui des Actes.

    En considérant l’Unicité au niveau de l’Essence       au niveau des Actes

    Si ce qui est visé de l’attestation de restreindre la divinité à Dieu est la Divinité au niveau de l’Essence, sa réalité est proche de celle du « takbîr » (dire : « Dieu est plus Grand ! »).

    Si le mot « ilâh » est dérivé de « alah » (être stupéfait de quelque chose, rester interdit, effrayé devant ou par quelque chose), de « lâh » (être haut, élevé) ou de « lâh, yalûh » (être couvert, caché sous un voile), alors on connait son lien avec l’adhân et la prière en revenant au chapitre sur le « takbîr » et à ses règles morales de conduite également.

    Cependant sa répétition – même si elle n’est pas totalement dénuée de profits – contredit la brièveté.

    Si le mot « ilâh » est dérivé de « alaha » (adorer) et ce qui est visé est « Celui qui est adoré », alors le cheminant doit rendre son attestation formelle de limiter l’adoration à Dieu (qu’Il soit Exalté et que Sa Grandeur soit Magnifiée) conforme à l’attestation de son cœur, de son for intérieur. Et qu’il sache que s’il y a quelqu’autre adoré dans son cœur alors il est un hypocrite dans cette attestation.

    La règle de conduite à suivre

    Le cheminant vers Dieu doit faire parvenir l’attestation de la divinité au cœur par la gymnastique et démolir les petites comme les grandes idoles façonnées par les agissements du shaytân et de l’âme instigatrice [du mal] au sein du cœur, qui doivent être abattues pour convenir à la Présentation (hudûr) de la Sainte Présence.

    Tant que les idoles de l’amour pour ce monde et les affaires de ce monde sont présentes au sein du cœur, le cheminant ne trouvera pas le chemin vers l’objectif.

    Alors, l’attestation de la Divinité est l’annonce aux forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) de placer, sous leurs pieds, les objets nuls d’adoration et les objectifs tordus (déviés), pour pouvoir accéder à l’ascension de la Proximité.

    Si ce qui est visé de l’attestation de restreindre la divinité à Dieu est la Divinité au niveau des Actes, qui, en d’autres termes, fait allusion aux agissements, à la gestion, à l’influence, alors l’attestation signifie que : « J’atteste qu’il n’y a de « gouverneur » (celui qui exerce un pouvoir absolu, qui a le pouvoir et le libre usage d’agir) dans la demeure de la réalisation, d’ « influenceur » dans l’invisible et l’apparent, que l’Essence Sacrée de Dieu (qu’Il soit Magnifié et

    Exalté). »

    S’il y a dans le cœur du cheminant un crédit (le fait de compter sur) pour un existant et une assurance (être assuré par) vis-à-vis d’un serviteur/adorateur, alors son cœur est malade, et son attestation est un faux-témoignage et une invention fictive. (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.3)

    Attester de n’adorer que Dieu en détruisant toutes les idoles façonnées par l’âme (instigatrice du mal) et le shaytân, provenant de l’amour pour les affaires de ce monde et pour soi-même. Reconnaître que Seul Dieu le Créateur est le Gestionnaire de ce monde.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de l’Unicité (2)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’Attestation de l’Unicité (dire :

    «Il n’y a de divinité que Dieu !») En la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

    Les règles de conduite à suivre

    D’abord, le cheminant doit se convaincre (gouverner), par l’argumentation décisive, de la vérité qu’il n’y a d’«influenceur » dans l’existence que

    Dieu, ne pas fuir les connaissances divines qui représentent l’objectif pour lequel les Prophètes ont été envoyés et ne pas abandonner le Rappel de Dieu et les Affaires de l’Essence et des Attributs.

    Car la source de l’ensemble des félicités réside dans le Rappel de

    Dieu. {Quiconque se détourne de Mon Rappel, aura une vie de misère.}.(124/20 Taha)

    Si le cheminant vers Dieu arrive, par la réflexion et l’argumentation, à la vérité de cette Subtilité divine qui est la source des connaissances divines et une des portes des vérités invisibles (ghaybiyyah), il doit ensuite familiariser le cœur de cette vérité par le rappel et la gymnastique jusqu’à ce qu’il croît. Et cela est le premier niveau de la sincérité de ce qu’il dit [de son attestation].

    Son signe (sa marque, son indice) est de se couper de toute chose vers Dieu et de se détourner (son regard) de toute envie ou espoir en l’ensemble des existants.

    Son résultat est l’Unicité au niveau des Actes qui est en vue des stations des gens de la connaissance.

    Si le cheminant a restreint l’ensemble des influences à Dieu et s’est détourné de désirer de l’ensemble des existants en dehors de l’Essence Sacrée, il conviendra alors au Lieu sacré de Présence. Même ! Son cœur sera tourné vers ce Lieu sacré de Présence, naturellement (au niveau de sa fitra) et essentiellement (au niveau de son être).

    Peut-être que la répétition de l’attestation a lieu en vue de confirmer. Dans ce cas, ce qui est visé de l’attestation est l’une des deux attestations.

    Et peut-être qu’il n’y a pas là de répétition, l’une des deux attestations indiquant la Divinité au niveau de l’Essence et l’autre la Divinité au niveau des Actes. Dans ce cas de figure, la répétition à la fin de l’iqâmat serait en vue du raffermissement.

    C’est pourquoi il n’est pas évoqué alors comme étant une attestation.

    AVERTISSEMENT GNOSTIQUE

    Sache que pour l’attestation, il y a des niveaux. Nous nous contentons d’en évoquer quelques-uns.

    Le 1er niveau : celui de la parole L’attestation au niveau de la parole est connue.

    Si cette attestation au niveau de la parole n’est pas doublée de l’attestation au niveau du cœur – même d’un des niveaux descendants – alors elle n’est pas une attestation mais une trahison et une hypocrisie, comme cela a été évoqué dans le propos rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) dans le chapitre précédent sur le « takbîr ». (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

    Après la prise de conscience et la conviction qu’il n’y a d’«influenceur» que Dieu, il faut familiariser son cœur à cette vérité en éduquant et en entraînant son âme à se détourner de tout ce qui n’est pas Dieu.

    Et en 1er lieu, au niveau de la parole.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de Dieu Unique et son lien avec l’Adhân et la prière (3)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’attestation de l’Unicité de Dieu (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») en la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

     

    AVERTISSEMENT GNOSTIQUE (suite)

    2e niveau (des actes)

    L’homme atteste de l’Unicité de Dieu au niveau des actes de ses membres. Par exemple, il fait entrer, dans le cadre de ses actes et cours de ses actions, la vérité qu’il n’y a d’« influenceur » dans l’existence que Dieu. Comme son attestation au niveau de la parole est de ne connaître d’« influenceur » que Dieu, il doit en être de même pour son plan d’action.

    C’est-à-dire, il ne doit tendre la main pour ses besoins que vers le

    Lieu sacré de la Présence de Dieu (qu’Il soit Magnifié et Exalté), ne pas ouvrir l’oeil de son espoir vers tout autre existant, faire apparaître la richesse et l’indépendance des faibles serviteurs/adorateurs et éloigner d’eux la faiblesse, l’abaissement et l’impuissance.

    Ce sens est évoqué dans beaucoup de propos rapportés comme celui-ci : « La puissance/ dignité du croyant est de se dispenser des gens. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p), Kâfî vol.2 p148)

    Parmi les choses légales recommandées, il y a de faire apparaître les bienfaits et la richesse, et de celles détestables, demander [la satisfaction] des besoins auprès des gens.

    L’homme doit pratiquer la Subtilité divine qu’il n’y a d’« influenceur » dans l’existence que Dieu dans le royaume de Son Apparence.

    3e niveau (du coeur)

    Il est la source des attestations au niveau des actes et de la parole.

    Sans lui, les deux autres ne se réalisent pas. Il consiste en ce que l’Unicité au niveau des Actes de Dieu se manifeste dans le cœur. Le cœur connait, en son for intérieur secret, la réalité de cette subtilité et se coupe de l’ensemble des existants, se sépare d’eux.

    Le pilier des propos rapportés des membres infaillibles d’Ahle al-Beit(p) sur le fait de ne pas désirer ce qu’il y a chez les gens et de désespérer d’eux d’une part et d’autre part d’avoir confiance et de compter sur Dieu (qu’Il soit

    Béni et Exalté) revient à cette station.

    Il est rapporté de l’Imâm ‘Alî fils de Hussein(p) : « J’ai vu tout le bien rassemblé dans le fait de couper tout désir de ce qu’il y a dans les mains des gens.

    Et Dieu exauce en toute chose quiconque n’attend rien des gens et qui renvoie son ordre à Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’ensemble de ses affaires.

    (de l’Imâm as-Sajjâd(p), al-Kâfî, vol.2 p148)

    Et les propos de ce genre sont nombreux.

    4e niveau (de la substance)

    Ce qui est visé en cette attestation est l’attestation existentielle et elle ne se réalise que pour l’élite des Proches Elus de Dieu.

    Et selon le point de vue de ceux là, cette attestation, selon un des sens, est présente dans l’ensemble des existants. Et peut-être que le noble verset : {Dieu atteste qu’il n’y a de divinité que Lui, ainsi que les Anges et les détenteurs du savoir.}(18/3 Ali ‘Imrân) est une indication de l’attestation au niveau substantiel.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

     

    Après le niveau de la parole, viennent ceux des actes, (de se dispenser des autres), du cœur (ne rien désirer ni attendre des autres et tout renvoyer à Dieu) et de la Substance, réservée à l’élite des Proches-Elus de Dieu.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    3-Des règles de conduite concernant l’Attestation de Dieu Unique et son lien avec l’Adhân et la prière (4)

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre pour l’attestation de l’Unicité de Dieu (dire : «Il n’y a de divinité que Dieu !») en la considérant du point de vue de la station de l’Unicité de Dieu au niveau des Actes.

     

    APPENDICE

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) qui se mit à dire quand il entendit le début de l’adhân :

    « Le Messager de Dieu(s) était en train de dormir à l’ombre de la Ka‘bah quand l’Ange

    Gabriel vint à lui portant une coupe dans laquelle il y avait de l’eau du Paradis. Il le réveilla et lui demanda de faire les grandes ablutions avec. Puis il mit pour lui(s) dans son palanquin un million de couleurs de lumière et monta avec lui(s) jusqu’à aboutir aux portes du ciel.

    Quand les Anges le(s) virent, ils se dispersèrent loin des portes du ciel et dirent : « Deux divinités, une divinité sur terre et une divinité au ciel ?! » Dieu donna un ordre à l’Ange

    Gabriel, alors ce dernier dit : « Dieu est plus Grand ! Dieu est plus Grand !(1)»

    Les Anges revinrent aux portes du ciel et les portes s’ouvrirent.

    Il(s) entra jusqu’à aboutir au deuxième ciel.

    Les Anges se dispersèrent loin des portes du ciel. Il(s) dit : « J’atteste qu’il n’y a de divinité que Dieu ! » Alors les Anges revinrent et ils surent qu’il(s) était une créature. Ensuite la porte s’ouvrit et il(s) entra. » (de l’Imâm as-Sâdeq(p) cité par Tafsîr al-‘Iyâshî vol1 p157)

     

    On apprend de ces propos rapportés que l’attestation de la divinité entraîne l’ouverture des portes du ciel et le déchirement de voiles et est une cause du rassemblement des Anges.

    Ce voile qui est déchiré par l’intermédiaire de l’attestation de la divinité et de sa restriction à l’Essence sacrée, fait partie des voiles épais sombres qui, si le cheminant est encore dedans, empêchent son accès vers la Présentation dans le

    Lieu de la Présence. Celui à qui cette porte ne s’ouvre pas, n’a pas de voie vers le cheminement. C’est le voile de la multiplicité des actes et la chute dans le voilement de la multitude dont le résultat est de voir l’effectivité des existants et leurs influences. Le fruit de cette façon de voir est la vision de son indépendance [de Dieu] dans l’effectivité et la procuration. Et cela est absurde, l’associationnisme le plus grandiose.

    De même [on apprend que] le résultat de l’attestation de la

    Divinité et de sa restriction à Dieu (qu’Il soit Exalté) est l’Unicité au niveau des actes, la disparition des multiplicités dans l’Acte de Dieu, la négation de l’influence et de l’effectivité pour autre [que Dieu] et le rejet de l’indépendance pour autre que Dieu (qu’Il soit Exalté).

    De ce point de vue, les Anges sont sortis du voile de la multiplicité (« une divinité dans le ciel et une divinité sur terre ») par l’intermédiaire de cette attestation, et sont revenus à la familiarité et au rassemblement après l’éparpillement et la dispersion. Les portes du ciel s’ouvrirent.

    Le cheminant doit faire de même pour son âme. Il doit déchirer, par cette attestation, le voile ténébreux, ouvrir les portes du ciel et éviter ce voile grandiose qui est l’indépendance [de Dieu], pour se rapprocher de la voie de l’ascension vers les degrés de la Proximité.

    Et cette réalité ne se réalise pas avec le remuement de la langue et le rappel au niveau de la parole. C’est pour cela que nos actes d’adoration ne dépassent pas la limite de la forme et de ce monde, que la porte ne s’ouvre pas pour nous et que le voile ne se soulève pas !

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.3)

    (1) « Allâhu Akbar ! » : « Dieu est plus Grand » et non « le plus grand » comme cela est souvent traduit à tort.

    L’attestation de la Divinité entraîne l’ouverture des portes du ciel et le déchirement de différents voiles, de ceux de la multiplicité jusqu’à ceux de lumière.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (1)

    Toujours à propos des règles de conduite à suivre concernant l’adhân et l’iqâmah.

    L’accomplissement du voyage spirituel et l’ascension de la foi sont impossibles avec des jambes cassées, la bride relâchée, les yeux aveuglés et le cœur où ne brille aucune lumière. {Celui en qui Dieu n’a placé aucune lumière, n’a pas de lumière}. (40/24 La Lumière)

    Ce qui est inévitable et nécessaire pour le parcours de ce chemin spirituel et l’ascension de ces degrés gnostiques, est de s’accrocher à la station spirituelle des guides des voies de la connaissance et des lumières des chemins de la guidance, qui sont ceux qui sont arrivés à Dieu et se sont donnés à Lui. Si quelqu’un veut parcourir ce chemin des pas de l’égoïsme, de lui-même, sans s’accrocher à leur allégeance, alors sa marche est vers le shaytân et l’abîme.

    (…)

    L’empoignement (qabid) de l’existence et le retour au Principe (à

    Dieu) a besoin d’un intermédiaire sans lequel la connexion ne s’établit pas. De même, ne se réalise pas le lien des cœurs déficients et contraints et des esprits descendants et limités avec le Parfait (qui est au-dessus de l’entier), l’Absolu sous l’ensemble des aspects sans les intermédiaires spirituels et les attaches invisibles (ghaybiyyah).

    Si quelqu’un s’imagine que Dieu (qu’Il soit Exalté) est Sustentateur pour tout existant et Enveloppant tous les univers sans intermédiaire comme cela est indiqué dans le noble verset : {Il n’y a pas d’animal rampant qu’Il ne tienne par son toupet}(56/11 Hûd), il se trompe.

    Il a confondu les stations et s’est embrouillé dans les considérations.

    Il a mélangé la station de la multiplicité des niveaux de l’existence avec la disparition des déterminations.

    Et ce sujet n’a pas de relation essentielle avec ce message.

    En gros, l’attachement aux bienheureux élus qui ont été bien dirigés sur le chemin de l’ascension vers les degrés et qui ont achevé le cheminement vers Dieu, fait partie des corollaires du cheminement vers Dieu (comme cela est beaucoup indiqué dans les nobles propos rapportés). Le livre « Wasâ’il » a réservé un chapitre à l’annulation des actes d’adoration sans l’allégeance

    (wilâyah) aux Imâms et sans la croyance en leur Imâmat.

    Il est rapporté de Mohammed fils de Muslim :

    « J’ai entendu Bâqer al-‘ulûm (l’Imâm al-Bâqer(p)) dire : « Sache, ô Mohammed ! que les Imâms de l’iniquité et ceux qui les suivent sont isolés loin de la Religion de Dieu. Ils se sont égarés et ils égarent. Les actes qu’ils effectuent sont {comme de la cendre violemment frappée par le vent un jour de tempête. Ils ne pourront rien profiter de ce qu’ils ont acquis. Cela est l’égarement très éloigné}.(18/14 Ibrahim)»»(de l’Imâm al-Bâqer(p), al-Kâfi, vol.1 p184)

    Et dans un autre propos rapporté d’Abû Ja‘far(p) également :

    « Si un homme reste éveillé la nuit, jeûne le jour, donne en aumône tous ses biens, fait le hajj tous les ans de sa vie et ne connait pas l’allégeance au walî de Dieu pour lui prêter allégeance et pour que l’ensemble de ses actes lui reviennent par son indication, Dieu ne lui doit aucune récompense et il ne fait pas partie des gens de la foi. » (de l’Imâm al-Bâqer(p), al-Kâfi, vol.2 p19)

    Il est rapporté d’Abû Hamzeh ath-Thumâlî :

    « L’Imâm ‘Alî fils de Hussein, Zayn al-‘Abidîn(p), nous demanda :

    « Quel est le meilleur endroit ? »

    Je lui répondis : « Dieu et Son Messager savent mieux. » Il(p) dit :

    « Le meilleur endroit est entre le pilier et la station. Si un homme a vécu le nombre d’années qu’a vécu Nûh avec son peuple, mille ans moins cinquante ans, a jeûné le jour et veillé la nuit en cet endroit et qu’ensuite, il rencontre Dieu sans nous avoir prêté allégeance, cela ne lui sera d’aucun profit.» » (de l’Imâm as-Sajjâd(p), Mâ lâ yahduruhu de sh. Sadûq, vol.2 p245)

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    L’accomplissement du voyage spirituel et de l’ascension de la foi pour des gens comme nous est impossible sans les intermédiaires spirituels, c’est-à-dire sans l’allégeance au Messager de Dieu(s) et aux Imâms(p) de sa famille (la wilâyah).

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (2)

    Nous avons vu l’importance de l’attestation de l’envoi du Prophète Mohammed(s) comme Messager de Dieu et de l’allégeance à lui(s) et aux Imâms de sa descendance. Il nous reste à voir les règles morales de conduite concernant cette attestation.

    La règle morale de conduite de l’attestation du Message est de faire la parvenir au cœur ainsi que la grandeur du Message provenant de Dieu, et plus particulièrement le dernier message dont le cercle de l’existence en son entier, sans exception, des mondes de l’invisible (ghayb) et de la vision

    (shuhûd), bénéficie, du point de vue de la constitution, de la législation, de l’existence et de la guidance, des chutes des matières de ses bienfaits.

    Le noble maître [le Prophète Mohammed(s)] est l’intermédiaire pour l’Effusion divine, le lien entre Dieu et la création. Et s’il n’y avait pas eu la station de sa spiritualité et de son allégeance (wilâyah) absolue, aucun existant n’aurait pu profiter de la station de l’invisible de l‘Un (maqâm al-ghayb al-ahadî), ni l’Effusion de Dieu n’aurait atteint un des existants, ni la lumière de la guidance n’aurait rayonné dans un des mondes apparents et intérieurs (en profondeur).

    Ce maître est certes la lumière qui est évoquée dans le verset coranique : {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre}. (35/24 La Lumière)

    Ainsi, si la grandeur de la législation de la Religion et du Messager du Seigneur des mondes est entrée dans le cœur de l’individu, l’importance et la grandeur de ses jugements et de ses règles y entrent également.

    Si le cœur a connu leur grandeur, alors l’ensemble des autres forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) lui sont soumises et la loi sacrée est appliquée par l’ensemble du royaume humain.

     

    MOT SPIRITUEL

    Dans un long hadîth, l’Imâm as-Sâdeq(p) évoque en détail la prière de l’ascension. Le Messager de Dieu(s) était monté au ciel avec l’Ange Gabriel(p) dans un palanquin de lumière que Dieu avait fait descendre sur lui(s).

    « Ensuite il monta avec moi au troisième ciel. Les Anges se dispersèrent aux extrémités du ciel, tombèrent prosternés et dirent : « Très Glorifié ! Très

    Saint ! Seigneur des Anges et de l’Esprit ! Quelle est cette lumière qui ressemble à la Lumière de notre Seigneur ? »

    Gabriel(p) dit : « J’atteste que Mohammed est le Messager de

    Dieu ! J’atteste que Mohammed est le Messager de Dieu ! »

    Alors les Anges se regroupèrent et les portes du ciel s’ouvrirent.

    Ils dirent : « Bienvenue au premier et bienvenue au dernier ! Bienvenue à celui qui rassemble et bienvenue à celui qui répand, Mohammed, le sceau des Prophètes et ‘Alî, le meilleur des Légataires ! » Le

    Messager de Dieu(s) dit : « Ils me saluent et ils m’interrogent sur mon frère ‘Alî ! » (…)

    Ensuite il monta avec moi jusqu’au quatrième ciel. Les

    Anges ne dirent rien et j’entendis un bourdonnement comme s’il était dans les poitrines. Les Anges se rassemblèrent et les portes du ciel s’ouvrirent.

    Les Anges tombèrent prosternés et l’Ange Gabriel(p) dit :

    « Accourez à la prière ! Accourez à la prière ! » jusqu’à la fin de l’iqâmat.» (de l’Imâm as-Sâdeq(p) de ‘Illal ashshirâ‘ i cité par al-Bihâr, vol.18 p356 H66)

    Dans l’interprétation du Coran d’al-‘Iyâshî, se trouve un propos proche quant à son contenu.

    Nous verrons la prochaine fois le commentaire qu’a fait l’Imâm al-

    Khomeynî(qs) de ce propos rapporté.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Le Prophète Mohammed(s) est l’intermédiaire pour l’Effusion divine, le lien entre Dieu et la création. Sans son allégeance (wilâyah) absolue, aucun existant n’aurait pu profiter de la station invisible de l’UN (maqâm alghayb

    al-ahadî). Et la règle de conduite : faire parvenir au cœur la grandeur du Message de Dieu, de Sa Législation et de Ses Jugements.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (3)

    Nous avons publié la dernière fois la traduction d’un propos rapporté relatant l’ascension du Prophète aux cieux et son arrivée au troisième ciel. Voici l’interprétation de l’Imâm al-Khomeynî(qs) de ce passage concernant cette attestation du Message du Prophète Mohammed(s).

    On peut voir dans ce propos, que les Anges de l’ensemble des cieux ne purent supporter la vision de la Beauté de

    Mohammed (ahmadî), qu’ils tombèrent prosternés à la vue de sa lumière sainte, se dispersèrent et s’imaginèrent qu’il était la Lumière de la Vérité (Dieu)

    Absolue.

    Ce sont les parties de l’adhân et de l’iqâmah récitées par l’Ange Gabriel(p) qui les firent revenir à la familiarité. Les portes du ciel s’ouvrirent et les voiles se soulevèrent.

    Le cheminant vers Dieu doit sortir du voilement par cette attestation.

    Et par l’attestation du Message, il sort entièrement du voilement de la détermination de la création. Et cela parce que la station du Message, qui s’est fixé en la plus noble des créatures, est la disparition absolue et l’indépendance totale : le dernier message absolu est la Lieu-tenance (al-khilâfat) divine, intermédiaire, la plus grande. Cette Lieutenance est la Lieu-tenance dans l’apparition, la manifestation, la constitution et la législation. Et il n’y a pas, pour le Lieu-tenant, une quelconque indépendance ou détermination de lui-même. Sinon la Lieu-tenance se transformerait en fondamentalité et cela n’est possible pour aucun existant.

    Ainsi, le cheminant doit faire atteindre la station de la Lieu-tenance la plus grande de Mohammed (al-Ahmadî) au fond de son cœur et de son esprit.

    Par son intermédiaire, les voiles se découvrent, le rideau se déchire et le cheminant vers Dieu sort totalement des voiles de la détermination de la création.

    Toutes les portes du ciel s’ouvrent et il arrive au but sans aucun voile.

    REMARQUE JURIDIQUE et PRINCIPE GNOSTIQUE

    Il est rapporté dans certains propos qui ne sont pas pris en considération que l’on doit dire après l’attestation du Message dans l’adhân : « J’atteste que ‘Alî est le « walî » de Dieu ! » deux fois.

    Et dans certains propos rapportés, il est dit de dire :

    « J’atteste que ‘Alî est le Prince des croyants ! » deux fois. Et ailleurs encore : « Mohammed et la famille de Mohammed sont les meilleurs gens sur terre ! ».

    Sheikh Sadûq les a rejetés, les considérant comme mensongers.

    Et ce qui est connu parmi les savants est de ne pas tenir compte de ces propos rapportés.

    Cependant, certains savants récents ont placé cette attestation concernant l’Imâm ‘Alî(p) commeune partie recommandée du point de vue de l’indulgence dans les preuves des traditions. Et cette parole n’est pas loin d’être juste.

    Mais l’effectuer avec l’intention de la Proximité absolue est préférable et plus précautionneux parce qu’il est recommandé de réciter, après l’attestation du

    Message, l’attestation de la wilâyah et de l’émirat des croyants.

    Cela est évoqué dans le propos de l’Imâm as-Sâdeq(p), rapporté de Qâssem fils de Mu‘awwiyyah et cité dans al-ihtijâj de sh. Tabursî [que nous allons voir la prochaine fois].

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Par l’attestation du Message, le cheminant vers Dieu sort entièrement du voilement de la détermination de la création, parce que le dernier Message absolu est la Lieu-tenance divine, la plus grande et intermédiaire.

    Et cela, en la faisant au niveau de son cœur et de son esprit.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    4-Des règles de conduite concernant l’Attestation du Message avec une indication sur la « wilâyah » (4)

    Nous avons abordé la dernière fois la question de l’attestation de la « wilâyah » après celle du Message du Prophète Mohammed(s). Nous allons l’achever cette fois-ci avec la traduction d’un propos de l’Imâm as-Sâdeq(p) rapporté par Qâssem fils de Mu‘âwiyya.

    REMARQUE JURIDIQUE et PRINCIPE GNOSTIQUE (suite)

    Il est rapporté de Qâssem fils de Mu‘âwiyya de l’Imâm as-Sâdeq(p), dans un propos cité dans al-Ihtijâj de sheikh Tabursî :

    « Je dis à Abû Abdallah : « Ceux-là rapportent un hadîth à propos de leur « Ascension » [disant] que quand Il fit voyager de nuit le Messager de Dieu, ce dernier vit inscrit sur le Trône :

    « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, Abû Baker le sincère ! » »

    Il(p) me répondit : « Gloire à Dieu ! Ils ont tout changé, même cela !? »

    Je lui dis : « Oui ! »

    Il(p) continua : « Quand Dieu Tout-Puissant créa le Trône, Il inscrivit dessus : « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, ‘Alî Prince des croyants ! » Quand Dieu, Tout-Puissant, créa l’eau, Il inscrivit dans son courant : « Point de divinité autre que Dieu, Mohammed Messager de Dieu, ‘Alî

    Prince des croyants ! » »

    Ensuite le propos rapporté évoque l’inscription de ces mots sur les pieds du Trône et le Tableau, sur le front d’Isrâfîl, sur les ailes de l’Ange Gabriel, sur les flancs des cieux, la face des terres, le sommet des montagnes, sur le soleil et sur la lune.

    Puis l’Imâm as-Sâdeq(p) continua en disant :

    « Alors si l’un d’entre vous dit : « Point de divinité autre que Dieu ! Mohammed Messager de Dieu ! », alors qu’il dise : « ‘Alî Prince des croyants ! » »

    (de l’Imâm as-Sâdeq(p) in al-Ihtijâj de sheikh Tabursî, vol.1 p158)

    Ainsi, ce noble rappel [« ‘Alî Prince des croyants ! »] est recommandé après l’attestation du Message, de façon absolue.

    Dans les parties de l’adhân, il n’est pas loin qu’il soit recommandé de façon spécifique.

    Mais la précaution entraîne qu’on le dise avec l’intention de « la proximité absolue », non pas d’être « recommandée de façon spécifique pour l’adhân » à cause du démenti de ces propos rapportés des grands savants érudits.

    Quant au sens gnostique de l’inscription de ces mots sur l’ensemble des existants, du Trône le plus élevé jusqu’à l’extrémité des terres, c’est que la réalité de la Lieu-tenance et de la Wilâyah est l’apparition de la

    Divinité, qu’elle est le principe et la perfection de l’existence.

    Tout existant a une part de l’Existence, une part de la Réalité de la Divinité et de Son Apparition qui est la réalité de la Lieu-tenance et de la Wilâyah.

    Et cette Subtilité divine est immuable sur le toupet de l’ensemble des êtres, des mondes de l’invisible (ghayb) à l’extrême monde du manifeste.

    Elle est la Réalité de l’existence étendue, le Souffle miséricordieux, le Droit par lequel Dieu a créé la création et qui est, en soi, le fond du sceau de la Lieu tenance et de la « wilâyah » alawite absolue. (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s- Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) –

    Maqâlat 3 – Partie I Chap.4)

    Il est recommandé de dire, après l’attestation du Messager de Dieu(s), que ‘Alî(p) est le Prince des croyants.

    Derrière cette attestation, des secrets sur la Réalité de l’Existence et de son perfectionnement, sur le sens fondamental de la Lieu-tenance divine.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (1)

    Après avoir fait comprendre à son coeur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah, le cheminant est arrivé à l’annonce du début de la prière et à la découverte de ses règles de conduite particulières.

    Si le cheminant vers Dieu a annoncé, par les « takbirât »,

    -la Grandeur de Dieu, Très-Elevé au-dessus de toute qualification et par l’attestation de la

    Divinité,

    -la restriction de l’Attribution [de la Divinité], de la Louange, même ! de toute influence à

    Dieu, s’il a soustrait de son âme toute capacité d’accomplir l’ordre, s’il a choisi le compagnon et l’accompagnateur par l’attestation du Message et de la Wilâyah, s’il s’est accroché à la station sacrée de la Lieu-tenance et de la Wilâyah, (comme il est dit : le compagnon puis le chemin), s’il a fait tout cela, il doit préparer les forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah) pour la prière.

    Il leur annonce la présentation par la parole « Accourez à la prière ! » et sa répétition est pour l’éveil complet ; ou l’un des deux pour les forces intérieures du royaume et l’autre pour les forces extérieures du royaume parce que les deux vont faire ce voyage avec l’être humain.

    La règle de conduite dans cette situation est qu’il fasse comprendre à son cœur, à ses forces et à l’intérieur de son cœur que [le moment de] la Présentation s’est approché, afin qu’il se prépare et observe ses règles de conduite formelles et morales avec une extrême précision.

    Ensuite, il annonce le secret de la prière et son résultat global par la parole « Accourez à la réussite ! » « Accourez à la meilleure action ! » pour éveiller la nature première (la fitra), parce que la réussite et le succès sont la félicité absolue.

    Et la « fitra » de l’ensemble de l’humanité aspire à la félicité absolue.

    La « fitra » recherche la perfection, demande le repos. Et la félicité véritable est la perfection absolue et le repos absolu.

    Et la félicité arrive dans la prière qui est le meilleur des actes au niveau du contenu et du contenant, de l’apparition et de l’intérieur.

    Car, la prière est :

    selon l’apparence : le grand Rappel, la Synthèse, la Louange du Nom le plus

    Grandiose, rassemblant l’ensemble des affaires divines.

    C’est pourquoi l’adhân et l’iqâmah commencent par

    Dieu et se terminent par Dieu, que se répètent « Dieu est plus Grand » dans l’ensemble des états de la prière et de ses passages (d’une position à une autre), et qu’arrivent, durant la prière, les trois proclamations d’Unicité qui sont le plaisir des yeux des Proches-Elus. Sont mélangés en elle la forme de la disparition absolue et le total retour.

    et selon l’intérieur et la vérité : l’ascension de la Proximité de

    Dieu et la réalité de l’ « Arrivée » à la Beauté absolue du Beau et la disparition dans Son Essence sacrée que désire ardemment la

    «fitra».

    Par la prière, arrivent la totale assurance, le repos absolu et la totale félicité rationnelle. {N’est-ce pas par le Rappel de Dieu que se tranquillisent les cœurs ?} (28/13 Le Tonnerre)

    La perfection absolue, qui est l’arrivée à l’Esplanade [la

    Proximité] de Dieu, le contact avec la mer obligatoire, infinie, la vision de la Beauté éternelle et l’absorption dans la mer de la Lumière absolue, arrive durant la prière.

    Se réalisent également le repos absolu, la détente absolue, l’assurance totale, les deux piliers de la félicité. La prière est la réussite absolue. Elle est le meilleur des actes.

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie I Chap.5 pp154-155)

    Le cheminant doit faire comprendre à son cœur que le moment de la Rencontre est arrivé. Il va découvrir la félicité dans la prière à laquelle sa nature fondamentale (sa fitra) aspire, et les secrets de son lotissement dans la prière.

     

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (2)

    Après avoir fait comprendre à son cœur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah, le cheminant est arrivé à l’annonce du début de la prière et à la découverte de ses règles de conduite particulières.

    Le cheminant vers Dieu doit faire comprendre au cœur cette

    Subtilité divine par la répétition et le rappel total, et (par eux) la fitra s’éveille. Parce que, quand cette subtilité est évoquée, la fitra, dans la mesure où elle recherche la perfection et le bonheur, fait attention à elle, veille sur elle et l’observe.

    Et dans sa répétition il y a des secrets.

    Quand le cheminant est arrivé à cette station, il annonce la présence : « La prière va commencer ! »

    Et en annonçant que la prière va commencer, le cheminant doit se voir en présence du Roi des rois dans les mondes de l’Existence, du Sultan des sultans, le Très- Grandiose Absolu.

    En même temps, il doit faire comprendre à son cœur l’importance de cette Présence qui est due totalement (et uniquement) à la déficience et au manquement du possible(1).

    Il se dirige vers le Lieu de Présence, en étant très intimidé de ne pouvoir assumer l’ordre, il avance d’un pas de peur et d’espoir.

    Il se rend chez le Très-Noble n’ayant aucune provision ni monture. Il voit son cœur vide du salut et il ne considère pas ses actes comme de bonnes actions ni comme méritant d’être évoqués [c’est-à-dire ayant quelque valeur].

    Si cet état s’affermit dans le cœur, alors on peut espérer qu’il va être l’objet d’une Bienveillance.

    {N’est-ce pas Lui Qui satisfait le nécessiteux quand il Le sollicite et qui dissipe le mal ?}.(28/13 Le Tonnerre)

    RÉCITER L’ADHÂN ET L’IQÂMAH AVANT LA PRIÈRE

    Il est rapporté de l’Imâm as- Sâdeq(p) :

    « Si tu récites l’adhân et l’iqâmah [avant la prière], deux rangées d’Anges prient derrière toi et si tu ne récites que l’iqâmah [avant la prière], une rangée d’Anges prie derrière toi. »

    al-Kâfî » vol.3 p303)

    Les rapports de ce genre sont nombreux. Et dans certains propos rapportés (ikhbâr), il est précisé que :

    « La longueur d’une rangée se situe entre l’Est et l’Ouest. »

    (Mâ lâ yahduruhu al-faqîh, vol.1 p287)

    Dans « Thawâb al-a‘mâl », Abû Abdallah (l’Imâm as-

    Sâdeq(p)) dit :

    « « Celui qui prie [après avoir récité] l’adhân et l’iqâmah, deux rangées d’Anges prient derrière lui et celui qui prie [après avoir récité] l’iqâmah sans l’adhân, une rangée d’Anges prie derrière lui.»

    Je lui demandai : « Quelle est la longueur d’une rangée ? »

    Il(p) répondit : « Au moins entre l’Est et l’Ouest et au plus, entre le ciel et la terre. » »

    Thawâb al-a‘mâl » p33)

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Partie I – Chap.5)

    Par les répétitions dans l’Adhân et l’Iqâmah, la nature fondamentale (la fitra) du cheminant s’éveille. Et la prière va commencer. Avant, un dernier coup d’œil sur les bienfaits de l’Adhân et de l’Iqâmah dans les propos rapportés des Infaillibles(p).

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’Adhân et l’Iqâmah

    5-Des règles concernant les « Hayya ‘alâ.. » (3)

    Le cheminant vers Dieu a fait comprendre à son coeur la Subtilité divine des différentes parties de l’adhân et de l’iqâmah et est arrivé à l’annonce du début de la prière. Nous continuons de citer les propos rapportés concernant la récitation de l’adhân et de l’iqâmah avant de commencer la prière.

     

    RÉCITER L’ADHÂN ET L’IQÂMAH AVANT LA PRIÈRE

    Dans certains propos rapportés, il est dit :

    « Celui qui récite l’iqâmah sans l’adhân [avant la prière], un

    [Ange, ou une rangée d’Anges] prie à sa droite et un [Ange, ou une rangée d’Anges] prie à sa gauche. »

    Et il existe encore d’autres nouvelles de ce genre. Sans doute, les différences entre les nouvelles correspondent-elles aux différences entre les prieurs au niveau des connaissances, de la sincérité, comme on peut le déduire de certains propos rapportés, comme celui-ci effectué avec l’adhân et l’iqâmah en terre pauvre (désertique).

    EN CONCLUSION

    En gros, si le cheminant vers Dieu se voit un Imâm [Imâm de la prière, c’est-à-dire dirigeant la prière] pour les Anges de Dieu et un Imâm pour ses forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah), s’il a regroupé par l’adhân et l’iqâmah, ses forces matérielles (de ce monde, mulkiyyah) et immatérielles (malakûtiyyah), et que les

    Anges se sont réunis autour de lui, alors… il doit rendre le cœur – qui est la meilleure force de l’apparent et de la profondeur, l’intercesseur des autres forces

    – un guide (Imâm), réellement, dans la mesure où il est le garant de la récitation (du Coran) pour ceux qui le suivent, les porte sous sa responsabilité !

    Il doit faire très attention à lui-même, d’une attention totale, s’observer d’une jolie observation pour que soient préservés le Lieu de la Présence et la Présence, et appliquer les règles de conduite de la station sacrée.

    Il doit saisir l’occasion de cette réunion sacrée, pour magnifier l’orientation des

    Anges de Dieu et leur soutien, pour faire connaître les bienfaits du véritable Maître des Bienfaits !

    En même temps, il doit présenter son impuissance et son manquement à remercier Dieu (qu’Il soit Glorifié !) pour ces bienfaits grandioses à Sa Station Sacrée, parce qu’Il est le Maître des Bienfaits.

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie I Chap.5)

    Les bienfaits de réciter l’Adhân et l’Iqâmah avant la prière : la présence d’Anges qui prient à ses côtés en plus de tous les bienfaits de la préparation de son cœur à la prière, à la Rencontre avec le Bien-Aimé, à la présence devant Dieu (qu’Il soit Glorifié).

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    1-A propos du secret global du « Qiyâm » (1)

    Après avoir vu les règles de conduite à suivre pour l’adhân et l’iqâmah, nous allons aborder le début de la prière, à commencer par la position debout, « al-qiyâm ».

    Les gens de la connaissance voient dans la station debout une indication de l’Unicité au niveau des Actes – tout comme l’inclination est, pour eux, une indication de l’Unicité au niveau des Attributs et la prosternation une indication de l’Unicité au niveau de l’Essence.

    Quant au fait que la station debout est une indication de l’Unicité au niveau des Actes, ils le tirent du fait que la position debout l’indique d’elle-même

    -1)par dénomination et

    -2)par prononciation durant la lecture [la récitation du Coran].

    1)La station debout est une indication de l’Unicité au niveau des Actes par dénomination

    La station debout indique le dressement du serviteur/ adorateur en Dieu et la Station de la Sustentation de Dieu qui est la Manifestation de l’Effusion sacrée et la Manifestation au niveau des actes.

    Dans cette station, l’Efficience (l’Action) de Dieu apparait et l’ensemble des existants se perdent dans la

    Manifestation efficiente (active) et disparaissent sous Son Orgueil apparent.

    La ligne de conduite gnostique pour le cheminant vers Dieu dans cette station est :

    qu’il rappelle au cœur la vérité de l’Effusion sacrée ;

    qu’il fasse parvenir au fond du cœur une proportion de la Sustentation de Dieu et le dressement de la création en Dieu.

    Si cette vérité s’est stabilisée dans le cœur du cheminant, alors sa récitation [du Coran] se fait de la Langue de Dieu et Celui qui évoque et Ce qui est évoqué deviennent l’Essence de Dieu.

    Certains secrets d’al-Qadr (la mesure) se découvrent au cœur du savant, ainsi que le sens de « Tu es comme Tu Te loues Toi même » et « Je cherche protection auprès de Toi, de Toi », selon certains niveaux.

    Et le cœur du savant découvre des secrets de la prière.

    Comme quand on regarde la position de la prosternation – qui est la terre, le développement fondamental, la soumission de l’esclave et le baissement de la tête (le corollaire de la soumission)

    – elle est une indication de l’abaissement, de l’indigence du possible et de la disparition sous la Puissance de l’Orgueil et de

    Son Pouvoir :

    {Ô vous les gens ! Vous êtes les indigents (ayant besoin) de Dieu et Dieu, Lui, est le Riche, le Digne de Louange}.(15/35 Fâter)

    2)Quant au fait que dans la récitation du Coran, il y a une indication de l’Unicité au niveau des Actes par prononciation (par des mots)

    Ce point est abordé en détail dans l’interprétation de la sourate al-Hamd. (Cf la traduction des interprétations de cette sourate al- Hamd (ou al-Fatiha) dans les numéros de la revue Lumières Spirituelles de 0 à 3).

    (d’après Al-Adab al- Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.1)

     

    La station debout de la prière est une indication de l’Unicité au niveau des

    Actes. La ligne de conduite à suivre pour le cheminant est de rappeler cette vérité au cœur et de la faire parvenir en son fin fond intérieur.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (1)

    Après avoir vu les règles de conduite à suivre pour l’adhân et l’iqâmah, nous continuons de voir les règles concernant le début de la prière, et en premier lieu la position debout, « al-qiyâm ».

     

    RÈGLES DE CONDUITE À SUIVRE PRENDRE EXEMPLE DES INFAILLIBLES(p)

    Le cheminant vers Dieu doit :

    se voir se présentant dans le Lieu de la Présence de Dieu ;

    considérer le monde comme le Lieu de la Présence de la Seigneurie ;

    se compter parmi les présents de l’Assemblée se dressant devant Dieu ;

    faire parvenir à son cœur la Grandeur de Celui qui est Présent et le Lieu de Présence ;

    faire comprendre au cœur l’importance de l’entretien intime avec Dieu (qu’Il soit Exalté) et sa grandeur ;

    préparer son cœur avant de se rendre à la prière par la réflexion et la méditation ;

    lui faire comprendre la grandeur de ce qui est demandé ;

    l’obliger à l’humilité, à l’abaissement, à l’assurance, à la crainte, à la peur, à l’espoir, à l’humiliation, à l’indigence ;

    engager son cœur à observer ces choses et à les sauvegarder jusqu’à la fin de la prière.

    Malheureusement pour nous ! Nous sommes des gens de l’insouciance, de l’ivresse de la nature, des prétentieux sans raison, des lieutenants du shaytân ignoble dans l’ensemble des choses. Nous ne nous réveillons jamais du lourd sommeil ni ne sortons de l’oubli permanent.

    Nous ne tirons nullement profit des stations des Imâms de la Guidance et de leur connaissance !

    Nous nous satisfaisons de l’écorce et de la forme de leur histoire et nous détournons totalement nos regards de ce qui est le but de l’envoi des Prophètes(p).

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    La principale règle est de faire comprendre à son cœur la grandeur, voire la gravité de ce qui lui est demandé.

    Et pour cela, prendre exemple sur les Infaillibles(p), sur comment ils(p) se comportaient au moment de la prière.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (2)

    Nous avons commencé à évoquer des règles concernant le début de la prière, et en premier lieu, celles concernant la position debout, « al-qiyâm ». Voici des propos rapportés sur ce sujet.

    « Peut-être que certains frères croyants se rappelleront ».

    DES EXEMPLES DES INFAILLIBLES(p)

    Du Messager de Dieu(s) :

    « Adore Dieu comme si tu Le voyais, car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit.» du Messager de Dieu(s), Misbâh ash-Sharî‘at p8, al-Kâfî, vol.3 p134

    De l’Imâm as-Sajjâd(p) :

    « Quant aux droits de la prière, c’est que tu saches qu’il s’agit de se rendre chez Dieu et que tu te dresses durant [la prière] devant Dieu.

    Alors, si tu as su cela, tu seras à même de te tenir de la station du serviteur soumis, désireux, craintif, peureux, espérant, indigent, suppliant, magnifiant la station de Celui qui est devant lui, avec calme et gravité, humble aux extrémités, souple au niveau des bras, menant, en lui-même, de bons entretiens intimes avec Lui, Lui demandant de le libérer du joug des fautes qui l’ont entouré, des péchés qui l’ont mené à la perte. Il n’y a de force qu’en Dieu. » de l’Imâm as-Sajjâd (p), Risâlat al-Huqûq cité dans al-Mustadrak, vol 4 p93

    Il est rapporté de l’Imâm as-Sâdeq(p) :

    « Quand ‘Alî fils de Hussein(p) s’apprêtait à prier, il changeait de couleur. Quand il se prosternait, il ne levait la tête que couvert de sueur. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) citant son père, l’Imâm al-Bâqer(p), Bihâr, vol 46 p64 H.23

    De l’Imâm as-Sâdeq(p) également :

    « Mon père disait que ‘Alî fils de Hussein(p) était comme un tronc d’arbre quand il se mettait à prier.

    Rien ne bougeait de lui sauf ce que le vent faisait bouger. » de l’Imâm as-Sâdeq(p) citant son père, l’Imâm al-Bâqer(p), Bihâr, vol 46 p64 H.22

    Et de lui(p) également :

    « Je dis à Abû Abdallah(p) que j’avais vu ‘Alî fils de Hussein(p) changer de couleur quand il se levait pour la prière.

    Il(p) me dit : « Par Dieu ! ‘Alî fils de Hussein savait devant

    Qui il se dressait. » » de l’Imâm as-Sâdeq(p), ‘Illal ash-shirâ‘, vol 1 p231

    De l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Si tu veux accomplir la prière, alors ne le fais pas avec paresse, à moitié endormi, ni en te pressant ni avec négligence.

    Mais rends-toi à la prière calmement, avec un air grave, sans te presser, avec abaissement, soumission et humilité devant Dieu (Tout-

    Puissant) et avec crainte.

    [Qu’apparaissent], sur toi, la crainte et les marques de la peur.

    [Sois] plein d’espoir et de crainte, [oscillant entre] l’assurance et la peur, en faisant attention.

    Alors, tiens-toi debout devant Lui, comme le serviteur/ adorateur, l’esclave pécheur, devant son Maître.

    Aligne tes pieds, tiens-toi droit et ne tourne ni à droite ni à gauche. Considère que tu Le vois car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit. »

    de l’Imâm ar-Ridâ(p),

    Fiqh ar-Ridâ, p101

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    De l’Imâm ar-Ridâ(p) :

    « Si tu veux accomplir la prière, alors ne le fais pas avec paresse, à moitié endormi, ni en te pressant ni avec négligence.

    Mais rends-toi à la prière calmement, avec un air grave, sans te presser, avec abaissement, soumission et humilité devant Dieu (Tout-

    Puissant) et avec crainte.

    [Qu’apparaissent], sur toi, la crainte et les marques de la peur.

    [Sois] plein d’espoir et de crainte, [oscillant entre] l’assurance et la peur, en faisant attention.

    Alors, tiens-toi debout devant Lui, comme le serviteur/ adorateur, l’esclave pécheur, devant son Maître.

    Aligne tes pieds, tiens-toi droit et ne tourne ni à droite ni à gauche. Considère que tu Le vois car si tu ne L’as pas vu, Lui te voit. »

    de l’Imâm ar-Ridâ(p),

    Fiqh ar-Ridâ, p101

    (d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (3)

    Nous continuons d’évoquer certains propos rapportés sur le comportement des Imâms(p) lors de leurs prières.

    DES EXEMPLES DES INFAILLIBLES(p) (fin)

    « La prière n’est complète que pour celui dont le tout est pur, toute la [prière] est éloquente, non médisante ni déviée ; qui, ayant su, s’est maintenu [devant Dieu], qui s’étant abaissé [devant Lui] s’est affermi ; qui s’est maintenu entre le désespoir et l’envie, entre la patience et l’angoisse comme si la promesse [le Paradis] est faite pour lui et la menace [l’Enfer] tombée sur lui ; qui abaisse son honneur et se représente Le Sien ; qui déploie des efforts en Dieu ; qui se donne de tout cœur à Lui, non pas par contrainte et qui coupe les liens de la préoccupation par ce qui est en soi pour Lui un but, vers Lui une aide et de Lui une demande. Alors s’il arrive à cela, la prière est celle qui fut ordonnée et qui fut annoncée. Elle est cette prière qui interdit le turpide et le blâmable. » de l’Imâm as-Sâdeq(p), Falâh as-Sâ’il cité dans al-Bihâr, vol 47 p146 H33

     

    Nous continuons de voir les règles de conduite à suivre concernant la position debout (al-Qiyâm)

    Et dans ‘Udat ad-Dâ‘î, il est rapporté que « l’on pouvait entendre les implorations (gémissements) du

    Prophète Ibrahim(p) jusqu’à un mile, au point que Dieu (Tout-Puissant) le loua par Sa Parole : {Ibrahim était certes plein de mansuétude, très implorant et repentant} (75/11 Houd).

    Durant sa prière, on [pouvait] entendre un grondement comme le grondement d’une marmite. De même, on [pouvait] l’entendre de la poitrine de notre Maître, le Messager de Dieu(s). Et Fâtimah az-Zahra’(p) perdait son souffle durant la prière, de crainte de Dieu. »

    ‘Udat ad-Dâ‘î, cité par Bihâr, vol.81 p258

    Il existe de nombreux propos rapportés de ce genre. Mais ce qui a été évoqué suffit pour que les gens du rappel et de la réflexion puissent réfléchir sur ce qui se rapporte aux règles de conduite, que ce soit sur le plan formel ou au niveau du cœur et de la morale, ainsi que sur la façon de se tenir devant Dieu.

    En premier lieu, réfléchir sur les états de ‘Alî fils de Hussein(p), sur ses entretiens intimes avec Dieu (qu’Il soit Exalté), sur ses invocations subtiles qui apprennent aux serviteurs de Dieu, les règles de conduite de l’adoration/soumission.

    Je ne dis pas que leurs entretiens intimes étaient pour enseigner aux serviteurs. Ce serait un propos erroné, vide de sens, provenant de l’ignorance de la station de la Seigneurie et des connaissances d’Ahle al-Beit(p).

    En effet leur peur et leur crainte étaient bien supérieures à celles de l’ensemble des gens. La Grandeur et la Majesté de Dieu se manifestaient dans leur coeur bien plus que chez tous les autres.

    Mais je dis que les serviteurs de Dieu doivent apprendre d’eux(p) la façon de se soumettre à Dieu et de se comporter avec Lui (qu’Il soit

    Exalté). Car, quand ils(p) récitaient leurs invocations et leurs entretiens intimes, leur lecture n’était pas qu’un remuement de lèvres mais ils(p) réfléchissaient sur comment se comporter avec Dieu, sur comment faire apparaître l’abaissement, l’impuissance, le besoin de l’Essence sacrée.

    ‘Alî fils de Hussein(p) est un des plus grandioses Bienfaits que l’Essence sacrée de Dieu a offerts à Ses serviteurs, qu’Elle a fait descendre du Monde de la Proximité et de la Sainteté en vue de faire comprendre à Ses serviteurs les voies de la soumission à Lui. {Vous serez sûrement interrogés, ce jour-là, sur les Bienfaits.}(8/102 La course aux richesses) Quand nous serons interrogés sur le pourquoi nous ne prenions pas en considération ce bienfait ni nous ne profitions de cet homme grandiose, nous ne saurons quoi répondre, si ce n’est baisser la tête et brûler du feu des regrets et des remords. Mais alors, les regrets ne serviront plus. d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2)

    En premier lieu, réfléchir sur les états de l’Imâm as-Sajjâd(p) lors de la prière, sur ses entretiens intimes avec Dieu (qu’Il soit Exalté). ‘Alî fils de Hussein(p) est un des plus grandioses Bienfaits que l’Essence Sacrée a offerts à Ses serviteurs.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles morales du « Qiyâm » (4)

    Nous continuons de voir les règles de conduite morales à suivre concernant la position debout, « al-Qiyâm ». Dans ce passage, l’Imâm s’adresse de façon spécifique aux jeunes.

     

    RECOMMANDATIONS

    C’est le moment de saisir ta chance. L’âge (les années) est ton capital entre tes mains ; le chemin qui conduit à Dieu est ouvert ainsi que les portes de Sa Miséricorde ; la sûreté est réalisée ainsi que les forces des membres et les autres forces ; la demeure de la semence en ce monde se dresse.

    Alors, rassemble ton ardeur et connais la mesure de ces Bienfaits divins. Profites-en ! Atteins les perfections spirituelles et les félicités éternelles, perpétuelles !

    Prends une part de ces nombreuses connaissances que le noble Coran céleste et les Gens Infaillibles(p) de la Maison ont répandues sur la surface de la terre de la nature (at-tabî‘at) ténébreuse. Ils ont illuminé le monde des Lumières divines éclatantes.

    Illumine de la Lumière divine la terre de la nature ténébreuse, et illumine de la Lumière de Dieu (qu’Il soit Exalté), ta vue, ton ouïe, ta langue et les autres forces apparentes et intérieures !

    Transforme cette terre obscure en une terre lumineuse, même ! en un ciel rationnel : {Le jour où la terre sera remplacée par une autre terre}(48/14 Ibrahim) {et la terre resplendira de la Lumière de son Seigneur}(69/39 Les groupes).

    Aujourd’hui, nos forces apparentes et intérieures sont obscures des ténèbres du shaytân.

    Et moi, j’ai peur que si nous restions dans cet état, la terre de notre matière originelle (alhayûlâniyyah), dans laquelle il y a la lumière de la fitra (la nature première originelle), se transforme progressivement en une terre infernale (sijjîniyyah ; « sijjîn » = nom d’une vallée en Enfer), ténébreuse, vide de toute lumière de la fitra, voilée de l’ensemble des règles de la Fitra de Dieu.

    Et cela est une misère qui n’est pas suivie de félicité, une obscurité qui n’est pas suivie de lumière, une solitude farouche qui ne voit pas la face de l’assurance, un châtiment qui n’a pas derrière lui de repos. {Celui en qui Dieu n’a placé aucune lumière, n’a pas de lumière.}(40/24 La Lumière) Je cherche protection auprès de Dieu contre l’illusion du shaytân et contre l’âme instigatrice du mal.

    Le pilier de l’objectif des Prophètes grandioses, de la législation des lois, de l’établissement des règles, de la révélation (descente) des livres célestes – et particulièrement du noble Coran  synthétique (regroupant) dont le maître, celui à qui il a été découvert, est la lumière du dernier Messager, le purifiant (ou le purifié) (s) – est de diffuser l’Unicité et les connaissances divines, et de couper les racines de l’incroyance, de l’associationnisme et du dualisme.

    Le secret de l’Unicité et de l’abstraction est de circuler (d’aller et venir) dans l’ensemble des actes d’adoration du cœur et du contenant. Même ! Les actes d’adoration, comme disait le sheikh gnostique, le parfait, Shâh Abâdî, sont de faire monter l’Unicité du fond du cœur vers le royaume du cœur.

    En gros, le résultat recherché des actes d’adoration est d’atteindre les connaissances et d’affermir l’Unicité et les autres connaissances dans le cœur.

    Et ce but ne se réalise que si le cheminant vers Dieu épuise les chances (les parts) du cœur pour les actes d’adoration et passe de la forme et de contenant à la Vérité, au cœur, et ne s’arrête pas à ce monde-ci et à son écorce. Parce que l’arrêt à ces derniers constitue des épines sur la voie de conduite de l’être humain.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie II Chap.2 p164

    Dans le cadre du rappel des règles de conduite morales concernant la station debout pour la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) appelle les jeunes à profiter de leur jeunesse pour fructifier les véritables richesses en leur possession (les années, la force, la fitra, la raison, le noble Coran..) pour que la terre s’illumine de la Lumière de son Seigneur.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    LA PRIÈRE l’ascension vers Dieu

    Des règles de conduite concernant le « Qiyâm »

    2-A propos des règles du « Qiyâm » (5)

    Nous continuons de voir les règles de conduite morales à suivre concernant la position debout, « al-Qiyâm ». Après avoir vu que le résultat recherché des actes d’adoration est de faire atteindre la connaissance de Dieu au cœur, l’Imâm Khomeynî(qs) met en garde contre le fait de se limiter à l’extérieur et à la forme de la religion.

    RECOMMANDATION (suite)

    Ceux qui n’appellent qu’à la forme, qui interdisent aux gens les règles de conduite intérieures, qui disent que le sens et la vérité de la législation ne sont que cette forme et cette écorce, sont les shaytâns du chemin vers Dieu et les épines de la voie de l’humanité !

    Il faut demander la protection de Dieu contre leur mal parce qu’ils éteignent la lumière de la Fitra de Dieu au sein de l’être humain, qui est la lumière de la connaissance, de l’Unicité, de la « wilâyah » et des autres connaissances. Ils étendent sur elle les voiles de l’imitation, de l’ignorance, des habitudes et des illusions, et empêchent les serviteurs de Dieu de revenir sans cesse à elle et d’atteindre sa belle Beauté.

    Ils barrent la route des connaissances et orientent les cœurs limpides purs des serviteurs de Dieu, vers le monde ici-bas, ses ornements, ses dimensions matérielles et corporelles et ses faces ; ces cœurs purs dans le levain desquels Dieu (qu’Il soit Exalté) a déposé un grain de connaissance de la Main de Sa Beauté et de Sa Majesté, pour lesquels Il a envoyé les Prophètes grandioses, révélé (fait descendre) les Livres célestes, afin d’élever et de développer ce grain.

    Et eux, ils éloignent ces cœurs des spiritualités et des félicités rationnelles.

    Et ils réduisent les mondes invisibles (ghaybiyyah) et les Paradis promis aux nourritures animales, aux boissons, au mariage et autres appétits bestiaux.

    Ceux-là pensent que Dieu (qu’Il soit Exalté) a répandu toute cette

    Miséricorde, a révélé (descendu) Ses Livres, a fait descendre Ses Anges, a envoyé les Prophètes grandioses pour gérer le ventre et le sexe. L’objectif de leur connaissance serait de préserver le ventre et le sexe en ce monde pour atteindre ses désirs [de ce monde] dans l’Au-delà ! Ils considèrent que l’ensemble des connaissances sont des préliminaires au salut du ventre et du sexe !

    Et si un sage divin ou un savant seigneurial veut ouvrir aux serviteurs de Dieu une porte de la Miséricorde et leur lire une page de la Sagesse divine, ils ne se privent pas de lui coller une accusation, une médisance ou une insulte et le traitent d’incroyant.

    Ils sont à ce point plongés dans ce monde ici-bas et préoccupés de leur ventre et de leur sexe, qu’ils ne désirent pas – sans s’en rendre compte – qu’il y ait, dans la Demeure de la Réalisation, une félicité autre que les appétits bestiaux, en sachant que s’il y a dans le monde une félicité rationnelle, cela ne nuit pas à leur ventre ni à leur sexe. Ainsi, pour les gens comme nous, qui ne dépassent pas la limite animale, il n’y aurait que le paradis corporel et la gestion du ventre et du sexe – et cela nous l’espérons aussi, par la Grâce de Dieu (qu’Il soit

    Glorifié) –. Mais il ne faut pas penser que le bonheur se limite à cela et que le Paradis de Dieu (qu’Il soit Exalté) se restreint à ce paradis animal.

    Au contraire ! Il y a pour Dieu (qu’Il soit Exalté) des mondes qu’aucun œil n’a vus, qu’aucune oreille n’a entendus, qui ne viennent à l’esprit de personne.

    Et les gens de l’Amour de Dieu et de la connaissance de Dieu (qu’Il soit Glorifié) ne se préoccupent d’aucun de ces Paradis, ni ne se tournent vers le monde du Caché et du manifeste, car il y a pour eux le Paradis de la

    Rencontre.

    Il serait trop long d’évoquer ici les versets coraniques et les propos rapportés des gens infaillibles de la Maison(p). Notre objectif principal est d’orienter les cœurs des serviteurs de Dieu vers ce pour quoi ils ont été créés qui est la connaissance de Dieu (qu’Il soit Glorifié) qui est au-dessus de l’ensemble des félicités, pour laquelle toutes les choses sont des préliminaires.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm

    al-Khomeynî(qs), Maqâlat 3, Partie II, Chap.2 pp165-166

     

    Après avoir rappelé que le résultat recherché des actes d’adoration est la connaissance de Dieu au niveau du cœur, l’Imâm Khomeynî(qs) met en garde contre le fait de se limiter à la forme des actes d’adoration, qui est la voie du shaytân.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (1)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention.

     

    DÉFINITION

    L’intention exprime la détermination, la résolution à accomplir quelque chose et l’unanimité de l’âme à le faire, après l’avoir envisagé et corroboré son intérêt et statué de la nécessité de le faire.

    Elle est un état psychologique (de l’âme), intuitif (wajdânî), qui survient après ces choses et qui exprime la préoccupation, la résolution, la volonté et la visée.

    [Cet état] est présent dans tout acte de libre-choix et il est impossible qu’il soit absent dans tout acte effectué.

    De même, cet ordre est présent dans la totalité de l’acte de libre-choix, en vérité, sans aucune métaphore.

    Et il n’est pas nécessaire que cela se réalise de façon détaillée dans l’esprit, durant l’acte ou à son début, ou que celui qui agit envisage cette visée et cette détermination dans les détails.

    Même ! Il est possible que l’individu accomplisse l’acte avec cette détermination et cette résolution, sans tenir compte ou en négligeant totalement la configuration détaillée de l’acte et la détermination.

    Mais cette vérité est présente et l’acte apparait à l’extérieur par son activité (mouvement), comme cela est évident d’un point de vue intuitif dans les actes faits avec libre choix.

    En gros, cette détermination et cette résolution – qui sont l’équivalent de l’intention dans la langue des savants juristes religieux (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux) – sont présentes dans tout acte, sans faille, de sorte qu’il est impossible qu’un individu accomplisse un acte de libre-choix sans elles.

     

    LES RUSES DU SHAYTÂN

    AU NIVEAU DE L’INTENTION

    Et malgré cela, les insinuations du shaytân scélérat et les stupidités illusoires prennent le contrôle de la raison et aveuglent ce pauvre individu [l’empêchant de voir] cet ordre nécessaire.

    Aussi, au lieu d’occuper sa vie à améliorer ses actes, à les rendre plus sincères, les purifier des corruptions intérieures et de la passer dans les connaissances de l’Unicité et la connaissance de la Vérité (Dieu) et de Le demander, il se laisse influencer par les insinuations d’Iblis le scélérat et il passe la moitié de sa vie à se préoccuper d’un ordre nécessaire, qui arrive obligatoirement !

    C’est que le shaytân a beaucoup de cordes à son arc et de stratagèmes.

    Il pousse d’abord la personne en question à abandonner l’acte en son principe.

    S’il désespère de pouvoir lui faire abandonner le principe même de l’acte, il la pousse à l’ostentation, au contentement de soi et à toutes les autres corruptions.

    Et s’il ne réussit pas aussi dans cet ordre, il lui fait annuler son acte en le faisant apparaître comme sacré tandis qu’il rend minables à ses yeux les actes d’adoration de l’ensemble des autres gens et lui fait décrire les gens comme étant insouciants (par rapport à leur religion).

    Ensuite, il l’oblige à passer toute sa vie dans l’intention, par exemple, qui est un ordre inhérent à l’acte, ou dans les « takbîrat » (le fait de dire « Allâhu

    Akbar »), ou dans la lecture (la récitation des sourates du Coran) qui sont toutes des choses ordinaires qui n’ont pas besoin d’effort.

    A la fin, il [shaytân] n’est satisfait d’elle qu’après lui avoir fait annuler son acte par l’une de ces voie évoquées

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.1 (pp167-168)

    L’intention exprime la détermination et la résolution à faire quelque chose, présente inéluctablement en tout acte accompli en toute liberté.

    Aussi, méfiez-vous des insinuations du shaytân et ne l’écoutez pas !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (2)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention et met en garde contre les tentations du shaytân.

     

    LES RUSES DU SHAYTÂN (fin)

    En ce qui concerne les insinuations (du shaytân), il y a beaucoup d’affaires et des voies incalculables.

    Il n’est pas possible de les étudier toutes ni d’approfondir l’ensemble des affaires.

    Mais les insinuations au niveau de l’intention sont sans doute la chose la plus risible et la plus étrange parce que le shaytân veut que l’individu fasse, de toutes ses forces et durant toute sa vie, un ordre de libre choix sans intention – ce qu’il ne pourra jamais faire !

    Et malgré cela, tu vois ce malheureux, à l’âme malade, à la raison faible, qui perd, dans chaque prière, un long moment pour réaliser sa prière, l’intention et la résolution !

    Cette personne est semblable à celle qui réfléchit un long moment pour arriver à l’intention d’aller au marché ou de prendre un repas.

    Alors que la prière devrait être, pour ce malheureux, une ascension vers Sa Proximité, une clé de son bonheur, (un moyen de) se perfectionner et de connaître le monde/création de sa vie par l’éducation de ses règles au niveau du cœur et la connaissance des secrets de cette Bonté subtile divine, il néglige toutes ces choses. Même !

    Il ne les voit pas comme nécessaires !

    Pire ! Il les considère toutes comme nulles !

     

    LA PERTE DE LA RAISON

    Il dépense son précieux capital au service du shaytân et dans l’obéissance à lui ! Il place sa raison

    – qui est un Don de Dieu et une Lumière de Sa Guidance – sous la mainmise d’Iblis !

    Il est rapporté d’Abdallah fils de Sinân : « J’ai évoqué à Abû

    Abdallah(p) (le cas) d’un homme éprouvé lors de ses petites ablutions et de sa prière et j’ajoutai qu’il était un homme de raison !

    Abû Abdallah(p) dit : « Quelle raison a-t-il alors qu’il obéit au shaytân ?! »

    Je lui demandai : « Et comment obéit-il au shaytân ? »

    Il(p) dit : « Demande-lui d’où vient ce qu’il lui arrive. Il te dira :

    « Des actes du shaytân ! » »

    En gros, l’individu doit arracher cette racine avec tout ce qui lui est facilité en gymnastique (de cœur) et en peine, parce qu’elle lui interdit (l’accès) à l’ensemble des félicités et des biens. Car, il est possible que les actes d’adoration d’un individu pendant quarante ans ne soient pas justes, même au niveau de la forme, qu’il lui manque une de ses parties formelles juridiques en plus des règles de conduite intérieures et légales (!!).

    Et le plus risible encore, c’est que certaines personnes, éprouvées par les insinuations, considèrent les actes de l’ensemble des gens comme nuls et estiment qu’ils ne se préoccupent pas de leur religion !

    Si celui qui subit les insinuations suivait par imitation une haute autorité d’imitation (le marja‘) alors, cette dernière serait un de ces gens [qui d’après lui ne se préoccupent pas de leur religion] !

    Et s’il fait partie des détenteurs des faveurs (le savoir), en revenant aux propos rapportés, il verrait que le Messager de Dieu(s) et les Imâms de la bonne direction(p) étaient, sur ces questions, comme ce qui est connu des gens.

    Ainsi, cette catégorie de personnes soumises aux insinuations, qui agit parmi les gens en contradiction avec le Messager de Dieu(s), les Imâms Infaillibles(p), les savants juridiques de la confession et les savants en religion, considère l’ensemble des actes des gens comme nuls, seuls les siens correspondant aux précautions, et qu’elle seule se préoccupe de la religion !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.1 (pp168-170)

    L’intention exprime la détermination et la résolution à faire quelque chose, présente inéluctablement en tout acte accompli.

    Aussi, ne vous laissez pas entraîner par les insinuations du shaytân !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    1-De la réalité de l’intention dans les actes d’adoration (3)

    Après avoir donné la définition de l’intention, l’Imâm al-Khomeynî(qs) met en garde contre les agissements du shaytân, même au niveau de l’intention, et voici un exemple au niveau des petites ablutions. (fin)

    RUSES DU SHAYTÂN AU NIVEAU DES PETITES ABLUTIONS

    Par exemple, en ce qui concerne les petites ablutions. Des propos rapportés répétés mettent en évidence les petites ablutions effectuées par le Messager de Dieu(s).

    Selon l’apparence, il(s) versait un peu d’eau sur son visage, un peu d’eau sur son [avant-bras] droit et un peu d’eau sur son [avant-bras] gauche.

    Et il y a un consensus parmi les savants juridiques Imâmites sur le fait de confirmer (après vérification) que ces petites ablutions sont justes, et il en est de même en ce qui concerne le

    Livre de Dieu. Certains ont soulevé le problème d’un second « lavage », même ! Celui de verser une seconde fois de l’eau.

    Cependant, il n’y a pas de mal pour le second versement. De même pour le second « lavage », même s’il y a à dire sur le fait que cela soit recommandé.

    Mais le troisième lavage est une invention (bida‘at) et annule les petites ablutions, sans aucun problème, que ce soit du point de vue des propos rapportés que des décrets (fatwas).

    Maintenant, regardez l’acte de ce malheureux obsédé : il ne se contente pas de vingt « poignées », chacune recouvrant tout le bras/main et recommençant le « lavage » en entier. Alors, sans aucun problème, ses petites ablutions sont nulles.

    Et ce malheureux, à la raison faible, obéissant au shaytân et à ses insinuations, voit cet acte accompli comme juste et répondant à la précaution, et les actes de tous les autres gens comme nuls ! De là, on perçoit la justesse du propos rapporté [cité précédemment] qui le considère comme sans raison.

    Celui qui considère comme juste un acte en contradiction avec celui du Messager de Dieu(s) et comme faux celui qui lui correspond, est sorti de la religion ou sans raison. Dans la mesure où ce malheureux n’est pas hors de la religion, il est alors stupide, sans raison, obéissant au shaytân et en opposition au Tout-Miséricordieux.

     

    REMÈDES…

    Il n’y a de remèdes, pour ce malheur et ce mal pénible, que la réflexion sur les choses que nous avons évoquées et la comparaison de ses actes avec ceux des pratiquants, des savants et des juristes (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux). S’il se voit en divergence avec eux, alors qu’il rabatte l’orgueil du shaytân et ne se préoccupe pas de ce scélérat.

    Et si le shaytân lui insinue que son acte est nul, qu’il lui réponde :

    « Si mon acte est faux, alors l’acte de l’ensemble des savants de la nation serait faux. »

    Il est à supposer que, s’il contredit le shaytân pendant un certain temps et qu’il cherche, dans ce cadre, la protection de Dieu contre son mal, [reconnaissant] son impuissance et son besoin, cette maladie va disparaître et l’œil ambitieux du shaytân se séparera de lui.

    Dans les propos rapportés, il est évoqué cette méthode pour repousser la multitude des doutes qui fait aussi partie des dictions du shaytân.

    Il est rapporté dans le noble

    Kâfî d’une chaîne de transmission remontant à [l’Imâm] Abû Ja‘far al-Bâqer(p) : « Si la distraction se multiplie en toi, accomplis ta prière, elle [la distraction] te quittera, car elle est du shaytân. »

    Et de l’Imâm al-Bâqer(p) ou as-Sâdeq(p) : « N’habituez pas le scélérat à rompre de vous-même la prière alors vous le rendez avide. Car le shaytân scélérat se familiarise avec celui qui s’habitue. Achevez [la prière] dans l’illusion et qu’il ne multiplie pas de rompre la prière. S’il agit ainsi plusieurs fois, le doute ne reviendra plus à lui. »

    Zurârat dit : « Le scélérat veut être obéi alors si on lui désobéit, il ne revient plus.. »

    Cela fait partie des remèdes importants pour l’ensemble des dictions du shaytân, des stupidités illusoires sataniques.

    Et dans les nobles hadiths, il y a aussi des invocations qui conviennent également. Que ceux qui le veulent, consultent al-Wasâ’il et ses Mustadrak, à la fin du « livre »

    (chapitre) sur les défauts (al-khalal).

    d’après Al-Adab al Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.1 (pp170-171)

    Un exemple des ruses du shaytân au niveau des intentions : son intervention au niveau des petites ablutions, dans la multiplication des ‘lavages’. Dans ce cas, se réfugier auprès de Dieu, passer outre, invoquer Dieu…

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (1)

    Avant de parler des actes de la prière, l’Imâm al-Khomeynî(qs) fait une mise au point sur le sens et la réalité de l’intention, et insiste sur la nécessité d’avoir une intention pure pour Dieu.

    Parmi les règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes de l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention.

    La réalité de la pureté d’intention est l’épuration de l’acte de toute défectuosité autre que Dieu : l’épuration du secret (sirr – le for intérieur) de toute vision (ru’yyah) autre que Dieu (qu’Il soit Exalté) dans l’ensemble des actes formels et internes, apparents et intérieurs.

    La perfection de la pureté d’intention est de laisser tout autre [autre que Dieu] de façon absolue et de fouler aux pieds l’ego et l’égoïsme, l’autre et l’altérité.

    L’Exalté dit : {N’est-ce pas à Dieu la religion pure (khâlisu)(2).} (3/39 Les Groupes) C’est-à-dire Dieu (qu’Il soit Exalté) a choisi pour Lui-même la religion pure (al-khâlisu) (2).

    Alors, si une quelconque part de l’âme et du shaytân intervenait dans la religion, elle ne serait pas pure. Et Dieu ne choisit pas pour Lui ce qui n’est pas pur.

    Et ce qui contient (ou détient) une défectuosité de l’altérité [de ce qui est autre que Dieu] et de l’âme est extérieur aux limites de la Religion de Dieu.

    Il [Dieu] (qu’Il soit Exalté) dit : {Et ils n’ont reçu l’ordre que d’adorer Dieu, en étant purs/sincères pour Lui (mukhlisîn(3) lahu ad-dîna.}(5/98 La Preuve)

    Et Il [Dieu] (qu’Il soit Exalté) dit aussi : {Et celui qui voulait le labour de ce monde, Nous lui en donnons et il n’a aucun lot dans l’Au-delà.} (20/42 Shûrâ)

    Le Messager de Dieu(s) dit, selon ce qui a été transmis :

    « A chacun selon son intention.

    Alors, l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers Dieu et Son Messager, est vers Dieu et Son Messager et l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers ce bas-monde en vue de l’atteindre ou vers une femme en vue de l’épouser, est vers ce vers quoi il a émigré. »

    Nous aurons l’occasion de revenir sur le sens de l’émigration vers Dieu (et Son

    Messager) et les différents niveaux qu’elle comprend les prochaines fois.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.2 (pp171-172)

    (1)Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (2)Le mot « khâlis » est dans le sens que la Religion de Dieu est pure, dépourvue de tout ce qui est autre que Dieu.

    (3)Et le mot « mukhlisîn » indique ici que la pureté est en regard de ceux qui adorent Dieu, non seulement au niveau de leurs actes mais aussi au niveau de leurs intentions et de leurs pensées qui doivent être exemptes de tout mélange avec autre que Dieu. Les adorateurs sont entièrement tournés vers Dieu, coupés de tout ce qui n’est pas Dieu.

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : la pureté de l’intention. C’est-à-dire que l’acte soit effectué exclusivement pour Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (2)

    Nous sommes en train de voir une des règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes pour l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention.

    Selon ce qui a été rapporté, le Messager de Dieu(s) dit :

    « A chacun selon son intention.

    Ainsi, l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers Dieu et Son Messager, est vers Dieu et Son Messager.

    Alors que l’émigration de celui dont [l’intention] de l’émigration était vers ce bas-monde en vue de l’atteindre ou vers une femme en vue de l’épouser, est vers ce vers quoi il a émigré. »

    [Dieu] (qu’il soit Glorifié) dit :

    {Et à celui qui sort de sa maison émigrant vers Dieu et vers Son Messager, que la mort atteint, la récompense incombe à Dieu.} (100/4 Les Femmes)

    Peut-être que ce verset béni concerne l’ensemble des niveaux de la pureté d’intention :

    • l’un deux étant l’émigration formelle, physique.

    Si cette émigration n’a pas eu lieu, pure pour Dieu et Son

    Messager, même !, si elle était pour les plaisirs(1) de l’âme, elle n’était pas une émigration vers Dieu et Son Messager.

    Cela est le niveau de la pureté d’intention, formel, juridique.

    • l’autre est l’émigration morale, le voyage intérieur.

    Il a pour point de départ la maison ténébreuse de l’âme et pour but Dieu (qu’Il soit Exalté) et Son Messager(s) – ce qui revient à Dieu aussi, parce que le Messager, en tant que Messager, n’a pas de dépendance. Même ! Il est un Signe, un Miroir, un Représentant. L’émigration vers lui(s) est une émigration vers Dieu (l’amour pour un particulier/élu de Dieu étant l’amour pour Dieu) –.

    Le sens du noble verset déduit selon cette supposition est :

    • à celui qui a émigré de l’émigration morale,
    • qui a voyagé du voyage du cœur, de la connaissance spirituelle (gnostique),
    • qui est sorti de la maison de l’âme et de la demeure de l’égoïsme
    • et qui a émigré vers Dieu sans vision de lui-même, de son âme et de sa structure, la récompense incombe à Dieu (qu’Il soit Exalté).

    Et si le pèlerin demande, dans son cheminement vers Dieu, un plaisir(1) de l’âme, même si c’est pour atteindre les stations, pour atteindre la Proximité de Dieu, dans le sens qu’il (son âme) arrive à Dieu, alors ce cheminement n’est pas un cheminement vers Dieu !

    Il n’est pas sorti de la maison !

    Il a voyagé à l’intérieur de la maison, d’un pilier à un autre, d’un coin à un autre.

    Ainsi, le voyage dans les niveaux de l’âme pour atteindre les perfections de l’âme n’est pas un voyage vers Dieu, mais un voyage de l’âme vers l’âme. d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-

    Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3

    – Partie III Chap.2 (pp172-173)

    (1)En arabe « hazh », pl. « huzhûzh » = part, chance de façon générale, plaisir ou jouissance (de l’âme).

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : que l’intention de l’acte soit exclusivement pour Dieu. Si c’est pour autre chose, le voyage n’est pas vers Dieu, mais de l’âme vers l’âme.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    2-De la pureté (de l’intention) (al-Ikhlâs) (3)

    Parmi les règles de conduite les plus importantes de l’intention et qui constitue en même temps une des règles de conduite les plus importantes de l’ensemble des actes d’adoration et une des décisions totales globales : la pureté d’intention. Nous avons vu sa réalité la dernière fois et nous avons distingué le cheminement vers Dieu du cheminement à l’intérieur de l’âme.

    [Nous avons vu la dernière fois que si] le voyage dans les niveaux de l’âme [est] pour atteindre les perfections de l’âme, il n’est pas un voyage vers Dieu, mais un voyage de l’âme vers l’âme.

    Cependant, ce voyage [à l’intérieur de l’âme] est nécessaire pour le cheminant dans son voyage vers Dieu.

    Personne ne peut voyager le voyage seigneurial [vers

    Dieu] sans le voyage de l’âme, en dehors de l’élite des Proches de Dieu, et cette affaire ne concerne qu’eux.

    Peut-être que le noble verset : {Elle est paix/salut jusqu’à l’apparition de l’aube} (5/97 al-Qadr) indique ce salut [le fait d’être à l’abri] des comportements du shaytân et de l’âme dans l’ensemble des stations du cheminement, durant toutes les nuits obscures de la nature qui est, pour les Proches Elus, la nuit d’al-Qadr jusqu’à l’apparition de l’aube, le Jour de la Résurrection, qui est, pour les Proches Elus, la vision de la Beauté de l’Unité.

    Autres qu’eux ne sont pas saufs [à l’abri] dans l’ensemble des stations du cheminement.

    Même ! Aux premiers temps, aucun cheminant ne sort des [n’échappe aux]agissements du shaytân !

    En effet, on a su que cette station de pureté (de l’intention) – le salut du premier niveau du cheminement vers Dieu jusqu’au dernier (qui est l’arrivée de la mort réelle), même, jusqu’à ce qui [vient] après la vie secondaire juste (et qui est la lucidité (sahû) après l’effacement (mahû)) – n’est pas une chose facilitée aux détenteurs du cheminement et aux gnostiques des compagnons de la connaissance et de la gymnastique (morale).

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah

    li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III

    Chap.2 (p173)

    *Le mot «Ikhlâs» n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par «sincérité» ou «loyauté», alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction par «pureté d’intention».

     

    Une des règles fondamentales dans la prière, même dans tous les actes d’adoration : la pureté de l’intention.

    Aussi, faut-il se méfier des agissements de l’âme !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (1)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) va évoquer différents groupes de gens qui nient les stations dans les faits.

    Mais avant, il(qs) rappelle un principe fondamental que, si quelqu’un a connu quelque chose des niveaux de la pureté (d’intention) et des stations des actes d’adoration, il doit se préparer à les atteindre.

    Parce que le savoir sans les actes n’a aucune valeur.

    Et l’argument à l’encontre du savant est plus complet et ses comptes sont plus grands.

    Des groupes de gens qui nient les stations dans les faits.

    Un 1e GROUPE

    Un groupe de gens parmi nous nie toutes les stations et voit leurs détenteurs dans l’erreur, le faux et la vanité. Il considère comme un poète celui qui en évoque quelque chose ou appelle à leurs stations et comme une rêverie son appel.

    Et pas d’espoir pour que ce groupe fasse attention à ses manques, à ses défauts ou qu’il se réveille de son lourd sommeil car :

    {Tu ne guides pas celui que tu as aimé mais c’est Dieu qui guide qui (Il) veut}(56/28 al-Qasas). {Ce n’est pas toi qui fais entendre ceux qui sont dans les tombes.}(22/35 Fâtir) (1)

    Oui ! Ceux qui sont comme le malheureux écrivain, ignorant, dépourvu d’un cœur vivant de la vie de la connaissance et de l’amour divins, sont des morts : l’enveloppe de leur corps est leur tombe vétuste.

    La poussière et l’étroitesse de leur corps obscur les ont voilés de l’ensemble des mondes de la lumière. {Lumière sur lumière.}(35/24 an-Nûr)

    {Et celui à qui Dieu n’a pas placé de lumière n’a pas de lumière.} (40/24 an-Nûr)

    Chaque fois qu’est lu à ce groupe un hadîth ou un verset Coranique à propos de l’Amour, du Désir ardent divin, de l’Envie de la rencontre et de la coupure de tout vers Dieu, il se met à l’interpréter, à l’orienter, à le commenter selon son avis.

    Ainsi, il oriente tous les versets de la Rencontre et de l’Amour de Dieu vers la rencontre des arbres du Paradis et de ses jolies femmes. (2)

    Je ne sais pas ce que font ceux-là avec les passages de l’Entretien

    Intime de Sha‘bân quand l’Imâm(p)

    dit : « Mon Dieu ! Accorde-moi de me consacrer totalement à Toi, illumine les visions de nos cœurs  par la lumière de leur regard sur

    Toi, jusqu’à ce qu’elles déchirent les voiles de lumière et atteignent ainsi la Source de Ta Grandeur et que nos esprits soient suspendus à la

    Puissance de Ta Sainteté.

    Mon Dieu ! Place-moi parmi ceux que Tu as appelés et qui T’ont répondu, que Tu as remarqués et qui sont tombés foudroyés devant Ta Majesté.. »

    Quels sont ces voiles de lumière ?

    Est-ce que ce qui est voulu du ‘regard sur la Vérité’ est celui sur les poiriers du Paradis ?

    Et de la ‘source de la Grandeur’, les palais du Paradis ?

    Et de l’ ‘accrochage des esprits (âmes) à la Sainte Puissance’, celui au pan de la Houri al-‘Ain pour satisfaire les passions ?

    Et de la ‘foudre’ et de l’ ‘effacement’ devant la Majesté, celui devant la beauté des femmes du

    Paradis ?

    Et de ces attractions et de ces évanouissements qui arrivaient au Messager de Dieu(s) durant la prière de l’ascension et des visions des lumières grandioses et de ce qu’il y a au-dessus dans l’Assemblée dont le secret était interdit au plus grandiose des Anges de Dieu, le sûr, Gabriel qui n’osait pas y avancer d’un pouce, la vision attractive d’une des plus belles femmes du Paradis ?

    Ou bien voyait-il(s) des lumières comme la lumière du soleil, de la lune, ou encore, plus brillantes qu’elles ? (3)

    Le cœur sain que l’Infaillible(p) a évoqué en appendice de la Parole du Très Élevé – {Sauf celui qui vient à Dieu avec un cœur sain}

    (89/26 Les Poètes) – est celui de « qui a rencontré Dieu et dans lequel il n’y a rien autre que Lui ».

    Est-ce que ce qui est voulu de ‘autre que la Vérité’ est ‘autre que l’Honneur de Dieu’ ? ou qu’il n’y ait pas ‘autre que les poires et les abricots du Paradis’ ?

    Le but de ce propos n’est pas de mettre en évidence qui sont les Gens de Dieu (Dieu Seul le sait) mais d’attirer l’attention sur le fait de ne pas, au moins, nier les stations des Gens de Dieu, parce que les nier est à l’origine de l’ensemble des malheurs. (4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(q.s.) Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp177-178)

    À propos de la mise en garde contre le fait de nier les stations et leurs groupes (4-1) (explications

    )

    (1)L’Imâm al-Khomeynî(qs) sait, de sa propre expérience et de sa connaissance de la société et des Haouzah, qu’il existe des gens qui nient ces stations auprès de Dieu et qui utilisent leur position au niveau du savoir pour dénoncer et s’attaquer à ceux qui en parlent (au point de considérer que ce monde gnostique est quelque chose d’illusoire, d’imaginaire, n’ayant aucune base dans l’Islam). Ils considèrent que l’Islam n’est venu que pour les gens ordinaires et qu’il ne parle que la langue de la coutume.

    Ces gens-là sont de différentes sortes, mais l’Imâm(q.s.) évoque leurs pensées les plus importantes et leurs états les plus notoires.

    (2)L’expression ‘tombes vétustes’ (qubûr bâliyyat) suggère que ceux-là sont morts depuis longtemps. Et celle ‘le malheureux écrivain’ fait sans doute allusion à l’auteur lui-même, l’Imâm al-Khomeynî(q.s.).

    L’Imâm (q.s.) ne veut pas critiquer les autres pour les critiquer. Aussi quand il le fait ou quand il indique des manques ou des défaillances chez les autres, il met d’abord en évidence ses propres manques, ses propres défaillances.

    Quand il parle d’un problème présent dans la société et parmi les gens du savoir, avant toute chose, il ne se trouve pas d’excuses pour lui-même. En général, les gnostiques, les Proches-Elus de Dieu, quand ils parlent des manques de ce monde, visent en premier lieu eux-mêmes.

    (3)Cf. Mafâtîh al-Jinân, p565 aux Ed. B.A.A.

    Ces gens qui interprètent à leur façon les hadiths et les versets coraniques, que font-ils des textes, des invocations des Imâms Infaillibles(p) dont l’Imâm al-

    Khomeynî(qs) cite un passage ici ? Peut-on se contenter d’une interprétation matérialiste ?

    (4)L’Imâm al-Khomeynî(q.s.) demande au moins de ne pas nier les stations d’Ahl al-Beit(p) parce que ce déni est à l’origine de toutes les misères. Cela veut dire aussi que croire en ces stations est à l’origine de l’ensemble des bonheurs.

    C’est là que réside l’importance de la pensée. La personne qui n’a rien à son actif sauf sa croyance en ces stations d’Ahl al-Beit(p) et son amour pour eux(p) sera sauvée. Cela sera suffisant pour son salut.

    L’objectif de l’Imâm(qs) n’est pas de nommer les gens qui ont atteint ces stations ni de se considérer parmi eux (même si, en général, quand un savant parle de ces stations cela veut dire qu’il les détient).

    Non ! Et l’Imâm(qs) ne dit pas cela ! Dieu Seul sait qui détient ou non ces stations. Et Il (qu’Il soit Glorifié) a caché Ses Proches-Élus à la création.

    Non ! L’Imâm(qs) demande seulement qu’on ne nie pas ces stations !

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) demande de ne pas, au moins, nier ces stations et de ne pas voir ses détenteurs dans l’erreur.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (2)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) décrit les deuxième et troisième groupes qui nient les stations dans les faits.

     

    Un 2e GROUPE

    Un autre groupe est constitué par ceux qui ne nient pas les stations des Gens de la connaissance ni ne s’opposent aux Gens de Dieu, mais que leurs occupations en ce monde en vue de l’atteindre et de s’immortaliser dans ses plaisirs éphémères, ont empêché d’acquérir le savoir, la pratique, le goût* et l’état.

    Ils sont comme des malades qui savent qu’ils sont malades mais dont le for intérieur ne les appelle pas à se protéger et à boire le médicament amer.

    Alors que les gens du premier groupe sont comme des malades qui ne croient pas qu’ils sont touchés par telle maladie alors qu’ils le sont. Eprouvés par la maladie, ils nient le principe même de la maladie.

     

    Un 3e GROUPE

    Un autre groupe est constitué par ceux qui sont occupés à acquérir le savoir, à atteindre des connaissances mais qui se contentent, à propos des vérités des connaissances et des stations des Gens de Dieu, de termes conventionnels, de mots et d’expressions brodés de fil d’or.

    Ils se sont eux-mêmes enchaînés – et un groupe de malheureux avec eux – dans une chaîne de mots, de conventions, convaincus cependant de l’ensemble des stations par ce qui a été dit [par d’autres].

    Un sous-groupe dans ce 3e GROUPE

    À l’intérieur de ce groupe, il y a des gens qui se connaissent eux-mêmes mais qui, pour s’être mis à la tête d’un certain nombre de malheureux, ont fait de ces expressions vidées [de sens] un moyen pour gagner leur vie et qui se sont mis à chasser les cœurs purs des adorateurs de Dieu par des mots traitres et des paroles embellies.

    Ceux-là sont des shaytâns des êtres humains et ne sont pas moins nuisibles pour les adorateurs de Dieu qu’Iblis. Ces malheureux ne savent pas que les cœurs des serviteurs de Dieu sont la Demeure de Dieu (qu’Il soit Exalté) et qu’il n’est permis à personne d’en disposer.

    Ceux-là ont usurpé la Demeure de Dieu, ont détruit la Ka‘bah véritable, ont sculpté des idoles et les ont mises dans les cœurs des serviteurs de Dieu, qui sont la Ka‘bah, même ! la « Maison construite » !

    Ceux-là sont malades et, se présentant eux-mêmes comme des médecins, ils mettent à l’épreuve les serviteurs de Dieu par de nombreuses maladies destructrices.

    Et la marque de ce groupe de gens est qu’ils prennent plus soin de conseiller les riches et les grands de la société que les pauvres et les malheureux. La plupart de leurs disciples sont des détenteurs de la renommée, des biens, et eux-mêmes sont également revêtus du vêtement des riches, des détenteurs de la renommée et des biens. Ces gens prononcent des mots traitres, ils se purifient eux-mêmes auprès de leurs disciples alors qu’ils sont pollués par mille impuretés de ce monde, et se voient eux-mêmes, dans leurs yeux, comme des Gens de Dieu.

    Ceux-là, ces malheureux stupides (les disciples), ont détourné leur regard de l’ensemble de leurs défauts perceptibles et ils se réjouissent d’expressions et de mots

    vides.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3

    Partie III Chap.4 (pp178-179)

    Le 2e groupe : ne pas nier les stations mais ne pas s’en soucier.

    Le 3e groupe : ne pas nier les stations, se soucier d’acquérir le savoir mais de façon formelle. Dans ce groupe, il y a ceux qui utilisent ce savoir pour gagner leur vie et dominer les autres.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (3)

    Après avoir vu globalement les différents niveaux de la pureté (d’intention), de l’épurement des actes, selon ce qui convient à ces feuilles, l’Imâm al-Khomeynî(qs) a décrit trois groupes qui nient les stations dans les faits. Et avant de voir le 4e, il(qs) a évoqué quatre propos rapportés sur ce sujet.

    Il est rapporté dans le livre al-Khisâl de sheikh as-Sadûq (que Dieu lui fasse miséricorde) selon sa chaîne de transmission remontant à Abû Abdallah(p) [l’Imâm as-Sâdeq(p)] : « Parmi les savants, il y a :

    ceux qui aiment rassembler leur savoir et qui n’aiment pas qu’on en prenne d’eux [le partager] ; ceuxlà sont au 1er degré du Feu ;

    ceux qui, s’ils sont conseillés, sont incommodés et s’ils conseillent

    vitupèrent ; ceux-là sont au 2e degré du Feu ;

    ceux que l’on voit déposer leur savoir auprès de ceux qui détiennent des richesses et la noblesse, mais rien auprès des pauvres ; ceux-là sont au 3e degré du Feu ;

    ceux qui se comportent avec leur savoir comme des tyrans et des sultans : si on leur réplique ou on diminue quelque chose de leur ordre, ils se mettent en colère ; ceux-là sont au 4e degré du Feu ;ceux qui cherchent auprès des propos des hadiths des Juifs et des Chrétiens de quoi enrichir leur savoir et multiplier par eux leurs propos ; ceux-là sont au 5e degré du Feu ;

    ceux qui se posent eux-mêmes [en référence] pour les « fatawât » (les opinions juridiques) et qui disent : « Interrogez-moi ». Et peut-être qu’aucune lettre n’est visée juste. Dieu n’aime pas ceux qui se chargent eux-mêmes d’une tâche ; ceux-là sont au 6e degré du Feu ;

    ceux qui prennent le savoir comme une grandeur d’âme ou une raison ; ceux-là sont au 7e degré du Feu. »

    Il est rapporté par al-Kulaynî dans son Kâfî, d’une chaîne de transmission remontant à l’Imâm al-Bâqir(p) :

    « Celui qui demande le savoir pour s’en glorifier devant les savants, se disputer avec les stupides ou attirer le regard des gens vers lui, accède à son siège au Feu.

    La présidence [le fait d’être chef] ne convient qu’à ses maîtres. »

    Il est rapporté de l’Imâm as- Sâdeq(p) :

    « Si vous voyez le savant aimant la vie de ce monde, alors prenez garde à votre religion. Parce que toute personne aimant quelque chose est entourée par ce qu’il aime. »

    Et de l’Imâm as-Sâdeq(p) également :

    « Dieu (qu’Il soit Exalté) a révélé à Daoud(p) :

    « Ne place pas entre Moi et toi un savant séduit par ce monde car il va te détourner de la voie de Mon Amour.

    Ceux-là sont des brigands de grands chemins (des « coupeurs de voie ») de

    Mes serviteurs désirants. Et le minimum de ce que Je leur fais est de retirer de leurs cœurs, la beauté de l’Entretien intime. » »

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (p180)

    Voici des propos rapportés à propos de ceux qui, sans nier les stations, ne s’en soucient pas ou qui, tout en se souciant d’acquérir le savoir, le font de façon formelle ou pour l’utiliser afin de gagner leur vie et dominer les autres

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

     

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (4)

    Après avoir vu les différents niveaux de la pureté (d’intention) de l’épurement des actes, de façon globale, selon ce qui convient à ces feuilles, voici la description par l’Imâm al-Khomeynî(qs) d’un quatrième groupe qui nie les stations dans les faits.

     

    Un 4e GROUPE

    Les gens de ce groupe ne sont pas des imposteurs. Au contraire, ils parcouraient la voie de l’Au-delà et étaient en train d’atteindre les connaissances et les stations.

    Est alors arrivé le shaytân qui leur a coupé la voie, les a séduits et ils se sont trouvés leurrés : ils ont considéré que les connaissances et les stations sont en vérité des expressions scientifiques qu’ils ont fabriquées ou qui ont été fabriquées par d’autres et dont ils ont tiré profit.

    Aussi ont-ils passé leur jeunesse et les jours de leur vie jusqu’à la fin de leur âge, à multiplier les expressions, à corriger les livres et les pages.

    Comme ce groupe de savants commentateurs du noble Coran, qui voient que le profit du Coran se limite à ajuster les divergences concernant les lectures, le sens des mots, leur déclinaison, les bienfaits littéraux ou moraux, les côtés miraculeux du Coran, les sens coutumiers, ou à rassembler les différentes compréhensions des gens, négligeant totalement les appels-mêmes du Coran, sa dimension spirituelle et ses connaissances divines.

    Ceux-là sont également comme des malades qui vont chez le docteur, prennent une ordonnance de lui et qui voient que le traitement à suivre consiste à corriger le texte, à le sauvegarder ainsi que la façon selon laquelle il est composé.

    La maladie a tué ceux-là ; la connaissance de l’ordonnance et la visite chez le docteur n’auront produit aucun effet.

    Les savoirs – même le S avoir de l’Unicité – sont pratiques

    Ô très cher, l’ensemble des savoirs sont pratiques [c’est-à-dire, doivent être mis en pratique, être appliqués], même le savoir de l’Unicité. Celle-ci a également des actes au niveau de l’intérieur (le cœur) et du moule (le contenant).

    L’Unicité (at-Tawhîd) est selon la seconde forme dérivée (taf ‘îl) et elle exprime le retour de la multiplicité vers l’Unité. Elle comprend des actes au niveau de l’esprit et du cœur.

    Tant •que tu es dans la multiplicité des actes, •que tu ne connais pas la Cause réelle, •que tu n’as pas reçu la clairvoyance de la vision de la Vérité,  que tu n’as pas vu, dans la nature, la Vérité ainsi que les aspects, les multiplicités naturelles et non naturelles, éphémères en Dieu et dans Ses Actes • et que tu n’as pas fait flotter sur ton cœur l’étendard de l’Autorité de l’Unité

    Actrice de la Vérité (Dieu), alors tu es très loin des niveaux de la pureté (d’intention)* (al-khulûs et al-ikhlâs)), de la limpidité, du total épurement. Tu es chassé de l’Unicité.

    L’ensemble des ostentations au niveau des actes et la plupart de celles au niveau du cœur proviennent des manques de l’Unicité au niveau des actes.

    d’après al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât

    de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 –

    Partie III Chap.4 (pp180-181)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Le 4e groupe ne nie pas les stations, se soucie d’acquérir le savoir mais s’est enfermé dans l’aspect formel de ce savoir, ne mettant pas en pratique son savoir, ne permettant pas de réaliser l’Unicité en tant que retour de la multiplicité vers l’Unité.

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (5)

    Après avoir rappelé différents groupes de ceux qui nient les stations dans les faits, l’Imâm al- Khomeynî(qs) insiste sur la nécessité de se réveiller de toutes ces formes d’associationnisme, dont celles qui se manifestent sous les formes d’ostentation au niveau des actes et de la plupart de celles au niveau du cœur. Il nous indique aussi la voie à suivre pour s’en sortir.

    Comment celui qui voit [cette] faible créature misérable, miséreuse, avoir une influence dans la demeure de la réalisation et la considère comme agissant à son gré dans le royaume de la Vérité, peut-il envisager se dispenser de l’attirance des cœurs des créatures et purifier (et épurer) ses actes de l’associationnisme du shaytân ?

    Pour cela, il lui est nécessaire de purifier la source (et l’origine) pour qu’une eau pure sorte d’elle, car il ne faut pas s’attendre à ce qu’une eau pure sorte d’une source boueuse.

    [Comment ?]

    En sachant que les cœurs des serviteurs de Dieu sont à la Disposition de Dieu.

    En faisant goûter au cœur le sens de « Ô Celui qui retourne les cœurs » et en le faisant entendre à son ouïe [du cœur].

    Alors tu ne seras pas préoccupé par le fait de gagner (chasser) les cœurs, avec ce qu’il y a de faiblesse et de misère en toi.

    En faisant comprendre au cœur la Vérité de « Celui Qui a entre les mains la possession de toute chose », « Qui a le royaume », « dont le royaume est entre Ses Mains », alors tu te dispenseras sûrement de l’attirance des cœurs, tu ne te verras pas dans le besoin des cœurs faibles, de ces créatures faibles, et il t’arrivera la suffisance (richesse) au niveau du cœur !

    Mais tant que tu sens en toi-même le besoin et que tu vois dans les gens une solution à ton problème, alors tu sens le besoin de gagner les cœurs. Et tant que tu penses que tu disposes des cœurs [des autres] en faisant apparaître la Sainteté, alors tu sens le besoin de l’ostentation.

    Alors que si tu avais vu la Vérité [Dieu] résolvant le nœud (le problème) et toi-même comme n’étant pas comme disposant de l’univers, tu n’aurais pas besoin [de] ces sortes d’associationnisme !

    Ô l’associationniste prétendant à l’Unicité ! Ô Iblis revêtu de la forme de fils d’Adam !

    Tu as hérité cela du shaytân maudit qui se voit lui-même comme disposant [de ce monde] et qui parle pour les tromper [les gens] !

    Ce misérable infortuné tombant dans le voile de l’associationnisme et de la vision de soi-même, et ceux qui voient le monde et eux-mêmes indépendants (et non pas comme l’ombre [dans le prolongement de

    Dieu]), disposant [agissant d’eux mêmes] et non pas possédés [entre les Mains de Dieu], ont hérité la diablerie d’Iblis !

    Alors, réveille-toi du lourd sommeil et fais parvenir à ton cœur les nobles signes (versets) du Livre divin et des pages lumineuses seigneuriales. Car ces signes (versets) grandioses ont été descendus (révélés) pour me réveiller et te réveiller.

    Mais nous avons limité l’ensemble de nos chances/parts de lui [du profit du noble Coran] à sa belle récitation et à sa forme et nous avons négligé les connaissances qu’il contient, au point d’avoir laissé le shaytân prendre le contrôle de nous-mêmes et de nous placer sous son pouvoir !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp181-182)

    Le cœur est entre les Mains de Dieu. C’est Lui Qui attire les cœurs vers quelqu’un ou les repousse. Un Rappel qu’il ne faut pas négliger : le noble Coran.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant

    5-A propos de certains autres degrés de la pureté (d’intention) (1)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté.

    Un 1er AUTRE DEGRÉ

    Il est nécessaire d’évoquer ici certains autres degrés de la pureté (d’intention)* en fonction de ce qui convient au niveau [de ces feuilles].

    Parmi les degrés de la pureté (d’intention), celui de l’épurement des actes de la vision de mériter une récompense ou une rétribution pour l’acte effectué.

    Son contraire, la défectuosité de demander une rétribution et la

    vision de mériter une rétribution ou une récompense pour l’acte effectué.

    Défectuosité qui n’est pas exempte d’un degré de contentement de soi suite à l’acte effectué dont le cheminant doit purifier son âme.

    Vision qui provient du manque de la connaissance de son état et du Droit du Créateur (que Son

    Importance soit Exaltée). Et aussi du mauvais arbre satanique, qui revient à la vision de l’âme, de ses actes, de l’ego et de l’égoïsme.

    Tant que le malheureux individu est dans le voile de la

    vision de ses propres actes, qu’il les voit provenant de lui-même et qu’il se voit lui-même circulant dans l’ordre, il ne sera jamais sauvé de cette maladie ni ne réalisera cet épurement et cette purification.

    Le cheminant [vers Dieu] doit nécessairement faire des efforts et faire comprendre au cœur, par des exercices au niveau du cœur et le cheminement rationnel et gnostique, que l’ensemble des actes proviennent des Dons et des

    Bienfaits divins que Dieu (qu’Il soit Exalté) fait passer par les mains du serviteur/adorateur.

    Si l’Unicité au niveau des actes s’est stabilisée dans le cœur du cheminant, il ne verra jamais l’acte comme provenant de lui-même et ne demandera pas de récompense.

    Même ! Il verra la récompense comme une Faveur et un Bienfait à l’initiative [de Dieu].

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp183-184)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention »

    Parmi les règles de conduite au niveau de l’intention : se purifier de la vision de mériter une récompense pour un acte effectué. Tout bon acte effectué provient de la Bonté divine, passant par les mains de Son serviteur.

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention*) (2)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence

    certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Après avoir évoqué ce qu’il considère comme un

    autre premier degré que le cheminant vers Dieu doit dépasser dans son cheminement vers Lui – la

    vision de mériter une récompense – et rappelé les principales causes de cette vision, voici des propos

    rapportés des Infaillibles(p).

    Un 1er AUTRE DEGRÉ (fin)

    Quelques propos rapportés des Infaillibles(p)

    Cette subtilité divine est beaucoup évoquée dans les propos des Imâms purs(p) et notamment dans as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah(1), ce livre lumineux qui est descendu du ciel de la connaissance du Connaisseur de Dieu et de la Raison lumineuse, pour le Maître de ceux qui se prosternent(p), pour sauver les serviteurs/adorateurs de Dieu de la prison de la nature et leur faire comprendre les règles de l’assujettissement [à Dieu] et du fait de se mettre au service de la Seigneurie.

    Comme dans la 32e invocation quand il(p) dit : « Aussi à Toi la Louange pour avoir commencé par les bienfaits grandioses et pour m’avoir inspiré le remerciement pour la Bonté.. »(2)

    Comme dans la 12e invocation quand il(p) dit : « Alors que l’ensemble de Tes Bontés sont une faveur et que l’ensemble de Tes Bienfaits sont à Ton Initiative.. »(3)

    Comme dans Misbâh ash-Sharî ‘at quand il(p) dit : « La limite inférieure de la pureté (d’intention) est que le serviteur déploie sa capacité et qu’il ne place pas ensuite, auprès de Dieu, une mesure pour son acte, par laquelle il exige de son Seigneur une compensation pour son acte. »(4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp183-184)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention »

    (1)cf. sa traduction en Fs aux

    Ed. B.A.A.

    (2)as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah,

    Ed. B.A.A. Fs pp201-202.

    (2)Idem p62.

    (4)de l’Imâm as-Sâdeq(p), No77 (al-Ikhlâs) p174.

    Des propos rapportés des Infaillibles(p) concernant la règle de conduite au niveau de l’intention de se purifier de la vision de mériter une récompense pour un acte effectué.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention)  (3)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention) mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Voici un second autre degré

     

    Un 2nd AUTRE DEGRÉ

    [1] L’épurement des actes de la multitude, du plaisir de l’acte, de la confiance en soi et de l’attachement à soi-même.

    Et cela fait aussi partie des tâches du cheminement du cheminant (vers Dieu). Parce que le fait de voir que c’est beaucoup obstrue le cheminant de la caravane des pèlerins vers Dieu et l’enferme dans la prison de la nature.

    Cela pousse du mauvais arbre du shaytân et provient de l’amour de/ pour l’âme, qui est un héritage du shaytân qui a dit à son Seigneur :

    {Tu m’as créé de feu et Tu l’as créé d’argile}.(12/7 al-A‘râf

    [2] Et cela vient de l’ignorance de l’individu de sa station et de Celle de l’Adoré (que Sa Grandeur soit Magnifiée).

    Si le misérable [être] possible(1) connaissait la station de son manque, de son impuissance, de sa faiblesse, de sa misère, et connaissait

    Celle de la Grandeur de la

    Vérité (Dieu), de Sa Gloire, de Sa

    Perfection, il ne verrait jamais son acte grandiose ni ne considèrerait que c’est lui qui accomplit l’ordre [ce qu’il a fait].

    Ainsi, le misérable suppose pour deux raka‘ts de la prière effectuées – qui ne valent pas plus de 80 dinars, selon la coutume dans le marché des gens de ce monde (et encore, si elles sont justes et rétribuées) – des suppositions infinies !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (p184)

    (1)« possible » dans le sens qui peut ou ne pas exister, qui a besoin d’Autre pour exister, en opposition à Dieu qui est Existence Nécessaire.

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    Le 2nd autre niveau : épurer son intention du fait de voir que c’est beaucoup, d’avoir du plaisir des actes et d’être content de soi, en oubliant Dieu, l’Origine et le But de ces actes.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention)* (4)

    L’Imâm al-Khomeynî(qs) revient ici sur certains degrés de la pureté (d’intention), mettant en évidence certains éléments qui peuvent ternir cette pureté. Après avoir évoqué un second autre degré qu’il faut dépasser dans le cheminement vers Dieu – celui du plaisir de l’acte effectué et de la confiance en soi – voici un rappel de quelques propos rapportés.

     

    Un 2nd AUTRE DEGRÉ (fin)

    [3] Ce plaisir et cette vision d’avoir fait beaucoup sont à l’origine de beaucoup de corruptions morales et au niveau des actes qu’il serait trop long d’évoquer ici. Les Infaillibles(p) ont évoqué cet aspect dans leurs propos rapportés.

     

    Quelques propos rapportés des Infaillibles(p)

    Comme ceux dans le noble Kâfî, de sa chaîne de transmission remontant à [l’Imâm]

    Moussa fils de Ja‘far(p) al-Kâzhem(p) :

    a-Il(p) dit à l’un de ses enfants :

    « Mon fils, il faut que tu sois sérieux et que tu ne sortes pas ton âme de la limite du manquement dans l’adoration de Dieu Tout-Puissant. »

    b-De lui(p), dans un autre propos :

    « [Pour] tout acte par lequel tu veux Dieu (Tout-Puissant), considère en toi-même que tu es en manque parce que tous les gens dans leurs actes sont en manque, dans ce qu’il y a entre eux et Dieu, sauf ceux que Dieu Tout-Puissant a rendu infaillibles. »

    c-Et de lui(p) :

    « Ne considérez pas comme beaucoup, beaucoup de biens. »

    Et, dans as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah al-Kâmilah, [l’Imâm as-Sajjâd](p) dit, dans sa description des Anges(p) :

    « .. qui disent, en regardant l’enfer pétiller au-dessus de ceux qui T’ont désobéi : « Gloire à Toi ! Nous ne T’avons pas adoré d’une adoration digne de Toi ! » »(4)

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp184-185)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)al-Kâfî, vol. 2 Bâb 221 al-A‘tirâf bi-t-taqsîr, p78 H1. – (2)idem, p79 H4. – (3)al-Kâfî, vol. 2 Bâb 229 al-istisghâr adh-Dhanb, p279

    H2. – (4)as-Sahîfah as-Sajjâdiyyah al-Kâmilah, Ed. B.A.A. p24.

    Le 2nd autre niveau : épurer son intention du fait de voir que c’est beaucoup, d’avoir du plaisir des actes et d’être content de soi, en oubliant Dieu, l’Origine et le But de ces actes. Voici des propos rapportés des Infaillibles(p).

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (5)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention) et avoir rappelé l’attitude des Infaillibles(p), reconnaissant leur manquement et leur impuissance, l’Imâm al-Khomeynî(qs) interpelle les gens ordinaires comme nous.

    Alors, ô le faible [comment être content d’un acte effectué] alors que le Messager de Dieu(s) (qui est la plus savante créature de Dieu, dont les actes sont les plus lumineux et les plus grandioses de ceux de l’ensemble des gens) reconnaissait [son] impuissance et [ses] manques et qu’il(s) disait : « Nous ne T’avons pas connu d’une juste connaissance de Toi et nous ne T’avons pas adoré d’une juste adoration de Toi. »

    Et il en est de même des Imâms Infaillibles(p).

    Ils faisaient apparaître cet aspect de manquement et de déficience dans le Lieu de la Présence Sacrée.

    Oui ! La station de leur connaissance de l’impuissance du « possible » et de la Puissance et Grandeur (que Son Importance soit Elevée) de l’« Obligatoire » impliquait de telles manifestations et de telles reconnaissances !

    [Nous allons y revenir la prochaine fois.]

    Quant à nous, les pauvres malheureux, par ignorance et différentes sortes de voiles qui nous prennent au cou, nous nous mettons à nous enorgueillir et à être contents de nous-mêmes et nous nous pavanons de nos actes !

    Ô Gloire à Dieu ! Comme est véridique cette parole du Prince des croyants(p) :

    « L’individu content de luimême : un jaloux/envieux de sa raison. »(1)

    N’est-ce pas par manque de raison que le shaytân nous empêche de voir un ordre évident dont nous ne mesurons pas le poids à la balance de la raison !

    Certes, nous savons par évidence que nos actes et les actes de l’ensemble des gens ordinaires, même ! Des actes de l’ensemble des Anges de Dieu et des Êtres spirituels n’ont aucune valeur perceptible dans la balance des actes du Messager de Dieu(s) et des Imâms de la bonne Direction(p) et ne correspondent à rien.

    En même temps, le fait de reconnaître le manque et de faire apparaître l’impuissance à assumer l’ordre par ces êtres grandioses(p) est [rapporté] de façon sûre, répétée, au-dessus de la limite.

    En fonction de ces deux questions évidentes, inévitables, nous ne devrions jamais être contents de quoi que ce soit de nos actes.

    Même ! Nous devrions, si nous adorons [Dieu] et [Lui] obéissons tout au long de notre

    vie en ce monde, être intimidés, baisser nos têtes en Sa Présence.

    Et malgré cela, le shaytân a pu s’installer dans nos cœurs, prendre le contrôle de nos raisons et de nos sens de sorte que nous ne tirons pas les conséquences de ces préliminaires nécessaires, inévitables et que les états de nos cœurs sont au contraire de cela.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp184-185)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange. D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)Nahj al-Balâgha, Hikm

    No213 p697 – cf. ash-Sharah de Sh. Makârem ash-Shîrâzî,

    vol.13 No212 pp463-466.

    Comment être content de soi d’un acte d’adoration de Dieu (qu’Il soit Glorifié) alors que les Infaillibles(p) reconnaissaient leur impuissance !

    Combien misérable est cet être humain, ignorant, présomptueux !

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (6)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention), avoir rappelé l’attitude des

    Infaillibles(p), reconnaissant leur manquement et leur impuissance (malgré leur station élevée) et

    interpellé les gens ordinaires comme nous, l’Imâm al-Khomeynî(qs) cite l’exemple du Prince des croyants(p) et celui du Messager de Dieu(s).

    [A propos du Prince des croyants(p)]

    Le Maître(1) dont un seul coup le jour d’al-Khandaq était meilleur que l’ensemble des actes d’adoration des djinns et des êtres humains, selon la corroboration du Messager de Dieu(s), faisait apparaître dans ses actes d’adoration et ses exercices spirituels – à propos desquels ‘Alî fils de Hussein, le plus adorateur des créatures de Dieu, disait qu’il lui était impossible de les égaler – l’impuissance, l’abaissement, la reconnaissance du manque et de la déficience, plus que nous !

    [A propos du Messager de Dieu(s)]

    Et le Messager(s) de Dieu

    – par rapport à qui(s), ‘Alî al-Murtadâ(p)(2) et l’ensemble [des [êtres humains] autres que

    Dieu étaient ses serviteurs, bénéficiant des bienfaits de ce qui tombait de la table de ses bienfaits dans ses connaissances, instruits de ses enseignements, après qu’il fut revêtu du sceau de la Prophétie qui marquait la fin de la marche du cycle(3) de la perfection et la dernière pierre de la connaissance et l’Unicité – se chargea de l’Ordre [la Révélation (la ‘descente’)] pendant dix ans dans la montagne de Harâ’ à pied et obéit [et adora Dieu] au point d’avoir les pieds gonflés et au point que Dieu (qu’Il soit Exalté) lui révéla (fit ‘descendre sur lui’) ; {Tâ Hâ. Nous n’avons pas fait descendre sur toi le Coran pour te rendre malheureux.} (1-2/20 Tâ Hâ).

    (C’est-à-dire, « ô le pur, le guide/bien dirigé, Nous n’avons pas fait descendre sur toi le Coran pour que tu sois malheureux parce que tu es pur, un guide/bien dirigé. Si les gens ne t’obéissent pas, cela est résultat de leur manque et de leur misère, non pas d’un manque de ton cheminement ni de ta guidance ».)

    Et malgré cela, il(s) annonçait son impuissance et ses manques.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp185-186)

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français. Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

    (1)Le Prince des croyants(p), l’Imâm ‘Alî fils d’Abû Tâleb.

    (2)ou « qui était agréé [par Dieu] ».

    (3)en allusion aux deux arcs, descendant et ascendant (le retour vers Dieu).

     

    Voici des exemples du Prince des croyants(p) et du Messager de Dieu(s), à propos du 2nd autre niveau de purification de son intention.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    5-A propos de certains degrés de la pureté (d’intention) (7 et fin)

    Après être revenu sur deux degrés de la pureté (d’intention), avoir rappelé l’attitude des Infaillibles(p), (reconnaissant leur manquement et leur impuissance) et interpellé les gens ordinaires comme nous,

    l’Imâm al-Khomeynî(qs) cite, en conclusion, un propos rapporté de l’Imâm ‘Alî(p) fils de Hussein(p).

    Sayyed Ibn Tâ’ûs(qs) transmet un propos rapporté de l’Imâm ‘Alî fils d’al-Hussein(p), et nous, nous tirons bénédiction de cette missive même si le propos rapporté est long.

    Mais dans la mesure où il évoque certains états du Maître, les esprits se parfument de ce texte et les « goûts » des cœurs y prennent plaisir.

    Il est rapporté de lui (qs), dans Fatah alabwâb, d’une chaine de transmission remontant à az-Zuhrî :

    « J’entrai avec ‘Alî fils d’al-Hussein(p) chez Abd al-Malek fils de Marwân (calife/ roi omeyyade de l’époque) qui fut très étonné de voir des traces de prosternation entre les yeux de ‘Alî fils d’al-Hussein(p).

    Il dit : « Ô Abû Mohammed, apparaissent sur toi les efforts alors que la vertu t’a devancé de la part de Dieu. Tu es de la chair du Messager de Dieu(s), proche de sa descendance, le foie des liens de parenté. Tu as des faveurs grandioses, supérieures à l’ensemble des gens de ta maison et des gens de ton époque.

    Il t’a été donné en faveur, en savoir, en religion, en piété scrupuleuse, ce qui n’a été donné à nul autre que toi, hormis à ceux qui t’ont précédé de ton ascendance. »

    Et il continua à faire son éloge et à l’amadouer.

    Alors ‘Alî fils d’al-Hussein(p) dit :

    « Tout ce que tu as évoqué et décrit provient de la Faveur de Dieu (qu’Il soit Glorifié), de Son Soutien et de Sa Réussite. Alors où est le remerciement pour Lui pour ce qu’Il a donné en bienfaits, ô prince des croyants ?

    Le Messager de Dieu(s) se tenait debout pour la prière au point que ses pieds gonflaient.

    Il(s) jeûnait au point que sa bouche devenait sèche et qu’on lui disait : « Ô Messager de Dieu, Dieu ne t’a-t-Il pas pardonné pour tout ce que tu as fait comme péché dans le passé et ceux à venir ? »

    Il(s) répondait alors :

    « Ne [dois-je] pas être un serviteur reconnaissant et louant Dieu pour ce qu’Il m’a offert et éprouvé ? A Lui la Louange dans la dernière et la première. Par Dieu, rien ne m’a détourné de Le remercier, de L’évoquer, nuit et jour, en secret et en public.

    Si ma famille n’avait pas des droits sur moi ainsi que tous les gens (particuliers ou généraux) qui m’obligent, en fonction de mes possibilités, de mes capacités, de les satisfaire pour eux, je jetterais mon regard vers le ciel et mon cœur vers Dieu, ensuite je ne les ramènerais, tous les deux, qu’au moment où Dieu prendrait mon âme. Et Il est le Meilleur des juges. » » »

    Et [l’Imâm ‘Alî fils d’al-Hussein(p)] se mit à pleurer et Abd al-Malek pleura également.

    Il reste d’autres niveaux de la pureté (d’intention) qui ne conviennent pas à la station.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Partie III Chap.5 (pp186-187)

    Et ainsi nous aurons terminé le chapitre 5 de la partie III concernant les règles de conduite morales de l’intention.

    La prochaine fois, nous allons entamer les règles de conduite morales concernant la récitation du noble Coran.

    *Le mot « ikhlâs » n’a pas d’équivalent en français.

    Il est souvent traduit par « sincérité » ou « loyauté », alors qu’il a un sens d’être pur, épuré, sans mélange.

    D’où sa traduction ici par « pureté d’intention ».

     

    Un propos rapporté de l’Imâm as-Sajjâd(p), le 4e Imâm(p) où sont données des indications sur lui-même(p) et sur le Messager de Dieu(s) à propos de leur pureté d’intention dans l’adoration de Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation du Coran

    1-A propos de la récitation (1)

    Nous venons de terminer le troisième chapitre (bâb) de la troisième partie (maqâlat) qui abordait la question de l’intention, de sa pureté et de sa sincérité. Le quatrième chapitre (bâb) porte sur la récitation du noble Coran durant la prière (obligatoirement en arabe). Ce chapitre est divisé en deux flambeaux (misbâh), le premier (pp191-221) portant sur la lecture du noble Coran en général (avec six sections (fusûl)) et le second (pp223-343) sur la lecture du noble Coran de façon spécifique durant la prière (avec sept sections (fusûl)). Les trois dernières sections du second flambeau donnent une interprétation des sourates al-Hamd (1), at-Tawhîd (ou al-Ikhlâs) (112) et d’al-Qadr (97) que nous avons déjà reprise lors de l’étude de ces sourates dans la rubrique « Le noble Coran-réfléchir sur les versets »(1).

    Une des règles de conduite importantes pour la lecture du Livre divin, commune au savant et aux gens en général, qui donne de bons résultats et entraîne l’illumination du cœur et la vie du for intérieur : considérer [le Coran] comme quelque chose de grandiose, le magnifier (at-ta‘zhîm).

    Et cela dépend de la compréhension de sa grandeur, de sa majesté et de sa magnificence – bien que cela soit, en vérité, extérieur au cadre de la mise en évidence, au-delà des capacités du genre humain. Parce que la compréhension de la grandeur de toute chose se réalise par la compréhension de sa réalité essentielle.

    Et la réalité du noble Coran divin

    avant sa descente dans la demeure de la création et son revêtement des stades de l’effectivité – fait partie des affaires de l’Essence divine et des Vérités du Savoir (divin) de la Présence de l’Unicité.

    Elle [la réalité du noble Coran] est la réalité de la Parole en soi qui est [elle] une « résonance » (muqâra‘at) de l’Essence dans la Présence Nominale (des Noms).

    Et cette Réalité, personne ne l’atteint (ne la saisit) par les sciences formelles ni par les connaissances du cœur ni par le dévoilement ‘dissimulé’ (transcendant), mais uniquement par le dévoilement divin complet à l’essence bénie du Sceau des Prophètes, dans l’entretien intime {à distance des deux arcs}, même dans l’isolement secret de la station {ou plus près encore}.

    Cette Réalité est hors de portée des espoirs du genre humain sauf pour l’élite des Proches Elus de Dieu qui s’est associée à la spiritualité de cette essence sainte, selon les lumières morales et les vérités divines et qui a disparu (fondu) en elle par l’intermédiaire de son total suivi

    (taba‘iyyah).

    Ceux-là reçoivent les sciences du dévoilement par héritage de lui(s).

    La Réalité du Coran se reflète dans leurs cœurs avec la même luminosité et perfection que celle qui s’est manifestée dans son cœur béni, sans descente dans les demeures ni passage dans les cadres.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp191-192)

     

    La première règle de conduite à suivre au niveau de la lecture du Livre divin : considérer le noble Coran comme quelque chose de grandiose, le magnifier !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (2)

    Voici la suite de la première des six sections (fusûl) du 1ier flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morales à avoir au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. Quoiqu’il(qs) affirme que cela est impossible pour le genre humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous donne des pistes vitales de réflexion, comme cette possibilité que Dieu a donnée à Son Messager de la connaître et par suite à une élite de Proches Elus(p), qui ont la charge de nous la transmettre. En voici d’autres dans ce qui suit.

    C’est cela le Coran, sans altération ni modification.(1)

    Et parmi ceux qui ont transcrit la Révélation divine, celui qui pouvait supporter ce Coran est la noble âme du « Walî » absolu de Dieu, ‘Alî fils d’Abû Tâleb(p).

    Quant aux autres créatures, elles n’ont pas la capacité de saisir cette Réalité qu’avec [après] sa descente de la Station du Dissimulé (al-ghayb) à la résidence du manifeste (shahâdat), le passage aux stades du monde matériel (al-mulk) et le revêtement des habits des mots (al-alfâzh) et des lettres (al-hurûf) de ce monde.

    Et cela est l’un des sens de l’altération (at-tahrîf) qui est arrivée dans/à tout Livre divin et au noble Coran.

    L’ensemble des nobles versets ont été placés à la portée des mains du genre humain par l’altération (at-tahrîf) [dans le sens de « faire lettre », de « rendre en lettres »], même, par de nombreuses altérations selon les demeures et les étapes traversées, de la

    Présence des Noms au dernier des mondes du manifeste (shahâdat) et du royaume

    (al-mulk). Le nombre des niveaux de l’altération correspond, point par point, à celui des profondeurs intérieures (butûn) du noble Coran.

    Sauf que l’altération (at-tahrîf) exprime la descente du Dissimulé absolu au manifeste absolu selon les niveaux des mondes, alors que les profondeurs intérieures (al-butûn) expriment le retour, du manifeste absolu vers le Dissimulé absolu.

    Ainsi, les points de départ de l’altération et des profondeurs intérieures sont inverses.

    Si le cheminant de Dieu arrive à un des niveaux des profondeurs intérieures [du noble Coran], cela veut dire qu’il en a fini avec un des niveaux de l’altération, jusqu’à ce qu’il atteigne la profondeur intérieure absolue, qui est la 7e profondeur intérieure selon les niveaux universels.

    Il se serait alors débarrassé, purifié de l’altération absolue.

    Et selon cela, le noble Coran peut être, pour certaines personnes, altéré de l’ensemble des sortes d’altérations, pour d’autres, selon certains niveaux du noble

    Coran et ne pas lui être du tout altéré, ou encore, il est possible pour certaines personnes qu’il [le noble Coran] soit altéré dans certaines situations et pas dans d’autres, ou encore qu’il soit altéré de certaines sortes d’altérations, dans un 3e cas.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp192-193)

    (1)cf. le propos sur la Réalité du noble Coran dans le numéro précédent de la revue (No110 p5).

     

    La première règle de conduite à suivre au niveau de la lecture du Livre divin : considérer le noble Coran comme quelque chose de grandiose, le magnifier !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (3)

    Voici la suite de la première des six sections (fusul) du 1er flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morales à suivre au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. Quoiqu’affirmant que cela est impossible pour le genre

    humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) nous donne des pistes vitales de réflexion, comme celle-ci que Dieu a donné cette possibilité de la connaître au Messager de Dieu(s) et par suite à une élite de Proches Elus(p), qui ont la charge de nous la transmettre. En voici d’autres.

    Comme nous l’avons su, comprendre la grandeur du noble Coran est hors de portée de la connaissance, mais l’indication globale de la grandeur de ce Livre révélé (descendu) présent, circulant parmi l’ensemble du genre humain, entraîne de nombreux profits.

    Sache, mon cher, que la grandeur de tout propos, de tout écrit [provient] soit :

    1-de la grandeur de celui qui parle (du locuteur) ou qui écrit (de l’écrivain) ;

    2a-de la grandeur des thèmes [abordés] et des buts visés ;

    2b-de la grandeur de ses résultats, de ses fruits ;

    3-de la grandeur du messager, de l’intermédiaire (celui qui le transmet) ;

    4-de la grandeur de celui à qui il est adressé ou est envoyé (le destinataire) et qui en a la charge ;

    5-de la grandeur de celui qui en assume la préservation et la garde ;

    6-de la grandeur de celui qui le commente, l’explique et le met en évidence ;

    7-de la grandeur du moment où il a été envoyé et de sa façon.

    Certains de ces points interviennent dans la grandeur de façon essentielle, substantielle, d’autres de façon accidentelle et par intermédiaire et d’autres en tant que dévoilant la grandeur.

    L’ensemble de ces choses que nous avons évoquées sont présentes dans ce Livre lumineux, de la façon la plus élevée et la plus parfaite.

    Même, cela en constitue une de ses spécificités, en tant que tout autre livre, soit ne partage en rien tout cela, soit pas dans l’ensemble des niveaux [c’est-à-dire en partie seulement].

    1Quant à la Grandeur de Celui Qui parle, de Son Origine, de Son Auteur, Il est le Très-Grand absolu dont l’ensemble des sortes de la grandeur envisagée dans le monde matériel (almulk), le monde immatériel (al-malakût) et l’ensemble des puissances, descendant du monde du Dissimulé (al-ghayb) au [monde] manifeste (ash-shahâdat) [ne] sont [que] des gouttes des manifestations grandioses de l’Acte de Son Essence sainte.

    Il n’est pas possible que la Vérité (al-Haqq, Dieu, qu’Il soit Exalté) Se manifeste par la Grandeur à quiconque, mais Elle se manifeste derrière mille voiles et dais.

    Comme il est dit dans le hadîth :

    « Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté) a 70 000 voiles de lumière et d’obscurité.

    S’ils étaient dévoilés, les magnificences de Son Visage brûleraient en deçâ de Lui. »(1)

    Pour les gens de la connaissance, ce noble Livre provient de la Vérité (al-Haqq,

    Dieu, qu’Il soit Exalté), en tant qu’origine/ principe de l’ensemble des Affaires de l’Essence, des Attributs et des Actes, et avec l’ensemble des manifestations de Beauté et de Majesté.

    Et aucun autre Livre céleste n’a ce rang et cette demeure.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (p193 Ed. BAA)

    (1)du Messager de Dieu(s), Bihâr, vol.55, Kitâb as-sama‘ wa-l-‘âlam, bâb 5 p45 H13

    لله تبارك وتعالى سبعين ألف « حجاب من نور وظلمة لو كشفت

    ». لأحرقت سبحات وجهه ما دو

    La grandeur d’une chose peut provenir de 7 ou 8 aspects qu’il nous faut considérer si nous voulons magnifier le noble Coran, même si cela est hors de notre portée !

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    1-A propos de la récitation (4)

    Voici la fin de la première des six sections (fusul) du 1ier flambeau (misbâh) du 4e chapitre (bâb) portant sur les règles de conduite morale à avoir au moment de la récitation du noble Coran en général (en sachant que la récitation du Coran est obligatoire durant la prière et de plus en arabe). La première règle annoncée est de magnifier le noble Coran en le récitant et pour cela il faut comprendre la réalité de la grandeur du noble Coran. L’Imâm al-Khomeynî(qs) cite 7 (ou 8) pistes de réflexion pour nous aider à percevoir la grandeur du noble Coran. Après avoir vu la Grandeur du Locuteur, voici les autres.

    2Quant à sa grandeur à cause de son contenu, des sujets [abordés] et de ses buts visés, cela demande d’y consacrer une section entière, voire même des sections, des chapitres, un mémoire, un livre, indépendants pour arriver à en faire une esquisse vers la voie de la mise en évidence et de la rédaction. Nous allons indiquer de façon globale ses points généraux dans une section à part et nous y signalerons sa grandeur du point de vue des résultats, des fruits, si Dieu le veut.

    3Quant à la grandeur du messager, de l’intermédiaire (celui qui le transmet), c’est l’Ange Gabriel(p), le sûr, l’Esprit suprême, par lequel le Messager le plus grandiose et le plus noble(s) contacte cet Esprit grandiose, après être sorti de l’enveloppe humaine et avoir orienté son cœur vers la Présence de la Domination (al-Jabarût).

    Il [l’Ange Gabriel](p) est l’un des quatre piliers de la demeure de la Réalisation. Même ! il(p) est le plus grandiose des piliers, le plus noble de ses genres parce que cette essence lumineuse est l’Ange préposé au savoir, à la sagesse, détenteur des ressources morales, des nourritures spirituelles.

    On peut déduire du Livre de Dieu et des nobles hadîths, la grandeur de [l’Ange] Gabriel(p) et sa prééminence sur les autres Anges.

    4Quant à la grandeur de celui à qui il est adressé ou est envoyé (le destinataire) et qui en a la charge, il est le cœur pur limpide

    al-Ahmadî (le plus loué), unitif synthétique al-Muhammadî (le comblé de louanges) auquel la Vérité (al-Haqq, Dieu qu’Il soit Exalté) S’est manifesté de l’ensemble de ce qui revient à l’Essence, aux Attributs, aux Noms et aux Actes.

    Il(s) est celui qui détient le sceau de la Prophétie et de la « wilâyah » absolue, qui est la plus noble et la plus grandiose des créatures, la quintessence de l’univers, le joyau de l’existence, le suc de la demeure de la Réalisation et la dernière brique, le détenteur de la plus grande « médiation » (ou fonction d’intermédiaire) (al-barzakhiyyah alkubrâ) et la Lieu-tenance suprême.

    5Quant à la Grandeur de Celui qui en assure la préservation et la garde, Il est L’Essence

    Sainte de la Vérité (al-Haqq, Dieu Tout-Puissant), comme Il dit dans le noble verset béni :

    {Certes c’est Nous qui avons fait descendre le Rappel et c’est Nous qui en sommes Gardien.}(1)

    6Quant à la grandeur de ceux qui le commentent, l’expliquent et le mettent en évidence, ce sont les essences pures des Infaillibles, du Messager de Dieu(s) à l’[Imâm] al-Hujjah de l’époque (que Dieu accélère son apparition) qui sont, eux, les clefs de l’existence, les trésoriers de la magnificence, les sources de la sagesse et de la révélation, les fondements des connaissances et bienfaits, et les détenteurs de la station de la synthèse et du détail.

    7Quant à la grandeur du moment de la

    Révélation, c’est la nuit d’al-Qadr, la plus grandiose des nuits, meilleure que mille mois, le plus lumineux des temps. Il est en vérité le moment de l’arrivée du « walî » absolu et du

    Messager scellant [le Prophète](s).

    8Quant à la façon de la Révélation, ses modalités, cela est hors du cadre de la mise en évidence de ce livre abrégé et a besoin d’une section à part que j’ai mise de côté à cause de sa longueur.

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau 1 section 1 (pp194-195 Ed. BAA)

    (1)v. 9/15 al-Hijr

    إِنَّا نَحْنُ نَزَّلْنَا الذِّكْرَ

    وَإِنَّا لَهُ لَحَافِظُونَ

    La grandeur d’une chose peut provenir, en plus du Locuteur : 2-du contenu du Message ; 3-du messager porteur de ce Message ; 4-du destinataire ; 5-de Celui qui le préserve ; 6-de ceux qui le commentent ; 7-du moment de la Révélation ; (8-de sa façon).

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant la récitation

    2-A propos des objectifs et du contenu du noble Coran (1)

    Nous avons vu que la 1e règle de conduite à suivre en lisant le noble Coran est de le magnifier et pour cela comprendre la réalité de sa grandeur. Quoique cela soit impossible pour le genre humain, l’Imâm al-Khomeynî(qs) a donné 7 à 8 pistes de réflexion pour percevoir la grandeur du noble Coran, notamment celle du contenu et des objectifs du noble Coran, qu’il(qs) va reprendre dans cette section.

    Sache que ce noble Livre, comme il l’annonce lui-même, est un livre de guidance, guidant le comportement de l’humanité, éduquant les âmes, guérissant les maladies du cœur et illuminant la voie du cheminement vers Dieu.

    Globalement, Dieu (qu’Il soit Béni et Exalté), dans l’étendue de Sa Miséricorde pour Ses

    serviteurs/adorateurs a fait descendre ce noble Livre de la Station de Sa Proximité et de Sa Sainteté – selon ce qui convient aux mondes

    – jusqu’à arriver à ce monde ténébreux, à cette prison de la nature (at-tabî‘at).

    Il s’est alors revêtu de mots et a pris la forme de lettres, pour sauver les prisonniers de l’obscure prison de ce monde, libérer les enchaînés des carcans des espoirs et désirs vains et les faire parvenir

    – du plus bas degré de l’âme, de la faiblesse et de l’animalité

    – au sommet de la perfection et de la force humaine et

    – du voisinage du shaytân – à la compagnie des êtres spirituels, voire même les faire aboutir à la station de la

    Proximité et atteindre le degré de la Rencontre de Dieu – qui sont les plus grandioses objectifs et demandes des Gens de Dieu.

    Ainsi, de ce point de vue, ce Livre est un livre appelant à Dieu (al-Haqq) et à la félicité, une mise en évidence de la façon d’atteindre cette station et ces contenus globalement – de ce qui a un rapport avec le cheminement et le comportement vers Dieu, ou ce qui aide le cheminant et le voyageur vers Dieu.

    De façon générale, l’un de ses importants objectifs, est d’appeler à la connaissance de Dieu et de mettre en évidence les connaissances divines concernant l’Essence, les Noms, les Attributs et les Actes

    – et ce qui est le plus demandé est l’Unicité de l’Essence, des Noms et des Actes

    – ce qui est évoqué à fond (mustaqsâ), parfois directement et parfois par allusion.

    Il faut savoir que les connaissances

    – de celle de l’Essence à celle des Actes

    – sont évoquées dans ce Livre divin synthétique de façon que chaque catégorie [de gens] puisse les saisir selon ses dispositions. Ainsi, les savants de l’apparence (‘exotérique’), les rapporteurs de la tradition (des hadîths) et les religieux en droit (que la Satisfaction de Dieu soit sur eux) mettent en évidence et interprètent les nobles versets de l’Unicité, notamment de l’Unicité au niveau des actes, d’une façon qui diffère et diverge de celle des gens de la connaissance et des savants de la profondeur (de l’ ‘ésotérique’).

    L’auteur de ces lignes considère les deux comme justes dans leur domaine, parce que le Coran est guérison des maladies intérieures et soigne tout malade de façon spécifique.

    Ainsi les nobles versets

    – ceux concernant :

    l’Unicité de l’Essence comme : {Il est le Premier et le Dernier, l’Apparent et le Profond}(3/57 al-Hadîd), {Dieu est la Lumière des cieux et de la terre}(35/24 an-Nûr), {C’est Lui qui est Divinité dans le ciel et dans la terre}(84/43 az-Zukhruf ), {Il est avec vous où que vous soyez} (4/57 al-Hadîd), {Où que vous vous tournez, là est la Face de Dieu} (115/2 al-Baqara) et autres ;

    l’Unicité des Attributs comme la fin de la sourate al-Hashr (21-24/59) ;

    l’Unicité des Actes comme : {Tu n’as pas lancé quand tu as lancé mais c’est Dieu qui a lancé}(17/8 al-Anfâl), {Louange à Dieu, Seigneur des mondes.}(2/1 al-Fâtiha), {Le Glorifie ce qui est dans les cieux et la terre.}(1/62 al-Jumu‘a & 1/64 at-Taghâbun) ; qui sont des indications gnostiques précises pour certains et très précises pour d’autres – sont une guérison pour [toutes] les maladies, d’une certaine façon, pour chaque catégorie de savants de l’apparence (de l’ ‘exotérique’) et de la profondeur (de l’ ‘ésotérique’).

    Alors même que certains nobles versets

    – comme les 1ers versets de la sourate al-Hadîd (1-6/57) et la sourate bénie at-Tawhîd (ou al-Ikhlâs)

    (112)(1)

    – ont été révélés, selon un propos rapporté cité dans al-Kâfî, pour des « gens profonds » à la fin des temps(2), les gens de l’apparence en ont aussi une part suffisante. Et cela fait partie des miracles de ce noble Livre et de son côté synthétique.

    d’après al-Adâb al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’Imâm al-Khomeynî(qs) – Maqâlat 3 – Chapitre (Bâb) IV Flambeau.1 section 2 (pp195-196)

    Ainsi, un des objectifs du noble Coran est l’appel à la connaissance de Dieu, notamment Son Unicité (de l’Essence, des Attributs, des Actes). Le noble Coran est guérison de toutes les maladies intérieures.

     

    (1)A propos de la sourate at-Tawhîd (112), cf. les numéros de 4 à 7 de la revue L.S..

    (2)« Dieu Tout-Puissant sait qu’à la fin des temps, il y aura des gens profonds, alors Dieu (qu’Il soit Exalté) a fait descendre : {Dis : Lui, Dieu est Un..} et les premiers versets de la sourate al-Hadîd jusqu’à Sa Parole : {et Il sait parfaitement le contenu des poitrines.}. Alors celui qui désire (derrière) cela est perdu. » (de l’Imâm as-Sajjâd(p), al-Kâfî, vol.1 Kitâb at-Tawhîd, Bâb 29 an-Nisbat, pp146-147 H3).

    سئل علي بن الحسين عليه السلام عن التوحيد فقال : “إن الله عز وجل علم أنه يكون في آخر الزمان أقوام متعمقون فأنزل الله تعالى }قل هو الله أحد{ والآيات

    من سورة الحديد إلى قوله}وهو عليم بذات الصدور{ فمن رام وراء ذلك فقد هلك.”

    A propos des règles lors de la récitation du Coran (2-1)

    Explications

    Le premier paragraphe donne l’identité du noble Coran et indique son rôle de guidance, de guérison et d’illumination.

    Il descend selon les capacités de réception des mondes. S’il était descendu tel quel, selon sa Réalité, il brûlerait tous ces mondes – une supposition bien sûr, dans la mesure où Dieu ne fait rien pour détruire. Toute chose auprès de Lui se fait selon la mesure/capacité.

    L’allusion au shaytân, dans la mesure où, bien que du monde immatériel inférieur, il est très présent dans le monde ici-bas, matériel. Et plus l’être humain s’élève vers Dieu, plus sa présence diminue jusqu’à disparaître.

    Le premier objectif cité, voire même celui le plus élevé, le plus sublime, est la connaissance (réelle) de Dieu, et plus particulièrement l’Unicité de Dieu, au niveau de l’Essence, des Attributs (et Noms) et des Actes, en tant qu’elle n’est pas dissociée de la Rencontre de Dieu. Et cela est évoqué dans le noble Coran de façon approfondie jusqu’à arriver à la limite extrême (mustaqsâ) de cette connaissance.

    C’est-à-dire le noble Coran veut que l’être humain arrive à la connaissance véritable de Dieu. Il le prend par la main pour lui faire passer par les étapes de l’Unicité, celle au niveau des Actes, des

    Attributs (et Noms) jusqu’à l’Unicité de l’Essence.

    Il a cette particularité de parler à tous les niveaux du genre humain, certes à la mesure/capacité de leur raison, en s’étant revêtu de mots et de lettres, ce qui correspond au niveau le plus bas des êtres humains (qui est la langue, les mots prononcés).

    Donc, avant de citer les autres objectifs ou thèmes du noble Coran, l’Imâm(qs) a tenu à attirer l’attention sur le fait que le noble Coran parle à tout le monde, qu’il guérit tout le monde, qu’il sauve tout le monde et qu’il fait atteindre l’objectif fondamental qui est la Rencontre de Dieu.

     

     

    • C/RÈGLES DE CONDUITE CONCERNANT DES ÉLÉMENTS DE LA PRIÈRE

    Des règles de conduite concernant l’intention

    4-Mise en garde contre le fait de nier les stations (5)

    Après avoir rappelé différents groupes de ceux qui nient les stations dans les faits, l’mäm al-Khomeynî (qs) insiste sur la nécessité de se réveiller de toutes ces formes d’associationnisme, dont celles qui se manifestent sous les formes d’ostentation au niveau des actes et de la plupart de celles au niveau du cœur. Il nous indique aussi la voie à suivre pour s’en sortir.

    Comment celui qui voit [cette] faible créature misérable, miséreuse, avoir une influence dans la demeure de la réalisation et la considère comme agissant à son gré dans le royaume de la Vérité, peut-il envisager se dispenser de l’attirance des cœurs des créatures et purifier (et épurer) ses actes de l’associationnisme du shaytân ?

    Pour cela, il lui est nécessaire de purifier la source (et l’origine) pour qu’une eau pure sorte d’elle, car il ne faut pas s’attendre à ce qu’une eau pure sorte d’une source boueuse.

    [Comment ?]

    En sachant que les cœurs des serviteurs de Dieu sont à la Disposition de Dieu.

    En faisant goûter au cœur le sens de « Ô Celui qui retourne les cœurs » et en le faisant entendre à son ouïe [du cœur].

    Alors tu ne seras pas préoccupé par le fait de gagner (chasser) les cœurs, avec ce qu’il y a de faiblesse et de misère en toi.

    En faisant comprendre au cœur la Vérité de « Celui Qui a entre les mains la possession de toute chose », « Qui a le royaume », « dont le royaume est entre Ses Mains », alors tu te dispenseras sûrement de l’attirance des cœurs, tu ne te verras pas dans le besoin des cœurs faibles, de ces créatures faibles, et il t’arrivera la suffisance (richesse) au niveau du cœur !

    Mais tant que tu sens en toi même le besoin et que tu vois dans les gens une solution à ton problème, alors tu sens le besoin de gagner les cœurs. Et tant que tu penses que tu disposes des cœurs [des autres] en faisant apparaître la Sainteté, alors tu sens le besoin de l’ostentation

    Alors que si tu avais vu la Vérité [Dieu] résolvant le nœud (le problème) et toi-même comme n’étant pas comme disposant de l’univers, tu n’aurais pas besoin [de] ces sortes d’associationnisme !

    Ô l’associationniste prétendant à l’Unicité ! Ô Iblis revêtu de la forme de fils d’Adam !

    Tu as hérité cela du shaytân maudit qui se voit lui-même comme disposant [de ce monde] et qui parle pour les tromper [les gens] !

    Ce misérable infortuné tombant dans le voile de l’associationnisme et de la vision de soi-même, et ceux qui voient le monde et eux-mêmes indépendants (et non pas comme l’ombre [dans le prolongement de Dieu]), disposant [agissant d’eux mêmes] et non pas possédés [entre les Mains de Dieu], ont hérité la diablerie d’Iblis !

    Alors, réveille-toi du lourd sommeil et fais parvenir à ton cœur les nobles signes (versets) du Livre divin et des pages lumineuses seigneuriales. Car ces signes (versets) grandioses ont été descendus (révélés) pour me réveiller et te réveiller.

    Mais nous avons limité l’ensemble de nos chances/parts de lui [du profit du noble Coran] à sa belle récitation et à sa forme et nous avons négligé les connaissances qu’il contient, au point d’avoir laissé le shaytân prendre le contrôle de nous-mêmes et de nous placer sous son pouvoir !

    d’après Al-Adab al-Ma‘nawiyyah li-s-Salât de l’mäm al-Khomeynî(qs)

    Maqâlat 3 – Partie III Chap.4 (pp181-182)

    Le cœur est entre les Mains de Dieu. C’est Lui Qui attire les cœurs vers quelqu’un ou les repousse. Un Rappel qu’il ne faut pas négliger : le noble Coran.

     

Le deuxième Imam – Imam Hassan Ibn Ali ibn Abou Tâlib (a.s.)

Le deuxième Imam – Imam Hassan Ibn Ali ibn Abou Tâlib (a.s.)

Ensuite j’ai sélectionné Hassan comme la mine de mon savoir après le terme du règne de son père.

Nom

:

Imam Hassan (a.s.)

Nom du père

:

Ali Ibn Abi Talib (a.s.)

Nom de la mère

:

Fatima Zahra (a.s.)

Date de naissance

:

15 Ramadan, 3 A. H.

Lieu de naissance

:

Médine

patronyme

:

Abou Mohammad

Surnom

:

Moujtaba

Age

:

47 ans

Martyr

:

28 Safar, 50 A.H.

Enterré à

:

Jannatul Baqi, Médine

L’Imam Hassan (a.s.) est le premier enfant né de la famille d’Ali (a.s.) et Fatima (s.a.). La nouvelle de sa naissance avait rendu le prophète (s.a.w.a.) très heureux. Selon les traditions Islamiques, le prophète (s.a.w.a.) en personne avait récité l’Azaan et le Iqaamah dans les oreilles de son petit-fils qu’il avait nommé ‘Hassan Mujtaba’ et Mujtaba est le plus célèbre surnom d’Imam Hassan (a.s.). le noble prophète  (s.a.w.a.) organisa son baptême ‘Aqeeqah’ le septième jour et cette pratique est perpétuée par les musulmans jusqu’à nos jours.[1]

L’Imam Hassan (a.s.) a vécu pratiquement 8 ans avec le noble prophète (s.a.w.a.) et sa mère Fatima (s.a.). L’immense amour du noble prophète (s.a.w.a.) à l’égard de l’Imam Hassan (a.s.) est une évidence pour tout le monde. Dès le début de son enfance, l’Imam (a.s.) a bénéficié d’une éducation et d’un encadrement par la maison de la révélation. Il écoutait les paroles du prophète (s.a.w.a.) dans la mosquée tous les jours  et il les répétait à sa mère à la maison. Sa mère était parfois impressionnée par la précision de ses nations. Après la mort de son grand-père et de sa mère, l’Imam Hassan (a.s.) vécut avec son père trente ans. Il resta accompagner de son père et durant le calife de ce dernier il faisait partir de ses plus proches conseilles. Beaucoup de conseils donnés par Imam Ali (a.s.) à son fils expriment leur relation très proche.

Sa valeur s’est fait sentir lors de la bataille de Jamal, Siffeen et Naharwan. Il était toujours au front de bataille et personne n’était en mesure de le surpassé. Lors de la bataille de Siffeen, il fit preuve de bravoure et se battit au cœur même des ennemis de l’Imam Ali (a.s.) et tellement il fonçait dans le tas que l’Imam Ali avait recommandé à un groupe de compagnons d’aller stopper immédiatement l’Imam Hassan (a.s.) et l’Imam Hossein (a.s.) pour qu’ils ne combattent plus. La raison en est que tellement ils se battaient farouchement au point que l’Imam Ali (a.s.) craignait la rupture de la progéniture du prophète (s.a.w.a.) au cas où ils (Imam Hassan et l’Imam Hossein) venaient à se faire assassiner sur le champ de bataille.[2]

Durant les onze mois de la bataille de Siffeen, l’Imam Hassan (a.s.) avait sensibilisé à travers des discours les soldats de l’armée de l’Imam Ali (a.s.). Il joua un rôle vital dans la motivation du moral des troupes.[3]

Le califat de l’Imam Hassan (a.s.)

A 37 ans, l’Imam Hassan (a.s.) est devenu le calife divin après la mort de son père, la méthode et la manière de vie de l’imam (a.s.) est pleine d’illumination et de point éducatifs pour nous. Son caractère moral et son comportement sont proverbiaux et reconnus au sein du peuple. La nourriture et les biens étaient distribués au pauvre et au besogneux depuis sa maison. En plus de ses antécédents familiaux honorables, il acceptait l’invitation des pauvres et s’assignait avec eux pour manger à main le sol. Il luttait farouchement contre les inégalités des classes sociales.

Il a clairement montré que l’islam n’accepte pas l’aristocratie et la distinction de classe. Aussi noble qu’il était, l’Imam (a.s.) s’asseyait devant avec les gens de base classe (selon le critère imposé par la société) ce qui démontre pratiquement que la piété est la seule vertu et le seul critère d’excellence en Islam.

L’éthique de l’Imam (a.s.)

Pour comprendre l’excellent caractère de l’Imam (a.s.), on peut dire sans exagérer qu’il était souvent insulté et offense par des gens insensés et des ignorants. Mais il n’a jamais montré la moindre réaction face à leurs insultes. Au contraire, quand quelqu’un finissait de l’insulter, l’Imam (a.s.) l’invitait chez lui, demandait à la personne de lui exposer ses problèmes et essayait d’en apporter la solution. Il se montrait tellement humble qu’à la fin la personne qui l’avait offensé se retrouvait en train de demander pardon et d’attester que l’Imam (a.s.) est vraiment le vrai successeur du noble prophète (s.a.w.a.) dans l’excellence du caractère et du complètement est ainsi exprimé dans la parole divine :

وَإِنَّكَ لَعَلى خُلُقٍ عَظِيمٍ

En effet, tu es doté d’une moralité sublime.[4]

Un cas de ce genre d’incident se produisit lorsqu’un Syriens avait insulté l’Imam (a.s.). La réaction éthique inattendue et suprême de l’Imam (a.s.) avait laissé le monsieur tout muet. Finalement, il eut honte de son comportement et demanda pardon :

اللّٰهُ أَعْلَمُ حَيْثُ يَجْعَلُ رِسَالَتَهٗ

Allah sait mieux il place son message.[5]

La vie d’ici-bas selon l’Imam Hassan (a.s.)

Cet aspect de la vie de l’Imam Hassan (a.s.) nous enseigne qu’il est très utile de ne pas considérer ce monde comme le but de la vie. En Islam le genre de vie mondaine condamné est celui dont la vie ici-bas est le but principal sans penser chercher le rapprochement auprès d’Allah. L’Imam (a.s.) avait donné sa vie entière et tous ces avoirs dans la voie de  Dieu. Il avait partagé la moitié de ses biens à trois reprises entre un besogneux et un pauvre.[6] Cette grande bonté ne peut être acquisse que si quelqu’un est riche mais sans être attaché à sa richesse. L’Imam ne se focalisait pas sur la richesse mais sur la satisfaction divine. “L’Ascétisme” (Zuhd) ne signifie pas abandonner le bas-monde. Cela signifie plutôt ne pas aimer ce bas-monde ardemment. L’Islam condamne l’amour du bas monde qui fait en sorte que l’homme devient aveugle et ne sait plus les choses interdites ou permisses ou quand le bas monde encourage quelque à désobéir à Allah. La vie de l’Imam Hassan (a.s.) est le meilleur exemple d’une vie d’abstinence et de désintéressement.

Bref, ce qu’Allah désire est qu’il faut adopter la piété et le craindre comme on le remarque dans ce verset coranique :

إِنَّمَا يَتَقَبَّلُ اللّٰهُ مِنَ الْمُتَّقِينَ

Allah accepte seulement ceux qui se préservent du péché.[7]

L’adoration de l’Imam Hassan (a.s.)

Les invocations et les prières de l’Imam (a.s.) sont connues. Il a accompli le pèlerinage de la maison sacré 25 fois. Et dans la plus part de ces voyages sacrés, malgré le fait qu’il avait un cheval, ou qu’il était à mesure d’équiper une caravane, il préférait marcher et parcouru ainsi la distance entre Médine et la Mecque (qui fait approximent 600 KM). Quand il faisait l’ablution, il tremblait et son visage devenait pâle. Et quand il arrivait à l’entrée de la mosquée, il répétait cette prière :

اِلٰهِىْ ضَيْفُكَ بِبَابِكَ يَا مُحْسِنُ قَدْ اَتٰيكَ الْمُسِيْئُ فَتَجَاوَزْ عَنْ قَبِيْحِ مَا عِنْدِىْ بِجَمِيْلِ مَا عِنْدَكَ يَا كَرِيْمُ-

O Allah! Ton invité est venu au seuil de ta porte. Ô  qui seigneur de bonté de bonté, le pécheur est venu vers toi, pardonne moi mes péchés par ta beauté Ô noble des nobles ![8]

Ceci est une guidance pour les chiites en ce qui concerne l’étiquette de l’adoration d’Allah. Si déjà  l’Imam (a.s.) adopte une pareille attitude à nous d’imager alors notre position.

Grandeur de caractère

Lorsque Moaviyah ne réussit pas à ternir le grand statut de l’affection de l’Imam Hassan (a.s.) même après le traité de paix, il complot avec certaines personnes minable  pour ternir la réputation de l’Imam (a.s.). Ils alléguèrent que l’Imam avait l’habitude de marier et de répudier plusieurs femmes et qu’il avait plus de 50 femmes. Cela deviendra clair quand on va analyser l’histoire en la comparant avec ces allégations:

Ces accusations ont été rependues par Moaviyah.

Ali Ibn Muhammad Ibn Abdullah Madaaeni était celui qui était chargé de la propagande de ce mensonge. S’était un courtier de Moaviyah et il avait l’habitude de faire ses éloges.

Bien que  Moaviyah utilisa cet homme pour faire une pareille propagande, il ne réussit à donner un caractère authentique à ces accusations.

Ainsi, l’un des plus importants auteurs de Sehaah-e-Sittah considère ce monsieur comme peu fiable.

Ahmed Ibn Hanbal, le leader de la secte Hanbali déclare que ce monsieur c’est-à-dire Ali Ibn Muhammad Ibn Abdullah Madaaeni est un menteur et un faussaire. Il est facile de mentir mais  très difficile de justifier ce mensonge.

La fausse propagande est passible d’un châtiment sévère le jour de jugement. Une analyse des personnalités de ces gens révèle que le fait que cela relevait des efforts de Moaviyah et de Bani Ummayah dans leur tentative malveillante de salir la personnalité de l’Imam Hassan (a.s.).  Malheureusement, l’effet de la propagande de Moaviyah se voit jusqu’aujourd’hui. Occasionnellement, nous sommes témoin du fait que la position de  l’Imam Hassan (a.s.) dans l’esprit des gens à la foi  faible est sujette d’instabilité. Malheureusement, il ne considère pas Imam Hassan (a.s.) au même statut qu’Imam Ali (a.s.) et Imam Hossein (a.s.). Cela est incorrect et  c’est franchement une grande injustice.

Le pseudo-califat

Le gouvernement de Moaviyah en Syrie fut le plus grand obstacle durant les 10 ans de califat de l’Imam Hassan (a.s.). Après la bataille de Siffeen, lors de laquelle Moaviyah victorieux par le verdict d’Amr Ibn Aas, et après la machination de l’assassinat de l’Imam Ali (a.s.), Moaviyah était devenu un Monarque absolu. La première décision que l’Imam Hassan (a.s.) quand il avait accédé au califat divin était de mobiliser une armée pour combattre Moaviyah. Mais les adorateurs du matériel et les gens de peu de foi étaient s’y charmés par l’opulence de ce bas-monde qu’ils refusèrent de soutenir l’Imam (a.s.) de tout leur cœur. Alors ils entreprirent des actions destinées à saboter sa politique.

Avant de s’attarder un peu sur l’histoire du califat d’Imam Hassan (a.s.), nous devons accorder un peu d’attention au fait que dans l’Islam il n’y a pas de seule loi au nom de la  “guerre” qui n’est susceptible de connaître les changement ou des modifications à tout moment. Toutefois, si l’islam voit que la négociation et la paix sont effectives pour atteindre cet objectif, il n’aura jamais recours à la guerre. On remarque également ce fait dans la vie du noble prophète (s.a.w.a.) lorsqu’il signa le traité de paix avec les mécréants à  Hudaibiyyah. Le traité de paix n’est pas un signe de faiblesse mais de prévoyance. La sélection des voies légales (La guerre ou La paix) qui le conduiront à son but dépendant de la situation sera similaire.

Après avoir réalisé ce fait, nous devons nous rappeler que l’Imam Hassan (a.s.) avait œuvré dure pour mobiliser une armée à fin combattre  Moaviyah. Mais à chaque fois, il faisait face aux sabotages dirigés par ses propres commandants. Moaviyah profita de la faiblesse des personnes qui étaient mécontent du comportement de justice et de l’équité de l’Imam Ali (a.s.) lors de la bataille Jamal,  de Siffeen et de Naharwan pour renforcer les rangs de ses combattants. Rusé et malin comme il était,  Moaviyah  contraint et donna en mariage les femmes aux commandants de l’Imam (a.s.) et gagna ainsi leurs estimes. Dans l’une de ses préparatifs pour aller combattre Moaviyah, l’Imam (a.s.) avait envoyé son cousin Obaidullah Ibn Abbas à la tête de 12 000 soldats robuste.  L’Imam (a.s.) avait quitté Kufa pour aller combattre Moaviyah. Mais il n’a pas fallu longtemps pour qu’on apporte des nouvelles à  l’Imam (a.s.) selon lesquels Obaidullah avait fuir le champ de bataille avec 8 000 soldats après avoir reçu un million de dirhams offert par Moaviyah.[9]

Le machiavélique Moaviyah

Une rumeur avait été rependue par Moaviyah parmi les soldats de l’Imam Hassan (a.s.) dans cette rumeur, il était dit que l’Imam (a.s.) avait signé un traité de paix avec Moaviyah. Après avoir entendu ces rumeurs, les soldats de l’Imam (a.s.) attaquèrent son camp à  Madaaen, violèrent sa propriété, et était presqu’à un doigt de l’assassiner.  Dans le même camp, lorsque  l’Imam (a.s.) s’était retiré à ‘Sabaath’ pour lancer une attaque sur la Syrie, un Khareji s’en prit à lui sur la route et le blaisa sérieusement à la jambe. A cause de cette attaque, sa santé se dégrada et il revint à Madaaen avec ses compagnons. Moaviyah prit l’avantage de la situation, signa un papier blanc et l’envoya à l’Imam Hassan (a.s.), tout en précisant qu’il était prêt à la réconciliation quel que soit les termes. Suivant les pas du prophète (s.a.w.a.), l’Imam Hassan (a.s.) signa le traité de paix. Moaviyah était très peu intéressé par la nécessité de suivre le Coran et les traditions. Il voulait juste avoir le pouvoir absolu par n’importe quel moyen.

Le grand savant Chiite Cheick Mufeed (a.r.) a analysé en profondeur les conditions du manque de loyauté des compagnons de l’Imam Hassan (a.s.).  Toutes personnes indépendantes et tout chercheur neutre comprendra que la situation qui prévalait à savoir signer le traité de paix était l’unique option qui se présentait à l’Imam Hassan (a.s.).

Certaines personnes qui étaient mécontentes de ce traité de paix avaient l’habitude de se moquer de l’Imam Hassan (a.s.) en ces termes :

السلام عليك يا مذل المومنين

“ Paix sur toi Ô humiliateur des croyants!”

L’Imam (a.s.) malgré la situation restait silencieux et ne réagissait pas à leur intrique. Certains soldats l’Imam (a.s.) était parvenu à un accord avec Moaviyah selon lequel, en cas de guerre, ils profiteront de n’importe quelle opportunité pour arrêter  l’Imam Hassan (a.s.) et le traîner devant  Moaviyah. Il y avait d’autre qui n’attendait que cette opportunité pour attaquer l’Imam (a.s.). Et aussi, Imam (a.s.) avait l’habitude de porter une armure son ses vêtements chaque fois qu’il venait à la mosquée pour prier.

Sa prévoyance

Quel que soit ce que nous avons étudié c’est  très peu et cela représente juste un bref aperçu des faits. Les causes et les raisons du traité de paix signé par l’Imam Hassan (a.s.) avec Moaviyah se présentent comme suit. En signa le traité de paix avec Moaviyah, l’Imam Hassan (a.s.) avait réalisé un grand coup de vent. Mais il savait que Moaviyah n’allait pas respecter sa part de contrat. Violer un engagement était considéré comme un grand crime parmi les Arabes même à l’époque avant l’islam.

Dans cette voie, Imam Hassan (a.s.) réussit à exposer  Moaviyah. Là tout le monde devrait réaliser que Moaviyah n’accordait pas d’estime à l’honneur des Arabes encore moins à l’Islam. Ce traité de paix avait finalement exposé le côté machiavélique de Moaviyah.

Imam Hassan (a.s.) avait personnellement mentionné l’une des causes pour lesquelles il avait signé ce traité de paix :

لَوْ وَجَدْتُ صَابِرِيْنَ عَارِفِيْنَ غَيْرَ مُنْكِرِيْنَ بِحَقِّي مَا سَلَّمْتُ لَكَ وَ لاَ اَعْطَيْتُكَ مَا تُرِيْدُ.

 (Ô Moaviyah!)  Si j’avais des compagnons patients et conscients de mes droits, je ne t’aurais jamais accordé ce privilège et je n’aurais jamais accompli les choses dans le sens que tu désirais.[10]

Guerre et paix

Les gens qui ignorent la vérité et les enseignements divins exagèrent un peu lorsqu’ils etablissent les differences entre le traité de l’Imam Hassan (a.s.) avec Moaviyah et le soulèvement de l’Imam Houssein (a.s.). Ceux-là ignorent ceci :

Chaque pas de l’Imam (a.s.) est en accord avec la volonté divine.

L’Imam (a.s.) agit toujours au profit de la communauté et non de son intérêt personnel.

L’Imamat est une connexion divine qui ne dépend d’aucune guerre et de paix. Allah accord cette position à ses serviteurs infaillibles et l’infaillibles est dénué de toutes fautes.

Le noble prophète a déjà réagir dans les traditions à cette objection:

“ Hassan (a.s.) et Hossein (a.s.) sont des Imams qu’ils soient debout ou assis.’’

‘’Hassan (a.s.) et Hossein (a.s.) sont les maître des jeunes du paradis ”[11]

Les mots debout et assis dans cette tradition fait allusion à la paix et à la guerre. Ce qui signifie en d’autres termes qu’ils sont Imam même s’il accepte la paix ou engage la guerre!

Et en plus, le leadership au paradis sera accordé uniquement à celui qui n’a pas désobéir un tout petit peu à son seigneur et qui a mené  une vie glorieuse et brillante dans les enseignements divins.

Martyre de l’Imam (a.s.)

En dépit de tout cela, la personnalité de l’Imam (a.s.) laisse une profonde impression dans les cœurs. C’est pour cela que les califes Bani Ummaya avaient toujours peur. Par conséquent, ils étaient toujours jaloux de la famille du noble prophète (s.a.w.a.) [Ils ignoraient le fait que cela était dû à l’autorité divine qu’on ne peut jamais accorder au gens comme Moaviyah qui n’ont pour seule ambition que le pouvoir et la richesse. Et en plus, ni les orateurs ni les écrivains ne peuvent détruire un tel statut même s’ils reçoivent des grosses bourses de paiement de la part du régime Ummaya] Moaviyah ne respecta aucune des conditions de l’accord de paix. Il avait outre mesure désigné Yazid (l.a.) comme son successeur, violant solennellement la plus importante clause de ce traité. Or il avait clairement accepté qu’il ne désignera pas de successeur. Il savait que l’Imam Hassan (a.s.) allait réagir par rapport ces violations et cela devrait alors lui ouvrir la voie pour voir dans quelle possibilité il pouvait assassiner l’Imam Hassan (a.s.). A plusieurs occasions, ses agents essayèrent sans succès d’empoissonner  l’Imam Hassan (a.s.). Finalement, ils reçurent l’aide de la traitre épouse de l’Imam (a.s.),  Ju’da bintu Ash’ath Ibn Qays al-Kindi. Moaviyah avait  à Ju’da 100 Mille dirhams et le statut de l’épouse de Yazid, si elle réussissait à empoissonner son maire. Finalement, le 28 Safar, de l’an 50 A.H. ce qui coïncide avec l’anniversaire du décès du prophète (s.a.w.a.), Imam Hassan (a.s.) tomba martyr à Médine à l’âge de 47 ans.

Conformément à ces dernières volontés le corps sacré de l’Imam (a.s.) fut transporté près de la tombe du noble prophète (s.a.w.a.) pour être enterré près de la tombe de son grand-père.  Mais Aïcha, à cause de la rancœur qu’elle avait nourrit à l’égard de la famille des membres d’Imam Ali (a.s.) empêcha les gens qui transportaient la dépouille de L’Imam de réaliser cette action. Finalement, la dépouille de l’Imam (a.s.) fut enterrée à Jannatul Baqi. Jusqu’à 1344 A.H. un tombeau existait bien au-dessus de sa tombe. Mais  8 Shawwal de la même année, la tombe de l’Imam Hassan (a.s.) et les autres tombes des infaillibles de Jannatul Baqi fut rasé de la surface. Un acte posé par le gouvernement de l’Arabie Saoudite sous l’influence du  Wahhabisme. Aujourd’hui, les restes de tombe de l’Imam Hassan (a.s.) avec les tombes des autres Imams  infaillibles (a.s.) sont visibles d’un côté du cimetière de Baqir à Médine.

Résumé

Le rituel du ‘Aqeeqah’ ou du baptême commença en Islam après la naissance de l’Imam Hassan (a.s.)

Le gouvernement de Moaviyah en Syrie était le plus grand obstacle dans le règne de l’Imam Hassan (a.s.).

Moaviyah utilisa sa richesse pour corrompre les compagnons de l’Imam (a.s.) et gagnait leur soutient.

L’Imam (a.s.) fut attaqué par ses propres compagnons. Ses compagnons lui causèrent beaucoup de souffrance.

L’Imam (a.s.) se retrouva obliger de signer le traité de paix avec Moaviyah parce qu’il n’avait plus beaucoup de supporters pour se battre à ses côté contre Moaviyah.

L’Imam (a.s.) fut empoisonné par son épouse sous l’incitation de Moaviyah.

Bani Umayyah et Aïcha empêchèrent que la dépouille de l’Imam (a.s.) puisse faire le tour de la tombe du prophète (s.a.w.a.) et être enterrer auprès du Messager de Dieu (s.a.w.a.).

https://old.makarem.ir/main.aspx?lid=3&typeinfo=2&mid=408938

Les versets coraniques qui concernent Amîr al-Mu’minîn Ali ibn Abi Taleb (A.S)

Imam Ali : De nombreux Versets coraniques ont été révélés à propos du “Frère” du Messager d’Allah et Doyen de sa Famille, l’Imam Ali ibn Abu Taleb(a.s), qui a été élevé dans la maison du Prophète depuis sa première enfance. Il a grandi auprès de lui, y a acquis son caractère, a cru en lui dès l’âge de dix ans, et l’a suivi. Puis il est devenu son porte-étendard, son soldat courageux dans toutes les batailles : Badr, Ohod, Hunayn, al-Ahzâb, Khaybar, Thât-al-Salâçil et dans bien d’autres combats au terme desquels l’Islam a remporté la victoire. Le Prophète (ppslf) lui-même a témoigné du courage et du rôle de l’Imam Ali dans ces batailles victorieuses, et son témoignage constitue une décoration éternelle qui orne à jamais les pages de l’histoire et qui matérialise, à l’intention de l’humanité, l’idée suprême du Sacrifice et du djihad.Les Versets révélés à propos du Commandeur des Croyants et l’Imam des Musulmans, Ali ibn Abu Taleb(a.s) -mis à part ceux que nous avons mentionnés à propos de l’ensemble des Ahl-ul-Bayt- parlent:a) du courage de l’Imam ‘Alî et de son Sacrifice sur le Chemin d’Allah ;b) de son endurance face aux ennemis et aux moqueries qu’on lui faisait subirc) de sa piété, de sa Crainte révérencielle, de son action, de son offrande, et de sa Direction des Croyants.Mentionnons-en quelques exemples:Le Verset de la Wilâyah«Vous n’avez pas de Maître en dehors d’Allah et de Son Prophète, et de ceux qui croient: ceux qui s’acquittent de la Prière, ceux qui font l’aumône tout en s’inclinant humblement. Ceux qui prennent pour Maîtres Allah, Son Prophète et les Croyants : voilà ceux qui forment le parti d’Allah, et qui seront les vainqueurs!» (Sourate al-Mâ’idah, 5 : 55-56)Selon al-Zamakh-charî, dans “Al-Kach-châf”:«Il [ce Verset] a été révélé à propos de Ali (a.s), lorsqu’un mendiant l’a sollicité pendant qu’il était en position d’Inclination dans sa Prière, et qu’il a laissé tomber pour lui sa bague -qui flottait à son petit doigt- sans interrompre sa Prière. Si vous vous demandez comment il [ce Verset] peut être relatif à Ali(a.s) , alors que le terme désigne un pluriel, je vous répondrai : si le terme désigne un pluriel, bien qu’il s’agisse d’un seul homme, c’est pour inciter les gens à faire comme lui -dans le but d’obtenir la récompense qu’il a obtenue – et pour rappeler que la nature des Croyants devrait être tellement soucieuse de la piété, de la bienfaisance et du secours envers les pauvres, que même quand ils sont en train de faire la Prière, ils ne devraient pas ajourner l’accomplissement d’une action de bienfaisance – qui ne supporte aucun retard- jusqu’à la fin de leur Prière.»Citant al-Kalbî, et parlant des circonstances de la Révélation de ce Verset : «Vous n’avez pas de Maître en dehors d’Allah et de Son Prophète, et de ceux qui croient : ceux qui s’acquittent de la Prière, ceux qui font l’aumône tout en s’inclinant humblement», al-Wâhidî a écrit:«La fin de ce Verset concerne Ali (que la Satisfaction d’Allah lui soit acquise), car il a donné sa bague à un mendiant pendant qu’il se trouvait dans la phase d’Inclination de sa Prière.»Un grand nombre d’ouvrages de tafsîr et de hadith ont affirmé que ce Verset a été révélé à propos d’Ali.Autres VersetsNous mentionnons ci-après quelques-uns de ces Versets:1) «Tu n’es qu’un Avertisseur. Un Guide est donné à chaque peuple.» (Sourate al-Ra’d, 13 : 7)Il est dit à ce propos que le Prophète a posé sa main sur sa poitrine et a dit : «Je suis un Avertisseur, et le Guide de tout peuple.» Puis, pointant sa main vers l’Imam Ali(a.s), il a ajouté : «Tu es celui qui guide, ô Ali ! C’est par toi que seront guidés les Croyants après moi.»2) «Le Croyant serait-il semblable au pervers? Ils ne sont pas égaux!» (Sourate al-Sajdah, 32 : 16)Dans ce Verset, Ali est désigné comme le Croyant, et al-Walid ibn ‘Oqbah comme le pervers.3) «Celui auquel une Preuve de son Seigneur a été donnée peut-il rester dans le doute ? D’autant plus qu’un Témoin venu de la part de son Seigneur lui communique ceci.» (Sourate Hûd,11 : 17)C’est au Prophète qu’une Preuve de son Seigneur a été donnée, et c’est l’Imam Ali(a.s) qui est le Témoin.4) «… Sachez qu’Allah est son Maître, et qu’il a pour soutien Jibrîl et tout homme juste parmi les Croyants…» (Sourate al-Tahrîm, 66 : 4)Le Juste parmi les Croyants, c’est Ali ibn Abu Taleb5) «… et qu’une oreille attentive le retienne.» (Sourate al-Hâqqah, 69 : 12)Selon de nombreux témoignages, lorsque le Prophète a récité ce Verset, en se tournant vers Ali pour lui dire : «J’ai demandé à Allah que ce soit ton oreille» Ali répondit : «Je n’ai jamais oublié quelque chose que j’avais entendu du Messager d’Allah.»Selon al-Wâhidî, parlant des circonstances de la Révélation de ce Verset, on rapporte ce hadith, qui remonte à Buraydah:«Le Messager d’Allah a dit à Ali: “Allah m’a ordonné de te rapprocher de moi et de ne pas t’en éloigner, de t’apprendre et de te faire retenir, et Allah a voulu que tu retiennes. C’est pourquoi ce Verset a été révélé : “… et qu’une oreille attentive le retienne.”»6) «… Le Miséricordieux accordera Son Amour à ceux qui auront cru et qui auront accompli des oeuvres bonnes.» (Sourate Maryam, 19: 96)Selon les hadiths, le Messager d’Allah a dit à l’Imam Ali :«O Ali! Dis: “O Allah! Garde pour moi un Pacte chez Toi, et suscite dans les poitrines des Croyants un amour pour moi.”» C’est dans ces circonstances qu’Allah a révélé ce Verset relatif à Ali.» 7) «Quant à ceux qui croient et qui accomplissent des œuvres bonnes, voilà le meilleur de l’humanité.» (Sourate al-Bayyenah, 98 : 7)Selon des hadiths concordants, le Prophète dit à l’Imam Ali, à ce propos : «Ceux-là sont toi-même et tes Chi’ites.»8) «Placerez-vous celui qui donne à boire aux Pèlerins et qui est chargé du service de la Mosquée Sacrée, au même rang que celui qui croit en Allah et au Jour Dernier ?…» (Sourate al-Tawbah, 9 : 19)Selon les hadiths, sont visés dans ce Verset, d’une part Talha et al-‘Abbâs -désignés par le premier terme de la comparaison-, et d’autre part l’Imam Ali -comme celui qui croit.

https://fr.al-shia.org/les-versets-coraniques-a-propos-de-limam-ali-p/

Les propos suivants de l’imam Ali (as)…

Les propos suivants de l’imam Ali (as) « Laissez-moi et cherchez quelqu’un d’autre en dehors de moi » sont-ils contradictoires au fondement selon lequel l’imamat est une nomination divine ?

L’auteur de Nahjul-Balagha un livre important des chiites révèle qu’Ali (as) n’avait pas accepté de prendre les fonctions de l’imam en disant : «laissez-moi et cherchez quelqu’un d’autre que moi » (Nahjul-Balagha, page 136, page 366 et 322). N’est-ce pas là preuve que le chiisme est une confession sans fondement ? Pourtant vous dites qu’Ali (as) a été désigné par Dieu pour assurer les fonctions d’imam et de calife. Si tel est le cas, pourquoi refuse-t-il d’exercer ses fonctions ?

Résumé de la réponse

Il a été établi à l’aide d’arguments irréfutables et pertinents que l’imamat d’Ali (as) est une nomination de Dieu qui l’a promu à ce poste. Quant à l’interprétation des propos de l’imam Ali (as) qui dit : « laissez-moi et cherchez quelqu’un d’autre que moi », il faut rappeler ceci : bien que l’imam ou le guide est  désigné par Dieu, l’exercice et l’acceptation de cette fonction dépendent de l’allégeance et l’approbation de la population. Dans ce discours (dont vous n’avez cité qu’une infime partie de la première phrase) l’imam Ali signale que les conditions d’acceptation pour l’exercice de cette fonction ne sont pas encore réunies. A travers ces propos il veut dissiper les obstacles qui subsistent et obtenir confirmation de la population en la préparant à accepter le système administratif qu’il allait imposer pour ne laisser aucune occasion ou prétexte aux éventuels protestataires.

En effet l’imam dit dans la suite du discours : « car nous allons vers des événements et des choses pleins de couleurs et susceptibles d’engendrer les troubles, des événements qui ont plusieurs facettes et qui feront en sorte que les âmes et les esprits ne demeurent constant et stables. L’horizon de la vérité sera caché par les nuages de la corruption et le droit chemin de la vérité sera inconnu. Sachez que si j’accepte votre invitation, j’agirais avec vous conformément aux normes que j’ai apprise et je ne ferai pas attention aux propos de tel ou tel et n’écouterai pas les blâmes des gens qui sont doués pour faire des reproches ».

Réponse détaillée

Imamat, nomination divine

Les chiites croient en l’imamat comme une fonction religieuse relevant des prérogatives divines et respectant les normes de la législation islamique et non un sultanat mondain bâti sur des facteurs sociaux. Les historiens musulmans écrivent : « lorsque le prophète se rendit vers la tribu Baní Amer ibn Sa ‘ah pour les appeler à l’islam et solliciter leur collaboration dans la propagation du message, quelqu’un de cette tribu, un certain Beihara réagit ainsi à la proposition du prophète : « Si nous te suivons et que Dieu te fasse triompher sur tes ennemis, nous confieras-tu le califat après toi ?

Le califat est une question qui revient exclusivement à Dieu, il répondît le prophète, et il le donne à qui il veut »[1].Une manière de dire que le califat dépend de Dieu et non de Mohammad (ç). Ces déclarations du noble prophète montrent que la succession est un e affaire et un droit qui reviennent à Dieu et son messager et non un droit du peuple. Donc le prophète n’a aucun rôle autonome dans la désignation de son successeur et cela revient à Dieu. En réalité la philosophie de la clôture de la mission prophétique a un lien avec la nomination d’un imam infaillible car c’est avec la présence d’un tel guide que les intérêts de La communauté islamique après la mort du prophète pouvaient être garantis.[2]

Ces écrits n’offrent pas d’occasion pour démontrer complètement cette question. Nous l’aborderons sommairement, laissant le soin aux lecteurs de consulter les livres tels que Al Ghadir d’Allamah Amini et Mouraje’at de Sayyed Sharafoudine.

Nous citons des versets coraniques faisant allusion au caractère divin de la nomination d’Ali (as) sous l’ordre de Dieu :

1 – « Aujourd’hui j’ai complété pour vous votre religion et j’ai accompli mon bienfait sur vous et j’agrée l’islam comme religion pour vous ».[3]

En plus des savants et des exégètes chiites, certains rapporteurs de hadiths et exégètes sunnites citent des compagnons du prophète un certain nombre de hadiths qui montrent que ce verset fut révélé le jour de Ghadir Khom après l’annonce de la succession du prophète.

Khatib Bagdadi apporte une citation d’Abou Horeira un compagnon du prophète qui dit : « La récompense de 60 mois de jeûne sera prescrite à celui qui observera le jeûne le 18ème jour de Zîhajj car c’est le jour de Ghadir, le jour où le prophète souleva la main d’Ali ibn Abou Talib et dit : N’ai-je pas le droit et la priorité sur les croyants ? Oui répondit l’assemblée. Quiconque donc je suis le maître Ali que voici est son maître. Oumar ibn Khatab dit (à l’imam Ali) : « mes félicitations Ali : tu es devenu mon maître et le maître de tous les croyants. Ce verset descendit ensuite : « Aujourd’hui j’ai complété votre religion et j’ai accompli mon bienfait sur vous et j’agrée l’islam comme religion pour vous »[4]. Ce hadith a aussi été rapporté par Hakim Haskani Hanafi, ibn Asâkir Damashqi, Khorazmi, ibn Magâzili, Sabt ibn Jawzi Hanafi et Ibrahim ibn Joweini.[5]

Un hadith authentique avec un même contenu a été rapporté par Abou Sa’ed Khadari un autre compagnon du prophète. Il déclare : « Le messager de Dieu a exhorté les gens à suivre Ali comme guide et il leva haut son bras ». Ils ne s’étaient pas encore séparés que ce verset fut révélé « j’ai parachevé pour votre religion … » Le Messager de Dieu ajouta après cela : « Gloire à Dieu avec le parachèvement de la religion l’accomplissement du bienfait et l’agreement de Dieu par rapport à ma mission et la succession d’Ali après moi »[6]Comme nous l’avons constaté, le hadith d’Abou Horeira et d’Abou Sa’ éd montre clairement que le verset de l’accomplissement de la religion fut révélé à Ghadir à propos de l’imamat et la succession d’Ali .                                   

2 – « Ö Messager ! Transmets ce qui t’as été révélé de la part de ton seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas transmis intégralement son message »[7]

Les chiites et les sunnites ont rapporté des hadiths qui appuient que ce verset a été révélé le jour de Ghadir au sujet de la succession d’Ali.[8]

3 – « Certes Allah est votre guide ainsi que son prophète et ceux (parmi les croyants) qui prient et font la charité en plein génuflexion »[9] Selon un hadith  authentique   des chiites, ce verset fut révélé en l’honneur de l’imam Ali. Les sunnites aussi ont beaucoup de hadith rapportés à ce sujet.[10] Surtout que nul ne peut considérer le terme « Wali » dans ce verset comme « ami et assistant » car l’amitié et l’assistance concernent tous les musulmans et ceux qui font l’aumône en état de génuflexion.

Joints aux hadiths du prophète « quiconque je fus le maître Ali est son maître ». Les versets coraniques suivants laissent comprendre clairement que la place de l’imamat et la succession du prophète est une décision divine au dessus d’une simple autorité administrative sur terre.[11]

 SENS DE LA DECLARATION DE L’IMAM ALI : «Laissez-moi et tranquille et cherchez quelqu’un d’autre»

Quoique la légitimité de l’imamat s’acquière par désignation divine, rappelons que son effectivité et son approbation repose sur l’allégeance et l’acceptation du peuple. L’imam Ali évoque dans ce discours (Dont vous n’avez cité qu’un petit segment de la première partie) que les conditions de l’effectivité et l’approbation       ne sont pas encore complètement réunies et il existe des obstacles.

En exposant la situation, il veut obtenir confirmation et demander au peuple de dégager les obstacles, une manière de bien le préparer au système de gestion qu’il va instaurer et de balayer tout prétexte sans offrir aucune raison aux opposants de profiter d’une quelconque faille pour dire quoique ce soit.

En effet il déclare dans la phrase suivante : « car nous nous dirigeons droit vers des événements complexes à multiples facettes et pleins de troubles. Une situation qui fera en sorte que les âmes et des esprits ne restent loyaux envers cette allégeance et cet engagement. Des événements qui de leurs nuages couvriront la vérité et rendront la distinction du droit chemin difficile. Sachez que si je répond à votre appel, j’agirais avec vous selon ce que je connais sans faire attention aux propos ou aux blâmes de tel. [12]

Ibn Abi Hadid (un savant sunnite) affirme dans le commentaire de Nahjul balagha : « les imamites disent à propos de cette déclaration : ce sont les mêmes personnes qui avaient donné allégeance aux califes précédents qui vinrent pour donner allégeance à Ali. Ousmane ne leurs avait pas accordé les droits et les privilèges auxquels ils s’attendaient. Car les omeyades avaient tout dilapidé au temps d’Ousmane. Donc après l’assassinat d’Ousmane, ils dirent à Ali nous te donnons allégeance à condition que tu appliques sur nous le système de gestion mise en place par Aboubak et Oumar, car ils ne voulaient pas les biens pour eux-mêmes et leurs familles.

C’est pour cela qu’ils ont voulu donner l’allégeance à Ali. Pourvu qu’il accepte leurs distribuer les biens de la trésorerie publique comme le faisaient Aboubak et Oumar. Ce qu’Ali refusa en leur suggérant de donner l’allégeance à quelqu’un d’autre qui acceptera suivre le système de gestion instantané par les deux premiers califes. [13] Ibn Abi Hadid mentionne aussi dans une autre partie de son commentaire citant les imamites : « Ali ne remet pas en cause son mérite pour ce poste. Il avait juste horreur du désordre. Or Aboubakr affirme quelque part qu’il n’est pas le meilleur et qu’il ne convient pas à ce poste ».[14]

Allamah Majlisi affirme aussi au sujet de la déclaration de l’imam Ali : « Quiconque médite bien sur chaque partie de ce discours comprendra sa vraie signification. En effet, l’imam rappelle dans la suite que les choses susceptibles d’ébranler les esprits et brouiller le droit chemin s’annoncent. Donc c’est à cause des obstacles que l’imam n’a pas répondu favorablement, pas parce qu’il n’a pas été désigné imam ou parce qu’il n’avait pas de mérite pour ce poste.[15]

Il affirme dans l’explication de ce hadith : ce discours s’adresse à ceux qui voulaient que l’imam Ali les place en tête dans l’octroi des biens et des prestiges. Raison pour laquelle ils voulaient que l’imam Ali accepte de prendre le pouvoir. Voilà pourquoi Talha et Zoubeir rompirent leur allégeance au deuxième jour. Ils reprochaient le fait qu’Ali prenait les gens au même pied d’égalité. Il en est de même pour Abdallah Ibn Oumar, Sa’d ibn Aaas, Marwan et leurs semblables qui n’étaient pas d’accord par rapport à ce qu’on leur avait distribué.

C’est en répondant à ces personnes que l’imam déclare « Laissez-moi tranquille et cherchez quelqu’un d’autre » car il voulait leurs faire savoir qu’ils connaîtront des situations diverses qui leurs feront perdre patience. Il leur faisait savoir que leurs vœux ne seront pas exaucés après avoir donné l’allégeance et qu’il ne fera pas attention aux moindres reproches.[16]

En plus de ce qui a été établi, des discours d’imam Ali (as) rapportés dans Nahjul balagha sont d’autres éléments qui appuient la position des chiites. Il démontre clairement dans ces propos que le califat est son droit. Voici quelques exemples de ces propos :

« nul ne peut être comparé à la famille du messager. Ceux qui profitent de la guidance de la famille du prophète ne seront jamais égaux à elle. La famille du prophète constitue le fondement de la religion et les piliers de la certitude. Ceux qui se sont précipités avant eux doivent retourner à leur niveau. Ceux qui sont en retard doivent les rattraper. Car les caractéristiques de la Waliya leur sont exclusives Le testament du prophète par rapport au khalifat des musulmans et au patrimoine du messager. A présent que vous m’avez confié le califat, vous l’avez en fait remit à qui de droit, vous l’avez ramené à la place par rapport à laquelle elle s’était éloignée.[17]

L’imam prouve très bien dans ses propos que le califat qui jusqu’ici n’avait pas retrouvé sa place est son droit. En lui confiant le califat, on le remettait à sa place.

Il est écrit dans un autre passage de Nahjul balagha : « Quelqu’un dit ceci le jour de consultation : le fils d’Abou Talib est assoiffé du califat. Je lui répondis : En plus du fait que vous êtes plus éloigné du prophète vous êtes le plus assoiffé du califat. Je ne réclame que ce qui me revient de droit, un droit entre lequel vous vous interposés en adressant vers moi la main du refus.[18]

Dans une autre partie du même discours on peut lire : « Seigneur je me plains auprès de toi les Qorayshites et tous ceux qui les ont aidé. Car les Qorayshites ont rompu mes liens de parenté, et chosifié ma position et mon statut. Ils ce sont donnés la main pour ignorer mon droit au califat, un droit qui me revient seul.[19]

Les éléments ci-dessus et d’autres figurant dans Nahjul balagha et d’autres premières sources de référence de la communauté islamique montrent clairement qu’Ali reconnaissait le califat comme son droit absolu. La conviction des chiites au califat comme droit absolu de l’imam Ali tire son origine du coran les multiples traditions du Noble Prophète et les propos d’Ali lui-même. Cependant la réticence d’Ali à accepter le califat après Ousmane se justifie par des raisons particulières que nous avons évoquées

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[1]  – Sirat ul Ibn Hisham, vol 2, page 66, Bidaya wa nihaya, Ibn Kathir, vol 3, page 139; Kitab Siqât d’Ibn Habban, vol 1 page 89 – 90 ; Sirat ul Halabiya, Ali Ibn Borhânu Dine Halabi, vol 2, page 3 ; HAyat ul Sahaba, Mohammad Ibn Youssouf Kandhalavi, vol 1, page 69 ;

[2] – Initiation aux fondements de la religion, Mohammad Taqi Misbah YAzdi, vol 2, page 303 et 304 ; (avec de légères modifications)

[3] – Sourate Ma’ida : 3

[4] – Tarikhu BAgdadi, Khatib Bagdadi, vol 8, page 290. Notons que Khatib Baagdadi a cité ce hadith à partir de deux chaines de transmission authentiques

[5] – Shawâhid ul Tanzil de Hakim Haskani, vol 1, page 200, Tarikh madaniyya damashq Ibn Asaakir, vol 2 page 233, 234 et 237 ; Manaqib Kharazmi, page 135 ; Manaqib Ibn Maghazili, page 19 ; TAzkirat ul Khawas de Sabt Ibn Jawzi, page 36 ; Fara’id ul Samtine de Joweni, vol 1, page 72 ;

[6] – Shawâhid ul Tanzil de Hakim Haskani, vol 1, page 200 ; Manaqib ul Khawas, page 135 ; Fara’id ul Samtine de Joweni, vol 1, page 72 ; Mahasib ul Ta’wil, Al Qasimi, vol 6, page 50

[7] – Sourate Ma’ida : 67

[8] – Kafi, Koleiny, vol 1, page 289, Dourou mansour de Souyouti, vol 2, page 298 ; Shawâhid ul Tanzil vol 1, page 249

[9] – Sourate Ma’ida : 55

[10] – Shawâhid ul Tanzil de Hakim Haskani, vol 1, page 209 ; Al Kâshif de Mahmoud Zamakhshari, vol 1, page 649 ; Dourou mansour de Souyouti, vol 2, page 293 ; Kafi, Koleiny, vol 1, page 289 hadith 4

[11] – Consulterz la question 321 (site 2707) sur les chiites et la succession après le prophète, caractéristiques des chiites, question 287 (site 2483)

[12] – Nahjul balagha discours 92

[13] – Shahru Nahjul balagha D’Ibn Abi Hadid, vol 7, page 34

[14] – Shahru Nahjul balagha D’Ibn Abi Hadid, vol 1, page 72

[15] – Behar ul anouar, Allamah Majlisi, vol 32, page 38

[16] – Behar ul anouar, Allamah Majlisi, vol 32, page 36

[17] – Nahjul balagha discours 2

[18] – Nahjul balagha discours 172

[19] – Nahjul balagha discours 172

https://new.alhassanain.org/fr/articles/show/14801/Les_propos_suivants_de_l%E2%80%99imam_Ali_%28as%29_:_Laissez-moi_et_cherchez_quelqu%E2%80%99un_d%E2%80%99autre_en…

Le premier Imam – le commandeur des croyants Ali Ibn Abi Talib (a.s.)

La vie de l’Imam Ali (a.s.) de la naissance jusqu’au martyr est pleine d’exploits incomparable. Durant les derniers jours de la grossesse  de Fatima binte Assad lors de l’une de ses visites à côté de la sainte Kaaba, le mur de l’édifice était fissuré miraculeusement et elle s’y était introduite sous inspiration divine.  Là-bas, elle donna naissance au successeur du Messager d’Allah (s.a.w.a.). (Cette fissure sur le mur de la Kaaba est visible même jusqu’aujourd’hui, mais elle est couverte d’argent). Sous inspiration divine, Fatima donna Abu Talib (a.s.) donna le nom “Ali” et sa mère l’appela affectueusement “Heyder”.

Nous allons étudier l’histoire de la vie de l’Imam Ali (a.s.) en trois périodes :

La première période contemporaine avec la vie du noble prophète (s.a.w.a.)

La seconde période durant le califat des trois califes

La troisième période durant son règne.

La première période – vie contemporaine avec le noble Prophète (s.a.w.a.)

Cette période de la vie d’Imam (a.s.) s’étend sur 33 ans au service du noble prophète (s.a.w.a.) et de l’Islam. La vie de  l’Imam Ali (a.s.) fut le résultat de l’encadrement divin sous l’ombre du noble prophète  (s.a.w.a.) qui dit:

Allah m’a encadré et j’ai encadré Ali.[1]

Le but de la vie d’Imam Ali (a.s.) que ce soit à la Mecque ou à Médine, était de défendre l’Islam et les musulmans. A la Mecque, il fut la première personne à croire à la mission prophétique du Messager de Dieu (s.a.w.a.). Il était l’unique défendeur du noble prophète (s.a.w.a.) le protégeant contre le séquestrassions des Quraish. C’est lui qui s’endormit à la place du prophète (s.a.w.a.) le soir où il devait émigrer pour Médine.

Ses propos la nuit de l’émigration traduisent clairement son amour indéfectif pour le prophète (s.a.w.a.) au moment où il s’apprêtait à dormir à sa place sur son lit. Il demanda au prophète (s.a.w.a.): “ A travers cet acte, (Dormir sur le lit du noble prophète), aura-tu la vie sauve?’ Après la réponse affirmative du messager de Dieu (s.a.w.a.), il se coucha tranquillement sur sa place la nuit.

Il resta à la Mecque quelques jours après le départ du prophète (s.a.w.a.) pour Médine en tant le fondé de pouvoir du Messager de Dieu. Après avoir restitué tous les biens que les gens avaient déposés auprès du prophète (s.a.w.a.), il quitta la Mecque accompagné d’un petit nombre de femme pour Médine. Les mécréants avaient envisagé l’attaquer en chemin, mais ils changèrent d’avis en tenant en compte le courage et la contre-attaque qu’ils allaient essuyer de la part d’Imam.

A Médine, il était toujours au premier rang pour défendre l’Islam dans les guerres. Il eut l’exclusif honneur d’être le frère du noble prophète (s.a.w.a.).

Le mariage avec la dame Zahra (a.s.) est un autre mérite exclusif et incomparable qu’a connu l’Imam Ali (a.s.).

Sa bravoure était aussi clamé même par ses ennemis. Quand la sœur d’Amr Ibn Abdawud – tué par Ali (a.s.) lors de la bataille de Khandaq – vint près du corps de son frère, elle était surprise de voir qu’Imam Ali (a.s.) n’avait rien ôté du corps de son frère comme cela était de coutume au milieu des Arabes. Elle composa un poème en ces termes:

 “ Si quelqu’un d’autre que Ali avait tué mon frère, j’aurais pleuré toute ma vie sur l’infamie, mais je ne vais pas pleurer maintenant mon frère a été tué par un honorable et un homme intègre.”

Les caractères d’un vrai musulman sont aussi bien exprimés par les amis comme les ennemis.

La position de l’Imam Ali (a.s.) est s’y élevé qu’il est inclue dans le ‘verset de la purification’ (Ayat-e-Tatheer), ‘verset de la malédiction’ (Ayat-e-Mubaahelah) et le ‘verset de l’amour des proches’ (Ayat-e-Mawwadah) par le commandement d’Allah le suprême.

La place d’Imam Ali (a.s.) auprès du noble prophète (s.a.w.a.) est semblable à la place du prophète Haroun (a.s.) auprès du prophète Moussa (a.s.). Toutes les portes ouvertes vers la mosquée furent fermées excepter celle d’Ali (a.s.).

Le Messager de Dieu (s.a.w.a.) le décrit comme ‘La porte de la cité du savoir’ et il recommandait aux gens en quête de savoir et de sagesse de passer par la porte du savoir.

L’honneur et la gloire d’Imam Ali (a.s.)  atteignent le sommet à Ghadeer Khum lorsque le prophète le présenta (s.a.w.a.) comme son successeur immédiat et le maître des croyants. Il dit à Ali (a.s.)

لَحْمُكَ لَحْمِىْ ودَمُكَ دَمِىْ وسِلْمُكَ سِلْمِىْ وحَرْبُكَ حَرْبِىْ

Qui fait la paix avec toi, fait la paix avec moi et qui fait la guerre avec toi me livre également la guerre.

Dans une autre parole, le prophète (s.a.w.a.) exprime ainsi les éloges à Imam Ali:

وشِيْعَتُكَ عَلٰى مَنَابِرَ مِنْ نُوْرٍ مُبْيَضَّةً وُجُوْهُهُمْ حَوْلِىْ فِىْ الْجَنَّةِ وَهُمْ جِيْرَانِىْ

(O Ali!) Tes chiites s’assiéront le visage rayonnant à côté des lumières étincelantes (Nur)  dans le paradis autour de moi et ils seront mes voisin.

L’histoire témoin très bien que durant les 33 années passé auprès de prophète (s.a.w.a.) personne n’était s’y proche de lui que Ali (a.s.). Personne ne peut déclarer être supérieur en foi par rapport à l’Imam et aussi personne ne peut prétendre avoir plus de vertus que lui. Toutes ces actions étaient en parfaites concordance avec celles du noble prophète (s.a.w.a.). Il s’est battu pour l’interprétation du saint Coran exactement comme le prophète (s.a.w.a.)  se battit quand le message descendait. Aucun détracteur ni moqueur ne put l’arrêter dans son évolution dans le droit chemin.

Amirul Mominin Ali (a.s.) était le plus éveille et le plus savant de l’Islam à l’époque où le prophète (s.a.w.a.) quitta le monde. Avec la mort du prophète (s.a.w.a.) la première partie de  l’Imam Ali (a.s.) prend fin. C’était l’effet de son immense amour pour le prophète (s.a.w.a.) qu’il fit en sorte que lorsque certains étaient occupés à discuter pour usurper le califat il était plutôt par les funérailles et l’enterrement du  noble prophète (s.a.w.a.). Rien ne pouvait le détourner du Messager de Dieu (s.a.w.a.).

La seconde période – Durant le califat des trois premiers califes

Que nous l’avons vu dans la leçon 5, les événements après la mort du noble prophète (s.a.w.a.) l’on privé de son droit exclusif de diriger les gens pendant 25 ans. Certaines personnes pensent avec maladresse que l’Imam Ali (a.s.) avait passé tout ce temps confiner dans sa maison. Si cela était vrai, on aurait rien vu des traces de l’Islam authentique aujourd’hui. L’Imam Ali (a.s.) était constamment au front pour guider les califes malgré sa peine profonde qu’ils ne pensaient pas à lui restituer son droit. Il décrit ainsi cette peine :

صَبَرْتُ وفي الْعَيْنِ قَذًى وفِىْ الْحَلْقِ شَجًا اَرٰى تُرَاثِىْ نَهْبًا

J’ai opté pour la patience bien que j’avais l’impression d’avoir une poutre dans l’œil et un os dans la gorge. Je voyais comment mon héritage était pillé.[2]

Le plus important travail réalisé par  l’Imam Ali (a.s.) durant cette période est la compilation et l’explication du Saint Coran. Ali (a.s.) était l’un des s c r i p ts de la révélation et il était toujours accompagné du noble prophète (s.a.w.a.). Ce qui fait qu’il connait la révélation du Coran dans les moindres détails. Il accomplit la tâche de réunir le Coran en 6 jours.

Les califes avaient l’habitude de se référer à lui pour résoudre leurs difficultés et trouver des solutions à leur problème. Gardant toujours en tête l’intérêt de l’Islam de manière générale, l’Imam (a.s.) leur venait en aide et apportait des réponses à leur problème. Le second calife de déclarer :

لَوْلاَ عَلِىٌّ لَهَلَكَ عُمَرُ

Sans Ali, Oumar aurait péri.[3]

Les qualités de l’Imam Ali (a.s.) étaient s’y excellentes qu’au point qu’Abu Bakr, lui-même confesse sa supériorité en déclarant :

اَقِيْلُوْنِىْ اَقِيْلُوْنِىْ فَاِنِّىْ لَسْتُ بِخَيْرِكُمْ وعَلِىٌّ فِيْكُمْ

Laissez-moi, laissez-moi car je ne suis pas le meilleur tant qu’Ali est parmi vous.[4]

Le petit nombre de compagnons loyaux de l’Imam Ali (a.s.) tels que Salman, Miqdad, Ammar-e-Yasir, Abuzar, Malik-e-Ashtar… etc. étaient restés auprès de leur guide. Ils gardèrent leur cœur et leur foi éliminer par l’amour de l’Imam et l’adoration de Dieu.

L’Imam Ali (a.s.) avait de la peine en voyant d’un côté comment l’Islam avait mis ses pieds en Iran et Rome et de l’autre l’ignorance préjudice de race, de classe sociale, et de nationalité émergeait au sein de la religion et contaminaient les enseignements Islamiques authentiques.

La durée de 25 ans la vie de l’Imam Ali (a.s.) après la mort du prophète est marqué par une leçon de sacrifice dans le but d’accomplir la mission de préserver l’Islam.  L’Imam Ali (a.s.) n’avait pas engagé la guerre avec ceux qui avaient usurpé son droit parce qu’il craignait quelque chose. Il n’avait jamais envisagé agir ainsi parce que le danger guettait l’Islam aussi bien de l’intérieur avec de ennemis tels que Abu Sufyan et de l’extérieur avec des ennemis tels que Rome qui attendaient la petite opportunité pour détruire l’Islam.

Cela est clair dans la réponse de l’Imam Ali (a.s.) à Abu Sufyan lorsqu’il vint finalement auprès de lui avec un plan pour tenir sa vraie déclaration :

مَا زِلْتَ عَدُوًا لِلهِ واِسْلاَمِهٖ واَهْلِهٖ

Tu as toujours était un ennemi d’Allah, de son Islam et de ses adeptes.[5]

Je n’ai pas besoin de ton aide et de ta sympathie. Tu as toujours essayé d’anéantir l’Islam. Je jure par Allah l’unique but qui te pousse à venir auprès de moi est de créer la discorde parmi les musulmans.

Son souci de l’Islam est délimité parmi les musulmans apparaît clairement dans ces propos :

Je jure par Allah que si ce n’est la crainte de la discorde et de la division parmi les musulmans, le retour de la mécréance dans la nation Islamique et la violation de la religion de Dieu, je serais à la place qu’occupe l’autre actuellement – (une indication sarcastique indiquant qu’il avait la possession du leadership entre les mains).[6]

L’Imam Ali (a.s.) opta pour la patience dans le but de préserver l’Islam, le Coran et les musulmans. Avec la mort du troisième calife, la seconde partie de la vie de l’Imam Ali (a.s.) touche à sa fin. Abordons sommairement à présent la troisième période de la vie de l’Imam.

La troisième période – La gestion de l’Imam Ali (a.s.) et le pseudo-califat

Après l’assassinat du troisième calife, les musulmans étaient fatigués du népotisme et du favoritisme. Ils avaient besoin de l’islam original. Ils se déversèrent alors vers la maison d’Ali (a.s.)   le successeur légitime du noble prophète (s.a.w.a.). Ali (a.s.) n’était pas intéressé par le pouvoir et préférer jouer un rôle de conseiller et de guide pour les musulmans. Il était très conscient de l’habitude destructive du peuple et il connaissait parfaitement leurs caractères. Mais quand la pression augmenta sur lui, et que tout le monde était prêt à lui prêter allégeance avec toutes les formes de promesses il accepta le califat apparent à fin d’accomplir l’argument sur les gens.[7]

Après avoir accepté le califat, l’Imam Ali (a.s.) présenta clairement la politique avec laquelle il allait diriger des choses :

Je jure par Allah si je trouve l’argent  qu’on a utilisé pour épouser les femmes ou acheter des esclaves, je le récupérerais (de son propriétaire qui l’avait reçu de Ousmane).[8]

Il avait clairement montré qu’il ne serait pas tolérant face à l’injustice ou à la répartition  illégale des biens publics.

Dans l’un de ses sermons il dit:

L’inferieur sous mes yeux est digne d’honneur juste pour que je le place en sécurité et le fort sous mes yeux est faible jusqu’à ce que le récupère le droit des autres de ses mains.[9]

Les gens qui nageaient déjà dans le favoritisme et le despotisme n’avaient pas apprécié ce système de justice et d’équité mit en par l’Imam, alors ils engagèrent une opposition farouche contre celui-ci. Parmi ceux-là, on compte aussi Talha et Zubair. Ils avaient réalisé qu’ils n’auront pas de succès dans le règne de l’Imam Ali (a.s.) et que leurs opulences acquit jusqu’ici allait être  confisqué au profit de la trésorerie des musulmans (بيت المال).

Un autre groupe d’opposition se forma contre l’Imam Ali (a.s.) avait déposé Moaviyah de son poste de gouverneur, lui qui était le représentant des Bani Umayyah en Syrie.

L’Imam Ali (a.s.) avait fait savoir aux gens qu’il n’allait pas accorder l’opportunité à l’oppression de régner.

L’Imam Ali (a.s.) durant la courte période de son règne a dû affronter trois guerres majeures organisées par trois différentes factions de  musulmans.

Talha et Zubair, avait saisi l’opportunité et ils s’étaient rendu à la Mecque pour se joindre à Aïcha. Ils s’étaient rattachés à d’autres petits groupes du Yemen et de Basra et ils prétendaient qu’Ali (a.s.) était la cause de l’assassinat du troisième calife. Ce slogan fut à la base de la première guerre interne dans la communauté musulmane : la bataille de Jamal, pourtant, Talha et Zubair étaient parfaitement conscient qu’Imam Ali (a.s.) n’avait joué aucun rôle dans l’assassinat du calife d’Ousmane.

Cependant, avec le besoin de l’époque, l’Imam Ali (a.s.) avait déplacé sa capitale de Médine pour Kufa.

Après le décret de son limogeage, Moaviyah avait préparé une armée pour combattre l’Imam Ali (a.s.), qui aussi était prêt pour la confrontation. Tirant l’avantage de cette situation, Talha et Zubair avaient évolué vers Basra accompagné d’Aïcha. Elle était au front de bataille sur un chameau. Cet évènement fut connu sous le nom de la bataille de chameau. Quand Imam Ali (a.s.) apprit cela, il changea son plan qui consistait à se rendre en Syrie pour combattre Moaviyah et prit la route de Basra. Finalement, une bataille sanglante eut lieu à Basra. Une bataille durant laquelle Talha et Zubair perdirent la vie et le chameau d’Aïcha estropié. Cette bataille eu lieu en l’an 36 A.H.

Talha et Zubair étaient entrés dans l’Islam respectivement quand ils avaient 230et 25 ans mais ils avaient été tué au moment où ils combattirent le successeur légitime du noble prophète (s.a.w.a.). Cela nous permet de retenir que personne ne devra se cacher sous la personnalité d’un pieu et se dire que quel que soit l’acte qu’il posera il aura le salut. En fait, la vérité doit se fonder sur de critères et non sur de personnes. De même personne ne doit e considérer plus important que la preuve divine (le successeur du prophète) autrement dit, cette personne court vers sa destruction dans ce monde et aussi dans l’au-delà.

La deuxième confrontation militaire eu lieu en l’an 37 A. H. entre l’armée de l’Imam Ali (a.s.) et celle de Moaviyah. La bataille eu lieu à Siffeen, une localité entre Kufa et la Syrie. Cette bataille était en train d’aboutir à la défaite de  Moaviyah lorsque la situation changea subitement avec une suggestion rusée d’Amr Ibn Aas. Les combattants de l’armée Syrienne piquèrent les pages du Coran sur leurs saquais et sollicitaient l’arbitrage. Ils plaçaient ainsi les soldats de  l’Imam Ali (a.s.) dans une situation de doute. L’Imam avait essayé de convaincre ses soldats que ce n’était rien d’autre qu’une ruse.  La situation se dégrada et certaines personnes dans les rangs de l’armée de l’Imam Ali (a.s.)  dégainèrent leur épée et étaient prêt pour assassiner l’Imam (a.s.) s’il ne donnait pas l’ordre à Maalik-e-Ashtar (a.r.), le commandant de son armée de cesser la bataille au front et de revenir.

A ce moment même, Maalik-e-Ashtar (a.r.) était tout près du point de la position de Moaviyah et était prêt à le capturé. Finalement, Maalik-e-Ashtar (a.r.) fut rappelé et l’Imam (a.s.) accepta l’arbitrage.

Les soldats désignèrent Abou Moussa Ashari comme l’arbitre au lieu de Maalik-e-Ashtar (a.r.). Une victoire sûre se transformant à une défaite évidente  de l’armée de l’Imam (a.s.) à cause d’une seule personne. Cette bataille se sonda par les pertes inutiles au sein de la communauté Islamique. Certains compagnons de l’Imam Ali tombèrent martyrs lors de cette bataille. Parmi eux nous avons Ammar Yasir (a.r.), qui se battait à côté de l’Imam (a.s.)  malgré son âge avancé.  Le décès d’Ammar (a.r.) avait été prophétisé par le Messager de l’Islam (s.a.w.a) quand il lui dit un jour : “ O Ammar, tu serais tué par le groupe des injustes ”.[10]

Imam Ali (a.s.) fut touché par rapport à la mort d’Ammar (a.r.) il garda la tête d’Ammar sur son genou et dit : “Ô mort ! qui prendra tout le monde finalement, tu es en train de prendre mes amis autour de moi ambrasse moi aussi. ”[11]

Le fait d’être âgé n’est pas une barrière pour obéir se sacrifier demeurer ferme dans le droit chemin.

La guerre prit fin, mais elle venait de jeter les bases d’une troisième confrontation militaire. Le même groupe qui avait fait pression sur l’Imam (a.s.) pour accepter l’arbitrage se mit à le blâmer pour la défaite et ses partisans c’est-à-dire les partisans de ce groupe scandèrent le slogan que selon lequel l’Imam Ali  (a.s.) avait apostasié en apportant la disgrâce au musulmans (Qu’Allah nous en  préserve !!!). Abdullah Ibn Wahb, le leader de ce groupe s’était soulevé avec une armée de 10 000 soldats. Ils étaient appelé les Khaarijis. L’Imam (a.s.) avait pertinemment soumit à la défaite à Naharwan ces fanatiques. La bataille de Naharwan était un choc entre deux groupes de musulmans qui s’opposaient sur les points de doctrine.

Tout idée, idéologie, opinion et action qui n’est pas approuvé pas l’Imam infaillible est nul (a.s.) même si ceux qui prône cette idéologie son des musulmans en apparence. Le fanatisme et la religiosité sans aucune essence et aucune orientation sont vouées à la défaite et la disgrâce.

Après la guerre, Imam (a.s.) une fois de plus était occupé à penser à Moaviyah mais à cause du temps court qu’à durer son règne, il n’eut l’occasion de concrétiser son action contre Moaviyah. Et en plus, la façon que Moaviyah traitait avec les gens était diffèrent de celle de l’Imam Ali (a.s.). L’Imam (a.s.) n’accordait pas de faveur même à ses plus proches ou même à des personnes qui lui étaient les plus chère contrairement à Moaviyah qui avait l’habitude de manipuler les gens de plusieurs manières juste dans le but d’obtenir leur loyauté. Ces personnes étaient comme des parasites, ils prièrent avec l’Imam (a.s.) et mangeaient à la même table avec Moaviyah.

Durant ses 5 ans de règnes, l’Imam (a.s.) a subi différents sorte de persécutions et de troubles physiques et psychologiques. Le sermon de Nahjul Balaaghah est rempli de différents textes allant dans ce sens.

Il avait des qualités distinctes et singulières en même temps. – il était un guerrier vaillant, sympathique et émotionnel à l’égard des pauvres. S’était un dirigeant qui ne négligeait pas l’observation de la connaissance religieuse. S’était un grand orateur qui s’exprimait avec une certaine éloquence et développait les choses et les concepts Islamique avec beaucoup de rhétorique. Bref, s’était un modèle de l’Islam et du Coran et avait les mêmes habitudes que le noble prophète. (s.a.w.a.).

Les paroles, les lettres et les propos de l’Imam (a.s.) ont été collecté par le grand savant Chiite Sayyed Razi (a.r.) dans un livre intitulé Nahjul Balaghah.

Finalement, au petit matin du 19 Ramadan de l’an 40 A.H., le soleil qui avait émergé de la maison d’Allah s’était couché dans la maison d’Allah quand  l’Imam (a.s.) fut martyrisé par Ibn Muljam (l.a.) sur le lieu de prière dans la mosquée de Kufa.

Résumé

La première période : période contemporaine avec la vie du noble prophète (s.a.w.a.).

L’Imam Ali (a.s.) fut la première personne à croire en la mission prophétique du noble prophète (s.a.w.a.).

Il se coucha à la place du prophète (s.a.w.a.) la nuit où celui-ci allait émigrer pour Médine.

Il a toujours été aux premiers rangs pour défendre l’islam dans les guerres. Tels que la bataille de Badr, Ohod, Khandaq, Khaibar…etc.

Selon le noble prophète (s.a.w.a.), l’Imam Ali  (a.s.) est  ‘la porte de la cité du savoir.’

La seconde période : durant le Califat des trois califes.

Après la mort du prophète (s.a.w.a.), l’Imam Ali (a.s.) fut écarté de son droit de diriger pendant 25 ans.

La plus importante tâche réalisé par l’Imam Ali (a.s.) après la mort du prophète (s.a.w.a.)  est la compilation du Coran.

Il avait guidé les califes dans différentes affaires.

La troisième période : Le règne de l’Imam.

Sous insistance des musulmans, l’Imam (a.s.) fut contraint de prendre la direction de la communauté après l’assassinat du troisième calife.

Dès le premier jour, il présenta clairement son système politique ce qui suscita l’opposition de certain groupe.

Sa première confrontation fut la bataille de Jamal contre Aïcha, Talha et Zubair

[1]        Behaarul Anwaar, Vol. 3, p. 283, Hadith No. 1

[2]        Nahjul Balaaghah, Sermon No. 3 connu sous le nom de Khutba-e-Shiqshiqiyyah

[3]        Al-Ghadeer, Vol. 6, p. 110

[4]        As Sawaaremul Mohreqah fi Naqd-es-Sawaaeqil Mohreqah par Qazi Nurullah Shustari (r.a.), p. 216

[5]        Ad-Darajaat Ar-Rafeeah, p. 187

[6]        Sharho Nahjil Balaaghah par Ibn Abil Hadeed, Vol. 1, p. 307

[7]        Pour connaitre la condition du people au moment où il donnait l’allégeance à l’Imam Ali (a.s.), il faut consulter Nahjul Balaaghah, Sermons 53,136  et 227.

[8]        Nahjul Balaaghah, Sermon No. 37

[9]        Nahjul Balaaghah, Sermon No. 15

[10]       Waaqea-e-Siffeen, Nasr bin Muzaahim al-Minqari, p. 341-343.

[11]        Muntahal Aamaal by Shaikh Abbas Qummi (r.a.), Vol. 1, p. 126.

https://old.makarem.ir/main.aspx?lid=3&typeinfo=2&catid=0&pageindex=0&mid=408937

Le  21 du mois Ramadan coïncide avec le martyre d’Imam Ali (as)

Il reçut le coup d`épée sur sa tête la nuit du vendredi dans la niche du sanctuaire du Masjid (mosquée) de Kûfa en Iraq, lors de la prière de Fajr par un Kharijite, Ibn Moljam*. C`était le, 19 Ramadan, en l’an 40 Hégire, 3 jour après le 21 Ramadan, Il a quitté ce monde ici-bas et fut enterré à Ghouri à l’auguste Najaf en Iraq.

Cet homme qui s’est consacré pour satisfaire à Dieu avait la raison consacrée à Dieu, le cœur consacré à Dieu et toutes les capacités consacrées à Dieu, et ceci durant toute la période allant du moment où il a ouvert ses yeux dans la Maison de Dieu jusqu’au moment où il les a fermés dans la maison de Dieu.

Dieu, le Très-Haut, dit dans Son Noble Livre : ((Il en est un, parmi les hommes, qui s’est vendu lui-même pour satisfaire à Dieu ; et Dieu est tendre envers les hommes)) (Coran II, 207).

Au moment où il a été frappé sur sa tête par le malheureux, Ibn Muljam, il a dit : «Au nom de Dieu, par Dieu, et tout en suivant la religion du Messager de Dieu, j’ai gagné, par le Seigneur de la Ka’ba ! ». Il l’a dit parce qu’il avait consacré toute sa vie à l’Islam et décidé de mourir tout en suivant la voie tracée par Dieu.

Cela a été exprimé par le Messager de Dieu (Pslf) lorsqu’il a pleuré en disant à ‘Alî (p) : « « O Ali (p) Je Pleure pour l’instant où, tu recevras un coup d’épée sur la tête, durant le mois Ramadan, Ô Ali, je vois devant mes yeux ta barbe couverte de sang de ton front ». Alî (p) lui a dit alors : « Et lorsque cela m’arrivera, serai-je toujours dans la droiture de ma religion ?». Le Messager de Dieu (Pslf) lui a répondu : « Dans la droiture de ta religion ». Tout ce qui comptait pour ‘Alî (p) était de tomber en martyr tout en s’attachant à la religion de l’Islam vrai.

Le meurtrier fut attrapé et emmené devant Imam Ali (AS). Quand l’Imam a vu que les cordes attachant ibn Mouljim étaient trop serrées, il ordonna qu’elles soient rendues moins serrées et dit aux musulmans de le traiter humainement et avec respect. En entendent cela, ibn Mouljim commença à pleurer ; Imam l’a dit : « Il est trop tard pour se repentir. Est-ce que j’étais un mauvais Imam ou un gouverneur injuste ?

Avant de mourir, l’Imam désigna son successeur, l’Imam Hassan.

Sur son lit du décès, l’Imâm ‘Ali (p) a fait le testament suivant : « Ma recommandation est Dieu(SWT) : Ne rien Lui associer. Muhammad (P) : Ne délaissez pas sa voie. L’Islam : Il est le fait de reconnaître l’Unicité. L’action à partir de la Sunna du Messager de Dieu : ((Ce que le Messager vous apporte, prenez-le ; et ce dont il vous empêche, abstenez-vous)) (Coran LIX, 7). Dressez ces deux piliers et allumez ces deux lanternes qui sont le Livre de Dieu et la Sunna du Messager de Dieu. Vous serez exempts de tout reproche tant que vous ne dévierez pas.

Dieu a exigé de chacun d’agir selon ses efforts, et Il a allégé la tâche aux ignorants. Un Seigneur clément, une religion droite et un Imâm savant.

Hier, j’étais votre compagnon ; aujourd’hui, je suis une leçon pour vous ; demain, je vous quitterai. Que Dieu nous pardonne, à moi et à vous… J’étais pour vous un voisin de mon corps qui est resté parmi vous pour quelques jours. Vous retrouverez demain un cadavre sans vie, immobile après avoir été muant, muet après avoir été parlant. Que mon silence et mes membres figés soient une leçon pour vous : Ils sont des meilleurs prédicateurs, pour ceux qui entendent les prédications, que les paroles éloquentes. Je vous fais les adieux de celui qui est certain de vous rencontrer. Demain, vous verrez ce qu’ont été mes jours et mes intentions vous seront mises à découvert. Vous me connaîtrez une fois que ma place sera vide, une fois que d’autres la prendront (Allusion à Muawiya).

LES DERNIERES RECOMMANDATIONS DE L’IMAM ALI A SES FILS: IMAM HASSAN ET HUSSEIN (p):

« Je vous recommande de craindre Dieu, de bien administrer vos affaires et de ne pas vous séparer ».

« Soyez pieux, dédaignez le monde en dépit de ses séductions, n’en regrettez rien qui vous échappe, proclamez la vérité, travaillez pour l’éternité, soyez l’ennemi du tyran et l’appui de l’opprimé;

Je vous recommande ainsi qu’à tous mes descendants, parents et lecteurs de cette lettre, d’aimer Dieu, de vous entendre, de resserrer vos liens; Car j’ai bien entendu votre grand-père, le Prophète (psl) dire: « Réconcilier les esprits est préférable à toute prière et à tout jeûne ».

Je vous recommande particulièrement les orphelins; pourvoyez continuellement à leur nourriture, ne les négligez point.

Soyez dévoués à vos voisins. Le Prophète (psl) nous les a tellement recommandés que nous avons cru qu’il allait leur allouer une part de notre héritage.

Je vous recommande la lecture du Coran, soyez toujours les premiers à l’appliquer.

Aimez la prière qui est le pilier de votre religion; et la maison de Dieu! Fréquentez-la, ne l’abandonnez point tant que vous serez en vie. Son abandon portera atteinte à votre dignité.

Luttez avec vos biens, vos âmes et vos paroles, au service de Dieu.

Veillez toujours à vous entendre et à vous entraider. Gare à la dissension et l’inimitié; ne manquez point de recommander la pratique du bien et le rejet du mal sous peine de souffrir la domination des méchants et de voir vos invocations non exaucées.

Que Dieu t’englobe de Sa Miséricorde, ô Abû al-Hassan ! Que Dieu te rétribue beaucoup de bien pour tout ce que tu as offert à l’Islam et aux Musulmans ! Grande avec ta mort en martyr est notre calamité, incomparable est notre malheur. Nous appartenons à Dieu et vers Lui nous revenons. Que la paix soit sur toi le jour où tu es né, le jour où tu es tombé en martyr, le Jour où tu as gagné le séjour auprès de ton Seigneur et le Jour où, vivant, tu seras ressuscité.

*Les kharijites, les dissidents, étaient des gens radicaux faisant usage de la violence politique, qui autorisaient la mise à mort des autres musulmanes(Takfiri), rigoriste et rude, fatalisme, considéraient les autres musulmans comme des incroyants (mušrik, assimilateur). Ils sont attachés à une exégèse littérale du Coran (al-zahirrya).

http://fr.imam-khomeini.ir/fr/n25976/21-du-mois-Ramadan-le-martyre-d-Imam-Ali-p-

IMAM Ali (p), le Lion d’Allah (S)

Muntahal Amal – L’Apogée des Espoirs

La vie de l’Imam Ali (p)

La plume est notre arme, les Hadiths notre bouclier et la foi notre armure.

Les Chevaliers de la Wilayah

Première édition Française : Jamadi-ul Thani 2024/ 1445 de l’hégire

Du livre original : Muntahal Amal, d’Allamah Qummi (r.a)

Traduction : Mickael D. Vasram


Correction : Sheikh Danisse Vasram & Massouma D. Vasram 


Mise en page & Couverture : Les Chevaliers de la Wilayah

Avec la participation de Mehdi Vasram

Site web : www.leschevaliersdelawilayah.wordpress.com

Du même traducteur

Le livre de Sulaym ibn Qays

(Troisième édition revue et augmentée en cours)

Bayt al Ahzan


(deuxième édition prévue)

Ana Howa


(deuxième édition revue prévue)

Farhat az Zahrâ


Glorieux Sermons et Paroles du Prince des croyants (p)

Basaair al Darajaat

Ghadir-é-Khum ou le Ruisseau du Sacre

Kamiluz Ziyarat – Les Salutations complètes

Al Abbas, Le premier chevalier

Fatemah Zahra (s.a), le Soleil céleste de l’infaillibilité (Muntahal Amal)

Al Hussain (p), La lampe de la guidance (Muntahal Amal)

Bihar al Hikmah en collaboration avec les jeunes de Mayotte

En attendant le printemps de la Réapparition Tome 1 & 2 en collaboration avec al Mahdi Group Fondation

Les Paroles de Lumière

en collaboration avec al Mahdi Group Fondation

Table des matières

LE MOT DU TRADUCTEUR                                                                      1

LE SERMON DES CHEVALIERS DE LA WILAYAH                               2

Lexique                                                                                                        3

LA VIE DE L’EMIR DES CROYANTS (P) – LE TROISIEME INFAILLIBLE    4

L’heureuse naissance de l’Imam Ali (p)                                                    5

Excellence de l’Emir des croyants (p)                                                       8

Concernant le martyr de l’Emir des croyants (p)                                    54

Les déclarations de l’Imam (p), son décès et son enterrement             70

Mise à mort d’Ibn Muljim (la) par les mains de l’Imam Al Hassan (p)   79

Concernant les enfants et les épouses de l’Emir des croyants (p)       82

LE MOT DU TRADUCTEUR

« Louange à Allah (S), créateur des mondes et que La Bénédiction Divine soit sur Mohammad (pslf) le Messager Divin et sur ses AhlulBayt (p) purifiés.

Nous Renouvelons notre Soumission et notre Obéissance au Prince des croyants (p) et à ses descendants infaillibles (p).

Aussi, cet essai de traduction est offert à l’Imam de notre temps, La Preuve de Notre Seigneur (S) sur Sa Terre, l’Imam attendu, al Mahdi (ajtfs).

Qu’Allah (S) hâte Sa Parousie, afin que La Vérité soit rétablie, que Sa Justice soit faite et que l’oppression soit anéantie. »

LE SERMON DES CHEVALIERS DE LA WILAYAH

Allah (S) est unique, nous proclamerons.

Mohammad (pslf) est son messager, nous réciterons.

Fatima (p), la Pure, tes ennemis nous maudirons.

Ali (p) est le wali d’Allah (S), nous annoncerons.

Hassan (p), ta grandeur, nous répandrons.

Hussain (p), sur ton sacrifice, nous pleurerons.

Sajjad (p), tes prières, nous divulguerons.

Baqir (p), avec ta science, nous éclairerons.

Sadiq (p), ta véridicité, nous ne douterons.

Kadhim (p), ton droit, nous protègerons.

Redha (p) ta splendeur, nous contemplerons.

Jawaad (p), à ta porte, nous mendierons.

Naqi (p), ta piété, nous imiterons.

Askari (p) ton armée, nous soutiendrons.

Mahdi (ajtfs), fidèle, nous te resterons.

Ô AhlulBayt (p), que notre vie vous soit sacrifiée.

Sous votre étendard, nous marcherons.

Ceci est le serment de vos chevaliers.

Dajjal et ses partisans, nous combattrons.

Lexique

(S) = Subahana

(pslf) = Paix sur lui et sa famille

(p) = Paix sur lui/elle

LA VIE DE L’EMIR DES CROYANTS (P) – LE TROISIEME INFAILLIBLE

L’heureuse naissance de l’Imam Ali (p)

L’Imam AlI (P) est né le vendredi 13 du mois de Rajab, trente ans après « l’année de l’éléphant » (Am al Fil) dans la Ka’bah sacrée. Son père était Abu Talib, le fils d’Abdul Muttalib, tandis que ce dernier et Abdullah, le père du Messager d’Allah (pslf), étaient de véritables frères. Sa mère était Fatemah bint Asad bin Hashim bin Abd Manaf, et ce dernier et ses frères étaient les premiers parmi les Hashimi, dont les deux parents appartenaient aux Bani Hashim.

De nombreux récits ont été mentionnés concernant l’événement qui a conduit à sa naissance bénie, et celui qui est cité par de nombreuses chaînes de transmetteurs est, qu’un jour Abbas bin Abdul Muttalib était assis face à la Ka’bah en compagnie de Yazid bin Kanab et un groupe de personnes des Bani Hashim et du clan des Bani al Uzza. Soudain, Fatemah bint Asad entra dans le Masjid (al Haram), alors qu’elle était enceinte de l’Emir des croyants (p) depuis neuf mois et que les douleurs de l’accouchement avaient commencé pour elle. Elle se tint face à la Ka’bah, leva la tête vers les cieux et dit : « Ô Seigneur (S), j’ai cru en Toi, en chaque Apôtre et Messager (p) que Tu as envoyé, ainsi qu’en chaque livre que Tu as révélé, et j’ai reconnu les paroles de mon grand-père Ibrahim al Khalil (p), qui est le bâtisseur de la Ka’bah. Je te demande donc, par le droit de cette demeure (Ka’bah), et par le droit de celui qui l’a construite, et par le droit de l’enfant qui repose dans mon ventre, et qui me parle et a été mon confident grâce à cela, alors que je crois qu’il est l’un des Signes de Ta Gloire et de Ta Grandeur, de faciliter l’accouchement pour moi. »

Abbas et Yazid bin Kanab disent que lorsque Fatemah a accompli cette prière, nous avons vu le mur arrière de la Ka’bah s’ouvrir, elle y est entrée et a disparu de notre vue. Le mur s’est reformé avec la permission du Seigneur (S) et nous avons essayé d’ouvrir la porte, mais nous avons eu beau faire, elle ne s’est pas ouverte. Nous avons alors compris que cette affaire venait d’Allah (S). Fatemah resta dans la Ka’bah durant trois jours, les habitants de Makkah parlaient de cet incident dans les rues et les marchés, tandis que les femmes le faisaient dans leurs maisons, et tous étaient étonnés. Le quatrième jour, le mur de la Kaaba se rouvrit, à l’endroit même où il s’était ouvert auparavant. Fatemah en sortit en portant son fils, le Lion invincible d’Allah (S), Ali bin Abi Talib (p). Elle s’écria : « Ô gens ! En vérité, Allah (S) m’a choisie parmi Ses créations et m’a élevée au-dessus des femmes élues qui m’ont précédée. Allah (S) a choisi Asiyyah bint Muzahim, alors qu’elle L’adorait en secret dans un endroit où l’adoration n’était pas digne, sauf en cas de nécessité, et c’était la maison de Fir’aun. Allah (S) a choisi Maryam bint Imran et lui a facilité la naissance d’Issa (p), elle a secoué un palmier sec dans le désert et des dattes fraîches en sont tombées pour elle.[1] Alors qu’Allah (S) m’a donné l’abondance sur elles, ainsi que sur toutes les femmes de l’univers qui m’ont précédée, puisque j’ai mis au monde un enfant dans Sa Maison Choisie, que je suis restée dans cette honorable Demeure pendant trois jours et que j’ai consommée des fruits et des plats du Paradis. Lorsque je voulus en sortir, portant dans mes mains mon fils élu, un appel me parvint de l’invisible, disant : « Ô Fatemah (pse) ! Nomme cet éminent enfant Ali (p), en vérité Je suis le Très Exalté, et Je l’ai créé par Ma Puissance, Mon Pouvoir et Ma Gloire. Je lui ai offert une partie complète de Ma justice ; J’ai tiré son nom de Mon propre Nom sacré ; Je l’ai formé avec Mes propres Etiquettes Propices ; Je lui ai confié Mes affaires ; et Je lui ai révélé Ma Connaissance cachée. Il est né dans Ma Prestigieuse Demeure (Ka’bah) et il sera le premier à appeler aux prières (Adhan) du haut de Ma Maison, à briser les idoles et à les jeter du haut de la Ka’bah. Il se souviendra de Moi avec grandeur, gloire, éminence et unité. Il sera le Guide (Imam) et le Chef après Mon bien-aimé et élu sur toutes les créations, Mohammad (pslf), qui est Mon Messager, tandis qu’il sera son Vice-Gérant. Béni soit celui qui se lie d’amitié avec lui et le défend ; et malheur à celui qui n’obéit pas à ses ordres, ne le défend pas et refuse ses droits. »

Certains récits rapportent qu’à la naissance de l’Emir des croyants (p), Abu Talib le serra contre sa poitrine et, saisissant la main de Fatemah bint Asad, se rendit auprès d’Abtah et récita ces versets d’une voix forte : « Ô mon Seigneur (S), possesseur de la nuit obscure et de la lune brillante et rayonnante ! Fais-nous connaître Ta décision concernant le nom de son nourrisson. » Soudain, quelque chose qui ressemblait à un nuage se manifesta sur la terre et s’approcha d’Abu Talib. Il le prit contre sa poitrine en même temps que l’Imam Ali (p) et retourna chez lui. À l’aube, il vit qu’il s’agissait d’une tablette verte sur laquelle était écrit : « Je vous ai désignés tous deux (Abu Talib et Fatemah bint Asad) avec l’enfant vertueux, chaste, choisi et heureux. Son nom est donc élevé et c’est Ali (p). Ali (p) est dérivé de Al Ali (l’un des puissants noms d’Allah [S]). » Abu Talib le nomma donc Ali (p) et accrocha cette tablette à l’angle droit de la Ka’bah, où elle resta jusqu’au règne de Hisham bin Abdul Malik, qui la descendit de là et la fit disparaître.

La naissance de l’Imam Ali (p) et les circonstances qui s’y rapportent font l’objet de nombreux récits, mais l’étendue de ce livre ne permet pas d’en citer davantage. Ce mérite fait partie des spécialités de l’Imam (p) : le sanctuaire de Makkah est le plus honorable des sanctuaires, et l’endroit le plus honorable du sanctuaire est le Masjid (al Haram), tandis que l’endroit le plus honorable (du Masjid) est la Ka’bah ; personne d’autre que l’Emir des croyants (p) n’est jamais né en ce lieu. Un enfant né le vendredi, le maître des jours (Sayyidul Ayyam), dans le mois sanctifié de Rajab, dans la Maison Sanctifiée, n’est nul autre que l’Emir des croyants (p), le père des Nobles Aimmah (p), milliers de bénédictions sur lui et sa descendance !

Il est cité dans le livre Hadiqatul Haqiqah (de Hakim al Sinai al Gaznawi) : « Ceci est de l’une de ses noblesses et en se basant sur cela, on peut estimer ses autres vertus et sa grandeur également ! »

Al Himyari a dit à juste titre : « Elle l’a mis au monde dans le Sanctuaire d’Allah (S) et sa protection, et dans la Demeure Sainte qui possède une cour et un masjid. Elle était vêtue de vêtements et d’étoffes blancs, elle était pure et le nouveau-né était pur, de même que la naissance. Dans la nuit où les étoiles de mauvais augure disparurent, elle apparut avec la lune rayonnante de la bonne fortune. Un tel évènement ne s’est jamais produit dans les faits surnaturels des tribus, sauf dans le cas de la naissance du fils d’Aminah (pse), qui était le Prophète Mohammad (pslf). »

Excellence de l’Emir des croyants (p)

Les savants n’ignorent pas que les qualités de l’Emir des croyants Ali (p) ne peuvent être compris par la description ou la langue, ni être comprimées dans un chapitre ou un livre ; les anges célestes sont même incapables de comprendre son statut.[2] En réalité, comprendre les qualités de l’Imam (p) reviendrait à mesurer l’eau d’une rivière à l’aide d’une aiguière. Il est rapporter dans un Hadith que « nous sommes les paroles d’Allah (S), dont l’excellence ne peut être comprise. »[3] Quelqu’un a dit à juste titre : « L’océan est insuffisant pour le livre de ton excellence, pour que je puisse y plonger mon doigt afin d’en tourner les pages (pour le lire).»

Pour cette raison, cet humble auteur n’a pas eu la force de prendre la plume et d’écrire quelque chose dans ce contexte, mais comme l’Emir des croyants (p) est une mine de miséricorde et de magnanimité, il est sincèrement attendu à ce qu’il m’accorde sa faveur et qu’il accepte cet humble service de ma part. « En Lui je place ma confiance, et c’est vers Lui que je reviens repentant. » [11:88].

Il convient de noter que les excellences sont soit spirituelles soit physiques, alors que l’Emir des croyants (p) était le plus parfait et le plus supérieur parmi tous les hommes, immédiatement après le Messager d’Allah (pslf), dans ces deux types d’excellences en raison de nombreux aspects. Nous nous contenterons de citer ci-dessous quatorze aspects (de ses excellences) et de rechercher la prospérité grâce à ce nombre honorable (qui équivaut aux Quatorze Infaillibles).

Premier aspect : Son combat (Jihad) dans la voie d’Allah (S) a été le plus grand et son épreuve la plus importante de toutes les batailles du Messager d’Allah (pslf), alors qu’aucun ne pouvait être son égal en la matière. Ainsi, lors de la bataille de Badr, qui fut la première bataille au cours de laquelle les croyants furent mis à l’épreuve, l’Emir des croyants (p) envoya les plus valeureux parmi les polythéistes au plus profond de l’enfer, notamment Walid (bin Utbah), Shaybah (bin Abd Shams), As (bin Sa’id), hanẓalah (bin Abu Sufyan), Tu’aymah (bin Adiyy) et Nawfal (bin Khuwaylid). Il combattit sans relâche jusqu’à ce que la moitié des polythéistes tués tombent entre ses mains, tandis que l’autre moitié fut tuée par d’autres musulmans, ainsi que trois mille anges bien équipés. Ensuite, lors de la bataille d’Ohod, alors que les gens s’enfuyaient, il resta inébranlable et repoussa les armées ennemies du Messager d’Allah (pslf) et les tua jusqu’à ce qu’il reçoive des blessures mortelles sur son corps sacré. Malgré toutes ces souffrances et ces épreuves, il n’était pas effrayé. Il ne cessa de frapper par l’épée les plus valeureux des hommes jusqu’à ce que la voix de Jibrail (p) se fasse entendre entre ciel et terre : « Il n’y a d’épée (efficace) que celle de Dhulfiqar, et de jeune (valeureux) excepté Ali (p). »

Lors de la bataille d’Ahzab (Khandaq), l’Emir des croyants (p) tua Amr bin Abd Wudd, tandis que la victoire tombait entre ses mains et que le Messager d’Allah (pslf) disait à son sujet : « Un coup d’Ali (p) le jour de Khandaq vaut mieux que l’adoration de tout les Djinns et les hommes jusqu’à la Qiyamah. » Lors de la bataille de Khaybar, Marhab le juif, fut tué de ses mains, puis il arracha la porte de leur forteresse par ses mains miraculeuses et la jeta quarante pieds plus loin. Plus tard, quarante hommes parmi les compagnons essayèrent de la déplacer, mais en vain. Lorsque le Messager d’Allah (pslf) partit pour la bataille de Hunayn, accompagné de dix mille hommes parmi les musulmans, Abu Bakr (la) fut surpris devant l’immensité de leur armée. Plus tard, tous prirent la fuite (à cause de son mauvais œil), et aucun ne resta avec le Messager d’Allah (pslf), à l’exception de quelques-uns, à la tête desquels se trouvait l’Emir des croyants (p). Il tua alors Abu Jarwal et les polythéistes, découragés, prirent la fuite, tandis que les musulmans qui s’étaient enfuis revinrent. En dehors de ce qui précède, de nombreuses autres batailles, que les biographes et les historiens ont citées dans leurs livres, ont eu lieu. L’abondance de la lutte (Jihad) et la valeur de l’Imam Ali (p) dans ces batailles, ainsi que ses grandes épreuves, sont manifestes pour les chercheurs parmi eux.[4]

Second aspect : L’Emir des croyants (p) était le plus savant et le plus intelligent des hommes, et son statut de savant est évident sous les angles suivants. Premièrement, il était positionné à l’extrémité de la sagacité, du pouvoir de perception et de l’intensité de l’intelligence. Il était constamment au service du Messager d’Allah (pslf), bénéficiait de lui et acquérait des connaissances grâce à la Lumière Divine de son apostolat. Il s’agit là d’une preuve évidente de son statut de plus grand savant après celui de l’Apôtre (pslf). Au moment de sa mort, le Messager d’Allah (pslf) lui ouvrit mille portes de la connaissance, et mille autres portes s’ouvrirent (pour lui) à partir de chacune d’entre elles. Ainsi, on peut comprendre à partir des récits fiables, rapportés par les Shia ainsi que par les Ahlul Sunnah, que l’Apôtre d’Allah (pslf) a dit à son sujet : « Je suis la cité du Savoir et Ali (p) en est sa porte. »[5]

Hakim al Firdawsi éclaircit cela en disant : « Qu’a dit le Seigneur (S) de la Descente et de la Révélation, le Seigneur (S) de l’injonction (du bien) et le Seigneur (S) de l’interdiction (du mal), que je suis la cité du savoir et qu’Ali (p) en est la porte ; certes, ce sont les paroles du Prophète (pslf) ; je témoigne que cette déclaration vient de lui ; vous dites que mes oreilles écoutent ses paroles. »

Deuxièmement, les Doctrines Divines sont devenues obscures pour les compagnons (de l’apôtre) à plusieurs reprises, et certains d’entre eux ont même émis des verdicts erronés, mais lorsqu’ils lui ont soumis l’affaire, il les a guidés vers le droit chemin. Alors que lui ne s’est jamais référé à eux dans aucune affaire, ce qui est une preuve puissante de sa (plus grande) connaissance. Les incidents des erreurs des compagnons et leur référence à lui sont tout à fait manifestes et documentés pour celui qui est bien informé.[6]Troisièmement, dans le contexte du Hadith (du Messager d’Allah [pslf]) selon lequel : « Le meilleur juge parmi vous est Ali (p) » , il est nécessaire d’être le plus savant, puisque le jugement équitable nécessite la connaissance.[7]

Quatrièmement, les érudits et les savants de toutes les sciences le considèrent comme la source originelle. Ibn Abil Hadid al Mu’tazili dit qu’il est connu de tous que la connaissance la plus supérieure est celle de la reconnaissance d’Allah (S), alors que les maîtres de cette science sont tous des étudiants d’Ali bin Abi Talib (p). Quant aux Chiites et aux Imamiyyah, il est tout à fait évident et ne nécessite aucune mention (que l’Imam est le plus savant en matière de reconnaissance Divine) ; tandis que parmi les gens en général (Ahlul Sunnah), Abul Hassan al Ash’ari est considéré comme un maître dans cette science, qui était l’élève d’Abu Ali al Jabba’i, l’un des chefs de l’école de pensée Mu’tazilah[8]. Alors que le maître des Mu’tazilah, Wasil bin Ata, était l’élève d’Abu Hashim Abdullah bin Mohammad al Hanafiyyah (bin Imam Ali), élève de son père (Mohammad ibnul Hanafiyyah), qui était à son tour l’élève de son père l’Emir des croyants (p). Parmi les différentes

sciences, il y a la science de l’exégèse (Tafsir) du Qur’an, dont Ali (p) est la source originelle.1

(Abdullah) Ibn Abbas, qui est considéré comme l’un des savants et des maîtres de l’exégèse, a été l’élève de l’Emir des croyants (p).

Parmi les autres sciences, il y a la Grammaire (Al Nahw), alors qu’il est connu de tous que celui qui a inventé cette science est l’Imam Ali (p). Abul Aswad al

1 Maurice Bucaille, docteur en médecine, médecin et auteur français, écrit dans son livre « The Bible, The Qur’an and Science » (La Bible, le Coran et la science) : De nombreux compagnons ont écrit le Qur’an exactement pendant la vie du Prophète (pslf). L’un d’entre eux était la copie d’Imam Ali (p). En raison de sa relation étroite avec le Prophète (pslf) et de son long compagnonnage, il ne s’est pas contenté de rassembler les rouleaux dispersés du Qur’an, mais il a pu les accompagner d’un remarquable Tafsir (exégèse), mentionnant l’occasion de la descente de chaque verset (Sha’n Nuzul), et a été considéré comme le premier Tafsir du Qur’an depuis le début de la mission islamique. Ibn Abil Hadid dit : « Tous les savants s’accordent à dire que l’Imam Ali est le premier à avoir compilé le Qur’an. » (voir Sharh Nahjul Balagah : 271). Un autre, Al Kittani, dit que : « l’Imam Ali pouvait arranger le Qur’an selon l’ordre de descente (Tanzil) de chaque Surah ». (voir Strategic Administration : 461). Ibn Sirin Tabe’i (al Kalbi) rapporte que Ikrimah a dit que : « lmam Ali (p) pouvait rassembler le Qur’an d’une manière telle que si toute l’Humanité et les Djinns se réunissaient pour le faire, ils n’y parviendraient pas du tout ». (voir Al Itqan fi Umulil Qur’an [de Jalaluddin al Suyuti] 1157-58). Ibn Jizzi al Kalbi raconte également : « Si seulement nous pouvions avoir le Qur’an qui a été compilé par Ali (p), alors nous pourrions acquérir beaucoup de connaissances ». (voir Al Tas-hil li Ulumil Tanzil : 114). Ce n’était là qu’une brève note sur les avantages du Mushaf de l’Imam Ali, car Ibn Sirin avait déclaré : « J’ai cherché si longtemps le Mushaf (copie) de l’Imam Ali et j’ai correspondu avec (des gens de) Madina, mais tous mes efforts sont restés vains ». (voir Al Itqan fi Umulil Qur’an [de Jalaluddin al Suyuti] : 1/58 ; Al Tabaqatul Kubra d’Ibn Sa’ad : 2/338). Il est donc certain que le Qur’an a été compilé par l’Imam Ali sans qu’il y ait de différence notable avec les autres copies connues, à l’exception des notes qu’il a mentionnées, ce qui en fait la plus excellente copie jamais connue. Malheureusement, les conditions politiques défavorables apparues après la mort du Prophète (c’est-à-dire après l’affaire vicieuse de Saqifah) ont constitué un obstacle majeur à l’obtention des bénéfices de cette remarquable copie du Qur’an. (Fin de la citation du Dr. Bucaille). 

Gloire à Allah (S) que des paroles aussi justes sortent de la langue d’un savant non musulman, alors que les musulmans (passés et présents) n’ont pas considéré cette excellence de l’Imam Ali (p), et l’ont plutôt ignorée. Sulaym bin Qays al Hilali rapporte également que lorsque l’Imam Ali (p) fut témoin de la tromperie et de la déloyauté des gens après la mort du Messager d’Allah (pslf), il se retira chez lui et resta absorbé par la compilation et l’arrangement des versets du Qur’an. Lorsque Abu Bakr (la) lui envoya un message pour qu’il vienne lui prêter serment d’allégeance (Bay’ah), il s’excusa pour la raison susmentionnée. Après lui avoir accordé un peu de répit, ils lui envoyèrent à nouveau un message, et il vint à eux avec son Qur’an compilé et dit : « Ô gens ! depuis que le Messager d’Allah (pslf) est décédé, j’ai été absorbé par de nombreuses tâches, d’abord l’enterrement du Prophète (pslf) et ensuite la compilation du Qur’an. J’ai arrangé l’ensemble du Qur’an qui se trouve maintenant dans ce sac. J’ai consigné chaque verset descendu sur le Prophète (pslf). Il n’y a aucun verset dans le Qur’an, si ce n’est ceux que le Prophète (pslf) m’a lus et que j’ai notés à mon tour. Il m’a également révélé ses interprétations cachées. Cette déclaration s’adresse à ceux qui ne pourront pas dire demain que nous n’étions pas au courant de cette compilation (d’Ali [p]) et le jour de la Qiyamah, vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas invités à m’assister ou que je ne vous ai pas rappelé mes droits. Ni que je ne vous ai pas invité vers le Livre d’Allah (S), du début jusqu’à la fin. » Entendant cela, Umar ibn Khattab (la) dit : « Le Qur’an en notre possession nous rend indépendants de celui compilé par toi. » (Sheikh Abbas al Qummi, « Baytul Ahzan ») [traducteur].

Du’ali, le maître de cette science, l’a compilée sur ses instructions.[9] Il est également évident que tous les Juristes (Fuqaha) s’accordent à lui et tirent profit de ses jugements et décrets. Les gens de la science du Gnosticisme (Tariqat) lui attribuent également leurs méthodologies et tous sont enclins au Maître ; tandis que leur robe grossière, qui est leur slogan, ils la relient à lui avec leurs chaînes continues ainsi que leur croyance à ce sujet.

Cinquièmement, il a lui-même informé de son abondance de connaissances à de nombreuses occasions. Il dit ainsi : « Interrogez-moi donc sur les chemins des cieux, car en vérité je les connais mieux que ceux de la terre. » Et il disait toujours : « Interrogez-moi avant que vous ne me perdiez. » Et les gens l’interrogeaient continuellement sur les significations difficiles et les connaissances obscures et obtenaient sa réponse. Il est également intéressant de noter que quiconque prononçait cette phrase (interrogez-moi avant que vous ne me perdiez), prétendant tout savoir, était complètement disgracié par l’humiliation et la misère.[10]

Ce fait est apparu dans les incidents relatifs à Ibnul Jawzi1, Maqatil bin Sulayman[11] et Wa’iẓ al Bagdadi durant la période de Nasir al Abbasi. Les incidents de leur disgrâce après cette déclaration sont cités dans les livres biographiques et historiques. C’est une preuve éloquente de ce que nous voulons dire et il est cité que l’Imam Ali (p) a lui-même informé concernant cette déclaration : « Personne ne revendiquera cela après moi, sauf un imposteur, un menteur ». Il est également dit que parfois, l’Emir des croyants (p) posait sa main sur sa poitrine sacrée et disait : « Par Allah (S) ! Il y a ici un savoir abondant, si quelqu’un pouvait (le comprendre et) le transmettre ». Parfois, il disait : « Par Allah (S) ! Si l’on m’étendait un coussin, je jugerais entre les gens de la Torah (Tawrat) par la Torah »[12].

En ce qui concerne l’incident de Wa’iẓ al Bagdadi, on rapporte qu’à l’époque de Nasir li Dinillah al Abbasi, il y avait un orateur (Wa’iz) réputé pour sa connaissance d’Al Rijal[13] et de Hadith. Une foule nombreuse de savants et de personnes se rassemblait sous sa chaire. Il injuriait les théosophes, les étudiants en sciences rationnelles et les gens de la science de la théologie scolastique (Kalam) et surtout il injuriait le plus les Chiites. Les anciens parmi les Chiites décidèrent de nommer une personne, et lorsque l’orateur monterait sur la chaire (Mimbar) pour injurier les Chiites et se louer lui-même,

1 L’incident d’Ibnul Jawzi n’a pas besoin d’être cité ici (auteur). Mais nous (le traducteur) aimerions citer l’incident pour le bénéfice des lecteurs. Allamah al Majlisi rapporte qu’un jour, Ibnul Jawzi annonça du haut de la chaire (Mimbar) : « Interrogez-moi avant que vous ne me perdiez ». Une femme, près de la chaire, se leva et demanda : « On raconte qu’Ali (p) a voyagé en une nuit de Madina à Mada’in et s’est occupé du bain, du linceul et de l’enterrement de Salman, qui y était décédé ; puis il est reparti la même nuit ». Ibnul Jawzi dit : « Oui, cela a été rapporté ». La femme demanda alors : « Lorsqu’Uthman (bin Affan) [la] a été tué, il est resté trois jours dans la décharge, alors qu’Ali (p) était bien présent ». Ibnul Jawzi répondit par l’affirmative. Puis elle poursuivit : « Ainsi, l’un des deux (Ali [p] ou Uthman [la]) était certainement en tord ». Entendant cela, Ibnul Jawzi dit : « Si tu as quitté ta maison sans la permission de ton mari, que la malédiction d’Allah (S) soit sur toi ; et si tu es venue avec sa permission, que la malédiction d’Allah (S) soit sur lui ». La femme dit alors : « Lorsqu’Aisha (la) est sortie pour combattre Ali (p), est-elle venue avec la permission du Messager d’Allah (pslf) ou sans sa permission ? » Par la suite, le discours d’Ibnul Jawzi s’est interrompu, il a baissé la tête de honte et a dit : « En vérité, personne d’autre qu’Ali (p) n’a le droit de dire : « Interrogez-moi avant que vous ne me perdiez ». En disant cela, il quitta la chaire embarrassé. (Mohammad Baqir al Majlisi, « Biharul Anwar ») [traducteur].

la personne devrait mettre en avant des questions complexes et des sujets difficiles pour l’embarrasser et le déshonorer devant les gens. Ils choisirent une personne nommée Ahmad bin Abdul Aziz, qui était un Chiite et une personne bien informée en ce qui concerne la théologie scolastique (Ilmul Kalam), les informations concernant la Mu’tazilah et les questions littéraires.

Un jour que l’orateur monta sur la chaire, alors que de nombreuses personnes s’étaient rassemblées, il commença à parler des attributs du Seigneur (S) omnipotent. Au milieu de son sermon, Ahmad bin Abdul Aziz se leva et lui posa des questions sur certains points rationnels basés sur les lois des théologiens scolastiques de la Mu’tazilah. L’orateur n’a pu répondre à aucune de ces questions et a donc commencé à fabriquer des déclarations et des mots rimés pour accentuer et débattre. À la fin, il a prononcé ces mots : « Les yeux des Mu’tazilah louchent ; mon bruit, semblable à celui d’un tambour, est inefficace à leurs oreilles ; ma déclaration fait l’effet de flèches dans leurs cœurs ; Ô celui qui marche sur le chemin des séparés

(Mu’tazilah), malheur à toi, combien tournes-tu et t’exhibes-tu autour de celui qui est intellectuellement incapable de le comprendre et qui dit en le comprenant : « Je dis, je dis ; laisse cela : Je dis, je dis ; laissez cette baliverne. » Lorsque le peuple entendit ces phrases non rimées et ces mots désinvoltes de l’orateur, il se rendit compte de son défaut et appela Ahmad en disant : « garde le silence ». Voyant cela, l’orateur fut ravi et commença à se vanter et à répéter : « Demandez-moi avant que vous ne me perdiez. » Entendant cela, Ahmad se leva à nouveau et dit : « Ô Sheikh ! Quelle déclaration fais-tu ? Personne n’a prononcé ces mots à l’exception d’Ali bin Abi Talib (p), et l’on sait qu’il a également dit : « Personne ne revendiquera cela après moi à l’exception d’un imposteur, d’un menteur ».

L’orateur était toujours d’humeur joyeuse et voulait se vanter auprès d’Ahmad d’avoir bien compris la science d’Al Rijal, et il dit : « Quel Ali bin Abi Talib ? Veux-tu dire Ali bin Abi Talib bin Al Mubarak al Naysaburi ou Ali bin Abi Talib bin Ishaq al Maruzi ou Ibn Uthman al Qayrawani ou Ibn Sulayman al Razi ? » En disant cela, il cita sept ou huit personnes du nom de Ali bin Abi Talib parmi les narrateurs d’Ahadith. A nouveau, Ahmad bin Abdul Aziz se leva, tandis que deux autres hommes à sa droite et à sa gauche se levèrent également pour le défendre, prêts à mourir. Ahmad dit alors : « Ô Sheikh ! Attends.  Il s’agit de nul autre qu’Ali bin Abi Talib (p), l’époux de Fatemah (p), la maîtresse des dames de l’univers. Et si tu ne le reconnais toujours pas, nous te le révélerons plus clairement. Celui qui a prononcé cette déclaration est celui qui, lorsque Mohammad bin Abdullah (pslf) a établi la fraternité entre ses compagnons, l’a déclaré comme son propre frère et l’a confirmé en disant : « Ali est mon égal ». N’as-tu donc pas entendu parler de sa position et de son statut ? Et ne connais-tu pas son rang sublime et sa prééminence inaccessible ? » En entendant cela, l’orateur voulut répondre à Ahmad, lorsque celui qui se trouvait à sa droite s’écria : « Ô Sheikh ! Garde le silence. Il y en a beaucoup qui s’appellent Mohammad bin Abdullah, mais celui-ci (Mohammad [pslf]) est différent, il est celui au sujet duquel Allah (S) dit : « Votre compagnon ne s’est pas égaré et n’a pas été induit en erreur – et il ne prononce rien sous l’effet de la passion; ce n’est rien d’autre qu’une révélation inspirée. » [53:2-4]. De même, il y a beaucoup de gens du nom d’Ali bin Abi Talib, mais il est différent, au sujet duquel le Maître de la Shari’ah (pslf) a dit : « Tu es pour moi dans la même position que Haroun était pour Moussa sauf qu’il n’y aura pas d’Apôtre après moi. » Voici, Ô Sheikh ! Sache qu’il y a de nombreux noms et agnomens (Kuniyyah), mais chacun doit être reconnu par son propre statut. »

L’orateur se tourna vers lui pour lui répondre, lorsque celui qui se trouvait à la gauche d’Ahmad s’écria : « Ne dis pas trop d’absurdités, tu deviendrais ignorant ; et si tu ne reconnais pas Ali bin Abi Talib (p), excuses-toi. » Puis il récita les vers suivants : « Le papillon de nuit ne désire pas l’arrivée du soleil. L’essor de la place du soleil ne diminue pas (à cause d’elle). »

À ce moment-là, l’assemblée s’agita, tandis que les gens du peuple (Ahlul Sunnah) étaient confus et commencèrent à se frapper la tête les uns les autres ; les têtes furent dénudées et les vêtements déchirés. Voyant cela, l’orateur sauta de sa chaire, effrayé, et fut raccompagné chez lui, où l’on ferma la porte à clef. Cette nouvelle parvint à la cour du calife qui dépêcha ses serviteurs pour mettre fin à l’agitation. Lors des prières suivantes, Al Nasir li Dinillah ordonna l’emprisonnement d’Ahmad et de ses deux associés ; après que la sédition se fut calmée, ils furent libérés.[14]

Et tout ce qui a été cité de lui concernant les Principes de la Connaissance, la sagesse et les différents jugements, n’est cité pour personne d’autre. Aujourd’hui, nous observons que les philosophes tels que Ibn Sina, Nasiruddin Muhaqqiq al Toussi, Ibn Maytham et d’autres encore, ainsi que les savants et les juristes honorables tels qu’Allamah (al Hilli), Muhaqqiq (al Hilli), Shahid (al Awwal) et d’autres, s’entraident pour interpréter et développer ses paroles, tirant profit de ses paroles et de ses jugements dans de nombreuses sciences.

Troisième aspect : Le troisième aspect qui prouve son excellence et sa supériorité peut être compris à partir du verset de la Purification (Tathir) et du verset de l’imprécation divine (Mubahilah) ; bien qu’il soit cité à l’endroit approprié et que ce petit livre n’ait pas la capacité (de le citer). Il convient plutôt de citer ici la déclaration de Fakhruddin al Razi concernant le verset de Mubahilah. Fakhr bin Al Khatib (al Bagdadi) dit que les Chiites déduisent de ce verset (de Mubahilah) qu’Ali bin Abi Talib (p) est supérieur à tous les Apôtres (p), à l’exception du dernier Apôtre (pslf), ainsi qu’à tous les compagnons (du Messager d’Allah [pslf]). Puisqu’Allah (S) se réfère en disant, nous-mêmes et vos propres personnes[15], alors qu’ici « propres » ne se réfère pas au Messager d’Allah (pslf) puisque l’ordre est d’inviter quelqu’un d’autre et qu’une personne ne s’appelle pas elle-même.

Par conséquent, celui qui est visé est quelqu’un d’autre, alors il est unanime que celui dont il est question n’est autre qu’Ali bin Abi Talib (p), à l’exception de « nos femmes et de nos fils ». Il faut savoir qu’Allah (S) considère le moi d’Ali (p) comme le moi de Mohammad (pslf) ; et comme l’unification réelle de deux moi est impossible, il peut s’agir d’une figure de style. Or, il est reconnu dans la science des principes qu’un mot doit être relié aux figures de style les plus proches plutôt qu’aux plus éloignées ; et la figure de style la plus proche est qu’Ali (p) est l’associé du Messager d’Allah (pslf) dans toutes les affaires et sa meilleure moitié dans toutes les excellences, à l’exception de celles qui tombent hors de l’évidence, comme l’apostolat qui tombe hors du consensus. Alors qu’Ali n’est pas son partenaire en cela (l’Apostolat), mais il est son partenaire dans toutes les autres excellences, parmi lesquelles la supériorité du Messager d’Allah (pslf) sur tous les autres Apôtres, tous les compagnons et toutes les autres personnes ; ainsi Ali (p) devrait également être le supérieur (parmi tous). C’est ici que se termine la déclaration de Fakhruddin al Razi.

Ibn Hammad a dit à juste titre : « Le Seigneur (S) du trône puissant l’a désigné dans le Rappel (Qur’an) comme étant le « moi » du Prophète (pslf). Cela vous suffit si vous êtes une personne bien informée. Le Prophète (pslf) a informé les gens qu’il (Ali) est mon vice-gérant et mon successeur, et qu’il est celui par qui le Seigneur de l’univers (S) a renforcé mon dos. Ali (p) est comme un bouton sur ma chemise, qui indique que la chemise n’est pas dépourvue de bouton. » Dans les trois versets ci-dessus, Ibn Hammad a mis l’accent sur l’une des diverses qualités de l’Emir des croyants (p). Dans la première ligne, il fait référence au verset de Mubahilah, dans la seconde au Hadith de Ghadir dans lequel le Messager d’Allah (pslf) l’a déclaré son ViceGérant. Dans la troisième ligne, il rappelle la Tradition prophétique adressée à l’Emir des croyants (p), selon laquelle « Tu es un bouton pour ma chemise », rapportée par Ibn Shahr Ashub. Ibn Hammad dit dans le verset cidessus que, de même qu’un bouton est nécessaire à une chemise, celle-ci en dépend ; de même, le Messager d’Allah (pslf) a besoin d’Ali (p) et n’est pas indépendant de lui.

Quatrième aspect : L’abondance et la générosité de l’Emir des croyants (p). Il est bien connu et il n’est pas nécessaire de le citer qu’il jeûnait pendant les jours et passait les nuits dans la faim après avoir donné sa propre subsistance à d’autres. Le chapitre de Hal Ata (Surat al Dahr)[16] a été révélé pour sa générosité excessive, de même que le verset suivant : « Ceux qui, de nuit et de jour, en secret et ouvertement, dépensent leurs biens (dans les bonnes œuvres), ont leur salaire auprès de leur Seigneur (S). Ils n’ont rien à craindre et ils ne seront point affligés. » [2:274] [17] Il travaillait pendant les jours, donnait son salaire en aumône et s’attachait une pierre sur le ventre à cause de la faim extrême. Le témoignage de Muawiyah (la), qui était son ennemi le plus acharné, suffit à prouver sa générosité, car il est dit : « L’excellence est celle qui est reconnue par les ennemis. » Il (Muawiyah) a dit à propos de l’Imam Ali (p) : « Si Ali (p) possédait une maison pleine d’or et

une autre pleine de foin, il donnerait plus d’or en aumône jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. »

Et lorsqu’il (p) quitta ce monde, il ne laissa rien derrière lui à l’exception de quelques dirhams qu’il avait gardés pour acheter un esclave pour sa famille.1

1 Ibn Abil Hadid écrit ce qui suit : « Chacun sait qu’à Madina, Yanbu et Suwayqah, Ali bin Abi Talib (p) avait creusé plusieurs sources et mis en culture de nombreuses terres stériles et incultivables. Pourtant, il a renoncé à ses droits sur leur possession, les déclarant comme des fiduciaires pour les musulmans. Lorsqu’il quitta le monde, rien ne resta derrière lui comme sa propriété. » (Ibn Abil Hadid al Mutazili, « Sharh Nahjul Balagah »). Notez également les paroles de l’Imam Ali (p) : « Maintenant, regardez votre Imam (en parlant de lui même). Dans ce monde, il s’est contenté de deux vieux vêtements déchirés et grossiers et de deux morceaux de pain (un le matin et un le soir) ». (Nahjul Balagah : Lettre 45). Contrairement à lui, nous trouvons ces compagnons, qui sont considérés comme pieux et honorables aux yeux des musulmans, et qui étaient considérés comme tellement pieux qu’ils étaient les « dix hommes » à qui le Messager d’Allah (pslf) donna sa parole de leur vivant qu’ils entreraient au paradis en raison de leur ferveur pour l’Islam (par le biais d’un Hadith falsifié), laissant derrière eux d’énormes richesses à leur mort. 

Lorsqu’Uthman bin Affan (la) mourut, il laissa trente-cinq millions de dirhams, cent cinquante mille Dinars, trois mille chameaux et de nombreux chevaux. Il se fit construire un palais en marbre et en bois de teck à Madina et avait un millier d’esclaves. (Ibn Sa’ad, « Al Tabaqatul Kubra » ; D.S. Margoliouth, « Mohammed and the Rise of Islam »). Il s’est construit une maison en pierre à Madina avec des portes en bois précieux et a acquis de nombreux biens immobiliers dans cette ville, y compris des jardins et des sources d’eau. Ses plantations fruitières à Wadi al Qura, Hunayn et dans d’autres lieux, évaluées à cent mille Dinars, lui procuraient d’importants revenus, sans compter les grands troupeaux de chevaux et de chameaux qui se trouvaient sur ces domaines. Le jour de sa mort, son trésor personnel contenait cent cinquante mille Dinars et un million de Dirhams. Multipliant ses richesses aux dépens du trésor musulman, Uthman (la) donna également libre usage de ce dernier à certains des plus proches compagnons de Mohammad (pslf) tentant de justifier ses actions illégales en associant ces vétérans musulmans bien informé à ses propres déprédations. Les « compagnons » l’ont applaudi pour sa générosité et sa magnanimité, sans doute pour de solides raisons d’intérêt personnel. Un tel esprit d’avidité était largement répandu parmi les compagnons du Prophète (pslf) et l’entourage d’Uthman (la). (E.A. Belyaev, « Arabs, Islam and the Arab Caliphate in the Early Middle Ages »). Lorsqu’Uthman (la) devint calife, il a non seulement levé l’interdiction de se rendre dans d’autres pays faite par Umar (la) aux compagnons, mais il leur a également offert de riches cadeaux provenant du trésor public. Il donna à Zubayr six cent mille dirhams en un jour et à Talha cent mille dirhams en un jour, ce qui leur permit d’acheter des terres, des biens et des esclaves dans d’autres pays. (Taha Hussain, « Al Fitnatul Kubra » ; Bernard Lewis, « Islam in History »).

Zubayr Ibn Awwam a laissé derrière lui onze maisons à Madina, deux à Basrah, une à Kufa et une en Égypte. Il avait quatre femmes. Elles héritèrent d’un huitième de ses biens et chacune d’elles reçut un million et deux cent mille. Ainsi, l’ensemble des biens laissés par lui s’élevait à cinquanteneuf millions et huit cent mille. (Al Bukhari, « Al Sahih »). Ici, seul le nombre a été indiqué ; il n’a pas été précisé s’il s’agissait de Dirhams (pièces d’argent) ou de Dinars (pièces d’or), mais il a été indiqué dans le Tarikh d’lbn Kathir qu’il s’agissait de Dirhams. En outre, il laissa à sa mort mille chevaux, mille esclaves et servantes, ainsi que de nombreux palais et terres. (Al Mas’udi, « Murawwajul Dahab »).

Talha bin Ubaydullah a laissé derrière lui cent peaux de bœuf pleines d’or. Sibt lbn Jawzi dit qu’il a laissé derrière lui de l’or qui pouvait être chargé sur trois cents chameaux. (Ibn Sa’ad, « Al Tabaqatul Kubra » ; Al Mas’udi, « Murawwajul Dahab » ; Ibn Abd Rabbuh al Andalusi, « Al Iqdul Farid ») Il construisit une grande maison de rapport à Kufa et acquit des domaines à Arak, qui lui rapportaient chaque jour mille Dinars ; il construisit également une luxueuse maison de briques et de bois précieux à Madina. (E.A.Belyaev, « Arabs, Islam and the Arab Caliphate in the Early Middle Ages »).

Abdul Rahman ibn Awf se construisit une demeure riche et spacieuse ; ses écuries contenaient cent chevaux et ses pâturages mille chameaux et dix mille moutons, et le quart de l’héritage qu’il laissa après sa mort fut évalué à quatre-vingt-quatre mille Dinars. (E.A.Belyaev, « Arabs, Islam and the Arab Caliphate in the Early Middle Ages »). [suite en page 20]

Tandis qu’il faisait référence à la richesse mondaine en disant : « Ô blanc et Ô jaune ! Trompez quelqu’un d’autre que moi ! »1 Il balaya le trésor public (Baytul Mal) après avoir fait don de toutes les richesses contenues et y fit des prières (de remerciement), comme cela est cité dans les livres Ahlul Sunnah et Chiites.

Sheikh al Moufid rapporte de Sa’id bin Kalthum, qu’une fois j’étais en présence de l’Imam Ja’far al Sadiq (p) lorsqu’il se souvint de l’Emir des croyants (p). Il le loua abondamment jusqu’à ce qu’il dise : « Par Allah (S) ! L’Emir des croyants (p) n’a jamais consommé quoi que ce soit d’illicite en ce monde jusqu’à sa mort. Il n’a jamais rencontré deux sujets contenant l’agrément d’Allah (S), sauf qu’il a choisi le plus difficile et le plus sévère des deux. Aucune difficulté ou tâche importante n’arrivait au Messager d’Allah (pslf), sauf qu’il appelait Ali (p) pour la résoudre, et aucun membre de la nation n’avait la force d’accomplir la tâche du Messager d’Allah (pslf) excepté Ali (p). Son action était semblable à celle de celui qui confrontait le Paradis et l’Enfer, possédant le désir de la récompense et la crainte du châtiment. Il acheta un millier d’esclaves à partir de ce qu’il avait durement gagné et les libéra dans la voie d’Allah (S). Sa nourriture à la maison se composait d’huile, de vinaigre et de dattes Ajwah, et sa tenue ne dépassait pas celle d’une toile. Lorsqu’il portait une robe à manches longues, il demandait des ciseaux et coupait l’excédent de tissu.

Lorsque, dans les années qui suivirent, il eut l’habitude de se nourrir somptueusement de pain fin et de toutes sortes de viandes, il pleurait en regardant sa table richement garnie et en pensant à la pitance du Prophète (pslf). L’amour qu’Abdul Rahman portait à son défunt maître, Mohammad (pslf), était « profondément émouvant ». Ses épouses et concubines lui préparaient des mets délicats aux couleurs et aux goûts variés. Lorsqu’il prit place pour manger, il se souvint de l’époque spartiate de l’apôtre. Il « regretta » l’apôtre et il « regretta » cette époque, versa de nombreuses larmes, puis engloutit tout ce qu’il y avait sur la table. (Sir William Muir, « The Life of Mohammed »).

Sa’ad bin Abi Waqqas construisit sa maison à Al Aqiq. Il la fit haute et spacieuse, et mit des balcons autour de la partie supérieure. Sa’id bin al Musayyib a dit que lorsque Zayd bin Thabit mourut, il laissa des lingots d’or et d’argent, qui furent brisés avec des haches, en plus de biens et de propriétés d’une valeur de cent mille Dinars. (Bernard Lewis, « Islam in History »). Allah (S) dit dans le Qur’an à propos de ces gens : « Ô vous qui croyez ! Beaucoup de rabbins et de moines dévorent, les biens des gens illégalement et [leur] obstruent le sentier d’Allah. A ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans le sentier d’Allah, annonce un châtiment douloureux, le jour où (ces trésors) seront portés à l’incandescence dans le feu de l’Enfer et qu’ils en seront cautérisés, front, flancs et dos : voici ce que vous avez thésaurisé pour vous-mêmes. Goûtez de ce que vous thésaurisiez. » [9:34-35] [traducteur].

1 Déclaration complète : « Éloigne-toi de moi ! Pourquoi te présentes-tu à moi ? Ou bien es-tu impatient de me voir ? Tu n’auras peut-être pas l’occasion de m’impressionner. Trompe quelqu’un d’autre. Je ne me préoccupe pas de toi. J’ai divorcé de toi trois fois et il n’y a pas de retour. Ta vie est courte, ton importance est faible et ton goût est humble. Hélas ! La provision est faible, le chemin est long, le voyage est lointain et le but est difficile à atteindre. » (Nahjul Balagah) [traducteur].

Parmi ses Aylulbayt (p), aucun n’était semblable à lui en ce qui concerne l’habillement et la jurisprudence, à l’exception d’Ali bin Hussain [Imam Zaynul Abedine] (p). »

Cinquième aspect : Son abondante abstinence (Zuhd), et il n’y a pas le moindre doute qu’après le Messager d’Allah (pslf), la personnalité la plus abstinente a été l’Emir des croyants (p). Tous les abstinents le considèrent comme le maître parmi eux. Il ne mangeait jamais jusqu’à satiété et sa nourriture et ses vêtements étaient les plus simples de tous. Il mangeait des morceaux de pain sec et dur et scellait le sac contenant son pain de peur que ses enfants n’y mélangent de l’huile ou du ghee par gentillesse. Il accompagnait rarement son pain d’un plat et lorsqu’il le faisait, c’était avec du sel ou du vinaigre.

Comme il sera cité dans l’épisode de son martyre, la nuit du dix-neuvième du mois de Ramadhan, il était invité chez Umm Kulthum (sa fille) pour rompre le jeûne. Cette dernière lui apporta un plateau contenant deux pains d’orge, un verre de lait et du sel. Lorsqu’il vit cela, il pleura et dit : « Ô ma fille, tu m’as apporté deux plats dans un plateau. Ne sais-tu pas que j’imite mon frère et cousin, le Messager d’Allah (pslf) ? » Puis il poursuivit : « Par Allah (S) ! Je ne mangerai pas tant que tu n’auras pas pris l’une de ces deux choses. » Umm Kulthum prit le verre de lait, il mangea du pain avec du sel, puis loua et glorifia Allah (S) et se leva pour l’adoration.

Dans sa lettre adressée à Uthman bin Hunayf[18], il écrit : « Réalise que ton Imam se contente de deux pièces d’étoffe en lambeaux à l’abris du (confort du) monde et de deux pains pour son repas. » Il a également écrit : « Si j’avais voulu, j’aurais pu prendre le chemin qui mène (aux plaisirs mondains tels que) le miel pur, le blé fin et les vêtements de soie, mais il n’est pas possible que mes désirs me conduisent et que l’avidité me pousse à choisir de bons repas, alors qu’à Hijaz ou à Yamamah, il peut y avoir des gens qui n’ont aucun espoir d’obtenir du pain ou qui n’ont pas de repas complet. Doisje me coucher avec un ventre rassasié, alors qu’autour de moi il peut y avoir des ventres affamés et des foies assoiffés ? Ou dois-je être semblable à celui à qui s’adresse le poète : Il te suffit d’avoir une maladie pour que tu te couches le ventre plein, alors qu’autour de toi les gens désirent intensément le cuir séché… ? Dois-je me contenter d’être appelé Amirul Mu’minin (Commandeur des croyants), bien que je ne partage pas avec les gens les difficultés du monde ? Ou dois-je être pour eux un exemple dans les détresses de la vie ? Je n’ai pas été créé pour m’occuper à manger de bonnes choses comme un animal attaché dont le seul souci est son fourrage ou comme un animal libre dont l’activité est d’avaler. » En somme, si l’on étudie ses sermons et ses déclarations, on se rendra certainement compte de l’ampleur de son abstinence et de son insouciance à l’égard du monde.[19]

Sheikh al Moufid rapporte qu’alors qu’il se dirigeait vers Basrah pour affronter les gens de Jamal, l’Emir des croyants (p) s’arrêta à Rabadah. Les pèlerins de La Mecque y avaient également campé et s’étaient rassemblés près de sa tente pour entendre ses paroles et en bénéficier, alors qu’il était dans sa propre tente. (Abdullah) Ibn Abbas raconte que je suis entré dans la tente de l’Emir des croyants (p) pour l’informer du rassemblement et le faire sortir. Lorsque j’y entrai, je le trouvai en train de coudre ses chaussures et de les réparer. Je lui dis : « Nous avons plus besoin de ton avis pour le bien que de toi pour rapiécer ces chaussures déchirées. » Il ne me répondit pas avant d’avoir fini de coudre. Ensuite, il la posa à côté de son autre paire et m’a dit : « Donne-moi le prix de ma paire de chaussures. » Je lui répondis qu’il n’y avait pas de prix pour elles car elles étaient extrêmement déchirées et usées. Il me demanda alors : « Même dans ce cas, combien me coûteront-

elles ? » Je répondis que c’était peut-être un dirham ou moins. Il dit : « Par Allah (S) ! Cette paire de chaussures est meilleure et plus chère à mes yeux que ta souveraineté et ton califat, si ce n’est que je pouvais établir et justifier la vérité Divine ou me défendre contre le mensonge (grâce à elle). »

Parmi toutes ces paroles, celles qu’il a adressées à (Abdullah) Ibn Abbas sont dignes d’être gravées dans l’or : « Sache que parfois un homme se réjouit d’avoir obtenu une chose dont il n’allait pas du tout manquer, et se désole d’avoir manqué une chose qu’il n’aurait de toute façon pas pu obtenir. Tu dois te réjouir de ce que tu obtiens en vue de ta prochaine vie, et t’affliger de ce que tu manques à cet égard. Ne te réjouis pas trop de ce que tu obtiens de ce monde, et ne t’afflige pas trop de ce que tu y perds. Tu dois te préoccuper de ce qui se passera après la mort. »

Après avoir lu cette déclaration, Ibn Abbas a dit : « En dehors des déclarations du Prophète (pslf), je n’ai pas tiré plus de profit d’une autre déclaration que celle-ci. » L’étude de ces paroles est suffisante pour toute personne intellectuelle désireuse de s’abstenir de ce monde.

Sixième aspect : Il était le plus grand adorateur parmi les hommes, plutôt le Maître des adorateurs (Sayyidul Abidine) et la lanterne de ceux qui restaient éveillés la nuit pour l’adoration (Misbahul Mutahajjidin). Ses prières dépassaient celles de tous, de même que ses jeûnes, les esclaves d’Allah (S) avaient appris de lui les prières nocturnes (Salatul Layl), l’accomplissement quotidien des prières surérogatoires (Nawafil)[20] et avaient éclairé la bougie de la croyance dans la voie de la Religion à partir de son phare lumineux. Son front lumineux avait développé des callosités en raison des prosternations excessives (Sajdah). Sa persistance à faire des prières surérogatoires (Nawafil) était telle que la nuit de Laylatul Harir[21] à Siffine, un tapis de cuir fut étendu pour lui entre les deux rangs, alors qu’il priait dessus. Des flèches l’ont frôlé de gauche et de droite et sont tombées sur la terre, mais il n’en a jamais été ébranlé et est resté absorbé par ses prières.

On rapporte qu’une fois, une flèche lui transperça la jambe et que les gens voulurent la retirer par une méthode indolore. Ils attendirent qu’il soit absorbé par la prière et l’enlevèrent facilement, car il était tout entier à l’écoute d’Allah (S) et ne s’occupait que de Lui. Il est prouvé qu’il récitait mille unités de prières chaque nuit, alors qu’il tombait parfois inconscient à cause de la peur d’Allah (S).

L’imam Ali ibn al Hussain (Zainul Abidine [p]), qui a reçu les titres de Dul Thafinat[22] et de Zainul Abidine (l’embellissement des adorateurs) en raison de ses adorations et prières excessives, dit : « Qui possède la capacité d’accomplir des adorations semblables à celles d’Ali bin Abi Talib (p) ? »

Septième aspect : L’Emir des croyants (p) était le plus tolérant et le plus indulgent des hommes envers ceux qui le traitaient mal. Cela peut être prouvé par sa façon de traiter ses ennemis tels que Marwan Ibn al Hakam, Abdullah bin Zubayr et Sa’id bin al as, sur lesquels il a remporté la victoire à la bataille de Jamal et qui ont été arrêtés et amenés à lui. L’Imam (p) les a tous relâchés, s’est abstenu de les exposer et n’a pas cherché à se venger d’eux. En outre, lorsqu’il a remporté la victoire sur Aisha (la), il l’a traitée avec compassion et grâce.[23] Les habitants de Basrah ont tiré leurs épées sur lui et ses enfants et ont prononcé des paroles blasphématoires, mais lorsqu’il a pris le dessus sur eux, il a retenu l’épée, leur a donné la sécurité et n’a pas permis que leurs richesses et leurs enfants soient pillés.

Cette vérité peut également être perçue à partir de l’incident de la bataille de Siffin contre Muawiyah (la), lorsque les complices de ce dernier ont pris possession de l’eau (de l’Euphrate) et n’ont pas permis aux compagnons de l’Imam (p) d’en profiter. Plus tard, Imam (p) prit l’eau sous son contrôle et fit reculer l’ennemis dans le désert sans eau. Ses compagnons lui dirent : « Toi aussi, empêche-les de prendre de l’eau, afin qu’ils meurent de soif et qu’il n’y ait plus de querelles ni de disputes. » Il répondit : « Par Allah (S), je ne ferai pas ce qu’ils ont fait, alors que l’épée n’y prête pas attention. » Il leur ordonna alors de se déplacer d’un côté afin que l’armée de Muawiyah (la) puisse également boire de l’eau.[24]

Un grand nombre de savants des Ahlul Sunnah citent dans leurs ouvrages respectifs qu’une personnalité digne de foi a raconté qu’un jour, j’ai vu en rêve Ali bin Abi Talib (p) et je lui ai demandé : « O Emir des croyants (p) ! Lorsque tu as pris le contrôle de La Mecque, tu as fait de la maison d’Abu Sufyan un refuge pour les gens et tu as déclaré que quiconque entrait dans sa maison avait la vie sauve. Tu as favorisé Abu Sufyan dans une telle mesure, alors qu’au lieu de cela, son fils (Yazid [la]) s’est vengé de ton fils Hussain (p) à Karbala, l’a tué et a fait ce qu’il a fait ? » L’Imam (p) répondit : « N’as-tu pas entendu les vers d’Ibnul Sayfi à ce sujet ? » Je répondis par la négative et il poursuivit : « Prends ta réponse auprès de lui. » Lorsque je me suis levé, je me suis précipité chez Ibnul Sayfi, connu sous le nom de Hays wa Bays, et lui racontai mon rêve. En entendant cela, il poussa un cri, pleura abondamment et dit : « Par Allah (S) ! J’ai compilé les versets la nuit même où l’Emir des croyants (p) t’a informé, ils ne sont pas encore sortis de ma bouche et je ne les ai écrits pour personne. » En disant cela, il m’a récité les vers suivants : « Lorsque nous étions les dirigeants, le pardon était notre trait de caractère. Mais lorsque vous êtes devenus les maîtres, les vallées se sont mises à couler de sang. Vous considériez le sang des captifs comme licite et vous les tuiez, tandis que nous, nous pardonnions et excusions les captifs. Les différences entre nous sont une preuve suffisante pour vous, car chaque vase ne déverserait que ce qu’il contient. »

Huitième aspect : Son excellent caractère et sa gaieté. Ce trait de caractère était si apparent chez lui que ses ennemis le considéraient comme un défaut chez lui. Amru bin al As disait : « Ali est très vif. ». Amru citait cela d’Umar ibn Khattab (la), qui s’en servit comme excuse pour l’éloigner du califat, considérant qu’il s’agissait d’un défaut chez lui[25]. Sa’sa bin Sawhan et d’autres ont fait son éloge en disant : « Lorsqu’il était avec nous, il restait comme s’il était l’un des nôtres ; il venait à l’endroit que nous lui indiquions ; il écoutait ce que nous lui disions ; il s’asseyait à l’endroit que nous lui indiquions. Malgré tout cela, nous avions une telle crainte de lui, comme un captif menotté qui craint une personne qui se tient à sa tête avec une épée non dégainée prête à lui trancher la tête. »

On rapporte qu’un jour, Muawiyah (la) a dit à Qays bin Sa’ad : « Qu’Allah (S) accorde Sa miséricorde à Abul Hassan (Imam Ali [p]), qui riait abondamment, avait un tempérament doux et était plein de vie. » Qays dit : « Oui, il était ainsi. Le Messager d’Allah (pslf) était également vif avec ses compagnons et riait. Ô Muawiyah (la) ! Tu sembles apparemment faire son éloge, mais en réalité, tu as l’intention de le vilipender. Par Allah (S) ! Même après sa vivacité et son rire, sa crainte était plus grande que quiconque, et cette crainte était due à la piété qu’il possédait. Elle n’était pas semblable à la crainte que t’inspire les voyous et les débauchés de Shaam. »

Neuvième aspect : L’antériorité de l’Emir des croyants (p), parmi tous les hommes, dans la croyance en Allah (S) et au Messager (pslf). Les Chiites et Ahlul Sunnah reconnaissent cette excellence, tandis que ses ennemis ne peuvent nier ce fait. L’Emir des croyants (p) a lui-même déclaré cette excellence sur la chaire (Mimbar), et personne ne l’a réfutée.

On rapporte de Salman que le Messager d’Allah (pslf) a dit : « Le premier d’entre vous à me rejoindre à la fontaine (de Kawthar) et le premier d’entre vous dans l’Islam est Ali bin Abi Talib (p). » Il a également dit à Fatemah (pse) : « Je t’ai mariée à celui qui est le premier d’entre eux dans l’Islam et le plus savant d’entre eux. »

Anas (bin Malik) rapporte qu’Allah (S) a désigné le Messager (pslf) le lundi et qu’Ali (p) a accepté l’Islam le mardi.

Khuzaymah bin Thabit al Ansari a récité des vers à ce sujet : « Je ne peux même pas imaginer que l’affaire (du califat) soit tenue à l’écart des enfants de Hashim et, qui plus est, d’Abul Hassan (Ali). N’a-t-il pas été le premier à prier en direction de leur Qiblah ? N’était-il pas celui qui connaissait le mieux les enseignements et les coutumes du Prophète (pslf) ? N’était-il pas celui qui était aux côtés du Prophète (pslf) lors de ses derniers instants ? N’est-il pas celui que Jibrail (p) a assisté lors du bain et du linceul du Prophète (pslf) ? »

Sheikh al Moufid rapporte de Yahya bin Afif, que son père lui a dit qu’un jour, j’étais assis en compagnie d’Abbas bin Abdul Muttalib à La Mecque, lorsqu’un jeune est entré dans le Masjid al Haram et a regardé le ciel, alors que c’était l’heure du Zawal. Il s’est ensuite placé face à la Ka’bah et a commencé à prier. Soudain, j’ai vu un enfant qui est venu se placer à sa droite et a commencé à prier. À ce moment-là, une femme est venue se placer derrière eux pour prier. Le jeune homme s’est incliné (Rukuh) et l’enfant et la femme l’ont suivi. Puis il leva la tête de cet état et se prosterna (Sajdah) et tous deux firent de même. J’ai été étonné et j’ai demandé à Abbas : « Leur affaire est importante. » Il répondit : « Oui, alors sais-tu qui ils sont ? Le jeune est Mohammad bin Abdullah bin Abdul Muttalib (pslf), fils de mon frère ; l’enfant est Ali bin Abi Talib (p), fils de mon autre frère ; tandis que la femme est Khadijah bint Khuwaylid (pse). Sache en effet que le fils de mon frère, Mohammad bin Abdullah (pslf), m’a informé qu’il a un Seigneur (S), Créateur des cieux et de la terre. Il lui a ordonné la religion qu’ils suivent maintenant. Par le Seigneur (S) ! Il n’y a personne sur la face de cette terre qui pratique cette religion, à l’exception de ces trois-là.

Dixième aspect : Il était le plus éloquent des hommes, et cet aspect était si évident que même Muawiyah (la) l’a reconnu et a dit : « Par Allah (S), personne n’a ouvert les portes de l’éloquence et de l’aisance aux Quraysh à l’exception d’Ali (p) et personne n’a enseigné les lois de la rhétorique à l’exception de lui. » Les éloquents, en décrivant son discours, disent qu’il était en deçà de la déclaration du Créateur et supérieur à la déclaration de la création.[26] A cet égard, le livre Nahjul Balagah[27] est la preuve la plus puissante, alors que seuls Allah (S) et Son Messager (pslf) connaissaient l’étendue de l’éloquence et la profondeur de la sagesse dans son discours, et personne n’a jamais désiré, ou même pensé, à inventer la similitude de ses sermons ou de ses mots.[28]

Et si certains des savants Ahlul Sunnah refusent d’accepter que le sermon (Khutbah) d’Al Shaqshaqiyyah lui ait appartenu et l’attribuent à Sayyad al Radhi, le compilateur du Nahjul Balagah, ils ont un sens et un but précis (cachés) en cela ; tandis que l’absurdité de leur déclaration n’est pas cachée aux lettrés et aux personnes expérimentées. Les savants ont rapporté avoir trouvé ce sermon dans les livres des prédécesseurs avant la naissance de Sayyad al Radhi.[29] Sheikh al Moufid, dont la naissance a eu lieu vingt-et-un ans avant celle de Sayyad al Radhi, a cité ce sermon dans son livre Al Irshad et dit qu’un groupe de rapporteurs, par différentes chaînes de transmission, rapportent de (Abdullah) Ibn Abbas que l’Emir des croyants (p) a prononcé ce sermon à Rahbah, alors que j’étais également présent à ses côtés. » Ibn Abil Hadid, les éloquents parmi les Arabes et les lettrés sont unanimes pour dire que Sayyad al Radhi ou n’importe qui d’autre, ne possédait pas la capacité de prononcer de telles paroles (éloquentes).

Onzième aspect : Ses merveilleux miracles. La signification du miracle est qu’un acte merveilleux, qui dépasse la capacité des humains, se manifeste entre les mains de quelqu’un, alors que d’autres personnes sont incapables de faire quelque chose de semblable. Mais il n’est pas nécessaire que les miracles se manifestent continuellement de la part de leur possesseur ou que chaque fois que quelqu’un le regarde, ses miracles se manifestent également de sa part. Au contraire, si le possesseur de miracles défie quelqu’un, ou si un tiers lui demande un miracle, il l’accepte et manifeste quelque chose de surnaturel. Mais dans le cas de l’Emir des croyants (p), de nombreux miracles se sont continuellement manifestés en sa personne, alors que ses amis et ses ennemis les voyaient et qu’aucun ne pouvait les refuser, et ils sont si nombreux qu’il est impossible de les citer ici.

Parmi elles, sa vaillance extraordinaire et ses prouesses physiques, tandis que, selon l’avis de ses amis et ennemis, il était un assaillant valeureux (Karrar), et non pas quelqu’un qui s’échappait lâchement (Gayr Farrar) et prédominait (Galib) sur tous les dominants. Ce fait est attesté et observé dans ses batailles telles que Badr et Uhud, les batailles de Basrah (Jamal), Siffine et d’autres. La nuit d’Al Harir (à Siffine), il passa au fil de l’épée plus de cinq cents personnes, ou neuf cents selon un récit, et prononça Allahu Akbar (Allah (S) est le plus grand) à chaque coup. On sait également que le coup de son épée pénétrait dans les armures de fer et les casques d’acier, tandis que son épée traversait le fer et l’acier et tuait un homme. Est-ce que quelqu’un d’autre peut faire cela ou même penser à le faire ? Il ne souhaitait pas révéler des actes surnaturels lors de ces batailles, mais cette vaillance et cette force faisaient partie de son être naturel.

Ibn Shahr ashub relate de nombreux incidents relatifs à la force physique de l’Imam (p), comme le fait d’avoir arraché le lange dans son enfance[30], d’avoir tué un serpent de ses mains en lui serrant le cou alors qu’il était couché dans son berceau et que sa mère l’avait appelé Haydarah (un lion mâle)[31].

Parmi ses autres miracles, citons la marque de ses doigts sur un pilier à Kufa ; l’empreinte de sa paume à Tikrit, Musul, etc. ; l’entaille de son épée sur un rocher de la montagne de Thawr à Makkah, l’entaille de sa lance sur l’une des montagnes de Badiyyah (à Shaam) ; l’entaille de sa lance sur une pierre près du fort de Khaybar ; etc.

L’un des exemples les plus célèbres de sa force physique est celui où il a plié le manche d’un moulin à main nue et l’a attaché comme un collier au cou de Khalid bin Walid.[32] Il a pressé le cou de Khalid entre son majeur et son index de telle sorte qu’il a failli mourir. Il a poussé de grands cris et souillé ses vêtements.[33]

Il a soulevé un gros rocher de l’embouchure d’un ruisseau, alors qu’il se rendait à Siffine, et l’a jeté à plusieurs coudées de distance, de sorte que plus tard un groupe de personnes ne put le soulever.[34]

L’incident du déracinement de la porte du fort de Khaybar et de la mort de Marhab est assez connu pour être cité ici, même si nous l’avons souligné dans le chapitre traitant de la vie du Messager d’Allah (pslf).

Ibn Shahr ashub affirme, essentiellement, que parmi les merveilles et les miracles de l’Emir des croyants (p), il y a le fait que durant les nombreuses années où il est resté à l’écoute du Messager d’Allah (pslf) et qu’il s’est battu continuellement, de même qu’à l’époque de son califat, lorsqu’il a combattu

les Nakithin, les Qasitin et les Mariqin[35], il n’a jamais pris la fuite et ne s’est jamais vu infliger de blessure grave. Il n’a jamais combattu un adversaire, si ce n’est qu’il a remporté la victoire sur lui et aucun adversaire ne lui a échappé. Il n’a jamais combattu sous aucun étendard, si ce n’est qu’il soumettait et disgraciait les ennemis, il ne craignait jamais le grand nombre de l’armée et se jetait continuellement sur eux. On rapporte que lors de la bataille de Khandaq, alors qu’il affrontait Amr bin Abd Wudd, il sauta de quarante coudées (au sommet de la tranchée), alors que cela est paranormal. Deuxièmement, il a coupé les jambes de Amr, alors que celui-ci portait des vêtements épais et des armes. Il a coupé en deux le corps de Marhab, le Juif, depuis le sommet de sa tête jusqu’à ses pieds, alors que tout son corps était recouvert de fer et d’acier.

Deuxièmement, son éloquence et sa lucidité, au sujet desquelles les éloquents arabes et les savants de la littérature sont unanimes, sont audessus de la parole des créations et au-dessous de la parole du Créateur (S), et nous avons déjà exposé ce sujet.

Ensuite, sa connaissance et sa sagesse, dont l’étendue ne peut être perçue par personne d’autre qu’Allah (S) et Son Messager (pslf), tandis que personne ne peut l’interpréter. Et nous avons déjà cité quelques exemples auparavant. Par conséquent, celui qui atteint de tels sommets en matière de connaissance et de sagesse, sans avoir étudié auprès d’un savant ou d’un professeur, alors qu’aucune autre créature ne désire jamais atteindre ce statut, est en soi un miracle manifeste.

Sa générosité et la munificence étaient telles que tout ce qui parvenait à ses mains, il le distribuait comme une aumône. Puis il jeûna sans interruption pendant trois jours, en compagnie de Fatemah (pse) et de Hassan (p) et Hussain (p) , et donna leur nourriture à l’orphelin, à l’indigent et au prisonnier. De même qu’il donna son précieux anneau en état de prosternation (Rukuh).[36] Alors qu’Allah (S) révéla la Suratul Dahr et le verset suivant pour lui et ses Ahlulbayt (p) : « Et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier, (disant): « C’est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons: nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » [76:8-9]. Il a affranchi mille esclaves avec le revenu de son argent difficilement gagné et travaillé, comme cela a été relaté plus haut.

Sa dévotion et son abstinence sont incomparables, de l’avis unanime des savants. Tout au long de sa vie, il s’est contenté de pain d’orge, ne désirant rien d’autre dans le plat que du sel et du vinaigre. Malgré cette nourriture ordinaire, il possédait une telle force physique. Nous avons cité cela plus haut, et ce n’est rien d’autre qu’un miracle, puisqu’il dépasse les limites de l’humain. De même, son pardon, sa connaissance et sa miséricorde, sa véhémence et son indignation, son honneur et son humilité, tout cela a été exprimé comme « une collection d’opposés » et « une composition de morceaux », tout en étant parmi ses habitudes paranormales et ses excellences honorables.

Ainsi, Sayyad al Radhi souligne ce fait dans la préface du Nahjul Balagah et déclare : « Parmi les merveilleuses qualités d’Ali (p), qui lui appartiennent exclusivement et que personne ne partage avec lui, il y a le fait que lorsqu’on réfléchit à ses discours sur l’abstinence (Zuhd) et à ses exhortations sur la conscience spirituelle, on oublie totalement, pendant un moment, que l’auteur de ces paroles était une personne du plus haut calibre social et politique, qui régnait sur de vastes régions à son époque, et que sa parole était un ordre pour tous. » Même pour un instant, l’idée ne vient pas à l’esprit du lecteur que l’auteur de ces paroles aurait pu être enclin à autre chose que la piété et la solitude, autre chose que la dévotion et l’adoration, ayant choisi un coin tranquille de sa maison ou une grotte dans une vallée de montagne où il n’entendait d’autre voix que la sienne et ne connaissait personne d’autre que lui-même, étant totalement oublieux du monde et de son agitation.

Il est incroyable que ces sublimes discours sur l’ascétisme, le détachement et l’abstinence et ces exhortations spirituelles viennent de quelqu’un qui a percé les rangs de l’ennemi et s’est battu au cœur même de ses forces, une épée à la main, prête à trancher les têtes ennemies, et qui a jeté plus d’un puissant guerrier à bas de son destrier, le faisant rouler dans le sang et la poussière. Le sang coule du tranchant de son épée et pourtant il est le plus pieux des saints et le plus dévoué des sages. »

Tout cela fait partie de ses excellences merveilleuses et de ses spécialités gracieuses qui ont été rassemblées dans ses attributs antithétiques.

Safi al Hilli dit de manière appropriée : « Ta personnalité a embrassé des traits opposés, c’est pourquoi il n’y a pas de semblables à toi. Tu es absent mais souverain, une personne tolérante mais courageuse, un guerrier mais fervent adorateur, pauvre mais généreux. Ces traits (opposés) n’ont jamais été réunis en une seule personne et les serviteurs d’Allah (S) ne peuvent pas les posséder. Une conduite si bonne que même l’air frais et subtil en est honteux, mais une telle vaillance que les pierres en fondent. »

En résumé, l’Imam Ali (p) était le plus supérieur en ce qui concerne tous les attributs parmi toutes les créations, à l’exception de son cousin paternel (pslf). Par conséquent, son existence bénie englobe toutes les possibilités de la création et constitue le plus grand miracle, et il n’y a pas de place pour le refus de quiconque. Que mes parents soient sacrifiés sur toi, Ô le Grand Signe d’Allah (S)[37] et le Naba’ul Azim ![38].

Les miracles qui se sont parfois manifestés à travers lui sont assez nombreux et ne peuvent être limités ou calculés, alors que ce malheureux (auteur) les citera brièvement ici afin qu’ils puissent servir de référence aux chercheurs. 

Une forme de miracles de l’Emir des croyants (p) concerne la soumission des animaux et des Djinns, parmi lesquels : – L’incident du lion et de Juwayrah bin Mus-hir

  • Sa discussion avec un serpent sur la chaire (Mimbar) de Masjid al Kufa1 – Sa discussion avec les oiseaux, un loup et un poisson
  • Les salutations des poissons de l’Euphrate en tant que Commandeur des croyants
  • Un corbeau prend sa chaussure et s’envole, tandis qu’un serpent s’en échappe[39]
  • L’incident d’un homme d’Adarbayjan et de son chameau têtu[40]

1 Un jour, L’Emir des croyants (p) était assis sur la chaire de la Mosquée d’al Kufa et prononçait un sermon (Khutba). Soudain, un python apparut près de la chaire et grimpa vers lui. Voyant cela, les gens furent effrayés et voulurent l’éloigner, quand l’Imam (p) leur fit signe de rester à leur place. Le python s’approcha d’Ali (p) qui tourna la tête vers lui. Il approcha sa bouche des oreilles de l’Imam (p) et siffla, tandis que l’Imam (p) remuait les lèvres et écoutait attentivement. Puis le python descendit et disparut de vue comme si la terre l’avait avalé, tandis que les gens restaient silencieux et étonnés. L’Emir des croyants (p) poursuivit son sermon et, après l’avoir terminé, descendit de la chaire. Les gens s’approchèrent de lui et s’enquirent du python et il répondit : « C’était un chef parmi les chefs des Djinns et il doutait dans une affaire particulière, il est donc venu à moi afin de s’informer, et je lui ai expliqué l’affaire. Il a prié et est reparti. [Auteur]. Aujourd’hui encore, la porte par laquelle le python est entré dans Masjid al Kufa est présente et porte le nom de Bab al Thu’ban (la porte du python). [traducteur].

  • Un incident où un homme juif perd sa richesse et est amené à lui par le Djinn[41]
  • La demande de l’allégeance (Bay’ah) au génie dans la vallée d’Al Atiq ; etc.

Une autre forme de ses miracles est associé aux objets inanimés et aux plantes, comme le soleil qui revient après s’être couché pour lui du vivant du Messager d’Allah (pslf) et même après sa mort [du Prophète (pslf)] à Babil (en Iraq), alors que certains savants ont même écrit des livres sur ce sujet et lui ont attribué de nombreux incidents lorsque le soleil est revenu[42]. Le soleil lui a parlé à de nombreuses occasions ; le tremblement de terre s’est arrêté sur son ordre, alors que cette occasion a eu lieu durant le règne d’Abu Bakr (la) lorsque Madina a été frappée par un tremblement de terre qui ne s’est pas arrêtée jusqu’à ce que l’Imam (p) lui ait ordonné ; les pierres parlent sur ses mains bénies ; il a atteint Mada’in en un clin d’œil pour accomplir les rites funéraires de Salman ; il expédie Abu Hurayrah, en un clin d’œil, chez lui, alors qu’il se plaignait de son impatience de revoir sa famille et ses enfants ; etc.

De même l’incident du tapis, lorsqu’il y fit asseoir un groupe de ses compagnons et les fit voler jusqu’à la grotte des Ashab Kahf (les compagnons de la grotte) et les salua, mais ils ne répondirent à personne d’autre qu’à lui et lui adressèrent même la parole ; un morceau de terre se transforma en or pour un endetté[43] ; il ordonna à un mur de ne pas s’écrouler, alors qu’il était sur le point de le faire, alors qu’il était assis sous son ombre ; le fer d’une armure fondit dans ses mains comme le rapporte Khalid bin Walid qui dit : « Je l’ai vu réparer les anneaux de son armure à mains nues et il m’a dit : Ô Khalid ! Allah (S) a ramolli le fer dans les mains de Dawud (p) par notre intermédiaire et nos bénédictions. »[44] De même, les palmiers de Madina ont témoigné de ses excellences et ceux de son cousin et frère, le Messager d’Allah (pslf). Le Prophète (pslf) lui dit : « Ô Ali (p) ! Nomme les palmiers de Madina Al Sayahani (ceux qui crient), car ils ont révélé mon excellence et la tienne ». Ses autres miracles étant, le poirier devenu mûr ; un arc transformé en serpent ; tandis qu’il y a de nombreux autres qui ne peuvent pas être comptés ; également les arbres et les pierres l’ont salué au Yémen et l’eau de l’Euphrate (Furat) réduite par son ordre lors d’une inondation ; etc.

Ses prochains miracles se rapportent à la guérison des malades et à la réanimation des morts. Parmi les exemples de ce type, citons la fixation du bras amputé de Hisham bin Adiyy al Hamdani, qui avait été coupé lors de la bataille de Siffine ; la fixation de la main d’un homme noir, dont le bras avait été coupé sur son ordre lorsqu’il avait volé ; sa discussion avec les crânes à Babil alors qu’il était déjà en décomposition et plus tard un Masjid a été érigé à cet endroit, et aujourd’hui cette mosquée situé près du Masjid Raddul Shams (retour du soleil) dans la région de Hillah (en Iraq) est renommé (j’ai également souligné ces deux mosquée : Masjid Raddul Shams et Masjid Jumjumah[45] dans nos livres Tahiyyatul Za’ir et Hadiyyatul Za’ir. De même, il a ramené à la vie Sam bin (Nabi) Nuh, ainsi que les Ashab Kahf (compagnons de la grotte), comme indiqué dans l’incident du tapis.

Il est rapporté de l’Imam Mohammad al Baqir (p) qu’une fois le Messager d’Allah (pslf) tomba malade. L’Emir des croyants (p) rencontra un groupe d’Ansar dans le Masjid et leur demanda : « Vous liez-vous d’amitié pour vous rendre auprès du Messager d’Allah (pslf) ? » Ils répondirent par l’affirmative et il les amena à la porte de sa maison et leur demanda la permission d’y entrer. Lorsqu’ils y entrèrent, il s’assit à la tête du Messager d’Allah (pslf) et plaça sa main sur sa poitrine bénie et dit : « Ô fièvre ! Sors du corps du Messager d’Allah (pslf) ». Immédiatement, sa fièvre tomba, il se redressa et dit : « Ô fils d’Abu Talib ! » Allah (S) t’a doté de qualités si excellentes que (même) la fièvre recule devant toi ».

Tandis que Maqsurah al Abadi (Sufyan bin Mus’ab) a dit à juste titre : « Celui qui a retiré la fièvre au pur (Prophète). Celui pour qui le soleil est revenu après s’être couché. Celui qui a traversé l’eau avec son armée et n’a eu peur ni de l’humidité ni de la mouillure ».

Ibn Shahr ashub rapporte d’Abdul Wahid bin Zayd qu’une fois j’étais occupé à circumambuler (Tawaf) autour de la Ka’bah, j’ai entendu une jeune fille demander (à Allah) par l’intercession de l’Emir des croyants (p) concernant la santé de sa sœur en ces termes : « Non ! Je jure par le droit de celui qui a été choisi pour être le successeur du Prophète (pslf), celui qui gouverne avec droiture, celui qui est juste dans ses jugements, celui qui est élevé dans ses preuves, et l’époux de Fatemah, celui dont le Seigneur (S) est satisfait ». J’étais étonné de voir comment une jeune fille d’un aussi jeune âge pouvait faire l’éloge de l’Emir des croyants (p) en ces termes. Je suis allé la voir et lui ai demandé : « Reconnais-tu l’Emir des croyants (p) au point de te souvenir de lui avec une telle glorification ? » Elle répondit : « Comment pourrais-je ne pas reconnaître celui pour la défense duquel mon père est tombé en martyr lors de la bataille de Siffine ? Après que nous soyons devenus orphelins, un jour il est venu à notre maison et a dit à ma mère : « Comment vas-tu, Ô mère des orphelins ? » Ma mère lui répondit que nous allions bien. Puis elle nous amena, moi et ma sœur, qui est ici présente, auprès de lui, alors que j’avais perdu la vue à cause de la variole. Lorsqu’il me vit, il soupira et prononça ces vers : « Je ne me suis jamais lamenté et ne me suis jamais affligé pour personne comme je le suis pour les enfants qui perdent leur père, qui s’occuperait de leurs difficultés en voyage et à la maison, dans leur enfance ». Puis il a posé sa main bénie sur mon visage et voici que ma vue est revenue grâce aux bénédictions de sa main miraculeuse, de sorte que je peux maintenant voir un chameau qui court de loin, même dans l’obscurité de la nuit ».

Ensuite, il y a des miracles de l’Emir des croyants (p) liés à la punition et à la perdition d’un groupe qui portait l’hostilité et l’inimitié envers lui. Exemples : un homme qui l’a tourmenté s’est fait écrasé sous les sabots d’un chameau ; la cécité d’Abu Abdullah, le traditionniste, qui a refusé d’accepter son éminence ; un orateur de Dimashq qui s’est transformé en chien ; une autre personne transformé en porc ; le noircissement du visage d’un homme ; une vache qui a émergé du bord de la mer ; le meurtre d’un orateur qui l’a maltraité à Wasit (en Iraq) ; l’étranglement du cou en rêve d’une personne qui l’a maltraité ; l’urine d’un autre homme qui l’a maltraité s’est transformé en goudron ; ainsi que la mort en rêve d’un groupe de personnes, comme Ahmad bin Hamdun al Musuli, qui ont proféré des obscénités à son égard ; l’égorgement d’un voisin de Mohammad bin Ubbad al Basrawi ; et un groupe de personnes qui ont goûté au Châtiment Divin dans ce monde à cause de leurs abus envers lui. Un homme qui l’a démenti est devenu aveugle ; ainsi que le châtiment de Harith bin Nu’man al Fihri1 qui s’est montré arrogant en acceptant l’autorité de l’Imam (p) et a fait preuve d’un sévère dédain. Cet indigent (l’auteur) a fait référence à cet incident d’Al Tha’labi et d’autres savants des Ahlul Sunnah dans le livre Faydhul Qadir. J’ai également réfuté les objections d’Ibn Taymiyyah al Harrani sur cet honorable Hadith et renvoyé ses préjugés à la poussière dispersée dans l’air.

D’autres types de miracles ont eu lieu après sa mort, y compris ceux qui se sont manifestés à travers sa tombe sacrée. D’autres encore incluent ses informations concernant l’invisible (gayb), que nous citerons ci-dessous, par la volonté d’Allah (S).

1 Al Tha’labi rapporte que Sufyan bin Ayniyyah fut interrogé sur l’interprétation des paroles d’Allah (S) : « Un demandeur a réclamé un châtiment inéluctable, pour les mécréants, que nul ne pourrait repousser » [70:1-2]. Il a répondu que tu m’as posé une question que personne avant toi n’avait posée. Mon père m’a informé de l’Imam Ja’far al Sadiq (p), qui a rapporté de son père (p), que lorsque le Messager d’Allah (pslf) atteignit Gadir Khumm, il appela les gens. Lorsque tous les gens se rassemblèrent, il prit la main d’Ali bin Abi Talib (p) et dit : « Celui dont je suis le Maître, cet Ali (p) en est le Maître ». Cette nouvelle se répandit largement dans les villes et lorsque Harith bin Nu’man al Fihri l’apprit, il monta sur son chameau et vint jusqu’à la présence du Messager d’Allah (pslf) à Abtah. Il descendit de son chameau, l’attacha derrière lui et vint à lui, alors qu’il était assis au milieu de ses compagnons. Il dit alors : « Ô Mohammad (pslf) ! Tu nous as ordonné de témoigner de l’unité d’Allah (Tawhid) et de ta Prophétie, nous l’avons accepté de toi ; tu nous as ordonné de prier cinq fois, nous avons accepté ; tu nous as ordonné de nous acquitter de la Zakah, nous l’avons fait ; tu nous as ordonné d’accomplir le pèlerinage du Hajj, nous y avons consenti. N’étais-tu pas satisfaits et heureux de tout cela jusqu’à ce que tu soulèves les deux bras de ton cousin paternel et que tu l’exhales sur nous en disant : celui dont je suis le maître, Ali (p) en est le maître ? Cet ordre vient-il de toi-même ou d’Allah (S) ? » Le Messager d’Allah (pslf) répondit : « Je jure par Allah (S) en dehors de Qui il n’y a pas d’autre Déité, que cet ordre de la supériorité d’Ali (p) sur toi vient d’Allah (S) ». Entendant cela, Harith retourna à son chameau en disant : « Ô Allah (S) ! Si ce que dit Mohammad (pslf) est la vérité, alors fais pleuvoir sur nous la pierre des cieux ou engloutis-nous dans un sévère châtiment ». Il n’avait pas encore atteint sa monture, lorsqu’Allah (S) envoya une pierre, qui entra par le sommet de sa tête et ressortit par l’autre extrémité, le tuant. Allah (S) révéla alors le verset ci-dessus. Plusieurs savants des Ahlul Sunnah ont cité cet incident dans les livres, tandis qu’Al Jikani le cite également de Hudayfah bin al Yaman. Dans cet incident, Abtah ne désigne pas Abtah à Makkah, mais une vallée étendue contenant de minuscules cailloux et, par conséquent, Abtah à Makkah est appelé Batha et Abtah, non pas en raison d’informations individuelles, alors que les grammairiens ont expliqué ce sens. Par ailleurs, les savants et poètes arabes ont utilisé Abtah dans l’application générale du mot (et non un lieu de Makkah). Les vers d’Ibnul Sayfi cités dans le huitième aspect (ci-dessus) en sont la preuve. Par conséquent, l’objection d’Ibn Taymiyyah et toutes ses autres superstitions pour réfuter ce récit, à savoir que Suratul Maarij a été révélé à Makkah, n’a aucun fondement. La réponse à cela est la répétition de sa révélation, comme les savants Ahlul Sunnah le citent en divers endroits. Jalaluddin al Suyuti écrit dans son Al Itqan fi Ulumil Qur’an que « Un groupe de savants anciens et contemporains a expliqué que de nombreux versets (ayat) du Qur’an ont été révélés à plusieurs reprises ». Il poursuit en citant de nombreux exemples d’Ibnul Hissan selon lesquels de nombreux chapitres (Surah) et versets (ayah) du Qur’an ont été répétés. Quant à l’inférence d’Ibn Taymiyyah réfutant le châtiment des Harith, à travers le verset suivant du Qur’an : « Allah n’est point tel qu’Il les châtie, alors que tu es au milieu d’eux. » [8:33], il ne s’agit pas ici d’une négation absolue du châtiment, mais Allah (S) dit dans le verset suivant : « Qu’ont-ils donc pour qu’Allah ne les châtie pas » [8:34]. Fakhruddin al Razi dit dans son interprétation que « le sens est qu’Allah (S) les punira lorsque le Messager (pslf) s’éloignera d’eux, puis ils seront engloutis dans le châtiment ». D’autres disent que ce châtiment leur a été promis le jour de la bataille de Badr ou de la victoire de Makkah. Plus de détails et de réponses au livre d’Ibn

Taymiyyah Minhajul Sunnah sont cités dans notre livre Faydhul Qadir. [Auteur]

En résumé, les miracles de l’Emir des croyants sont tellement évidents et apparents, que personne ne trouve l’occasion de les rejeter. Ô Abal Hassan (p) ! Ô Emir des croyants (p) ! Que mes parents te soient sacrifiés ! Tu es celui dont les ennemis s’efforçaient constamment d’éteindre la flamme de l’excellence, tandis que tes amis ne possédaient pas le courage de réciter tes excellentes qualités, et devaient dissimuler tes excellences par peur et dissimulation. Malgré tout cela, tes miracles et tes excellences ont prévalu sur les hommes, au point d’engloutir l’Est et l’Ouest de l’univers entier, tandis que tes amis et tes ennemis étaient contraints et fascinés de relater tes louanges et tes vertus. Vers : « Les gens ont témoigné de sa grandeur au point que même ses ennemis l’ont fait. En effet, la grandeur est ce dont les ennemis témoignent aussi. »

Ibn Shahr ashub rapporte qu’une fois, une femme nomade a été vue à Masjid al Kufa et a dit : « Ô celui qui est renommé dans les cieux, renommé sur la terre, renommé dans ce monde et renommé dans l’au-delà. Les dirigeants injustes et tyranniques de l’époque se sont chargés d’éteindre ta lumière, mais Allah (S) ne l’a pas voulu et Il l’a augmentée (ta lumière) ». Les gens lui demandèrent à qui elle faisait référence dans ces paroles et elle répondit : « l’Emir des croyants (p) », en disant cela, elle disparut de vue.

Il est rapporté dans de nombreuses sources d’Al Sha’bi : « J’ai continuellement entendu les orateurs de Bani Umayyah maudire l’Emir des croyants (p) sur les chaires et dire du mal de lui. Pourtant, c’est comme si quelqu’un prenait la main de ce dernier et l’élevait dans les cieux et révélait son éminence et son statut élevé. Nous les avons également entendus (Bani Umayyah) faire continuellement l’éloge de leurs ancêtres et de leurs prédécesseurs, mais c’est comme s’ils avaient déposé un cadavre devant les gens, c’est-à-dire que plus ils faisaient l’éloge de leurs prédécesseurs et révélaient leur bonté, plus leur mal et leur pourriture se manifestaient. Il s’agit là d’un phénomène extraordinaire et d’un miracle apparent. Sinon, dans de telles circonstances, les vertus de l’Imam (p) ne devraient pas être révélées et sa lumière serait éteinte. Au lieu de ses qualités, ce sont ses défauts qui se répandraient, sans que ses qualités et ses vertus remplissent l’Est et l’Ouest de l’univers, tandis que ses amis et ses ennemis des groupes d’hommes seraient obligés de faire son éloge. Ils veulent éteindre de leurs bouches la lumière d’Allah, alors qu’Allah parachèvera Sa lumière en dépit de l’aversion des mécréants [61:8] ».

De même, son abondante descendance et ses enfants. Les dirigeants injustes, hostiles et oppressifs de l’époque ont eu l’audace de les détruire de leurs racines et d’effacer leur nom et leurs signes. C’est ainsi qu’un grand nombre de ses descendants ont été mis à mort et ont subi des sévices divers. Ils tuèrent certains d’entre eux à l’aide d’épées, d’autres par la faim et la soif. Un grand nombre d’entre eux furent enterrés vivants dans les piliers, les murs et sous les édifices, et furent sévèrement punis et détenus dans des prisons.[46] Certains de ceux qui avaient échappé à leurs griffes émigrèrent et s’enfuirent de leur patrie, craignant pour leur vie, et se dispersèrent dans des endroits reculés et sauvages, loin des villages et des habitations. Les gens se sont également éloignés d’eux par crainte pour leur vie ou pour se rapprocher des tyrans de leur époque. Même dans de telles circonstances, toutes les louanges sont à Allah (S), ils existent en si grand nombre dans tous les lieux, toutes les villes et tous les villages, tous les rassemblements et toutes les congrégations, qu’il est impossible de les calculer. Ils sont plus nombreux que les descendants de tous les Prophètes (p), les Amis d’Allah (S), les justes, et que l’ensemble des gens. Cela aussi est extraordinaire et un miracle apparent.

Douzième aspect : Ses connaissances concernant l’invisible (gayb) et ces évènements sont si nombreux qu’ils ne peuvent être dénombrés, alors que ce dégradé (l’auteur) se contente d’en citer quelques-uns ci-dessous. Il a informé à plusieurs reprises que « Abdul Rahman Ibn Muljim (la) fendra la cime de ma tête avec son épée et teindra ma barbe de mon sang ». Il a annoncé le martyre d’Imam al Hassan (p) par empoisonnement et a également annoncé à plusieurs reprises le martyre de son fils Imam al Hussain (p). Lors de son passage dans les plaines de Karbala, il indiqua le lieu du martyre des compagnons (d’Imam al Hussain), l’endroit où se trouveront les (tentes des) femmes et l’endroit où se trouveront les chameaux. Il a également révélé à Hussain bin Azib qu’il serait témoin de l’époque du martyre d’Imam al Hussain (p) mais qu’il s’abstiendrait de l’aider. Il a également évoqué les règnes de Hajjaj bin Yusuf al Thaqafi et de Yusuf bin Amr, ainsi que les effusions de sang de leurs mains.

Parmi les autres prédictions, citons la révolte des Khawarij à Nahrawan, leur incapacité à passer le ruisseau et leur mort ; la mort de Dul Thadiyyah1, le chef des Khawarij ; la fin d’un groupe de ses (p) compagnons et la manière dont ils seraient martyrisés, tel que le sectionnement des bras et des jambes de Juwayrah bin Musahhir et de Rushayd al Hajari et leur pendaison sur des gibets ; la façon dont Mitham al Tammar serait tué et sa pendaison à la potence fabriquée avec le bois d’un dattier qu’il avait montré, près de la maison d’Amru bin Hurays ; le martyre de Qambar, Kumayl bin Ziyad, Hujr bin Adi, etc. Sa prédiction selon laquelle Khalid bin Artafah ne serait pas tué et qu’il serait à la tête d’une armée d’égaré[47] ; sa confrontation avec les Nakithin, Qasitin et Mariqin[48].

Il révéla les intentions de Talhah et de Zubayr lorsqu’ils dirent qu’ils avaient l’intention de se rendre à Makkah pour accomplir le petit pèlerinage (Umrah), mais qu’en réalité, ils avaient l’intention de rompre son allégeance et de se préparer à se battre avec lui. Il informa ses compagnons qu’ils

1 Il s’appelait Harqus bin Zuhayr al Bajali, l’un des chefs des Khawarij, qui fut tué lors de la bataille de Nahrawan par un éclair venu du ciel, ainsi il n’était pas nécessaire de le tuer par l’épée. Le Saint Prophète (pslf) avait prédit la façon dont il mourrait. Par conséquent, après l’anéantissement des Kharijis à Nahrawan, l’Imam Ali (p) se lança à sa poursuite mais ne trouva son corps nulle part. Entre-temps, une personne aperçut quarante à cinquante corps dans une fosse sur la rive du canal de Nahrawan. Lorsqu’ils furent sortis [pour être identifiés], le corps de Dul Thadiyyah fut trouvé parmi eux. Il fut appelé Dul Thadiyyah en raison d’une masse de chair sur son épaule, qui ressemblait à un petit sein, Thadiyyah signifiant sein. Lorsque l’Imam Ali (p) vit le corps de l’homme, il dit : « Allah (S) est le plus grand ! Je n’ai pas dit de mensonge et on ne m’a pas dit de mensonge ». (Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah » ; Al Tabari, « Tarikh al Rusul wal Muluk » ; Ibn Athir al Jazari, « Al Kamil fil Tarikh » ; etc.) [traducteur].

rencontreraient désormais Talhah et Zubayr avec une immense armée. Il informa de la mort de Salman à Mada’in, ainsi que du règne des Bani Umayyah et des Bani ‘Abbas. Il a également révélé des descriptions et des caractéristiques renommées, telles que la clémence de Saffah, l’effusion de sang de Mansur, l’immensité de l’empire d’Al Rashid (Harun [la]), la connaissance de Ma’mun, l’abondante tromperie et l’obstination de Mutawakkil et son assassinat par son fils (Muntasir), les épreuves et les difficultés excessives auxquelles Mu’tamad devrait faire face en raison de son combat contre Sahib Zanj[49] ; les faveurs de Mu’tadhid envers les Alawis ; le meurtre de Muqtadir et la prise du califat par ses trois fils Radhi, Muttaqi et Muti’ ; etc, qui ne sont pas cachés aux historiens et biographes.

Toutes ces prédictions se retrouvent dans le sermon suivant du Prophète (pslf), lorsqu’il dit : « Malheur à cette communauté entre les mains des hommes de l’arbre maudit (Bani Umayyah), concernant lesquels ton Seigneur (S) a mentionné (dans le Qur’an).[50] Le premier d’entre eux est le plus prospère[51] et le dernier d’entre eux est un fugitif[52].

Après eux, le règne de la communauté passera aux mains d’un groupe d’hommes (Bani Abbas), dont le premier est le plus gracieux d’entre eux[53], le

deuxième le plus sanguinaire1, le cinquième est un bélier (chef)2 , le septième le plus savant (d’entre eux)3 , le dixième est le plus grand infidèle et sera tué par celui qui est le plus proche de lui[54], le quinzième est celui qui est le plus exercé et celui qui a le moins de joie[55], leur seizième est un homme qui accomplit les promesses et considère les liens du sang[56], c’est comme si je voyais leur dix-huitième se frotter les pieds dans son propre sang après avoir été tué par sa propre armée.[57] Trois hommes (fils) lui succéderont, dont la vie sera celle des égarés.[58]

Leur vingt-deuxième sera un vieillard dont le règne sera long et se déroulera en harmonie avec les sujets[59]. le royaume sera arraché à leur vingt-sixième,

  • Abu Ja’far al Mansur, qui a fait couler le plus de sang, commis le plus d’atrocités et tué le plus de gens par tromperie et perfidie. Il était un ennemi acharné des Ahlulbayt (p) et tua nombre d’entre eux ainsi que leurs familles de la manière la plus cruelle. Il possédait un palais nommé Hamra, et chaque fois qu’il s’y asseyait, il déclarait que c’était un jour de massacre et de décapitation. [traducteur]
  • Harun al Abbasi (la), dont le règne a été solidement ancré et a duré vingt-trois ans et quelques mois. [traducteur]
  • Abdullah bin Harun (la), connu sous le nom d’Al Mamun (la). Il aimait le savoir et l’apprentissage, et avait une bonne connaissance de la philosophie et de l’astronomie. Il organisait des réunions au cours desquelles il invitait des personnes de différentes religions et écoles de pensée à débattre et à discuter. [traducteur]

tandis qu’un insensé et un bavard sera son compagnon. Mais c’est comme si je le voyais tué sur le pont de Zawra (à Bagdad).[60] Voilà, pour ce que tes deux mains ont préparé (ici-bas) ! Cependant, Allah n’est point injuste envers Ses serviteurs. [22:10] »

L’Imam Ali (p) a également prédit l’apparition de séditions à Kufa et le meurtre ou l’engloutissement dans de graves calamités des chefs de l’oppression, qui ont établi les standards de l’oppression et de l’injustice à Kufa. C’est ainsi qu’il dit : « O Kufa ! C’est comme si je te voyais être tirés comme le cuir tanné d’Ukaz[61] sur le marché. Les calamités t’accablent, les troubles t’assaillent. Je sais que si un tyran te veut du mal, Allah (S) l’affligera d’inquiétudes et le frappera d’un tueur (il mettra quelqu’un sur lui pour le tuer). » Cette prédiction de l’Imam Ali (p) s’est avérée exacte lorsque des personnes telles que Ziyad bin Abih, Yusuf bin Amru et Hajjaj (bin Yusuf) al Thaqafi, qui ont répandu la corruption et l’oppression à Kufa, ont été englouties dans des calamités, tuées et assassinées de la pire manière, et ceci a été cité à l’endroit approprié.

Il a également informé les gens que Muawiyah (la) les obligerait à le maltraiter ; il révéla à (Abdullah) Ibn Abbas à Di Qar qu’une armée arriverait de Kufa au nombre de mille hommes, ni plus ni moins, pour lui prêter serment d’allégeance (Bay’ah)[62] ; les événements qui se produiront sur le peuple de Basrah ; concernant les Sahib Zanj dans les paroles adressées à Ahnaf bin Qays, qui seront citées dans la section traitant des enfants de l’Imam Ali Zainul Abidine (p) ; l’émergence de l’armée de Hulaku (Khan) et sa sédition ; dans son sermon prononcé à Basrah lors de la bataille de Jamal, il a évoqué le meurtre des habitants de Basrah par les Zanj ; sa prédiction concernant Dajjal et les événements survenant dans le monde. Il a également informé de la submersion de Basrah (sous l’eau) et a dit : « Par Allah ! Votre ville sera certainement noyée au point que je vois son Masjid comme la partie supérieure d’un bateau ou une autruche assise (ou, dans une autre version de sa déclaration) comme la poitrine d’un oiseau dans la mer profonde. »

Il a également prédit la fondation de la ville de Bagdad et la fin d’Abdullah bin Zubayr, en ces termes : « Déçu soit le jeune, qui désire accomplir des choses qu’il n’accomplira pas ; il considère la religion comme du bétail pour ses désirs mondains ; et il sera crucifié par les Quraysh. »1

Sa prédiction concernant la révolte des Sadat des Bani Hashim, tels que Nasir, Al Da’i, etc. Lorsqu’il dit : « En vérité, pour la descendance de Mohammad (p) se trouve un trésor à Talqan, qu’Allah (S) fera surgir quand Il le voudra, ils se lèveront par la volonté d’Allah (S) et inviteront à la Religion d’Allah (S).

Ses paroles concernant le meurtre de Nafssul Zakiyyah Mohammad bin Abdullah al Mahadh à Ahjar al Zayt dans Madina :  « Il sera tué près de Ahjar

1 Abdullah était le fils de Zubayr bin al Awwam et sa mère était Asma, fille d’Abu Bakr (la) et sœur d’Aisha (la). Il était l’un des ennemis les plus acharnés de l’Imam Ali (p) et de ses Ahlulbayt (p) et n’épargnait aucun effort pour les vilipender et les opprimer. Son aversion était telle qu’il a pu changer l’opinion de son père, Zubayr, pour la bataille contre Imam Ali (p) à Jamal, bien que ce dernier était le fils de la tante de son père. C’est pourquoi l’Imam Ali (p) a dit à son sujet : « Zubayr est resté un homme de notre maison jusqu’à ce que son misérable fils Abdullah vienne au monde. » (Nahjul Balagah ; Ibn ‘Abdul Birr, « Al Isti’ab » ; Ibn Athir al Jazari, « Asadul Gabah » ; Ibn Asakir, « Tarikh Dimashq » ; Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah »). 

Il fut l’un des instigateurs de la bataille de Jamal. Ainsi, Ibn Abil Hadid écrit : « C’est Abdullah qui a poussé Zubayr à combattre (dans la bataille de Jamal), et qui a fait en sorte que la marche vers

Basrah paraisse attrayante à Aisha (la) ». (Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah »). Aisha (la) aimait beaucoup son neveu Abdullah. Pour elle, il était comme l’enfant unique d’une mère, et personne à l’époque ne l’aimait plus que lui. (Abul Faraj al Isfahani, « Al Agani » ; Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah » ; Ibn Kathir al Dimashqi, « Al Siratul Nabawiyyah »). 

Hisham bin Urwah rapporte : « Je ne l’ai jamais entendue (Aisha [la]) prier pour quelqu’un autant qu’elle le ferait pour lui (Abdullah). Elle a donné dix mille dirhams (en cadeau) à celui qui l’a informée qu’Abdullah n’avait pas été tué (par Malik al Ashtar lors de la bataille de Jamal), et s’est prosternée devant Allah en remerciement pour sa sécurité. » (Ibn’Asakir, « Tarikh Dimashq » ; Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah »).

C’est la raison de l’autorité d’Abdullah sur elle et de son contrôle total sur ses affaires. C’est lui qui la dirigeait et la guidait dans la direction qu’il souhaitait. Cependant, la haine d’Abdullah envers les Bani Hashim avait atteint un tel stade que, selon les narrations d’un groupe d’historiens, pendant son règne (à Makkah), il n’a pas envoyé de bénédictions sur le Messager d’Allah (pslf) dans son sermon de la prière du vendredi (Khutbah) pendant quarante vendredis. Il disait : « Rien ne m’empêche de mentionner le nom du Prophète (pslf), sauf qu’il y a certains hommes (les Bani Hashim) qui deviennent orgueilleux (lorsque son nom est mentionné) ».

Dans une autre narration, il a dit : « Rien ne m’empêche de mentionner le nom du Prophète (pslf), si ce n’est que le Prophète (pslf) a une mauvaise famille qui secoue la tête à la mention de son nom ». (Abul Faraj al Isfahani, « Maqatilul Talibiyin » ; Al Mas’udi, « Murawwajul Dahab » ; Al Ya’qubi, « Al Tarikh » ; Ibn Abd Rabbuh al Andalusi, « Al ‘Iqdul Farid » ; Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah »). Il établit son califat autoproclamé à Makkah et n’hésita pas à mettre en péril la Ka’bah sur sa propre vie lors du siège de Yazid (la). Il a finalement été tué par Abdul Malik bin Marwan, sa tête lui a été envoyée à Shaam et son corps a été crucifié durant un an à Makkah.

C’est ce que l’Imam Ali (p) avait prédit concernant sa fin funeste. [traducteur]

al Zayt. » Il en est de même pour le martyre de son frère Ibrahim à Ba Khamra, un lieu situé entre Wasit et Kufa : « Il sera tué à Ba Khamra après s’être levé, et maîtrisé après avoir maîtrisé ». Il a également dit à propos de ce dernier : « Une flèche sera tirée sur lui, dont le tireur ne sera pas connu ; elle le tuera, la perdition atteindra son tireur, que ses mains perfides et ses épaules s’affaiblissent. » Il a également parlé du martyre des gens de Fakhkh[63], du règne des Alawis dans le Magrib (Maroc) et des souverains de la Ismailiyah en ces termes : « Alors émergera la personne de Qayrawan[64] », « Parmi les descendants de Dil Bada et de Musajji bil Rida[65]. » De même, ses paroles concernant l’émergence des dirigeants d’Al Buwayh : « De Daylaman émergeront des fils de pêcheurs qui atteindront le bateau des dirigeants. Leurs affaires atteindront des sommets tels qu’ils conquerront Zawra (Bagdad) et banniront les souverains. » Quelqu’un lui demanda : « O Emir des croyants (p) ! Combien d’années gouverneront-ils ? » Il répondit : « Cent ans ou plus ou moins. »

Il a prédit concernant les dirigeants des Bani Abbas et a appelé Ali bin Abdullah bin Abbas, le grand-père des Abbassi : Abal Muluk (père des rois). Durant la bataille de Siffine, de nombreuses lettres et correspondances ont été échangées entre Imam (p) et Muawiyah (la). Dans l’une de ces lettres, Imam (p) l’informa de nombreux événements futurs et écriva en conclusion : « Le Messager d’Allah (pslf) m’a informé que, très bientôt, les poils de ma barbe seront teints par le sang de ma tête et j’atteindrai le martyre. Après ma mort, tu prendras en main les rênes de la nation et tu tueras mon fils Hassan (p) par traîtrise et tromperie au moyen d’un poison imprégné. Après toi, ton fils Yazid (la), avec l’aide du fils d’un illégitime (Ubaydullah) Ibn Ziyad (la), martyrisera mon fils Hussain (p). Ensuite, sept personnes de la descendance d’Abdul As (la) et de Marwan bin Hakam (la) et cinq de sa descendance (Marwan) prendront les rênes, comptabilisant le nombre de douze.[66] Ainsi, le Messager d’Allah (pslf) a été informé en rêve et les a vus, sous la forme de singes, sauter sur sa chaire (Mimbar) et ils éloigneront la nation de la Shariah. Par la suite, un groupe dont le symbole sera des étendards et des drapeaux noirs (Bani Abbas), leur arrachera le califat et le règne. Et lorsqu’ils mettront la main sur l’un d’entre eux (Bani Umayyah), celui-ci sera tué et massacré dans une complète humiliation et abjection. »

Par la suite, l’Imam (p) a prédit de nombreux événements futurs tels que le Dajjal, l’émergence de l’Imam al Mahdi (ajtfs), et dans sa conclusion, il a écrit : « Certes, je sais que cette lettre ne te sera d’aucune utilité et que tu n’en tireras aucun plaisir, si ce n’est que tu seras heureux que je t’informe de ton règne et de celui de ton fils. La raison pour laquelle je t’adresse cette lettre est que, tout en l’écrivant, j’ai conseillé à mon scribe d’en faire des copies, afin que mes Chiites et mes compagnons puissent en tirer profit, ou que toute personne près de toi puisse la lire et se détourner de l’égarement pour revenir sur le chemin de la guidance. Ainsi cette lettre est l’achèvement de ma preuve envers toi. »

Nous (l’auteur) disons que chacune de ces prédictions sera expliquée dans ce livre béni et son complément (Tatimmah)[67] à l’endroit approprié, si Allah (S) le veut.

Treizième aspect : Il concerne l’accomplissement des prières de l’Imam Ali (p). Comme le prouvent de nombreuses sources fiables, il a proféré la folie à Busr bin Artah et Allah (S) l’a exaucé. Son imprécation à l’égard d’un homme qui l’espionnait et transmettait ses rapports à Muawiyah (la), qui devint finalement aveugle. Il invoqua la malédiction Divine sur Talhah et Zubayr, qui seront tués dans l’humiliation et l’aversion la plus totale. Zubayr a été tué par Amru bin Jurmuz d’un coup d’épée, alors qu’il était endormi, puis enterré. Quant à Talhah, Marwan bin Hakam lui décocha une flèche qui ouvrit une veine au centre de son bras. Il resta allongé dans le désert brûlant, tandis que le sang s’écoulait continuellement de son corps jusqu’à ce qu’il meure. Talhah lui-même a dit : « Personne parmi les Quraysh n’a gaspillé un sang comme moi. »

Il est prouvé, d’après les sources Ahlul Sunnah, que l’Emir des croyants (p) a demandé à un groupe de compagnons (du Messager d’Allah) de témoigner sur le Hadith d’al Ghadir, alors que tous ont juré que le Messager d’Allah (pslf) a prononcé à Ghadir Khumm : « celui dont je suis le maître, Ali est aussi son maître », quelques-uns qui l’ont dissimulé. L’Imam (p) les maudit et ils furent engloutis dans le châtiment à cause de ses prières. En fin de compte, certains devinrent aveugles, tandis que d’autres se virent infliger la lèpre, goûtant ainsi au Châtiment Divin dans le monde, comme Anas bin Malik[68], Zayd bin Arqam[69], Abdul Rahman bin Madlaj et Yazid bin Wadiah. Ceci a été cité dans les livres des Ahlul Sunnah tels que Asadul Gabah d’Ibn Athir al Jazari, Tarikh d’Ibn Kathir, Insanul Uyun d’Ali bin Ibrahim al Halabi, Manaqib d’Ibnul Magazili, Shawahidul Nubuwwah d’Abdul Rahman Jami, Ansabul Ashraf d’Al Baladuri, Hilyatul Awliya d’Abu Nu’aym al Isfahani, etc. J’ai également traité de ces questions dans mon livre Faydhul Qadir et réduit à néant l’affirmation d’Ibn Ruzbahan selon laquelle ce récit (Ghadir) fait partie des versions (fabriquées) par les Rawafidh[70].

Quatorzième aspect : Sa qualité distinguée d’assistance et d’aide au Messager d’Allah (pslf), comme l’a proclamé Allah (S) : « Si vous vous repentez à Allah c’est que vos cœurs ont fléchi. Mais si vous vous soutenez l’une l’autre contre le Prophète, alors ses alliés seront Allah, Jibrail (Gabriel) et les vertueux d’entre les croyants, et les Anges sont par surcroît [son] soutien. » [66:4] Le mot « Maula » signifie ici une aide ou un protecteur, tandis que les exégètes reconnaissent unanimement que « Salihul Muminin » (le plus vertueux) se réfère à l’Emir des croyants Ali (p).[71] En outre, il se distingue également par ses relations fraternelles avec le Messager d’Allah (pslf), en plaçant ses pieds sur les épaules bénies de ce dernier pour briser les idoles, en tant que porteur du Hadith al Tayr[72], Hadith al Manzilah, Hadith al Rayah, Hadith al Ghadir, etc[73].

En conclusion, l’Emir des croyants (p) a surpassé tous les autres en ce qui concerne les perfections intellectuelles, physiques et extérieures. Ses qualités intellectuelles telles que la connaissance, la patience, l’ascétisme, la vaillance, la magnanimité, l’excellence du caractère, la modestie, etc, atteignaient de tels summums que personne ne pouvait même en acquérir le dixième. Ses ennemis reconnaissaient ces perfections et aucun ne pouvait les refuser. La vaillance et l’altruisme de son père atteignirent de tels sommets qu’il dormit (sans crainte) sur le lit du Messager d’Allah (pslf) et accepta les épées non dégainées des infidèles des Quraysh sur lui-même au lieu de lui[74]. Une telle virilité et une telle prouesse se sont manifestées à travers lui lors de la bataille d’Uhud, lorsqu’une voix a été entendue depuis les hauts cieux : « Il n’y a pas de jeune (valeureux) autre qu’Ali et pas d’épée (efficace) autre que Zulfikar. »

En ce qui concerne les perfections physiques de l’Emir des croyants (p), tout le monde sait qu’il était sans égal ; sa force et sa puissance étaient un mot d’ordre dans l’univers et personne ne possédait une force comparable à la sienne. Il est unanimement reconnu qu’il a miraculeusement arraché la porte de Khaybar à main nue et que, plus tard, un groupe n’a même pas pu la déplacer ; de même, il a facilement soulevé un gros rocher de l’embouchure d’un ruisseau que l’armée n’a pas pu déplacer. Sa vaillance a effacé les noms des valeureux qui l’ont précédé et n’a pas épargné les noms de ceux qui l’ont suivi. Son attitude résolue dans les batailles est bien connue, tandis que ses batailles elles-mêmes sont célèbres et rappelées jusqu’au jour de la Qiyamah. C’était un homme valeureux qui ne fuyait jamais et ne craignait aucune armée, tandis qu’aucun adversaire ne pouvait lui échapper, sauf s’il acceptait la foi. Il ne portait jamais un coup qui en nécessitait un second, et s’il tuait un valeureux, sa communauté s’enorgueillissait qu’il ait été tué par l’Emir des croyants (p). C’est pourquoi nous trouvons la sœur d’Amr bin Abd Wudd récitant des élégies pour son frère, dont le contenu est le suivant : « Si l’assassin d’Amr avait été une autre personne, j’aurais pleuré pour lui jusqu’à la fin des temps ; cependant, son assassin est quelqu’un qui n’a aucun défaut et dont le père était tenu en haute estime dans sa communauté. » Quiconque avait l’occasion de se tenir devant lui (p) (au combat) en était toujours fier et se vantait de sa bravoure. Les rois infidèles ont sculpté son image dans leurs lieux de culte, tandis qu’un groupe de souverains turcs et d’Al Buwayh ont inscrit son image sur leurs épées en guise d’auspice et de bénédiction pour remporter la victoire et se défendre contre les ennemis et l’ont conservée avec eux. Bien qu’il n’ait été nourri que de simple pain d’orge, sa vaillance et sa force étaient si grandes. Il mangeait le moins possible, sa nourriture et ses vêtements étaient les plus frustes de tous, et il restait toujours en état de jeûne, de veilles nocturnes (en prières) et d’adoration.

En ce qui concerne ses perfections extérieures, il s’agit de sa lignée honorable, alors que son père Abu Talib était le maître de Bathah, le chef de Quraysh et le dirigeant de Makkah. Il (Abu Talib) a pris en charge la protection du Messager d’Allah (pslf) depuis son enfance jusqu’à sa jeunesse. Il le protégea des polythéistes et des infidèles, et le Prophète (pslf) n’eut aucun besoin d’émigrer et de vivre une vie d’expatrié jusqu’à sa mort. Lorsqu’Abu Talib mourut, il se retrouva seul et sans soutien et fut contraint d’émigrer de Makkah à Madina. La mère de l’Emir des croyants (p) était Fatemah bint Asad bin Hashim, que le Prophète (pslf) enveloppa de sa propre chemise en guise de linceul. Son cousin paternel n’était autre que le Maître des premiers et des derniers, Mohammad bin Abdullah (pslf), le Sceau des Prophètes (p). Son frère était Ja’far al Tayyar, le possesseur de deux ailes (au Paradis), et son oncle paternel Hamza, le chef des martyrs.

En résumé, ses pères (ancêtres) étaient les aïeuls du Messager d’Allah (pslf), et ses mères (aïeules), les siennes. Alors que sa chair et son sang étaient liés à la chair et au sang du Messager d’Allah (pslf), et que la lumière de son esprit était unie et liée à la lumière du Messager d’Allah (pslf) avant la création d’Adam (p), jusqu’à ce qu’elle atteigne les reins d’Abdul Muttalib et qu’elle se sépare ensuite, l’une dans les reins d’Abdullah et l’autre dans les reins d’Abu Talib ; finalement, tous deux ont obtenu la maîtrise de l’univers, le premier étant un Avertisseur (Mundir) et le second un Guide (Had).[75]

Une autre de ses perfections extérieures est son affinité avec le Messager d’Allah (pslf), qui a marié sa fille Fatemah (pse) à Ali (p), alors qu’elle était la plus élevée parmi les filles du Messager (pslf) et la maîtresse des femmes des mondes. Le Messager d’Allah (pslf) s’est lié d’amitié avec elle (pse) à tel point qu’il l’a accueillie avec humilité, s’est levé de sa place (pour la saluer), l’a embrassée et l’a sentie.[76] Cet amour du Messager d’Allah (pslf) envers Fatemah (pse) n’était pas dû au fait qu’elle était sa fille, mais plutôt à l’abondance de son honneur et à ce qu’elle représente aux yeux d’Allah (S). Quelqu’un a dit à juste titre : « Ces amours sont différentes des amours ; l’amour de la personne aimée d’Allah (S) est en fait l’amour d’Allah (S) ». Le Prophète (pslf) a proclamé à plusieurs reprises que « Fatemah (pse) est une partie de moi, son mal est mon mal, son plaisir mon plaisir et son déplaisir mon déplaisir. »

Aussi, parmi ses perfections extérieures figure l’exemplarité de sa descendance, alors qu’aucun autre que lui n’a obtenu cette excellence qu’est la noblesse des enfants. Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p), ses deux fils, étaient tous deux des Imams et les chefs des jeunes du Paradis, tandis que l’amour du Messager d’Allah (pslf) pour eux deux (p) était tel qu’il n’est inconnu de personne. Ses autres enfants sont Abul Fadhl al Abbas (p), Mohammad (Ibn Hanafiyyah), Zaynab (pse), Umm Kulthum (pse) et d’autres, dont la noblesse et la position élevée ne peuvent être exprimées par des mots. L’Imam al Hassan (p) et l’Imam al Hussain (p) ont tous deux eu la chance d’avoir des enfants qui ont atteint le sommet de l’honneur.

En ce qui concerne Imam al Hassan (p), parmi ses enfants figurent Qasim ; Abdullah ; Hassan al Muthanna ; Hassan al Muthallath ; Abdullah al Mahadh ; Mohammad Nafsul Zakiyyah ; Ibrahim, celui qui a été tué à Ba Khamra ; Ali al Abid ; Hussain bin Ali bin Hassan, celui qui a été tué à Fakhkh ; Idris bin Abdullah, Abdul Azim al Hassani ; les Sadat d’Al Bathani, Al Shajari, Gulistanah et Al Tawus ; Ismail bin Ibrahim bin Hassan bin Hassan bin Ali, appelé Al Tabataba ; etc. Et nous les désignerons dans le chapitre relatif aux enfants de l’Imam al Hassan (p).

Les descendants de l’Imam al Hussain (p) sont les éminents Aïmmah (p), à savoir Imam Ali Zainul Abidine (p), Imam Mohammad al Baqir (p), Imam Ja’far al Sadiq (p), Imam Moussa al Kazim (p), Imam Ali Al Ridha (p), Imam Mohammad al Jawad (p), Imam Ali al Hadi (p), Imam Hassan al Askari (p) et Imam al Mahdi (ajtfs). Louange à Allah (S), qui nous a inclus parmi les partisans de l’Autorité de l’Emir des croyants (p) et des Aïmmah (p).

« Les bienfaits qu’Allah (S) m’a accordés ont largement dépassé mes espérances, et mes paroles et mes actions n’ont pas été en mesure de les atteindre. Cependant, la plus noble et la plus grande générosité d’Allah (S) sur moi est mon amour et mon acceptation de l’Autorité du Commandeur des fidèles Ali (p). »

En guise de conclusion, nous (l’Éminent Auteur) aimerions citer quelques lignes des versets compilés par le défunt et pardonné, résident du Paradis, le parfait érudit, l’éminente personnalité, auteur de livres clairs, Mohammad Tahir al Qummi, qui repose dans le cimetière de Shaykhane Qum, près du mausolée de Zakariyya bin Adam. Il a compilé ce verset à la louange de l’Emir des croyants (p), appelé Munissul Abrar, dans lequel il a souligné à de nombreuses personnes ses excellences, et il est approprié que nous citions certaines lignes de ce livre béni comme des bénédictions et que nous concluions le chapitre avec elle.[77]

Concernant le martyr de l’Emir des croyants (p)

Il est renommé parmi les savants Chiites que le dix-neuf du mois béni de Ramadhan, à l’approche du lever du soleil, l’Imam Ali (p) a été frappé par l’épée du plus misérable de la nation, (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la). Au tiers de la nuit du vingt et unième jour du même mois, son âme sacrée s’en alla au paradis, alors qu’il était âgé de soixante-trois ans. Il avait dix ans lorsque le Messager d’Allah (pslf) déclara sa Prophétie et il crut en lui. Après la déclaration (Bi’that), il accompagna le Prophète (pslf) durant treize ans à Makkah et dix ans à Madina après sa migration (Hijrah) là-bas. Par la suite, il fut englouti dans le chagrin de la mort du Messager d’Allah (pslf). Il resta ensuite en vie pendant trente ans, deux ans et quatre mois sous le règne d’Abu Bakr (la), onze ans sous le règne d’Umar (la) et douze ans sous le règne de Uthman (la). Son califat apparent a duré environ cinq ans, dont la majeure partie a été consacrée aux batailles et aux conflits avec les hypocrites. Après la mort du Messager d’Allah (pslf), il resta constamment opprimé et le déclara à plusieurs reprises. Il avait le cœur lourd en raison de l’extrême désobéissance et de l’hypocrisie des gens et demandait la mort à Allah (S).[78] Il a informé de son martyre des mains de (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la) à plusieurs reprises et disait parfois : « Qu’est-ce qui empêche le plus avili de la nation de teindre ma barbe avec le sang de ma tête ? »[79]

Au cours du mois de Ramadhan où il fut martyrisé, il informa ses compagnons du haut de la chaire (Mimbar) en disant : « Cette année, vous partirez pour le pèlerinage du Hajj, alors que je ne serai pas parmi vous. » En ce mois de Ramadhan, il rompait son jeûne un jour chez l’Imam al Hassan (p) ; un jour chez l’Imam al Hussain (p) et un jour chez Zaynab (pse), sa fille, qui était mariée à Abdullah bin Ja’far. Mais il ne prenait pas plus de trois bouchées de nourriture et lorsqu’on l’interrogea, il répondit : « L’ordre (ma mort) d’Allah (S) s’est rapproché. Je désire rencontrer Allah (S) avec mon estomac vide de nourriture. »

Certains rapportent qu’un jour, il regarda son fils Imam al Hassan (p) depuis la chaire et lui demanda : « Ô Aba Mohammad, combien de jours s’est-il écoulé en ce mois de Ramadhan ? » Il répondit que treize jours s’étaient déjà écoulés. Puis il se tourna vers Imam al Hussain (p) et lui demanda : « Ô Aba Abdillah (p) ! Combien de jours reste-t-il de ce mois de Ramadhan ? » Il répondit qu’il restait dix-sept jours. Entendant cela, il posa sa main sur sa barbe bénie, devenue blanche, et dit : « Par Allah (S) ! Le plus misérable de la nation la teindra (ma barbe) du sang (de ma tête). » Puis il récita ces versets : « Je désire sa vie tandis qu’il cherche ma mort. Que quelqu’un apporte une excuse à votre ami de la tribu de Murad. »

Un groupe d’éminents savants cite, à propos de son martyre, qu’un groupe de Khawarij, dont Abdul Rahman bin Muljim (la), s’est réuni à Makkah après la bataille de Nahrawan. Ils se réunissaient quotidiennement et pleuraient ceux qui avaient été tués à Nahrawan. Un jour, au cours d’une discussion, ils dirent : « Ali (p) et Muawiyah (la) ont tous deux troublé la nation ; si nous les tuons tous les deux, nous sauverons la nation de leur mal. » Une personne du clan des Bani Ashja leva la tête et dit : « Par Allah (S) ! » Amr bin al As n’est pas inférieur à eux, il est plutôt l’origine de la corruption et la racine de la sédition. » Finalement, ils se sont mis d’accord pour les tuer tous les trois. (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la) prit sur lui de tuer Imam Ali (p) ; tandis que Hajjaj bin Abdullah renommé Burk, accepta de tuer Muawiyah (la) et Amr bin Bakr al Tamimi, renommé Dadwiyyah, prit la responsabilité de mettre à mort Amr bin al As. Après avoir prêté serment, ils décidèrent entre eux qu’ils devaient être tués tous les trois le même jour et à la même heure. Ils décidèrent donc d’accomplir cette tâche le dix-neuvième jour du mois de Ramadhan, durant les prières du matin, lorsqu’ils seraient tous les trois présents dans la mosquée.

Ils ont fait leurs adieux, Burk (Hajjaj bin Abdullah) est parti pour Shaam, Amr bin Bakr est parti pour l’Égypte et Ibn Muljim (la) pour Kufa. Tous trois empoisonnèrent leurs épées, dissimulèrent leurs intentions et attendirent le jour fixé jusqu’à ce que la nuit du dix-neuvième jour de Ramadhan arrive.

Le matin du dix-neuf, Hajjaj (Burk) entra dans la mosquée avec son épée empoisonnée et se plaça derrière Muawiyah (la), avec d’autres. Lorsque Muawiyah (la) s’inclina (Rukuh) ou se prosterna (Sajdah), il dégaina son épée et frappa sa cuisse. Muawiyah (la) poussa un cri et tomba dans la niche de prière (Mihrab), tandis que les gens se rassemblaient et arrêtaient Burk. Ils emmenèrent Muawiyah (la) dans son palais et firent venir un médecin compétent. Lorsqu’il vit la blessure, le médecin dit : « Cette blessure a été infligée par une épée empoisonnée, alors que la veine de la virilité a été blessée. Si tu veux en guérir et que ta descendance ne soit pas coupée, nous devrons brûler la plaie avec du fer rouge et la traiter ensuite. Mais si l’interruption de ta descendance ne t’importe pas, nous pourrons te traiter par des antidotes. » En entendant cela, Muawiyah (la) dit : « Je n’ai pas la force de porter le fer chaud[80], alors que mes deux fils, Yazid (la) et Abdullah, me suffisent. » Il fut donc traité avec des médicaments liquides jusqu’à ce qu’il soit guéri, mais il devint impuissant. Lorsqu’il se rétablit, il ordonna qu’on lui aménage un placard dans le Masjid et qu’on nomme des patrouilles pour le surveiller.

Bukr (Hajjaj) lui fut amené et il ordonna de lui couper la tête. Il s’écria : « Ô sécurité ! Ô bonne nouvelle ! Muawiyah (la) lui demanda : « Et quelle est la bonne nouvelle ? » Il répondit : « Mon compagnon est parti tuer Ali, alors emprisonne-moi jusqu’à ce que la nouvelle te parvienne. Puis, s’il réussit à tuer Ali, fais de moi ce que tu veux ; s’il n’y parvient pas, relâche-moi jusqu’à ce que je parte tuer Ali. Je jure que je reviendrai après avoir accompli cette tâche, et tu pourras alors faire de moi ce que tu souhaites. » Selon un récit, Muawiyah (la) ordonna de l’emprisonner jusqu’à ce que la nouvelle du martyre de l’Imam Ali (p) lui parvienne, puis il le libéra en guise de remerciement.[81]

Quant à Amr bin Bakr, il entra en Égypte et attendit jusqu’au dix-neuvième jour du mois de Ramadhan. Il entra dans la mosquée avec une épée empoisonnée et attendit Amr bin al As. Par chance, Amr bin al As souffrait de coliques cette nuit-là et ne pouvait pas venir. Il envoya à sa place Kharijah bin Abi Habibah, le chef de la justice égyptienne. Kharijah se leva pour diriger les prières et Amr supposa qu’il était Amr bin al As, il dégaina son épée et frappa le misérable Kharijah. Ce dernier roula dans son sang et Amr bin Bakr tenta de s’enfuir, mais les gens l’arrêtèrent et l’amenèrent à Amr bin al As. Amr ordonna qu’on le mette à mort lorsqu’il se mit à pleurer et à se lamenter. Ils lui demandèrent : « Pourquoi pleurer ainsi à l’heure de la mort ? Ne savais-tu pas que le châtiment de ce crime est la mort ? » Il répondit : « Non, par Allah (S) ! Je ne pleure pas par peur de la mort. Je pleure plutôt de n’avoir pas réussi à tuer Amr, alors que je suis affligé que Burk et Ibn Muljim (la) aient atteint leurs objectifs et mis Ali (p) et Muawiyah (la) au fil de l’épée. » Amr ordonna de le décapiter et, le lendemain, il se rendit à la rencontre de Kharijah. Il lui restait encore un peu de vie lorsqu’il se tourna vers Amr et dit : « Ô Aba Abdillah ! Cet homme ne désirait rien d’autre que ta mort. » Amr répondit : « Mais Allah (S) a désiré (la mort de) Kharijah. »

En ce qui concerne Abdul Rahman bin Muljim (la), il entra à Kufa avec l’intention de tuer l’Emir des croyants (p) et prit résidence dans la région de Bani Kindah, où résidaient les chefs des Khawarij, mais ne leur révéla pas ses intentions, de peur qu’elles ne circulent autour de lui. Durant ces jours où il attendait de tuer l’Emir des croyants (p), il alla un jour à la rencontre d’un de ses compagnons et y rencontra Qatam bint Akhdhar al Taymiyyah (la). Elle était extrêmement belle et possédait de jolis cheveux ; son père et son frère, qui faisaient également partie des Khawarij, avaient été tués par l’Emir des croyants (p) lors de la bataille de Nahrawan et elle éprouvait donc une extrême hostilité à l’égard de l’Imam Ali (p). Dès qu’il aperçut son extrême beauté, il tomba amoureux d’elle et la demanda en mariage. Qatam (la) lui demanda : « Quelle sera ta dot ? » Il répondit que c’était ce qu’elle souhaitait. Elle dit : « Ma dot sera de trois mille dirhams, une esclave, un esclave et la mort d’Ali bin Abi Talib (p). » Entendant cela, Ibn Muljim (la) répondit : « Tout cela est possible sauf le meurtre d’Ali (p), car comment puis-je accomplir cela ? » Qatam (la) répondit : « Lorsque tu trouveras Ali (p) absorbé dans une tâche quelconque et inconscient de ta présence, frappe-le de ton épée et tuele par la ruse. Si tu le tues, tu apaiseras mon cœur et tu te réjouiras de ta vie avec moi. Mais si tu meurs, tu obtiendras dans l’au-delà ce qui est mieux que ce que tu as reçu dans ce monde en ce qui concerne les meilleures récompenses. »

Entendant cela, Ibn Muljim (la) conclut qu’elle partageait également sa croyance et dit donc : « Par Allah (S) ! Je ne suis venue dans cette ville qu’avec cette intention. » Qatam (la) dit : « Je vais envoyer un groupe de personnes de mon clan pour t’aider dans cette tâche. » Elle envoya quelqu’un appeler Wardan bin Mujallid, qui appartenait à son propre clan, pour aider Ibn Muljim (la). Ibn Muljim (la), qui était déterminé à accomplir cette tâche, rencontra un jour Shabib bin Bajrah, qui faisait également partie des Khawarij et appartenait au clan des Bani Ashja, et lui dit : « Ô Shabib ! Es-tu capable d’accomplir une tâche dans laquelle réside l’honneur de ce monde et de l’audelà ? » Il lui demanda de quoi il s’agissait et lui répondit : « Aide-moi à tuer Ali. » Entendant cela, Shabib dit : « Ô fils de Muljim ! Que ta mère te pleure ! Tu as effrayé mes pensées. Comment ce désir peut-il s’accomplir ? » Ibn Muljim (la) répondit : « Ne crains rien et ne perds pas espoir. Nous nous mettrons en embuscade dans la mosquée et nous l’attaquerons durant les prières du matin. Nous achèverons sa mission avec nos épées, nous apaiserons nos cœurs et nous vengerons notre sang. » Ils discutèrent ensemble jusqu’à ce qu’il réussisse à renforcer le cœur de Shabib et à en faire son complice. Il l’emmena chez Qatam, qui s’était installée dans le Masjid, tandis qu’un dôme et une tente y avaient été érigés pour elle, alors qu’elle se trouvait en Ehtikaf[82].

Ibn Muljim (la) l’informa de l’accord passé entre Shabib et lui et elle lui dit : « Lorsque tu as l’intention de le tuer, viens me voir ici. » Finalement, les deux maudits sortirent de la mosquée et les jours passèrent jusqu’à ce que le jeudi de la nuit du dix-neuvième Ramadhan, approche. Ibn Muljim (la), accompagné de Shabib (la) et de Wardan (la), vint rencontrer Qatam (la) au Masjid. Elle demanda une étoffe de soie, la noua solidement sur leurs poitrines et leur tendit des épées empoisonnées jusqu’à ce qu’ils l’attachent. Elle leur dit ensuite : « Saisissez l’occasion comme de vrais hommes et quand vous aurez une chance, ne la laissez pas s’échapper. »

Les trois maudits la quittèrent et s’assirent à la porte par laquelle l’Emir des croyants (p) entrait dans la mosquée, l’attendant. Ces jours-là, alors qu’ils avaient l’intention de mettre leurs idées en pratique, ils rencontrèrent Ash’ath bin Qays (la) et l’informèrent de leurs intentions. Lui aussi accepta de les aider et vint les voir la nuit du dix-neuvième du mois de Ramadhan pour tenir sa promesse. Hujr bin Adi, qui faisait partie des notables Chiites, passait la nuit dans la mosquée lorsqu’il entendit Ash’ath dire : « O fils de Muljim ! Hâtetoi d’accomplir ton œuvre et de la mener à bien, de peur que le jour ne se lève et que tu n’aies à en rougir. » Hujr comprit leurs intentions et dit à Ash’ath : « Ô borgne ! Avez-vous l’intention de tuer Ali (p) ? » En disant cela, il courut immédiatement vers la demeure de l’Emir des croyants (p) pour l’informer, mais comme prévu, l’Imam (p) était déjà parti pour la mosquée par l’autre chemin. Lorsque Hujr se rendit chez lui (p) et revint, ils avaient accompli leur tâche, et lorsqu’il atteignit la mosquée, il entendit des gens parler du Martyre de l’Emir des croyants (p).

Nous allons maintenant relater les circonstances qui ont conduit à son martyre cette nuit-là. Umm Kulthum (pse) raconte que la dix-neuvième nuit du mois de Ramadhan, mon père (p) entra dans la maison et resta absorbé par les prières. Je lui apportai un plateau composé de deux pains d’orge, d’un bol de lait et de sel en poudre pour qu’il rompe son jeûne. Il acheva ses prières et lorsque son regard tomba sur le plateau, il pleura et dit : « Ô ma fille ! Tu as apporté deux plats pour moi dans un plateau ? Ne sais-tu pas que j’imite l’exemple de mon frère et cousin, le Messager d’Allah (pslf) ? Ô fille ! Celui dont la nourriture et l’habillement sont meilleurs en ce monde, il devra se tenir longuement au Qiyamah face à Allah (S). Ô ma fille ! Il y a une responsabilité dans le licite de ce monde et un châtiment dans l’illicite. » Puis il raconta quelques qualités d’ascèse du Messager d’Allah (pslf) et dit : « Par Allah (S) ! Je ne romprai pas mon jeûne tant que tu n’auras pas pris l’un de ces deux plats. » J’ai donc enlevé le bol de lait[83] et il mangea du pain d’orge avec du sel, puis il loua et glorifia Allah (S). Ensuite, il se leva et se mit à faire des prières, s’inclinant et se prosternant constamment, pleurant et suppliant l’audience du Créateur (S).

On raconte également que durant cette nuit, l’Emir des croyants (p) sortait constamment de sa maison et y entrait. Il regarda les cieux, fut troublé et pleura. Il récita la Sourate Yasin et dit : « Ô Seigneur (S) ! Accorde-moi l’abondance dans la mort. » Il récita abondamment : « En vérité, nous sommes à Allah (S) et en vérité, c’est à Lui que nous retournerons » et aussi « Et il n’y a de puissance et de pouvoir qu’auprès d’Allah, le Très-Haut, le Très-Grand. » Il a également envoyé d’abondantes bénédictions sur Mohammad (pslf) et sa progéniture (p) et a demandé pardon à Allah (S).

Ibn Shahr Ashub et d’autres rapportent, qu’au cours de cette nuit, l’Emir des croyants (p) est resté éveillé toute la nuit et n’est pas sorti de sa maison pour réciter les « Prières nocturnes » comme à son habitude.

Umm Kulthum (pse) lui demanda : « Ô père ! Pourquoi cette veille et cette agitation ce soir ? » L’Imam (p) répondit : « Je serai martyrisé à l’aube de cette nuit. » Elle dit : « Alors dites à Ju’dah bin Hubayrah[84] de se rendre au Masjid et de diriger les prières des gens. » L’Imam (p) lui ordonna de le faire et dit immédiatement : « On ne peut pas fuir le destin d’Allah (S) », en disant cela, il partit lui-même pour le Masjid.

On rapporte que l’Emir des croyants (p) resta éveillé cette nuit-là et sortit fréquemment, regarda les cieux et dit : « Par Allah (S) ! Je ne dis pas de mensonge et on ne m’a pas dit de mensonge. C’est la nuit durant laquelle on m’a promis le martyre. » Puis il retourna à sa résidence. À l’heure des prières de l’aube, son invocateur (Mu’adhin) Ibn Nabbah se rendit plus loin et prononça l’Adhan ; en entendant cela, l’Imam (p) se leva et partit pour le Masjid. Lorsqu’il atteignit la cour de sa maison, des canards, qui se trouvaient dans sa maison, s’approchèrent de lui de façon inhabituelle et commencèrent à battre des ailes et à trembler bruyamment. Quelqu’un essaya de les faire taire, mais l’Imam (p) dit : « Laisse-les. Car ils crient maintenant et plus tard ils gémiront. » Selon un récit, Umm Kulthum (pse) ou Imam al Hassan (p) lui a dit : « Ô père ! Pourquoi donnez-vous de mauvais présages ? » L’Imam (p) répondit : « Ce n’est pas un mauvais présage, c’est plutôt le cœur qui témoigne que je serai martyrisé. » On rapporte qu’il a dit : « C’est la vérité qui est sortie par ma langue. » Ensuite, il donna des instructions à Umm Kulthum concernant les canards, en disant : « Ô ma fille ! Par le droit que je détiens sur toi, libère-les, puisqu’on a emprisonné des créatures qui n’ont pas de langue et qui ne peuvent pas parler. Nourris-les chaque fois qu’ils ont faim ou soif, sinon relâche-les pour qu’ils aillent se nourrir de la végétation. » Lorsqu’il atteignit la porte, le crochet de la porte s’accrocha à sa ceinture qui s’ouvrit. Il attacha fermement sa ceinture et composa les versets suivants.

L’historien Al Mas’udi écrit que la porte de la maison de l’Imam Ali (p) était faite de (bois de) palmier et quand il essayait de sortir, elle ne s’ouvrait pas. Il déracina cette porte et la tint à l’écart, tandis que son vêtement s’ouvrait et qu’il l’attachait fermement, puis il récita ces deux versets : « Attachez votre ceinture pour la mort, car elle vous rencontrera certainement. Et ne t’afflige pas de la mort quand elle entre dans la maison. Ne vous laissez pas tromper par le temps, car lorsqu’il sera pour vous, il vous fera rire, et lorsqu’il sera contre vous, il vous fera pleurer. » Puis il dit : «  Ô Seigneur (S) ! Fais que la mort me soit propice et que Ta rencontre me soit agréable. »

Lorsqu’Umm Kulthum (pse) entendit ces paroles, elle s’écria : « Ô père ! Ô aide ! » Imam al Hassan (p) suivit l’Emir des croyants (p), le rejoignit et lui dit : « Je désire vous accompagner. » L’Imam (p) répondit : « Je t’ordonne, en raison du droit que je détiens sur toi, de repartir. » L’Imam al Hassan (p) rentra chez lui et s’assit, triste et affligé, avec Umm Kulthum (pse), et pleura sur les expressions et les mots qu’ils avaient entendus de la bouche de leur père (p).

C’est ainsi que l’Emir des croyants (p) entra dans le Masjid, alors que les lampes étaient encore éteintes. L’Imam (p) récita quelques unités (Rak’ah) de prières dans l’obscurité, puis s’absorba dans des supplications. Ensuite il monta sur le toit du Masjid, introduisit ses doigts bénis dans ses oreilles et appela à la prière. Lorsqu’il lança l’appel à la prière (Adhan), il n’y avait aucune maison à Kufa qui n’entendait pas sa voix. Puis il descendit du minaret, loua et glorifia Allah (S), envoya des salutations (sur Mohammad [pslf] et sa descendance). Puis il descendit du toit et récita ces versets : « Laissez le chemin au croyant qui était un guerrier dans la voie d’Allah (S). Il était un écrivain et un soldat pour Allah (S). Il n’adorait personne d’autre que le Seigneur (S) et il convoquait les gens à la Mosquée (pour l’adoration d’Allah). »

L’Imam (p) entra alors dans la cour du Masjid et appela continuellement « les prières, les prières », réveillant ainsi les personnes endormies. Ibn Muljim (la) resta éveillé toute la nuit, pensant à la grande tâche qu’il souhaitait accomplir. Lorsque l’Emir des croyants (p) réveillait les endormis, il (Ibn Muljim [la]) dormait lui aussi parmi eux, à l’envers, cachant l’épée empoisonnée sous son vêtement. Lorsque l’Imam (p) passa près de lui, il dit : « Lève-toi pour les prières et ne dort pas ainsi, car c’est la voie du shayatin. Dort donc sur ta droite, car c’est le sommeil des croyants ; dort sur ta gauche, car c’est le sommeil des sages ; ou encore dort droit sur ton dos, car c’est le sommeil des Apôtres (p). » Puis il dit : « Tu as l’intention d’accomplir une tâche par laquelle les cieux s’effondreront, la terre se fendra et les montagnes s’écrouleront. Si tu le désires, je peux t’informer de ce que tu caches sous ton vêtement. » Puis il passa devant lui et entra dans la niche de prière (Mihrab) et se tint debout pour les prières.

Ici (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la), bien qu’ayant entendu plusieurs fois que le plus misérable tuerait l’Emir des croyants (p), il disait à Qatam que « je crains d’être ce plus misérable et aussi de ne pas atteindre mon but. » Il resta absorbé par cette pensée toute la nuit jusqu’à l’aube, mais finalement les flots de sa misère détruisirent ces pensées dans une tempête, semblable à de la paille et à des fragments. Il décida finalement de tuer l’Emir des croyants (p) et s’assit près du pilier qui se trouvait à proximité de la niche de prière, tandis que Wardan et Shabib se cachaient dans un coin. Lorsque l’Emir des croyants (p) releva sa tête sacrée après la deuxième prosternation (Sajdah) de la première unité (Rak’ah), Shabib bin Bajrah voulut le tuer en premier et s’écria : « Le commandement est celui d’Allah (S), pas le tien ni celui de tes compagnons. » En disant cela, il dégaina son épée, mais son coup tomba sur l’arche et se perdit. Aussitôt, Ibn Muljim (la) fit tournoyer son épée et, prononçant les mots ci-dessus, porta un coup à la couronne de l’Emir des croyants (p). Comme prévu, le coup atterrit à l’endroit où Amr bin Abd Wudd l’avait blessé (à la bataille de Khandaq) et le fendit jusqu’à l’endroit de la prosternation (Sajdah). L’Emir des croyants (p) s’écria : « Au nom d’Allah (S), et par Allah (S), et sur la nation du Messager d’Allah (pslf). J’ai réussi, par le Seigneur (S) de la Ka’bah ! » Sa voix s’éleva : « Le fils de la femme juive, Ibn Muljim (la), m’a tué ; alors arrêtez-le. »[85]

On rapporte que lorsque l’Emir des croyants (p) fut frappé par Ibn Muljim (la), la terre trembla, la tempête s’éleva dans les rivières, les cieux s’ébranlèrent, les portes de la mosquée se heurtèrent les unes aux autres, les clameurs des Anges célestes se firent entendre et un vent noir se mit à souffler qui noircit le monde entier. Jibraïl (p) poussa un cri, entre ciel et terre, qui fut entendu par les gens : « Par Allah (S) ! Les piliers de la guidance se sont effondrés ! Et les étendards de piété ont disparu ! Et la poignée solide s’est brisée ! Le fils de l’oncle de Moustafa (pslf) a été tué ! Le vice-gérant choisi a été tué ! Ali (p), le satisfait, a été tué ! Le plus maudit des maudits l’a assassiné ! »

Quand Umm Kulthum (pse) entendit ces mots, elle se gifla, arracha son col et s’écria : « Ô père ! Ô Ali (p) ! Ô Mohammad (pslf) ! » Puis Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p) coururent vers le Masjid, tandis qu’ils voyaient les gens pleurer et se lamenter en disant : « Ô Imam ! Ô Emir des croyants (p) ! Par Allah (S) ! Le pieux et combattant Imam (p) a été martyrisé, celui qui ne s’est jamais prosterné vers une idole ou une divinité et qui ressemblait le plus au Messager d’Allah (pslf). » Lorsqu’ils entrèrent dans le Masjid, ils poussèrent un cri en disant : «  Ô père ! Ô Ali ! » Puis ils dirent : « Nous aurions aimé mourir et ne pas être témoins de ce jour. » Lorsqu’ils s’approchèrent de la niche de prière, ils virent leur éminent père (p) qui était tombé. Abu Ja’dah et un groupe de ses compagnons étaient présents et tous essayèrent de le faire se lever afin de diriger les Prières, mais il n’était plus en possession de ses forces. L’Emir des croyants (p) ordonna alors à l’Imam al Hassan (p) de prendre sa place pour diriger les prières, tandis que lui récitait ses prières en position assise. Il vacillait de droite à gauche en raison de l’effet extrême du poison et de la gravité de la blessure.

Lorsqu’Imam al Hassan (p) termina les prières, il posa la tête de son père (p) sur ses genoux et dit : « Ô père ! Tu nous as brisé le dos. Comment pouvonsnous supporter de te voir dans cet état ? L’Emir des croyants (p) ouvrit les yeux et dit : « Ô fils ! À partir d’aujourd’hui, il n’y aura plus d’affliction ni de douleur pour ton père. Ici sont présents ton grand-père Mohammad al Moustafa (pslf), ta grand-mère Khadijah (pse), ta mère Fatemah (pse), et les houris du Paradis. Ils attendent ton père, alors réjouis-toi et cesse de pleurer, car tes pleurs font pleurer les Anges célestes. »

Les gens attachèrent fermement la blessure de l’Emir des croyants (p) avec son manteau et l’amenèrent au milieu du Masjid depuis la niche de prière (Mihrab). Dès lors, la nouvelle du martyre de l’Emir des croyants (p) se répandit à Kufa, tandis que les hommes et les femmes couraient vers le Masjid et qu’ils voyaient la tête de l’Emir des croyants (p) sur les genoux de l’Imam al Hassan (p). Bien que la blessure ait été fermement refermée, le sang continuait de couler et son visage béni changea de couleur, passant du jaune au blanc pâle. Il regarda vers les cieux, tandis que ses lèvres sacrées étaient absorbées par la louange et la glorification d’Allah (S), et il disait : « Ô mon Seigneur (S) ! Je désire de Toi la compagnie des Apôtres (p) et des Vice-gérants (p) ainsi que les grades supérieurs et la Demeure céleste. »

En disant cela, il tomba inconscient pendant un certain temps et Imam al Hassan (p) pleura, à tel point que ses larmes tombèrent sur ses joues, il ouvrit les yeux et dit : « Ô fils ! Pourquoi pleures-tu ? Et pourquoi te lamentestu ? Car certes, après mon départ, tu seras martyrisé par le poison fatal, tandis que ton frère Hussain (p) le sera par l’épée. Vous vous unirez tous deux à votre grand-père (pslf), votre père (p) et votre mère (pse). » Imam al Hassan (p) interrogea alors son père au sujet de son assassin et celui-ci répondit : « Le fils d’une femme juive, Abdul Rahman bin Muljim (la), m’a frappé, et maintenant il sera amené dans le Masjid. » En disant cela, il a pointé vers la porte de Kindah, tandis que le poison de l’épée s’est continuellement répandu dans son corps sacré et l’a rendu inconscient. Les gens regardaient vers la porte de Kindah et pleuraient l’Emir des croyants (p), quand soudain un tumulte s’éleva près de la porte du Masjid. Ibn Muljim (la) entra dans le Masjid les mains attachées, tandis que les gens lui mordaient les oreilles et le cou avec leurs dents, le giflaient et lui crachaient au visage en disant : « Malheur à toi ! Qu’est-ce qui t’a poussé à tuer l’Emir des croyants (p) et à briser le pilier de l’Islam ? » Il resta silencieux et ne prononça pas un mot, tandis que les gens devenaient d’autant plus furieux et que chacun désirait le déchiqueter avec ses dents.

Huzayfah al Nakha’i le traînait (Ibn Muljim), l’épée non dégainée à la main, et faisait bouger les gens, jusqu’à ce qu’il l’amène à Imam al Hassan (p). Lorsque le regard de l’Imam (p) se posa sur lui, il dit : « Ô maudit ! Tu as tué l’Emir des croyants (p) et l’Imam des pieux, alors qu’il t’offrait la sécurité, te préférait à d’autres et t’a accordé des cadeaux ? Était-il un mauvais Imam ? Est-ce là la récompense de ses faveurs à ton égard ?

Ibn Muljim (la) avait toujours la tête baissée et ne prononçait pas un mot, tandis que des pleurs et des lamentations s’élevaient parmi les gens. Imam al Hassan (p) demanda alors à la personne qui avait capturé Ibn Muljim (la) où il l’avait trouvé. L’homme raconta les circonstances de sa capture, et Imam al Hassan (p) dit : « Louanges et remerciements à Allah (S), qui a aidé son ami et trahi et capturé son ennemi. » Au bout d’un certain temps, l’Emir des croyants (p) ouvrit les yeux et prononça ces mots : « Traitez-moi avec indulgence, Anges de mon Seigneur (S) ! »

Alors Imam al Hassan (p) lui dit : « Voici l’ennemi d’Allah (S) et de Son Messager (pslf), et ton ennemi, Ibn Muljim (la) ; Allah (S) t’a accordé la victoire sur lui et te l’a amené (captif). » L’Emir des croyants (p) tourna son regard vers le maudit et dit d’une voix faible : « Ô fils de Muljim (la) ! Tu as commis une grande erreur ! Ai-je été un mauvais Imam (p) pour que tu me récompenses ainsi ? N’ai-je pas eu pitié de toi et ne t’ai-je pas préféré à d’autres ? Ne t’ai-je pas favorisé et ne t’ai-je pas fait de nombreux cadeaux?[86] Alors que je savais que tu me tuerais. Mais j’ai voulu compléter la preuve sur toi et qu’Allah (S) se venge de toi. Je voulais que tu évites cette croyance (funeste) et que tu détournes ton visage de la voie de l’égarement. Mais le malheur t’a emporté jusqu’à ce que tu me tues. Ô le plus malheureux d’entre tous ! En entendant cela, Ibn Muljim (la) pleura et dit : « Peux-tu sauver celui qui est destiné au feu de l’enfer ? »

L’Emir des croyants (p) donna des instructions à l’Imam al Hassan (p) en son nom en disant : « Ô mon fils ! Montre de la sympathie envers ton prisonnier et traite-le avec compassion et miséricorde. Ne vois-tu pas ses yeux se retourner sous l’effet de la peur ? Alors que son cœur est troublé ? » Entendant cela, Imam al Hassan (p) dit : « Ce maudit vous a tués et a peiné nos cœurs, malgré cela vous nous ordonnez de faire preuve de sympathie à son égard ? » Il répondit : « Ô fils ! Nous sommes les Ahlulbayt (p) de la miséricorde et du pardon. Nourrissez-le de ce que vous mangez et donnez-lui à boire ce que vous buvez. Puis, si je quitte ce monde, cherche à te venger de lui et tue-le. Mais ne brûlez pas son cadavre, et n’amputez pas ses mains, ses pieds, ses oreilles, son nez ou d’autres parties physiques ; puisque j’ai entendu votre grand-père, le Messager d’Allah (pslf) dire : « N’amputez pas, même s’il s’agit d’un chien qui mord. » Et si je survis, je suis plus sage pour décider comment le traiter, et je suis plus digne de pardonner. Puisque nous sommes les Ahlulbayt (p), et nous ne traitons pas ceux qui ont péché contre nous, sauf avec le pardon et la miséricorde. »

À ce moment-là, L’Emir des croyants (p) fut soulevé du Masjid et emmené vers sa demeure dans un état de faiblesse et de fatigue extrêmes, tandis qu’Ibn Muljim (la) était emprisonné dans une maison, les mains attachées à son cou. Les gens se mirent à pleurer et à se lamenter autour de sa maison et il s’en fallut de peu qu’ils ne succombent. Imam al Hassan (p), en état de pleurs, de gémissements et d’inquiétude, dit à son père : « Ô père ! Qui nous reste-t-il après vous ? Votre chagrin aujourd’hui est semblable à celui du Messager d’Allah (pslf), comme si nous avions appris à pleurer pour votre seul chagrin. » Lorsque L’Emir des croyants (p) entendit ces paroles, il appela la lumière de ses yeux à lui et vit que ses yeux étaient blessés en raison de pleurs excessifs. Il essuya les larmes des yeux de l’Imam al Hassan (p) de ses mains bénies et le plaça sur sa poitrine en disant : « Ô fils ! Que le Seigneur des mondes (S) apaise ton cœur par la patience et qu’Il augmente ta récompense, ainsi que celle de tes frères, dans ma peine. Qu’Allah (S) apaise ton inquiétude et le courant de larmes de tes yeux. En vérité, Allah (S) vous récompensera selon l’étendue de votre peine. »

Puis ils le déposèrent dans sa maison près de son lieu de culte, tandis que Zaynab (pse) et Umm Kulthum (pse) arrivèrent et s’assirent face à lui. Elles récitèrent des élégies sur lui, pleurèrent et dirent : « Qui élèvera les enfants des Ahlulbayt (p) après vous ? Et qui protégera leurs aînés ? Ô père respecté ! Notre chagrin à votre égard est grand et éternel, et nos larmes ne se tariront jamais. » Le bruit des pleurs d’autres personnes provenait de l’extérieur de la pièce. Des larmes coulèrent de ses yeux bénis et il jeta un regard de regret sur ses enfants. Il appela Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p) près de lui, les embrassa et baisa leurs visages.

Sheikh al Moufid et Sheikh al Toussi rapportent d’après Asbag bin Nobatah que lorsque l’Emir des croyants (p) a été frappé d’un coup d’épée et a été emmené chez lui, moi, ainsi que Harith al Hamdani et Suwaid bin Gafalah, nous nous sommes rassemblés à sa porte. Lorsque le bruit des pleurs s’éleva de sa maison, nous nous mîmes nous aussi à pleurer et à nous lamenter. Soudain, Imam al Hassan (p) sortit et dit : « Ô gens ! l’Emir des croyants (p) vous ordonne de retourner dans vos demeure. » Tout le monde est parti, mais je suis resté à ma place. Lorsque le son des pleurs s’éleva de sa maison, je me mis moi aussi à pleurer. L’Imam al Hassan (p) sortit à nouveau et me dit : « Ne t’ai-je pas dit de retourner chez toi ? » Je répondis : « Par Allah (S), Ô fils du Messager d’Allah (pslf) ! Mon cœur ne me le permet pas et mes pieds ne possèdent pas la force de marcher, je ne peux pas partir tant que je n’ai pas vu l’Emir des croyants (p). » En disant cela, j’ai pleuré amèrement et Imam al Hassan (p) est entré, puis est revenu et m’a emmené à l’intérieur. Lorsque je suis entré, j’ai vu l’Emir des croyants (p) allongé sur des coussins, tandis qu’un bandeau jaune était fixé sur sa tête. Son visage béni était devenu si jaune, en raison de l’écoulement excessif de sang de sa tête, qu’il m’était difficile de déterminer si c’était le bandeau qui était le plus jaune ou son visage. Lorsque j’ai vu mon Maître dans cet état, je me suis senti inquiet et je me suis jeté à ses pieds, je les ai embrassés et je les ai frottés sur mes yeux. Il me dit : « Ô Asbag ! Ne pleure pas, car je suis sur le point de me rendre au Paradis. » Je lui répondis : « Que je vous sois sacrifié ! Je sais que vous êtes sur le chemin du paradis, mais je pleure sur mon état et sur votre séparation. »

Puis il resta inconscient pendant un certain temps en raison du poison qui s’était répandu dans son corps sacré, à l’instar du Messager d’Allah (pslf), qui tombait parfois inconscient puis reprenait conscience sous l’effet du poison qui lui avait été administré. Lorsque l’Emir des croyants (p) reprit conscience, Imam al Hassan (p) plaça un bol de lait dans ses mains. Il en but un peu et envoya le reste à (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la). De nouveau, il donna des instructions à Imam al Hassan (p) concernant la nourriture et la boisson d’Ibn Muljim (la).

Dans le livre Al Rawdhah fi Fadha’el Amiril Mu’minin de Shadan bin Jabra’il al Qummi, on rapporte[87] que’Asbag bin Nobatah a dit que lorsque l’Emir des croyants (p) a été frappé, ce qui la conduit au martyre, les gens se sont rassemblés à la porte de sa maison et ont voulu tuer (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la). Imam al Hassan (p) sortit alors et dit : « Ô gens ! Mon père m’a recommandé de retarder la tâche d’Ibn Muljim (la) jusqu’à son trépas. Puis, s’il décède, je devrais le mettre à mort (en guise de châtiment), ou bien mon père sait mieux comment s’y prendre avec lui. Puis revenez, qu’Allah (S) vous fasse miséricorde. » En entendant cela, les gens se dispersèrent, mais je restai à ma place. Imam al Hassan (p) sortit à nouveau et me dit : « Ô Asbag ! N’as-tu pas entendu de moi les paroles de l’Emir des croyants (p) ? » Je répondis par l’affirmative et dis : « Puisque j’ai vu son état, je souhaite le regarder et entendre un Hadith de sa part. Alors demandez la permission pour moi, qu’Allah (S) vous fasse miséricorde. » L’Imam (p) y entra, et il ne fallut pas plus de temps pour qu’il revienne et me dise d’y entrer.

Lorsque je suis entré dans la maison, j’ai vu un foulard jaune noué sur sa tête, tandis que la couleur jaune de son visage s’était estompée avec celle du foulard. Il se tournait constamment à cause de l’intensité du poison et passait d’un côté à l’autre. Il levait ses pieds l’un après l’autre, les posait sur la terre et disait : « Ô Asbag ! N’as-tu pas entendu les paroles de Hassan (p) de ma part ? » Je répondis : « Oui, Ô Emir des cro yants (p) ! Mais comme je vous ai vu dans cet état, j’ai voulu vous regarder et entendre un Hadith de votre part. » Il dit : « Viens t’asseoir près de moi. Je ne te vois pas entendre un autre Hadith de ma part après aujourd’hui. Sache donc, Ô Asbag ! Une fois, je me suis rendu à l’audience du Messager d’Allah (pslf), comme tu es venu en ma présence, et il m’a dit : « Ô Abal Hassan (p) ! Sors et appelle les gens à la prière en commun (Salatul Jama’ah). Assieds toi sur la chaire (Mimbar), un pas plus bas que moi, et dis aux gens : « prenez garde, que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui qui persécute ses parents ! Et que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui (esclave) qui se détourne de son maître, ! Et que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui qui ne donne pas à l’employé son droit ! Je faisais ce que mon bien-aimé Messager d’Allah (pslf) m’avait ordonné de faire, lorsqu’une personne d’en bas du Masjid se leva et dit : « Ô Abal Hassan ! Tu as prononcé trois courtes phrases, explique-les donc. » Je ne lui ai pas répondu jusqu’à ce que j’aille voir le Messager d’Allah (pslf) et que je l’informe de ce que l’homme a dit.

Asbag dit qu’alors l’Imam (p) prit ma main et me dit d’ouvrir mon poing. Lorsque je l’ai ouvert, Imam (p) a attrapé l’un de mes doigts et a dit : Ô Asbag ! Comme je tiens ton doigt, le Messager d’Allah (pslf) a lui aussi tenu l’un de mes doigts puis a dit : « Ô Abal Hassan (p) ! Toi et moi sommes les deux pères de cette nation, ainsi, que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui qui nous persécute ! Moi et toi, nous sommes les Maîtres de cette nation, ainsi, que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui qui se détourne de nous ! Alors que nous sommes, moi et toi, des préposés de cette nation, que la malédiction d’Allah (S) soit sur celui qui nous prive de nos droits ! » Puis il dit Amin et je l’ai répété à mon tour.

Asbag dit qu’en disant cela, l’Emir des croyants (p) perdit connaissance, et quand il reprit conscience, il dit : « Ô Asbag ! Tu es toujours assis ? » J’ai répondu par l’affirmative et il a dit : « Dois-je te narrer d’autres Hadith ? » J’ai répondu : « Oui, qu’Allah (S) augmente le bien pour vous. » Il poursuivit en disant que : Ô Asbag ! Le Messager d’Allah (pslf) m’a rencontré dans une des rues de Madina, alors que j’étais affligé et que cela apparaissait sur mon visage. Il me dit : « Ô Abal Hassan (p) ! Je te vois dans un état de tristesse. Souhaites-tu que je te raconte un Hadith qui te permettra de ne plus jamais être triste ? » Je répondis par l’affirmative.

Il poursuivit : « Lorsque le jour de la Qiyamah arrivera, Allah (S) érigera une chaire (Mimbar) qui sera bien plus grande que les chaires des autres apôtres (p) et martyrs. Allah (S) t’ordonnera alors de monter sur la chaire et de t’asseoir une marche plus bas que moi. Ensuite, Allah (S) ordonnera à deux Anges de s’asseoir une marche plus bas que toi. Lorsque nous nous assiérons sur la chaire, toute les créations, du début à la fin seront présentes. L’Ange qui sera assis un niveau au-dessous de toi, criera : Ô peuple ! Ô gens ! Celui qui me connaît, me connaît. Quant à celui qui ne me connaît pas, je vais me présenter à lui. Je suis Ridhwan, le gardien du Paradis. Désormais Allah (S) m’a ordonné par Sa Faveur, Sa Miséricorde, Sa Grâce et Son Estime de remettre les clés du Paradis à Mohammad (pslf). Alors que Mohammad (pslf) m’a ordonné de remettre les clés à Ali bin Abi Talib (p). Je vous fais témoin de cette affaire. Puis l’Ange, assis une marche plus bas que le précédent, lancera un appel que tous les gens entendront, en disant : Ô peuple ! Celui qui me connaît, me connais. Quant à celui qui ne me connaît pas, je me présente à lui. Je suis Malik, le gardien de l’enfer. Allah (S) m’a ordonné, par Sa faveur, Sa miséricorde, Sa grâce et Son estime, de remettre les clés de l’enfer à Mohammad (pslf). Alors que Mohammad (pslf) m’a ordonné de remettre les clés à Ali bin Abi Talib (p). Ainsi je vous fais témoin de cela. »

En disant cela, l’Emir des croyants (p) poursuivit : alors je prendrai les clés du Paradis et de l’enfer. Le Messager d’Allah (pslf) dit alors : « Ô Ali ! Tu saisiras la partie supérieure de ma chemise, tandis que tes Ahlulbayt (p) saisiront la partie supérieure de ta chemise et que tes partisans saisiront la partie supérieure des chemises de tes Ahlulbayt (p). » Ensuite l’Emir des croyants (p) dit qu’alors j’ai frappé mes mains et dit : « Irai-je au Paradis Ô Messager d’Allah (pslf) ? » Et il a répondu : « Oui, par le Seigneur (S) de la Kaaba ! » Entendant cela, Asbag dit que j’ai entendu ces deux Hadith de mon Maître (p) et qu’il est décédé.

Sheikh al Moufid et d’autres rapporte que lorsqu’Ibn Muljim (la) fut emmené pour être emprisonné, Umm Kulthum (pse) lui dit : « Ô ennemi d’Allah (S) ! Tu as tué l’Emir des croyants (p) ? » Le maudit répondit : « Je n’ai pas tué l’Emir des croyants (p), j’ai plutôt tué ton père. » Umm Kulthum (pse) dit : « Je souhaite qu’il soit guéri de cette attaque et qu’Allah (S) te punisse dans ce monde comme dans l’au-delà. » Ibn Muljim (la) répondit : « J’ai acheté l’épée pour mille dirhams et j’ai dépensé mille autres dirhams pour l’empoisonner. Puis je lui ai porté un coup tel que s’il avait été partagé entre tous les habitants de la terre, ils auraient péri à cause de cela. »

Abul Faraj (al Isfahani) rapporte que les médecins de Kufa étaient réunis pour soigner l’Emir des croyants (p), alors que le plus savant d’entre eux en matière de chirurgie était Athir bin Amru. Après avoir inspecté la blessure de l’Emir des croyants (p), il demanda la moelle osseuse fraîche et chaude d’un mouton. Lorsqu’on la lui apporta, il en préleva une veine qu’il introduisit dans la plaie ouverte, souffla dessus jusqu’à ce que ses côtés pénètrent dans la plaie et la garda ainsi pendant un certain temps. Puis il la retira, la regarda et y vit la blancheur du cerveau de l’Imam (p). Il dit à l’Emir des croyants (p) de faire son testament, puisque le coup de l’ennemi d’Allah (S) avait fait son œuvre et atteint le cerveau, et qu’il ne pouvait être traité.

Les déclarations de l’Imam (p), son décès et son enterrement

Mohammad Ibn Hanafiyyah rapporte que lorsque la vingtième nuit du mois de Ramadhan arriva, le poison avait atteint les jambes de mon père (p) et il récita les prières en restant assis cette nuit-là. Il légua et nous consola jusqu’à l’aube. Il permit aux gens de lui rendre visite et ils se pressèrent autour de lui et le saluèrent, tandis qu’il répondait à leurs salutations et disait : « Ô gens, demandez-moi avant que vous ne me perdiez. Mais posez des questions brèves pour l’amour de votre Imam (p). » En entendant cela, les gens poussèrent des cris et pleurèrent amèrement. Hujr bin Adi se leva et récita des vers en signe de deuil pour l’Emir des croyants (p). Lorsqu’il eut terminé sa récitation, l’Imam (p) dit : « Ô Hujr ! Quel sera ton état lorsque tu seras convoqué et contraint de te dissocier de moi ? » Il répondit : « Par Allah (S) ! Même si je suis déchiré par l’épée et brûlé dans le feu, je ne me séparerai pas de vous. » l’Imam (p) répondit : « Puisses-tu prospérer en toute bonté, et qu’Allah (S) t’offre une excellente récompense au nom de Mohammad (pslf). » Puis il demanda un verre de lait, en but un peu et dit : « C’est ma dernière subsistance en ce monde », en entendant cela les Ahlulbayt (p) se mirent à pleurer abondamment.

On rapporte que quelqu’un a dit à (Abdul Rahman) Ibn Muljim (la) que : « Ô ennemi d’Allah (S) ! Ne te réjouis pas puisque l’Emir des croyants (p) va se rétablir. » Le maudit dit : « Alors sur qui Umm Kulthum (pse) pleurera-t-elle et se plaindra, sur moi ou sur Ali (p) ? Par Allah (S) ! J’ai acheté cette épée pour mille dirhams et je l’ai traitée avec du poison pour mille autres dirhams. J’ai réparé ses défauts et j’ai porté un coup avec une telle épée sur Ali (p), que si elle était partagée entre les gens de l’Est et de l’Ouest, ils mourraient tous. »

Lorsque la vingt-et-unième nuit du mois de Ramadhan arriva, Imam (p) rassembla ses enfants et sa famille et leur fit ses adieux en disant : « Allah (S) est mon substitut sur vous, Il me suffit et il est le meilleur gardien. ». Puis il leur recommanda le bien. Cette nuit-là, l’effet du poison était largement visible sur son corps sacré et chaque fois qu’on lui apportait nourriture ou boisson, il refusait. Ses lèvres remuaient constamment en souvenir d’Allah (S), tandis que des gouttes de sueur, semblables à des perles, coulaient de son front. Il le nettoya de ses mains sacrées et dit : « J’ai entendu du Messager d’Allah (pslf) qu’à l’approche de la mort d’un croyant, de la sueur apparaît sur son front, semblable à des perles, tandis que ses pleurs et ses gémissements cessent. » Puis il appela ses enfants plus jeunes et plus âgés et leur dit : « Allah (S) est mon Substitut sur vous et je vous confie à Lui. » En entendant cela, tous pleurèrent et Imam al Hassan (p) dit : « Ô père ! Vous parlez comme si vous aviez perdu l’espoir de survivre. » Il répondit : « Ô cher fils ! Une nuit précédant cet incident, j’ai vu en rêve ton grand-père, le Messager d’Allah (pslf), et je me suis plaint auprès de lui des épreuves que m’infligeait la nation. » Il m’a dit de lancer des imprécations sur eux et j’ai dit : « Ô Allah (S) ! Remplace-moi par des gens mauvais sur eux et remplace-les par des gens bons pour moi. » Le Messager d’Allah (pslf) m’a alors dit qu’Allah (S) avait accepté mes prières et qu’après trois nuits, Il m’amènerait en sa présence. Et maintenant, trois nuits se sont écoulées. Ô Hassan (p) ! Je t’atteste pour ton frère Hussain (p), alors que vous (deux) êtes issus de moi et moi de vous (deux). » Puis il se tourna vers ses autres enfants, qui n’étaient pas issus de Fatemah (pse), et leur dit : « Ne désobéissez jamais à Hassan (p) et à Hussain (p). Qu’Allah (S) vous accorde une meilleure patience, car ce soir je quitterai votre milieu et rejoindrai mon bien-aimé, le Messager d’Allah (pslf), comme on me l’a promis. »

Sheikh al Moufid et Sheikh al Toussi rapportent d’Imam al Hassan (p) qu’à l’approche de la fin de mon respecté père (p), il nous a certifié[88] en disant : « Ceci est attesté par Ali bin Abi Talib, le frère, le cousin paternel et le compagnon du Messager d’Allah (pslf). Mon premier témoignage est que je témoigne de l’Unicité d’Allah (S), et que Mohammad (pslf) est l’esclave, le Messager et l’Élu d’Allah (S). Allah (S) l’a choisi et agréé pour Sa Connaissance. Et je témoigne qu’Allah (S) fera sortir les morts de leurs tombes et interrogera les gens sur leurs actes. Il (S) est certainement conscient de ce qui se cache dans le cœur des gens.

Ô mon fils Hassan (p) ! Je te lègue, de la même manière que le Messager d’Allah (pslf) m’a léguer, alors que tu es approprié pour le legs. Lorsque je quitterai ce monde et que la nation te sera hostile, installe-toi dans ta demeure et pleure sur ton au-delà. Ne considère pas le monde comme ton grand objectif et ne coure pas à sa recherche ; réalise les prières au meilleur moment ; donne la Zakah en son temps à ceux qui en sont dignes ; garde le silence dans les affaires douteuses ; juge avec équité et prudence dans les moments de colère et de plaisir ; traite tes voisins avec gentillesse ; chéri les invités ; sois miséricordieux envers ceux qui sont dans l’adversité ; sois humbles et modestes, car c’est la meilleure forme d’adoration ; réduit tes ambitions et tes espoirs ; souviens-toi de ta mort ; abandonne le monde et ouvre la voie de l’abstinence, car tu es l’otage de la mort, la cible d’afflictions et la proie de la douleur et des ennuis.

Je te recommande la crainte d’Allah (S), le Prévalent, dans la clarté et la dissimulation, et je t’interdis de te hâter de parler ou de faire quoi que ce soit sans pensée ni réflexion. Accorde la priorité et hâtes-toi dans les tâches relatives à l’au-delà, et retarde et néglige les tâches relatives au monde jusqu’à ce que tu prennes conscience de sa rationalité et de sa réforme pour toi. Tien-toi à l’écart des rassemblements propices aux accusations et aux mauvais sentiments à l’égard de leurs participants, car un mauvais compagnon fait certainement du tort à son compagnon.

Ô mon fils ! Agis pour l’amour d’Allah (S) ; protège ta langue de la médisance et des paroles immorales ; ordonne le bien et interdit le mal ; entretien des relations fraternelles avec tes frères de foi pour l’amour d’Allah (S) ; lie-toi d’amitié avec les justes pour leur droiture ; sois indulgent envers les dissolus, afin que leur mal ne t’atteigne pas ; considère-les comme ton ennemi de l’intérieur de ton cœur et sépare tes actions des leurs, afin de ne pas devenir semblable à eux. Ne t’assied pas sur les carrefours et les chemins ; ne te dispute pas avec les stupides et les ignorants ; sois modéré dans tes moyens de subsistance ; sois économe dans tes adorations ; et il y a sur toi une adoration, parmi les adorations, que tu peux poursuivre et sur laquelle tu as du courage (son accomplissement). Choisi le silence pour te préserver des maux de la langue ; prépare à l’avance les provisions pour l’au-delà ; souviens-toi du bien jusqu’à ce que tu deviennes sagace. Rappelles-toi d’Allah (S) en toutes circonstances ; sois bons envers les jeunes de ta famille et vénère et respecte les aînés ; ne mange aucune nourriture, excepté après avoir donné un semblable en aumône. Je te recommande les jeûnes, car ils sont la Zakah du corps et une armure contre le feu de l’enfer ; lutte contre tes propres passions ; sois prudent envers ton compagnon et abstiens-toi de te faire des ennemis.

Et je te recommande les rassemblements dans lesquels on se souvient d’Allah (S), et les supplications abondantes. Telles sont mes volontés et je n’ai pas été avare de mes conseils, Ô mon fils. L’heure de la séparation a sonné. Je te recommande d’être bienveillant envers ton frère Mohammad (Ibnul Hanafiyyah), puisqu’il est ton frère et le fils de ton père, et que tu sais que je me lie d’amitié avec lui. Quant à ton frère Hussain (p), il est le fils de ta mère et ton véritable frère, et il n’est pas nécessaire de te recommander quoi que ce soit à son sujet. Allah (S) est mon Substitut sur vous tous et je Lui demande d’harmoniser vos états et de dissiper de vous le mal des oppresseurs et des despotes.

Je vous recommande l’endurance et la fermeté sur cela jusqu’à ce que l’ordre d’Allah (S) descende et que votre satisfaction se manifeste. Et il n’y a de puissance et de pouvoir qu’auprès d’Allah, le Très-Haut, le Très-Grand. »

Selon le récit précédent, lorsque l’Emir des croyants (p) fit son testament à Imam al Hassan (p), il continua à dire : « Ô Hassan (p) ! Lorsque je quitterai le monde, baigne-moi, enveloppe-moi et oins-moi avec les restes de camphre de ton grand-père, le Messager d’Allah (pslf), apportés par Jibrail (p) pour lui depuis le Paradis. Lorsque vous me placerez sur le cercueil, ne le soulevez pas par l’avant, mais par l’arrière. Suivez-le où qu’il aille, et quand il s’arrête, sachez que c’est l’endroit de ma tombe. Placez ensuite mon corps sur la terre et toi, Ô Hassan (p), récite les prières sur moi avec sept Takbir (Allahu Akbar, Allah (S) est le plus grand). Et sache que la récitation des sept Takbir n’est permise à personne, excepté moi et le fils de Hussain (p), qui sera le Qaim Mohammad (ajtfs), le Mahdi de cette nation qui rétablira les troubles de la création.

Lorsque vous aurez fini de réciter les prières sur moi, soulevez mon corps de cet endroit et creusez la terre. Vous trouverez une tombe toute prête et une planche de bois poreuse, préparée pour moi par mon aïeul, le Prophète Nuh (p). Place-moi sur cette planche et tu trouveras sept grandes briques fabriquées, puis recouvre ma tombe avec elles. Attendez un peu et soulevez l’une des briques, vous me trouverez absent de la tombe, puisque j’irai m’unir à votre grand-père, le Messager d’Allah (pslf). En effet, si un Prophète (p) est enterré à l’Est et son vice-gérant à l’Ouest, Allah (S) unit l’esprit et le corps du Messager à ceux de son vice-gérant. Après un certain temps, ils se séparent l’un de l’autre et retournent dans leurs tombes respectives. Couvre ensuite ma tombe avec de la terre et dissimule-la aux yeux des gens. Et quand le jour viendra, place un cercueil sur un chameau et envoie-le avec quelqu’un à Madina, afin que les gens ne connaissent pas le lieu réel de mon enterrement. »

On rapporte de l’Imam Ja’far al Sadiq (p) que l’Emir des croyants (p) a conseillé à l’Imam al Hassan (p) de lui préparer quatre tombes, la première à Masjid al Kufa, la deuxième entre Rahbah (à Madina), la troisième à Najaful Ashraf et la quatrième dans la maison de Judah bin Hubayrah.

Nous (l’auteur), disons que le motif de la dissimulation de la tombe était la crainte que les maudits parmi les Khawarij et les Bani Umayyah, qui portaient une hostilité extrême envers lui, reconnaissent la tombe et aient l’intention d’en exhumer son corps sacré. Sa tombe sacrée resta dissimulée jusqu’à l’époque de l’Imam Ja’far al Sadiq (p), et lorsqu’il visita la tombe de son grand-père (p), certains de ses compagnons et Chiites en eurent connaissance. Sous le règne de (Harun) Al Rashid (la), la tombe sacrée fut connue de tous, et un incident détaillé est cité dans les livres, qu’il n’est pas nécessaire de rapporter ici.[89]

Par la suite, l’Emir des croyants (p) s’adressa à ses fils en leur disant : « Très bientôt, des agitations se tourneront vers vous de toutes les directions, tandis que les hypocrites de cette nation accompliront leurs anciennes hostilités envers vous et chercheront à se venger de vous. Vous devrez alors faire preuve de patience, car la conclusion de la patience est juste. » Puis il s’est tourné vers Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p) et a dit : « En particulier, après mon départ, tu seras plongé dans d’abondantes agitations de différentes manières. Alors supportez patiemment jusqu’à ce qu’Allah (S) juge entre vous et vos ennemis, alors qu’Il (S) est le Meilleur des juges. » En disant cela, il se tourna vers Hussain (p) et dit : « Ô Aba Abdillah (p) ! Cette nation te tuera, sur toi la crainte d’Allah (S) et la patience face à cette adversité. »

En disant cela, il perdit connaissance pendant un certain temps, et lorsqu’il reprit conscience, il dit : « Regarde ! Le Messager d’Allah (pslf), mon oncle Hamzah et mon frère Ja’far sont venus à moi et m’ont dit : Hâte-toi, car nous te désirons et t’attendons. » Puis il roula ses yeux bénis et jeta un regard sur sa famille et dit : Je vous confie tous à Allah (S). Qu’Allah (S) vous garde tous fermes sur le chemin de la droiture et vous protège contre le mal des ennemis. Allah (S) est mon substitut sur vous et Il est suffisant pour le successeur et pour vous assister. » Puis il dit : « Salutations sur vous, Ô Anges d’Allah (S) ! »

L’Emir des croyants (p) récita alors les versets suivants : « C’est pour une chose pareille que doivent œuvrer ceux qui œuvrent. » [37:61] et « Certes, Allah est avec ceux qui [L’] ont craint avec piété et ceux qui sont bienfaisants. » [16:128].

Puis de la sueur apparut sur son front sacré, il ferma ses yeux bénis, tendit ses jambes vers la Qiblah et dit : « Je témoigne qu’il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah (S), le Seul, et qu’il n’y a pas d’associé pour Lui. Et je témoigne que Mohammad (pslf) est Son esclave et Son messager ! » En disant cela, l’Emir des croyants (p) se hâta vers le paradis. Les bénédictions d’Allah (S) sur lui et la malédiction d’Allah (S) sur son meurtrier. Cet incident catastrophique s’est produit dans la nuit du vendredi 21 du mois de Ramadhan de la quarantième année de l’Hégire.

Le son des pleurs et des lamentations s’éleva de la maison de l’Emir des croyants (p) et les habitants de Kufa réalisèrent que la calamité de son martyre s’était produite. Kufa tout entière fut engloutie par les voix des pleurs et des lamentations provenant des maisons, semblables au jour où le Messager d’Allah (pslf) avait quitté le monde. Cette nuit-là, les cieux devinrent inconstants, la terre trembla, le son des louanges et de la glorification des anges résonna dans l’atmosphère, les tribus des Djinns pleurèrent et récitèrent des élégies. Puis ils (ses fils) s’appliquèrent à baigner son corps sacré.

Mohammad Ibnul Hanafiyyah rapporte que, par la suite, mes frères se sont mis à baigner notre père (p). Imam al Hussain (p) versa de l’eau et Imam al Hassan (p) lui donna le bain, alors qu’il n’était pas nécessaire pour quiconque de tourner son corps sacré (pour le bain), il tournait de lui-même d’un côté à l’autre. Un parfum, meilleur que le musc et l’ambre, émanait de son corps sacré. Lorsqu’ils eurent fini de le baigner, Imam al Hassan (p) s’écria : « Ô sœur ! Apporte-moi le camphre de mon grand-père, le Messager d’Allah (pslf). » Zaynab (pse) prit l’initiative d’apporter le camphre restant du Messager d’Allah (pslf) et de Fatemah al Zahra (pse), qui avait été apporté par Jibrail (p) du paradis. Lorsque le camphre fut ouvert, tout Kufa fut enveloppée d’un parfum exceptionnel. Puis il fut enveloppé dans cinq pièces d’étoffe et placé dans un cercueil. Sur ordre de l’Emir des croyants (p), l’Imam al Hassan (p) et l’Imam al Hussain (p) soulevèrent le cercueil par l’arrière, tandis que Jibrail (p) et Mikail (p) le tenaient par l’avant, et ils se dirigèrent vers Najaful Ashraf, derrière Kufa. Certains souhaitaient accompagner les funérailles, mais Imam al Hassan (p) leur ordonna de revenir sur leurs pas. Imam al Hussain (p) pleura et dit : « Et il n’y a de puissance et de pouvoir qu’auprès d’Allah (S), le Très-Haut, le Très-Grand. Ô père ! Tu nous as brisé le dos et j’ai appris à pleurer pour toi. »

Mohammad Ibnul Hanafiyyah dit que : « Par Allah (S) ! J’ai vu que quel que soit le mur, le bâtiment ou l’arbre par lequel passait le cercueil de l’Emir des croyants (p), ils se penchaient et se rendaient humble devant lui. »

Selon Al Amali de Sheikh al Toussi, lorsque le cercueil de l’Emir des croyants (p) a atteint les piliers de Gariyy, qui était une structure ancienne et appelée Alam (une bannière), semblable à un arbre, qui s’est plié et courbé en l’honneur du corps sacré ; tel le lit d’Abrahah qui s’est plié en l’honneur d’Abdul Muttalib lorsqu’il est allé à sa rencontre. Actuellement, une mosquée a été érigée sur ce site, appelée Masjid al Hannanah, qui se trouve à une distance d’environ trois mille Dar’a à l’Est de Najaful Ashraf.

Lorsque le cercueil atteignit l’emplacement de la tombe, il s’arrêta. Il fut placé sur la terre, tandis que l’Imam al Hassan (p) dirigeait les prières en congrégation sur lui avec sept Takbir. Une fois les prières terminées, le cercueil fut soulevé et la terre fut creusée. Une tombe toute faite fut trouvée, avec une planche placée à l’intérieur, et une tablette sur laquelle deux lignes étaient écrites en hébreu : « Au nom d’Allah (S), le Bienfaiteur, le Miséricordieux. Voici ce qui a été creusé par Nuh, l’Apôtre (p), pour Ali (p), le Vice-gérant de Mohammad (pslf), sept cents ans avant le déluge. »Tandis que selon un récit, ce qui suit a été écrit dessus : « Voici ce qui a été réservé par Nuh, l’Apôtre (p), pour le digne, pure et chaste esclave (d’Allah [S]). »

Lorsqu’ils voulurent le mettre dans la tombe, on entendit un appel annonçant : « Descendez-le dans la tombe pure et chaste, car le Bien-Aimé (Allah [S]) attend Son bien-aimé. » Une voix a également été entendue appelant : « Qu’Allah (S) vous accorde une bonne patience dans le deuil de votre Maître et la Preuve d’Allah (S) [Hujjatullah] sur Ses créations ».

L’Imam Mohammad al Baqir dit que l’Emir des croyants (p) a été enterré avant l’apparition de l’aube à Gariyy (Najaful Ashraf), tandis que l’Imam al Hassan (p), Imam al Hussain (p), Mohammad Ibnul Hanafiyyah et Abdullh bin Ja’far (al Tayyar) entraient dans sa tombe.

Avant de refermer la tombe, une brique fut enlevée près de sa tête bénie et ils regardèrent à l’intérieur, mais rien n’y fut trouvé. On entendit alors une voix qui disait : «  L’Emir des croyants (p) était un digne serviteur d’Allah (S). Alors Allah (S) l’a uni à son Apôtre (pslf), et Il (S) a fait de même avec les ViceGérants qui suivent les Apôtres. Même si un Apôtre meurt (et est enterré) à l’Est et son Vice-gérant à l’Ouest, Allah (S) unit le Vice-gérant à son Apôtre.

L’auteur de Mashariqul Anwar (Hafidh Rajab al Bursi) rapporte d’Imam al Hassan (p), que l’Emir des croyants nous a dit, à moi et à mon frère Hussain (p), que : « lorsque vous me déposerez dans la tombe, récitez deux unités (Rak’at) de prières et regardez ensuite dans la tombe. » Ainsi, lorsque nous l’avons mis dans la tombe, nous avons récité deux unités de prières, nous avons regardé dans la tombe et nous avons vu qu’un rideau de brocart de soie était étalé dessus. J’ai (Imam al Hassan) soulevé la partie de celui-ci du côté de la tête et j’ai regardé à l’intérieur et j’ai trouvé le Messager d’Allah (pslf), Nabi Adam (p) et Nabi Ibrahim (p) en train de lui parler. Et lorsque Imam al Hussain (p) souleva la partie du côté de la jambe, il vit Fatemah (pse), Hawwa, Maryam et Asiyyah réciter des élégies sur lui.

Lorsqu’ils eurent terminé l’enterrement, Sa’sa’ah bin Suhan al Abadi se rendit plus loin et se tint devant sa tombe bénie. Il prit alors une poignée de terre qu’il répandit sur sa tête et dit : « Que mes parents vous soient sacrifiés, Ô Emir des croyants (p) ! Que la munificence d’Allah (S) vous soit agréable, Ô Abal Hassan ! En vérité, votre naissance a été chaste, votre patience ferme et votre lutte (dans le sentier d’Allah [S]) grande. Vous avez atteint votre désir, accompli une affaire bénéfique et atteint votre Seigneur (S). » Il prononça de nombreuses paroles semblables, pleura amèrement et fit pleurer les autres. Puis il se tourna vers Imam al Hassan (p), Imam al Hussain (p), Mohammad Ibnul Hanafiyyah, Ja’far, Abbas (p), Yahya, Awn et d’autres fils d’Imam (p) et leur a présenté ses condoléances puis ils sont retournés à Kufa.

À l’aube, un cercueil fut sorti de la maison de l’Emir des croyants (p) et transporté à l’extérieur de Kufa. Imam al Hussain (p) pria dessus, puis il fut attaché à un chameau et envoyé à Madina.

On rapporte que Abdullah bin Abbas a récité les élégies suivantes sur l’Emir des croyants (p) : « Ali a brandi sa barbe à Kufa et à Basrah. Une tragédie bien trop sublime pour tous les musulmans. Il a dit que bientôt elle (la tragédie) descendra d’Allah (S) et que ma barbe sera teintée de mon propre sang, de la main du plus misérable des hommes. Il a provoqué sa mort par l’épée. Que ses mains soient paralysées. La mauvaise augure de Qatam dans cet homme Ibn Muljim (la). Malheur donc à la frappe d’un perdant dont les efforts se sont égarés et lui ont préparé une demeure en enfer. Le Commandeur des croyants a donc réussi dans son destin, même si ses os ont été frappés dans l’une des nuits. Attention, le monde n’est qu’une tribulation et un examen. Sa douceur a vieilli en exhortant à la patience et à l’amertume. »

On raconte que lorsque la nouvelle du martyre de l’Emir des croyants (p) parvint à Muawiyah (la), celui-ci récita des vers : « Le lion, qui étendait ses avant-bras pendant la bataille, est certainement décédé » et « Dites aux lapins et aux cerfs qu’ils peuvent désormais errer sans crainte là où ils le désirent. »

Sheikh al Kulayni, Ibn Babawayh et d’autres rapportent, par une chaîne de transmission fiable, que le jour du martyre de l’Emir des croyants (p), un son de lamentation s’éleva des gens et une grande terreur s’installa dans leurs cœurs, semblable au jour où le Messager d’Allah (pslf) décéda. Soudain, on vit un vieil homme pleurer, se hâter et dire : « En vérité, nous appartenons à Allah (S) et en vérité, c’est à Lui que nous retournerons. » Aujourd’hui, le califat de la Prophétie a pris fin. Puis il poursuivit son chemin et arriva à la porte de la maison de l’Emir des croyants (p) et raconta de nombreuses excellences. Les gens étaient silencieux et pleuraient, et lorsqu’il eut terminé son discours, il disparut. Les gens s’efforcèrent de le retrouver, mais n’y parvinrent pas.

Nous (l’auteur), disons que le vieil homme n’était autre que Nabi Khidhr (p), tandis que ses paroles étaient similaires aux salutations de l’Emir des croyants (p) le jour de son Martyre. Ce dégradé (auteur) a cité ces salutations dans notre livre Hadiyyatul Za’ir et ne peut être cité dans ce bref livre.

Mise à mort d’Ibn Muljim (la) par les mains de l’Imam Al Hassan (p) 

Lorsque l’Imam al-Hassan (p) eut enterré son vénéré père (p) à Najaful Ashraf, il retourna à Kufa. Il (p) monta à la chaire (Mimbar) au milieu des Chiites de l’Imam Ali (p) et voulut prononcer un sermon (Khutba), mais les larmes coulèrent de ses yeux, il s’étouffa et ne put commencer son discours. Alors, il s’assit sur la chaire jusqu’à ce qu’il se calme, puis se leva et prononça un discours avec une éloquence et une aisance totales, dont l’essentiel est qu’après avoir loué et glorifié Allah (S), il dit : « Louange à Allah (S), qui nous a accordé le califat, nous, les Ahlulbayt, avec bienveillance, et nous le considérons comme venant d’Allah (S). La calamité (du décès) du Messager d’Allah (pslf) et de l’Emir des croyants (p) a affecté l’univers de l’Est à l’Ouest. Par Allah (S) ! L’Emir des croyants (p) n’a laissé derrière lui aucun Dirham ou Dinar, à l’exception de quatre cents Dirhams mis de côté pour acheter un serviteur pour sa famille.[90] En vérité, mon grand-père, le Messager d’Allah (pslf), m’a rapporté que douze personnes parmi les Ahlulbayt et ses élus seront les propriétaires et califes de la nation. Et il n’y aura personne parmi nous, excepté qu’il sera tué (par l’épée) ou empoisonné. »

Après avoir terminé le sermon, l’Imam (p) ordonna qu’Ibn Muljim (la) soit amené. Lorsqu’il fut amené, l’Imam (p) lui dit : « Qu’est-ce qui t’a poussé à tuer l’Emir des croyants (p) et à provoquer cette grande fissure dans la Religion ? » Il répondit : « J’avais fait vœu à Allah (S) et pris sur moi la responsabilité de tuer ton père, et j’ai ainsi tenu ma promesse. Si tu le souhaites, accorde-moi la sécurité afin que je puisse me rendre à Sham, tuer Muawiyah (la) et te débarrasser de son mal. Ensuite, je reviendrai vers toi, et si tu le désires, mets fin à ma vie, sinon pardonne-moi. » L’Imam al Hassan (p) répondit : « Loin de là ! Par Allah (S) ! Tu n’auras pas d’eau froide jusqu’à ce que tu sois envoyé au feu de l’enfer. »

Selon un récit dans Farhatul Gari (de Sayyad Giyathuddin Ibn Tawus), Ibn Muljim (la) dit : « J’ai un secret que je voudrais te confier à l’oreille. » L’Imam al Hassan (p) refusa et dit : « Tu as l’intention de m’arracher l’oreille depuis la racine en raison de ta profonde hostilité. » Il répliqua : « Par Allah (S) ! Si seulement il m’avait permis de m’approcher de lui, j’aurais arraché son oreille de sa racine. »

Puis selon la volonté de l’Emir des croyants (p), l’Imam (p) expédia Ibn Muljim (la) en enfer d’un seul coup d’épée. Selon un autre récit, l’Imam al Hassan (p) ordonna qu’il soit décapité. Ummul Haytham bint Aswad al Nakha’i demanda que le corps d’Ibn Muljim (la) lui soit remis. Elle construisit un feu et brûla son cadavre maléfique.

Nous (l’auteur) disons qu’il est révélé dans ce récit que le maudit Ibn Muljim (la) fut envoyé dans le feu de l’enfer le vingt et unième jour du mois de Ramadhan, le même jour du martyre de l’Emir des croyants (p). De même, il existe un autre récit avec le même contenu dans certains livres anciens, selon lequel, la nuit où l’Emir des croyants (p) fut enterré, à l’aube, Umm Kulthum (pse) fit jurer l’Imam al Hassan (p) que « je désire que le meurtrier de mon père (p) ne vive pas une heure de plus. » Par conséquent, on peut conclure à partir de ce récit que ce qui est réputé parmi les gens, à savoir qu’Ibn Muljim (la) fut envoyé au feu de l’enfer le vingt-septième jour du mois de Ramadhan, n’est pas fiable sur le plan textuel.

Ibn Shahr Ashub et d’autres rapportent que les os d’Ibn Muljim (la) furent jetés dans une fosse, tandis que les gens entendaient constamment des gémissements et des pleurs provenant de celle-ci. L’incident d’un prêtre chrétien, concernant la punition d’Ibn Muljim (la) dans ce monde, est renommée et citée dans des livres fiables.[91]

Al Mas’udi, l’historien, relate que lorsque Ibn Muljim (la) fut condamné à mort, Abdullah bin Ja’far demanda qu’on le lui remette afin qu’il puisse y trouver du réconfort. Il lui sectionna les mains et les pieds et fit chauffer un clou dans le feu jusqu’à ce qu’il devienne rouge, puis il l’enfonça dans ses yeux. Le maudit s’écria : « Gloire à Allah (S) qui a créé l’homme ! Tu mets du khôl sur les yeux de ton oncle avec du plomb usé. » Ensuite, les gens le saisirent, l’enveloppèrent dans un sac, versèrent de l’huile dessus et y mirent le feu.

Concernant les enfants et les épouses de l’Emir des croyants (p) 

Selon Sheikh al Moufid, l’Emir des croyants (p) avait vingt-sept enfants, hommes et femmes. Parmi eux, quatre étant, Imam al Hassan (p), Imam al Hussain (p), Zaynab al Kubra [l’aînée] (pse) avec le titre d’Al Aqilah (l’Intellectuelle)1 et Zaynab al Sugra [la cadette] (pse) avec l’agnomen (Kuniyyah) d’Umm Kulthum ; tandis que leur mère était Fatemah al Zahra (pse). Nous citerons plus tard concernant Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p), tandis que Zaynab (al Kubra) était mariée à Abdullah bin Ja’far (bin Abi Talib), son cousin paternel, et lui a donné des fils, parmi lesquels Mohammad et Awn, ont tous deux été martyrisés à Karbala.

Abul Faraj (al Isfahani) écrit que Mohammad bin Abdullah bin Ja’far, qui fut martyrisé à Karbala, avait pour mère Khawsa bint Hafsah bin Thaqif, et était le véritable frère d’Ubaydullah, qui fut lui aussi martyrisé à Karbala. Quant à

1 Sayyedah Zaynab al Kubra (pse) (la Zaynab aînée), fille aînée de l’Imam Ali (p) et de Sayyedah Fatemah al Zahra (pse) est née à Madina du vivant du Noble Messager d’Allah (pse). Elle grandit dans le giron sacré de son grand-père, de son père et de sa mère, avec ses frères et sa sœur. Elle réunit en elle l’éminence de son grand-père, la vaillance de son père, la vertu de sa mère et la moralité de ses frères. Elle fut nommée Zaynab, c’est-à-dire l’embellissement de (son) père, elle s’avéra plus tôt être un embellissement pour l’Islam en particulier et la création tout entière en général. Zaynab al Kubra était mariée à son cousin paternel Abdullah, appelé Bahrul Sakha’ (l’océan de la munificence), le fils de Ja’far à Tayyar. Après le martyre de l’Imam al Hussain (p), elle a assumé le rôle de préserver son nom et sa mission, qui était d’assurer la permanence de l’Islam et de dévoiler le visage hideux de l’hypocrisie et du despotisme. Elle a affronté les pires épreuves de la vie avec une patience inébranlable et des prouesses inégalées, qui auraient même fait vaciller les pieds du plus valeureux des hommes. Ses sermons éloquents à Kufa et à Dimashq (Damas) ébranlèrent les fondements mêmes du trône des Bani Umayyah, et les gens l’écoutèrent bouche bée. Elle parla avec une telle sagesse que les gens présumèrent que l’Imam Ali (p) s’était relevé, tandis que Yazid (la) fut mis dans une honte éternelle, elle porta ainsi un coup final au mur du despotisme. Outre cela, elle était la seule responsable de la préservation de la continuité de la descendance du Messager d’Allah (pslf), puisqu’il est narré qu’elle a parfois sauvé la vie de l’Imam Ali Zaynul Abidine (p) et qu’elle était prête à se sacrifier à sa place. Ses qualités sublimes sont attestées par les nombreux titres qui lui ont été décernés, à savoir Aqilat Bani Hashim (l’intellectuelle parmi les Hashemites) ; ‘Aqilatul Quraysh (l’intellectuelle parmi les Quraysh) ; Sharikatul Hussain (l’associée de Hussain [dans sa mission]) ; Al Alimatul Ghayrul Mu’allimah (une intellectuelle sans avoir été formée) ; Al Fahimatul Ghairul Mufahhimah (une connaisseuse qui n’a besoin de personne pour lui faire comprendre) ; Sahibatul Musibatul Uzma (la porteuse du grand chagrin) ; etc. Les avis divergent quant au lieu de sa sépulture, certains pensent qu’elle est morte à Madina et y a été enterrée, tandis que d’autres affirment qu’elle repose au Caire. Cependant, le point de vue le plus exact, unanimement accepté par les savants chiites, est qu’elle est enterrée à Damas, en Syrie, à un endroit aujourd’hui connu sous le nom d’Al Zaynabiyyah. Le pèlerinage de sa tombe bénie est fortement recommandé et sa visite est le désir de tout vrai croyant et de tout chercheur de vérité. De nombreux ouvrages ont été écrits pour décrire sa vie méritoire : Khasa’esul Zaynabiyyah par Sayyad Nuruddin al Jaza’eri, Zaynab Ukhtul Hussain par Mohammad Hussain al Adib, Zaynab al Kubra par Sheikh Ja’far al Naqdi, Aqilat Bani Hashim par Sayyad Ali al Hashmi, Ma’a Batalat Karbala par Sheikh Mohammad Jawad Maghniyyah, Ibnatul Zahra’ Batalatul Fida par Ali Ahmad al Shalabi, Fi Rihab al Sayyedah Zaynab par Sayyad Mohammad Bahrul Ulum, Zaynabul Kubra minal Mahd ilal Lahd par Sayyad Mohammad Kaẓim al Qazwini, Batalat Karbala par Dr. a’ishah Bintul Shati al Misri (auteur Ahlul Sunnah) etc.

Umm Kulthum, son mariage avec Umar ibnul Khattab (la)[92] est cité dans les livres ; après lui, elle fut mariée à Awn bin Ja’far (bin Abi Talib) et après lui à Mohammad bin Ja’far (bin Abi Talib) (après la mort du premier). Ibn Shahr ashub rapporte, d’après le livre Kitabul Imamah d’Abu Mohammad al Nawbakhti, qu’Umar ibnul Khattab (la) a épousé Umm Kulthum, mais comme elle était encore une enfant, il n’a pas établi de relations physiques avec elle, et avant qu’il ne puisse le faire, il est mort.

Ibn Shahr ashub rapporte, d’après le livre Kitabul Imamah d’Abu Mohammad al Nawbakhti, que Umar ibnul Khattab (la) a épousé Umm Kulthum, mais comme elle était encore une enfant, il n’a pas établi de relations physiques avec elle, et avant qu’il ne puisse le faire, il est mort.

Le cinquième est Mohammad, qui possède l’Agnomen (Kuniyyah) d’Abul Qasim, dont la mère est Khawlah bint Ja’far bin Qays al Hanafiyyah. Il est cité dans certains rapports que le Messager d’Allah (pslf) avait donné la bonne nouvelle de sa naissance à l’Emir des croyants (p) et lui avait conféré son propre nom et son Kuniyyah. Mohammad (Ibnul Hanafiyyah) est né sous le règne d’Umar ibnul Khattab (la) et est mort sous le règne d’Abdul Malik Ibn Marwan, alors que son âge était estimé à soixante-cinq ans. Les avis divergent quant au lieu de sa mort : certains disent qu’il est mort à Ilah, un deuxième récit dit qu’il est mort à Ta’if, tandis que le troisième dit qu’il est mort à Madina et qu’il a été enterré à Al Baqi.[93] La secte d’Al Kaysaniyyah le considérait comme un Imam et le désignait comme l’Al Mahdi du dernier âge.

Ils croyaient qu’il avait disparu dans la montagne de Radhwa, au Yémen, qu’il y résidait, qu’il était vivant et qu’il ressusciterait ; toutes les louanges sont à Allah (S), les croyants de cette secte se sont éteints. Mohammad était une personnalité érudite, valeureuse, puissante et forte. On rapporte qu’une fois des armures furent apportées à l’Emir des croyants (p), l’une d’entre elles était trop longue par rapport à la taille d’un homme, et l’Imam (p) a donc ordonné que les parties supplémentaires de l’armure soient coupées. Mohammad saisit la partie supplémentaire dans son poing et, comme on sépare les tissus d’une étoffe de soie, il l’arracha de l’endroit où l’Imam (p) l’avait marquée. Son incident, avec Qays (bin Sa’ad) bin Ubadah, avec les deux messagers romains envoyés par le César, est célèbre.[94] Son intense bravoure et sa chevalerie se manifestent par son rôle dans les batailles de Jamal et de Siffin.

Les sixième et septième sont Umar et Ruqayyah al Kubra (l’aîné), nés jumeaux d’Umm habib bint Rabi’ah.

Les huitième, neuvième, dixième et onzième sont Abbas (p), Ja’far, Uthman et Abdullah al Akbar (l’aîné) ; tous les quatre ont été martyrisés à Karbala et leur martyre sera cité à l’endroit approprié, si Allah (S) le veut bien. Leur mère était Ummul Banine[95] bint hizam bin Khalid al Kilabi. On rapporte que l’Emir

des croyants (p) dit à son frère Aqil : « Tu es un généalogiste parmi les Arabes, alors choisis pour moi une femme qui m’engendrerait un fils, qui serait viril et un chevalier parmi les Arabes. » Aqil répondit : « Alors épouse Ummul Banine al Kilabiyyah, car aucun des Arabes n’a été plus valeureux que ses ancêtres. » Ainsi, l’Emir des croyants (p) l’épousa et elle donna naissance à Abbas (p) et à ses trois frères. C’est pour cette raison que Shimr bin Diljawshan, qui appartenait au clan des Bani Kilab, apporta un acte de garantie pour Abbas et ses frères, tout en s’adressant à eux comme à ses neveux, ce qui sera cité plus loin.

Les douzième et treizième sont Mohammad al Asgar, dont l’agnomen (Kuniyyah) est Abu Bakr et Abdullah. Ces deux frères sont également tombés martyrs à Karbala, alors que leur mère était Layla bint Mas’ud al Darmiyyah.

Le quatorzièmement est Yahya, dont la mère était Asma bint Umays.

Les quinzième et seizième sont Ummul Hassan et Ramlah al Kubra, leur mère étant Umm Sa’id bint Urwah bin Mas’ud al Thaqafi. Ramlah a épousé Abil Hayyaj Abdullah bin Sufyan bin harith bin Abdul Muttalib ; tandis qu’Ummul Hassan a épousé Ju’dah bin Hubayrah, le fils de sa tante paternelle[96], et après lui, elle a épousé Ja’far bin Aqil (bin Abi Talib).

Les dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième sont Nafisah, Zaynab al Sugra et Ruqayyah al Sugra. Ibn Shahr ashub mentionne que leur mère était Umm Sa’id bin Urwah (bin Mas’ud al Thaqafi), et que la mère d’Ummul Hassan et de Ramlah al Kubra était Umm Shu’ayb al Makhzumiyyah. Il est mentionné que Nafisah possédait l’agnomen (Kuniyyah) d’Umm Kulthum al Sugra, et qu’elle s’est marié avec Kathir bin Abbas bin Abdul Muttalib. Zaynab al Sugra était mariée à Mohammad bin Aqil (bin Abi Talib). Certains affirment que la mère de Ruqayyah al Sugra était Umm habibah, alors qu’elle était mariée à Muslim bin Aqil (bin Abi Talib).

Ses autres enfants, du vingtième au vingt-septième, sont mentionnés comme suit : Umm Hani, Ummul Kiram, Jumanah possédant l’agnomen (Kuniyyah) d’Umm Ja’far, Umamah, Umm Salamah, Maymunah, Khadijah et Fatemah.

Certains lui attribuent trente-six enfants, dix-huit fils et dix-huit filles, en ajoutant Abdullah et Awn, dont la mère était Asma’ bin ‘Umays, comme le rapporte Hisham bin Mohammad, connu sous le nom d’Ibnul Kalbi ; Mohammad al Aswat (le médian), dont la mère était Umamah, la fille de Zaynab, la fille du Messager d’Allah (pslf) ; Uthman al Asgar, Ja’far al Asgar, Abbas al Asgar (le plus jeune), Umar al Asgar, Ramlah al Sugra et Umm Kulthum al Sugra.

Ibn Shahr ashub écrit que l’Emir des croyants (p) eut une autre fille de Mihyah bint Imru al Qays, qui mourut en bas âge.

Sheikh al Moufid écrit qu’il est rapporté par les personnalités Chiites que Fatemah al Zahra (pse) porta un fils de l’Emir des croyants (p), qui fut nommé Mohsine (p) par le Messager d’Allah (pslf), et qu’il fut martyrisé dans son ventre après la mort de ce dernier (pslf).

Nous (l’auteur savant) disons qu’Al Mas’udi dans son Murawwajul Dahab, Ibn Qutaybah dans son Kitab al Ma’arif et Sayyad Abbas al Musawi al Shami al Makki dans son Ahzar Bustanul Naẓiri incluent Mohsine (p) parmi les enfants de l’Emir des croyants (p). L’auteur d’Al Majdi[97] écrit que les Chiites ont parlé de Mohsine et de la fausse couche de sa mère (pse), alors que j’ai trouvé sa mention dans certains ouvrages généalogiques, mais ils n’ont pas cité son martyr par fausse couche d’une manière fiable.[98]

Parmi les fils de l’Emir des croyants (p), cinq ont eu une descendance, à savoir Imam al Hassan (p), Imam al Hussain (p), Mohammad bin al hanafiyyah, Abbas (p) et Umar al Akbar (l’aîné). Tout en citant les noms de ses enfants, les noms de ses femmes ont également été mentionnés. On rapporte que l’Emir des croyants (p) n’a épousé aucune autre femme durant la vie de Fatemah (pse), à l’instar du Messager d’Allah (pslf), qui n’a épousé aucune autre femme durant la vie de Khadijah (pse). Après la mort de Fatemah (pse), Imam Ali (p) épousa Umamah, sa nièce, selon la volonté de Sayyedah Fatemah (pse). Et selon un récit, son mariage avec Umamah eut lieu après trois nuits suivant la mort de Fatemah (pse). Lorsque l’Emir des croyants (p) a été martyrisé, quatre de ses épouses et dix-huit servantes étaient encore en vie, les noms de ces quatre femmes étant Umamah, Asma bint Umays, Layla al Tamimiyyah et Ummul Banine.

Comme indiqué, parmi les enfants de l’Emir des croyants (p), cinq possédaient une descendance. Quant à Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p), nous les citerons, ainsi que leur descendance, dans les chapitres suivants, si Allah (S) le veut bien ; et quant aux trois autres, Mohammad bin al hanafiyyah, Abbas (p) et Umar al Atraf, il convient que nous citions ici certains de leurs descendants.

Concernant la descendance de Mohammad bin al hanafiyyah : Il eut vingtquatre enfants, dont quatorze hommes, tandis que sa descendance se poursuivait à partir de deux fils, Ali et Ja’far. Ja’far fut tué lors de l’incident de harrah, lorsque Musrif bin Uqbah attaqua Madina et mit à mort ses habitants sur ordre de Yazid bin Muawiyah (la). La plupart de ses descendants rejoignent Ra’as al MaDari Abdullah bin Ja’far al Thani bin Abdullah bin Ja’far bin Mohammad bin al hanafiyyah. Parmi sa descendance (Ra’as al MaDari) figure l’honorable chef Abul Hassan Ahmad bin Qasim bin Mohammad al Awid bin Ali bin Ra’as al MaDari, ainsi que son fils Abu Mohammad Hassan bin Ahmad, ce dernier étant un maître éminent et le successeur de Sayyad Sharif al Murtadha au poste de Niqabah (chefferie)[99] de Bagdad. Parmi sa descendance se trouvait le célèbre Bani al Naqib al Mohammadi, détenteur du savoir, de l’honneur, de la grâce et des récits, mais il s’est éteint. Parmi eux figure également Ja’far al Thalith (le troisième) bin Ra’as al MaDari, tandis que sa descendance est issue de ses fils Zayd, Ali, Moussa et Abdullah. Parmi la descendance d’Ali bin Ja’far al Thalith se trouve Abu Ali al Mohammadi à Basrah, qui est Hassan bin Hussain bin Abbas bin Ali bin Ja’far al Thalith, Siddiqul Umari. On rapporte d’Abu Nasr al Bukhari qu’en réalité la descendance d’Al Mohammadi atteint trois personnes, à savoir Zayd al Tawil bin Ja’far al Thalith, Ishaq bin Abdullah Ra’as al MaDari et Mohammad bin Ali bin Abdullah Ra’as al MaDari. Parmi la descendance de Mohammad bin Ali bin Ishaq bin Ra’as al MaDari figure l’autorité digne de confiance Abul Abbas Aqil bin Hussain bin Mohammad (bin Ali bin Ishaq bin Ra’as al MaDari), juriste et narrateur d’Ahadith. Parmi ses ouvrages figurent Kitabul Salah, Manasikul hajj et Al Amali. Sheikh Abdul Rahman al Moufid al Nayshaburi a étudié sous sa direction et sa descendance existe dans les régions d’Isfahan et de Fars (en Iran). Parmi la descendance de Ra’as al MaDari figure le savant traditionniste Qasim bin Abdullah Ra’as al MaDari et son fils Sharif Abu Mohammad Abdullah bin Qasim bin Abdullah Ra’as al MaDari.

Ainsi ce termine la partie relative à la vie de l’Imam Ali Ibn Abi Talib (p) [le traducteur].

https://www.islamvictime.com/wp-content/uploads/2024/02/Ali-p-le-Lion-dAllah-S.pdf

[1] En référence au verset du Saint Qur’an : « Alors, il l’appela d’au-dessous d’elle, [lui disant: ]: « Ne t’afflige pas. Ton Seigneur (S) a placé à tes pieds une source. Secoue vers toi le tronc du palmier: il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres. » [19:24-25]

[2] Le Messager d’Allah (pslf) a dit : « Si tous les arbres du monde étaient transformés en plumes, les océans en encre, les Hommes et les Djinns en scribes, ils ne parviendraient pas à comprendre les excellences d’Ali bin Abi Talib (p) ». (Cité avec de légères variations textuelles par Sulayman al Qanduzi, “Yanabi’ul Mawaddah”; Hafidh al Ganji al Shafe’i, “Kifayatul Talib”; Sheikhul Islam al Hamwini, “Fara’idul Simtayn”; Ibn Hajar al ‘Asqalani, “Lisanul Mizan” et “Fathul Bari”; Shamsuddin al Dahabi, “Mizanul I’atidal”; Ibn ‘Abdul Birr, “Al Isti’ab”; Ibn hajar al Haythami, “Al Sawa’iqul Muhriqah”; Jalaluddin al Suyuti, “Tafsir Durrul Manthur”; Al hakim al Naysaburi, “Mustadrak alal Sahihayn”; etc.) [traducteur].

[3] Yahya bin Aktham a demandé à Imam Ali al Hadi (p) ce qu’il pensait de la déclaration d’Allah (S) : « Quand bien même tous les arbres de la terre se changeraient en Kalam [plumes pour écrire], quand bien même l’océan serait un océan d’encre où conflueraient sept autres océans, les paroles d’Allah ne s’épuiseraient pas. Car Allah est Puissant et Sage. » [31:27]. Imam Ali al Hadi (p) a répondu : « Nous sommes les paroles d’Allah (S), nos excellences ne peuvent être appréhendées ou comprises. » (Sheikh al Tabarsi, « Al Ihtijaj » ; Ibn Shu’bah al Harrani, « Tuhfal Uqul ‘an alal Rasul » ; Ibn Shahr ashub, « Al Manaqib al Abi Talib » ; etc) [traducteur].

[4] En vérité, Allah (S) fait référence à cette valeur invincible de l’Emir des croyants (p) dans plusieurs versets du Qur’an, l’un d’entre eux étant : « Ô les croyants ! Quiconque parmi vous apostasie de sa religion… Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient. » [5:54]. Les exégètes Shias et Ahlul Sunnah écrivent dans leurs livres respectifs que ce verset a été révélé pour Ali bin Abi Talib (p). (Al Tha’labi, « Al Tafsir » ; Fakhruddin al Razi, « Tafsirul Kabir » ; etc) [Traducteur]

[5] Ce Hadith qui est unanimement reconnu par les savants Chiites et Ahlul Sunnah, peut être facilement trouvé dans de nombreux livres, et ne nécessite pas d’autres preuves, mais nous ne citons ici qu’un seul récit. Khatib al Bagdadi rapporte, par sa chaîne de transmission, de Jabir bin Abdullah (al Ansari) que le jour du traité de paix de Hudaybiyyah, j’ai entendu le Messager d’Allah (pslf), alors qu’il avait saisi la main d’Ali (p), dire : « Voici le chef de la création et il déracinera les débauchés. Celui qui l’assiste sera assisté (par Allah [S]), tandis que celui qui le considère comme réduit et dégradé sera humilié. » Puis il proclama d’une voix forte : « Je suis la cité du savoir et Ali (p) en est la porte. Celui qui veut entrer dans cette cité, doit entrer par sa porte. » (Khatib al Bagdadi, « Tarikh Bagdad ») [traducteur]

[6] Il y a plusieurs incidents dans lesquels les compagnons, y compris Abu Bakr (la) et Umar (la), ont pris des décisions erronées et émis des verdicts sur la base de leurs suppositions erronées et ont ensuite soumis la question à l’Imam Ali (p), qui les a corrigés. C’est pour cette raison que l’on a vu à maintes reprises Umar (la) déclarer : « Sans Ali (p), Umar (la) aurait péri ! » Ou même dire : « Ô Abal Hassan (p) ! Je cherche refuge auprès d’Allah (S) pour ne pas résider dans une communauté parmi laquelle tu ne serais pas présent. » Il a également dit : « Ô Allah (S) ! Ne fais descendre sur moi aucune calamité quand il n’y a pas Ali (p) avec moi. » (Muhibuddin al Tabari, “Al Riyadhul Nadharah”; Ibn Hajar al ‘Asqalani, “Al Isabah fi Tamyiiẓil Sahabah”; Ibn Sa’ad, “Tabaqatul Kubra”; Ibn Athir al Jazari, “Asadul Gabah”; Ali al Muttaqi al Hindi, “Kanzul ‘Ummal”; Al Hakim al Naysaburi, “Mustadrak ‘alal Sahihayn”; etc.) [traduteur]

[7] On rapporte qu’Umar bin al Khattab (la) a dit : « Parmi nous, le meilleur juge est Ali. » (Muslim,

« Al Sahih » ; Ibn Majah, « Al Sunan » ; Ahmad bin Hanbal, « Musnad » ; Al Muttaqi al Hindi, « Kanzul Ummal » ; Al Manawi, « Kunzul Haqa’iq » ; etc.) [traducteur]

[8] Mu’tazilah vient du mot I’atizal qui signifie se séparer ou se retirer. Le nom est dérivé du retrait de son fondateur Wasil bin Ata du cercle d’étude d’Hassan al Basri à la suite d’un désaccord théologique. Les mu’tazilis fondent l’analyse de tous les textes et doctrines religieux sur un esprit sain et une logique solide, et s’il existe une divergence entre eux, les textes ou doctrines doivent être rejetés. Cette seule partie a fait d’eux l’ennemi des musulmans orthodoxes qui suivent de manière conservatrice les Hadiths et le Tafsir. Ils sont également connus pour avoir nié le statut du Qur’an comme étant non créé et co-éternel avec Allah (S), affirmant que si le Qur’an est la parole d’Allah (S), logiquement Allah (S) doit avoir précédé son propre discours [traducteur].

[9] Abul Aswad al Du’ali rapporte que j’ai appelé Ali (p) et que je l’ai trouvé perdu dans ses pensées, la tête penchée d’un côté. Il dit : « Dans cette ville, j’ai vu des gens parler la langue de façon incorrecte. Je devrais écrire un livre sur la grammaire de cette langue. » Trois jours plus tard, je lui rendis à nouveau visite et il me mit dans les mains un livret dans lequel figurait la structure de la syntaxe et de la conjugaison, ainsi que d’autres parties du discours, en disant : « Voici les fondations sur lesquelles tu peux construire la structure. » (Muhibuddin al Tabari, « Al Riyadhul Nadharah ») [traducteur].

[10] Ibn Abil Hadid dit que « tous les gens sont unanimement d’accord pour dire qu’aucun des compagnons (du Prophète d’Allah [pslf]) ou des savants n’a dit : Interrogez-moi avant que vous ne me perdiez, à l’exception d’Ali bin Abi Talib (p). » (Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah ») [traducteur].

[11] Ibrahim al Harbi rapporte qu’une fois Maqatil bin Sulayman s’assit et annonça : « Interrogez-moi sur tout ce qui se trouve sous le Trône (d’Allah [S]), ainsi que sur la nourriture et les plats cachés dans nos maisons ». Un homme lui demanda : « Alors, dis-moi, lorsqu’Adam (p) a accompli le pèlerinage du Hajj, qui lui rasa la tête ? ». Maqatil répondit : « Cette question ne vient pas de toi. Au contraire, Allah (S) a voulu me soumettre à l’inefficacité et à la disgrâce par ta question à cause de mon orgueil ». (Ibn Asakir, « Tarikh Dimashq ; Ibn Khallikan, « Al Tarikh ») [traducteur].

[12] L’expression complète est la suivante : « Si l’on m’étend un tapis et que je m’y assois, je trancherai le cas des juifs selon leur livre la Tawrat (Torah), des chrétiens selon leur livre l’Injil (Évangile), et des musulmans selon leur Qur’an, de telle sorte que chacun de ces livres s’écriera : « Ali (p) a dit la vérité » (Nahjul Balagah) [traducteur].

[13] Al Rijal ou une science portant sur l’étude critique des biographies des transmetteurs d’Ahadith. [traducteur].

[14] Bien que cet incident soit cité par l’Estimé Auteur dans ses annotations, nous l’avons inclus dans le texte même du livre par souci de concision dans les notes [traducteur].

[15] fait référence au verset : « À ceux qui te contredisent à son propos, maintenant que tu en es bien informé, tu n’as qu’à dire: « Venez, appelons nos fils et les vôtres, nos femmes et les vôtres, nos propres personnes et les vôtres, puis proférons exécration réciproque en appelant la malédiction d’Allah sur les menteurs. » [3:61].

[16] « Et offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l’orphelin et au prisonnier, (disant): C’est pour le visage d’Allah que nous vous nourrissons : nous ne voulons de vous ni récompense ni gratitude. » [76:8-9]. De nombreux savants et exégètes Chiites et Ahlul Sunnah ont cité dans leurs livres que le chapitre entier d’Al Dahr a été révélé pour faire l’éloge des Ahlulbayt (p). L’essentiel de l’épisode est que l’Imam al Hassan (p) et l’Imam al Hussain (p) sont tombés malades et que le Messager d’Allah (pslf) a suggéré à l’Emir des croyants (p) de faire un vœu à Allah (S) pour qu’ils guérissent. L’Emir des croyants (p) fit le vœu de jeûner durant trois jours consécutifs, tout comme Sayyedah Fatemah (pse) et sa servante Fizza. Lorsqu’ils se sont rétablis, les Ahlulbayt (p) décidèrent d’accomplir leur vœu et Imam Ali (p) emprunta du blé à un juif et Fatemah (pse) en fit du pain. Au moment de la rupture du jeûne, un pauvre frappa à la porte et demanda quelque chose à manger et tous donnèrent leur pain. Le deuxième jour, lorsque l’heure de la rupture du jeûne arriva également, un orphelin demanda quelque chose et ils lui donnèrent leur part. De même, le troisième jour, tous donnèrent leur part au voyageur et passèrent trois jours continus dans la faim et la soif. Le quatrième jour, leur état se dégrada à tel point que l’Imam Ali (p), l’Imam al Hassan (p) et l’Imam al Hussain (p) tremblaient en raison de la faim excessive, de même que Sayyedah Fatemah (pse) et sa servante Fizza, et ils ne pouvaient même pas marcher à cause de la faiblesse. Le Messager d’Allah (pslf) fut très affecté par leur état et Jibraïl (p) descendit avec les versets de la Surah. Cet épisode a été cité par les savants Ahlul Sunnah tels que Hafidh al Haskani dans son Shawahidul Tanzil, Sibt Ibnul Jawzi dans son Tadkirah Khawasul Ummah, Al Khatib al Bagdadi dans son Al Manaqib, Al Qadhi al Baydhawi dans son Anwarul Tanzil wa Asrarul Ta’wil, Muhiyuddin Ibnul Arabi dans son Tafsir al Qur’an al Karim, Jalaluddin al Suyuti dans son Durr al Manthur, etc. [traducteur].

[17] Al Baydhawi écrit dans son Anwarul Tanzil que ce verset a été révélé pour Ali (p). Une fois alors qu’il ne possédait que quatre dirhams, il donna un dirham la nuit en aumône, le second le jour, le troisième en secret et le quatrième au grand jour. Ce point de vue est accepté par d’autres savants Ahlul Sunnah tels que Ibn Kathir al Dimashqi dans son Tafsir al Qur’an al Azim, Al Ganji al Shafeï dans son Kifayatul Talib, Al Muhibb al Tabari dans son Dakha’irul Uqba fi Manaqib Dawil Qurba et Al Riyadhul Nadharah, Fakhruddin al Razi dans Tafsir al Kabir, Ibn Sabbag al Maliki dans son Al Fusulul Muhimmah, Ibn Hajar al Haythami dans son Al Sawa’iqul Muhriqah,… [traducteur].

[18] L’un de ses éminents compagnons, qu’il avait nommé gouverneur de Basrah. L’Imam (p) lui envoya une lettre lorsqu’il apprit que les habitants de Basrah avaient invité Uthman à un somptueux banquet auquel il assista, tandis que la lettre entière est citée dans le Nahjul Balagah et regorge d’exhortations bénéfiques (traducteur).

[19] Ahnaf bin Qays rapporte qu’une fois, je suis allé voir Muawiyah (la) et il m’a présenté différents types de plats, épicés et froids, sucrés et acides, au point que j’ai été très surpris (car je n’avais jamais rien vu de semblable auparavant). Il m’a ensuite présenté un plat coloré que je n’ai pas reconnu et je lui ai demandé ce que c’était. Il m’a répondu : « Ce sont des intestins de canard farcis de cervelle, frits dans de l’huile de pistache et saupoudrés de sucre. » En entendant cela, j’ai pleuré et il m’a demandé pourquoi je pleurais. Je répondis : « Je me suis souvenu d’Ali (p). Une fois, j’étais en sa présence lorsque l’heure de la nourriture et de la rupture du jeûne est arrivée et il m’a dit de rester en retrait. On lui apporta un sac en cuir dont l’ouverture était scellée. Je lui ai demandé ce qu’il contenait et il m’a répondu qu’il contenait de la farine d’orge. Je lui ai demandé s’il l’avait scellé de peur qu’il soit volé ou s’il était avare à cet égard. Il répondit que ce n’était aucune de ces deux raisons, mais qu’il craignait plutôt que Hassan (p) ou Hussain (p) n’y mélangent de l’huile ou du ghee. Je lui ai demandé s’il était interdit de le faire et il m’a répondu qu’il était nécessaire que les chefs vertueux se considèrent comme les plus humbles des hommes afin que la pauvreté des indigents ne les pousse pas à se rebeller. » En entendant cela, Muawiyah (la) dit : « Tu as relaté son excellence qu’on ne peut nier. » (Sulayman al Hanafi al Qanduzi, « Yanabi’ul Mawaddah » ; Mansur bin Hussain al abi, « Nathrul Durr » ; etc.) [traducteur].

[20] L’une des nombreuses prières quotidiennes recommandées (Mustahab) comportant une grande récompense et comptant trente-quatre unités (Rakah). Huit unités avant les prières de Zohr, huit unités avant les prières d’Asr, quatre unités après les prières de Maghrib, une unité (debout) ou deux unités (assis) après les prières d’Isha, onze unités de prières nocturnes (Salatul Layl) et deux unités avant les prières de Fajr. Toutes ces prières doivent être récitées par paires de deux rakat, tandis que la récitation de la Suratul Hamd dans toutes ces unités est suffisante et il n’est pas nécessaire de réciter une autre Surah. (traducteur)

[21] Laylatul Harir ou la nuit du grognement, c’est l’une des nuits de la bataille de Siffine au cours de laquelle des milliers de personnes ont été tuées, alors que l’Emir des croyants (p) et ses compagnons ont fait preuve d’une grande bravoure. Al Harir fait généralement référence au grognement du chien, sans aboiement, en raison de son manque de patience face au froid extrême. La raison de le nommer ainsi est due à la voix excessive des gens qui souhaitaient se battre pendant cette nuit, à l’agitation de Muawiyah (la) et à sa panique, semblable à celle d’un chien, en raison de la sévérité de la bataille et de la victoire des gens d’Iraq. Ou encore que l’armée de Muawiyah (la) a grogné, comme des chiens, à cause d’un froid excessif. Une autre raison évoquée est que, durant cette nuit, aucune voix n’a été entendue, si ce n’est le bruit des épées. Chaque fois que l’Imam Ali (p) tuait un homme valeureux, il criait « Allahu Akbar », alors que le nombre total de Takbir cette nuit-là s’élevait à cinq cent vingt-trois ! (Sheikh Ja’far al Naqdi, « Al Anwarul Alawiyyah wal Asrarul Murtadhawiyyah ») [traducteur].

[22] Ou le possesseur de callosités. On rapporte de l’Imam Mohammad al Baqir (p) qu’il fut nommé Dul Thafinat parce qu’il avait développé des callosités sur les points de prosternation en raison de prosternations et d’adorations excessives, et qu’il fallait les peler chaque année. Il les ramassa et voulut qu’elles soient enterrées avec lui. Nous fîmes ce qu’il avait ordonné. (Mohammad Baqir al Majlisi, « Hulyatul Awliya' ») [traducteur].

[23] Après la fin de la bataille de Jamal, lorsque l’Emir des croyants (p) décida de retourner à Kufa, il ordonna même qu’Aisha (la) soit renvoyée à Madina. Lorsqu’elle se prépara à partir, il envoya quarante femmes, coiffées de turbans et de chapeaux et portant des épées, pour l’accompagner avec l’ordre de la protéger et de la prendre au milieu d’elles de tous les côtés (afin que personne ne puisse lui faire de mal). Lorsqu’Aisha (la) vit cela, elle se plaignit tout au long du voyage en disant : « Ô Seigneur (S) ! Traite Ali bin Abi Talib (p) comme il l’a fait avec moi, il a envoyé des hommes avec moi et n’a pas pris en compte le caractère sacré du Messager d’Allah (pslf). » Mais lorsque la caravane atteignit Madina, elles retirèrent leurs turbans et leurs épées et l’accompagnèrent à l’intérieur. Lorsqu’Aisha (la) vit cela, elle se repentit d’avoir maudit et critiqué l’Emir des croyants (p) et dit : « Ô Seigneur (S), accorde une bonne récompense au fils d’Abi Talib (p), puisqu’il a considéré la sainteté du Messager d’Allah (pslf) dans mon affaire. » (Ibn Qutaybah al Daynuri, « Al Imamah wal Siyasah » ; Al Mas’udi, « Murawwajul Dahab » ; Al Tabari, « Tarikh al Rusul wal Muluk » ; etc.) À cela, Sir Washington Irving dit aussi : « Aisha (la) aurait pu s’attendre à un traitement cruel de la part d’Ali ayant été son ennemi vindicatif et persévérant, mais il était trop magnanime pour triompher d’un ennemi déchu. » (Washington Irving, “Life of Mahomet and His Successors”) [traducteur].

[24] Selon un autre récit, il a dit : « Je ne le ferai pas, car l’eau est une chose qu’Allah (S) a créée (communément) pour les musulmans et les non-musulmans, alors que cette action est loin de la noblesse, de la chevalerie et de la virilité. Ils l’ont fait, mais vous, ne le répétez pas. Ali (p) ne désire pas la victoire au prix d’une action lâche. Alors, enlevez vos mains de là. » On rapporte que la consternation et la panique régnaient dans le camp de Muawiyah (la), qui évoquait le spectre de la mort par soif dans le désert. Mais Amru bin al As assura qu’Ali (p) ne refuserait jamais l’eau à qui que ce soit. [traducteur]

[25] Ibnul Mukhramah al Kindi rapporte qu’Umar ibn Khattab (la) arriva un jour à une assemblée où se trouvaient Ali bin Abi Talib (p), Uthman (la), Abdul Rahman, Talha (la) et Zubayr (la). Umar (la) dit alors : « Est-ce que chacun d’entre vous aspire à devenir un chef après mon départ ? » Zubayr répondit : « Chacun d’entre nous y aspire et pense en être capable. Qu’est-ce que tu désapprouves ? » Umar (la) dit : « Puis-je ne pas vous dire ce que je pense de vous ? » Ils restèrent silencieux. Umar (la) dit : «  Puis-je ne pas vous parler de vous-mêmes ? » Ils gardèrent le silence. Zubayr dit alors : « Dis, malgré notre silence. » Il dit alors : « En ce qui te concerne, Ô Zubayr, tu es le meilleur quand tu es content et satisfait, et tu es le pire quand tu es offensé et en colère. Il y a un jour où tu es un démon et un jour où tu es un homme. Dis-moi, qui sera le calife le jour où tu deviendras un démon ? Et toi, Ô Talha, par Allah (S), le Prophète (pslf) a quitté ce monde en étant mécontent de toi. Et toi, Ô Ali (p), tu es un homme d’inactivité et de frivolité. Et toi, Ô Abdul Rahman, tu es le mieux qualifié pour cela, si jamais le poste t’est offert. Mais il y a certainement parmi vous un homme dont la foi englobe la foi de la multiplicité, et c’est Uthman (la). » (Sheikh al Moufid, « al Amali ») [traducteur].

[26] Cela signifie que ses paroles et ses déclarations étaient proches des paroles d’Allah (S) en excellence, alors qu’aucune des paroles de Ses créations ne pouvait leur être comparée.

[traducteur]

[27] Ibn Abil Hadid, l’un des savants des Ahlul Sunnah et l’un de ceux qui ont compilé une interprétation du Nahjul Balagah (Sharh Nahjul Balagah) en vingt volumes, écrit que « si les lettrés et les orateurs étudiaient ce livre, d’une part ils en feraient l’éloge et d’autre part ils reconnaîtraient leur incapacité à le décrire, à en atteindre l’objectif et la profondeur. Pourtant, ils le magnifieraient et le considéreraient comme une source d’éloquence et de rhétorique, et lèveraient même des voiles sur lui. En fin de compte, ils en verraient des aperçus exquis à chaque nouveau regard et en feraient des gorgées productives. » (Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah »). [traducteur]

[28] De nombreux érudits des deux sectes ont rédigé des interprétations (Sharh) du Nahjul Balagah.

Sheikh Hussain Jum’ah al ‘Ameli, un érudit du Sud-Liban, est l’auteur d’un livre en arabe intitulé Shuruh Nahjul Balagah, dans lequel il cite les noms et les détails de deux cent dix interprétations du Nahjul Balagah rédigées au fil des siècles. Parmi les plus importantes, citons : Bahjul Sabagah fi Sharh Nahjul Balagah de Sayyad Mohammad Taqi al Tustari, publié en quatorze volumes ; Nafahatul Wilayah de Sheikh Nasir Makarim al Shirazi, publié en dix volumes ; Minhajul Bara’ah fi Sharh Nahjul Balagah par Mirza Habibullah al Khui publié en vingt et un volumes ; Fi Zilal Nahjul Balagah par Sheikh Mohammad Jawad al Magniyyah publié en six volumes ; Tamam Nahjul Balagah par Sayyad Sadiq al Musawi publié en sept volumes ; Nahjul Sa’adah fi Mustadrak Nahjul Balagah de Sheikh Mohammad Baqir al Mahmudi publié en huit volumes ; Tawdhih Nahjul Balagah de Sayyad Mohammad al Shirazi publié en quatre volumes ; Sharh Nahjul Balagah de Sheikh Maytham al Bahrani publié en cinq volumes ; Sharh Nahjul Balagah de Sayyad Abbas al Musawi publié en cinq volumes ; Miftahul Sa’adah fi Sharh Nahjul Balagah de Sayyad Mohammad Taqi al Naqvi publié en dix-huit volumes ; Nukhbatul Sharhayn fi Sharh Nahjul Balagah de Sayyad ‘Abdullah Shubbar ; Sharh Nahjul Balagah d’Ibn Abil Hadid al Mu’tazili (érudit Ahlul Sunnah) publié en vingt volumes ; etc. [traducteur].

[29] Sayyad Mohammad Mahdi al Ja’far dans son livre ‘Partuwi az Nahjul Balagah’ mentionne vingtdeux sources du sermon, dont huit précédant Sayyad al Radhi, cinq par ses contemporains et neuf après lui [traducteur].

[30] On rapporte de sa mère Fatemah bint Asad que lorsqu’Ali (p) est né, il a été enveloppé dans un lange que j’ai fermement attaché. Ali (p) s’est étiré avec vigueur et l’a déchiré. Je l’ai ensuite enveloppé dans deux, puis trois langes, qu’il a également déchirés. Cela continua jusqu’à ce que je l’enveloppe fermement dans six langes, dont certains étaient en soie et d’autres en cuir, mais il les déchirait également et dit : « Ô mère ! Ne m’attache pas les mains car je veux implorer Allah

(S) de mes doigts. »

[31] Umar Ibn Khattab (la) rapporte qu’un jour, un serpent rampa vers Ali (p), alors qu’il était couché dans son berceau, les mains solidement attachées. Soudain, il s’étira, retira ses mains, attrapa le cou du serpent avec sa main droite et serra de telle sorte que ses doigts pénétrèrent dans sa chair jusqu’à ce qu’il meure. Lorsque sa mère vit cela, elle donna l’alerte et appela les gens à l’aide, tandis qu’une grande foule se rassemblait. Lorsqu’elle le vit, elle dit : « C’est comme si tu étais un lion mâle (Haydarah) » (Mohammad Baqir al Majlisi, « Biharul Anwar »). [traducteur]

[32] On rapporte qu’un jour, Khalid rencontra l’Imam Ali (p) dans sa propriété avec ses compagnons et voulut se vanter de son audace. L’Imam (p) le fit descendre de son cheval et le traîna jusqu’au moulin de Harith bin Kaldah. Il retira la barre de fer du rocher du moulin à main nue (la plia) et l’attacha autour du cou de Khalid comme un collier. Voyant cela, les compagnons de Khalid prirent peur et lui-même le supplia de le relâcher. L’Imam (p) le relâcha, mais la barre de fer resta autour de son cou tel un collier. Il courut chez  Abu Bakr (la) qui ordonna à un forgeron d’enlever la barre du cou de Khalid, mais en vain. Le forgeron déclara qu’il n’était pas possible de l’enlever autrement qu’en la chauffant, mais Khalid ne pourrait pas supporter le feu et risquerait même de périr. La barre resta accrochée au cou de Khalid et lorsque les gens le voyaient, ils riaient (de moquerie). Lorsque l’Emir des croyants (p) revint de son voyage, ils plaidèrent en faveur de Khalid. L’Imam (p) accepta et broya la barre en morceaux de ses mains, comme une pâte, et les dispersa sur la terre. [Auteur]

[33] L’incident est qu’un jour, Khalid bin Walid reçut l’ordre de tuer l’Emir des croyants (p) en état de prière. Il entra dans la Mosquée muni d’une épée, se plaça près de l’Imam (p) pour prier et avait l’intention de le tuer après qu’Abu Bakr (la) eut récité les salutations (Salam). Abu Bakr (la) commença à s’interroger sur les conséquences de cet acte durant le Tashahhud et répéta continuellement ses paroles jusqu’à ce que le soleil se lève. Il dit alors, avant les salutations (Salam) : « Khalid, ne fais pas ce qu’on t’a ordonné », puis termina les prières. Après les prières, Imam (p) demanda à Khalid : « Que t’a-t-on ordonné de faire ? » Il répondit : « De te frapper la tête. » L’Imam (p) lui demanda : « L’aurais-tu fait ? » Il répondit : « Oui, par Allah (S), si on ne m’en avait pas empêché. » Entendant cela, l’Imam (p) l’attrapa et le jeta sur la terre. Selon un autre récit, il lui pressa le cou entre son majeur et son index, de telle sorte que Khalid souilla ses vêtements et qu’il fut à deux doigts de périr. L’Imam (p) l’a alors libéré par l’intercession de son oncle Abbas bin Abdul Muttalib. [Auteur]

[34] Cet incident est assez détaillé et peut être trouvé dans le livre Al Irshad de Sheikh al Moufid, etc.

[35] Nakithin ou les violateurs de serment, désignés par l’Imam Ali (p) comme le groupe qui l’a combattu à Jamal, dérivé du verset : « Quiconque viole le serment ne le viole qu’à son propre détriment » [48:10]. Qasitin ou les déviateurs, terme utilisé par l’Imam (p) pour désigner le groupe qui l’a combattu à Siffine, également dérivé du verset :  « Et quant aux injustes (Qasitun), ils formeront le combustible de l’Enfer. » [72:15]. Mariqin ou ceux qui sont sortis de la foi, terme utilisé par l’Imam (p) pour désigner le groupe de Kharijis qui l’ont combattu à Nahrawan, dérivé d’un Hadith prophétique qui lui a été adressé et qui dit : « Tu combattras après moi ceux qui violent le serment, qui dévient de la vérité et ceux qui sont sortis de la foi. » (Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah » ; Ibn ‘Abdul Birr, « Al Isti’ab » ; Jalaluddin al Suyuti, « Tafsir Durrul Manthur » ; Al Hakim al Naysaburi, « Mustadrak alal Sahihayn » ; Ibn Athir al Jazari, « Asadul Gabah » ; Ali al Muttaqi al Hindi, « Kanzul Ummal » ; etc. ) [traducteur].

[36] Allah (S) a révélé le verset suivant (unanimement reconnu par les exégètes Chiites et Ahlul Sunnah) : « Vous n’avez d’autres alliés qu’Allah, Son messager, et les croyants qui accomplissent la Salat, s’acquittent de la Zakat, et s’inclinent (devant Allah). » [5:55]

[37] Sheikh al Moufid, Shahidul Awwal et Sayyad Ibn Tawus rapportent dans Al Iqbal, que Ja’far al

Sadiq (p) a fait référence à l’Emir des croyants (p) dans ces salutations : « La paix soit avec toi Ô Grand Signe d’Allah [S] (Ayatullah al Uzma). » (Mohammad Baqir al Majlisi, « Bihar al Anwar » ; Sheikh Abbas al Qummi, « Mafatihul Jinan (ses salutations le jour de la naissance du Saint Prophète [pslf]) ». [traducteur].

[38] Naba’ul Azim ou « la grande nouvelle ». Voir le verset : « Sur quoi s’interrogent-ils mutuellement ? Sur la grande nouvelle, à propos de laquelle ils divergent. Eh bien non ! Ils sauront bientôt. » [78:1-4]. Abu Nu’aym al Isfahani écrit dans son livre Hulyatul Awliya que le Saint Prophète (pslf) a dit que par « Naba’ul azim » on entend Ali bin Abi Talib (p) et sa succession de la fonction apostolique en tant que Premier Imam (p) ou le Guide Divinement Choisi. Alqamah raconte que le jour de la bataille de Siffine, un homme armé sortit de l’armée de Muawiyah (la) en récitant cette Surah. Imam Ali (p) se rendit auprès de lui et lui demanda : « Connais-tu la signification de Naba’ul Azim ? » Il répondit par la négative et l’Imam (p) dit : « Sache que je suis le Naba’ul Azim. C’est au sujet de ma position de premier successeur divinement choisi du dernier Prophète (pslf) dont vous avez douté ». (Fathullah al Kashani, « Tafsir Manhajul Sadiqin ») [traducteur].

[39] L’auteur d’Al Agani (Abul Faraj al Isfahani) cite dans Al Mada’eni, qu’un jour, Sayyad al Himyari était assis sur son cheval à Kunasah dans Kufa en criant : « Quiconque raconte une excellence de l’Emir des croyants (p) pour laquelle je n’ai composé aucun vers, je lui donnerai ce cheval ainsi que tout ce que je possède ». Entendant cela, les traditionnistes se mirent à narrer des hadith sur l’excellence de l’Imam (p), tandis que le Sayyad récitait des vers qu’il avait (déjà) composés sur eux. Puis un homme s’approcha de lui et rapporta un Hadith d’Abul Zagl al Muradi, qui dit qu’une fois j’étais en présence de l’Emir des croyants (p) et il se purifiait pour les Prières. Il retira ses chaussures et un serpent y pénétra. Lorsqu’il voulut remettre ses bottes, un corbeau apparut soudain, prit la botte et s’envola, puis la jeta sur la terre et le serpent s’en échappa furtivement. Lorsque Sayyad al Himyari entendit cela, il accomplit sa promesse et composa des vers sur ce sujet en disant : « Voici ! Ô peuple ! Comme c’est étonnant ! Les chaussures d’Abul Hassan (Imam

Ali [p]) et les ampoules ». [Auteur]

[40] On rapporte qu’un jour, un homme d’adarbayjan vint en présence de l’Emir des croyants (p) et dit qu’il avait un chameau qui était têtu et ne se soumettait à lui d’aucune façon. L’Imam (p) lui dit : « À ton retour, va à l’endroit même où le chameau se montre obstiné envers toi et récite la supplication (Du’a’) suivante : « Allahumma inni Atawajjahu Ilayka bi Nabbiyika Nabiyyil Rahmati wa Ahli Baytehi, alladina Akhtartahum ala Ilmin alal ‘alamin. Allahumma fa Dalli Su’ubataha wa Huzunataha, wakfeni Sharraha, fa Innakal Kafiyul Mu’afi wal Galibul Qahir ». (Ô Allah (S) ! Je m’adresse à Toi par Ton Apôtre (pslf), l’Apôtre de la Miséricorde et ses Ahlulbayt (p), qui sont choisis pour la connaissance des mondes. Ô Allah (S) ! Humilie donc son obstination et son chagrin, et repousse son mal, car tu es suffisant, récupérateur et prédominant, Celui qui soumet). L’homme retourna sur ses pas et apprivoisa l’animal avec la supplication. L’année suivante, il s’assit dessus et arriva en présence de l’Imam (p). Avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, l’Imam (p) rapporta tout l’incident de l’apprivoisement de l’animal, en entendant cela, il dit : « Il semble que vous étiez présent là et que vous avez été témoin de tout ». [Auteur]

[41] Abu Ishaq al Sibi et Harith al A’awar rapportent qu’un jour, nous avons vu un vieil homme pleurer dans la rue de Kufa et s’écrier : « J’ai vécu cent ans, mais je n’ai pas été témoin de l’équité, à l’exception d’une heure ». Nous lui avons demandé comment et il a répondu : « Je suis Hujr al Himyari et j’ai suivi la religion juive. Je suis venu à Kufa pour acheter de la nourriture et lorsque j’ai atteint Qubbah (un endroit à Kufa), toute ma richesse a disparu. Je suis allé voir Malik al Ashtar et lui ai fait part de mon chagrin. Il me conduisit à son tour auprès de l’Emir des croyants (p) et dès que son regard se posa sur moi, il dit : « Ô frère juif ! La connaissance de la mort et du malheur (Ilm Manaya wal Balaya), du passé et de l’avenir, est avec nous. Dois-je t’informer de la raison pour laquelle tu es venu me voir ou vas-tu me le dire ? » Je lui ai dit de le dire et il a répondu : « Le Djinn t’a volé ta richesse à Qubbah, alors que désires-tu maintenant ? » J’ai répondu : « Je deviendrai musulman si tu me fais plaisir et si tu me rends ma fortune ». Puis il m’emmena avec lui à Qubbah, récita deux unités de prières, implora et dit : « Il sera lancé contre vous un jet de feu et de fumée [ou de cuivre fondu], et vous ne serez pas secourus. » [55:35]. Puis il dit : « Ô peuple des Djinns ! Vous m’avez prêté allégeance (Bay’ah) et avez prêté serment. Quel acte répréhensible vous avez commis ! Soudain, j’ai vu ma richesse émerger de nulle part. Voyant cela, j’ai récité la Kalimah et j’ai embrassé la foi. Lorsque je suis arrivé à Kufa, l’Imam (p) a été martyrisé et j’en ai pleuré ». Ibn Uqdah dit que cet homme était originaire de Madina. [Auteur]

[42] En référence aux livres suivants : Kashful Rams an Hadithi Raddul Shams par Sheikh

Mohammad Baqir al Mahmudi, Raddul Shams par Mohammad Sa’id al Turayhi, Mash-had Raddul Shams lil Imam Ali bin Abi Talib (p) fil Hillah par Dr. Abdul Azim Abbas al Jawdari, Raddul Shams li Ali (p) par Sayyad Ja’far Murtadha al Ameli, Radde Shams par Mohammad Sadiq al Ansari (Farsi), Mas’alah fi Tashih Raddul Shams wa Targibul Nawasibul Shums by Hakim al Haskani (Ahlul Sunnah), etc. [Traducteur]

[43] Un jour, un croyant a emprunté de l’argent à un hypocrite et lui a demandé de le lui rendre (mais il n’a pas pu le faire). L’Emir des croyants (p) pria pour lui puis lui demanda de lui procurer des cailloux et une motte de terre. Il les plaça ensuite dans ses mains bénies et ils se transformèrent en or jaune. Il le remit ensuite au croyant, qui s’acquitta de sa dette tout en conservant cent mille dirhams. [Auteur]

[44] En référence au verset : « Nous avons certes accordé une grâce à Dawud (David) de Notre part. Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges d’Allah). Et pour lui, Nous avons amolli le fer » [34:10]. Le prophète Dawud (p) était doté d’une voix mélodieuse et enchanteresse et chaque fois qu’il chantait la gloire d’Allah (S), les montagnes environnantes faisaient écho à la louange et les oiseaux chantaient en chœur avec lui, et le fer, qui est l’un des métaux les plus durs, était rendu mou entre ses mains. En effet, sans chauffer le métal, Dawud le rendait suffisamment souple pour fabriquer des armures. On dit qu’il fut le premier à fabriquer des cottes de mailles et des armures de mailles. (S.V. Mir Ahmad Ali, « The Holy Qur’an : Text, Translation and Commentary »). [Traducteur]

[45] Masjid Raddul Shams est situé dans le sud de Hillah et comme les résidents de Hillah ont été pour la plupart des Imamiyyah et des disciples sincères des Ahlulbayt (p), ils ont toujours construit et occupé la mosquée. À l’inverse, la Masjid Jumjumah (Masjid des crânes) se trouve dans un coin, loin du passage des Chiites, et se trouve donc dans un état d’abandon et isolé. Son souvenir s’est lentement atténué, alors qu’un groupe d’Éminents Savants, comme Ibn Shahr ashub, Qutubuddin al Rawandi, Ibn Hamzah al Toussi et d’autres l’ont signalé dans les miracles et les excellences de l’Emir des croyants (p). Notre maître, Mirza Hussain al Nuri, au cours de ses derniers jours, s’est rendu à Hillah pour découvrir cette honorable mosquée. Après de grands efforts, il découvrit cette mosquée dans le village de Jumjumah, près de Hillah, et c’est là que repose la tombe d’Imran bin Amirul Mu’minin, dans un jardin situé à l’extrémité du village, sur son côté est. Les plus âgés du village ont rapporté que leurs prédécesseurs avaient vu une coupole sur cette mosquée. Il est établi parmi les habitants que si quelqu’un prenait une brique de la base du dôme et la fixait dans sa maison ou dans son puits, les deux seraient ruinés. C’est pourquoi personne n’a eu le courage de soulever les briques, alors que les fondations du Masjid ont été découvertes lorsque la terre a été soulevée. Mais jusqu’à présent, personne n’a pris l’initiative de la reconstruire et il est à espérer que le sang ardent et la ferveur religieuse de certaines personnes fortunées, qui sont constamment actives dans la propagation de la religion et le renforcement des fondements de la Shariah, puissent se mettre en mouvement. Ils prendraient des mesures pour animer cette Maison d’Allah (S) abandonnée, la niche de prière de l’Emir des croyants (p) et rendre son miracle permanent, personnellement ou par l’intermédiaire d’autres personnes. Ils rendraient ainsi les Chiites fières et dignes. Ils garantiraient ainsi leur avenir dans le contexte du verset suivant : « Ne peupleront les mosquées d’Allah que ceux qui croient en Allah et au Jour dernier, accomplissent la Salat, acquittent la Zakat et ne craignent qu’Allah. Il se peut que ceux-là soient du nombre des bien-guidés. » [9:18]. Ils rendraient leur nom éternel pour les années à venir et s’égayeraient eux-mêmes. [Auteur]

[46] Sayyad Mohammad al Ashraf, l’auteur du livre Fadha’elul Sadat écrit que lorsque l’Imam al Hussain (p) fut martyrisé, il y avait douze mille nourrissons des Bani Umayyah, dont les berceaux étaient d’or et d’argent. Et Hussain (p) ne possédait pas d’autre enfant que son fils Ali (Zainul Abidine [p]). Aujourd’hui, il n’existe aucune ville ou village, peuplé ou non, à l’exception d’un grand nombre issu de la descendance de Hussain (p). Alors qu’il n’en existe aucun des Bani Umayyah, à l’exception d’une quantité négligeable. Citons cette réfutation d’Allah (S) à Amru bin al As : « Celui qui te hait sera certes, sans postérité. » [108:3]. Sibt Ibnul Jawzi écrit dans son Tadkirah Khawasul Ummah d’Al Waqidi que Mansur al Abbasi emprisonna vingt personnes parmi la progéniture d’Imam al Hussain (p) dans un cachot sous la terre qui était toujours englouti dans les ténèbres, alors que le jour et la nuit n’y étaient pas connus. Il n’y avait ni puits ni toilettes pour répondre à l’appel de la nature. Ces gens se soulageaient au même endroit et la puanteur les accablait. Leurs pieds enflaient continuellement et ils y menaient une vie très dure. Si l’un d’entre eux mourait, il ne pouvait être enterré, tandis que les vivants le voyaient et pleuraient sur lui, jusqu’à ce qu’il meure.

Al Tabari est d’avis qu’ils sont morts d’une soif intense. [Auteur]

[47] Suwayd bin Gaflah rapporte qu’un homme vint trouver l’Emir des croyants (p) et lui dit : « Ô Emir des croyants (p), je suis passé par Wadi al Qarni et j’ai vu que Khalid bin Artafah était mort. J’ai demandé pardon pour lui ». Entendant cela, l’Emir des croyants (p) dit : « Il n’est pas mort et il ne mourra pas tant qu’il ne sera pas à la tête d’une armée d’égaré dont le porte-drapeau sera Habib b. Himaz ». Un homme se trouvant sous la chaire (Mimbar) dit : « O Emir des croyants ! Je fais parti de vos partisans et je suis quelqu’un qui vous aime ». L’Imam (p) lui demanda qui il était et il répondit : « Je suis Habib b. Himaz ». L’Imam (p) poursuivit : « Tu porteras (cet étendard). En effet, tu le porteras et tu entreras par cette porte ». En disant cela, il désigna de la main la porte de l’éléphant (Bab al Fil). Après la mort de l’Emir des croyants (p) et de Hassan (p), ainsi que les événements concernant Hussain (p) et sa révolte, Ibn Ziyad (la) envoya Umar bin Sa’ad (la) contre Hussain (p). Il confia à Khalid bin Artafah le commandement de l’avant-garde et fit de Habib b. Himaz le porte-étendard. Il avança jusqu’à ce qu’il entre dans la Masjid par la porte de l’éléphant (Sheikh al Moufid, « Al Irshad ») [traducteur].

[48] Nakithin ou les violateurs de serment, désignés par l’Imam Ali (p) comme le groupe qui l’a combattu à Jamal, d’après le verset « Quiconque viole le serment ne le viole qu’à son propre détriment » [48:10]. Qasitin ou les déviateurs, terme utilisé par l’Imam Ali (p) pour désigner le groupe qui l’a combattu à Siffine, dérivé du verset « Et quant aux injustes, ils formeront le combustible de l’Enfer. » [72:15]. Mariqin ou ceux qui ont raté la religion, terme utilisé par l’Imam Ali (p) pour désigner le groupe de Kharijis qui l’ont combattu à Nahrawan, dérivé d’un Hadith prophétique selon lequel il (pslf) a dit : « Tu combattras après moi avec les violateurs de serment (Nakithin), les déviateurs (Qasitin) et ceux qui ont manqué à la religion (Mariqin) ». (Jalaluddin al Suyuti, « Tarikhul Khulafa' » ; Hakim al Naysapuri, « Al Mustadrak al Sahihayn » ; Ibn ‘Abdul Birr, « Al Isti’ab ; Ibn Athir al Jazari, « Asadul Gabah » ; Ali al Muttaqi al Hindi, « Kanzul ‘Ummal » ; etc.) [traducteur].

[49] Son nom est incorrectement mentionné comme étant Ali bin Mohammad bin Ahmad bin Ali bin isa bin Zayd bin Ali Zainul Abidine, qui a déclenché un soulèvement contre le pouvoir Abbasi de Mu’tamad Billah. Comme la rébellion comprenait un grand nombre d’esclaves noirs (Zanj), elle fut appelée « guerre des Zanj » et Ali bin Mohammad Sahib al Zanj. La prédiction de l’Imam Ali (p) était adressée à Ahnaf bin Qays : « Ô Ahnaf ! C’est comme si je le voyais s’avancer avec une armée qui ne fait ni poussière ni bruit, ni bruissement de rênes ni hennissement de chevaux. Ils foulent le sol de leurs pieds comme s’il s’agissait de pattes d’autruche ». (Nahjul Balabah) Et bien qu’il ait prétendu descendre de l’Imam Zainul Abidine (p) pour justifier ses actions et ses motivations égoïstes, il est réfuté par un Hadith de l’Imam Hassan al Askari (p) qui dit : « Sahib al Zanj n’est pas un des Ahlulbayt (p). » [traducteur].

[50] Se référer au verset : « Et lorsque Nous te disions que ton Seigneur (S) cerne tous les gens (par Sa puissance et Son savoir). Quant à la vision que Nous t’avons montrée, Nous ne l’avons faite que pour éprouver les gens, tout comme l’arbre maudit mentionné dans le Coran. Nous les menaçons, mais cela ne fait qu’augmenter leur grande transgression. » [17:60]. Il est convenu que « l’arbre maudit » dont il est question dans ce verset sont les Bani Umayyah. Voir Jalaluddin al Suyuti, « Tafsir Durrul Manthur » ; Abul Fida’, « Tarikh » ; Ibn Abil Hadid al Mu’tazili, « Sharh Nahjul Balagah » ; Al Hakim al Naysaburi, « Mustadrak alal Sahihayn » ; Al Haythami, « Majma’ul Zawa’id » ; Abu Nu’aym al Asbahani, « Dala’ilul Nubuwwah » ; Al Tabarani, « Al Mu’jamul Kabir » ; Al Dahabi, « Mizanul I’itidal » ; etc. [traducteur]

[51] En référence à Muawiyah (la) qui avait pris le contrôle total par la force ou par la ruse et est donc mentionné comme « le plus prospère » en raison de la puissance de leur règne (Bani Umayyah) et de leur mode de vie vigoureux (pendant son règne). [traducteur]

[52] En référence à Marwan bin Mohammad al Himar (ou l’âne), le dernier chef des Umayyah qui fut vaincu et tué. [traducteur]

[53] Abul Abbas Saffah était le plus gracieux et le plus miséricordieux d’entre eux [traducteur].

[54] Ja’far bin Mohammad bin Harun (la), connu sous le nom de Mutawakkil (la), qui était une personnification du mal et de l’immoralité. Il a exercé une oppression à l’égard des Bani Hashim et d’Al Ali (p) plus qu’aucun de ses prédécesseurs. Il n’a pas ménagé ses efforts pour détruire et profaner la tombe sacrée de l’Imam al Hussain (p) à Karbala et punir ses pèlerins de la pire des manières. Il fut tué par son propre fils Muntasir. [traducteur]

[55] Mutamad (Ahmad bin Mutawakkil), bien que son règne ait duré vingt-trois ans, est resté le plus souvent empêtré dans des batailles contre Sahib al Zanj et d’autres. [traducteur]

[56] Mutadhid (Ahmad bin Talhah bin Mutawakkil) qui a vu en rêve un homme qui s’est approché de la Dijlah (fleuve Tigre) et a fait signe vers l’eau. Toute l’eau s’accumula dans ses mains, puis il ouvrit sa paume et de l’eau en jaillit. Il demanda à Mutadhid s’il le reconnaissait et celui-ci répondit par la négative. La personne dit alors : « Je suis Ali bin Abi Talib (p). Lorsque tu seras assis sur le trône, favorise ma descendance. » Ainsi, lorsque le royaume lui a été transmis, il a aimé les Alawis et les a favorisés, de sorte que l’Imam (p) l’a décrit comme « l’accomplisseur de promesses et le protecteur des liens du sang ». [traducteur]

[57] Ja’far bin Ahmad, appelé Muqtadir billah. Muannas al Khadim rassembla une armée et vint à Mossul dont il prit le contrôle, puis il vint affronter Muqtadir à Bagdad, et l’armée de ce dernier s’enfuit. Muqtadir fut décapité au cours de la bataille et sa tête fut placée sur la lance. [traducteur]

[58] Trois fils ont succédé à Muqtadir, à savoir Al Radhi billah Mohammad, Al Muttaqi billah Ibrahim et Al Muti billah Fadhl, qui régnèrent l’un après l’autre, tous étant des égarés. [traducteur]

[59] Allamah al Majlisi écrit dans son Biharul Anwar que les narrateurs ont cité à tort le nombre vingtdeuxième, il s’agit plutôt du vingt-cinquième ou du vingt-sixième. En effet, le vingt-deuxième était Muktafi billah Abdullah qui assuma la royauté alors qu’il avait dépassé l’âge de quarante et un ans. Le vingt-cinquième fut Ahmad bin Ishaq, connu sous le nom de Qadir billah, âgé de quatrevingt-six ans et qui régna pendant quarante et un ans. Ou encore le vingt-sixième, Qaim billah, âgé de quatre-vingt-cinq ans et dont le règne a duré quarante-quatre ans. [traducteur]

[60] Abu Ahmad Mustasim, inefficace, confia les affaires de son règne à son ministre Muayyiduddin al Alqami, sot et bavard, et resta lui-même absorbé dans des combats de pigeons et jeux. Il fut tué de la manière décrite, alors qu’il était le dernier d’entre eux (les Bani Abbas). [traducteur]

[61] À l’époque pré-islamique, un marché était organisé chaque année près de Makkah. Il s’appelait Ukaz et l’on y négociait surtout des peaux, ce qui explique que l’on y ait attribué le nom de cuir. Outre les ventes et les achats, des rencontres littéraires étaient également organisées et les Arabes avaient l’habitude d’attirer l’admiration en récitant leurs œuvres. Après l’Islam, ce marché s’est réduit en raison d’une meilleure congrégation sous la forme du Hajj. [traducteur]

[62] Abdullah Ibn Abbas rapporte que j’étais troublé par cela et que je craignais que si le nombre de personnes était inférieur ou supérieur, l’affaire nous causerait un échec. L’anxiété de les compter continua à me troubler, si bien que lorsque les premiers arrivèrent, je commençai à les compter. Leur nombre atteignit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, puis les gens cessèrent de venir. J’ai dit : «  En vérité, nous appartenons à Allah (S) et c’est vers Lui que nous retournerons. Quelle est l’interprétation de ce qu’il a dit ? Alors que je pensais cela, j’ai vu une personne venir vers nous. C’était un homme vêtu d’un manteau de laine, portant une épée, un bouclier et d’autres armes. Il s’approcha d’Imam Ali (p) et lui dit : « Tends ta main pour que je te prête allégeance ». (Sheikh al Moufid, « Al Irshad »). [traducteur]

[63] Il s’agit de Hussain bin Ali (al Abid) bin Hassan al Muthanna bin (Imam) al Hassan bin Ali bin Abi Talib, qui s’est révolté contre le pouvoir des Abbassi en 169 Hijrah à Fakhkh, près de Makkah. Il fut finalement martyrisé avec certains de ses parents et compagnons et fut enterré là. [traducteur]

[64] En référence à Ubaydullah bin Mohammad bin Abdullah bin Ahmad bin Mohammad bin Ismail bin (Imam) Ja’far al Sadiq, connu sous le nom d’Al Mahdi, qui a établi la dynastie Ismailiyah Fatimide en Afrique du Nord. [traducteur]

[65] Se réfère à Ismail bin Imam Ja’far al Sadiq, dont la progéniture était Ubaydullah al Mahdi. Il est appelé Musajji bil Rida, car lorsqu’il décéda, son père (p) l’enveloppa dans son manteau. [traducteur]

[66] Les chefs des Umayyah sont : Muawiyah bin Abu Sufyan (la), Yazid bin Muawiyah (la), Muawiyah bin Yazid, Marwan ibnul Hakam (la), Abdul Malik bin Marwan (la), Walid bin Abdul Malik (la), Sulayman bin Abdul Malik (la), Umar bin Abdul Aziz, Yazid bin Abdul Malik (la), Hisham bin Abdul Malik (la), Walid bin Yazid bin Abdul Malik (la), Yazid bin Walid Abdul Malik (la), Ibrahim bin Walid Abdul Malik (la) et Marwan bin Mohammad bin Marwan (la), pour un total de quatorze. Mais si nous enlevons Muawiyah bin Yazid et Umar bin Abdul Aziz, puisqu’ils ont tous deux renoncé à opprimer les Ahlulbayt (p), il reste douze dirigeants oppresseurs parmi les Bani Umayyah, comme l’avait prédit l’Emir des croyants (p). Et Allah (S) est le Meilleur Connaisseur. [traducteur]

[67] L’éminent auteur Sheikh Abbas al Qummi a écrit un complément à Muntahal Amal, traitant en particulier des « califes » après le Messager d’Allah (pslf) et l’a nommé Tatimmatul Muntaha fi Waqaye Ayyamul Khulafa. Dans ce livre, il traite de la vie des dirigeants des Bani Umayyah et des Bani Abbas, ainsi que des événements importants survenus entre le premier et le treizième siècle de l’Hégire. [traducteur]

[68] Talhah b. Umayrah raconte qu’Ali (p) a rapporté les paroles du Prophète (pslf) aux gens : « Celui dont je suis le maître,  Ali (p) en est le maître». Douze hommes des Ansar en ont témoigné, mais Anas bin Malik était parmi ceux qui ne l’ont pas fait. l’Emir des croyants (p) lui a dit : « Ô Anas ! Qu’est-ce qui t’a empêché de témoigner ? Tu as entendu ce qu’ils ont entendu (du Prophète). » Il répondit : « O Emir des croyants (p) ! J’ai vieilli et j’ai oublié. » Imam (p) pria : « Ô Allah (S) ! S’il ment, frappe-le de la lèpre. » Talhah rapporte que je témoigne devant Allah (S), j’ai vu une blancheur (de lèpre) entre ses yeux. » (Sheikh al Moufid, « Al Irshad ») [traducteur]

[69] Hakam bin Abi Salman rapporte de Zayd b. Arqam, qui a dit qu’Ali (p) a rapporté devant les gens dans la Mosquée : «  Celui dont je suis le maître, Ali (p) en est le maître. Ô Allah (S) ! Prends en amitié celui qui l’a pris en amitié, et garde l’inimitié avec celui qui est en inimitié avec lui. » Douze hommes qui avaient combattu à Badr se levèrent, six à droite et six à gauche, et ils témoignèrent de cela. J’étais parmi ceux qui avaient entendu cela, mais je l’ai caché. Puis Allah (S) m’a ôté la vue. Il (Zayd bin Arqam) regrettait de ne pas avoir témoigné et demandait le pardon d’Allah (S). (Sheikh al Moufid, « Al Irshad »). [traducteur]

[70] Celui qui rejette, un mot lâche utilisé pour désigner les Chiites pour leur refus d’accepter l’autorité religieuse des « trois califes ». [traducteur]

[71] Jalaluddin al Suyuti, « Tafsir al Durrul Manthur » ; Abu Nu’aym al Isfahani, « Hulyatul Awliya » etc

[traducteur]

[72] Ou Hadith de l’oiseau. On rapporte qu’une femme de Madina envoya au Messager d’Allah (pslf) deux oiseaux rôtis, en sandwich entre deux pains, comme cadeau. Le Messager d’Allah (pslf) dit : « Ô Allah (S) ! Envoie-moi une personne qui T’est la plus chère parmi Tes créatures et qui est la plus chère à Ton Prophète (pslf), pour qu’elle mange avec moi. » C’est alors que l’Imam Ali (p) entra et mangea avec lui. Ce Hadith a été unanimement cité par les sources Chiites et nonChiites. Le savant contemporain Sayyad Ali al Milani dans son ouvrage Hadith al Tayr cite les noms de douze compagnons du Messager d’Allah (pslf) qui ont rapporté ce Hadith et de quarante-huit autres maîtres de l’Ahadith dans leurs différents ouvrages, en plus d’autres traditionnistes et savants parmi les Ahlul Sunnah. [traducteur]

[73] Ci-après, le respecté auteur cite quelques versets en Persan à la gloire de l’Emir des croyants (p), que nous ne citerons pas. [traducteur]

[74] Cet incident a été cité en détail dans les événements de la vie du Messager d’Allah (pslf). Allah (S) a révélé le verset suivant dans le Qur’an pour l’Emir des croyants (p) : « Et il y a parmi les gens celui qui se sacrifie pour la recherche de l’agrément d’Allah. Et Allah est Compatissant envers Ses serviteurs » [2:207] [traducteur]

[75] Se référer au verset du Qur’an : « Tu n’es qu’un avertisseur, et à chaque peuple un guide » [7:13]. De nombreuses sources non-chiites reconnaissent que le « Guide » mentionné dans ce verset est Ali bin Abi Talib (p). Voir Jalaluddin al Suyuti, « Tafsir al Durrul Manthur » ; Abu Nu’aym al Isfahani, « Hulyatul Awliya' » ; Fakhruddin al Razi, « Tafsirul Kabir » ; Ibn Mardawayh, « Al Tafsir » ; Al Tabarani, « Al Mu’jamul Sagir » ; Ahmad Ibn Hanbal, « Al Musnad » ; etc. [traducteur]

[76] On rapporte que lorsque le Prophète (pslf) désirait sentir le doux parfum du paradis, il se rendait chez Fatemah (pse) et sentait le doux parfum du paradis et celui de l’arbre de Touba. Le Prophète (pslf) embrassait souvent sa fille, ce qui déplaisait à certaines de ses épouses en raison de leur ignorance de la position estimée de Sayyedah Zahra (pse). (Sheikh Abbas al Qummi, « Baytul Ahzan ») [traducteur]. (Livre traduit en français disponible sur notre site)

[77] L’éminent auteur cite ensuite des versets de Persan, assez longs mais apaisants, tandis que nous ne les citons pas. [traducteur]

[78] Lorsque l’Emir des croyants (p) reçut la nouvelle que les hommes de Muawiyah (la) occupaient des villes et que ses officiers battaient en retraite auprès de lui, il fut très perturbé par leur relâchement et leur désobéissance. Il prononça donc ce sermon : « J’ai été informé que Busr a pris le dessus sur Yaman (Yémen). Par Allah (S), j’ai commencé à penser à ces gens qu’ils allaient bientôt s’emparer de tout le pays grâce à leur unité dans leur injustice et à votre désunion (de votre propre droit) et à votre séparation, à votre désobéissance à votre Imam dans les questions de droit et à leur obéissance à leur chef dans les questions immorale, à leur accomplissement de la confiance en faveur de leur maître et à votre trahison, à leur bon travail dans leurs villes et à votre méfiance. Même si je vous confie un bol en bois, je crains que vous ne vous enfuyez avec l’anse. Seigneur (S) ! Ils sont dégoûtés de moi et je suis dégoûté d’eux. Ils sont las de moi et je suis las d’eux. Change-les pour moi par de meilleurs et change-moi pour eux par un pire. Ô mon Allah (S), fais fondre leurs cœurs comme le sel fond dans l’eau. » (Nahjul Balagah). [traducteur]

[79] Le Messager d’Allah (pslf) a dit : « Le plus dégradé, parmi les premiers et les derniers, tuera Ali

(p). » (Hakim al Naysaburi, Al Mustadrak alal Sahihayn ; Ahmad ibn Hanbal, « Al Musnad » ; Al Muttaqi al Hindi, « Kanzul Ummal », etc. [traducteur]

[80] Il n’a pas eu la force de supporter le feu de ce monde, comment donc supportera-t-il le feu de l’enfer pour toutes les mauvaises actions et les crimes odieux qu’il a commis ? « A ceux qui ne croient pas, on taillera des vêtements de feu, tandis que sur leurs têtes on versera de l’eau bouillante, qui fera fondre ce qui est dans leurs ventres de même que leurs peaux. Et il y aura pour eux des maillets de fer. Toutes les fois qu’ils voudront en sortir (pour échapper) à la détresse, on les y remettra et (on leur dira) : Goûtez au châtiment de la Fournaise. » [22:19-22]. [traducteur]

[81] Non seulement Muawiyah (la) était satisfait du martyre de l’Emir des croyants (p), mais même Aisha (la) ne pouvait contrôler son bonheur. On rapporte que lorsqu’elle reçut la nouvelle du meurtre d’Ali (p), elle tomba en prosternation (en remerciement). (Abul Faraj al Isfahani, « Maqatilul Talibiyyin », Tabari, « Tarikh » ; Ibn Athir al Jazari, « Al Kamil fil Tarikh » ; Ibnul Dimashqi, « Jawahirul Matalib » ; Ibn Sa’ad, « Tabqatul Kubra »). Contrairement aux actions de ces soi-disant musulmans, les non-musulmans ont été plutôt lésés par sa mort. Il est écrit qu’Ali (p) était si populaire, même parmi les non-musulmans, qu’à sa mort, tous les chrétiens, juifs et zoroastriens de Kufa, en particulier leurs femmes et leurs enfants, dont Ali (p) s’occupait personnellement, se lamentèrent sur sa mort et pleurèrent comme on le fait pour son père. Le deuil a été observé même à Jérusalem et l’évêque n’a pas pu retenir ses larmes. (Prof. M.G.Reynold, « Book on Islam »). [traducteur]

[82] Se retirer ou prendre résidence dans une mosquée avec l’intention d’adorer Allah (S). Cet acte comporte une grande récompense et est fortement recommandé (Mustahab). La meilleure période pour cela est le mois de Ramadhan, en particulier les dix derniers jours. Ce séjour ne doit pas être inférieure à trois jours, tandis qu’il n’y a pas de maximum. Il est préférable d’accomplir l’Ehtikaf dans l’une des quatre Masjid, à savoir Masjidul Haram, Masjidul Nabi (pslf), Masjid Kufa ou Masjid al Basrah ; mais il peut également être accompli dans n’importe quelle Masjid de congrégation (Jama’ah) à travers le monde. [traducteur]

[83] Dans de nombreux ouvrages, il est indiqué que l’Emir des croyants (p) lui a lui-même ordonné d’emporter le bol de lait. (Abdul Ridha Ma’ash, « Maqtalal Amirul Mu’minin »). [traducteur]

[84] Neveu d’Imam Ali (p), par l’intermédiaire de sa sœur Umm Hani, également compagne du Messager d’Allah (pslf). [traducteur]

[85] Selon la narration de Sheikh al Moufid et Al Mas’udi, Ibn Muljim (la), Shabib (la) et Mujashe bin Wardan (la) prirent leurs épées et s’assirent en embuscade pour l’Emir des croyants (p) à la porte de Suddah. Lorsqu’il entra dans le Masjid et que sa voix agréable s’éleva : « O gens ! Les prières ! », ils levèrent leurs épées et se jetèrent sur lui en disant : « Le commandement est celui d’Allah (S), pas le tiens. » Le coup de Shabib, le maudit, resta sans effet, mais l’épée d’Ibn Muljim (la) atterrit sur sa couronne qui se fendit, tandis qu’Ibn Wardan (la) s’enfuyait. Voyant cela, l’Emir des croyants (p) dit : « Cet homme ne doit pas s’échapper. » Les gens se sont jetés sur Ibn Muljim (la), lui ont lancer des pierres et ont crié pour qu’il soit arrêté. Un homme du clan des Hamadan le frappa à la cuisse, tandis que Mugayrah bin Nawfal bin Harith bin Abdul Muttalib le frappa au visage et il tomba. Il fut arrêté et amené à Imam al Hassan (p). Shabib se cacha parmi les gens pour que personne ne puisse le reconnaître, se sauva et s’enfuit chez lui. Abdullah bin Bajrah, qui était son frère du côté de son père, y entra et trouva Shabib dans un état effrayant. Il l’interrogea et lui raconta tout l’épisode. Entendant cela, Abdullah se rendit chez lui, prit une épée et frappa Shabib, le tuant. Selon ce récit, la prière au cours de laquelle l’Emir des croyants (p) a été blessé était la prière de Nafilah du Fajr. [Auteur]

[86] Al Mu’alla bin Ziyad raconte qu’un jour, Abdul Rahman bin Muljim (la) vint trouver l’Emir des croyants (p) pour demander qu’on lui fournisse un cheval. L’Emir des croyants (p) se tourna vers lui et lui demanda : « Es-tu Abdul Rahman bin Muljim al Muradi (la) ? » Il répondit par l’affirmative. Alors l’Imam (p) dit : « O Ghazwan ! Fournis-lui l’animal. » L’homme vint avec un cheval, Ibn Muljim (la) le monta et prit les rênes. Lorsqu’il se fut éloigné, l’Imam (p) dit : « Je veux son amitié et il veut ma mort. Celui qui te présente des excuses est l’un de tes amis de cœur de (la tribu de) Murad. » (Sheikh al Moufid, « Al Irshad ») [traducteur].

[87] Bien que l’estimé auteur cite cet incident dans les notes, nous le citons dans le texte même du livre afin d’éviter des longueurs dans les annotations. [traducteur]

[88] Al Mas’udi écrit dans son Murawwajul Dahab, qu’alors il appela Hassan (p) et Hussain (p) et leur dit : « Je vous recommande à tous deux la piété envers Allah (S), l’Unique. Ne courez pas après ce monde vicieux, même s’il essaie de vous séduire, dites la vérité, ayez pitié des orphelins, assistez les faibles, soyez hostiles à l’oppresseur, aidez l’opprimé et ne craignez la censure d’aucun censeur dans la voie d’Allah (S). » Puis il se tourna vers (Mohammad) Ibn Hanafiyyah et lui dit : « As-tu entendu ce que j’ai dit à tes frères ? » Il répondit par l’affirmative. L’Imam (p) dit alors : « Je vous recommande la même chose à tous. » [Auteur]

[89] Il est rapporté d’Abdullah bin Hazim, qui dit qu’un jour nous sommes partis avec Harun al Abbasi (la) pour chasser à partir de Kufa. Lorsque nous sommes arrivés à Gariyy (Najaful Ashraf), nous avons vu un groupe de gazelles et nous avons envoyé des faucons et des chiens pour les chasser. Les gazelles s’enfuirent et se réfugièrent sur une montagne. Étonnamment, les faucons et les chiens n’ont pas escaladé le monticule et ont reculé. Dès que les Gazelles descendirent du monticule, les faucons et les chiens se mirent à leur poursuite et ils escaladèrent à nouveau le monticule, tout en revenant sur leurs pas. Cet incident se répéta trois fois. Voyant cela, Harun (la) s’étonna et souhaita savoir pourquoi les gazelles s’étaient réfugiées sur le monticule, alors que les faucons et les chiens n’avaient pas eu le courage de l’escalader. Il dit : « Va à Kufa et trouve-moi un homme d’un certain âge. » Un vieillard de Bani Asad fut amené à Harun (la), qui lui demanda : « O homme ! Qu’est-ce que ce monticule, informe-nous à son sujet. » Le vieil homme répondit : « Je te raconterai si tu me promets la sécurité. » Harun (la) y consentit et poursuivit : « Mon père a entendu dire par ses aïeux que ce monticule est en réalité la tombe d’Ali bin Abi Talib (p), qu’Allah (S) en a fait un sanctuaire. Nul n’y vient, s’il n’est en sécurité. Quiconque s’abrite dans ce monticule est sauvé, c’est pourquoi les Gazelles sont restées à l’abri du danger dans son refuge. » En entendant cela, Harun (la) descendit de son cheval et demanda de l’eau. Il fit ses ablutions (Wudhu) et récita des prières et des supplications à côté du monticule et pleura. Puis il ordonna qu’un mausolée soit érigé sur le monticule avec quatre portes. Certains de ses compagnons firent la remarque suivante : « Nous sommes justes avec sa tombe et nous emprisonnons également sa progéniture. » ? (Sheikh al Moufid, « Al Irshad » ; Hassan bin Abil Hasan al Daylami « Irshadul Qulub »). [traducteur]

[90] Nous (l’auteur) citerons ce sermon en détail ultérieurement dans la biographie de l’Imam al Hassan (p), dans lequel il dit : « Il a laissé derrière lui sept cents dirhams pour acheter un serviteur pour sa famille. » [Auteur]

[91] Qutubuddin al Rawandi rapporte de Hassan bin Mohammad, également connu sous le nom d’Ibn Rifa, de Kufa, qu’un jour, j’étais dans la Masjidul Haram et j’ai vu des gens rassemblés près de Maqam Ibrahim (p), tandis qu’une personne était assise là. J’ai demandé et on m’a dit qu’il s’agissait d’un ermite qui avait accepté l’Islam. Je m’approchai de lui et je vis un vieil homme, portant un manteau de laine, assis près de Maqam Ibrahim (p). Il relatait un incident en disant : « Je suis un chef parmi les ermites de Sumi’ah. Un jour, j’ai vu un oiseau, semblable à un aigle, cracher des morceaux d’un corps humain, l’une après l’autre, jusqu’à ce qu’ils se rejoignent pour former un homme complet. J’ai demandé à cet homme : « Qui es-tu ? » Mais il n’a pas répondu. Je lui ai demandé à nouveau : « Je te demande au nom de ton Créateur, dis-moi qui tu es. » Entendant cela, il répondit : « Je suis Ibn Muljim al Muradi (la). » Je lui ai de nouveau demandé : « Quel péché as-tu commis pour que cet oiseau rejette continuellement tes parties corporelles et qu’il les reprenne après qu’elles se soient réunies ? » Il répondit : « Je suis le meurtrier d’Ali bin Abi Talib (p). Allah (S) a désigné cet oiseau pour me punir quotidiennement en faisant cela. » L’ermite poursuivit en disant qu’alors que nous étions encore en train de parler, l’oiseau réapparut et le découpa en morceaux, prenant chaque morceau, l’un après l’autre, et s’envola. J’ai attendu que l’oiseau revienne, il est revenu et a régurgité les morceaux. Quand ils se sont réunis, je lui ai demandé : « Qui est Ali bin Abi Talib (p) ? » Il répondit : « Ali bin Abi Talib (p), le cousin paternel et vice-gérant du Prophète de l’Islam Mohammad (pslf). » (Sayyad Hashim al Bahrani, « Madinatul Ma’ajiz ») [traducteur].

[92] Sayyedah Zaynab as Sugra (la jeune Zaynab), plus connue sous son agnomen Umm Kulthum, était la fille cadette de l’Emir des croyants (p) Imam Ali (p) et de Sayyedah Fatemah al Zahra (pse). Elle est née à l’époque de son grand-père, le Prophète Mohammad (pslf), qui l’a chérie et nourrie sur ses genoux bénis. Son excellent caractère, sa morale sublime, sa vertu abondante et sa sagesse inégalée lui ont valu une grande renommée et elle était considérée comme l’héritière de la chasteté de sa mère, après sa sœur aînée Sayyedah Zaynab al Kubra (pse). Elle fut mariée à son cousin Mohammad bin Ja’far à Tayyar, qui mourut en la laissant veuve. Elle resta attachée et dévouée à ses frères Imam al Hassan (p) et Imam al Hussain (p). Umm Kulthum (p) accompagna ce dernier à Karbala et fut témoin de l’épisode déchirant de son martyre et de ceux des autres hommes de sa famille. Ses discours et sermons à Kufa et à Damas, réprimandant et condamnant les oppresseurs pour leurs méfaits, témoignent de son éloquence et de son caractère valeureux, héritage de son père Imam Ali (p). Elle est restée ferme et a supporté patiemment les pires épreuves de la vie, aux côtés de sa sœur Sayyedah Zaynab al Kubra, entrant dans les rangs des femmes les plus honorables et les plus pieuses du monde. L’épisode cité par les sources non Chiites de son prétendu mariage avec Umar ibnul Khattab (la) n’est rien d’autre que fictif, et est fabriqué dans le seul but de rabaisser le statut exalté des Ahlulbayt (p) et d’applaudir leurs ennemis. Les savants Chiites ont écrit de nombreux ouvrages pour réfuter cette allégation. Pour une étude plus approfondie, voir Al Sirrul Makhtum fi Tahqiq Aqd Umm Kulthum par Mawlawi Mohammad Insha’allah al Mohammadi al Siddiqi al Hanafi al Badayuni (auteur Ahlul Sunnah), Afhamul A’ada wal Khusum fi nahi Tazwij Sayyidatina Umm Kulthum par Sayyad Nasir Hussain al Musawi, Kanze Maktum fi hall Aqd Umm Kulthum par Fakhrul hukama Sayyad Ali Aẓhar, Risalah fi Khabar Tazwij Umm Kulthum min Umar par Sayyad Ali al Milani, etc. Umm Kulthum (pse) est décédée à Damas et repose dans le célèbre cimetière de Bab Saghir, en face de sa nièce Sayyedah Sakinah (pse), la fille d’Imam al Hussain (p). [traducteur]

[93] Certains sont même d’avis qu’il repose à Ta’if, à côté de la tombe d’Abdullah bin Abbas bin Abdul Muttalib, et Allah (S) est le Meilleur Connaisseur. [traducteur]

[94] On rapporte qu’un jour, le César envoya deux hommes de son armée à Muawiyah (la), affirmant que l’un était l’homme le plus fort de Rome et l’autre le plus grand. Il envoya un message à Muawiyah (la) lui demandant s’il avait dans son armée quelqu’un de plus fort et de plus grand qu’eux. Muawiyah (la) rassembla des gens et leur demanda leur avis ; ils lui conseillèrent d’appeler soit Mohammad Ibnul hanafiyyah, soit Abdullah bin Zubayr. Il appela Mohammad Ibnul hanafiyyah et lui raconta l’incident. Mohammad se tourna vers l’homme romain et lui dit : « Soit tu t’assois et j’essaie de te faire lever, soit je m’assois et tu me tires la main pour essayer de me faire lever. » Le Romain lui dit de s’asseoir. Lorsque Mohammad s’assit, le Romain fit tout son possible pour tirer sur sa main et le faire se lever, mais il n’y parvint pas. Le Romain s’assit alors et Mohammad lui tira la main, le souleva en l’air et le jeta à terre, acceptant ainsi sa défaite. Qays bin Sa’ad bin Ubadah arriva alors et remit son pantalon à l’autre Romain pour qu’il le porte. Le Romain porta le pantalon qui lui arrivait à la poitrine, tandis que sa partie inférieure traînait sur la terre, et il accepta donc lui aussi la défaite. (Ibn Kathir al Dimashqi, « Al Bidayah wal Nihayah », Abul Abbas al Mubarrad, « Al Kamil fil Lugah wal Adab »). [traducteur]

[95] L’une des femmes les plus pieuses et les plus éminentes du monde islamique. Elle s’appelait Fatemah bint hizam bin Khalid et appartenait au valeureux clan des Bani Kilab. Imam Ali (p) demanda à son frère Aqil, généalogiste des Arabes, de lui proposer en mariage une femme issue d’un clan valeureux qui donnerait naissance à des fils valeureux, et sur sa proposition, il l’épousa. Elle lui donna quatre fils : Abul Fadhlil Abbas (p), Abdullah, Ja’far et Uthman. Depuis le jour où elle est entrée dans la demeure de Fatemah (pse), elle a proclamé aux enfants de Sayyedah Fatemah (pse) qu’elle n’était pas venue à eux en tant que mère, mais plutôt en tant que servante. Elle a même appris à ses enfants à ne pas considérer Imam al Hassan (pse), Imam al Hussain (p), Sayyedah Zaynab (pse) et Sayyedah Umm Kulthum (pse) comme leurs frères et sœurs, mais plutôt comme leurs maîtres. Elle servit Imam Ali (p) avec dévouement et après son martyre, elle resta attachée à ses enfants (p). Elle a même sacrifié tous ses fils à Karbala pour l’Islam et Imam al Hussain (p). Cette éminente dame est décédée à Madinatul Munawwarah et repose dans le cimetière d’Al Baqi. Nos érudits ont écrit de nombreux ouvrages sur son excellence, tandis que cette courte note ne peut contenir ses innombrables mérites. [traducteur]

[96] Umm Hani bint Abi Talib, la sœur de l’Emir des croyants (p). [traducteur]

[97] Al Majdi fi Ansabul Talibiyyin par Najmuddin Abul Hassan Ali al Alawi al Umari al Atrafi, connu sous le nom d’Ibnul Sufi. [traducteur]

[98] Son affirmation est totalement dénuée de fondement, puisque de nombreux savants Ahlul Sunnah ont mentionné dans leurs livres l’existence de Mohsine (p) et son martyr par fausse couche des mains des mécréants. L’éminent savant contemporain Sayyad Mohammad Mahdi al Musawi al Khirsan, dans son livre Al Muhsin al Sibt Mawlud am Siqt, cite les déclarations de vingt-six savants Ahlul Sunnah, qui ont mentionné dans leurs livres respectifs que Mohsine (p) a été martyrisé suite à la fausse couche de Fatemah (pse) lorsque les transgresseurs ont attaqué sa demeure. [traducteur]

[99] Cette association a été officiellement formée par le gouvernement administratif qui a commencé au troisième siècle de l’Hégire. Une personne, parmi les enfants de l’Emir des croyants (p), a été nommée chef de chaque ville, dont la mission était de prendre en charge l’ensemble des affaires des Talibiyyin et de protéger les actes de leur généalogie, tandis que sa nomination était faite par le Naqibul Nuqaba (chef des chefs) désigné par le souverain. Ce poste était similaire à celui de ministre dans les agences de l’État. Pendant la période du règne Abbasside, celui qui était désigné à ce poste était appelé Naqibul Talibiyyin ou Naqibul Alawiyyin, et plus tard Naqibul Ashraf. Plus tard, le titre « d’Al Sharif » a été attribué aux Ahlulbayt, parmi la progéniture d’Imam al Hassan (p), d’Imam al Hussain (p), Imam Ali de son fils Mohammad Ibnul hanafiyyah ou d’autres fils tels que Ja’far bin Abi Talib, Aqil bin Abi Talib ou Abbas bin Abdul Muttalib. Mais sous le règne des souverains Fatimides en Égypte, ils ont limité ce préfixe à la seule descendance de l’Imam al Hassan (p) et de l’Imam al Hussain (p). Cette position est restée vitale à travers les âges, alors qu’il n’y avait pas de chef, à l’exception des anciens de cette communauté et de leurs éminents représentants. Les devoirs et les droits du Naqib ont perduré jusqu’au neuvième siècle de l’Hégire, comme l’écrit Abil Hassan al Mawardi dans son Ahkamul Sultaniyyah. (Sayyad Hassan al Amin, « Da’eratul Ma’ariful Islamiyyah al Shi’iyyah » ; Sayyad Najmuddin al ‘Alawi al Umari, « Al Majdi fi Ansabil Talibiyyin »). [traducteur]

le nombre d’enfants de l’Imam Ali

quels sont le nombre d’enfants de l’Imam Ali (béni soit-il) leurs prénoms et les prénoms de leurs mères?

Question

Combien d’enfants avait le premier Imam des musulmans, Ali Ibn Abi Taleb (béni soit-il)? Quels sont leurs prénoms et les prénoms de leurs mères? Parlez également de leur biographie?

Résumé de la réponse

Le Cheikh Mofid indique dans son livre « Ershad » (orientation) que 17 (filles et garçons) était le nombre des enfants de l’Imam Ali (béni soit-il). Selon lui, un certain nombre d’Oulémas chiites affirment que la vénérée Fatimah (bénie soit-elle) avait fait une fausse couche, après le décès du noble Prophète de l’Islam (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants). Il s’agissait d’un fétus que le noble Prophète avait nommé Mohsen. Il aurait donc d’après ces derniers 18 enfants. Mais « Massoudi » dans son livre  » Moravej-ol- Dhahab » affirme que l’Imam Ali (béni soit-il) avaient 25 enfants.

Réponse détaillée

Compte tenu du fait qu’après la mort en martyr de la vénérée Fatimah Zahra (béni soit-elle) l’Imam Ali (béni soit-il) a épousé d’autres femmes et qu’ils ont eus des enfants, le Cheikh Mofid indique dans son livre « Ershad » (orientation) que 17 (filles et garçons) était le nombre des enfants de l’Imam Ali (béni soit-il). Selon lui, un certain nombre d’Oulémas chiites affirment que la vénérée Fatimah (bénie soit-elle) avait fait une fausse couche, après le décès du noble Prophète de l’Islam (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants). Il s’agissait d’un fétus que le noble Prophète avait nommé Mohsen. Il aurait donc d’après ces derniers 18 enfants. « Massoudi » dans son livre  » Moravej-ol- Dhahab » affirme que l’Imam Ali (béni soit-il) avaient 25 enfants. Dans le livre « Tabaqât » d’Ibn Saad[1] et dans celui de Belazeri « Ansab al-Ashrâf »[2] les enfants de l’Imam Ali (béni soit-il) sont:

1-       Les enfants dont la mère était la noble Fatimah Zahra (béni soit-elle), fille du noble Prophète de l’Islam (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants). Il s’agit de l’Imam Hassan (béni soit-il); de l’Imam Hossein (béni soit-il), de Mohsen, de la vénérée Zeinab Kobra et de Oum Kalsoum Kobra. En ce qui concerne Mohsen, la vénérée Fatimah (bénie soit-elle) ayant fait une fausse couche, lors de l’attaque contre sa maison. Mais Ibn Athir souligne que Mohsen est décédé  dans son enfance. Zeinab a épousé Abdallah Ibn Jaafar Ibn Abi Taleb et Oum Kalsoum est devenue l’épouse d’Omar Ibn Khattab.[3]

2-       Mohammad Ibn Ali plus connu sous le nom de Mohammad Ibn Hanafiyah dont la mère, Khoulah, était la fille de Jaafar Ibn Qeis Ibn Muslemah.

3-       Les enfants dont la mère était Leily, fille de Massoud. D’abord, Obeidallah Ibn Ali, qui a été tué par Mokhtar (fils d’Abou Obeid) à Mezar, une région à Dasht-i-Mishan au Khouzistan (dans le sud de l’Iran). Ensuite Aboubakr Ibn Ali qui a trouvé le martyre à Karbala. Ces deux fils n’avaient pas d’enfants.

4-       Les enfants dont la mère était Oum al-Banin. Ils étaient au nombre de quatre: Abbas, Osman, Jaafar et Abdallah (quatre frères) qui ont trouvé le martyre à Karbala. Abbas a eu deux fils, Obeidallah et Fadhl. (la génération du noble Abbas (béni-soit-il) a été préservée par Obeidallah).

5-       Un enfant dont la mère était une servante. Il se nommait Mohammad Asghar, tombé en martyr à Karbala.

6-       Yahya et Aoun dont la mère était Asma Bent Amis.

7-       Omar Akbar et Rogheyah (un frère et une sœur) dont la mère se prénommait Sahba.

8-       Un enfant, un garçon du nom de Mohammad Owsat, dont la mère était Imamah, la fille de Abou al-As. (la mère de Imamah était Zeinab la fille du Prophète).

9-       Deux filles dont la mère était Oum Saïd, la fille de Ouarwat Ibn Massoud et de Oum al-Qeis. Il s’agit de deux sœurs prénommées Oum al-Hossein et Ramla Kobra.

10-   Une fille du nom de Oum Yaali dont la mère Mouhayat, était la fille de Oumar al-Qeis.[4] Elle est décédée lorsqu’elle était encore une enfant.

11-   Des filles qui sont nées du mariage de l’Imam Ali (béni soi-il) avec ses servantes. Il s’agit de Oum Hani, de Meymounah, de Zeinab Soghra, de Rmala Soghra, de Oum Kalsoum Soghra, de Fatimah, de Imamah, de Khadijah, d’Oum al-Karam, d’Oum a-Salam, d’Oum Jaafar, de Joumanah et de Nafissah.

Au sujet des épouses de l’Imam Ali (béni soit-il) Seyyed Mohsen Amin écrit:  » sa première épouse était la vénérée Fatimah Zahra, fille du noble Prophète de l’Islam (que le salut de Dieu soit sur lui et sur ses descendants). De la vivante de la vénérée Fatimah, l’Imam Ali (béni soit-il) n’a pris aucune autre femme. Après la mort en martyre de la vénérée Fatimah, l’Imam Ali a épousé Imamah, la fille d’Abou al-As Ibn Rabii Ibn Abdelaziz Ibn Abs Shams qui était le fils de Zeinab, fille du noble Prophète. Oum al-Banin, fille de Hazam Ibn Darom Kalabiyah était une autre femme de l’Imam Ali qui a plus tard épousé Leily fille de Massoud Ibn Khaled al-Nahshaliyah Tamimah Daromaiyah. Asma Bent Amis Khas’ami était une autre épouse de l’Imam Ali. Celle-ci était l’épouse de Jaafar Ibn Abi Taleb. Après la mort en martyre de son mari, elle a épousé Aboubakr et après le décès de ce dernier, l’Imam Ali (béni soit-il) l’a épousé. Oum Habib, fille de Robay’a Taghlabiyah dite Sahba, était une autre épouse de l’Imam Ali. Elle était de la tribue « Sabi ». Cette tribue, située à Ain al-Tamar, a été attaquée par Khaled Ibn Walid. Sahba figurait parmi les captives de cette attaque. Koulah, fille de Jaafar Ibn Qeis Ibn Muslamah Hanafi ou Khoulah fille de Ayas, était une autre épouse de l’Imam Ali (béni soit-il) qui a également épousé Oum Saad ou Oum Saïd, fille d’Arwat Ibn Massoud Saghafi. L’Imam Ali a aussi épousé, Makhbat, fille de Amri al-Qeis Ibn Oda Kalabi.[5]

https://www.islamquest.net/fr/archive/fa3198

La Biographie de l`Imam Ali(p)

 l’Imam ‘Ali (P) naquit à la Mecque 23 ans avant l’Hégire, exactement le 13 du mois de Rajab alors que le Prophète avait 30 ans .

Il est le fils de Abu Talib (P) qui lui-même est le fils de Abdul Muttalib. Ce dernier est le père de Abdallah (P) lequel est le père du Prophète Muhammad (P) . l’Imam ‘Ali (P) était le cousin direct du Prophète (P) .

Sa mère est Fatimâ Bint Assad (RA). Donc l’Imam Ali (P) est né d’un père et d’une mère tous deux Hachimites.

A la suite du décès précoce – dés leur enfance – des deux fils du Prophète (P), Qaçîm (P) et ‘Abdallah (P), Fatimâ Bint Assad (RA) qui portait alors l’Imam dans son ventre s’était promis de confier en signe de compassion son futur enfant à Muhammad (P) .

C’est pendant qu’elle faisait le Tawaf (circumbulation) elle fit une prière à la suite de laquelle la Ka’bah se fissura en un endroit du côté de Al Mustadiaar par lequel elle s’introduisit dans la Ka’bah pour donner le jour à son illustre enfant, l’Imam ‘Ali (P).

Le Prophète (P) fut la première personne qu’il vit dés sa naissance. L’Envoyé de Dieu remercia le Tout-Puissant, lava le nouveau-né et prédit qu’à sa mort c’est l’Imam Ali (P) qui fera son bain mortuaire. Cette prédiction se réalisera de façon effective.

l’Imam ‘Ali (P) grandit entre sa mère et le Prophète (P) jusqu’à l’âge de cinq ans puis vécut ensuite en permanence avec le Prophète (P). Il aimait beaucoup l’odeur du Prophète (P) avec qui il partageait le même lit.

Il avait neuf ans lorsque le Prophète de l’Islam (P) qui en avait 40, reçut le Message de Dieu. Le jeune ‘Ali (P) le crut aussitôt sans avoir eu à pratiquer une quelconque autre religion ou croyance. Et cela à un âge où ses actes ne sont pas encore comptabilisés auprès de Dieu. Ainsi donc on peut affirmer qu’il est né musulman.

De plus en tant que premier élève et disciple du Prophète (P), il eut le privilège d’apprendre auprès de son éducateur « 1000 portes de connaissances qui ouvrent 1000 autres portes »[28]. On peut alors comprendre ce Grand Homme lorsqu’il dira plus tard à son peuple :

« Demandez-moi avant que vous ne me perdiez. Il n’y a pas un seul verset qui soit descendu sans que je ne sache à quel moment et dans quel contexte il est descendu. »

Le Prophète (P) en personne confirma cela en disant dans un hadith célèbre que nous avons déjà cité :

« Je suis la Cité de la Connaissance et ‘Ali en est la Porte ».

Par ailleurs,il a été rapporté de Ibn Abbas ce hadith très célébre :

« Toute la Connaissance a été divisée en dix parties qui ont toutes été maîtrisées par l’Imam ‘Ali (P). Une seule de ces dix parties a été mise à la portée de toute l’humanité et dans cette dixième partie l’Imam était encore le plus savant.»

Dieu décida que l’Imam Ali (P) épousa la fille et combien adorée du Prophète (P), Fatimâ Zahra (P). Un mariage « lié par Dieu Lui-même et qui était destiné à être à l’origine d’une progéniture illustre qu’on appelle les fils du Prophète (P) qui sont distingués des autres membres de la umma par leur titre d’Imams ou de Commandeurs des croyants et par leur position de successeurs du Prophète de Dieu (P). », selon Sayyed Safdar Husayn dans « Histoire des premiers temps de l’Islam », page 102; ainsi que l’ont également écrit Tabari et Al Tabrani en citant des hadiths du Prophète.

En effet devant les hésitations de l’Imam ‘Ali (P), dues à la très grande pudeur et au respect immense qu’il nourrissait pour le Prophète , ce dernier (P) appela sa fille Fatima (P) et lui tint ce langage :

« Dieu a élu parmi les plus nobles créatures de la terre deux hommes : ton père et Ali. Dieu a décidé que ma progéniture sortira de toi et lui. »

Dans un autre hadith, qui illustre bien, par ailleurs, ces propos, le Prophète (P) dit:

« Ali et moi, nous étions une seule et même Lumière avant la création de Adam. Cette Lumière se transmit de personne en personne parmi les proches amis de Dieu jusqu’à Abdoul Mouttalib. De là Elle prit deux directions : celle qui mène à Abdallah et l’autre qui aboutit à Abou Talib. La première continue à travers moi tandis que la seconde poursuit son chemin à travers Ali. Ces deux flux se rencontrent à nouveau chez Fâtima qui a engendré ma descendance avec sa lignée d’Imams. »

La douce et obéissante Fâtima (P) acquiesça et accepta ainsi, après avoir poliment refusé maints autres prétendants, que ‘Ali (P) devint son époux. Remarquons à ce propos qu’à plusieurs reprises Fâtima (P) a eu l’occasion de refuser une proposition de mariage devant son père simplement en baissant les yeux ; le père comprenait alors et acceptait sans hésiter la décision de sa fille. Une belle leçon à méditer surtout pour ceux qui prétendent souvent au nom d’une pseudo – tradition pour le moins tyrannique, imposer un conjoint non désiré à leur enfant.

Par ailleurs l’Imam ‘Ali (P) et Fâtima (P) avaient un destin très lié par delà les seuls liens du mariage. C’est d’abord à propos du prophète. On sait en effet que le Prophète (P) a perdu à l’âge de 50 ans la même année, appelée pour cela ‘amul huzn ou année de la tristesse, son oncle qui l’a élevé – Abu Talib (P) – et sa première épouse Khadija (RA).. Les deux avaient des fonctions de protection vis à vis du Prophète :

* En tant que notable de la ville et chef de la tribu Banu Hachim, Abu Taleb (P) protégeait le Prophète (P) contre les membres des autres tribus arabes de la Mecque. Pour cette raison d’ailleurs il se fit beaucoup d’ennemis qui finirent par le faire prendre pour ce qu’il n’était pas du tout : un mécréant, mort mécréant. En effet si tel était le cas, comment pourrait-on alors expliquer que le Saint Prophète (P) puisse être affligé à un tel point (Amul huzn) par la mort d’un mécréant, fut-il son oncle, alors que Dieu dit:

« Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d’implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent- ils des parents alors qu’il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l’Enfer.» (At-Tawba, 9 : 113)

* Dans un autre registre, Khadija (RA) protégeait le Prophète par sa noblesse familiale Qoraych, sa grande sagesse conseillère et sa respectable richesse matérielle – elle était une très grande commerçante.

Heureusement ces fonctions de protecteurs furent poursuivies par ‘Ali (P) à la place de son père Abu Talib (P) et par Fatima (P) à la place de sa mère Khadija (RA).

Si on devait citer et illustrer toutes les vertus de l’Imam Ali (P), il nous aurait fallu plus qu’un seul livre pour les exposer. On ne saurait tout de même ne pas parler de sa foi sans faille en Allah, de son dévouement sans limites au Prophète (P), de son Savoir sans bornes, de son très grand courage, de ses immenses qualités de justice, de générosité, de bonté, et de charité.

Il prouvera plusieurs fois sa foi sans tâche, son dévouement au Prophète de l’Islam (P) et son courage intrépide en posant des actes très explicites notamment – lors des guerres, toutes défensives, auxquelles il a eu à participer, également lors de l’émigration forcée du Prophète (P) vers Médine (l’Hégire).

En effet il a participé à toutes les guerres saintes sauf à celle de Tabuk. A l’occasion de cette dernière, le Prophète (P) lui demanda de rester à Médine. Les Munafikhines (hypocrites) commencèrent alors à médire en faisant circuler l’idée que le Prophète (P) avait laissé son cousin avec les femmes, tout en insinuant de mauvaises intentions à la hauteur de la jalousie qu’ils nourrissaient pour ‘Ali (P).

l’Imam, atteint par de telles médisances demanda au Prophète (P) de lui permettre de participer à cette guerre. L’Envoyé de Dieu lui dit :

« Est- ce que tu ne veux pas être pour moi ce que Haroun était pour Moûssa sauf qu’il n’y a pas de Prophète après moi ? ». ‘Ali (P) comprit alors la stratégie du Prophète (P) qui voulait laisser un homme de confiance derrière lui pour assurer ses arrières c’est – à – dire pour la sécurité des vieillards, des femmes et des enfants ainsi que la protection de la ville de Médine qui était alors la Capitale de l’Islam.

Une autre guerre qui a beaucoup marqué l’histoire de l’Islam de par les difficultés stratégiques rencontrées, et où l’Imam ‘Ali (P) s’illustra par son courage, sa bravoure mais surtout son auréole d’Élu de Dieu, fut la bataille de Khaybar.

A l’occasion de cette bataille les Musulmans connurent une tâche des plus éprouvantes qui consistait à attaquer une forteresse bien protégée par un rempart infranchissable.

Précisons tout de suite que le motif de cette bataille était essentiellement la violation par les habitants de Khaybar du traité de protection mutuelle entre Médine et Khaybar au bénéfice d’un rapprochement de cette dernière avec la Mecque.

Cette violation constituait une menace pour la sécurité des habitants de Médine et en particulier celle du Prophète qui, rappelons-le, a été chassé de la Mecque. En un mot il s’agissait d’une déclaration de guerre des habitants de Khaybar contre ceux de Médine. De là, la bataille était bien défensive.

Pour en revenir à la bataille de Khaybar proprement dite, le Prophète qui souffrait de maux de tête avait successivement désigné plusieurs de ses compagnons parmi lesquels Abu Bakr Ibn Abi Quhâfah, Khalid Ibn Walid, ‘Umar Ibn Al Khattab, pour mener l’assaut contre le rempart ennemi. Mais ils avaient tous échoué devant l’ampleur de la tâche.

C’est ainsi que le Prophète (P) fut amené à prendre la décision suivante :

« Demain je remettrai mon Drapeau à quelqu’un que Dieu et Son Prophète aiment, un éternel fonceur redoutable qui ne tourne jamais le dos à l’adversaire. C’est par lui que le Seigneur accordera la victoire. »[29]

Chacun des principaux compagnons du Prophète (P) était soucieux d’être le lendemain l’illustre élu. Personne ne pensait qu’il pouvait s’agir de l’Imam ‘Ali (P) d’autant plus que ce dernier était non seulement très malade des yeux et ne pouvait rien voir mais aussi était même absent selon certains hadiths (d’après Al Tabarî et Rawdhat al-Ahbâb entre autres).

Quelle ne fut alors la surprise de l’assistance lorsque le lendemain le Prophète (P) fit venir ‘Ali (P) et après avoir appliqué sa salive sur ses yeux le guérissant ainsi définitivement de sa maladie, lui demanda de porter son Étendard contre le front ennemi. On dit que l’Imam ‘Ali (P) ne souffrit plus jamais de maux d’yeux jusqu’à la fin de sa vie.

La suite est connue: l’Imam ‘Ali (P) triompha de ses ennemis et fut chaleureusement accueilli par le Prophète (P). Ce dernier encouragea ses adeptes qui avaient échoué tout en citant en exemple l’Imam ‘Ali (P) à qui il donna le surnom de « Assadullâh » (Le Lion de Dieu) (Voir Gibbon, D. and F. of Roman Empire, vol. V, p.365)

Hormis ces qualités de l’Imam ‘Ali (P) que nous venons de citer et/ou d’illustrer, il est également important de noter sa pudeur exceptionnelle et ses manières fort chevaleresques allant, lors des batailles, jusqu’à tourner le visage devant un ennemi dévêtu, ne jamais poursuivre un fugitif ou encore ne jamais achever un blessé, etc.

Toute sa vie durant, l’Imam ‘Ali (P) eut à faire face à des ennemis de toute nature. Les raisons qui justifiaient ces inimitiés à l’égard de ‘Ali (P ) se nourrissaient toutes si on veut voir dans le terreau de la jalousie (le Prophète sur ordre de Dieu le privilégiait devant tous les autres compagnons), du désir de vengeance et de son corollaire la haine (il avait tué, pour défendre l’Islam, des parents de grands notables de la tribu ennemie des Banou hâchimites que sont les Banou Ummaya).

En effet les privilèges dont jouissait ‘Ali (P) et les motifs de la jalousie et de la haine qu’éprouvaient certains compagnons ou non du Prophète (P) tenaient en ceci :

  • Son père Abu Talib était un des premiers convertis à l’Islam contrairement aux pères d’un grand nombre de compagnons du Prophète et à toutes les tentatives de déformation de l’histoire qui ont voulu faire croire le contraire.
  • l’Imam est le cousin et le gendre du Prophète (P) lequel lui a donné en mariage sa fille unique Fâtima Zahra (P) qui était tant convoitée.
  • Les portes des maisons des compagnons qui donnaient sur la Grande Mosquée de Médine furent toutes fermées sur ordre du Prophète (P) à l’exception de sa propre porte et de celle de ‘Ali (P) et son épouse.
  • Ali (P) a porté l’Étendard du Prophète pratiquement lors de toutes les grandes batailles et notamment à Khaybar où tous les autres Compagnons avaient échoué.
  • Il était le plus savant de toute la communauté après le Prophète (P) qui lui reconnaissait d’ailleurs l’immensité de ses connaissances divines qu’il s’était chargé lui-même de lui inculquer. Rappelons que c’est le Prophète (P) qui l’a éduqué et formé.

‘Ali (P) était un homme d’une droiture exceptionnelle et avait un juste franc-parler.

C’est chargé de tous ces « handicaps » que l’Imam ‘Ali (P) se trouva confronté après la mort du Prophète à des gens qui lui en voulaient pour ses origines banu-hâchimites, pour tous ses succès et sa gloire.

Il fut gardé en résidence surveillée pendant tout le règne des trois premiers califes après le Prophète (P), soit environ trente (30) années. Malgré cela il était pendant tout ce temps la référence ultime en matière d’interprétation du Coran, de droit islamique et de connaissance tout court tant pour les gouvernants que pour le peuple.

Après l’assassinat du troisième calife Usman, l’Imam ‘Ali (P) fut élu presque à l’unanimité calife. C’était alors la première fois que l’Imam désigné par Dieu et le calife officiel étaient une seule et même personne. l’Imam est ainsi le premier Imam et le quatrième calife. Son fils Al-Hassan (P) sera lui le deuxième Imam et le cinquième calife.

l’Imam Ali (P) mourut le 21 du mois de Ramadhan de l’an 40 après l’Hégire, mortellement blessé à la tête par un Khârijite (i.e. dissident, contre Ali (P) et contre Mu’âwiyah) du nom de Ibn Muljim alors qu’il dirigeait la prière le 19 Ramadhan au matin.

Avant de mourir il prit le soin de confier son meurtrier à son fils Al-Hassan (P) en lui recommandant de le traiter avec justice. Il leur dit également les noms des trois prochains successeurs : Al-Hassan, Al-Hussein, Zein al-Abédine (P). Cet ordre dans la succession est confirmé dans un hadith où le Prophète dit : «Al Hassan et Al Hossein (P) sont deux Imams qu’ils s’asseyent ou qu’il se lèvent. » On verra le sens de la cette dernière proposition ci-dessus.

Plusieurs ouvrages ont été consacrés rien qu’à la bataille de Khaybar. Il serait donc prétentieux d’avoir ainsi résumé la vie de l’Imam Ali (P) mais il était juste important de vous le présenter de façon brève.

https://www.sibtayn.com/fr/index.php?option=com_content&view=article&id=3947&Itemid=231